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06 décembre 2009

VOYAGE EN ITALIE SUITE & FIN : ANECDOTES ITALIENNES de Fiorella GIOVANNI

Drapeau_Italie
                                           Fiorella GIOVANNI                                          

                     

                      ANECDOTES ITALIENNES



L’ORIENT EXPRESS

train2Rendez-vous à 9 heures 30 en gare Santa Lucia au comptoir spécial du train pour l’enregistrement. L’hôtesse constata avec surprise que je ne voyageais qu’avec un petit sac à dos. Les passagers ? En majorité de nationalité britannique. Des porteurs en livrées bleues à gallons dorés se chargeaient des bagages jusqu’à nos cabines.

Ma conscience m’ordonna d’essayer d’obtenir avant mon départ, les coordonnées de la psychiatre intervenante de la conférence de la Scuola dei Calegheri. Je téléphonai au directeur du journal à qui j’avais été présentée. Il ne se souvenait pas de moi.

  • Je n’ai pas son numéro et elle vient de partir pour un mois en Allemagne. Il faudrait voir ça à votre prochain passage.

L’intéressée comprendra t-elle qu’elle a été victime d’un acte manqué freudien, que le contact avec moi sera difficile sinon impossible ? Elle avait parlé d’un déplacement à Paris cette semaine. Contradiction ? Manque de fiabilité ? Encore l’imprécision, la perte de temps, l’énervement et le travail impossible ou très lent. Comment l’Europe va t-elle fonctionner ?

10h20. Les passagers du train Venise-Londres affiché « riservato » montaient dans les voitures bleu marine et or. Le steward du wagon m’indiqua ma cabine, au bout du couloir moquetté. Numéro 7.

  • Je m’appelle Tony. Dans quelques instants, nous parlerons du déroulement du voyage et du maniement des lumières de votre cabine.

Sur la tablette de bois, une lampe, à l’abat-jour vieux rose, de la documentation et des revues luxueuses. Parois et portes en marqueterie d’où glissaient des guirlandes de fleurs. Ouverture des portes arrondies du cabinet de toilette personnel : lavabo et robinets style 30, serviettes brodées, savon et brosse à dents à l’emblème du train, bouteille d’eau minérale.

Au rythme d’une autre époque, dans un luxe peu commun, 22 heures allaient s’écouler calmement entre Venise et Paris avec la traversée des Dolomites, de l’Autriche, du Liechtenstein, de la Suisse et de la France. Les wagons restaurés à grands frais par des artisans, d’après les plans originaux, circulaient certains jours pendant la belle saison. L’atmosphère des trains de luxe fréquentés dans les années 1930 par d’illustres personnalités ne devait en aucun cas disparaître.

PADOUE_ITALIABOLZANOzurich_schweizerhofinsbruckst_anton_austrialiechtenstein_2


  • Bonjour à nouveau ! Voulez-vous quelques renseignements sur le trajet et votre vie à bord du train ? proposa le stewart.

  • Bien sûr.

  • Vous avez la carte sur la tablette. Nous passerons par cinq pays.

Il commenta le circuit et les arrêts.

  • Je vous conseille de descendre pour marcher un peu à Insbruck. Nous resterons en gare environ vingt minutes. A la tombée de la nuit, nous dînerons, aux alentours de Zurich. Pendant le repas, je préparerai votre lit. Vous pouvez m’appeler dans mon office au moyen de ce bouton, chaque fois que cela sera nécessaire. Ne vous gênez surtout pas.

Le train démarra vers le Pont de la Liberté. Pour une fois, je ne regrettais pas de voir disparaître d’un côté, la lagune, et de l’autre, le port de Marghera. Quelques automobiles roulaient elles aussi vers leurs propres destinations. Nous dépassâmes la triste présence de Mestre. Padoue. Arrêt à Vérone. Puis, le train traversa les Dolomites par Bolzano. Voici une vallée au milieu de vignes ensoleillées. Décor verdoyant, grâce à un début de printemps mouillé. Je ressentis un bien immense à voir  à nouveau des arbres, du vert. Venise vous oblige à vivre dans un espace souvent réduit, dans la pierre à profusion, dans un champ visuel restreint, mais si beau. La Sérénissime cache sa végétation dans des jardins et des parcs privés. Et maintenant, le long du train, de hauts sommets rocheux dominaient.

  • Good morning, scusi signora, voici le numéro de votre table pour le déjeuner. L’horaire de 12h30 vous convient-il ? dit le maître d’hôtel.

  • Mais oui. C’est parfait.

  • Voudrez-vous du poisson ou de la viande ?

  • Je préférerais du poisson.

  • Je note, Madame. Les trois wagons-restaurants sont situés au milieu du train. Votre table se trouve dans le deuxième, le wagon Côte d’Azur. Au revoir, Madame.

Le Maître d’hôtel, chemise blanche col cassé, queue de pie et nœud papillon noirs, repartit informer un autre voyageur. Je me mis en quête du wagon Côte d’Azur. Moquette épaisse à fleurs, rideaux, nappes damassées blanches et petites lampes, vaisselle étincelante, couverts en argent, vases fleuris, fauteuils capitonnés, appliques tulipes et parois de verre. La place de quelle actrice, de quelle Reine, occupais-je ? Le paysage défilait. Un personnel polyglotte et stylé, en vestes blanches, surveillait nos repas d’une finesse extrême.

Repasser par le wagon-salon cossu, les voitures-lit aux couloirs moquettés, portes de bois, barres de fenêtres en cuivre.

Après le tunnel du Brenner, arrivèrent les paysages d’Autriche, organisés, propres et verts. Tony contrôlant ma cabine, me raconta des anecdotes italiennes comparables aux miennes. Il aimait son travail qui lui laissait des heures libres dans des villes de rêve. La monotonie n’existait pas. Il venait de travailler tout l’hiver dans un hôtel de luxe de la lagune.

Nous respirâmes un air vivifiant pendant quelques minutes, sur le quai d’Insbruck. Puis nous repartîmes sous les nuages et la pluie. Les cheminées des chalets fumaient. Nous circulions dans un décor grandiose. L’Orient Express grimpait vers Saint Anton à 1800 mètres d’altitude à travers les sapins, passait sur des viaducs suspendus dans le paysage.

Dîner en gare de Zurich. Le Maître d’hôtel me plaça dans le wagon appelé l’Oriental. Je vivais une nouvelle ambiance grâce à la décoration asiatique des parois. Je m’enfonçai dans mon fauteuil. Qualité de service des grands hôtels. Les anglais se présentèrent en costumes noirs et nœuds papillons. Les Anglaises portaient des robes vieillottes aux couleurs acidulées.

  • Puis-je rentrer dans mes appartements ? Demandais-je à Tony dans son office.

  • Je vous accompagne pour déverrouiller votre compartiment. J’ai préparé votre lit pour la nuit. A quelle heure voulez-vous votre petit déjeuner ? questionna t-il.

  • A 8 heures, nous arrivons à Paris à 9h10, je crois.

  • C’est exact. Bonne nuit, dit-il

  • Vous aussi, répondis-je.

A 7 heures le lendemain matin, nous roulions dans la campagne française. Le steward remplissait de charbon la petite chaudière en bout de wagon. Le train produisait son eau chaude et son chauffage. L’odeur ravivait des images liées à l’ancien temps ...

  • Avez-vous bien dormi ? Le matelas ? Je vous apporte votre petit déjeuner ? demanda Tony.

Paysage gris et vert de la banlieue est. Les usagers des trains de banlieue écarquillaient les yeux à la vue de ce train d’un autre âge.

9h10 : Paris gare de l’Est. Tony m’aida à descendre sur le quai. Il me tendit mon sac à dos. Nous nous souhaitâmes la meilleure réalisation de nos projets respectifs.

Paris, par un froid inhabituel en mai. Je changeai de rôle et me dirigeai vers le Rer.


1997 EN ITALIE

ROME  LA_LOUVE_DE_LA_ROME_ANTIQUE

 

Le projet consistait à créer une nouvelle projection de diapositives commentées sur Rome. La ville éternelle recevait mes faveurs. J’y avais été stagiaire de nombreuses années auparavant. Mon programme ? Des lieux à fixer sur la pellicule, penser au commentaire, proposer mon travail photographique sur Paris et Venise, envisager d’écrire sur Rome.

ROME_VUE_DU_CIELSix mois avant mon départ, j’avais organisé quelques rendez-vous. Les studios de télévision de Cinecittà me demandaient de les rappeler à mon arrivée dans la capitale. Je désirais visiter les lieux et voir les décors qui servirent au tournage de films retraçant la vie de personnages célèbres de la Sérénissime.

Le directeur d’une association culturelle française désirait me rencontrer.

Au Vatican, le Préfet donna son accord en précisant la procédure des contrôles d’entrée dans cet état particulier.

Le Président d’une association artistique me téléphona avant mon départ. Le monologue dura vingt minutes. Il ne se préoccupa ni de mes activités ni de mes questions éventuelles. Flot de paroles ininterrompu. J’avais déjà vécu ce vertige. L’expérience et la sagesse me conseillèrent d’éviter l’adresse.

 

LA_DOLCE_VITAJe désirais me rendre sur la tombe de Marcello. J’avais participé à l’émouvant hommage parisien à l’église Saint Sulpice en Novembre 1996. Une cantatrice chantant un requiem a cappella, les mots simples d’un prêtre et d’un ami du spectacle. Une musique de film connue, jouée sur un rythme plus lent, pour la sortie des admirateurs. Sur la place, les projecteurs et les caméras, les personnalités du spectacle et de la culture, la foule, attendaient la sortie du cercueil. Le carrousel de la place s’arrêta de tourner. Le cercueil apparut en haut des marches. Les applaudissements accompagnèrent le nom de Marcello. Un dernier film. La télévision diffusa des rétrospectives. Peu de temps après, les romains saluèrent le grand acteur sur la place du Campidoglio. Le monde entier le regrettait. L’Italie pleurait. La Fontaine de Trevi se drapa de noir. Un orchestre joua des musiques de films sur la place, devant la fameuse fontaine. Toutes les mémoires se souvenaient des images de la « Dolce Vita », du regard et de la voix chaude du grand latin lover, de Marcello.

 

ROME_ANTIQUE_DE_CESARDébut octobre, un été indien et trente degrés. Dans l’avion, ma jeune voisine partait apprendre la langue italienne. A l’aéroport, nous prîmes ensemble le train pour la gare Roma Termini. Peu de changements dans le paysage depuis mon stage. De grands espaces me rappelèrent les films en noir et blanc des années 1950 à 1960. Ils montraient des constructions d’après guerre, immeubles sans vie, émergeant de terrains vagues. Romains et immigrés rentraient vers un logement citadin. Les bâtiments ocres se firent de plus en plus nombreux puis, de plus en plus proches les uns des autres. Des balcons chargés de linge coloré. Des toits en terrasse surmontés d’une forêt d’antennes de télévision. Roma Termini : le bruit et la chaleur. Nous montâmes dans un taxi. Le chauffeur nous apprit que Lucio Dalla chantait gratuitement au forum le soir même. La circulation en centre ville serait bientôt interdite.

  • Que venez-vous faire à Rome ? demanda le chauffeur de taxi.

  • J’ai des rendez-vous de travail, répondis-je.

  • Quel est votre métier, Madame ? insista t-il.

  • Je fais des photos et j’écris.

  • Quel beau métier. Vous allez parler de moi ?

  • Probablement, affirmais-je.

  • Votre fille vous ressemble beaucoup. Elle vous accompagne dans ce déplacement ? continua t-il.

  • Je viens apprendre l’italien dans une famille répondit ma fille d’un jour.

  • Mais, vous, Madame, vous parlez vraiment bien. Mes compliments, ajouta le chauffeur.

  • Merci.


rome_fontaine_trevi_resizeNous contournâmes la fontaine de la Piazza della Repubblica en travaux. Via Nazionale. Piazza Venezia. Je quittai « ma fille » pour rejoindre mon hôtel face à la fontaine de Trevi. Sur cette petite place, une foule internationale, dense et bruyante. La chambre réservée depuis six mois ? Sombre et très chère. Un mur lézardé. Le tremblement de terre en Ombrie m’inquiétait. Je remonterai à Bologne par avion. Pas question de prendre des risques et puis avec l’inorganisation italienne ...

Le lendemain matin, je déjeunai dans « l’atrio » (terrasse fermée sur trois côtés au dernier étage d’un bâtiment). Des photos à prendre motivaient le choix de cet hôtel, face à la célèbre fontaine. L’atrio me permit de me trouver en face et au même niveau que le haut de l’architecture de la fontaine de Trevi. Puis, je confirmai mes rendez-vous. Roberta, heureuse de me revoir, vint me rejoindre à l’hôtel pour une ballade dans le centre historique. Des employés de la municipalité romaine ramassaient les nombreuses pièces jetées dans l’eau du bassin de la fontaine par des touristes désireux de revenir encore à Rome. Un responsable en chemisette blanche surveillait le travail de quatre « ramasseurs de monnaie ». La foule suivait les opérations depuis la place. D’autres ouvriers, observaient, adossés à leur petit camion. J’eus envie de savoir où allait cet argent. J’interrogeai les ouvriers. Ils ignoraient l’usage des pièces. L’homme à la chemisette blanche prit un air très méfiant. Visiblement, répondre ne lui plaisait pas. Via Condotti, nous fûmes attirées par les vitrines des grands couturiers puis, nous entrâmes au Caffè Greco. Tableaux, meubles anciens, calme et distinction des cafés des siècles passés. Piazza di Spagna (Place d’Espagne) à deux pas dans le soleil. L’église française de la Trinité des Monts s’imposa à nos regards. Des fiacres attendaient les clients. Les carabiniers semblaient, comme toujours, sortir d’une opérette. Via del Babbuino (rue du Babouin) et ses belles boutiques. Piazza del Popolo (Place du Peuple) et le Pincio (terrasse des jardins de la Villa Borghese dominant la place précédente), Via Margutta et ce petit restaurant où fut tourné une scène du film « Vacances Romaines » avec Audrey Hepburn et Gregory Peck. Un décor si raffiné. Une atmosphère si agréable.

Nous prîmes un bus orange dans la Via del Corso. Piazza Venezia. Le colisée me sembla posé au milieu d’autoroutes. Que n’a t-on eu l’idée de l’installer sur une vaste pelouse au milieu de chemins ? La Bocca della Verità à gauche.

Nous roulions vers l’Aventino pour déjeuner en famille. Quartier résidentiel vert et calme. Des immeubles à l’esthétique soignée, des terrasses arborées. Nous nous arrêtâmes pour saluer la fille de Roberta, demeurant dans le même immeuble que ses parents. Le père nous attendait à l’étage supérieur. Des spécialités romaines excellentes. Discussions et photos de famille sur le balcon, gentillesse et amitié évidentes.

Après la sieste, il fallut affronter à nouveau le bus et le centre chaotique, sans ticket. « Ici, personne ne paie » me dit-on. Pas de point de vente de billets à proximité. Aucune autre alternative que celle de risquer « à la romaine ». Je fus secouée épouvantablement pendant trente minutes. La circulation allait dans tous les sens à une vitesse vertigineuse ! Je descendis via del Corso, abasourdie par le bruit du bus et la température. Traverser une rue tenait du suicide à cause du manque de feux rouges. Je dus apprendre à m’engager sur la chaussée en voyant arriver des nuées de scooters parmi les voitures. La technique romaine conseillée ? Ce petit signe de la main qui arrête la circulation sur le champ.

Dans la nuit, je me réveillai sans raisons apparentes. Les rideaux bougeaient. Impossible de dormir. Des idées pénibles en tête. Roberta m’expliqua le lendemain que le tremblement de terre en était responsable. L’Ombrie se trouve à 150 kilomètres de là.

 

DECORS_ROMAINSMon amie voulut m’accompagner à Cinecittà. Trente minutes après l’heure convenue du rendez-vous, mon correspondant n’était toujours pas revenu de déjeuner. « Il devait arriver ». « Il allait arriver » ... Parole de secrétaire à qui je fis remarquer qu’il était impossible de travailler avec les italiens. Nous partîmes seules pour les studios de télévision, à la recherche des fameux décors vénitiens. Un vieux chien crasseux dormait sur une pelouse. Dans un bâtiment, des couturières travaillaient sans joie à des costumes andalous en papier de couleurs vives. Dans la zone des studios de la télévision nationale, nous rencontrâmes des mexicains aux vêtements blancs et dorés, plein de franges. Une nuée de jeunes danseuses peu vêtues sortait d'un plateau d'enregistrement d'émissions populaires. Les décors recherchés restèrent introuvables mais nous vîmes l’intérieur du studio de Domenica In, l’émission familiale du dimanche.

Un métro sale et sombre, conduit nerveusement. Trouver le nom des stations dans la pénombre et se tenir fermement furent mes préoccupations majeures lors du retour vers le centre historique.

A l’hôtel, l’étroitesse du bac à douche de la salle de bains aux parois moisies, m’empêchait de me laver correctement. Je déclenchais chaque fois une inondation. Et toute la nuit, les cris des touristes devant la fontaine de Trevi et le bruit de l’eau tombant dans le bassin ...

Au siège de l’association culturelle française, je fus reçue, comme prévu, par un français.

 

ROME_PLACE_SAINT_PIERREAu Vatican, j’aurai dû deviner que l’horaire du rendez-vous pouvait changer. J’étais donc en retard. Je fis savoir mon mécontentement aux gardes suisses toujours vêtus de tranches de tissu bleu et jaune, casqués et protégés par une lance. A t-on pensé un instant que vous alliez venir de l’étranger pour rien ? Je repris un taxi et conseillai au chauffeur de ne pas me faire visiter toute la ville car je la connaissais déjà. Il fit celui qui ne comprenait pas.

Peut-être ne me croirez-vous pas. Pourtant ces lignes n’inventent rien. Le tourisme de groupe et la méconnaissance de la langue ne permet pas d’entrer dans la réalité quotidienne. Par contre, si vous parlez l’italien et voyagez pour vos activités, vous découvrirez un monde bien particulier. Aller très au sud en individuel ? Pour éviter des frayeurs insensées, évitez les routes. Les feux rouges fonctionnent mais ils ne sont pas respectés. Inutile de vouloir comprendre pourquoi vous aurez échappé à un accident. Seules les protections du ciel peuvent fournir une explication. Les personnes les plus âgées ne comprendront pas votre italien. Au nord, distinction oblige : on vous ménage mais, tout à coup, votre chauffeur ignore un feu rouge ou un stop car il n’y avait personne en vue. Le danger est moindre. A cause d’une fantaisie fréquente, vous vous poser des questions et des interprétations hypothétiques naissent. N’attendez surtout pas de longs courriers de vos amis méditerranéens. Loin des yeux, loin du cœur ! Réapparaissez un jour et la fête s’organise en quelques minutes : les dîners entre connaissances, les discussions, les chansons.

J’écourtai mon séjour  dans la capitale administrative italienne : une nuit au lieu de trois prévues dans le second hôtel. Juste le temps de faire des photos depuis la terrasse donnant sur les toits. Annulation du troisième lieu, près de Piazza Navona. Mes amis de Vérone pouvaient me recevoir. Je me rendrai chez eux par avion. Puis, direction Bologne en train.

Adieu la Fontaine de Trevi, sans regrets. Je signalai à la réception de l’hôtel les désavantages créés par la douche et les larges fissures des murs de la chambre. Dataient-elles d’un précédent tremblement de terre ?

  • Les clients sont toujours contents ici.

  • Peut-être ne parlent-ils pas l’italien ?

Dans le quartier de Piazza di Spagna (Place d’Espagne), dans le deuxième hôtel, soit-disant de charme, les choses n’allèrent pas mieux malgré une facture encore plus élevée. Les meubles d’époque de ma chambre semblaient avoir été fabriqués la veille en série. Je pensais pouvoir enfin me doucher dans une salle de bain récente, aux dimensions normales. L’eau coula. Rapidement, le bac de la douche fut plein. L’écoulement ne fonctionnait pas. Le réceptionniste essaya de déboucher sans succès. La fatigue et la nervosité m’accablaient. Une seule envie : fuir cette ville. Quelques photos depuis la terrasse donnant sur les toits. La coupole de Saint Pierre se détachait au loin sur un ciel devenant bleu sombre au couchant. Des campaniles dominaient la ville. En contrebas, les boutiques de luxe de Piazza di Spagna illuminaient l’espace. Flâneries et bavardages autour de la fontaine ? Le long des rues piétonnes ? Pour ma part, nulle envie de sortir. Je m’allongeai pour écouter les nouvelles à la télévision : elle ne marchait pas. Le lendemain matin, j’utilisai les sanitaires de clients partis à l’aube. J’invoquai des changements de rendez-vous, demandai une réduction pour la gêne et pris un taxi pour l’aéroport. Via del Corso, piazza Venezia, les forums impériaux. Le Colisée, se noyait dans la circulation des bus oranges, des voitures, des scooters, des camions. Du lecteur de cassettes du taxi sortait une sonorité d’une qualité exceptionnelle. J’engageai la conversation avec le chauffeur. Il m’expliqua pendant vingt minutes qu’il pouvait écouter toutes les sortes de musiques mais que, selon lui, à chaque état d’âme, correspondait une musique particulière. Il ne pouvait pas écouter n’importe quoi n’importe quand. Pourtant, mon expérience me disait que, dans ce pays, on pouvait facilement vivre n’importe quoi n’importe quand !

A Vérone, le calme, la distinction et l’accent d’une ville bourgeoise du nord de la péninsule régnaient. Je racontai mes aventures peu constructives aux amis :

  • Tu dois comprendre qu’à Rome c’est le sud. Ils ne respectent pas les horaires.

Mes expériences délicates au nord m’incitaient à réclamer des améliorations là aussi. Les seuls travailleurs en provenance du mezzogiorno, souvent « exilés » dans l’administration, provoquaient-ils cette situation, comme le prétendaient les natifs nordistes ?

Je passai quelques jours à deux pas du musée de Castelvecchio et des rives de l’Adige, sans enthousiasme et très fatiguée. Mon retour aérien s’effectuait depuis Bologne où je n’eus pas envie d’honorer la rencontre prévue, ni même de visiter le musée Morandi à deux pas de mon hôtel de la via Indipendenza. Le climat changea. Le froid humide arriva. Je ne pouvais plus supporter ce contexte instable, mouvant et inorganisé. Il empêchait continuellement la poursuite normale de mon travail. Je capitulais. J’avais été patiente depuis 1993. Et toutes ces paroles agréables pleines d’espoir et de futurs échanges communs, sans lendemain. Si je reviens en Italie, pensais-je, j’exécuterai mon travail. Je prendrai mon plaisir visuel. Je ne parlerai à personne et j’essaierai de n’avoir aucune idée constructive à proposer sur place. Mais, pourrais-je même, à nouveau, revoir ces décors ocres ensoleillés ? Sans envie, je pénétrai dans la Montagnola, ce parc au centre de Bologne, pour « tuer le temps ».

Un soir, en flânant sur la belle place Santa Maria Maggiore, je passai devant la façade de la cathédrale San Petronio. En face, à la terrasse du café, sous les arcades, un homme chantait, s’accompagnant au synthétiseur . La voix, la musique et les paroles chaleureuses, résonnaient. Elles remplissaient la vaste place. Les promeneurs s’arrêtaient un moment, écoutaient. Je contournai le Neptune dominant sa fontaine. Fatiguée, je repris la rue Indipendenza vers mon hôtel. Un homme arriva à ma hauteur :

Marcello_Mastroianni

  • Je t’ai remarquée depuis quelques temps. Tu es très belle, dit-il.

  • Merci mais excusez-moi, je rentre à mon hôtel, dis-je.

  • Tu as bien quelques minutes pour moi ? répliqua t-il.

  • Je ne crois pas, dis-je.

  • Prenons un gelato (une glace) dans un café, proposa t-il.

  • Non merci. Du travail m’attend à l’hôtel avant de me coucher, ajoutai-je.

  • Voudrais-tu me tenir un peu compagnie. Je suis sicilien. Je viens d’être muté ici, au nord, dans l’administration. Je m’ennuie à mourir. La froideur des gens … Personne ne me parle. C’est invivable. J’ai accepté cette mutation car je divorce. Tu as un accent. De quelle ville es-tu ?

  • Je suis parisienne, dis-je.

  • Je ferais volontiers confiance à une étrangère. Les femmes de Bologne sont trop émancipées à mon goût, ajouta t-il.

Avait-il compris l’évolution de la femme au cours de ces dernières 40 années, au nord de l’Italie comme en France  ? J’avais entendu des conversations relatives aux difficultés des « déplantés » du sud vivant dans le nord du pays et aux réticences de la population d’accueil. Le contexte a créé deux Italies. Education, habitudes, mentalité, mode de vie différents. La cohabitation reste bien délicate.

Pendant mon retour en avion, suspendue dans le ciel, mes yeux se portèrent sur un article parlant de « l’invisibilité » à Strasbourg de personnalités politiques de la péninsule. Elles ne se plaisent pas loin de Rome. Il me revint en mémoire la déclaration d’un directeur financier de multinationale, rentrant d’un contrôle de filiales nord-italiennes :« leurs résultats sont fabuleux mais, leurs méthodes de travail me sont totalement incompréhensibles !». Les mentalités citadines, restent très régionales et provinciales, chauvines. Les spécialités culinaires de chaque ville sont multiples. Les dialectes sont parlés chaque jour. Subtilité  pour la ville particulière qu’est Venise : un libraire me reprit mécontent « le vénitien est une langue, Madame, et non un dialecte ». L’unité italienne est historiquement récente. Des Italiens affirment que, l’apparition de la télévision rassembla vraiment le pays.

Je ne suis pas la seule à remarquer des faits, à m’interroger. Parfois, plus je fréquente cette terre, moins je la comprends. Il me semble côtoyer des mystères. Certains prétendent qu’ils ne sont pas étrangers à la présence du Vatican ! Des humoristes ou des sages ?

LES_GARDES_SUISSES_DU_VATICAN

Le pays est d’une beauté incomparable. Sa lumière reflète une présence divine évidente. La sonorité de la langue crée un opéra quotidien de chaque instant. Depuis l’aurore des temps, les créateurs de la péninsule manient l’Art avec « Maestria ». Les œuvres du passé remplissent les rues, les places, les musées. Voici un palmarès très complet comprenant : la musique et le chant, la peinture, la littérature, le cinéma, l’architecture. Et les succès populaires évoquant tant d’amour ? On les chantent sur scène ou à l’improviste entre amis. La fantaisie italienne nous étonne, nous surprend, nous fait rire aussi. Remercions les italiens pour leurs nombreux talents !

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                                                                                             F I N

Fiorella Nicole GIOVANNI

ANECDOTES ITALIENNES

TABLE DES MATIERES

LES SIXTIES

ET LA CHAINE EN OR DE SALO’

VENISE 1993

L’IMPRESARIO

A LA FENICE

L’HISTOIRE DE PIETRO

ON ATTEND UNE PERSONNE, IL EN ARRIVE DEUX

LA FÊTE DE CARNAVAL DANS UN PALAIS DU CAMPO SAN MAURIZIO

ORAGE SUR LES ARÈNES DE VÉRONE

VENISE 1994

A LA GARE SANTA LUCIA

LE XVIIIème SIÈCLE A LA GARE DU NORD

LE RENDEZ-VOUS AVEC GIOTTO CHEZ LES SCROVEGNI

VENISE 1995

SUR LES TRACES DE THOMAS MANN

INTERVIEW A LA SCUOLA GRANDE SAN ROCCO

IL RISTORANTE « ALLA MADONNA »

LES CASTRATS DE VIA GARIBALDI

LE LIVRET DE CAISSE D’ÉPARGNE AU PORTEUR

LE DÉJEUNER CHEZ MARIE ET JEAN

LE VERNISSAGE FANTÔME

LA CONVERSATION AVEC SILVANA

VENISE 1996

L’AQUARELLISTE

L’ORIENT EXPRESS

1997 : EN ITALIE

 


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05 décembre 2009

VOYAGE EN ITALIE SUITE 4 : ANECDOTES ITALIENNES de Fiorella GIOVANNI

Drapeau_Italie                  Fiorella GIOVANNI                                          

                      ANECDOTES ITALIENNES

 


LA CONVERSATION AVEC SILVANA

Venise, Décembre 1995.

VERONE_ITALIA

 

Silvana venait d’arriver chez ses parents à Vérone pour les vacances de Noël. Elle continuait ses études de piano au Texas. Un Maître y enseignait. En arrivant devant les guichets de la gare Santa Lucia où nous avions rendez-vous, elle me sauta au cou.

  • « Cara ! Carissima » ! (Chérie, très chère).

Je retrouvai une actrice américaine ! Il pleuvait. Nous préférâmes parler, confortablement assises dans les fauteuils du bar d’un hôtel. Le piano la passionnait toujours. Elle vivait des jours merveilleux. Son ami, violoniste, envisageait la direction d’orchestre. La découverte du rythme américain, laissant peu de temps pour l’oisiveté, lui faisait réaliser que le mode de vie italien fonctionnait avec des lenteurs évidentes. Elle comprenait maintenant le sens de mes remarques et mes difficultés à poursuivre une partie de mon travail de créatrice dans son pays. Noël approchait et, sans nous concerter, nous échangeâmes un petit cadeau.

Nous évoquâmes notre première rencontre en Toscane, à Sienne, deux années plus tôt, en été. Un taxi venait de me déposer via dei Pittori (rue des Peintres), dans le centre historique, quand j’entendis un violon. Il jouait le concerto en ré de Beethoven. Les notes s’échappaient d’une fenêtre de cette rue très pentue conduisant à la maison de Sainte Catherine. Sur les façades des maisons, des drapeaux teintés de vert, blanc et rouge contenant en leurs centres, une oie grise couronnée. Je résidais dans « la contrada dell’oca » (le quartier de l’oie). Dans quelques jours, le célèbre Palio aurait lieu sur le « Campo » (la place). Cette fête dédiée à la Vierge, patronne de la ville, remonte au XIe siècle. Le « Campo » devient la scène d’un défilé en costumes historiques de personnages des différents quartiers siennois suivie d’une course de chevaux pur sang. L’épreuve dure seulement une minute et quelques secondes. Une piste de sable bien tassé est aménagée autour de la fameuse place. Durant toute l’année, les habitants se préparent avec amour dans les dix-sept «contrade » (quartiers). Chaque quartier possède son église et son foyer, son musée, son costume historique et ses couleurs, son animal emblème. Les chevaux de dix quartiers tirés au sort participent à la course. Tous les coups sont permis par l’absence de règles. Chaque habitant, chaque jockey, espère gagner le Palio (la bannière) de soie de l’année. Le public local devient nerveux et fanatique. Des bagarres peuvent éclater sur les gradins ou après la course. Suivent les chants, les dîners et réjouissances organisés par les foyers des quartiers pour célébrer l’événement.

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J’ignorais que j’allais vivre pendant deux semaines avec de jeunes musiciens internationaux. Ils se perfectionnaient avec de grands noms de la musique classique à l’Académie Chigiana. Silvana se trouvait dans l’appartement à mon arrivée. Je la pris pour la propriétaire. Mais non, elle était pianiste et vivait à Vérone. Vérone, une ville que je voulais revoir ! Nous devenions amies chaque jour un peu plus. Elle désirait connaître Paris. Elle viendrait me rendre visite dès que possible. Pourquoi pas à l’automne, dans deux mois ? J’étais d’accord. Elle suivait un cours avec le Maestro Paul Badura Skoda le matin. Je préparais le déjeuner pour nous deux. Mon cours sur l’art se déroulait en début d’après-midi. Le soir, nous flânions dans le décor médiéval. Nous rencontrions des élèves de la Chigiana. Elle me les présentait. Nous écoutions des musiciens canadiens sur la place Salimbeni, devant le Monte dei Paschi (banque crée par les Medicis). Nous aimions Sienne, ville médiévale sans voitures, aux puissants murs ocres, aux ruelles remplies d’ombre en été. Comment ne pas apprécier ce fameux « Campo », en forme de coquille Saint Jacques, incliné vers l’architecture médiévale du Palazzo Pubblico, la loggia d’époque Renaissance et la haute tour del Mangia. Ce vaste espace se cache au milieu de la vieille ville. Il apparaît subitement à qui emprunte l’un des trois passages étroits et pentus passant sous les bâtiments construits en arc de cercle et délimitant l’une des plus belles places d’Italie. Voici un paisible décor ocre inoubliable ! A quelques pas de là, sur une proéminence du terrain, la longue nef de la cathédrale et ses alternances de bandes de marbre noir et blanc. Elle impose la majesté de sa façade de marbre polychrome et trois tympans mosaïqués.

Nous nous souvenions aussi de cette ballade dans la campagne, avec un couple siennois charmant, du côté de Castello di Brolio et la découverte de cet ancien couvent à arcades en rénovation, situé sur une minuscule route, dans les vignes, près de Monti in Chianti … Et devant cette demeure, quel panorama vert et bleu à perte de vue  ! La Toscane ! Les cyprès dessinent sur les collines, des chemins d’accès conduisant à des propriétés trapues placées sur la hauteur. La nature sait créer des œuvres d’art à ciel ouvert. Un toscan qui me faisait un jour visiter des maisons dans ce décor s’étonnait encore qu’il fut aussi superbe.SIENNE_ITALIA

Puis, Silvana me parla d’une expérience au sud du pays. Un concert donné en Calabre l’obligea à découvrir le « mezzogiorno », des différences de mentalités, d’attitudes et d’habitudes. « Tu as raison » dit-elle. « Ils ne sont pas comme nous ». Elle avait parlé avec des jeunes femmes. L’une ressentait très mal l’Italie du nord et ne voulait surtout pas y séjourner. Une autre y avait travaillé quelques temps, sans saisir pourquoi, au nord, personne ne désirait communiquer avec elle. Une troisième, venue en France pour un long stage, n’avait pu vivre loin de sa région et de sa famille. Elle avait résilié son contrat, préférant une carrière moins prestigieuse.

 

J’expliquai à Silvana que des amis de la région des Pouilles me demandèrent un jour d’aider une très jeune femme de Matera, professeur d’anglais. La maladie de son père nécessitait des avis médicaux et un traitement particulier à Paris. Quelques temps après, je fus invitée dans cette famille. L’ancienne cité de Matera, construite à flanc de colline dans un dédale de ruelles très pentues et de terrasses, a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Je passai la nuit dans le train Paris-Bologne. A Bologne, un retard de plusieurs heures du train venant de Milan pour rejoindre Lecce au sud de la botte, via Bari, était annoncé. Le quai ? bondé d’italiens et de valises.


BOLOGNE_1BISIls rentraient au sud, dans leurs familles, pour la fête de Pâques. La situation imprévue me permit de côtoyer à nouveau les ocres de Bologne, ville aux 80 km d’arcades. Tôt le matin, je marchai sous les portiques de la longue rue Indépendance jusqu’à la fontaine de Neptune, près de la place Santa Maria Maggiore. Là, trône la cathédrale San Petronio. Je bus un café « ristretto » (serré) exquis sur le comptoir d’un bar de la petite rue sur la gauche de la place. Quel plaisir de parcourir à nouveau des lieux si beaux, si colorés, si animés. A 13 heures, mon train fut annoncé. La foule s’entassait sur le quai. Les wagons furent pris d’assaut. Je me retrouvai serrée parmi ces voyageurs du sud, en bout de voiture. Un voyage épouvantable d’environ sept heures. Le contrôleur eut bien du mal à passer. Le train s’arrêtait souvent mais peu de gens en descendaient. Les quelques places libérées se trouvaient occupées de suite par des jeunes, plus proches d’elles que moi. J’avais déjà passé la nuit dans le train. La fatigue m’accablait. J’essayai d’engager la conversation autour de moi. Personne n’y tenait, jeunes ou plus âgés. Je n’avais jamais aussi mal ressenti ce pays. Ambiance pesante. J’aperçus au loin, le magnifique uniforme sombre et la casquette à gallons argentés d’un jeune et beau policier. Une heure seulement avant de descendre à Bari, une place se trouva disponible juste en face de lui. Il ne bougea pas pour me faciliter le passage vers la place disponible près de la fenêtre. Il daigna à peine répondre à mon interrogation quant aux prochaines gares à venir. Mon sac resta dans l’allée centrale. Il gênait le passage. La force me manquait. Personne ne proposa de le ranger dans les supports prévus en hauteur. Je n’avais jamais vu ça. En roulant entre Bari et Matera, j’appris, quelques minutes avant d’arriver chez cette amie, que la famille gardait à la maison, depuis 25 ans, une sœur, handicapée depuis sa naissance. Elle ne pouvait pas parler et criait souvent pour se faire comprendre ; son dysfonctionnement se lisait dans son regard et se traduisait dans d’autres manifestations encore. Il n’était pas question de la placer dans une maison spécialisée. Très affectueuse, elle parlait à sa façon aux invités et les touchait pour communiquer. Je ne devais pas avoir peur. Le père, ancien employé d’une administration, à qui j’avais servi d’interprète à l’hôpital à Paris, ne m’adressa pas plus la parole chez lui qu’à Paris. Il portait rituellement, costume, cravate et chapeau. Sa grande occupation ? Faire les courses et discuter sur la place principale de la ville. L’autre sœur ? Continuellement en colère contre ses sœurs. La mère ne comprenait que le dialecte local. Je ne pus converser avec elle. Elle cuisinait et disait son chapelet après le dîner pendant toute la soirée. Elle pensait que je pouvais me perdre dans sa ville. J’eus beaucoup de mal à faire quelques pas seule. Et la télévision marchait continuellement dans la cuisine. Les multiples chaînes régionales se succédaient. Le fiancé de mon amie, licencié en informatique, ne semblait pas vouloir entrer en contact avec moi. Lorsque je commençais une phrase en italien, un mouvement de sa tête de droite à gauche indiquait une négation et le dialogue n’eut jamais lieu. Dans les rues, le non respect des stops et des feux engendrait une circulation difficile et des embouteillages. Heureusement, des étudiantes connues de la famille, guides de la ville en été, commentèrent pour moi gentiment leur ville. Le soir du Jeudi Saint, une grande procession traversa toute la cité.

BOLOGNE_ITALIADes femmes, choristes des nombreuses églises baroques, chantaient des cantiques de leurs voix nasillardes. Elles étaient vêtues de noir. Des hommes portaient des statues et des bannières religieuses. De nombreux fidèles suivaient la procession ou la regardaient passer. J’avais pensé tout d’abord assister à une manifestation typique et intéressante. Puis, elle me fit penser à ces images d’enterrement, suite à un règlement de compte, en présence de la population. Et la mafia : où était-elle ? là ? parmi la foule ? partout ? Les amis de Bari répondirent un jour en riant à cette question, alors que nous passions devant leur mairie : « Elle est là ! ». Je n’en sus pas plus. La procession passait depuis seulement quelques minutes devant moi quand je ressentis l’inutilité de mon séjour au sud du pays. Je décidai de quitter Matera. Dès le lendemain, je m’organisai pour rejoindre Venise par avion. Mon amie me raccompagna à l’aéroport de Bari. Elle roulait au milieu de la chaussée alors que des voitures arrivaient en face. Elle se rabattait à droite au dernier moment. Je repartais à nouveau rapidement. Cette famille ne s’expliqua probablement pas les raisons de ce départ précipité. Je savais que j’allais désormais éviter cette partie de la péninsule.

 

Nous parlâmes en riant, grâce au recul du temps, de cette autre histoire datant de l’époque pendant laquelle j’organisais des concerts à Paris pour des musiciens italiens. Silvana avait donné mes coordonnées à deux frères, violoniste et pianiste siciliens, professeurs de conservatoire. En arrivant à la répétition, ils m’offrirent un bouquet de roses. Pour jouer au concert, ils passèrent une veste blanche. Tout se déroula correctement. Assis derrière moi, leur ami et voisin depuis l’enfance. Personne ne m’avait parlé de lui et lui-même ne s’était pas présenté. Il nous suivit au cours du dîner chez mes amis dans le Marais. Il révéla qu’il venait de créer une agence musicale et culturelle en Sicile. Ses projets ? Faire jouer des musiciens, organiser des expositions mais aussi favoriser des prises de conscience et l’évolution des mentalités notamment au niveau du respect dû aux femmes pour une meilleure place dans la société actuelle locale. La scène se passe à Paris, en 1994. En fin d’année, je reçus une carte de vœux des frères musiciens et un dépliant publicitaire relatif à leurs activités musicales. Le support de papier glacé reflétait un goût esthétique certain, une qualité remarquable. Le document contenait des photos prises pendant leur concert à Paris. Un ami photographe m’avait rendu ce service gratuitement. Les photos avaient été utilisées sans autorisation. La mention du copyright et du nom de l’auteur des clichés ne figurait pas. Je ne leur fis pas des compliments quant à leur honnêteté. Je confirmai par lettre ma demande de réimpression des plaquettes en introduisant le copyright. M’adresser des clients me semblait superflu. A mon grand étonnement, ils prétendirent que ces publicités ne visaient aucune utilisation commerciale ! Je leur fis remarquer que les coutumes et les règles de leur région étaient différentes des nôtres mais que, personnellement, je ne les appréciais pas.

 

Un autre souvenir me revint alors. Je rappelai à Silvana qu’un jour, la peur m’avait envahie alors qu’elle conduisait la voiture de sa mère, près de Vérone. Elle grilla allègrement le feu rouge d’un croisement, comme s’il n’existait pas … Elle s’en souvenait certainement. « Oui, mais j’avais vu de loin que personne ne venait ni de la droite ni de la gauche. Nous traversions un village, le dimanche après-midi et il n’y avait personne ! ».


Florence_ItalieElle me conta alors une scène à la gare de Florence. Depuis déjà vingt minutes, elle faisait la queue au guichet quand l’employé partit discuter avec une collègue qui travaillait au bureau derrière lui. Et ils riaient, riaient, en gesticulant  ! La queue déjà très longue s’allongeait encore. Il était préférable de ne pas avoir besoin de son billet le jour même. Mais Silvana transitait par Florence et devait repartir en fin de journée. Elle voulait acheter son billet avant de se rendre à un rendez-vous près du Ponte Vecchio. Soudain, elle s’énerva. Attendre si longtemps, voilà une situation inadmissible et maintenant, l’employé quittait son poste pour « divaguer » devant les clients avec la copine ! Elle entra à l’intérieur de la salle des guichets, alla discourir avec l’employé déserteur. Il lui fallait absolument son billet. Il répondit avec l’accent méridional avant de retourner lentement à sa place au guichet. C’est un fait connu me dit-elle : « ILS » (ceux du sud) sont nombreux dans les administrations au nord. Les mauvaises langues prétendent qu’ils ralentissent le travail.

Déjà 18 heures ! Silvana devait penser à rentrer à Vérone. Nous sortîmes de l’hôtel et il pleuvait toujours. Nous allâmes jusqu’à la galerie où j’exposais des photos puis, par les ruelles, nous rejoignîmes le Pont des Scalzi dont le marbre blanc enjambe le Grand Canal, en face de la gare de Venise. Seules les villes piétonnes offrent cette entière liberté de marcher dans le calme et au milieu des rues, comme dans les siècles passés.

Nous nous quittâmes au pied du train et échangeâmes mille vœux réciproques de réussite durant la prochaine nouvelle année.

« Ciao’ carissima ! Tanti auguri per l’anno nuovo ! Buon lavoro ! (au revoir très chère (chérie) ! Tous mes vœux pour la nouvelle année ! Bon travail !),

« Ciao’ Bella ! Tanti auguri a te ! Tanti concerti, tanti viaggi e l’Amore ! Ci scriviamo, dai ! (Salut la Belle ! Tous mes meilleurs vœux à toi ! Plein de concerts, plein de voyages et l’Amour ! Allez, on s’écrit  ! )

Malgré l’humidité, il me vint l’envie de flâner sur un trajet  plein de charmes, qui emprunte les ruelles du quartier de Santa Croce puis de San Polo. Difficile de se frayer un chemin dans Calle de mezo (Ruelle du Milieu) en fin d’après-midi. Les vénitiens faisaient leurs courses (la spesa). Voici la mercerie où j’avais acheté des socquettes blanches lors de mon précédant séjour. Les vendeuses portaient toujours des blouses bleues. Pourquoi le magasin de l’ami bijoutier était-il déjà fermé ? Par la porte du bar Vivaldi, restée ouverte sur la ruelle, s’échappait la cacophonie de fortes voix. On buvait l’apéritif sur le zinc. On racontait les nouvelles du quartier. Des anges de bois sculptés et peints à la main se pressaient à la vitrine d’un artisan. Quel plaisir de revoir ce décor connu, de vivre cette atmosphère d’antan. J’étais chez moi. Sur le Campo San Polo, mes yeux se portèrent sur l’angle de l’un des palais. L’architecte y avait logé un balcon à colonnettes torsadées en pierre, allégeant ainsi considérablement le volume des murs.

 

A la Scuola Grande San Rocco (Confrérie Saint Roc), le concert aux chandelles commençait à 20 heures 30, dans la salle inférieure. Le Maestro Vivaldi m’invitait à célébrer sa ville. Après les ovations méritées par les musiciens, je quittai les œuvres du Tintoret et la façade Renaissance de marbre blanc veiné de rouge et vert pour la pénombre des ruelles. Dans mon rêve éveillé, je flânais vers mon palais du XVIIe, dans le quartier de Dorsoduro. Au bout du quai étroit, j’entrai dans la cour jardin, décorée de statues de terre cuite. Les lanternes aux verres jaunes et bleus éclairaient la porte d’entrée. A l’intérieur, poutres et meubles d’époque, glaces et lustres en verre de Murano. Demain matin, la vue sur le canal et son trafic : un spectacle quotidien.


VENISE 1996

Mai 1996.

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Les prémices d’un voyage problématique se firent sentir dès l’aéroport de Roissy. Une roue de l’avion à changer et des contrôles techniques à effectuer. Nous décollâmes avec une heure et demi de retard. L’accès au décor sublime se faisait attendre.

Venise se détacha à ma droite. Le Grand Canal partageait la ville en deux parties grises. Vêtue pour une température estivale, j’affrontai le froid, le vent et la pluie. Le premier téléphone visible me permit d’excuser mon retard auprès de Carla. Elle louait les chambres de son appartement. Je devais les visiter. Une personne nous avait mises en contact afin d’envisager un échange de chambre entre Paris et Venise. Elle vint à ma rencontre au coin des bâtiments de l’Institut d’Architecture du quartier de Santa Croce. L’échange d’appartement devenait location ... La chambre proposée était un espace minuscule , séparé de l’entrée par un meuble. La cuisine commune devait être partagée avec elle, son mari et les autres locataires. « Il fallait s’adapter » expliquait-elle. Je sentais poindre la complication. Nous prîmes une tisane. Impossible de connaître le prix journalier. Je demandai un temps de réflexion et appelai ma logeuse du quartier de Dorsoduro : personne. Compte tenu du retard de mon vol, elle ne pouvait m’attendre en vain. Je me dirigeai néanmoins vers ma location en traversant les quartiers de Santa Croce et de San Polo sans enthousiasme. La fatigue m’accablait. Un café « ristretto » (serré) ne changea rien.


Quartier de Dorsoduro.

DORSODURO_VENISIA

Depuis un banc du Campo San Vio, sur fond de palais et de vaporetto, mangeant un sandwich, je surveillais l’arrivée éventuelle de ma propriétaire. Le rideau métallique du kiosque à journaux était baissé pour la pause déjeuner. Un balayeur en tenue verte nettoyait scrupuleusement l’espace ouvert sur le Grand Canal. Les pigeons ramassaient mes miettes.

  • Vous avez vendu le soleil cette année ? Vous aviez besoin d’argent ?

  • Signora, che disastro ! (Madame, quel désastre !)

Ma logeuse passa sur le pont. Enfin. Il plut à nouveau. La météo confirmait son peu d’optimiste. Je pris possession de ma chambre.

Prévoyant d’avoir besoin un jour de séjourner dans le quartier de Santa Croce, près de l’église des Frari, je téléphonai à Carla chaque soir, depuis une cabine et sous la pluie. Elle me demandait chaque fois de rappeler le lendemain pour des motifs peu compréhensibles et ainsi, je ne connaissais toujours pas le prix de la chambre. Mon quatrième appel lui signifia clairement que je n’appréciais pas son peu de clarté.

La chambre que j’occupais donnait sur la fondamenta Venier Do Leoni, proche du quai sud appelé « Le Zattere » (Les Radeaux). En face, le terrain arboré d’un palais où s’activaient serviteurs et jardiniers. Des glycines aux teintes violines recouvraient le haut du mur ocre de la propriété. Les fenêtres de la cuisine de ma logeuse s’ouvraient sur les jardins de la Collection Guggenheim. Je ressentis un besoin absolu de repos. Le climat peu clément m’engagea à « prendre mon temps ».

Au bout de quatre jours, le soleil revint. Je me précipitai sur « Le Zattere », lieu de promenade favori des vénitiens. Je passai les matinées à la terrasse d’un bar à regarder le trafic des yachts, des pétroliers, des ferries, des barques. Les vaporetti, inlassablement, rejoignaient l’île de la Giudecca. Les conducteurs de bateaux de la poste et ceux de la guardia costiera buvaient un verre au passage.

  • Per cortesia (s’il te plait), tu me donnes un café et deux tramezzini (petits sandwiches de pain de mie) ?

  • Subito (tout de suite).

L’eau verte du canal de la Giudecca resplendissait. Les mouettes volaient à grands coups d’ailes. Elles semblaient discourir entre elles. Le soleil brûlait la peau. Le palais du Consulat Général de France regardait l’île de la Giudecca et le style nordique de l’immense Moulin Stuky. Une barge arrivait, supportant un camion dont le chargement remplirait les rayons de la supérette située au bout du quai. Dans le port, un matelot français gardait l’entrée du Jean Bart revenant de Yougoslavie. Des bateaux de croisières à quai. Des camions embarquaient pour la Grèce.

Le matin suivant, sur le Campo San Vio, on tournait un film. La scène se passait devant la porte d’un hôtel, sur le Grand Canal. L’acteur jouait le rôle d’un homme qui, tombé à l’eau puis « repêché », se disputait avec le chasseur de l’hôtel. On criait, on gesticulait. Depuis un taxi d’eau, on lui tendait son attaché case. Il pleuvait mais pas assez. L’acteur reçut des seaux d’eau sur la tête toute la matinée. Les gens s’arrêtaient pour regarder le tournage et riaient : « poveretto ! le pauvre ! La bronchite le guette ». Le scénario prévoyait probablement un acteur trempé jusqu’aux os, les cheveux et le costume bleu collés sur la peau !le_grand_canal_de_venise_940x705

Le dimanche fut ensoleillé. Je marchai au hasard de Dorsoduro. Mes pas me portèrent vers la gare par des quais jusqu’ici inconnus. Quelques passants flânaient avec des enfants. Des glycines en fleurs s’évadaient des murs. Je m’assis sur les marches de l’église San Nicolo’ dei Tolentini. Des enfants jouaient au ballon sur le campo. Les cloches sonnèrent : 18 heures. Une dame âgée ferma ses volets. Un chat tigré fit son entrée en courant sur la scène. Il s’arrêta près de moi et dialogua avec mon objectif et mon amitié pendant que les fidèles se rendaient à la messe du soir. Un repos de deux heures dans une lumière de fin de journée.

 

Mon retour par l’Orient Express m’obligeait à rester encore quelques jours malgré la pluie presque incessante. Diapositives bien sombres et un plat de « spaghetti alle vongole » (spaghetti aux praires) délicieux, sur une fondamenta dans le quartier de Cannaregio. Je découvris un petit théâtre en restauration, au plafond de poutres peintes. Je discutai avec les ouvriers. Sur le campo entre la Madonna dell’Orto (la Vierge du Potager) et l’arrêt du vaporetto du même nom, je rencontrai un chat tigré très accueillant connu lors de mon précédent séjour. Il se souvint de moi et me suivit à la cabine téléphonique puis m’accompagna jusqu’au Campo dei Mori.photo_orientexpress

En fin d’après-midi, j’étais invitée à une conférence à la Scuola Dei Calegheri sur le campo San Tomà. (« l’Homme, ce méconnu à juger « , présentée par deux intervenantes (l’une, psychiatre en milieu pénal et l’autre, doctoresse neuropsychiatre). L’analyse ? encore tabou en Italie et liée à l’idée de folie. Après la séance, je bus un chocolat bien chaud avec l’une des intervenantes et son amie. Elles habitaient le quartier de Castello, tout au bout de Venise, la Venise sans touristes, celle des chats qui flânent dans l’herbe du Campo.

Le mauvais temps persista, l’organisation fantaisiste aussi. J'annulai le projet de me rendre chez des amis à Rome et fis changer ma date de retour. Je travaillerai à Paris. Inutile de perdre un temps précieux.

Deux jours plus tard, un ciel bleu et pur. Je me dirigeai vers Castello. J’aimais l’atmosphère populaire du marché de via Garibaldi, le samedi matin. Le marché n’avait pas lieu pendant un certain temps à cause de travaux de réfection du dallage. J'optai pour les jardins, puis le quartier de Sant’Elena. Venise retrouvait ses couleurs éclatantes et le fourmillement de son trafic aquatique. Je rencontrai des chats jouant sur un tapis de pâquerettes, dans le soleil. Le mot campo (champ = place) gardait là tout son sens car l’herbe poussait encore sur les places.photo_orientexpress2

Sur le chemin du retour, l’épreuve détestable  arriva : passer le « Ponte di Paglia » où les touristes s’agglutinent pour voir le fameux Pont des soupirs. Il relie le Palais des Doges aux prisons du Palais. Je redoutai la rencontre de cette foule qui détruisait presque la beauté et le charme de la piazzetta (placette) et de la place Saint Marc. Impossible d’éviter cette zone pour rejoindre les autres quartiers. Entre les places Santa Maria del Giglio et San Maurizio, je croisais « il Presidente ».

  • On prend un café au Florian ?

  • De grâce, je marche depuis huit heures du matin. Je n’en peux plus.

Nous entrâmes dans le premier bar ouvert sur la ruelle.

  • As-tu téléphoné à Carla et Fiorenza pour les échanges d’appartements ?

  • Oui, mais je laisse tomber. Il ne s’agit pas d’échanges. Maints appels chez Carla le soir, sous la pluie et dans noir, ne m’ont pas renseignés sur le prix journalier de ses chambres. Quant à Fiorenza, je ne peux la trouver chez elle qu’avant l’heure du dîner quand elle cuisine et un homme m’annonce : « pourriez-vous rappeler dans 30 minutes. Elle s’occupe du risotto ». Elle ne pourrait pas lâcher ses casseroles ? Et moi, toujours sous la pluie, dans le noir à chercher les numéros sur les touches des claviers de cabines téléphoniques ! J’ai utilisé en deux jours une carte téléphonique complète, uniquement pour joindre ces deux personnes que tu m’as recommandées.

  • L’une des intervenantes de la conférence te cherche, la dame très brune.

  • Pourtant, je lui ai remis ma carte de visite après la conférence, au café.

  • Elle l’aura égarée. Je n’ai pas ses coordonnées sur moi mais tu peux téléphoner au directeur du journal à qui je t’ai présentée. Alors, Carla voulait te louer une chambre ? Je lui avais bien expliqué que tu cherchais à échanger ton appartement avec celui d’une vénitienne. Elle a pensé tout de suite à l’argent. Pour l’exposition des tableaux des adhérents de l’association à Paris, retenons le printemps 1997. Tu me tiens au courant.


Campo Santa Margheritta.

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Sympathique campo, immense et peuplé. Le matin se dressaient des étalages de fruits et légumes, de poissons. Encore une scène de théâtre. D’ailleurs, j’y ai vu répéter sur des tréteaux, une troupe spécialiste de farces goldoniennes. On peut accéder au Campo par plusieurs ruelles depuis l’église des Carmini ou l’église San Pantalon, depuis le Campo San Barnaba ou la tour tronquée et quelques sottoporteghi. Je m’installai au soleil à la terrasse d’un café. Les tramezzini au thon et aux olives pilées ou à la ricotta (fromage frais) me plaisaient bien. Je passai là plusieurs après-midi. Les oiseaux de la ville, terriblement effrontés, n’hésitaient pas à se poser sur le bord de mon assiette. Les acteurs de cette scène théâtrale ? Des étudiants en architecture de Ca’Foscari marchant par petits groupes en discutant, des touristes en plein rêve, des couples main dans la main, les habitants du quartier vaquant à leurs occupations, des pigeons se précipitant sur un bout de pain, des ouvriers restaurant un toit, le balayeur du quartier salué par les habitués, le curé en soutane noire, des chats surveillant les pigeons, des mamans promenant le petit en compagnie de la grand-mère, des retraités, le journal sous le bras, se déliant les jambes avec leur chien muselé. Tous ces personnages arrivaient des coulisses pour traverser la scène ou s’asseoir un moment sur un banc rouge et continuaient plus tard, vers un lieu connu d’eux seuls. A un angle du Campo, « gli Alpini » (les chasseurs alpins) et leurs chapeaux à plumes, proposaient aux passants la signature d’une pétition destinée au Maire Cacciari afin d’activer la reconstruction du « Gran Teatro La Fenice ». En fin d’après-midi, ouvriers, employés ou hommes d’affaires distingués, rentraient chez eux d’un pas scandé. Les groupes remettaient à demain conversations et gestes animés. Imaginez ces personnes portant des costumes du XVIIIème siècle et vous assisterez à une pièce de Goldoni en décors naturels. Je remarquai des gens que j’avais croisés la veille ou quelques minutes auparavant. Cela est fréquent ici. Si vous vous installez, tout le quartier vous reconnaitra au bout de trois semaines. Radio San Marco diffusait des succès des années 60 : "ora, sei rimasta sola, piangi e non ricordi nulla, scende una lacrima sur tuo bel viso, lentamente, lentamente (« Maintenant tu es seule. Tu pleures et tu ne te souviens plus de rien. Une larme coule sur ton beau visage, lentement, lentement »). Ces Campi vivent pleinement. Je quittai ma place de théâtre pour la supérette et le bateau épicier du Campo San Barnaba. Comme une vénitienne, je devais faire mes courses pour le lendemain.

Pour finir la journée, je me rendis au cinéma Accademia. Au programme : Il Postino (Le Facteur). Projection en deux temps sur petit écran. Je retrouvai l’atmosphère des séances de mon enfance. Il manquait seulement l’attraction pendant l’entracte.

On m’avait parlé de Valeria à Paris. Elle vivait à Castello avec un peintre et écrivait des poèmes. Nous voulions faire connaissance.

  • Je porterai une chemise écossaise. Et toi ?

  • Des lunettes de couleur fuchsia. Retrouvons nous à l’arrêt Accademia.

Après une promenade sur « Le Zattere », comme tout vénitien se respectant, nous nous dirigeâmes vers le Campo Santo Stefano. Une main se leva à la terrasse d’un café pour nous appeler. Un ami de Valeria. Un orage arriva. Nous partîmes rapidement, sans avoir consommé. Nous passâmes un moment chez l’ami, à deux pas de là, calle degli Assassini (ruelle des Assassins), un nom impressionnant !

J’accompagnai Valeria jusqu’à la Place Saint Marc, sous un ciel très menaçant. Le vent se mit à souffler. Autour du campanile, les canettes métalliques roulaient sur le sol, les papiers s’envolaient. Ne vient-on pas à Venise pour recevoir une leçon d’esthétique ? Pour jouir d’une luminosité rare ? Pour célébrer la beauté d’une ville  ?



Acheter un appartement  ?

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Posséder quelques mètres carrés à Venise, cette ville si particulière, aux bruits d’antan, sans circulation automobile. Flâner et parler au milieu des ruelles dans un décor séculaire, là où des personnages célèbres vécurent ... J’avais ce vœu. A plusieurs reprises, je contactai des agences. Je faxai la définition du petit appartement lumineux avec vue sur les toits. Deux possibilités de réponse. Aucune  : le besoin de clients n’était-il pas impératif  ? ou bien, un appel téléphonique assurant que le studio libre était exactement celui que je recherchais. L’employé désirait ma venue pour visiter d’urgence car le produit, très intéressant, se vendrait rapidement. Je posais des questions.

  • Qu’elle est la superficie ?

  • Aux alentours de 50 m2, nous ne savons pas exactement …

  • A quel étage est-il situé ?

  • Il est en rez-de-chaussée mais il est vraiment très lumineux.

  • Mais, dans les rez-de-chaussée, l’eau monte.

  • Non Madame, ce quartier est épargné par la marée haute.

Les vénitiens évitent de vivre dans les rez-de-chaussée sauf si une longue expérience a prouvé que l’eau n’atteignait le lieu. Dans les palais, ils étaient réservés aux vastes entrées et permettaient d’accéder à la fois à la ruelle et au canal. Dans les maisons plus simples, d’autres fonctions que celle d’habitation sont exploitées. Des refuges pour les chats y sont créés. Surélevés, ils servent de lieux de rangement. Il vaut mieux habiter en étage. Les propositions d’achat d’un rez-de-chaussée se répétèrent. En échange, j’adressai aux vendeurs mon discours portant sur l’honnêteté. Le rêve est plus beau en rêve …

Je finis par me sentir accablée. J’avais envie de fuir le miroir d’eau et ses reflets, l’Italie aussi. Mais cette langue si belle … Fallait-il se résoudre à utiliser l’Italie pour sa seule beauté naturelle, son art, ses chansons, ses couleurs et ne pas pouvoir construire de vrais contacts, des projets ? Passer seulement dans des paysages ? Vivre quelques temps seulement dans des décors sublimes, à Venise ? en Toscane ? Je refusais l’appellation de « touriste ». Accepter fréquemment l’imbroglio ? J’en suis incapable. Ne parler à personne  ? Mais cette langue si belle ... Ne plus l’entendre ?

Après mon retour, je cherchai un film vidéo utile à ma documentation. Introuvable à Paris et non réédité. J’entrepris des contacts téléphonique avec des boutiques à Venise. Je trouvai finalement cette vidéo d’occasion à Mestre, en terre ferme. Le vendeur ne proposa pas de me l’expédier. Entre Janvier et Mai, aucune de mes connaissances vénitiennes ne daigna se déplacer pour aller la chercher et me l’envoyer. Je demandai à nouveau au patron du magasin s’il voulait bien la poster. Le vendeur promit de demander le coût du port à la poste. Dix jours après, il n’avait pas encore la réponse ! Il prétendit que le port s’élèverait bien à l’équivalent de 90 F.

  • Je ne crois pas. Je connais les tarifs et je ne tiens pas à payer pour la mafia, dis-je.

  • Je vais vous faire savoir la réponse de la poste, dit mon correspondant.

Sans grand espoir, je proposai mon numéro de téléphone que d’ailleurs il ne réclamait pas. La chance m’accompagna car, dix jours plus tard, j’appris que le vidéo film recherché venait d’être réédité. Il se trouvait dans les rayons des magasins parisiens.


L’AQUARELLISTE

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Il vendait ses aquarelles sur un charmant campiello. Il portait un chapeau à larges bords posé sur ses cheveux blonds. Une origine autrichienne ?

J’achetai quelques œuvres en prévision de cadeaux et commandais pour Noël un chat allongé sur un rebord de fenêtre. Décembre se termina sans la réception du chat.

Un jour, je reçus une enveloppe assez volumineuse contenant deux portraits de chats sur un beau papier ivoire. Rien à voir avec ma commande. Ces chats se présentaient avec un an et demi de retard. La lettre écrite de la main de l’artiste disait :

« Cara Fiorella,

Je suis le peintre de Venise. Je t’envoie ces deux petits chats. Excuses-moi pour le retard mais j’avais perdu ton adresse. Je viens de la retrouver dans mon ancien carnet. Il y a un petit problème : je ne sais plus le genre de chats que tu voulais. En voici deux. J’espère qu’ils te plairont.

A bientôt, Ciao’ »,

P. S. J’espère que tu vas bien."

Les deux chats sont repartis chez eux  !


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à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ...




SOMMET INTERNATIONAL SUR LE CLIMAT DE COPENHAGUE LE 9 DECEMBRE 2009

Copenhague : Barack Obama y va pour

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la photo, la Chine peut proposer plus

Communiqué de Presse de l'Organisation GREENPEACE
 

Le président américain a annoncé qu'il serait au sommet international sur le climat de Copenhague le 9 décembre. Il semble bien que cet arrêt à Copenhague ne sera qu'une halte sur le chemin qui doit le mener le lendemain à Oslo pour recevoir le prix Nobel de la Paix. Non seulement, Barack Obama ne sera à Copenhague que pour le début des négociations (elles s'achèveront le 18 décembre), mais en plus, ses propositions ne sont pas à la hauteur des enjeux climatiques actuels.

Il en va de même pour celles de la Chine qui ont été annoncées ce 26 novembre. A onze jours de l'ouverture du sommet de Copenhague, les deux premiers pollueurs de la planète doivent aller plus loin dans leurs engagements.


barack_obama_announces_new_exec_compensation_limits_2-4-091L'administration américaine envisage une baisse des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis de 17% d'ici 2020, par rapport aux niveaux de 2005. Cette annonce prouve à quel point les Etats-Unis refusent de prendre en compte l'urgence climatique que vit notre planète. Premièrement, ce n'est pas par rapport à 2005 qu'il faut se baser pour calculer la baisse des émissions de gaz à effet de serre, mais 1990 (comme le font les autres pays). Deuxièmement, ce chiffre de 17% est indécent par rapport à ce que la situation exige. C'est de 40% que la première puissance mondiale doit baisser ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 (et par rapport aux niveaux de 1990). C'est non seulement indispensable, mais également possible. Greenpeace a prouvé dans son rapport " Révolution énergétique " que les Etats-Unis peuvent tout à fait y arriver. Seule manque la volonté politique.

En venant à Copenhague au début du sommet plutôt qu'à la fin et avec des propositions aussi faibles, Barack Obama se trompe de jour, se trompe sur les chiffres, se trompe sur les objectifs. Le président américain a beaucoup à faire s'il veut éviter que son pays ne porte la responsabilité d'un échec à Copenhague.

De son côté, la Chine sera représentée par son Premier ministre, Wen Jiabao. Ce 26 novembre, suite aux annonces américaines, elle a présenté pour la première fois un objectif de réduction chiffrée de ses émissions de gaz à effet de serre. Cette réduction sera de 40 à 45% par unité de PIB d'ici à 2020, par rapport aux niveaux de 1990. A onze jours de l'ouverture du sommet, cette annonce de Pékin est importante, mais Greenpeace estime que la Chine doit faire plus. Elle le ferait certainement si les Etats-Unis donnaient l'exemple en adoptant des objectifs plus ambitieux que ceux actuellement affichés.

LA LISTE DES SITES DE LA MOBILISATION DU SOMMET DE COPENHAGUE POUR SAUVER LE CLIMAT

http://www.europe-ecologie.fr

http://www.europe-ecologie.eu

http://www.climatecircus.com

 http://www.climatjustice.org

http://www.europeangreens.eu

http://www.greens-efa.org

http://www.lesverts.fr

REVOLUTION ENERGETIQUE

http://blog-s.greenpeace.fr/documents/revolution-energetique-synthese-francais.pdf

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04 décembre 2009

VOYAGE EN ITALIE SUITE 3 : ANECDOTES ITALIENNES de Fiorella GIOVANNI

Drapeau_Italie                  Fiorella GIOVANNI                                          

                      ANECDOTES ITALIENNES



VENISE 1995

Octobre 1995. Le dîner raté.

CAMPO_DE_VENISE

J’entrai dans un restaurant situé sur l’un des plus grands Campo de Venise. Ici, la restauration ferme tôt. Un serveur d’un certain âge m’accueillit, me passa le bras autour de la taille, m’appelant Signorina (mademoiselle). Je m’assis. Un autre serveur, m’apporta le menu. Je choisis un plat de lasagnes. Probablement congelées puis chauffées au four à micro-ondes, elles étaient insipides. Voici la demoiselle très mécontente  ! Le prix du plat ? Exorbitant. Je mangeai pour ne pas mourir de faim dans la nuit, avalai mon quart d’eau minérale "frizzante" (pétillante) et me levai pour payer à la caisse cherchant à gagner du temps. Le premier serveur me croisa  :

  • Vous êtes satisfaite ?

  • Pas du tout. On m’a donné un plat congelato !

  • Ma come congelato ? Impossibile !

  • Je n’ai pas le temps de discuter 3 heures !

  • Ma allora, au revoir.

  • J’aimerais ma monnaie par-dessus le marché !

Les vénitiens exèlent dans l’art de frapper financièrement ceux qui passent par leur ville. Toutes les marchandises arrivent par bateaux et porteurs : c’est vrai. L’élévation extravagante des prix est-elle réellement motivée pour le poisson, les légumes et les fruits de la lagune ?


La « Bella chiachierata » (On a bien discuté)

VAPORETTO2

J’étais en retard pour mon rendez-vous à l’École Internationale de la Graphique de San Stae. Pourquoi ? Mon œil avait aperçu une gondole à la proue sculptée exceptionnelle et des reflets flirtaient avec le fer de la gondole et les six barrettes représentant les six quartiers de Venise. Je voulus capter l’œuvre sur ma pellicule. Dans le vaporetto numéro 1, desservant le Grand Canal, un monde fou se pressait sur le pont. Je me glissai à l’entrée de la cabine de pilotage. La porte ouverte me fit découvrir un conducteur à lunettes de soleil alors que le ciel gris n’annonçait rien de bon. Je posai mon sac à l’entrée de la cabine.

  • Je n’ai pas l’intention de conduire le vaporetto ! dis-je au conducteur.

  • Combien de temps faut-il pour arriver à l'arrêt de S. Stae ?
  • Environ 20 minutes, Madame. Nous devons ralentir ces jours-ci à cause de l'eau basse.
  • Les vaporetti m’inquiètent. Je les évite car je n’aime pas l’eau. Certains me paraissent bien rouillés. Vous ne passez pas un coup de peinture de temps en temps ?

vaporetto

  • Vous parlez un italien impeccable. Compliments.
  • Merci à vous. Compliments pour cette langue merveilleuse. Le monde entier devrait s'exprimer en italien ...
  • Le conducteur s'arrêtait de parler, à chaque manoeuvre, pour aborder les pontons flottants. Il regardait dans ses rétroviseurs. Puis, la conversation reprenait.
  • D’où venez-vous Madame  ?

  • De Paris.

  • Ah Paris, c’est beau aussi. Quelle chance vous avez.

  • Je dois descendre à la prochaine n'est-ce pas ?
  • Oui San Stae arrive. Je suis ravi d’avoir fait votre connaissance, Madame. Nous avons fait « una bella chiachierata  !  » (on a bien discuté)

Décembre 1995. Dans le bus reliant l’aéroport Marco Polo à Venise.

VUE_AERIENNE_DE_VENISE

Deux jeunes français montèrent en demandant difficilement au conducteur :

  • Piazzale Roma ?

  • C’est l’autre bus, derrière celui-ci.

Les deux touristes quittèrent en fait le bus qui se rendait au Piazzale Roma, à l’entrée de Venise. Ils montèrent donc dans un autobus qui allait à Padoue ! Le chauffeur se vengeait-il des essais nucléaires en cours ? (La plupart des Italiens sont contre le nucléaire) ou exprima-t-il une fantaisie passagère ?


L’aqua alta (l’eau haute = la marée haute)

J’arrivai au ponton du piazzale Roma et demandai mon billet pour Accademia. Temps bas hivernal, sans luminosité. J’interrogeai l’employé :

  • L’eau haute est annoncée pour ces jours-ci ?

  • Oui, pour demain.

Pendant le trajet, selon mon habitude, j'engageai la conversation avec ma voisine :

  • Madame, nous aurons l’aqua alta demain ?

  • Ma no, ne vous inquiétez pas, ça n’est pas prévu en ce moment. D’ailleurs regardez, l’eau est très basse à la base des palais.


SUR LES TRACES DE THOMAS MANN

Octobre 1995.

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J’embarquai à San Zaccaria dans le but de passer l’après-midi sur l’île du Lido. Elle sépare la lagune de la mer Adriatique. Les vénitiens y viennent en été pour la plage de sable et les bains de mer. Peu de temps auparavant, le film « Mort à Venise » m’avait fortement impressionnée. Un voile de brume enveloppait délicatement le paysage automnal.

Je fis tout d’abord un détour par la plage de l’Hôtel Les Bains. Le ciel gris teintait de la même couleur les vagues, l’eau, le sable. Des images du film de Visconti me revenaient en mémoire ainsi que l’atmosphère étrange, angoissante d’une Venise qui cache une épidémie de choléra. Belle histoire, traitée avec l’extrême délicatesse qu’exigeait le sujet à la fin du XIXe siècle, par un écrivain renommé puis par un metteur en scène célèbre. Le bruit des vagues rythmait le temps qui semblait ne pas s’écouler vraiment. Comme dans le film, des voix parvenaient jusqu’à moi. Pourtant, personne ne se promenait alentours. Seule une mouette, perchée sur un pieu enfoncé dans le sable surveillait ce décor nostalgique. Le brouillard et la mélancolie descendaient sur la mer.


L’Hôtel Les Bains :

HOTEL_DES_BAINS_DE_VENISE

Une architecture de pierre fin XIXème, imposante et riche, sa façade de 300 mètres de long, son parc rougissant sous l’automne, ses statues. A l’intérieur : ses lustres en verre de Murano, ses meubles anciens ... L’hôtel semblait désert. Je me dirigeai vers le bar.

  • Excusez-moi, puis-je rester là quelques heures afin de m’imprégner du décor, de l’ambiance  ? Je désire écrire quelques lignes sur les traces de Thomas Mann et j’ai particulièrement apprécié le film de Visconti.

  • Aucun problème Madame. Vous pouvez aller et venir dans l’hôtel comme il vous plaira. Ce sera un plaisir pour nous.

  • Je vous remercie pour votre amabilité. Un café ristretto (très serré) sera le bienvenu. Venise est une ville fatigante.

Je m’assis dans un fauteuil crapeau. Décoration de moulures aux tons abricot et ivoire et peintures en trompe-l'œil. Thomas Mann séjourna ici sept étés.

Je fis quelques pas et découvris une porte ouverte sur une immense salle dont les parois étaient recouvertes, en alternance, de boiseries et de glaces. Une salle de bal  ? Un homme en costume surveillait des travaux. Admirative, j’approchai doucement.

  • Signore, permettez-moi de savoir à quoi sert cette si belle salle. Je me souviens de l’avoir vue dans le film de Visconti.

  • C’est la salle des fêtes de l’hôtel, utilisée aussi comme salle de congrès. J’ai vu Visconti tourner le film « Mort à Venise » en 1970, apporter des meubles pour la circonstance. Je travaille ici depuis 1949. Vous vous intéressez à l’hôtel ?

  • J’écris un livre. J’aimerais parler de l’Hôtel Les bains. Je passe l’après-midi ici dans ce but.

  • Venez avec moi, Madame, je vais vous faire découvrir la plus belle vue, au 5ème étage.

Nous montâmes par le large escalier central revêtu d’épais tapis. La rampe de fer forgé s’envolait vers les étages. Il m’ouvrit une fenêtre qui donnait sur Venise. On apercevait le campanile de la place Sain Marc dans la « nebbiolina » (brouillard). En dessous de nous, dans le parc, les arbres roussissaient. Nous échangeâmes nos cartes de visite.

  • Madame, savez-vous que peu de gens s’intéressent au passé, nous n’en voyons jamais. S’il vous manque des informations, contactez-moi.

Je retournai à ma table, écrivis quelques notes et commandai un jus d’orange frais. La luminosité commençait à baisser. Vers 17 heures, des touristes se présentèrent dans des tenues qui respectaient bien peu l’élégance de l’architecture.

Je quittai le XIXème siècle et traversai à pieds l’île du Lido, l’une des bandes de terre qui protège la cité des Doges. Le vaporetto stationnait devant l’embarcadère, au bout de l’artère commerçante de l’île. Depuis le pont du bateau, un spectacle imprévu m’accueillit : l’eau, d’un bleu sombre et lumineux se rayait du reflet orangé des faisceaux de lumières projetés par des fanaux posés sur « le bricole » (les pieux) délimitant le chenal. Le ciel ? Du même bleu intense. Dans le soir, les lumières de la Place Saint Marc et de Riva Schiavoni. Un bateau de croisières, tous hublots éclairés, longeait la Piazzetta (place entre le Palais des Doges et le campanile).

Je descendis à San Zaccaria, près de l’hôtel Danieli. Pour le dîner, je choisis la Trattoria Da Vincenzo à Castello, située dans les ruelles derrière la basilique Saint Marc. Le serveur parlait gentiment. Je lui fis confiance, espérant ne pas renouveler la malheureuse expérience de la veille au soir. Il me proposa un plat de crabes frits, sans carapaces en période de mue, accompagnés d'une « polentina » (petite polente). J’appréciai les crustacés et fis transmettre mes compliments au chef.

Place Saint Marc, campo Santa Maria Del Giglio puis le campo Santo Stefano et le pont Accademia. Devant le musée des beaux arts, je pris la ruelle à droite qui passe devant le cinéma « Accademia » pour rejoindre le canal San Trovaso. Les charmes de mon palais XVIIe m’attendaient. Trois lanternes éclairaient la porte d’entrée et la cour de l’hôtel où des statues de terre cuites se dissimulaient dans la verdure. De hautes fenêtres gothiques allégeaient l’esthétique de la façade. A l’intérieur : poutres ancestrales, lustres de verre de Murano, meubles anciens et tableaux contemporains. Depuis ma fenêtre, je pouvais voir le trafic des barques à moteur allant et venant.


INTERVIEW A LA  SCUOLA  GRANDE  SAN  ROCCO

Octobre 1995.

LES_CHATS_DOMESTIQUES


Je quittai l’hôtel pour me rendre, sans rendez-vous, à la Scuola Grande San Rocco. M’accepterait-on ? Sur le campo, une dame donnait à manger à un groupe de chats sortis d’un jardin dissimulé derrière une grille.

  • Chaque jour à 17 heures, je suis là avec mes gamelles. Ces bêtes m’attendent. Ils ont une pendule dans l’estomac. Ils sont toute ma vie. Je leur dédie mes économies et ils me le rendent bien, Madame.

  • Comme je vous comprends ! Les chats sont des bêtes intelligentes. Un chat m’a sauvée quand j’étais petite.

La Scuola Grande fermait à 17h30. Je saluai la « mamma-gatti » (maman-chats).

À l’entrée du musée, j’expliquai à un jeune homme que j’aimerais rencontrer un responsable.

  • Suivez-moi, Madame, je vous présente tout de suite.

Il me conduisit au rez-de-chaussée dans une salle aux de boiseries sombres.

  • Excusez-moi, Monsieur, j’arrive sans rendez-vous. Permettez moi de vous dire que j’ai beaucoup apprécié, en janvier dernier, pour l’ouverture de l’auditorium de la Cité de la Musique à Paris, un concert de Gabrieli Consort and Players, qui était la création de celui, donné ici en 1608, pour la fête de Saint Roc.

  • Oui, je sais Madame, ils sont venus le chanter ici le 16 août dernier.

Je répétai plusieurs fois :

  • Vous me dites vrai  ? Ils ont chanté ici comme en 1608 ? D’après les notes du voyageur Thomas Coryat ?

  • Oui. Une soirée de qualité.

  • Me permettriez-vous de voir la salle où eut lieu le concert en 1608. Je veux écrire quelques lignes à ce sujet.

  • Bien sûr. Nous vous y conduisons de suite.

L’accès à la salle supérieure se faisait par un large escalier de marbre blanc. Murs recouverts de peintures du Tintoret. Je reconnus les lieux décrits par le voyageur anglais : l’autel baroque, les lampions de verre devant les boiseries du pourtour de la salle, les peintures, la salle contiguë appelée l’albergo, le pavement de marbre de mille couleurs aux formes géométriques. Ces voix ... ici, dans la splendeur baroque !

J’avais acheté un billet pour le concert du soir même. Il avait lieu dans la salle inférieure. J’en parlai au conservateur. Il me permit d’arriver avant l’horaire afin que je puisse observer les détails de l’architecture de marbre.

J’ignore encore le patronyme de mon guide. Il n’aimait pas les cartes de visite.

Dehors, sur le campo, les chats finissaient leur plats. Un américain chantait des chansons des Beatles en s’accompagnant à la guitare devant la façade baroque de marbre blanc, rouge et vert.

Les « scuole » existèrent à Venise depuis le moyen-âge jusqu’à la chute de la république à la fin du XVIIIème siècle. Ces confréries laïques, placées sous la protection d’un saint comprenaient des membres ayant juré leur obéissance aux règles de ces Scuole. Elles obtenaient des dons importants et les utilisaient pour des œuvres de bienfaisance et l’aide aux membres malades. Annuellement, une fête grandiose, qui durait plusieurs jours, célébrait le saint de chaque confrérie. Il n’y avait pas d’office religieux mais des séances de réflexions, de la musique. Ces édifices sont devenus des musées. La Scuola San Rocco fonctionne encore actuellement partiellement.



IL RISTORANTE « ALLA MADONNA »

Octobre 1995. Quartier de Cannaregio.

QUARTIER_CANNAREGIO_A_VENISE

La patronne du restaurant m’invita. Elle perpétuait la cuisine vénitienne de ses ancêtres. Faire découvrir son restaurant au décor simple, les tables déjà utilisées par ses grands-parents dans les années 1950, les peintures contemporaines aux couleurs vives dédiées à la Sérénissime … une joie pour elle. Les vénitiens regrettent tous le passé, leurs carnavals, leurs réjouissances locales authentiques qu’ils essaient de garder entre-eux. Je les comprends tant.

La serveuse m’installa à une table sur le quai. Un léger voile opaque enveloppait le quartier, dissimulant le décor romantique. Je commandai du foie à la vénitienne garni de polente. Il était 14 heures 30 et mon estomac criait famine, après une matinée de marche et de photos. J’adressai quelques mots à mes jeunes voisins autrichiens. Un homme transforma le rebord de la fenêtre du restaurant en bar personnel. Il but debout en regardant autour de lui. Soudain, deux enfants blonds aux yeux bleus sortirent en courant. Ils lancèrent une bouteille de plastique dans le canal. Je voulus connaître la signification de leur geste.

  • Nous avons enfermé un message dans la bouteille.

Ils parlaient un italien stylé des beaux quartiers.

  • Vous êtes vénitiens ?

  • Nous vivons ici. Nous sommes originaires de Hollande.

La petite fille, très belle, voulait absolument expliquer l’histoire du message enfermé dans la bouteille. Le garçon lui, voulait prendre la direction du discours. J’interrogeai :

  • Que dit le message ?

  • « Je suis dans l’eau. Carlo, aide-moi. Je veux rentrer à la maison ».

Les enfants s’appelaient Stefano et Aurora. J’inventai que l’eau du canal Ormesini, s’écoulant très lentement, la bouteille arriverait difficilement jusqu’à New York. Quand la bora soufflera pendant Carnaval, le courant plus rapide propulsera la bouteille de Venise vers les buildings américains, via la Méditerranée et l’Atlantique. Les enfants pensaient que la bouteille croiserait d’énormes bateaux et des baleines rouges. Quel voyage !

Mon foie délicieux me donna quelques forces, accentuées par un tiramisu’ (gâteau) maison. Je remerciai et complimentai la patronne dans sa cuisine. Elle ne servait que les plats qui lui plaisaient, refusant une demande de client si cela lui chantait. Et puis, quand vient l’acqua alta ? Madame, nous rehaussons les tables, les chaises, le matériel. Nous sommes habitués. Nous continuons à servir, à vivre. Elle venait d’obtenir l’autorisation de la mairie pour la pose d’une balustrade le long du canal, devant son restaurant. Des enfants étrangers à la ville tombaient parfois dans l’eau, en courant, par manque d’habitude des lieux.

  • La ville est malcommode, Madame. Oui, nous profitons d’une certaine qualité de vie, de peu d’agressions, mais les inconvénients sont autres : le transport des paquets sur des diables à travers les ruelles, des bébés dans les poussettes avec toutes ces marches sur les ponts, les courses depuis la supérette ou le supermarché en terre ferme à rapporter à pieds, depuis les arrêts de vaporetti parfois éloignés, l’humidité continuelle, les rénovations permanentes.

Elle apporta un agenda où les clients artistes laissaient une pensée. Elle me demanda d’en faire autant. Nous échangeâmes des vœux pour Noël et la nouvelle année.



LES CASTRATS DE VIA GARIBALDI

Octobre 1995. Venise. Quartier populaire de Castello : le marché du samedi matin via Garibaldi, sous le soleil.

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L’animation intense du marché hebdomadaire inspirait mon œil de photographe. Il se tenait sur la large rue principale du quartier, un ancien canal comblé. Des étalages de poissons, des fruits et des légumes. On y trouvait aussi des vêtements simples, des objets pour la maison. 12 h 30 : des ouvriers « en bleus » sortaient de leur travail pour déjeuner. Les petits cafés et les terrasses se remplissaient pour l’apéritif. Dans via Garibaldi, il existe encore de vieilles boutiques minuscules, parfois poussiéreuses, d’un style démodé, oublié des habitants des villes aux quartiers plus récents. Sur les bâtiments, les briques des murs apparaissaient à travers des zones de crépi délabré. Je notai sur les façades, l’enchevêtrement des fils électriques, les compteurs extérieurs. Pourtant, je n’imaginais pas un décor plus restauré pour ma ville-passion. Des sottoporteghi (ruelles étroites passant sous un immeuble) conduisaient à des cortili (cours). Du linge coloré y sèchait été comme hiver. Ces passages, aux allures de coupe-gorges, ne sont aucunement dangereux. Au bout de via Garibaldi, le canal ressortait. Le linge, suspendu entre les maisons, se transformait en reflets aux formes abstraites à la surface de l’eau. Des ménagères faisaient la queue au bateau épicier. Elles attendaient leur tour pour choisir des fruits et des légumes. 13 heures sonnèrent au campanile voisin : les boutiques commençaient à fermer. Les commerçants du marché remballaient. Dans la petite vitrine d’un boucher, un écriteau annonçait : aujourd’hui, castrats de chez nous. Passionnée par les castrats à la sortie du film « Farinelli », j’avais lu les livres concernant ce célèbre personnage. Le boucher nettoyait le sol de sa boutique.

  • Je ne savais pas qu’on castrait à nouveau à Venise ! Pourtant, ici, on reconnaissait aux femmes le droit de chanter à l’époque baroque. Les castrats donnèrent des spectacles à Venise comme ailleurs. Pourtant, fait incroyable, j’ai lu qu’un prêtre castrait à Venise.

  • Madame, ma boutique propose du mouton castré, notre spécialité locale !

Une dame de 83 ans, à qui j’avais parlé la veille au soir, ouvrait la porte de sa boutique d’une autre époque. Je la photographiai de dos. La devanture de bois réclamait un sérieux coup de vernis. La vitrine contenait des cartes postales aux couleurs fanées par le soleil, recouvertes de poussière. Elle me reconnut.

  • Me permettriez-vous de vous photographier dans votre boutique ?

  • Impossible. Il y a tant de poussière, dit-elle.

  • Madame, votre boutique est rare. Je recherche des lieux authentiques.

  • Non, laissez-moi. Je suis âgée.

Son fils arriva pour l’aider. Il me demanda de partir. Je m’éloignai.



LE LIVRET DE CAISSE D’ÉPARGNE AU PORTEUR

Octobre 1995.

Depuis Paris, je contactai le Président d’une importante association culturelle à Venise. Je pouvais participer à une exposition collective de son association en décembre prochain. Je me proposai comme responsable de leurs contacts culturels à Paris. Accepté. Pendant mon séjour automnal à Venise, le Président me reçut deux fois. Il envisageait de créer des cours d’italien pour étrangers. Un pourcentage du montant des inscriptions parisiennes, transmises par mes soins, me serait versé sur un carnet de caisse d’épargne au porteur. Les sommes figurant sur le carnet me permettraient de payer mon hôtel lors de mes déplacements. Pas de contrat écrit et un pourcentage fluctuant, inscrit sur des petits bouts de papier qui volaient à terre. La méthode me parut originale et peu fiable. De toute façon, mon agenda ne permettait pas une nouvelle charge.

  • Et, si au moment de régler l’hôtel, « un porteur » à vidé le carnet … dis-je.

Il ne répondit pas. Le soir même, voulant entendre sa réaction, je téléphonai à une amie italienne, pour conter l’histoire. La ligne ne résonnait que de silence. Elle articula finalement :

  • Laisse tomber !

J’avais compris de toute façon. Je téléphonai pourtant au portier de nuit de l’hôtel :

  • On me propose un livret de caisse d’épargne au porteur. Cela existe ici ?

  • Oui Madame, mais vous devriez demander un livret nominatif, c’est beaucoup plus sécurisant.



LE DEJEUNER CHEZ MARIE ET PIERRE
Octobre 1995.

LES_TOITS_DE_VENISE

Je rencontrai des Français, Marie et Jean, lors d’un rendez-vous. Ils enseignaient la sculpture et la photographie dans une école artistique internationale. Nous quittâmes l’école ensemble et ils m’invitèrent pour un verre de prosecco (vin blanc) sur le zinc du petit bar Vivaldi de San Polo. En fin de journée, il règne, dans ces petits bars à vins, une ambiance chaleureuse. La cacophonie des voix y explose. Nous rencontrâmes d’autres artistes dans les ruelles. Chacun commentait les nouvelles. Qui étais-je ? La soirée se prolongea par un plat de pâtes. Marie et Jean habitaient une grande mansarde près du pont de l’Académie. Depuis les quatre fenêtres de l’immense cuisine carrée, une superbe vue sur les toits de Venise, dans plusieurs directions et sur le pont de bois, franchis par les passants, pour rejoindre le Campo Santo Stefano. Dès la belle saison, Marie travaillait sur la vaste terrasse dominant la ruelle Foscarini menant au quai sud appelé «le Zattere».

Le jour de mon départ, je déjeunai chez eux. Trois musiciens vinrent de Padoue pour me rencontrer. A l’époque, j’organisais des concerts de musique classique. Ils voulaient jouer à Paris. La conversation, très animée, se focalisa sur les façons de pratiquer « à l’italienne ». Je suggérai à ce sujet quelques améliorations nécessaires. Mais comment réunir tout le monde à la même heure et le même jour devant le Quirinale à Rome pour agir, avança le pianiste. Les préoccupations de chacun : qui avec la copine, l’autre avec la musique et l’autre encore qui se repose ...

Il me fallut quitter la joyeuse bande et me rendre à l’hôtel. En fin d’après-midi, mon taxi d’eau remonta le Grand Canal, passa sous le pont du Rialto puis obliqua à droite à travers Cannaregio. Nous débouchâmes dans la lagune nord. Nous suivîmes le chenal et l’eau noire. La peur m’envahissait : l’eau. Les lumières de Fondamenta Nuove sombraient derrière moi. Je priais pour la vue sans failles du conducteur. L’heure se figeait sur le cadran de ma montre. Peur de l’eau. Les lumières de l’aéroport apparurent enfin au loin. Encore quelques minutes ... Attendre une place de parking flottant. Le taxi dansait comme une coque de noix.

Salle d’embarquement, décollage, des voisins japonais. Une heure trente après : le décor moderne des périphériques entre Roissy et Paris. Traverser les siècles ...

Les musiciens m’avaient donné un numéro de fax pour les contacter plus vite. Ils ne vinrent pas chercher mes courriers. Ils ne purent donc pas me répondre dans les délais. Le concert n’eut pas lieu.



LE VERNISSAGE FANTÔME

Décembre 1995.

QUARTIER_DE_SANTA_CROSE_VENISE

Tôt le samedi matin, je décidai de partir pour Venise et d’assister au vernissage de l’exposition collective à laquelle je participais. Il avait lieu le dimanche à 16 heures. Les grèves générales en France m’occasionnèrent plusieurs réservations de billets d’avion et de train, de chambres à Roissy afin de favoriser au maximum mon départ pour l’exposition. Des annulations furent ensuite nécessaires. Je partis dans la matinée même sur la compagnie Alitalia qui elle, fonctionnait normalement.

Arrivée à l’aéroport Marco Polo par un ciel bas. Je montai dans le bus desservant le Piazzale Roma, l’entrée de la ville. Le vaporetto numéro 1 me transporta jusqu’à l’arrêt San Tomà. Là, je descendis afin de repérer avec précision la Scuola dei Calegheri (l’École des Cordonniers), lieu du vernissage le lendemain. Étrange : aucune affiche n’annonçait l’événement. Délicieuse promenade à travers les ruelles jusqu’à mon hôtel du campo Santa Maria del Giglio dans le quartier Saint Marc. Quelques mètres séparaient ma fenêtre des murs du Palais Barbarigo.

Le dimanche matin, je confirmai mon arrivée au Président. Rendez-vous fixé à 16 heures au vernissage. Je lui fis confirmer le lieu : la Scuola dei Calegheri.

Au lieu et à l’heure convenus de la manifestation : pas de lumière, pas d’affiche. Je m’assis devant l’entrée principale de l’ancienne école devenue un centre culturel. Personne. Jean arriva. Marie ne pouvait se joindre à nous. Nous téléphonâmes au Président. Numéro continuellement occupé. Claudia et sa sœur se présentèrent puis l’ami bijoutier. Le ton monta, vu les circonstances. Une scène à l’italienne éclata : chacun apportait sa version et commentait  les faits. Tout le monde parlait en même temps. 16 heures : le vernissage commençait, mais où ? J’étais quand même venue exprès de Paris ... Quelqu’un appela le numéro personnel du Président. Sa femme répondit que le vernissage se tenait Calle Fava à la galerie de l’association, derrière Saint Siméon dans le quartier de Santa Croce.

  • Oui mais Saint Siméon le Grand ou le Petit ?                                                                                    

  • Saint Siméon-le-Petit, qui a le gros bulbe vert de l’autre côté du pont des Scalzi, devant la gare.

  • Les vénitiens connaissaient le labyrinthe. Nous prîmes le chemin le plus court. Nous arrivâmes vers 16 heures 30 à la galerie.

    • Et voici notre responsable parisienne, dit le fameux Président.

    Applaudissements des invités.

    • Bonjour Président, que s’est il passé ? dis-je discrètement.

    La question ne reçut pas de réponse. Le discours d’ouverture de l’exposition ? déjà prononcé. La critique d’art observait les œuvres afin d’écrire son article. Je vis tout à coup, en face de moi, mes deux photos aux tons doux fixées sur un fond rouge vermillon ! Mon Dieu, quel goût  délicat ! Comment était-ce possible que, dans une association d’artistes, tout le monde ne possédât pas au moins un minimum de notions esthétiques ? Serait-ce l’œuvre du « Presidente » ? Est-ce bien une association artistique ? Le cinéaste filmait encore. Un rafraîchissement attendait les invités. Je parlai avec différents exposants de leurs œuvres contemporaines de facture classique ou moderne, puis retournai vers mes amis.

    Vive l’organisation défaillante ... J’avais failli payer des frais importants de voyage et d’hôtel pour ne pas trouver le lieu du vernissage. Plus tard, je ne reçus pas à temps l’adresse d’un lieu d’exposition collective de cette association en Allemagne et la vidéo cassette du vernissage de Venise ne me parvint pas comme prévu.

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à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ...


03 décembre 2009

MAIS QUI EST CHARLES ANGE GINESY ?

   
Biographie de Charles Ange Ginésy

 

Biographie
Charles Ange GINESY 1er Vice-Président
du Conseil Général 06 -
Député-Maire de Péone-Valberg         

 

http://www.ginesy.com/

http://www.cg06.fr/     logo_conseil_g_n_ral_06
     
Informations générales

  • Charles Ange Ginésy est né le 14 mai 1956 à Nice.    
  • Marié à Geneviève Ginesy, il est père de Marie-Claire, Marie-France et Marie-Amélie.    

    Son enfance partagée entre littoral et montagne, développe en lui un goût pour les sports de       glisse, le ski, le VTT et la randonnée.    

  • Diplômé en Maîtrise des Sciences économiques, titulaire d’un Certificat d’Expertise Comptable,             il est également chef d’entreprise et passionné de nouvelles technologies.    

  • En 1983, il fait son entrée dans la gestion des affaires publiques au sein du Syndicat Intercommunal   de Valberg.

  • En 1989, élu au Conseil municipal de Péone-Valberg, il devient 1er adjoint au Maire.

  • En 1997, il se présente aux élections législatives sur la 5ème circonscription des Alpes-Maritimes en tant que suppléant de Christian ESTROSI.

  • En 1998, il est élu Conseiller Régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

  • En 2001, il devient Maire de la commune de Péone-Valberg.    

  • En 2003, lors d’élections cantonales partielles, il est élu Conseiller général du canton de Guillaumes  avec 75,40% des suffrages.    

  • Réélu, dès le premier tour en 2004, avec 69,88% des voix, il devient 1er Vice-Président du Conseil général des Alpes-Maritimes, présidé par Christian Estrosi.

  • Sur la 5ème circonscription des Alpes-Martimes, suppléant du Député Christian Estrosi, nommé  Ministre-délégué à l’Aménagement du Territoire, il siége à l’Assemblée nationale à partir du 3 juillet 2005.    

  • Membre du groupe UMP, il siège jusqu’au 19 juin 2007, fin de la XIIe législature.    

  • A compter du 20 juillet 2007, en tant que suppléant de Christian Estrosi nommé Secrétaire           d’Etat à l’Outre-mer, il siège à nouveau au Palais Bourbon.    

  • Il démissionne de son poste de Député le 1er avril 2008 pour permettre la réélection de Christian Estrosi, le 25 mai 2008.

  • Réélu Maire de Péone-Valberg, dès le 1er tour des élections municipales de mars 2008, il           recueille près de 92,5% des suffrages pour la liste qu’il conduit.    

  • La Marianne d’Or 2007 du Tourisme Durable – promotion spéciale « Grenelle de l’Environnement »        lui est remise par Michèle André, Vice-Présidente du Sénat, lors de son dernier mandat à l’Assemblée nationale. Cette récompense soutient son axe de travail en ce qui concerne les questions environnementales auxquelles il est particulièrement sensible    

   

 


   
     
Mandats en cours

   

Depuis le 18/03/2001 : Maire de Péone-Valberg

Depuis le 21/03/2004 : Premier vice-président du Conseil général des                  Alpes-Maritimes (délégation pour la Montagne et l’Agriculture)

Président de la Communauté de Communes Cians-Var

Président du Syndicat Intercommunal de Valberg

Président du Syndicat Intercommunal Beuil Péone

Président du Syndicat Mixte de Valberg

Président de la Caisse Locale du Crédit Agricole de Guillaumes

Président du SICTIAM

Président du GAL " Vallées du Mercantour "

Président du Pays Vallées d’Azur Mercantour

   

 


   
       
Anciens mandats

   

Député

03/07/2005 – 19/06/2007 : Député de la Vème circonscription des Alpes-Maritimes

20/07/2007- 1/04/2008 : Député de la Vème circonscription des Alpes-Maritimes

Conseiller régional

06/03/1998 – 28/03/2004 : Membre du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte         d’Azur

Conseiller municipal / maire

20/03/1989 – 18/03/2001 : Membre du Conseil municipal de Péone – Premier            adjoint

maire_de_valberg_peone

   
Le Conseil municipal

Après une mandature 2001-2008 sans division interne, la nouvelle liste reprend les bases du conseil         municipal sortant avec ses trois fidèles adjoints, Guy Ammirati, Alain Nicoletta et Alain Salicis et de         nouvelles recrues. De gauche à droite sur la photo : Aurélie Clary, Marcel Bellieud, Jean Louis Clary,       Dominique Guibert, Céline Winschel, Valérie De Poulpiquet, Max Bigatti, Philippe Davonneau, Michel Rossi,       Régis Clary, Alain Salicis (3ème Adjoint), Catherine Chesnais-Charles (4ème adjoint), Charles Ange Ginésy       (Maire), Guy Amiratti (1er adjoint), Alain Nicoletta (2ème adjoint).

               

 

 

       
Rôle et actions départementales

   
Mes Délégations

Depuis 2004, aux côtés de Christian Estrosi, Président du Conseil Général des Alpes Maritimes, Charles Ange Ginésy assure la 1ère Vice Présidence du Département et les délégations à l'Agriculture, la Montagne et au Contrat de Plan.

Charles-Ange Ginésy est membre de plusieurs commissions qui préparent les projets proposés au                   vote de l'Assemblée et de la Commission Permanente :

Commission des Finances et de l'Administration générale,

Commission Montagne, Agriculture, Contrat de Plan,

Commission Multimodalité, Routes, Ports, Transports,

Commission Développement local, Aménagement du territoire, Logement,

Commission Economie, Tourisme.

Dans le cadre de ses délégations départementales, il traite notamment les relations entre le Conseil général des Alpes-Maritimes et l'ensemble des acteurs du monde agricole, du milieu rural, de la montagne, etc...

Il participe ainsi activement à l'ensemble des travaux engagés par la Chambre d'Agriculture des                    Alpes-Maritimes, les organisation syndicales et professionnelles agricoles comme la FDSEA, la FDGEDA,               le Syndicat Interpriofessionnel de l'Olive de Nice, Agribio 06, les Gîtes de France.

Il est notamment membre représentant le Conseil général des Alpes-Maritimes pour l'Association de Développement de l'Economie Montagnarde des Alpes-Maritimes, le Musée des Merveilles de Tende,         l        l'Ecole Départementale de Musique des Alpes-Maritimes, le MIN, le Parc National du Mercantour, l        'Association Nationale des Elus de la Montagne, les Gîtes de France, la Commission des Sites, les Logis de    France, l'Abattoir du Mercantour, le Comité de Massif des Alpes,etc...

Il est également désigné comme représentant du Président pour le Groupement de Protection des Animaux       des AM, la Chambre d'Agriculture, la Commission d'Orientation Agricole, la Route des Grandes Alpes, la        Grande Traversée des Alpes. 

   
       
L'agriculture, la montagne, la ruralité, un thème fort de son engagement

   
Mes Délégations

Elu d'un canton rural du Haut-Pays, maire d'une commune touristique aux portes du Parc National du Mercantour, Charles Ange Ginésy a les pieds enracinés dans la montagne des Alpes-Maritimes et la ruralité, coeur de son action politique.

Il défend ainsi avec passion au sein du Conseil général des Alpes-Maritimes les intérêts des             professionnels agricoles et para-agricoles, des artisans, des TPE et PME mais également le patrimoine rural,       l   e patrimoine environnemental et la vie sociale et économique de ce territoire au travers des services       publics et des projets communaux. Ces actions relèvent du principe de solidarité Littoral/Montagne poursuivi      par Christian Estrosi et pour lequel le Département consacre 85 millions d'euros par an. Au niveau agricole, l        e Département attribue des aides financières ou matérielles comme la bourse pour la création d'une        entreprise agricole, les dossiers AIME (cf ci-dessous), les primes à l'amélioration du cheptel, etc... Il         participe au financement des filières agricoles comme les labels AOC Olives de Nice et vins de Bellet, l'Agneau    des Estives, l'horticulture ou l'agriculture biologique ainsi qu'au fonctionnement des structures agricoles, f        fêtes paysannes, foire-concours et l'Abattoir du Mercantour. Au niveau de la ruralité, il intervient auprès des associations pour leur fonctionnement et manifestations, au niveau des particuliers pour la rénovation de l   'habitat de montagne ou auprès des entrepreneurs pour leurs investissements productifs. Il intervient également auprès des collectivités pour les soutenir dans leur programme de voirie communale, dans leurs équipements      de services publics, dans leurs équipements touristiques, etc...

   

 


   
       
Zoom sur le programme AIME

   
Mes Délégations

Face à un secteur agricole atypique, le Conseil Général des Alpes-Maritimes a fortement œuvré pour mettre aux normes réglementaires sa politique agricole départementale encadrée notamment par Bruxelles et a validé un plan départemental agricole sans précédent le 6 novembre 2006, le plan Agriculture Avenir 06, dont la mesure AIME est la mesure phare

Le Conseil général des Alpes-Maritimes, conscient de maintenir une activité agricole pour entretenir la qualité   des espaces et des paysages, lutter contre les risques d'incendie et surtout répondre à une                   demande agritouristique, a décidé en novembre 2006 de créer le programme AIME (Aide à l’Installation              et à la Modernisation des Exploitations).

Il offre aux exploitants un financement de tous leurs investissements à hauteur de 40 % et               subventionne en partie les projets de jeunes agriculteurs souhaitant s’installer à leur compte, ou moderniser l       leurs équipements, souvent coûteux mais nécessaires.

Depuis son lancement, le programme AIME a permis de quadrupler le financement des investissements des exploitations agricoles qui ont atteint 2 millions d'euros par an contre seulement 500 000 euros en 2006.

La profession agricole joue donc pleinement le jeu de l'investissement lorsqu'on lui propose un soutien       cohérent et des démarches administratives simples.

   

 


   
Plus de détails sur le programme AIME
Document PDF Programme AIME.pdf (53Ko)

   
       
Zoom sur l'aide à l'habitat rural

   
Mes Délégations

L'aide à l'habitat rural, un outil de modernisation efficace. La forte urbanisation du littoral, la pénurie de logements et les prix du marché concernant le parc privé ont amené la collectivité départementale à favoriser l'amélioration de l'habitat dans l'arrière-pays afin de créer une offre de logements de bonne qualité et permettre la redynamisation des bourgs et communes ruraux.

Cette intervention a pour objet de favoriser la rénovation et la restauration de l’habitat    en milieu rural en préservant le bâti ancien des villages. Cette action contribue,                à l’entretien des paysages, à l’amélioration des conditions de vie, à l’accroissement         de l’économie rurale et au maintien des populations dans le moyen et le haut pays.

Pour les travaux intérieurs et de toiture en zone montagne, tout propriétaire ou     usufruitier d’un logement et y résidant au moins 8 mois par an peut demander              une subvention. Un particulier qui a obtenu la subvention maximale peut déposer            un nouveau dossier pour d'autres travaux cinq ans après le premier projet.                    Les bâtiments d'habitation de plus de 20 ans sont concernés.

L'aide à l'habitat rural est incluse dans une politique beaucoup plus large sur le       logement mise en place par le Conseil général des Alpes-Maritimes et son Président,         à destination de toute la population du Département.

Accédez au guide du logement du cg06


CONSEIL_GENERAL_06

   
   
Domaines de compétence du département des Alpes-Maritimes

Le Conseil Général des Alpes Maritimes est l'organe essentiel de la décentralisation départementale. Le principe est simple : il y a, dans notre département, autant de conseillers généraux qu'il y a de cantons. Le département des Alpes-Maritimes compte      52 cantons, donc 52 conseillers généraux. Selon une enquête Sofres de décembre 2005, 73% des habitants des Alpes-Maritimes sont satisfaits de l'action de leur Département.

Le Conseil général décide de la création des services publics départementaux et pourvoit à leur gestion. La        loi du 3 mai 1996 a opéré la départementalisation des services d’incendie et de secours, qui fédère le corps       des sapeurs-pompiers. La loi du 20 juillet 2001 a créé une allocation personnalisée d’autonomie (APA)        destinée à la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées. Il s’agit là d’une très lourde       charge qui pèse sur le budget du département.Depuis le 1er janvier 2004, la responsabilité du RMI est         t       transférée au département.

Mais le Conseil général des Alpes-Maritimes a aussi d'autres attributions :

  •    

    L'entretien du réseau des routes départementales 

       
  •    

    La construction et l'entretien des collèges, depuis 1983 

       
  •    

    Les transports scolaires 

       
  •    

    L'aménagement rural 

       
  •    

    Les ports maritimes de commerce et de pêche 

       
  •    

    Le tourisme (itinéraires de randonnée) 

       
  •    

    La culture (bibliothèques de prêt, archives locales)

       
   

 


   
       
Appartenance politique des Conseillers généraux

   
Le département des Alpes-Maritimes

   
                                                                                                                                                                                                                                                                   
            

Groupe

            
            

Effectif

            
            

Alpes-Maritimes Ensemble

            
            

40

            
            

Socialiste et apparentés

            
            

6

            
            

Communiste

            
            

3

            
            

Gauche autrement

            
            

2

            
            

Non inscrits

            
            

1

            
   

 


   
       
Le budget pour le Département

   

Le Conseil général des Alpes-Maritimes a eu en 2007 un budget de 1,308 milliards     d'euros qui privilégie de plus en plus l'investissement (400 millions d'euros, +18,5%)      au fonctionnement de l'administration (-0,44%). A titre de comparaison, le Conseil        régional de Provence Alpes Côte d'Azur a un budget de 1,53 milliards d'euros.

Cependant, depuis 3 ans, le Conseil général a fait le choix de la fiscalité zéro.           Depuis 1999, celle-ci a en outre baissé de -12,6 %. Le chômage a baissé de - 8,5 %     ainsi que le nombre de RMIstes de 6%. Le nombre d'emplois a augmenté de 2 % et          6 500 entreprises ont été créées, augmentant leur chiffre d'affaires de 4 %.

 

         Budget d'investissement

  • 2007 : 402,5 millions d'euros
  • 2006 : 400 millions d'euros
  • 2005 : 333,2 millions d'euros

 

                                                                                                                                                                                                                                                                   
            

Domaine d'investissement

            
            

Investissement

            
            

Déplacements

            
            

250 millions d'euros

            
            

Aide aux communes

            
            

65 millions d'euros

            
            

Enseignement

            
            

60 millions d'euros

            
            

Environnement, aménagement, logement

            
            

34 millions d'euros

            
            

                              Sécurité

            
            

                        19 millions d'euros

            


CONSEIL_GENERAL_06CONSEIL_GENERAL_06CONSEIL_GENERAL_06CONSEIL_GENERAL_06

 

   

   

VOYAGES EN ITALIE SUITE 2 : ANECDOTES ITALIENNES de Fiorella GIOVANNI

Drapeau_Italie                  Fiorella GIOVANNI

                                          

                      ANECDOTES ITALIENNES


L’IMPRESARIO

  1. Une jeune agence musicale cherchait des collaborateurs européens. Je pris rendez vous dans le quartier Saint Marc avec l’impresario. Le blond vénitien comprit mon enthousiasme. Je sortis avec un contrat en poche. Ma mission : vendre à Paris des spectacles vénitiens. Les acteurs ou les musiciens revêtaient des copies de costumes du XVIII ème siècle. Il me confia son catalogue. Je le traduisis à mon retour. Plan de travail, secrétariat, publicité, contacts. A chacun de mes séjours à Venise, je saluais l’impresario. Lors de l’une de mes visites, il portait une cravate dont les couleurs stridentes sur son costume foncé devaient représenter l’avant-garde vénitienne. Il venait de donner une interview à la télévision.   VENISE_MUSICAL

Au passage suivant, l’agence présentait le Stabat Mater de Pergolese à l’église San Giovanni et Paolo. Cantatrices italienne et japonaise, télévision nippone. Je fus invitée. J’assistai également à un concert à Santa Maria Formosa, interprété par de jeunes musiciens de la région Vénétie. Superbe. A Venise, les sons, notamment ceux des violons, sont particuliers. Personne ne peut me dire pourquoi. L’architecture ? La facture des violons eux-mêmes ? L’environnement ? Les sons, très colorés, ne se dispersent pas dans l’espace délimité par les voûtes. Ils demeurent autour de vous.

Par un doux dimanche printanier, le gong de la basilique sonnait midi. Le son entrait par la fenêtre du bureau de l’agence musicale, ouverte sur la ruelle. La place Saint Marc se trouvait à deux pas. Lorsque je rejoignis la piazza, le gong résonnait encore. L’air, le décor, baignaient dans une lumière d’un blanc éblouissant qui envahissait tout l’espace.

Déjeuner à la terrasse du Gran Hôtel Monaco sur le Grand Canal ? Une folie, pour rendre hommage à la Lumière ! Au fond de la place, je pris à gauche la calle Valaresso, passai devant le Harry’s Bar et entrai dans l’hôtel. Le garçon m’installa en terrasse. Table ronde et nappe bleue. Les gondoles dansaient à mes pieds. Des clients arrivèrent en taxi d’eau. Les rayons d’un soleil déjà très chaud mordaient ma peau. Devant moi, le trafic intense du Grand Canal, le bruit des bateaux, les voix des gondoliers sautant d’une gondole à l’autre dans le décor de la pointe de la douane

  • Madame désire t-elle un apéritif  ? demanda le serveur en veste blanche.

  • Que me conseillez-vous, cher Monsieur ?

  • Un Bellini. C’est l’apéritif vénitien par excellence, répondit-il.

  • Va pour un Bellini !

Je demandai à une américaine déjeunant à une table voisine de me photographier.

Les vaporetto passaient, emportant leur cargaison de touristes entassés sur le pont, caméra au poing. Le serveur s’informa gentiment du but de mon séjour, de mon métier. Il parlait avec tact. Il apprécia l’intérêt que je portais à sa ville et m’adressa des compliments.

Après un repas exquis, je décidai de passer rapidement devant le Palais des Doges en évitant les marchands de colliers de Riva Schiavoni pour rejoindre, dans le quartier de Castello, l’église de la Piétà-Vivaldi et les jardins de la Biennale. Deux bateaux de la marine américaine avec chacun 900 personnes à bord, en partance pour la Yougoslavie, avaient accosté la veille. Les « marines » guidaient les curieux sur leurs villes flottantes. Après l’arrêt Tana et le début de la rue Garibaldi, s’étendait la partie populaire de Castello. Des chats fuyaient vers les jardins. Du linge coloré séchait en travers des ruelles, même en hiver. Des personnes passaient leur dimanche sur un banc dans le contre-jour du décor de l’île San Giorgio Maggiore. Et des yachts le long du quai.

A mon retour, je suggérai par télécopie à l’agence musicale de revoir ses prix. Les éventuels clients les trouvaient systématiquement trop élevés. Aucune réponse. D’autres messages encore restèrent en suspend. Je résiliai le contrat.


A LA FENICE   b3_fenice_venise_1

  1. S’orienter dans les ruelles devenait parfois impossible. Un quart d’heure de retard ! Le spectacle de La Fenice serait déjà commencé. L’employé en livrée ne me permit pas d’entrer. J’eus beau dire que je venais de Paris ... que regarder le spectacle sur un écran jusqu’à l’entracte ... Le message ne contenta pas mon interlocuteur. Je tournais autour de lui très mécontente et énervée. Une dame en manteau de léopard, fond de teint épais sur le nez et grosse lunettes bordées de strass, entra dans le hall.
  • Bonsoir Madame, à nouveau dans notre ville superbe ? Toujours à votre hôtel habituel ?

Elle pourra pénétrer dans la salle pensais-je. Mon intuition se confirma.

  • Alors cette dame a le droit de déranger ? dis-je à l’employé.

  • Il y a un règlement Madame, répondit-il.

  • Pour une fois qu’il y a un règlement dans ce pays ! Il y en a deux en fait ! Allez me chercher le Directeur, osai-je.

  • Mais Madame ..., commença l’homme en livrée.La_Fenice_auditorium

  • Je veux parler au Directeur, insistai-je.

Celui-ci me conduisit de suite à une place d’orchestre alors que mon billet correspondait à un siège de la dernière galerie du théâtre.







L’HISTOIRE DE PIETRO

 

Pietro et son père vivaient dans une chambre, au premier étage de l’hôtel où je logeais. Ils attendaient l'attribution d’un appartement social. Un soir, ils m’invitèrent pour un plat de pâtes. Des cartons de déménagement s’entassaient jusqu’au plafond et envahissaient la pièce. Une petite télévision trônait entre leurs deux lits. Dans le bidet, la vaisselle sale attendait d’être lavée. Le père parlait avec un accent du sud, se plaignant mille fois par jour de l’humidité locale. Vingt années auparavant, il émigra au nord pour travailler. Son amie tomba enceinte. Elle abandonna leur enfant dans un orphelinat. Il dut le rechercher et adopter son propre fils. Ce père venait de fêter ses 62 ans et il s’inquiétait pour ce fils de 5 ans. Pietro, un beau petit brun, aux yeux sombres et espiègles, aux cheveux souples, touchant les épaules. Le père vendait des tee-shirts sur Strada Nuova (rue Neuve). Pietro jouait près de son père, après l’école. Un soir, je parlais avec l’enfant des chats de Venise.

  • Tu me dessines un chat de carnaval ? demandai-je.le_carnaval_des_chats

Un gros chat arlequin tout en triangles colorés vit le jour sur le papier.

  • Quel métier voudrais-tu exercer plus tard Pietro ? Aimerais-tu apprendre des langues pour travailler dans le tourisme ? dis-je.

  • Je ne sais pas encore. Je dois réfléchir, répondit-il.

A chacun de mes passages, je trouvais Pietro avec son père auprès de leur étalage sur Strada Nuova entre le pont de l’Anconetta et l’église de Santa Fosca. Viendrait t-il plus tard apprendre le français chez moi ? Lors d’un nouveau séjour, on m’invita pour les pâtes. Ils avaient obtenu enfin un appartement de la commune, dans le quartier de Castello, là où du linge bariolé sèche toute l’année. Un yougoslave dîna avec nous. Je parlai carte de séjour.

  • Quelle carte ? Pas besoin.

A la fin du repas, très modeste, le yougoslave partit se coucher dans l’appartement.


ON ATTEND UNE PERSONNE, IL EN ARRIVE DEUX  PARIS

 

J’attendais Angela, devant la fontaine Saint Michel à Paris. Je la vis arriver sur la place. Elle portait un manteau rouge vermillon très long. Quelle joie de la revoir  ! Un peu embarrassée, elle avoua :

  • Je suis venue avec une amie. Veux-tu la rencontrer  ?

  • Bien sûr, dis-je.

  • Elle a réservé une chambre à Paris pour ce soir car elle doit assister à un concert, précisa t-elle.

  • Parfait. Demain, elle peut venir à la maison si vous pouvez dormir ensemble. Tu sais que je n’ai qu’un grand lit et le canapé, ajoutai-je.

Quelques mois plus tard, je fus reçue à la ferme de la grand-mère d'Angela, près de Mantoue. Ses parents vinrent me saluer, ainsi que son frère. Tous musiciens. Nous dînèrent d’un un risotto et d’un tiramisu’ exquis, cuisinés par l’ailleule. On me venta les mérites et la gentillesse du patron de « l’Alimentare » (l’épicier) du quartier. Sa femme étant décédée il désirait se remarier. La bonté l’animait. Sa fortune irait à sa nouvelle femme. On me venta « la bonne affaire »  !

  • Tu pourrais tenir la caisse du magasin. Toi qui aimes tant notre pays, voilà l’occasion rêvée de t’installer ici.

Je ne m’attendais pas à un mariage arrangé de nos jours ! Je refusai de rencontrer le veuf de « l’Alimentare » par respect pour ma liberté. La soirée fut remplie de gaieté, de chansons et de gesticulations à l'italienne.


LA FÊTE DE CARNAVAL DANS UN PALAIS DU CAMPO SAN MAURIZIO

Venise__Place_St_MarcCe samedi, cinq cents mille personnes essayaient de circuler sur la Place Saint Marc. Prendre des photos, voir des masques ? Un exploit. Ma passion et mes émotions m’aidaient à survivre  !

Un noble vénitien en costume rouge et or se laissa photographier « in piazza » (sur la place Saint Marc : seule espace appelé « Place » à Venise). Il se prénommait Achille. Les hauts parleurs diffusaient une valse de Strauss. Il me demanda une danse. Ma cape de lainage noire, copie de celles du XVIIIème, vola autour de moi pendant quelques instants. Des japonais nous emportèrent sur leur pellicule.

Mon cavalier m’invita à l’apéritif masqué de son association culturelle. J’acceptai. Dans un palais du Campo San Maurizio, le président et sa secrétaire accueillaient les invités. La journaliste du journal local proposait des «  fritelle » (beignets de Carnaval) et du vin blanc pétillant de Vénétie. Un gondolier en costume d’apparat chantait, s’accompagnant à l’accordéon. Un couple américain en costumes du XVIII ème loués à New-York, des allemandes, des vénitiens ... Le vin blanc engageait à parler fort. Je ne résistai pas au plaisir de chanter avec le gondolier :

  • Son’ le tre gondole, sotto la luna … (se sont les trois gondoles, sous la lune)

Éclats de rire de la secrétaire. Elle venait d’acheter une propriété du XVIIème. Le toit s’était envolé. Faire un second prêt ? Comment rembourser déjà le premier ? Un parisien n’aurait-il pas déjà envisagé les anxiolytiques ?

L’assistance voulu voir mes photos. On me proposa de louer les murs pour une exposition.

Je repartis avec Achille. Nous fîmes un tour dans le quartier du Rialto. Près de l’église San Giacomo, la plus vieille église de la ville, il désira un baiser.

  • Nous sommes amis maintenant et puis c’est Carnaval, dit-il.

A Carnaval ou non … j’avais un avis bien différent. Le noble vénitien rentra chez lui, à Mestre, en terre ferme. Il revint probablement le lendemain parader « in piazza ».

De retour à Paris, ma demande de projection auprès de l’association resta sans réponse. Paresseux notamment pour écrire ? Loin des yeux, loin du cœur  ?


ORAGE SUR LES ARÈNES DE VÉRONE   LES_ARENES_DE_VERONE

 

Mes amis véronais m’invitèrent à passer quelques jours chez eux avant de rejoindre Venise. Nous devions entendre ensemble La Bohème à « l’Arena » (dans les arènes).

Cet été là affectionnait particulièrement les orages. J’arrivai le matin à Milan. Ciel gris et pesant. Je voulais revoir la ville bien qu’elle ne m’attirât pas particulièrement. Places, squares  et riches villas. Seul, le célèbre opéra « il Teatro alla Scala » et le « duomo » (cathédrale) élevant ses mille pointes dans un style « gothique piquant » très réussi, reçurent mes faveurs.

Devant l’entrée du château Sforza, des enfants tziganes attendaient près d’une buvette. Un gosse arriva sur ma gauche et une fillette à ma droite me serra le bras aux sons de « bella signora, bella signora » (belle Madame). Surgit ma peur. Ils partirent. Je marchais. Le gosse revint à ma hauteur cinquante  mètres plus loin tenant mon porte monnaie de cuir rouge dans sa main. Il me dit en français : « est tombé ». Je repris mon bien sans parler, continuai la promenade pendant quelques minutes à travers les jardins du château parmi les passants. L’avais-je laissé tomber devant le Dôme en sortant mon appareil pour photographier les pigeons  ? Une heure avant ? On me l’aurait rapporté sur le fait. Je mangeai mes panini sur un banc. Les pigeons en profitèrent pour manger avec moi. Je retournai à nouveau au Duomo, traversai la Galleria Victor Emmanuel II et jetai un coup d’œil aux vitrines luxueuses avant de reprendre le train pour Vérone.Des trombes d'eau lavaient la ville de Romeo et Juliette. Dans la soirée, la pluie cessa,. Nous partîmes pour le spectacle de l'Arena. A peine la voiture fut elle garée que les rues de la ville ressemblèrent à une rivière. Il pleuvait "a catinelle" (des cordes) selon l'expression réservée à cette situation dans la langue italienne. Dans les arènes, les touristes revêtaient des imperméables en plastique de toutes les couleurs, vendus pour l'occasion.Un haut-parleur annonça que le spectacle allait commencer bientôt. Le temps ne voulut pas s'améliorer. La meilleur solution ? déserter les sièges et se réfugier sous les voûtes. Information prévoyant l'arrêt de la pluie dans les minutes suivantes. Mon amie me rapporta que les prganisateurs essayaient toujours de jouer le spectacle pendant au moins un quart d'heure afin d'éviter l'obligation de rembourser les places. Nous attendîmes le ralentissement de la pluie sous l’architecture séculaire. Nous n’entendîmes pas La Bohème.

Les jours passèrent en discussions et ballades dans Vérone, cette ville embellie par les « Scaligeri ». Dîners et soirées avec des amis créateurs désirant saluer ma présence. Ambiance gaie, jeux de mots, histoires drôles, provocant des crises de rires. Le Soave, fameux vin blanc de Vénétie n’était pas étranger à cette situation. Je pariais ma célébrité pour demain et des palais à Venise et à Vérone avec qui voulait bien avoir la gentillesse de me les payer. Des cadeaux accompagnèrent mon départ. Mais pourquoi, ensuite, personne ne pense à vous téléphoner  ? Pourquoi personne ne prend de vos nouvelles  ? Mes lettres et cartes de vœux restèrent sans réponses. Cela m’attristait.

Un soir, nous fûmes invités à un anniversaire. « il festeggiato » (la personne fêtée) avait 50 ans ce jour là. Il avait réuni une quarantaine d’amis chez lui. J’offris l’une de mes œuvres photographiques montrant les quais de la Seine à Paris. Dans les années 1970, il avait fait partie d’un orchestre de variétés. Ses collègues musiciens vinrent et, tous ensemble, ils recréèrent un concert de cette époque, l’espace d’un soir. Ce fut une soirée incroyablement belle et émouvante. Tout le monde chantait les succès de ces années là et moi avec eux. Les bras se levèrent, tenant des petites bougies allumées, rythmant les mélodies. J’entendis les paroles italiennes de « La Bohème » de Charles Aznavour et c’était étrange. Une soirée, une ambiance que j’aurais voulues sans fin …


VENISE 1994

Février. Le Carnaval. Silvana. LE_CARNAVAL_A_VENISE

Pendant des heures, je photographiai la ville en parcourant les ruelles, en empruntant les ponts en dos d’ânes, saisissant à ma façon cette scène à ciel ouvert si bien utilisée par Carlo Goldoni, l’écrivain de tant de pièces de théâtre en dialecte vénitien. Il caricatura la vie des habitants de sa ville au XVIIIe siècle.

Silvana venait de Vérone. Je venais de passer quelques jours chez elle. Nous nous retrouvions pour « notre journée ». Je portais une cape de drap de laine noire et un chemisier à jabot. Ma perruque rouge bouclée me protégeait du froid. Je la vis sortir de la gare. Elle me cherchait dans une autre tenue. J’observai son attente quelques minutes puis m’avançai vers elle. Elle manifesta un grand étonnement  :

  • Mais que se passe-t-il ? Je ne te reconnais plus. Je te sens si différente !

J’invoquai la magie vénitienne, la période de Carnaval, le décor majestueux et sa venue dans cette ville si particulière.


L’enfer de la carte de crédit.

 Séjour dans un hôtel une étoile. Le ménage ? Rarement fait. Le café ? Une lavasse imbuvable dans le pays servant le meilleur café du monde. Pas de lumière dans l’escalier ni dans les recoins. Des robinets desquels l’eau ne coule pas et des disputes familiales devant les clients. Réclamation : la réception prétend qu’elle n’a pas encore eu le temps de remplacer l’ampoule. Je parle de sécurité non respectée et de mon paiement diminué en conséquence. Bene Signora ! (bien Madame ! ). Non acceptation des cartes de crédit ? En voilà une autre ! Comme l’an passé, le patron proposait de prendre la carte bancaire en ajoutant 3 % à la facture. C’est illégal. Chercher un distributeur correspondant à votre carte et s’énerver ? Sainte Madone ! (pour reprendre une expression nationale). J’insistai pour régler ma note par carte bancaire, sans supplément de frais. Pour éviter de longues discussions et faire respecter la loi, je prétextai le départ de mon avion dans l’heure suivante. Envoyer un achat encombrant contre remboursement ? Dio ! Il faut faire la queue à la poste. On préfère éviter !

(Il me revient en mémoire une anecdote vécue au sud du pays : une agence de voyage me demanda de payer en liquide le prix d’un vol intérieur. Je protestai. Les clients locaux, habitués à ces pratiques, prennent-ils l’énergie nécessaire pour imposer un autre système ?)

Rentrant de Venise à Paris, j’appris par mon voisin de compartiment, la non connexion de certains distributeurs de la ville au système central. Lui aussi rencontrait de nombreuses difficultés « particulièrement colorées » lors de demandes de renseignements à la gare.


Septembre. Presbytère ouvert. Ferme-auberge fermée.

Réservation pour quelques jours dans le quartier de Cannaregio chez des prêtres puis dans une ferme-auberge de l’île Sant’ Erasmo. Au presbytère, pas de problèmes. J’appelai l’île chaque jour. Personne ne répondait. Engloutie dans la lagune nord l’île garde-manger de la Sérénissime ? Avait-on reçu ma lettre de confirmation ? J’écourtai mon séjour et rentrai en train par la Suisse et l’Allemagne.


A LA GARE SANTA LUCIA

Février 1994.

GARE_DE_SANTA_LUCIA_ITALIE

Depuis Venise, je devais me rendre en Autriche, à Kapfenberg et à Graz, puis à Stuttgart et Paris. L’employé du guichet ne savait pas où se trouvait Kapfenberg. Nous sortîmes une carte. Impossible d’établir un billet pour le trajet complet.

  • Il faut deux heures pour calculer le prix. Vous devez revenir.

Incapacités informatiques  ou incompétence de l’employé ferroviaire ? Je dus accepter un billet partiel pour Graz. Et puis … imagineriez-vous, que votre train international puisse partir, non pas de la gare où vous vous trouvez mais de Mestre, en terre ferme, à quatre kilomètres  de là ? A Paris, certains trains internationaux démarraient-ils de Villeneuve-Saint-Georges ? Non. Mais à Venise, le cas se présentait. Non informée, je manquai mon train. Furieuse, je proposai à l’employé de coucher chez lui pour éviter la recherche d’une chambre très chère et des frais supplémentaires dans une ville où les hôtels sont continuellement complets à des prix exorbitants.

  • Si j’avais 20 années de moins … dit-il.

Le masculin se réveilla comme par enchantement.

Adieu le trajet prévu de jour pour admirer les hautes montagnes des Dolomites et d’Autriche. La solution ? Opter pour le train de nuit, partant de la gare centrale Santa Lucia. J’avisai mon amie de Kapfenberg du changement d’horaire. Claudia et Giorgia m’accompagnaient pour me saluer avant mon départ. Elles firent remarquer à l’employé du sportello (guichet) la nécessité d’informer les clients lorsque le train ne partait pas de Venise afin d’éviter des imprévus très fâcheux. Elles se mirent à souhaiter l’Italie sans les Italiens ! L’accent de l’employé trahissait ses origines méridionales. Selon elles, ces gens là, désorganisaient le nord. Les vénitiens subissaient les mêmes problèmes que moi lors de leurs déplacements. Je déjeunai chez Claudia et passai l’après-midi en famille.

Quelques jours auparavant, l’employé du bureau de change ne m’appliqua pas le taux officiel inscrit sur le panneau du guichet. Méfiante, je contrôlai les chiffres affichés et mon reçu : des valeurs non identiques. Je lui demandai de me rendre tout de suite la différence due et agrémentai ma phrase de quelques reproches sévères.

 


Été 1994.


Sur la vitre du sportello, un discret avis : les cartes bancaires ne sont plus acceptées. La nouveauté de l’année ! Faut-il voyager au XXème siècle avec des valises remplies de billets de banque ? ou passer des heures à trouver le distributeur en fonctionnement qui exceptât votre type de carte ? Je cherchai le policier pour lui demander si c’était une plaisanterie. Revêtu de son uniforme, tel un chanteur d’opérette, il discutait plus loin, sur un quai, avec « la  ragazza » » (la fille, la copine ?). Quatre mains s’agitaient.

  • Comment fait-on pour voyager en Europe, Monsieur, au départ de cette gare ?

  • Ma va la, ça toujours été comme ça !

  • Mais Monsieur, dans un pays aussi riche et aussi beau… l’Europe arrive non ?

  • L’Europe ? …


LE XVIIIème SIÈCLE À GARE DU NORD

GARE_DU_NORD_A_PARIS

Une amie fêtait ses 50 ans. Je décidai de me montrer chez elle en cape noire, tricorne et pourpoint, comme au temps de la fête perpétuelle à Venise  !

Ainsi vêtue, je pris le métro. Les parisiens ne se soucièrent pas de ma tenue démodée. La virent-ils ? Je descendis à la station Gare du Nord, lieu connu pour sa forte concentration en population colorée. Ce XVIIIème siècle là ne faisait pas partie des classiques de l’endroit. L’amie m’accueillit à l’étage :

  • Tu es magnifique ! Je ne savais pas que tu rentrais ce matin de Venise  !

Les visages des invités montraient un grand étonnement. Quelqu’un affirma qu’il était impossible de me reconnaître en me croisant dans la rue.

Comment pourrait-on reconnaître facilement un personnage du XVIIIème siècle vénitien en escale à Gare du Nord ?


LE RENDEZ-VOUS AVEC GIOTTO CHEZ LES SCROVEGNI

Octobre 1995. Séjour chez les Véronais.

CHAPELLE_DE_VERONE

Riccardo, un ami de la famille, proposa de me faire découvrir la chapelle des Scrovegni à Padoue. Nous partîmes, la mère de Silvana et moi, dans son break couleur ivoire surnommé « l’ambulance ».

Nécessité absolue d’arriver à la chapelle un peu avant 17 heures quand le rayon du soleil entrait par le vitrail situé en façade, éclairant les teintes de l’une des fresques représentant des scènes de la bible. La famille Scrovegni commanda à Giotto la décoration de cette chapelle au début du XIVème siècle. Il recouvrit les murs de fresques devenues célèbres. La transparence et la légèreté des vêtements et des voiles n’avaient rien à envier à ceux de Botticelli exécutés un siècle plus tard.

Riccardo, toujours imaginatif, nous raconta la vie des personnages, la nuit, dans la chapelle. Le Christ passait des journées agréables en famille. Il ne s’expliquait toujours pas le mystère de sa conception par une mère vierge. Il faisait des achats au temple pour Marie sa mère et y rencontrait ses amis. Il soignait l’âne et le bœuf. Il ne révéla pas son savoir car il risquait la crucifixion, comme un voleur, par Ponce Pilate. Marie Madeleine et ses amis se trouvèrent donc contraints de réviser leurs rôles et d’inventer une nouvelle version de la Bible. A près une pause au café historique Pedrocchi, dans le centre de Padoue et une ballade devant le Palazzo della Ragione où en commémoration d'une fête traditionnelle on faisait cuire des châtaignes sur des brasirs, nous reprîmes le chemin du retour dans "l'ambulance". Riccardo émit la bonne idée d'écrire une lettre collective à Silvana étudiant à Dallas. Délire et éclats de rires pendant 50 kilomètres :

« Nous sommes en voiture entre Padoue et Vérone. Il y a la Fiorella-Nicoletta, la Gabriella, Riccardo et moi, la mamma, sur un fond musical de Keith Jarret. La Nicoletta, tellement émue d’être en Italie est à côté de ses pompes. Nous avons été invités chez Giotto et avons visité la chapelle des Scrovegni. Sur l’autoroute, il y a peu de trafic et le climat est bon mais nous n’avons pas mangé les chataignes devant le Palais de la Raison. Il Santo (le Saint : Saint Antoine de Padoue) et Donatello nous attendent encore. C’est la faute du Mantegna aux Eremitani qui nous a fait perdre tout notre temps. Pauvre Donatello !

Note sublime : Riccardo s'évanouit. Il a reconnu tes yeux bleus dans le regard d'une madone ! Le trafic devient plus intense. Il remet les pieds sur terre et sur les pédales. Nous voyageons dans son ambulance. Il conduit vraiment bien. Nous entrons dans un tunnel et dans le ventre de la montagne. Pourvu que nous ne soyons pas retenus car le gouvernement Dini est en train de tomber. Nous pensons immensément à toi en buvant à ta santé. Gros baisers d'outre atlantique de quatre fous en ambulance sur l'autoroute. Amuse-toi bien et n'oublie pas que le vieux continent restera toujours le meilleur.

N. B. Au fait, bonjour à Oscar Peterson.

 

Plus tard, j'écrivai à l’étudiante :

A Paris ? Pour une fois, le climat est bon tout comme en « ambulance », l’autre jour, dans le tunnel de l’autoroute Padoue Vérone. Ton ami Giotto surveille le trafic depuis le toit de la chapelle de la famille Scrovegni. Les siècles amenèrent maints changements dans le décor depuis son arrivée dans la région. Actuellement, il essaie d’organiser une visite nocturne, commentée par les personnages vivants des fresques. Une merveilleuse idée. Il m’a téléphoné cette nuit pour me proposer d’effectuer la traduction française. J’ai accepté de suite. Je rencontrerai enfin les acteurs du passé biblique hébergés chez les Scrovegni depuis quelques siècles. Voilà une expérience intéressante et des relations rarissimes. Giotto s’est entretenu récemment avec le Christ afin qu’il agisse sur les mentalités actuelles. La richesse démolit les esprits. Je compte sur toi pour remarquer discrètement si une évolution positive se dessine bientôt. Il envisage de t’engager pour un concert à la chapelle et demande que tu prennes contact dès que possible.


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à suivre ... à suivre ... à suivre... à suivre...à suivre...



 

02 décembre 2009

VOYAGE EN ITALIE : ANECDOTES ITALIENNES de Fiorella GIOVANNI

ESSAI DE L' AUTEUR

Drapeau_Italie

Fiorella GIOVANNI



ANECDOTES ITALIENNES


 

1961 – 1997

Salo’ sur le Lac de Garde,

Venise et son Carnaval,

Milan, Vérone, Bologne et Rome,

Sienne et la Toscane,

                                                              Bari, Matera.

 

Edition Décembre 2001

 

   

      Texte protégé SGDL                                                                                                




Une langue si belle, des voix superbes,

souvent fantaisistes, artistes, créateurs,

mais aussi inorganisés ou inattendus : les Italiens ...


Du même auteur (Décembre 1999) :


Le Voyage à Venise .

Charles, un chat parisien exceptionnel, part pour Venise, la ville posée sur l’eau. Il parcourt les ruelles, parle du décor sublime et de la magie de la lumière. Il dialogue avec des vénitiens et des chats. Masqué, il participe à l’ouverture du carnaval « in Piazza » (sur la Place Saint Marc). Il devient Vivaldi au bal masqué de Ca’Tintorialdo, se rend à l’île de San Erasmo en compagnie de son ami Casanova et croise l’ombre des hôtes célèbres de la ville près du Café Florian. Il devient amoureux de ce lieu romantique unique au monde.

Document culturel, guide intime, conte pour adulte, ces lignes vous entraînent sur la scène de Venise.


 

LES SIXTIES ET LA CHAÎNE EN OR DE SALO'

Mon patronyme, qui, en italien, veut dire  Jean, m’aida probablement beaucoup pour l’étude de la langue italienne. Je l’apprenais sans efforts. La mère de mon arrière grand-père s’appelait Marie-Dominique Casanova. Ils vivaient dans un village aux alentours d’Aleria, en Corse. Mon père parlait peu de nos origines. Sa mère était belge et la mienne naquit dans la région parisienne. Très tôt, je sentis ma personnalité osciller entre l’extériorisation du sud et un état plus calme. Je pris quelques cours d’italien pendant l’été 1959 pour entrer au lycée à Paris au cours de ce même automne. Ce fut une révélation. L’accent tonique et le rythme, qui donnent tout le charme mélodieux à cette langue, n’eurent aucun secrets pour moi. Je tombais amoureuse de cette beauté parlée. J’avais besoin de m’exprimer en italien aussi bien qu’un italien ! Voilà.


1961. Découverte de l’Italie à Salo', sur le Lac de Garde.Riva_del_Garda

Et vint mon premier séjour en Italie, à Salo’, sur le Lac de Garde. Imaginez une petite ville dans un écrin vert et bleu, entre montagne et lac, au bord d’un golfe. Voyez des toits ocres et des façades dorées, groupés autour de l’église et les douces lignes verdoyantes du relief lombard. Entendez le rythme, la sonorité des voix italiennes, et les chansons du moment. Cette atmosphère me remplissait d’une grande joie. Parler cette langue me transformait. Sa splendeur me frappait infiniment. Mes origines, pourtant lointaines, firent resurgir mon attachement à ce décor offert par une nature luxuriante. Avais-je déjà vécu ici, dans une autre vie ? Les couleurs alentours m’attiraient tant ! et plus encore, oui, cette langue. Mon groupe d’étudiants rentra à Paris. Mes parents vinrent me retrouver. Ils découvrirent eux aussi ce lieu enchanteur. Notre hôtel et sa pergola se situait au bout de la promenade, le long du lac. Je parlais italien au marché, dans les boutiques et avec le jeune cuisinier. Il me présenta sa mère puis sa sœur. Ils se réjouissaient tous de me recevoir. Je connus d’autres petites villes au bord du lac où nous nous rendions en bateau. Après le dîner, dans un salon de l’hôtel, nous regardions la télévision en noir et blanc. A l’époque, les italiens adoraient Carosello, l’agréable rendez-vous quotidien, de courte durée, présentant des artistes, des chanteurs, les succès. Nous visitâmes Vérone. Nous entendîmes Carmen dans les arènes. Puis, mon père décida que nous irions passer quelques jours à Venise. Notre voiture, une Simca Aronde verte, resta au garage à étages du Piazzale Roma (Place de Rome) à l’entrée de la ville lagunaire. Nous montâmes dans un vaporetto. Dans notre chambre d’hôtel, le téléphone ne fonctionnait pas et l’eau coulait avec difficulté. Nous nous perdîmes dans les ruelles. Sur l’Île de Murano, nous vîmes des verriers créer des objets en soufflant le verre incandescent.

Mon grand amour pour les couleurs de ce pays allait grandissant. Plus tard, il orientera ma vie. La chanson enregistrée sur le disque 45 tours offert par le jeune cuisinier avant mon départ, disait : « Guarda, guarda, è quest’ il Lago di Garda, vieni, vieni, voglio parlarti d’amore … (regarde, regarde, voici le Lac de Garde, viens, viens, je veux te parler d’amour …)

A mon retour, je me sentis presque étrangère à Paris. Je n’avais d’ailleurs jamais ressenti mon appartenance à une nationalité précise. Je me procurai de la documentation et imaginai, seule dans ma chambre, des communications aisées, sans passeport, entre les pays de cette belle et vieille Europe. Cela allait se réaliser plus tard. Je désirais le mélange des nationalités et des frontières fictives. Envie de rencontrer les habitants de ce monde, d’apprendre des données nouvelles ? Je visitais, sur le papier, les villes historiques de mon choix. L’esprit voyage sans restriction. Etais-je européenne avant l’heure ? Avant-gardiste ? Côtoyer les œuvres artistiques représentait pour moi une sorte de rite, de religion, un chemin vers l’idéal sécurisant de la beauté. La création n’est-elle pas la sève positive de l’être humain, travaillée, transformée, produite et exposée à nos yeux ? Ne serait-elle pas la manifestation du Divin par la main de l’artiste  ?

Cependant, une grande tristesse m’envahit à nouveau pour de long mois. Les décors et les sons colorés me manquaient. Une dernière année d’études s’annonçait dans le quartier, dégradé à l’époque, du Marais à Paris. Les rénovations commencèrent par la suite dans tous les centres historiques des villes de France. Notre premier Ministre de la Culture, Monsieur André Malraux, donna cette nouvelle impulsion. La population émettait des doutes sur ces actions rénovatrices. Une cathédrale, ternie par la poussière du temps, devait-elle rayonner grâce à ses pierres redevenues blanches, comme à l’heure de sa construction  ?

J’échangeai une correspondance assidue avec l’ami italien de l’hôtel. Mon seul but : aller en Italie pour entendre le chant de cette langue, vivre des couleurs éclatantes de soleil et des architectures ocres, parler avec des italiens, voir leur générosité, leur gaieté, leur fantaisie. L’ami envisagea de venir travailler en France, mais il subvenait aux besoins de sa mère et ne voulut pas la laisser.


1962. Deuxième séjour à Salo’.

Cette année là, j’entrai dans la vie active. L’été inspira à la famille un nouveau séjour à Salo’ et de nouvelles promenades sur le lac. Voici un après-midi à Gardone Riviera pour la visite de la villa de Gabriele D’Annunzio, dissimulée dans la verdure de la pente de la montagne, puis, une excursion en bateau à Riva del Garda, au fond du lac, dans son étroite partie nord. Au sud, les créneaux du Château de Sirmione, selon l’expression italienne, « en queue d’hirondelle », habillaient si bien l’eau bleue et les berges … Je marchandais le prix de lainages et de cravates en soie. Des étalages garnis de grandes poupées dans leurs boites, portant des vêtements aux teintes vives, me surprenaient. Je n’avais jamais rien vu de tel chez moi. J’expédiais des « cartoline » (cartes postales) à tout le monde. C’était l’âge d’or de la cinquecento (la Fiat Cinq Cents) et de la topolino (autre modèle appelé La Souris). Au marché, les vendeurs me répondaient en allemand ! Les touristes de langue germanique venaient nombreux, en voisins, par le col du Brenner. Ils étaient souvent blonds comme moi. Je reprenais les marchands. A l’hôtel, Vincenzo, l’ami cuisinier, nous préparait des repas succulents que nous prenions à l’ombre, sous la pergola. Je rendais visite à sa mère et à sa sœur Mariella. Nous échangions des cadeaux. Le mari de Mariella, artisan, m’offrit, de la part de la famille, une boite à bijoux musicale, marquetée. L’ouverture du couvercle laissait échapper les notes connues de « Arriverdici Roma » (Au revoir Rome). Le soir, je dansais sur les succès de l’été, à la discothèque du café jouxtant notre l’hôtel. Adriano Celentano vous lançait « 24 000 baci » (24 000 baisers), Boby Solo chantait « Una lacrima sul viso » (Une larme sur le visage) et le jeune Gianni Morandi séduisait les jeunes femmes avec « Fatti mandare dalla mamma a prendere il late » (Demande à ta mère de t’envoyer chercher le lait). C’était l’époque du Twist. Nous ignorions tous que les « sixties » commençaient. Une période de bien-être social grâce au développement des techniques et de l’industrie, de la publicité et des concepts de « besoins matériels et confort », accompagnée de l’apparition de rythmes musicaux et de voix jusque là inconnus. La mode masculine proposait des cheveux plus volumineux et plus longs.

Nous nous rendîmes à Venise pour la seconde fois. Dans «  Topolino » (le journal Mickey italien), une annonce me permit d’entreprendre des échanges de courriers avec Maria. Elle demeurait dans son palais de Venise, près du célèbre théâtre « La Fenice ».


Août 1963. Invitation de Maria  : Venise et les Dolomites.

J’eus droit à mes premiers congés payés. Je fis le trajet Paris–Venise en train de nuit, sans couchette. Le lendemain matin, je vis le Lac de Garde de loin et mon cœur se serra. Le non respect des horaires ferroviaires était fréquent. J’arrivai très en retard à la gare Santa Lucia. Cela ne se produit plus maintenant, surtout sur les lignes internationales. Maria m’attendait depuis longtemps sur le quai. Elle me gronda. Sur la ruelle, la double porte de son palais donnait accès à un immense hall de pierre. Un escalier de marbre blanc, d’époque Renaissance, montait sur la gauche. Au premier étage, l’étage habité par la famille, les fenêtres donnaient sur deux canaux. Son père, tailleur, portait merveilleusement des cheveux argentés, coiffés en arrière. Tel un acteur de cinéma, le geste ample, il parlait avec passion de sa ville à la terrasse du Florian. Les violons de l’orchestre du célèbre café accompagnaient son discours et notre rêve.


Les Dolomites.montagne___les_dolomites

Un car nous conduisit, Maria, sa mère et moi, à Pieve d’Alpago, près de Belluno, dans les Dolomites. Une route de terre arrivait au village. Le véhicule, couvert de poussière, s’arrêta devant quelques maisons montagnardes groupées autour de l’église. Après le dîner, les jeunes en vacances, se réunissaient et discutaient sur la place de l’église qui dominait la vallée. Tard, le soir, quand la température diminuait, nous marchions dans la fraîcheur de chemins obscurs. Le curé, en robe noire, nous suivait de loin, dans sa petite Fiat 500  ! Que d'histoires à enchevêtrées entre les habitants du village et la municipalité ... Etions-nous figurants d’un nouvel épisode du film « Don Camillo »  ? Je me liai d’amitié avec Gianni, étudiant en Lettres à l’Université de Padoue. Il passait ses vacances au village, chez ses grands parents. Rita Pavone « criait » sa chanson « La partita di Pallone » (la partie de ballon). La fin du séjour arriva : nulle envie de rentrer à Paris dans la grisaille. Je pleurais et vivais un nouveau désastre. Le calendrier ne me permettait pas non plus de passer par Salo’, un lieu et des amis qui me manquaient terriblement. Gianni m’envoya des livres de Cassola, Pasolini et Moravia. Je les ai encore. Nous échangeâmes des lettres. Pourquoi le contact fut-il rompu  ?

Un jour, environ 25 ans plus tard …qui faisait la queue derrière moi, pour entrer à l’exposition Gauguin du Grand Palais ? Gianni et une dame ...


Septembre 1963. Le stage à Rome.Imperial_ROME_TOUR

Mon diplôme de la Chambre de Commerce Italienne de Paris en poche, je partis pour un stage à Rome. Cette pratique était peu répandue à l’époque. Je dus insister beaucoup auprès des professeurs pour me faire comprendre. Mon employeur m’accorda un congé sans solde d’un mois. Je travaillais dans une banque de la via del Corso (le Cours), cette longue artère bruyante du centre historique allant de la Place de Venise à la Piazza del Popolo (Place du Peuple). Je logeais chez une femme de diplomate dans le quartier olympique. La pause du déjeuner finissait à 16 heures. Elle me permit de découvrir la ville : la Fontaine de Trevi, toujours à l’étroit sur sa minuscule place, le Quirinale, l’Hôtel de la Patrie, de marbre blanc, (appelé « la machine à écrire » par certains) cachant les nombreuses marches de l’église Araceli et du Capitolino, le Colisée, l’église française de la Trinité des Monts dominant les marches portant à la Piazza di Spagna (Place d’Espagne) et sa fontaine, Trastevere. Une chaleur torride m’obligea vite à renoncer aux découvertes de la longue pause du déjeuner. Un dimanche matin, je me rendit sur la Place Saint Pierre. Elle est si vaste qu’un effet d’optique me fit douter d’y être vraiment. La foule des fidèles applaudit les paroles du Pape. Les Gardes Suisses, dans leurs habits formés de tranches de tissus colorés, montaient la garde. Je vis la Pietà de Michel Ange en entrant dans la basilique puis, m’élevai pour admirer, depuis « il cupolone » (la grosse coupole), la place, la colonnade du Bernin, toute en doux arrondis et la ville : le Château Saint Ange, circulaire, le Tibre, les monuments, les jardins et les sept collines d’une ville éternelle. Cet été là, je fixai sur diapositives, deux cités incroyablement belles. Je pleurais à la gare Termini et dans le train qui allait me ramener une fois de plus à Paris.

Encore attendre une année, séparée de ce décor et de cette langue mélodieuse ... Quelle difficulté ! Quel ennui ! Quel manque !


1964. Refus d’un poste sur le Lac Majeur. La Fiat 600. Chez Vincenzo. Troisième séjour à Salo’.LAC_MAJEUR_ITALIA

Ma mère ne supporta pas l’idée de mon départ. Je dus refuser un poste temporaire sur le Lac Majeur. Une déception si forte !

J’achetai ma première voiture, une Fiat 600 grise. J’aimais à la faire déraper un peu dans les virages.

Pour mes vacances du mois d’Août, je réservai une chambre à Salo’, chez une dame connue l’année précédente. Je louai une place assise dans le train de nuit Paris-Milan. A l’époque, après la gare de Milano Centrale, la plaine du Po’, encore peu industrielle, s’étendait en rizières et cultures. Elle deviendra, rapidement, l’un des symboles modernes de l’économie italienne. Vincenzo vint me chercher à la gare de Brescia. Nous voyageâmes en car vers le Lac de Garde. Il ne trouvait pas de travail dans sa qualification. Il cuisinait toujours à l’hôtel au bord du Lac. « l’argent ne tourne plus » disait-il souvent. Nous nous étions mal compris. Il croyait que je séjournerais chez lui. Discussion mouvementée. Pas question de payer une chambre chez « la signora » ! (la dame). L’annulation de ma location ne fut pas appréciée. Quelle peur de rencontrer « la signora » dans la rue ou au marché ! Vincenzo travaillait toute la journée. Je découvris les Beatles sur son magnétophone. Sa mère s’occupait de moi gentiment. Elle ne parlait que le dialecte local et j’essayais de la comprendre. Elle me présenta à ses amis. Le confort n’existait pas : toilettes à la turque sur le palier et vieil évier de pierre dans la cuisine en guise de salle de bains. Pendant un mois, je ne me lavais guère. Les persiennes fermées assombrissaient le séjour, barrage au soleil et à la chaleur. Nous mangions du risotto ou des pâtes. La viande ? Rarissime.

Je découvris la chaleur familiale. Nous avions des activités simples : récolter l’herbe pour les lapins qui vivaient au grenier, laver le linge dans le lac, manger et dormir malgré la chaleur dégagée par la boulangerie située sous la chambre. Nous déjeunâmes un dimanche à Gardone Riviera chez Mariella. Vincenzo travaillait jusqu’au soir. Je vivais avec sa mère ou prenais des photos le long du Lac.

Je voulais m’acheter une chaîne en or. Elle coûterait deux fois moins cher qu’à Paris. En fin de séjour, « la mamma » (la mère) voulut m’accompagner chez le bijoutier de la place du marché. Une serpentine me plu. Impossible de la payer. Elle me l’offrit, elle qui possédait si peu. Je repartis avec beaucoup d’affection dans ma valise. L’hiver suivant, Gigliola Cinquetti gagna le prix Eurovision de la chanson avec « Non ho l’età, non ho l’età, per amarti, non ho l’età per uscire sola con te … (je n’ai pas l’âge, je n’ai pas l’âge de t’aimer. Je n’ai pas l’âge de sortir seule avec toi).

Carte_Italie

1994. Trente ans plus tard.

L’hôtel restaurant où nous avions séjourné avec mes parent en 1961, rénové avec goût, existe toujours, au bout de la promenade, le long du lac. Il porte encore le même nom. Comme jadis, des tables accueillantes se dressent à l’ombre de la pergola. Les bateaux passent toujours à quelques mètres. La petite ville ancienne a pris un aspect plus riche. Le parcours le long de la rive est réservé aux piétons. La porte-horloge, au bout de la rue commerçante intérieure, vient d’être restaurée. Le bijoutier ? Toujours là, sur la place ombragée du marché. D’après l’annuaire, Vincenzo habite toujours la même rue.


VENISE 1993

  1. Février. Retour à Venise. Solution amiable à situation embarrassante. L’hôtel fermé.              Je réservai une chambre par téléphone, cinq jours avant mon départ pour le carnaval. Dans le train de nuit Paris-Venise, je fis la connaissance d’italiens de Vicence. Ils venaient chaque mois rendre visite à leur fils en prison à Paris. Cette fois là, le père et la sœur du détenu voyageaient dans mon compartiment. Une famille effondrée par la situation. Un fils en prison ! Un frère en prison ! Le père ne pouvait pas admettre que son fils avait passé une quantité importante de drogue. Pourtant, ce fils ne manquait de rien. Son père lui avait fait construire une maison à côté de la sienne. Son salaire ? Confortable en qualité de dirigeant d’entreprise. Six ans de prison ! La famille avait dû prendre à Paris une avocate parlant italien. Ils ne connaissaient pas la langue française. Ils proposèrent une somme d’argent à cette avocate pour clore rapidement le dossier. L’avocate refusa.

 

  • Vous êtes très durs, vous les français.

Devant la gare Santa Lucia, je pris le vaporetto jusqu’à l’arrêt Ca’ d’Oro (Maison d’or). Dans la vitrine de l’hôtel, un écriteau :

« Hôtel fermé pour rénovation. S’adresser à notre annexe à 300 m sur la gauche au 334 quartier de Cannaregio.

N’aurait-on pas pu me communiquer la bonne adresse au moment de la réservation ?


Problème à la gare Santa Lucia. Séjours à Bari.BARI_ITALIA

Après deux semaines passées à découvrir les ruelles, à faire des photos, à me mêler à la foule du Carnaval, ma passion pour cette ville magique grandissait. La durée de mon séjour, prévu pour une semaine, doubla. Je volais dans l’espace, perruque de papier doré et tricorne vert à voilette sur la tête. Les violons du Maestro Vivaldi m’accompagnaient. Je m’imprégnais de l’atmosphère du lieu. Les matins se noyaient dans la « nebbiolina » (brouillard) et les façades des palais devenaient un décor irréel. Les vaporetto fuyaient leurs arrêts flottants pour le néant … Dans l’après-midi, l’air devenait doux. Venise … ma ville d’adoption. Je voulais connaître chaque ruelle, chaque campiello (placette), chaque recoin.

J’organisai ma visite au collègue de Bari, au sud du pays. L’employé du bureau des informations de la gare, dont l’accent ne pouvait dissimuler son appartenance au « mezzogiorno » (midi), prétendit que le train Venise-Bari, direct en hiver, n’existait pas. A Paris, il existait ! J'insistai. L’horaire ressuscita. Je me livrai à sa vérification : renseignement faux. Je m’énervai contre le laxisme de l’administration qui venait entraver mon travail et ma passion, me voler du temps. Tel un habitant du nord, j’eus envie d’utiliser les doux qualificatifs de « deficienti » (incapables) et « africani (africains) envers les petits frères sudistes.

Huit cents kilomètres sans couchette avec ma perruque de papier doré sur la tête et le tricorne par-dessus. Le contrôleur n’eut pas l’air étonné. Ah ! Carnaval ... Nous longions la côte adriatique. Les plages défilaient dans la nuit. Il semblait que le train roulât sur le sable, évitant les vagues. Impression nocturne étrange, presque surréaliste. Des familles du sud occupaient les compartiments. Je plaisantais avec des personnes de petite taille. Tôt le matin, les voyageurs commencèrent à manger, à parler fort. La couleur locale arrivait.

A 7 heures du matin, le train entra en gare de Bari Centrale. J’attendis mon chauffeur, assise sur ma valise devant  la gare. Un homme brun, à qui j’avais parlé dans le wagon, me rapporta un gros sac que j’avais oublié sur le quai. Qui a dit que les italiens volaient ! Mon collègue arriva, élégant, dans un long manteau couleur lie de vin. Le soir même, avec des couples de la Faculté des Sciences et sa femme : soirée « pasta » (pâtes), sous le regard vigilant du sympathique chien de la maison, Romeo.

Quatre ans plus tôt, en été, j’avais séjourné chez les parents de ce collègue. A mon arrivée à l’Aéroport de Bari, ils m’avaient embrassée chaleureusement, comme s’ils me connaissaient depuis toujours. Le thermomètre indiquait 45 degrés au soleil. « La Mamma » cuisinait des plats de pâtes au four. Je compris plus tard pourquoi je ne pus sortir seule dans la rue. Il pouvait m’arriver quelque accident : le sud est dangereux et des balles se perdent parfois qui ne vous étaient pas destinées ! Lors d’une ballade familiale en voiture, j’eus terriblement peur. Nous roulions et je vis de loin, qu’aucun véhicules arrivant depuis les quatre rues d’un croisement sur le périphérique de la ville, ne respectait le feu rouge. On se contournait au milieu du croisement. Nous fîmes de même. Plus loin, un camion était arrêté au milieu de la chaussée et le chauffeur discutait avec quelqu’un. La circulation se faisait en contournant le camion, dans un sens comme dans l’autre. Nous faisions les courses à partir de 20 heures, quand la température baissait un peu. Toujours impossible de faire un pas seule. Difficile lorsque vous pratiquer la plus grande indépendance depuis toujours. La très jeune sœur de mon collègue me fit remarquer de sa belle voix grave du sud, que les jeunes femmes, ici, ne pouvaient pas porter une jupe comme la mienne. « Nos maris sont trop jaloux » dit-elle. Pourtant, le bas de ma jupe arrivait juste au-dessus du genou. Avant mon départ de Paris, son frère m’avait demandé de prévoir une longue chemise à passer par dessus le maillot de bain pour rester sur la plage. J’avoue qu’avec beaucoup de mal j’avais fini par comprendre qu’en 1989, dans cette région, rester en maillot sur la plage représentait l’indécence. Pendant un embouteillage interminable dans les rues bruyantes de Bari, les jeunes collègues, professeurs à la faculté, et leurs fiancées, parlèrent de l’assurance de la voiture dans laquelle nous roulions. Elle n’avait pas été payée à l’échéance et puis « on verrait bien ». J’étais au bord de la folie ! J’avais entendu dire aussi que la compétence des médecins et les hôpitaux locaux ne valaient pas une réelle confiance. D’ailleurs, il me semblait voir un nombre important de personnes boiter dans les rues. Avaient-ils été mal opérés, mal soignés ? Le théâtre de la ville venait de brûler. D’après mes informations actuelles, voici dix années qu’on doit le reconstruire. Ne me sentant pas à mon aise dans cette atmosphère, je décidai de repartir trois jours après mon arrivée et non pas après deux semaines comme prévu. Cette famille n’aura pas pu comprendre mon attitude.


Avril. Venise : coucher dans un placard.

Venise, 8 heures du matin : je demandai une chambre bon marché. La patronne de l’hôtel devait faire le point des disponibilités dans la matinée. A midi, elle ne disposait que d’une chambre double. « Va bene » (d’accord) pour une nuit, une seule, dis-je. Le lendemain, elle me proposa la chambre de l’employé roumain. Le Roumain couchait dans un placard ! 50 cm entre le lit et la porte. Impossible d’ouvrir ma valise. Le lit tenait entre la fenêtre minuscule et le mur en face. L’employé revint dans la nuit pour déguster une pizza et une bière avec moi. Il voulait même rester dans sa chambre. Il savait ne pas tenir de place dans un lit. Je répondis simplement : moi pas !


Mai. Le lampadaire de Murano.ile_de_murano

Nous partîmes de Paris, une amie et moi, avec un break, pour rapporter un lampadaire de verre haut de deux mètres. Le vaporetto nous laissa au phare de l’île de Murano. Information imprécise : la boutique fermait le vendredi après-midi. Une personne nous conseilla de sonner chez la patronne. Elle vivait au dessus du magasin. Elle nous reçut mais les paquets ne pouvaient être confectionnés le jour même. L’usine fermait également le vendredi. Nous dûmes revenir le lendemain dans la matinée.

Lorsque, pour la première fois, j’allumai le lampadaire chez moi, les verres se fendirent. Je dus attendre un an et demi pour en obtenir deux autres bien moins jolis. A chacun de mes passages, je déplorais les lenteurs italiennes peu compatibles avec un rythme européen moderne et ma rapidité d’action habituelle.

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à suivre ... à suivre... à suivre ... à suivre ... à suivre ...

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01 décembre 2009

DOSSIER SUR LA GRIPPE PORCINE A/H1N1 : SUITE ET MANIPULATION ABUSIVE DES ESPRITS OU BIEN GRANDE FUMISTERIE ?

Le temps qu’il fait aux USA, et bientôt chez-nous...


Mutation du virus H1N1, vous allez tous crever…



dimanche 29 novembre 2009 par Archétype

(Source : Agoravox)

Il y a une semaine, les médias annonçaient une mutation du virus H1N1 en Norvège. Trois cas décelés. Voilà maintenant que l’InVS annonce également le décès de deux Français porteurs du virus H1N1 muté, le même qu’en Norvège paraît-il. Du coup, une panique se dessine, enfin, tout dépend, c’est vite dit. Dieu merci, les Français sont assez éclairés pour ne pas céder à la peur mais suffisamment inquiets pour se précipiter dans les centres de vaccination. Au point que la ministre Bachelot en appelle au sens civique. Faites-vous vacciner mais dans le calme et le bon ordre, les femmes et les enfants d’abord… Je voulais dire, les personnes prioritaires d’abord !

Un analyste détaché de la question observe le déroulement de cette pandémie grippale. Il réfléchit un peu et se dit que ces histoires de mutation arrivent au bon moment, servant d’adjuvant émotionnel pour renforcer la prise de conscience des patients et les conduire vers les centres de vaccination, un adjuvant qui s’ajoute au données statistiques des décès que les autorités présentent sous un angle, disons, un peu affolant. Augmentation de 80 % des décès en Europe. On passe de 60 à 70, ou 80 en France Au vu des tendances, la grippe fera moins de morts que sur la route mais elle fera plus de peur. Ne voyez pas d’ironie dans ces propos mais juste une interrogation. Ces mutations étaient connues depuis plus d’un mois mais nul n’en avait parlé. L’InVS vient de sortir l’information sans aucune précision mais en indiquant que le lien entre la mutation et le décès n’était en aucune manière établi. Un détail important en effet, mais que les médias de masse que sont Le Monde, Le Figaro ou Libé se sont bien employés à occulter. Finalement, Yahoo s’est révélé bien plus sérieux dans son traitement de l’information que tous ces grands journaux, signalant du reste que les décès notifiés incluent des cas probables. Le mieux est de s’en amuser. Au bout du compte, nous allons tous crever. C’est pour cela que le moral des ménages remonte et que la consommation repart, les achats représentant la dernière cigarette des condamnés que nous sommes. Mais le scénario ne se passera pas ainsi. Nous allons vivre, alors pourquoi pas tenter de le faire intelligemment et de mettre un peu de raison dans cette panique organisée par les experts...  suite sur :

http://www.newsoftomorrow.org/spip.php?article6892


lundi 26 octobre 2009 par Archétype

(Source :  Traduction, Prison Planet)

Le Président Obama déclare l’urgence nationale, concernant la pandémie de grippe porcine, pourquoi ?

Mike Adams – NaturalNews - October 24, 2009

Selon le CDC, le pic d’infection d’infection de grippe porcine a déjà atteint son pic, et la pandémie est sur le point de disparaître. Le pic de l’infection a eu lieu mi-Octobre, où un enfant sur cinq des États-Unis a eu la grippe, explique la CDC. Sur près de 14.000 cas suspects de grippe testé au cours de la semaine du 10 Octobre 2009, 99,6% correspondaient à le grippe A, et la grande majorité de ceux qui ont été confirmés étaient des infections H1N1 de la grippe porcine. (http://www.cdc.gov/flu/weekly/) Vos droits en tant qu’américains ne sont plus reconnus, en vertu de la déclaration d’urgence nationale.

Même si la pandémie H1N1 semble avoir atteint son pic et décroît, le président américain Barack Obama a déclaré l’urgence nationale concernant l’infection de grippe porcine. Que cache cette déclaration ? Selon la Maison Blanche, c’est pour « aider les hôpitaux à mieux gérer la forte augmentation des patients », en leur permettant de contourner certaines lois fédérales.

Les pouvoirs d’urgence suppriment la Déclaration des droits

C’est l’explication officielle, mais le véritable ordre du jour, derrière cette déclaration, semble être beaucoup plus sinistre. Déclarer une situation d’urgence nationale, donne immédiatement aux autorités fédérales de très grands pouvoirs, qu’elles peuvent faire exécuter par des hommes armés :

• Le pouvoir de rendre obligatoire la vaccination contre la grippe porcine, à toute la population.

• Le pouvoir d’arrestation, mise en quarantaine ou le « transport forcé » de toute personne qui refuse la vaccination.

• Le pouvoir de mettre en quarantaine une ville entière et mettre fin à toutes déplacements dans ou hors de la ville.

• Le pouvoir d’entrer dans n’importe quelle maison ou lieu, sans mandat de perquisition et de détruire les biens ou les structures considérées comme une menace pour la santé publique.

• L’annulation de la « Déclaration de vos droits » (droit à une procédure régulière, [...], de garder le silence pour éviter une auto-inculpation, sont nulles et de nul effet en vertu d’une déclaration présidentielle d’urgence nationale.

Rien de tout cela ne signifie que des agents fédéraux vont forcément faire du porte à porte, accompagnés par des hommes armés et arrêter les gens qui refusent de se faire vacciner, mais ils le peuvent. Vos droits en tant américains ne sont plus reconnus en vertu de cette déclaration d’urgence nationale... suite sur :

http://www.newsoftomorrow.org/spip.php?article6647

http://www.cdc.gov/flu/weekly/

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Mutation H1N1 : l’insoutenable légèreté informative des autorités médicales

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Nouvel effet de manche de l’OMS. Dans son communiqué du 27 novembre, l’organisation indique, avec le souci bien visible de noyer tous les détails, que la mutation D222G (qui est la D225G dans la numérotation H3) « a été détectée sporadiquement dans des virus de plusieurs autres pays depuis avril ». Une première reconnaissance officielle qui ne figurait pas dans leurs précédents rapports, l’OMS admet implicitement les lacunes de ses informations, ou, plutôt, sa désinformation.

Chez nous, les autorités médicales suivent la même escroquerie ; la même « mutation 222 » identique à celles reportées en Norvège a été détectée en France sur un prélèvement d’un patient décédé en septembre, selon le Dr Françoise Weber. Un retard expliqué par un travail d’identification « beaucoup plus long ». Il aura fallu que la population française attende 2 mois, à l’annonce de l’INVS le 27 novembre (même jour que le communiqué de l’OMS, quel synchronisme) pour savoir que le « 222 » (222 : noter l’approximation de l’information, là où Recombinomics emploie le très précis D225G), c’est-à-dire le D225G, était présent sur le territoire.

Un phénomène minimisé par la directrice de l’InVS : « La découverte de ces mutations entraîne chez nous une très grande vigilance, mais on ne peut pas encore parler d’inquiétude particulière ». Mais mieux vaut être prudent. Ces 2 annonces tombant tout pile au moment du lancement de la campagne de vaccination auprès des écoles, collèges, lycées, et auprès de la population standard. Quelle chance, « Les trois spécialistes s’accordent à dire que les vaccins restent efficaces contre le virus muté » et « C’est une raison supplémentaire pour se faire vacciner rapidement avant que ce virus supplémentaire ne trouve le moyen de s’échapper et de devenir plus invasif », selon le Pr Hannoun.      

Y a-t-il vraiment lieu de ne pas avoir « d’inquiétude particulière » ? Ce qui n’apparaît nulle part dans les médias français, c’est que, en France, le virus muté H1N1 D225G est le même que celui se propage en Ukraine pour aboutir à « la destruction totale des poumons ». Mais les ennuis ne s’arrêtent pas là. Outre que, selon le Dr Niman (voir son document de référence, publié par l’american society of microbiology), le vaccin actuel serait inutile contre cette mutation, le centre londonien de l’OMS, Mill Hill, vient de cataloguer la mutation ukrainienne comme un « réacteur faible ». Selon Niman, « cela devrait tomber dans la catégorie des nouvelles extrêmement mauvaises. Cela signifie que non seulement le D225G dirige le H1N1 vers les poumons, mais il permet au virus d’échapper à la fois à la réponse immunitaire naturelle et au vaccin ».      

Un scandale, selon le scientifique dissident : « La traduction ci-dessus provient d’une nouvelle en France à propos de la découverte de D225G chez deux cas mortels de France, dont l’un d’entre eux était également résistant au Tamiflu. Étant donné l’incapacité de l’OMS de divulguer le statut de "réacteur faible" du H1N1 en Ukraine comportant D225G, des reportages de presse diffusent la mauvaise information, indiquant que l’activité du vaccin n’est pas affectée par D225G ». On appréciera par ailleurs dans son article que la propagation du D225G est probablement sous-estimée, vu que les échantillons d’analyse sont prélevés dans la trachée et non dans les poumons.      

Mais dans quelle mesure le mutant échappe-t-il à la machine immunitaire ? Dans l’analyse d’une interview radiophonique de Niman, un intervenant demande :      

« - Partant du principe que le vaccin ne touche pas le virus avec le D225G, le vaccin fournirait-il paradoxalement un avantage évolutif pour la variante D225G ?      

- Niman : Le D225G échappe à la réponse immunitaire (naturelle et vaccinale), donc oui, vous avez absolument raison de dire que le vaccin (et l’immunité par ceux déjà infectés) sera l’objet d’une sélection pour le D225G, donc des millions qui ont été déjà infectés seront à un niveau de risque accru pour le D225G »    

En clair : le vaccin favorise la propagation du D225G    

Certains experts, sentant peut-être le vent tourner, commencent à jouer la prudence et prennent leur distance avec l’OMS. Dans un article du New York Times, le Dr Fukuda estime que « les scientifiques de l’OMS n’étaient pas sûrs du niveau de menace posé par une mutation séparée qui aide le H1N1 à atteindre les poumons. Les experts ont encore besoin de voir si la mutation devient plus commune ». Traduction, très décevante venant de l’immaculée science médiacale : « Faut voir ». Par ailleurs, « un cas isolé en Ukraine avec une mutation a changé de telle manière que la vaccination contre la grippe A ne l’aurait pas bien protégé », avance timidement le laboratoire médical national anglais. Les rats se préparent-ils une passerelle pour quitter l’idyllique barque OMSienne ?

Source ALTER INFO ( merci à eux pour cette information vitale pour la préservation de notre santé )

http://www.alterinfo.net/Mutation-H1N1-l-insoutenable-legerete-informative-des-autorites-medicales_a39830.html

LIENS :    

http://www.who.int/csr/disease/swineflu/laboratory27_11_2009/en      

http://www.recombinomics.com/News/11270904/D225G_H274Y_France.html      

http://info.rsr.ch/fr/monde/Le_virus_H1N1_a_mute_en_France.html?siteSect=200401&sid=11549797&cKey=1259352196000      

http://www.recombinomics.com/News/11240903/Ukraine_397.html      

http://jvi.asm.org/cgi/reprint/JVI.02106-09v1.pdf    

http://fluboard.rhizalabs.com/forum/viewtopic.php?f=5&t=3389&start=0      

http://www.zonegrippeaviaire.com/showthread.php?t=2423&page=34      

http://fluboard.rhizalabs.com/forum/viewtopic.php?f=5&t=3390&start=0      

http://www.nytimes.com/2009/11/28/health/28flu.html?_r=2


" Si le Virus A/H1N1 mute ... "

ou l'escroquerie à l'échelle planétaire

par Marc Zafran ( Martin Winckler ) médecin-écrivain

Alors même que les évidences épidémiologiques de bénignité de la grippe A H1N1 s’accumulent (et que les médecins espagnols et britanniques rassurent leurs populations respectives) l’argument numéro 1 invoqué par les tenants de la vaccination de masse est « la possibilité d’une mutation du virus ». Or, cette éventualité n’est pas seulement scientifiquement improbable, elle est aussi le principal argument qui disqualifie la vaccination : contre un virus mutant, un vaccin ne sert à rien. Démontage d’une escroquerie planétaire.

Les relevés épidémiologiques le montrent (y compris dans les rapports de l’OMS, qui est tout de même l’institution qui a tiré la sonnette d’alarme), la pandémie de A H1N1 n’est pas du tout aussi catastrophique qu’on a pu l’annoncer, alors même que le virus semble plus contagieux puisqu’il se transmet même quand il fait chaud. Plus contagieux, mais moins dangereux.

Dans l’hémisphère sud, où la santé de la population est proportionnellement plus précaire que dans l’hémisphère nord, la mortalité est inférieure à celle d’une grippe saisonnière habituelle. De plus, comme l’OMS ne demande plus de confirmer les cas de grippe « puisqu’il y en a trop », on est en droit de penser que le nombre de personnes atteintes par la grippe est bien plus grand qu’estimé, mais comme le nombre de morts attribué au virus (un mort, ça se comptabilise) est faible, la proportion de décès par rapport au nombre de personnes touchées est donc probablement encore plus faible qu’on ne l’estime actuellement.

On est donc en droit de penser que 1° il n’a pas de raison de provoquer plus de décès dans les pays du Nord, dont la population est en meilleure santé que celle du Sud. 2° comme il est très contagieux et qu’il y a déjà des foyers épidémiques en Europe, d’ici quelques semaines il y aura de plus en plus de personnes déjà immunisées (et toujours vivantes) qui agiront comme des barrières pour protéger les autres. Avant même que le climat hivernal ne s’installe. On peut s’attendre donc à ce que la « grande épidémie » n’ait pas lieu...

Arguments scientifiquement incohérents

Cependant, dans les pays développés comme la France, qui ont commandé des millions de vaccins on continue à répandre des messages terroristes pour inciter les populations à se vacciner.

Les arguments ? « le virus A H1N1 touche des strates de la population que le virus A H3N2 (habituel) ne touche pas : les jeunes adolescents et adultes » ; c’est vrai, apparemment, mais ça ne le rend pas plus grave, d’ailleurs parmi les décès, on trouve surtout des patients immunodéprimés ou très malades qui sont très jeunes ou très âgés, et non des jeunes adultes ; la grippe touche les jeunes adultes, mais elle ne les tue pas comme s’il s’agissait d’une méningite cérébrospinale ; à ma connaissance, les vacanciers touchés dans des colonies de vacances en Isère, cet été, ont guéri en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire...

« le virus AH1N1 touche les femmes enceintes » : c’est vrai, mais l’autre aussi ; et c’est bien connu : les femmes enceintes sont en état de « tolérance immunitaire » vis à vis de leur foetus, ce qui les rend un peu plus sentibles aux virus qu’en temps normal ; rien de nouveau, donc

« le tamiflu n’est pas constamment efficace » : c’est vrai, et on le sait depuis longtemps, car AUCUN médicament ne peut être constamment efficace sur quoi que ce soit (tout simplement parce qu’un médicament n’a pas le même métabolisme chez tous les individus, pour des raisons génétiques, et parce que des résistances surviennent pour tous les anti-infectieux, qui « sélectionnent » des germes résistants) ; cela dit, ce n’est pas nouveau, car l’efficacité du Tamiflu est toute théorique : il est censé raccourcir la durée et atténuer la gravité de la grippe s’il est pris dès les premiers symptômes mais 1° il y a tout plein de maladies (du rhume à la bronchite saisonnière bénigne) qui commencent comme une grippe. 2° durée et gravité de la grippe sont variables d’une personne à une autre, il est donc impossible de vérifier que c’est le Tamiflu qui raccourcit les symptômes de la grippe, car toute expérimentation d’un antiviral sur une maladie de courte durée (huit jours) n’a aucune signification. En matière de maladies infectieuses virales, un vieil adage clinique dit : « un rhume mal soigné dure une semaine, un rhume bien soigné dure huit jours »...

Mais l’argument qui remporte le pompon de l’escroquerie est celui qui court avec le plus d’insistance en France quand on oppose à la vaccination de masse les objections qui précèdent. Cet argument proprement magique est celui-ci : « Et si le virus mute... ? »

Eh bien, le virus A H1N1 a déjà muté. C’est d’ailleurs en mutant qu’il est devenu plus contagieux et que l’épidémie a commencé. Mais cette mutation, qui lui a conféré une plus grande contagiosité, ne lui a pas conféré pour autant une plus grande dangerosité. Un virus a un seul but dans la vie : multiplier son ADN le plus vite possible pour survivre génétiquement, comme le font tous les êtres dotés d’un ADN. Or, un virus, c’est un ADN réduit à sa plus simple expression. Son but, ça n’est pas de rendre malade. Les symptômes de la maladie sont liées aux réactions de l’organisme destinées à éradiquer le virus : la fièvre, c’est le corps qui la produit pour empêcher le virus de se reproduire ; les courbatures, c’est la contraction intense des muscles pour produire de la fièvre ; la toux, c’est la réaction inflammatoire du nez, de la trachée et des bronches à l’entrée du virus dans les tissus respiratoires. Le virus, lui, il a intérêt à ce que le patient reste debout et le transmette dans ses gouttelettes de salive.

On comprend donc que pour qu’un virus soit très contagieux (par voie aérienne), il faut AUSSI qu’il soit relativement bénin. S’il est très dangereux, il risque en effet de tuer ses hôtes avant qu’ils ne l’aient transmis. Les virus les plus contagieux de la planète, ceux du rhume de cerveau, ne tuent personne...

« Bon, d’accord, admettons ! Mais quand même ! Et s’il mute de nouveau et devient dangereux cette fois-ci ??? On ne peut pas le savoir à l’avance !!! »

Ah, mais c’est là que l’escroquerie intellectuelle touche à son comble, comme vous allez le voir.

La phrase "Bon, mais s’il mute de nouveau ?" ne résiste pas à l’analyse rationnelle :

1° les mutations sont ce qui permet à un organisme de survivre ou le conduisent à disparaître ; virologiquement, biologiquement et épidémiologiquement parlant, il est peu probable que le virus A H1N1, qui a en quelque sorte « réussi son coup » et pris la place du AH3N2 au hit-parade des grippes grâce à une mutation qui le rend plus contagieux (mais moins dangereux) mute de nouveau pour devenir brusquement plus mortel (et donc moins contagieux) dans un délai très court. Rappelons qu’il n’avait pas muté depuis 1956...

2° par quel miracle muterait-il simplement en passant de l’hémisphère sud à l’hémisphère Nord ???? Pourquoi pas chaque semaine, pendant qu’on y est ?

Brusquement, l’OMS le déclare tout de go : "Le virus n’a pas muté"

Mais surtout, l’argument « Et si le virus mute de nouveau... » vient de montrer tout récemment son inanité (et son caractère de poudre aux yeux), grâce à un communiqué sybillin datant du 4 septembre : « D’après l’OMS, le virus a provoqué 2800 morts dans le monde [1] mais n’a pas muté. » (Vous trouverez ça partout.)

Cette nouvelle sybilline mais cruciale disqualifie complètement les discours terroristes mais montre aussi par la même occasion que leur seul but était de faire commander des vaccins en masse. « Vaccinez-vous, car le vaccin peut muter ! »

Car cet argument ne tient pas et n’a jamais tenu ; en effet pour qu’un vaccin soit efficace, il faut que le virus reste stable... On ne voit donc pas l’industrie se lancer dans la fabrication d’un vaccin contre un virus qui risque de muter d’une seconde à l’autre (ou d’un continent à l’autre)...

Quand je suis arrivé à Montréal et que j’ai pris une assurance pour mon logement, la préposée de la compagnie d’assurance m’a proposé un supplément « tremblement de terre ». Ca m’a fait éclater de rire. J’ai dit « Montréal n’est pas sur une zone sismique » [2]. Elle a dit « C’est vrai, mais on la propose quand même, c’est seulement 20 $ par an. » Je lui ai demandé si elle avait un supplément astéroïde... Elle n’en avait pas. Je n’ai pas pris le supplément tremblement de terre. Mes inquiétudes ont des limites.

Et bien, pour la grippe, on vous a fait le même coup, messieurs-dames les partisans d’une vaccination de masse !!!

On vous a incités à commander des vaccins en nombre incroyables, envers et contre l’évidence de la bénignité de la grippe A H1N1 telle qu’on l’observait, en direct, dans l’hémisphère sud, en vous disant « Ah, mais si le virus mute. » Et maintenant que les vaccins sont fabriqués et vont pouvoir être livrés, on vous envoie un message rassurant, via l’OMS en vous disant que le virus n’a pas muté.

Et c’est très important qu’on vous dise que le virus n’a pas muté. Parce que si on continue à vous effrayer avec le spectre d’une nouvelle mutation, vous risquez de vous rendre compte que le vaccin dont vous avez commandé des millions de doses, (et dont on commence à dire déjà que « une seule dose suffit »...)

si le virus mute,

ce vaccin...

il ne servira à rien !!!

Autrement dit : en agitant la peur d’un virus qui "pourrait" devenir dangereux, on vous a vendu un vaccin qui, si le virus était vraiment devenu dangereux ne vous aurait, de toute manière, pas protégés...

Il ne vous reste plus qu’un vaccin très coûteux, peut-être efficace(mais c’est pas sûr) contre un virus... bénin.

Notez bien que l’OMS a dit "Le virus n’a pas muté". Sous entendu "Pour le moment". Au printemps prochain, il sera toujours le temps de dire qu’il "a muté légèrement et qu’il faut fabriquer un NOUVEAU vaccin". C’est d’ailleurs ce que l’industrie fait depuis 30 ans avec le virus "A H3N2" pour justifier de vendre un nouveau vaccin chaque année (en laissant entendre que l’immunité acquise au contact du virus ne compte pas et que celle que conférait le vaccin de l’année précédente est désormais caduque...)

Ca me fait penser irrésistiblement aux élixirs de jouvence ou à faire pousser les cheveux que les charlatans vendent dans les westerns, avant de quitter la ville nuitamment pour ne pas se faire lyncher au petit matin quand les habitants auront découvert que c’est de l’eau sucrée.

Mais cette fois-ci, le charlatan est le consortium d’entreprises les plus riches au monde, et l’escroquerie est planétaire.

Article publié le 12 septembre 2009.

Lire aussi ce dernier développement en date

Un lecteur médecin m’écrit ceci :

"Je me devais de réagir à votre édito sur la vaccination de masse. J’apprécie votre travail habituellement, que ce soit en médecine ou en littérature, cependant, sur ce sujet-là, force m’est de constater que je ne suis pas du tout en accord avec votre position sur la grippe H1N1 et sa vaccination. Voici pourquoi.

Sur la bénignité de cette grippe, nous savons tous les deux que votre analyse est pertinente. La grippe saisonnière (qui n’est pas toujours une H3N2 au passage) tue bien plus de personnes que celle-ci dont on nous rabat sans cesse les exploits dans les médias. S’employer à rassurer et à former l’esprit critique des patients/citoyens est une bonne chose. Idem en ce qui concerne la pseudo-efficacité du Tamiflu. Par contre, voici ce qui me semble clocher dans votre argumentation : 1. vous affirmez qu’un virus contagieux est obligatoirement un virus bénin. Faux. Ebola ? Taux de contagiosité extrême, taux de mortalité quasi-inégalé. Alors bien sûr l’épidémie est généralement circonscrite car le virus n’a pas le temps de se transmettre à grande échelle dans les endroits reculés où il sévit (les victimes en succombent avant d’avoir parcouru les centaines de kilomètres qui permettraient au virus de contaminer de grands centres urbains). Mais je ne suis pas sûr que cela serait la même chose avec un cas autochtone à New York City par exemple...

Réponse de MW : Bien sûr, vous avez raison. SI le virus A/H1N1 était aussi mortel que le virus Ebola. Mais il ne l’est pas. Avec des si, on pourrait mettre New York en quarantaine. Statistiquement, la probabilité qu’un virus soit à la fois très contagieux et très mortel est faible. Et comme vous le dites très bien, sa mortalité limite l’extension de la contagion (c’est à ça que servent les quarantaines). En l’occurrence, plus le temps passe depuis le début de la pandémie et plus on voit que l’attitude qui consiste à envisager le pire scénario n’est pas la plus appropriée à une démarche de santé publique ; je vous renvoie à l’article du BMJ du 3 septembre dernier : Calibrated response to emerging infections, qui montre à quel point les agences internationales elles-mêmes sont en train de revoir leur vocabulaire. Parce qu’elles ont ouvert la boîte de Pandore et que l’industrie s’y est engouffrée avec l’aide des gouvernants ?

2. la mutation. Ce n’est pas ce que nous craignons. La mutation fait partie intégrante de la vie d’un virus. Le matériel génétique est infiniment plus simple dans ces organismes que dans les organismes eucaryotes. Ils mutent plus facilement et plus vite. Donc vous avez raison ce n’est pas la mutation qu’il faut craindre. Mais bien la "recombinaison". Par sa plasticité génétique, il est bien connu qu’un virus peut échanger du matériel génétique avec un autre virus au sein du même hôte. La proportion de gènes alors transformée change dramatiquement dans ce cas. Et les propriété de chacun des deux virus peuvent en faire émerger un troisième, qui n’aura alors pas les mêmes caractéristiques de bénignité et de contagiosité que ses "géniteurs". C’est ainsi que certains virus peuvent franchir la barrière d’espèce, par exemple... Ainsi donc vous confondez mutation et recombinaison. Ce n’est pas la même chose.

Réponse de MW : Vous avez raison. C’est un raccourci, et il est erroné. Dans les faits, ça revient à la même chose : une modification du virus qui le rende dangereux. Or, le A/H1N1 est déjà recombiné. Il aurait des fragments virals aviaires, porcin et humains. Est-ce qu’il est plus dangereux ? Non. Là encore, ce type de "menace" ne correspond pas à la réalité.

Il est donc clair pour moi que, au-delà de l’aspect de préparation que cette "pandémie" a pour les autorités sanitaires (préparation à la réaction à une émergence virale ou bactérienne de plus grande ampleur qui se produira statistiquement un jour... et en voyant la réaction des autorités on se dit qu’une autre préparation ne serait pas du luxe...), l’intérêt d’une vaccination de masse est de limiter la recombinaison du virus avec le H3N2 ou une autre souche, et d’en empêcher ainsi l’apparition d’une variante plus féroce. La Grippe Espagnole était aussi un variant H1N1, à la fois contagieuse et virulente... preuve donc que ça existe... Germain Huc, généraliste dans le Sud-Ouest"

MW : Bien sûr que ça existe, mais depuis 1918, aucune pandémie n’a été aussi mortelle... tout simplement parce que la population de la planète n’est pas du tout dans le même état sanitaire qu’en 1918. Voyez-vous, malgré les famines et les catastrophes et les maladies endémiques (VIH, Tuberculose, Paludisme, Choléra, etc.) qui font souffrir les pays émergents, si nous sommes aujourd’hui plus de 6 milliards, c’est bien parce que nous sommes plus résistants qu’il y a 100 ans. Rien n’indique que la grippe, une des maladies virales les moins agressives qui soient, y changera quelque chose de sitôt.

Un très bon article de synthèse, historique et pédagogique, a été posté sur le site du Nouvel Observateur. Il est plus nuancé que ma position (et très bien documenté) et s’il ne me convainc pas de la nécessité d’une vaccination généralisée (il ne la propose pas non plus) il devrait aussi alimenter votre réflexion de manière utile et non terroriste. Il prouve en tout cas qu’on peut parler à tous de manière intelligible, raisonnable et constructive.

Il est ICI

Enfin, allez voir l’initiative qu’ont prise les médecins espagnols pour rassurer la population, arguments scientifiques en mains. Et demandez vous pourquoi les médecins français ne font pas de même.

[1] La grippe A H3N2 provoque plusieurs centaines de milliers de morts par an, je le rappelle

[2] (Note du 12 O9 09 : Apparemment, j’ai tort, comme le relèvent ce blog et les liens vers "Séismes Canada", mais ça ne me fait pas changer d’avis pour autant. Je refuse absolument de vivre dans l’angoisse permanente de "ce qui pourrait se passer si..."


Marc Zafran (Martin Winckler) est médecin et écrivain. ( merci à lui, information de vulgarisation pour le grand publique )

Source : MONDIALISATION.CA

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16336



30 novembre 2009

SOIREE DINER-DEBAT A MONTECARLO : SAUVONS LA POSIDONIE " PRINCESSE DE LA MEDITERRANEE "

SAUVONS LA POSIDONIE :

«  PRINCESSE DE LA MÉDITERRANÉE ».

 

Mardi 24 novembre 2009, 20h30 Salon Excelsior - Hôtel Hermitage

 

C’est avec un diner-débat, qui s’est déroulé en présence de SAS le Prince Albert II, que l’Association Monaco-Italie, présidée par Madame Marina Grosoli Kerwat, concluait ses activités pour l’année 2009.

 

Le débat qui avait pour thème la protection de la Mer Méditerranée était animé par Mme Rosalba Giugni, Présidente de l’association italienne « Mare Vivo ». Une association qui depuis plus de 25 ans, a pour vocation la protection de l'environnement marin et œuvre pour la création « d’une culture » de la protection de la mer méditerranée. En partenariat avec le Ministère italien de l’Environnement elle organise différentes campagnes de dépollution maritime dans les ports italiens.

 

Lors de cette soirée, qui se déroulait dans le Salon Excelsior de l’Hôtel Hermitage, Mme Giugni a axé son propos sur la nécessaire protection des Posidonies, « Princesse de la Méditerranée » comme elle aime les nommer. Véritable emblème de la richesse de la biodiversité de notre « mare nostrum » la Posidonie océanique n'est pas une simple algue mais une plante marine, au sens propre, avec des feuilles, des fleurs et des fruits. Vivant uniquement en Méditerranée, en formant de vastes prairies, elle forme des « forêts » marine qui offrent nourriture et refuge à une grande quantité d'organismes marins.

 

Comme la forêt amazonienne pour le milieu terrestre, ces prairies de Posidonies sont de vrais « poumon sous-marin » jouant également un important rôle comme barrière contre l'érosion des côtes…et Mme Giugni de préciser que leur disparition représente un grave danger tant écologique qu’économique.

 

Lors de cette brillante soirée on notait également la présence de Monsieur Eric Guazzonne, représentant le Président Stéphane Valéri, Monsieur Jean-Luc Van Klavaren, représentant Monsieur le Conseiller Gilles Tonelli ; Monsieur Richard Milanesio, représentant Mr Georges Lisimacchio, Chef de Cabinet de SAS le Prince Souverain et Monsieur Gaetano Scullino, Maire de Ventimiglia, venu en voisin et en ami de l’Association Monaco-Italie. .

 

Les activités de l’Association Monaco-Italie sont consultables sur le site internet de l’Association (www.monacoitalie.it) ou directement auprès de son secrétariat : +377.97.77.85.85.

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Photo Copyright MARIA BOLOGNA - MONTECARLO - Novembre 2009



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FINANZIARIA, PROPOSTA DELLA LEGA "SOLO 6 MESI DI CIG PER GLI STRANIERI"

Il Carroccio propone trattamento diverso per immigrati in tema di ammortizzatori sociali

Fugatti: "Bisogna tutelare di più gli italiani. Chi resta disoccupato torni a casa sua"                          

Finanziaria, proposta della Lega


"Solo 6 mesi di cig per gli stranieri"

L'opposizione: "Emendamento razzista". Il  ministro Carfagna: "Una provocazione" 

Finanziaria, proposta della Lega "Solo 6 mesi di cig per gli stranieri"                                              

ROMA - Cassa integrazione limitata per i cittadini extracomunitari che lavorano in Italia. La Lega apre un nuovo fronte di scontro e propone un emendamento che limita a sei mesi gli strumenti di sostegno al reddito. A farsi carico dell'annuncio è il deputato Maurizio Fugatti. Che spiega così l'uscita del Carroccio: "Le risorse sono quelle che sono e prima di tutto dobbiamo guardare ai cittadini italiani. Quindi diamo la cassa integrazione anche ai cittadini extracomunitari ma solo per sei mesi. Se non c'è lavoro per gli italiani, non c'è per nessuno. Prima dobbiamo pensare agli italiani".                     
Passano pochi minuti e le opposizioni si scatenano. "Quell'emendamento è palesemente incostituzionale e sono sicura che la presidenza della Camera lo dichiarerà inammissibile - taglia corto la capogruppo del Pd nella commissione Affari costituzionali della Camera, Sesa Amici - Sono norme incivili e razziste del tutte prive di ogni fondamento e ragion d'essere''.
Ancor più duro il senatore democratico Paolo Nerozzi: "La proposta della Lega è una nuova forma di legge razziale nel mondo del lavoro". E l'accusa di razzismo torna anche nelle parole del capogruppo dell'Idv alla Camera, Massimo Donadi.                   

Ma anche nel governo c'è chi manifesta perplessità: "E' una provocazione, che sono certa non avrà alcun seguito in Parlamento" dice il ministro delle Pari opportunità Mara Carfagna. Il n.1 del Welfare Maurizio Sacconi ricorda come la Cig sia un diritto soggettivo di tutti i lavoratori. E il ministro della Difesa Ignazio La Russa chiude la questione: "Idea irragionevole e autolesionistica. Non è possibile fare queste discriminazioni".          

Anche il sindacato fa sentire la sua voce: "Una iniziativa xenofoba e una vera e propria sciocchezza giuridica - dice la Cgil - Questi lavoratori pagano come tutti gli altri i contributi per accedere agli ammortizzatori sociali. Quindi si tratta di un emendamento improponibile a meno che la Lega non pensi che i lavoratori stranieri devono solo versare e difficilmente ricevere il corrispettivo di quanto versato. E' una esplicita istigazione al lavoro nero". Critica anche la Cisl che, per bocca del segretario Raffele Bonanni bolla l'iniziativa: "I lavoratori immigrati regolari pagano i contributi e le tasse in italia e hanno diritti al pari di tutti i lavoratori italiani".

Sulla stessa lunghezza d'onda la Uil. Il segretario confederale Guglielmo Loy definisce la proposta leghista "inutile, cattiva e controproducente per lo stesso sistema delle imprese". Porre questo tetto, aggiunge, significherebbe "mettere a rischio la possibilità di utilizzare professionalità su cui si è investito e che alla fine dei sei mesi di cig verrebbero espulse dal sistema produttivo".

Parole a cui fa eco l'ex ministro del Lavoro Cesare Damiano: "Non solo si colpiscono i lavoratori oggettivamente più deboli ma si crea una condizione di rottura del rapporto di lavoro che spingerà inevitabilmente queste persone nel vicolo cieco della clandestinità e del lavoro nero".                                                    
(27 novembre 2009)

Grazie a voi il giornale " la Repubblica.it " per l'informazione economica

la Repubblica.it

http://www.repubblica.it/2009/09/sezioni/economia/finanziaria-2009/cig-immigrati/cig-immigrati.html




         

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LA LIGUE DU SUD A NICE AVEC LES IDENTITAIRES POUR LA PREPARATION DES REGIONALES DE MARS 2010

LES IDENTITAIRES DE NICE REJOIGNENT LA LISTE DE LA LIGUE DU SUD DE JACQUES BOMPARD MAIRE D'ORANGE POUR LES REGIONALES DE MARS 2010

par Gérard Diaconesco


Une rencontre-débat avec Jacques Bompard Maire d'Orange et tête de liste de la Ligue du Sud a eu lieu à Nice le 28 Novembre 2009 à l'hôtel NOVOTEL, liste qui sera soutenue dans les Alpes-Maritimes par les Identitaires Niçois et dont Philippe VARDON son Président a été nommé Directeur et Porte-parole de la campagne pour le 06 :

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Jacques Bompard Maire d'Orange
Crédit Photo Copyright DIACONESCO.TV


" C'est une fierté que celle d'accueillir les Identitaires, une force jeune qui s'intéresse à la chose publique avec talent, dynamisme et entrain ", devait déclarer Jacques Bompard devant les quelques journalistes qui étaient venus l'écouter et le questionner durant sa conférence de Presse qui avait débuté à 15 heures.

Ce dernier justifiait son engagement Politique pour les Régionales de Mars 2010 en mettant dans le même "sac" tous les partis de la classe politique réunis y compris le Front National de Jean-Marie LEPEN, qui face à la pression de "l'Islam" en France ont depuis fort longtemps pris une position de "laisser-faire" la plus laxiste qui soit, pour ne pas faire de "vagues".

Il devait résumer son engegement de campagne pour la Région P.A.C.A. en trois thèmes :
" IDENTITE-EFFICACITE-SECURITE", en déclarant que les partis politiques pour arriver au "Pouvoir" ont toujours tout promis sans jamais tenir leurs promesses, la Ligue du Sud incarnant elle seule l'engagement au service du "Bien commun".

Gérard Diaconesco

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Photos Copyright DIACONESCO.TV - Nice 208.11.2009

Fiche Biographique de Jacques Bompard :

- 66 ans marié - 5 enfants
- Docteur en chirurgie dentaire
- Maire d'Orange (32 000 habitants) depuis 1995 élu au 1er tour en 2001 et 2008 avec 61% des suffrages
- Conseiller Général du Vaucluse depuis 2002
- Conseillé Régional de Provence-Alpes-Côte-d'Azur de 1986 à 2002
- Député du Vaucluse de 1986 à 1988


SITE POLITIQUE DE LA LIGUE DU SUD :

http://www.liguedusud.com/










 


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28 novembre 2009

DIACONESCO_TV média de Presse internationale du groupe de la Company INTERNET COUNCIL LLC

Que fait le média indépendant « Diaconesco.tv » ?                           

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Appartenant au groupe de la Company

INTERNET COUNCIL LLC

 

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Communication presse écrite informatique internet                                        

Une information indépendante et libre sous forme de communiqués de Presse est diffusée sur le Blog de : "diaconesco.tv " aussi souvent que possible chaque fois que tombe une information importante dans le Monde. 

                 

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Communication internet libre

Sur ce Blog Internet l'information circule librement et permet aux Internautes du monde entier de nous lire mais aussi de communiquer leurs idées et leurs commentaires avec la Rédaction, soit en Français, Italien ou Anglais.   

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Communication image vidéo HDV- DVCAM - DV PRO  

Un service de documentation " photos et vidéo numériques " est mis en place pour « archivage » des informations récoltées par nos équipes sur le terrain, mais aussi pour une formation Professionnelle par des stages Vidéo-Photo-Télévision en Europe ou aux USA en Post-Production pour montage d'images numériques et en Production d'images numériques.


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Communication web-tv sur Dailymotion et Google vidéo

En ce qui concerne les informations télévisuelles le média libre "diaconesco.tv " , nom déposé et enregistré à l'ICANN au registre des noms de Domaines des U.S.A. et appartenant au groupe de la Company INTERNET COUNCIL LLC, sont assurées en couverture TV multimédia par nos équipes de tournage et diffusées sur la toile du Net sur nos Blogs mais aussi sur Dailymotion et Google vidéo.

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Mailto : internetcouncil@internetcouncil.us   -  diaconesco@internetcouncil.us - diaconesco@uno.it  -


                         
      

 

                                                                                                      
            

 

                                                                                                 
                  

                  

                  
 
             
                         
            


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27 novembre 2009

Présentation du livre REGARD de Pascal Jean GIMENEZ à Nice le 10 décembre 2009

INVITATION

A UNE CONFERENCE-DEBAT DE

PASCAL JEAN GIMENEZPASCAL_JEAN_GIMENEZ__crivain_journaliste

(Journaliste-écrivain )

19, Rue SAINT-JEAN D’ANGELY NICE

JEUDI 10 DECEMBRE 2009
de 17 heures à 19 heures 30
Présentation du Livre REGARD de

Pascal Jean GIMENEZ
19, Avenue Auber 06000 NICE
Téléphone : 04.93.96.02.48

Blog : http://pascaljean.gimenez.hautetfort.com

Pascal Jean Gimenez

REGARD
sur la FRANCE, l’EUROPE, la MONDIALISATION, la PLANETE ET SON ENVIRONNEMENT, le DIALOGUE POLITIQUE, le DIALOGUE EN MEDITERRANEE

Collection Dialogue - tome 1

http://www.editionsdialogueorientoccident.com

Ce livre de l’auteur Pascal Jean GIMENEZ se veut une synthèse aussi claire, aussi complète que possible de la vision et de la pensée d’hommes politiques, d’écrivains, de journalistes, d’intellectuels engagés dans l’organisation de notre monde à venir.

Destiné tant à l’amateur politique qu’au politique le plus érudit, il traite - en autres - de notre société, de son passé, de son présent et de son futur.

Cet essai est axé principalement sur l’oeuvre politique de la France, l’Europe, la Mondialisation, la Planète et son Environnement, le Dialogue Politique, le Dialogue en Méditerranée.

Tous les aspects de la vie politique, économique, sociale, culturelle, religieuse, législative, etc ... sont abordés dans ce livre, grâce aux révélations souvent inédites de tous ces hommes et ces femmes.

L’ouvrage comprend 627 pages, fruit de cinq années de recherches minutieuses, d’enquêtes approfondies, d’analyses critiques.

(voir bibliographie, index des sources ...).
Pascal Jean GIMENEZ a mis tout son savoir, son talent, sa passion à "traquer" les sources de toutes sortes pour parvenir à la synthèse de cet ouvrage.


ISBN : 978-2-916897-00-4
Novembre 2009



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26 novembre 2009

VENEZIA MAGICA, ETERNA, BELLA ... PER L' ETERNITA

VENEZIA MAGICA, ETERNA, BELLA ... PER L'ETERNITA

drapeau_italie

Articolo Per il Giornale di Capri - AnaCapri  *L’ISOLA *

Venezia magica, eterna, Venezia bella. Tanti riflessi, Tanti gatti, Tanti colori. Architetture splendide, Opere famose, Atmosfere distinte. Le Arti, Monteverdi, Vivaldi, Divine creazioni. Tanta bellezza, Salva l’Anima, Per l’Eternità.

Gondoles_de_VeniseGondoles_sur_le_Grand_Canal


Carissimo lettore,

Ma dove siamo ? I palazzi galleggiano su un decoro goldoniano e tu, improvvisamente, sei un attore famoso. Non sai piu’ se vivi in una realtà attuale oppure se sei su un palcoscenico a teatro. Sei nel sestiere di Cannaregio, quello piu’ bello. I riflessi dell’architettura e quelli della tua foto, appena scattata, davanti alla Madonna dell’Orto, sono, ogni volta, distrutti da una barca, ma rinascono dopo qualche minuto, sempre gli stessi, sempre presenti da secoli col rumore delle ondine dell’acque del canale che toccano la fondamenta. Un rumore magico che viene, ogni istante, benedicare la riva e la musica di Vivaldi. Rio Morto, numero 1842 ... incontri i gatti di Luigina. Nel magazzino al pianterreno, salvati dalla mia amica, i gatti, come in albergo, con cibo e pulizzie parecchie volte al giorno e medicine se necesssario. C’è chi dorme dentro e chi passeggia nel sestiere, tra rifugio, ponte di legno e fondamenta. Luigina è una “mamma-gatti” : dedica il suo stipendio ai gatti. i classici gatti di Venezia, col vestitino pieno di righe marroni sul pello beige sono chiamati “gatti soriani”. Furono

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importati una volta dalla Siria. Perchè ? Per combattere i topi e la peste a Venezia. Ovviamente, incontrerai pure dei gatti  di casa. Nella città lagunare, tutti camminano lentamente, guardando di qua e di là ... se qualcosa va o non va. Controllano silenziosamente la città a modo loro ... registrano tutto, l’altezza dell’acqua che va e viene ... che tocca poco o troppo le basi dei palazzi, dei ponti, poi spariscono in fondo alle calli per raggiungere un luogo segreto, nascosto, ricordato solo da loro ...  si ritrovano con altri gatti e gatte di sera. Immaginano e inventano il futuro della città, la sua magia, la sua bellezza eterna. La direttrice del Consiglio-Gatti è una gatta anziana : la Vivaldina. Tutti e tutte l’ascoltano. Essa incontra il sindaco della Serenissima ogni mese. Trasmette le loro osservazioni, consiglia il municipio per mantenere le originalità della città. Per Carnevale, organizza un ballo storico in un palazzo di Cannaregio per tutti i gatti soriani. Arrivono mascherati su delle gondole decorate di fiori di San Remo. Gatti musicisti. Gatti personaggi celebri. Uno viene eletto Presidente dei gatti della città per un anno ed ecco lo spumente, le frittelle e la Musica ! Tutti ballano, cantano ! La musica dell’orchestra dei gatti suona sotto le luci dei lampadari di vetro di Murano tutta la notte. Ballano Farinelli con la Gioconda, Veronese con una dogaressa, Casanova con una religiosa, il Doge Manin con una contessa austriaca, Monteverdi con Maria, San Marco con San Teodoro, Napoleone con la moglie, San Francesco e gli uccellini con Santa Chiara, Tiepolo balla con la proprietaria del famoso palazzo Labbia, Tintoretto con San Rocco e ogni tanto con La Madonnina dell’Orto, Leonardo da Vinci corteggia una seconda Gioconda ... i gabbiani e la Luna vedono lo spettacolo dalle finestre di stile gotico fiorito. All’alba, un corteo di gatti mascherati riparte sulla Fondamenta della Misericordia per salire sulle gondole fiorite in attesa davanti alla casa di Tintoretto vicina al Campo dei Mori. Il giorno dopo, alle 13.00, essi assistono ad un evento della Natura : la luce bianca brillante, dal ponte di Rialto. D’inverno, la nebbiolina invade tutta la città. I vaporetti, come pesci mostruosi, escono dalla nebbia al pontile per sparire subito dal canale appena salita la gente. Le facciate dei palazzi sembrano assenti dietro un velo grigio trasparente e non si vede più nessuno. La città è riempita dal solo velo grigio. Poi, alle 13.00 ... miracolo ! gli uccelli del cielo con le loro ali, sollevano la nebbia. Basta un minuto e sorgono la città prestigiosa e i nuovi colori intensi, che ti fanno male agli occhi. Ogni giorno, come per la prima volta, il Canal Grande, i palazzi nobili, i vaporetti, le barche, i taxi d’acqua, i pontili, la gente ... rinascono dal grigio e vivono di nuovo liberi dalla nebbia. I gatti vivono l’evento, senza una parola, il muso tra le colonnine del ponte di Rialto come se fosse un miracolo di Dio. Ti raccontano che piu’ avanti, il ponte Accademia di legno, il Palazzo Dario, Santa Maria della Salute, il Gritti e il Palazzo Ducale, brillano sulle stelle meravigliose dell’acqua. i loro gattini del passato, hanno vissuto con gli ospiti di una volta : re e regine straniere, scrittori e scrittrici, compositori e musicisti, pittori, creatori e artisti, viaggiatori venuti per le feste della Serenissima e tanti altri personnaggi ...    

Tu potrai pure vedere gli ospiti attuali : incontrerai le attrici egli attori sull’Isola del Lido per la Mostra del Cinema e i VIP del mondo intero vivendo qualche mese li’. Ti consiglio ancora di riposare al bar dell’ “albergo Les Bains”. In quel posto distinto e stupendo del tardivo 19° secolo t’aspettano il famoso scrittore Thomas Mann e Luigino Visconti. Lo scrittore ha alloggiato in quell’albergo per 7 anni. Nel suo libro “Morte a Venezia”, parla magnificamente della città e della spiaggia privita dell’albergo, dalla quale, anche quando vuota dai clienti privilegiati, si sentono voci arrivando da lontano. Il grande regista degli anni ’70 ha girato il film corrispondente all’opera scritta. Fa rivivere in quest’architettura sontuosa, la cui facciata è longa 300 metri. Queste famiglie ricche arrivevano a Venezia su navi a vapore. Invadevano l’albergo. In quel tempo, non esistevano i treni ed ecco un sogno eccezionale, raggiungere Venezia attraverso il mare e la laguna. Devi immaginare, Caro lettore,

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quelle emozioni da me provate guardando da laggiu’, dal piano superiore, al di là degli alberi rosseggianti del parco dell’albergo e leggermente nascosto da una luminosità gialla di Ottobre... il campanile di San Marco.

Ti consiglio pure Carissimo, di scroprire come me quel giorno, il profumo del gelsomino sul pontile dell’albergo “La Calcina”. Un pranzo ? una cena ? Davanti un palcoscenico vasto come il mare del canale della Giudecca con le facciate delle chiese di San Giorgio Maggiore, delle Zittelle, del Redentore, di S. Eufemia. Ecco il movimento e il rumore delle barche, dei ferries, dei vaporetti, dei gabbiani ... Se sei fortunato, vedrai pure una gondola che scivola sull’acqua con gli sposi appena usciti dalla chiesa di Sant’Agnese ... Sai che John Ruskin, il giovane diplomato inglese a Oxford è vissuto nell’albergo “La Calcina”. Egli ha esaminato e scritto centinaia di particolari relativi all’architettura dei capitelli del Palazzo Ducale e dipinto pure vedute veneziane. Se vorrai, camminando, le tue giornate saranno dedicate ai Palazzi, ai ponti e canali, ai campi e campielli, alle calli, alle chiese e chiesette nascoste. Parla con i veneziani e forse scoprirai i giardini segretti ...    Camminando e camminando sempre nel tuo sogno-realtà ...   Troverai in libreria delle fotografie di una Venezia di una volta, diversa, tutta bianca e nero e libri della famosa acqua alta del 1966 : meno male che i gatti hanno fatto il massimo per salvare la città che era quasi completamente sommersa dall’acqua !

E tu, in quella bellezza, mentalmente, sei anche un VIP a Venezia ogni giorno ... Allora, devi assolutamente partecipare al ballo ufficiale di Carnevale col costume settecentesco come nei dipinti dei pittori celebri, in mezzo a musicisti, saltimbianchi e lampadari veneziani di vetro di Murano cosi sottili, senza elettricità ma candeline, come in quel secolo. Tu sarai presentato con i tuoi titoli professionnali arrivando su dalle scale larghe nel portego del palazzo. Vai “in Piazza”, mi spiego, in Piazza San Marco, per ascoltare le orchestre e in un momento di follia, alzati per ballare con la tua amica ! sotto la protezione di San Marco e di San Teodoro, il primo santo dedicato a Venezia. Dai, un po’ d’abbronzatura seduto al tavolino di un caffè in “Piazza” non farà poi male ! Non potrai’ fare altro che innamorarti della città ... Riserva una poltrona al Malibran per un concerto, goditi un’opera al Gran Teatro La Fenice e una recita al Teatro Goldoni. Non basta, dai, un concerto alla Scuola Grande San Rocco in mezzo alle pareti dipinte da Tintoretto e “Le 4 stagioni” in chiesa della Pietà-Vivaldi in Riva degli Schiavoni. Un viaggio sulla laguna ? Non ti dovrei forse dire un segreto ... Isola di Sant’Erasmo : sarai’ completamente solo sulla stradina che dopo il piccolo cimitero attraversa i campi che producono le verdure per tutta Venezia. E a Mazzorbo ? Silenzio garantito dai tanti giardini verdi e dalle case provinciali. E perchè non riposare nel marmo al bar del “Danieli” o meglio cenare su in terrazza, nel paesaggio notturno illuminato di San Giorgo Maggiore ? Il tuo sogno scivola sull’acqua del bacino San Marco ogni sera !

Ma perchè piace tanto Venezia al visitatore ? Perchè nei secoli passati le facciate dei palazzi sul Canal Grande erano dipinte oppure coperte di oro e mosaici ? Perchè le famiglie nobili vivevano nelle loro dimore prestigiose ed era la città piu’ ricca al mondo ? Perchè erano numerose le feste della Regina del Mare accogliando gli stranieri a scoprire le sue bellezze ? Forse la memoria collettiva contiene ancora presenti queste immagini dello splendore passato e sparito oggi, invisibile, piu’ bello della realtà rimasta davanti ai nostri occhi  ...

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*Idea e scrittura di Fiorella GIOVANNI (di origine italiana), Parigi, Agosto 2009.

Scrittrice (pubblicati in francese : Le Voyage à Venise, Anecdotes Italiennes,

Discours avec Minette, autobiografia in corso)

Creatrice di Immagini Fotografiche (17 argomenti : romantismo a Parigi, Venezia e Italia, nature morte, la gente in città, riflessi su vari supporti, originalità intorno a noi, religiosità, documentario in città europee,  astrazioni ...).

Innamorata di Venezia, del Bel Paese d’Italia e dei gatti.

e.mail giovanni-fiorella@orange.fr

Telefono fisso : 00 33 (0)1 44 59 34 63 – cellulare 00 33 (0)6 28 93 91 90

*Collaborazione redazionale di Gabriella IVE, professoressa di lingua francese e inglese, Trieste.

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Fiorella GIOVANNI

LE VOYAGE A VENISE

Charles, un chat parisien exceptionnel, part pour Venise, la ville posée sur l’eau. Il parcourt les ruelles, parle du décor sublime et de la magie de la lumière. Il dialogue avec des vénitiens et des chats. Masqué, il participe au Carnaval  « in Piazza » (sur la place Saint Marc). Il devient Vivaldi au bal de Ca’ Tintorialdo, se rend à l’île de Sant’ Erasmo en compagnie de son ami Casanova. Il devient amoureux de ce lieu romantique unique au monde.

Voulez-vous flâner dans « le calli » (les ruelles), rêver sur le vaporetto  ? Pendant le Carnaval, des hôtes célèbres du passé vous croiseront devant le café Florian et vous rencontrerez la Traviata dans les salons du fameux Hôtel Danieli. Vous assisterez à un concert aux chandelles en hommage au Maestro Vivaldi en l’église de la Pietà.

Document culturel, guide intime, conte pour adulte, ces lignes vous entraînent sur la scène de Venise.

L’auteur découvre Venise lors de son carnaval

Elle éprouve une véritable passion pour cette ville particulière.

Elle y séjourne plusieurs fois par an pour la photographier

Et écrit un petit livre : Le Voyage à Venise. C’est sa ville d’adoption.

Ecrit en français. Version papier à commander chez l’auteur par email : giovanni.fiorella@wanadoo.fr

T RIASSUNTO

  1. LE VOYAGE A VENISE

Carlo, un gatto parigino eccezionale, parte da Parigi per Venezia, la città galleggiante sull’acqua. Percorrendo le calli, parla dello scenario sublime e della magia della luce. Dialoga con veneziani e gatti. Mascherato, partecipa all’apertura del carnevale « in piazza ». Si chiama Vivaldi al ballo dei gatti di Ca’Tintorialdo a Cannaregio e col suo amico Casanova, visita l’isola di Sant Erasmo. Si innamora di questo luogo cosi particolare, unico al mondo.

Passeggiare nelle calli ? sognare sul vaporetto ? Durante il carnevale le ombre degli ospiti celebri del passato sono presenti davanti al Caffè Florian. Un incontro con La Traviata all’albergo Danieli ? E perché non ascoltare un concerto nella chiesa della Pietà per onorare il Maestro Vivaldi ?

Ecco un documento culturale, una guida intima, un racconto per adulti. Queste righe vi conducono sul palcoscenico veneziano.

L’autrice scopre Venezia durante il Carnevale.

Nasce una vera passione per questa città unica al mondo.

Vi soggiornerà parecchie volte all’anno per fotografarla.

Venezia diventa la sua città d’adozione.

60 pagine.

Scritto in francese.

Da ordinare dall’autrice via email.

Spedire assegno per la Francia e vaglia internazionale dall’estero.

Fiorella GIOVANNI

LE VOYAGE A VENISE

Charles, an exceptional cat, goes away to Venice, the city laying on the water. He walks in the small venitian roads, explains the magic scenery and the intense brillant light. He asks informations to Venitians and local cats. Masked, he takes part in the Carnival « in Piazza » (on St Mark Square). He becomes Vivaldi at Ca’ Tintorialdo fancydress ball, goes to Sant’ Erasmo island with his friend Casanova. He falls in love with this romantic city.

Would you like to stroll in « le calli » (small venitian roads), to dream on the « vaporetto » ? During the Carnival, well-known persons of the past, will be at the Florian, and you’ll meet « la Traviata » at the Hotel Danieli famous bar. You’ll attent to a candle concert as an homage to Maestro Vivaldi in Pietà church.

As in a cultural document and a private guide, these lines carry you on to the Venice stage.

The author discovers Venice during the Carnival.

She feels a real passion for this city.

She stays there many times a year, photographing it

And writes a book « Le Voyage à Venise ».

It is her adopted city.

60 pages, Written in French.

Paper version to be ordered to the author by email.




25 novembre 2009

UTILISATION EQUITABLE POUR : CRISE SYSTEMIQUE : LA VERITE SUR LA BOURSE

CRISE SYSTEMIQUE : LA VERITE SUR LA BOURSE

par Gilles Bonafi

URL de cet article:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16260

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Crise systémique : la vérité sur la bourse


Le 24 novembre 2009

Le blog de Gilles Bonafi

 

Personne ne comprend pourquoi la bourse, alors que tous les indicateurs sont dans le rouge (dont le plus important est le chômage) continue de progresser, ce que les médias nomment « la reprise ». La Banque mondiale avait d'ailleurs estimé la baisse du PIB mondial à 3% pour 2009. Source : Baisse de 3% du PIB mondial en 2009 - - leJDD.fr Or Le Dow Jones est passé de 8577 points le 15 octobre à 10 000 points le 14 octobre 2009 soit plus de 16% en pleine crise. Nous avons donc -3% pour l'économie réelle et + 16% pour la bourse, bizarre, non ? Une petite explication (un peu technique) s'impose donc.

I. Les rats quittent le navire

Les Insiders, c'est à dire les responsables des entreprises US quittent le navire. Ils vendent à tour de bras leurs actions! Pour masquer cela, Goldman Sachs qui représente à elle seule plus du tiers des volumes des titre négociés du NYSE truque les marchés à l'aide du trading "quantique" ou algorithmique. Ces échanges s'effectuent à fréquence élevée sur de petit blocs négociés en permanence entre un nombre restreint de fonds quantiques et de programmes de trading.

Laurent Useldinger, président d'Ullink, une société fournissant des solutions de trading et de connectivité FIX (Financial Informations Xchange) explique le trading quantique ainsi: «On estime qu'un trader équipé d'outils algorithmiques traite dix fois plus d'ordres que manuellement»

Tout ceci est du vent, bien sûr, déconnecté de toute réalité économique !

II. La vérité sur la bourse

Le NYSE, New York Stock Exchange que l'on nomme "Wall Street" ou Bourse de New York »), est la plus grande bourse mondiale. En juillet 2009, Goldman Sachs représentait un tiers des volumes d'échanges (program trading) et les 3 acteurs principaux (Goldman Sachs, Credit Suisse et Morgan Stanley) représentaient quant à eux 63,6 %. La preuve (le graphique « la vérité sur la bourse ») sur mon blog. Bien sûr, tout ceci est du trading "quantique"une aberration de marché. Philippe Béchade dans la chronique Agora donne une excellente analyse (source : Programmes de trading et manipulation de cours).

La vérité sur la bourse

« Pour ceux qui nourrissaient encore quelques doutes, le comportement robotique du marché prouve de façon éclatante qu'il n'existe plus aucun contre-pouvoir réel face aux machines. Les programmes de trading automatisés règlent avec une précision de géomètre l'angle de progression du canal ascendant. Une fois verrouillé le rythme de la hausse du sous-jacent (actions, indices, matières premières), un champ d'opportunités infinies s'ouvre aux opérateurs. Ils peuvent arbitrer en temps réel sur l'ensemble des catégories de dérivés : options, warrants, CFD, contrats sur indices.

L'effondrement de la volatilité consécutif à la disparition de toute correction technique -- là encore, un phénomène qui démontre que toute trace de psychologie humaine est impitoyablement gommée par les ordinateurs -- tendrait à démontrer que les opérateurs affichent une confiance absolue dans un contexte où cours de Bourse et conjoncture sont totalement déconnectés." De plus, le 30 juin 2008 , l'OCC (Comptroller of the Currency, l'autorité gouvernementale de tutelle des banques) déclarait que les USA possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés (des métastases), or, il y a quelques mois, le dernier rapport fait état de 200 000 milliards de dollars (contrôlés par 5 banques). A l'heure où l'on parle de réguler la finance, 20 000 milliards de dollars ont donc été créés en 1 an, soit 1,5 fois le PIB des USA (tableau page 12).

La crise systémique actuelle, qui est le chant du cygne de notre système économique, nous démontre que les théories économiques sont obsolètes.

Paul Krugman qui a un métro de retard se demande encore comment les économistes ont fait pour se tromper à ce point?

C'est pourtant simple, les théories économiques n'ont pas évoluées au rythme de la finance. Celle-ci, à l'aide des mathématiques et de pressions politiques a su créer un gigantesque casino planétaire avec des montants dépassant 10 fois le PIB mondial. Pire que tout, la plupart de ces dizaines de milliers de milliards de dollars sont directement liés à des dettes.

Toutes les théories économiques volent donc en éclat : celles sur la valeur, la relation capital/travail, etc, etc.

"Il était inévitable que des choses très graves se produisent" déclarait Benoît Mandelbrot, mathématicien et inventeur des fractales car ce système est mathématiquement condamné. Il est en train de mourir en ce moment même et le temps d'un nouveau paradigme est venu, une nouvelle vision du monde en effet qui doit exclure les « seigneurs féodaux » qui tentent de verrouiller définitivement le système à leur profit.

Gilles Bonafi est professeur et analyste économique.




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NEWSLETTER DE LA QUADRATURE DU NET DE NOVEMBRE 2009

NEWSLETTER DE LA QUADRATURE DU NET (Novembre 2009)

logo

EDITO:

Cette nouvelle newsletter intervient dans un contexte marqué par une levée de boucliers contre un traité commercial actuellement en cours de négociation, l'ACTA (voir notre web-dossier). Ce dernier pourrait imposer aux fournisseurs d'accès la mise en place de système de riposte graduée et de filtrage de contenu sur le Net. Il porterait ainsi une atteinte sans précédent à la Neutralité du Net.

Neutralité du Net


La neutralité du Net fait d'Internet un réseau multi-directionnel et décentralisé, dont la gestion exclut toute discrimination à l'égard de la source, de la destination ou du contenu de l'information transmise.

C'est cette liberté de transmission d'un bout à l'autre de l'architecture communicationnelle qui met tous les utilisateurs d'Internet sur un pied d'égalité, leur permettant de recevoir et de distribuer l'information de leur choix, et ce quelque soit leurs ressources financières ou leur statut social.

C'est ainsi qu'Internet contribue, notamment via le biais de nouveaux outils collaboratifs tels que les blogs ou wiki, à enrichir notre écosystème médiatique. La neutralité du Net fait également d'Internet un espace d'innovation « sans permis », dans lequel n'importe quelle petite entreprise peut librement distribuer de nouveaux services sur Internet, même lorsque ces derniers entrent en compétition avec des acteurs économiques établis.

Or, aujourd'hui, de nombreux opérateurs de télécommunications souhaitent remettre en cause la neutralité du Net dans le but de développer des modèles économiques fondés sur une gestion discriminatoire du trafic Internet. Les fournisseurs de contenu et de services qui seraient en mesure de payer continueraient de bénéficier des pleines capacités du réseau, tandis que le reste d'Internet se verrait ralenti. De même, des gouvernements de par le monde cherchent à mettre en place des techniques de filtrage du réseau en vue de rétablir le contrôle dont ils jouissent sur les médias traditionnels.

Aussi, pour que chacun préserve la liberté de s'exprimer, de communiquer et d'innover sur Internet, il est indispensable de protéger la neutralité du Net.

Au niveau européen, la bataille législative autour du Paquet Télécom à peine achevée, le renouvellement prochain de la Commission européenne va s'accompagner d'un nombre important d'initiatives concernant Internet (copyright et lutte contre le partage de fichiers, neutralité du Net, gestion du spectre radio). Les mois prochains risquent donc d'êtres riches en événements et vont requérir toute notre attention afin de continuer à défendre les libertés sur Internet.


DERNIÈRES ANALYSES ET DOCUMENTS PUBLIÉS PAR LA QUADRATURE

- La Commission européenne fait état d'une vision dogmatique du copyright (en anglais)

- Net Freedoms in Europe: Recapitulating the capitulation (en anglais)

- Amendment 138 - Legalese for Progress, not political weakness (en anglais)

- Tableau comparatif: l'évolution de l'amendement 138 (en anglais)

- Qui a gagné la bataille Hadopi ?

- Réponse de la Quadrature à la consultation i2010 (en anglais)

ACTUALITÉS

ACTA

- ACTA: restrictions mondiales du Net sans débat public (LQDN)

- Copyright Treaty Is Policy Laundering at Its Finest (en anglais) (Wired)

- L’ACTA, ne pas divulguer (Écrans.fr)

- ACTA : une pétition demande à Obama de révéler le contenu du traité (Numérama)

- Secret copyright treaty leaks. It's bad. Very bad (en anglais) (BoingBoing)

Neutralité du Net:

- Nouvelle entorse à la neutralité du Net en Europe: Il est temps de légiférer (LQDN)

Internet : la fin de la neutralité ? (LesInrocks.com)

- Finding the Bottom Line: The Truth about Network Neutrality and Investment (en anglais) (Free Press)

- Net Neutrality: Spur to Entrepreneurship... (en anglais) (Tribune des dirigeants de Mozilla parue dans le Wall Street Journal)

- Canada Weighs in with Net Neutrality Ruling (en anglais) (PCW)

HADOPI:

- PARUTION DU LIVRE "LA BATAILLE HADOPI", aux éditions In Libro Veritas.

- Vers une Hadopi 4 ? (Écrans.fr)

- Quand les anti-Hadopi se paient le Fouquet’s (Télérama)

- Hadopi : une bataille de perdue, pas la guerre (Les Inrocks)

Paquet Télécom:

- L'Europe à mi-chemin de la protection des droits sur Internet (LQDN)

- Compromis européen sur les coupures d'accès Internet (LeMonde.fr)

- Le Parlement européen arrache un accord sur les coupures d'Internet (LePoint.fr)

- EU weakens net neutrality to pass telecoms reform package (en anglais) (Computer Weekly)

Filtrage:

- Filtrage, blocage et signalétique -18 ans : Morano veut civiliser le net (PCINpact)

- Les buralistes veulent poser un filtre sur le Net (GénérationNT)

PARTICIPER:

Vous pouvez aider jour après jour La Quadrature en reproduisant son contenu sur vos blogs, micro-blogs, listes de discussion, …; bref, en “buzzant”. Vous pouvez également participer à notre liste de discussion ou venir discuter sur notre canal IRC (#laquadrature sur irc.freenode.net). Enfin, vous pouvez nous soutenir financièrement, et trouver d'autres façons concrètes d'aider la Quadrature sur notre wiki.

AGENDA

- Personal Democracy Forum, Barcelone, 20 et 21 novembre 2009

- Online content and creative rights, Bruxelles, 1er décembre 2009

Pour vous inscrire à la newsletter, envoyez un email à actu-subscribe@laquadrature.net


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23 novembre 2009

2009 ANNEE MONDIALE DE L'ASTRONOMIE

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