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21 septembre 2017

ZAPAD 2017 les manoeuvres militaires conjointes de la Russie et de la Biélorussie en présence de Vladimir POUTINE

Exercices stratégiques conjoint ZAPAD 2017 des forces militaires russes et biélorusse dans la région de Leningrad

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Dans le cadre des exercices stratégiques conjoints Zapad 2017 des forces russes et biélorusses, Vladimir Poutine s’est rendu ce lundi dans la région de Leningrad afin d’inspecter l’organisation et assister aux manœuvres.

 

SOURCE : SPUNIK MAGAZINE

https://fr.sputniknews.com/defense/201709181033105216-zapad-2017-poutine-inspection/

Le chef de l'État russe est arrivé ce lundi dans la région de Leningrad pour assister aux manœuvres russo-biélorusses Zapad 2017, qui ont semé la panique dans certains médias d'Europe de l'est.

Vladimir Poutine inspecte les manœuvres Zapad 2017
© SPUTNIK. MIKHAÏL KLIMENTIEV
Vladimir Poutine inspecte les manœuvres Zapad 2017

Bien que des pays membres de l'Otan aient auparavant exprimé leur profonde préoccupation face à ces manœuvres militaires au caractère purement défensif selon Moscou, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré que la présence de Vladimir Poutine aux exercices Zapad 2017 n'était pas liée aux craintes exprimées par certains pays occidentaux.

«C'est pratique courante. Ce sont les plus grands exercices. Poutine assiste toujours à l'une de ses étapes en tant que commandant suprême», a déclaré Dmitri Peskov aux journalistes, vendredi dernier.

Vladimir Poutine inspecte les manœuvres Zapad 2017
© SPUTNIK. MIKHAÏL KLIMENTIEV
Vladimir Poutine inspecte les manœuvres Zapad 2017

L'exercice stratégique conjoint Zapad 2017 des forces russes et biélorusses se déroulent du 14 au 20 septembre dans les deux pays.

Les manœuvres rassembleraient quelque 12.700 militaires, dont 5.500 russes, 70 avions et hélicoptères, jusqu'à 680 véhicules de combat, y compris 250 chars, environ 200 pièces d'artillerie, de mortiers et de lance-roquettes multiples, ainsi qu'une dizaine de navires, selon le ministère russe de la Défense.

 

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L'ARMEMENT MILITAIRE

 

RUSSE EN PHOTOS

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LE MISSILE BALISTIQUE INTERCONTINENTAL

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UN TREMBLEMENT DE TERRE A MEXICO DE MAGNITUDE 7, 1 FAIT PRES DE 250 MORTS ET 2000 BLESSES DANS LA CAPITALE DU MEXIQUE 19.09.2017

 

UN FORT SÉISME DE MAGNITUDE 7.1 A FRAPPE MEXICO LA CAPITALE DU MEXIQUE CE MARDI 19 SEPTEMBRE 2017 FAISANT PLUS DE 250 MORTS ET 2000 BLESSES 

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Séisme au Mexique: 230 victimes, le risque de réplique élevé

Séisme au Mexique: 250 victimes, le risque de réplique élevé

SOURCE : © AP Photo/ Rebecca Blackwell
INTERNATIONAL
09:43 21.09.2017(mis à jour 10:00 21.09.2017)

Le puissant tremblement de terre qui a frappé le Mexique le 19 septembre a fait au moins 230 morts, selon le directeur de la protection civile Luis Felipe Puente. Cependant, des sismologues russes interrogés par Sputnik mettent en garde contre le risque de nouvelle catastrophe naturelle.

Le dernier bilan du tremblement de terre de magnitude 7,1 qui a frappé le 19 septembre le centre de Mexique, dont la capitale Mexico, s'élève à au moins 230 victimes, a indiqué le directeur de la protection civile Luis Felipe Puente sur son compte Twitter.

«Le bilan des morts à Mexico s'est alourdi, atteignant 100. Au total, on déplore 230 victimes», a écrit M.Puente sur le réseau social.

Cependant, la région touchée par le cataclysme pourrait bien devenir le théâtre de nouvelles secousses, préviennent des sismologues de l'Extrême-Orient Russe interrogés par SPUTNIK.

«Des répliques auront lieu. Peut-être de même intensité, peut-être moins fortes. En général, des chocs puissants peuvent se poursuivre pendant un mois après un tremblement de terre principal. Des chocs plus faibles — pendant un an ou plus», a expliqué à Sputnik Elena Semenya, spécialiste de la station séismologique de Ioujno-Sakhalinsk.

Dans le même temps, les Mexicainsfont preuve de solidarité face à la tragédie et n'hésitent pas à aider leur prochain. Ainsi, plusieurs restaurants à Mexico ont commencé à proposer des repas gratuits aux sauveteurs et aux bénévoles participant aux opérations de secours, relate le journal quotidien mexicain El Universal. En outre, des boissons chaudes et de la nourriture sont distribués dans des points spéciaux installés dans la rue. Les gens collectent également des objets de première nécessité. 

Un puissant séisme de magnitude 7,1 a frappé le centre du Mexique mardi et causé l'effondrement de plusieurs immeubles dans la capitale, Mexico, 32 ans jour pour jour après celui de 1985 qui avait fait plus de 10.000 morts.

À Mexico, l'une des villes les plus peuplées au monde, des incendies se sont déclarés dans plusieurs bâtiments après la secousse, autour de midi heure locale, ce qui a poussé de nombreux habitants paniqués à descendre dans la rue.

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19 septembre 2017

ALLONS NOUS ALLER PLUTÔT VERS UNE PÉRIODE GLACIÈRE QUE VERS UN RÉCHAUFFEMENT POUR NOTRE PLANÈTE LA TERRE ?

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Publié par Bernard Martoia le 18 septembre 2017
la Grande et la petite Séolane couvertes de neige le 17 septembre 2017

En pleine canicule de l’été 2015, le professeur d’astrophysique de l’université de Northumbria, Valentina Zharkova, annonça qu’une période glaciaire se profilait à l’horizon 2030.

Retour sur cette annonce sensationnelle qui défia la gauche mondialiste et que je m’empressai de commenter. (1)

(1) https://www.contrepoints.org/2015/07/17/214380-une-nouvelle-ere-glaciaire-se-profile-a-lhorizon-2030

L’annonce de cette Russe était gênante, car elle travaillait dans une université britannique. C’était un camouflet infligé au tandem, tirant à hue et à dia, formé par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, qui se disputaient la tiare de la grande messe du réchauffement climatique qui fut donnée au salon du Bourget en décembre 2015. Dans le langage technocratique qui sied aux fidèles de l’ONU, il s’agissait de la COP 21.

En dehors du licenciement du journaliste Philippe Verdier par la chaîne de télévision publique France 2, acté le 31 octobre 2015, (2) la grand-messe verte se déroula sans la moindre anicroche au Bourget.

(2) http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/11/01/le-m-meteo-de-france-2-annonce-son-licenciement_4800951_3236.html

Pourquoi n’y eut-t-il pas d’émeutes comme c’est souvent le cas lors des sommets économiques ? Les habitants de Gênes en 2001 ou d’Hanovre en 2017 en savent quelque chose. Parce que l’extrême-gauche qui a le monopole de la violence considère que la redistribution des richesses entre pays riches et propres et pays pauvres et sales est une bonne chose pour l’humanité même si cela ne règle en rien la question de l’origine du réchauffement climatique.

Pour faire court, l’iconoclaste russe prétendit que le réchauffement climatique était lié à la synchronisation de deux champs magnétiques du soleil. Le premier au centre était bien connu de la communauté scientifique, mais le second périphérique du soleil fut découvert par elle. Il en résulte que le soleil fonctionne comme un géant moteur électromagnétique. Lorsque les deux champs sont synchrones, l’activité du soleil est maximale. Quand ils se désynchronisent, l’activité du soleil baisse d’autant.

Cette importante découverte peut être vérifiée par n’importe quel quidam

Le 15 janvier 2012, ma curiosité maladive me poussa à me rendre sur la colline de l’Hautil qui surplombe une boucle de la Seine à la hauteur de la commune de Triel. Sur celle-ci fut érigé un observatoire astronomique en 1973. Il est ouvert au grand public. (3)

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Observatoire_de_Triel-sur-Seine

Une jeune guide invita les rares visiteurs en cette journée froide d’hiver à observer l’activité du soleil avec un télescope réfléchissant son image aveuglante sur un mur en béton. Nous comptâmes seulement six taches noires sur le cercle solaire réfléchi. J’interrogeai benoîtement la jeune guide pour savoir s’il y avait une corrélation entre le nombre restreint de taches noires et l’activité solaire. Ne se méfiant pas de ma question posée, elle répondit oui sur-le-champ. Poussant mon avantage, je lui demandai s’il y avait aussi une corrélation entre l’activité solaire et le réchauffement climatique. Flairant le piège que je lui tendais, elle se rétracta et demeura évasive. Elle fut sauvée par l’assistance qui s’empressa de passer à un autre sujet, car les Français moutonniers ne se permettent pas de contester l’autorité de la chose jugée qui est devenue un dogme pour la secte de Gaia.

 

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L’autorité intangible de la chose jugée du camp progressiste

Phillipe Verdier l’apprit à ses dépens en publiant son pamphlet Climat Investigation. Son éditeur téméraire aurait mérité le goulag, mais la France est un Soviet soft où les dissidents perdent seulement leur emploi et ne finissent pas leur vie misérable dans des camps de rééducation.

Pour autant, une élite autoproclamée se jette bestialement sur tout individu qui dévie de la pensée unique. Rappelez-vous l’anathème lancé, en 2008, contre Michel Gugenheim qui écrivit Aristote au Mont-Saint-Michel : les racines grecques de l’Europe chrétienne. Rendez-vous compte que cet ouvrage iconoclaste remettait en cause l’apport islamique à notre civilisation judéo-chrétienne ! Cela fonctionne plutôt bien, car personne n’a envie d’être exclu de la société à quelques exceptions près.

J’en sais quelque chose pour ma part au Quai d’Orsay où je n’ai jamais obtenu le moindre avancement ou la moindre promotion dans ma carrière. J’ai été recalé à tous les oraux de concours auxquels je me suis hissé en passant le cap anonyme des épreuves écrites. L’ignominie fut une note éliminatoire à l’oral en anglais (9/20) alors que j’avais obtenu un 14/20 à l’écrit ; la même chose se produisit à l’ENA. Parmi le personnel diplomatique français, il y eut un certain Romain Gary alias Émile Ajar qui écrivit deux livres en anglais : Lady L en 1963 et The Ski Bum en 1965. J’en ai écrit trois à ce jour. Aucune autre personne du Quai d’Orsay n’en a écrit un en anglais à ma connaissance.

A un supérieur hiérarchique qui appuyait ma promotion, il lui fut répondu que les syndicats qui sont dans les commissions paritaires ne voulaient pas entendre prononcer mon nom. Pour les camarades syndiqués, il s’agissait d’une provocation avec la candidature d’un ultra-libéral militant avec Claude Reichman pour l’abolition du monopole de la sécurité sociale.

Le président Woodrow Wilson dit un jour ‘The man who is swimming against the stream knows the strenght of it. (L’homme qui nage à contre-courant connaît la force de celui-ci.) Nul ne fut mieux placé pour le savoir quand les syndicalistes et les lécheurs de botte avaient un avancement quasi automatique.

Mon blog droite conservatrice fut fermé après l’élection présidentielle de 2012 parce que j’étais devenu un électron gênant pour la pensée unique. En conséquence de quoi, la langue anglaise devint mon refuge. Elle reste plus que jamais mon espace de survie, ma bouteille d’oxygène dans une France redevenant totalitaire.

Pour les progressistes, le totalitarisme n’existe pas, car la contestation de leurs idées est illégitime. Elle vaut à ces irréductibles des qualificatifs bien connus de réactionnaire, de facho, de nazillon, de raciste rance ou de déséquilibré mental quand il s’agit d’un musulman armé d’un couteau et criant son amour pour Allah aux passants.

Il ne faut jamais accepter ces qualificatifs erronés sinon vous vous rendez complice de leur dialectique implacable. Nazi ne veut absolument rien dire, car il faut parler de national-socialiste pour montrer à l’adversaire que la reductio ad Hitlerum signifie la condamnation du socialisme. Son parti s’appelait le parti national-socialiste des travailleurs allemands. (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei). De même, il faut dire que le fascisme était un autre mouvement totalitaire de gauche. Benito Mussolini proclama « Tout dans l’État, rien contre l’État, rien en dehors de l’État. Quant au parti communiste de l’Union soviétique, il était le seul parti autorisé entre la fin de la guerre civile en 1925 et 1990. Le vingtième siècle a été celui des diverses formes de totalitarismes qui sont tous issus du socialisme.

Nous sommes en 2017. Malgré le froid intense qui régna en début d’année, je sortis de ma tanière, quelque part sur la montagne de Lure, quand un deuxième iconoclaste publia un autre blasphème en prétendant que le réchauffement climatique n’était point lié au taux de carbone dans l’atmosphère. Il s’agissait du professeur de géologie à l’université de Bruxelles Alain Pérat.

Contrairement aux progressistes pour qui l’histoire du monde n’a véritablement commencé qu’avec la Révolution française de 1789, ce professeur s’est basé sur des échantillons de roches datant presque de la naissance de notre planète il y a 4, 567 milliards d’années. La prudence de ce chercheur contrastait avec l’autorité de la chose jugée de la classe progressiste. Pour ceux qui veulent en savoir davantage, reportez-vous à ses éminents travaux ou à mon simpliste article si vous ne voulez pas vous faire de nœuds dans les neurones. (4)

(4) https://www.dreuz.info/2017/01/18/le-rechauffement-climatique-lie-a-lactivite-humaine-a-lepreuve-des-observations/

Nous sommes à la mi-septembre que déjà la neige couvre les cimes qui entourent la vallée de l’Ubaye où j’ai choisi de passer humblement ma petite retraite. La première chute de neige est tombée, le 10 septembre, à partir de 2500 mètres d’altitude, et la seconde, le 15 septembre, un peu plus bas à 2000 m. Nous sommes passés sans transition de l’été à l’hiver. Comme il gèle la nuit, les livreurs de mazout, de gaz ou de bois sont débordés par les commandes qui affluent. J’attends depuis deux semaines le passage d’un plombier pour remplacer le robinet cassé d’un radiateur.

A un ami progressiste à qui j’annonçai ces chutes de neige précoces et qui me tient pour un réactionnaire irrécupérable, il me tança en me disant ‘La prochaine fois que tu m’appelles, tu vas peut être m’annoncer que la terre est plate.’

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Au secours, monsieur Hulot, il gèle en septembre !

Les fruits et les légumes pourrissent dans la vallée et aucun champignon n’est sorti dans les bois et les prés. Mais je tiens à vous rassurer, monsieur le ministre de l’Environnement, et madame l’ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique [Ségolène Royal], que les glaciers de la haute Ubaye ont survécu à la canicule, comme l’atteste cette photo du glacier occidental de Marinet, prise le 5 septembre.

Qu’adviendra-t-il en en 2030 quand l’activité solaire aura décru de 60% selon la prédiction de Zharkova ?

L’iconoclaste donnait une marge d’erreur de 3% à son modèle de prévision. Cela nous laisse une petite marge « en attendant que et en même temps que.» Ne voyez aucune impertinence de ma part envers Jupiter qui considère que sa pensée est trop complexe pour être exprimée aux journalistes. N’a-t-il point laissé entendre que le terrorisme serait lié au réchauffement climatique ? Si sa lumineuse pensée s’avère exacte, alors le refroidissement climatique qui est en marche serait une excellente nouvelle pour la sécurité des Français. Puisse que sa subliminale causalité se réaliser le plutôt possible avec le départ volontaire des Africains de l’autre côté de la Méditerranée quand les glaciers alpins avanceront inexorablement !

 

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Comme je suis un Néandertalien irrécupérable, or an unreconstructed conservative according to my fellow liberal Americans, je vous invite, en cette journée du patrimoine, de visiter le musée de la préhistoire à Quinson dans les gorges du Verdon. Le col d’Allos à 2240 m d’altitude est la ligne de partage des eaux entre les bassins de l’Ubaye et du Verdon.

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Nos ancêtres, qui n’étaient pas des Africains, mais des Néandertaliens, vivaient dans quelques grottes disséminées à la sortie du grand canyon du Verdon. Ils se nourrissaient d’ours, de cervidés ou de tigres à dents de sabre (smilodon fatalis). Leur habitat était coincé dans une bande de terre étroite entre la Méditerranée au sud, et les glaciers au nord. La rive nord du Verdon était à cette époque une barrière de glace infranchissable pour ces chasseurs intrépides.

Les touristes chinois et japonais sont devenus toqués des champs de lavande et de blé du plateau de Valensole qui rappellent les couleurs criardes des toiles de Lucien Van Gogh. Quand ils arpentent ces champs bleu et jaune s’étalant à perte de vue avec leur smartphone, ils ne se doutent pas qu’ils foulent un plateau aplani par l’énorme épaisseur de glace qui le couvrait au Quaternaire.

N’en déplaise aux progressistes, notre histoire glorieuse a commencé bien avant la prise de la prison de la Bastille en 1789.

Bernard MARTOIA

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SOURCE : Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bernard Martoia pour Dreuz.info.

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PUBLIÉ PAR BERNARD MARTOIA LE 18 JANVIER 2017

 

Malgré le bilan médiocre de ses huit années passées à la Maison Blanche, Barack Hussein Obama voudrait bien transmettre à ses amis européens le flambeau de la lutte contre le réchauffement climatique lié à l’activité humaine avant de céder la place à Donald Trump qui l’a dénigré pendant sa campagne électorale.

Ledit réchauffement climatique est devenu une vérité intangible pour le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dépendant des Nations Unies. Ce groupe défend sa légitimité en arguant « des publications scientifiques dont la valeur scientifique est largement reconnue. »

Quid ad rem des scientifiques ne partageant pas cette opinion ?

Dans le contexte actuel, il faudrait être fou ou suicidaire pour oser proclamer comme Galileo devant ses juges que la terre est ronde

N’en déplaise aux tenants de la lutte contre le réchauffement climatique lié à l’activité humaine, nous sommes retombés dans les temps reculés des inquisitions. Rares sont ceux qui mettent en doute ce dogme car cela signifie leur exclusion (perte d’emploi comme l’a appris, à ses dépens, le journaliste Philippe Verdier de la chaîne France 2 avant l’ouverture de la grande messe verte du Bourget) mais aussi leur possible déferrement devant un procureur de la république ! Rien que pour ça !

C’est le cas d’Alain Préat, professeur de géologie à l’université libre de Bruxelles.

Il a étudié l’histoire du climat et du CO2 depuis la naissance de notre planète il y a 4, 567 milliards d’années jusqu’à nos jours. (1)

Depuis que la terre existe, et ce bien avant la naissance de l’homo sapiens qui date de seulement six millions d’années, ce professeur émérite a constaté qu’il n’y a pas de constante climatique. On s’en serait douté mais l’intérêt de son étude approfondie tient en une seule phrase :

« le taux de CO2 atmosphérique n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui et il n’y aucune corrélation simple ou linéaire entre le taux de CO2 et la température. »

Au Paléozoïque, période comprise entre 541 et 242 millions d’années, le taux de CO2 de l’atmosphère était compris entre 3000 et 7000 ppm (ppm=partie par million). Au Permien, période comprise entre 298 et 252 millions d’années, le taux de CO2 diminua jusqu’à 210 ppm.

Malgré la remontée du taux de CO2 de 310 à 400 ppm depuis 1960, la période actuelle est anormale d’un point de vue géologique puisque les teneurs en CO2 n’ont jamais été aussi basses en dehors du Permien. Pour mémoire, il y a dix autres périodes charnières dans l’histoire de la terre allant du précambrien (4.600 millions d’années) jusqu’au paléogène se terminant il y a 23 millions d’années.

Le professeur Préat ajoute, « les données géologiques incitent à la prudence pour interpréter la situation actuelle. » Le scepticisme et la prudence de Préat contrastent avec l’autorité de la chose jugée et l’autosatisfaction et du GIEC concernant ses travaux qui ne portent que sur une infime période de la terre (les dernières 2.5 millions d’années). Préat aggrave son cas lorsqu’il réfute la causalité du GIEC – l’augmentation de CO2 dans l’atmosphère entraînerait une hausse de la température – en se basant sur des forages menés à la base russe de Vostok en Antarctique. Le carottage d’une glace vieille de 240 000 ans a établi que c’est la hausse de la température qui induit celle de CO2 dans l’atmosphère, et non l’inverse comme le proclament les experts du GIEC. De plus, il a mis en exergue un décalage de 800 années entre ces deux phénomènes.

N’en déplaise aux organisateurs de la COP 21 au Bourget, en décembre 2015, qui nous promettaient l’apocalypse si nous ne réduisions pas drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre dans les meilleurs délais, ces 800 ans de répit nous laissent amplement de temps pour cogiter et pour comprendre que notre activité humaine n’est pas la cause des changements climatiques.

Pour éviter toute mauvaise surprise qui contrarierait leur théorie fumeuse, les politiques ont pris la précaution d’employer le terme de «changement climatique» au lieu de «réchauffement climatique.» C’est une sage précaution car ils sont sûrs de ne pas se tromper sur ce point car pour le reste, ils ont tout faux.

Pardonnez-moi de voir le mal partout, mais je persiste à croire que cette vaste opération d’enfumage de l’opinion publique n’a qu’un seul objectif : restreindre les libertés individuelles au profit d’une nouvelle idéologie totalitaire sur les décombres du communisme. Il me semble que l’humanité est vouée à succomber à toute forme d’idéologie totalitaire parce qu’une minorité agissante et nullement humiliée par son échec cuisant du 9 novembre 1989, avec la chute du mur de Berlin, ne supporte pas la liberté des individus.

Le scepticisme du professeur Alain Préat met de l’eau au moulin de la secte des climato-sceptiques

Le mot de secte a une connotation péjorative mais cela est conforme à l’air du temps tant l’immense majorité des citoyens ont avalé la théorie du réchauffement climatique lié à l’activité humaine que leur ont assené écologistes, experts onusiens, journalistes et politiques.

Le professeur de mathématiques et d’astrophysique Valentina Zharkova de l’université de Northumbria au Royaume-Uni a fait une très grande découverte en 2015 qui lui aurait valu le prix Nobel de physique en temps normal (2) car elle va à l’encontre du dogme du réchauffement climatique lié à l’activité humaine.

L’existence d’un champ magnétique au cœur du soleil était connu mais pas celle d’un autre champ à sa surface. La synchronisation et la désynchronisation de ces deux champs magnétiques expliquerait les cycles solaires et leurs durées. Le professeur Zharkova admet une marge d’erreur de 3% dans sa prévision d’un nouvel âge glaciaire à partir de 2030 qui serait la conséquence de la désynchronisation de cette géante dynamo.

 

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Ce nouveau mini âge glaciaire serait comparable à celui que l’Europe a connu entre 1645 et 1715 lorsque la Tamise à Londres et la Seine à Paris étaient gelées en hiver.

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Deux universitaires de Postdam, Georg Feulner et Stefan Rahmstof, avaient anticipé en 2010 la survenance d’un nouvel âge glaciaire mais leur modèle prédisait que la température continuerait néanmoins de grimper de 4°C jusqu’en 2100 parce que la diminution de l’activité solaire ne pourrait pas compenser le réchauffement lié aux gaz à effet de serre. (3) Cette hypothèse est au cœur du débat qui n’intéresse personne.

Rationalisme contre Empirisme

Le rationalisme est une méthodologie ou une théorie dans laquelle le critère de vérité n’est pas sensoriel mais intellectuel et déductif. Le père fondateur de ce rationalisme classique est René Descartes (1596-1650) avec son discours de la méthode. Son influence reste immense en France quatre siècles plus tard car il continue de formater l’esprit des Français aux constructions intellectuelles auxquelles ils demeurent très attachés malgré quelques cuisantes défaites militaires. Rappelez-vous la ligne infranchissable d’André Maginot qui fut aisément contournée dans les Ardennes, le 10 mai 1940, par les divisions blindées du général Heinz Guderian.

L’empirisme est une autre théorie qui affirme que la connaissance provient uniquement de l’expérience sensorielle. Sa méthode scientifique repose sur des hypothèses et des théories qui doivent être testées sur des observations de la nature plutôt que sur l’intuition, le raisonnement ou la révélation. John Locke (1632-1704) est le père fondateur de l’empirisme britannique qui sera conforté par George Berkeley (1685-1753) avec son traité sur les principes de la vie humaine et David Hume (1711-1776) qui rejette le rationalisme parce que cela suppose que la nature reste uniforme dans le temps. Ces auteurs sont malheureusement absents dans les programmes des grandes écoles françaises comme l’ENA.

Jusqu’à présent, les tenants du rationalisme ont le vent en poupe puisque leur théorie s’accorde avec l’élévation de température constatée depuis 1960. On décèle néanmoins un plateau des températures depuis le début du vingt-unième siècle qui devrait les inciter à la prudence.

L’hiver 2017 qui n’en est qu’à sa première moitié a déjà révélé quelques anomalies inquiétantes dans le modèle du GIEC. Le site de Météo France, pourtant peu suspect d’être iconoclaste, a relevé quelques températures anormales à l’échelle de l’Europe et de l’Asie. Dans son actualité du 10 janvier, il mentionne une vague de froid particulièrement intense (4). Ainsi il faisait dans la nuit du 7 janvier à Moscou -29.9°C pour le Noël orthodoxe. Il faut remonter à 1987 pour trouver pareille température dans la capitale russe. Il a fait dans la même nuit -35,2°C à Oravska Lesna en Slovaquie et -5.7°C à Naples, un record absolu pour cette station. Trois nuits auparavant, il faisait -42,4°C à Kautokeino en Suède et -56.6°C à Delyankir en Yakoutie, Sibérie orientale.

Le futur dira qui a raison entre ces deux écoles de méthodologie que tout oppose. Descartes ou Hume ? Construction intellectuelle ou observation de la nature ?

Bernard MARTOIA

SOURCE : Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bernard Martoia pour Dreuz.info.

Sources
(1) http://revue-arguments.com/articles/index.php?id=6

(2) https://www.contrepoints.org/2015/07/17/214380-une-nouvelle-ere-glaciaire-se-profile-a-lhorizon-2030

(3)http://www.pikpotsdam.de/%7Estefan/Publications/Journals/feulner_rahmstorf_2010.pdf

(4) http://www.meteofrance.fr/actualites/44811672-europe-vague-de-froid-intense

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VAGUE DE FROID SUR L’EUROPE

Dès le début du mois de janvier 2017, un vaste réservoir d’air froid s’est constitué dans les hautes latitudes du continent eurasien : des températures anormalement basses ont été observées du nord de l’Europe au nord-est de la Sibérie. On a relevé en Scandinavie jusqu’à -42,4°C le 4 janvier à Kautokeino (Suède), -56,6°C le même jour à Delyankir en Sibérie et jusqu’à -48,4°C le 6 janvier à Moseyevo dans le nord-ouest de la Russie (station située à une centaine de km au nord-est d’Arkhangkesk).
Sur les 7 premiers jours du mois, l’anomalie thermique varie entre -5°C et -15°C sur toute la partie septentrionale du continent eurasien au-delà de 60° de latitude nord. À titre d’exemple, l’anomalie négative atteint -10,1°C à Tiksi (port de la République de Sakha situé sur la côte de l’océan Arctique, à 1070 km au nord de Iakoutsk) où la température est descendue jusqu’à -45,7°C le 5 janvier (record quotidien de froid depuis 1936, à plus de 2°C du record mensuel [-48,0°C le 29/01/1956]). Autre exemple, l’anomalie thermique atteint -15,1°C à Arkhangelsk (ville portuaire située à 735 km au nord-est de Saint-Pétersbourg) où la température est descendue jusqu’à -41,3°C le 6 janvier, soit l’une des plus basses températures enregistrées à la station depuis 1881 (record mensuel : -45,2°C le 08/01/1885) et un record de froid pour un 6 janvier.

L’air froid s’est engouffré massivement sur l’Europe centrale et orientale à partir du 5 janvier, la France restant en marge des conditions les plus extrêmes. La chute des températures a été brutale : parfois une baisse de 15°C en moins de 24h comme à Minsk (Biélorussie) où l’on a relevé -15°C en plein après-midi (contre 0°C la veille). La température est descendue jusqu’à -29,9°C le 7 janvier à Moscou (Dolgoprudnyj) [jusqu’à -31°C dans la banlieue moscovite], qui enregistre à cette occasion le jour de Noël (orthodoxe) le plus froid depuis 1987 (-31,5°C) et le 2e plus froid depuis 1948. Ces températures basses (y compris en journée) favorisent la persistance de la couche de neige au sol à Moscou depuis le 29 octobre dernier, soit d’ores et déjà 72 jours consécutifs avec une couche supérieure à 1 cm !

Des températures inférieures à -30°C ont été enregistrées en Pologne (-38,9°C le 8 à Czarny Dunajec), en Lettonie (-31,0°C le 7 à Madona et à Rēzeknē), en Biélorussie (jusqu’à -33,2°C le 8), en République tchèque (-34,6°C le 7 à Rokytské slati), en Slovaquie (jusqu’à -35,2°C le 8 à Oravská Lesná), en Allemagne (-30,6°C le 7 à Marienberg-Kuehnhaide), y compris en altitude ou fond de certaines dolines (ou combes) en Allemagne (-41,5°C le 7 au Funtensee [1556 m]), en Italie (-33,2°C le 5 au Col Major [4750 m]), en Suisse (-35,2°C le 6 au Glattalp [1850 m]) et en France (-35,7°C le 6 à Combe-Noire/Mignovillard).

Des températures inférieures à -20°C ont été enregistrées en République de Macédoine (-28,0°C le 8 à Berovo), en Bosnie-Herzégovine (-27,2°C le 7 à Bjelasnica), au Monténégro (-25,9°C le 8 à Plevlja), en Serbie (-26,8°C le 8 à Sjenica), en Croatie (-22,0°C le 8 à Slavonski Brod), ou encore en Hongrie (-28,1°C le 8 à Tésa, soit la plus basse température relevée dans le pays un 8 janvier [précédent record : -26,5°C le 08/01/1985 à Romhány]).

Comme on peut le constater, cette vague de froid n’est pas anodine. En Slovaquie par exemple, la température est descendue jusqu’à -35,2°C dans la nuit du 7 au 8 janvier à Oravská Lesná (930 m) : il faut remonter au 14/01/1987 pour trouver une température plus basse dans le pays (-35,6°C à Červený Kláštor). En plaine, on a relevé jusqu’à -30,5°C le 8 janvier à Dudince, soit la plus basse température à la station depuis le début des mesures en 1977. En montagne, on a relevé -29,6°C le 7 à Lomnický štít (2633 m), soit un record mensuel depuis le début des mesures à la station en 1951 (-27,4°C en janvier 1985) ; à Chopok (2005 m) la température n’est pas remontée au-dessus de -24,4°C durant la journée du 6, ce qui constitue la température maximale journalière (0h-24h) la plus basse depuis le début des mesures à la station en 1955 (précédent record : -24,0°C le 16/01/1963) !

En Albanie et en Italie, 3 stations ont d’ores et déjà enregistré un record absolu de froid (tous mois confondus) ce 8 janvier : Vlore (Albanie) avec -9,4°C, Durres (Albanie) avec -9,0°C et l’aéroport de Naples (Italie) avec -5,6°C [valeur corrigée] (précédent record depuis 1929 : -5,6°C le 10/01/1981) !

En Grèce, notons aussi que la température n’est pas montée au-dessus de -4,9°C durant la journée du 7 janvier à Thessalonique, ce qui constitue un record pour la station (précédent record : -3,9°C le 13/01/1968).

Dans un flux de secteur nord vigoureux, la neige est tombée en abondance autour de l’Adriatique dès le 6 janvier, sur les reliefs des Balkans (en particulier sur le relief monténégrin et bosniaque), sur les Apennins, dans les régions italiennes des Abruzzes et du Molise notamment (65 cm le 7 janvier à Campobasso [600 m] et des congères atteignant 2 m de haut dans le village de Capracotta à 1400 m d’altitude), mais également jusque sur le littoral italien par effet de lac (jusqu’à 30 cm à basse altitude dans la région des Pouilles le 7). En effet, en traversant la mer Adriatique l’air s’est chargé d’humidité et a donné de fortes précipitations sur les côtes italiennes (comme on peut le voir sur les plages de Porto Cesareo, province de Lecce dans la région des Pouilles), alors qu’il n’a pas neigé un flocon sur la côte croate ou à Mostar en Bosnie en raison des puissants vents d’est catabatiques (rafale à 218 km/h mesurée à l’aide d’un anémomètre à main le 6 janvier sur le pont de l’île de Pag en Croatie !). Des flocons ont également été observés à Santa Maria Di Leuca, station côtière située à l’extrémité de la botte italienne (région des Pouilles).

Plus au sud, la neige est tombée abondamment en Sicile au-dessus de 700m d’altitude et la température est descendue jusqu’à -13,3°C le 7 janvier à Linguaglossa (1816 m) sur le versant nord de l’Etna, soit à 2°C environ du record absolu de froid pour la Sicile (-15,2°C en février 1956 à Casa Cantoniera). Il a également neigé à basse altitude en Sicile, en particulier le 7 janvier à Taormina (sur la côte nord-orientale) où l’on a relevé plus de 10 cm (un record depuis 1956). Il a neigé aussi à Catane, mais la neige n’a pas tenu au sol dans les secteurs les plus bas (contrairement à l’épisode neigeux de janvier 1905 au cours duquel plusieurs cm avaient été mesurés): située en position d’abri sous le vent de l’Etna lorsque le flux dominant est de secteur nord, la ville jouit en effet d’un microclimat. Sur la côte méridionale de l’île, il est tombé seulement quelques flocons à Gela (la neige n’ayant tenu au sol que 2 fois dans ce secteur, en février 1956 et surtout en janvier 1905).

La masse d’air froid continue de glisser vers le sud (-21,3°C le 8 à Florina dans le nord de la Grèce et -2,0°C sur l’île de Zakynthos, -5,8°C le 9 à Kasteli en Crète) : elle a déjà atteint la Méditerranée orientale et devrait gagner dans les prochains jours le Moyen-Orient.


D’abondantes chutes de neige sont également attendues en Turquie jusqu’au 9 janvier (la couche de neige atteint déjà 260 cm le 8 janvier au matin à la station de ski d’Uludağ et 40 cm dans certains quartiers d’Istanbul).
Notons qu’il a neigé sur le littoral crétois ce 8 janvier et que de la neige a été signalée à l’aéroport international de l’île grecque de Zakhyntos le 7 janvier (station située au niveau de la mer), ce qui constitue une première pour la station et à basse altitude sur cette île selon le climatologue Maximiliano Herrera.

Notons enfin le contraste thermique saisissant d’une rive à l’autre de la mer Noire (plus de 30°C d’écart !) : le 7 janvier, on a relevé une Tn de -14,0°C à Odessa (Ukraine, rive nord de la mer Noire) et de +15,9°C à l’aéroport de Trabzon (Turquie, rive sud de la mer Noire). Le littoral septentrional de la mer Noire connaît depuis hier des conditions extrêmes de blizzard (notamment à Constanța en Roumanie et à Odessa en Ukraine), contrairement à la côte nord-orientale de la Turquie où la température est montée jusqu’à 23,1°C le 7 à Kalkandere, et à l’est de la mer Noire où l’on a relevé jusqu’à 19,5°C le même jour à Goriatchi Klioutch (Russie, kraï de Krasnodar).

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18 septembre 2017

LA FAILLITE TOTALE DE L'ETAT FRANCAIS par Charles SANNAT

St Martin : la faillite totale de l’État français

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La semaine dernière, l’ouragan Irma est passé sur les Antilles françaises, provoquant des destructions comme on n’en avait que très rarement vues de mémoire d’Homme. En revanche, ce qui se passe depuis ressemble beaucoup trop à ce qu’on connaît déjà des pires faillites de l’État français.

On doit déjà redouter que cet ouragan soit notre « 11 septembre » français, non pas sur le plan météorologique (encore que sa puissance soit largement suffisante à le classer dans les phénomènes historiques) mais sur le plan médiatique, politique et surtout humain.

Sur le plan médiatique, toute la nullité de notre presse s’exprime maintenant avec une vigueur et une obstination qui confinent à la pathologie lourde. Entre le lien, débile et répété avec une insistance pathologique, que certains scribouillards s’emploient à faire entre cet ouragan et le réchauffement climatique (lien que même le GIEC n’ose pourtant pas faire) et les reportages, avant et après l’ouragan, qui – on va le voir – frisent la bêtise aux fers chauds, on se demande exactement pourquoi les Français continuent de chérir les subventions et les redevances payées à ces organes.

Côté politiciens, une aussi belle catastrophe ne devant surtout pas se perdre, le racolage le plus putassier fut de mise : Ségolène Royal en a profité pour tenter de vendre son pensum. Quant à Hulot, le vendeur de shampoings douteux échoué sur la banquise ministérielle, il a en bon reptilien su garder son sang froid et immédiatement préconiser des mesures opérationnelles et pragmatiques et … Ah non. Il a péroré sur l’avenir, les générations futures, le climat dans quelques décennies et la faible condition humaine.

Tristesse des politiciens modernes qui s’emploient, avec application (et une certaine constance dans l’erreur), à planifier nos vies et nos impôts pour les 50 ans à venir pour tenir compte d’un ciel qui nous tombera, un jour, peut-être, sur la tête, alors que planifier à 5 jours semble absolument hors de portée des abrutis qui nous gouvernent et que répondre à l’urgence évidente semble au mieux délicat, au pire impossible.

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Pourtant, dès le 31 août, soit une semaine avant l’arrivée de l’ouragan au-dessus St Martin, les informations sur son trajet et sa puissance sont déjà connues. Une semaine pour préparer les populations, envoyer militaires et moyens de secours, cela compte. Pas pour ceux qui, depuis la métropole, se sont employés à occuper les médias avec absolument tout le reste, mais pas ça.

Le contraste avec les Îles Vierges, américaines, exactement dans la même situation et après le passage du même ouragan, est particulièrement frappant : non seulement, des moyens (militaires, ici) sont mis à disposition avant et après le phénomène, mais le sens de l’entraide et de la solidarité entre les habitants s’exprime d’autant mieux que les structures sociales sont encore en place.

En revanche, la France de St Martin semble s’être purement et simplement évaporée.

Quelques heures après le passage d’Irma, la presse prend le parti (douteux) de jouer en prudence et en finesse : pour elle, « on craint le pire » (parce que ce n’est pas ce qui se passe vraiment, voyez-vous ; pour le moment, c’est une impression de pillage et un sentiment d’insécurité, tout au plus).

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Rapidement, cependant, les témoignages affluent et sont pour le moins glaçants : l’état régalien n’existe plus. Les précieux conseils de la police, débordée, se résument à un « démerdez-vous » tout à fait rassurant :

« Défendez-vous comme vous pouvez. Pendant une semaine vous êtes tout seuls, j’espère que vous avez des armes, tirez-leur dessus. On n’a pas le droit de sortir alors si vous avez des cocktails Molotov, lancez-les, lancez-les sur eux. »

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L’ambiguïté sur ce qui pourrait bien se passer n’est pas de mise : ceux qui sont sur place ont cette fâcheuse tendance à communiquer avec l’extérieur et leurs discours ne cadrent guère avec ceux des autorités qui prétendent, mollement, que tout est sous contrôle, ou presque.

Pire, il y a comme un différentiel palpable entre le côté français de l’île de St-Martin et le côté néerlandais :

« Dutch side il y a des militaires, maréchaussée, police à chaque coin de rue! Ils mettent un couvre feu à 17h pour nettoyer les rues des pilleurs. Ici côté français, les pilleurs remplissent des bus entiers de tout ce qu’ils trouvent. »

Ce différentiel, que beaucoup ont clairement constaté, ne semble pas devoir être analysé par la presse qui, au moins au début de la prise de conscience de l’étendu des dégâts, se contente de broder sur la préfète, toute choquée par la puissance de l’ouragan (ah tiens oui, force 5, ça picote un peu, en effet). Manifestement, on a grand besoin de l’armée. Qu’envoie l’État ? « D’autres cadres de l’administration »

Ah bah youpi alors !

N’importe quel militaire confirmera : alors qu’il semble assez naturel de mobiliser rapidement quelques compagnies de gendarmes mobiles pour le moindre match de foot un peu tendu, personne ne semble avoir songé à envoyer sur place, quelques jours avant ce qui allait être une catastrophe évidente, le moindre bâtiment de projection et de commandement, avec le matériel et les forces de l’ordre nécessaires. Nos militaires sont toujours à protéger nos VIP en métropole ou à trotter en Afrique pour des missions dont on se demande tous les jours un peu plus en quoi elles permettent aux Français de vivre en plus grande sécurité, là où ils auraient dû être mis en alerte et prêts à décoller rapidement.

En attendant, c’est donc le chaos à St-Martin. Ceux qui ont armes et munitions sont donc les racailles et les gangs, ou les bien trop rares citoyens un peu conscients de l’incurie complète de l’État français et qui se sont empressés de conserver par devers eux ces moyens essentiels de protection. Les autres civils sont ou bien morts, ou à la merci des pillards. L’administration s’est évaporée. Les forces de l’ordre, insuffisantes, sont largement débordées. Ceux qui comprennent ce que « chaos » et « pillage » veulent dire sauront que l’ouragan aura finalement fait moins de morts que la vermine qui se sera installée à sa suite, et ce même si, soyez-en sûrs, la presse subventionnée sera sur le pont pour ne surtout pas faire ce bilan.

En France, à St-Martin, l’État régalien n’existe plus. Je me demande comment les habitants de cette île prendront leur prochain appel à payer des impôts, tiens.

Charles Sannat

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DERNIÈRE LIGNE DROITE AVANT L'APOCALYPSE 

https://www.youtube.com/watch?v=G4WRNp4QWYw

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Le cas Saint-Martin.

 

 

Si tout s’effondre,

 

 

vous serez seul.

 

 

Désespérément seul !

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Vous avez sous les yeux l’incurie française, de ses “élites”, de ses “dirigeants”. Selon nos mamamouchis, il faut “vivre avec le terrorisme”, il faut aussi “vivre avec les cyclones”, il faut vivre avec tout ce qui ne va pas.

Malheur à ceux qui oseront dire que le service après-vente est nul quand on achète un produit “État français”.
Oui, l’État est déficient, et ce que vous voyez à Saint-Martin n’est pas exclusivement le fait de ce gouvernement fut-il celui en exercice. Ce qui se passe est la conséquence d’années de laxisme dans la totalité des domaines.

La sous-préfète en dessous de tout et dans tous ses états… de choc !

Alors tout part à vau-l’eau sur l’île de Saint-Martin, y compris la sous-préfète, exfiltrée certaines rumeurs, et officiellement en état de choc, car la “pauvrette” s’est un peu trouvée à l’étroit dans une pièce sombre de la Préfecture en pleine tourmente. Elle a mal digéré l’ouragan, ce que l’on peut comprendre, mais la “pauvrette” n’est pas la seule. Ils sont 35 000 Français à avoir eu de peur à très peur et en passant par toutes la palette de couleurs de la trouille.

Évidemment, de bonnes âmes vont me dire “vous n’y étiez pas, blablabla, la pauvre, quand même”… Arguments irrecevables.
Un préfet ou un sous-préfet incarne le pouvoir, l’autorité, et se doit d’être en mesure de prendre les décisions. Il doit tenir la barre. S’il en est incapable, il est démis sur le champ.

Il est une chose d’être un préfet Ferrero Rocher, et une autre d’être une “autorité”.

Manifestement, les autorités autorisées sont dans l’incapacité de décider, d’organiser et de structurer quoi que ce soit. De nombreux pays ont évacué préventivement l’île. Nous, rien.

Je ne vais pas détailler la liste des défaillances évidentes car il convient d’attendre que la poussière retombe sur les ruines d’un État décadent.

Le problème qui nous concerne tous est le suivant.

Que pouvons nous attendre de l’État ?

Plus rien mes amis. Le problème c’est que nous avons délégué à l’État des pans entiers de notre vie.

La sécurité, qui est le besoin fondamental comme j’ai eu l’occasion de le dire dans un autre édito, est le premier sujet que nous avons délégué à l’État. L’État assure notre sécurité et la justice. Nous acceptons de ne pas être armés et de nous en remettre à l’action des “gens en armes”, qui devinrent nos gendarmes. Mais quand ils ne sont plus à leurs postes ou que leur action n’est plus utile, ou rendue possible et ce, quelles que soient les circonstances (y compris lorsque certains passent du côté des pillards), le citoyen, désarmé, est à la merci des plus violents et devient la proie chassée par les vilains bandits.

Ce qui se passe à Saint-Martin est très grave, dans la mesure où c’est la rupture unilatérale par l’État du “contrat social”. Ce contrat matérialise ce qui fait que le citoyen a besoin de l’État, ce pour quoi il est prêt à payer des impôts, d’où son “consentement” aux règles aussi bien légales que fiscales.

Si vous n’avez rien à attendre de l’État, alors l’État ne doit rien avoir à vous prendre.

À service inexistant, impôt réduit à presque néant.

Pourtant, en France, c’est l’inverse (sauf à Saint-Martin où personne ou presque ne paye d’impôt, ceci expliquant aussi un peu cela, car il faut “punir” Saint-Martin), et c’est à chaque fois la même chose.

Quand j’étais jeune, j’ai travaillé, à la suite d’ailleurs d’un cyclone, dans les assurances… à Saint-Martin. Je me souviens de cette scène exquise où deux contrôleurs des impôts sont venus sur l’île contrôler des commerçants qui avaient été “cyclonnés” 6 mois avant. Autant vous dire que les contrôles n’ont pas eu lieu, et que les gendarmes ont vite ramené tout ce petit monde à l’aéroport avant que les deux pandores du fisc ne se fassent lyncher en place publique.

Mis à part les cas “particuliers”, partout on voit bien le retrait massif de l’État en situation de quasi faillite.
Les soins deviennent de plus en plus chers, l’éducation est devenue dans les faits privée – sauf si vous habitez place des Invalides dans Paris 7e –, les emplois aidés sont supprimés, les APL baissent de 5 euros, ou encore les services communaux se dégradent, et partout, les poubelles sont vidées moins souvent, les déchetteries ouvertes moins de jours chaque semaine et la liste est infinie.

Vous assistez, mes amis, non pas à l’effondrement brutal de votre pays, mais à sa déliquescence.

Ce que nous avons été capables de faire en 1999 quand il y a eu cette grande tempête, je peux vous assurer que nous serions incapables de le refaire car l’armée, EDF, les services publics comme les autoroutes ont tous dégraissé (drôle de régime) leurs effectifs de manière massive.

Si cet hiver une tempête devait dévaster notre pays, je vous assure qu’il n’y aurait sans doute plus grand monde pour vous rallumer les lumières.

La conséquence est simple

Si l’État ne peut pas venir vous aider, alors que pouvez-vous faire pour vous aider ? Que pouvez-vous faire pour vous préparer ? Pour anticiper ce qui pourrait arriver ? Vous préparer et anticiper pour vous-même et pour vos proches ?

Ne me parlez pas d’argent ! Vous avez vu les dévastations à Saint-Martin, île riche, et sur celle encore plus riche de Saint-Barthélemy ! Et à Cuba ? Chez Fidel, dans ce pays d’arriérés (c’est ironique à notre égard évidemment puisque nous donnons des leçons à tout le monde y compris à Trump), avez-vous vu un chaos semblable ? Avez-vous entendu parler de morts à Cuba ? … Normal, les Cubains sont les meilleurs en prévention des ouragans. Comme ils n’ont pas d’argent, ils préfèrent prévenir que guérir, ce qui est d’une grande intelligence bien entendu et du bon gros vieux bon sens (le BGVBS de mon papi).

La réalité c’est que sur certains sujets, Castro c’est mieux que Macron… Surprenant vu comme ça non ? (Pas sur tout, évidemment, sinon on va encore me traiter de rouge crypto-marxiste.)

Tout cela pour vous dire que si je fais le parallèle entre la tempête de 1999 qui nous avait frappés et notre incurie de 2017, c’est parce que le dernier gros cyclone qui avait ravagé Saint-Martin a eu lieu justement… en 1999 : je le sais, j’y étais ! Et cette année, j’eu l’ineffable idée de revenir passer les fêtes de Noël en Métropole en famille… ce qui me valut de contempler ma belle Twingo écrasée sous une cheminée d’immeuble au petit matin !

N’oubliez pas, quand les lumières s’éteindront, vous serez seul, et si l’État vient à votre secours, ce sera trop peu, trop tard. Cette nouvelle règle, taboue pourtant, vous devez l’intégrer.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles Sannat

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Charles Sannat est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires Il a exercé les fonction de directeur des études économiques de la société Aucoffre.com de 2012 à 2015, et créé le Contrarien Matin un site de « décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l’actualité économique ». Il a fondé en Septembre 2015 le site Insolentiae.com et se consacre depuis pleinement à ce nouveau projet éditorial.
 

 

Très rapidement, l’armée américaine a organisé un pont aérien pour évacuer ses ressortissants.

Bon, histoire de tordre le cou à toute idée “de rumeur”, la photo ci-dessous provient d’une source assez sûre, puisqu’il s’agit du site de l’équivalent du ministère de la Défense américain…

Pour résumer, on évacue les Américains, et l’État laisse ses ressortissants français moisir tranquillement sans eau, sans sécurité et sans un minimum d’aide.

Il y a les beaux discours.

Il y a surtout la réalité.

Charles SANNAT

Source :  Defense.gov ici

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17 septembre 2017

AUJOURD'HUI TOUT SUR L'ARTISTE MULTIMÉDIA FRED FOREST PROFESSEUR DE L' ESTHÉTIQUE DE LA COMMUNICATION ET DES ARTS CONTEMPORAINS

FRED FOREST LETTRE OUVERTE AUX RESPONSABLES DE BEAUBOURG

(mise à jour : 15 septembre 2017)

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Fred Forest entouré comme d’habitude d’une cour de jeunes fans dans son exposition à Beaubourg

Fred Forest relève un débat démocratique légitime sur les choix culturels imposés au public.

Fred Forest demande la reconduction de son expo au 6ème dans les meilleurs délais !

L’artiste dégaine, de nouveau pour affirmer son avantage sur l’Institution. Sans ressentiment aucun nous dit-il à l’égard de gens qui sont eux-mêmes victimes d’un système qui les dépasse mais toujours à son service dans les cuisines de l’art. Là où sont créés de fameuses fausses valeurs par la seule puissance de la finance. Fort heureusement certains sortent du lot nous confie l’artiste comme c’est le cas d’Alain Seban, qui touché par mes états de service après avoir pris connaissance de mon travail souvent réalisé en pionnier, m’a ouvert une porte dans laquelle je me suis engouffrée. Au point qu’ayant quitté son poste de Président du Centre nous dit encore l’artiste quand il m’arrivait de lui faire part de mes difficultés, nous avions pris l’habitude de parler de « nôtre » exposition, tellement il avait fait sien ce projet. En homme intelligent qui avait su lui surpasser les attaques dont il avait fait l’objet de ma part pour faciliter mon entrée dans le saint des saints. Voilà un responsable qui avait compris que l’Institution finit inévitablement par se scléroser si elle n’intègre pas quelque peu du sang neuf, des pratiques nouvelles et reste enfermée dans des comportements obsolètes à courte échéance.

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Claudia_ferrazzi_VR jpg « Claudia Ferrazzi, conseillère Culture du Président de la Réplique, expérimentant une œuvre en RV de l’artiste »

Philippe Godin

- PARLEZ-MOI DE CETTE LETTRE OUVERTE QUE VOUS ADRESSEZ AUX RESPONSABLES DU CENTRE POMPIDOU PAR LE TRUCHEMENT DU WEBNETMUSEUM.ORG ET DES RESEAUX SOCIAUX APRES LE LANCEMENT D’UNE PÉTITION DE CHRIS LABBE EN VOTRE FAVEUR

Fred Forest

Ah bon ! C’est une initiative citoyenne qui vise d’abord à réparer des injustices qui se sont faites jours à l’occasion de l’exposition que vient de me consacrer le Centre Pompidou et à répondre à un public étonnamment réceptif à mon travail qui réclame lui-même la poursuite d’une expo prématurément stoppée. En effet je ne veux pas me poser en victime mais en individu qui entend faire respecter ses droits. Que j’estime égaux, sans plus, à n’importe quel quidam qui s’active dans l’art contemporain avec les attentions qu’on leur connaît de la part de certaines Institutions.

J’aurai une longue liste à vous dresser de ses manquements à mon égard mais je n’en retiendrai ma foi que cinq mais que j’estime fondamentaux.

1-Le principe de cette exposition a été retenu depuis trois ans et demi et la lettre d’intention que j’ai réclamée des dizaines de fois qui m’aurait permis d’avancer dans la recherche de partenaires ne m’a été enfin accordée qu’il y a six mois, alors que le service du mécénat a toujours refusé de répondre à mes appels comme d’ailleurs le service des éditions.

2- Cette exposition dont la date a été fixée initialement du 15 juin au 28 août s’est vue retardée du 12 juillet au 28 août sans que je sois même consultée donc de surcroît un plein été comme pour mieux tenter de neutraliser l’artiste insoumis (rires)

3-Un mois juste avant l’exposition une décharge m’a été donnée à remplir qui spécifiait compte tenu du lieu où l’exposition se tenait que les gardiens, les personnes assurant la médiation, étaient à ma charge comme les assurances, on croirait rêver non ? Alors que personne ne m’avait avisé préalablement de telles conditions, indignes d’un Musée national quand j’ai eu à faire le choix du lieu. Choix vite fait d’ailleurs les deux autres lieux n’étant pas disponibles pour cause de travaux dont mon interlocuteur ignorait tout de la mise en œuvre…

4- Par ailleurs, j’ai dû apprendre par la suite dans le cours de la préparation qu’aucun financement pour assurer la réalisation des deux œuvres in situ, que je devais réaliser selon le projet déposé, n’était prévu, pas plus qu’un financement pour le catalogue…Donc, selon la vieille méthode du prendre ou à laisser, rien à voir, circulez ! J’ai dû nécessairement m’incliner…

5- Enfin, cerise sur le gâteau, je n’ai jamais vu personne se présenter à moi pour préparer mon « action-réseau » alors que le Directeur de la com en avait désigné deux pour ce faire, me faisant saliver par ailleurs se vantant de pouvoir mettre à ma disposition plus de 900.000 contacts sur Internet... Une attitude incompréhensive à mes yeux, qui a fait perdre l’occasion au Centre Pompidou de réaliser une action internationale de communication institutionnelle, susceptible de revaloriser une image quelque peu vieillie, et qui en l’occurrence ne lui coutait pas un euro !

Ce revirement étant dû sans doute à mon insistance de nommer cette action « Prendre son pied à Beaubourg… (en photo bien entendu) où les visiteurs étaient invités à se déchausser sur place, à prendre leur pied en photo, et à le balancer sur les réseaux, pour en avoir un retour quasi instantané sur grand écran dans le hall d’entrée. Vos pieds en ballade sur les réseaux et qui vous reviennent n’était-ce pas irrésistible ? Sans doute avait-t-il, réflexion faite, jugé ce titre trop inconvenant pour une vielle dame fêtant pompeusement ses quarante ans ?

Malgré tout cela, je vous demande de me croire sur parole, je n’en veux nullement aux individus responsables de ces manquements, pris souvent eux-mêmes à la gorge, coincées par des systèmes administratifs aberrants et des budgets en chute vertigineuse.

Pour tout dire, je suis très heureux, je dirai même follement heureux, d’avoir eu l’opportunité de faire cette expo au Centre Pompidou, et j’estime que je suis un drôle de privilégié quand tant d’autres artistes ne l’auront jamais. Mais je dois ajouter immédiatement que cet aboutissement à l’’issue de 84 ans de travail n’est dû qu’à moi, à ma pugnacité, à ma patience et je serai d’autant plus heureux, si jamais, elle devait se reconduire dans les mois qui viennent, comme tout le monde le demande et si les augures nous sont favorables.

Alors je leur dis, à toutes et à tous, chiche, notamment à la jeune directrice générale, qui devrait être sensible aux arguments que je présente

tous vérifiables. Effaçons tout et recommençons à zéro. Recommençons ensemble cette exposition comme je le propose à la direction. Exposition qui a reçu un accueil enthousiaste du public à la découverte de mon travail et qui est fortement réclamée aujourd’hui par tous. Reconduisons cette exposition ensemble, augmentée du travail de ces vingt dernières années qui s’est développé sur Internet et qui n’y figure absolument pas.

Et n’ayons surtout pas peur, cette fois, que ma pratique soit révélée sous le nom d’« art sociologique », dont je suis, bien évidement, l’un des trois pères fondateurs comme chacun sait.

 

LA VIDEO 

Fred Forest à Beaubourg

Portrait bon - copie

 

Victoire en demi-teinte pour un hommage en demi-mesures ! Restons mobilisés !

Chris LABBE
France

7 sept. 2017 — Cher(es) signataires,

Je viens vous tenir informé(e)s de la suite donnée à nos signatures.
Ces dernières ont porté leurs fruits !... en partie, puisque Madame Claudia Ferrazzi, Conseillère culture d'Emmanuel Macron, est passée rencontrer l’artiste à trois heures de la fin de son exposition.

La mauvaise nouvelle, c'est que la rétrospective de Fred FOREST n’a pas pu être prolongée comme nous le demandions car le Festival Extra ! s’y est installé en lieu et place de l’exposition.
Cette information m'a d'ailleurs été confirmée le jour même par Julie Narbey, Directrice Générale du Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou, qui a gentiment répondu au mail que je lui avais envoyé en parallèle. Notez bien qu’elle m’informe qu'il n'est pas possible de prolonger l'exposition mais n'exclue en rien sa réédition soulignant au passage la réussite de cet événement. Aussi restons mobilisés sur le cœur même de notre engagement pétitionnaire : le respect du devoir de pluralité envers le public et d’équité envers les artistes.

La bonne nouvelle, c'est que le cœur même de notre pétition pourra peut-être être respectée car à l'occasion de sa venue Claudia Ferrazzi a dit à l'artiste qu’elle essaierait d’œuvrer pour la réédition de son exposition dixit « dans de meilleures conditions »

(cf.lien joint https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10154750765307882&id=554127881).

Par conséquent, je vous demande de bien vouloir rester encore mobilisés en continuant à diffuser cette pétition auprès de votre réseau afin d’obtenir du Centre Pompidou une réédition de la rétrospective de Fred Forest pour respecter l'équité de traitement entre les artistes et la présentation de la pluralité des expressions artistiques actuelles au public, notre demande d’origine.
Si leur démarche était sincère –rendre hommage à l’artiste - Madame Julie NARBEY comprendra que nous demandions que Fred Forest soit exposer au Centre Pompidou avec la même équité que les autres artistes de son temps ont été exposés (3 mois) et ailleurs que sur le chemin des toilettes.

Aussi nous demandons à Julie NARBEY, que le Centre Pompidou organise une réédition de la rétrospective de l’œuvre de Fred FOREST, qui, cette fois-ci devra :
- respecter les durées usuelles des expositions organisées par le Centre Pompidou : à savoir 3 mois (trois mois) et dans une période de l’année plus fréquentée que la période estivale ;
- respecter l’intégrité de l’œuvre de l’artiste, en exposant l’intégralité de son travail sans omettre cette fois-ci ses œuvres utilisant les nouvelles technologies et le virtuel, développées entre 1985 à nos jours, travail qui constituent un pan important de ses recherches ;
- respecter l'artiste lui-même, en lui réservant un espace d’exposition valorisant, habituellement utilisé pour rendre hommage aux références de l’histoire de l’Art, des artistes qui, comme Fred FOREST, ont su montrer tout au long de leur carrière une ligne artistique personnelle, un parti pris défendu tout au long d'une carrière, tout au long d'une vie dont nous ne pouvons que saluer la persévérance et le courage ;
- respecter son rôle de "Relais du champ social" en mettant les moyens nécessaires pour la mise en lumière du travail de l’artiste auprès d’un public le plus large possible, et en finançant entièrement l'exposition pour que l’artiste n’ait pas à la financer en partie (la mise en place d'une entrée payante est habituellement utilisée pour compléter le budget).

Nous ne saurions nous contenter d’une visite, une attention certes flatteuse pour l’égo, mais en rien satisfaisante face aux raisons profondes de notre mobilisation de départ qui demande des actes concrets, la preuve d’un changement réel vers plus d’équité et de respect envers les artistes français contemporains.

D' ailleurs je vous propose de prendre cette pétition comme le symbole d'une prise de position plus générale pour la défense de la liberté des artistes, que celle-ci s’exprime dans la lignée de ce que certains attendent d’eux ou dans l’agitation de nos consciences, nécessaire à la survie d’un esprit critique salvateur pour l'humanisme qui est, je pense, une valeur que nous partageons tous Ici

Clin d’œil : l'artiste Fred Forest, touché par notre mobilisation pour sa cause, s’est approprié notre pétition - d' ailleurs il l’appelle « ma » pétition - nous participons donc, sans la savoir, au développement d'une action qui fait elle-même œuvre ! C’est surprenant avec quelle facilité déconcertante Fred FOREST identifie rapidement les espaces d’expression et s'en empare pour les transformer en acte créateur ;). L'expression même de son intervention artistique sur le champ social !

Cependant j'en appelle à l'artiste – en notre nom à tous - de ne pas nous engager dans un conflit ouvert avec l'institution du Centre Pompidou, notre démarche - enfin du moins, celle qui m'a donnée l'impulsion d'agir pour la prolongation de son exposition – étant plutôt la défense d'une équité de traitement des artistes et du devoir de pluralité des institutions envers le public afin de sortir d’un paysage (médiatique) de l'Art Contemporain français et international tronqué par une industrie dont la propre puissance médiatique enferme les artistes les moins connus dans l’ombre de ghettos unilatéraux et limitants.

Je vous dis donc à très bientôt pour vous donner de bonnes nouvelles sur les résultats de notre mobilisation à tous !

A bon entendeur

Christine Labbé

PS : j'invite ceux qui ne connaîtraient pas encore le travail de l'artiste à le découvrir à travers les liens joints à la pétition d'origine.

 

 

 


 

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URGENT : Julie NARBEY, prolongez la durée de l'exposition de Fred...

 

 

 

 

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16 septembre 2017

40 ème édition du YACHTING FESTIVAL A CANNES DU 12 AU 17 SEPTEMBRE 217

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CANNES YACHTING FESTIVAL

DU 12 AU 17 SEPTEMBRE 2017

 

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40é édition - Le Yachting Festival est le premier salon à flots européen qui se tient à Cannes du 12 au 17 septembre 2017.

Présentation

Pour cette 40e édition, le Yachting Festival se tiendra comme chaque année au mois de septembre dans la scintillante baie de Cannes, dans un univers luxueux et élégant.

Le Yachting Festival constitue l’évènement majeur de la saison pour l’industrie nautique mondiale, avec 50 % de visiteurs internationaux et 60 % d’exposants issus de 40 pays différents, sur les 530 que comptait le Salon.

Le Yachting Festival crée l’événement, en inaugurant un espace accessible à tous les visiteurs : « La Terrasse », située sur le toit du Palais des Festivals. Cette dernière bénéficie d’une vue à 180 degrés sur le vieux Port, ses yachts , la baie de Cannes, la Croisette et les île de Lérins…

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Fidèle à sa réputation de salon à flots leader en Europe où découvrir les derniers bateaux des plus grands chantiers navals au monde, le Cannes Yachting Festival accueille de nombreux exposants internationaux.

Le Yachting Festival a réaffirmé son statut de premier Salon international pour les multicoques. En leur consacrant davantage d’espace à terre et en leur réservant une place de choix au coeur du Vieux Port, le Festival a pu accueillir 45 catamarans – un record mondial – mesurant de 42 à 77 pieds. L’évènement a également fait la part belle aux voiliers, au nombre de 120 cette année, soit près de 20 % de la flotte totale présentée.

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Pour la première fois en 2016, une marina à terre a été créée à l’entrée du quai Max Laubeuf, ce qui a permis d’exposer encore plus de bateaux sur ce secteur. L’édition 2016 du Yachting Festival a également célébré le dixième anniversaire du secteur Brokerage & Charter situé sur le port Pierre Canto, à l’autre extrémité de la célèbre Croisette. Les exposants ont à nouveau fait part de leur enthousiasme au vu de la qualité des visiteurs ainsi que des affaires conclues.

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 VIDEO DIACONESCO.TV :

FESTIVAL YACHTING CANNES 2017

 

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REVOIR SUR DIACONESCO.TV LE CANNES YACHTING FESTIVAL 2016

 

http://diaconescotv.canalblog.com/archives/2016/08/29/34249283.html

 

http://diaconescotv.canalblog.com/archives/2016/09/06/34313151.html

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GLOBE2

 

DURING THE FESTIVAL

YACHTING CANNES IN 2017

FOR YOUR COMMUNICATION 

INTERNATIONAL AGENCY PRESS

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GROUP U.S. COMPANY

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TOP_BANNER2_ENTREPRISE_DIACONESCO 

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EFFECTS OF MUSIC - SOUND TRACK -

SOUND EDITING DIGITAL AUDIO ...

Contact for Europe :

international Journalist 

DIACONESCO Gérard

Tél : + 0039 / 0184 208 291

FAX : +0039/ 0184 208 291

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Bureaux et Régies numériques de DIACONESCO.TV

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Box Office USA :

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SALEM, OREGON 97304-2722

U.S.A.

Contact :

1* Phone in EUROPA : +0039/ 0184 208 291

2* Fax for USA and Europa : +0039/0184 208 291

3* Mobile-Phone : +0033 (0) 6 32 17 36 33 or 07 89 44 23 80

internetcouncil@internetcouncil.us

diaconesco@internetcouncil.us 

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Les Bureaux et les Régies Numériques de la Company INTERNET COUNCIL LLC - DIACONESCO.TV

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P.S.

 

Nous tenons ici à remercier toutes les personnalités ainsi que tous les exposants qui nous ont durant ce Festival du Yachting de Cannes 2017 si gentiment accueilli sur leur stand en nous consacrant le meilleur de leur temps à savoir :

 

- Jean Frédéric TAUPIN - DIGIT ACCESS Montigny le Bretonneux FRANCE

 

- Adrien THOUBERT - POWER VISION Espoo Finlande

 

- Marie MENAGER-GUERIN - BOBOULES Suresnes FRANCE

 

- Jean-Marc LANIERE - AGL-MARINE Cannes la Bocca FRANCE

 

- Bob FRITSKY - MARINE MAX - Floride USA

 

- Emilie CHADEL - BOAT SIDE - Nice FRANCE

 

- Loulwa BEYDOUN - AWKEYE - Paris FRANCE

 

- Yanis EENAGUI - AWKEYE - Paris FRANCE 

 

- Giorgio DELUCCHI - BÖNING SHIP AUTOMATION Lavagna ITALIA

 

- Peter BENNETT - BLUEWATER Antibes FRANCE

 

- Eric REBAUDO - MERCURY MOTOR Cannes la Bocca FRANCE

 

- Charles EHRARDT - CAMPER & NICHOLSONS - Port Canto Cannes FRANCE

 

- Mario GORNATI - SANLORENZO YACHT SPA - Ameglia ITALA 

 

- Patrice LEGRIS - ALTEO PROPERTIES LTD - Saint-Pierre ILE MAURICE

 

- Francesco BOROMEI - AZIMUT BENETTI GROUP - Avigliana ITALIA

 

- Guillaume KHELSTOVSKY - APY YACHTING - Grimaud FRANCE

 

- Giusy MUROLO - MARINA GENOVA AEROPORTO - Genova ITALIA

 

- Patrick FABRE - SPORT PASSION LOTTO SPORT ITALIA - ITALIA

 

- Amélie COULOMBEL - ENERIA CAT  GROUPE MONNOYEUR - Monthéry FRANCE

 

- Mouna AZZARI - FENDERTEX - Blessy FRANCE

 

- Victorien BOUVARD - FRANCE HELICES - Cannes & Concarneau FRANCE

 

- Gino BAZZICHI - BOAT PROPULSION ITALIA - Massarosa ITALIA

 

- Michaël LADET - VOILENSAC - Millau FRANCE

 

- S.R.L. BENETEAU SARDEGNA - Cagliari SARDEGNA ITALIA

 

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11 septembre 2017

NEVER FORGET !

NEVER FORGET !

Les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis

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Les attentats du 11 septembre 2001 (communément appelés 11 Septembre, ou 9/11 et Nine eleven en anglais ) sont quatre attentats-suicides perpétrés le même jour aux Etats-Unis, en moins de deux heures, entre h 14 et 10 h 3, par des membres du réseau djihadite Al-Quïda, visant des bâtiments symboliques du nord-est du pays (dont le WORLD TRADE CENTER déjà attaqué en 1993 ) et faisant 2 977 morts...

à suivre sur WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_du_11_septembre_2001

16 ans sont passés depuis mais l'Amérique n'oublie pas de commémorer comme chaque année depuis cette date maudite qui l' a frappé de plein fouet pour la première fois de son histoire au XXIème siècle sur son propre territoire et qui entrainera les Etats-Unis dans de nombreux conflits au Moyen-Orient (AFGHANISTAN, IRAK, KOWEÏT, SYRIE, LIBYE, YEMEN ...).

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1:50
87 vuesil y a 1 heure

Seize ans après les attentats qui ont tué 3000 personnes aux États-Unis et principalement à Manhattan, Donald Trump a participé ...

 

14:56

 

Trump At Pentagon Memorial-Full Speech

 

Michael McIntee
129 vues

 

Nouveau

 

3:33

 

President Trump & Melania Lead a Moment of Silence on 9/11 Anniversary

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APPEL A UNE NOUVELLE RÉSISTANCE FRANÇAISE CONTRE L'ISLAMISME RADICAL SAOUDIEN PAR JEANNETTE BOUGRAB

De Finlande, l’appel à une nouvelle résistance française

Par Auteur
Dimanche 10 septembre 2017 à 18:03 0
Jeannette Bougrab. Femme française, arabe et musulmane, elle porte un regard concerné et alarmé sur les menaces qui pèsent sur l'Occident. Photo © PRESSE/EDITIONS DU CERF/HANNAH ASSOULINE
Jeannette Bougrab. Femme française, arabe et musulmane, elle porte un regard concerné et alarmé sur les menaces qui pèsent sur l'Occident. Source : Photo © PRESSE/EDITIONS DU CERF/HANNAH ASSOULINE

Risque. Gangrenée par le wahhabisme militant, trahie par des élites fuyant le réel, notre nation doit mener la contre-offensive face aux menaces qui surviennent.

La plume comme « arme de combat ». Réfugiée en Finlande après l’attentat de Charlie Hebdo, comme chef du service d’action culturelle à l’ambassade de France, Jeannette Bougrab, avec le recul de son éloignement géographique, dénonce avec ardeur les maux qui rongent son pays dans un nouvel ouvrage, Lettre d’exil, la barbarie et nous. « Femme française, arabe et musulmane », fille de harki, ancienne secrétaire d’État et ex-présidente de la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), elle passe en revue, forte de son expérience, les domaines dans lesquels l’État a failli : éducation, intégration, immigration, laïcité, compromissions avec certains pays du Golfe… Véritable manifeste, son essai appelle avec force à oser désigner l’ennemi, l’islam radical, sa monstruosité, et à ne pas céder au renoncement et à la bien-pensance aveugle. A.-L. D.

“C’est parce que je suis en colère que j’ai décidé de reprendre la plume et, tant qu’on ne me retirera pas cette arme de combat, je m’en servirai. Ce livre n’est ni celui d’une décliniste, ni celui d’une néoréactionnaire. C’est le livre d’une femme musulmane née d’une mère interdite d’école et mariée de force alors qu’elle n’était qu’une enfant, ayant la volonté farouche de montrer la réalité d’une culture et d’une tradition qui, tout simplement, en sont arrivées à nier les femmes et à instrumentaliser les enfants. C’est le livre d’une femme qui ne veut pas redevenir comme sa mère l’a été et qui se battra pour éviter un tel destin à sa propre fille : être une sous-citoyenne qui n’a pas le droit de choisir son destin.”

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L’Arabie saoudite, “guest star” du terrorisme islamiste

“Les mouvements islamistes ont tous puisé leur doctrine dans les écrits des oulémas saoudiens les plus rigoristes. L’idéologie criminelle des terroristes de l’État islamique est articulée autour des principes empruntés au wahhabisme, qui s’est durci au cours du temps pour concurrencer, depuis 1979, la révolution mondiale promise par l’imam Khomeiny. Riyad mène ainsi, à coups de pétrodollars, une vaste entreprise d’influence planétaire qui ne vise rien de moins que l’hégémonie culturelle sur l’ensemble des musulmans, où qu’ils soient.

La monarchie saoudienne […] a envoyé des imams partout où elle le pouvait afin de propager sa conception proprement xénophobe, j’assume le qualificatif, de l’islam. Elle est la guest star de ce film d’horreur dans lequel nous sommes plongés, au point que prétendre lutter sérieusement contre le terrorisme islamiste tout en continuant d’entretenir des relations diplomatiques avec la maison des Saoud relève de la folie. […] Les chiffres des financements en jeu permettent de comprendre l’étendue du phénomène. […] Certains spécialistes estiment qu’au cours des trois dernières décennies, plus de 100 milliards de dollars ont été dépensés pour exporter ce fondamentalisme, vecteur d’une diplomatie offensive. En comparaison, Moscou a consacré 7 milliards de dollars, entre 1921 et 1991, à la propagande communiste dans le monde. Le rapport entre les deux est vertigineux : les islamistes plus forts que les Soviets ! […] Aujourd’hui, alors que nul ne peut ignorer le rôle pervers de l’Arabie saoudite, personne ne se soulève contre son programme de construction de mosquées au détriment d’écoles pour instruire les enfants. Ils continuent de payer rubis sur l’ongle des prédicateurs qui répandent une idéologie rétrograde auprès des fidèles fréquentant ces mosquées au Proche-Orient, en Afrique, en Asie mais aussi en France, dans nos banlieues. Plutôt que de renoncer à des contrats juteux, on ferme les yeux, laissant le venin agir sur nos enfants.”

Le Yémen, victime de Riyad

“Le wahhabisme ne se contente pas de dominer son sanctuaire. Il se projette également à l’échelle de l’humanité et, après avoir su utiliser le soft power, il n’hésite plus aujourd’hui à influer sur le cours des relations internationales par le recours aux armes. En réduisant considérablement leur aide au développement, les États occidentaux ont ainsi laissé une place vide dans laquelle il s’est engouffré et a proliféré comme une maladie infectieuse. Au sein de territoires meurtris par des guerres civiles à répétition, qui exposent les populations à l’exode et à la mort, les gouvernements n’ont d’autre choix que de signer un pacte avec le diable, vendant ainsi leur âme. L’Arabie saoudite, en contrepartie de ses aides financières, exige de son vassal une soumission totale et fait la guerre, au besoin, contre ceux qui se révoltent.

Le Yémen en est un triste exemple. À Sanaa, Riyad avait installé au pouvoir Abdrabbo Mansour Hadi, qui a finalement été renversé, en mars 2015, par les houthistes, des rebelles chiites soupçonnés d’être sous la coupe de Téhéran. La pétromonarchie du Golfe a alors décidé de constituer une coalition rassemblant dix pays d’obédience sunnite et mène depuis lors une bataille des plus atroces pour réinstaller son protégé. Peu importe le prix. La fin justifie les moyens. Rien n’ébranle la conscience des Saoudiens, si toutefois ils en ont une, question légitime à se poser quand on fait le bilan de leur action meurtrière. […] Ainsi, malgré les demandes de cessez-le-feu au Yémen devant la catastrophe humanitaire, elle bombarde, détruisant à tout va : écoles, hôpitaux, convois funéraires. Elle tape dans le tas, causant la mort de près de 8 000 civils.”

 

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“Racisme imaginaire” et prétexte de l’amalgame

“Si certains doutaient de l’impérialisme de cet islam conquérant, qu’ils ouvrent enfin les yeux. Son objectif est de convertir l’humanité tout entière à ses principes rigoristes. Il force les hommes à choisir entre la conversion à l’islam et la mort. Le terrorisme n’est qu’une méthode pour soumettre les enfants, les femmes et les hommes à Allah. Comme en Arabie saoudite, aucune autre forme de religion ou de conviction n’est tolérée. Alors quand, de ma douce Finlande, je lis la presse relatant l’horrible répression dont seraient victimes les musulmans dans le pays de Voltaire et de Rousseau, je me bidonne. Les bras m’en tombent. Je m’insurge contre ces thuriféraires qui exaltent un “racisme imaginaire”, arguant systématiquement que la peur de l’amalgame n’induise l’intolérance. Comme le notent avec lucidité Mohammed Arkoun et Joseph Maïla, ils préfèrent continuer à défendre « le vrai visage de l’islam », présenté comme « une épure spirituelle, anhistorique, universelle, sans aucun rapport avec les errements des terroristes fondamentalistes ». Ben Laden et les autres ne seraient que des êtres perdus dont l’endoctrinement n’aurait rien à voir avec les nobles enseignements du Coran et du Prophète.”

 

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Terrorisme : l’héritage de Mitterrand

“Le refus de dénoncer le terrorisme est, d’une certaine manière, l’héritage de la France de Mitterrand. En effet, après la défaite de la droite à la présidentielle de 1988, Michel Rocard reprend la politique de complaisance à l’endroit des militants de la violence radicale. Au même moment, l’Algérie entre dans la tourmente. Devant les tensions sociales qui déstabilisent le pays, le gouvernement héritier du FLN décide d’organiser précipitamment des élections. Le Front islamiste du salut (Fis) remporte haut la main le premier tour des législatives. Les généraux en décident autrement et reportent sine die le deuxième tour, effrayés qu’ils sont à l’idée que les fondamentalistes installent une théocratie.

Les chancelleries occidentales, devant ce qu’elles considèrent comme un coup d’État militaire, critiquent avec une naïveté criminelle la décision d’Alger.

François Mitterrand, interrogé, a cette phrase terrible : « Il faut que l’Algérie renoue avec le processus démocratique. » […] Ignore-t-il vraiment l’étendue des massacres perpétrés par le mouvement islamiste pour préférer soutenir ses militants en leur donnant l’asile ? Le fait est que les dirigeants du Fis trouvent alors en France une base arrière pour continuer leurs actions terroristes en Algérie.

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Une autre France, islamique

“Un pan entier de la jeunesse française réfute l’histoire de France, refuse de se reconnaître dans la culture française… et même dans la langue française. Comment nier que loin de toucher quelques individus isolés, l’enrôlement dans l’islam radical révèle l’émergence d’une autre France qui se reconnaît davantage dans la loi musulmane ? Une autre France qui vit de plus en plus séparée de la première, la regarde avec défiance, et commence à rêver de s’imposer vis-à-vis d’elle, arguant de la supériorité de ses “valeurs” sur celles, justement, prônées par la République. Une autre France qui s’affiche par le port de plus en plus massif non seulement du voile et de ce sac dont les femmes revêtent d’informes pantalons, mais encore du qamis ou de la djellaba dont se couvrent les hommes, tous afin de bien souligner leur “différence”, c’est-à-dire leur refus d’assimilation. On parle de repli identitaire ? Moi je dénonce un déploiement de l’identité islamique dans ce qu’elle a de plus caricatural. Aucun précédent historique n’avait préparé les prétendues élites françaises à cette nouvelle réalité, tout à fait inédite : la troisième génération d’immigrés déniant le pays d’accueil de leurs arrière-grands-parents !”

L’aveuglement de Michel Foucault

“Michel Foucault, même si on doit par ailleurs saluer son oeuvre philosophique, est l’un des grands responsables de la complaisance actuelle des intellectuels à l’égard de l’islamisme. Envoyé par le Corriere della Sera à l’automne 1978 dans un Iran en ébullition, il est enthousiasmé par le mouvement populaire qui va conduire au renversement du Shah. Un peu plus tard, il justifie la violence de la révolution des Mollahs. […] À relire le Foucault de la fin des années 1970, on en éprouve quelque tristesse : il a certes compris très tôt le poids politique de l’islam face à un monde occidental sans Dieu, mais on se demande par quelle aberration cet esprit brillant a bien pu s’aveugler sur la barbarie en marche. Son élan de sympathie a ouvert la voie à la condamnation des défenseurs de la liberté et de l’égalité par la cléricature intellectuelle. Elle n’est pas sans rappeler le traitement que l’on infligeait aux dissidents soviétiques envoyant des messages sur la réalité oppressive du régime communiste. Les intellectuels occidentaux sont devenus les alliés du régime soviétique, cédant à la fascination de la révolution d’octobre 1917. Henri Barbusse, Romain Rolland, Louis Aragon participèrent ainsi à la création d’une chimère meurtrière qui fit près de 80 millions de victimes. Sans oublier Jean-Paul Sartre qui, en 1954, de retour de son propre voyage en URSS, glorifia le stalinisme.

C’est dans la lignée de Michel Foucault, comme le rappelle Michael Walzer, que la philosophe américaine Judith Butler considère le Hamas et le Hezbollah comme des mouvements sociaux progressistes qui font partie intégrante de la gauche altermondialiste.”

L’urgence de la « déradicalisation des esprits »

“Les origines du mal qui est en train de conduire à la décomposition macabre de notre nation sont connues. D’abord le différentialisme inspiré du modèle anglo-saxon a triomphé, privilégiant les droits des groupes au détriment des individus avec son pendant, le relativisme culturel. Les États sont prêts à accepter des dérogations aux droits fondamentaux tels que l’égalité entre les femmes et les hommes pour des communautés. […] La guerre contre Dae’ch est une chose. Mais le combat contre les “bien-pensants” occidentaux en est une autre, à bien des égards, plus complexe et sournoise. Il est vital que nous commencions dès à présent cette “déradicalisation” des esprits, à l’instar de ce que l’on tente de faire avec les djihadistes rentrés de Syrie ou d’Irak. Cette bataille des idées sera longue et complexe. En toute hypothèse, elle est vitale pour notre civilisation.”

Jeannette BOUGRAB

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08 septembre 2017

ALLONS-NOUS ALLER VERS DE PLUS EN PLUS DE CATASTROPHES NATURELLES DUES AU RÉCHAUFFEMENT DE NOTRE PLANÈTE OU NON ?

Evènements naturels extrêmes : pas d’augmentation

Il se produit en moyenne 300 catastrophes naturelles par an, soit presque une par jour ; nous en sommes informés en temps réel  et la responsabilité du réchauffement est presque systématiquement invoquée. Il se diffuse ainsi dans l’opinion l’idée d’un dérèglement climatique qui irait en s’accentuant sous l’effet du réchauffement. Les différentes sources de données  exploitées dans cet article sont convergentes : il n’y a pas d’augmentation de la fréquence , de l’intensité et de la durée des événements  extrêmes depuis le début de l’ère industrielle, qu’il s’agisse des cyclones et des tempêtes, des inondations, des sécheresses et des vagues de chaleur . Cela est d’ailleurs admis par le GIEC dans son rapport spécial sur les événements extrêmes de 2012, et dans son 5ème rapport d’évaluation de 2013.

Le GIEC indique qu’il n’y a pas d’augmentation des phénomènes climatiques extrêmes.

Dans ses plus récentes publications (Rapport sur les événements extrêmes de 2012 [1]et le 5ème rapport d’évaluation de 2013[2]) le GIEC admet qu’il n’y a pas de preuves d’une augmentation des phénomènes climatiques extrêmes,  encore moins celle d’une relation de cause à effet entre ceux-ci et les émissions de gaz à effet de serre. S’agissant des sécheresses, le GIEC  va jusqu’à reconnaître que « les conclusions du quatrième Rapport d’évaluation concernant l’augmentation des sécheresses hydrologiques à l’échelle de la planète depuis les années 1970 n’ont plus lieu d’être« .

Les citations suivantes (extraites du SREX et du 5ème rapport d’évaluation) attestent de la prudence du GIEC sur cette question :

Concernant les vagues de chaleur et les sécheresses

Les épisodes de sécheresse du dernier millénaire étaient d’une plus grande ampleur et d’une durée plus longue que ceux observés dans de nombreuses régions depuis le début du XXe siècle (degré de confiance élevé). (rapport AR5)

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Sur les inondations

On peut dire avec un degré de confiance élevé que des inondations plus importantes que celles observées depuis 1900 se sont produites au cours des cinq derniers siècles dans le nord et le centre de l’Europe, dans l’ouest de la région méditerranéenne et dans l’est de l’Asie. L’amplitude et/ou la fréquence des grandes inondations actuelles sont comparables ou supérieures à celles observées par le passé au Proche-Orient, en Inde et dans le centre de l’Amérique du Nord (degré de confiance moyen). {2.6.2 et 5.5.5}

On manque toujours d’éléments de preuve s’agissant du signe de la tendance concernant l’intensité et/ou la fréquence des inondations sur le plan mondial d’après les relevés instrumentaux, d’où le faible degré de confiance associé à ce signe.

 

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Sur les cyclones enfin

Un faible degré de confiance est accordé à toute augmentation observée à long terme (40 ans ou plus) de l’activité cyclonique dans les zones tropicales (intensité, fréquence, durée), si l’on prend en considération l’évolution des capacités d’observation. SREX [3.3.2, 3.3.3, 3.4.4, 3.4.5]. L’attribution à une influence humaine de tout changement décelable dans l’activité des cyclones tropicaux ne bénéficie que d’un faible degré de confiance, pour diverses raisons: incertitudes qui entachent les relevés historiques, compréhension imparfaite des mécanismes physiques qui lient les paramètres des cyclones tropicaux au changement climatique et degré de variabilité de l’activité cyclonique.(SREX). Ce qui est reconnu par le GIEC  en revanche, c’est l’augmentation continue de l’exposition aux risques (du fait notamment de l’augmentation de la population et de la tendance de celle ci à se concentrer dans des zones littorales[3]).

 Stabilité du nombre total d’événements

Ces chiffres sont extraits de l’édition 2014 du rapport annuel de la société d’assurances AON[22] intitulé Annual Global Climate and Catastrophe Report [23]AON désigne « catastrophe naturelle » tout évènement réunissant au moins l’un des critères suivants: 50 millions de dollars perte économique, 25 millions de dollars perte assurée, 10 décès, 50 blessés, 2000 maisons / structures endommagées. Selon ces critères, AON a dénombré 258 événements qualifiés « catastrophes naturelles » en 2014, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne 2004-2013 qui est de 260.

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Catastrophes naturelles 2004-2014 (Source AON)

Le rapport des  Nations Unies de 2015  «  The human cost of weather-related disasters 1995-2015» fait état pour les 20 dernières années (1995-2015) de 6 457 inondations, tempêtes, vagues de chaleur, sècheresses et autres évènements liés à des phénomènes climatiques, soit une moyenne annuelle de 335 désastres. L’EM-DAT  [24]base de données des désastres naturels  donne pour la période 1995-2015 une moyenne de 270 événements  :

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Désastres naturels 1995-2015 – source : EM-DAT

La compagnie de ré-assurance  Munich RE  [25] fournit les chiffres suivants  :

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Catastrophes naturelles 2010 (Source Munich RE)

NB : Si les données relatives au nombre d’événement fournies par les Nations Unies, l’Em-Data et AON sont relativement cohérentes (bien que ne portant sur les mêmes périodes de temps), celles de Munich Re apparaissent sensiblement différentes avec une moyenne de 615 événements par an sur les 30 dernières années : cet écart pourrait être dû au fait que Munich Re inclut dans ses statistiques les orages sévères et les tornades (ce point est à éclaircir).

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Les inondations sont les événements extrêmes les plus fréquents

Une répartition des événements par type de désastre est fournie par le rapport de l’UNISDR (United Nations Office for Disaster Risk Reduction ) intitulé « The human cost of weather-related disasters 1995-2015« . Sur la  période 1995-2015, les inondations représentent 43% du total évènements et les tempêtes 28%.  Les tremblement de terre (qui ne sont pas des événements climatiques) comptent pour  8% du total.

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Occurrences par type d’événements 1995-2015 (Source EM-Data donne pour la période 1995-2015 : 57% pour les inondations (2889 événements), 6% pour les sécheresses (321), 37% pour les tempêtes (1877 événements).

Stabilité de l’activité cyclonique

Les cyclones tropicaux sont nommés «ouragans» dans l’Atlantique nord, le golfe du Mexique et l’est du Pacifique nord  ou «typhons» dans l’ouest du Pacifique nord et la Mer de Chine méridionale. Les cyclones tropicaux se forment sur l’eau chaude des mers tropicales. Pour qu’un cyclone tropical se forme il faut que l’océan soit a plus de 26°C et qu’il soit situé à une distance supérieure à 550 km de l’équateur afin que la force de Coriolis (nulle à l’équateur) puisse agir sur le déclenchement du mouvement tourbillonnaire initial. Les cyclones extratropicaux (tempêtes d’hiver) prennent naissance dans les latitudes moyennes et puisent leur énergie dans les zones de fortes différences de températures entre les tropiques et les pôles.

Evolution de l’activité cyclonique globale  1970-2015

Le  site weatherbell.com[26]   répertorie la totalité des tempêtes qui affectent le globe (tropicales et extra tropicales) sous la responsabilité de Ryan Maue, un expert du domaine. Les donnée (mises à jour le 30 novembre 2015) remontent à 1970, et fournissent donc  une vision de l’évolution à long terme. L’activité cyclonique a marqué une grande variabilité interannuelle au cours des 40 dernières années associée à des mécanismes climatiques de grande échelle (El Niño et l’oscillation décennale du Pacifique). On n’observe pas de tendance haussière ou baissière de la fréquence des tempêtes tropicales et des ouragans pour le globe depuis 1971.

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Fréquence, 1970-2016 des tempêtes tropicales et des ouragans (sommées sur une année)

NB : Les séries du haut représentent le nombre des tempêtes tropicales qui ont atteint le minimum pour être identifiées (vents soutenus maximaux au dessus de 34 nœuds). Le graphe du bas est relatif au nombre d’ouragans (vitesse au dessus de 64 nœuds). » (mis à jour le 30 novembre 2015).

Même constat chez Météo France

Le graphe ci-dessous [27]montre l’évolution du nombre de cyclones tropicaux depuis 21 ans. Si la part « Atlantique » (en vert) augmente depuis 1995, le nombre annuel sur l’ensemble du globe (en orange) ne semble pas affecté par cette augmentation et stagne aux alentours de 85 à 90 par an. Ainsi, selon Météo France :

Il n’est pas démontré d’augmentation sensible du nombre de cyclones sur l’ensemble du globe dû au réchauffement de la Terre durant ces dernières 50 années. Les experts de l’OMM et du GIEC s’accordent à avancer que cette tendance à la « stabilité » devrait se poursuivre »

Cyclones nombre total

Activité cyclonique globale 1989-2009 (Source Météo-France)

Réduction du nombre de cyclones tropicaux entre 1970 et 2009

Le tableau ci-dessous extrait du rapport SREX  du GIEC montre une tendance à la diminution de la moyenne annuelle du nombre au cours des 4 décennies 1970-2009.

  1970-79 1980-89 1990-99 2000-09
Nombre de cyclones tropicaux détectés par satellite (moyenne/an) 88,4 88,2 87,2 86,5
Source GIEC (SREX) : Trend in tropical disasters reported versus tropical cyclone detected by satellite during the last four decades (Table 4-1)[28]

Même constat selon AON

Les 2  graphique ci-dessous (17 et 18) extraits du rapport AON  montrent l’évolution du nombre de cyclones tropicaux depuis 2004, nombre total (figure 17), nombre de cyclones ayant touché terre (figure 18). Les droites horizontales matérialisent le nombre de cyclones moyen annuel sur la période 1980-2013 (34 ans).

Cyclones tropicaux nombre total

Activité cyclonique Globale 2004-2014 (Source AON)

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Nombre de cyclones ayant touché terre – 2004-2014 (Source AON)

Le graphique de la figure 17 montre une relative stabilité du nombre de cyclones tropicaux entre 2004 et 2014. Celui de la figure 18 montrent une diminution du nombre de cyclones de catégorie 1 et 3  ayant touché terre, notamment à partir de 2007.

 

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L’activité cyclonique aux Etats-Unis depuis 1851

Les statistiques de  l’activité cyclonique aux Etats unis sont intéressantes car  elles portent sur plus de 150 années. La NOAA[29]  a fait un classement les cyclones ayant frappé le Etats Unis au cours de la période 1851-2010 en fonction de leur intensité mesurée selon la force des vents (Echelle Saffir/Simpson[30]). Sur les 35 cyclones les plus violents (catégorie 3 ou supérieures) ayant frappé les Etats Unis depuis 1851, 17 sont survenus avant 1950, 11 entre 1954 et 1989, et 7 entre 1992 et 2010. Le cyclone le plus intense est FL Key (1935) suivi de Camille (1969), Katrina (2005) arrivant en 3ème position. Le tableau ci-dessous extrait du rapport de la NOAA  montre le nombre de cyclones par décade de 1851 à 2010 classés selon leur intensité (échelle de 1 à 5) :

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Nombre d’ouragans aux Etats Unis par catégorie 1851-2010 (Source NOAA)

Ce tableau montre pour la totalité des ouragans :

  • les 3 décades ayant connu le plus grand nombre d’ouragans sont 1941-50 (24), 1881-90 (22), 1891-1900 (20).
  • les décades situées dans les 50 dernières années ont connu l’activité la plus faible : 1961-70 (14), 1971-80 (12), 1981-90 (15), et 1991-2000 (14).
  • la décade 2001-2010 a connu  19 cyclones, un chiffre à peine supérieur à  la moyenne de la période 1851-2010 (17,8).

Appliquant la même analyse aux ouragans de catégories 3 et plus :

  • les décades  ayant connu le plus grand nombre de ces événements sont 1941-50 (10), 1951-60 (9), 1931-40 (8).
  • Les périodes les plus récentes ayant connu le nombre de cyclones majeurs le plus faible se situent dans les 50 dernières années :  1961-70 (6), 1971-80 (4), 1981-90 (4), 1991-2000 (5).
  • La décade 2001-2010 a connu  7 cyclones majeurs, un chiffre à peine supérieur à  la moyenne de la période 1851-2010 (6).

Les tempêtes en France

Le diagramme ci-dessous établi par Météo France [31] montre une diminution sensible du nombre de tempêtes en France entre 1950 et 1999.

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Nombre de tempêtes en France (Source : Météo France, Julien DESPLAT  Responsable Etudes & Climatologie Institut Actuaires)

Les sécheresses

Aucune évolution au plan global entre 1982 et 2012

Un étude publiée en 2014 dans  Nature intitulé « Suivi de la sécheresse intégrée sur tout le globe et système de prédiction[33] » fait le point sur cette question. Extraite de cette étude, la  figure ci-dessous  donne l’évolution de la fraction de terre émergée de la planète affectée par divers degrés de sécheresses sur une période de 30 ans (1982-2012).

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Evolution de la fraction des terres émergées en état de sécheresse (selon 5 niveaux de gravité)

Niveaux de gravité : D0 = anormalement sèche, D1= sécheresse modérée, D2= sévère, D3= extrême, D4= exceptionnelle. Il montre que  la sécheresse mondiale  n’a pas subi d’évolution significative en 30 ans, tant du point de vue de la sévérité que des surfaces affectées. On remarquer le El Niño de 1998 (particulièrement intense) semble avoir provoqué un accroissement ponctuel de la fraction terrestre affectée par les sécheresses.

Les Etats-Unis ont connu des sécheresse et vagues de chaleur les plus intenses dans les années 1930

Bien que le territoire contigu des États-Unis ne représente que 1,8 % de surface de  la planète, on dispose de  variables météorologiques (températures, sécheresse/humidité, vagues de chaleur) permettant d’analyser l’évolution de la sécheresse aux Etats unis sur de longues périodes. Les différents indicateurs sont cohérents : c’est pendant la période  1930 à 1940 que les Etats Unis ont connu le plus grand nombre de vagues de chaleur et de sécheresses.

Vagues de chaleur

Le graphique ci-dessous est fourni par l’agence américaine EPA (United States Environmental Protection Agency[34]). Il  montre les valeurs annuelles de l’indice des vagues de chaleur aux Etats Unis (48 états contigus) de 1895 à 2014. Le graphique s’interprète ainsi : une valeur d’indice de 0,2 (par exemple) peut signifier que 20% du pays a connu une vague de chaleur , ou 10% du pays a connu 2 vagues de chaleur , ou une autre combinaison de la fréquence et de la zone aboutissant à cette valeur. C’est la période 1930-40 qui a connu le plus grand nombre de vagues de chaleurs.

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Index des vagues de chaleur aux Etats-Unis (Source: Kunkel, 2015)

Sécheresses

Le graphique ci-dessous est également fourni par l’agence américaine EPA (United States Environmental Protection Agency[35]).

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Conditions de sécheresse dans 48 Etats contigus 1895-2014 (Source: NOAA)

Il  montre l’évolution des valeurs annuelles moyennes de l’indice Palmer (exprimant la gravité des sécheresse) sur les  48 états contigus des Etats Unis. Les valeurs positives représentent des conditions plus humides que la moyenne , tandis que les valeurs négatives représentent des conditions plus sèches que la moyenne . Une valeur comprise entre -2 et -3 indique sécheresse modérée , -3 à -4 se grave sécheresse , et -4 ou ci-dessous indique une sécheresse extrême . La ligne plus épaisse est une moyenne pondérée de neuf ans. Les données de sur la sécheresse sont cohérentes  avec  celles relatives aux vagues de chaleur. Ce sont les années 1930-1950 qui ont connu les périodes de sécheresse les plus intenses.

Températures maximales

Le graphique ci-dessous [36]analyse les totaux annuels des enregistrements des plus hautes températures quotidiennes à partir d’un ensemble de 970 stations météorologiques possédant au moins 80 ans d’enregistrement.Les température maximale (Tmax) de 970 stations ont été additionnées année par année .

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Températures maximales record enregistrées par 970 stations (1895-2015) (source NOAA/NCDC/USHCNv2)

On remarque les nombreuses années antérieures à 1940 présentant 6000 maximales. Depuis 1954 aucune année ne présente  un total supérieur à 5000. Il  apparaît ainsi que les températures extrêmes ne sont pas de plus en plus fréquentes, mais semblent au contraire diminuer. Le graphique de la Figure 1.3 ci-dessous considère les totaux année par année des relevés par périodes de dix ans, c’est-à-dire 1895-1904, 1896-1905,… 2002 – 2011. Le graphique la courbe des maxima quotidiens pour 704 stations qui possèdent au moins 100 ans de données. On note que la valeur de la dernière décennie est inférieure à la moitié de ce qui a été observé dans les années 1930.

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Nombre de jours de températures maximales enregistrées par 704 stations 1895-2011

Les inondations

Notons d’abord que (selon Wikipedia[18]), dans liste des inondations les plus mortelles recensées, aucune n’a eu lieu au cours des 30 dernières années. La Chine qui paye le plus lourd tribut aux inondations. En 1887 une inondation dévastatrice du fleuve Jaune en Chine a tué entre 1 et 2 millions de personnes. En 1931,  l’inondation du Yangtse[19]a tué (directement ou indirectement)  3,7 millions de personnes dans les 6 mois qui ont suivi l’événement  : 88 000 km2 de terres ont été inondées, laissant 80 millions de personnes sans abri. Ces 2 inondations sont considérées comme les plus grand désastres naturel du 20ème siècle.

Difficultés des mesures

Par rapport aux autres données météorologiques, les données  hydrométriques sont rares et limitées dans le temps en raison de l’absence de systèmes d’observation à long terme. En outre, les données relatives aux inondation dues aux crues de rivière proviennent généralement de différentes institutions et sont souvent recueillies en utilisant différentes méthodes d’évaluation qui peuvent changer au fil du temps. Les changement dans l’utilisation des terres , les différences dans les pratiques de gestion de l’eau ou les vastes prélèvements d’eau ont considérablement changé les flux naturels de l’eau , ce qui rend difficile la détection des  changements induits  par le climat dans les variables hydrologiques . Bien que le reporting des inondation et de sécheresse soit beaucoup amélioré au cours des dernières décennies en raison de l’amélioration de la collecte de données et les flux d’information, Il est difficile de déterminer si une augmentation des inondations déclarées (ou leurs impacts) au fil du temps est principalement due à l’amélioration de la collecte de données ou à des changements réels dans ces événements. De plus les tendances à long terme des variables hydrologiques sont souvent masquées par  une importante variabilité interannuelle et décennale. Des périodes d’observation beaucoup plus longues seraient nécessaires  pour l’observation des changements statistiquement significatifs en raison de leur rareté et du caractère aléatoire de leur apparition.

Causes des inondations

Le tableau ci-dessous analyse les causes des inondations sur la période 1985-2003.

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Inondations par cause 1985-2003 (Source : http://www.dartmouth.edu/~floods/archiveatlas/cause.htm)

La   » pluie  » est évidemment la principale cause de grandes inondations . La deuxième cause principale et la  pluie brève et torrentielle  » qui génère des crues soudaines . Les différentes causes peuvent se combiner (ou être produites ) par une des autres causes. Parmi les autres causes d’inondations , les cyclones tropicaux les pluies de mousson ont une place importante. Enfin , 52 inondations ont  été causées (plus ou moins directement ) par  des ruptures de barrage.

 

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Données globales sur les inondations

Le graphe ci-dessous fournit par l’observatoire des inondations [37](Université du Colorado) fait apparaître un pic entre 1997 et 2006, puis une stabilisation.

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Nombre total d’inondations 1985-2014 (Source Flood observatory http://floodobservatory.colorado.edu)

Les Inondations en Europe

Selon l’agence Européenne pour l’environnement [38],  plus de 325 inondations majeure ont été dénombrés en Europe depuis 1980, parmi lesquels 200 ont eu lieu depuis 2000. Mais le rapport remarque que l’augmentation du nombre d’inondations signalés dans les dernières décades résultent principalement de l’amélioration du signalement des événements et de la modification dans l’utilisation des sols. En effet, ‘augmentation de l’occupation des sols en milieu urbain et la croissance de la population ont augmenté l’exposition des villes européennes aux impacts des inondations. Selon l’ACE, les impacts des événements extrêmes tels que les inondations de l’Elbe (2002) ou l’inondation du système de drainage urbain à Copenhague (2011) démontrent la grande vulnérabilité des villes à des événements météorologiques extrêmes, même si il n’est pas possible d’attribuer ces événements spécifiques au changement climatique anthropique.

Au Royaume uni

Un  étude intitulée «  Trends in reported  flooding in the UK 1883-2013[39]«  publiée le 3 juillet 2013 Hydrological Sciences Journal, analyse une série de données à long terme sur les inondations basé sur les rapports de l’Office météorologique du Royaume-Uni et du Centre UK pour l’ Ecologie et l’Hydrologie. Il s’agit d’un jeu de données unique, les auteurs n’ayant pas connaissance d’autres données sur les inondations portant sur 100 années et plus avec leurs conséquences à l’échelle nationale. On observe au cours du temps une augmentation du nombre d’inondations signalées en liaison avec  une exposition accrue aux inondations liées au développement des zones inondables. Mais en neutralisant l’influence sur les des données des  tendance à l’exposition  de  la population et des logements , la série de données ainsi  ajustée ne montre aucune tendance à l’augmentation des inondations signalées au fil du temps. Elle fait en revanche apparaître une importante variabilité décennale.

En  France

Rémy Prudhomme présente sur le site AFCO[40]  (Association Française des Climato-optimistes) les donnée fournies par le site internet du KNMI[41] néerlandais  qui, sous le titre de European climate assessement and data (ECA&D), publie des séries longues concernant notamment le régime des vents, l’évapotranspiration, la pluviométrie et les températures. Le site KNMI-ECA&D présente neuf stations françaises dont les séries couvrent des durées supérieures à un siècle : il s’agit de Marseille (1749), Lille (1784, qui s’arrête en 2004), Strasbourg (1802), Toulouse (1809), Genève (1826), Dijon (1831), Nantes (1835), Bordeaux (1842), Perpignan (1850), enfin Paris-Montsouris (1886). Ces dix stations recouvrent correctement à la fois le territoire national et les différentes zones climatiques françaises, sauf les zones de montagnes. Il en résulte le diagramme suivant :

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Précipitations en France 1880-2014 (Source KNMI ECAD)

La droite de tendance est pratiquement horizontale, avec une moyenne de 705 mm d’eau par an. Les précipitations annuelles ont varié entre 450 et 950 mm. On voit apparaître quelques années exceptionnelles, citons :

  • l’année 1910, qui a connu la crue historique bien connue de la Seine en janvier, mais aussi d’autres crues importantes en juillet et en novembre, ainsi que des chutes de neige anormales au printemps dans le midi de la France.
  • l’année 1921, avec une sécheresse mémorable dans toute l’Europe du nord ayant notamment engendré des famines en URSS.
  • l’année 1930, avec des inondations catastrophiques dans plusieurs régions françaises.

Le graphique suivant représente l’évolution des précipitations pendant les 30 dernières années .

inondations France 30 ans

Précipitations en France (mm), moyenne 10 stations 1984-2014 (Source KNMI ECAD)

La moyenne des précipitations s’est établie à 700 mm (un peu moins que pendant la longue période examinée précédemment), avec des variations annuelles de 550 à 830 mm. Le fait le plus remarquable est la constance de la moyenne des précipitations observées sur des périodes suffisamment longues. les précipitations annuelles n’ont manifesté aucune tendance prolongée à la hausse ni à la baisse depuis plus d’un siècle. Cette observation vaut également pour la période récente.

Les épisodes cévenols

Les pluies diluviennes  qui se sont abattues sur le sud-est de la France a relancé le débat sur une augmentation de la fréquence de l’intensité et de la durée sous l’effet du réchauffement climatique. Il  n’en est rien ; le diagramme ci-dessous établi par Météo France [42]ne fait apparaître aucune  tendance dans l’évolution des précipitations dans le Sud-est entre 1958 et 2012.

Episodes cévenols météo France

Nombre d’épisodes de pluies diluviennes dans le Sud-est de la France entre 1958 et 2012

Frédéric Nathan, prévisionniste à Météo-France a  récemment [43] résumé la situation française :

« il n’y a pas d’augmentation de tempêtes ou d’inondations sur la France sur les 50 ou 100 dernières années. Dans notre pays, il y a toujours eu des événements climatiques extrêmes comme les pluies cévenoles de la semaine dernière. On a des traces de pluies diluviennes de ce type qui remontent au 12e siècle ».

Vulnérabilisation croissante de nos sociétés

S’il n’ y a pas d’augmentation des extrêmes climatiques, ce qui est avéré en revanche, c’est l’augmentation continue de l’exposition aux risques (du fait notamment de l’augmentation de la population et de la tendance de celle ci à se concentrer dans des zones littorales. L’historien du climat E. Garnier observe une vulnérabilisation croissante de nos sociétés aux désastres naturels qui est pour lui la « rançon d’aménagements des territoires aberrants depuis l’industrialisation et urbanisation massive des littoraux par exemple ». Jan Egeland , Secrétaire général du NRC (Norwegian Refugee Council) déclarait à l’occasion de la publication de son rapport de 2015 :

 » Les millions de vies dévastées par les catastrophes sont le plus souvent une conséquence de mauvaises politiques et de l’artificialisation des structures, que celle des forces de mère nature « .


[1] SREX : Rapport spécial  sur les évènements climatiques extrêmes de 2012S (http://www.ipcc-wg2.gov/SREX/images/uploads/SREX-All_FINAL.pdf)

[2] Rapport AR5 de 2013 (http://www.climatechange2013.org/images/uploads/WGIAR5_WGI-12Doc2b_FinalDraft_Chapter02.pdf

[3] Aux États-Unis, un pays particulièrement vulnérables aux « atterrissages » des ouragans, 39 pour cent de la population,  soit 123 millions de personnes, vivent dans les comtés situés immédiatement le long de la côte et  52% vivent dans des comtés qui drainent les versants côtiers.

[17] http://www.meteo-paris.com/chronique/annee/1921

[18] https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_deadliest_floods

[19] http://www.history.com/this-day-in-history/yangtze-river-peaks-in-china

[20] Flood Facts, Types of Flooding, Floods in History (http://www.livescience.com/23913-flood-facts.html)

[21] http://www.canalacademie.com/ida7532-Histoire-du-climat-avec-Emmanuel-Le-Roy-Ladurie-les-accidents-climatiques-au-XXe-siecle-4-6.html

[22] AON, société d’assurance basée  à Londres dispose de 500 bureaux, opère dans 1200 pays et emploie 65 000 personnes

[23] http://thoughtleadership.aonbenfield.com/Documents/20150113_ab_if_annual_climate_catastrophe_report.pdf

[24] Base de données des désastres (naturels et technologiques), qui compile des sources variées incluant les agences des Nations Unies, les ONG, les compagnies d’assurance, des instituts de recherche et les agences de presse.

http://www.emdat.be/disaster_trends/index.html

[25] http://www.munichre.com/en/reinsurance/business/non-life/natcatservice/significant-natural-catastrophes/index.html

[26] http://models.weatherbell.com/tropical.php

[27] [27] IMPACT du CHANGEMENT CLIMATIQUE sur la FORMATION, la FREQUENCE et l’INTENSITE des CYCLONES (http://www.meteo.fr/temps/domtom/antilles/pack-public/cyclone/tout_cyclone/futur.htm

[28] http://ipcc-wg2.gov/SREX/report/report-graphics/ch4-figures/

[29] NOAA Technical Memorandum NWS NHC-6  : The deadliest, costliest, ans most intense United States tropical cyclones from 1851 to 2010

[30] Niveau 1 : 74-95 mph – Niveau 2 : 96-110 mph – Niveau3 : 111-130 mph – Niveau 4 : 13 -155 mph –  Niveau 5 : V 155 mph

[31] Julien DESPLAT  Responsable Etudes & Climatologie (Direction Ile-de-France/Centre Météo-France)  Institut Actuaires – 19 mars 2013

[32] http://www.cyclonextreme.com/cyclonenewstechnique5.htm

[33] Global integrated drought monitoring and prediction system (http://www.nature.com/articles/sdata20141)

[34] http://www3.epa.gov/climatechange/science/indicators/weather-climate/high-low-temps.html

[35] http://www3.epa.gov/climatechange/science/indicators/weather-climate/drought.html

[36] Ces données ont été fournies par John R. Christy  lors d’une audition devant le « Comité Sénatorial pour l’Environnement et les Travaux Publics » 1er Août 2012. Cette audition a donné lieu à un document traduit par Jacques Duran

[37] L’Observatoire des inondation (Flood Observatory[37]) qui dépend de l’université de Colorado) a été créé pour exploiter les observations satellitaires en vue de détecter les inondations et y répondre. http://floodobservatory.colorado.edu/

[38] European Environment Agenct :  Climate change, impacts and vulnerability in Europe 2012 (An indicator-based report)

http://www.eea.europa.eu/publications/climate-impacts-and-vulnerability-2012

[39] http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/02626667.2014.950581?journalCode=thsj20

[40] http://www.climat-optimistes.com/france-commentaires-sur-les-precipitations/

[41] http://eca.knmi.nl/

[42] Julien DESPLAT  Responsable Etudes & Climatologie (Direction Ile-de-France/Centre Météo-France)  Institut Actuaires – 19 mars 2013

[43] http://www.franceinfo.fr/emission/le-vrai-du-faux/2014-2015/nicolas-hulot-il-y-une-multiplication-d-evenements-climatiques-en-france-23-09-2014-08-10

 

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LES OURAGANS ET LA…

 


“TAXE CARBONE” !

 


Jean Goychmann

 

 

 
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Un cyclone a dévasté les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Cette dernière est plutôt connue sous le nom de Saint-Barth dans le petit monde de la jet set. La population de cette petite île de 9.000 habitants environ est essentiellement constituée d’européens et d’américains fortunés. Wikipédia nous apprend que « en 1957, David Rockefeller y achète une propriété. Le milliardaire est imité, et depuis les années 1960 l’île s’est transformée en une destination touristique de luxe, renforcée par l’interdiction de construire des immeubles de grande hauteur et l’absence d’un tourisme de masse. »

Nul ne conteste que cette île a été durement touchée mais il est néanmoins surprenant que durant plus de 48 heures, l’ensemble des médias “main street” (comme dirait Le Huffington Post) aient passé en boucle sans discontinuer des images de cette catastrophe somme toute… naturelle. Que l’on doive éprouver de la compassion pour les malheureuses victimes de Saint-Barthélémy ou de Saint-Martin est parfaitement respectable, mais le nombre d’heures télévisées consacrées à l’évènement paraît disproportionné. D’autant plus qu’une fois le cyclone passé, il ne se passe plus grand-chose et que les présentatrices des chaînes d’information ont visiblement du mal à meubler.

Ah ! Ce réchauffement climatique…

Or les cyclones sur ces deux petites îles n’ont (hélas pour elles et leurs habitants) rien d’exceptionnel. Parlant des super-ouragans, Météo-France estime même qu’il y en a en moyenne un tous les quatre ans. Alors se pose la question de savoir pourquoi celui-ci en particulier semble prendre une telle importance au point de mobiliser tant de médias et si longtemps. J’avais bien une petite idée, mais je pouvais me tromper. La réponse m’est venue au bout d’une journée. Le réchauffement climatique était quasiment le seul responsable de ces évènements. Et lorsqu’on parle de « réchauffement climatique », il faut comprendre l’effet du dioxyde de carbone que notre civilisation répand sans limite dans l’atmosphère. Ce gaz-à-effet-de-serre est en train de mettre littéralement la planète « en ébullition ». Or, il n’échappe à personne (du moins à quiconque s’intéresse un tant soit peu au problème) que la principale source de chaleur qui réchauffe la Terre est de toute évidence la seule étoile de notre système : le Soleil.

On sait que la quantité d’énergie rayonnée par le Soleil depuis des millénaires est loin d’être constante et que l’orbite décrite par la Terre autour de lui n’a rien d’un cercle parfait. Depuis les travaux de Kepler (1571–1630) nous savons qu’elle s’apparente plutôt à une ellipse et que, plus la Terre est éloignée du Soleil, moins celui-ci la réchauffe. Tout ceci pour vous dire que notre monde est en perpétuel changement climatique. On nous parle d’élévation de la température moyenne, mais personne ne se hasarde à en donner la valeur. On nous dit simplement qu’elle a augmenté d’un degré Celsius depuis 1850, sans qu’on sache quel était le point de départ. Bref, tout ceci manque un peu de précision. Certains « climatologues » (je ne sais pas comment cette appellation est contrôlée) nous prédisent le pire pour les années à venir et ils ont même réussi, au travers de la COP21, à donner à ces prévisions la patine de l’authentique.

Il faut sauver le soldat COP21

De plus, mettre ces observations et ces conclusions en doute expose ces mécréants à se faire traiter d’hérétiques, et , bien sûr, à les vouer au bûcher médiatique. Vous êtes « climatosceptique » ? – Vous n’êtes plus fréquentable ! Vous devenez un véritable paria, tricard des micros et des caméras. Beaucoup d’entre eux ne désirant pas marcher dans l’Histoire aux côtés de Galilée, préfèrent se taire plutôt que d’affronter la multitude. Et puis, un beau jour, arrive un Donald Trump qui, lui, renverse la table en dénonçant les accords de la COP21 (qui sont pourtant d’une indigence totale eu égard aux contraintes qu’ils induisent). Le Président des États-Unis est climatosceptique ! Ça n’était pas prévu au programme. Aussitôt, le monde « civilisé » s’est dressé comme un seul homme. Il faut sauver le soldat COP21 : voilà le mot d’ordre !

Et pour cela, tout est bon, y compris l’exploitation plus ou moins fallacieuse de l’actualité. Souvenez vous : les incendies de cet été ? – Réchauffement climatique ! Orages? – Réchauffement climatique ! Et maintenant, les ouragans ? – Réchauffement climatique !

Bien sûr, pour donner une sorte de vernis scientifique, on convient que ces « catastrophes naturelles » ont toujours existé, mais c’est leur ampleur qui atteste de la contribution du réchauffement climatique… Pourtant, à y regarder de plus près (dans le cas des ouragans récents) les vitesses enregistrées avaient déjà été atteintes dans le passé. Alors, on nous parle de vitesses calculées car les anémomètres ne peuvent résister à de telles vitesse. Et on nous annonce des vents de 350 km/h, sans préciser qu’il s’agit uniquement de rafales. On omet simplement de nous dire que l’ouragan Irma de 2017 (295 km/h) est derrière Allen (305 km/h en 1980), à égalité avec Wilma (2005), Gilbert (1988) et celui dit des « Florida Keys » en 1935.

L’amplification du phénomène due au réchauffement n’apparait pas évidente. Alors, pourquoi une telle insistance ? Pourquoi doit-on absolument persuader l’opinion publique que tous les grands problèmes posés à notre civilisation, y compris le terrorisme islamique (!), trouvent leur cause commune dans le réchauffement climatique entièrement dû à l’activité de l’homme à la surface de la planète ?

Je n’ai qu’une seule explication. C’est que certains y ont intérêt. Essayant d’en savoir un peu plus sur cette fameuse « taxe carbone » autour de laquelle tout cela tourne visiblement, j’ai trouvé immédiatement sur Internet des dizaines de sites faisant référence à des fraudes sur ce sujet.

Le lecteur intéressé pourra sans difficulté se rendre sur ceux-ci. Voici 3 liens parmi une multitude d’autres…

Jean Goychman
08/09/2017

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06 septembre 2017

5ème Edition du Festivak du Cinéma Russe à Nice, du 19 au 23 setembre 2017

5ème EDITION DU FESTIVAL DU CINEMA RUSSE A NICE, DU 19 AU 23 SEPTEMBRE 2017

5ÈME EDITION DU FESTIVAL DU CINÉMA RUSSE À NICE, DU 19 AU 23 SEPTEMBRE 2017

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Depuis 2013, à l’initiative du Fonds d’Etat des films de la Russie (« Gosfilmofond »), la ville de Nice accueille le Festival du cinéma russe. Ce festival est l’occasion de découvrir ou redécouvrir des films d’archives rares, des classiques du cinéma soviétique, des documentaires ou des dessins animés, mais aussi de visionner des films plus récents, inédits en France, en présence de l’équipe du film.

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Cette 5ème édition rendra hommage au cinéaste Andreï KONTCHALOVSKI qui a reçu en 1979 le Grand prix spécial du jury au Festival de Cannes pour Sibériade, en 2002 le Grand prix du jury à la Mostra de Venise pourLa Maison de fous, en 2014 et en 2016 le Lion d’argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise pour Les Nuits blanches du facteur (2014) et Paradis (2016).

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La cérémonie d’ouverture se déroulera le mardi 19 septembre à 20h00 avec le film Paradis (2016) en l’honneur de Andreï KONTCHALOVSKI. La cérémonie de clôture aura lieu le samedi 23 septembre à 20h00 avec le film Le temps des premiers (2017) de Dimitri KISSELEV, film inédit en France et primé du Grand prix au XXVe festival du cinema « Vivat cinema de Russie ! ».

Les films seront projetés en version originale avec des sous-titres français. Les projections auront lieu avec la participation de comédiens, réalisateurs, producteurs et filmologues russes. L’entrée est gratuite.

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Christian ESTROSI Maire de Nice Président de la Métropole Nice Côte d'Azur, Président délégué de la Région Provence-Alpes Côte d' Azur

La culture est une ouverture au monde qui rapproche les hommes, et le cinéma en est l’une des expressions contemporaines parmi les plus vivantes, les mieux partagées, les plus accessibles.

Les images peuvent davantage mettre en lumière que les mots, elles interpellent notre esprit, troublent nos sens, séduisent notre cœur, et transcendent nos idées. Le cinéma nous amène vers cette compréhension plus subtile du monde et de notre humanité.

Depuis 2013, à l’initiative du Gosfilmofond de Russie, les cinéphiles niçois peuvent découvrir les créations du cinéma russe : des films d’archives rares, des classiques du cinéma soviétique, mais aussi des documentaires, des dessins animés, des films plus récents, inédits en France, présentés en avant-première en présence de leurs réalisateurs ou acteurs. Ce Festival est l’occasion privilégiée d’appréhender la production cinématographique actuelle en Russie. Je souhaite que ce cinquième rendez-vous annuel avec le cinéma russe soit un moment d’ouverture au monde, de découverte, et de partage.

Lors de cette 5e édition, le Festival rendra un hommage particulier au cinéaste Andreï KONTCHALOVSKI, à son parcours artistique dans le temps de 1969 à 2016 et aux différents univers cinématographiques. Les réalisations Le nid de gentilshommes et Paradis dévoilent toute cette richesse artistique. Ce cinéaste incontournable à reçu en 1979 le Grand prix spécial du jury au Festival de Cannes pour Sibériade, en 2002 le Grand prix du jury à la Mostra de Venise pour La Maison de fous, en 2014 le Lion d’argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise pour Les Nuits blanches du facteur, en 2016 le Lion d’argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise pour Paradis.

Le cinéma russe récent sera également présent et programmé en soirée, une rencontre avec ses auteurs ou acteurs permettra de mieux appréhender son évolution, tout comme une programmation de dessins animés destinée aux jeunes publics.

Notre époque a plus que jamais besoin de la culture et du 7e ART pour rendre visible ce qui l’est moins, et ainsi rapprocher les hommes.

Par ces moments privilégiés de découverte, de partage et de compréhension, il est heureux de consolider cet échange culturel et cinématographique avec la Russie.

Le cinéma, par nature, rend davantage visible la complexité, la diversité du monde et la condition humaine dans le langage universel. Le 7e Art demeure l’un des outils majeurs de la compréhension mutuelle entre les peuples. 

Christian ESTROSI

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Nikolaï BORODATCHEV Directeur général du Gosfilmofond de Russie, lauréat du Prix d’Etat de la Fédération de Russie

Chers amis, Je suis heureux de constater que le Festival du cinéma russe de Nice fête ses 5 ans en 2017. Il y a cinq ans, nous avons entrouvert la porte des trésors du Gosfilmofond pour partager les joyaux de notre collection unique avec le public français. Nos séances sont devenues une découverte pour ceux qui ne connaissaient pas le cinéma russe, et une joie pour ses admirateurs. Un vif intérêt de la part des visiteurs du festival à Nice nous a convaincu de poursuivre cette bonne tradition.

Cette année, le Gosfilmofond de Russie a encore amené un magnifique programme sur la Côte d’Azur. En le composant, nous nous sommes efforcé de prendre en considération tous les points de vue. Le public français va certainement apprécier le film Viking, devenu la superproduction la plus chère dans l’histoire du cinéma russe. Ceux qui s’intéressent à l’espace, ne resteront pas indifférents au film Le temps des premiers, où les vedettes russes Evgueni Mironov et Konstantin Khabenski ont joué les rôles principaux. Les spectateurs verront également le film de Pavel Lounguine La Dame de pique, thriller mythique, version contemporaine, d’après l’œuvre éponyme d’Alexandre Pouchkine.

Nous n’oublions pas les dates anniversaires de nos grands cinéastes. En août prochain, Andreï Kontchalovski, légende du cinéma, maître qui n’a pas besoin de présentations, a fêté ses 80 ans. Nous proposons ses deux films : Le nid de gentilshommes, d’après le roman éponyme d’Ivan Tourgueniev, et Paradis, Lion d’argent à Venise. Ce film inaugurera le 5e Festival du cinéma russe de Nice.

Fin 2016, le président russe Vladimir Poutine a signé une ordonnance prévoyant les manifestations consacrées au 100e anniversaire de la révolution 1917 en Russie. Dans le cadre du festival, nous avons préparé les projections spéciales des films légendaires : Tchapaev, des frères Vassiliev, et Octobre, de Sergueï Eisenstein.

Pour la joie des jeunes spectateurs, nous proposons des dessins animés, les plus fascinants qui ont été créés dans les studios « Soyuzmultfilm ».

La France est un ami et partenaire privilégié pour la Russie. Des liens forts relient nos pays : des liens économiques, culturels, humanitaires. En 2017, nos citoyens fêtent plusieurs dates importantes, dont les 20 ans du jumelage Nice-Saint-Pétersbourg et les 300 ans de la visite de Pierre le Grand en France.

Le développement de la culture, c’est une clé pour résoudre beaucoup de problèmes, puisque plus chaque personne est cultivée, plus la société l’est aussi. Le cinématographe de ce point de vue est sans aucun doute un procédé universel .

Nikolaï BORODAVCHEV

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Le Programme :

 

DOCUMENTS À TÉLÉCHARGER

5ÈME FESTIVAL DU CINÉMA RUSSE À NICE : PROGRAMME (EN RUSSE)5ÈME FESTIVAL DU CINÉMA RUSSE À NICE : PROGRAMME (VF)

 

 

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Pour mémoire quelques photos de presse prises lors du 4 ème Festival du Film Russe à Nice en 2016 par Agency Press International DIACONESCO.TV - C. Copyrights - Nice - 2016

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05 septembre 2017

GUERRE DE 1870 SOUS NAPOLEON III : LA BATAILLE DE BAZEILLES par José CASTANO écrivain-historien

HISTOIRE DE FRANCE : 

LA BATAILLE DE BAZEILLES

Par José CASTANO

« L’arme de tous les héroïsmes et de toutes les abnégations, j’ai nommé l’Infanterie de Marine » Par (Maréchal LYAUTEY – 1854 – 1934)

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Après l’héroïque sacrifice de la Légion étrangère à Camerone, le 30 avril 1863, où les soixante hommes du capitaine Danjou avaient tenu jusqu’au bout leur serment « de se défendre jusqu’à la mort » face à deux mille mexicains, sept ans et quatre mois plus tard, les 31 août et 1er septembre 1870,  l’infanterie de marine allait écrire à son tour, à Bazeilles, sa plus glorieuse page d’Histoire.

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La guerre franco-allemande oppose, du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, la France de Napoléon III à la Prusse de Guillaume Ier. Commencée en Alsace et en Lorraine, elle voit l’armée allemande prendre l’avantage sur l’armée française du Rhin qui, commandée par le Maréchal Bazaine,est refoulée et assiégée dans la ville de Metz. Une deuxième Armée (12ème Corps d’Armée),  sous les ordres du Maréchal Mac-Mahon - comprenant la Division d’Infanterie de Marine - est aussitôt formée pour lui porter secours et dégager la ville. Cependant, lors de sa difficile progression vers Metz, elle se heurte au gros des forces allemandes et doit se replier en direction de Sedan qu’elle atteint le 31 août. C’est alors que le général de Vassoigne, qui commande la division d’infanterie de Marine dite « Division Bleue », reçoit l’ordre d’attaquer, de conquérir et de tenir avec la 2ème brigade le village de Bazeilles, occupé par les Allemands, situé dans le département des Ardennes en région Champagne-Ardenne, qui verrouille les accès sud-est de Sedan.

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La « Division Bleue »avait la particularité de réunir, pour la première fois dans l'histoire des troupes de marine, des Marsouins (quatre régiments de marche) et des Bigors (un régiment  d’artillerie). Elle était composée de :

- La 1ère brigade du général Reboul, formée du 1er Régiment d'Infanterie de Marine de Cherbourg et du 4e de Toulon,

- La 2ème brigade du général Martin des Pallières, formée du 2e Régiment d'Infanterie de Marine de Brest, du 3e de Rochefort et du 1er Régiment d'Artillerie de Marine de Lorient qui fournissait 3 batteries.

Le 31 août vers midi, c'est l'attaque. Le général Martin des Pallières commande l’assaut. L'ennemi est refoulé, mais sa supériorité en nombre et en artillerie lui permet, en multipliant ses attaques, de reprendre pied dans la localité. La mêlée est acharnée ; les pertes sont sévères des deux côtés ; le général Martin des Pallières est blessé et le village en feu. Néanmoins, au prix de multiples assauts héroïques et de sacrifices, les Troupes de Marine reprennent le contrôle d’une partie de la localité, sur la frontière nord. La 1ère brigade arrivée en renfort en fin de journée permet la reprise totale de Bazeilles à la tombée de la nuit.

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Le 1er septembre, les forces bavaroises du général Von der Tann investissent à l’aube la localité désertée par les Français. Ce n’était qu’un piège tendu par le Commandant Lambert, sous-chef d'état-major de la division, qui ordonna aussitôt une contre-attaque victorieuse menée par 150 marsouins survoltés. Bazeilles est de nouveau française.

À ce moment survient un coup de théâtre. Le général Ducrot, qui vient de remplacer Mac Mahon blessé, veut regrouper l'armée et l'ordre est donné d'abandonner Bazeilles. Ce que l'ennemi n'a pas réussi, la discipline et la bêtise l'obtiennent : Bazeilles est évacué. Mais le général de Wimpffen, porteur d'une lettre de service, revendique le commandement et, prenant le contrepied des dispositions de son prédécesseur, ordonne que soient réoccupées les positions abandonnées.

Il faut donc reprendre Bazeilles dont les Bavarois n'ont pas manqué de s'emparer entretemps. De Vassoigne n'hésite pas et, en dépit de la colère et de la rancœur légitime de ses hommes, sa division, bien que fourbue et meurtrie, s'empare une nouvelle fois du village malgré la défense acharnée de l'adversaire.

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Le 1er Corps d'armée Bavarois, renforcé d'une division supplémentaire et appuyé par une artillerie de plus en plus nombreuse, reprend son pilonnage intensif et ses attaques meurtrières qu'il combine avec des manœuvres d'encerclement, tandis que dans le village se multiplient les incendies.

Luttant à un contre dix, les soldats français, malgré les obus qui les écrasent, les incendies qui les brûlent et les suffoquent, la faim et la soif, défendent pied à pied chaque rue, chaque maison et chaque pan de mur. Ils ne cèdent le terrain que peu à peu infligeant à l'ennemi des pertes sévères. Cependant, cette résistance acharnée, cette action désespérée ne peuvent que réduire de minute en minute leur effectif… aggravé par le fait que les munitions commencent à manquer cruellement.

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Vers 11 heures, la 2ème Brigade de la « Division Bleue », submergée par l’adversaire, doit se replier sur les hauteurs de la Moncelle. Pour protéger leur repli, des Marsouins au nombre d’une centaine se regroupent à la sortie nord du village, dans l’auberge de la Bourgerie que le Commandant Lambert a commencé à transformer en fortin. Comme leurs camarades légionnaires, à Camérone, ils jurent de ne pas faillir à leur mission et résistent pendant plus de trois heures à un ennemi supérieur en nombre. Les munitions venant désormais à faire défaut, c’est à la baïonnette qu’ils défendent âprement leur position. Vers 15h, les officiers encore en vie estimant que le sacrifice de ces quelques hommes d’exception serait vain, ils ordonnent l’arrêt des combats et revendiquent par la voix du Capitaine Aubert, de tirer les onze dernières cartouches, d'où le nom de «Maison des dernières cartouches », qui fit l'objet d'une popularisation comme un des hauts-faits de la guerre.

La bataille est terminée. Les Bavarois, impressionnés par le courage de ces quelques hommes fourbus, épuisés mais vaillants ne peuvent que les épargner et laissent aux Officiers leur sabre, ultime marque de respect et d’admiration. La « Division Bleue » a perdu 2 655 hommes au cours de ce seul affrontement. Quarante civils Bazeillais trouvèrent la mort au cours des combats des 31 août et 1er septembre. Cent cinquante autres moururent des suites de leurs blessures dans les six mois qui suivirent la bataille. L'ennemi, pour sa part, avait laissé sur le terrain 7 000 tués dont plus de 200 officiers Ce moment d'histoire a été illustré par le célèbre tableau d’Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville, peint en 1873, représentant la défense de l'auberge Bourgerie : « Les dernières cartouches » et conservé à Bazeilles à la Maison de la dernière cartouche.

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Bazeilles est resté depuis, un haut-lieu et un symbole des troupes de marine. L’anniversaire de cette bataille est commémoré chaque année dans tous les corps de troupe de France et d’Outre-mer et sur les lieux mêmes où se produisit cet événement.

Le 2 septembre 1870, Napoléon III signa la capitulation de Sedan. Cette reddition se solda par la perte des territoires d’Alsace et de Lorraine, entraîna la chute du Second Empire, l’exil de Napoléon III, l’avènement de la Troisième République et pérennisa l’établissement définitif du régime républicain en France.

José CASTANO

courriel : joseph.castano0508@orange.fr

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L'ITALIE SUBMERGÉE PAR L'IMMIGRATION CLANDESTINE DES MIGRANTS VENUS DE TOUTE L'AFRIQUE BASTA LA COUPE EST PLEINE ELLE DÉBORDE !

Pape François,

 

le grand remplaçant

par

Xavier Théry

 - 4 septembre 2017

Source : https://www.causeur.fr/

 

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Les jésuites qui font vœu d’obéissance au Pape ont pour devise Nec Perinde ac cadaver * qui signifie qu’ils sont soumis tels des cadavres à son autorité. Le Pape François qui est issu de leurs rangs a dévoilé à l’occasion des journées mondiales des migrants et des réfugiés un discours qui nous invite à nous soumettre à un nouvel ordre social et international remettant en cause les structures et les équilibres patiemment construits de nos sociétés européennes et américaines.

Un discours capital qui fera date dans l’histoire par l’aveuglement que révèlent beaucoup de ses propositions. Un discours qui s’articule en 4 points qu’il fonde sur la doctrine de l’Eglise : accueillir, promouvoir, intégrer et protéger les migrants et les réfugiés. Chacun des 4 points de son programme contient une bombe sociale, des troubles économiques gigantesques et un ferment de guerre civile, nous allons le voir…

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Accueillir

Tout d’abord, là où la pensée dominante fait aujourd’hui un amalgame commode entre migrants (économiques) et réfugiés (politiques ou issus de pays en guerre), le Pape, lui, les identifie clairement pour les mettre en équivalence en termes de droits et de devoirs. Au moins les choses sont claires : nous devons selon lui accueillir les migrants tout autant que les réfugiés.

Tout migrant qui sollicite notre accueil doit être accueilli et son arrivée facilitée « dès le départ ». Les demandes doivent être toutes facilitées par les autorités consulaires et les entrées sur notre territoire doivent ainsi être toutes « légalisées ». On voit ici tous les bouleversements que recèle l’invite du Pape : les corridors qu’ils nous demande de mettre en place pour acheminer tout migrant qui en fait la demande videront l’Afrique de ses forces vives pour venir appauvrir l’Europe déjà incapable de donner du travail à environ 20% de sa population.

A lire aussi: François, le Pape qui ne savait plus être Pape 

La phrase la plus remarquable de ce discours est ici : « il faut faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale »… Elle ne peut que nous plonger dans un abîme de perplexité sur la capacité du Pape à saisir les enjeux du monde : ne voit-il pas que derrière la sécurité d’une nation, c’est la sécurité de millions de personnes qui est en jeu ?

On remarquera enfin qu’à travers cette primauté du droit personnel sur le droit national, Le Pape envoie complètement balader l’ordre mondial que l’ONU tente de préserver depuis 1945 et qui est fondé sur le respect de la souveraineté des Etats-nations.

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Protéger

Tout migrant doit avoir selon le Pape une facilité de circulation intégrale dans les pays d’accueil, la liberté de travailler où il veut et doit pouvoir accéder partout aux moyens de formation. Il est intéressant ici de constater que le Pape qui se fait par ailleurs le critique du capitalisme mondialisé, est incapable de conceptualiser que le migrant devient une ressource malléable à l’infini par les forces du capital et une variable d’ajustement pour produire toujours moins cher en contraignant les populations locales à aligner leurs salaires sur ceux des migrants.

L’expression « d’idiot utile » du capitalisme financier vient à l’esprit mais elle est sans doute galvaudée. Il vaudrait mieux parler de « danger public » tant les propositions du Pape si elles étaient mises en pratique bouleverseraient l’équilibre économique de nos sociétés déjà atteintes par la Mondialisation. Le Pape nous invite à la paupérisation générale.

C’est aussi une insulte au génie de la France, de l’Europe et de l’Amérique qui ont su patiemment bâtir des sociétés où a été libéré l’esprit des Lumières, où ont été inventés les technologies qui permettent à l’homme de vivre mieux et plus longtemps partout dans le monde, où a été conçu un mode de vie qui sert aujourd’hui de modèle à tous ceux qui dans le monde veulent s’émanciper et vivre libres. Comment ne pas voir qu’une immigration sans contrainte mettrait rapidement tout cela à bas et que par effet induit les populations restées en Afrique seraient les premières à en souffrir.

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Promouvoir

C’est dans ce chapitre que le programme du Pape prend toute sa dimension dévastatrice. Jusqu’ici on aurait pu croire que le Pape voulait permettre à tout individu de s’installer où il veut et quand il veut sans tenir compte des frontières ni du droit des États. Mais on découvre que son programme est plus vaste puisqu’il invite les États à favoriser et encourager le regroupement familial en l’étendant aux parents, collatéraux, grands-parents, enfants et petits-enfants. Ce ne sont plus des individus que le Pape nous demande d’accueillir, mais des familles, des communautés, des villages entiers.

On se souvient que le concept de « grand remplacement » avait fait scandale sous la plume de Renaud Camus. Mais avec le Pape François, ce concept prend forme et sera couvert de son autorité. Tout homme de bonne foi en demeurera inconsolable.

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Intégrer

Bien évidemment et vous l’aurez deviné, l’intégration pour le Pape François ne saurait se confondre avec l’assimilation. C’est le modèle multiculturaliste qu’il défend. Mieux encore, les citoyens des États d’accueil des migrants sont qualifiés de « communautés locales ».

Conscient du fait que la bonne intégration passe par les échanges interculturels, on pourrait s’attendre à ce que le Pape propose de former les migrants aux cultures nationales. Non, c’est l’inverse que propose le Pape : il demande aux autorités de « développer des programmes visant à préparer les communautés locales aux processus d’intégration »… Il s’agit donc de formater les esprits des citoyens pour qu’ils acceptent le fait migratoire…

A lire aussi: Pape François: le christianisme contre la chrétienté 

Après les événements de Charlottesville, on voit ici à quel point les propositions du Pape, si elles étaient mises en œuvre, seraient autant d’aiguillons dans la dynamique de tous les extrémistes qui agitent nos sociétés. Au moment où des fractures béantes traversent nos sociétés, au moment où 27% des jeunes français musulmans sont, selon le CNRS, en voie de désintégration et de rejet de leur identité nationale française (la haine de la France, parlons clairement), au moment où l’activisme islamique se développe sans cesse, au moment où le terrorisme mine la confiance dans le « vivre-ensemble », les propositions du Pape sont non seulement irresponsables mais, j’ose le dire, coupables. Elles sont le ferment d’une guerre civile latente qui ne manquerait pas d’éclater si nos gouvernants suivaient le Pape à la lettre.

Heureusement tout ceci n’arrivera pas car nos gouvernants sont plus sages que le Pape. Et éclairés. Non pas par « l’esprit saint », mais par la raison et l’esprit de liberté qui nous ont guidés (contre l’Eglise et les jésuites) depuis la Révolution. Mais il est désolant de voir que le Pape couvre de son autorité bimillénaire et de l’audience que tous ses nonces ont auprès des gouvernants une dérive idéologique. Son discours sera repris par tous ceux qui veulent nous soumettre à un nouvel ordre social multiculturel, tolérant avec les intolérants, fasciné par le fanatisme religieux. J’en suis personnellement définitivement inconsolable.

* Nec perinde, nec cadaver ! Ni soumis, ni morts.

Xavier Théry

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 Basta immigrazionne disent plus d'un élu de tout bord de la classe politique en Italie la coupe est pleine elle déborde... Basta ! 

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La crise des migrants ou l’exploitation des pauvres contre les pauvres

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Sous la pression d’un fort courant abolitionniste, l’esclavage issu de la traite négrière fut aboli en 1830 dans les colonies anglaises, en 1848 dans les françaises, à l’avènement de la IIe République. Préférant ne pas employer les anciens esclaves, les grands intérêts économiques de ces colonies organisèrent la venue d’une main-d’œuvre issue de pays de l’océan Indien composée de travailleurs immigrés pauvres qu’on appelait « les engagés », le phénomène global étant nommé « l’engagisme ». Quel éclairage l’étude des mécanismes de ce qui fut une grande migration peut-il apporter à la crise des migrants à laquelle l’Europe est aujourd’hui confrontée ?

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Mère Angela et les missionnaires de la charité

En septembre 2015, Angela Merkel a surpris l’Europe en annonçant que l’Allemagne était prête à accueillir sur son sol deux millions de « réfugiés ». Ce petit chef-d’œuvre tactique et stratégique a pris à contre-pied tous les pays confrontés à la pression migratoire à leurs frontières. Tactique parce que comme d’habitude avec la chancelière dans sa gestion du court terme, cela permettait de redorer l’image de l’Allemagne en la présentant comme généreuse et accueillante dans le même temps où sa conduite de l’Union européenne (UE) et sa gestion de l’euro martyrise les peuples des pays que ses médias appellent avec mépris « pays du Club Med ». Et stratégique parce que la raison principale est bien évidemment la demande du patronat allemand combinée à l’anxiété des couches supérieures face à la crise démographique. Les Allemands sont en dessous du taux de renouvellement des générations, il faut absolument trouver de la main-d’œuvre. On va donc piller les pays du Sud de l’UE en important leurs diplômés supérieurs, contraints d’émigrer en Allemagne puisque, dans la division du travail européenne, ils n’ont plus de débouché professionnel chez eux. Pillage parce que bien entendu, l’Allemagne accueille ces compétences, le coût de la formation réglé par les pays d’origine, il n’y a pas de petites économies…

Mais il faut aussi des bras pour les travaux durs, et quoi de mieux que de jeunes immigrés surnuméraires dans leur pays d’origine, que l’on pourra exploiter beaucoup plus facilement que les couches populaires des pays développés européens qui ont déjà un siècle et demi de tradition de luttes et d’organisation. Dans un dessin assez écœurant de cynisme, le dessinateur du quotidien officiel du néolibéralisme nous a annoncé la couleur.

 

Ce dessin de Plantu scandalise les bobos bien-pensants. 

Il ne fait qu'exprimer la réalité: l'immigration massive sert la classe dominante.

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Alors a été lancée à grande échelle l’opération « Refugees welcome ». Devant l’évidence, le terme « réfugiés » a fini par disparaître au profit de celui de « migrants ». Mais la propagande a continué avec les mêmes armes : culpabilisation, appel à la compassion, injonctions morales, mensonges éhontés, et surtout l’invisibilation de tous ces pauvres des pays européens premières victimes de la mise en œuvre de cette gigantesque opération. Parce que, chose extraordinaire, toutes les interventions politiques et médiatiques à propos de cette migration sauvage ne se placent que du point de vue des migrants. Car il faut être clair, le sort qui leur est fait conséquence de cette opération cynique est simplement dramatique. Et ils sont évidemment les premières victimes de ces nouveaux trafics. Mais c’est aussi le cas de ceux, à peine moins pauvres qui prennent aussi de plein fouet une triple spoliation sur laquelle on reviendra plus loin.

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Une main-d’œuvre docile et peu coûteuse

Opération cynique, car à qui fera-t-on croire que les autorités allemandes ont imposé cette solution à l’UE parce que leur cœur saignait face à la détresse des réfugiés de ces pays où l’Occident a porté la guerre ? Soyons sérieux. Il s’agit simplement « dans les eaux glacées du calcul égoïste », de la mise en place d’un nouvel « engagisme » destiné à importer de la main-d’œuvre docile et peu coûteuse. Comme ce fut le cas au XIXe siècle dans les colonies après l’abolition de l’esclavage. Mais s’il ne faut pas mécaniquement comparer ce qui n’est pas comparable, l’identification des traits communs est révélatrice.

Le premier est la communauté d’objectif: fournir des bras à l’économie, soit parce qu’il en manque ou parce que ceux qui sont là sont désormais hors-jeu. C’est ce qui s’est passé lorsque l’esclavage ayant été aboli, les planteurs refusèrent de salarier les anciens esclaves et préférèrent faire venir du « matériel neuf » renvoyant les esclaves libérés à leur misère et à leur marginalité dont on voit encore aujourd’hui les effets. Le dessin de Plantu, plus clair qu’un long discours nous renseigne sur cette similarité.

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Petits trafics entre ONG

En second lieu les méthodes utilisées relèvent de la même logique. Il y eut deux sortes d’engagisme, l’un non réglementé, qui vit les razzias se poursuivre sur les côtes de l’Afrique de l’Est et de Madagascar, la différence résidait dans le caractère contractuel des conditions soumises à l’engagé devenu une sorte de serf par rapport aux anciens esclaves. La deuxième forme résultait d’un encadrement juridique plus strict, par exemple les accords existants entre la France et l’Angleterre pour le « cheptel » prélevé aux Indes. Cet encadrement n’était pas destiné à mieux protéger les « coolies », bien sûr, mais à permettre aux États de conserver le contrôle du trafic.

C’est exactement ce qui s’est passé récemment avec la Turquie. La crise de l’été 2015, et l’arrivée massive des migrants, passant de la Turquie à la Grèce avant de rentrer dans les Balkans, a été réglée par la négociation, disons des marchandages avec Erdogan. Le point de départ pour l’Europe des migrants s’est alors déplacé à la Libye dont on sait dans quel état l’a laissée l’intervention franco-anglaise. Après plus d’un an d’anarchie à base de violence, de racket, voire de véritables « marchés aux esclaves » s’est mise en place une forme de régulation étrange. L’acheminement des stocks étant « sous-traité » à d’étranges intervenants. Le crime organisé en Libye pour acheminer jusqu’aux ports, contrôler les embarquements et percevoir sa dîme. Prise en charge ensuite par des ONGà l’origine et au financement opaque, capables d’armer de véritables petits paquebots et qui viennent récupérer les malheureux à proximité des côtes libyennes pour les acheminer en Italie.

En Italie, où là aussi, la mafia toujours rapide à identifier les sources de revenus, contrôle désormais l’essentiel des filières de la remontée de la péninsule. En France, il semble que l’on soit a priori à l’abri pour l’instant d’une trop grande criminalisation du processus, à part peut-être pour l’alimentation des réseaux de prostitution. La cohorte des belles âmes, généreuses avec la misère et l’argent des autres pour s’acheter une bonne conscience, est, semble-t-il, pour l’instant suffisante. Et sous leur pression, l’État met la main à la pâte tout en mesurant la nécessité de son implication dans l’organisation. Ainsi, on vient d’apprendre qu’Emmanuel Macron s’était mis d’accord avec Angela Merkel pour mettre en place une « sélection » au départ des migrants.

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L’abandon des couches populaires

Le troisième point commun relève du préjudice subi par les couches populaires confrontées à cette volonté d’importation de main-d’œuvre. Une petite connaissance de l’île de la Réunion et de l’île Maurice, permet d’appréhender au travers du statut social économique des communautés créoles noires, les conséquences dans la durée de l’engagisme tel qu’il s’est pratiqué. Ce qui permet d’ailleurs d’alimenter un racisme latent justifiant le statut inférieur de ces communautés.

Pour prendre l’exemple de la France d’aujourd’hui, les Français pauvres sont confrontés à une triple spoliation. Tout d’abord avec la décision de considérer qu’une partie des couches populaires, des chômeurs, des précaires, des plus pauvres est définitivement désaffiliée. Ils étaient déjà délaissés, ils seront abandonnés. Ensuite, cette gestion des migrants coûte cher à la collectivité. Et ce sont les institutions en charge du social dont les budgets sont déjà dramatiquement bas qui doivent faire face à ces importants surcoûts. Enfin, les mêmes couches populaires, déjà en situation d’insécurité matérielle, culturelle, et en panne d’espoir pour leurs enfants, se cabrent et prennent en haine ceux dont ils ont le sentiment qu’ils leur volent le peu qu’il leur reste et cherchent à leur imposer un modèle culturel dont ils ne veulent pas. C’est se tromper d’adversaire, les migrants n’étant comme eux-mêmes, ni particulièrement méchants, ni particulièrement gentils. Mais ils sont plongés dans une misère noire, désespérés de ne pas trouver l’eldorado qu’on leur avait promis, et confrontés à des modes de vie qui leur sont étrangers.

Alors, parler dans ces conditions de cohabitation harmonieuse et essayer d’imposer à coup d’injonctions morales, ce qui est perçu de part et d’autre comme une souffrance, c’est être soit irresponsable, soit cynique. Chez les politiques et les belles âmes, les trafiquants du « nouvel engagisme », il semble que l’on soit souvent les deux.

Régis de CASTELNAU

Régis de Castelnau
Avocat.Régis de Castelnau anime le blog Vu du Droit depuis 2012. En consacrant sa vie professionnelle d’abord au Droit social puis au Droit Public dont il fut un des premiers praticiens actifs au sein de la profession d’avocat. Il y ajouta une activité universitaire, doctrinale ...
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03 septembre 2017

LE VEAU D'OR NOUVEAU DIEU DE NOTRE TRISTE MONDE EN PERDITION !

LE POUVOIR DE L'OR

par Jim Rickards

 

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Pourquoi ? Quand ?

Le simple constat d’un effondrement de marché – même vu sous l’angle de la théorie de la complexité – intéresse finalement peu les investisseurs qui se préoccupent moins du pourquoi quelque chose s’achève que du quand. L’avidité joue un certain rôle. Même si les investisseurs s’accordent sur le fait que les marchés financiers vont s’effondrer, ils restent sur le navire jusqu’à ce que cela se produise. En fait, voici ce que disent les investisseurs : 

« Je sais qu’il y a une bulle, mais les gains sont si attractifs que je ne peux résister. Contactez-moi la veille du krach : je vendrai tout et je m’orienterai vers les liquidités, j’achèterai de l’or et je conserverai mes gains. Voici mon numéro de téléphone. »

Le souci, face à cette attitude, c’est que personne ne connaît ni le jour ni l’heure. Cette lacune ne provient pas d’un manque d’analyse : elle est tout bonnement scientifique.

L’essence de la complexité, ce sont que des changements invisibles des conditions initiales produisent des résultats radicalement différents. Les processus de marché sont non-linéaires et pratiquement non-déterministes. Il peut y avoir un lien de cause à effet entre le catalyseur et l’effondrement. Mais il est trop modeste pour être observable, et le timing est difficile à prévoir. Prévoir un krach boursier, c’est comme prévoir un séisme. Si l’on est sûr que l’évènement va se produire et que l’on peut en estimer la magnitude, personne ne sait jamais quand, exactement, il va se produire.

Des expériences scientifiques réalisées en laboratoire, notamment avec des sacs de sable (semblables à la dynamique du flocon de neige et de l’avalanche), de même que des simulations sur ordinateur s’appuyant sur des automates cellulaires, révèlent que des évènements extrêmes ont une distribution de degrés. Mais même en réalisant un million d’expériences, on ne peut prédire quel grain, exactement, va provoquer l’effondrement du tas de sable.

C’est l’instabilité systémique, et non un catalyseur individuel, qui détruit votre argent. Les investisseurs inquiets ne doivent pas se concentrer sur les flocons mais plutôt guetter l’avalanche. Toutefois, il est assez plaisant de rechercher des flocons.

Le flocon le plus sensationnel, ce serait peut-être l’annonce qu’une livraison d’or, destinée à une banque de premier plan, ne peut être réalisée. Pour les marchés, ce serait un choc équivalent à celui des défauts sur les prêts subprime de 2007. Une frénésie d’achat sur l’or, une super flambée des cours de l’or et une onde de choc sur les autres marchés seraient autant de conséquences prévisibles.

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Or matière première − Or monnaie

L’or est la classe d’actif la moins bien comprise au monde. La confusion est due au fait que l’or se négocie comme une matière première alors que ce n’est pas une matière première mais bien une monnaie. Les pays détenant des dizaines de milliers de tonnes d’or dans leurs chambres fortes ne font rien pour établir cette distinction. Les banques centrales savent bien que l’or est une monnaie. Mais elles ne veulent pas que vous le sachiez, simplement.

Pourtant, la présence de 35.000 tonnes d’or dans des chambres fortes gouvernementales, soit environ 15% de tout l’or extrait à ce jour, témoigne bien du rôle monétaire que joue l’or en dépit des dénégations officielles. Même le FMI, qui a officiellement démonétisé l’or en 1974, en détient 2.800 tonnes. La Banque des Règlements Internationaux, en Suisse, connue pour son rôle de banque centrale des banques centrales, a 108 tonnes sur propre compte. Les banques centrales et les ministères des Finances ne possèdent pas des réserves de cuivre, aluminium ou d’acier. Pourtant, ils possèdent de l’or. La seule raison expliquant que les banques centrales stockent de l’or est évidente : l’or est une monnaie.

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Or monnaie & monnaie fiduciaire

Mais le fait que les banques centrales privilégient des types de monnaie fiduciaire tels que le dollar et l’euro les force à jouer cette comédie vis-à-vis de l’or. La raison est la suivante : les banques centrales ont le monopole de la monnaie fiduciaire. Il n‘existe pas de monopole sur l’or. Pour l’instant…

L’une des conséquences de cette confusion sur la nature de l’or est la façon schizophrène selon laquelle l’or se négocie. Parfois, il se négocie en tant que matière première et réagit à l’inflation, à la déflation et aux changements intervenant sur les taux d’intérêt réels, tout comme n’importe quelle autre matière première. Les négociants du COMEX sont heureux de vendre des contrats à terme dits « front-month«  (contrats actuels), et d’acheter des contrats dits « back-month * » (contrats suivants) en réalisant un profit corrigé des coûts de stockage et de transport. C’est ce que l’on appelle le « contango » (opération de report). Les acquéreurs d’or institutionnels, tels que SAFE, un fonds souverain chinois secret, apprécient que les cours soient peu élevés car ils n’ont pas bouclé leur programme d’acquisition. Certains détenteurs d’or attendent en vain que les négociants de contrats à terme sur l’or notifient le COMEX qu’ils exigent une livraison d’or physique. Il n’y a pas assez d’or physique pour satisfaire cette demande. Les marchés à terme de l’or s’effondreraient rapidement si c’était le cas. Mais pourquoi les négociants exigeraient-ils une livraison ? Les banques et les courtiers gagnent beaucoup d’argent avec les pratiques actuelles. Il n’y a aucune raison, dans l’immédiat, que les petits intermédiaires ou les méga-institutions brisent une dynamique des cours de l’or dont ils tirent parti.

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L’or : quelle valeur ?

Lorsque l’or s’envolera vers sa valeur monétaire intrinsèque de 10.000 $ l’once – par rapport à sa valeur actuelle de 1.250 $, qui est celle d’une matière première – ce ne sera pas dû à une révolte des intermédiaires, mais parce que le mécanisme de transmission entre l’or physique et le marché des dérivés de l’or cèdera. La divergence entre la valeur perçue de l’or-matière première et sa valeur monétaire réelle penchera du côté de la monnaie. Les signes en sont visibles.

L’un d’eux s’est manifesté en novembre 2014, lorsque les cours de l’or ont nettement divergé de l’Indice des matières premières de Thomson Reuters (Thomson Reuters Continuous Commodity Index). L’or est l’une des composantes de cet indice, qu’il a étroitement suivi pendant des années. Cela n’a rien d’étonnant : la composante d’un indice est censée suivre l’indice dont elle fait partie. Et puis en novembre 2014, l’indice a accéléré à la baisse, alors que l’or s’échappait à la hausse. Cette divergence a persisté tout au long de 2016. Le mois de novembre 2014 marque la période à partir de laquelle l’or perçu en tant que monnaie a commencé à prendre le pas sur l’or perçu en tant que matière première.

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L’envers du décor

D’autres signes sont moins visibles, mais tout de même plus intrigants. Le 18 juillet 2014, j’ai dîné avec un ami dans un club privé sélect, à New-York. Cet ami est l’un des négociants d’or physique les plus expérimentés dans le monde. Il m’a dit quelque chose de stupéfiant, mais qui correspond à ce que j’ai entendu à Hong-Kong et à Zurich.

Ce n’est pas en restant assis devant des écrans, à regarder les cotations, que l’on apprend beaucoup de choses sur l’or. L’or est physique, pas éphémère. Dans le domaine de l’or, les experts sont les négociants, les sociétés minières, les affineurs et les opérateurs qui assurent la logistique et la sécurité des chambres fortes, qui gèrent les véhicules blindés et les avions affrétés pour transporter l’or partout dans le monde. J’ai pour habitude de rencontrer ces experts de l’or physique dès que j’en ai l’occasion.

 

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Le restaurant du club était dépourvu de fenêtre, son éclairage tamisé. Ses murs, ornés des traditionnelles boiseries et imposantes moulures, étaient littéralement couverts de toiles, des nus pour la plupart, conférant au lieu une atmosphère de bohème. Ce club était l’endroit idéal pour évoquer l’or, cette monnaie « old-school« . C’est ce que nous avons fait en dégustant des huitres, du crabe en mue et un champagne millésimé.

Cet ami négociant avait été témoin d’un étrange incident, en 2009, impliquant HSBC, une banque dite « too big too fail«  et l’un des plus grands négociants d’or au monde. HSBC possède une chambre forte sur la 39ème West Street à Manhattan, près de la bibliothèque de New-York. L’extérieur de la chambre forte est quelconque, inaperçue aux yeux des milliers de personnes qui passent devant chaque jour. Les véhicules blindés venus livrer ou charger de l’or accèdent à ses trois quais de chargement par la 39ème rue. Un véhicule blindé à double-essieu stationne souvent à proximité d’un des quais pour acheminer l’or vers une chambre forte de la Brinks, beaucoup plus vaste, située à l’aéroport JFK, dans le Queens. L’or est expédié par avion de JFK partout dans le monde, vers des destinations telles que la Suisse et Shanghai.

Derrière les portes du quai de chargement, se trouve une salle de comptage. Les négociants effectuant de petites livraisons peuvent arriver à pied, avec des pièces ou des lingots qu’ils transportent dans des sacs de postier. Cette salle de comptage est entourée de vitres blindées. Ainsi, les négociants se tenant à un endroit de la salle peuvent observer l’activité qui se déroule autour d’eux. Mon ami se trouvait dans cette salle afin de déposer 100 onces en pièces. Il a remarqué qu’une livraison beaucoup plus importante, de barres de 400 onces, était en cours de déchargement sur le quai adjacent. Malicieusement, il a interpelé l’employé de la salle en lui lançant « Hé ! Je vous échangerais bien ces pièces contre ces barres d’or, là-bas ». L’employé a baissé les yeux et confié, à voix basse : « Vous n’avez pas intérêt à le faire, ces pièces-là ont plus de valeur », ce qui sous-entendait que les barres en question étaient « saupoudrées » ou partiellement contrefaites.

Peu de temps après cet incident, HSBC a brutalement annoncé qu’elle mettait fin à ses activités de stockage d’or, excepté pour ses clients les plus importants. Les comptes de taille modeste et intermédiaire ont été priés de partir et d’emporter leurs pièces avec eux. Beaucoup d’employés ont été licenciés, y compris celui qui avait signalé à mon ami cet or contrefait. La femme qui pilotait les opérations de dépôt depuis plus de vingt ans, Stephanie Schiffman, est morte dans son sommeil… bien avant l’heure.

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Or contrefait

L’histoire ne s’arrête pas là. Peu de temps après, la Chine a identifié une livraison d’or contrefait : il s’agissait de fausses barres recouvertes d’or, provenant de HSBC. La banque agissait comme intermédiaire, dans cette transaction. L’origine des fausses barres n’a pas été divulguée par la Chine. La Chine a exigé une livraison de remplacement qu’HSBC s’est empressée d’effectuer. Toute cette affaire a été étouffée et vite oubliée. Depuis 2009, la Chine a énormément étendu ses activités minières et ses capacités d’affinage. Désormais, elle est moins dépendante de l’Occident, en termes d’approvisionnement. La Chine se protège également des contrefaçons provenant des banques en exigeant que les anciennes barres de 400 onces, achetées à des sources occidentales, soient affinées en Suisse et transformées en barres d’1 kg, d’un degré de pureté plus élevé. Il n’y a aucun intérêt à livrer des barres de contrefaçon à un affineur car la supercherie est immédiatement décelée lorsque l’or est fondu. Les fausses barres de 400 onces restent en Occident.

Les transactions d’or-papier sont adossées à un stock d’or physique qui s’amenuise. Les contrefaçons chinoises sont symptomatiques des tensions régnant sur l’or physique. Mon ami négociant m’a confié que l’approvisionnement était très tendu. Les commandes d’une dizaine de tonnes, voire plus, sont difficiles à satisfaire. La loi américaine exige que les ventes à terme se soldent par une livraison sous 28 jours. Sinon, ces ventes se voient requalifier en contrats à terme (« futures »), qui sont illégaux à moins d’être négociés sur les marchés à terme réglementés. Dans le contexte actuel, où le marché est tendu, cette loi est régulièrement ignorée dans la mesure où les négociants ont du mal à réaliser une livraison dans le délai imparti. Le gouvernement américain n’a manifesté aucun intérêt à faire appliquer la loi. Si l’on ajoute ces ventes à terme illégales au nombre de positions ouvertes déclarées sur les marchés à terme, on comprend mieux que cette pyramide inversée des dérivés de l’or repose sur de moins en moins d’or physique.

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Réserve flottante & réserve totale

L’or physique qui constitue le socle de cette pyramide inversée représente la réserve flottante. Elle se distingue de la réserve totale. La réserve flottante est composée de l’or disponible pouvant être livré rapidement pour soutenir l’activité des négociants. La réserve totale, quant à elle, est constituée de tout l’or physique présent dans le monde. La majeure partie de l’or est stockée dans des chambres fortes privées ou bien portée sous forme de bijoux. Cet or ne peut être livré rapidement pour soutenir les échanges. Cette distinction est importante. Cette différence entre réserve flottante et réserve totale pèse directement sur la manière dont l’impossibilité de livrer de l’or physique pourrait dégénérer en frénésie d’achat généralisée.

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Or en location

L’or stocké dans les banques centrales occidentales, au FMI et à la BRI, fait partie des réserves flottantes mises à disposition du marché pour la location (« leasing »). Une fois qu’un certificat est obtenu, via leleasing, par une banque habilitée à négocier l’or (« bullion bank« ), cet or est utilisé afin de réaliser des ventes à terme d’or non alloué. Le terme « non-alloué » est un euphémisme. Cela signifie que l’acheteur se positionne sur le cours de l’or, via un contrat-papier, et non sur de l’or physique. Une tonne d’or allemand, conservée en dépôt à la Réserve Fédérale de New-York et louée par l’intermédiaire de la BRI à Goldman Sachs à Londres, peut servir à adosser des ventes à terme équivalant à 10 10 tonnes d’or. Tous les acheteurs d’une fraction de ces 10 10 tonnes pensent détenir réellement de l’or. Mais il n’y a qu’une seule tonne d’or en contrepartie de ces 10 tonnes. Même cette tonne d’or physique peut être louée et retirée du marché par le loueur.

Lorsque de l’or provenant des banques centrales est vendu au gouvernement chinois et expédié à Shanghai, il est « enfoui », mis en stockage quasi-perpétuel, et n’est plus disponible à la location. La réserve totale demeure la même, mais la réserve flottante diminue. Il en est de même lorsque des pays tels que l’Allemagne et les Pays-Bas rapatrient leur or physique de la Réserve Fédérale de New-York vers les chambres fortes d’Amsterdam et de Francfort. Légalement, cet or pourrait être loué par l’Allemagne ou les Pays-Bas, mais le marché de la location n’est pas très développé dans ces deux pays. Le leasing se concentre à New-York et à Londres, où le droit commercial est clair et la jurisprudence rassure énormément les parties effectuant des transactions, s’agissant du caractère exécutoire des contrats. Donc, le rapatriement de l’or vers l’Europe diminue la réserve flottante.

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Or substitué, ou détourné

Elle diminue également à mesure que les investisseurs exigent que leur or soit transféré des chambres fortes de banques, telles qu’UBS ou Crédit Suisse, vers des chambres fortes privées exploitées par Loomis ou Brinks. L’or stocké dans la chambre forte d’une banque est mis à disposition des activités de leasing ou des multiples ventes d’or non alloué. Ce n’est pas le cas de l’or stocké dans des chambres fortes privées. Des responsables de chambres fortes privées m’ont personnellement confirmé ces transferts, opérés des chambres fortes bancaires vers des chambres fortes privées.

Il existe une autre faille, sur le marché de l’or : la substitution illégale de barres allouées. Certains acheteurs possèdent de l’or totalement alloué, ce qui signifie qu’ils détiennent un titre de propriété lié à des barres spécifiques, et non un simple contrat-papier. Les barres de 400 onces aux normes « good delivery«  sont estampillées pour faire apparaître les informations suivantes : le nom de l’affineur, de l’essayeur, le poids spécifique (qui peut être de +/- 400 onces), la date à laquelle la barre a été fondue, sa pureté (qui peut varier de 99,50% à 99,99%), et un numéro de série unique. Grâce à ces estampilles d’identification, chaque barre d’or est unique. Mais l’or est fongible. Cela a toujours fait partie de son charme. J’ai entendu d’innombrables histoires concernant des investisseurs qui avaient exigé livraison de leur or physique et reçu des barres portant d’autres dates, ou d’autres origines de fabrication que celles mentionnées sur leurs titres. Cela signifie que les barres d’origine ont été détournées, et d’autre barres livrées en remplacement. Les destinataires protestent rarement car cela reste de l’or. C’est vrai, sous réserve que les barres de substitution ne soient pas des contrefaçons. Tout cas de substitution prouve que l’or se raréfie.

Toutes ces tendances – le fait que les entrepôts du COMEX se vident, le rapatriement de l’or vers l’Europe, les acquisitions d’or de la Chine, le stockage de l’or dans des chambres fortes situées hors des banques, les substitutions illégales et l’or de contrefaçon – s’accélèrent. Par conséquent, la pyramide inversée des dérivés de l’or s’amplifie et repose sur un socle d’or physique réduit. Des pénuries, retards et fraudes sur les livraisons d’or apparaissent. Pour l’instant, les acteurs du marché font fi de ces dysfonctionnements, heureux d’obtenir de l’or, même s’ils sont confrontés à des retards.

Comme les initiés se rendent compte de cette pénurie d’or physique, une phase de transition apparaît. Ceux qui détiennent des certificats, mais non de l’or physique, commencent à en demander livraison. Cette tendance se remarque dans les récentes démarches entreprises par l’Allemagne et les Pays-Bas en vue de rapatrier leur or. Les demandes d’or physique apparaissent également sur les rapports de la Réserve Fédérale de New-York relatifs aux dépôts d’or. En 2014, l’or conservé en dépôt à la FED a chuté de 177,64 tonnes. Plus de la moitié de cette baisse s’est produite sur un court laps de temps de deux mois : en octobre et novembre 2014. Ce mouvement a été unilatéral. Les dépôts d’or n’ont augmenté sur aucun mois. Ces retraits d’or physique, précipités, se sont produits au moment où les cours de l’or ont divergé par rapport à l’indice des prix des matières premières. La coïncidence des retraits, ainsi que cette divergence des cours, concordent avec l’opinion selon laquelle l’or est une monnaie, et qu’il est rare.

Ces tendances ne sont connues que des spécialistes et des initiés. Le grand public et les responsables politiques américains ne sont pas sensibilisés à leurs conséquences. La pénurie d’or physique par rapport aux contrats, ainsi que la nervosité des parties contractantes concernant la bonne livraison, ont déclenché une frénésie de retraits, classique dans le secteur bancaire sauf qu’en elle concernait l’or.

Cette dynamique rappelle la situation du marché de l’or de 1968 à 1971, lorsque les Européens se sont mis à convertir leurs dollars en or puisé à Fort Knox, ce qui a conduit le président Nixon à fermer le guichet de l’or le 15 août 1971. Aujourd’hui, l’or n’a pas de cours fixe et ne provient pas de Fort Knox, mais de dépositaires privés tels que la Réserve Fédérale et les émetteurs d’ETF. Mais les dynamiques sont similaires.

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Vers la rupture des livraisons

Le contexte est propice à l’annonce de ruptures de livraison. Lorsque cela se produira, les détenteurs d’or-papier voudront tous récupérer de l’or physique en même temps. Le cours flambera tandis que les intermédiaires se débattront pour acheter un or physique de plus en plus rare, et pouvoir tenir leurs promesses de livraison. Les institutions qui, jusque-là, ne s’intéressaient pas à l’or, voudront soudain de l’or pour leurs portefeuilles, ce qui boostera la hausse des cours. […] Le résultat final, ce sera la glace-neuf appliquée à l’or. Les marchés de l’or suspendront les transactions. Les contrats seront résiliés et réglés en dollars au dernier cours de clôture. Les contreparties seront perdantes sur une future appréciation des cours et l’accès à l’or physique. Ceux qui ne détiennent pas d’or ne pourront pas s’en procurer, quel que soit le cours.

Le système financier aura de la chance si la ruée sur l’or se cantonne à l’or et ne se propage pas aux autres marchés. Cela paraît peu probable. Les crises financières sont contagieuses. Même si une ruée sur l’or est rapidement circonscrite, cela ne signifie pas que les marchés financiers sont stables. Il existe d’autres flocons.

Jim Rickards

 

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Lorsqu’une subdivision est considérée comme ayant un marché liquide en ce qui concerne une tranche de maturité spécifique et que la subdivision correspondant à la tranche de maturité suivante est considérée comme n’ayant pas un marché liquide, le premier contrat suivant (back month) est considéré comme ayant un marché liquide deux semaines avant l’expiration du contrat actuel (front month).

Source : http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32017R0583&from=FR

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01 septembre 2017

TO DAY : THE FEDERAL OFFICE OF INVESTIGATION : FBI

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TODAY WE OFFER YOU TO DISCOVER WITH US THE BEST SERVICES THAT EXIST IN THE USA IN THE FIELD OF CRIME AGAINST CRIME IN THE AMERICAN TERRITORY: THE FEDERAL OFFICE OF INVESTIGATION FBI

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Site :

https://www.fbi.gov/

https://www.fbi.gov/contact-us/field-offices

https://www.fbi.gov/wanted/fugitives

https://www.fbi.gov/wanted/terrorism

Histoire du F.B.I. ( source WIKIPEDIA )

Federal Bureau of Investigation

Page d'aide sur les redirections « FBI » redirige ici. Pour les autres significations, voir FBI (homonymie).
Federal Bureau of Investigation
Drapeau du FBI Emblème du FBI

Devise : « Fidelity, Bravery, and Integrity »

Création 26 juillet 1908 par Charles Joseph Bonaparte-Patterson
Type Police judiciaire
J. Edgar Hoover FBI Building 935 Pennsylvania Avenue, Washington, D.C.
Coordonnées 38° 53′ 44″ N, 77° 01′ 31″ O
Langue Anglais
Budget 8,3 milliards de dollars US (année fiscale 2014)
Effectifs 35 104 employés (2014)
Directeur du FBI Andrew G. McCabe
Personnes clés James Comey
Organisations affiliées Département de la Justice des États-Unis
Site web www.fbi.gov [archive]

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
Federal Bureau of Investigation

Le Federal Bureau of Investigation (qui est littéralement traduit par « Bureau fédéral d'enquête »), ou très couramment nommé par son sigle FBI (/ef 'bi ai/)a est, aux États-Unis, le principal service fédéral de police judiciaire et un service de renseignement intérieur. En 2010, la juridiction du FBI recouvre plus de deux cents catégories de crimes fédéraux, faisant du FBI l'organisme d'enquête majeur du gouvernement américain. Ses attributions incluent l'antiterrorisme, le contre-espionnage, le crime informatique et la médecine légale. Établi en 1908, comme Bureau of Investigation (BOI, littéralement « Bureau d'enquête »), ce service est rebaptisé FBI en 1935. Son siège est situé à Washington, et ses bureaux sont disséminés dans plus de quatre-cents villes américaines, et cinquante ambassades dans le monde.

Le sceau du FBI a été créé par le chef illustrateur Leo Joseph Gauthier et est utilisé pour la première fois en 1941. Sur le listel situé sous le blason est inscrit en anglais la devise du service qui est : Fidelity, Bravery, and Integrity (en français : « Fidélité, bravoure, et intégrité »).

Sommaire

Présentation

Le FBI est sous la tutelle du département de la Justice des États-Unis qui lui accorde son budget et définit ses priorités.

Les activités du FBI portent notamment sur :

Son siège est dans l'immeuble J. Edgar Hoover Building à Washington DC et son centre de formation est à Quantico en Virginie Sa devise officielle est Fidelity, Bravery, Integrity.

En 1918, au sortir de la Première Guerre mondiale, le Bureau dispose d'environ 500 agents. En 1996, il comptait environ 10 000 agents et 13 000 employés, ainsi que 500 bureaux, dont 23 à l'étranger[réf. nécessaire]. En 2005, il comptait 12 156 agents et 16 000 autres employés, dont de nombreux ingénieurs, médecins légistes, informaticiens et avocats[réf. nécessaire]. Seuls 15 agents, en 2005, étaient affectés à la surveillance des fraudes sur les hypothèques (l'une des causes de la crise des subprimes)1. Elle dispose aujourd'hui, concernant la délinquance en col blanc, de centaines d'agents de moins que pendant la crise des Savings & Loans des années 1980-19901. Du coup, l'agence se fait parfois assister, concernant cette délinquance, par des entreprises de sécurité privées (dont Kroll1).

Au 30 avril 2012, le FBI employait 35 850 employés (13 851 agents spéciaux et 21 989 employés de soutien) et son budget était 8,1 milliards de dollars américains. Le FBI disposait de 56 bureaux régionaux et de 380 agences locales aux États-Unis, ainsi que de 60 bureaux en dehors des États-Unis au sein des ambassades ou des consulats2.

Émergence

Le directeur du FBI J. Edgar Hoover en 1961.
Poste de commandement mobile du FBI.

L'ancêtre du FBI, le « Bureau of Investigation » (BOI), a été créé le 26 juillet 1908 par Charles Joseph Bonaparte-Patterson, petit-neveu de Napoléon Ier3. Charles Joseph Bonaparte est alors procureur général des États-Unis sous la présidence de Theodore Roosevelt, pour lutter contre le crime organisé à partir d'un groupe d'agents du United States Secret Service. Son siège était alors installé dans l'immeuble du département de la Justice, à Washington D.C..

L'origine même du BOI remonte à la décision de la Cour suprême de 1886, Wabash, St. Louis & Pacific Railroad Company v. Illinois (1886), qui décréta alors que les États fédérés n'avaient pas le droit de réguler le commerce inter-étatique. L'année suivante, le Congrès passa l'Interstate Commerce Act of 1887 (en) (« Loi sur le commerce inter-étatique », 1887), rendant l'État fédéral responsable de l'application de la loi dans les cas inter-étatiques. Mais jusqu'à l'arrivée de Charles J. Bonaparte-Patterson en tant que secrétaire de la Justice, le département de la Justice se contentait d'effectifs limités pour assurer cette fonction. Bonaparte-Patterson fit alors appel à diverses autres agences, dont le Service secret, afin d'obtenir des enquêteurs, mais, en 1908, le congrès vota une loi interdisant au département de la Justice de faire appel à des employés du Trésor. C'est alors que le secrétaire de la Justice Bonaparte-Patterson créa le BOI en y intégrant ses propres agents spéciaux, issus des Services secrets (lesquels acceptèrent de transférer douze de leurs agents au BOI)[réf. souhaitée]. Ainsi, les agents du FBI étaient originellement des agents des Services secrets, et dépendaient, juridiquement, de l'Interstate Commerce Act de 18874.

La première mission officielle du BOI fut de visiter les maisons de tolérance et d'établir des registres de celles-ci, afin de préparer l'application du Mann Act du 25 juin 1910 (ou White Slave Traffic Act, « loi sur la traite des blanches »). Le BOI à pour principal rôle original de lutter contre la corruption5 et contre les « voleurs de terres » qui, dans l’Ouest américain, s’étaient appropriés [Comment ?], avec la complicité de membres du Congrès et de fonctionnaires, des dizaines de milliers d’hectares appartenant à l’État[réf. souhaitée].

Ère Hoover (1924-1972)

J. Edgar Hoover fut nommé directeur du BOI le 10 mai 1924, et demeura en poste pendant près de 48 ans, jusqu’à sa mort en 1972. Hoover s'impliquait de près dans la plupart des enquêtes et projets du FBI. En 1932, le BOI fut renommé United States Bureau of Investigation, tandis que le Scientific Crime Detection Laboratory (ou FBI Laboratory, la division de police scientifique du FBI) fut ouverte la même année, en grande partie grâce aux efforts de Hoover. L'année suivante, il fusionna avec le Bureau of Prohibition, chargé d'appliquer les lois sur la prohibition de l'alcool, et prit le nom de Division of Investigation (service enquête) (DOI), avant d'adopter finalement son nom actuel de « Federal Bureau of Investigation » (FBI) en 19356.

Lester J. Gillis, alias Baby Face Nelson, tué par le FBI en 1934 lors d'un échange de tirs.

Durant l'entre-deux-guerres, ses pouvoirs s'étendent à la suite des difficultés des forces de police locale à faire respecter la loi. Les règlements de compte brutaux à Chicago sont monnaie courante ainsi que le trafic d'alcool. Le service se fit alors rapidement connaître grâce à une excellente politique de relations publiques. Lors de la « guerre contre le crime » des années 1930, le FBI arrêta ou tua un certain nombre de criminels célèbres, tels que John Dillinger, Baby Face Nelson, Kate Ma Barker, Alvin Creepy Karpis, et George Machine Gun Kelly. Durant cette période, le FBI était aussi chargé de lutter contre l'influence du Ku Klux Klan, dont les activités racistes étaient en recrudescence notable. Par ailleurs, grâce au travail d'Edwin Atherton, le FBI arrêta un certain nombre de néo-révolutionnaires mexicains, près de la frontière de Californie, dans les années 1920.

Mais le FBI s'intéressa aussi, dès cette période, aux activistes politiques, mettant en œuvre une surveillance des mouvements politiques les plus divers. La « red scare » (« peur rouge ») affectait en effet les États-Unis à ce moment. Il fallut que le président Franklin D. Roosevelt intervienne pour mettre un terme (temporaire) à ces enquêtes, qui visaient des écrivains tels que Truman Capote ou William Faulkner7.

Jusqu’à la création de l'OSS lors de la Seconde Guerre mondiale, le FBI qui compte alors 900 agents fut le seul grand service américain qui faisait du renseignement humain à l'étranger, essentiellement grâce à ses bureaux en Amérique Latine. Lors de la création de la CIA, successeur de l'OSS, le FBI fut cantonné aux activités de surveillance intérieure.

À partir des années 1940, le FBI se chargea de nombreuses enquêtes de contre-espionnage, qui continuèrent tout au long de son existence. Lors de la Seconde Guerre mondiale, huit agents de l'Allemagne nazie furent arrêtés, accusés d'avoir préparé des opérations de sabotage. Six d'entre eux furent exécutés (voir l'arrêt de la Cour suprême, Ex parte Quirin). Aux côtés de la NSA (National Security Agency), le FBI participa aussi de façon importante au projet Venona, un projet de décodage cryptographique des codes utilisés par l'URSS, mené conjointement avec le Royaume-Uni. Le projet Venona était sous la supervision de Hoover, qui n'en informa la CIA qu'en 1952.

Après la guerre

Clyde Tolson, no 2 du FBI, très proche de Hoover. Certains historiens affirment qu'ils furent amants.

Lors de la guerre froide, la cible prioritaire officielle du FBI fut les réseaux du bloc de l'Est (arrestation de l'espion Rudolph Abel en 1957). Toutefois, l'agence ciblait aussi tous les mouvements « dissidents » des États-Unis, du Ku Klux Klan au Parti communiste des États-Unis et aux divers groupes du mouvement des droits civiques. Ainsi, lors de l'opération secrète de renseignement COINTELPRO8, programme en œuvre de 1956 à 1971, le FBI surveillait, avec l'aide de la National Security Agency (NSA), beaucoup de mouvements d'opposition. Révélé par la Commission citoyenne d'enquête sur le FBI, un groupe de gauche qui avait cambriolé des bâtiments du FBI pour récupérer des dossiers classifiés, le programme COINTELPRO a été sévèrement critiqué par la Commission Church de 1975.

La surveillance du FBI s'étendait aussi aux membres du gouvernement. Ainsi, Hoover ordonne à ses agents d'effectuer une enquête à propos de Jack Valenti, nommé conseiller spécial du président Lyndon Johnson juste après l'assassinat de Kennedy le 22 novembre 19639. L'enquête visait notamment à déterminer si Valenti était homosexuel, une accusation qui suffisait alors à briser une carrière (le conseiller de Johnson Walter Jenkins dut ainsi démissionner peu de temps avant l'élection présidentielle de 1964 pour cette raison) 9. Hoover (qui n'était pas marié, fut pendant 40 ans le compagnon de son « bras droit » Clyde Tolson et a, de ce fait, été soupçonné par certains historiens d'être lui-même homosexuel9) utilisait en effet les informations sur les élites obtenues par ses agents dans le cadre de ses tractations avec la Maison-Blanche9.

Pendant les années 1950 et 1960, les dirigeants du FBI se sentaient de plus en plus concernés de l'influence des leaders des droits civiques. En 1956 par exemple, Hoover prit la rare décision d'envoyer une lettre ouverte dénonçant le Dr T. R. M. Howard, un leader des droits civiques, chirurgien et riche entrepreneur du Mississippi qui a critiqué l'inaction du FBI pour résoudre les meurtres récents de George W. Lee, Emmett Till et d'autres Afro-Américains dans le sud. COINTELPRO servait à enquêter sur et stopper des organisations politiques dissidentes aux États-Unis, y compris les organisations non violentes et militantes, dont le Southern Christian Leadership Conference, leader dans les droits civiques10.

Martin Luther King, Jr. était une cible fréquente des enquêtes. Le FBI n'a trouvé aucune preuve de crime, mais a tenté d'utiliser des enregistrements d'actes sexuels de King pour l'intimider. Dans ses mémoires de 1991, le journaliste du Washington Post Carl Rowan affirme que le FBI a envoyé au moins une lettre anonyme à King l'encourageant à se suicider11.

Quand le président John F. Kennedy est abattu, c'est sous la juridiction de la police locale que sont faites les investigations, jusqu'à ce que le président Lyndon B. Johnson ordonne au FBI de prendre en charge l'enquête12. Pour s'assurer qu'il n'y aura plus de confusion sur les homicides au niveau fédéral, le congrès fait passer une loi qui en donne la charge au FBI.

Après que RICO, la loi sur le racket, prend effet, le FBI commence à enquêter sur d'anciens groupes anti-prohibition, qui sont depuis devenus des façades pour le crime dans les principales villes et même des villes moyennes. Tout le travail du FBI est fait sous couverture et depuis ces groupes en utilisant les ressources financières de RICO pour les démanteler. Bien que Hoover ait initialement nié l'existence d'un réseau criminel organisé aux États-Unis, le Bureau a plus tard mené des opérations contre des syndicats du crime bien connus et des familles, incluant celles menées par Sam Giancana et John Gotti. La loi RICO est encore utilisée aujourd'hui pour tout crime organisé ou individu qui tomberait sous cette loi.

Après Hoover

En 1975, après la mort de Hoover, le FBI s'installe dans son nouveau quartier général, baptisé « John Edgar Hoover FBI Building » en la mémoire de son inamovible directeur. Le Congrès vote aussi une loi limitant la durée de fonction des directeurs du FBI à un maximum de dix années. Au moins deux de ses agents étaient en poste en Amérique latine : Dan Mitrione, qui est enlevé et assassiné en 1970 par les Tupamaros uruguayens, et Robert Scherrer, qui fut l'un des premiers Américains informé de l'existence de l'opération Condor et transmis des renseignements obtenus via celle-ci afin que le FBI interroge aux États-Unis des militants présumés exilés.

Le Hostage Rescue Team (« équipe de secours des otages »), une unité d'élite du FBI, chargée en particulier de la lutte antiterroriste et des crimes majeurs, fut créée en 1984 afin de préparer l'organisation des Jeux olympiques de 198413. Comme dans d'autres pays (dont l'Europe, avec la création de TREVI), la création de cette unité, qui travaille avec le SWAT, fut influencée par la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich en 1972.

La même année, le CART (Computer Analysis and Response Team) est créée pour s'occuper des problèmes de sécurité informatique14.

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, la guerre froide prenant fin avec la chute du Mur de Berlin en 1989, 300 agents du FBI consacrés au contre-espionnage ont été ré-assignés dans des missions de prévention des crimes violents, désignés comme sixième priorité nationale des services de police. Le budget du FBI est alors amoindri, et le FBI se charge de plus en plus de missions d'assistance aux forces de police locales dans la traque des suspects franchissant les frontières des États fédérés. Le FBI poursuivit aussi le développement de ses activités de police scientifique, initiées dès 1924 avec un système de dactyloscopie (empreintes digitales), en analysant l'ADN.

À la suite de l'attentat du World Trade Center en 1993, le FBI se concentre à nouveau, entre 1993 et 1996, sur la lutte antiterroriste. En 1993, il gère aussi les négociations avec les Davidiens lors du siège de Waco, qui aboutit à la mort de 82 personnes. Il enquête ainsi sur l'attentat d'Oklahoma City (1995), et arrête en 1996 Unabomber. Par ailleurs, depuis 1994, en cas de bavure policière aux États-Unis, le FBI peut être chargé de l'enquête15.

En 1998, le FBI crée le CITAC (Computer Investigations and Infrastructure Threat Assessment Center pour le Centre d'enquêtes informatiques des risques de menace des infrastructures) et le NIPC (National Infrastructure Protection Center pour le Centre national de la protection des infrastructures) afin d'augmenter ses capacités en matière de sécurité informatique et de lutte contre le cybercrime. L'agence fédérale augmente aussi ses capacités de surveillance électronique, s'adaptant aux évolutions des télécommunications.

Après que le Congrès a fait passer les lois Communications Assistance for Law Enforcement Act (CALEA, 1994), Health Insurance Portability and Accountability Act (HIPA, 1996), et Economic Espionage Act (EEA, 1996), le FBI a donné suite en améliorant sa technologie en 1998, comme il l'avait fait avec le CART en 1991.

Depuis le 11 septembre 2001

Article connexe : Guerre contre le terrorisme.

Lettres de sécurité nationale et autres

J. Edgar Hoover Building, le siège du Bureau depuis 1975.

Le USA Patriot Act donna un pouvoir accru au FBI, notamment via l'usage des lettres de sécurité nationale (NSL), obligeant toute personne, physique ou morale, à lui transférer toute donnée personnelle intéressant le FBI, sans avertir la personne concernée par cette surveillance16. Le FBI a ainsi utilisé de façon exponentielle ces NSL, en en délivrant 200 000 entre 2003 et 200617. Par ailleurs, le FBI a procédé entre 2002 et 2006 à la récolte illégale de données concernant plus de 3 500 appels téléphoniques18, faites sans NSL, visant entre autres des journalistes du Washington Post (Ellen Nakashima, qui était basée à Djakarta) et du New York Times (Raymond Bonner et Jane Perlez, également basés dans la capitale indonésienne)19.

Fin 2003, Bush et John Ashcroft, le ministre de la Justice, ont autorisé les agences à conserver les données acquises via les NSL, alors qu'elles étaient auparavant détruites si elles concernaient des personnes innocentées par la suite16. Il a même ordonné que ces données soient enregistrées sur des systèmes de traitement de données, à des fins d'exploration de données (data mining) tandis que l'executive Order 13388 (en) (Further Strengthening the Sharing of Terrorism Information To Protect Americans) étendit l'accès à ces bases de données aux gouvernements locaux, étatiques et tribaux, ainsi qu'aux « entités appropriées du secteur privé », entités non définies16. Fin décembre 2003, la Proactive Data Exploitation Unit (unité proactive d'exploitation de données), dirigée par Gurvais Grigg, fut envoyée à Las Vegas, placé sous alerte orange, afin d'analyser les données concernant tous les visiteurs de la ville, à la recherche de liens éventuels (coups de téléphone, etc.) à des personnes soupçonnées de terrorisme16.

En janvier 2004, le FBI a mis sur pied l'Investigative Data Warehouse (en), fondée sur le même logiciel d'Oracle utilisé par la CIA, afin d'exploiter ces données16. Les instructions ministérielles d'Ashcroft permettaient aussi, pour la première fois, au FBI d'intégrer les données provenant des deux filiales de Reed Elsevier, LexisNexis et ChoicePoint (en), qui combinent des données personnelles provenant du secteur privé et public, à ses systèmes de traitement (les précédents ministres de la Justice considéraient que cela violerait le Privacy Act de 1974 (en)) 16.

Sneak and peek warrant

Le Patriot Act instaurait aussi les Sneak and peek warrant (en) (section 213), c'est-à-dire des perquisitions menées en l'absence de la personne perquisitionnée, qui peuvent être utilisés dans le cadre de toute enquête judiciaire (y compris pour des simples délits, ou misdemeanor (en)). Ces mandats ont dû être amendés à la suite de la décision d'un juge les déclarant anticonstitutionnels, en raison de la violation du 4e amendement de la Constitution, dans l'affaire Brandon Mayfield (en), un avocat de Portland victime d'une telle perquisition et accusé de terrorisme parce que le FBI prétendait avoir identifié ses empreintes digitales sur des explosifs trouvés à Madrid après les attentats du 11 mars 2004 — Mayfield a été par la suite innocenté, le FBI s'étant trompé.

763 mandats de ce genre avaient été accordés en 2008, dont seulement trois concernaient des affaires de terrorisme: les deux tiers (65 %) concernaient des affaires de stupéfiants 20.

Ré-organisation du FBI par Robert Mueller

Quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001, le directeur du FBI Robert Mueller, nommé sept jours avant les attentats, appela à une réforme du mode de fonctionnement de l'agence. À la suite de ces attentats et dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » proclamée par l'administration Bush, un tiers des agents du FBI (soit plus de 1 800 personnes) ont été ré-affectées au renseignement et au contre-terrorisme 1. Du coup, l'agence manque de personnel pour la lutte contre la délinquance en col blanc, ayant du mal à assurer les enquêtes dans les milieux financiers à la suite de la crise des subprimes et à la crise financière de 20081. Le FBI est chargé notamment des enquêtes concernant Fannie Mae, Freddie Mac, l'American International Group et la banque en faillite Lehman Brothers1.

Création du Terrorist Screening Center et watchlist

En novembre 2003, l'administration Bush crée le Terrorist Screening Center, une agence fédérale dépendante du FBI, consacré à l'identification et au stockage des données concernant les personnes suspectées d’être terroristes par une ou plusieurs agences gouvernementales américaines, ou par des organisations alliées étrangères. L'agence, dotée d'une base de données informatisée (Terrorist Screening Database, TSDB), est chargée de centraliser les informations issues des différents organismes publics, fédéraux ou locaux. En 2005, son budget s'élevait à 30 millions de dollars, tandis que le centre employait environ 180 agents21. Le TSDB comportait des fiches sur à peu près 700 000 personnes en avril 2007, avec une progression mensuelle moyenne de 20 000 personnes fichées22.

Outre la base de données TSDB, le FBI maintient une watchlist des personnes soupçonnées d'implication éventuelle dans le terrorisme, qui comportait 400 000 noms en septembre 2008 ; 24 000 d'entre eux n'auraient pas du être inscrits sur cette liste selon un rapport du département de la Justice de mai 200923.

Divers

Le 17 octobre 2008, le FBI annonça publiquement le succès de son opération d'infiltration du forum DarkMarket, une opération contre la cybercriminalité qui dura deux ans et qui a abouti à l'arrestation de 56 personnes dans le monde, empêchant, selon l'agence, la perte [Par qui ?] de 70 millions de dollars24.

Dix agents illégaux du SVR (neuf russes et une américano-péruvienne) ont été arrêtés le 27 juin 2010 par le FBI25 et échangés le 9 juillet 2010 à l'aéroport de Vienne contre quatre Russes accusés d'espionnage aux profit des États-Unis et du Royaume-Uni, un onzième homme a réussi à s'échapper à Chypre26.

En juillet 2010, le FBI a lancé une polémique à propos de l'utilisation de son sceau par le projet Wikipédia. Le bureau fédéral a demandé le retrait de son logo des pages de Wikipédia, qui a rejeté la requête. En effet, Wikipédia juge que l’image qu’elle héberge n’est ni un faux badge, ni une fausse carte d’identification, ni un faux insigne. « De fait, nous devons appliquer ce que dit la loi, et non pas l'interprétation de celle-ci que vous appelez de vos vœux », ironise Mike Godwin, l'avocat de Wikipedia, s'adressant au FBI27. Depuis cette réponse de l'encyclopédie en ligne, aucun commentaire n'a été formulé par le FBI.

Le 19 janvier 2012 au soir, le FBI ferme les 18 sites du groupe Mega, dont le service de téléchargement direct Megaupload, ainsi que le service de streaming Megavideo.

En septembre 2012, le FBI annonce la mise en place, au coût d'un milliard de $ US, d'un système de reconnaissance faciale, la Next Generation Identification (NGI). Il s'agit d'une base de données nationale comprenant des photos d'identité judiciaire, des images de l'iris, des enregistrements d'ADN, des échantillons de voix et d'autres informations biométriques28.

Formation des agents

Élèves de l'académie du FBI au stand de tir.

À titre d'exemple, au début de l'année 2005, le « Bureau » a reçu environ 115 000 candidatures pour n'en retenir que 2 900 [réf. nécessaire].

Les postulants au poste d'agents sont formés dans la FBI Academy sur le campus de Quantico en Virginie, qu'elle partage avec la FBI National Academy, qui s'occupe, elle, des cours de perfectionnement pour des policiers américains et étrangers chevronnés.

Pour être admis au FBI, il faut un diplôme universitaire et être âgé de 23 à 37 ans, la moyenne d'âge est de 30 ans, car on exige des recrues qu'elles aient acquis de l'expérience professionnelle.

Environ un tiers des nouveaux agents viennent des forces armées[réf. nécessaire], mais les candidats proviennent désormais de toutes les couches sociales et groupes ethniques du pays après avoir eu, jusqu'aux années 1960 sous la direction d'Hoover, la réputation d'être réservé à la majorité WASP (White Anglo-Saxon Protestant).

Ils arrivent à Quantico par groupes de cinquante et s'entraînent pendant dix-sept semaines aux techniques de filature, au tir (120 heures) et à l'utilisation des sciences pour le recueil d'indices. Ce premier entraînement est suivi de deux années de formation sur le terrain.

Les agents fédéraux sont souvent surnommés les « G-men » (Government men). En 2003, 1 200 agents ont été formés, ce qui est un record dans l'histoire du FBI. Les salaires démarrent à 55 000 dollars américains par an pour un agent débutant[Quand ?].

Sanctions disciplinaires

Début 2011, le FBI déclare qu'entre 325 et 350 employés sont la cible d'une action disciplinaire par an, depuis la simple réprimande jusqu'à la mise à pied, et qu'environ 30 personnes sont licenciées chaque année, sur un total de 34 300 salariés29.

Directeurs

Après la disparition de Hoover le mandat des directeurs du FBI est fixé à une période de dix années et ils ne peuvent en principe être démis qu'en raison d'une faute grave, ce qui fut le cas en 1993 de William Sessions sous la présidence de Bill Clinton. En revanche, le limogeage surprise de James Comey par Donald Trump le 9 mai 2017, alors qu'il enquêtait sur les liens possibles entre des responsables de la campagne présidentielle de Trump et la Russie, suscite beaucoup de questions sur les raisons réelles de cette décision30.

Directeur adjoint

Deuxième dans la hiérarchie du FBI, le directeur adjoint est Andrew McCabe depuis janvier 2016.

Dans la culture populaire

Dans la saison 6 de la série télévisée Scandal (2017), Angela Webster (jouée par Saycon Sengbloh (en)) est le directeur de la NSA.

Notes et références

Notes

  1. Habituellement prononcé à l'anglaise, même dans des pays non anglophones, comme c’est le cas en France.

Références

  1. a, b, c, d, e et f Eric Lichtblau (en), David Johnston et Ron Nixon, F.B.I. Struggles to Handle Financial Fraud Cases [archive], New York Times, 18 octobre 2008.
  2. (en) Archives déclassifiées de la NSA, « Documenting the FBI: Declassified Documents Provide New Detail on Confronting the Terrorist Threat – from al-Qaeda to Skinheads » [archive], 19 juillet 2012
  3. Fabrizio Calvi, David Carr-Brown, FBI. L'histoire du Bureau par ses agents, Fayard, 2010, p. 21
  4. Langeluttig, Albert, The Department of Justice of the United States, Johns Hopkins Press, 1927, p. 9–14
  5. Conférence « Histoires secrètes entre la France et le FBI » [archive], Institut des hautes études de Défense nationale, conférence du 24 juin 2015 à 1h14
  6. FBI, Timeline of FBI History [archive] (Chronologie du FBI).
  7. Parmi les écrivains espionnés on dénombre Pearl Buck, Truman Capote, John Dos Passos, Theodore Dreiser, William Faulkner, Ernest Hemingway, John Steinbeck, Thornton Wilder, Sinclair Lewis, Romain Gary, Tennessee Williams et bien d'autres. Voir « Quand le FBI espionnait les écrivains américains », Le Monde, 20 novembre 1987.
  8. (en) Mike Cassidy, « A Short History of FBI COINTELPRO » [archive] [html], Monitor, 26 mai 1999 (consulté le 6 juin 2006)
  9. a, b, c et d Joe Stephens, Valenti's Sexuality Was Topic For FBI [archive], Washington Post, 18 février 2009
  10. Allan M. Jalon, « A Break-In to End All Break-Ins » [archive] [html], Los Angeles Times, 8 avril 2006 (consulté le 6 juin 2006)
  11. Cecil Adams, « Was Martin Luther King, Jr. a plagiarist? » [archive] [html], Washington Post, 2 mai 2003 (consulté le 6 juin 2006)
  12. (en) « Postwar America: 1945–1960s » [archive], Federal Bureau of Investigation
  13. FBI, Rise in International Crime [archive]
  14. FBI, End of the Cold War [archive]
  15. Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, (ISBN 978-2-02-079950-8), p. 77
  16. a, b, c, d, e et f Barton Gellman, The FBI's Secret Scrutiny - In Hunt for Terrorists, Bureau Examines Records of Ordinary Americans [archive], Washington Post, 6 novembre 2005
  17. ACLU, National Security Letters [archive]
  18. Carrie Johnson, Inspector general cites 'egregious breakdown' in FBI oversight [archive], Washington Post, 21 janvier 2010
  19. John Solomon et Carrie Johnson, FBI broke law for years in phone record searches [archive], Washington Post, 19 janvier 2010
  20. DRC Net, Le Patriot Act américain vise plus les dealers que les terroristes [archive], Rue89, 3 octobre 2009
  21. (en) Government Executive .com [archive]
  22. Laurent Checola, Six ans après le 11-Septembre, la surveillance des terroristes potentiels aux États-Unis demeure lacunaire [archive], Le Monde, 11 septembre 2007.
  23. Ellen Nakashima, FBI's Lapses on Terrorist Watch List Put Nation at Risk, Report Warns [archive], Washington Post, 7 mai 2009.
  24. Communiqué du FBI concernant l'opération d'infiltration de DarkMarket [archive]
  25. (fr) Espionnage : Burn After Reading à Washington ? [archive] Pierre Lorrain, 1er juillet 2010.
  26. (fr) Échange… de vieux procédés [archive], Pierre Lorrain, 9 juillet 2010
  27. Le Monde - Le FBI exige le retrait de son logo sur Wikipedia [archive]
  28. (en) Sebastian Anthony, « FBI launches $1 billion nationwide facial recognition system », ExtremeTech,‎ 7 septembre 2012 (lire en ligne [archive])
  29. (en) CNN exclusive: FBI misconduct reveals sex, lies and videotape [archive], CNN, 27 janvier 2011
  30. Pourquoi le renvoi de James Comey, patron du FBI, par Donald Trump pourrait provoquer une grave crise aux Etats-Unis [archive], Jean-Eric Branaa, Huffington Post, 10 mai 2017

Annexes

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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30 août 2017

TRANSPARENT ? par Pieter KERSTENS & LE NOUVEL ORDRE MONDIAL : LA CARTE DU PENTAGONE par ALDOUS

TRANSPARENT ?

mardi, 29 août 2017

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par Pieter Kerstens 

Le rêve des éminences du Nouvel Ordre mondial est que toute société et tout individu soient transparents. C'est-à-dire qu’en permanence ils sachent ce que vous faites, ce que vous pensez, où que vous soyez, à n’importe quel moment et dans n’importe quelle circonstance.

L’une des premières étapes est celle que les banksters mondialistes nous impose actuellement : l’abandon de la monnaie scripturale (les espèces, le cash) et l’adoption exclusive de la monnaie virtuelle sous forme des cartes plastiques. Ainsi, toute dépense et crédit seront facilement traçables et les flux financiers sur vos comptes sont déjà captifs des organismes financiers seuls maîtres de l’opportunité de vos décisions. Ceci bien évidemment au prétexte de combattre les financements des organisations  terroristes, les transferts vers les paradis fiscaux ou le blanchiment d’argent. Toutes ces raisons sont fallacieuses, imposées au nom d’une « moralisation » de la société dans son ensemble et sous tous ses aspects.

 

Tout le monde il est beau et tout le monde il doit être gentil.

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Numérisation, robotisation, intelligence artificielle et asservissement.

Au nom de l’égalitarisme et de l’industrie 2.0, plus compétitive, le Régime nous vante tous les avantages (?) de l’informatique et de la numérisation généralisée. Sans trop s’étendre sur les pannes d’Internet et encore moins sur les conséquences d’un « black-out » électrique qui mettrait notre économie et les activités de notre quotidien hors service pendant un certain temps.

Inimaginable ? Songez-y et ne vous bercez pas d’illusions, les satellites tournent au-dessus de vos têtes ! Des milliards de données changent de continent en quelques instants.

Tout est numérisé, scanné, informatisé, dans le seul but du contrôle permanent des flux de marchandises, des transferts financiers et des mouvements de population.

L’idéal pour les maîtres du monde serait qu’un implant soit greffé dans le corps de chaque individu, afin par exemple de retrouver rapidement un enfant disparu et qu’ils sachent en temps réel où se trouvent les mal-pensants… le top du top !

On nous vante les avantages de la robotisation généralisée, mais sans s’attarder aux millions de personnes inaptes et sans qualification qui seront exclues du « meilleur des mondes », nouveau lumpenprolétariat du XXIe siècle. Bientôt les robots s’installeront dans votre salon.

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Les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) instruments du mondialisme à visage inhumain.

Le summum de ce scénario imaginé, analysé, planifié et qui nous sera imposé par les laquais de la Davos Goldman Sachs Idéologie (DGSI) sera atteint lorsque les citoyens/esclaves auront accepté non seulement le clonage biologique humain, mais encore le contrôle absolu de leur vie privée (« on a rien à cacher, nous ») et la dévotion totale à Big Brother, entité œuvrant au bonheur planétaire accessible à tous, sans distinction de race, de religion ou de classe sociale.

La plénitude d’une sérénité absolue ! Le big data déterminera ce que vous devrez être.

Mais sans moi, rebelle et révolutionnaire dans l’âme, car allergique à toute forme de servitude ou de transparence.

« Nous savons que nous ne changerons pas le monde. Mais le monde ne nous changera pas » écrivait Jean Mabire.

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Nouvel Ordre Mondial :

 

 

 

la carte du Pentagone

Pentagone

En 1932 Aldous Huxley publiait "Le meilleur des mondes", l'anticipation d'un monde dirigé par une infime élite où la majorité des hommes, divertis et intoxiqués ne se rendaient même plus compte de la privation de liberté qui était la leur. En 1959, il reconnaissait s'etre trompé, mais uniquement sur la date d'instauration de ce cauchemar : tout se produisait bien plus vite que dans sa fiction. Nous vivons aujourd'hui les prémices d'un Nouvel Ordre Mondial que nos élites nous promettent sans hésiter qu'il sera le meilleur des mondes.

Le 11 septembre 1990, le président Georges Bush sénior s’adressait au congrès des Etats-Unis dans un discours marquant un changement radical dans la politique étrangère des USA et dont le but était de faire naitre ce que le président américain nomma pour la première fois le Nouvel Ordre Mondial :

« Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment exceptionnel et extraordinaire. (…) De cette période difficile, notre cinquième objectif, un Nouvel Ordre Mondial, peut voir le jour : une nouvelle ère, moins menacée par la terreur, plus forte dans la recherche de la justice et plus sûre dans la quête de la paix. Une ère où tous les pays du monde, qu’ils soient à l’Est ou à l’Ouest, au Nord ou au Sud, peuvent prospérer et vivre en harmonie. (…) Aujourd’hui, ce nouveau monde cherche à naître. Un monde tout à fait différent de celui que nous avons connu. »

http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/irak/posusa01

Onze années, jour pour jour après ce discours, les évènements du 11 septembre 2001 faisaient entrer, via son fils, les USA dans une guerre contre le « terrorisme » permettant à son fils, G. W. Bush de changer radicalement la face du monde aussi bien à l’étranger qu’au sein des USA. 

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Le 14 septembre 2001, G.W. Bush décrétait l’état d’urgence aux USA et mettait le pays dans une situation d’exception en faisant adopter les « Patriot Acts » et des lois d’exceptions connues sous le terme « Continuity of Government » lui permettant de  s’affranchir  des conventions internationales et de la constitution. L’enlèvement, la détention dans des camps sans procès et de torture devinrent des pratiques courantes. En dépit des scandales comme celui d’Abou Grahib, l’état d’exception perdure et même le président Obama ne peut fermer Guantanamo.

Alors que nous approchons de la date anniversaire de ces deux évènements majeurs de la politique, à ces conflits non résolus viennent s’ajouter de profondes crises affectant non plus seulement l’économie et l’industrie mais aussi la haute finance, les dettes souveraines, les ressources naturelles et, de façon encore plus dramatique depuis Fukushima, l’environnement.

La promesse du président Bush d’un Nouvel Ordre Mondial assurant prospérité et harmonie aux peuples des quatre horizons de la planète est loin d’être une réalité. Au contraire les conflits se multiplient, même si par la magie de la communication les guerres se parent de vertus humanitaires, apportant, selon les médias mainstream, la démocratie dans leurs bombes.

Si les USA ont appris quelque chose du Vietnam c’est qu’en période de guerre, il est important de maitriser les médias. Ce n’est donc pas dans les médias officiels qu’il faut aller cherche l’information qui nous permettra d’analyser et de comprendre ce qui se joue sur le théâtre géostratégique contemporain.

Depuis que les USA sont en situation de puissance unipolaire, l’information la plus pertinente réside dans les documents émanant du cercle de prise de décisions stratégique des USA, comme le Pentagone et le Security Council.

C’est ce qu’a fait Thomas Barnett, professeur en géostratégie au US Naval War College et il a publié le résultat de ses études dans un livre intitulé « The Pentagone New Map ».

http://www.sadiethepilot.com/aaweb/blogpix2/new_map_l.jpg

En se basant sur les documents officiels qu’il a compilé Barnett expose la stratégie qui découle de la doctrine du Nouvel Ordre Mondial et qui lui permet de dessiner ce qu’il appelle la « Nouvelle Carte du Pentagone » :

On comprend que pour les stratèges US le Monde se divise en deux :

Le « Core » (cœur) du monde globalisé constitué des pays occidentaux, de la Russie, de la Chine, de l’Afrique du sud et du sud-est de l’Amérique.

Le « Gap » (fossé) des pays non intégrés au système globalisé ce qui représente presque tous les pays des tropiques, l’Afrique, le Proche Orient, la Corée du Nord, les Balkans et la Turquie.

On peut constater une corrélation très forte entre les zones de conflit récents et la zone du « Gap » des pays non-intégrés au système globalisé.

Barnett analyse cette carte à la lumière de la doctrine monopolaire mise en place par les USA.

Paul Wolfowitz , secrétaire à la défense sous Bush père et fils, l’a résumée ainsi :

« Notre premier objectif est de prévenir la re-émergence d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union soviétique ou n’importe où, qui présenterait une menace comparable à celle de l’ancienne Union Soviétique. Ceci est le souci dominant qui sous-tend la nouvelle stratégie de défense régionale et requiert que nous nous engagions à prévenir tout pouvoir hostile de dominer une région dont les ressources pourraient, s’il en prenait contrôle, s’avérer suffisantes pour en faire une puissance globale. Ces régions comprennent l’Europe, l’Extrême-Orient, les territoires de l’ancienne Union Soviétique, et l’Asie du Sud-Est.

Il y a trois aspects additionnels à cet objectif :

Premièrement, les USA doivent faire preuve du leadership nécessaire pour établir et garantir un Nouvel Ordre Mondial apte à convaincre les compétiteurs potentiels qu’ils ne doivent pas aspirer à un rôle régional plus important ni prendre une posture plus agressive pour défendre leurs intérêts légitimes.

Deuxièmement, dans les zones de non-défense, nous devons représenter suffisamment les intérêts des pays industrialisés de manière à les décourager de concurrencer notre leadership ou de chercher à renverser l’ordre politique et économique établi.

Enfin, nous devons conserver les mécanismes de dissuasion des compétiteurs potentiels qu’ils soient tentés de jouer un rôle régional plus important ou un rôle global. »

La Nouvelle Carte du Pentagone reflète précisément la poursuite de ces objectifs :

Les pays qui ne sont pas intégrés au Nouvel Ordre Mondial doivent être contraint à le faire par la force ou par la déstabilisation du régime. La Yougoslavie, fidèle à la doctrine de non alignement de Tito, en a fait la première la cruelle expérience. Les pays arabes du pourtour méditerranéen sont en train de suivre. Les pays disposant de ressources susceptibles de leur permettre de mener une politique régionale, voire globale, concurrente, doivent être combattus. Ces ressources sont bien sûr le pétrole et les richesses minières mais aussi ceux disposant de fonds souverains ou d’armes puissantes.

http://www.observatoiredeleurope.com/Le-Pentagone-redessine-le-monde_a521.html

Les pays vassaux, intégrés au sein du Nouvel Ordre Mondial, sont maintenus à un niveau excluant qu’ils puissent jamais devenir des compétiteurs des USA. En signe d’allégeance, ils doivent harmoniser leurs systèmes économique, judiciaire et politique en vue d’une intégration plus poussée permettant leur gouvernance par l’élite mondiale.

La démocratie parlementaire représentative au sens du XVIIIe siècle n’est plus d’actualité.

Le Nouvel Ordre Mondial implique que les questions politiques importantes soient exclues du débat public au prétexte de la « bonne gouvernance » selon l’expression retenue par Javier Solana dans la « stratégie européenne de sécurité » qu’il a fait ratifier par le Conseil Européen le 12 décembre 2002.

Les élections n’auront dès lors plus d’autre effet que de permuter un personnel politique spin-doctorat, sans que les Peuples n’aient d’influence réelle sur l’orientation politique du pays.

En échange de cette abdication en faveur d’une « bonne gouvernance » les citoyens devront bénéficier d’un ensemble de dispositions juridiques supposées permettre « Un monde où les états reconnaissent la responsabilité commune de garantir la liberté et la justice. Un monde où les forts respectent les droits des plus faibles. » selon G. Bush Sénior (discours fondateur du NOM).

Ce substitut de démocratie est incarné en U.E. par la Cours Européenne des Droits de l’Homme mais aussi par les principes de non discrimination qui permettent de remettre en question la valeur du suffrage universel.

La « stratégie européenne de sécurité » de Javier Solana va plus loin, il a amené l’U.E. à adhérer sans réserve à la stratégie interventionniste des USA, faisant sienne la lutte contre le terrorisme, contre les armes de destruction massive et autres habillages qui ont permis d’enterrer l’autodétermination des peuples et le principe de souveraineté des états.

http://www.voltairenet.org/article11686.html

Ce virage n’a pas été accepté sans réticence en Europe. On se souvient du qualificatif de « vieille Europe » par lequel Rumsfeld a exprimé le fait que ceux qui faisaient de la résistance n’avaient pas compris que les temps avaient changé.

Il y a aussi un passage de la « stratégie européenne de sécurité », dont l’importance n’a pas été comprise à l’époque, justifie par avance la fin des états pour cause de déliquescence, passage qui résonne étrangement à l’heure de la crise des dettes souveraines. Voici ce que Javier Solana écrivait en 2002 :

 « Déliquescence des États : La mauvaise gestion des affaires publiques, la corruption, l’abus de pouvoir, la faiblesse des institutions et le non-respect de l’obligation de rendre des comptes et les conflits civils rongent les États de l’intérieur. »

Javiez Solana a intitulé ce rapport   « Une Europe sure dans un monde meilleur ».

Le « meilleur monde » que nous promettent les tenants du Nouvel Ordre Mondial a des similitudes avec celui qu’Aldous Huxley  a décrit dans son roman éponyme en 1932.

 « Le meilleur des mondes » décrit ce que serait la dictature parfaite : une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves « auraient l'amour de leur servitude ».

Les similitudes avec la société contemporaine sont déjà édifiantes. Celles avec le régime du Nouvel Ordre Mondial pourrait l’être encore plus.

La déliquescence des états est le passage obligé pour faire migrer définitivement le pouvoir des états aux mains de la gouvernance mondiale.

Les crises financières et monétaires vont permettre de réaliser cette prophétie auto-réalisatrice, discréditant l’ancien système et permettant à la théorie de la « bonne gouvernance » de se substituer aux états parlementaires « déliquescents ».

Ce basculement ne se fera pas qu’en Europe, car il implique l’effondrement du dollar qui constitue la base des principaux fonds souverains à travers le monde.

Pour rappel, les Fonds Souverains des Emirats Arabes est de 627 Milliards de $, celui de l’Arabie Saoudite de 415 M$, ceux de la Chine totalisent 1000M$.

Par comparaison, les fonds souverains des USA sont inférieur à 50 M$.

 Aux USA, la constitution et les pouvoirs du Congrès sont déjà limités par 10 années d’état d’urgence.

Les disposition de Continuity of Government prévoient qu’en cas de crise financière ou monétaire la FEMA (et en pratique le Pentagone) prendrait les rênes du pays en lieu et place des autorités civiles dans tous les domaines de la vie, financier, industriel, civique, éducatif, etc...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Agence_f%C3%A9d%C3%A9rale_des_situations_d%27urgence

L’hypothèse de la dévaluation massive du dollar, consécutive au crack obligataire qui se produirait si les USA ne pouvaient refinancer leur dette à l’expiration du QE2 en juin 2011 est maintenant considérée comme très réaliste par les experts financiers.

Objectivement, la chute du $ aurait des avantage stratégiques indéniables pour les USA. Du jour au lendemain les fonds souverains concurrents se retrouveraient vidés comme des ballons de baudruche.

En interne, la situation politique serait chaotique mais les mesures d’urgence permettant d’imposer l’ordre existent et seraient activées en toute légalité.

La crise serait telle que les institutions classiques seraient toutes impuissantes.

Heureusement, nos élites nous ont habitué à penser que les organismes supranationaux comme le Fond Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale, l’Institution Financière Internationale, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), l’OSCE, l’UE, le MERCOSUR et l’ASEAN sont les solutions du problème.

D’ailleurs la monnaie mondiale devant succéder au dollar existe déjà.  Pour dire vrai il y a même plusieurs prétendants car une véritable bataille a lieu en ce moment pour tirer avantage de son avènement.

Techniquement elle existe déjà : ce sont les Special Drawing Rights (Droits de Tirage Spéciaux) : un panier composé de Dollars, Euros, £ et Yens qui sert d’unité d’échanges aux transactions de la haute finance.  En raison de sa composition on lui donne le sobriquet de DEY (Dollar Euro Yen) mais certains avaient proposé qu’on l’appelle le Terra.

Sa mise en place est soutenue aux USA par la Single Global Currency Association.

http://www.singleglobalcurrency.org

La SGCA a publié un libre en 2006 expliquant le processus de mise en place de la monnaie globale :

http://www.singleglobalcurrency.org/documents/EcopyNo15forFreeUnlimitedDistribution.pdf

Le président Russe Medvedev a présenté au sommet du G8 2009 une pièce de cette nouvelle monnaie frappée de la devise « Unity in diversity ».

La mise en place de cette monnaie a été annoncé officiellement lors de ce G20, la véritable question reste : de quel panier sera constitué cette monnaie ?

Il est évident que la limitation du panier au $ Euro, Yen et £ est impossible, les autres devises cherchent donc à se valoriser. Leurs pays respectifs se sont mobilisés et forment ce qu’on appelle les BRICS (Brazil, Russia, India, China, Arabia).

Medvedev a clairement exprimé l’enjeu : il s’agit pour les BRICS de prendre toute leur place dans les futures institutions de la finance mondiale.

Une volonté légitime certes mais en opposition complète avec les objectifs du Nouvel Ordre Mondial tels que théorisés par Donald Rumsfed.

Une révolution mondiale se prépare donc, au sens étymologique du terme, qui verra la fin de la période où le dollar était la monnaie de référence mondiale, mais aussi la fin de la civilisation de l’industrie productiviste dont la consommation exponentielle en ressources naturelles n’est plus soutenable.

Un Nouvel Ordre Mondial est en train de se mettre en place sur le plan financier comme il a déjà disposé ses troupes sur la planète.

Sera-t-il l’empire mono polaire rêvé par les néo-conservateurs ou bien les néo conservateurs n’ont-ils été que l’instrument des forces plus puissantes encore de la finance mondiale qui les ont amené à dessein à planifier cette révolution ?

En tout état de cause, l’Histoire de l’humanité est parvenue à un phase critique et inédite dont le paroxysme approche inexorablement que ce soit par la volonté de quelques puissants ou par la contrainte que la Nature impose à tous.

Ces puissants maitrisent-ils le jeu où se contentent-ils de tirer parti d’une crise systémique de toute façon inexorable ?

Quelle que soit la réponse nous devons nous attendre à changer radicalement nos systèmes de valeurs, nos certitudes et notre vision du monde.

Le Meilleur des Monde est celui que nous acceptons.

Aldous Huxley écrivait en 1959 « Vingt-sept ans plus tard(…), je suis beaucoup moins optimiste que je l'étais en écrivant Le Meilleur des Mondes. Les prophéties faites en 1931 se réalisent bien plus tôt que je le pensais. (…) Pendant ce temps, des forces impersonnelles sur lesquelles nous n'avons presque aucun contrôle semblent nous pousser tous dans la direction du cauchemar de mon anticipation et cette impulsion déshumanisée est sciemment accélérée par les représentants d'organisations commerciales et politiques qui ont mis au point nombre de nouvelles techniques pour manipuler, dans l'intérêt de quelque minorité, les pensées et les sentiments des masses. Quelles sont ces forces impersonnelles qui sont en train de rendre le Monde si peu sûr pour les démocraties, si peu hospitalier pour la liberté individuelle et pourquoi le cauchemar, que j'avais projeté dans le septième siècle après F., a-t-il avancé si vite vers nous ? »

« Dans le Meilleur des Mondes de ma fable, le problème du rapport entre le nombre des humains et les ressources naturelles avait été résolu : un chiffre optimum ayant été calculé pour la population mondiale, il était maintenu, génération après génération. Dans le monde contemporain réel, rien n'a été fait. Au contraire, ce problème devient plus grave et plus redoutable avec chaque année qui passe et c'est dans ce sinistre décor biologique que se jouent tous les drames politiques, économiques, intellectuels et psychologiques de notre époque. »

http://sami.is.free.fr/Oeuvres/huxley_retour_au_meilleur_des_mondes.html

Ses paroles, vielles d’un demi-siècle résument pourtant à merveille l’état actuel du monde et l’insouciance avec laquelle nous avons persisté à imaginer notre monde infini.

SOURCE : 

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/nouvel-ordre-mondial-la-carte-du-92889

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Pour ceux qui aiment les longues lectures nous publions aujourd'hui le texte de 100 pages de ALDOUS HULEY : RETOUR AU MEILLEUR DES MONDES 

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http://www.syti.net/MeilleurDesMondes.html

 

B  I  B  L  I  O  T  H  E  Q  U  E ~ V  I  R  T  U  E  L  L  E 
 

ALDOUS HUXLEY 
 

RETOUR 
AU MEILLEUR 
DES MONDES

essai publié en 1958

Le titre original de cet ouvrage est:

BRAVE NEW WORLD REVIS1TED

Traduit de l'anglais par Denise Meunier

Les extraits cités du Meilleur des Mondes ont été empruntés à la traduction de Jules Castier 
  
 

TABLE DES MATIÈRES

- PREFACE

I. - Surpopulation

I. - Quantité, Qualité, Moralité

III. - Excès d'organisation

IV. - La propagande dans une société démocratique

V. - La propagande dans une dictature

VI. - Comment convaincre le client

VII. - Le lavage de cerveau

VIII. - Persuasion chimique

IX. - Persuasion subconsciente

X. - Hypnopédie

XI. - Être instruit pour être libre

XII. - Que faire ?  

Les notes représentées avec des numéros entre parenthèses (x), sont regroupées en dernière page.

 

PRÉFACE

L'essence du bel esprit peut devenir la substance même du mensonge. Si élégante et amie de la mémoire qu'elle soit, la concision ne peut jamais, dans la nature des choses, rendre compte de tous les faits composant une situation complexe. Sur un pareil thème, on ne peut être concis que par omission et simplification, deux procédés qui nous aident à comprendre, certes - mais, dans bien des cas, de travers - les formules adroitement tournées de l'abréviateur et non pas l'immense réalité ramifiée dont ces notions ont été abstraites avec tant d'arbitraire.

Il est vrai que la vie est courte et la connaissance sans limites : personne n'a le temps de tout savoir et dans la pratique, nous sommes généralement contraints de choisir entre un exposé trop court ou point d'exposé du tout. L'abréviation est un mal nécessaire et celui qui la pratique doit essayer de se tirer le mieux possible d'une tâche qui, bien qu'intrinsèquement mauvaise, vaut encore mieux que rien. Il faut qu'il apprenne à simplifier sans aller jusqu'à déformer. Il faut qu'il apprenne à faire porter toute son attention sur les éléments essentiels d'une situation, mais sans négliger trop des à-côtés qui nuancent la réalité. De cette façon, il parviendra peut-être à restituer non pas toute la vérité (car elle est incompatible avec la brièveté dans la plupart des sujets importants) mais considérablement plus que les dangereuses approximations qui ont toujours été la monnaie courante de la pensée.

Le problème de la liberté et de ses ennemis est énorme, ce que j'en ai écrit est certainement trop Court pour qu'il soit traité comme il le mérite, mais j'en ai au moins effleuré de nombreux aspects. Chacun d'entre eux a peut-être été simplifié à l'excès dans l'exposé, mais ces esquisses successives se superposent pour former un tableau qui, je l'espère, donne au moins une idée de l'immensité et de la complexité de l'original.

Seuls manquent (non parce qu'ils sont négligeables, mais pour des raisons de simple commodité et parce que je les ai déjà étudiés en d'autres occasions) les ennemis mécaniques et militaires de la liberté - les armes et la « quincaillerie » qui ont si puissamment renforcé l'étau dans lequel des maîtres du monde broient leurs sujets et les préparatifs, plus ruineux encore, de guerres toujours plus insensées parce qu'elles sont autant de suicides. Le lecteur devra replacer les chapitres qui suivent devant cette sombre toile de fond : révolte et répression en Hongrie, bombes H, coût de ce que chaque nation qualifie de « défense », interminables, colonnes de jeunes gens sans uniforme, blancs, noirs, rouges, jaunes, marchant docilement vers la fosse commune. 
  

I  SURPOPULATION 

En 1931, alors que j'écrivais Le Meilleur des Mondes, j'étais convaincu que le temps ne pressait pas encore. La société intégralement organisée, le système scientifique des castes, l'abolition du libre arbitre par conditionnement méthodique,. la servitude rendue tolérable par des doses régulières de bonheur chimiquement provoqué, les dogmes orthodoxes enfoncés dans les cervelles pendant le -sommeil au moyen des cours de nuit, tout cela approchait; se réaliserait bien sûr, mais ni de mon vivant, ni même du vivant de mes petits-enfants. J'ai oublié la date. exacte des événements rapportés dans ma fable, mais c'était vers le sixième ou- septième siècle après F. (après Ford). Nous qui vivions dans le deuxième quart du vingtième siècle après J.-C., nous habitions un univers assez macabre certes, mais enfin le cauchemar de ces années de dépression était radicalement différent de celui, tout futur, décrit dans mon roman. Notre- monde était torturé par l'anarchie, le leur, au septième siècle après F., par un excès d'ordre. Le passage de cet extrême à l'autre demanderait du temps, beaucoup de temps à ce que je croyais, ce qui permettrait à un tiers privilégié de la race humaine de tirer le meilleur parti des deux systèmes : celui du libéralisme désordonné et celui du meilleur des mondes, beaucoup trop ordonné, dans lequel l'efficacité parfaite ne laissait place ni à la liberté ni à l'initiative personnelle.

Vingt-sept ans plus tard, dans ce troisième quart du vingtième siècle après J-C. et bien longtemps avant la fin du premier siècle après F., je suis beaucoup moins optimiste que je l'étais en écrivant Le Meilleur des Mondes. Les prophéties faites en 1931 se réalisent bien plus tôt que je le pensais. L'intervalle béni entre trop de désordre et trop d'ordre n'a pas commencé et rien n'indique qu'il le fera jamais. En Occident, il est vrai, hommes et femmes jouissent encore dans une appréciable mesure de la liberté individuelle, mais même dans les pays qui ont une longue tradition de gouvernement démocratique cette liberté, voire le désir de la posséder, paraissent en déclin. Dans le reste du monde, elle a déjà disparu, ou elle est sur le point de le faire. Le cauchemar de l'organisation intégrale que j'avais situé dans le septième siècle après FORD a surgi de lointains dont l'éloignement rassurait et nous guette maintenant au premier tournant.

Le 1984 de George Orwell projetait dans l'avenir, en le grossissant, un présent qui contenait le stalinisme et un passé immédiat qui avait vu fleurir le nazisme. Le Meilleur des Mondes a été écrit avant l'accession de Hitler au pouvoir suprême en Allemagne et à un moment où le tyran russe n'avait pas encore trouvé sa cadence.

En 1931, le terrorisme systématique ne revêtait pas le caractère obsédant de fait contemporain par excellence qu'il allait prendre en 1948 et la dictature future de mon univers imaginaire était notablement moins brutale que celle décrite avec tant de brio par Orwell. Dans l'ambiance de 1948, 1984 paraissait effroyablement convaincant. Mais après tout, les tyrans sont mortels et les circonstances changent. L'évolution récente en Russie, les derniers progrès dans les sciences et la technologie ont retiré une part de sa macabre vraisemblance au livre d'Orwell. Bien sûr, une guerre nucléaire rendrait dérisoires toutes les prédictions, mais si nous admettons pour le moment que les Grandes Puissances peuvent s'abstenir de nous anéantir, il semble maintenant que l'avenir a des chances de ressembler au Meilleur des Mondes plutôt qu'à 1984.

A la lumière de ce que nous avons récemment appris sur le comportement animal en général et sur le comportement humain en particulier, il est devenu évident que le contrôle par répression des attitudes non conformes est moins efficace, au bout du compte, que le contrôle par renforcement des attitudes satisfaisantes au moyen de récompenses et que, dans l'ensemble, la terreur en tant que procédé de gouvernement rend moins bien que la manipulation non violente du milieu, des pensées et des sentiments de l'individu. Le châtiment fait provisoirement cesser le comportement incriminé, mais ne supprime pas de façon définitive la tendance de la victime à s'y complaire. De plus, les dérivés psychophysiques de la répression peuvent être tout aussi fâcheux que l'attitude pour laquelle un individu a été châtié. La psychothérapie est en grande partie consacrée au traitement des effets débilitants ou antisociaux de sanctions passées.

La société décrite dans 1984 est dominée presque exclusivement par le châtiment et la crainte du châtiment. Dans l'univers imaginaire de ma propre fable, ce dernier est rare et en général peu rigoureux. Le contrôle presque parfait exercé par le gouvernement est réalisé au moyen du renforcement systématique des attitudes satisfaisantes, de nombreuses manipulations à peu près non violentes, à la fois physiques et psychologiques, et de la standardisation génétique. La gestation en éprouvette et le contrôle central de la reproduction ne sont peut-être pas choses impossibles, mais il n'en est pas moins évident que pendant longtemps encore nous resterons une espèce vivipare se reproduisant au hasard. Donc, la standardisation génétique peut être exclue du domaine pratique; les sociétés continueront à être régies par un contrôle postnatal par répression, comme dans le passé et, de plus en plus, par les méthodes si efficaces de la récompense et de la manipulation scientifique.

En Russie, la dictature démodée, style 1984, de Staline a commencé à céder du terrain devant une forme de tyrannie plus moderne. Dans les hautes sphères de la société hiérarchisée soviétique, le renforcement du comportement satisfaisant remplace peu à peu les vieilles méthodes de contrôle par répression des attitudes non conformes. Ingénieurs et savants, professeurs et fonctionnaires sont largement rétribués pour le travail bien fait et imposés avec tant de modération qu'ils se trouvent constamment incités à faire mieux encore pour obtenir de nouvelles récompenses. Dans certains domaines, ils ont la permission de penser et de faire plus ou moins ce qu'ils veulent, la répression ne les guettant qu'au moment où ils sortent des limites prescrites pour s'aventurer dans les chasses gardées de l'idéologie et de la politique. C'est parce qu'on leur a accordé une certaine mesure de liberté professionnelle que les professeurs, les savants et les techniciens russes ont obtenu des succès si remarquables. Ceux qui vivent à la base de la pyramide soviétique ne jouissent d'aucun des privilèges accordés à la minorité des individus chanceux ou exceptionnellement doués. Leurs salaires sont maigres et ils paient, sous forme de prix élevés, une proportion exorbitante des impôts. Le domaine dans lequel ils peuvent faire ce qu'ils veulent est extrêmement réduit et leurs dirigeants les maîtrisent plus par la répression et la menace que par la manipulation non violente, ou le renforcement du comportement satisfaisant au moyen de récompenses. Le système soviétique allie des éléments de 1984 à d'autres qui préfigurent ce qui se passait parmi les castes élevées dans Le Meilleur des Mondes.

Pendant ce temps, des forces impersonnelles sur lesquelles nous n'avons presque aucun contrôle semblent nous pousser tous dans la direction du cauchemar de mon anticipation et cette impulsion déshumanisée est sciemment accélérée par les représentants d'organisations commerciales et politiques qui ont mis au point nombre de nouvelles techniques pour manipuler, dans l'intérêt de quelque minorité, les pensées et les sentiments des masses. Ces procédés seront étudiés dans les chapitres suivants; bornons-nous pour le moment à ces forces impersonnelles qui sont en train de rendre le monde si peu sûr pour les démocraties, si peu hospitalier pour la liberté individuelle. Que sont-elles et pourquoi le cauchemar, que j'avais projeté dans le septième siècle après F., a-t-il avancé si vite vers nous? La réponse à ces questions doit commencer là où commence la vie de toute société, fût-elle la plus évoluée du monde - au niveau de la biologie.

Le jour du premier Noël, la population de notre planète était d'environ 250 millions d'hommes - inférieure à la moitié de celle de la Chine moderne. Seize siècles plus tard, lorsque les pèlerins débarquèrent de la Mayflower à Plymouth Rock, elle avait un peu dépassé les 500 millions. Au moment où les colonies d'Amérique proclamaient leur indépendance, elle atteignait 700 millions. En 1931, alors que j'écrivais Le Meilleur des Mondes, elle était de peu inférieure à deux milliards. Aujourd'hui, vingt-sept ans après seulement, nous sommes 2 milliards 800 millions. Et demain ? Pénicilline, D.D.T. et eau pure sont autant de pro- duits bon marché dont les effets sur la santé publique sont absolument hors de proportion avec leur coût. Même le plus pauvre des gouvernements est assez riche pour mettre entre les mains de ses sujets les moyens de limiter la mort. Quand il s'agit des naissances, c'est tout autre chose. Le contrôle des décès peut être mis à la portée de toute une population par quelques techniciens travaillant pour le compte d'un gouvernement bienveillant, mais celui des naissances dépend de la coopération d'un peuple entier. Il doit être pratiqué par d'innombrables individus dont il exige plus d'intelligence et de volonté que n'en possèdent la plupart des illettrés pullulant par le monde et (dans le cas où des procédés anticonceptionnels chimiques ou mécaniques sont employés) une dépense que le plus grand nombre d'entre eux ne peut faire. De plus, il n'existe nulle part la moindre tradition religieuse en faveur de la mort illimitée, alors que celles en faveur de la reproduction illimitée sont des plus répandues. Pour toutes ces raisons, la limitation de la mort est aisée à réaliser, celle des naissances, extrêmement difficile; aussi les taux de mortalité ont-ils baissé au cours des dernières années avec une saisissante rapidité, alors que ceux des naissances sont restés à leur ancien ni- veau (élevé) ou bien, s'ils ont baissé, le mouvement a été très peu marqué et très lent. En conséquence, la population du globe augmente à l'heure actuelle plus vite qu'elle l'a jamais fait à n'importe quel moment dans l'histoire de l'espèce.

De plus, l'accroissement annuel lui-même s'accroît : régulièrement, selon la règle des intérêts composés et irrégulièrement aussi, à chaque application, par une société technologiquement retardataire, des principes de la Santé publique. A l'heure présente, cet excédent atteint 43 millions environ pour l'ensemble du globe, ce qui signifie que tous les quatre ans l'humanité ajoute à ses effectifs l'équivalent de la population actuelle des Etats-Unis - tous les huit ans et demi l'équivalent de la population actuelle des Indes. Au rythme d'accroissement existant entre la naissance du Christ et la mort de la reine Elizabeth Ire, il avait fallu seize siècles à la population de la terre pour doubler; au taux actuel, il lui faudra moins de cinquante ans. Et ce redoublement fantastique se produira sur une planète dont les régions les plus productives sont déjà occupées par une population très dense, dont les sols sont épuisés par les efforts frénétiques de mauvais cultivateurs essayant de produire plus de nourriture, et dont le capital de minéraux aisément accessibles est dilapidé avec la prodigalité extravagante d'un matelot ivre pressé de se débarrasser de paies accumulées.

Dans le Meilleur des Mondes de ma fable, le problème du rapport entre le nombre des humains et les ressources naturelles avait été résolu : un chiffre optimum ayant été calculé pour la population mondiale (un peu inférieur à deux milliards, si mes souvenirs sont exacts), il était maintenu, génération après génération. Dans le monde contemporain réel, rien n'a été fait. Au contraire, ce problème devient plus grave et plus redoutable avec chaque année qui passe et c'est dans ce sinistre décor biologique que se jouent tous les drames politiques, économiques, intellectuels et psychologiques de notre époque. A mesure que le vingtième siècle approche de son terme, que de nouveaux milliards s'ajoutent aux milliards existants (nous dépasserons les cinq et demi quand ma petite-fille aura cinquante ans), ce décor biologique s'avance, toujours plus insistant, plus menaçant, vers le devant et le centre de la scène historique. Le problème du rapport entre un chiffre de population rapidement croissant et les ressources naturelles, la stabilité sociale, le bien-être de l'individu, ce problème est maintenant le principal qui se pose à l'humanité et il le restera certainement pendant un siècle encore, peut-être plusieurs. Une nouvelle ère est censée avoir commencé le 4 octobre 1957, mais en réalité, dans l'état présent du monde, tout notre exubérant bavardage post-spoutnik est hors de propos, voire même absurde. En ce qui concerne les masses de l'humanité, l'âge qui vient ne sera pas celui de l'Espace cosmique, mais celui de la Surpopulation.

Un débarquement sur la lune procurera peut- être quelque avantage militaire à la nation qui s'y établira, mais il ne fera strictement rien pour rendre la vie plus supportable aux milliards d'êtres sous-alimentés et pullulant du globe pendant les cinquante ans qu'il faudra à notre population actuelle pour doubler. Même si, dans l'avenir, l'émigration vers Mars devenait possible, même si un nombre considérable d'hommes et de femmes étaient assez désespérés pour choisir une nouvelle vie dans des conditions comparables à celles régnant au sommet d'une montagne deux fois plus haute que I'Everest, qu'est-ce que cela changerait ? Au cours des quatre derniers siècles, nombreux ont été ceux qui ont quitté le vieux monde pour le nouveau, mais ni leur départ, ni l'apport des denrées alimentaires et de matières premières affluant en sens inverse n'ont pu résoudre les problèmes de notre continent. De même, l'expédition de quelques surplus humains dans Mars (à plusieurs millions de dollars la tête, pour les frais de transport et d'installation) ne diminuera en rien la poussée de la marée humaine montante sur notre planète. Or, si ce problème n'est pas résolu, il rendra tous les autres insolubles. Pis encore, il créera des conditions telles que ta liberté individuelle et les convenances sociales de la démocratie deviendront impossibles, presque inconcevables. Toutes les dictatures n'ont pas la même origine, bien des chemins mènent au Meilleur des Mondes, mais le plus direct et le plus large est peut-être celui que nous parcourons aujourd'hui, celui qui y conduit par la prolifération gigantesque et l'accroissement accéléré.

Passons rapidement en revue les raisons de cette corrélation étroite entre un nombre trop grand d'hommes qui se multiplient trop rapidement et l'énoncé de philosophies autoritaires, l'apparition de systèmes totalitaires de gouvernement.

A mesure que les demandes d'une population dense et croissante pèsent plus lourdement sur les ressources disponibles, la position économique de la société subissant cette épreuve devient encore plus précaire. Et cela est particulièrement vrai des régions sous-développées, où une brusque diminution de la mortalité au moyen de la pénicilline, du D.D.T. et de l'eau pure ne s'est pas accompagnée d'une diminution correspondante de la natalité. Dans certains pays d'Asie, dans la plus grande partie de l'Amérique centrale et du Sud, la population s'accroît à un rythme tel qu'elle aura doublé en un peu plus de vingt ans. Si la production de denrées alimentaires, d'objets manufacturés, de maisons, d'écoles et de professeurs pouvait être augmentée plus vite que le chiffre des habitants, il serait possible d'améliorer le sort misérable de ceux qui vivent dans ces régions sous-développées et surpeuplées. Malheureusement, celles-ci ne manquent pas seulement de matériel agricole et d'usines pour le fabriquer, mais aussi des capitaux nécessaires pour créer une telle industrie. Le Capital, c'est ce qui reste une fois satisfaits les besoins essentiels d'une population. Or dans un pays sous-développé; ils ne le sont jamais, au moins pour la plupart des habitants. Au bout de l'année, il ne reste presque rien, il n'y a donc presque pas de capitaux disponibles pour créer l'industrie et l'agriculture au moyen desquelles les besoins de la population pourraient être satisfaits. De plus, toutes ces régions en retard manquent de la main-d'œuvre spécialisée sans laquelle il est impossible de faire fonctionner une usine ou une entreprise agricole moderne. Les possibilités d'enseignement sont insuffisantes, de même que les ressources, financières et intellectuelles, pour améliorer ces possibilités dans la mesure où l'exige la situation. Pendant ce temps, la population, dans certaines de ces régions, augmente de trois pour cent par an.

Leur condition tragique a été étudiée dans un livre important, publié en 1957, The next Hundred Years (1) par les professeurs Harrison Brown, James Bonner et John Weir, de l'Institut technologique de Californie. Comment l'humanité s'y prend-elle pour affronter le problème de son chiffre rapidement croissant ? Assez mal. « Les faits contrôlables semblent indiquer assez nettement que dans la plupart des pays sous-développés, le sort de l'individu s'est détérioré de façon appréciable au cours du dernier demi-siècle. Les habitants sont plus mal nourris; il existe moins de biens de consommation disponibles par tête et pratiquement tous les efforts faits pour améliorer la situation ont été annulés par l'impitoyable pression d'un accroissement continu de la population. »

Chaque fois que la vie économique d'une nation devient précaire, le gouvernement central est contraint d'assumer des responsabilités supplémentaire dans l'intérêt général; il doit mettre au point des plans minutieux pour faire face à une situation critique, imposer des restrictions plus sévères encore aux activités de ses sujets et, dans le cas probable où l'aggravation des conditions économiques provoque une agitation politique, voire une rébellion ouverte, intervenir pour sauvegarder l'ordre public et sa propre autorité. Ainsi, des pouvoirs de plus en plus grands sont concentrés entre les mains de l'exécutif et de ses bureaucrates. Or, la nature du pouvoir est telle que même ceux qui ne l'ont pas recherché mais à qui il a été imposé, ont tendance à y prendre goût...

Nous demandons dans nos prières de ne pas être induits en tentation et nous avons bien raison, car si les humains sont tentés de manière trop alléchante, ou trop longtemps, ils succombent généralement. Une constitution démocratique est un dispositif conçu pour empêcher les chefs locaux de céder à ces tentations particulièrement dangereuses qui surgissent quand trop de pouvoirs sont réunis dans trop peu de mains. Un tel système fonctionne assez bien là où, comme en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, il existe un respect traditionnel pour la procédure parlementaire. Là, où la tradition républicaine ou monarchique mitigée est faible, la meilleure des constitutions n'empêchera pas les politiciens ambitieux de succomber avec allégresse et délectation, aux tentations du pouvoir. Or, dans tous les pays où les ressources disponibles commencent à être mises à rude épreuve par le nombre des habitants, ces tentations ne peuvent manquer de naître.

La surpopulation mène à l'insécurité économique et à l'agitation sociale.

Insécurité et agitation mènent à un contrôle accru exercé par les gouvernements centraux et à une extension de leurs pouvoirs. En l'absence d'une tradition constitutionnelle, ces pouvoirs accrus seront probablement exercés de manière dictatoriale. Cela aurait toutes chances de se produire, même si le communisme n'avait pas été inventé. Mais il l'a été. Étant donné ce fait, l'évolution qui conduira de la surpopulation à la dictature en passant par l'agitation, de probable qu'elle était devient virtuellement certaine. On peut parier sans hésitation que dans vingt ans d'ici, tous les pays surpeuplés et sous-développés du globe seront soumis à quelque forme de domination totalitaire - sans doute par le parti communiste.

En quoi cette évolution affectera-t-elle les pays surpeuplés mais fortement industrialisés et encore démocratiques d'Europe ? Si les dictatures formées leur étaient hostiles et si le courant normal des matières premières en provenance des pays sous-développés était volontairement interrompu, ils se trouveraient en bien mauvaise posture Leur système industriel s'écroulerait et les techniques extrêmement développées qui leur ont permis jusqu'à présent de faire vivre des populations beaucoup plus nombreuses que les seules ressources locales l'eussent permis, ne les protégeraient plus des conséquences d'une densité de peuplement exagérée. Dans ce cas, les pouvoirs immenses imposés aux gouvernements centraux par des conditions économiques défavorables pourraient arriver à être exercés dans un esprit de dictature totalitaire.

Pour le moment, les États-Unis ne sont pas surpeuplés; cependant, si le nombre de leurs habitants continue de s'accroître au rythme actuel (qui est plus rapide que celui de l'Inde, mais plus lent, heureusement, que celui du Mexique ou du Guatemala), le problème de l'équilibre entre les masses humaines et les ressources disponibles pourrait bien devenir gênant dès le début du vingt et unième siècle (XXIème). Pour le moment, la surpopulation ne constitue pas pour la liberté individuelle des Américains un danger direct, mais déjà la menace d'une menace. Si ce déséquilibre poussait les pays sous-développés au totalitarisme et si les nouvelles dictatures s'alliaient avec la Russie, la position militaire des U.S.A. deviendrait plus précaire et il leur faudrait intensifier les préparatifs de défense et de riposte. Or la liberté, nous le savons tous, ne peut pas s'épanouir dans un pays qui se trouve en permanence sur le pied de guerre, ou même de paix très armée. Un état de crise continu justifie le contrôle continu de tout et de tout le monde par les agents du gouvernement et c'est précisément cette tension entretenue à quoi l'on peut s'attendre, dans un monde où la surpopulation crée une situation telle que la dictature sous les auspices communistes devient presque inévitable. 
  

II  QUANTITÉ, QUALITÉ, MORALITÉ 

Dans le Meilleur des Mondes de mon imagination, l'eugénisme et son contraire étaient pratiqués systématiquement. Dans une série de flacons, des ovules biologiquement supérieurs, fertilisés par du sperme de même qualité, recevaient les meilleurs traitements prénatals possibles, puis étaient finalement décantés sous forme de Bêtas, d'Alphas et même d'Alphas Plus. Dans une autre série, beaucoup plus nombreuse, des ovules biologiquement inférieurs, fertilisés par du sperme de qualité correspondante, étaient soumis au procédé Bokanovsky (quatre-vingt-seize jumeaux vrais obtenus par bourgeonnement à partir d'un seul oeuf) et traités, avant la naissance, à l'alcool et certains autres poisons protéiniques. Les êtres finalement décantés n'étaient plus tout à fait humains, mais encore capables d'accomplir des besognes non spécialisées et l'on pouvait compter que, convenablement conditionnés, relaxés par des rapports libres et fréquents avec le sexe opposé, constamment distraits par des amusements gratuits et renforcés dans leur comportement conforme par des doses quotidiennes de soma, ils ne causeraient jamais le moindre ennui à leurs supérieurs.

Dans cette seconde moitié du vingtième siècle, nous n'intervenons pas scientifiquement dans notre reproduction, mais à notre manière anarchique et chaotique, nous ne sommes pas seulement en train de surpeupler notre planète, nous avons l'air de faire en sorte que ces êtres sans cesse plus nombreux soient d'une qualité biologique inférieure. Au mauvais vieux temps, les enfants souffrant de vices héréditaires graves ou même bénins survivaient rarement; aujourd'hui, grâce à l'hygiène, à la pharmaceutique et à la conscience modernes, la plupart de ces diminués atteignent la maturité et propagent leur espèce. Dans les conditions actuelles, tout progrès de la médecine tendra à être contrebalancé par un accroissement correspondant des chances de survie d'individus affligés de quelque insuffisance génétique. Malgré les nouvelles drogues-miracle et des traitements plus efficaces (on peut même dire en un certain sens, grâce à eux), la santé physique de la masse ne s'améliorera pas, au contraire, et un déclin de l'intelligence moyenne pourrait bien accompagner cette détérioration.

Certaines autorités compétentes sont même convaincues que la courbe descendante est amorcée et qu'elle s'allongera encore. « Alors que règnent à la fois la facilité et l'anarchie du bon plaisir », écrit le Dr W. H. Sheldon, « nos meilleures souches tendent à être submergées par la prolifération d'autres qui leur sont inférieures à tous égards... Il est à la mode, dans certains cercles universitaires, d'assurer aux étudiants que les craintes provoquées par des taux différentiels de natalité ne sont pas fondées, que ces problèmes sont simplement affaire d'économie politique, ou d'éducation, ou de religion, ou de culture, ou de facteurs de cet ordre. C'est là un optimisme aveugle. La délinquance en matière de reproduction est biologique et fondamentale. » Il ajoute que « personne ne sait au juste dans quelle mesure le niveau moyen de l'intelligence [aux U.S.A.] a baissé depuis 1916, date à laquelle Terman a essayé de fixer avec précision le sens de Q.I. 100 ».

Dans un pays sous-développé et surpeuplé, où les quatre cinquièmes des habitants disposent de moins de deux mille calories par jour, où un cinquième seulement a un régime alimentaire suffisant, les institutions démocratiques peuvent-elles naître spontanément ? Au cas où on les imposerait soit du dehors, soit d'en haut, pourraient-elles survivre?

Considérons maintenant le cas d'une société riche, industrialisée et démocratique, dans laquelle. en raison de la pratique chaotique mais effective de la limitation des naissances, le niveau intellectuel et la vigueur physique sont en déclin. Pendant combien de temps une telle société pourra-t-elle maintenir ses traditions de liberté individuelle et de gouvernement démocratique ? Dans cinquante à cent ans d'ici, nos enfants connaîtront la réponse à cette question.

En attendant, nous nous trouvons en face d'un problème moral des plus angoissants. Nous savons que la poursuite de fins louables ne justifie pas l'emploi de moyens répréhensibles. Mais que dire de ces situations, si fréquentes maintenant, dans lesquelles des moyens louables ont des effets qui s'avèrent mauvais ?

Exemple : nous débarquons dans une île tropicale ravagée par la malaria et avec l'aide du D.D.T. nous sauvons des centaines de milliers de vies en deux ou trois ans. Mais ces Centaines de milliers d'êtres ainsi sauvés et les millions d'autres qu'ils engendreront ne peuvent pas être convenablement habillés, logés, instruits, voire même nourris, avec les ressources de l'île. La mort rapide due à la malaria a été supprimée, mais une existence rendue misérable par la sous-alimentation et le surpeuplement est maintenant la règle et une mort lente, par inanition, guette un nombre de plus en plus grand d'habitants.

Et que dire des organismes congénitalement insuffisants que notre médecine et notre service social sauvent aujourd'hui, si bien qu'ils peuvent propager leur espèce ? Aider les malheureux est bien, évidemment, mais non moins évidemment, transmettre de façon massive à nos descendants les résultats de mutations défavorables et contaminer peu à peu la réserve génétique commune où devront puiser les membres de notre espèce, est mal. Nous sommes pris entre une enclume et un marteau moraux; trouver la voie moyenne permettant d'éviter l'un et l'autre exigera toute notre intelligence et notre bonne volonté. 
 

III  EXCÈS D'ORGANISATION 

Le chemin le plus direct et le plus large menant au cauchemar du Meilleur des Mondes passe, je l'ai déjà indiqué, par la surpopulation et l'accroissement accéléré du chiffre des humains - 2800 millions aujourd'hui, 5500 à la fin du siècle, la plus grande partie des hommes se trouvant placée devant un choix entre l'anarchie et le totalitarisme. Mais le déséquilibre croissant entre les masses humaines et les ressources disponibles n'est pas la seule force qui nous pousse dans la direction des dictatures. Cet ennemi biologique aveugle de la liberté s'allie à la puissance gigantesque engendrée précisément par les progrès techniques dont nous sommes le plus fiers. Et à juste titre, doit-on ajouter, car ils sont le fruit du génie, du labeur acharné et patient, de la logique, de l'imagination, du sacrifice, en un mot de vertus morales et intellectuelles pour lesquelles on ne peut éprouver que de l'admiration. Mais la nature des choses est telle que personne en ce monde ne peut jamais rien avoir pour rien. Ces progrès stupéfiants et admirables, il a fallu les payer, ou plus exactement nous sommes encore en train de le faire, comme pour la machine à laver de l'année précédente et chaque versement est plus élevé que celui d'avant. De nombreux historiens, sociologues et psychologues ont écrit de longs volumes, empreints d'une profonde inquiétude, sur le prix que l'Occidental a dû payer et paie encore le progrès technique. Ils font remarquer, par exemple, que l'on ne peut guère s'attendre à voir la démocratie s'épanouir dans des sociétés où le pouvoir politique et économique est peu à peu concentré et centralisé. Mais c'est précisément à cette concentration, à cette centralisation, que conduit le progrès technique. A mesure que le mécanisme de la production en masse est rendu plus efficace, il tend à devenir plus complexe et plus coûteux, donc, moins accessible à un novateur hardi aux moyens limités. En outre, la production en masse ne peut fonctionner sans un système de distribution à la même échelle et ce dernier soulève des problèmes que seuls les plus importants fabricants peuvent résoudre de façon satisfaisante. Dans un tel univers, les Petits, avec leurs fonds de roulement insuffisants, sont gravement désavantagés; dans la concurrence avec les Gros, ils perdent leur argent et finalement leur existence même, en tant que producteurs indépendants, les Gros les ont dévorés. A mesure que les Petits disparaissent, la puissance économique en vient à être concentrée entre des mains de moins en moins nombreuses. Dans une dictature, les Grosses Affaires, rendues possibles par des progrès techniques constants et la ruine des Petites Affaires qui en est résulté, sont sous le contrôle de l'État - c'est-à-dire celui d'un groupe peu nombreux de chefs politiques et des soldats, policiers, fonctionnaires exécutant ses ordres. Dans une démocratie capitaliste comme les U.S.A., elles sont sous la coupe de ce que le professeur C. Wright Milis a appelé I' Élite du Pouvoir.

Cette dernière emploie directement plusieurs millions des travailleurs de la nation dans ses usines, bureaux ou magasins, en contrôle de nombreux autres millions en leur prêtant de l'argent pour acheter ses produits et, par l'intermédiaire des organes d'information qu'elle possède, influence les pensées, les sentiments, les actions de la quasi-totalité. Pour parodier la phrase de Winston Churchill, jamais tant d'hommes n'auront été manipulés par aussi peu. Nous sommes bien loin de l'idéal d'une société authentiquement libre composée d'une hiérarchie d'éléments autonomes, tel que le concevait Jefferson : « Les républiques élémentaires des circonscriptions, les républiques des Etats et la République de l'Union, formant une gradation d'autorités. »

Nous voyons donc que la technique moderne a conduit à la concentration du pouvoir économique et politique ainsi qu'au développement d'une société contrôlée (avec férocité dans les Etats totalitaires, courtoisie et discrétion dans les démocraties) par les Grosses Affaires et les Gros Gouvernements. Mais les sociétés sont composées d'individus et ne valent que dans la mesure où elles les aident à s'accomplir, à mener une vie heureuse et créatrice. Quelles ont été les répercussions des perfectionnements techniques sur les hommes au cours de ces récentes années? Voici la réponse que donne le Dr Erich Fromm, philosophe-psychiatre :

« Notre société occidentale contemporaine, malgré ses progrès matériels, intellectuels et sociaux, devient rapidement moins propre à assurer la santé mentale et tend à saper, dans chaque individu, la sécurité intérieure, le bonheur, la raison, la faculté d'aimer; elle tend à faire de lui un automate qui paie son échec sur le plan humain par des maladies mentales toujours plus fréquentes et un désespoir qui se dissimule sous une frénésie de travail et de prétendu plaisir. »

Nos « maladies mentales toujours plus fréquentes » peuvent trouver leur expression dans les symptômes des névroses, très voyants et des plus pénibles. Mais, « gardons-nous », écrit le Dr. Fromm, « de définir l'hygiène mentale comme la prévention des symptômes. Ces derniers ne sont pas nos ennemis, mais nos amis; là où ils sont, il y a conflit et un conflit indique toujours que les forces de vie qui luttent pour l'harmonisation et le bonheur résistent encore ». Les victimes vraiment sans espoir se trouvent parmi ceux qui semblent les plus normaux. Pour beaucoup d'entre eux, c'est « parce qu'ils sont si bien adaptés à notre mode d'existence, parce que la voix humaine a été réduite au silence si tôt dans leur vie, qu'ils ne se débattent même pas, ni ne souffrent et ne présentent pas de symptômes comme le font les névrosés ». Ils sont normaux non pas au sens que l'on pourrait appeler absolu du terme, mais seulement par rapport à une société profondément anormale et c'est la perfection de leur adaptation à celle-ci qui donne la mesure de leur déséquilibre mental. Ces millions d'anormalement normaux vivent sans histoires dans une société dont ils ne s'accommoderaient pas s'ils étaient pleinement humains et s'accrochent encore à « l'illusion de l'individualité », mais en fait, ils ont été dans une large mesure dépersonnalisés. Leur conformité évolue vers l'uniformité.

Mais « l'uniformité est incompatible avec la liberté, de même qu'avec la santé mentale... L'homme n'est pas fait pour être un automate et s'il en devient un, le fondement de son équilibre mental est détruit ».

Au cours de l'évolution, la nature s'est donné un mal extrême pour que chaque individu soit différent de tous les autres. Nous nous reproduisons en mettant les gènes du père en contact avec ceux de la mère et ces facteurs héréditaires peuvent donner des combinaisons en nombre pratiquement illimité; physiquement et mentalement, chacun d'entre nous est un être unique.

Toute civilisation qui, soit dans l'intérêt de l'efficacité, soit au nom de quelque dogme politique ou religieux, essaie de standardiser l'individu humain, commet un crime contre la nature biologique de l'homme.

On peut définir la science comme la réduction de la multiplicité à l'unité. Elle s'efforce d'expliquer les phénomènes indéfiniment divers de la nature en négligeant de propos délibéré le caractère unique des événements particuliers, pour se concentrer sur ce qu'ils ont de commun et en abstraire finalement quelque « loi » qui permette d'en rendre compte de façon logique et de travailler sur eux. Par exemple : les pommes tombent de l'arbre et la lune se déplace dans le ciel. Les hommes avaient observé ces faits d'expérience depuis des temps immémoriaux; avec Gertrude Stein, ils étaient convaincus que la pomme est une pomme, alors que la lune est la lune. Il était réservé à Isaac Newton de percevoir ce que ces phénomènes avaient de commun et de formuler une loi de la gravitation permettant d'expliquer et d'étudier, dans le cadre d'un unique système d'idées, certains aspects du comportement des pommes, des corps célestes, voire même de tous les éléments de l'univers physique. Dans le même esprit, l'artiste prend les innombrables diversités et originalités uniques du monde sensible, ainsi que sa propre imagination et leur donne un sens au sein d'un système cohérent de motifs plastiques, littéraires ou musicaux. Le désir d'imposer l'ordre à la confusion, de faire naître l'harmonie de la dissonance et l'unité de la multiplicité est une sorte d'instinct intellectuel, une tendance originelle et fondamentale de l'esprit. Dans les domaines des sciences, des arts et de la philosophie, les effets de ce que je peux appeler cette « volonté à ordre » sont surtout bénéfiques. Il est vrai qu'elle a produit bien des synthèses prématurées fondées sur des preuves insuffisantes, des systèmes métaphysiques et théologiques absurdes, de pédantes confusions entre les concepts et le réel, entre les symboles, les abstractions et les données de l'expérience immédiate. Mais ces erreurs, si regrettables soient-elles, ne font pas grand mal, au moins directement, encore qu'il arrive parfois qu'un mauvais système philosophique cause des dommages indirects, en servant de justification à des actes insensés et inhumains. C'est dans le domaine social, en politique et en économie, que la volonté a ordre devient vraiment dangereuse.

Là, la réduction théorique de l'ingouvernable multiplicité à l'unité compréhensible devient la réduction pratique de la diversité humaine à l'uniformité crétinisée, de la liberté à la servitude. En politique, l'équivalent d'une théorie scientifique ou d'un système philosophique parfaitement achevé, c'est une dictature totalitaire. En économie, l'équivalent d'une œuvre d'art harmonieusement composée, c'est l'usine fonctionnant sans à-coups dans laquelle les ouvriers sont parfaitement adaptés aux machines. La volonté à ordre peut faire des tyrans de ceux qui aspirent simplement à déblayer le gâchis. La beauté du rangement sert de justification au despotisme.

L'organisation est indispensable, car la liberté ne peut naître et avoir un sens que dans une communauté d'individus coopérant sans contrainte à la réglementation de l'ensemble. Mais bien qu'indispensable, elle peut aussi être fatale. Son excès transforme hommes et femmes en automates, paralyse l'élan créateur et abolit la possibilité même de l'indépendance. Comme à l'accoutumée, la voie moyenne est la seule qui soit sûre, entre les excès du laissez-faire (2) à l'une des extrémités de l'échelle et du contrôle intégral à l'autre.

Au cours du dernier siècle, les progrès successifs de la technique ont été accompagnés de perfectionnements correspondants dans un excès d'organisation humaine. II fallait que les machines complexes trouvassent leur contrepartie dans des dispositions sociales complexes, destinées à fonctionner avec autant de moelleux et d'efficacité que les nouveaux instruments de production. Pour s'intégrer dans ces organisations, les personnes ont dû se dépersonnaliser, renier leur diversité native, se conformer à des normes standardisées, faire de leur mieux, en bref, pour devenir des automates.

Les effets déshumanisants d'un excès d'organisation sont renforcés par ceux de la surpopulation. L'industrie, à mesure qu'elle se développe, attire un nombre d'hommes toujours plus considérable dans les grandes villes; mais la vie n'y est guère favorable à la santé mentale (on nous apprend que les taux les plus élevés de schizophrénie se trouvent parmi le pullulement humain des taudis industriels); elle ne développe pas non plus cette indépendance consciente de ses responsabilités à l'intérieur de petits groupes autonomes, qui est la première condition à l'établissement d'une démocratie authentique. La vie urbaine est anonyme et pour ainsi dire abstraite. Les êtres ont des rapports non pas en tant que personnalités totales, mais en tant que personnifications de structures économiques ou, quand ils ne sont pas au travail, d'irresponsables à la recherche de distractions. Soumis à ce genre de vie, l'individu tend à se sentir seul et insignifiant; son existence cesse d'avoir le moindre sens, la moindre importance.

Au point de vue biologique, l'homme est un animal modérément grégaire, non pas tout à fait social; il ressemble plus au loup, par exemple, ou à l'éléphant, qu'à l'abeille ou à la fourmi. Dans leur forme originelle, ses Sociétés n'ont rien de commun avec la ruche ou la fourmilière : ce sont de simples bandes. La civilisation est entre autres choses, le processus par lequel les bandes primitives sont transformées en un équivalent, grossier et mécanique, des communautés organiques d'insectes sociaux. A l'heure présente, les pressions du surpeuplement et de l'évolution technique accélèrent ce mouvement. La termitière en est arrivée à représenter un idéal réalisable et même, aux yeux de certains, souhaitable. Inutile de dire qu'il ne deviendra jamais réalité. Un gouffre immense sépare l'insecte social du mammifère avec son gros cerveau, son instinct grégaire très mitigé et ce gouffre demeurerait, même si l'éléphant s'efforçait d'imiter la fourmi. Malgré tous leurs efforts, les hommes ne peuvent que créer une organisation et non pas un organisme social. En s'acharnant à réaliser ce dernier, ils parviendront tout juste à un despotisme totalitaire.

Le Meilleur des Mondes présente le tableau imaginaire et quelque peu licencieux d'une société dans laquelle les efforts faits pour recréer des êtres humains à la ressemblance des termites ont été poussés presque à la limite du possible. Que nous soyons mus dans cette direction est évident, mais, il est non moins certain que nous pouvons, si nous le voulons, refuser de coopérer avec les forces aveugles qui nous meuvent.

Pour le moment, cependant, la volonté de résistance ne paraît ni très forte, ni très répandue. Ainsi que l'a montré Mr. William Whyte dans son remarquable ouvrage, The Organization man (3), une nouvelle Morale Sociale est en train de remplacer notre système traditionnel qui donne la première place à l'individu. Les mots clefs en sont : « ajustement », « adaptation », « comportement social ou antisocial », «intégration », « acquisition de techniques sociales », « travail d'équipe », « vie communautaire», « loyalisme communautaire », « dynamique communautaire », «pensée communautaire », « activités créatrices communautaires ». Son postulat de base, c'est que l'ensemble social a plus de valeur et d'importance que ses éléments individuels, que les différences biologiques innées doivent être immolées à l'uniformité de la culture, que les droits de la collectivité prennent le pas sur ce que le dix-huitième siècle appelait les Droits de l'Homme. Selon la Morale Sociale, Jésus avait complètement tort quand il affirmait que le sabbat a été fait pour l'homme; au contraire, c'est l'homme qui a été fait pour le sabbat, qui doit sacrifier ses particularités natives et faire semblant d'être la sorte de bon garçon invariablement liant que les organisateurs d'activités collectives considèrent comme le plus propre à leurs fins. Cet homme idéal est celui qui fait montre de « conformisme dynamique » (quelle expression délicieuse!), d'un loyalisme intense à l'égard du groupe et d'un inlassable désir de se subordonner, d'être accepté. Et il faut qu'il ait une épouse idéale, intensément grégaire, infiniment adaptable, non pas seulement résignée à admettre que le premier devoir de son mari est envers la Corporation, mais elle-même dévorée de loyalisme actif. « Lui pour Dieu seul », comme Milton l'a écrit d'Adam et d'Eve, « elle pour Dieu en lui ». A un certain point de vue, et d'importance, la femme de l'homme idéal pour organisations est beaucoup moins bien partagée que notre mère Eve à qui le Seigneur avait permis une complète liberté dans ses « juvéniles ébats » avec son époux.

Aujourd'hui, selon un collaborateur de la Harvard Business Review, la femme d'un homme qui essaie d'atteindre l'idéal proposé par la Morale Sociale « ne doit pas accaparer trop du temps et de l'attention de son mari. En raison de la concentration exclusive des énergies de ce dernier, vouées uniquement à sa situation, même son activité sexuelle doit être reléguée au second plan ». Le moine prononce des voeux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté. La créature de l'organisation, a la permission d'être riche, mais doit promettre obéissance (« il accepte l'autorité sans ressentiment et vénère ses supérieurs » Mussolini ha sempre ragione) et même être prête, pour la plus grande gloire de la collectivité, à répudier l'amour conjugal.

Il est intéressant de noter que, dans 1984, les membres du Parti sont tenus de se conformer à une morale sexuelle d'une sévérité plus que puritaine, alors que, dans Le Meilleur des Mondes, tout un chacun a le droit de satisfaire ses désirs sans la moindre gêne ni contrainte.

La société décrite dans le roman d'Orwell est continuellement en état de guerre, aussi le but de ses dirigeants est-il d'abord, bien entendu, d'exercer le pouvoir, générateur de grisantes délices, et ensuite de maintenir leurs sujets dans cet état de tension croissante qu'une lutte permanente exige de ceux qui la livrent. En faisant croisade contre la sexualité, les chefs parviennent à entretenir le degré de tension voulu chez leurs satellites et en même temps à satisfaire de manière extrêmement agréable leur propre appétit de puissance. Celle qui est décrite dans Le Meilleur des Mondes est une société mondiale dans laquelle la guerre a été éliminée et où le premier but des dirigeants est d'empêcher à tout prix leurs sujets de créer des désordres. Ils y parviennent (entre autres méthodes) par la légalisation d'un degré de liberté sexuelle (rendu possible par l'abolition de la famille) qui garantit pratiquement les populations de toute forme de tension émotive destructrice (ou créatrice). Dans 1984, l'appétit de puissance se satisfait en infligeant la souffrance; dans Le Meilleur des Mondes en infligeant un plaisir à peine moins humiliant.

Il est évident que la Morale Sociale actuelle n'est que la justification a posteriori des conséquences les moins heureuses d'un excès d'organisation, une tentative pathétique pour faire de nécessité vertu, pour tirer une valeur positive d'une déplaisante donnée d'expérience. C'est un système de moralité tout à fait en dehors de la réalité et par conséquent très dangereux. Le tout social dont la valeur est censée être supérieure à celle de ses composants n'est pas un organisme au sens où la ruche et la termitière en sont un. Ce n'est qu'une organisation, un rouage de la mécanique sociale. Il n'existe de valeur qu'en fonction de la vie et de la conscience qu'en prend l'individu; or, une organisation n'est ni consciente, ni vivante, et sa valeur est celle d'un instrument, dérivé. Elle ne saurait être bonne en soi, elle ne l'est que dans la mesure où elle contribue au bien des individus la composant. Lui donner le pas sur les personnes, c'est subordonner la fin aux moyens et ce qui se passe quand on renverse ainsi l'échelle des valeurs a été clairement illustré par, Hitler et Staline.

Sous leur hideuse autorité, les fins personnelles étaient soumises aux moyens de l'organisation par un mélange de violence et de propagande, de terreur systématique et de manipulation non moins systématique des esprits. Dans les dictatures plus efficaces de demain, il y aura sans doute beaucoup moins de force déployée. Les sujets des tyrans à venir seront enrégimentés sans douleur par un corps d'ingénieurs sociaux hautement qualifiés. Un défenseur enthousiaste de cette nouvelle science écrit « Le défi que relève de nos jours le sociologue est le même que celui des techniciens il y a un demi-siècle. Si la première moitié du vingtième siècle a été l'ère des ingénieurs techniques, la seconde pourrait bien être celle des ingénieurs sociaux ». Et je suppose que le vingt et unième sera celle des Administrateurs Mondiaux, du système scientifique des castes et du Meilleur des Mondes. A la question quis custodiet custodes ? - qui gardera nos gardiens, qui organisera les organisateurs techniques ? on répond sereinement qu'ils n'ont pas besoin de surveillance. Il semble régner parmi certains docteurs en sociologie la touchante conviction que leurs pairs ne seront jamais corrompus par l'exercice du pouvoir. Tel sire Galahad, ils sont forts comme dix parce que leur cœur est pur, et leur cœur est pur parce que ce sont des savants qui ont suivi six mille heures de cours sur les sciences sociales.

Hélas, l'instruction supérieure n'est pas nécessairement la garantie d'une vertu plus grande ou d'une sagesse politique plus haute et, à ces inquiétudes nées de causes morales et psychologiques, doivent s'en ajouter d'autres, d'un caractère purement scientifique. Pouvons-nous accepter les théories sur lesquelles les ingénieurs sociologues fondent leur pratique et dont ils se servent pour justifier leur manipulation des êtres humains ? Par exemple, le professeur Elton Mayo nous déclare catégoriquement que « le désir qu'a l'homme d'être continuellement associé à ses semblables dans le travail est une caractéristique humaine marquée, sinon la plus marquée ». J'estime qu'il s'agit là d'une contrevérité manifeste. Certains éprouvent le genre de désir décrit par Mayo, d'autres non; c'est une question de tempérament et d'hérédité. N'importe quelle organisation sociale qui prendrait comme fondement le postulat que l'« homme » (quel que soit le sens que l'on donne à ce mot) désire être continuellement associé à ses semblables, serait pour bien des individus de l'un et l'autre sexe, un lit de Procuste. Il faudrait les amputer ou les écarteler sur le chevalet pour les y adapter.

Et puis aussi, comme elles sont trompeuses les apologies lyriques du Moyen Age dont beaucoup de théoriciens contemporains adonnent leurs œuvres! « Le fait d'être membre d'une Guilde, d'un domaine seigneurial ou d'un village protégeait l'homme médiéval pendant toute sa vie, lui donnant paix et sérénité. » Le protégeait de quoi ? pourrions-nous demander. Certainement pas des mauvais traitements infligés sans l'ombre d'un remords par ses supérieurs et, en même temps que toute cette « paix et sérénité », il y avait à l'époque une énorme quantité de déceptions chroniques, de souffrances aigües, un ressentiment violent contre un système hiérarchique rigide qui ne permettait aucun mouvement vertical vers le haut de l'échelle sociale et que des mouvements horizontaux bien limités dans l'espace aux hommes attachés à la terre. Les forces impersonnelles du surpeuplement et de l'excès d'organisation jointes aux ingénieurs sociologues qui essaient de les diriger, nous poussent vers un nouveau système médiéval. Cette reviviscence sera rendue plus acceptable que l'original par quelques commodités tirées du Meilleur des Mondes, comme le conditionnement prénatal, l'hypnopédie et l'euphorie chimique, mais pour la majorité des hommes et des femmes, ce sera encore une sorte de servitude. 

 

IV LA PROPAGANDE

DANS UNE SOCIÉTÉ DÉMOCRATIQUE  

Jefferson a écrit : « Les doctrines européennes posaient que les hommes en associations nombreuses rie peuvent être restreints dans les limites de l'ordre et de la justice, si ce n'est par des forces physiques et morales que déploient au-dessus d'eux des autorités indépendantes de leur volonté... Nous, fondateurs de la nouvelle démocratie américaine, nous croyons que l'homme est un animal raisonnable, doté par la nature de droits ainsi que d'un sens inné de la justice, que l'on peut empêcher de nuire et confirmer dans le bien au moyen de pouvoirs modérés, confiés à des personnes de son propre choix et maintenues dans leurs devoirs par une dépendance à l'égard de sa volonté. » Pour des oreilles post-freudierines, ce genre de langage rend un son d'une touchante et cocasse naïveté. Les êtres humains sont sérieusement moins rationnels et foncièrement justes que le supposaient les optimistes du dix-huitième siècle. Par contre, ils ne sont ni si aveugles moralement, ni si irrémédiablement déraisonnables que les pessimistes du vingtième voudraient nous le faire croire. Malgré l'id et le subconscient, malgré les névroses endémiques, et la prédominance de niveaux intellectuels très bas, la plupart des hommes et des femmes sont sans doute assez honnêtes et raisonnables pour qu'on leur confie la direction de leur propre destinée.

Les institutions démocratiques sont des dispositifs destinés à concilier l'ordre social avec la liberté et l'initiative individuelles, ainsi qu'à soumettre la puissance immédiate des gouvernants d'un pays à l'autorité ultime des gouvernés. Le fait qu'en Europe occidentale et en Amérique ces dispositifs n'ont, somme toute, pas trop mal fonctionné, est la preuve que les optimistes du dix-huitième siècle ne se trompaient pas entièrement. Si on leur donne leur chance, les humains peuvent se gouverner eux-mêmes et le font sans doute mieux, encore qu'avec peut-être une efficacité mécanique moindre, que « des autorités indépendantes de leur volonté ». Pourvu, je le répète, qu'ils puissent faire l'expérience dans de bonnes conditions, c'est là une nécessité préalable absolue. On ne peut dire d'aucun peuple, passant brusquement de la servitude sous le joug d'un despote à un état jamais expérimenté d'indépendance politique, qu'il a eu une possibilité acceptable de faire fonctionner des institutions démocratiques. De plus, aucun peuple végétant dans des conditions économiques précaires, n'a de chances raisonnables de pouvoir se gouverner démocratiquement. Le libéralisme fleurit dans une atmosphère de prospérité et décline quand cette dernière en se dégradant, contraint le gouvernement à des interventions de plus en plus fréquentes et draconiennes dans les affaires de ses sujets. La surpopulation et l'excès d'organisation sont deux des conditions qui, je l'ai signalé, enlèvent à une société la possibilité de faire fonctionner efficacement des institutions démocratiques. Nous voyons par là qu'il existe certaines conjonctures historiques, économiques, démographiques et techniques qui rendent excessivement difficile aux animaux raisonnables de Jefferson, dotés par la nature de droits inaliénables et d'un sens inné de la justice, l'exercice de leur raison, de leurs droits et de leur justice dans une société démocratiquement organisée. Nous autres Occidentaux avons eu le suprême bonheur de pouvoir faire la grande expérience de l'indépendance politique dans de bonnes conditions. Mais il semble maintenant qu'en raison de changements récents intervenus dans notre situation, cette chance infiniment précieuse nous soit peu à peu retirée. Et bien sûr, ce n'est pas tout. Ces forces impersonnelles aveugles ne sont pas les seuls ennemis de la liberté individuelle et des institutions démocratiques. Il en existe d'autres, d'un caractère moins abstrait, qui peuvent être sciemment utilisées par des hommes avides de pouvoir et dont le but est d'établir leur domination, partielle ou totale, sur leurs semblables. Il y a cinquante ans, dans mon enfance, il semblait absolument évident que le mauvais vieux temps était passé, que la torture, les massacres, l'esclavage et la persécution des hérétiques avaient disparu à jamais. Pour des gens qui portaient haut-de-forme, se déplaçaient en train et prenaient un bain quotidien, de pareilles horreurs étaient simplement inconcevables. Nous vivions au vingtième siècle, que diable! Quelques années plus tard, ces mêmes hommes qui se baignaient chaque jour et allaient à l'église en huit-reflets commettaient des atrocités d'une ampleur dont les Asiatiques et les Africains enténébrés n'eussent jamais rêvé. A la lumière de l'histoire récente, il serait stupide de croire que ce genre de choses ne peut pas se reproduire. Il le peut et sans doute il le fera. Mais dans l'avenir immédiat, il y a quelque raison de croire que les méthodes répressives de 1984 céderont le pas aux renforcements et manipulations du Meilleurs des Mondes.

Il y a deux sortes de propagande : la rationnelle d'une part, en faveur d'une action conforme à l'intérêt bien compris de celui qui l'accomplit et de celui à qui elle s'adresse - d'autre part, l'irrationnelle, qui ne sert les intérêts de personne, mais est dictée par la passion et s'adresse à elle. Quand il s'agit d'actes individuels, il existe des motifs plus nobles, plus élevés que l'intérêt, mais quand il faut envisager une action collective dans le domaine de la politique et de l'économie, ce ressort est sans doute le plus puissant de tous.

Si les politiciens et leurs électeurs n'étaient mus que par le dessein de servir leur intérêt à long terme et celui de leur pays, ce monde serait un paradis terrestre. En réalité, ils agissent souvent contre leur propre avantage, simplement pour assouvir leurs passions les moins honorables; c'est pourquoi nous vivons dans un lieu de souffrances.

La propagande pour une action conforme à l'intérêt bien compris fait appel à la raison au moyen d'arguments logiques fondés sur les plus solides preuves disponibles, exposées honnêtement et dans leur intégralité. La propagande pour une action dictée par des impulsions plus basses que l'intérêt présente des preuves forgées, falsifiées, ou tronquées, évite les arguments logiques et cherche à influencer ses victimes par la simple répétition de slogans, la furieuse dénonciation de boucs émissaires étrangers ou nationaux, et l'association machiavélique des passions les plus viles aux idéaux les plus élevés, si bien que des atrocités en arrivent à être commises au nom de Dieu et que l'espèce la plus cynique de Realpolitik est traitée comme une affaire de principe religieux et de devoir patriotique.

Selon les termes de John Dewey, « un renouveau de foi dans la commune nature humaine, ses possibilités en général et, en particulier, sa capacité de réagir à la raison et à la vérité, est un plus sûr rempart contre le totalitarisme qu'une démonstration de succès matériel, ou la dévotion religieuse envers un certain formalisme légal et politique ». Cette possibilité de réaction existe en chacun d'entre nous, mais elle y voisine, malheureusement, avec une tendance à se laisser influencer par la déraison et le mensonge - surtout si ce dernier évoque quelque émotion délectable, ou si l'appel au fanatisme fait vibrer des résonances dans les profondeurs primitives, pré humaines de notre être. Dans certains champs de son activité, l'homme a appris à réagir de manière assez régulière à la raison et à la vérité. Les auteurs de doctes articles ne font pas appel aux passions de leurs confrères, savants et technologues; ils exposent ce qui, en toute science et conscience, leur paraît être la vérité, sur quelque aspect particulier de la réalité; ils font usage de la raison pour expliquer les faits qu'ils ont observés et appuient leur point de vue avec des arguments adressés à la raison des autres hommes. Tout cela est relativement aisé dans les sciences physiques et la technologie, mais beaucoup plus difficile dans le domaine de la politique, de la religion et de la morale. Là, les faits pertinents nous échappent souvent et quant à leur sens, il dépend évidemment du système d'idées dans le cadre duquel vous avez décidé de les faire entrer. Ce ne sont pas là les seules difficultés auxquelles se heurte le chercheur de vérité rationnel. Dans la vie publique et privée, il arrive souvent que le temps manque pour réunir les faits significatifs ou peser leur importance. Nous sommes obligés d'agir en nous appuyant sur une documentation insuffisante, éclairés par une lumière infiniment plus vacillante que celle de la logique. Avec la meilleure volonté du monde, nous ne pouvons pas toujours être totalement vrais ou invariablement rationnels. Tout ce qui demeure en notre pouvoir, c'est de l'être autant que les circonstances nous le permettent et de réagir aussi bien que nous le pouvons à la vérité limitée et aux raisonnements imparfaits que les autres présentent à notre connaissance.

« Si une nation compte être ignorante et libre », a écrit Jefferson, « elle compte sur ce qui n'a jamais été et ne sera jamais... Le peuple ne peut être en sûreté sans informations. Là où la presse est libre et chaque citoyen capable de lire, tout est sauvé. » Vers le même temps, de l'autre côté de l'Atlantique, un partisan passionné lui aussi de la raison, exprimait cette idée dans des termes presque identiques. Voici ce qu'écrivait John Stuart Miii à son père, le philosophe utilitariste James Mill : « Si complète était sa confiance dans l'influence de la raison sur l'esprit humain, chaque fois qu'on lui donne la possibilité de le toucher, qu'il lui semblait que tout serait gagné si la population entière savait lire et si toutes les opinions avaient licence de lui être présentées verbalement ou par écrit et si, au moyen du suffrage universel, elle pouvait nommer une législature pour donner effet aux opinions adoptées. » Tout est sauvé, tout serait gagné ! Une fois de plus, nous entendons la voix de l'optimisme du dix-huitième siècle. Il est vrai que Jefferson était également réaliste; il savait, par une amère expérience, que la liberté de la presse peut conduire à de honteux abus. « Présentement », a-t-il déclaré, « on ne peut rien croire de ce qu'on lit dans les journaux. » Pourtant il assurait (et nous ne pouvons que l'approuver) :

« Dans les limites de la vérité, la presse est une noble institution, également amie des sciences et des libertés civiles. »

En un mot, l'information des masses n'est ni bonne, ni mauvaise; c'est simplement une force et comme n'importe quelle autre, elle peut être bien ou mal employée. Dans le premier cas, la presse, la radio, le cinéma sont indispensables à la survie de la démocratie; dans le second, elles sont parmi les armes les plus puissantes de l'arsenal des dictateurs. Dans ce domaine comme dans presque tous ceux de l'entreprise humaine, les progrès techniques ont lésé les Petits et favorisé les Gros. Il y a cinquante ans encore, tous les pays démocratiques pouvaient s'enorgueillir du grand nombre de leurs petits quotidiens locaux, où des milliers d'éditoriaux exprimaient des milliers d'opinions indépendantes. Ici ou là, presque tout un chacun parvenait à faire imprimer pratiquement n'importe quoi. Aujourd'hui, légalement, la presse est encore libre, mais la plupart des petits journaux ont disparu; le coût de la pâte à papier, des machines à imprimer modernes et des agences de presse est trop élevé pour les Petits. Dans l'Est totalitaire, il existe une censure politique et les organes de diffusion des nouvelles sont contrôlés par l'Elite de la Puissance. La censure avec l'accroissement des dépenses et, par voie de conséquence, la concentration des possibilités d'information entre les mains de quelques grands organismes, est moins odieuse que le monopole d'Etat et la propagande gouvernementale, mais ce n'est assurément pas une chose qu'un démocrate jeffersonien pourrait approuver.

En ce qui concerne la propagande, les premiers partisans de l'instruction obligatoire et d'une presse libre ne l'envisageaient que sous deux aspects : vraie ou fausse. Ils ne prévoyaient pas ce qui, en fait, s'est produit, le développement d'une immense industrie de l'information, ne s'occupant dans l'ensemble ni du vrai, ni du faux, mais de l'irréel et de l'inconséquent à tous les degrés. En un mot, ils n'avaient pas tenu compte de la fringale de distraction éprouvée par les hommes.

Dans le passé, la plupart n'avaient jamais la possibilité de l'assouvir complètement; ils le désiraient avec ardeur, mais on ne leur en fournissait pas l'occasion. Noël venait, mais une fois l'an seulement, les fêtes étaient « solennelles et rares », il y avait peu de lecteurs, très peu à lire et ce qui approchait le plus d'un cinéma de quartier, c'était l'église paroissiale où les représentations, bien que fréquentes, étaient quelque peu monotones. Pour trouver une situation comparable, fût-ce de loin, à celle qui existe actuellement, il nous faut remonter jusqu'à la Rome impériale, où la populace était maintenue dans la bonne humeur grâce à des doses fréquentes et gratuites des distractions les plus variées, allant des drames en vers aux combats de gladiateurs, des récitations de Virgile aux séances de pugilat, des concerts aux revues militaires et aux exécutions publiques. Mais même à Rome, il n'existait rien de semblable aux distractions ininterrompues fournies par les journaux, les revues, la radio, la télévision et le cinéma. Dans Le Meilleur des Mondes, les distractions les plus alléchantes sont délibérément utilisées et à jet continu, comme instruments de gouvernement pour empêcher les populations d'examiner de trop près les réalités de la situation sociale et politique. L'autre monde de la religion n'est pas le même que celui du plaisir, mais ils ont assurément en commun le fait de ne pas être « de ce monde ». L'un et l'autre sont des distractions et leur pratique continuelle pourrait faire des deux, selon la formule de Marx, « l'opium du peuple ».

Seuls les vigilants peuvent sauvegarder leurs libertés et seuls ceux qui ont sans cesse l'esprit présent et l'intelligence en éveil, peuvent espérer se gouverner effectivement eux-mêmes par les procédures démocratiques.

Une société dont la plupart des membres passent une grande partie de leur temps, non pas dans l'immédiat et l'avenir prévisible, mais quelque part dans les autres mondes inconséquents du sport, des feuilletons, de la mythologie et de la fantaisie métaphysique, aura bien du mal à résister aux empiétements de ceux qui voudraient la manipuler et la dominer.

Dans leur propagande, les dictateurs contemporains s'en remettent le plus souvent à la répétition, à la suppression et à la rationalisation répétition de slogans qu'ils veulent faire accepter pour vrais, suppression de faits qu'ils veulent laisser ignorer, déchaînement et rationalisation de passions qui peuvent être utilisées dans l'intérêt du Parti ou de l'Etat. L'art et la science de la manipulation en venant à être mieux connus, les dictateurs de l'avenir apprendront sans aucun doute à combiner ces procédés avec la distraction ininterrompue qui, en Occident, menace actuellement de submerger sous un océan d'inconséquence la propagande rationnelle indispensable au maintien de la liberté individuelle et à la survivance des institutions démocratiques. 
 

LA PROPAGANDE

DANS UNE DICTATURE 

A son procès, après la Deuxième Guerre mondiale, le ministre de l'Armement hitlérien, Albert Speer, prononça un long discours dans lequel il décrivit avec une remarquable pénétration la tyrannie nazie et ses méthodes. « La dictature de Hitler » déclara-t-il, « diffère sur un point fondamental de toutes celles qui l'ont précédée dans l'histoire. Elle a été la première dans la période actuelle de progrès technique moderne et elle a utilisé intégralement tous les procédés techniques pour établir sa domination sur son propre pays. Au moyen de dispositifs mécaniques comme la radio et le haut-parleur, 80 millions d'êtres humains ont été privés de la liberté de penser. De ce fait, il a été possible de les soumettre à la volonté d'un seul... Les dictateurs précédents avaient besoin d'assistants hautement qualifiés, même dans les postes subalternes, d'hommes qui pouvaient penser et agir de leur propre chef. A notre époque de développement technique moderne, le système totalitaire peut se passer de tels hommes; grâce aux méthodes d'information perfectionnées, on est parvenu à mécaniser le commandement aux échelons inférieurs. Il en est résulté la naissance du nouveau type d'exécutant qui reçoit des ordre sans jamais les critiquer. »

Dans le Meilleur des Mondes de ma fable prophétique, la technique avait de beaucoup dépassé le point atteint au temps de Hitler et par conséquent, ceux qui recevaient les ordres avaient un sens critique infiniment moins développé que leurs semblables nazis, une obéissance infiniment plus complète à l'égard de l'élite dirigeante. De plus, ayant été standardisés génétiquement et conditionnés après décantation en vue d'accomplir des fonctions subalternes, on pouvait compter qu'ils se comporteraient sans plus d'inattendu que des machines. Ainsi que nous le verrons dans un autre chapitre, ce conditionnement du « commandement inférieur » est déjà pratiqué dans les dictatures communistes. Chinois et Russes ne se fient pas entièrement aux effets indirects d'une technique toujours plus perfectionnée, ils agissent directement sur les organismes psychophysiques de leurs chefs aux échelons inférieurs, en soumettant les esprits et les corps à un système de conditionnement impitoyable et, selon toutes les apparences, extrêmement efficace, « Combien d'hommes », déclarait Speer, « ont été hantés par le cauchemar d'un futur asservissement des nations par des moyens techniques ! Ce cauchemar a été presque réalisé dans le système totalitaire de Hitler. » Presque, mais pas tout à fait. Les Nazis n'ont pas eu le temps, ni peut-être l'intelligence et les connaissances nécessaires pour laver le cerveau de leurs gradés subalternes. Il est possible que ce soit là une des raisons de leur échec.

Depuis l'époque de Hitler, l'arsenal des moyens techniques à la disposition de l'aspirant-dictateur a été considérablement développé ! En plus de la radio, du haut-parleur, de la caméra de cinéma et de la presse rotative, le propagandiste contemporain peut faire usage de la télévision pour transmettre non seulement la voix, mais l'image de son client et enregistrer le tout sur des bandes magnétiques. Grâce aux progrès techniques, le Grand Frère peut maintenant être omniprésent presque autant que Dieu. D'ailleurs, il n'y a pas que dans ce domaine que des atouts nouveaux ont été apportés au jeu du dictateur. Depuis Hitler, des travaux considérables ont été faits en psychologie et neurologie appliquées, domaines d'élection du propagandiste, de l'endoctrineur, et du laveur de cerveaux. Autrefois, ces spécialistes dans l'art de changer les opinions étaient des empiristes. Ils avaient mis au point, après de nombreux tâtonnements, un certain nombre de procédés et de méthodes qu'ils utilisaient avec de très bons résultats, mais sans bien savoir pourquoi ils réussissaient. Aujourd'hui, cet art est en train de devenir une science; ceux qui la pratiquent savent ce qu'ils font et pourquoi. Ils sont guidés dans leur travail par des théories et des hypothèses solidement établies sur un massif fondement de données expérimentales et, grâce aux nouveaux aperçus ainsi découverts, aux nouvelles techniques rendues possibles par ces aperçus, le cauchemar qui a été « presque réalisé dans le système totalitaire de Hitler » passera peut-être bientôt intégralement dans le domaine du possible.

Mais avant d'analyser ces nouveaux aperçus et procédés, jetons un coup d'œil au cauchemar si près de s'accomplir dans l'Allemagne nazie. Quelles étaient les méthodes utilisées par Hitler et Goebbels pour « priver 80 millions d'êtres de la liberté de penser en les soumettant à la volonté d'un seul » ? Et quelle était la conception de la nature humaine sur laquelle se fondaient ces méthodes effroyablement efficaces ? On peut trouver la plupart des réponses dans les propres paroles de Hitler, et qu'elles étaient claires, astucieuses ! Quand il traite de vastes abstractions comme la Race, l'Histoire, la Providence, il est strictement illisible, mais quand il est question des masses germaniques, des méthodes dont il s'est servi pour les dominer et les diriger, son style change. Le délire cède la place au bon sens, l'enflure grandiloquente à une lucidité dure et cynique. Dans ses élucubrations philosophiques, Hitler rêvait éveillé ou rabâchait les conceptions fumeuses et approximatives d'autres théoriciens. Dans ses commentaires sur les foules et la propagande, il faisait passer une expérience directe. Selon les termes de son excellent biographe, M. Allan Bullock, « Hitler a été le plus grand démagogue de l'histoire ».

Ceux qui ajoutent, « rien de plus qu'un démagogue », prouvent par là qu'ils ne comprennent pas la nature du pouvoir à une époque où la politique de masse est reine. Il l'a dit lui-même : « Etre un chef, cela signifie pouvoir remuer les masses. » Le but de Hitler était d'abord de les mettre en mouvement, puis, les ayant arrachées à leurs attachements traditionnels, sociaux et moraux, de leur imposer (avec le consentement de la majorité hypnotisée) un nouvel ordre autoritaire de sa propre invention. « Hitler », écrivait Hermann Rauschning en 1939, « a un profond respect pour l'église catholique et l'ordre des Jésuites, en raison non pas de leur doctrine chrétienne, mais du « mécanisme » qu'ils ont mis au point et contrôlé, de leur système hiérarchique, de leur tactique extrêmement habile, de leur connaissance de la nature humaine, de la sagacité avec laquelle ils font usage de ses faiblesses pour dominer les croyants. Un cléricalisme sans christianisme, la discipline d'une règle monastique, non pas pour la plus grande gloire de Dieu ou le salut personnel, mais pour I'Etat et la plus grande gloire du démagogue devenu Chef, tel était le but vers lequel tendait le déplacement systématique des masses.

Voyons ce que Hitler pensait des foules qu'il remuait et comment il opérait ces déplacements. Le premier principe dont il partait était un jugement de valeur les masses sont absolument méprisables. Incapables de la moindre pensée abstraite, elles ne s'intéressent à rien en dehors des limites de leur expérience immédiate. Leur comportement est déterminé, non par la connaissance et la raison, mais par des sensations et des entraînements inconscients. C'est à ce niveau que sont «implantées les racines de leurs attitudes, aussi bien positives que négatives ». Pour réussir, un propagandiste doit apprendre à manipuler ces instincts et ces émotions. « La puissance d'impulsion qui a provoqué les révolutions les plus formidables sur cette terre n'a jamais été un compendium d'enseignements scientifiques étendant progressivement son influence sur les foules, mais toujours une dévotion qui les a inspirées et souvent une manière d'hystérie qui les a jetées dans l'action. Qui veut se gagner les masses doit connaître la clef qui ouvrira la porte de leur cœur »... en jargon postfreudien, de leur subconscient.

Ceux que Hitler séduisait le plus étaient ces membres de la petite bourgeoisie ruinés par l'inflation de 1923, puis de nouveau par la dépression de 1929 et des années suivantes. Les « masses » dont il parle, c'étaient ces millions d'êtres désorientés, aigris et dévorés d'une anxiété chronique. Pour les rendre plus amorphes, plus homogènes dans leur abaissement au-dessous du niveau humain, il les rassembla par milliers et dizaines de milliers dans de vastes arènes où les individus pouvaient perdre leur identité, voire leur humanité élémentaire et se fondre dans la foule. Un homme ou une femme entre en contact direct avec la société de deux façons : en tant que membre soit de quelque groupe familial professionnel ou religieux, soit d'une foule. Les groupes sont capables d'être aussi moraux et intelligents que les individus qui les composent, une foule est chaotique, sans volonté propre et capable de tout sauf d'une action intelligente ou d'une pensée réaliste. Rassemblés dans son magma, les humains perdent leur faculté de raisonner et de faire un choix en matière de morale. Leur suggestibilité est accrue à un point tel qu'ils cessent d'avoir le moindre jugement, la moindre volonté propre. Ils deviennent excitables, perdent tout sens de leurs responsabilités personnelles ou collectives, sont sujets à de brusques accès de rage, d'enthousiasme et de panique. En un mot, l'homme, dans une foule, se comporte comme s'il avait avalé une forte dose d'un puissant alcool, il est victime de ce que j'ai appelé l'« empoisonnement grégaire ». Comme l'alcool, ce poison est une substance active, faisant sortir de soi-même; l'individu qui souffre de ses effets échappe aux responsabilités, à l'intelligence et à la moralité pour se réfugier dans une sorte d'animalité frénétique et vide.

Durant sa longue carrière d'agitateur, Hitler avait étudié les effets du poison grégaire et appris à les utiliser dans l'intérêt de ses desseins. Il avait découvert que l'orateur peut mettre en branle, beaucoup plus efficacement que l'écrivain, ces «forces cachées » qui motivent les actions des hommes. La lecture est une activité non pas collective mais privée. L'écrivain ne s'adresse qu'à des individus assis chez eux, dans un état de sobriété normale. L'orateur parle à des masses déjà bien contaminées par le poison grégaire, elles sont à sa merci et, s'il connaît son métier, il peut faire d'elles ce qu'il veut. Or, Hitler était un maître d'une suprême habileté dans ce domaine. Il était capable, selon ses propres termes, « de suivre les indications données par la grande masse de façon telle que les émotions vivantes de ses auditeurs lui suggéraient le mot propre dont il avait besoin et que ce mot retournait droit au coeur de la foule ».

Otto Strasser disait qu'il était un « haut-parleur, révélant les désirs les plus secrets, les instincts les moins admissibles, les souffrances et les révoltes personnelles de toute une nation ». Vingt ans avant que Madison Avenue se fût lancée dans la «recherche des motivations », Hitler explorait et exploitait systématiquement les craintes, les espoirs secrets, les désirs, les appétits, les anxiétés et les rancœurs des masses allemandes. C'est par la manipulation de «forces cachées » que les experts en publicité vous incitent à acheter leurs produits - une pâte dentifrice, une marque de cigarettes, un candidat politique - et c'est en faisant appel aux mêmes, ainsi qu'à d'autres trop dangereuses pour que s'y frotte Madison Avenue, que Hitler a incité les masses allemandes à s'acheter un Führer, une philosophie insane et une Deuxième Guerre mondiale.

Contrairement à la foule, les intellectuels ont le goût du rationnel et s'intéressent aux données d'expérience. Leur esprit formé à la critique les rend réfractaires au genre de propagande qui réussit si bien avec la majorité. Parmi les masses «l'instinct est le maître suprême et de l'instinct naît la foi... Alors que les éléments sains du peuple serrent instinctivement les rangs pour former une collectivité » (sous la direction d'un Chef, cela va sans dire) « les intellectuels couraillent de-ci et de-là comme des volailles dans un poulailler. On ne peut pas faire l'Histoire avec eux, ni les utiliser pour édifier un groupe homogène ». Les intellectuels sont, de ces gens qui exigent des preuves et s'indignent des illogismes, ainsi que des sophismes. Ils considèrent l'excès de simplification comme le péché originel de l'esprit et n'ont que faire des slogans, assertions catégoriques et généralisations abusives qui constituent le répertoire du propagandiste. « Toute propagande efficace », a écrit Hitler, « doit se borner au strict indispensable, puis s'exprimer en quelques formules stéréotypées. » Celles-ci doivent être constamment reprises, car « seule la répétition constante réussira finalement à graver une idée dans la mémoire d'une foule ». La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. Le but du démagogue est de créer la cohésion sociale sous sa propre autorité. Mais, ainsi que Bertrand Russell l'a fait remarquer, « les systèmes dogmatiques sans fondements empiriques, tels que la scolastique, le marxisme et le fascisme, ont l'avantage de susciter une cohérence sociale marquée parmi leurs disciples ». Il faut donc que le propagandiste démagogique soit uniformément dogmatique. Toutes ses déclarations sont catégoriques et sans nuances, le tableau qu'il brosse du monde n'a pas de gris, tout y est diaboliquement noir ou célestement blanc. Selon les termes de Hitler, il doit adopter « une attitude systématiquement partiale à l'égard de tous les problèmes qu'il a à traiter ». Il ne doit jamais admettre qu'il a pu se tromper, ou que des gens ayant un point de vue différent pourraient avoir même en partie raison. Défense de discuter avec des adversaires; ils seront attaqués, réduits au silence ou, s'ils deviennent trop gênants, liquidés. L'intellectuel à la conscience exagérément délicate pourra être choqué par ces procédés, mais les masses sont toujours convaincues que « le bon droit est du côté de l'agresseur ».

Telle était donc sur l'humanité dans sa masse l'opinion de Hitler : elle était féroce, était-elle fausse ? On connaît l'arbre à ses fruits et une conception de la nature humaine qui a inspiré un genre de méthode aussi horriblement efficace doit contenir au moins une part de vérité. La vertu et l'intelligence appartiennent aux humains en tant qu'individus librement associés à leurs semblables dans de petits groupes. Le péché et la bêtise aussi. Cependant, la vanité pré humaine à laquelle le démagogue fait appel, le crétinisme moral sur lequel il s'appuie quand il fouaille ses victimes pour les jeter dans l'action, sont des traits qui caractérisent l'homme et la femme non pas en tant qu'individus, mais dans la masse. L'absence de pensée et l'idiotie morale ne sont pas des attributs caractéristiques de l'espèce humaine, ce sont des symptômes d'empoisonnement grégaire. Dans toutes les religions les plus évoluées du globe, la conversion et l'illumination sont affaires personnelles. Le royaume des cieux est dans l'esprit de chacun, non pas dans le vacuum collectif d'une foule. Le Christ a promis d'être présent là où deux ou trois personnes se seraient rassemblées, il n'a jamais dit qu'il serait au milieu de milliers d'êtres en train de se contaminer réciproquement à grandes lampées de poison grégaire. Sous les Nazis, des multitudes énormes étaient obligées de passer un temps non moins énorme à marcher en rangs serrés du point A au point B, pour revenir au point A. «Ce soin de garder ainsi toute la population en mouvement semblait être une perte insensée de temps et d'énergie. Ce n'est que bien plus tard », ajoute Hermann Rauschning, « qu'on y a découvert une intention subtile, fondée sur une coordination judicieuse des fins et des moyens. La marche au pas cadencé détourne les pensées des hommes, elle tue l'intelligence, elle supprime la personnalité, elle est le coup de baguette magique indispensable pour accoutumer les gens à une activité mécanique, quasi rituelle, jusqu'à ce qu'elle devienne une seconde nature. »

A son point de vue, et au niveau où il avait décidé d'accomplir son horrible besogne, Hitler avait fait une estimation parfaitement juste de la nature humaine. Pour ceux d'entre nous qui considèrent les hommes et les femmes comme des individualités, non comme les membres de foules ou de collectivités enrégimentées, il paraît s'être hideusement trompé.

A une époque où la surpopulation s'accélère, où l'excès d'organisation s'accentue, où les moyens d'information à l'échelle planétaire deviennent sans cesse plus efficaces, comment pouvons-nous sauvegarder l'intégrité et réaffirmer la valeur de la personnalité humaine ?

C'est là un problème que l'on peut encore poser et peut-être résoudre effectivement. Dans une génération d'ici, il risque d'être trop tard pour trouver une réponse et peut-être même sera-t-il impossible dans l'ambiance collective étouffante de ces temps futurs, de poser la question. 
  

VI COMMENT CONVAINCRE LE CLIENT   

Pour que la démocratie puisse survivre, il faut que les majorités sachent faire des choix réalistes, à la lumière d'informations adéquates. Une dictature, par contre, se maintient en censurant ou en déformant les faits, en faisant appel non pas à la raison ou à l'intérêt bien compris, mais aux passions et aux préjugés, aux puissantes « forces cachées » comme Hitler les appelait, présentes dans les profondeurs inconscientes de tout esprit humain.

En Occident, les principes démocratiques sont hautement proclamés, maints journalistes, capables et consciencieux, font de leur mieux pour fournir aux électeurs des informations sûres et les convaincre, au moyen d'arguments rationnels de faire des choix réalistes inspirés par ces données. Tout cela est fort bien, mais malheureusement, dans les démocraties occidentales, et surtout en Amérique, la propagande a deux visages et souffre d'un dédoublement de la personnalité. A la tête de la rédaction, il y a souvent un Dr. Jekyll qui serait très heureux de pouvoir prouver que John Dewey était dans le vrai, que la nature humaine est sensible à la vérité et à la raison. Mais ce digne homme ne contrôle qu'une partie de l'énorme machinerie des communications et nous trouvons, pour diriger le service de la publicité, un M. Hyde - ou plutôt un Dr. Hyde, car ce personnage est maintenant docteur en psychologie et maître ès sciences sociales. Il serait bien navré si tout le monde se montrait constamment digne de la confiance de John Dewey dans la nature humaine. La vérité et la raison sont l'affaire de Jekyll, non pas la sienne : Hyde est un analyste en « motivations », son métier consiste à étudier les faiblesses humaines, à scruter ces peurs et ces désirs obscurs, irraisonnés qui déterminent dans une si grande mesure la pensée consciente et le comportement extérieur de l'homme. Et il le fait non pas dans l'esprit d'un moraliste qui aimerait rendre ses semblables meilleurs, ou du médecin qui voudrait améliorer leur santé, mais uniquement pour découvrir la manière la plus efficace d'exploiter leur ignorance et leur déraison dans l'intérêt pécuniaire de ses employeurs.

On peut soutenir, après tout, que le « capitaliste est mort et le consommateur, roi », ce dernier requérant les services de vendeurs qualifiés, versés dans tous les arts (fût-ce les plus insidieux) de la persuasion. Dans le système de libre entreprise, la propagande commerciale, par n'importe quel moyen, est absolument indispensable, mais ce qui est indispensable n'est pas forcément souhaitable; ce qui a été reconnu salutaire dans le domaine de l'économie peut être nuisible aux hommes et aux femmes en tant qu'électeurs, ou même en tant qu'humains. Les générations précédentes, plus imbues de morale, eussent été profondément scandalisées par le cynisme béat des analystes en « motivation ». Aujourd'hui, quand nous lisons un livre comme The Hidden Persuaders (4) de Mr. Vance Packard, nous sommes plus amusés qu'horrifiés, plus résignés, qu'indignés. C'est le genre de chose auquel on doit s'attendre, étant donné Freud, le behaviorisme (5) et le besoin chroniquement désespéré qu'a le le producteur en masse d'une consommation en masse. Mais on peut se demander à quoi il faut s'attendre dans l'avenir. Les activités de Hyde sont-elles compatibles en fin de compte, avec celles de Jekyll ? Une campagne en faveur de la raison peut-elle réussir si elle se heurte à une autre, plus vigoureuse encore, en faveur de la déraison ? Ce sont là des questions auxquelles je n'essaierai pas de répondre pour le moment; je les laisserai pendantes, pour qu'elles servent de toile de fond à notre discussion sur les méthodes de la persuasion en masse dans une société techniquement avancée.

La tâche du spécialiste en publicité commerciale dans une démocratie est, à la fois, plus facile et plus difficile que celle d'un propagandiste politique employé par un dictateur établi ou en train de s'établir. Elle est plus facile parce que presque tout le monde a, au départ, un préjugé favorable à l'égard de la bière, des cigarettes et des réfrigérateurs, alors que presque personne n'est bien disposé pour les tyrans. Elle est plus difficile parce que, selon les règles de son jeu, l'agent de publicité commerciale n'a pas le droit de faire appel aux instincts les plus sauvages de son public. Celui qui fait de la réclame pour des produits laitiers aurait grande envie de pouvoir dire à ses auditeurs et lecteurs que tous leurs malheurs sont causés par les machinations d'une redoutable bande internationale de fabricants de margarine, sans foi ni loi, et que le patriotisme leur enjoint d'aller brûler les usines de ces oppresseurs. Mais ce genre de procédé est exclu et il doit se contenter d'arguments plus anodins, moins excitants, évidemment, que la violence verbale ou physique. A la longue, la colère et la haine se détruisent elles-mêmes, mais à court terme, elles donnent des rendements élevés sous forme de satisfactions psychologiques et même physiologiques (étant donné qu'elles libèrent de grandes quantités d'adrénaline et de noradrénaline). Les gens commencent peut-être avec un préjugé défavorable à l'égard des tyrans, mais quand ces derniers les ont régalés d'une propagande génératrice d'adrénaline sur l'ignominie de leurs ennemis - surtout de ceux qui sont assez faibles pour être persécutés - ils sont prêts à le suivre avec enthousiasme. Dans ses discours, Hitler ne cessait de répéter des mots violents comme « haine », « force », « impitoyable », « écraser », « broyer », en les accompagnant de gestes plus violents encore. Ils hurlait, il vociférait, ses veines se gonflaient, il devenait violet. Or, les émotions fortes (tous les acteurs et les dramaturges le savent) sont éminemment contagieuses. Contaminé par la frénésie venimeuse de l'orateur, l'auditoire gémissait, sanglotait et hurlait dans une débauche de passion déchaînée. Ces orgies étaient si agréables que la plupart de ceux qui y avaient goûté en redemandaient avidement. Nous souhaitons presque tous la paix et la liberté, mais bien peu d'entre nous éprouvent un grand enthousiasme pour les idées, les sentiments et les actes qui contribuent à les faire régner. Réciproquement, presque personne ne veut la guerre ou la tyrannie, mais les idées, les sentiments et les actes qui y conduisent procurent un plaisir intense à beaucoup de gens. Seulement comme ce sont des explosifs trop dangereux pour être utilisés commercialement, l'agent de publicité doit accepter ce handicap et exploiter de son mieux les émotions moins enivrantes, des formes plus bénignes de la déraison.

Une propagande efficace et rationnelle n'est possible que s'il existe, de part et d'autre, une compréhension bien claire de la nature des symboles et de leurs rapports avec les objets et les événements qu'ils représentent. L'efficacité de la propagande irrationnelle dépend de leur méconnaissance généralisée. Les simples ont tendance à prendre le symbole pour l'équivalent exact de ce qu'il exprime, à attribuer aux objets et aux événements certaines des caractéristiques définies en des termes que le publiciste a choisis lui-même, pour servir ses desseins. Prenons un exemple simple. La plupart des produits de beauté sont à base de lanoline, mélange de graisse tirée de la laine du mouton et d'eau, le tout fouetté en émulsion. Cette substance a beaucoup de propriétés salutaires : elle est légèrement antiseptique, pénètre dans la peau, ne rancit pas, etc ..., mais les publicistes se gardent bien de parler de ces vertus. Ils donnent un nom voluptueux et pittoresque à l'émulsion, parlent avec extase et inexactitude de la beauté féminine et présentent des blondes capiteuses en train de nourrir leurs tissus avec des crèmes de soin. L'un d'eux a écrit : « Les fabricants de produits de beauté ne vendent pas de la lanoline, ils vendent de l'espoir. » C'est pour lui, pour la promesse implicite et frauduleuse d'une transfiguration, que les femmes paieront dix ou vingt fois la valeur de l'émulsion que les propagandistes ont si habilement associée, au moyen de symboles trompeurs, à un désir féminin profond et quasi universel : paraître plus attirante aux yeux du sexe opposé. Les principes à la base de ce genre de propagande sont extrêmement simples. Trouver quelque désir commun, quelque crainte ou anxiété inconsciente largement répandue - découvrir un moyen de relier ce désir ou cette crainte au produit à vendre - construire un pont de symboles verbaux ou picturaux sur lequel le consommateur pourra passer de la réalité au rêve compensateur et de celui-ci à l'illusion que le produit, une fois acheté, permettra au rêve de se réaliser.

« Nous n'achetons plus des oranges, mais de la vitalité. Nous n'achetons plus une voiture, mais du prestige. »

Il en est de même pour tout le reste. Avec un dentifrice, nous achetons non plus un simple détersif antiseptique, mais la libération d'une angoisse : celle d'être sexuellement repoussant. Avec la vodka et le whisky, nous n'achetons pas un poison protoplasmique qui, à doses faibles, peut déprimer le système nerveux de manière utile au point de vue psychologique, nous achetons de l'amabilité, du liant, la chaleur de Dingley Dell (6) et le brillant de la Mermaid Tavern (7). Avec nos laxatifs, nous achetons la santé d'un dieu de l'Olympe, l'éclat radieux d'une nymphe de Diane. Avec l'ouvrage à succès du mois, nous acquérons de la culture, l'envie de nos voisins moins intellectuels et le respect des raffinés. Dans tous les cas, l'analyste en « motivation » a trouvé une crainte ou un désir profond dont l'énergie peut être utilisée pour amener le consommateur à dépenser de l'argent et par là, indirectement, à faire tourner les rouages de l'industrie. Mise en réserve dans les esprits et les corps d'individus innombrables, cette force latente est libérée, puis transmise par une ligne de symboles soigneusement disposée de manière à éviter le rationnel et à obscurcir le vrai problème.

Parfois, ces symboles prennent effet en acquérant une puissance de fascination disproportionnée et autonome. C'est le cas des rites et des pompes de la religion. Ces « saintes harmonies »renforcent la foi là où elle existe déjà et là où il n'y en a pas, facilitent les conversions. Faisant appel au seul sens de l'esthétique, elles ne garantissent ni la vérité, ni la valeur morale des doctrines auxquelles elles ont été, tout à fait arbitrairement, associées. Si l'on s'en tient à la pure et simple vérité historique, les beautés du divin ont souvent été égalées et même surpassées par celles du démoniaque. Au temps de Hitler, par exemple, les rassemblements annuels à Nuremberg étaient des chefs-d'oeuvre d'art rituel et théâtral. « J'ai passé six ans à Saint-Pétersbourg avant la guerre, à la plus belle époque de l'ancien ballet russe », a écrit Sir Névile Henderson, ambassadeur de Grande-Bretagne en Allemagne nazie, « mais je n'en ai jamais vu un seul qui pût se comparer au congrès de Nuremberg pour la beauté grandiose. » On songe à Keats : « La beauté est la vérité, la vérité est la beauté. » Hélas, l'identité n'existe que sur quelque plan ultime, supraterrestre. Au niveau de la politique et de la théologie, la beauté est parfaitement compatible avec l'ineptie et la tyrannie, ce qui est d'ailleurs fort heureux, sinon, il y aurait bien peu d'art en ce monde. Les chefs-d'œuvre de la peinture, de la sculpture et de l'architecture ont été produits à titre de propagande religieuse ou politique, pour la plus grande gloire d'un dieu, d'un gouvernement ou d'un clergé. Mais la plupart des rois et des prêtres ont été des despotes et toutes les religions entachées de superstition. Le génie a été le serviteur de la tyrannie et la plastique a fait de la réclame pour les vertus du dieu local. Le temps, à mesure qu'il s'écoule, sépare le bon art de la mauvaise métaphysique. Pouvons-nous apprendre à faire cette distinction, non pas une fois l'événement passé, mais pendant qu'il se produit?  Toute la question est là.

Dans la propagande commerciale, le principe du symbole à la fascination disproportionnée est clairement reconnu et utilisé. Toute entreprise de publicité a son service artistique et des efforts sont constamment faits pour embellir les panneaux avec des affiches saisissantes, les pages des revues avec des dessins et des photographies pleines de vie. Il ne s'agit pas là de chefs-d'oeuvre, car ces derniers ne s'adressent qu'à un public limité, alors que le but du propagandiste est de se gagner la majorité. Pour lui, l'idéal, c'est la médiocrité dans la bonne qualité. On peut en effet s'attendre à ce que ceux qui apprécient cet art, pas trop bon mais suffisamment frappant, apprécient aussi les produits auxquels il a été associé et qu'il représente.

Un autre symbole démesurément fascinant, c'est la publicité chantée; elle est d'invention récente, mais la théologie et la dévotion ainsi traitées - l'hymne et le psaume - remontent aux origines de la religion. Le militarisme en chansons de marche est aussi vieux que la guerre, et le patriotisme lyrique, précurseur de nos hymnes nationaux, a sans aucun doute été utilisé pour promouvoir la solidarité du groupe et souligner la distinction entre « nous » et « eux » par les bandes errantes des chasseurs paléolithiques. Pour la plupart des gens, la musique est attrayante en elle-même; de plus, les airs ont tendance à se graver dans l'esprit de l'auditeur qu'ils peuvent hanter une vie durant. Voilà, par exemple, une affirmation ou un jugement de valeur totalement inintéressants; sous cette forme, personne n'y prêtera la moindre attention. Mais mettez les paroles sur un air entraînant et facile à retenir, aussitôt elles acquièrent une puissance étonnante et qui plus est, elles tendront à se répéter automatiquement chaque fois que la mélodie sera entendue ou spontanément remémorée. Orphée a fait alliance avec Pavlov - la puissance des sons avec le réflexe conditionné ! Pour le propagandiste commercial, de même que pour ses collègues en politique et en religion, la musique a encore un autre avantage : des inepties qu'un être raisonnable aurait honte d'écrire, de dire ou d'entendre, peuvent être chantées et écoutées par ce même être avec plaisir et même une sorte de conviction intellectuelle. Pouvons-nous apprendre à séparer la jouissance de chanter ou d'écouter chanter et la tendance trop humaine à croire la propagande que les couplets nous entonnent ? De nouveau, c'est toute la question.

Grâce à l'instruction obligatoire et aux presses rotatives, le propagandiste a pu, depuis bien des années, faire parvenir son message pratiquement à tous les adultes de tous les pays civilisés. Aujourd'hui, avec la radio et la télévision, il est en mesure de communiquer même avec les grandes personnes incultes et les enfants qui ne savent pas encore lire.

Comme on pouvait s'y attendre, les jeunes sont extrêmement sensibles à la propagande. Ignorants du monde et de ses usages, ils sont absolument sans méfiance, leur esprit critique n'est pas encore développé, les plus petits n'ont pas atteint l'âge de raison et les plus âgés n'ont pas acquis l'expérience sur laquelle leur faculté de raisonnement nouvellement découverte pourrait s'exercer. En Europe, les conscrits étaient désignés sous le nom badin de « chair à canon ». Leurs petits frères et leurs petites sœurs sont maintenant devenus de la chair à radio et à télévision. Dans mon enfance, on nous apprenait à chanter de petites rengaines sans grand sens ou, dans les familles pieuses, des cantiques. Aujourd'hui, les petits gazouillent de la publicité chantée. Qu'est-ce qui vaut le mieux : « Où Timor passe, l'insecte trépasse! » ou bien « Cadet Rousselle a trois cheveux »? Je suis chrétien, voilà ma gloire ! » ou bien « Le voilà le joli Byrrh au vin ! » Qui sait? « Je ne dis pas qu'il faut forcer les enfants à harceler leurs parents pour qu'ils achètent les produits dont la publicité passe à la télévision, mais enfin je ne peux pas me dissimuler que c'est là une chose qui se fait journellement. » C'est ce qu'écrit l'acteur vedette d'un des nombreux programmes destinés à la jeunesse et il continue en ces termes : «Les enfants sont comme des enregistrements vivants et parlants de ce que nous leur disons tous les jours. » En temps voulu, bien sûr, ces enregistrements vivants et parlants de la télévision commerciale grandiront, gagneront de l'argent et achèteront les produits de l'industrie. « Songez un peu », écrit M. Clyde Miller avec ravissement, « songez aux profits qu'il pourra en résulter pour votre firme si vous arrivez à conditionner un million, ou dix millions d'enfants qui deviendront des adultes entraînés à acheter vos produits comme les soldats sont entraînés à acheter vos produits comme les soldats sont entraînés à avancer quand ils entendent les mots-déclencheurs : « En avant, marche! » Oui, songez-y ! Et en même temps n'oubliez pas que les dictateurs y songent depuis des années, que des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions d'enfants sont en train de grandir pour acheter un jour les produits idéologiques du despote local, pour répondre aux mots déclencheurs implantés dans ces jeunes esprits par ses propagandistes.

Plus on est nombreux, moins on peut se gouverner soi-même. Plus le corps électoral est vaste, moins chaque vote individuel a de valeur. Quand il est noyé au milieu de millions d'autres, l'électeur a l'impression d'être impuissant, ou quantité négligeable. Les candidats auxquels il a donné sa voix sont loin, au sommet de la pyramide du pouvoir. En théorie, ils sont les serviteurs du peuple, mais en pratique, ce sont eux qui donnent les ordres et c'est le peuple souverain, tout en bas du grand édifice, qui doit obéir. L'augmentation de la population et les progrès de la technique ont eu pour résultat d'accroître le nombre et la complexité des organisations, ainsi que la quantité des pouvoirs réunis entre les mains des dirigeants et de diminuer d'autant le contrôle exercé par les directeurs de même que le respect du public pour les procédures démocratiques. Celles-ci, déjà affaiblies par les immenses forces impersonnelles à l'oeuvre dans le monde moderne, sont maintenant minées du dedans par les politiciens et leurs propagandistes.

Les humains agissent de quantités de façons illogiques, mais tous semblent capables, si on leur en donne la possibilité, de faire un choix raisonnable à la lumière des renseignements dont ils disposent. Les institutions démocratiques ne peuvent fonctionner que si tous les intéressés font de leur mieux pour répandre les connaissances et encourager l'exercice du bon sens. Mais aujourd'hui, dans la plus puissante démocratie du monde, les politiciens et leurs propagandistes préfèrent les ridiculiser en faisant appel presque exclusivement à l'ignorance et à la déraison de leurs électeurs. En 1956, le directeur d'une puissante publication commerciale m'a déclaré : « Les deux partis mettent leurs candidats et leurs programmes sur le marché en utilisant les mêmes méthodes que le monde des affaires pour vendre ses produits. Elles comprennent le choix scientifique des thèmes de publicité et la répétition organisée... Les annonces et les réclames faites à la radio répéteront des slogans avec une intensité strictement graduée. Des placards feront hurler des phrases dont l'efficacité a été prouvée... En plus d'une voix sonore et d'une bonne diction, les candidats devront être capables de regarder « sincèrement » la caméra de télévision. »

Les services de ventes politiques ne font appel qu'aux faiblesses de leurs électeurs, jamais à leur force latente. Ils se gardent bien d'éduquer les masses et de les mettre en mesure de se gouverner elles-mêmes, jugeant très suffisant de les manipuler et de les exploiter.

C'est dans ce but que toutes les ressources de la psychologie et des sciences sociales sont mobilisées. Des échantillons soigneusement choisis du corps électoral sont soumis à des « interviews en profondeur » qui révèlent les craintes et les désirs inconscients les plus répandus dans un milieu donné au moment d'une élection. Des phrases et des images destinées à apaiser ou, en cas de nécessité, à intensifier ces craintes, à satisfaire ces désirs, au moins symboliquement, sont alors choisies par les experts, essayées sur des lecteurs et des auditeurs, changées ou améliorées selon les renseignements ainsi obtenus. Après cela, la campagne électorale est prête pour la transmission en chaîne; il n'y manque plus que de l'argent et un candidat qu'on puisse entraîner à prendre un air « sincère ».

Avec ce mode de distribution, les principes politiques et les plans d'action précis en sont arrivés à perdre la plus grande partie de leur importance. La personnalité du candidat et la façon dont elle est mise en valeur par les experts en publicité représentent l'essentiel.

D'une manière ou d'une autre, sous les aspects d'un mâle vigoureux ou d'un bon papa affable, il faut que le candidat soit « public ». Il faut aussi qu'il soit distrayant et n'ennuie jamais un public endurci à la télévision et à la radio, habitué à être diverti et qui n'aime pas qu'on lui demande de se concentrer, ni de faire un effort intellectuel prolongé. Tous les discours de l'amuseur-candidat devront donc être courts et percutants. Les grands problèmes du jour y seront traités en cinq minutes au plus, et de préférence (étant donné que l'auditoire aura hâte de passer à quelque chose de plus attrayant que l'inflation ou la bombe H) en soixante secondes tout juste. La nature de l'éloquence est telle que les politiciens et les ecclésiastiques ont toujours tendance à simplifier exagérément les questions complexes et, d'une chaire ou d'une tribune, le plus consciencieux des orateurs éprouve une extrême difficulté à dire toute la vérité.

Mais avec les méthodes utilisées aujourd'hui pour vendre du candidat politique comme s'il s'agissait d'un désodorisant, le corps électoral est positivement garanti contre tout contact avec la vérité, sur quelque sujet que ce soit. 
 

VII  LE LAVAGE DE CERVEAU 

Dans les deux chapitres précédents, j'ai décrit les procédés techniques utilisés par la manipulation en masse des esprits, telle qu'elle est pratiquée par le plus grand démagogue et les experts en ventes les plus célèbres de l'histoire écrite, mais aucun problème humain ne peut être résolu par les seules méthodes du gros. Le fusil de chasse a sa place, mais la seringue de Pravaz aussi. Dans les chapitres suivants, je vais décrire certains des procédés les plus efficaces pour manipuler non plus des foules, des publics entiers, mais des individus isolés.

Au cours de ses expériences qui ont fait époque sur les réflexes conditionnés, Ivan Pavlov a observé que si on les soumettait à une tension physique ou psychique prolongée, les animaux de laboratoire présentaient tous les symptômes d'une profonde dépression nerveuse. Refusant d'affronter plus longtemps une situation intolérable, leur cerveau se mettait en grève, pour ainsi dire, et s'arrêtait complètement de fonctionner (le chien perdait conscience) ou recourait à la marche au ralenti et au sabotage (le chien se comportait de façon incohérente ou présentait des symptômes de ce que nous eussions appelé hystérie chez des humains). Certains sujets résistaient mieux à ce genre d'agression que d'autres. Ceux qui avaient une constitution qualifiée de « forte excitatoire » par Pavlov s'effondraient beaucoup plus vite que ceux d'un tempérament simplement « vif » (en opposition à colérique ou agité). De même, les sujets « faibles inhibitoires » arrivaient au bout de leur résistance bien avant les « calmes imperturbables ». Mais même le plus stoïque ne pouvait tenir indéfiniment; s'il était soumis à une tension assez intense ou prolongée, il finissait par s'écrouler de manière aussi abjecte que le plus faible de son espèce.

Les découvertes de Pavlov ont été confirmées de la façon la plus angoissante lors des deux guerres mondiales. A la suite d'une seule expérience catastrophique, ou d'une série de chocs moins effrayants mais maintes fois répétés, on voit apparaître un certain nombre de symptômes psychophysiques chez les soldats. Perte de conscience temporaire, agitation extrême, léthargie, cécité ou paralysie fonctionnelle, réactions totalement aberrantes aux stimuli des événements, renversements étranges des comportements de toute une vie - toutes les caractéristiques que Pavlov avait observées chez ses chiens reparurent parmi les victimes de ces traumatismes. Chaque homme, de même que chaque sujet de laboratoire, a sa limite d'endurance personnelle; la plupart l'atteignent au bout de trente jours de tension plus ou moins continuelle dans les conditions du combat moderne; les plus sensibles succombent en quinze jours seulement, les plus coriaces durent de quarante-cinq à cinquante jours, mais en fin de compte, tous s'écroulent, c'est-à-dire tous ceux qui étaient normaux au départ, car, ironie assez amère, les seuls qui puissent soutenir indéfiniment la tension imposée par la guerre moderne sont les malades mentaux. La folie individuelle est immunisée contre les conséquences de la démence collective.

Le fait que chaque individu a son point de rupture propre était connu et, d'une manière primitive, déplorablement peu scientifique, exploitée depuis les temps les plus reculés. Dans certains cas, l'inhumanité terrible de l'homme à l'égard de ses semblables a été inspirée par l'amour de la cruauté pour elle-même, pour l'horrible fascination qu'elle exerce, mais le plus souvent, le sadisme pur était mitigé par des considérations utilitaires, la théologie ou la raison d'Etat. Des tortures physiques et d'autres formes d'agression étaient infligées par les hommes de loi pour délier la langue de témoins récalcitrants, par les ecclésiastiques pour punir les égarés et les inciter à rentrer dans le chemin jugé droit, par la police secrète pour arracher des aveux à des personnes soupçonnées d'hostilité envers le gouvernement. Sous Hitler, la torture suivie de l'extermination en masse frappa ces hérétiques biologiques, les Juifs. Pour un jeune Nazi, un temps de service dans les camps de la mort était, selon les termes de Himmler, « le meilleur endoctrinement sur les êtres inférieurs et les races sous-humaines ». Etant donné le caractère d'obsession que revêtait l'antisémitisme contracté par Hitler, tout jeune, dans les taudis de Vienne, cette renaissance des méthodes employées par le Saint-Office contre les hérétiques était inévitable. Mais mise en regard des découvertes de Pavlov et des connaissances acquises par les psychiatres sur le traitement des névroses de guerre, elle fait l'effet d'un anachronisme hideux et grotesque. Des agressions amplement suffisantes pour provoquer un collapsus cérébral complet peuvent être perpétrées par des méthodes qui, tout en étant abominablement inhumaines, restent en deçà des tortures physiques.

Quoi qu'il ait pu se passer autrefois, il semble à peu près certain que ces dernières ne sont pas les seules armes de la police communiste actuelle, qui tire ses inspirations non pas de l'Inquisiteur ou du S.S., mais du physiologiste et de ses sujets de laboratoire méthodiquement conditionnés. Pour le dictateur et ses hommes de main, les découvertes de Pavlov ont des conséquences pratiques importantes. Si le système nerveux central du chien peut être brisé, celui d'un prisonnier politique aussi. Il s'agit seulement d'appliquer les doses de tension voulues pendant le temps voulu. A la fin du traitement, l'interné sera dans un état de névrose ou d'hystérie tel qu'il avouera ce que ses geôliers voudront. Mais les aveux ne sont pas suffisants. Un névropathe incurable ne peut servir à rien ni à personne. Ce dont le dictateur intelligent et pratique a besoin, ce n'est pas d'un malade bon à hospitaliser, ou d'une victime à fusiller, mais d'un converti qui travaillera pour la Cause. Se tournant une fois encore vers Pavlov, il apprendra que, en approchant du point de rupture définitive, le sujet devient anormalement sensible à la suggestion. Alors qu'il est près de la limite de son endurance cérébrale, il est aisé de lui faire adopter de nouveaux comportements et qui semblent être indélébiles. L'animal chez qui on les a implantés ne peut plus être déconditionné; ce qu'il a appris sous l'étreinte de l'agression reste partie intégrante (8) de son être.

Les tensions psychologiques peuvent être produites de maintes façons. Les chiens sont troublés, agités quand les stimuli sont d'une force inusitée, quand l'intervalle entre l'excitation et la réaction habituelle est anormalement prolongé et l'animal laissé dans l'incertitude anxieuse, quand le cerveau est dérouté par des stimuli contraires à ceux qu'il a été entraîné à attendre, ou quand ceux-ci n'ont pas de sens dans le système de référence de la victime.

De plus, on a constaté qu'en provoquant délibérément la peur, la colère ou l'anxiété, on augmentait notablement la vulnérabilité de l'animal aux suggestions. Si ces émotions sont maintenues au paroxysme pendant assez longtemps, le cerveau « se met en grève » et ensuite rien n'est plus aisé que d'implanter de nouveaux comportements.

Parmi les causes physiques qui rendent un chien plus facile à suggestionner, il y a la fatigue, les blessures et toutes les formes de la maladie.

Pour l'aspirant-dictateur, il y a là des indications pratiques de grande valeur. Ces observations prouvent, par exemple, que Hitler avait tout à fait raison de soutenir que les réunions de masse étaient plus efficaces la nuit que le jour. Il a écrit que pendant la journée « la volonté de l'homme se révolte avec la dernière énergie contre toute tentative pour la soumettre à celle d'un autre. Mais dans la soirée, ils succombent bien moins difficilement à la force dominante d'une volonté plus puissante ».

Pavlov eût été du même avis : la fatigue accroît la suggestibilité ! C'est la raison pour laquelle les firmes commerciales faisant de la publicité à la télévision, préfèrent les heures tardives et sont prêtes à payer fort cher pour les obtenir.

La maladie est encore plus efficace pour intensifier cette susceptibilité et, dans le passé, les chambres de patients ont été le théâtre d'innombrables conversions religieuses. Le dictateur scientifiquement entraîné de l'avenir aura fait équiper tous les hôpitaux de ses domaines avec des haut-parleurs glissés sous les oreillers. De la persuasion en conserve sera diffusée vingt-quatre heures sur vingt-quatre et les malades les plus importants seront visités par des pêcheurs d'âmes politiques et des convertisseurs, tout comme autrefois leurs ancêtres l'étaient par des prêtres, des religieuses et de pieux laïcs.

Le fait que de fortes émotions négatives tendent à augmenter la suggestibilité et partant à faciliter un revirement dans les opinions, a été observé et utilisé longtemps avant l'époque de Pavlov. Ainsi que l'a indiqué le Dr William Sargant dans son ouvrage si révélateur, Battle for the Mind (9), l'énorme succès de Wesley en tant que prédicateur était fondé sur une connaissance intuitive du système nerveux central. Il commençait ses sermons par une description longue et détaillée des tourments auxquels, à moins qu'ils se convertissent, ses auditeurs seraient assurément condamnés pour l'éternité. Puis, lorsque la terreur et un sentiment de culpabilité torturant avaient amené son auditoire au bord du vertige, voire, dans certains cas, d'un effondrement cérébral complet, il changeait de ton et promettait le salut à ceux qui croiraient et se repentiraient. Par ce procédé, il a converti des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants. Une crainte intense et prolongée les brisait et les mettait dans un état de suggestibilité grandement accrue qui leur permettait d'accepter sans discussion les assertions du prédicateur. Après quoi, ils étaient rétablis dans leur intégrité par des paroles de réconfort et sortaient de l'épreuve avec des types de comportement nouveaux et généralement meilleurs implantés de manière ineffaçable dans leur esprit et leur système nerveux.

L'efficacité de la propagande politique et religieuse dépend des méthodes employées et non pas des doctrines enseignées. Ces dernières peuvent être vraies ou fausses, saines ou pernicieuses, peu importe. Si l'endoctrinement est bien fait au stade voulu de l'épuisement nerveux, il réussira. Dans des conditions favorables, pratiquement n'importe qui peut être converti à n'importe quoi.

Nous possédons des descriptions détaillées des méthodes employées par la police communiste pour le traitement des prisonniers politiques. Dès l'instant où elle est enfermée, la victime est systématiquement soumise à de nombreuses sortes d'agressions physiques et psychologiques. Mal nourrie, mal traitée, ne pouvant dormir que quelques heures par nuit, elle est maintenue dans un état croissant d'anxiété, d'attente et d'appréhension cruelle. Jour après jour - ou plutôt nuit après nuit - car ces policiers pavloviens connaissent la valeur de la fatigue pour intensifier la suggestibilité, le détenu est questionné, souvent des heures durant, par des enquêteurs qui font tout ce qu'ils peuvent pour l'effrayer, le troubler et le dérouter. Après quelques semaines ou quelques mois de ce traitement, son cerveau se met en grève et il avoue tout ce que ses geôliers veulent. Ensuite, s'il doit être converti plutôt que fusillé, on lui offre le réconfort de l'espoir. Qu'il accepte la foi nouvelle et il peut encore être sauvé, non pas dans l'autre monde, bien entendu, puisque, officiellement il n'y en a pas, mais dans celui-ci.

Des méthodes du même genre, encore que moins radicales, ont été utilisées pendant la guerre de Corée sur des prisonniers militaires. Dans leurs camps chinois, les jeunes détenus occidentaux étaient soumis à une tension systématique. Pour les plus minimes infractions, les coupables étaient appelés au bureau du commandant, questionnés, rudoyés et humiliés en public; la scène se répétait à l'infini, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, et ce harcèlement continuel créait chez ses victimes une impression d'affolement et d'anxiété chronique. Pour accentuer leur sentiment de culpabilité, on obligeait les prisonniers à écrire et à récrire avec des détails de plus en plus intimes de longs comptes rendus autobiographiques de toutes leurs fautes. Ensuite, ayant avoué leurs péchés, ils devaient avouer ceux des autres. Le but était de créer à l'intérieur du camp une société de cauchemar dans laquelle tout le monde espionnait et mouchardait tout le monde. A ces tensions mentales s'ajoutaient les agressions physiques de la mauvaise alimentation, de l'inconfort et de la maladie. La suggestibilité accrue ainsi provoquée était habilement exploitée par les Chinois qui déversaient dans ces cerveaux anormalement réceptifs des doses massives de littérature procommuniste et anticapitaliste. Ces procédés inspirés de Pavlov obtenaient des succès remarquables. Des rapports officiels nous informent qu'un Américain prisonnier sur sept s'est rendu coupable de collusion grave avec les autorités chinoises, un sur trois de quasi-collaboration.

Il ne faut pas croire que les Rouges réservent exclusivement ce genre de traitement à leurs ennemis. Les jeunes qui, durant les premières années du nouveau régime, ont été les missionnaires et les organisateurs des excès du communisme dans les innombrables villes et villages de Chine, avaient été soumis à un endoctrinement bien plus intense qu'aucun prisonnier de guerre. Dans son livre, China under Communism, R. L. Walker décrit les méthodes grâce auxquelles les chefs du parti sont en mesure de fabriquer, à partir d'hommes et de femmes tout à fait ordinaires, les milliers de fanatiques éperdument dévoués qui leur sont nécessaires pour propager l'évangile communiste et faire obéir ses commandements. Avec ce système d'entraînement, le matériel humain brut est expédié dans des camps spéciaux où ses éléments sont complètement isolés de leurs amis, de leur famille et du monde extérieur en général. Là, on les contraint à effectuer un travail physique et intellectuel épuisant; jamais seuls, toujours en groupe, incités à s'espionner mutuellement, obligés d'écrire des autobiographies accusatrices, ils vivent dans la crainte perpétuelle du sort épouvantable qu'ils pourraient connaître en raison de ce qui a été dit sur leur compte par des mouchards ou de ce qu'ils ont avoué eux-mêmes. Dans cet état de suggestibilité accrue, on leur fait suivre un programme intensif de marxisme théorique et pratique et un échec à l'examen qui le clôt peut entraîner n'importe quelle sanction, depuis l'expulsion ignominieuse jusqu'à un séjour dans un camp de travaux forcés, ou même la liquidation. Après six mois d'entraînement de ce genre, la tension prolongée produit les résultats que les découvertes de Pavlov laissaient prévoir. Les uns après les autres, ou par groupes entiers, les sujets s'effondrent, les symptômes de névrose et d'hystérie font leur apparition, certaines des victimes se suicident, d'autres (jusqu'à 20 pour cent du total, nous dit-on) contractent de graves maladies mentales. Ceux qui survivent aux rigueurs de la conversion en sortent avec des types de comportement nouveaux et indéracinables. Tous leurs liens avec le passé - familles, amis, traditions - ont été rompus. Ce sont des hommes nouveaux recréés à l'usage de leur nouveau dieu et intégralement voués à son service.

Dans tout l'univers communiste, des dizaines de milliers de ces jeunes gens disciplinés et morts à eux-mêmes sortent chaque année de centaines de ces centres de formation. Ce que les Jésuites ont fait pour l'Eglise romaine de la Contre-réforme, ces produits d'un entraînement plus scientifique et encore plus dur le font en ce moment et continueront sans aucun doute à le faire pour les partis communistes d'Europe, d'Asie et d'Afrique.

En politique, il semble que Pavlov ait été un libéral à l'ancienne mode, mais, par une étrange ironie du sort, ses recherches et les théories qu'il a édifiées sur elles ont fait naître une immense armée de fanatiques voués corps et âme, réflexes et système nerveux, à la destruction de ce même libéralisme où qu'il se trouve.

Le lavage de cerveau, tel qu'il est pratiqué de nos jours, est un procédé hybride dont l'efficacité dépend en partie de l'emploi systématique de la violence et en partie de manipulations psychologiques habiles. Il représente la tradition de 1984 en train de devenir la tradition du Meilleur des Mondes. Sous une dictature établie de longue date et bien organisée, nos méthodes actuelles de manipulations semi-violentes sembleront, à n'en pas douter, ridiculement élémentaires. Conditionné depuis son plus jeune âge (et peut-être aussi prédestiné biologiquement), l'individu de caste moyenne ou basse n'aura jamais besoin ni de se convertir, ni même de suivre des cours d'entretien sur la vraie foi. Il faudra par contre que les membres de la plus haute classe puissent avoir de nouvelles idées pour faire face à des situations nouvelles et leur formation devra donc être beaucoup moins rigide que celle imposée aux êtres qui n'ont pas à raisonner, mais simplement à travailler et à mourir avec le minimum de complications.

Ils appartiendront encore à une espèce sauvage de dresseurs et gardiens à peine conditionnés d'animaux complètement domestiqués. Cet état leur fera courir le risque de devenir hérétiques et rebelles; dans ce cas, ils devront être soit liquidés, soit ramenés dans l'orthodoxie par le lavage de cerveau, soit encore (comme dans Le Meilleur des Mondes) exilés sur une île où ils ne pourront plus nuire, si ce n'est, bien sûr, à leurs semblables. Mais le conditionnement infantile universel ainsi que les autres méthodes de manipulation et de contrôle sont encore séparés de nous par quelques générations. Sur le chemin qui mène au Meilleur des Mondes, nos dirigeants devront s'en remettre au procédé, tout provisoire, du lavage de cerveau, en manière de transition. 
  

VIII  PERSUASION CHIMIQUE 

Dans le Meilleur des Mondes de ma fable, il n'y avait ni whisky, ni tabac, ni héroïne, ni cocaïne de contrebande; les gens ne fumaient pas, ne buvaient pas, ne priaient pas, ne se piquaient pas. Quand l'un d'eux se sentait déprimé, ou mal à l'aise, il avalait une ou deux pilules d'un composé chimique appelé soma. J'ai emprunté le nom de cette drogue imaginaire à une plante inconnue (peut-être Asclepias acida) utilisée par les antiques envahisseurs aryens de l'Inde dans l'un de leurs rites religieux les plus solennels. Le jus enivrant exprimé des tiges était bu par les prêtres et les nobles au cours d'une cérémonie compliquée. Les hymnes védiques nous apprennent que les buveurs de soma ressentaient maints effets bénéfiques : leur corps était plus fort, leur cœur empli de courage, de joie et d'enthousiasme, leur esprit illuminé et, dans une révélation immédiate de la vie future, ils recevaient l'assurance de leur immortalité. Mais le liquide sacré avait ses inconvénients. Le soma était une plante dangereuse, si dangereuse qu'elle rendait même malade le grand dieu du ciel en personne, Indra. Les simples mortels mouraient parfois d'une dose un peu trop forte mais l'expérience procurait une telle béatitude transcendante et une telle illumination qu'elle était considérée comme un privilège qu'on ne pouvait payer trop cher.

Le soma du Meilleur des Mondes n'avait aucun des inconvénients de l'original indien. Pris à petites doses, il donnait une sensation d'euphorie délicieuse; à plus fortes doses, des visions, et si vous en absorbiez trois comprimés, vous vous enfonciez, au bout de quelques minutes, dans un paisible sommeil. Tout cela, sans la moindre réaction physiologique ou mentale fâcheuse. Les habitants du Meilleurs des Mondes pouvaient s'évader de leurs humeurs noires ou des contrariétés quotidiennes sans sacrifier leur santé ou réduire leur efficacité de façon permanente. Aussi, ce genre de toxicomanie n'était-il pas un vice personnel, mais bien une institution politique, l'essence même de la Vie, de la Liberté et de la Poursuite du Bonheur garanties par la Déclaration des Droits. Mais ce privilège inaliénable des sujets, précieux entre tous, était en même temps l'un des instruments de domination les plus puissants dans l'arsenal du dictateur. L'intoxication systématique des individus pour le bien de l'Etat (et, incidemment, pour leur propre plaisir) était un élément essentiel du plan des Administrateurs Mondiaux. La ration de soma quotidienne était une garantie contre l'inquiétude personnelle, l'agitation sociale et la propagation d'idées subversives. Karl Marx déclarait que la religion était l'opium du peuple, mais dans le Meilleur des Mondes la situation se trouvait renversée : l'opium, ou plutôt le soma, était la religion du peuple. Comme elle, j! avait le pouvoir de consoler et de compenser, il faisait naître des visions d'un autre monde, plus beau, il donnait l'espoir, soutenait la foi et encourageait la charité. Un poète a écrit que la bière ...

... fait plus que Milton

pour justifier Dieu devant les hommes. 

Or, n'oublions pas que, comparée au soma, la bière est une drogue des plus grossières et des plus incertaines. Pour ce qui est de justifier Dieu devant les hommes, le soma est à l'alcool ce que l'alcool est aux arguments théologiques de Milton.

En 1931, alors que je décrivais les effets de ce produit synthétique imaginaire grâce auquel les générations futures seraient à la fois heureuses et dociles, le Dr. Irvin Page, biochimiste américain bien connu, se préparait à quitter l'Allemagne où il venait de passer trois ans au Kaiser Wilhelm Institut, pour étudier la chimie du cerveau. Il a écrit dans un récent article : « Il est difficile de comprendre pourquoi les savants ont mis si longtemps à entreprendre l'examen des réactions chimiques dans leur propre cerveau. Je parle par expérience. Quand je suis rentré en 1931... je n'ai pu ni trouver une situation dans cette spécialité, ni faire jaillir la moindre lueur d'intérêt à son égard. » Aujourd'hui, vingt-sept ans après, la lueur inexistante de 1931 est devenue un énorme foyer incandescent de recherches biochimiques et psychopharmacologiques. On étudie les enzymes qui régularisent les fonctions du cerveau; dans le corps, des substances chimiques comme l'adénochrome et la sérotonine (que le Dr. Page a aidé à découvrir) ont été isolées et leurs effets, d'une immense portée sur nos fonctions mentales et physiques, sont actuellement à l'étude. Entre-temps, on fait la synthèse de nouveaux remèdes qui renforcent, corrigent ou inhibent des diverses substances chimiques au moyen desquelles le système nerveux accomplit des miracles de tous les instants, en sa qualité de contrôleur du corps, d'instrument et de médiateur de la conscience.

Au point de vue qui nous occupe actuellement, le caractère le plus intéressant de ces produits nouveaux, c'est qu'ils modifient de façon provisoire la chimie du cerveau et l'état d'esprit qui y est associé sans causer de dommage permanent à l'ensemble de l'organisme. A cet égard, ils sont semblables au soma et profondément différents des drogues du passé. Par exemple, le calmant classique est l'opium, mais c'est aussi un stupéfiant dangereux qui, depuis les temps néolithiques jusqu'à aujourd'hui, a fait des toxicomanes et ruiné des santés sans nombre. On peut en dire autant de l'alcool, euphorisant classique, qui, selon les termes du psalmiste, « réjouit le cœur de l'homme ». Malheureusement, il ne fait pas que cela; pris en quantités excessives, il provoque la maladie, l'accoutumance et, depuis huit à dix mille ans, il a été une cause majeure de crimes, de chagrins domestiques, de dégradation morale et d'accidents évitables.

Parmi les stimulants courants, le thé, le café et le maté sont heureusement à peu près complètement inoffensifs. Mais ils sont aussi très faibles, la cocaïne par contre a des effets puissants et dangereux. Ceux qui en font usage doivent payer leurs extases, leurs sensations de force physique et intellectuelle illimitée, les payer de symptômes physiques horribles, comme l'impression d'être infesté par des myriades d'insectes grouillants et d'hallucinations paranoïaques pouvant conduire au crime. Un autre stimulant plus récent est l'amphétamine, mieux connue sous son nom commercial de Benzédrine. Elle est très efficace mais si on en abuse, elle altère l'équilibre physique et mental. On a signalé qu'elle avait fait un million environ d'intoxiqués au Japon.

Parmi les types de plantes produisant des hallucinations, le peyotl du Mexique et le Canabis saliva du sud-ouest des U.S.A., absorbée dans le monde entier sous les noms de haschisch, bhang, kif et marijuana, sont les plus connues. Selon les renseignements médicaux et anthropologiques pris aux meilleures sources, le peyotl est beaucoup moins nocif que le whisky ou le gin du Blanc. Il permet aux Indiens qui en font usage dans leurs rites religieux d'entrer au paradis et de se sentir en union parfaite avec la communauté bien-aimée sans avoir à payer très cher ces privilèges : ... mâcher une substance au goût ignoble et éprouver quelques nausées pendant une heure ou deux. Cannabis sativa n'est pas si inoffensive, mais bien moins dangereuse que les amateurs de sensationnel voudraient nous le faire croire. La commission médicale nommée en 1944 par le maire de New-York pour étudier le problème de la marijuana en était arrivée, après des recherches approfondies, à la conclusion que ce produit ne représentait pas un danger sérieux pour la société, ni même pour ceux qui s'y adonnaient. Simplement une incommodité.

De ces classiques passons aux derniers produits de ces recherches psychopharmacologiques.

Ceux qui font l'objet de la publicité la plus insistante sont les trois nouveaux tranquillisants réserpine, chlorpromazine et méprobamate. Dans certains types de psychoses, les deux premiers se sont avérés remarquablement efficaces, non pas qu'ils guérissent la maladie, mais ils abolissent provisoirement ses symptômes les plus pénibles. Le méprobamate (alias Miltown) produit les mêmes effets sur les personnes souffrant de névroses diverses. Aucun de ces remèdes n'est tout à fait inoffensif, mais leur coût, évalué en santé physique et en efficacité mentale, est extraordinairement bas. Dans un monde où l'on n'a rien pour rien, les tranquillisants donnent beaucoup pour très peu. Le Miltown et la chlorpromazine ne sont pas encore le soma, mais ils ne sont pas loin de représenter l'un des aspects de cette préparation imaginaire. Ils diminuent provisoirement la tension nerveuse sans infliger, dans la majeure partie des cas, un dommage organique permanent et sans causer plus qu'une légère diminution de l'efficacité intellectuelle et physique. Ils sont sans doute préférables (sauf comme narcotiques) aux barbituriques qui émoussent le coupant de l'intelligence, provoquent, pris à hautes doses, un certain nombre de fâcheux symptômes psychophysiques et peuvent aboutir à une toxicomanie caractérisée.

En créant le LSD-25 (diéthylamide de l'acide lysergique), les pharmacologistes viennent d'obtenir un autre aspect du soma, un produit qui intensifie les perceptions et produit des visions sans presque rien coûter, au point de vue physiologique. Cette drogue extraordinaire qui agit à des doses ne dépassant pas 50 ou même 25 millionièmes de grammes, a la propriété (comme le peyotl) de transporter les gens dans un autre monde. Le plus souvent, celui auquel LSD-25 donne accès est céleste, mais il peut aussi s'apparenter au purgatoire ou à l'enfer. Cependant, positive ou négative, l'expérience de ce produit est ressentie par presque tous ceux qui s'y sont soumis comme une révélation d'une profonde importance. Le fait que l'esprit peut être radicalement modifié à si peu de frais pour le corps est, de toute manière, stupéfiant.

Le soma n'était pas seulement hallucinogène et tranquillisant, mais aussi (chose assurément impossible) un stimulant de l'esprit et du corps, un créateur à la fois d'euphorie active et du bonheur négatif qui suit la délivrance de l'anxiété et de la tension.

Le stimulant idéal - puissant mais inoffensif - n'a pas encore été découvert. L'amphétamine, nous l'avons vu, était loin d'être satisfaisante; elle coûtait trop cher pour ce qu'elle apportait. Un candidat plus riche de promesses pour le rôle du soma sous son troisième aspect est I'Iproniazide que l'on emploie actuellement pour tirer les déprimés de leur accablement, pour donner plus de vie aux apathiques et, en général, pour augmenter la quantité d'énergie psychique disponible. Plus prometteur encore, selon un distingué pharmacologiste de mes amis, est un nouveau mélange, encore au stade des expériences, que l'on appellera le Deaner. Il s'agit d'un aminoalcool que l'on croit propre à augmenter la production d'acétylcholine dans le corps et par là à intensifier l'activité et l'efficacité du système nerveux. Le sujet qui prend cette nouvelle pilule a besoin de moins de sommeil, se sent plus alerte et plus gai, pense plus vite et mieux, le tout presque sans aucun contrecoup organique fâcheux, du moins à brève échéance. Cela parait presque trop beau pour être vrai.

Nous voyons donc que si le soma n'existe pas encore (et il n'existera sans doute jamais), d'assez bons produits de remplacement pour certains de ses aspects ont déjà été découverts. Il existe aujourd'hui des tranquillisants, des hallucinogènes et des stimulants à bon compte, physiologiquement parlant.

Il est évident qu'un dictateur pourrait, s'il le voulait, faire usage de ces produits dans un but politique. Il pourrait se garantir contre l'agitation subversive en modifiant la chimie du cerveau de ses sujets, les rendant ainsi très satisfaits de leur condition servile; il pourrait utiliser les tranquillisants pour calmer les excités, les stimulants pour fouetter l'enthousiasme chez les indifférents, les hallucinogènes pour détourner l'attention des malheureux de leurs souffrances. Mais, demandera-t-on, comment arrivera-t-il à faire prendre les pilules voulues à ses sujets ? Il est bien vraisemblable qu'il suffira de les mettre à leur disposition. Aujourd'hui, l'alcool et le tabac sont à portée de la main et les humains dépensent considérablement plus pour acheter ces euphorisants très peu satisfaisants, ces pseudo stimulants et ces sédatifs que pour faire instruire leurs enfants. Ou encore, prenez le cas des barbituriques et des tranquillisants. Aux U.S.A., ces remèdes peuvent être obtenus avec une simple ordonnance de docteur, mais l'avidité du public américain pour quelque chose qui rendra un peu plus supportable la vie dans le milieu urbain et industriel est si grande, que les médecins ordonnent actuellement de ces spécialités au rythme de 48 millions de prescriptions par an. De plus, la plupart sont à renouveler. Cent doses de bonheur, ce n'est pas assez : envoyons-en chercher une autre bouteille à la pharmacie - et quand elle sera finie, une autre... Il n'est pas douteux que si ces drogues pouvaient être achetées aussi facilement et à aussi bon compte que l'aspirine, elles seraient absorbées, non pas par milliards comme aujourd'hui, mais par vingtaines et centaines de milliards. Et un bon stimulant pas cher aurait presque autant de succès.

Dans une dictature, les pharmaciens auraient ordre de changer de note à chaque tournant de la politique. En période de crise nationale, ils seraient chargés de pousser à la consommation des stimulants; mais entre les paroxysmes, des sujets trop alertes et trop énergiques pourraient gêner le tyran, aussi, dans, ces intervalles, les masses seraient-elles incitées à acheter des tranquillisants et, sous l'influence de ces sirops lénitifs, elles ne risqueraient pas de créer la moindre difficulté à leur maître.

Seulement, dans l'état actuel des choses, les tranquillisants peuvent empêcher certaines personnes de créer assez de difficulté, non seulement à leurs dirigeants, mais à elles-mêmes. Trop de tension est une maladie, mais trop peu aussi. Il est des cas où nous devons être tendus, où un excès de tranquillité (surtout quand elle est imposée du dehors, par une préparation chimique) est absolument incompatible avec la situation.

Lors d'une récente conférence sur le méprobamate, à laquelle je participais, un éminent biochimiste proposa en riant que le gouvernement des U.S.A. envoyât gratuitement au peuple soviétique 50 milliards de doses du plus populaire des tranquillisants. La plaisanterie avait son côté inquiétant. Dans une lutte entre deux populations dont l'une est constamment stimulée par des menaces et des promesses, constamment dirigée par une propagande frappant toujours sur le même clou, alors que l'autre est non moins constamment distraite par la télévision et tranquillisée par le Miltown, lequel des adversaires a le plus de chances de l'emporter ?

Le soma de ma fable avait non seulement la propriété de tranquilliser, d'halluciner et de stimuler, mais aussi d'augmenter la suggestibilité et pouvait donc être utilisé pour renforcer les effets de la propagande gouvernementale. Avec moins d'efficacité et plus de répercussions nocives sur la santé, plusieurs produits déjà dans notre pharmacopée peuvent servir à cet usage. Il y a la scopolamine, par exemple, principe actif de la jusquiame et poison violent à hautes doses; il y a le pentothal et l'amytal sodium surnommé, on ne sait trop pourquoi, « sérum de vérité ». Le pentothal a été employé par les polices de divers pays pour arracher des aveux (ou peut-être les suggérer) à des criminels récalcitrants. De même que l'amytal sodium, il abaisse le seuil entre le conscient et le subconscient, ce qui rend ces deux produits très précieux pour la thérapie des traumatismes psychophysiologiques du soldat, connue sous le nom de narcosynthèse. On assure qu'ils sont parfois employés par les communistes pour préparer des prisonniers importants à comparaître devant le tribunal.

Pendant ce temps, pharmacologie, biochimie, neurologie font sans cesse des progrès et nous pouvons être tout à fait certains qu'au cours des quelques années à venir, des méthodes chimiques nouvelles et plus efficaces pour augmenter la suggestibilité et diminuer la résistance psychologique seront découvertes. Comme toutes les autres inventions, elles pourront être bien ou mal utilisées, aider le psychiatre dans sa lutte contre les maladies mentales, ou le dictateur dans sa lutte contre la liberté. Il est plus probable, étant donné que la science est divinement impartiale, qu'elles asserviront et libéreront, guériront et détruiront le tout à la fois. 
 

IX PERSUASION SUBCONSCIENTE 

Dans une note de l'édition de 1919 de son livre L'Interprétation des rêves, Sigmund Freud attirait l'attention sur les travaux du Dr. P&Oelig, neurologue autrichien qui venait de publier un article décrivant ses expériences avec le tachistoscope (instrument qui se présente sous deux formes un genre de kaléidoscope dans lequel le sujet regarde une image exposée une fraction de seconde et une lanterne magique avec obturateur ultra-rapide pouvant projeter très brièvement une image sur un écran). « P&Oelig demandait aux sujets de dessiner ce qu'ils avaient noté consciemment d'un tableau exposé à leur vue dans un tachistoscope... Il tournait ensuite son attention vers les rêves faits par les sujets la nuit suivante et leur demandait une fois encore de dessiner ce dont ils gardaient le souvenir. Les résultats démontraient sans équivoque possible que les détails de l'images exposée qui n'avaient pas été notés par le sujet fournissaient les éléments de la construction du rêve. »

Avec divers perfectionnements et modifications les expériences de P&Oelig ont été répétées plusieurs fois, en dernier lieu par le Dr. Charles Fischer qui a écrit trois excellents articles sur les rêves et la « perception préconsciente » dans la revue de l'Association psychanalytique américaine. Entre-temps, les tenants de la psychologie classique ne sont pas restés oisifs. Confirmant les indications de P&Oelig, leurs travaux ont montré que les humains voient et entendent en fait beaucoup plus qu'ils le croient consciemment, que ce qu'ils voient et entendent ainsi sans le savoir est enregistré dans le subconscient et peut influer sur leurs pensées, leurs sentiments, leur comportement conscients.

La science pure ne le reste pas indéfiniment tôt ou tard, elle se transforme en science appliquée, puis en technique. La théorie devient procédé industriel, la connaissance se fait puissance, les formules et les expériences de laboratoire se métamorphosent pour resurgir sous les aspects de la bombe H. Dans le cas présent, le joli petit fragment de science pure découvert par P&Oelig, de même que tous les autres mis au jour dans le domaine de la perception préconsciente, garda son intégrité originelle pendant un temps étonnamment long. Et puis, au début de l'automne 1957, quarante ans exactement après la publication de l'article de P&Oelig, on annonça que c'en était fini de leur pureté : ils avaient été appliqués, ils entraient dans le domaine de la technique. La révélation créa une sensation considérable, on en parla, on en écrivit dans tout l'univers civilisé et il n'y avait rien là d'étonnant. En effet, le nouveau procédé de « projection subliminale » ainsi qu'on l'appela, était intimement associé à la distraction des masses qui joue maintenant, dans la vie des humains civilisés, un rôle comparable à celui de la religion au Moyen Age. On a donné beaucoup de surnoms à notre époque : l'ère de l'angoisse, l'ère atomique, l'ère des voyages cosmiques, etc. On pourrait tout aussi bien l'appeler l'ère de la télévisomanie, l'ère du feuilleton bêlant, ou l'ère du tourne-disque sans fin. Dans une pareille ambiance, l'annonce de l'application pratique des expériences P&Oelig, sous forme de projection subliminale, ne pouvait manquer d'éveiller l'intérêt le plus intense parmi tous les amuseurs de masse professionnels. En effet, le nouveau procédé semblait fait pour eux, son but étant de manipuler les esprits sans qu'ils pussent s'en douter. Au moyen de tachistoscopes spécialement conçus, des mots ou des images seraient projetés pendant un millième de seconde, ou moins, sur les écrans de la télévision et des salles de cinéma pendant (non pas avant ou après) le programme. « Buvez Coca-Cola », ou « Allumez une Camel » apparaîtrait en surimpression au milieu d'une étreinte amoureuse, des larmes d'une mère au cœur brisé et les nerfs optiques des spectateurs enregistreraient ces messages secrets, leur subconscient réagirait et, en temps voulu, ils éprouveraient -le désir conscient de la boisson gazeuse et du tabac. Entre-temps, d'autres signaux secrets seraient retransmis, trop bas ou trop haut pour être perçus par la conscience claire. L'auditeur écouterait, au niveau de l'intelligence, une phrase comme « Mon amour, je t'adore » et pendant ce temps, au-dessous du seuil de la conscience, ses oreilles incroyablement sensibles et son subconscient enregistreraient la bonne nouvelle concernant les laxatifs et les désodorisants les plus récents.

Est-ce que ce genre de publicité est vraiment efficace ? Les données apportées par l'entreprise commerciale qui a, la première, dévoilé un procédé de projection subliminale sont vagues et très peu satisfaisantes au point de vue scientifique. Répété à des intervalles réguliers pendant que passait un film dans une salle de cinéma, l'ordre d'acheter du maïs grillé fit augmenter, nous dit-on, la vente de ce produit de 50 pour cent environ. Mais une seule expérience ne prouve pas grand-chose. De plus, elle avait été mal montée; pas de contrôle, pas le moindre effort pour tenir compte des nombreux facteurs variables qui influent à n'en pas douter sur la consommation du maïs grillé dans un cinéma. D'ailleurs, était-ce bien la façon la plus efficace d'appliquer les connaissances accumulées pendant des années sur la perception du subconscient par de savants chercheurs ? Etait-il vraisemblable que le seul fait de lancer le nom d'un produit et l'ordre de l'acheter durant l'espace d'un éclair suffît à briser la résistance du public et à recruter de nouveaux clients ? La réponse à ces deux questions est assez évidemment négative, ce qui ne signifie pas, bien sûr que les découvertes des neurologues et des psychologues sont dépourvues d'importance pratique. Habilement exploité, le joli petit fragment de science pure exhumé par P&Oelig pourrait fort bien devenir un puissant instrument pour la manipulation d'esprits sans méfiance.

Détournons-nous, pour recueillir quelques suggestions révélatrices, des vendeurs de maïs grillé et observons ceux qui, avec moins de bruit mais plus d'imagination et de meilleures méthodes, ont fait des expériences dans le même domaine. En Grande-Bretagne, où le procédé de manipulation des esprits au-dessous du niveau de la conscience est appelé « strobonic injection », les chercheurs ont souligné combien il était important, au point de vue pratique, de créer les conditions psychologiques voulues pour appliquer cette méthode. Une suggestion faite au-dessus du seuil de la conscience a plus de chance d'être efficace si celui qui la reçoit est dans un état d'hypnose légère, sous l'influence de certaines drogues, diminué par la maladie, l'inanition ou n'importe quelle tension physique ou morale. Mais cette remarque s'applique également aux invites faites au-dessous de ce seuil. En un mot, plus le niveau de résistance psychologique d'un sujet est bas, plus les suggestions injectées stroboniquement seront efficaces. Le dictateur scientifique de demain installera ses machines à chuchoter et ses projecteurs subliminaux dans les écoles, les hôpitaux (les enfants et les malades sont extrêmement vulnérables à la suggestion) et dans tous les lieux publics où des auditoires peuvent être préalablement amollis et rendus plus influençables par des discours ou des rites appropriés.

Passons maintenant des conditions dans lesquelles on peut s'attendre à ce que la persuasion subliminale opère, aux suggestions elles-mêmes. Dans quels termes convient-il que le propagandiste s'adresse au subconscient de ses victimes ? Des ordres directs. (« Achetez du maïs grillé », ou « Votez pour Jones »), des affirmations péremptoires ( Le socialisme est le parti des salauds », ou « La pâte X supprime la mauvaise haleine ») risquent de n'agir que sur les esprits déjà prévenus en faveur de Jones et du maïs grillé, déjà au fait du danger des odeurs sui generis et de la propriété collective des moyens de production. Mais renforcer une croyance déjà existante ne suffit pas; le propagandiste, s'il est digne de ce grand nom, doit créer une foi nouvelle, savoir gagner les indifférents et les indécis à sa cause, adoucir et peut-être convertir les adversaires. Il sait qu'à l'affirmation et au commandement il lui faut ajouter la persuasion, le tout au-dessous du niveau de la conscience.

Au-dessus de ce seuil, l'une des méthodes les plus efficaces de persuasion non rationnelle est ce que l'on pourrait appeler la persuasion par association. Le propagandiste rapproche arbitrairement le produit, le candidat ou la cause qu'il a choisis et l'idée, l'image d'une personne ou d'une chose que la plupart des hommes appartenant à une civilisation donnée, considèrent comme bonne. Ainsi, dans une campagne de vente, la beauté féminine peut être alternativement liée à n'importe quoi, depuis un bulldozer jusqu'à un diurétique; dans une campagne politique, le patriotisme peut être confondu avec n'importe quelle cause, depuis l'apartheid jusqu'à l'intégration et n'importe quelle personnalité, depuis que Mahatma Gandhi jusqu'au sénateur Mc. Carthy. Il y a des années de cela, en Amérique centrale, j'ai noté un exemple de persuasion par association qui m'a rempli d'une admiration terrifiée pour ceux qui l'avaient imaginée. Dans les montagnes du Guatemala, les seules œuvres d'art importées sont les calendriers coloriés distribués gratuitement par les compagnies étrangères vendant leurs produits aux Indiens. Les Américains représentaient sur les leurs des chiens, des paysages, de jeunes beautés en partie dévêtues; mais pour les indigènes, les chiens ne sont que des objets utiles, les paysages, ils n'en voient que trop tous les jours de leur vie et les blondes à moitié nues leur semblent sans aucun intérêt, peut-être même un peu répugnantes. En conséquence, les calendriers américains avaient beaucoup moins de succès que les allemands, car les annonceurs germaniques avaient pris la peine de chercher ce que les Indiens appréciaient, ce qui les intéressait et je me rappelle, en particulier, un véritable chef d'œuvre de propagande commerciale. C'était le calendrier distribué par un fabricant d'aspirine. Au bas de l'image, on voyait la marque familière sur le tube familier de comprimés blancs. Au-dessus, pas de paysages de neige ou de forêts, automnales, ou d'épagneuls, ou de girls bien en chair - non, l'Allemand, rusé, avait associé son analgésique à un tableau extrêmement coloré et vivant de la Sainte Trinité sur un cumulus, entourée de saint Joseph, de la Vierge,- d'un assortiment de saints et d'anges en foule. Les vertus miraculeuses de l'acide acétylsalicylique étaient ainsi garanties, dans les esprits simples et profondément religieux des Indiens, par Dieu le Père et toutes les célestes phalanges. Ce genre de persuasion est de ceux auxquels le procédé de projection subliminale semble se prêter particulièrement, bien. Dans une série d'expériences effectuées à l'université de New-York sous les auspices de l'Institut national de la Santé, il a été établi que les sentiments d'un individu au sujet de quelque image vue consciemment pouvaient être modifiés en associant cette dernière, au niveau subconscient, à une autre représentation ou, mieux encore, à des vocables exprimant une notion de valeur. Ainsi uni au mot « joyeux », un visage vide de toute expression paraissait souriant à l'observateur, aimable, avenant et bienveillant. Quand le même était associé, toujours dans le subconscient, au mot « furieux », il semblait aux sujets qu'il était devenu renfrogné, désagréable et hostile (pour un groupe de jeunes femmes, il en était aussi arrivé à paraître très masculin, alors qu'au moment où il était rapproché de « joyeux », elles le voyaient comme celui d'un membre de leur sexe. Pères et maris, prenez bonne note). Pour le propagandiste commercial et politique, il est évident que ces remarques sont d'une importance capitale. S'il peut mettre ses victimes en état de réceptivité anormalement vive, s'il peut leur montrer, pendant qu'elles sont dans cette disposition, la chose, la personne ou, par l'entremise d'un symbole, la cause qu'il a à vendre et s'il peut, au niveau du subconscient, associer celles-ci à quelque mot ou image comportant une idée de valeur, il sera peut-être en mesure de modifier les sentiments et les opinions de ses cobayes sans qu'ils s'en doutent un instant. Selon un groupe commercial fort entreprenant de La Nouvelle-Orléans, il devrait être possible d'augmenter par ce procédé la valeur des films et des pièces télévisées en tant que distractions. Le public aime éprouver des émotions violentes et apprécie, par conséquent, les tragédies, les mélodrames, les pièces policières et les récits de grandes passions. La mise en scène d'une bataille ou d'une étreinte fait naître des sensations fortes chez les spectateurs, mais elles seraient plus fortes encore si elles étaient associées dans le subconscient à des mots ou des symboles appropriés. Par exemple, dans la version filmée de A Farewell to Arms (10), la mort en couches de l'héroïne pourrait être rendue plus poignante qu'elle l'est déjà en faisant passer et repasser sur l'écran, pendant la scène, des mots sinistres comme « douleur », « sang » et « mort ». Consciemment, ils ne seraient pas vus, mais leur effet sur le subconscient pourrait être très grand et renforcer puissamment les émotions évoquées au niveau de la conscience claire par le jeu des acteurs et le dialogue. Si, comme la chose paraît à peu près certaine, la projection subliminale peut intensifier régulièrement les sensations ressenties par les amateurs de films, l'industrie cinématographique évitera peut-être la banqueroute - à condition que les producteurs de télévision ne lui coupent pas l'herbe sous le pied.

Essayons d'imaginer, à la lumière de ce qui vient d'être écrit sur la persuasion par association et l'intensification des émotions au moyen de la suggestion subliminale, ce que sera la réunion politique de demain. Le candidat (s'il y en a encore) ou le représentant mandaté de l'oligarchie dirigeante fera son discours, au vu et au su de tous et, pendant ce temps, les tachistoscopes, les chuchoteuses, les projecteurs d'images si faibles que seul le subconscient peut y réagir, renforceront ce qu'il dira en associant systématiquement l'homme et sa cause à des mots chargés de sens positif et à des images vénérées, en injectant stroboniquement des vocables négatifs et des symboles odieux chaque fois qu'il fera mention des ennemis de l'Etat ou du Parti. Aux U.S.A., de brèves images d'Abraham Lincoln et les mots « gouvernement par le peuple » seront projetés sur la tribune. En Russie, l'orateur sera bien entendu associé à de fugitives visions de Lénine, aux mots « démocratie populaire », à la barbe prophétique de Karl Marx. Parce que tout cela est encore à une distance rassurante dans l'avenir, nous pouvons en sourire, mais dans dix ou vingt ans d'ici, la chose nous paraîtra sans doute beaucoup moins drôle, car ce qui est aujourd'hui du domaine de la fiction scientifique sera devenu une réalité politique. P&Oelig a été l'un des présages que j'ai négligés en écrivant Le Meilleur des Mondes. Il n'y a aucune allusion à la persuasion subliminale dans ma fable et c'est là une omission que je corrigerais certainement si je devais récrire le livre aujourd'hui. 
  

X  HYPNOPÉDIE 

Vers la fin de l'automne 1957, Woodland Road Camp, établissement pénitentiaire à Tulare County, Californie, fut le théâtre d'une expérience curieuse et intéressante. Des haut-parleurs miniatures furent placés sous les oreillers d'un groupe de prisonniers qui s'étaient offerts à tenir le rôle de cobayes psychologiques. Chacun des appareils était relié à un phonographe dans le bureau du directeur. Toutes les heures, pendant la nuit, un murmure édifiant répétait une brève allocution sur « les principes d'une vie conforme à la morale ». En s'éveillant à minuit, le détenu pouvait entendre cette petite voix exalter les vertus cardinales ou murmurer, au nom de ce qu'il y avait de meilleur en lui-même : « En mon âme et conscience, je suis empli d'amour et de compassion pour vous. »

Après avoir lu le récit de cette expérience, j'ai repris le deuxième chapitre du Meilleur des Mondes, celui où le directeur de l'incubation et du Conditionnement pour l'Europe occidentale explique à un groupe d'étudiants, le fonctionnement de ce système étatisé d'éducation morale, connu sous le nom d'hypnopédie au septième siècle après FORD. Il raconte à son auditoire que les premiers essais avaient été mal orientés, donc infructueux. Les éducateurs avaient essayé de donner une formation intellectuelle à leurs élèves endormis, mais une activité de ce genre est incompatible avec le sommeil. L'hypnopédie ne réussit donc qu'à partir du moment où l'on s'en servit pour le dressage moral, en d'autres termes, pour le conditionnement des attitudes par la suggestion verbale dans un temps de résistance psychologique diminuée.

« Le conditionnement que des paroles n'accompagnent pas est grossier et tout d'une pièce, il est incapable de faire saisir les distinctions plus fines, d'inculquer les modes de conduite plus complexes exigés par l'État. Pour cela il faut des paroles, mais des paroles sans raison »... du genre qui ne nécessite aucune analyse pour être compris, mais peut être ingurgité en bloc par le cerveau endormi. C'est cela la véritable hypnopédie, « la plus grande force moralisatrice et socialisatrice de tous les temps. »

Dans le Meilleur des Mondes, aucun citoyen des basses castes ne causait jamais la moindre difficulté. Pourquoi ? Parce que dès l'instant où il pouvait parler et comprendre ce qu'on lui disait, il était exposé à des suggestions indéfiniment répétées, nuit après nuit, aux heures d'assoupissement et de sommeil. Ces suggestions étaient « comme des gouttes de cire à cacheter liquide, des gouttes qui adhèrent, s'incrustent, s'incorporent à ce sur quoi elles tombent jusqu'à ce qu'enfin le roc ne soit plus qu'une seule masse écarlate. Jusqu'à ce qu'enfin l'esprit de l'enfant, ce soit ces choses suggérées et que la - somme de ces choses suggérées ce soit l'esprit de l'enfant. Et non pas seulement l'esprit de l'enfant, mais également l'esprit de l'adulte - pour toute sa vie. L'esprit qui juge et désire et décide - constitué par ces choses suggérées. Mais toutes ces choses suggérées, ce sont celles que nous suggérons, nous - que suggère l'Etat... »

A la date d'aujourd'hui, la suggestion hypnopédiqué n'a été administrée que je sache, par aucun Etat plus considérable que Tulare County et la nature de ses conseils aux malfaiteurs est irréprochable. Si seulement nous pouvions tous, et pas seulement les pensionnaires de Woodland Road Camp, être effectivement emplis d'amour et de compassion pour autrui pendant nos nuits!

Non, ce n'est pas le message transmis par le chuchotement inspirateur qui est critiquable, c'est le principe de l'enseignement pendant le sommeil par des organisations d'Etat. Ce procédé fait-il partie des instruments que des personnages officiels, chargés d'exercer l'autorité dans une société démocratique, doivent être autorisés à manier comme bon leur semble ? Dans le cas qui nous occupe, ils ne font usage que de volontaires et dans les meilleures intentions, mais rien ne garantit qu'elles seront aussi louables dans d'autres circonstances, ni que l'endoctrinement sera réservé à des volontaires. Toute loi ou disposition sociale qui risque d'induire les dirigeants en tentation est mauvaise. Toute loi ou disposition qui leur évite la tentation d'abuser, pour leur profit ou celui de l'Etat, ou celui de quelque organisation politique, économique, ecclésiastique, des pouvoirs qui leur ont été délégués, est bonne. L'hypnopédie, si elle est efficace, constituerait un instrument d'une redoutable puissance entre les mains de quiconque serait en mesure d'imposer des suggestions à un auditoire captif. Une société démocratique est celle qui se fonde sur la conviction que l'on abuse souvent du pouvoir et qu'il convient, par conséquent, de ne le confier aux fonctionnaires qu'en quantités limitées et pour des périodes de temps limitées. Dans une telle société, la loi devrait réglementer l'usage de l'hypnopédie par les représentants du gouvernement, supposé, bien sûr, qu'il s'agisse vraiment là d'un instrument de puissance. Est-ce le cas ? Le procédé fonctionnera-t-il aussi bien que je l'avais imaginé dans mon anticipation ? Examinons les faits d'expérience.

Dans le Psychological Bulletin de juillet 1955, Charles W. Simon et William H. Emmons ont analysé et critiqué les dix plus importantes études faites dans ce domaine. Toutes concernaient la mémoire. L'enseignement pendant le sommeil aide-t-il l'élève quand il s'agit d'apprendre mécaniquement ? Dans quelle mesure un sujet se rappelle-t-il le lendemain au réveil, les connaissances qu'on lui a chuchotées à l'oreille pendant son sommeil ? Simon et Emmons répondent comme suit : « Dix études sur l'enseignement pendant le sommeil ont été passées en revue. Beaucoup d'entre elles ont été citées sans discrimination par des entreprises commerciales ou dans des revues populaires et des articles de journaux comme autant de preuves en faveur d'une possibilité d'apprendre pendant que l'on dort. Une analyse critique a été faite de l'organisation des expériences en cause, des statistiques, de la méthodologie et des critères employés pour définir le sommeil. Toutes les études ont révélé des faiblesses dans un ou plusieurs de ces domaines. Elles n'établissent pas avec une netteté sans équivoque que des connaissances sont assimilées pendant que le sujet dort véritablement. Il semble pourtant qu'un genre d'acquisition se produise dans un état de veille particulier, tel que les sujets ne se rappellent plus par la suite s'ils étaient éveillés. Ce phénomène est susceptible d'avoir une grande importance pratique si l'on considère l'économie du temps d'études, mais il ne peut être interprété comme un enseignement pendant le sommeil... Le problème est en partie obscurci par une définition insuffisamment précise du sommeil. »

Cependant le fait demeure que dans l'armée américaine, au cours de la dernière guerre mondiale (et même pendant la première, à titre expérimental), des cours de code Morse et de langues étrangères donnés pendant la journée étaient complétés par des instructions durant le sommeil - avec des résultats satisfaisants, apparemment. Depuis la fin des hostilités, plusieurs entreprises commerciales aux U.S.A. et ailleurs ont vendu de grosses quantités de haut-parleurs pour oreiller, de phonographes avec système d'horlogerie et de magnétophones à des acteurs qui se hâtaient d'apprendre leurs rôles, à des politiciens et des prédicateurs qui voulaient donner l'illusion d'une éloquence naturelle, à des étudiants se préparant aux examens et enfin à ceux, innombrables, qui ne sont pas satisfaits d'eux-mêmes et voudraient que la suggestion, ou l'auto suggestion les aidât à devenir autres. Il est facile à chacun d'enregistrer ses propres messages inspirateurs sur une bande magnétique et de les écouter, inlassablement répétés, le jour et pendant le sommeil. Ceux de l'extérieur peuvent être achetés sous forme de disques portant une variété extrêmement considérable de conseils salutaires. Il en existe sur le marché pour détendre et amener une relaxation profonde, pour favoriser la confiance en soi (très demandés par les représentants de commerce), pour augmenter le charme et rendre la personnalité plus attirante.

Parmi les plus en vogue, on range ceux qui permettent de réaliser l'harmonie sexuelle et ceux qui s'adressent aux personnes voulant perdre du poids (« Je suis indifférent(e) au chocolat, insensible à l'attrait des pommes de terre, totalement impassible devant les croissants »). Il y a des disques pour une meilleure santé et même pour gagner plus d'argent. Le plus remarquable, c'est que, selon les témoignages envoyés sans qu'on les en prie par les acheteurs reconnaissants, nombreux sont les hommes d'affaires qui gagnent effectivement plus d'argent après avoir écouté les suggestions hypnopédiques, les grosses dames qui perdent du poids, les couples à la veille de divorcer qui parviennent à l'harmonie sexuelle et vivent désormais heureux.

Dans ce contexte, un article de Theodore Barber, « Sommeil et hypnose », publié par The Journal of clinical and experimental hypnosis (octobre 1956), est des plus révélateurs. L'auteur souligne qu'il existe une différence importante entre le sommeil léger et le sommeil profond. Dans le second cas, l'électroencéphalographe n'enregistre aucune onde alpha, alors qu'elles apparaissent dans le premier et, vu sous cet aspect, on peut dire que le sommeil léger est plus proche des états de veille et d'hypnose (où elles sont présentes) que du sommeil profond. Un bruit violent éveillera une personne profondément endormie; un stimulus moins énergique fera réapparaître les ondes alpha sans provoquer le réveil et succéder le sommeil léger au sommeil profond,

Une personne profondément endormie n'est pas apte à recevoir des suggestions, mais si elle ne dort que légèrement, Mr. Barber a noté qu'elle y réagissait de la même manière qu'en état d'hypnose.

Beaucoup de ceux qui ont exploré dans les premiers le domaine de l'hypnotisme ont fait des expériences similaires. Dans son ouvrage classique History, Practice and Theoty of Hypnotism (11) publié en 1903, Milne Bramwell indique que « beaucoup de spécialistes faisant autorité assurent avoir transformé le sommeil naturel en hypnose. Selon Wetterstrand, il est souvent très facile de se mettre en rapport (12) avec des sujets endormis, surtout des enfants... Wetterstrand estime que cette méthode pour provoquer l'hypnose a une grande valeur pratique et assure qu'il l'a souvent utilisée avec succès ». Bramwell cite dans le même sens de nombreux autres hypnotiseurs expérimentés (entre autres d'éminents spécialistes comme Bernheim, Moll et Fore !). Aujourd'hui, un expérimentateur ne parlerait pas de « transformer le sommeil naturel en hypnose ». Tout ce qu'il se déclare prêt à affirmer, c'est que le sommeil léger (en opposition au sommeil profond sans ondes alpha) est un état dans lequel beaucoup de sujets acceptent les suggestions aussi volontiers que dans celui d'hypnose. Par exemple, après qu'on leur a dit, alors qu'ils dorment légèrement, qu'ils vont s'éveiller dans un petit moment très altérés, beaucoup en effet reviennent à l'état de veille avec la bouche sèche et une soif ardente. L'écorce cérébrale est peut-être trop inactive pour penser juste, mais assez en alerte pour réagir aux suggestions et les transmettre au système nerveux autonome.

Comme nous l'avons déjà vu, le médecin et expérimentateur suédois très connu, Wetterstrand, réussissait particulièrement bien dans le traitement par hypnose des enfants endormis. De nos jours, ses méthodes sont suivies par nombre de pédiatres qui apprennent aux jeunes mères l'art de faire des suggestions salutaires à leurs enfants pendant les heures de sommeil léger. Ce genre d'hypnopédie permet de guérir l'incontinence d'urine et l'onychophagie, de préparer les petits malades à subir une intervention chirurgicale sans appréhension, à leur donner confiance et assurance lorsque, pour une raison ou une autre, les circonstances de leur vie sont devenues angoissantes. J'ai personnellement constaté les résultats remarquables obtenus par ce procédé chez des enfants et il est probable qu'il serait aussi efficace pour des adultes.

Pour un aspirant-dictateur la morale de toute cette histoire est évidente. Appliquée dans de bonnes conditions, l'hypnopédie est efficace -autant semble-t-il que l'hypnose. La plupart des choses que l'on peut faire à une personne hypnotisée et avec elle, peuvent être faites à une personne qui dort légèrement et avec elle. Les suggestions verbales sont transmises par l'intermédiaire de la substance corticale somnolente au cerveau moyen, à la moelle allongée et au système nerveux autonome. Si ces instructions sont bien conçues et souvent répétées, les fonctions organiques du dormeur peuvent être améliorées ou inhibées, de nouveaux sentiments implantés et les anciens modifiés, des ordres post-hypnotiques donnés, des slogans, formules et mots-déclencheurs profondément gravés dans la mémoire. Les enfants sont de meilleurs sujets que les adultes et le dictateur ne manquera pas d'exploiter à fond cette particularité. Les bébés des garderies et des écoles maternelles recevront des suggestions hypnopédiques pendant leur sieste de l'après-midi; pour les plus grands - surtout ceux des membres du parti, destinés à former les cadres - il y aura des pensionnats où l'excellente instruction donnée dans la journée sera complétée la nuit. Dans le cas des adultes, les malades seront l'objet d'une attention particulière. Ainsi que Pavlov l'a démontré, il y a bien des années, des chiens volontaires et résistants deviennent parfaitement aptes à être suggestionnés après une opération ou pendant une maladie débilitante.

Notre dictateur veillera donc à ce que chaque salle d'hôpital soit munie des appareils de sonorisation voulus. La résection d'un appendice, un accouchement, une pneumonie ou une crise de foie pourront servir de prétexte à un cours intensif de loyalisme et de ferveur dirigée, ou à une remise en mémoire des principes de l'idéologie locale.

D'autres auditoires captifs peuvent se trouver dans les prisons, les camps de travail, les casernes, les navires en mer, les trains et les avions, la nuit, les lugubres salles d'attente des gares ferroviaires et routières. Même si les suggestions hypnopédiques faites dans ces conditions n'avaient qu'un rendement de dix pour cent, les résultats seraient encore impressionnants et, pour un dictateur, extrêmement précieux.

De la suggestibilité accrue associée au sommeil léger et à l'hypnose, passons à celle, normale, des sujets qui sont en état de veille, ou du moins qui le croient. (En fait, comme l'assurent les Bouddhistes, la plupart d'entre nous sont constamment à moitié endormis et traversent la vie en somnambules obéissant aux suggestions de quelqu'un d'autre.) L'illumination est l'éveil total. Le mot « Bouddha » peut se traduire par 1'Eveillé aussi bien que par l'Illuminé. Au point de vue génétique, chaque être humain est unique et différent de tous les autres par bien des aspects. L'éventail des variations individuelles en marge des normes statistiques est étonnamment ouvert et n'oublions pas que ces fameuses normes ne peuvent servir qu'aux calculs des actuaires, jamais dans la vie réelle où l'homme moyen n'existe pas. Il n'y a que des individus distincts, chacun avec ses caractères particuliers innés, physiques et mentaux, qui essaient tous (ou qui sont tous contraints) de comprimer leur diversité biologique dans le moule d'une culture uniforme.

La suggestibilité est l'un de ces traits qui varient considérablement d'un individu à l'autre. Le milieu et ses facteurs jouent à coup sûr un rôle dans cette diversité, mais il est non moins certain qu'il existe des différences tenant à la constitution même des sujets. La résistance extrême est assez rare, heureusement, sans quoi la vie en société serait impossible. Les collectivités humaines peuvent fonctionner dans des conditions acceptables d'efficacité uniquement parce que la plupart des gens sont, à des degrés divers, assez sensibles à la suggestion. L'extrême suggestibilité est à peu près aussi rare que son contraire et aussi heureusement, car un choix libre et rationnel deviendrait virtuellement impossible pour la majorité des électeurs et les institutions démocratiques ne survivraient pas - elles ne prendraient même pas naissance.

Il y a quelques années, à l'hôpital du Massachusetts, une équipe de chercheurs fit une série d'expérience des plus révélatrices sur les effets analgésiques des placebos (il s'agit d'une substance quelconque que le malade croit efficace, mais qui est en réalité tout à fait neutre au point de vue pharmaceutique). Les sujets étaient 162 malades que l'on venait juste d'opérer et qui souffraient énormément. Chaque fois que l'un d'eux un remède pour soulager on lui faisait une piqûre soit de morphine, soit d'eau distillée; tous, à un moment ou un autre, reçurent des injections des deux.

Environ trente pour cent des patients n'éprouvèrent jamais aucun effet du placebo, mais par contre quatorze pour cent furent soulagés après toutes les piqûres d'eau distillée. Les cinquante-cinq pour cent restants éprouvèrent des résultats tantôt positifs tantôt négatifs selon les occasions.

En quoi ces groupes se distinguaient-ils les uns des autres ? Des études approfondies et minutieuses révélèrent que ni l'âge ni le sexe n