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27 novembre 2022

En cas de guerre mondiale la FRANCE serait incapable aujourd'hui de faire face à un conflit majeur !

La guerre en Ukraine met l’industrie

 

de l’armement sous pression

 

SOURCE 

https://www.radiofrance.fr/franceinter/la-guerre-en-ukraine-met-l-industrie-de-l-armement-sous-pression-5588557

 

Par 
Des militaires ukrainiens tirent avec un canon français Caesar en direction des positions russes sur une ligne de front dans l'Est de l'Ukraine, 15 juin 2022.Des militaires ukrainiens tirent avec un canon français Caesar en direction des positions russes sur une ligne de front dans l'Est de l'Ukraine, 15 juin 2022. © AFP - ARIS MESSINIS

Entre démilitarisation et livraisons d’armes en Ukraine, la France se retrouve mal armée en cas de conflit majeur. Le président de la République met la pression sur l’industrie de l’armement. Mais celle-ci aura de la peine à répondre à ses injonctions.

“C’est très simple, si on n’a pas envoyé beaucoup d’armes à l’Ukraine, c’est avant tout parce qu’on était à l’os !” Le constat dressé par l’ancien député Les Républicains de 1993 à 2022 François Cornut-Gentille, ancien rapporteur du budget défense à la commission du budget de l’Assemblée nationale, a de quoi inquiéter. La France s’est en effet retrouvée embarrassée lorsque la guerre en Ukraine a débuté. Qu’envoyer sur place alors qu’elle peine déjà à équiper ses propres soldats ?

25% de nos canons Caesar sont en Ukraine

Difficile de savoir exactement ce que nous avons livré. Contrairement à d’autres pays comme les États-Unis, la liste des équipements français est classée secret-défense. Le président de la République et le gouvernement ont cependant livré quelques informations. Emmanuel Macron a évoqué l’envoi de 18 canons Caesar, une arme qui permet de frapper des cibles à près de 40km. À cela s’ajoutent des missiles anti-char et des véhicules blindés livrés l’été dernier. Des équipements destinés aux soldats ukrainiens sont aussi régulièrement acheminés (casques, gilets pare-balles…). Au total, la sénatrice Hélène Conway-Mouret, secrétaire de la commission défense au Sénat, évalue l’aide française en Ukraine à quatre milliards d’euros, aide humanitaire comprise. Bien plus donc, à priori, que les 100 millions d’euros avancés par l’ancienne ministre des Armées Florence Parly au mois d’avril 2022.

250 avions contre 700 il y a trente ans

Problème pour l’armée française : ces armes ont été prélevées sur un stock déjà limité. Les 18 canons Caesar livrés représentent près de 25% du parc français. Certes, la France dispose d’un modèle d’armée dit "complet". À l’inverse de certains de nos voisins, nous avons conservé un panel global d’équipements dans les trois corps d’armées (terre, air, marine). "Mais cette armée complète s’est heurtée à des coupes dans les budgets de la défense depuis la fin de la guerre froide, relève Elie Tenenbaum, directeur du centre des études de sécurité à l’IFRI. À partir des années 90, on se rend compte que notre appareil militaire ne correspond plus à un environnement pacifié."

On paye le prix de ce que Laurent Fabius appelait "toucher les dividendes de la paix". On a dépensé moins et réduit les équipements car le spectre de la guerre s’était éloigné. Résultat : "Alors qu’on avait 1.350 chars de bataille en 1991, on en a 220 aujourd’hui. On avait 700 avions en 1991, et aujourd’hui moins de 250." Et les budgets de la défense qui représentaient 4% du PIB à la fin de la guerre froide, sont descendus à 1% sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Tandis que l’armée a réduit ses effectifs de 30% depuis les années 90.

Dans le même temps, la France serait passée à côté d’évolutions technologiques notables. "On a raté le virage des drones, regrette l’ancien député François Cornut-Gentille. Ça n’intéressait ni l’armée, ni les industriels. On a cru que c’était des joujoux alors que ça change la physionomie du champ de bataille." Or, pendant que la France – et les Européens dans leur globalité – réduisaient leurs dépenses de défense, d’autres grandes puissances comme la Chine, la Russie ou les États-Unis continuaient d’investir.

Incapable de faire face à un conflit majeur

L’annexion de la Crimée par la Russie fera l’effet d’un électrochoc. “Avant cela, c’était assez confortable pour les pays européens de se reposer sur les investissements américains pour leur défense, explique le général Jean-Paul Paloméros, ancien commandeur en chef de l’OTAN. Outre-Atlantique, on n’a eu de cesse de réclamer aux Européens de prendre leur part du fardeau. Mais ça a pris du temps.”

Devant la menace Russe, l’OTAN fixe un objectif pour les pays européens : faire remonter la part de leurs dépenses de défense à 2% du PIB. Jean-Paul Paloméros conseillera le candidat Emmanuel Macron pour son projet de défense en 2017. Et le président nouvellement élu suivra ses préconisations en augmentant les budgets, d’abord de 1,7 milliard par an de 2017 à 2022, puis de trois milliards par an jusqu’en 2025. Avec pour objectif d’atteindre 50 milliards au final, soit 2% du PIB.

Évolution du budget du ministère français des armées entre 2009 et 2022.Évolution du budget du ministère français des armées entre 2009 et 2022. - Ministère des armées - L’Express

Si cet argent a remis l’armée à flot, il n’a cependant pas permis d’augmenter ses moyens. Selon Elie Tenenbaum, “la loi de programmation de 2017 ne se traduit pas par une remontée capacitaire. On modernise, mais on n’a pas de choses en plus dans notre arsenal”. Certes, l’armée de terre a développé le programme Scorpion pour ses véhicules de combat, la Marine a vu le remplacement d’un sous-marin nucléaire, et l’armée de l’air a acquis quelques Rafale, mais ces remplacements restent cosmétiques.

Le député européen Arnaud Danjean avait prévenu de ces carences dans la revue stratégique de 2017 qui a servi de base à la loi de programmation militaire. “Des mentions de la guerre qui se rapproche de l’Europe figurent dès l’introduction. On ne parlait pas de guerre de haute intensité mais de conflits interétatiques. On évoquait des risques d’escalade engageant des puissances globales comme la Russie. On a alors appelé à une montée en puissance de l’appareil de défense français pour faire face à l’intégralité de ces menaces.” Mais cette mise en garde est arrivée trop tard, car la France aujourd’hui ne saurait se défendre seule dans un conflit de haute intensité. Pour le député LR Jean-Louis Thiériot, qui a écrit un rapport parlementaire sur ce sujet, “nous n’avons pas la capacité de tenir dans la durée. Au mieux au bout de quelques semaines, nous serions en difficulté”.

L’aviation de chasse réduite à néant en cinq jours

Deux exercices de simulation de conflits internationaux l’ont confirmé en 2021. Le premier, baptisé Warfighter, organisé avec les Américains et les Britanniques concernait l’armée de terre. Et le second, Polaris 21, la Marine et l’aviation. Ces exercices interarmées ont mis en évidence les limites des forces françaises. “Warfighter a montré qu’en une semaine d’affrontements de haute intensité, la France aurait 800 à 1.000 hommes tués ou blessés, et plus aucune munition”, affirme encore Jean-Louis Thiériot. Le compte rendu de la commission de la défense nationale des forces armées daté du 16 février 2022 fait lui état de 400 marins disparus au cours de l’opération Polaris 21. Il précise qu’“en une quinzaine de minutes d’un premier combat, deux frégates avaient été envoyées par le fond et deux autres étaient neutralisées, soit entre 200 et 400 marins tués ou disparus”. Ce même rapport indique que si l’on extrapolait les pertes lors des derniers conflits aériens (la guerre de Kippour et la guerre des Malouines), “il est manifeste que l’aviation de chasse française pourrait être réduite à néant en cinq jours”.

Schéma des forces en jeu lors de l’exercice Polaris 21 (dont la France en bleu) le 18/11/21.Schéma des forces en jeu lors de l’exercice Polaris 21 (dont la France en bleu) le 18/11/21. - Dossier de presse Polaris 21, ministère des armées.

Si ces exercices ont montré de fortes carences, la France rappelle malgré tout qu'elle dispose de l'arme de dissuasion nucléaire et qu'elle pourrait avoir le dessus en cas de guerre. "C'est la clé de voûte de notre défense" rappelle le chercheur à l'IFRI Elie Tenenbaum. "Toute notre puissance tient là-dessus", ose même une source militaire. Mais il faudra à nouveau investir pour renforcer cette arme de dissuasion qui permet à la France de rester dans le gotha des grandes puissances. Pour l'instant.

Mettre la pression sur les industriels

Compte tenu de ces carences, et alors que la guerre est aux portes de l’Europe, la France a décidé de changer de braquet. L’exécutif a d’abord pris une décision inédite : stopper la loi de programmation en cours et la remplacer par une nouvelle qui sera examinée en conseil des ministres durant les premières semaines de 2023. L’objectif est clair : maintenir et accentuer l’effort budgétaire jusqu’en 2030. Si certains parlementaires approuvent, des experts se montrent réservés. “Le risque c’est de mettre la charrue avant les bœufs. De tirer des conclusions rapides de ce qui se passe en Ukraine, et en déduire ce que doit être notre format d’armées”, prévient Olivier Schmitt, professeur de relations internationales au centre d’études sur la guerre de Copenhague. “Or il y a quelques semaines, je pense que pas grand monde ne s’attendait à une percée ukrainienne sur le front, poursuit le professeur. C’est comme si on demandait à un planificateur de défense de tirer des leçons de la Seconde Guerre mondiale après les huit premiers mois du conflit.”

Il n’empêche. Le chef de l’État a voulu aller vite. En juin 2022, lors du salon international de défense Eurosatory il déclare que “nous entrons dans une économie de guerre. Une économie dans laquelle il faudra aller plus vite, notamment pour les industriels”. Mais cette injonction a semé le trouble. “Il faut avoir en tête qu’entre le moment où on passe la commande et celui où on reçoit les matériels, le temps est long, explique le député LR Jean-Louis Thiériot. Pour un obus de 155, entre la commande et la livraison il faut compter un an. Pour un missile trois ans. Et un Rafale quatre ans.”

“On ne produit pas des armes comme on produit des aspirateurs”, relève la sénatrice socialiste Hélène Conway-Mouret. Une remontée en cadence prendra du temps a, pour sa part, expliqué devant les députés le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier : “Si certains peuvent croire qu’on monte une cadence d’avion de combat en un mois, ce n’est pas possible. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas la guerre et qu’on profite des dividendes de la paix et d’un coup dire aux industriels, garde à vous, augmentez vos cadences.” Autre obstacle à cette montée en puissance : les commandes du secteur de l’armement proviennent principalement de l’étranger, des marchés extrêmement lucratifs. La France est le 3e exportateur mondial d’armes, derrière les États-Unis et la Russie. Et il sera compliqué de mener de front cette production et une augmentation de la production française.

Emmanuel Macron serre la main d’Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, lors du salon de défense Eurosatory le 13 juin 2022, à Villepinte.Emmanuel Macron serre la main d’Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, lors du salon de défense Eurosatory le 13 juin 2022, à Villepinte. © Maxppp - EPA/Ludovic Marin

D’autant plus que le prix de l’énergie flambe actuellement, avec des factures de gaz multipliées parfois par huit, et des matières premières qui viennent aussi à manquer. Or, “l’aluminium et l’acier peuvent représenter jusqu’à 60% du coût de petits navires, a récemment précisé aux députés, le PDG de Naval Group, Pierre-Éric Pommellet. On assiste à un marché qui est devenu fou, avec des hausses de prix considérables. On demande à nos entreprises d’accepter dans les heures une commande 60, 80 ou 100% au-dessus du prix moyen.”

Des désaccords franco-allemands

La solution ne semble pas apparaître non plus au niveau européen. L’Europe de la défense voulue par Emmanuel Macron s’enlise dans des désaccords. Certes la France et l’Allemagne veulent développer deux projets communs : le char du futur (MGCS pour “main ground combat system”) et le système de combat aérien du futur (SCAF). Mais ces deux projets sont à l’arrêt, déplore la sénatrice Hélène Conway-Mouret : “Nous avons peut-être trop misé sur le couple franco-allemand. Or, les Allemands ont des objectifs différents des nôtres. Ce qui les intéresse, c’est un partenariat privilégié avec les États-Unis, peut-être pour remplacer le Royaume-Uni qui a quitté l’Union européenne.”

Les faits semblent lui donner raison. Lorsqu’il a annoncé un investissement massif de 100 milliards d’euros dans la défense, le chancelier Olaf Scholz a cité parmi ses partenaires européens possibles : les Polonais, les Tchèques, les Slovaques, mais il n’a fait aucune mention des Français. De quoi inquiéter Paris même si on continue de se dire serein. En témoignent les récentes déclarations du ministre des Armées Sébastien Lecornu affirmant : “Le SCAF est un programme prioritaire, et il se fera.”

Pour l’ex-député François Cornut-Gentille, cette situation serait la conséquence de désaccords. “Dassault pense que l’Allemagne est d’accord pour financer le SCAF à condition d’avoir accès à ses technologies et ses savoir-faire. Et Dassault a envie de conserver ses secrets de fabrication. Tandis que les Allemands n'ont pas envie de financer un programme qui profitera à l’industrie française sans avoir accès à un certain nombre d’informations… Il n’y a aucune confiance réciproque en réalité.” Cette absence de confiance pourrait au final profiter aux États-Unis. L’Oncle Sam en embuscade rêve de monter en puissance sur le marché européen. Un échec du SCAF pourrait représenter un manque à gagner de plusieurs milliards d’euros pour les industriels français.

Écouter l'enquête intégrale :

Ce samedi 1er octobre 2022 à 13h20 dans Secrets d’info sur France Inter, disponible en podcast après la diffusion.

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Place d' Armes 

armee française

14 avril 2021

NOTRE APPEL

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs du Gouvernement,
Mesdames, Messieurs les parlementaires, 

L’heure est grave, la France est en péril, plusieurs dangers mortels la menacent. Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays.

Nos drapeaux tricolores ne sont pas simplement un morceau d’étoffe, ils symbolisent la tradition, à travers les âges, de ceux qui, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs confessions, ont servi la France et ont donné leur vie pour elle. Sur ces drapeaux, nous trouvons en lettres d’or les mots “Honneur et Patrie”. Or notre honneur aujourd’hui tient dans la dénonciation du délitement qui frappe notre patrie. 

– Délitement qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but : créer sur notre sol un mal-être, voire une haine entre les communautés. Aujourd’hui certains parlent de racialisme, d’indigénisme et de théories décoloniales, mais, à travers ces termes, c’est la guerre raciale que veulent ces partisans haineux et fanatiques. Ils méprisent notre pays, ses traditions, sa culture, et veulent le voir se dissoudre en lui arrachant son passé et son histoire. Ainsi s’en prennent-ils, par le biais de statues, à d’anciennes gloires militaires et civiles en analysant des propos vieux de plusieurs siècles.

– Délitement qui, avec l’islamisme et les hordes de banlieue, entraîne le détachement de multiples parcelles de la nation pour les transformer en territoires soumis à des dogmes contraires à notre constitution. Or chaque Français, quelle que soit sa croyance ou sa non-croyance, est partout chez lui dans l’Hexagone ; il ne peut et ne doit exister aucune ville, aucun quartier où les lois de la République ne s’appliquent pas.

– Délitement, car la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agent supplétif et bouc émissaire face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants.

Les périls montent, la violence s’accroît de jour en jour. Qui aurait prédit il y a dix ans qu’un professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ? Or nous, serviteurs de la Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements, des spectateurs passifs.

Aussi ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables.

 Comme le disait le cardinal Mercier, primat de Belgique : « Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part. » Alors, Mesdames, Messieurs, assez d’atermoiements, l’heure est grave, le travail est colossal ; ne perdez pas de temps et sachez que nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation. 

Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant, au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.

On le voit, il n’est plus temps de tergiverser sinon, demain la guerre civile mettra un terme à ce chaos croissant, et les morts, dont vous porterez la responsabilité, se compteront par milliers.

Rédacteur :
Capitaine Jean-Pierre FABRE – BERNADAC
Ancien officier de l’Armée de Terre et de la Gendarmerie, auteur de 9 ouvrages

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26 novembre 2022

Communiqué de Maître Jacques PEYRAT

Communiqué de Maître Jacques PEYRAT

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Le 24 Novembre 2007 Maître Jacques PEYRAT ancien Sénateur Maire de Nice inaugurait la Première ligne du Nouveau Tramway de Nice ligne TI de Nice Nord à l'Hôpital PASTEUR.

 

                                  INVITATION 

Chers amis,

 

Maître Jacques PEYRAT ancien Sénateur-Maire de la ville de Nice et Président d'honneur de l'ENTENTE REPUBLICAINE vous convie à venir assister à une réunion pour un débat de Politique générale à Nice ce samedi 26 novembre 2022 à partir de 11h30 du matin. 

 

Ce débat sera suivi d'un sympathique repas dès 12h00 à la Brasserie restaurant de l'UNION au 1 rue MICHELET dans Nice Nord desserte par le Tramway Peyrat ligne T1 arrêt Faculté de VALROSE dans Nice Nord.

 

Pour cela nous vous prions de vous enregistrer obligatoirement soit en téléphonant ou en envoyant un sms au :  06-10-65-13-37.  Prix du repas tout compris ttc 30 euros.

En espérant vous voir ou vous revoir venir très nombreux tous réunis autour du verre de l'amitié, et dans cette attente, recevez tous nos meilleurs voeux d'amitiés. Cordialement. 

Gérard Diaconesco

DIACONESCO.TV

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25 novembre 2022

COMMENT L’ARGENT DE BILL GATES ET DE FTX A ACHETÉ LE SILENCE SCIENTIFIQUE

DOSSIERS

COMMENT L’ARGENT DE

 

BILL GATES ET DE FTX A

 

ACHETÉ LE SILENCE SCIENTIFIQUE

 

[Source : aubedigitale.com]

 Jeffrey A. Tucker 

Par Jeffrey A. Tucker

Avec du recul, il est tout à fait étrange que le monde de la science ait pu rester si silencieux alors même que le monde se verrouillait et que des milliards de vies étaient brisées par les gouvernements du monde entier. Le silence était assourdissant. 

Nous sommes passés d’une lettre du 2 mars 2020 signée par 800 experts en santé publique associés à l’université de Yale – qui mettait en garde contre les quarantaines et les fermetures – à une étrange disparition de presque toutes les voix claires quelques semaines plus tard. Et les choses en sont restées là pendant la majeure partie de deux ans.

Les gouvernements ont été autorisés à créer un vaste carnage sur la base d’une expérience inédite n’ayant absolument aucun précédent dans l’histoire et aucune littérature scientifique ne l’étayant. Même le plan de lutte contre la pandémie de l’Organisation mondiale de la santé ne prévoyait rien de tel que le confinement comme solution à un agent pathogène répandu. À l’époque, il était évident pour moi et pour d’autres que ce silence n’était pas dû à un large accord avec les politiques mais à quelque chose d’autre.

Ce quelque chose, malheureusement, c’était l’argent.

Nous découvrons de plus en plus le rôle accru que la bourse de crypto-monnaies FTX a joué dans l’acheminement de l’argent vers les principaux avant-postes de santé publique et les universitaires des universités Johns Hopkins et Stanford, ainsi que ses liens familiaux avec le département de santé publique de l’université Columbia. Et avant l’ouverture de ce robinet de financement, il y avait la Fondation Gates, qui était clairement passée d’une recherche apparemment non partisane à un soutien total aux confinements.

Bien sûr, il n’y a pas une seule explication à ce désastre. L’ensemble de la profession avait déjà été infecté par le virus intellectuel du rationalisme mécaniste et de la modélisation. L’idée était qu’il suffisait d’assembler quelques mathématiques et équations et de laisser l’ordinateur prendre le relais pour obtenir une image de l’évolution de la maladie selon divers scénarios. Ces modèles sont facilement manipulables par de petites modifications des variables.

Deborah Birx s’est entièrement appuyée sur ces modèles pour obtenir de l’administration Trump le feu vert pour le confinement. Et il n’y a plus aucun doute sur cette histoire maintenant que le compte Twitter de Trump est à nouveau vivant. La fin de la censure nous permet de voir comment il a été poussé à rejeter ses meilleurs instincts et à adopter au contraire une politique de confinement, non seulement pendant deux semaines, mais aussi pendant les mois qui ont suivi, jusqu’à critiquer le gouverneur Brian Kemp de Géorgie pour une ouverture que Trump considérait comme « trop précoce. »

(Pour l’anecdote, la restauration du compte de Trump nous permet également de voir que ses deux derniers tweets exhortaient tous les manifestants du 6 janvier 2021 au Capitole à rester pacifiques et à respecter le bleu. Il n’est pas étonnant que l’ancien régime de Twitter ait voulu bloquer son compte et le faire disparaître).

Après avoir étudié de près cette trajectoire, il semble impossible de négliger les motifs politiques ici. Il ne fait aucun doute que de nombreuses élites, en de nombreux endroits, se sont déchaînées au point d’être prêtes à écraser l’ensemble de la société et même à renoncer à deux ans d’éducation pour les enfants afin de chasser Trump du pouvoir. Le complot consistait à l’amener à faire lui-même l’appel initial en lui racontant des mensonges sur la gravité du virus et l’efficacité des confinements. Il ne fait aucun doute qu’il a été trompé.

Cependant, en plus de ces facteurs, on ne peut négliger les facteurs financiers. Il est clair que les subventions accordées à l’époque et pendant les deux années suivantes étaient clairement en faveur des confinements et du Parti démocrate, ainsi que des médias d’élite et de leur ligne narrative selon laquelle l’ouverture équivaut à la mort et les confinements/port de masques/obligations relèvent de l’esprit public.

Un grand nombre de scientifiques qui auraient pu et dû s’exprimer se sont tus ou, pire, ont prêté leur voix pour soutenir le scandale. Cela s’explique en grande partie par le mode de financement de la science au niveau universitaire. Il s’agit d’obtenir la prochaine subvention. C’est tragique, mais il y a là une forte motivation à formuler ses opinions d’une manière qui ouvre la voie à de futures sources de financement.

C’est pourquoi il n’est pas nécessaire que chaque scientifique vendu reçoive des fonds directs de Gates, FTX ou de l’industrie pharmaceutique. Pour contrôler tout un secteur de l’opinion, il suffit de faire courir le bruit qu’une source de financement est là, avec d’innombrables millions, et qu’elle est prête à passer à la caisse.

En conséquence, même les personnes les plus intelligentes et les plus crédibles peuvent être facilement mises au pas. Et il ne fait aucun doute que FTX a rapidement acquis la réputation d’être en quelque sorte préoccupé par la « planification de la pandémie » et que l’ensemble de l’industrie s’est aligné, la main dans le sac. Après tout, FTX a promis 100 millions de dollars de subventions !

C’est pourquoi, selon le Washington Post :

« L’onde de choc de la chute libre de FTX s’est propagée dans le monde de la santé publique, où de nombreux leaders de la préparation à la pandémie avaient reçu des fonds des bailleurs de fonds de FTX ou cherchaient à en obtenir. »

La partie recherche est essentielle ici. Mais la piste de l’argent l’est tout autant. Le FTX a financé les dernières étapes des plus grands essais de thérapies réadaptées pour le COVID. D’innombrables vies étaient en jeu dans ces essais. De nombreux médecins du monde entier avaient obtenu d’excellents résultats dans des circonstances difficiles grâce à des médicaments génériques tels que l’HCQ, l’Ivermectine, la fluvoxamine et d’autres, en particulier lorsqu’ils étaient utilisés avec d’autres vitamines et du zinc. Il était crucial de les tester.

Les résultats ont été soutenus par un blitz médiatique prévisible : ces thérapeutiques ne fonctionnent pas. Entre-temps, l’étude a été sévèrement critiquée, non seulement pour la mauvaise construction de l’étude, mais aussi pour les conflits d’intérêts des chercheurs de haut niveau qui ont également consulté des sociétés pharmaceutiques.

Tout cela est très important, car on a le sentiment que la raison pour laquelle les Instituts nationaux de la santé, la Fondation Gates et les grands médias ont négligé la thérapeutique, en dénigrant tous ceux qui suggéraient qu’il y avait peut-être une meilleure solution, pourrait être liée à la motivation économique de la fermeture des alternatives bon marché aux vaccins.

Le journaliste indépendant Alexandros Marinos a retracé la chronologie de l’étude :

La Fondation Gates

a été la première à intervenir, suivie de Rainwater et de FastGrants. FastGrants est un programme établi par la Fondation Charles G. Koch qui a également fini par donner de l’argent au modélisateur Neil Ferguson de l’Imperial College, qui a été le premier à faire la propagande du confinement au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. FTX a calqué son propre programme d’octroi de subventions sur FastGrants, puis a repris le financement plus tard dans le processus. (Il y a une ironie suprême ici : le mensonge partout sur internet était que la Déclaration de Great Barrington était financée par Koch, alors qu’en fait ce flux d’argent allait à l’opposition !).

En outre, le Post note que FTX « a accordé 1,5 million de dollars au Center for Innovation in Global Health de l’Université de Stanford en juillet pour des subventions de démarrage destinées à « catalyser la recherche et les innovations qui préparent et aident à prévenir la prochaine pandémie ».

Également :

« Les engagements du Future Fund comprenaient 10 millions de dollars à HelixNano, une start-up de biotechnologie cherchant à développer un vaccin de nouvelle génération contre le coronavirus ; 250 000 dollars à un scientifique de l’Université d’Ottawa cherchant comment éradiquer les virus des surfaces en plastique ; et 175 000 dollars pour soutenir l’emploi d’un récent diplômé de la faculté de droit au Johns Hopkins Center for Health Security. »

Nous ne savons pas combien d’argent Gates/FTX a donné au Center for Health Security de JHU (qui avait sponsorisé l’événement 201), mais c’était suffisant pour que le directeur du centre, Tom Inglesby, revienne complètement sur sa position antérieure contre les confinements pour en devenir un grand défenseur.

« Dans l’ensemble, le Future Fund [FTX] était une force du bien », a déclaré Inglesby au Post. « Le travail qu’ils faisaient essayait vraiment d’amener les gens à penser à long terme… à renforcer la préparation à la pandémie, à diminuer les risques de menaces biologiques. »

Suivre la piste de l’argent de FTX jusqu’à l’établissement de la santé publique révélera sans doute davantage d’informations, surtout si l’on considère que Gabe, le frère de Sam Bankman-Fried, dirigeait une organisation de lobbying entièrement consacrée à la « planification des pandémies. »

Il ne fait aucun doute que toute cette machine est devenue un mastodonte industriel en deux ans. Lorsque j’ai lancé le Brownstone Institute, mon téléphone et mes e-mails ont commencé à exploser d’offres d’argent et de financement, mais toujours avec une condition. Je devais connecter nos scientifiques avec leur réseau de scientifiques dans un système déjà établi.

Il n’y avait aucun doute dans mon esprit sur ce qui se passait : On me demandait de jouer le jeu en échange de gros chèques pour faire fonctionner cette jeune organisation à but non lucratif. D’une certaine manière, cela m’a étonné : On m’offrait un chemin vers la richesse à condition que je vide la mission de son contenu ! Et cela se passait avant même que nous ayons publié la moindre de nos recherches !

Donc, oui, j’ai vu comment ce système fonctionne de première main. Bien sûr, j’ai complètement rejeté l’idée, tout simplement parce qu’y adhérer aurait été contraire à l’objectif premier de la création d’un institut. Et pourtant, mes interlocuteurs présumaient qu’il ne s’agissait là que d’un autre racket dans un espace qui en regorgeait et que je serais heureux de renoncer à tous mes principes en échange d’un financement généreux. Je ne l’ai jamais envisagé, même un seul instant.

Il y a une tragédie grotesque dans tout cela. De grandes personnes ont renoncé à tous leurs principes et à leur intégrité en échange de subventions et de graisses de la part de gros bonnets qui ont utilisé leur argent et leur pouvoir pour détruire le monde en deux ans, et ils ont pu le faire avec très peu d’opposition professionnelle. Et pourtant, nous en sommes là aujourd’hui. Qui sont les véritables stars du monde scientifique aujourd’hui ? Pas ceux qui sont à la remorque de Gates/FTX. Ce sont les hommes et les femmes qui ont pris leur courage à deux mains pour faire ce qui est juste.

Traduction de The Epoch Times par Aube Digitale

 

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24 novembre 2022

GUERRE UKRAINE/RUSSIE : Zelensky piégé par Moscou et Washington

Zelensky piégé par Moscou et Washington

 

L’évolution du rapport de forces sur le champ de bataille ukrainien et l’épisode tragique du G20 de Bali marquent un retournement de situation. Si les Occidentaux croient toujours vaincre prochainement Moscou, les États-Unis ont déjà débuté des négociations secrètes avec la Russie. Ils s’apprêtent à lâcher l’Ukraine et à faire porter le chapeau au seul Volodymyr Zelensky. Comme en Afghanistan, le réveil sera brutal.

 

SOURCE :

Le président ukrainien s’adressant au G20.

Discutant , il y a une dizaine de jours à Bruxelles, avec un chef de file des députés européens que l’on dit ouvert d’esprit, je l’écoutais me dire que le conflit ukrainien était certes complexe, mais que la chose la plus évidente était que la Russie avait envahi ce pays. Je lui répondis en observant que le droit international faisait obligation à l’Allemagne, à la France et à la Russie d’appliquer la résolution 2202, ce que Moscou, seul, avait fait. Je poursuivais en lui rappelant la responsabilité de protéger les populations en cas de défaillance de leur propre gouvernement. Il me coupa la parole et me demanda : « Si mon gouvernement se plaint du sort de ses ressortissants en Russie et attaque ce pays, vous trouverez cela normal ? ». Oui, lui répondis-je, si vous avez une résolution du Conseil de sécurité. En avez-vous une ? Décontenancé, il changea de sujet. Trois fois, je lui demandais si nous pouvions aborder la question des « nationalistes intégraux » ukrainiens. Trois fois, il refusa. Nous nous séparâmes avec courtoisie.

La question de la responsabilité de protéger aurait dû être nuancée. Ce principe n’autorise pas à une guerre, mais à une opération de police, menée avec des moyens militaires. C’est pourquoi le Kremlin veille à ne pas désigner ce conflit comme une « guerre », mais comme une « opération militaire spéciale ». Les deux manières de parler désignent les mêmes faits, mais « opération militaire spéciale » limite le conflit. Dès l’entrée de ses troupes en Ukraine, le président russe, Vladimir Poutine, a précisé qu’il n’entendait pas annexer ce territoire, mais uniquement libérer les populations persécutées par les « nazis » ukrainiens. Dans un long article précédent, j’ai indiqué que, si l’expression « nazis » est juste au sens historique, elle ne correspond pas à la manière dont ces gens se désignent. Ils utilisent l’expression : « nationalistes intégraux ». Rappelons que l’Ukraine est le seul État au monde à disposer d’une Constitution explicitement raciste.

Le fait d’observer que le droit international donne raison à la Russie ne signifie pas qu’on lui donne un blanc-seing. Chacun doit critiquer la manière dont elle applique le droit. Les Occidentaux trouvent toujours la Russie « asiatique », « sauvage » et « brutale », même s’ils se sont montrés eux-mêmes bien plus destructeurs en de nombreuses occasions.

RENVERSEMENT DE SITUATION

Les points de vue russe et occidentaux ayant été précisés, force est de constater que plusieurs évènements ont suscité une évolution occidentale.
 Nous entrons dans l’hiver, une saison rude en Europe centrale. La population russe a conscience, depuis l’invasion napoléonienne, qu’elle ne peut pas défendre un pays aussi grand. Aussi a-t-elle appris à utiliser précisément l’immensité de son territoire et les saisons pour vaincre ceux qui l’attaquaient. Avec l’hiver, le front est figé pour plusieurs mois. Chacun peut constater que, contrairement au discours selon lequel les Russes sont vaincus, l’armée russe a libéré le Donbass et une partie de la Novorussia.
 Avant que l’hiver ne tombe, le Kremlin a replié la population libérée qui habitait au Nord du Dniepr, puis a retiré son armée, abandonnant la partie de Kershon située sur la rive Nord du Dniepr. Pour la première fois, une frontière naturelle, le fleuve Dniepr, marque une frontière entre les territoires contrôlés par Kiev et ceux contrôlés par Moscou. Or, durant l’entre-deux-guerres, c’est l’absence de frontières naturelles qui a fait tomber tous les pouvoirs successifs en Ukraine. Désormais, la Russie est en position de tenir.
 Depuis le début du conflit, l’Ukraine peut compter sur l’aide illimitée des États-Unis et de leurs alliés. Or, les élections de mi-mandat aux USA ont enlevé la majorité de l’administration Biden à la Chambre des Représentants. Désormais, le soutien de Washington sera limité. Identiquement, l’Union européenne trouve aussi ses limites. Ses populations ne comprennent pas la hausse des coûts de l’énergie, la fermeture de certaines usines et l’impossibilité de se chauffer normalement.
 Enfin, dans certains cercles de pouvoir, après avoir admiré les talents de communiquant de l’acteur Volodymyr Zelensky, on commence à s’interroger sur les rumeurs concernant sa soudaine fortune. En huit mois de guerre, il serait devenu milliardaire. L’imputation est invérifiable, mais le scandale des Pandora Papers (2021), la rend crédible. Est-il nécessaire de se saigner aux quatre veines pour ne pas voir arriver les dons en Ukraine, mais disparaître dans des sociétés off shore ?

Les Anglo-Saxons (c’est-à-dire Londres et Washington) souhaitaient transformer le G20 de Bali en sommet anti-Russe. Ils avaient d’abord fait pression pour que Moscou soit exclu du Groupe comme ils y sont parvenus au G8. Mais si la Russie avait été absente, la Chine, de très loin le premier exportateur mondial, ne serait pas venue. Aussi, c’est le Français Emmanuel Macron qui a été chargé de convaincre les autres invités de signer une déclaration sanglante contre la Russie. Durant deux jours, les agences de presse occidentales ont assuré que l’affaire était dans le sac. Mais, en définitive, la déclaration finale, si elle résume le point de vue occidental, ferme le débat en ces mots : « Il y avait d’autres points de vue et différentes évaluations de la situation et des sanctions. Reconnaissant que le G20 n’est pas le forum pour résoudre les problèmes de sécurité, nous savons que les problèmes de sécurité peuvent avoir des conséquences importantes pour l’économie mondiale ». En d’autres termes, pour la première fois, les Occidentaux ne sont pas parvenus à imposer leur vision du monde au reste de la planète.

Le piège

Pire : les Occidentaux ont imposé une intervention vidéo de Volodymyr Zelensky comme ils l’avaient fait, le 24 août et le 27 septembre, au Conseil de sécurité des Nations unies. Or, alors que la Russie avait vainement tenté de s’y opposer en septembre à New York, elle l’a accepté en novembre à Bali. Au Conseil de sécurité, la France, qui détenait la présidence, avait violé le règlement intérieur pour donner la parole à un chef d’État par vidéo. Au contraire, au G20, l’Indonésie tenait une position absolument neutre et ne risquait pas d’accepter de lui donner la parole sans autorisation russe. Il s’agissait à l’évidence d’un piège. Le président Zelensky, qui ne connaît pas le fonctionnement de ces instances, y est tombé.

Après avoir caricaturé l’action de Moscou, il a appelé à l’exclure du… « G19 ». En d’autres termes, le petit Ukrainien a donné, au nom des Anglo-Saxons, un ordre aux chefs d’État, Premiers ministres et ministres des Affaires étrangères des 20 plus grandes puissances mondiales et n’a pas été entendu. En réalité, le litige entre ces dirigeants ne portait pas sur l’Ukraine, mais sur leur soumission ou pas à l’« ordre mondial américain ». Tous les participants latino-américains, africains et quatre asiatiques ont dit que cette domination était finie ; que désormais le monde est multipolaire.

Les Occidentaux ont dû sentir le sol trembler sous leurs pieds. Ils n’ont pas été les seuls. Volodymyr Zelensky a vu, pour la première fois, que ses parrains, jusqu’ici maîtres absolus du monde, le laissaient tomber sans hésiter pour maintenir quelques temps encore leur position.

Il est probable que Washington a été de mèche avec Moscou. Les États-Unis constatent qu’à l’échelle du monde, les choses tournent à leur désavantage. Ils n’auront aucune hésitation à faire porter le chapeau au régime ukrainien. William Burns, directeur de la CIA et opposant à la ligne straussienne, a déjà rencontré Sergueï Narychkine, le directeur du SVR, en Turquie. Ces entretiens font suite à ceux du straussien Jacob Sullivan, le conseiller national de Sécurité US, avec plusieurs officiels russes. Or, Washington n’a rien à négocier en Ukraine. Deux mois avant le conflit en Ukraine, j’expliquais que le fond du problème n’avait aucun rapport avec ce pays, pas plus qu’avec l’Otan. Il porte essentiellement sur la fin du monde unipolaire.

Aussi ne faut-il pas s’étonner que, quelques jours après la gifle du G20, Volodymyr Zelensky ait contredit, pour la première fois en public, ses parrains états-uniens. Il a accusé la Russie d’avoir lancé un missile sur la Pologne et a maintenu ses propos lorsque le Pentagone a indiqué qu’il avait tort, c’était un contre-missile ukrainien. Il s’agissait pour lui de continuer à agir dans la droite ligne du Traité de Varsovie, conclu le 22 avril 1920, par les nationalistes intégraux de Symon Petlioura avec le régime de Piłsudski ; de pousser la Pologne à entrer en guerre contre la Russie. C’est la seconde fois que Washington faisait sonner une clochette à ses oreilles. Il ne l’a pas entendue.

Probablement, ces contradictions ne vont plus se manifester en public. Les positions occidentales vont s’assouplir. L’Ukraine est prévenue : dans les prochains mois, elle va devoir négocier avec la Russie. Le président Zelensky peut prévoir dès à présent sa fuite car ses compatriotes meurtris ne lui pardonneront pas de les avoir dupés.

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Thierry Meyssan

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux - Du 11-Septembre à Donald Trump (2017).

 

 

L’OTAN est-elle en train de s’effondrer ?

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par The Saker

Une chose assez étonnante vient de se produire. Après l’attentat terroriste à Ankara qui a tué 34 personnes et en a blessé 125 autres, les autorités turques ont d’abord déclaré qu’elles n’accepteraient pas les condoléances américaines. Puis les Turcs ont lancé une opération militaire contre les « terroristes kurdes dans le nord de la Syrie ». La Turquie a ensuite affirmé avoir neutralisé 184 terroristes.

Ce qui n’est pas mentionné dans ces articles, c’est que la cible de la frappe turque est le centre géré par les États-Unis pour l’entraînement et la formation des militants du PKK au Rojava. Selon certaines rumeurs, les Turcs auraient donné aux États-Unis suffisamment de temps pour évacuer la plupart de leur personnel.

Cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

Si oui, c’est parce que c’est très similaire à ce que les Iraniens ont fait lorsqu’ils ont frappé les bases américaines en Irak après le meurtre du général Solemani par une frappe de drone américain.

Si ce qui précède est vrai, et les rumeurs sont des « si » et ne peuvent être considérées comme des faits avérés, cela signifie qu’un État membre de l’OTAN (la Turquie) vient d’attaquer une base américaine et, comme l’Iran, s’en est tiré à bon compte : la « plus grande force de combat de l’histoire » vient d’être frappée durement et humiliée pour la deuxième fois et n’a absolument rien pu faire pour se défendre ou même sauver la face.

Quelle est l’ampleur de la gifle reçue par l’oncle Shmuel cette fois-ci ? Selon le ministre turc de la défense, Hulusi Akar :

« Les abris, bunkers, grottes, tunnels et entrepôts des terroristes ont été détruits avec succès », a déclaré Akar, ajoutant que « le soi-disant quartier général de l’organisation terroriste a également été touché et détruit ». Dans l’ensemble, le ministère de la défense a affirmé que les frappes ont touché près de 90 cibles qui, selon lui, étaient liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et aux Unités de défense du peuple kurde (YPG).

Même en tenant compte d’une certaine « exagération patriotique », il est assez clair que la frappe de vengeance d’Ergodan fut à la fois substantielle et, apparemment, plutôt efficace.

Alors, qu’avons-nous ici ? Un État membre de l’OTAN a pratiquement accusé les États-Unis d’une attaque terroriste majeure contre sa capitale, puis cet État membre de l’OTAN a ouvertement attaqué une installation gérée par les États-Unis (n’appelons pas cela une base, ce serait inexact).

L’affirmation de Erdogan est-elle crédible ? Absolument ! Non seulement les États-Unis ont déjà tenté de renverser et de tuer Erdogan, qui a été sauvé in extremis par les forces spéciales russes (tout comme Ianukovich), mais nous savons également que les États-Unis ont renversé le général de Gaulle en 1968-1969 et que les forces secrètes de l’OTAN ont été utilisées pour organiser des attaques sous faux drapeau contre des alliés de l’OTAN (notamment l’Italie) dans le cadre de l’opération GLADIO.

L’OTAN n’est pas une alliance défensive, elle ne l’a jamais été, elle est un outil de domination coloniale des États-Unis.

Cela a toujours été vrai, d’où les célèbres paroles prononcées dans les années 1950, aujourd’hui lointaines, lorsque le premier secrétaire général de l’OTAN, le général britannique Hasting Ismay, a admis sans ambages que le véritable objectif de l’OTAN était de garder « Russes à l’extérieur, les Américains à l’intérieur, les Allemands à terre ».  Prenons ces éléments un par un, en commençant par le dernier :

• « Garder les Allemands à terre » : ici, le mot « Allemands » est un substitut désignant tous les dirigeants ou pays européens qui voulant garder une véritable souveraineté et le pouvoir de décision qui va avec. Traduction : asservir les Européens

• « Garder les Américains à l’intérieur » : afin d’écraser tout mouvement de libération européen. Traduction : placer des suzerains pro-américains à la tête de toutes les nations de l’UE.

• « Garder les Russes à l’extérieur » : s’assurer que la Russie ne libère pas l’Europe. Traduction : diaboliser la Russie et faire tout et n’importe quoi pour empêcher la paix sur le continent européen.  Si possible, faire éclater, soumettre ou détruire la Russie.

Besoin d’une preuve ? Que diriez-vous de l’acte de guerre indéniable contre l’Allemagne (et, je dirais, toute l’UE) lorsque les Anglos ont fait exploser NS1/NS2 ? N’est-ce pas une preuve suffisante ?

Dans ce contexte, nous devons nous demander ce que signifie être un État membre de l’OTAN en 2022.

La vérité est que l’OTAN est une pure création de la guerre froide et que, dans le monde réel de 2022, elle est un anachronisme total. Être un État membre de l’OTAN signifie vraiment très peu de choses. Non seulement certains sont « plus égaux que d’autres » au sein de l’OTAN, mais il existe également des États non membres de l’OTAN qui sont bien plus « otanisés » que les États membres actuels de l’OTAN (je pense à Israël ou, bien sûr, à l’Ukraine occupée par les nazis). Et le fait d’être membre de l’OTAN ne vous protège de rien, ni des attaques extérieures, ni des attaques intérieures.

Selon le colonel (retraité) MacGregor, la guerre en Ukraine pourrait bien entraîner l’effondrement de l’OTAN et de l’UE. Je suis tout à fait d’accord avec lui. Je dirais qu’un tel effondrement ne sera pas tant le résultat de défaites embarrassantes que celui des profondes contradictions internes des deux organisations.

Soit dit en passant, ce n’est pas notre sujet aujourd’hui, mais je pense que l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) a en grande partie les mêmes problèmes et contradictions que l’OTAN. Alors, ce que nous observons est-il un « problème de l’OTAN » ou un problème d’alliances artificielles et généralement obsolètes ? Je pencherais pour la seconde hypothèse.

Mais laissons la discussion sur l’OTSC pour un autre jour.

Dans le cas de la Turquie, ce problème est encore aggravé par l’incompatibilité totale entre l’islam et l’idéologie woke désormais ouvertement promue (et appliquée) par les États-Unis et l’OTAN.

Ensuite, il y a la géographie. La Turquie a des voisins régionaux assez puissants, dont non seulement la Grèce ou Israël, mais aussi l’Iran, l’Arabie saoudite, l’Égypte, l’Azerbaïdjan, l’Irak, la Syrie et, bien sûr, la Russie. La Turquie peut-elle compter sur une quelconque « protection » des États-Unis et de l’OTAN face à des voisins aussi puissants ?

Demandez aux Saoudiens avec quelle force les États-Unis/OTAN les aident face aux Houthis !

Demandez aux Israéliens à quel point les États-Unis et l’OTAN les aident face au Hezbollah.

Les frappes iraniennes sur les bases du CENTCOM ont démontré que les États-Unis n’ont pas les tripes pour affronter directement l’Iran. En revanche, l’intervention russe et iranienne en Syrie a mis en échec les plans américains pour un « nouveau Moyen-Orient » ou, dirons-nous autrement, elle a donné naissance à un « nouveau Moyen-Orient », mais certainement pas celui que les néoconservateurs américains espéraient !

Si l’on ajoute à cela la détérioration majeure des relations entre les États-Unis et l’Arabie saoudite de MBS, on obtient une image étonnante : les États-Unis et l’OTAN (que les États-Unis ont entraînés dans la région) perdent progressivement leur importance au Moyen-Orient. Au lieu de cela, de nouveaux « grands acteurs » comblent progressivement le vide, notamment la Russie et l’Iran, qui autorisent même progressivement l’Arabie saoudite à participer à un dialogue régional indispensable sur l’avenir de la région.

La faiblesse phénoménale des États-Unis/OTAN/CENTCOM est parfaitement illustrée par la réaction américaine aux frappes turques : L’oncle Shmuel a approuvé (sans blague !!!) les frappes turques.

C’est absolument pathétique pour une prétendue superpuissance.

Ce processus aura-t-il un impact sur la guerre de l’OTAN contre la Russie ?

Eh bien, imaginons que la Russie frappe réellement une cible à l’intérieur de la Pologne (c’est ce que les Ukies ont prétendu, tout comme les Polonais jusqu’à ce que l’oncle Shmuel leur dise de se calmer). Que se passerait-il ensuite ?

Quelqu’un se souvient-il encore de ce qui s’est passé lorsque Erdogan s’est rendu à Mons pour implorer la protection de l’OTAN contre la Russie (après avoir abattu un Su-24 russe au-dessus du nord de la Syrie par une opération conjointe américano-turque, peut-être exécutée à l’insu d’Erdogan, du moins c’est ce qu’il a affirmé). Qu’a promis ou donné l’OTAN aux Turcs ? Absolument rien (à part des « consultations »).

Maintenant, les Polonais peuvent délirer au point de penser qu’un président américain pourrait ordonner une attaque de représailles contre la Russie si celle-ci frappait la Pologne, mais ceux d’entre nous qui connaissent les États-Unis et leurs élites dirigeantes savent que cela n’a aucun sens. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une contre-attaque des États-Unis et de l’OTAN contre les forces russes entraînerait une réponse immédiate de la Russie.

Et alors quoi ?

La vérité est très dure dans sa simplicité :

  • Les États-Unis et l’OTAN n’ont pas les effectifs ni la puissance de feu nécessaires pour affronter la Russie dans une guerre conventionnelle à armes combinées.
  • Toute utilisation d’armes nucléaires entraînera des représailles immédiates qui aboutiront très probablement à une guerre nucléaire totale impossible à gagner.

Voici donc la situation : que les politiciens occidentaux le comprennent ou non, les professionnels de l’armée connaissent tous la vérité : l’OTAN ne peut défendre AUCUN de ses membres contre une armée véritablement moderne. Pourquoi ?

Examinons les capacités dont disposent réellement les États-Unis et l’OTAN :

  • L’US Navy dispose d’une superbe force sous-marine (SSN et SSBN) capable de tirer un grand nombre de missiles de croisière relativement obsolètes (et de nombreux SLBM).
  • Une triade nucléaire encore très performante, bien qu’assez ancienne.
  • Un avantage conventionnel quantitatif (seulement !) sur la Russie
  • De superbes (mais très vulnérables !) capacités C4ISR
  • Une presse à imprimer permettant l’impression quasi infinie de dollars
  • Une élite compradore régnant sur tous les pays de l’OTAN/UE
  • La plus formidable machine de propagande de l’histoire

Que manque-t-il donc à l’OTAN pour être une force militaire crédible ?

De toute évidence, des « bottes sur le terrain ». Et je ne parle pas de quelques sous-unités de la 101ème ou de la 82AB ou des forces spéciales américaines ou même d’une soi-disant « brigade blindée » qui, en réalité, ne dispose pas des outils et de l’organisation adéquate pour être qualifiée de telle. Je parle d’une force de « guerre terrestre » capable de combattre un ennemi moderne et extrêmement déterminé.

[Aparté : si ce sujet vous intéresse, je me permets de vous recommander mon article « Déboulonner les clichés populaires sur la guerre moderne » écrit en 2016 mais qui reste majoritairement pertinent].

Les États-Unis, Israël et l’Arabie saoudite sont tous tombés dans le même piège : l’illusion qu’en dépensant des milliards et des milliards de dollars dans du matériel militaire massivement surévalué et massivement sous-performant, vous pourrez vaincre un ennemi supposé être « moins sophistiqué ». D’où la nécessité de recourir à :

  • Des forces proxy
  • Des compagnies privées de mercenaires
  • Des opérations psychologiques
  • La corruption

Tous ces éléments font partie intégrante de toute guerre moderne, mais dans le cas des États-Unis et de l’OTAN, ils ne font pas seulement partie d’un plan plus vaste, ils sont au cœur de toute opération des États-Unis et de l’OTAN, ce qui réduit considérablement leurs capacités réelles sur le terrain. En revanche, des pays comme la Russie ou l’Iran peuvent déployer des « bottes sur le terrain », et des bottes très performantes (n’oubliez pas que les Iraniens sont ceux qui ont formé le Hezbollah !)

Que signifie tout cela en pratique ?

Cela signifie que même si les Russes décidaient de frapper un pays de l’OTAN, les tensions monteraient en flèche, mais il est hautement improbable qu’un président américain autorise une action susceptible d’entraîner une guerre nucléaire à grande échelle ! N’oubliez pas que pour la Russie, il s’agit d’une guerre existentielle, au même titre que la Seconde Guerre mondiale, alors qu’aucun dirigeant anglo-saxon n’oserait jamais lancer une attaque suicidaire contre les forces russes, qui entraînerait très probablement l’anéantissement total des États-Unis, du Royaume-Uni et de tout autre pays y participant (par exemple en hébergeant des armes à distance déployées à l’avant).

Cela signifie-t-il que nous devons anticiper une attaque russe contre la Pologne, la Roumanie ou le Royaume-Uni ?

Non, pas du tout. En fait, il serait très dangereux pour les Russes de ne laisser qu’un choix brutal à l’Hégémon : admettre la défaite ou se suicider. Et puisque les Russes ont la maîtrise de l’escalade (c’est-à-dire qu’ils ont des capacités équilibrées depuis le niveau de feu des armes légères jusqu’à une guerre nucléaire intercontinentale complète, avec toutes les étapes entre ces deux extrêmes), ils ne sont pas, contrairement aux États-Unis et à l’OTAN, coincés entre le choix de la capitulation ou du suicide.

Cela étant dit, il serait également erroné de supposer que la Russie « n’oserait jamais frapper un État membre de l’OTAN ». Les Polonais seraient peut-être prêts à parier leur avenir, voire leur existence, sur une telle déduction invalide, mais pas les gens du Pentagone ou d’autres centres de décision de l’Hégémon.

Conclusion

Douglas MacGregor a raison, la guerre de l’OTAN contre la Russie pourrait très bien aboutir à l’effondrement de l’OTAN et de l’UE qui, à leur tour, planteront un « dernier clou » officiel dans le cercueil d’un Hégémon déjà mort depuis longtemps et qui n’existe encore que grâce à son élan et à sa machine de propagande.

Je dirais que l’OTAN est déjà en train de s’effondrer sous nos yeux, un processus que les crises économiques, sociales, politiques et spirituelles qui frappent l’ensemble de l’UE ne feront qu’accélérer. Et, bien sûr, le plus étonnant dans tout cela, c’est que cet effondrement n’est pas le résultat d’un plan machiavélique concocté par les Russes, les Chinois ou les Iraniens, mais la conséquence directe de décennies de politiques véritablement suicidaires : ils l’ont fait eux-mêmes !

Maintenant, les Russes, les Chinois et les Iraniens attendent, observent (probablement en souriant) et planifient le monde multipolaire sans hégémonie qu’ils veulent créer, avec ou sans la participation des États-Unis et de l’Europe.

source : The Saker

traduction Wayan, relu par Hervé, pour Le Saker Francophone

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11 novembre 2022

ITALIE : Gouvernement Giorgia MELONI , voici la liste des nouveaux ministres

 

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Politique

Gouvernement Meloni ,

 

voici la liste des nouveaux ministres

 

Giorgia Meloni a présenté l'équipe gouvernementale qui jurera samedi 22 octobre de commencer immédiatement à travailler pour le pays

Gouvernement Meloni, voici la liste des ministres

Giorgia Meloni a accepté le poste sans réserve et ne jurera que par le nouveau gouvernement demain. Après plus d'une heure de conversation avec le président Sergio Mattarella, la nouvelle première ministre italienne s'est présentée aux journalistes pour dévoiler les noms de l'équipe gouvernementale de l'exécutif naissant. Voici qui a choisi Giorgia Meloni.

Ministère de l'Intérieur, Dr. Matteo Piantedosi

Matteo Piantedosi, ministre apolitique, succèdera à Luciana Lamorgese au ministère de l'Intérieur. Actuel préfet de Rome, il était chef de cabinet lorsque Matteo Salvini était au ministère de l'Intérieur.

Ministère des affaires étrangères, Hon. Antonio Tajani

Antonio Tajani, coordinateur national de Forza Italia et vice-président du PPE, remplacera Luigi Di Maio au ministère des Affaires étrangères. Élu à la Chambre le 25 septembre, il a été président du Parlement européen et commissaire européen aux transports. Pour lui, Giorgia Meloni proposera également le poste de vice-présidente du Conseil.

Ministère de la Défense, Hon. Guido Crosetto

Guido Crosetto, fondateur de Fratelli d'Italia mais longtemps éloigné de la politique active, remplacera Lorenzo Guerini au ministère des Affaires étrangères. Élu à la Chambre le 25 septembre, il occupait déjà ce poste sous le gouvernement Berlusconi VI.

Ministère de l'Economie et des Finances, Hon. Giancarlo Giorgetti

Giancarlo Giorgetti, sénateur de la Ligue, a été ministre du Développement économique sous le gouvernement Draghi et sous le gouvernement Conte I, il a occupé le poste de secrétaire du Conseil des ministres. Il a commencé sa carrière politique en tant que maire de Cazzago Brabbia (Varese).

Ministère de la Justice, Hon. Carlo Nordio

Carlo Nordio, ancien magistrat de Venise, a été élu le 25 septembre dernier à la Chambre parmi les rangs des Frères d'Italie. Lors de son premier mandat au parlement, il a été l'un des promoteurs du référendum pour la réforme de la justice en juin 2022.

SALVINI

Ministère des Infrastructures et de la Mobilité Durable, sen. Matteo Salvini

Matteo Salvini, secrétaire de la Ligue, assume la fonction ministérielle dans le gouvernement Meloni. Pendant le gouvernement Conte, j'étais propriétaire du ministère de l'Intérieur ainsi que vice-président du Conseil. Cela arrive à Enrico Giovannini. Pour lui, Giorgia Meloni proposera également le poste de vice-présidente du Conseil.

Ministère de la Santé, prof. Orazio Schillaci

Orazio Schillaci, ministre apolitique, est actuellement recteur de l'Université de Rome-Tor Vergata. Il faisait partie de l'Institut supérieur de la santé pendant la période de la pandémie sur la nomination de Roberto Speranza. C'est un médecin spécialisé en médecine nucléaire.

Ministère des Réformes, sen. Maria Elisabetta Alberti Casellati

Maria Elisabetta Alberti Casellati, sénatrice de Forza Italia, a été présidente du Sénat de la dernière législature sous les gouvernements Conte I, Conte II et Draghi. Elle a été membre du CSM et sous-secrétaire du ministère de la Justice sous le gouvernement Berlusconi IV.

Ministère des Entreprises et du Made in Italy, sen. Adolfo Urso

Adolfo Urso, député des Frères d'Italie, a déjà occupé le poste de sous-ministre des Activités productives sous les gouvernements Berlusconi II et III puis a été sous-ministre du Développement économique sous le gouvernement Berlusconi IV.

Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, Hon. Francesco Lollobrigide

Francesco Lollobrigida, député des Frères d'Italie, dans lequel il tient un rôle primordial dans la direction du parti. Il a été conseiller pour la mobilité et les transports de la région du Latium sous l'administration de Renata Polverini.

Ministère de l'environnement et de la sécurité énergétique, sen. Gilberto Pichetto Fratin

Gilberto Pichetto Fratin, sénateur de Forza Italia, était sous-ministre du Développement économique sous le gouvernement Draghi. Dans le passé, il a également occupé le poste de vice-président de la région du Piémont.

Ministère du travail et des politiques sociales, Dr Marina Calderone

Marina Calderone, ministre apolitique, est actuellement à la tête du conseil d'administration de l'ordre des consultants du travail, poste qu'elle occupe depuis 18 ans. " Avoir la figure d'un Consultant du Travail professionnel capable de comprendre et d'être le porte-parole des besoins nés du monde du travail, est le premier pas vers un véritable redémarrage de notre pays ", a déclaré le président de l'association nationale des consultants du travail. Dario Montanaro.

Ministère de l'Éducation et du Mérite, dr. Giuseppe Valditara

Giuseppe Valditara, ministre apolitique avec une carrière antérieure de sénateur de centre-droit, est professeur titulaire de droit romain privé et public au Département de droit de l'Université de Turin.

 

Ministère de l'Université et de la Recherche, sen. Anna Maria Bernin

Anna Maria Bernini, sénatrice de Forza Italia, était ministre des politiques européennes sous le gouvernement Berlusconi IV. Actuellement, au sein du parti, elle occupe le poste de coordinatrice nationale adjointe. Elle a été professeur d'université à l'Université de Bologne.

Ministère de la Culture, Dr. Gennaro Sangiuliano

Gennario Sangiuliano, ministre apolitique, est actuellement directeur de Tg2. Journaliste professionnel, il a également été rédacteur en chef adjoint du journal Libero. Dès son plus jeune âge, il a fait partie du Front des jeunes.

Ministère du Tourisme, sen. Daniela Garnero Santanchè

Daniela Garnero Santanchè, sénatrice des Frères d'Italie, a été sous-secrétaire d'État pour la mise en œuvre du programme gouvernemental pendant l'exécutif Berlusconi IV. Elle est entrepreneure dans le secteur du tourisme.

Ministère des Relations avec le Parlement, Hon. Luca Ciriani

Luca Ciriani, député des Frères d'Italie, succède à Federico d'Incà. Il a été vice-président de la région Friuli-Venezia Giulia et est le frère de l'actuel maire de Pordenone Alessandro Ciriani.

Ministère de l'administration publique, Hon. Paolo Zangrillo

Paolo Zangrillo, député de Forza Italia, est un chef d'entreprise à l'expérience avérée, qui a décidé de se lancer en politique depuis 2018. Il est le frère d'Alberto Zangrillo, médecin et médecin-chef de l'hôpital San Raffaele de Milan.

Ministère des Affaires Régionales et des Autonomies, sen. Roberto Calderoli

Roberto Calderoli, sénateur de la Ligue, a été vice-président du Sénat pendant deux mandats consécutifs. Sous le gouvernement Berlusconi IV, il a occupé le poste de ministre de la simplification réglementaire et sous Berlusconi III, il a été ministre des réformes institutionnelles et de la décentralisation.

Ministère des Politiques de la Mer et du Sud, sen. Sebastiano Musumeci

Sebastiano Musumeci, sénateur des Frères d'Italie, a été président de la Région sicilienne et sous-secrétaire d'État du ministère du Travail et des Politiques sociales sous le gouvernement Berlusconi IV.

Ministère des Affaires européennes, Politiques de cohésion et Pnrr, dr. Raffaele Fitto

Raffaele Fitto, représentant des Frères d'Italie et coprésident du groupe des Conservateurs et Réformistes européens, a été ministre des Régions et de la Cohésion territoriale et ministre des Relations avec les Régions sous le gouvernement Berlusconi IV, ainsi que député européen.

Ministère des Sports et de la Jeunesse, Dr. Andréa Abodi

Andrea Abodi, ministre apolitique, est un directeur sportif, qui était auparavant directeur de CONI Servizi spa. Il a également été président de la Ligue nationale professionnelle de Serie B et conseiller fédéral de la FIGC.

Ministère de la famille, de la naissance et de l'égalité des chances, Hon. Eugénie Maria Roccella

Eugenia Maria Roccella, députée des Frères d'Italie, est journaliste et a occupé le poste de sous-secrétaire au ministère de la Santé dans le gouvernement Berlusconi IV.

Ministère du Handicap, Dr Alessandra Locatelli

Alessandra Locatelli, membre de la Ligue, a été ministre de la famille et du handicap sous le gouvernement Conte I. Jusqu'à présent, elle a occupé le poste de conseillère pour la famille, la solidarité sociale, le handicap et l'égalité des chances de la région de Lombardie.

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 Le nouveau gouvernement italien avec à sa tête GIORGIA MELONI 1er Mistre 

 

Meloni président , toutes les 

 

contradictions du syndicat RAI

 

Usigrai demande aux journalistes de la RAI TV d'appeler Giorgia Meloni "la présidente" même contre son gré.

Meloni presidente, tutte le contraddizioni del sindacato Rai

Nous avons dit, immédiatement après les élections, que Giorgia Meloni serait la première femme Premier ministre de l'histoire de l'Italie sans avoir besoin, la prétention ou l'astuce d'être appelée " la présidente ». En discontinuité avec ce qui avait plutôt été la bataille la plus importante de la Présidente de la Chambre Laura Boldrini. En effet, dans les premiers communiqués de presse officiels, la personne nouvellement nommée était appelée, par son staff et par sa volonté , "Présidente Meloni".Mais avant que Michela Murgia puisse intervenir , selon qui c'est "la culture" de traiter Giorgia Meloni de "bâtarde" comme l'a fait Saviano , mais malheur de l'appeler " la présidente ".», le syndicat des journalistes de la RAI TV (Usigrai) est arrivé.

Dimanche après-midi, immédiatement après l'échange de la cloche, le syndicat des journalistes du service public est intervenu avec une note officielle : « Dans de nombreux journaux de la Rai, nous assistons à un dangereux recul ». Et qu'est-ce que ce serait " retraite » ? Sommes-nous de retour à la télévision en noir et blanc ? Interdire les minijupes ? Arbore recommence avec Back all ? Bien au contraire : « La direction demande aux confrères et confrères d'utiliser le masculin pour indiquer le nouveau poste de Giorgia Meloni, car c'est elle qui le demande ».

Donc, si vous demandez, quel est le problème ???

"Sans préjudice de la liberté de chacun de se nommer comme il l'entend, l'histoire journalistique est une autre chose" . Méfiez-vous de ces propos du syndicat RAI. Ils nous disent que quel que soit le nom qu'un sujet veut donner à lui-même, l'histoire journalistique est autre chose. Comme pour dire que si Wladimir Luxuria (l'ancien parlementaire n'en veut pas) nous demande de l'appeler au féminin, on peut continuer à en faire une histoire au masculin. Des années et des années de Platinette à la télé, mais on devrait l'appeler Mauro Coruzzi. Heureusement, le projet de loi Zan qui voulait introduire la reconnaissance des genres non binaires n'a pas été adopté, sinon Usigrai aurait été passible d'un crime !

"Nous vous rappelons que le contrat Rai Usigrai contient le Manifeste de Venise qui fait référence précise au langage du genre" , poursuit la note. Mais le manifeste de Venise veut lutter contre les violences faites aux femmes, qu'est-ce que les articles définis ont à voir là-dedans ? "la"?

"La politique de genre de l'entreprise récemment approuvée par le conseil d'administration de la Rai indique d'utiliser le féminin là où il existe". Autrement dit, ils ne sont pas obligés au masculin, mais ils sont obligés au féminin !

"Les ordres de service ou indications contraires seront contestés par le syndicat aux endroits appropriés. Nous demandons aux collègues de signaler toute infraction".Il nous manquait l'ultime invitation à informer !

Avec Usigrai aussi Corrierone : « Le Corriere della Sera suit la ligne de l'Accademia della Crusca, comme le Quirinale en présentant la liste des ministres et des ministres. Nous utilisons donc la déclinaison féminine des fonctions : le président, le ministre, le maire, le avocate, etc. Nous sommes tenus d'utiliser le masculin uniquement si nous rapportons entre guillemets les déclarations de femmes ayant des postes qui se réfèrent à elles-mêmes au masculin, consolidant, avec l'aval de l'ensemble de la rédaction et de la direction du journal" . La bataille des A ! Et dire que c'était le président de la République Giorgio Napolitano qui a dit : « Jensisto dans une licence, pour réagir à la transformation des mots dignes de la langue italienne en l'horrible appellation de ministre ou l'abominable de maire"

Pour cette raison, avec le président (Napolitano comme Meloni), nous continuons à préférer ministre et maire. Peu importe le genre.

Et dire que Meloni, en plus d'être la première femme Premier ministre, est aussi la plus jeune. Génération '77, tout comme Ambra Angiolini. Ils appellent ça le gouvernement « ce n'est pas Rai ».

 

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10 novembre 2022

« La guerre en Ukraine ? Ce n’est rien par rapport à la guerre contre la Chine qui arrive ! ».

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

L’amiral Charles Richard, n’est pas n’importe qui. C’est celui qui dirige le commandement stratégique du Pentagone. Il n’est pas à la retraite mais en activité. Sa parole engage aussi bien les Etats-Unis que l’armée américaine. Ces propos ne souffrent aucune ambiguïté.

Avant de vous en parler, vous trouverez également dans cette édition un article rapide concernant la France et nos armées, qui elles aussi veulent « préparer les esprits » à la guerre.

« The big one is coming ». La guerre entre la Russie et l’Ukraine n’est que le prélude d’un conflit bien plus important prévient l’un des plus hauts gradés du commandement américain.

Dans une tribune publiée sur le site du Wall Street Journal, l’amiral Charles Richard estime que la dissuasion militaire américaine s’estompe. « Le grand conflit arrive. Et il ne faudra pas longtemps avant que nous les Etats-Unis soyons testés d’une manière dont nous ne l’avons pas été depuis longtemps », indique-t-il.

Le chef du Stratcom américain a averti que la Chine et la Russie sont en train de surpasser l’Amérique dans l’arène nucléaire, perdant ainsi la dissuasion.

La guerre en Ukraine est le prélude à des défis militaires plus importants pour les États-Unis dans un avenir proche, et l’Amérique est en train de perdre son avantage concurrentiel en matière de capacités d’armement nucléaire, a averti l’amiral Charles Richard, chef du commandement stratégique américain, dans un discours prononcé lors du symposium annuel 2022 et de la mise à jour de l’industrie de la Ligue navale des sous-marins, mercredi, a rapporté le ministère américain de la défense.

« Cette crise ukrainienne dans laquelle nous sommes en ce moment, ce n’est que l’échauffement », a déclaré Richard. « La grande crise est à venir. Et il ne va pas falloir attendre très longtemps avant que nous soyons testés d’une manière qui ne l’a pas été depuis longtemps. »

Charles Richard a averti que les États-Unis étaient en train de perdre leur dissuasion nucléaire face à des concurrents comme la Chine et la Russie.

« Lorsque j’évalue notre niveau de dissuasion contre la Chine, le navire coule lentement », a-t-il déclaré. « Il coule lentement, mais il coule, car fondamentalement, ils mettent des capacités sur le terrain plus rapidement que nous. »

Dans son document du 27 octobre sur la stratégie de défense nationale, le Pentagone a également présenté une situation désastreuse en ce qui concerne l’équilibre nucléaire entre les États-Unis, la Russie et la Chine.

« Nos principaux concurrents continuent d’étendre et de diversifier leurs capacités nucléaires, pour inclure des systèmes nouveaux et déstabilisants, ainsi que des capacités non nucléaires qui pourraient être utilisées pour mener des attaques stratégiques », indique la revue de la posture nucléaire. « Ils ont manifesté peu d’intérêt pour la réduction de leur dépendance à l’égard des armes nucléaires. En revanche, les États-Unis se concentrent sur le remplacement rapide des systèmes existants sur le terrain qui approchent rapidement de leur fin de vie. »

La Chine cherche à posséder au moins 1 000 ogives livrables d’ici à la fin de 2030, et la Russie a l’intention de déployer 1 550 ogives limitées par le traité START sur des vecteurs.

« La République populaire de Chine (RPC) est le défi global pour la planification de la défense américaine et un facteur croissant dans l’évaluation de notre dissuasion nucléaire. La RPC s’est lancée dans une ambitieuse expansion, modernisation et diversification de ses forces nucléaires et a établi une triade nucléaire naissante », indique l’examen du dispositif nucléaire.

« La Russie continue de mettre l’accent sur les armes nucléaires dans sa stratégie, de moderniser et d’étendre ses forces nucléaires, et de brandir ses armes nucléaires à l’appui de sa politique de sécurité révisionniste. »

« Cette crise ukrainienne dans laquelle nous sommes actuellement, ce n’est que l’échauffement… La grande crise arrive. »

Les États-Unis doivent accélérer le rythme et selon l’amiral Richard, le seul domaine que les États-Unis dominent encore est celui des capacités sous-marines.

« Les capacités sous-marines sont toujours le seul… peut-être le seul véritable avantage asymétrique dont nous disposons encore face à nos adversaires », a déclaré l’amiral Richard, selon les informations du ministère de la défense américain. « Mais si nous n’accélérons pas le rythme, si nous ne réglons pas nos problèmes de maintenance, si nous ne lançons pas de nouvelles constructions… si nous ne parvenons pas à résoudre ces problèmes… nous ne serons pas en bonne position pour maintenir la dissuasion stratégique et la défense nationale ».

Le commandant du Stratcom a appelé l’armée américaine à s’inspirer de la façon dont elle opérait dans les années 1950 pour rétablir son avantage concurrentiel.

« Nous devons opérer un changement rapide et fondamental dans la façon dont nous abordons la défense de cette nation », a déclaré Richard. « Nous savions autrefois comment agir rapidement, et nous avons perdu l’art de le faire ».

« Sinon, poursuit Richard, la Chine va tout simplement nous dépasser, et la Russie n’est pas près de disparaître ».

 

En conclusion, ce que vous venez de lire, n’est pas l’annonce d’une guerre future, de la fin du monde et d’une apocalyspe nucléaire. Ce que vous venez de lire a une implication beaucoup plus concrète et immédiate. C’est la fin de la mondialisation telle que nous l’avons connue ce qui signifie également une inflation beaucoup plus forte et durable.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

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09 novembre 2022

GUERRE UKRAINE/RUSSIE : pendant que ses soldats se font tuer en masse, le commandant en chef ukrainien offre des voitures ...

Guerre d’Ukraine – Point au jour 258-

 

pendant que ses soldats se font tuer en

 

masse, le commandant en chef ukrainien

 

 

offre des voitures de luxe à ses maîtresses

 

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(1) La bataille d'Ukraine et les frasques du commandant en chef ukrainien(2) Ce n'est ni la répétition de la guerre de tranchées de la Première Guerre mondiale ni celle de la crise des missiles de Cuba. (3) L'influence déclinante des USA dans le monde est mesurable. (4)Le basculement géopolitique expliqué par Bhadrakumar.

Bataille d’Ukraine 

Erwan Castel pense que l’on approche d’un point de rupture: “La situation sur le front est toujours très tendue, pour les forces ukro-atlantistes sur le front Nord et celui du Donbass, pour les forces russes sur le front de Kherson, car toute stratégie défensive, fasse à un ennemi qui veut conserver coûte que coûte” une initiative opérative et dispose de réserves pour faire renouveler ses attaques, a ses limites dans le temps des attritions réciproques.

Ainsi pour les forces ukrainiennes du secteur d’Artemovsk qui finissent par céder progressivement devant les coups de boutoir des forces russes et alliées mais aussi pour les forces russes qui, autour de Kherson arrivent également au terme de leur stratégie défensive face aux sempiternelles attaques suicidaires ukro-atlantistes et à l’attrition sur leurs arrières menées par les frappes des HIMARS. 

Même si globalement la ligne de contact n’a pas bougé, à part quelques avancées réciproques de quelques centaines de mètres ici et là, on sent dans plusieurs secteurs s’approcher un point de rupture du front, soit en faveur de Kiev, soit en faveur de Moscou”.

Regardons les deux points jugés critiques de la ligne de front: 

Selon Southfront.org: “Le premier samedi de novembre s’est déroulé dans un contexte de progression lente mais continue des forces russes dans les régions d’Ougledar et de Bahmut. Des actions offensives actives des forces russes ont également été signalées autour de la colonie de Pervomaysk dans la campagne de Donetsk. Cependant, les actions offensives des Russes dans ces directions se heurtent à une forte résistance des unités loyales au régime de Kiev qui ne manque toujours pas de chair à canon qu’il peut jeter sur les lignes de front du conflit.

L’avancée des Russes autour d’Ugledar s’est arrêtée dans la région de Pavlovka. Le village, situé sur un important carrefour, est partiellement contrôlé par les forces russes (plus de 50%) mais sa partie nord est toujours contestée. Les conditions météorologiques et les renforts récemment déployés par le régime de Kiev ont joué leur rôle. Malgré cela, la situation des unités pro-Kiev y reste toujours critique.

La région de Bahmut (Artemovsk) est un autre point d’attention des militaires russes. La ligne de front se situe actuellement autour d’Opitnoe (au sud de Bahmut) et des rapports font état de mouvements d’unités russes avancées dans les environs est et nord de Bahmut même. Avec les avancées tactiques des Russes autour de Pervomaysk, il semble que les forces armées ukrainiennes se soient essoufflées dans toute la région du Donbass. Actuellement, elles se concentrent principalement sur les tentatives d’empêcher de nouvelles avancées des Russes dans les zones susmentionnées. 

Quant à Kherson, revenons au blog de Castel: “Le front Sud dans la direction de Kherson reste la région militairement – et politiquement – la plus tendue actuellement.

Le 5 novembre, plusieurs attaques ukro-atlantistes en direction de Kherson ont été repoussées dans les secteurs de Sablukovka et Sukhanovo. Dans ces combats les forces de Kiev ont eu environ 80 soldats de tués et on perdu 7 véhicules blindés.

Mais ces dernières heures, les forces ukro-atlantistes ont à nouveau déployé vers la première ligne des concentrations de blindés, tandis que leur artillerie intensifie ses frappes sur les positions russes. L’aviation tactique ennemie (hélicoptères et avions d’attaque au sol) a également augmenté ses activités de bombardements. La menace de nouvelles attaques vers Kherson a été confirmée par le chef adjoint de Kirill Stremousov l’adjoint du responsable de l’administrationrégionale. 

Les 3 principaux secteurs concernés par ces préparations offensives ukro-atlantistes sont ceux d’Aleksandrovka,  Blagodatnoye, et Andreevska où, sur ce dernier secteur, les positions russes de Bezimiennoe et Karlo Marksovski ont déjà subi des assauts. ️

De part et d’autre de leur tête de pont sur la rivière Ingoulets, un affluent du Dniepr au Nord Est de Kherson. Deux colonnes ukro-atlantistes se dirigent sur son flanc gauche vers Davidov Brod avec notamment une vingtaine de chars de combat et sur son flanc droit vers Snigerovka avec plutôt des véhicules de combat d’infanterie. L’objectif de ces mouvements s’ils donnent effectivement l’assaut semble etre de  vouloir élargir la tête de pont sur l’Ingoulets et repousser la ligne de contact plus vers Kherson.

Sur la rive droite (Nord) du Dniepr l’artillerie ukro-atlantistea également intensifié ses tirs sir les positionsrusses des secteurs de Berislav et Duchanoye, au Nord Est du barrage hydroélectrique de Kakhovka qui subit toujours(ainsi que la ville proche de Nova Kakhovka) des tirs de roquettes “HIMARS”.

De leur côté, les forces russes, qui ont préparé les localités pour des batailles urbaines engagent des tirs de barrage et de contre batterie et repoussent les premières attaques.

La pression ennemie se fait donc toujours dans la région située au Nord Est de la ville de Kherson, entre l’Ingoulets et le Dniepr, où une éventuelle percée au niveau de la tête de pont d’Andreevka, en les menaçant d’un chaudron potentiel, forcerait les forces russes positionnées au Nord de Kakhovka à se replier vers Le Sud Ouest en direction de Kherson.

Le général Sourovikine a récemment évoqué la probable et prochaine “prise de décisions difficiles”…”

Curieusement, Castel n’envisage pas la défense la plus probable, de la part des Russes en cas de sévère offensive ukrainienne sur Kherson, maintenant que la partie la plus vulnérable de la population de Kherson a été évacuée: la rupture du barrage hydroélectrique de Kakhovka. 

Je suis pour ma part sceptique, cependant, sur la possibilité d’une offensive ukrainienne majeure à cet endroit, qui déborderait les Russes: 

+ une telle offensive, si elle devait avoir lieu, l’aurait dû avant les élections américaines de mi-mandat, les “midterms”. 

En réalité, les Ukrainiens ont essuyé de telles pertes durant leurs opérations de reconnaissance qu’ils ne sont pas allés plus loin. 

Or, plus le temps passe, plus les lignes de défense russes se renforcent. 

+ Nous sommes entrés dans la raspoutisa, la transformation des terres en boue, avec l’arrivée de l’automne. L’armée ukrainienne, avancçant lentement ou s’enlisant, serai encore plus vulnérable aux frappes russes. 

+ on imagine difficilement qu’une armée puisse  être approvisionnée et combattre longtemps quand le pays perd profressivement ses infrastructures électriques, ses voies de chemin de fer etc….Ce 7 novembre on parlait d’évacuer la population de la ville de Kiev….

+ La guerre de destruction systématique des matériels et des centres de commandement ukrainiens et OTANiens camouflés par des drones de l’armée russe continue. 

+ Enfin, comme le souligne Southfront.org, le Général Valeri Zaloujni, qui a eu droit à la couverture de Time Magazine, semble surtout un émule de Hunter Biden, comme le montre un piratage de son compte Instagram, qui donne idée du nombre de ses partenaires sexuelles: 

Les frasques du commandant en chef ukrainien

mais aussi de la taille des cylindrées par lesquelles elles sont récompensées de leurs services: 

Nous n’avons affaire ni à une répétition des incertitudes de la Première Guerre mondiale ni à une crise de Cuba bis

Il faut donc prendre garde à ne pas s’en tenir au caractère statique de la ligne de front et aux poussées dont l’armée kiévienne semble encore capable pendant quelque temps. 

Je recommande à cet égard la lecture d’un article de Dimitri Orlov paru sur le Saker (version anglaise) et repris par Zero Hedge:. L’article est un peu long mais je le restitue dans sa quasi-intégralité car il me semble dire beaucoup de choses essentielles. C’est moi qui souligne: 

Ce que fut vraiment la “crise de Cuba”

“La crise des missiles de Cuba est un abus de langage malveillant. Cuba n’a jamais eu de missiles nucléaires ; il a temporairement accueilli des soviétiques. La crise a commencé lorsque les Américains ont placé leurs missiles nucléaires à portée intermédiaire en Turquie, ce qui a posé une nouvelle menace à l’Union soviétique, qui a répondu en plaçant des missiles similaires à Cuba (…). Les Américains se sont mis en colère mais se sont finalement calmés et ont retiré leurs missiles de Turquie. Les Soviétiques ont retiré leurs missiles de Cuba et la crise était terminée. Et donc cela devrait s’appeler la crise des missiles américains.

Ce qui se passe maintenant ne pourrait pas être plus différent. À moins que vous n’ayez passé les dernières semaines à vous cacher sous un rocher, vous avez probablement entendu dire qu’une sorte de nouvelle crise nucléaire est en cours à cause du « chantage nucléaire de Poutine » ou quelque chose du genre. Certaines personnes ont souffert d’épuisement nerveux en conséquence, négligeant leurs devoirs et se laissant généralement aller. Prenez l’ancien Premier ministre britannique Liz Truss, par exemple [qui] s’est accrochée aux mots de Poutine selon lesquels « la rose des vents peut pointer dans n’importe quelle direction » (un point factuel sur l’inutilité totale des armes nucléaires tactiques). Elle a ensuite laissé l’économie britannique entrer en chute libre alors qu’elle suivait de manière obsessionnelle la direction du vent sur l’Ukraine. Tout s’est mal terminé pour la pauvre Liz. Ne soyez pas comme Liz.

Je suis ici pour vous dire qu’il ne se passe rien au-delà de l’habituel – c ‘est-à-dire l’habituel mensonge de la propagande occidentale.

Un narratif pour camoufler la défaite occidentale

En particulier, cela n’a rien à voir avec Poutine ou quoi que ce soit de nucléaire. Au lieu de cela, tout cela fait partie d’une tentative désespérée de compenser l’échec narratif, et une tentative ratée. Le problème pour l’Occident collectif est simplement le suivant : 80 % de la population mondiale a refusé de se joindre à lui pour condamner, sanctionner ou autrement punir la Russie, certains très grands pays (Chine, Inde) étant soit favorables, soit neutres sur le sujet.

La majeure partie du monde, y compris l’Asie, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique latine, surveille attentivement la destruction systématique par la Russie de ce qui était de loin la plus grande et la plus capable armée équipée et commandée par l’OTAN au monde (l’armée ukrainienne, c’est-à-dire ), comprenant très bien que ce qui se déroule est le Waterloo de Washington. Certains pays (l’Arabie saoudite, par exemple) sont si sûrs du résultat qu’ils refusent déjà d’obéir aux diktats de Washington. C’est un problème, car tout ce que les Washingtoniens savent faire, c’est imposer leur volonté au monde. Traiter les autres comme des égaux ou rechercher des opportunités de négocier un gagnant-gagnant ne fait tout simplement pas partie de leur compétence de base – ni de leur compétence, d’ailleurs. (…) 

Pour résoudre ce problème, les narrateurs de Washington et de Bruxelles ont décidé de jouer la carte nucléaire et accusent la Russie de chantage nucléaire. Entre-temps, tout ce que la Russie a fait, c’est décimer plusieurs fois l’armée ukrainienne, puis accepter quatre anciennes régions ukrainiennes dans la Fédération de Russie sur la base de référendums locaux très concluants surveillés de près par bon nombre d’observateurs internationaux, puis annoncer qu’elle défendra ces régions régions contre les attaques étrangères par tous les moyens nécessaires. Il s’agit évidemment de moyens nucléaires, puisque la Russie en dispose et les utiliserait conformément à sa doctrine nucléaire, qui exclut leur première utilisation.

Pendant ce temps, les États-Unis n’ont pas une telle stipulation dans leur doctrine nucléaire, ont effectivement utilisé des armes nucléaires contre des civils (au Japon) et ont rêvé pendant des décennies de développer une capacité de première frappe nucléaire qui ne pourrait pas être contrée. Si un pays doit être considéré comme une menace nucléaire, ce sont les États-Unis, pas la Russie… sauf, comme je vais l’expliquer, que les États-Unis ne sont plus vraiment une menace nucléaire non plus. Poutine a à peine fait allusion à cela, mais un simple indice a suffi à exaspérer complètement l’establishment américain de la défense nationale, dont le pire ennemi est la réalité elle-même. Poutine a souligné qu’à ce stade, la Russie disposait dans son arsenal de dissuasion nucléaire de certaines armes supérieures à celles de l’Occident.

Ces nouvelles armes, dont plus tard, garantissent que toute attaque nucléaire contre la Russie serait un geste suicidaire. Autrement dit, l’Occident n’a aucun moyen de détruire de manière fiable la Russie (elle est trop grande et son noyau économique est trop indépendant et trop bien défendu avec des systèmes de défense aérienne et spatiale) tandis que la Russie peut détruire de manière fiable l’Occident (qui n’est pas aussi bien défendu ) mais ne le fera que si l’Occident attaque en premier. Contrairement à l’époque soviétique, la Russie n’a pas de zèle missionnaire ; elle est heureuse de s’asseoir et de regarder l’Occident s’affamer lui-même (en raison d’un manque d’engrais chimiques russes) dans l’obscurité (en raison d’un manque de pétrole et de gaz russes). Tout ce qu’elle veut faire, c’est rassembler les morceaux du monde russe brisé et tous les peuples et toutes les terres que l’effondrement de l’URSS a abandonnés derrière une frontière décrétée par les bolcheviks. Dans cette situation, le risque d’une guerre nucléaire est pratiquement nul. Veuillez vous asseoir, prendre une série de respirations profondes et laisser la bonne nouvelle s’imprégner. Ressentez la joie.

Mais la joie ne durera probablement pas si vous écoutez des idiots lâches dont le travail consiste à vous mentir sur la “menace nucléaire de Poutine”. Lorsque, par exemple, Jack Philips écrit que Moscou a menacé d’utiliser… des armes nucléaires tactiques… en Ukraine pour sauver sa guerre là-bas », il nous ment essentiellement, et pas une mais trois fois dans la même phrase : la Russie n’a pas menacé d’utiliser des armes nucléaires tactiques, mais a plutôt souligné leur inutilité ; et l’opération spéciale de la Russie est un succès. Le fait qu’il n’y ait pas de menace est le message principal de cet article, mais faisons une brève digression et décrivons la victoire ukrainienne et la défaite russe.

Ce à quoi ressemblent la “victoire ukrainienne et la “défaite russe”

L’Ukraine est victorieuse dans la mesure où, selon le FMI, son PIB est en baisse de 35 % en 2022 ; selon sa banque nationale, l’inflation a dépassé les 30 % et ne ralentit pas ; selon la Banque mondiale, l’année prochaine, 55 % des Ukrainiens seront en dessous du seuil de pauvreté, subsistant avec moins de 2,15 dollars par jour ; selon le ministre ukrainien de l’économie, le chômage a atteint 30 % ; selon son premier ministre, il sera incapable de payer les pensions et les salaires sans une aide étrangère immédiate ; selon l’ONU, 20 % de la population a quitté le pays et 33 % sont déplacés à l’intérieur du pays ; selon son ministère de l’énergie, elle a déjà perdu 40% de sa capacité de production d’électricité. L’armée ukrainienne recrute n’importe quel homme jusqu’à l’âge de 60 ans, n’ayant plus de réservistes, et les pertes qu’elle subit au front sont tout simplement horribles.

Pendant ce temps, la Russie est vaincue car selon Reuters le rouble russe est la monnaie la plus forte du monde ; selon le Guardian Poutine est plus puissant et populaire que jamais ; selon son ministère de l’agriculture, la récolte céréalière de cette année est de plus de 150 millions de tonnes, dont 50 millions sont destinées à l’exportation, faisant de la Russie le plus grand exportateur de céréales au monde ; selon The Economist, la Russie sort de la récession tout comme l’Occident entre en récession ; et selon Goldman Sachs, l’indice d’activité économique en Russie est maintenant plus élevé qu’en Occident. La Russie vient juste de finir d’appeler 300 000, soit 1%, de ses réservistes entraînés et expérimentés, qui sont maintenant formés aux dernières techniques de combat de l’OTAN avant d’être envoyés sur le front ukrainien.

Mais ne laissons pas les faits faire obstacle au récit dominant : l’Ukraine doit gagner et la Russie doit perdre, car sinon, qu’est-ce qui pourrait amener la Russie à devenir si complètement désespérée qu’elle menacerait le monde avec ses armes nucléaires ? Cette partie est simple; ce qui est moins évident, c’est pourquoi les propagandistes occidentaux sont suffisamment désespérés pour concocter et promulguer le faux récit du « chantage nucléaire de Poutine » ?

La raison de toute cette propagande trépidante est que l’Occident collectif ne peut espérer survivre politiquement ou économiquement à moins que la Russie ne soit mise à genoux et n’accepte d’échanger ses ressources énergétiques et minérales avec des chiffres fraîchement frappés qui résident dans les ordinateurs des banques centrales occidentales qui peuvent être confisqué à tout moment et pour quelque raison que ce soit. La situation est désastreuse : les États-Unis épuisent leur réserve stratégique de pétrole à un rythme effréné, mais sont confrontés à une pénurie de carburant diesel et à des prix de l’essence obstinément élevés. Il a une dette massive à refinancer et à rééchelonner, mais ne peut le faire que par l’impression directe d’argent, entraînant une inflation, déjà supérieure à 10%, toujours plus élevée. L’Europe se prépare à un hiver rigoureux avec des factures énergétiques ridiculement élevées, des fermetures d’industries et un chômage massif, tandis que les États-Unis ne sont pas loin derrière. La manne de la fracturation hydraulique aux États-Unis n’a jamais été tout à fait rentable et il reste peut-être un an ou deux avant qu’elle ne soit exploitée. Ensuite, le rêve du gaz naturel liquéfié américain remplaçant le gazoduc russe en Europe, jamais un plan réaliste, sera mort pour de bon tandis que les fermetures de l’industrie se propageront aux États-Unis.

Défaite des USA et de l’Union Européenne

Pour éviter ce scénario, des mesures désespérées ont été appliquées, et toutes ont échoué. Il y a d’abord eu le plan de sanctions infernales, obligeant de nombreuses entreprises occidentales à cesser d’expédier des produits vers la Russie et d’y faire des affaires. Cela a fait beaucoup de mal aux entreprises occidentales tout en offrant à la Russie une ouverture pour voler sa part de marché. Ce qui ne pouvait pas être remplacé par la production nationale a été remplacé par des « importations parallèles » via des pays tiers.

Ensuite, l’Occident (l’Europe en particulier) a réduit ses importations énergétiques russes par un certain nombre de moyens, allant des sanctions contre les pétroliers russes à l’interdiction d’utiliser la capacité de gazoduc existante via l’Ukraine et la Pologne, en passant par des frappes terroristes pures et simples sur les gazoducs russes. dans la Baltique. Une interdiction pure et simple des importations de pétrole russe vers l’Union européenne est prévue pour décembre, et cela aggravera la situation de manière prévisible. Le résultat est que la Russie a commencé à expédier du pétrole et du gaz vers ses partenaires en Asie, la Chine en particulier, et l’Occident est désormais invité à concourir pour cette énergie sur le marché au comptant, jusqu’à épuisement des réserves. Ils ne le feront pas. En raison des prix plus élevés, la Russie exporte moins d’énergie mais gagne plus de revenus étrangers.

Le projet ukrainien de bombe sale

Et c’est ainsi qu’un plan ingénieux a été ourdi pour une provocation nucléaire en Ukraine. Les Ukrainiens, avec l’aide des États-Unis et des Britanniques, devaient prendre un vieux missile balistique de l’ère soviétique (un Tochka-U), le charger avec les déchets nucléaires d’une des centrales nucléaires ukrainiennes, le faire exploser quelque part à  l’exclusion de Tchernobyl (qui est déjà contaminée par des radionucléides à longue durée de vie), puis les médias occidentaux et les sources diplomatiques deviendraient tous hystériques et accuseraient la Russie à l’unisson, en espérant qu’au moins certains des pays du monde qui ont refusé de rejoindre l’Occident des sanctions contre la Russie seraient amenées à se joindre à eux.

Ça s’est bien passé ? Pas bien du tout, apparemment ! Premièrement, les services de renseignement russes ont obtenu les détails de toute l’opération d’une source interne ou deux ou trois. Ce n’est pas surprenant, car aucun ingénieur nucléaire qui se respecte ne serait trop excité pour assumer la responsabilité d’une telle parodie. Deuxièmement, le ministre russe de la Défense, Sergei Shoigu, sous les ordres directs de Poutine, a téléphoné à ses homologues du monde entier, partageant ces preuves avec eux. Troisièmement, la Russie a spécifiquement demandé à l’AIEA d’aller enquêter sur les deux sites ukrainiens sur lesquels la parodie était concoctée. Le résultat final est que les Ukrainiens détruisent maintenant à la hâte les preuves et couvrent leurs traces. Considérant que chaque gramme de ces substances hautement contrôlées doit être inventorié et chaque mouvement enregistré, cette dissimulation peut impliquer des incidents, des accidents et des circonstances de force majeure. Un vilain petit accident impliquant une tasse de thé de déchets nucléaires et un pétard n’est pas à exclure, à la charge de la Russie, bien sûr.

 

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La curieuse remontée à la surface du sous-marin nucléaire West Virginia

Pendant ce temps, dans le monde réel des affrontements entre superpuissances nucléaires, deux événements intéressants ont eu lieu. Le jeudi 20 octobre 2022, le sous-marin nucléaire américain West Virginia, un sous-marin de classe Ohio qui transporte 24 missiles balistiques Trident II, chacun portant 10 charges nucléaires, a fait surface dans la mer d’Oman et a été visité par Michael Kurilla, commandant de Commandement central des États-Unis. (…)  Le but d’un sous-marin nucléaire est d’être furtif car les systèmes de défense aérienne russes peuvent particulièrement bien intercepter les missiles Trident II s’ils savent d’où ils viennent. Ainsi, le fait de faire surface et d’organiser des défilés sur le pont annonce essentiellement au monde que le sous-marin n’est pas en service pour le moment.

Pourquoi les Américains feraient-ils cela ? Est-ce un geste de paix maladroit, un acte énigmatique de reddition ou un appel à l’aide voilé ? Ou deviennent-ils tous séniles parce que tout ce que Biden a est contagieux ? C’est difficile pour nous de le dire. Quoi qu’il en soit, les Russes ne semblent pas affectés. Le sous-marin nucléaire russe Belgorod est récemment parti dans le bleu, provoquant un peu de panique au sein de l’OTAN. Il transporte un certain nombre de nouvelles torpilles de drones à propulsion nucléaire Poséidon, qui portent toutes sur le nombre 100. Chacune d’elles porte une charge de 100 mégatonnes. Les Poséidons ont une portée presque infinie, se déplacent à environ 100 km/h à une profondeur de 1000 m (trois fois plus profonde que n’importe quel sous-marin nucléaire) et lorsqu’ils explosent près d’une crête côtière sous-marine, ils peuvent déclencher un tsunami de 100 mètres. Cinq d’entre eux suffisent à démolir les deux côtes des États-Unis et toute l’Europe du Nord. (…) Personne n’écrira « en cas de tsunami, détruisez la Russie » dans la doctrine nucléaire américaine. Mieux encore, les Poséidons peuvent rester en attente pendant des années, faisant surface périodiquement pour recevoir de nouvelles commandes. Mais si la Russie est détruite, ils se lèveront et détruiront le reste du monde, car “à quoi sert le monde s’il n’y a pas de Russie en lui ?” (V.Poutine)

Nous pouvons être sûrs que les Russes ne déclencheront pas une guerre nucléaire parce que c’est risqué et qu’ils n’ont pas à prendre ce risque pour gagner. Nous pouvons être sûrs que les Américains n’en lanceront pas car ce serait un suicide. Et ainsi nous pouvons tous nous asseoir et nous détendre. (…)

Un instantané de l'influence déclinante des USA dans le monde

C’est une résolution régulièrement présentée au vote à l’ONU. Il s’agit de dire que l’on combat, comme pays souverain, la glorification du nazisme.  Ces dernières années, seules les Etats-Unis et l’Ukraine votaient contre. A présent, ce sont une cinquantaine de pays qui ont rejoint les deux moutons noirs de ces dernières années. Washington a fait un lobbying effréné pour expliquer que cette résolution n’était pas contre le nazisme mais une instrumentalisation du sujet par la Russie. Voilà pourquoi il fallait voter contre. 

Du coup, on a une sorte de référendum pour ou contre la position américaine contre la guerre en Ukraine. Et le résultat est dévastateur pour une puissance qui entend réguler le monde. En gros, le Canada et l’Europe ont voté avec les USA. Les abstentions et les votes non couvrent le reste de la planète. 

Ajoutons que l’on a honte, comme Français, de constater que son gouvernement ne vote pas une motion destinée à confirmer le pacte de 1945, l’engagement à ne jamais laisser revenir quelque chose qui ressemblerait au nazisme.  On hésite d’ailleurs à rire ou à pleurer de l’hypocrisie qui consiste à faire un scandale d’une interjection d’un député de droite à l’Assemblée Nationale, traité aussitôt de fasciste, au moment même où lm’ambassadeur de France recevait l’instruction de voter contre un texte hostile au nazisme.   

Le basculement géopolitique décrypté par Bhadrakumar

  1. Que se passera-t-il au G20 de Bali ? 

Le président américain Joe Biden a récemment déclaré, lors d’une interview sur CNN, que le président russe Vladimir Poutine est un “acteur rationnel qui a fait une erreur de calcul importante” sur la question de l’Ukraine.
Les réunions au sommet russo-américaines ont une histoire de préliminaires calibrés. À l’approche du sommet du G20 qui se tiendra à Bali les 15 et 16 novembre, la grande question reste en suspens : Y aura-t-il une rencontre entre le président américain Joe Biden et son homologue russe Vladimir Poutine en marge de l’événement ?

À première vue, une rencontre n’est pas à exclure. Il semble de plus en plus que la programmation d’une telle rencontre soit même en discussion entre Washington et Moscou.

Mercredi après-midi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré aux journalistes à Moscou que M. Poutine avait eu un appel avec le président indonésien Joko Widodo (qui accueille le sommet du G20).

Parant aux questions, M. Peskov a ajouté de manière énigmatique que “nous travaillons actuellement à une déclaration” et a refusé de répondre si M. Poutine et M. Widodo avaient discuté de l’éventuelle participation du président russe au sommet du G20. Au lieu de cela, il a simplement dit aux journalistes d’attendre une déclaration officielle sur l’appel téléphonique.

Les rencontres russo-américaines au plus haut niveau sont habituellement annoncées simultanément dans les deux capitales. Le retard dans la publication de la déclaration à laquelle Peskov a fait référence ne peut que signifier que les consultations sont toujours en cours.

Un communiqué rédigé par un officiel du Kremlin aurait normalement servi à la conversation téléphonique entre Poutine et Widodo, mais dans ce cas, il y a eu un retard injustifié alors qu’une déclaration est toujours en préparation. Compte tenu de l’état des relations entre les États-Unis et la Russie, une annonce unilatérale d’une rencontre Biden-Poutine par l’une ou l’autre des parties est tout simplement inconcevable.

Ensuite, des signes perceptibles montrent que les deux parties s’efforcent de faire baisser les tensions autant qu’elles le peuvent afin de créer une atmosphère suffisamment “cordiale”. Ainsi, du côté américain, le porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby, a déclaré hier de manière catégorique que les États-Unis ne voient aucun signe indiquant que la Russie se prépare à utiliser des armes nucléaires.

Du côté russe également, il est évident que Moscou a pratiquement ignoré les fuites dans les médias américains selon lesquelles du personnel militaire américain se trouve sur le sol ukrainien dans le cadre d’une mission d’audit de l’armement fourni à Kiev pour faire la guerre aux forces russes. Les États-Unis ont l’habitude de rester sur place dans les pays étrangers et Moscou en est vraisemblablement conscient. Pourtant, elle reste muette.

Mardi encore, le ministère russe des affaires étrangères a publié une importante déclaration proposant, sans crier gare, que les puissances atomiques “démontrent dans la pratique” leur propre engagement envers le principe selon lequel une guerre nucléaire ne peut jamais être gagnée et ne devrait jamais être menée, et qu’elles “abandonnent les tentatives dangereuses d’empiéter sur les intérêts vitaux de l’autre, en s’équilibrant au bord d’un conflit armé direct et en encourageant les provocations avec des armes de destruction massive, qui peuvent avoir des conséquences catastrophiques”.

La déclaration réaffirme catégoriquement que “l’utilisation d’armes nucléaires par la Russie n’est hypothétiquement autorisée qu’en réponse à une agression menée avec l’utilisation d’ADM, ou à une agression avec l’utilisation d’armes conventionnelles, lorsque l’existence même de l’État est menacée.”

Il est intéressant de noter que les inspecteurs de l’AIEA en mission en Ukraine ont donné mercredi un satisfecit à Kiev en ce qui concerne les “activités et matériaux nucléaires non déclarés” de ce pays. Cette décision fait suite à la récente allégation de Moscou selon laquelle Kiev travaillerait sur une “bombe sale”.

Il est clair que Biden et Poutine n’auront pas besoin de perdre leur temps à discuter du spectre de l’Armageddon s’ils se rencontrent à Bali.

Aujourd’hui encore, Moscou et Kiev ont procédé à un deuxième échange majeur de prisonniers en moins d’une semaine.

Entre-temps, la Russie est revenue sur l’accord sur les céréales négocié par l’ONU pour faciliter le transport des produits ukrainiens vers le marché mondial. Bien entendu, cela fait suite à la garantie écrite de Kiev que le corridor humanitaire ne sera pas utilisé à des fins militaires. Le ministre des affaires étrangères, M. Lavrov, s’est à son tour félicité qu’une telle assurance ait été donnée par Kiev.

Ni Moscou ni Washington ne se sont montrés enclins à faire monter la tension à propos de l’allégation russe concernant l’implication des services de renseignement britanniques dans le sabotage des gazoducs Nord Stream et l’attaque par drone de la base navale russe de Sébastopol.

Curieusement, Washington a fait preuve d’une certaine indifférence en se lavant les mains de tout l’épisode peu recommandable impliquant la Grande-Bretagne, alors que la démarche russe auprès de l’ambassadeur britannique aujourd’hui a suggéré un bon comportement des services de renseignement britanniques à l’avenir et a laissé entendre un désir de passer à autre chose. En effet, la Russie n’envisage pas de représailles contre le Royaume-Uni.

Il est évident que si une rencontre Biden-Poutine a lieu, la discussion sera largement consacrée à la situation en Ukraine. Il est significatif que le chef adjoint de l’administration présidentielle russe, Magomedsalam Magomedov, ait déclaré aujourd’hui lors d’une cérémonie publique à Moscou que la décision de Poutine de lancer l’opération militaire spéciale en Ukraine n’était pas facile à prendre, mais qu’il n’avait pas d’autre choix compte tenu des dangers existants.

Cela dit, si une rencontre entre Biden et Poutine devait avoir lieu, cela créerait une situation piquante dans la mesure où la position américaine déclarée depuis le début est que les États-Unis ne discuteront pas de l’Ukraine avec la Russie sans la participation du président Zelensky.

Toutefois, de son côté, M. Zelensky a déclaré aujourd’hui que l’Ukraine ne participera pas au prochain sommet du G20 si M. Poutine assiste également à l’événement. Il semblait craindre d’être laissé de côté. Une solution possible pour sortir du labyrinthe serait que Poutine rencontre également Zelensky à Bali. Peut-être est-ce précisément ce que le rusé acteur de télévision a en tête.

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2. La République Fédérale d’Allemagne, aiglon à deux têtes? 

La diplomatie allemande a offert un spectacle fascinant de “contrepoint” lorsque la ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock a reçu ses partenaires du G7 à Münster les 3 et 4 novembre, alors même que le chancelier Olaf Sholz quittait Berlin pour une visite d’une journée à Pékin.

La photo montre le secrétaire d’État américain Antony Blinken flanquant Baerbock à la table principale, tandis que la sous-secrétaire d’État Victoria Nuland – surtout connue pour avoir été la maîtresse de cérémonie du coup d’État de 2014 sur le “Maïdan” à Kiev – l’observe par derrière.

L’Allemagne rattrape son retard en matière de photojournalisme. Sérieusement, la photo n’aurait pas pu arrêter de manière plus significative pour le public mondial la personnalité divisée de la diplomatie allemande alors que l’actuelle coalition gouvernementale tire dans différentes directions.

Quintessentiellement, Baerbock a souligné son mécontentement à l’égard de la visite de Scholz en Chine en rassemblant autour d’elle les homologues du G7 partageant les mêmes idées. Même selon les normes de la politique de coalition, ce geste est excessif. Lorsque le plus haut dirigeant d’un pays est en visite à l’étranger, une démonstration de dissonance nuit à la diplomatie.

De même, les homologues du G7 de M. Baerbock ont choisi de ne pas attendre le retour de M. Scholz. Apparemment, ils ont l’esprit fermé et les nouvelles des discussions de Scholz à Pékin n’y changeront rien.

Lundi, à la première heure, Scholz devrait demander la démission de Baerbeck. Mieux encore, ce dernier devrait présenter sa démission. Mais ni l’un ni l’autre ne se produira.

Lors de la préparation de la visite de Scholz en Chine, il a fait l’objet de critiques virulentes pour avoir entrepris une telle mission à Pékin avec une délégation d’affaires composée de puissants PDG allemands. Il est clair que l’administration Biden comptait sur Baerbock et les cercles “atlantistes” influents ancrés dans l’économie politique allemande pour mener la charge.

Scholz a-t-il eu les yeux plus gros que le ventre ? La réponse dépend d’une autre question : Scholz envisage-t-il de laisser un héritage dans la grande tradition de ses prédécesseurs du parti social-démocrate, Willy Brandt (1969-1974), Helmut Schmidt (1974-1982) ?

Ces deux figures titanesques ont pris des initiatives révolutionnaires à l’égard de l’ex-Union soviétique et de la Chine, respectivement, à des moments décisifs de l’histoire moderne, défiant les chaînes de l’atlantisme qui limitaient l’autonomie stratégique de l’Allemagne et faisaient de ce pays un subalterne dans le système d’alliance dirigé par les États-Unis.

La différence essentielle aujourd’hui est que Brandt (qui a mené l’Ostpolitik en ignorant les protestations furieuses des Américains au sujet du tout premier gazoduc reliant les gisements de gaz soviétiques à l’Allemagne) et Schmidt (qui a saisi le moment pour tirer profit de la normalisation entre les États-Unis et la Chine) – ainsi que le chancelier Gerhard Schroeder (1998-2005), qui a élargi et approfondi l’expansion des relations commerciales avec la Russie et établi une relation de travail sans précédent avec les dirigeants du Kremlin, au grand dam de Washington – étaient des dirigeants affirmés.

En d’autres termes, tout dépend de la volonté collective de l’Allemagne de briser le plafond de verre de l’OTAN, que Lord Ismay, premier secrétaire général de l’Alliance, avait succinctement décrit comme destiné à “maintenir l’Union soviétique à l’extérieur, les Américains à l’intérieur et les Allemands à terre”. Actuellement, l’interaction de trois facteurs a un impact sur la politique allemande.

Premièrement, la stratégie indo-pacifique. Ne vous y trompez pas, la guerre par procuration en Ukraine est une répétition générale de l’inévitable confrontation entre les États-Unis et la Chine sur la question de Taïwan. Dans les deux cas, qui concernent l’équilibre stratégique mondial, les enjeux sont extrêmement élevés pour l’hégémonie mondiale des États-Unis et la multipolarité de l’ordre mondial.

L’Allemagne joue un rôle central dans cette lutte d’époque, non seulement parce qu’elle occupe un terrain très instable au milieu de l’Europe, qui porte également les vestiges de l’histoire, mais aussi parce qu’elle est la puissance économique du continent, sur le point de devenir une superpuissance.

L’angoisse de Washington est évidente : la visite de M. Scholz en Chine pourrait affaiblir le dessein géopolitique des États-Unis de répéter l’exploit impressionnant de l’unité occidentale sur l’Ukraine si les tensions s’aggravent en Asie-Pacifique et que la Chine est obligée d’agir.

Bien entendu, aucune analogie n’est complète, car il est peu probable que la Chine opte pour une opération militaire spéciale progressive menée par la Russie depuis 9 mois pour “broyer” l’armée taïwanaise et détruire l’État ukrainien. Ce sera la guerre mondiale dès le premier jour.

L’analogie est complète, cependant, lorsqu’il s’agit des sanctions infernales que l’administration Biden imposera à la Chine et que le brigandage de la confiscation des “avoirs gelés” de la Chine (dépassant un trillion de dollars au bas mot) s’ensuit, outre la paralysie des chaînes d’approvisionnement de la Chine.

Il suffit de dire que le fait de “faire une Ukraine” à la Chine est la clé de la perpétuation de l’hégémonie mondiale des États-Unis, puisque les actifs financiers de la Chine sont appropriés pour alimenter l’économie américaine en difficulté et que le statut du dollar en tant que monnaie mondiale, le néo-marcantalisme et le contrôle des mouvements de capitaux, etc. restent intacts.

Deuxièmement, l’administration Biden a remporté une grande victoire diplomatique dans le domaine de la politique transatlantique, où elle a réussi à consolider sa domination sur l’Europe en plaçant la question russe au centre de l’actualité. Les craintes manichéennes des pays européens d’une résurgence historique de la puissance russe ont été attisées.

Peu de gens s’attendaient à une résurgence russe si peu de temps après le célèbre discours du président Vladimir Poutine à la conférence sur la sécurité de Munich en février 2007.

Le discours occidental de l’époque était que la Russie n’avait tout simplement pas la capacité de se régénérer en tant que puissance mondiale, la modernisation de l’armée russe étant irréalisable. On peut dire que toute la diplomatie de la chancelière Angela Merkel à l’égard de la Russie (2005-2021) s’est appuyée sur ce discours facile.

Ainsi, lorsque Poutine a annoncé de manière inattendue, lors d’une réunion du conseil du ministère de la Défense à Moscou le 24 décembre 2019, que la Russie était devenue le leader mondial des armes hypersoniques et que “pas un seul pays ne possède d’armes hypersoniques, et encore moins d’armes hypersoniques à portée continentale”, l’Occident l’a entendu avec une horreur non dissimulée.

L’équipe de Biden a profité de la profonde inquiétude des capitales européennes pour les rallier et susciter l'”unité occidentale” sur l’Ukraine. Mais une fissure apparaît maintenant sur la visite de Scholz à Berlin. Blinken s’est précipité pour ramener Scholz au bercail.

Troisièmement, à la suite de ce qui précède, une contradiction fondamentale est apparue aujourd’hui alors que les “sanctions infernales” de l’Occident contre la Russie ont eu un effet boomerang sur l’Europe, la poussant dans la récession. L’Allemagne a été très durement touchée et voit se profiler le spectre de l’effondrement de secteurs entiers de son industrie, avec pour conséquence le chômage et des troubles sociaux et politiques.

Le miracle industriel allemand reposait sur la disponibilité d’un approvisionnement énergétique bon marché, illimité et garanti en provenance de Russie, et la perturbation crée des ravages. En outre, le sabotage des pipelines Nord Stream exclut la relance du lien énergétique entre l’Allemagne et la Russie (que l’opinion publique allemande favorise).

Certes, avec toutes les données disponibles sur les fonds marins de la mer Baltique, Schulz doit être bien conscient des implications géopolitiques de ce que les États-Unis ont fait à l’Allemagne. Mais il n’est pas en mesure de créer un chahut et a plutôt choisi d’intérioriser le sentiment d’amertume, d’autant plus que l’Allemagne se trouve aujourd’hui dans une position humiliante, puisqu’elle doit acheter du GNL à un prix effroyablement élevé à des sociétés américaines pour remplacer le gaz russe (que les États-Unis commercialisent en Europe à des prix trois à quatre fois supérieurs au prix national).

La seule option qui reste à l’Allemagne est de tendre la main à la Chine dans une quête désespérée pour relancer son économie. Soit dit en passant, la mission de M. Scholz visait principalement à délocaliser en Chine les unités de production de BASF, la multinationale chimique allemande et le plus grand producteur de produits chimiques au monde, afin que ses produits restent compétitifs.

Il est toutefois très improbable que Washington laisse les mains libres à Scholz. Heureusement pour Washington, les partenaires de la coalition de Scholz – le Parti vert écologiste et les Démocrates libres (FDP) néo-libéraux – sont des atlantistes purs et durs et sont prêts à jouer le jeu des Américains, eux aussi.

Brandt ou Schroeder se seraient défendus, mais Scholz n’est pas un combattant de rue, même s’il sent le grand dessein des États-Unis de transformer l’Allemagne en un appendice de l’économie américaine et de l’intégrer dans une chaîne d’approvisionnement unique. En d’autres termes, Washington attend de l’Allemagne qu’elle soit un rouage indispensable dans la roue de l’Occident collectif.

En effet, de nombreuses entreprises, qui sont bien placées pour bénéficier du changement de modèle économique promu par Washington, se montrent réticentes à soutenir Scholz – bien qu’il soit lui-même un chancelier corporatiste.

Les États-Unis sont passés maîtres dans l’art d’exploiter ces situations de “diviser pour mieux régner”. Selon certaines informations, certaines entreprises allemandes de haute technologie n’ont pas accepté l’invitation de Scholz à l’accompagner à Pékin, notamment les PDG de Mercedes-Benz, Bosch, Continental, Infineon, SAP et Thyssen Krupp.

 

3. L’Iran a-t-il sous-estimé le réveil de l’hostilité occidentale à son égard? 

La manière dont Téhéran a géré son accord sur les drones avec la Russie a été quelque peu maladroite. Le fait que la première “fuite” sur ce sujet provenait de nul autre que le conseiller à la sécurité nationale du président Biden, Jake Sullivan, aurait dû alerter Téhéran que quelque chose de sinistre se préparait.

Au lieu de cela, pour une raison quelconque, Téhéran s’est mis en mode de déni total. Et maintenant, dans un retournement de situation, il nous est donné de comprendre que le démenti de l’Iran était correct dans les faits, bien qu’il ne soit pas entièrement vrai dans son contenu. Le ministre des affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian, a reconnu que “la partie concernant les drones est vraie, et nous avons fourni à la Russie un petit nombre de drones quelques mois avant la guerre en Ukraine”.

Le ministre a ajouté une mise en garde : “Ce tapage fait par certains pays occidentaux, selon lequel l’Iran a fourni des missiles et des drones à la Russie pour l’aider dans la guerre en Ukraine – la partie concernant les missiles est complètement fausse.”

Aussi bonne que soit la technologie des drones iraniens, elle n’a pas changé la donne pour la Russie dans la guerre en Ukraine. La capacité de la Russie en matière de missiles surprend même les experts occidentaux qui avaient prédit il y a plusieurs mois que la Russie était en train d’épuiser son stock. En fait, les frappes de missiles pourraient se poursuivre jusqu’à ce que l’Ukraine s’effondre et que l’Occident n’ait plus aucun interlocuteur valable dans les décombres de Kiev.

La Russie et l’Iran semblent s’être embourbés inutilement dans une controverse. Ce qui semble s’être passé, c’est que tout comme l’Iran a fait de l’ingénierie inverse sur la technologie des drones américains, les Russes ont également fait un bon travail pour refaire les drones kamikazes iraniens qui étaient dans leur inventaire avant l’opération militaire spéciale en Ukraine. Kiev affirme aujourd’hui, après avoir examiné les débris des drones russes qu’il a abattus, qu’ils contenaient également des pièces ukrainiennes !

Il est logique que l’industrie russe de la défense se soit inspirée de la technologie iranienne et de celle de l’Ukraine pour créer un “modèle russe” surprenant. Cela explique probablement le sophisme de la position constante de Moscou, qui affirme ne pas avoir utilisé de drone iranien.

Amirabdollahian a révélé que l’Iran a proposé d’expliquer la situation aux autorités ukrainiennes et qu’une réunion a même été organisée en Pologne pour dissiper le malentendu et rétablir les liens diplomatiques entre l’Iran et Kiev, mais les Américains l’ont fait échouer. De toute évidence, les États-Unis ne sont pas intéressés par une normalisation des relations Ukraine-Iran. Israël aurait également intérêt à maintenir l’Iran à distance de Kiev. Les États-Unis et Israël craindraient qu’une forte présence diplomatique iranienne à Kiev ne tourne à l’avantage de la Russie.

Quoi qu’il en soit, l’aveu candide d’Amirabdollahian aura des conséquences. L’Iran s’est peut-être laissé emporter par le sentiment exaltant qu’une superpuissance s’est abaissée à s’approvisionner en technologie militaire, et a en outre savouré la grande publicité dont ses drones ont fait l’objet – sans parler de l’embarras causé aux mécènes occidentaux de l’Ukraine qui ont assisté impuissants à la panique créée par les drones russes à une telle échelle.

Toutefois, l’Iran a tardivement pris conscience des retombées politiques et diplomatiques potentielles. En réalité, toute cette “agitation”, comme l’a dit M. Amirabdollahian, découle du refus de Téhéran de signer le projet d’accord nucléaire de l’UE à Vienne, ce qui a rendu Bruxelles et Washington furieux, anéantissant leurs espoirs de voir le pétrole iranien venir au secours de l’Europe en remplaçant les importations de pétrole russe qui prennent fin le 5 décembre.

Une fois encore, les États-Unis comptaient sur l’augmentation de la production de pétrole de l’Iran pour créer des tensions au sein de l’OPEP et diviser le cartel.

Selon un rapport du Spiegel, l’Allemagne et huit autres États de l’UE ont élaboré mercredi à Bruxelles un nouveau train de sanctions contre l’Iran, qui contient 31 propositions visant des responsables et des entités iraniens liés aux affaires de sécurité ainsi que des entreprises, pour leurs prétendues “violences et répressions” en Iran. L’alibi est la violation des droits de l’homme.

De toute évidence, l’Occident est revenu à sa tactique d’intimidation. Le président Biden s’est engagé à “libérer l’Iran” de son système politique actuel – bien que les Américains sachent par expérience que les protestations publiques n’ont rien d’inhabituel en Iran, mais que le changement de régime reste une chimère.

Pourquoi l’Occident ressuscite-t-il la “question iranienne” à ce stade ? Il y a deux raisons sous-jacentes – peut-être même trois. La première est que la victoire de Benjamin Netanyahu aux élections israéliennes de dimanche dernier garantit pratiquement que la rivalité existentielle d’Israël avec l’Iran est à nouveau au centre de la politique de l’Asie occidentale. Si cela ne se produit pas, Netanyahu subira des pressions pour s’attaquer à la question centrale en Asie occidentale, à savoir le problème palestinien.

En l’état actuel des choses, la “question iranienne” reviendra sur le devant de la scène politique ouest-asiatique. Il y a une convergence d’intérêts entre Tel-Aviv et Washington sur ce point, à un moment où il y aura inévitablement des frictions dans les relations entre les États-Unis et Israël, étant donné que l’alliance raciste anti-arabe du sionisme religieux, le dernier partenaire de coalition de Netanyahu, contient des éléments que les États-Unis considéraient autrefois comme des terroristes. Susciter la frénésie à propos de l’Iran est utile à la fois pour Israël et pour les États-Unis.

Mais d’un autre côté, Netanyahou est suffisamment réaliste pour savoir qu’il serait suicidaire pour Israël d’attaquer militairement l’Iran sans le soutien des États-Unis et, deuxièmement, que l’administration Biden n’a pas encore totalement abandonné l’espoir d’un accord nucléaire avec l’Iran.

Par conséquent, dans l’éventualité où les élections de mi-mandat modifieraient radicalement le profil du Congrès au détriment de l’administration Biden, il faut faire confiance à Netanyahou pour faire de la question nucléaire iranienne un modèle clé de la politique intérieure américaine et des relations entre les États-Unis et Israël.

Un deuxième facteur est la trajectoire de la guerre en Ukraine. Bien que la guerre par procuration soit dans sa dernière ligne droite et que les États-Unis et l’OTAN soient confrontés à la défaite et à la destruction de l’Ukraine, l’administration Biden ne peut pas simplement s’en aller dans l’humiliation, car il s’agit de l’Europe et non de l’Hindu Kush, et le destin du système d’alliance occidental est à la croisée des chemins.

Il est certain que des troupes américaines sont apparues sur le sol ukrainien et qu’elles ne peuvent être considérées que comme un “détachement précurseur”. L’Ukraine va-t-elle devenir une autre Syrie, avec les régions situées à l’ouest du fleuve Dniepr – “le croupion” dépourvu de ressources naturelles – sous occupation américaine afin que les alliés de l’OTAN à la périphérie ne se jettent pas dans la mêlée des tensions ethniques dormantes héritées de l’histoire pour se tailler une place dans la carcasse ? Ou bien, une “coalition de volontaires” dirigée par les États-Unis se préparera-t-elle à combattre réellement les forces russes dans l’est et le sud de l’Ukraine ?

Quoi qu’il en soit, le fait est que les liens stratégiques qui se développent entre l’Iran et la Russie resteront un point de mire pour l’Occident, malgré la “clarification” d’Amirabdollahian. Il est tout à fait naturel que, dans le contexte des sanctions, les relations extérieures de la Russie soient dans le collimateur des États-Unis. L’Iran s’est toujours distingué par son refus de la stratégie de “pression maximale”.

Autrement dit, avoir l’Iran comme allié sera un atout stratégique pour la Russie dans un contexte multipolaire. L’Iran et l’Union économique eurasienne ont décidé de négocier un accord de libre-échange, tandis que Téhéran élabore également des accords d’échange concernant le pétrole russe. En clair, les Européens peuvent garder leur SWIFT pour ce qu’il vaut et cela ne fera aucune différence pour la Russie ou l’Iran – et le reste du monde observe ce qui se passe en temps réel, notamment dans le voisinage de l’Iran où le pétrole est négocié en dollars.

Il est désormais clair pour les États-Unis et leurs alliés que, JCPOA ou pas JCPOA, l’inclinaison générale vers la Russie et la Chine est la version de Téhéran du Dôme de fer israélien, en diplomatie. En définitive, l’Iran est en train de devenir un modèle pour la région du golfe Persique, comme en témoigne l’allongement de la file d’attente pour l’adhésion à l’Organisation de coopération de Shanghai, alors même que la voie parallèle des accords d’Abraham a disparu dans le bassin endoréique de la péninsule arabique.

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06 novembre 2022

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Exposition EST/SUD/NORD

Chauffage central collectif au gaz de ville tout récemment changé et aménagé – Appartement comprenant 7 radiateurs calorifères anciens en fonte

Sol de l’appartement en marbre de carra et 2 chambres en parquet chêne massif – Appartement très lumineux et climatisé air Chaud/Froid avec toutes les vitres en double vitrage Appartement insonorisé et au calme avec haut plafond de 2,80 mètres

Nombreux rangements et grands placards

Double entrée avec 2 portes blindées – Parlophone –

Entrée principale de l’immeuble porte fermeture électronique – Grand portail extérieur fermeture électronique – Caméras -

Cave et Parking individuel – Possibilité d’achat éventuel d’un garage fermé indépendant dans la copropriété ?

Proximité à de très nombreux commerces de détail et de grandes surfaces - proximité d’une école primaire 

PRIX DE VENTE

540  000 euros ttc 

Soit 4.500 euros le M/2 

Charges mensuelles 250 euros environ  

Frais d’enregistrement et de Notaire à la charge de l’acheteur

Disponibilité avant la fin de l'année 2023/Janvier 2024.

Appartement qui conviendrait bien à un loueur de biens immobiliers car possibilité de le partager en 2 lots bien distincts et indépendants (1er lot le 3 pièces - 2 ème lot le studio ayant accès chacun à leur entrée indépendante)

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IN ENGLISH 

FOR SALE VERY LARGE T4 APARTMENT OF 120 M / 2 ON NICE NORTH HILLS Exclusivity Exclusivity Exclusivity 128862566

ON THE HEIGHTS OF THE NICE NORTH HILLS FOR SALE MAGNIFICENT T4 APARTMENT CROSSING 4 ROOMS OF 120 M / 2

This very beautiful apartment has 1 entrance hall opening onto a corridor leading

to 1 large living / dining room of 30 m / 2 opening onto

1 large balcony with panoramic views over a large part of the city of Nice and its hills

1 large bedroom opening onto

1 long balcony at the back of the apartment

1 large office that can also be used as a bedroom

1 bathroom with bathtub

1 separate toilet

1 fully fitted kitchen opening onto a long balcony at the back of the appartment

1 large studio of 20 m / 2 converted into a mezzanine independent of the 3 rooms of the apartment - studio with its independent entrance overlooking the entrance hall and the large rear balcony of the apartment

This studio includes 1 fully equipped kitchenette

1 bathroom with shower and WC

This apartment is located on the 3rd floor of a beautiful 6-storey luxury building with elevator EAST / SOUTH / NORTH exposure Newly changed and furnished town gas central heating

- Apartment with 7 old cast iron heating radiators Apartment floor in carra marble and 2 bedrooms in solid oak parquet

- Very bright apartment with Hot / Cold air conditioning with all double-glazed windows Soundproof and quiet apartment with high ceiling of 2.80 meters Plenty of storage and large cupboards

Double entrance with 2 armored doors - Parlophone - Main entrance to the building with electronic closing door

- Large exterior electronic closing gate - Cameras - Cellar and individual parking

- Possibility of possible purchase of an independent closed garage in the condominium? Proximity to a large number of retail shops and supermarkets - proximity to a primary school

SALE PRICE 

540, 000 euros including all taxes

Or 4,500 euros per M / 2 Monthly charges approximately 250 euros

Registration and Notary fees payable by the buyer Availability before the end of the year the end 2023/2024.

Apartment that would be suitable for a real estate rental company because it can be divided into

2 very distinct and independent lots (1st lot the 3 rooms - 2nd lot the studio each having access to their independent entrance)

 

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Contact direct : 06-32-17-36-33 

mail : diaconesco@gmail.com

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05 novembre 2022

XVIII e CONGRÈS DU RN : JORDAN BARDELLA ÉLU À LA PRÉSIDENCE DU PARTI

XVIII e CONGRÈS DU RN :

 

JORDAN BARDELLA ÉLU À

 

LA PRÉSIDENCE DU PARTI

Le président par intérim du Rassemblement national Jordan Bardella, 27 ans, a été élu, ce samedi, pour prendre la suite de Marine Le Pen. L'élection survient dans un contexte difficile pour le parti d'extrême-droite après l'exclusion temporaire de Grégoire de Fournas suite à des propos racistes tenus en plein hémicycle.

Un résultat scruté. Jordan Bardella a donc été largement plébiscité par les électeurs du Rassemblement national avec près de 85% des voix, contre 15% pour Louis Aliot. L'élection de l'eurodéputé de 27 ans parachève ainsi sa fulgurante ascension au sein du parti à la flamme. Déjà président par intérim du parti l'année dernière, il succède donc ce samedi 5 novembre à Marine Le Pen.

C'est la première fois depuis la création du mouvement en 1972 que celui-ci n'est plus présidé par un membre de la famille Le Pen.

Marine Le Pen laisse désormais les rênes du mouvement à l’actuel président du RN par intérim, Jordan Bardella. Un changement de direction qui survient après le succès du Rassemblement national aux élections présidentielle et législatives, notamment avec l’entrée en force du parti à l’Assemblée nationale armé de ses 89 députés.

Un record historique qui avait poussé Marine Le Pen à démissionner de la tête du mouvement pour se consacrer à la présidence de son groupe parlementaire. «Je ne reprendrai pas la tête du RN. Je me concentrerai sur la présidence de ce très grand groupe», avait ainsi déclaré, en juin dernier, la finaliste de l’élection présidentielle 2022.

Alors qu'il doit prononcer un discours en fin de journée, Jordan Bardella a d'ores et déjà indiqué qu'il entendait soutenir une nouvelle candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2027.

 

Préparez avec nous

 

l'alternance pour la France !

 
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Bonjour à tous,

Nouvellement élu à la tête du Rassemblement National, Jordan Bardella était samedi 5 octobre l'invité du journal de 20h de TF1.

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Après la réussite de notre 18ème Congrès, notre président a rappelé quelle était sa mission fondamentale : poursuivre l’œuvre entamée par Marine Le Pen et conduire le Rassemblement National au pouvoir. 

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Jordan Bardella a aussi tenu à porter un message d'espoir, de confiance et de mobilisation à tous les Français : en matière de pouvoir d'achat, de retraites, d'immigration et de sécurité, il est possible de faire autrement. 

Rejoignez-nous et préparez avec nous, dès maintenant, l'alternance pour la France !
 

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COMPOSITION DU BUREAU NATIONAL

 

ET BUREAU EXÉCUTIF

RASSEMBLEMENT NATIONAL

COMMUNIQUÉ

05 novembre 2022

Sur proposition du nouveau président élu Jordan Bardella, le nouveau Conseil National du Rassemblement National, réuni ce samedi 5 novembre, a approuvé la composition du bureau national suivant :

-Louis Aliot, membre du Bureau Exécutif, premier vice-président

-Franck Allisio

-Mathilde Androuët

-Philippe Ballard

-Jordan Bardella, membre du Bureau Exécutif

-Sophie Blanc

-Sébastien Chenu, membre du Bureau Exécutif, vice-président

-Caroline Colombier

-Philippe de Beauregard

-Wallerand de Saint Just

-Edwige Diaz, membre du Bureau Exécutif, vice-présidente à l’implantation locale

-Valéry Elophe

-Huguette Fatna

-François Filoni

-Thibaut François

-Stéphanie Galzy

-Jean-Paul Garraud, membre du Bureau Exécutif

-Catherine Griset

-Jordan Guitton

-Timothée Houssin

-Laurent Jacobelli

-France Jamet

-Andréa Kotarac

-Jean-Lin Lacapelle

-Hélène Laporte, membre du Bureau Exécutif, 3ème vice-présidente

-Laure Lavalette

-Julie Lechanteux

-Julien Leonardelli

-Marine Le Pen, membre du Bureau Exécutif

-Aurélien Lopez-Liguori

-Alexandre Loubet

-Thierry Mariani

-Alexandra Masson

-Yaël Ménache

-Julien Odoul

-Philippe Oliver, membre du Bureau Exécutif

-Ludovic Pajot

-Caroline Parmentier

-Mathilde Paris

-Gilles Pennelle, membre du Bureau Exécutif, directeur général du RN

-Kévin Pfeffer, membre du Bureau Exécutif, trésorier

-David Rachline, membre du Bureau Exécutif, 2ème vice-président

-André Rougé

-Anaïs Sabatini

-Julien Sanchez, membre du Bureau Exécutif, vice-président en charge des élus

-Jean-Philippe Tanguy

-Pierre-Romain Thionnet, directeur national de Génération Nation

-Christian Zimmerman

RASSEMBLEMENT NATIONAL

COMMUNIQUÉ

du 05 novembre 2022

LES ADHÉRENTS

Mouvement d’envergure nationale, le Rassemblement National dispose d’une implantation sur tout le territoire.

83 000 adhérents et sympathisants le représentent, répartis dans les 100 fédérations de métropole, d'Outre-mer et de l'étranger. Les adhérents sont des Français issus de toutes classes socioprofessionnelles, de tous les milieux. Le Rassemblement National est un mouvement et non un parti : il n’a pas vocation à regrouper une partie des Français pour s’opposer à une autre.

Il est animé par des valeurs et par un idéal qu’il cherche à exalter pour mettre en mouvement le peuple Français. Les membres du Rassemblement National constituent une authentique communauté, soudée face à l’ennemi commun et animé par des liens de fraternité.

Pour adhérer au Rassemblement National :

- Par internet :

En 2 minutes sur : adhesions-rn.fr

- Par courrier :

    1. Veuillez cliquer ici pour imprimer votre bulletin d’adhésion
    1. Puis envoyez-le au « SNA » -  114 bis rue Michel Ange – 75016 Paris

- Vous pouvez aussi nous téléphoner au :

(+33) 01.41.20.20.20

- Nous envoyer un courriel : adhesion@rassemblementnational.fr

(Les tarifs de l’adhésion s’entendent pour un an. Vous pouvez également nous joindre par téléphone au 01.41.20.20.00).

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Ecologie et spiritualité : HISTOIRE ANTIQUE Jules César et la destruction de la forêt gauloise

Ecologie et spiritualité :

 

Jules César et la destruction

 

de la forêt gauloise –

 

par Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal nous guide, pour notre plus grand bonheur, à travers la littérature latine où l'on se lamentait déjà de la destruction des forêts....

La destruction du monde ne date pas d’hier. La destruction des bois et des forêts a été maintes fois commentée dans l’Antiquité, notamment par Ovide.

« Les pins abattus sur les montagnes n’étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d’autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n’étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. »

 

L’âge d’or: quand on ne touche pas aux forêts? 

Car l’âge d’or, c’est quand on ne touche pas aux forêts. La dimension sacrée, si présente dans la Norma de Bellini, est aussi soulignée par Tacite dans sa Germanie. J’évoquerai les splendeurs d’Ovide une autre fois (c’est le poète qu’on nous fit le plus rater à l’école…).

Grâce à une page de l’historien des celtes Venceslas Kruta, j’ai enfin découvert la Pharsale de Lucain, rival et martyr de Néron. Comme chez Tolkien, on y trouve un bois sacré que va détruire César. Il est situé près de Massilia, ville alors phocéenne et prestigieuse pour sa résistance à César.

 

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La forêt sacrée évoquée par Lucain

Je laisse la parole à Lucain (Pharsale, chant III, vers 400-430 environ) : « Non loin de la ville était un bois sacré, dès longtemps inviolé, dont les branches entrelacées écartant les rayons du jour, enfermaient sous leur épaisse voûte un air ténébreux et de froides ombres. Ce lieu n’était point habité par les Pans rustiques ni par les Sylvains et les nymphes des bois. Mais il cachait un culte barbare et d’affreux sacrifices. Les autels, les arbres y dégouttaient de sang humain ; et, s’il faut ajouter foi à la superstitieuse antiquité, les oiseaux n’osaient s’arrêter sur ces branches ni les bêtes féroces y chercher un repaire ; la foudre qui jaillit des nuages évitait d’y tomber, les vents craignaient de l’effleurer. Aucun souffle n’agite leurs feuilles ; les arbres frémissent d’eux-mêmes. »

La forêt est fascinante et périlleuse. Mais vivante.

Lucain poursuit : « Des sources sombres versent une onde impure ; les mornes statues des dieux, ébauches grossières, sont faites de troncs informes ; la pâleur d’un bois vermoulu inspire l’épouvante. L’homme ne tremble pas ainsi devant les dieux qui lui sont familiers. Plus l’objet de son culte lui est inconnu, plus il est formidable. »

Chez Dante aussi il y a des arbres qui saignent en enfer. Je cite mon livre sur Tolkien : 

« Comme on aura compris, Dante arrive donc avec Virgile dans une forêt très obscure (nous sommes au chant XIII de l’Enfer). Dans un univers encore plus terrifiant, il dialogue avec des arbres, et il comprend le drame sanglant de ces troncs qui sont des âmes de suicidés punis : « Ainsi que le bois vert pétille au milieu des flammes, et verse avec effort sa sève qui sort en gémissant, de même le tronc souffrant versait par sa blessure son sang et ses plaintes. Immobile, et saisi d’une froide terreur, je laisse échapper le rameau sanglant… Quand une âme furieuse a rejeté sa dépouille sanglante, le juge des Enfers la précipite au septième gouffre : elle tombe dans la forêt, au hasard ; et telle qu’une semence que la terre a reçue, elle germe et croît sous une forme étrangère. Arbuste naissant, elle se couvre de rameaux et de feuilles que les harpies lui arrachent sans cesse, ouvrant ainsi à la douleur et aux cris des voies toujours nouvelles… Chacune traînera sa dépouille dans cette forêt lugubre, où les corps seront tous suspendus : chaque tronc aura son cadavre (chant XIII de l’Enfer)… »

On repart sur Lucain (toujours cet étonnant chant III de la Pharsale) : « Les antres de la forêt rendaient, disait-on, de longs mugissements ; les arbres déracinés et couchés par terre se relevaient d’eux-mêmes ; la forêt offrait, sans se consumer, l’image d’un vaste incendie ; et des dragons de leurs longs replis embrassaient les chênes. Les peuples n’en approchaient jamais. Ils ont fui devant les dieux. Quand Phébus est au milieu de sa course, ou que la nuit sombre enveloppe le ciel, le prêtre lui-même redoute ces approches et craint de surprendre le maître du lieu. »

On a ainsi les dragons et l’Apollon hyperboréen.

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Sacrilège Jules César

Mais survient César (lisez la Vie de Suétone pour rire un peu de lui). Il va agir comme le Saroumane de Tolkien, comme un agent du Mordor : « Ce fut cette forêt que César ordonna d’abattre, elle était voisine de son camp, et comme la guerre l’avait épargnée, elle restait seule, épaisse et touffue, au milieu des monts dépouillés. »

Les hommes de César hésitent car on respecte alors encore un peu la forêt.

« À cet ordre, les plus courageux tremblent. La majesté du lieu les avait remplis d’un saint respect, et dès qu’ils frapperaient ces arbres sacrés, il leur semblait déjà voir les haches vengeresses retourner sur eux-mêmes. »

César prend même le risque de défier les divinités et de se maudire pour détruire le bois sacré : « César voyant frémir les cohortes dont la terreur enchaînait les mains, ose le premier se saisir de la hache, la brandit, frappe, et l’enfonce dans un chêne qui touchait aux cieux. Alors leur montrant le fer plongé dans ce bois profané : “Si quelqu’un de vous, dit-il, regarde comme un crime d’abattre la forêt, m’en voilà chargé, c’est sur moi qu’il retombe”. Tous obéissent à l’instant, non que l’exemple les rassure, mais la crainte de César l’emporte sur celle des dieux. »

Veni, Vidi, Vici ! 

On a détruit la littérature latine à l’école….

Lucain oublie les sacrifices humains et redevient lyrique : « Aussitôt les ormes, les chênes noueux, l’arbre de Dodone, l’aune, ami des eaux, les cyprès, arbres réservés aux funérailles des patriciens, virent pour la première fois tomber leur longue chevelure, et entre leurs cimes il se fit un passage à la clarté du jour. Toute la forêt tombe sur elle-même, mais en tombant elle se soutient et son épaisseur résiste à sa chute. À cette vue tous les peuples de la Gaule gémirent… le laboureur consterné vit dételer ses taureaux, et, obligé d’abandonner son champ, il pleura la perte de l’année. »

Mais le destin malheureux de la forêt sacrée est de toute manière fait de destruction : « Les bois sacrés tombent, dit Lucain, et les forêts sont dépouillées de leur force… » (Procumbunt nemora et spoliantur robore silvae)

Notre Ronsard s’en souviendra à sa gentille manière scolaire (Écoute bûcheron…).

On citera le magicien Tacite pour terminer : « Emprisonner les dieux dans des murailles, ou les représenter sous une forme humaine, semble aux Germains trop peu digne de la grandeur céleste. Ils consacrent des bois touffus, de sombres forêts ; et, sous les noms de divinités, leur respect adore dans ces mystérieuses solitudes ce que leurs yeux ne voient pas » (« lucos ac nemora consecrant, deorumque nominibus appellant secretum illud, quod sola reverentia vident… »).

Il y a la destruction de la forêt gauloise, et aussi de la littérature romaine à l’école…

 

Bibliographie

Bonnal – Le salut par Tolkien, Avatar, p. 96.

Dante – Enfer, chant XIII.

Kruta – Les Celtes, histoire et dictionnaire, « Bouquins » Robert Laffont.

Lucain – La Pharsale, III (sur Remacle.org).

Ovide – Les métamorphoses, I (ebooksgratuits.com).

Suétone – Vie de César (sur Wikisource).

Tacite – Germanie, IX.

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03 novembre 2022

Démondialisation. Les Américains poussent les Européens à prendre des sanctions à l’égard de la Chine

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Je voulais vous proposer aujourd’hui la lecture d’un article très important pour l’avenir géopolitique et économique du monde.

En effet, vous allez découvrir que les Américains, nos si « fidèles » alliés, verraient bien les Européens, prendre des sanctions à l’égard de la Chine. Des sanctions similaires à ce que nous avons imposé à la Russie et inspirées des leçons que nous pouvons tirer à ce stade.

C’est un article de l’agence de presse Bloomberg (source ici en anglais), la référence des agences de presse financières et économiques outre-Atlantique et je vous donne à tous la traduction ici, pour les abonnés à la lettre STRATEGIES, vous pouvez aller télécharger le FLASH Stratégies où je commente les implications à court terme d’une telle politique et les risques qu’elle fait évidemment peser sur le fonctionnement de l’économie mondiale.

Pour information, la TTC ou CTT c’est la Trade and Technology Council, le conseil du commerce et des technologies qui est le lieu de discussion entre les Etats-Unis et l’Union Européenne.

Les États-Unis suggèrent à l’UE d’envisager d’utiliser les limites d’exportation pour cibler la Chine.

Les responsables suggèrent de tirer les leçons des limites commerciales imposées par la Russie.
Les discussions se poursuivent en vue d’une réunion de haut niveau en décembre.

Les États-Unis ont évoqué avec leurs alliés européens l’idée de tirer les leçons du régime de contrôle des exportations qu’ils utilisent pour punir la Russie afin de cibler la Chine, selon des personnes au fait de la question.

Ces conversations ont eu lieu alors que les responsables de l’Union européenne et des États-Unis négocient l’ordre du jour de leur prochain forum commercial de haut niveau, qui se tiendra début décembre. Les alliés ont coopéré pour restreindre les exportations vers Moscou depuis que le président Vladimir Poutine a envahi l’Ukraine, et l’administration Biden envisage d’utiliser une partie du même partage d’informations et de la coordination de l’application pour renforcer ses propres restrictions bilatérales sur les exportations vers la Chine, ont déclaré les personnes, qui ont requis l’anonymat pour aborder des sujets sensibles.

Jusqu’à présent, ont ajouté les personnes, l’UE n’est pas encline à envisager de suivre la même approche avec la Chine qu’avec la Russie, car les circonstances sont différentes, mais l’une des personnes a déclaré qu’il serait possible d’examiner les biens qui pourraient être utilisés par Pékin pour renforcer sa capacité militaire. Il n’est pas certain que le sujet soit abordé lorsque la représentante américaine au commerce, Katherine Tai, rencontrera les ministres du commerce de l’UE, qui sont à Prague pour une réunion informelle lundi.

« Les États-Unis n’envisagent pas d’étendre à la Chine les contrôles des exportations russes et n’en ont pas parlé aux Européens », a déclaré Saloni Sharma, porte-parole du Conseil national de sécurité des États-Unis, en réponse à des questions.

Les contrôles à l’exportation ont été l’un des outils les plus efficaces pour paralyser l’arsenal russe et sont considérés comme potentiellement utiles pour ralentir la Chine dans la course technologique mondiale. Au début du mois, l’administration Biden a interdit aux entreprises américaines de vendre aux entreprises chinoises certaines puces utilisées pour les superordinateurs et l’intelligence artificielle.

Le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, a critiqué les restrictions américaines à l’exportation lors d’un appel avec le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, soulignant les tensions entre les deux pays avant une éventuelle rencontre en tête-à-tête de leurs dirigeants. « La partie américaine devrait cesser d’endiguer et de réprimer la Chine et ne pas créer de nouveaux obstacles aux relations bilatérales », a déclaré M. Wang, selon un communiqué du ministère des affaires étrangères à Pékin.

De hauts responsables européens et américains doivent se rencontrer le 5 décembre près de Washington pour convenir d’une liste de projets économiques lors de la troisième réunion du Conseil « Commerce et technologie ». La Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, envisage six priorités, dont le développement conjoint de projets d’infrastructures numériques, une feuille de route sur l’intelligence artificielle ou la recharge de véhicules électriques en mégawatts, ont indiqué ces personnes.

Les États-Unis s’attendent à un accord à court terme avec leurs alliés sur la limitation des puces électroniques chinoises

Certains États membres se sont méfiés des efforts déployés par les États-Unis pour transformer le forum en un organe anti-chinois et ont préféré se concentrer sur un agenda bilatéral positif.

Mais les pays européens sont de plus en plus préoccupés par ce qu’ils considèrent comme la position conflictuelle du gouvernement chinois, en particulier après le récent congrès du parti qui a cimenté le leadership du président Xi Jinping. Certains États membres, dont l’Allemagne, ont suggéré que l’Union européenne revoie son approche à l’égard de la Chine, car Pékin devient moins un partenaire ou un concurrent qu’un rival.

Les dirigeants de l’UE ont tenu une discussion stratégique sur la Chine ce mois-ci, au cours de laquelle il y a eu un consensus sur la nécessité de réduire les dépendances critiques vis-à-vis de Pékin, a résumé un haut diplomate européen.

Certaines capitales européennes sont favorables à l’utilisation de la TTC pour renforcer la coordination avec les États-Unis afin de développer des outils efficaces de défense commerciale et d’anti-coercition contre les économies non marchandes, y compris la Chine, a déclaré un deuxième haut fonctionnaire européen.

Les États-Unis envisagent d’étendre l’interdiction des technologies chinoises à l’informatique quantique et à l’IA

Miriam Garcia Ferrer, porte-parole de la Commission, a déclaré que les contacts avec l’administration américaine étaient en cours, l’UE analysant les implications des dernières mesures restrictives américaines à l’égard de la Chine.

L’année dernière, les États-Unis et l’Union européenne ont adopté une déclaration commune à l’issue d’une réunion de la CTT, selon laquelle « une approche multilatérale des contrôles à l’exportation est la plus efficace pour protéger la sécurité internationale et soutenir des règles du jeu équitables au niveau mondial », et les restrictions ne doivent pas perturber indûment les chaînes d’approvisionnement stratégiques.

Les Pays-Bas ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’impact des contrôles américains à l’exportation, en particulier dans le domaine des semi-conducteurs. Le pays abrite ASML Holding NV, un fabricant néerlandais de matériel de fabrication de semi-conducteurs.

Les négociations en vue de la prochaine réunion de la TTC ont été entravées par la loi américaine sur la réduction de l’inflation récemment adoptée, qui prévoit des subventions pour soutenir les technologies vertes aux États-Unis et est considérée comme discriminatoire par l’UE et d’autres pays. Les responsables des deux parties doivent se rencontrer cette semaine pour répondre aux préoccupations européennes, et le bras exécutif de l’UE espère résoudre ces irritants avant la réunion de haut niveau qui aura lieu début décembre.

Selon M. Tai, les États-Unis et l’Union européenne ont surmonté d’autres différends commerciaux sous l’administration Biden, notamment en ce qui concerne les subventions aux fabricants d’avions civils et le commerce de l’aluminium.

« Je pense que nous avons toutes les raisons d’être confiants quant à notre capacité à mener ces conversations sur les préoccupations de l’UE concernant la loi sur la réduction de l’inflation », a-t-elle déclaré lors d’une interview au bureau de Bloomberg à Washington vendredi. « Pour ce qui est de notre travail avec l’UE, il s’agit d’un point important et supplémentaire que nous devons aborder maintenant. Mais, à mon avis, il n’est pas en train de nous éclipser. »

Une grande majorité des États membres a exprimé de sérieuses inquiétudes au sujet de la loi américaine lors d’une réunion des ambassadeurs de l’UE la semaine dernière, ont indiqué ces personnes, notant que la loi pourrait nuire à la transition écologique du bloc et à sa compétitivité en général. La France a déclaré qu’elle pourrait perdre 8 milliards d’euros (8 milliards de dollars) d’investissements verts, selon les personnes interrogées.

Des pays comme l’Allemagne et la France estiment que la meilleure solution serait d’obtenir le même traitement que celui accordé au Mexique et au Canada dans le cadre de l’IRA et que l’Union européenne devrait utiliser tous les outils disponibles à cette fin.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

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02 novembre 2022

ON ARRÊTE LES CONNERIES DE LA VACCINATION EN ARN CONTRE LA COVID CAR CELA NE SERT PAS A SAUVER DES VIES BIEN AU CONTRAIRE ?????

Attention Vaccins à ARN : 800 x plus de myocardites !

VOL POUR SIDNAY TINTIN

Santé Non Censurée <snc@mail1.nouvelle-page-sante.info> Se désabonner

1 nov. 2022 12:16 (il y a 1 jour)
 
 
 
Chère lectrice, cher lecteur,


La nouvelle campagne de vaccination contre le Covid bat son plein, les vaccins à ARN ont le vent en poupe…

Et pourtant, toute la lumière n’a pas encore été faite sur les effets secondaires de ces nouveaux produits.

Une équipe de l’University Hospital de Bâle en Suisse a décidé de prendre le taureau par les cornes et de s’attaquer à cette question plus que polémique1 2.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats, validés par la Société française de cardiologie, font froid dans le dos3 :
On ne parle pas de 2 fois voire de 3 fois plus de myocardites à l’issue de la vaccination…

… mais bien de 800 fois plus, comparé aux hospitalisations pour myocardites enregistrées lors des années d’avant Covid !

Pourtant, les campagnes de vaccination continuent de s’enchaîner.

Alors comment se fait-il que les autorités n’aient jamais communiqué sur un tel sujet ?

On passe de 0,0035 % d’hospitalisations pour myocardites à 2,8 %4 !

Cette étude aux résultats aberrants a été menée sur 835 patients du CHU de Bâle, qui avaient déjà tous reçu au moins une dose de vaccin, Pfizer ou Moderna.

Et son concept est tout simple :

Les médecins savent qu’en cas de “lésions myocardiques, le taux des troponines augmente5”, il s’agit de “protéines impliquées dans la régulation des contractions cardiaques6”.

Une partie des patients a donc été vaccinée et leur taux de troponines mesuré, trois jours après.

Parmi les 777 patients choisis pour être contrôlés, 40 présentaient des taux de troponines trop élevés, dont 22 sans autre raison valable que la vaccination en elle-même7.

Plus étonnant encore, selon cette étude, et contrairement à ce qui a pu largement se dire auparavant, les femmes seraient davantage à risque que les hommes : 
Ainsi, 2,8 % de population vaccinée présente des lésions myocardiques selon cette étude, 3,7 % chez des femmes (colonne de gauche) et 0,8 % des hommes (colonne de droite)8.

Ces résultats me paraissent d’autant plus choquants que cette mesure du taux de troponines a l'air d’être un moyen excessivement facile de contrôler les effets des vaccins ARN sur la santé cardiovasculaires.

Pourquoi est-ce que cela n’a pas été fait avant ?

La protéine Spike, une bombe à retardement au coeur de vos cellules

Pour rappel, une myocardite est une inflammation du myocarde, c’est-à-dire du muscle cardiaque, qui peut notamment survenir après une agression virale à laquelle réagit le système immunitaire.

Or pour Christian Mueller, le cardiologue à la tête de cette étude, les protéines Spike sont clairement à blâmer dans le cas présent :

“Ce qu’on sait cependant, c’est que les injections à ARN messager (ou à adénovirus vecteurs) consistent à faire fabriquer par les cellules de la personne vaccinée des protéines Spike responsables de troubles sur le système cardio-vasculaire9.”

Comme vous venez de le lire, avec le fonctionnement des vaccins ARN, ce sont nos propres cellules qui fabriquent ces protéines, pour apprendre à les reconnaître et se protéger contre le coronavirus.

Ainsi, même les cellules cardiaques peuvent en fabriquer et malencontreusement faire surréagir le système immunitaire au passage10.

Sans oublier les effets toxiques de la protéine Spike sur l’endothélium (la paroi vasculaire du cœur et des vaisseaux sanguins) “provoquant inflammation, hypercoagulabilité et thromboses. 

Ceci peut s’exprimer cliniquement par des infarctus du myocarde, des thrombophlébites cérébrales et des accidents vasculaires cérébraux (AVC)11.”

Autrement dit, le loup pourrait être dans la bergerie et les vaccins nous transformeraient en bombe à retardement.
 
Et faire des vaccinations à répétition n’arrange en rien cette situation, bien au contraire !

Enfin, si cela ne suffisait pas, les myocardites peuvent bien souvent être asymptomatiques et présentent en général des complications sur le tard, des années voire des décennies plus tard12.

Ou comme le conclut l’article de FranceSoir :

“Espérons que l’inoculation de masse d’un tel « vaccin » totalement novateur, dans le mépris du principe de précaution, après avoir renvoyé les patients chez eux sans les soigner et sans surveillance, ne conduise pas à la survenue d’une épidémie d’insuffisance cardiaque sur myocardiopathie dilatée dans les 10 à 15 ans à venir13.”

Le vaccin n’est pas la solution miracle au coronavirus, c’est un fait.

Pour autant, une nouvelle étude américaine vient de conclure que le risque de développer une myocardite était 7 fois plus élevé quand on est affecté par le Covid sans être vacciné que lorsqu’on est vacciné14.

Bien évidemment, je reviendrai prochainement sur ces résultats (nous ne sommes jamais à l’abri d’une étude subventionnée par les laboratoires pharmaceutiques), mais cette conclusion est néanmoins glaçante :

Vaccinés ou non, infectés ou non, il semblerait bien qu’une augmentation des cas de myocardites nous attende dans tous les cas de figure.

Prenez soin de vous,

Thibaut Masco de Santé Non Censurée

mensonge-etat-masques

 

Sources : 
https://www.cardio-online.fr/Actualites/A-la-une/ESC-2022/Incidence-non-negligeable-myocardites-apres-3-dose-vaccin-ARN-messager-anti-COVID-19
https://www.nexus.fr/actualite/vaccin/800-fois-myocardites/?s=08
https://www.nexus.fr/actualite/vaccin/800-fois-myocardites/?s=08
https://www.nexus.fr/actualite/vaccin/800-fois-myocardites/?s=08
https://www.nexus.fr/actualite/vaccin/800-fois-myocardites/?s=08
https://www.nexus.fr/actualite/vaccin/800-fois-myocardites/?s=08
https://www.cardio-online.fr/Actualites/A-la-une/ESC-2022/Incidence-non-negligeable-myocardites-apres-3-dose-vaccin-ARN-messager-anti-COVID-19
https://www.cardio-online.fr/Actualites/A-la-une/ESC-2022/Incidence-non-negligeable-myocardites-apres-3-dose-vaccin-ARN-messager-anti-COVID-19
https://www.nexus.fr/actualite/vaccin/800-fois-myocardites/?s=08
10 https://www.nexus.fr/actualite/vaccin/800-fois-myocardites/?s=08
11 https://www.francesoir.fr/tribunes/myocardites-post-vaccinales-covid-19-des-risques-d-insuffisance-cardiaque-long-terme
12 https://www.francesoir.fr/tribunes/myocardites-post-vaccinales-covid-19-des-risques-d-insuffisance-cardiaque-long-terme
13 https://www.francesoir.fr/tribunes/myocardites-post-vaccinales-covid-19-des-risques-d-insuffisance-cardiaque-long-terme
13  https://www.lindependant.fr/2022/10/20/covid-peu-mortelles-plus-frequentes-chez-les-infectes-que-chez-les-vaccines-on-en-sait-plus-sur-les-myocardites-durant-la-pandemie-10751530.php

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01 novembre 2022

GUERRE UKRAINE/RUSSIE ... VA-T-ON-ALLER VERS LA DESTRUCTION TOTALE DU POTENTIEL ENERGETIQUE DE L'UKRAINE ?

La riposte russe aux attaques

 

de drones sur Sébastopol :

 

Une grande partie de l’Ukraine

 

sans électricité !

 

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par Le Courrier des Stratèges.

Ce lundi matin, l’armée russe a un peu plus détruit l’infrastructure électrique ukrainienne. À chaque fois que les Ukrainiens entreprennent une action d’éclat – avec le soutien logistique OTANien – nos médias se réjouissent. Puis vient la riposte. Et là tout le monde se tait. Parce qu’il faudrait avouer que nous poussons l’Ukraine à la guerre sans vouloir la défendre contre les représailles russes. Ce qui s’était passé après l’attentat contre le Pont de Crimée se répète après l’attaque de drones aériens et maritimes contre Sébastopol. Jusques à quand les dirigeants occidentaux continueront-il à enfoncer l’Ukraine dans le chaos pour assouvir l’illusion que notre civilisation a encore une cause à défendre alors que nos élites sont simplement, comme celles de l’Empire romain, riches, désespérées et décadentes au plus haut point ?

 

Intel Slava Z est un des canaux Telegram qui suit le conflit ukrainien avec le plus de précision. On y lit ce jour : 

« Les frappes de missiles d’aujourd’hui sur l’infrastructure énergétique ont été qualifiées de « catastrophiques » lors d’une réunion d’urgence du gouvernement ukrainien à Kiev. Si avant cela, le réseau électrique ukrainien, bien qu’avec la tension maximale des générations et des postes de transformation, pouvait assurer le transport de l’électricité dans toute l’Ukraine, après les frappes d’aujourd’hui, un effondrement s’est produit. Plus de quarante installations clés des réseaux énergétiques ukrainiens ont été touchées. Parmi elles, on trouve DneproGES, Yuzhnodnestrovskaya GES, Kanevskaya et Kremenchugskaya GES. …

L’évaluation des dégâts est en cours, mais il est déjà clair que pour rétablir le fonctionnement du système énergétique, même en mode d’urgence minimum, il faudra des ressources et des équipements énormes, dont l’Ukraine ne dispose pas. …

En fait, l’Ukraine est au bord de l’effondrement énergétique. …

L’attaque de missiles du 10 octobre a détruit jusqu’à 15% (estimation prudente) des installations de production et de transfert d’énergie. L’attaque d’aujourd’hui a désactivé au moins 15% supplémentaires (estimation prudente) de ces installations, ce qui déséquilibrera complètement le fonctionnement du réseau énergétique unifié de l’Ukraine. Dans le même temps, jusqu’à 60% de tous les transformateurs des réseaux de 330 kW ont été détruits. Jusqu’à présent, les réseaux de 750 kW qui reçoivent l’électricité des centrales nucléaires ukrainiennes sont en service, mais sans transformateurs abaisseurs, ils sont inutiles. La plupart des équipements électriques industriels et domestiques brûleront tout simplement à cette tension. Autrement dit, on produit de l’électricité, mais il est impossible de l’utiliser. …

Les coups actuels sont « catastrophiques » car l’Ukraine ne peut plus compenser efficacement leurs conséquences. Et la prochaine vague de frappes de missiles pourrait finalement plonger l’Ukraine dans l’obscurité. »

Dilettantisme occidental, suicide ukrainien

Samedi 29 octobre, nos médias ont salué l’audacieuse attaque ukrainienne contre des navires russes, civils et militaires, à Sébastopol. Et personne n’a sérieusement nié que l’Ukraine eût été aidée par la marine britannique pour réaliser l’opération. 

Sauf que, précisément, il se passe ce qui s’est déjà passé avec le Pont de Crimée : les représailles russes sont terribles. Contre l’État kiévien. Peut-être les dirigeants blasés et nihilistes de Londres et de Washington espèrent-ils que la Russie pratiquera l’escalade contre eux. Mais les Russes frappent l’Ukraine et la plongent de plus en plus dans le noir.  

Le gouvernement ukrainien ne peut plus dissimuler l’ampleur des dégâts : 

« Le Premier ministre ukrainien, Denys Shmyhal, a confirmé que des attaques directes avaient touché 18 sites, dont la plupart étaient liés à l’approvisionnement énergétique du pays. L’intensification de ces attaques a créé un sentiment de panique croissant, alors que les températures chutent et que l’hiver approche. …

« Des missiles et des drones ont frappé 10 régions, où 18 sites ont été endommagés, la plupart liés à l’énergie », a déclaré Shmyhal sur Telegram. « Des centaines d’établissements dans sept régions d’Ukraine ont été coupés ». Des installations à Cherkasy et Kirovohrad ont également été attaquées. L’armée ukrainienne a déclaré avoir intercepté des projectiles au-dessus de la région de Lviv, ce qui a épargné cette partie occidentale du pays de tout dommage. …

Le Washington Post a noté que « les coupures de courant se poursuivent dans les régions de Kiev, Zaporiijia, Dnipropetrovsk et Kharkiv », entre autres. Le Post a énuméré quelques-unes des régions ci-dessous touchées par des pannes de courant à grande échelle et des perturbations de l’approvisionnement en eau :

• Région de Kiev : Les frappes russes ont endommagé des bâtiments, et les sauveteurs sont à la recherche de victimes, a déclaré la police régionale. Les attaques ont laissé 80% de la capitale sans eau et sont susceptibles de provoquer des pannes de courant durables, a déclaré le maire Vitali Klitschko.

• Kharkiv : Deux frappes ont touché des installations d’infrastructures essentielles dans la ville orientale, causant des problèmes d’approvisionnement en eau et affectant le réseau de transport public, a déclaré le maire.

• Région de Zaporijia : Une installation d’infrastructure a été frappée par des roquettes, a déclaré le gouverneur local, ce qui a incité les responsables de la région du sud à avertir que l’approvisionnement en énergie pourrait également être affecté.

• Région de Tcherkassy : Une partie de la région a perdu l’électricité après des attaques aériennes sur des installations d’infrastructure, a déclaré l’administrateur militaire.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a condamné ces attaques comme de nouveaux crimes de guerre : « Un autre lot de missiles russes frappe les infrastructures critiques de l’Ukraine. Au lieu de se battre sur le champ de bataille, la Russie combat les civils », a-t-il tweeté. »

Combien de temps faudra-t-il pour que cesse le cycle infernal de la manipulation du tempérament suicidaire des dirigeants kiéviens par le dilettantisme blasé de dirigeants occidentaux, qui encouragent régulièrement l’Ukraine à l’escalade contre la Russie, pour l’abandonner, ensuite, exposée aux frappes russes. 

La guerre d’Ukraine n’est-elle qu’une version moderne des jeux du cirque de l’Empire romain ? 

 

source : Le Courrier des Stratèges

 

 

Riposte russe : Les destructions

 

s’accélèrent en Ukraine

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par Bruno Bertez.

Les frappes de missiles en cours sur l’infrastructure énergétique ont été qualifiées de « catastrophiques » lors d’une réunion d’urgence du gouvernement ukrainien à Kiev. 

Si avant cela, le réseau électrique ukrainien, bien qu’avec la tension maximale des générateurs et des sous-stations de transformation, pouvait assurer le transport de l’électricité dans toute l’Ukraine, alors, après les frappes d’aujourd’hui, un effondrement s’est produit. Plus de quarante installations clés des réseaux énergétiques ukrainiens ont été touchées. Parmi eux figurent DneproGES, Yuzhnodnestrovskaya GES, Kanevskaya et Kremenchugskaya GES.

L’évaluation des dégâts est en cours, mais il est déjà clair que pour rétablir le fonctionnement du système énergétique, même en mode d’urgence minimum, d’énormes ressources et équipements seront nécessaires, ce que l’Ukraine ne possède pas.

En fait, l’Ukraine est au bord de l’effondrement énergétique.

L’attaque au missile du 10 octobre a détruit jusqu’à 15% (estimation prudente) des installations de production et de transfert d’énergie. Les frappes d’aujourd’hui ont désactivé au moins 15% supplémentaires (estimation prudente) de ces installations, ce qui déséquilibrera complètement le fonctionnement du réseau énergétique unifié de l’Ukraine. Dans le même temps, jusqu’à 60% de tous les transformateurs des réseaux de 330 kW ont été détruits. Jusqu’à présent, des réseaux de 750 kW fonctionnent et reçoivent de l’électricité des centrales nucléaires ukrainiennes, mais sans transformateurs abaisseurs, ils sont inutiles. la plupart des équipements électriques industriels et domestiques grilleront simplement à cette tension. Autrement dit, l’électricité de générateur est produite, mais il est impossible de l’utiliser.

Les coups actuels sont « catastrophiques » car l’Ukraine ne peut plus compenser efficacement leurs conséquences. Et la prochaine vague de frappes de missiles pourrait enfin plonger l’Ukraine dans les ténèbres.

 

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Le résultat des frappes de missiles

Les régions et villes suivantes ont été touchées : Kiev – Dnepropetrovsk – Vinnitsa – Zaporijia – Poltava – Kharkiv – Kirovograd.

Attaques contre des objets importants : CHPP-5 (Kiev) – CHPP-6 (Kiev) – Lviv CHP (Lviv) – Kremenchug HPP – Dneprovskaya HPP – Novodnestrovskaya HPP Metro à Kiev et Kharkov arrêté. Il n’y a pas d’électricité.

Dans de nombreuses villes d’Ukraine, il y a des problèmes d’approvisionnement en eau et en électricité. 

À Kiev, la centrale électrique qui alimente 350 000 appartements a été endommagée.

Le plus grand holding énergétique d’Ukraine, DTEK, a déclaré que la plupart des équipements de restauration du système énergétique de l’Ukraine avaient été épuisés après les frappes de missiles des forces armées russes le 10 octobre et que l’achat d’un nouveau materiel nécessite beaucoup d’argent et de temps.

La restauration de l’ensemble du système d’approvisionnement énergétique de l’Ukraine nécessitera des centaines et des centaines de millions de dollars, ce que Kiev n’a tout simplement pas. 

Cette opinion est également partagée par les économistes occidentaux qui, après avoir effectué un calcul préliminaire, ont admis que les missiles des forces armées RF infligeaient des dommages à l’ennemi des centaines de fois supérieurs à leur coût.

source : Bruno Bertez

illustration : Le centre de communication et le service de renseignement du British Naval Operations Service en Ukraine ont reçu la visite de missiles (source : Telegram/Boris Karpov)

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GUERRE UKRAINE/RUSSIE ...Vladimir Poutine dit explicitement que le règne du dollar est terminé !

Guerre d’Ukraine – point au jour 247 –

 

Vladimir Poutine dit explicitement

 

que le règne du dollar est terminé

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La ligne de front bouge peu, parce que l'Ukraine n'a pas les moyens d'attaquer et parce que la Russie n'a pas encore complété son dispositif. En revanche, l'armée russe continue à détruire progressivement les infrastructures électriques ukrainiennes et les centres de commandement, en particulier à coups de drones. La diplomatie allemande est de plus en plus déboussolée: le président Steinmeier s'est finalement rendu à Kiev et a promis des livraisons d'armes - triste reniement de l'ancien proche de Gerhard Schröder. Pendant ce temps, Vladimir Poutine a prononcé, le 27 octobre, un discours aussi important que celui de février 2007 à Munich: il a explicité ce qu'il entendait par "monde multipolaire". Les médias occidentaux se moquent de la main tendue par le président russe, sans voir que l'appel au respect universel des traditions et au dialogue des civilisations fait grandir le prestige de Moscou dans le reste du monde. Et ceci à un moment où le jeu ukraino-britannique avec une "bombe sale" a non seulement barré définitivement pour Johnson le chemin d'un retour à Downing Street mais fait toucher du doigt, plus généralement, aux gouvernements occidentaux, combien ils se sont comportés jusqu'à maintenant comme des apprentis-sorciers.

La Bataille d’Ukraine – 

24-26 octobre 2022

Lu sur Southfront.org: 

  1. Multiplication des actes terroristes par Kiev: 

“Le 24 octobre, une explosion a endommagé une voie ferrée et plusieurs wagons dans la région de Briansk. À la suite de ce sabotage, la ligne ferroviaire reliant le Bélarus et la Russie par la région de Gomel a été temporairement interrompue. (…) Les principales cibles des saboteurs coordonnés par les services ukrainiens sont les responsables politiques, les militants et les journalistes travaillant dans les régions passées sous contrôle russe.

Le matin du 25 octobre, une attaque terroriste a frappé la compagnie de télévision régionale dans la ville de Melitopol. Une voiture remplie d’explosifs a explosé près du bâtiment, endommageant gravement l’installation.
Plus tôt, le 20 octobre, les forces ukrainiennes ont tiré 12 roquettes sur un ferry civil à Kherson. Quatre civils ont été tués, dont deux journalistes. (…)

Le 24 octobre, des agents kiéviens ont tiré sur trois civils dans une voiture dans la région de Kherson. Une personne a été tuée et deux autres ont été gravement blessées. (…)” 

2. La bataille de Bakhmout. 

De violents affrontements se poursuivent à la périphérie de la ville de Bakhmout/Artiomovsk.  La ville reste sous le contrôle des forces armées ukrainiennes tandis que l’armée russe prend d’assaut la zone industrielle de la périphérie est et s’approche de la ville par le sud, où la bataille pour le contrôle du village d’Opytnoïe est en cours.

Les unités du groupe Wagner ont le contrôle de l’usine locale d’asphalte située dans la partie sud-est de la zone industrielle. Au même moment, les groupes d’assaut russes avancent dans la ville en descendant la rue Patrice Lumumba. Les opérations de ratissage sont en cours sur le territoire de l’usine de meubles locale et de l’usine de céramique de construction Bakhmout.

Le reste des installations industrielles se trouve actuellement dans la zone grise, c’est-à-dire qu’aucune des parties belligérantes ne les contrôle.

Les forces ukrainiennes ont récemment partagé des vidéos de la zone industrielle, montrant les destructions sur le territoire de l’usine Siniat située à plusieurs kilomètres à l’ouest de l’usine de céramique de construction Bakhmout. Les sources ukrainiennes ont revendiqué une autre victoire des militaires ukrainiens. Certaines sources ont rapporté par erreur que l’armée ukrainienne avait repoussé les combattants russes Wagner de l’usine d’asphalte.

Cependant, les forces russes n’ont jamais revendiqué le contrôle de cette installation. Les militaires ukrainiens auraient quitté leurs positions de l’usine de Siniat il y a environ une semaine. Ils ont partagé quelques photos qui ont été déclarées comme une nouvelle victoire. Il est peu probable que les militaires ukrainiens rétablissent leurs positions dans la zone. Ainsi, les combats pour le contrôle de l’installation doivent encore avoir lieu.

À la périphérie sud de la ville, les forces dirigées par la Russie contrôlent le village d’Ivangrad et prennent d’assaut Opytnoïe. Les affrontements se poursuivent dans le village. Les villages de Veselaya Dolina et Zaitsevo sont également sous contrôle russe. Les forces russes sécurisent leurs positions dans la région afin de menacer le groupement ukrainien de Bakhmout depuis la direction du sud.

Les militaires russes avancent vers l’ouest en traversant la rivière Bakhmoutka. Le village d’Otradovka situé sur la route menant à Bakhmout est sous contrôle russe. Le 24 octobre, lors de l’opération d’assaut lancée depuis Otradovka, les troupes russes ont repoussé les unités de la 58e brigade d’infanterie motorisée de  nl’armée ukrainienne vers les lignes de défense de réserve.

Les militaires russes s’approchent de Klesheevka et de Kurdymovka. Leur objectif est de couper les voies ferrées menant à Bakhmout par la direction sud-ouest.

À leur tour, le 24 octobre, les combattants du 46e bataillon d’assaut de la 53e brigade mécanisée ukrainienne ont tenté d’attaquer le flanc des forces russes depuis Kleshcheevka. L’attaque a été repoussée et a permis aux militaires russes de passer à l’offensive dans la région.

Le groupement ukrainien de Bakhmout risque d’être encerclé depuis la direction sud-ouest ; mais jusqu’à présent, le rythme de l’avancée russe dans la région a été ralenti. Il est également peu probable que les groupes d’assaut Wagner puissent avancer dans la ville avant que les principales routes d’approvisionnement de l’armée ukrainienne ne soient coupées. (…)

Les forces ukrainiennes renforcent leurs positions dans la ville, se préparant à l’assaut russe à venir. Elles érigent (…) des barricades dans les rues près des installations civiles. Les militaires ukrainiens, ainsi que les mercenaires polonais et britanniques, évitent le contact direct avec les militaires russes, en équipant des postes de tir dans les immeubles et appartements résidentiels, ainsi que dans les grandes entreprises civiles.

Il reste encore quelques civils dans la ville, mais ils sont très peu nombreux“.

Autre constat fait dans la première moitié de cette semaine: 

Des problèmes médicaux de plus en plus marqués pour l’armée ukrainienne: 

Au début du mois d’août, les responsables de Kiev ont annoncé une contre-offensive de grande envergure qui aurait dû commencer cet automne et ramener le sud de l’Ukraine sous le contrôle de Zelenski. À l’heure actuelle, il ne reste qu’un mois avant l’arrivée de l’hiver et rien ne laisse présager la reprise de la ville de Kherson aux Russes. Mais ce qu’il y a de nombreux signes, c’est la crise sanitaire à laquelle l’Ukraine est actuellement confrontée.

Au milieu des pannes massives causées par les frappes russes sur l’infrastructure énergétique et des centaines de soldats blessés, de nombreux hôpitaux sont confrontés à une grave pénurie de médicaments et au problème du manque de place pour déplacer les patients.

Des sources locales de la ville ukrainienne de Nikolaïev (le centre régional du sud de l’Ukraine) rapportent que le pays déchiré par la guerre est sur le point de faire face à une pénurie de médicaments sur fond de graves dommages infligés à l’infrastructure énergétique de l’État.

Le médecin en chef de l’hôpital №1 de la ville de Nikolaïev a émis l’ordre de traiter les patients avec une quantité de médicaments et d’autres produits inférieure de 20 à 40 % en raison d’erreurs dans la chaîne d’approvisionnement et de l’impossibilité de stocker ces substances comme avant. En outre, cette crise se heurte à la nécessité de fournir des soins médicaux à un plus grand nombre de personnes, car l’opération de contre-offensive de l’armée ukrainienne à Kherson, annoncée précédemment, semble avoir fait des milliers de blessés, sans pratiquement aucun succès tactique.

Comme on peut le voir sur la photo, l’hôpital doit déployer d’urgence 220 lits d’hôpital supplémentaires dans tout endroit approprié. Voilà ce qui est devenu public, imaginez un peu le désordre et le chaos qui règnent là-bas, car si une institution médicale subit des changements aussi spectaculaires, beaucoup d’autres font de même.

La coupure de courant dans tout le pays n’est pas la seule raison du manque de médicaments. Rappelons les nombreuses affaires de corruption et de vol d’aide humanitaire. Une grande majorité de l’aide que les pays étrangers fournissent à l’Ukraine a été volée ou vendue à la population au lieu de la donner gratuitement. Bref, c’est absolument terrible. Désormais, les gens recevraient moins de médicaments et, apparemment, les pertes ukrainiennes sont beaucoup plus importantes que ce qu’ils veulent nous faire croire“.

27 octobre 2022 

Lu sur Southfront.org

“...Des installations militaires et des infrastructures énergétiques ukrainiennes ont de nouveau été attaquées par des missiles et des drones russes. La nuit dernière, l’alerte aérienne a retenti dans les régions de Zaporojie, Vinnitsa, Kiev, Jitomir, Tcherkassy, Dniepropetrovsk, Odessa.

Au cours de l’attaque nocturne, des drones kamikazes russes ont frappé les installations de la sous-station de Kievskaya. Au moins un autotransformateur de 750/330 kV a été détruit. Selon le rapport local, la sous-station Belotserkovskaya, plus petite, a également été touchée par les drones russes.

Il s’agit d’un coup stratégique porté au système énergétique de l’Ukraine. Les forces armées de la Fédération de Russie ont privé le district énergétique de Kiev d’une puissance de 1000 MVA provenant des centrales nucléaires de Rovno et de Khmelnitsky. Une vague de coupures de courant non planifiées a frappé la capitale et la région. La région de Kiev dispose d’autres sources de production d’énergie plus petites. Certaines d’entre elles ont déjà été frappées par les forces russes. Aujourd’hui, leur énergie est clairement insuffisante pour le fonctionnement normal du système électrique.

Les autorités ukrainiennes ont indiqué qu’en raison des attaques de missiles et de drones, les coupures de courant dans la capitale et la région de Kiev devraient durer longtemps. Kiev n’est pas en mesure de stabiliser la situation de l’approvisionnement en énergie dans un avenir proche. La consommation d’électricité sera limitée à Kiev, ainsi que dans les régions de Kiev, Tchernigov, Tcherkassy et Jitomir.

Il est rapporté que des drones russes ont détruit des installations d’infrastructure énergétique et militaire dans la ville de Dniepropetrovsk et à Pavlograd, dans la région de Dniepropetrovsk. Des drones kamikazes russes ont frappé l’usine mécanique de Pavlograd. La production de composants et de carburant pour missiles, d’explosifs et d’éléments de munitions était établie sur le territoire de l’entreprise.

Six explosions ont retenti dans la ville de Zaporojie. Les autorités locales ont déclaré que deux d’entre elles étaient le résultat du travail de la défense aérienne, et quatre étaient le résultat des frappes sur les positions militaires des militants de l’armée ukrainienne. Il y a eu une détonation de munitions. La ville a été mise hors tension.

Un grand incendie s’est déclaré à Kramatorsk à la suite d’une frappe d’artillerie russe. L’incendie s’est produit sur le territoire de l’entrepôt de l’USAID, situé dans le bâtiment de la société Interplast dans la zone de Krasnogorka. L’USAID fournit des armes et des munitions à l’Ukraine sous couvert d’aide humanitaire.

Tard dans la soirée, les forces russes, avec l’aide du drone Geran-2, ont touché une cible dans le district d’Ovidopolsky de la région d’Odessa. Dans la nuit du 28 octobre, les forces russes ont déjà frappé les régions de Dnipropetrovsk et de Nikolaïev“.

 

28 octobre 2022

Le Général Choïgou, ministre de la Défense a rendu compte au président russe de l’achèvement de la mobilisation partielle: 

“À l’heure actuelle, 218 000 personnes suivent un entraînement au combat au sein d’équipages ou d’unités dans les centres et terrains d’entraînement.

À l’issue de cette formation, 82 000 réservistes ont été envoyés dans la zone de l’opération militaire spéciale, dont plus de 41 000 ont rejoint des unités sur place. Ceux qui sont passés à l’action recevront le statut d’ancien combattant et le paquet d’avantages sociaux correspondant. Toutes les recrues appelées dans le cadre de la mobilisation ont été déployées aujourd’hui. Il n’y a plus de convocation. L’objectif que vous aviez fixé – 300 000 personnes – a été atteint. Aucun objectif supplémentaire n’est prévu. Les bureaux d’enrôlement militaire continueront à constituer les troupes pour l’opération militaire spéciale uniquement en acceptant les volontaires et les candidats qui ont l’intention de rejoindre le service sous contrat”

L'Ukraine: un trou noir pour les livraisons d'armes?

Lu dans Foreign Policy

L’Ukraine fait pression sur les États-Unis pour qu’ils envoient des mines lancées par l’artillerie et des défenses aériennes à courte portée capables d’intercepter les drones de fabrication iranienne, alors que les réserves de munitions en provenance de l’Ouest continuent de s’amenuiser, selon trois assistants du Congrès et deux responsables ukrainiens au fait de la question.

Alors que les offensives russes à l’est et au sud s’enlisent, puis s’inversent, les drones fournis par l’Iran ont donné à la Russie un avantage temporaire dans la bataille des munitions en lui offrant un moyen bon marché d’ébrécher les forces ukrainiennes qui empiètent sur son territoire.

Depuis un mois, les responsables ukrainiens font pression pour obtenir des munitions conventionnelles améliorées à double usage (DPICM), une forme de munitions à fragmentation conçue pour éclater en une multitude de sous-munitions plus petites afin de détruire des cibles mobiles telles que des chars ou des troupes sans méfiance, ainsi que des équivalents européens. Les États-Unis sont actuellement interdits d’exportation de ces systèmes.

Les responsables ukrainiens souhaitent acquérir ces armes explosives pour réduire l’usure des canons d’artillerie standard de l’OTAN, ce qui fait partie d’une poignée de nouvelles demandes d’obus et de systèmes de défense aérienne américains et européens formulées ces dernières semaines. L’Ukraine fait également pression pour que les États-Unis envoient le système de défense aérienne Avenger lancé par camion, utilisé par l’armée américaine pour faire face à l’afflux de drones iraniens Shahed-136, selon deux assistants du Congrès et un responsable militaire ukrainien, parmi une poignée de nouvelles demandes.

“Nous demandons sans cesse de nouvelles munitions à plus longue portée et plus explosives”, a déclaré un responsable militaire ukrainien, s’exprimant sous couvert d’anonymat pour parler franchement des demandes en cours. “Nous en avons besoin pour détruire les fortifications russes sur notre territoire”.

Les demandes, que les responsables ukrainiens ont commencé à adresser à leurs homologues américains il y a un mois, sont devenues plus urgentes car les stocks OTAN d’artillerie de 152 mm de l’époque soviétique ont été réduits à presque zéro, laissant les troupes ukrainiennes plus dépendantes des pièces d’artillerie obusier de 155 mm standard de l’alliance pour repousser l’avancée russe. Mais seuls 30 % des pièces d’artillerie ukrainiennes sont conformes aux normes de l’OTAN, et l’intensité des récents échanges d’artillerie avec les soldats russes a suscité l’inquiétude des responsables ukrainiens quant à la durée de vie des nouveaux canons de 155 mm, dont l’usure est déjà plus importante. C’est pourquoi ils veulent que les obus qu’ils tirent frappent plus fort ; les obus explosifs peuvent être jusqu’à cinq fois plus puissants qu’un obus normal.

Sasha Ustinova, un membre du Parlement ukrainien, a déclaré que les responsables ukrainiens avaient également demandé des munitions à fragmentation BONUS, fabriquées par la société suédoise Bofors et la société française Nexter, qui peuvent être tirées à partir de pièces d’artillerie standard de l’OTAN pour détruire des véhicules blindés, ainsi que la bombe de petit diamètre lancée depuis le sol, développée par Boeing et le constructeur automobile Saab. L’Ukraine a également demandé le système d’artillerie Archer de fabrication suédoise, un autre obusier de 155 mm monté sur le châssis d’un véhicule tout-terrain Volvo. Ni le Conseil national de sécurité des États-Unis ni le Département d’État américain n’ont immédiatement répondu aux demandes de commentaires de Foreign Policy. L’ambassade de Suède à Washington a refusé de commenter les demandes d’armes spécifiques de l’Ukraine.

“La Suède semble avoir des tonnes d’armes dont nous avons besoin”, a déclaré Mme Ustinova.

Le retard dans la livraison des armes à sous-munitions cause des maux de tête au Capitole, où certains législateurs et assistants s’inquiètent du fait que l’administration Biden ne donne toujours pas à l’Ukraine les armes adéquates pour terminer le travail alors que le conflit approche de la marque des neuf mois. “Ces armes à sous-munitions ont été littéralement conçues spécifiquement en tenant compte des avantages soviétiques en matière de tubes d’artillerie”, a déclaré un assistant du Congrès qui connaît bien la demande. “Les Ukrainiens disent : “Vous avez ces armes spécialement conçues pour le type de menace auquel nous sommes confrontés, pourquoi ne pourrions-nous pas les avoir ?

Le porte-parole du département de la défense américain, le lieutenant-colonel Garron Garn, a déclaré que l’agence ne ferait pas de commentaires sur les demandes d’armes spécifiques de l’Ukraine, mais que le soutien américain “se concentre sur l’équipement qui est pertinent pour le combat actuel”.

Bizarreries allemandes

+ J’avais manqué ce grand moment et je m’en excuse auprès de mes lecteurs. On n’est jamais assez vigilant. Le 25 septembre 2022, Annalena Baerbock, ministre allemand des Affaires étrangères a déclaré sur ZDF: “On n’a plus affaire à une guerre menée seulement avec les chars, comme au XIXè siècle“. Cette dame, dont Christine Lagarde avait déclaré qu’elle la verrait bien comme Chancelier allemand et que Time Magazine vient de classer parmi les “cent personnalités qui montent” est assise dans le fauteuil de Gustav Stresemann, Willy Brandt et Hans-Dietrich Genscher. A vrai dire, nous n’avons plus de raison d’avoir peur de la puissance allemande, nous autres Français; mais plutôt de l’effondrement allemand….La palinodie du président de la République Fédérale, Steinmeier, qui s’est finalement rendu en Ukraine, en est un autre exemple.  

+ Monsieur Steinmeier, président de la République Fédérale s’est finalement rendu à Kiev (officiellement mais en réalité il a passé du temps dans un abri antiaérien dont la localisation exacte n’a pas été communiquée) – nous avions rapporté l’annulation , initialement, du déplacement prévu la semaine dernière et il a promis des armes, dans le contexte des tensions croissantes entre Kiev et ses sponsors, Vladimir Zelenski se plaignant de ne pas recevoir assez:

Lors d’une conférence à Berlin, M. Zelenski s’est plaint de ne pas avoir encore reçu “un seul centime” dans le cadre du plan de redressement rapide du pays, qui s’élève à 17 milliards de dollars. Le même jour, la chef de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’a calmé en promettant 19 milliards d’euros supplémentaires, hors fournitures militaires. Les Européens verseront chaque mois 1,5 milliard d’euros aux Ukrainiens.

Pendant ce temps, le président allemand Steinmeier se cachait dans un bunker en Ukraine occidentale. Comme presque toutes les personnalités étrangères venues en Ukraine pour discuter de l’aide militaire et financière, il a été accueilli par une alerte aérienne. Le même vieux scénario mis en scène par les Ukrainiens a fonctionné. Steinmeier a promis à Zelenski que le MLRS Mars II et quatre obusiers supplémentaires de type Panzerhaubitze 2000 seraient transférés à l’Ukraine dans les prochains jours. Berlin a déjà fourni au régime de Kiev des biens militaires pour un montant total de 686 millions d’euros.’

Dire que Steinmeier a été l’un des plus proches collaborateurs de Schröder chancelier puis, comme ministre des Affaires étrangères (2005-2009 et 2013-2017), avait à coeur d’équilibrer la russophobie latente d’Angela Merkel….

+ Lu sur euronews

“L’Allemagne a trouvé un compromis sur une mesure controversée visant à permettre à un groupe maritime chinois d’acquérir une participation dans un terminal du port de Hambourg.

L’accord est controversé car, à l’heure où l’Allemagne tente de se sevrer des importations d’énergie russe, il est perçu comme une dépendance accrue vis-à-vis de la Chine.

L’achat pourrait permettre à Pékin d’instrumentaliser politiquement une partie de l’infrastructure critique de l’Allemagne et de l’Europe.


Mercredi, le gouvernement allemand a accepté d’autoriser COSCO Shipping à acquérir une participation de moins de 25 %, au lieu des 35 % prévus précédemment.

Le ministère allemand des affaires économiques a déclaré que cette décision avait été prise pour empêcher un “investissement stratégique” de COSCO dans le terminal et “réduire l’acquisition à un investissement purement financier“.

L’Allemagne s’éloigne donc chaque jour un peu plus d’une indépendance stratégique européenne. Pour compenser sa plus grande soumission à la politique américaine, Olaf Scholz rend l’Allemagne un peu plus dépendante de la Chine. 

 

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Le discours de Vladimir Poutine devant le Club Valdaï

Le discours tenu par le président russe le 27 octobre 2022 était essentiellement consacré à la question de la poilitique occidentale. Il mérite d’être cité intégralement pour comprendre les motivations de la politique russe en Ukraine mais aussi le pouvoir d’attraction de Moscou sur une partie du monde. (C’est nous qui soulignons certains passages): 

Mesdames et messieurs, chers amis,

J’ai eu l’occasion de me faire une idée de ce dont vous avez discuté ici au cours des derniers jours. Ce fut une discussion intéressante et substantielle. J’espère que vous ne regrettez pas d’être venus en Russie et de communiquer entre vous.

Je suis heureux de vous voir tous.

Nous avons utilisé la plate-forme du Club Valdai pour discuter, plus d’une fois, des changements majeurs et graves qui ont déjà eu lieu et qui sont en train de se produire dans le monde, des risques posés par la dégradation des institutions mondiales, l’érosion des principes de sécurité collective et la substitution des “règles” au droit international. J’ai été tenté de dire “nous savons clairement qui a élaboré ces règles”, mais ce ne serait peut-être pas une affirmation exacte. Nous n’avons aucune idée de qui a inventé ces règles, de ce sur quoi ces règles sont basées, ou de ce que contiennent ces règles.

Il semble que nous soyons témoins d’une tentative d’application d’une seule règle par laquelle les personnes au pouvoir – nous parlions du pouvoir, et je parle maintenant du pouvoir mondial – pourraient vivre sans suivre aucune règle et pourraient s’en tirer à bon compte. Ce sont ces règles que nous entendons constamment, comme on dit, rabâcher, c’est-à-dire en parler sans cesse…

Les discussions de Valdai sont importantes car on peut y entendre diverses évaluations et prévisions. La vie montre toujours à quel point elles étaient exactes, car la vie est le professeur le plus sévère et le plus objectif. Ainsi, la vie montre à quel point les prévisions des années précédentes étaient exactes.

Hélas, les événements continuent de suivre un scénario négatif, dont nous avons discuté plus d’une fois lors de nos précédentes réunions. De plus, ils se sont transformés en une crise majeure à l’échelle du système qui a touché, outre la sphère militaro-politique, les sphères économique et humanitaire.

Ce qu’on appelle l’Occident, qui est bien sûr une construction théorique puisqu’il n’est pas uni et qu’il s’agit clairement d’un conglomérat très complexe, mais je dirai quand même que l’Occident a pris un certain nombre de mesures au cours des dernières années et surtout au cours des derniers mois qui sont destinées à aggraver la situation. En fait, ils cherchent toujours à aggraver la situation, ce qui n’est pas nouveau non plus. Cela inclut l’incitation à la guerre en Ukraine, les provocations autour de Taïwan et la déstabilisation des marchés mondiaux de l’alimentation et de l’énergie. Ce dernier point n’a bien sûr pas été fait exprès, cela ne fait aucun doute. La déstabilisation du marché de l’énergie résulte d’un certain nombre d’erreurs systémiques commises par les autorités occidentales que j’ai mentionnées plus haut. Comme nous pouvons le voir maintenant, la situation a été aggravée par la destruction des gazoducs paneuropéens. Il s’agit là de quelque chose de tout à fait différent, mais nous sommes néanmoins témoins de ces tristes développements.

Le pouvoir mondial est exactement ce que le soi-disant Occident a en jeu. Mais ce jeu est certainement dangereux, sanglant et, je dirais, sale. Il nie la souveraineté des pays et des peuples, leur identité et leur singularité, et foule aux pieds les intérêts des autres États. De toute façon, même si la négation n’est pas le mot utilisé, ils le font dans la vie réelle. Personne, à l’exception de ceux qui créent ces règles que j’ai mentionnées, n’a le droit de conserver son identité : tous les autres doivent se conformer à ces règles.

À cet égard, permettez-moi de vous rappeler les propositions faites par la Russie à nos partenaires occidentaux pour instaurer la confiance et un système de sécurité collective. Elles ont été une fois de plus rejetées en décembre 2021.

Cependant, s’asseoir sur ses lauriers peut difficilement fonctionner dans le monde moderne. Celui qui sème le vent récoltera la tempête, comme le dit le proverbe. La crise a en effet pris une dimension mondiale et a eu un impact sur tout le monde. Il ne faut pas se faire d’illusions à ce sujet.

L’humanité est à la croisée des chemins : soit elle continue à accumuler les problèmes et finit par crouler sous leur poids, soit elle travaille ensemble pour trouver des solutions – même imparfaites, du moment qu’elles fonctionnent – qui peuvent faire de notre monde un endroit plus stable et plus sûr.

Vous savez, j’ai toujours cru au pouvoir du bon sens. C’est pourquoi je suis convaincu que, tôt ou tard, les nouveaux centres de l’ordre international multipolaire et l’Occident devront entamer un dialogue sur un pied d’égalité au sujet d’un avenir commun pour nous tous, et le plus tôt sera le mieux, bien entendu. À cet égard, je vais souligner certains des aspects les plus importants pour nous tous.

Les développements actuels ont éclipsé les questions environnementales. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est ce dont je voudrais parler en premier aujourd’hui. Le changement climatique n’est plus en tête des priorités. Mais ce défi fondamental n’a pas disparu, il est toujours là, et il s’amplifie.

La perte de biodiversité est l’une des conséquences les plus dangereuses de la perturbation de l’équilibre environnemental. Cela m’amène au point essentiel pour lequel nous sommes tous réunis ici. N’est-il pas tout aussi important de maintenir la diversité culturelle, sociale, politique et civilisationnelle ?

Dans le même temps, l’Occident moderne s’emploie essentiellement à aplanir et à effacer toutes les différences. Qu’est-ce qui se cache derrière cela ? Tout d’abord, le déclin du potentiel créatif de l’Occident et la volonté de freiner et de bloquer le libre développement d’autres civilisations.

Il y a aussi, bien sûr, un intérêt ouvertement mercantile. En imposant aux autres leurs valeurs, leurs habitudes de consommation et leur standardisation, nos adversaires – je vais faire attention aux mots – tentent d’élargir les marchés pour leurs produits. L’objectif poursuivi sur cette voie est, en définitive, très primitif. Il est notable que l’Occident proclame la valeur universelle de sa culture et de sa vision du monde. Même s’ils ne le disent pas ouvertement, ce qu’ils font d’ailleurs souvent, ils se comportent comme si c’était le cas, comme si c’était une réalité, et la politique qu’ils mènent vise à montrer que ces valeurs doivent être acceptées inconditionnellement par tous les autres membres de la communauté internationale.

Je voudrais citer le célèbre discours de remise des diplômes d’Alexandre Soljenitsyne, prononcé à Harvard en 1978. Il a dit que ce qui caractérise l’Occident, c’est “un aveuglement continu de la supériorité” – et cela continue jusqu’à ce jour – qui “soutient la croyance que de vastes régions partout sur notre planète devraient se développer et mûrir au niveau des systèmes occidentaux actuels”. Il a dit cela en 1978. Rien n’a changé.

Au cours des presque 50 ans qui se sont écoulés depuis, l’aveuglement dont parlait Soljenitsyne, ouvertement raciste et néocolonial, a pris des formes particulièrement déformées, notamment après l’émergence du monde dit unipolaire. De quoi s’agit-il ? La croyance en son infaillibilité est très dangereuse ; elle n’est qu’à un pas du désir des infaillibles de détruire ceux qu’ils n’aiment pas, ou comme ils disent, de les annuler. Il suffit de réfléchir à la signification de ce mot.

Même au plus fort de la guerre froide, au plus fort de l’affrontement des deux systèmes, des deux idéologies et de la rivalité militaire, il ne venait à l’idée de personne de nier l’existence même de la culture, de l’art, de la science des autres peuples, de leurs adversaires. Cela ne venait à l’esprit de personne. Certes, certaines restrictions étaient imposées aux contacts dans les domaines de l’éducation, de la science, de la culture et, malheureusement, du sport. Mais néanmoins, les dirigeants soviétiques et américains ont compris qu’il était nécessaire de traiter le domaine humanitaire avec tact, d’étudier et de respecter son rival, et parfois même de lui emprunter des éléments afin de conserver les bases de relations saines et productives, au moins pour l’avenir.

 

2- AUTODAFE NAZIE

Et que se passe-t-il maintenant ? Il fut un temps où les nazis en étaient arrivés à brûler des livres, et maintenant les “gardiens du libéralisme et du progrès” occidentaux en sont arrivés à interdire Dostoïevski et Tchaïkovski. La soi-disant “annulation de la culture” et en réalité – comme nous l’avons dit à maintes reprises – la véritable annulation de la culture consiste à éradiquer tout ce qui est vivant et créatif et à étouffer la libre pensée dans tous les domaines, qu’il s’agisse d’économie, de politique ou de culture.

Aujourd’hui, l’idéologie libérale elle-même a changé au point de devenir méconnaissable. Si, à l’origine, le libéralisme classique signifiait la liberté de chacun de faire et de dire ce qu’il voulait, au XXe siècle, les libéraux ont commencé à dire que la société dite ouverte avait des ennemis et que la liberté de ces ennemis pouvait et devait être restreinte, voire annulée. On en est arrivé au point absurde où toute opinion alternative est déclarée propagande subversive et menace pour la démocratie.

Tout ce qui vient de Russie est taxé d'”intrigues du Kremlin”. Mais regardez-vous. Sommes-nous vraiment si tout-puissants ? Toute critique de nos adversaires – n’importe laquelle – est perçue comme des “intrigues du Kremlin”, “la main du Kremlin”. C’est insensé. A quoi avez-vous sombré ? Utilisez votre cerveau, au moins, dites quelque chose de plus intéressant, exposez votre point de vue de manière conceptuelle. Vous ne pouvez pas tout mettre sur le dos des manigances du Kremlin.

Fiodor Dostoïevski a prophétiquement prédit tout cela au 19e siècle. L’un des personnages de son roman Démons, le nihiliste Shigalev, a décrit l’avenir radieux qu’il imaginait de la manière suivante : “Émergeant d’une liberté sans limites, je conclus par un despotisme sans limites.” Voilà à quoi en sont arrivés nos adversaires occidentaux. Un autre personnage du roman, Pyotr Verkhovensky, lui fait écho, en parlant de la nécessité d’une trahison, d’une dénonciation et d’un espionnage universels, et en affirmant que la société n’a pas besoin de talents ou de plus grandes capacités : “On coupe la langue de Cicéron, on arrache les yeux de Copernic et on lapide Shakespeare”. C’est à cela qu’aboutissent nos adversaires occidentaux. Qu’est-ce que c’est, sinon la culture d’annulation occidentale ?

Ce sont de grands penseurs et, franchement, je suis reconnaissant à mes assistants d’avoir trouvé ces citations.

Que peut-on répondre à cela ? L’histoire remettra certainement tout à sa place et saura qui annuler, et ce ne sera certainement pas les plus grandes œuvres des génies universellement reconnus de la culture mondiale, mais ceux qui, pour une raison ou une autre, ont décidé qu’ils avaient le droit d’utiliser la culture mondiale comme bon leur semble. Leur amour-propre ne connaît vraiment aucune limite. Personne ne se souviendra de leur nom dans quelques années. Mais Dostoïevski continuera à vivre, tout comme Tchaïkovski et Pouchkine, même s’ils auraient voulu le contraire.

L’uniformisation, le monopole financier et technologique, l’effacement de toutes les différences, voilà ce qui sous-tend le modèle occidental de mondialisation, qui est de nature néocoloniale. Leur objectif était clair : établir la domination inconditionnelle de l’Occident dans l’économie et la politique mondiales. Pour ce faire, l’Occident a mis à son service l’ensemble des ressources naturelles et financières de la planète, ainsi que toutes les capacités intellectuelles, humaines et économiques, tout en prétendant qu’il s’agissait d’une caractéristique naturelle de la soi-disant nouvelle interdépendance mondiale.

Je voudrais ici rappeler un autre philosophe russe, Alexandre Zinoviev, dont nous célébrerons le centenaire de la naissance le 29 octobre. Il y a plus de 20 ans, il a déclaré que la civilisation occidentale avait besoin de la planète entière comme moyen d’existence et de toutes les ressources de l’humanité pour survivre au niveau qu’elle avait atteint. C’est ce qu’ils veulent, c’est exactement ce qui se passe.

De plus, l’Occident s’est d’abord assuré une avance considérable dans ce système parce qu’il en avait développé les principes et les mécanismes – les mêmes que les règles dont ils parlent aujourd’hui et qui restent un trou noir incompréhensible parce que personne ne sait vraiment ce qu’elles sont. Mais dès que les pays non occidentaux ont commencé à tirer quelques avantages de la mondialisation, surtout les grandes nations d’Asie, l’Occident a immédiatement modifié ou complètement aboli nombre de ces règles. Et les principes soi-disant sacrés du libre-échange, de l’ouverture économique, de l’égalité de concurrence, voire des droits de propriété, ont été soudainement oubliés, complètement. Ils changent les règles sur le champ, sur place, là où ils voient une opportunité pour eux.

Voici un autre exemple de substitution de concepts et de significations. Pendant de nombreuses années, les idéologues et les politiciens occidentaux ont dit au monde qu’il n’y avait pas d’alternative à la démocratie. Certes, ils entendaient par là le style occidental, le soi-disant modèle libéral de démocratie. Ils ont rejeté avec arrogance toutes les autres variantes et formes de gouvernement par le peuple et, je tiens à le souligner, ils l’ont fait avec mépris et dédain. Cette manière de faire a pris forme depuis l’époque coloniale, comme si tout le monde était de second ordre, alors qu’eux étaient exceptionnels. Cela a duré des siècles et cela continue encore aujourd’hui.

Ainsi, actuellement, une majorité écrasante de la communauté internationale réclame la démocratie dans les affaires internationales et rejette toute forme de diktat autoritaire de la part de pays individuels ou de groupes de pays. Qu’est-ce que c’est, sinon l’application directe des principes démocratiques aux relations internationales?

Quelle position l’Occident “civilisé” a-t-il adoptée ? Si vous êtes démocrates, vous êtes censés accueillir le désir naturel de liberté exprimé par des milliards de personnes, mais non. L’Occident appelle cela saper l’ordre libéral fondé sur des règles. Il recourt aux guerres économiques et commerciales, aux sanctions, aux boycotts et aux révolutions de couleur, et prépare et exécute toutes sortes de coups d’État.

L’un d’eux a eu des conséquences tragiques en Ukraine en 2014. Ils l’ont soutenu et ont même précisé la somme d’argent qu’ils avaient dépensée pour ce coup d’État. Ils ont le culot d’agir comme bon leur semble et n’ont aucun scrupule pour ce qu’ils font. Ils ont tué Soleimani, un général iranien. Vous pouvez penser ce que vous voulez de Soleimani, mais c’était un fonctionnaire d’un État étranger. Ils l’ont tué dans un pays tiers et en ont assumé la responsabilité. Qu’est-ce que cela est censé signifier, pour l’amour du ciel ? Dans quel genre de monde vivons-nous ?

Comme à l’accoutumée, Washington continue de qualifier l’ordre international actuel de libéral à l’américaine, mais en fait, ce fameux “ordre” multiplie chaque jour le chaos et, j’ajouterais même, devient de plus en plus intolérant même à l’égard des pays occidentaux et de leurs tentatives d’agir indépendamment. Tout est étouffé dans l’œuf, et ils n’hésitent même pas à imposer des sanctions à leurs alliés, qui baissent la tête en signe d’assentiment.

Par exemple, les propositions faites en juillet par les députés hongrois de codifier l’engagement envers les valeurs et la culture chrétiennes européennes dans le traité sur l’Union européenne ont été prises non pas comme un affront, mais comme un acte de sabotage pur et simple et hostile. Qu’est-ce que cela signifie ?  En effet, cela peut plaire à certains, mais pas à d’autres.

En mille ans, la Russie a développé une culture unique d’interaction entre toutes les religions du monde. Il n’y a pas besoin d’annuler quoi que ce soit, que ce soit les valeurs chrétiennes, les valeurs islamiques ou les valeurs juives. Nous avons également d’autres religions du monde. Il suffit de se respecter mutuellement. Dans un certain nombre de nos régions – je le sais de première main – les gens célèbrent ensemble les fêtes chrétiennes, islamiques, bouddhistes et juives, et ils aiment le faire car ils se félicitent mutuellement et sont heureux les uns pour les autres.

Mais pas ici. Pourquoi pas ? Au moins, ils pourraient en discuter. Incroyable.

Sans exagérer, il ne s’agit même pas d’une crise systémique, mais d’une crise doctrinale du modèle d’ordre international néolibéral à l’américaine. Ils n’ont aucune idée de progrès et de développement positif. Ils n’ont tout simplement rien à offrir au monde, si ce n’est de perpétuer leur domination.

Je suis convaincu que la démocratie réelle dans un monde multipolaire concerne avant tout la capacité de toute nation – j’insiste – de toute société ou de toute civilisation à suivre sa propre voie et à organiser son propre système socio-politique. Si les États-Unis ou les pays de l’Union européenne jouissent de ce droit, les pays d’Asie, les États islamiques, les monarchies du golfe Persique et les pays des autres continents l’ont certainement aussi. Bien sûr, notre pays, la Russie, a également ce droit, et personne ne pourra jamais dire à notre peuple quel type de société nous devrions construire et quels principes devraient la sous-tendre.

Une menace directe pour le monopole politique, économique et idéologique de l’Occident réside dans le fait que le monde peut proposer des modèles sociaux alternatifs plus efficaces ; je tiens à le souligner, plus efficaces aujourd’hui, plus brillants et plus attrayants que ceux qui existent actuellement. Ces modèles vont certainement voir le jour. C’est inévitable. D’ailleurs, les politologues et analystes américains écrivent également à ce sujet. À vrai dire, leur gouvernement n’écoute pas ce qu’ils disent, même s’il ne peut éviter de voir ces concepts dans les magazines de sciences politiques et de les voir mentionnés dans les discussions.

Le développement devrait s’appuyer sur un dialogue entre les civilisations et les valeurs spirituelles et morales. En effet, la compréhension de l’être humain et de sa nature varie selon les civilisations, mais cette différence est souvent superficielle, et toutes reconnaissent la dignité ultime et l’essence spirituelle des personnes. Une base commune sur laquelle nous pouvons et devons construire notre avenir est d’une importance capitale.

Voici un point sur lequel je voudrais insister. Les valeurs traditionnelles ne sont pas un ensemble rigide de postulats auxquels tout le monde doit adhérer, bien sûr que non. La différence avec les valeurs dites néo-libérales, c’est qu’elles sont uniques dans chaque cas particulier, parce qu’elles sont issues des traditions d’une société particulière, de sa culture et de son contexte historique. C’est pourquoi les valeurs traditionnelles ne peuvent être imposées à personne. Elles doivent simplement être respectées et tout ce que chaque nation a choisi pour elle-même au cours des siècles doit être traité avec précaution.

C’est ainsi que nous comprenons les valeurs traditionnelles, et la majorité de l’humanité partage et accepte notre approche. C’est compréhensible, car les sociétés traditionnelles d’Orient, d’Amérique latine, d’Afrique et d’Eurasie constituent la base de la civilisation mondiale.

Le respect des us et coutumes des peuples et des civilisations est dans l’intérêt de tous. En fait, c’est aussi l’intérêt de l'”Occident”, qui devient rapidement une minorité sur la scène internationale à mesure qu’il perd sa domination. Bien sûr, le droit de la minorité occidentale à sa propre identité culturelle – je tiens à le souligner – doit être assuré et respecté, mais, surtout, sur un pied d’égalité avec les droits de toute autre nation.

Si les élites occidentales pensent qu’elles peuvent faire en sorte que leurs peuples et leurs sociétés adoptent ce que je considère comme des idées étranges et à la mode, telles que des dizaines de genres ou des parades de fierté gay, qu’il en soit ainsi. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent. Mais ils n’ont certainement pas le droit de dire aux autres de suivre leurs pas.

Nous voyons les processus démographiques, politiques et sociaux compliqués qui se déroulent dans les pays occidentaux. Il s’agit, bien entendu, de leurs propres affaires. La Russie ne s’immisce pas dans ces affaires et n’a pas l’intention de le faire. Contrairement à l’Occident, nous nous occupons de nos propres affaires. Mais nous espérons que le pragmatisme triomphera et que le dialogue de la Russie avec l’Occident authentique et traditionnel, ainsi qu’avec les autres centres de développement égalitaire, deviendra une contribution majeure à la construction d’un ordre mondial multipolaire.

J’ajouterai que la multipolarité est une réelle et, en fait, la seule chance pour l’Europe de restaurer son identité politique et économique. À vrai dire – et cette idée s’exprime explicitement en Europe aujourd’hui – la capacité juridique de l’Europe est très limitée. J’ai essayé de l’exprimer de façon modérée pour ne froisser personne.

Le monde est diversifié par nature et les tentatives occidentales de faire entrer tout le monde dans le même schéma sont clairement vouées à l’échec. Elles n’aboutiront à rien.

L’aspiration vaniteuse à la suprématie mondiale et, essentiellement, à la dictature ou à la préservation du leadership par la dictée, réduit réellement le prestige international des dirigeants du monde occidental, y compris les États-Unis, et accroît la méfiance à l’égard de leur capacité à négocier en général. Ils disent une chose aujourd’hui et une autre demain ; ils signent des documents et y renoncent, ils font ce qu’ils veulent. Il n’y a aucune stabilité dans quoi que ce soit. Comment les documents sont signés, ce qui a été discuté, ce que nous pouvons espérer – tout cela est complètement flou.

Auparavant, seuls quelques pays osaient discuter avec l’Amérique et cela avait l’air presque sensationnel, alors qu’aujourd’hui, il est devenu habituel pour toutes sortes d’États de rejeter les demandes infondées de Washington, malgré ses tentatives continues d’exercer une pression sur tout le monde. C’est une politique erronée qui ne mène nulle part. Mais laissons-les faire, c’est aussi leur choix.

Je suis convaincu que les nations du monde ne fermeront pas les yeux sur une politique de coercition qui s’est discréditée. L’Occident devra chaque fois payer un prix plus élevé pour ses tentatives de préserver son hégémonie. Si j’étais une élite occidentale, je réfléchirais sérieusement à cette perspective. Comme je l’ai dit, certains politologues et politiciens aux États-Unis y pensent déjà.

Dans les conditions actuelles de conflit intense, je serai direct sur certaines choses. En tant que civilisation indépendante et distincte, la Russie n’a jamais considéré et ne se considère pas comme un ennemi de l’Occident. L’américophobie, l’anglophobie, la francophobie et la germanophobie sont les mêmes formes de racisme que la russophobie ou l’antisémitisme et, accessoirement, la xénophobie sous toutes ses formes.

Il faut simplement comprendre clairement que, comme je l’ai déjà dit auparavant, il y a deux Occident – au moins deux et peut-être plus, mais deux au moins – l’Occident des valeurs traditionnelles, essentiellement chrétiennes, de la liberté, du patriotisme, de la grande culture et maintenant aussi des valeurs islamiques – une partie importante de la population de nombreux pays occidentaux suit l’islam. Cet Occident est proche de nous en quelque sorte. Nous partageons avec lui des racines communes, voire anciennes. Mais il existe aussi un autre Occident, agressif, cosmopolite et néocolonial. Il agit comme un outil des élites néolibérales. Naturellement, la Russie ne se pliera jamais aux diktats de cet Occident.

En 2000, après mon élection à la présidence, je me souviendrai toujours de ce à quoi j’ai été confronté : Je me souviendrai du prix que nous avons payé pour détruire l’antre du terrorisme dans le Caucase du Nord, que l’Occident soutenait presque ouvertement à l’époque. Nous sommes tous des adultes ici ; la plupart d’entre vous présents dans cette salle comprennent ce dont je parle. Nous savons que c’est exactement ce qui s’est passé dans la pratique : un soutien financier, politique et informationnel. Nous l’avons tous vécu.

Qui plus est, non seulement l’Occident a soutenu activement les terroristes sur le territoire russe, mais, à bien des égards, il a entretenu cette menace. Nous le savons. Néanmoins, après la stabilisation de la situation, lorsque les principales bandes terroristes ont été vaincues, notamment grâce à la bravoure du peuple tchétchène, nous avons décidé de ne pas revenir en arrière, de ne pas jouer les offensés, mais d’aller de l’avant, d’établir des relations même avec ceux qui ont effectivement agi contre nous, d’établir et de développer des relations avec tous ceux qui le souhaitaient, sur la base de l’avantage mutuel et du respect de chacun.

Nous pensions que c’était dans l’intérêt de tous. La Russie, Dieu merci, a survécu à toutes les difficultés de l’époque, elle a tenu bon, elle s’est renforcée, elle a été capable de faire face au terrorisme interne et externe, son économie a été préservée, elle a commencé à se développer et sa capacité de défense a commencé à s’améliorer. Nous avons essayé d’établir des relations avec les principaux pays occidentaux et avec l’OTAN. Le message était le même : cessons d’être des ennemis, vivons ensemble en tant qu’amis, engageons le dialogue, construisons la confiance et, partant, la paix. Nous étions absolument sincères, je tiens à le souligner. Nous avons bien compris la complexité de ce rapprochement, mais nous l’avons accepté.

Qu’avons-nous obtenu en réponse ? En bref, nous avons reçu un “non” dans tous les principaux domaines de coopération possible. Nous avons reçu une pression toujours plus forte sur nous et des foyers de tension près de nos frontières. Et quel est, si je puis me permettre, le but de cette pression ? Quel est-il ? S’agit-il simplement de s’entraîner ? Bien sûr que non. Le but est de rendre la Russie plus vulnérable. Le but est de faire de la Russie un outil pour atteindre leurs propres objectifs géopolitiques.

En fait, c’est une règle universelle : ils essaient de transformer tout le monde en outil, afin d’utiliser ces outils à leurs propres fins. Et ceux qui ne cèdent pas à cette pression, qui ne veulent pas être un tel outil sont sanctionnés : toutes sortes de restrictions économiques sont exercées contre eux et à leur égard, des coups d’État sont préparés ou si possible réalisés, etc. Et à la fin, si rien ne peut être fait, l’objectif est le même : les détruire, les rayer de la carte politique. Mais il n’a pas été et ne sera jamais possible d’élaborer et de mettre en œuvre un tel scénario en ce qui concerne la Russie.

Que puis-je ajouter ? La Russie ne défie pas les élites occidentales. La Russie défend simplement son droit d’exister et de se développer librement. Il est important de noter que nous ne deviendrons pas nous-mêmes un nouvel hégémon. La Russie ne propose pas de remplacer un monde unipolaire par un ordre dominant bipolaire, tripolaire ou autre, ni de remplacer la domination occidentale par une domination de l’Est, du Nord ou du Sud. Cela conduirait inévitablement à une nouvelle impasse.

À ce stade, je voudrais citer les paroles du grand philosophe russe Nikolaï Danilevsky. Il pensait que le progrès ne consistait pas à ce que tout le monde aille dans la même direction, comme semblent le vouloir certains de nos adversaires. Cela ne ferait que stopper le progrès, disait Danilevsky. Le progrès consiste à “parcourir le champ qui représente l’activité historique de l’humanité, en marchant dans toutes les directions”, a-t-il déclaré, ajoutant qu’aucune civilisation ne peut s’enorgueillir d’être le summum du développement.

Je suis convaincu que la dictature ne peut être contrée que par le libre développement des pays et des peuples ; la dégradation de l’individu peut être contrée par l’amour de la personne en tant que créateur ; la simplification et l’interdiction primitives peuvent être remplacées par la complexité florissante de la culture et de la tradition.

L’importance du moment historique d’aujourd’hui réside dans les possibilités de développement démocratique et distinct de chacun, qui s’ouvrent devant toutes les civilisations, tous les États et toutes les associations d’intégration. Nous croyons avant tout que le nouvel ordre mondial doit être fondé sur le droit et la loi, et qu’il doit être libre, distinctif et équitable.

L’économie et le commerce mondiaux doivent également devenir plus justes et plus ouverts. La Russie considère que la création de nouvelles plateformes financières internationales est inévitable ; cela inclut les transactions internationales. Ces plateformes devraient se situer au-dessus des juridictions nationales. Elles devraient être sécurisées, dépolitisées et automatisées et ne devraient pas dépendre d’un centre de contrôle unique. Est-ce que c’est possible ou non ? Bien sûr que c’est possible. Cela demandera beaucoup d’efforts. De nombreux pays devront unir leurs efforts, mais c’est possible.

Cela exclut toute possibilité d’abus dans une nouvelle infrastructure financière mondiale. Elle permettrait d’effectuer des transactions internationales efficaces, bénéfiques et sûres sans le dollar ou l’une des monnaies dites de réserve. C’est d’autant plus important, maintenant que le dollar est utilisé comme une arme ; les États-Unis, et l’Occident en général, ont discrédité l’institution des réserves financières internationales. D’abord, ils l’ont dévalué avec l’inflation dans les zones dollar et euro, puis ils ont pris nos réserves d’or et de devises.

La transition vers des transactions en monnaies nationales va rapidement prendre de l’ampleur. C’est inévitable. Bien sûr, cela dépend du statut des émetteurs de ces monnaies et de l’état de leurs économies, mais ils vont se renforcer, et ces transactions sont appelées à l’emporter progressivement sur les autres. Telle est la logique d’une politique économique et financière souveraine dans un monde multipolaire.

En outre, les nouveaux centres de développement mondiaux utilisent déjà des technologies et des recherches inégalées dans divers domaines et peuvent concurrencer avec succès les sociétés transnationales occidentales dans de nombreux domaines.

Il est clair que nous avons un intérêt commun et très pragmatique à des échanges scientifiques et technologiques libres et ouverts. Unis, nous avons plus à gagner que si nous agissons séparément. C’est la majorité qui devrait bénéficier de ces échanges, et non des sociétés individuelles super-riches.

Comment les choses se passent-elles aujourd’hui ? Si l’Occident vend des médicaments ou des semences de culture à d’autres pays, il leur dit de tuer leurs industries pharmaceutiques nationales et leur sélection. En fait, tout se résume à ceci : ses fournitures de machines-outils et d’équipements détruisent l’industrie mécanique locale. Je m’en suis rendu compte à l’époque où j’étais Premier ministre. Dès que vous ouvrez votre marché à un certain groupe de produits, le fabricant local fait instantanément faillite et il lui est presque impossible de relever la tête. C’est ainsi qu’ils établissent des relations. C’est ainsi qu’ils s’emparent des marchés et des ressources, et que les pays perdent leur potentiel technologique et scientifique. Ce n’est pas du progrès, c’est de l’asservissement et la réduction des économies à des niveaux primitifs.

Le développement technologique ne devrait pas accroître les inégalités mondiales, mais plutôt les réduire. C’est ainsi que la Russie a traditionnellement mis en œuvre sa politique technologique étrangère. Par exemple, lorsque nous construisons des centrales nucléaires dans d’autres pays, nous créons des centres de compétences et formons le personnel local. Nous créons une industrie. Nous ne nous contentons pas de construire une centrale, nous créons toute une industrie. En fait, nous donnons à d’autres pays une chance de franchir de nouvelles étapes dans leur développement scientifique et technologique, de réduire les inégalités et d’amener leur secteur énergétique à de nouveaux niveaux d’efficacité et de respect de l’environnement.

Permettez-moi de souligner à nouveau que la souveraineté et une voie de développement unique ne signifient en aucun cas l’isolement ou l’autarcie. Au contraire, il s’agit d’une coopération énergique et mutuellement bénéfique fondée sur les principes d’équité et d’égalité.

Si la mondialisation libérale consiste à dépersonnaliser et à imposer le modèle occidental au monde entier, l’intégration consiste, au contraire, à exploiter le potentiel de chaque civilisation au profit de tous. Si le mondialisme est un diktat – ce à quoi il aboutit en fin de compte -, l’intégration est un travail d’équipe visant à élaborer des stratégies communes dont chacun peut bénéficier.

À cet égard, la Russie estime qu’il est important d’utiliser plus largement les mécanismes de création de grands espaces qui reposent sur l’interaction entre pays voisins, dont les économies et les systèmes sociaux, ainsi que les bases de ressources et les infrastructures, se complètent. En fait, ces grands espaces constituent la base économique d’un ordre mondial multipolaire. Leur dialogue donne lieu à une véritable unité de l’humanité, qui est beaucoup plus complexe, unique et multidimensionnelle que les idées simplistes professées par certains maîtres occidentaux.

L’unité de l’humanité ne peut être créée par des commandements tels que “fais comme moi” ou “sois comme nous”. Elle se crée en tenant compte de l’opinion de chacun et en abordant avec soin l’identité de chaque société et de chaque nation. C’est le principe qui peut sous-tendre une coopération à long terme dans un monde multipolaire.

À cet égard, il pourrait être utile de réviser la structure des Nations unies, y compris son Conseil de sécurité, afin de mieux refléter la diversité du monde. Après tout, le monde de demain dépendra beaucoup plus de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine qu’on ne le croit aujourd’hui, et cette augmentation de leur influence est sans aucun doute une évolution positive.

Permettez-moi de rappeler que la civilisation occidentale n’est pas la seule, même dans notre espace eurasien commun. En outre, la majorité de la population est concentrée à l’est de l’Eurasie, où sont apparus les centres des plus anciennes civilisations humaines.

La valeur et l’importance de l’Eurasie résident dans le fait qu’elle représente un complexe autosuffisant possédant d’énormes ressources de toutes sortes et d’immenses possibilités. Plus nous nous efforçons d’accroître la connectivité de l’Eurasie et de créer de nouveaux moyens et de nouvelles formes de coopération, plus nos réalisations sont impressionnantes.

Le succès de l’Union économique eurasienne, la croissance rapide de l’autorité et du prestige de l’Organisation de coopération de Shanghai, les initiatives à grande échelle “Une ceinture, une route”, les plans de coopération multilatérale pour la construction du corridor de transport Nord-Sud et de nombreux autres projets, sont le début d’une nouvelle ère, d’une nouvelle étape dans le développement de l’Eurasie. J’en suis convaincu. Les projets d’intégration qui y sont menés ne se contredisent pas mais se complètent – bien sûr, s’ils sont réalisés par les pays voisins dans leur propre intérêt et non introduits par des forces extérieures dans le but de diviser l’espace eurasiatique et de le transformer en une zone de confrontation entre blocs.

L’Europe, extrémité occidentale de la Grande Eurasie, pourrait également en devenir une partie naturelle. Mais nombre de ses dirigeants sont entravés par la conviction que les Européens sont supérieurs aux autres, qu’il est indigne d’eux de participer d’égal à égal aux entreprises des autres. Cette arrogance les empêche de voir qu’ils sont eux-mêmes devenus une périphérie étrangère et se sont transformés en vassaux, souvent sans droit de vote.

Collègues,

L’effondrement de l’Union soviétique a bouleversé l’équilibre des forces géopolitiques. L’Occident s’est senti vainqueur et a déclaré un arrangement mondial unipolaire, dans lequel seuls sa volonté, sa culture et ses intérêts avaient le droit d’exister.

Aujourd’hui, cette période historique de domination sans limite de l’Occident sur les affaires mondiales touche à sa fin. Le monde unipolaire est relégué dans le passé. Nous sommes à un carrefour historique. Nous allons probablement vivre la décennie la plus dangereuse, la plus imprévisible et en même temps la plus importante depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’Occident est incapable de diriger l’humanité à lui tout seul et la majorité des nations ne veulent plus le supporter. C’est la principale contradiction de cette nouvelle ère. Pour citer un classique, il s’agit en quelque sorte d’une situation révolutionnaire – les élites ne peuvent pas et les peuples ne veulent plus vivre ainsi.

Cet état de fait est lourd de conflits mondiaux ou de toute une chaîne de conflits, ce qui constitue une menace pour l’humanité, y compris pour l’Occident lui-même. La principale tâche historique d’aujourd’hui est de résoudre cette contradiction d’une manière constructive et positive.

Le changement d’époque est un processus douloureux, mais naturel et inévitable. Un futur arrangement mondial se dessine sous nos yeux. Dans cet arrangement mondial, nous devons écouter tout le monde, considérer chaque opinion, chaque nation, société, culture et chaque système de perspectives mondiales, d’idées et de concepts religieux, sans imposer une seule vérité à quiconque. Ce n’est que sur cette base, en comprenant notre responsabilité pour le destin des nations et de notre planète, que nous pourrons créer une symphonie de la civilisation humaine.

A ce stade, je voudrais terminer mes remarques en exprimant ma gratitude pour la patience dont vous avez fait preuve en les écoutant.

Je vous remercie beaucoup.”

Bhadrakumar revient sur l'histoire de la "bombe sale"

Cela se lit comme un thriller. Mais il apparaît que Ben Wallace et Boris Johnson aient perdu en quelques heures toute chance d’occuper le poste de Premier ministre en quelques heures, la fin de semaine des 22-23 octobre.  Ils étaient trop impliqués dans le jeu kievien avec une “bombe sale”. 

Je fais confiance à Bhadrakumar, aussi prudent qu’il est bien informé. S’il pense avoir complété le puzzle sur ce dossier, nous pouvons être sûrs que c’est l’état de la question dans les milieux diplomatiques et les communautés du renseignement des grands pays. Cela voudrait dire que le comportement américain dans ce conflit est certes infiniment destructeur mais reste rationnel. 

Il faut que quelque chose change en Ukraine, c’est certain. L’appel lancé lundi [24 octobre] par 30 législateurs américains de gauche du parti démocrate du président Joe Biden en faveur d’un règlement négocié avec la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine est un événement extraordinaire.

Au Congrès américain, ils font partie d’un groupe de près de 100 membres appelé Congressional Progressive Caucus, présidé par Pramila Jayapal, représentante de l’État de Washington. Il s’agit d’une foule hétéroclite de socialistes démocratiques et de “capitalistes progressistes” autoproclamés, mais ce que les patrons du parti ne peuvent pas ignorer, c’est qu’ils se dressent sur le chemin du juggernaut trumpiste et que leur potentiel pour vaincre le trumpisme peut être crucial en 2024.

Par conséquent, la réponse initiale discrète de l’administration Biden à leur plaidoyer sur l’Ukraine ne peut être considérée comme le dernier mot. Au cours des dernières 48 heures au moins, il n’y a pas eu de tirade contre eux dans le commentariat américain.

Ils ont formulé quatre éléments clés dans leur lettre adressée au président Biden :

Washington devrait explorer “des efforts diplomatiques vigoureux en faveur d’un règlement négocié et d’un cessez-le-feu” dans cette guerre dans laquelle les Etats-Unis ont dépensé des dizaines de milliards de dollars des contribuables américains en assistance militaire.
Ces efforts devraient s’accompagner de “pourparlers directs avec la Russie”.
Un cadre de paix devrait inclure “des incitations à mettre fin aux hostilités, y compris une certaine forme d’allègement des sanctions, et rassembler la communauté internationale pour établir des garanties de sécurité pour une Ukraine libre et indépendante qui soient acceptables pour toutes les parties, en particulier les Ukrainiens.” (C’est nous qui soulignons).
La guerre est grande ouverte, n’en déplaise au récit occidental. “L’alternative à la diplomatie est une guerre prolongée, avec ses certitudes et ses risques catastrophiques et inconnaissables.”
Les signataires devaient être conscients que, bien que l’administration Biden poursuive une politique intransigeante, les choses peuvent changer si les élections de mi-mandat infligent une défaite écrasante aux démocrates.

Plusieurs facteurs extérieurs sont également à l’œuvre. Tout d’abord, la visite prévue du chancelier allemand Olaf Scholz en Chine intervient peu de temps après le dévoilement de la stratégie de sécurité nationale américaine à Washington, qui considère la Chine comme un ennemi. Les Européens ne sont pas d’accord.

Le président français Emmanuel Macron a appelé les États-Unis à prendre l’initiative d’un dialogue avec le Kremlin, faisant ainsi écho à la demande du Premier ministre hongrois Viktor Orban. L’Europe, durement touchée par la crise économique, est mécontente de voir les compagnies pétrolières américaines “profiter de la guerre”.

La vérité cachée est que l’Ukraine est un cas désespéré dont l’économie ne fonctionne pas. Les États-Unis ne peuvent pas attendre des alliés européens qu’ils maintiennent cette économie à flot.

Pendant ce temps, le renforcement massif des capacités militaires russes indique que l’on prévoit de lancer une offensive majeure dans quelques semaines afin de mettre fin à la guerre selon les conditions de Moscou.

Cependant, un développement impensable, qui jette de l’ombre sur le tandem américano-britannique dans la guerre en Ukraine, pourrait s’avérer être l’élément décisif.

Il apparaît que la visite secrète du ministre britannique de la défense Ben Wallace à Washington la semaine dernière répondait davantage à une convocation de la Maison Blanche qu’à une initiative britannique. Wallace a déclaré sur un ton sombre, au moment de partir, qu’il y avait des choses à discuter qui étaient beaucoup trop sensibles.

Quoi qu’il en soit, après les nombreux appels téléphoniques passés samedi par le ministre russe de la défense, Sergey Shoigu, à ses homologues français, britannique et américain concernant la possibilité que l’Ukraine utilise une “bombe sale” dans la guerre, les ministres des affaires étrangères de la France, des États-Unis et du Royaume-Uni ont rapidement publié une déclaration commune rejetant “les allégations manifestement fausses de la Russie” et les qualifiant de “prétexte à l’escalade”.

Néanmoins, suite à l’allégation russe, il a été demandé à l’AIEA d’entreprendre une enquête. Le secrétaire d’État Antony Blinken a rencontré lundi Rafael Grossi, directeur général de l’agence, et s’est “félicité de la volonté de l’AIEA de se rendre en Ukraine.”

M. Blinken s’est également entretenu avec M. Stoltenberg lundi et, étrangement, a “appelé à la poursuite de l’unité et du soutien de l’Occident à l’Ukraine.” Mais, fait intéressant, le département d’État a discrètement retiré de son site Internet la déclaration conjointe États-Unis-Royaume-Uni-France.

C’est alors que le ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, a révélé lundi que “des informations détaillées indiquant les institutions qui pourraient être mandatées à cette fin ont été transmises par le ministre de la défense [Sergey Shoigu] lors de ses contacts avec ses homologues aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France et en Turquie. D’autres contacts sont prévus entre nos ministères de la défense.”

M. Lavrov a ajouté : “Certains de nos partenaires ont réellement suggéré une discussion des informations dont nous disposons à un niveau militaire professionnel. C’est un type d’approche que nous avons soutenu.”

Des éléments à Kiev pourraient-ils avoir leur propre plan B pour intensifier la guerre et y entraîner les États-Unis et l’OTAN ? Il n’y a pas de réponse facile.

L’essentiel est que “l’engagement constructif” a commencé entre Moscou d’un côté et Washington, Londres et Paris de l’autre. Mais il s’agit en réalité d’une situation délicate. Le quotidien moscovite Izvestia a cité lundi le célèbre expert militaire russe Vladislav Shurygin : “Qu’est-ce qu’une bombe sale ? Pour la créer, il suffit de déterrer un baril contenant des déchets nucléaires provenant d’une centrale quelconque, de les mettre dans une capsule et de faire sauter 100 kg de TNT.”

explique Shurygin : “Même dans ce cas, l’infection se fera dans un rayon de peut-être 500 mètres, peut-être un kilomètre. Et ensuite, tout commence à s’enfoncer dans le sol… S’il est déchiré dans l’eau ou s’il infecte l’eau, alors tout sera balayé en aval, reposera sur le fond et disparaîtra progressivement. Pour rendre les eaux du Dniepr radioactives, je ne sais même pas quelle quantité [d’eau] il faudrait drainer. Rappelez-vous, Fukushima a empoisonné la mer pendant six mois et personne ne l’a remarqué. L’intention des autorités ukrainiennes n’est pas très claire. Si elles veulent nous en faire porter la responsabilité, ce ne sera pas facile ; alors que nous avons des bombes “propres”, pourquoi aurions-nous besoin de bombes “sales” n’est absolument pas clair.”

Ce n’est un secret pour personne que le MI6 et le SAS sont aux commandes du commandement militaire ukrainien à Kiev et sur les lignes de front. Le paradigme est quelque chose comme la queue qui remue le chien. Le MI6 calibre la dynamique de la guerre tandis que la CIA et le Pentagone revendiquent le succès de la stratégie russe de Biden. Le MI6 a toute une histoire de ce genre – que ce soit en Iran ou dans la crise de Suez – et même à Hong Kong.

Le changement de régime actuel à Westminster absout le MI6 de toute responsabilité. Bien sûr, Boris Johnson – le meilleur ami, gourou et tuteur de Zelensky – devient un cas d’épuisement. Il a discrètement retiré son chapeau du ring et s’est éclipsé.

Kiev a été privé de son dernier hourra, alors que la Russie étouffe la “bombe sale” dans l’œuf, ouvrant la voie à sa grande offensive pour mettre fin à la guerre. La réalisation de l’offensive russe prévue dépendra de la rencontre entre M. Biden et le président Poutine en marge du sommet du G20 à Bali les 15 et 16 novembre.

La grande question est de savoir s’il s’agit d’une sonnette d’alarme pour les hommes unidimensionnels de l’équipe Biden. C’est peut-être trop demander. Mais il ne fait aucun doute que les 30 législateurs ont eu raison“.

 

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30 octobre 2022

6 eme SALON LITTERAIRE DE L’ECRIVAIN SOLDAT à NICE

6 eme SALON LITTERAIRE DE

 

L’ECRIVAIN SOLDAT à NICE

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Comme chaque année depuis le 8 Octobre 2016 date de création, avec toutefois une interruption contrainte de 2 ans en raison des conditions sanitaires passées, le 6eme SALON LITTERAIRE DE L’ECRIVAIN SOLDAT s’est déroulé pour la sixième fois à Nice, le samedi 29 Octobre 2022 de 10h à 18h dans les salons prestigieux de l’Hôtel SPLENDID du 50, Bouvard Victor-Hugo NICE.

 

Cette manifestation à l’initiative de l’UNION NATIONALE DES COMBATTANTS ( groupement des Alpes-Maritimes ), du CERCLE ALGERIANISTE de Nice et des Alpes-Maritimes Présidé par Madame Michèle SOLER, et du Cercle Littéraire PAGES DU SUD, et du Président-Fondateur de ce salon Monsieur Jean-Pierre HUTIN, recueillait les écrivains anciens combattants d’INDOCHINE, d’ALGERIE et ceux des OPEX poursuivies depuis ces dernières années, singulièrement en AFRIQUE du SAËL, contre les groupes de Djihadistes qui sévissent toujours dans toute cette région d’AFRIQUE.

 

Durant ce 6eme Solon Littéraire de l’écrivain soldat une conférence a eu lieu dès 14h30 animée sur le thème prometteur «  d’une flamme d’OPEX sur le théâtre d’AFGHANISTAN » par Madame Muriel BOVET.

 

Etaient présents les auteurs et écrivains de ce 6eme Salon Littéraire de l’écrivain à Nice ainsi que les personnalités suivantes :

 

-       Yves-Michel LANGLOIS Historien-Politologue

-       Gilles MIGLIERINA  illustrateur Dessinateur de Presse

-       Gilles HUSTAIX Ecrivain

-       Yann BALY Président de Chrétienté-Solidarité

-       André MONRAY Ecrivain

-       Marc DELOUPY Ecrivain

-       Michel ISSAVERDENS Ecrivain

-       Richard POGLIANO Historien Ecrivain

-       Philippe de PARSEVAL Ecrivain

-       Jacques ARENA Editeur Ecrivain & Artiste Peintre

-       Muriel BOVET Ecrivain

-       Jean-Pierre HUTAIN Historien Ecrivain

-       Emmanuel PEZE Ecrivain

-       La REVUE RECONQUETE d’Antony BERNARD

Les personnalités suivantes :

-       Maître Jacques PEYRAT ancien Sénateur-Maire de Nice et son épouse Monique

-       Daniel MATHIEUX Président de POUR LE PANACHE

-       Michèle SOLER Présidente du CERCLE ALGERIANISTE de Nice

-       Roger SUDRY du CERCLE ALGERIANISTE de Nice

-       Jean SOLER du CERCLE ALGERIANISTE de Nice

-       André AUTIERO Président Départemental 06 de l’UNION NATIONALE DES COMBATTANTS   

- Jean-Alain TARELLI Personnalité politique en CORSE

- Guillaume ARAL Directeur de la Galerie d'Art Contemporain FERRERO à Nice

 

Gérard DIACONESCO

Membre de l’U.N.C.Nice

 

PHOTOS PRESSE : AGENCY PRESS INTERNATIONAL INTERNET-COUNCIL LLC - DIACONESCO.TV - C.COPYRIGHT 29.10.2022 - NICE

 

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pour le panache

 

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28 octobre 2022

GUERRE UKRAINE/RUSSIE Vladimir Poutine : La domination sans partage de l’Occident sur les affaires mondiales touche à sa fin

Vladimir Poutine : La domination

 

sans partage de l’Occident sur les

 

affaires mondiales touche à sa fin

 

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Le 27 octobre 2022, lors du forum de discussions du Club Valdaï, le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine, a prononcé un discours fort, lors duquel il a annoncé que la période historique de domination sans partage de l’Occident sur les affaires mondiales touche à sa fin, et que le monde se trouve à un tournant historique. Voici la traduction complète en français de son discours.

***

Chers participants à la session plénière ! Mesdames et Messieurs ! Mes amis !

J’ai eu un petit aperçu des discussions qui ont eu lieu ici les jours précédents – très intéressantes et instructives. J’espère que vous n’avez pas regretté de venir en Russie et de communiquer entre vous.

Je suis heureux de vous voir tous ici.

Au Club Valdaï, nous avons parlé à plusieurs reprises des changements – des changements sérieux et importants – qui se sont déjà produits et qui se produisent dans le monde, des risques associés à la dégradation des institutions mondiales, à l’érosion des principes de sécurité collective, à la substitution du droit international par de soi-disant règles – je veux dire, on comprend qui les a établies, mais ce n’est peut-être pas précis – dont on ne sait généralement pas qui les a établies, quels sont les fondements de ces règles, et ce qu’elles contiennent.

Apparemment, il y a seulement une tentative d’établir une règle afin que ceux qui sont au pouvoir – nous avons parlé aujourd’hui des autorités, je parle du pouvoir mondial – puissent vivre sans aucune règle et être autorisés à faire ce qu’ils veulent, à s’en tirer comme ils veulent. Ce sont, en fait, ces règles que l’on nous répète sans cesse, comme on dit, dont on parle sans cesse.

La valeur des discussions de Valdaï réside dans le fait qu’une variété d’évaluations et de prévisions ont été faites. La vie elle-même, l’examinateur le plus strict et le plus objectif – la vie – montre à quel point elles étaient exactes. Cela montre à quel point nos discussions préparatoires étaient précises les années précédentes.

Hélas, les événements ont jusqu’à présent continué à suivre le scénario négatif dont nous avons parlé de nombreuses fois lors des réunions précédentes. En outre, ces événements se sont transformés en une crise systémique de grande ampleur, non seulement dans la sphère politico-militaire, mais aussi dans les sphères économique et humanitaire.

Ce qu’on appelle l’Occident – conventionnellement, bien sûr, il n’y a pas d’unité là-dedans – il est clair que c’est un conglomérat très complexe, néanmoins disons que cet Occident a fait un certain nombre de pas vers l’aggravation ces dernières années et surtout ces derniers mois. En fait, ils jouent toujours pour aggraver la situation, il n’y a rien de nouveau ici non plus. Il s’agit notamment de l’incitation à la guerre en Ukraine, des provocations autour de Taïwan et de la déstabilisation des marchés alimentaires et énergétiques mondiaux. Ce dernier point, bien sûr, n’a pas été fait exprès, il n’y a aucun doute là-dessus, mais en raison d’un certain nombre d’erreurs systémiques commises précisément par les autorités occidentales que j’ai déjà mentionnées. Et comme nous pouvons le voir maintenant, la destruction des gazoducs paneuropéens s’est également ajoutée à cela. C’est la chose la plus scandaleuse qui soit, mais nous sommes néanmoins témoins de ces tristes événements.

Le pouvoir sur le monde est précisément ce sur quoi l’Occident sus-mentionné a parié. Mais ce jeu est assurément un jeu dangereux, sanglant et, je dirais, sale. Il nie la souveraineté des pays et des peuples, leur identité et leur singularité, et n’accorde aucune valeur aux intérêts des autres États. Du moins si cela n’est pas explicitement déclaré comme un déni, c’est néanmoins ce qui est fait dans la pratique. Personne, à l’exception de ceux qui formulent les règles que j’ai mentionnées, n’a le droit de développer sa propre identité : tous les autres doivent être « passés au peigne fin » en fonction de ces mêmes règles.

Dans ce contexte, je rappelle les propositions de la Russie aux partenaires occidentaux sur l’instauration de la confiance et la construction d’un système de sécurité collective. En décembre de l’année dernière, elles ont une fois de plus été simplement écartées.

Mais dans le monde d’aujourd’hui, rester assis n’est pas une option. Ceux qui sèment le vent récolteront, comme on dit, la tempête. La crise est vraiment devenue mondiale, elle touche tout le monde. Il ne faut pas se faire d’illusions.

L’humanité a maintenant essentiellement deux choix : soit continuer à accumuler les problèmes qui nous anéantiront inévitablement, soit essayer de trouver ensemble des solutions, certes imparfaites, mais réalisables et susceptibles de rendre notre monde plus stable et plus sûr.

Vous savez, j’ai toujours cru et je continue de croire au pouvoir du bon sens. Je suis donc convaincu que, tôt ou tard, les nouveaux centres de l’ordre mondial multipolaire et l’Occident devront commencer à parler d’un avenir commun pour nous, sur un pied d’égalité, et le plus tôt sera le mieux. Dans ce contexte, je voudrais souligner quelques points importants pour nous tous.

Les événements actuels ont éclipsé les questions environnementales – curieusement, c’est par là que je voudrais commencer. Les questions relatives au changement climatique ne sont plus en tête des priorités. Mais ces défis fondamentaux n’ont pas disparu, ils ne vont nulle part, ils ne font que croître.

L’une des conséquences les plus dangereuses du dérèglement écologique est la réduction de la biodiversité dans la nature. Et j’en viens maintenant au sujet principal pour lequel nous sommes tous réunis : l’autre diversité – culturelle, sociale, politique, civilisationnelle – est-elle moins importante ?

Dans le même temps, la réduction, l’effacement de toutes les différences est devenu presque l’essence de l’Occident moderne. Qu’est-ce qui se cache derrière cette réduction ? C’est d’abord la disparition du potentiel créatif de l’Occident lui-même et la volonté de freiner, de bloquer le libre développement des autres civilisations.

Bien sûr, il y a là aussi un intérêt mercantile direct : en imposant leurs valeurs, leurs stéréotypes de consommation, leur uniformisation, nos adversaires – je les appellerai ainsi sans ambages – tentent d’élargir les marchés de leurs produits. Tout est très primitif à la fin sur ce morceau. Ce n’est pas un hasard si l’Occident prétend que sa culture et sa vision du monde doivent être universelles. S’ils ne le disent pas directement – bien qu’ils le disent souvent aussi directement – mais s’ils ne le disent pas directement, ils se comportent et insistent sur le fait que, par le jeu de la vie, leurs politiciens insistent sur le fait que ces mêmes valeurs doivent être acceptées inconditionnellement par tous les autres participants aux interactions internationales.

Voici une citation du célèbre discours d’Alexandre Soljenitsyne à Harvard. En 1978, il notait que l’Occident était caractérisé par un “aveuglement persistant de supériorité” – qui perdure encore aujourd’hui – qui “soutient l’idée que toutes les vastes régions de notre planète devraient se développer et être dominées par les systèmes occidentaux actuels…”. 1978. Rien n’a changé.

Au cours du dernier demi-siècle, cet aveuglement dont parlait Soljenitsyne – de nature ouvertement raciste et néocoloniale – est devenu tout simplement hideux, surtout depuis que le monde dit unipolaire a vu le jour. Que voulez-vous que je réponde à ça ? La confiance en son infaillibilité est un état très dangereux : il n’y a qu’un pas à franchir pour que les « infaillibles » eux-mêmes puissent simplement détruire ceux qu’ils n’aiment pas. Comme on dit, « effacer » – réfléchissons au moins à la signification de ce mot.

Même au plus fort de la guerre froide, au plus fort de la confrontation des systèmes, des idéologies et des rivalités militaires, il n’est venu à l’idée de personne de nier l’existence même de la culture, de l’art et de la science de ses adversaires. Cela n’a effleuré personne ! Oui, certaines restrictions ont été imposées aux relations éducatives, scientifiques, culturelles et, malheureusement, également aux relations sportives. Néanmoins, les dirigeants soviétiques et américains de l’époque ont compris que la sphère humanitaire devait être traitée avec délicatesse, en étudiant et en respectant l’adversaire et en lui empruntant parfois quelque chose afin de préserver, au moins pour l’avenir, une base de relations raisonnables et fructueuses.

Et que se passe-t-il maintenant ? Les nazis en étaient venus à brûler des livres en leur temps, et maintenant, les « libéraux et progressistes » occidentaux en sont arrivés à interdire Dostoïevski et Tchaïkovski. La soi-disant culture de l’effacement, mais qui est en fait – nous en avons déjà parlé à plusieurs reprises – une véritable suppression de la culture, prive de toute vie et de toute créativité et ne permet pas à la libre pensée de se développer dans aucun domaine : ni en économie, ni en politique, ni en culture.

L’idéologie libérale elle-même a changé au point d’être méconnaissable aujourd’hui. Alors que le libéralisme classique comprenait à l’origine la liberté de chacun comme la liberté de dire ce que l’on veut, de faire ce que l’on veut, dès le XXe siècle, les libéraux ont commencé à dire que la société dite ouverte avait des ennemis – il s’avère que la société ouverte a des ennemis – et que la liberté de ces ennemis peut et doit être restreinte, voire abolie. Ils ont maintenant atteint le point d’absurdité où tout point de vue alternatif est déclaré comme de la propagande subversive et une menace pour la démocratie.

Tout ce qui sort de Russie est un « complot du Kremlin ». Mais regardez-vous ! Sommes-nous vraiment si tout-puissants ? Toute critique de nos adversaires – toute ! – est perçu comme un « complot du Kremlin », « la main du Kremlin ». C’est absurde. Qu’est-ce qui vous est arrivé ? Utilisez votre cerveau, exprimez quelque chose de plus intéressant, présentez votre point de vue d’une manière plus conceptuelle. Vous ne pouvez pas tout mettre sur le compte des intrigues du Kremlin.

Tout ceci a été prophétiquement prédit par Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski au XIXe siècle. L’un des personnages de son roman Les Possédés, le nihiliste Chigaliov, a décrit l’avenir radieux qu’il imaginait : « Je quitte une liberté sans limites pour aboutir à un despotisme sans limites », ce qui, soit dit en passant, est ce à quoi nos adversaires occidentaux ont fini par adhérer. L’autre personnage du roman, Piotr Verkhovenski, lui fait écho en déclarant que la trahison, la délation et l’espionnage sont nécessaires partout, que la société n’a pas besoin de talents et de capacités supérieures : « Cicéron a la langue coupée, Copernic a les yeux crevés, Shakespeare est lapidé à mort ». Voilà où en sont nos adversaires occidentaux. Qu’est-ce que c’est, sinon une culture occidentale moderne de l’effacement ?

Les penseurs étaient grands, et je suis reconnaissant, je vais être honnête, à mes assistants qui ont trouvé ces citations.

Que pouvons-nous répondre à cela ? L’histoire remettra sûrement tout à sa place et annulera non pas les plus grandes œuvres des génies universellement reconnus de la culture mondiale, mais ceux qui, aujourd’hui, pour une raison quelconque, ont décidé qu’ils avaient le droit de disposer de cette culture mondiale à leur guise. La vanité de tels personnages est hors norme, comme on dit, mais dans quelques années, personne ne se souviendra de leur nom. Et Dostoïevski survivra, tout comme Tchaïkovski et Pouchkine, n’en déplaise à certains.

Le modèle occidental de mondialisation, néocolonial par essence, était également fondé sur l’unification, sur le monopole financier et technologique, sur l’effacement de toutes les différences. La tâche était claire : renforcer la domination inconditionnelle de l’Occident dans l’économie et la politique mondiales et, pour ce faire, mettre à son service les ressources naturelles et financières, les capacités intellectuelles, humaines et économiques de la planète entière, à la sauce de la soi-disant nouvelle interdépendance mondiale.

Je voudrais ici évoquer un autre philosophe russe – Alexandre Alexandrovitch Zinoviev, dont nous célébrerons le centenaire dans quelques jours à peine, le 29 octobre. Il y a plus de 20 ans, il a déclaré que pour la survie de la civilisation occidentale au niveau atteint par celle-ci, « la planète entière en tant qu’environnement d’existence est nécessaire, toutes les ressources de l’humanité sont nécessaires ». C’est ce à quoi ils prétendent, tout ce qu’il y a.

De plus, dans ce système, l’Occident a d’abord pris une énorme avance, car il a développé ses principes et ses mécanismes – comme aujourd’hui ces principes dont on parle sans cesse et qui sont un incompréhensible « trou noir » : ce qu’il est – personne ne le sait. Mais dès que non pas les pays occidentaux mais d’autres États ont commencé à bénéficier de la mondialisation, et nous parlons bien sûr en premier lieu des grands États asiatiques, l’Occident a immédiatement modifié ou annulé de nombreuses règles. Et les principes dits sacrés du libre-échange, de l’ouverture économique, de l’égalité de concurrence, voire du droit de propriété, ont été soudainement et complètement oubliés. Dès que quelque chose devenait rentable pour eux, ils changeaient les règles à la volée, au fur et à mesure de la partie.

Ou un autre exemple de la substitution de concepts et de significations. Pendant des années, les idéologues et les politiciens occidentaux ont répété au monde entier qu’il n’y avait pas d’alternative à la démocratie. Il est vrai qu’ils parlaient du modèle occidental, dit libéral, de démocratie. Ils ont rejeté toutes les autres variantes et formes de démocratie avec mépris et – je tiens à le noter – du bout des lèvres, avec arrogance. Cette façon de faire s’est structurée depuis longtemps, depuis l’époque coloniale : le reste du monde est considéré comme des personnes de seconde catégorie et seuls eux-mêmes sont exceptionnels. Il en a été ainsi pendant des siècles et cela continue encore aujourd’hui.

Mais aujourd’hui, la grande majorité de la communauté mondiale exige la démocratie dans les affaires internationales et n’accepte aucune forme de diktat autoritaire de pays individuels ou de groupes d’États. Qu’est-ce que c’est, sinon l’application directe des principes de la démocratie au niveau des relations internationales ?

Et quelle est la position de l’Occident “civilisé” – entre guillemets – ? Si vous êtes démocrates, vous devriez apparemment accueillir favorablement ce désir naturel de liberté pour des milliards de personnes – mais non ! L’Occident appelle cela la mise à mal de l’ordre libéral, fondé sur des règles, lance des guerres économiques et commerciales, des sanctions, des boycotts, des révolutions de couleur, prépare et mène toutes sortes de coups d’État.

L’un d’eux a conduit aux conséquences tragiques en Ukraine en 2014 – ils l’ont soutenu, disant même combien d’argent a été dépensé pour le coup d’État. De manière générale, ils sont juste fous, ils n’ont honte de rien. Ils ont tué Soleimani, un général iranien. Vous pouvez traiter Soleimani comme vous voulez, mais c’était un représentant officiel d’un autre pays ! Ils l’ont tué sur le territoire d’un pays tiers et ont dit : oui, nous l’avons fait. De quoi s’agit-il ? Où vivons-nous ?

Washington, comme à son habitude, continue de qualifier l’ordre mondial actuel de libéral américain, mais en fait, chaque jour, ce fameux “ordre” amplifie le chaos et, j’ajouterais, devient de plus en plus intolérant envers les pays occidentaux eux-mêmes, envers leurs tentatives de faire preuve d’une quelconque indépendance. Tout est supprimé jusqu’à la racine, et des sanctions sont imposées à leurs propres alliés – sans honte ! Et ces derniers acceptent tout, la tête baissée.

Par exemple, les propositions des parlementaires hongrois en juillet visant à inscrire dans le traité de l’UE un engagement en faveur des valeurs et de la culture chrétiennes européennes n’ont même pas été perçues comme une fronde, mais comme un sabotage hostile direct. Qu’est-ce que c’est ? Comment le comprendre ? Oui, certains peuvent aimer ça, d’autres non.

En Russie, une culture unique d’interaction entre toutes les religions du monde s’est développée depuis plus de mille ans. Il n’y a pas besoin d’effacer quoi que ce soit : ni les valeurs chrétiennes, ni les valeurs islamiques, ni les valeurs juives. D’autres religions du monde sont présentes dans notre pays. Nous devrions simplement nous traiter mutuellement avec respect. Dans de nombreuses régions de notre pays – je le sais de première main – les gens sortent ensemble, célèbrent les fêtes chrétiennes, islamiques, bouddhistes et juives, et le font avec enthousiasme, se félicitant et se congratulant les uns les autres.

Mais pas ici. Pourquoi pas ? Au moins, on en parlerait. Incroyable !

Tout ceci est sans exagération non pas même une crise systémique mais une crise doctrinale du modèle néo-libéral d’ordre mondial à l’américaine. Ils n’ont aucune idée de création et de développement positif, ils n’ont tout simplement rien à offrir au monde, si ce n’est la préservation de leur domination.

Je suis convaincu que la véritable démocratie dans un monde multipolaire présuppose avant tout la possibilité pour toute nation, je tiens à le souligner, toute société, toute civilisation de choisir sa propre voie, son propre système socio-politique. Si les États-Unis et l’Union européenne ont ce droit, les pays asiatiques, les États islamiques, les monarchies du golfe Persique et les États des autres continents l’ont aussi. Bien sûr, notre pays, la Russie, a également ce droit, et personne ne pourra jamais dicter à notre peuple quel type de société nous devons construire et sur quels principes.

La menace directe pour le monopole politique, économique et idéologique de l’Occident est que des modèles sociaux alternatifs peuvent émerger dans le monde – plus efficaces, je tiens à le souligner, plus efficaces dans le monde d’aujourd’hui, plus brillants, plus attrayants que ce que nous avons. Mais de tels modèles vont se développer – c’est inévitable. D’ailleurs, les politologues américains, les experts, ils écrivent précisément à ce sujet. Il est vrai que les autorités ne les écoutent pas encore beaucoup, même si elles ne peuvent s’empêcher de voir ces idées exprimées dans les pages des revues de sciences politiques et dans les débats.

Le développement doit se faire dans le cadre du dialogue des civilisations, sur la base de valeurs spirituelles et morales. Oui, les différentes civilisations ont une compréhension différente de l’homme, de sa nature – elle n’est souvent différente qu’en apparence, mais toutes reconnaissent la dignité suprême et l’essence spirituelle de l’homme. Et ce qui est extrêmement important, c’est le terrain commun, la base commune sur laquelle nous pouvons certainement construire, et devons construire, notre avenir.

Qu’est-ce que je veux souligner ici ? Les valeurs traditionnelles ne sont pas un ensemble fixe de postulats auxquels tout le monde devrait adhérer. Bien sûr que non. Elles se distinguent des valeurs dites néolibérales en ce qu’elles sont uniques dans chaque cas, car elles sont issues de la tradition d’une société particulière, de sa culture et de son expérience historique. Par conséquent, les valeurs traditionnelles ne peuvent être imposées à quiconque – elles doivent simplement être respectées, en chérissant ce que chaque nation a choisi depuis des siècles.

Telle est notre conception des valeurs traditionnelles, et cette approche est partagée et acceptée par la majorité de l’humanité. Les sociétés traditionnelles d’Orient, d’Amérique latine, d’Afrique et d’Eurasie constituent la base de la civilisation mondiale.

Le respect des spécificités des peuples et des civilisations est dans l’intérêt de tous. En fait, c’est aussi dans l’intérêt de ce que l’on appelle l’Occident. Perdant sa suprématie, il devient rapidement une minorité sur la scène mondiale. Et bien sûr, le droit de cette minorité occidentale à sa propre identité culturelle, bien sûr, je tiens à le souligner, doit être garanti, il doit être traité avec respect, mais, je tiens à le souligner, sur un pied d’égalité avec les droits de tous les autres.

Si les élites occidentales croient qu’elles pourront introduire dans l’esprit de leurs peuples, de leurs sociétés, de nouvelles tendances étranges, à mon avis, comme des dizaines de genres et des défilés de la gay pride, alors qu’il en soit ainsi. Laissez-les faire ce qu’ils veulent ! Mais ce qu’ils n’ont pas le droit de faire, c’est d’exiger que les autres suivent la même direction.

Nous pouvons constater que les pays occidentaux connaissent des processus démographiques, politiques et sociaux complexes. Bien sûr, il s’agit d’une affaire interne pour eux. La Russie n’intervient pas dans ces affaires et n’a pas l’intention de le faire – contrairement à l’Occident, nous ne nous mêlons pas des affaires des autres. Mais nous espérons que le pragmatisme prévaudra et que le dialogue de la Russie avec l’Occident authentique et traditionnel, ainsi qu’avec d’autres centres de développement égalitaire, sera une contribution importante à la construction d’un ordre mondial multipolaire.

Je voudrais ajouter que la multipolarité est une réelle chance, et en fait, la seule chance pour cette même Europe de restaurer sa souveraineté politique et économique. Certes, nous comprenons tous, et c’est ce qu’on dit en Europe : aujourd’hui, la souveraineté juridique de l’Europe est – comment dire gentiment, pour ne froisser personne – sévèrement limitée.

Le monde est intrinsèquement diversifié et les tentatives de l’Occident de faire entrer tout le monde dans un modèle unique sont objectivement vouées à l’échec.

L’aspiration arrogante au leadership mondial, ou en fait au diktat, ou au maintien du leadership par le diktat, entraîne en fait un déclin de l’autorité internationale des dirigeants du monde occidental, y compris les États-Unis, et un manque croissant de confiance dans leur capacité à négocier en général. Un jour ils disent une chose et le lendemain une autre ; ils signent des documents et le lendemain ils refusent de les signer ; ils font ce qu’ils veulent. Il n’y a aucune stabilité dans quoi que ce soit. On ne sait absolument pas comment les documents sont signés, ce qui a été dit, ce que l’on peut espérer.

Alors qu’autrefois seuls quelques pays se permettaient d’argumenter avec l’Amérique et que cela faisait presque sensation, il est désormais courant que divers pays refusent les exigences infondées de Washington, même si celle-ci tente toujours de bousculer tout le monde. Une politique absolument erronée, qui ne mène nulle part, tout simplement. Laissez-les faire, c’est aussi leur choix.

Je suis convaincu que les peuples du monde ne fermeront pas les yeux sur une politique de coercition qui s’est discréditée, et chaque fois que l’Occident tentera de maintenir son hégémonie, il devra payer un prix de plus en plus élevé. Si j’étais ces élites occidentales, je me pencherais sérieusement sur une telle perspective, tout comme certains politologues et politiciens aux États-Unis eux-mêmes l’envisagent, comme je l’ai déjà dit.

Dans le climat actuel de conflit violent, je vais dire certaines choses sans détour. La Russie, en tant que civilisation indépendante et distincte, n’a jamais considéré et ne se considère pas comme un ennemi de l’Occident. L’américanophobie, l’anglophobie, la francophobie, la germanophobie sont des formes de racisme au même titre que la russophobie et l’antisémitisme – de même que toutes les manifestations de xénophobie.

Il faut simplement bien comprendre qu’il y a, comme je l’ai déjà dit, deux Occidents, au moins deux, ou peut-être plus, mais au moins deux : l’Occident des valeurs traditionnelles, tout d’abord chrétiennes, de la liberté, du patriotisme, de la richesse culturelle, et maintenant aussi des valeurs islamiques, parce qu’une partie importante de la population de nombreux pays occidentaux professe l’islam. Cet Occident est proche de nous dans un certain sens, à bien des égards nous avons des racines communes, voire ancestrales. Mais il existe un autre Occident – agressif, cosmopolite, néocolonial, agissant comme un outil pour les élites néolibérales. Bien sûr, la Russie ne supportera jamais les diktats de cet Occident.

En 2000, après mon élection à la présidence, ce à quoi j’ai été confronté, je m’en souviendrai toujours – souvenez-vous du prix que nous avons payé pour détruire le nid de terroristes dans le Caucase du Nord, que l’Occident soutenait presque ouvertement à l’époque. Tous les adultes ici, la plupart d’entre vous présents dans cette salle comprennent ce dont je parle. Nous savons que c’est exactement ce qui s’est passé dans la pratique : soutien financier, politique et informationnel. Nous l’avons tous vécu.

En outre, [l’Occident] a non seulement soutenu activement les terroristes sur le territoire russe, mais a aussi, à bien des égards, entretenu cette menace. Nous le savons. Néanmoins, une fois que la situation s’est stabilisée et que les principales bandes terroristes ont été vaincues, notamment grâce au courage du peuple tchétchène, nous avons décidé de ne pas revenir en arrière, de ne pas jouer les offensés, d’aller de l’avant, de nouer des relations même avec ceux qui travaillaient réellement contre nous, d’établir et de développer des relations avec tous ceux qui le souhaitaient, sur la base d’un bénéfice mutuel et du respect de l’autre.

On pensait que c’était dans l’intérêt commun. La Russie, Dieu merci, a survécu à toutes les difficultés de cette époque, a résisté, s’est renforcée, a fait face au terrorisme interne et externe, a préservé son économie, a commencé à se développer et sa capacité de défense a commencé à s’améliorer. Nous avons essayé d’établir des relations avec les principaux pays occidentaux et avec l’OTAN. Le message était le même : cessons d’être des ennemis, vivons ensemble en tant qu’amis, engageons le dialogue, instaurons la confiance et, partant, construisons la paix. Nous étions absolument sincères, je tiens à le souligner, nous avions bien compris la complexité de ce rapprochement, mais nous nous dirigions vers cela.

Et qu’avons-nous obtenu en réponse ? Nous avons, en somme, reçu un “non” dans tous les principaux domaines de coopération possible. Nous avons reçu une pression toujours plus forte sur nous et la création de foyers de tension près de nos frontières. Et quel est, si je puis me permettre, le but de cette pression ? Qu’est-ce que c’est ? C’est juste pour s’entraîner ? Bien sûr que non. L’objectif est de rendre la Russie plus vulnérable. L’objectif est de faire de la Russie un outil pour atteindre leurs propres objectifs géopolitiques.

En fait, il s’agit d’une règle universelle : chacun est transformé en outil pour utiliser ces outils à ses propres fins. Et ceux qui ne se soumettent pas à cette pression, qui ne veulent pas être un tel outil – des sanctions sont introduites contre eux, toutes sortes de restrictions économiques leur sont imposées et contre eux, des coups d’État sont préparés ou, lorsque c’est possible, réalisés et ainsi de suite. Et au final, si rien ne peut être fait, l’objectif est le même : détruire, rayer de la carte politique. Mais il n’a pas été et ne sera jamais possible de déployer et de mettre en œuvre un tel scénario à l’égard de la Russie.

Que pourrais-je ajouter ? La Russie ne défie pas les élites de l’Occident – elle défend simplement son droit d’exister et de se développer librement. En même temps, nous ne deviendrons pas nous-mêmes un nouvel hégémon. La Russie ne propose pas de remplacer l’unipolarité par la bipolarité, la tripolarité et ainsi de suite, la domination occidentale par la domination de l’Est, du Nord ou du Sud. Cela conduirait inévitablement à une nouvelle impasse.

Et ici, je veux citer les paroles du grand philosophe russe Nikolaï Yakovlevitch Danilevski, qui croyait que le progrès ne consiste pas à aller dans une seule direction, comme certains de nos adversaires nous poussent à le faire – dans ce cas, le progrès cesserait rapidement, dit Danilevski – mais à « parcourir tout le champ, qui constitue le champ d’activité historique de l’humanité, dans toutes les directions ». Et il ajoute qu’aucune civilisation ne peut se vanter de représenter le point le plus élevé du développement.

Je suis convaincu seul le libre développement des pays et des peuples, peut s’opposer à la dictature, que seul l’amour envers l’être humain comme envers le Créateur peut s’opposer à la dégradation des individus, et que seule la complexité épanouie des cultures et des traditions peut s’opposer à l’uniformisation et aux interdits primitifs.

La signification du moment historique d’aujourd’hui est précisément que devant toutes les civilisations, tous les États et leurs associations d’intégration, il existe effectivement des possibilités de développement propre, démocratique et original. Et surtout, nous croyons que le nouvel ordre mondial doit être fondé sur le droit et la loi, être libre, particulier et juste.

Ainsi, l’économie et le commerce mondiaux doivent devenir plus justes et plus ouverts. La Russie considère la formation de nouvelles plates-formes financières internationales comme inévitable, y compris pour les paiements internationaux. Ces plateformes devraient se situer en dehors des juridictions nationales, être sécurisées, dépolitisées, automatisées et ne dépendre d’aucun centre de contrôle unique. Est-ce possible ou non ? Bien sûr que c’est possible. Cela demandera beaucoup d’efforts, les efforts combinés de nombreux pays, mais c’est possible.

Cela éliminerait la possibilité d’abus de la nouvelle infrastructure financière mondiale et permettrait un traitement efficace, rentable et sûr des transactions internationales sans le dollar et les autres monnaies dites de réserve. D’autant plus qu’en utilisant le dollar comme une arme, les Etats-Unis et l’Occident en général ont discrédité l’institution des réserves financières internationales. Elles ont d’abord été dévaluées par l’inflation du dollar et de la zone euro, puis – d’un coup de patte – ils ont fait main basse sur nos réserves internationales.

Le passage aux monnaies nationales va activement gagner du terrain – inévitablement. Cela dépend, bien sûr, de l’état des émetteurs de ces monnaies, de l’état de leurs économies, mais elles vont se renforcer, et ces transactions vont certainement devenir progressivement dominantes. C’est la logique de la politique économique et financière souveraine dans un monde multipolaire.

En outre. Aujourd’hui, les nouveaux centres de développement mondial possèdent déjà des technologies et des développements scientifiques uniques dans toute une série de domaines et, dans de nombreux secteurs, peuvent concurrencer avec succès les entreprises multinationales occidentales.

Il est évident que nous avons un intérêt commun, tout à fait pragmatique, pour un échange scientifique et technologique équitable et ouvert. Ensemble, chacun en profitera davantage que séparément. Les bénéfices devraient revenir à la majorité, et non à des sociétés individuelles super riches.

Comment cela se passe-t-il aujourd’hui ? Si l’Occident vend des médicaments ou des semences de cultures vivrières à d’autres pays, il ordonne de tuer les produits pharmaceutiques et les élevages nationaux, en fait, dans la pratique, tout se résume à cela ; s’il fournit des machines et des équipements, il détruit l’industrie mécanique locale. Lorsque j’étais Premier ministre, je l’ai compris : dès que vous ouvrez le marché pour un certain groupe de produits, c’est fini, le producteur local « coule », et il est presque impossible de relever la tête. C’est ainsi que se construisent les relations. C’est ainsi que les marchés et les ressources sont accaparés, que les pays sont privés de leur potentiel technologique et scientifique. Ce n’est pas un progrès, mais un asservissement, la réduction des économies à un niveau primitif.

Le développement technologique ne doit pas exacerber les inégalités mondiales, mais les réduire. C’est ainsi que la Russie a traditionnellement mis en œuvre sa politique technologique étrangère. Par exemple, en construisant des centrales nucléaires dans d’autres États, nous y créons simultanément des centres de compétence, nous formons du personnel national – nous créons une industrie, nous ne nous contentons pas de construire une entreprise, nous créons une industrie entière. En fait, nous donnons à d’autres pays la possibilité de réaliser une véritable percée dans leur développement scientifique et technologique, de réduire les inégalités et d’amener leur secteur énergétique à un nouveau niveau d’efficacité et de respect de l’environnement.

Permettez-moi de le souligner une fois de plus : la souveraineté, le développement autonome ne signifient en aucun cas l’isolement, l’autarcie, mais au contraire, cela implique une coopération active et mutuellement bénéfique sur des principes justes et équitables.

Si la mondialisation libérale est la dépersonnalisation, l’imposition du modèle occidental au monde entier, l’intégration, au contraire, est le déblocage du potentiel de chaque civilisation au profit de l’ensemble, au profit de tous. Si le mondialisme est un diktat, c’est à cela que tout se résume en fin de compte, l’intégration est le développement conjoint de stratégies communes bénéfiques pour tous.

Dans ce contexte, la Russie estime qu’il est important de lancer activement des mécanismes de création de grands espaces fondés sur l’interaction de pays voisins dont l’économie, le système social, la base de ressources et les infrastructures se complètent. Ces vastes espaces, par essence, constituent la base d’un ordre mondial multipolaire – une base économique. De leur dialogue naît la véritable unité de l’humanité, qui est beaucoup plus complexe, diverse et multidimensionnelle que dans les idées simplistes de certains idéologues occidentaux.

L’unité du genre humain ne se construit pas par le « fais comme moi », « sois comme nous ». Elle est formée en tenant compte et en se fondant sur les opinions de tous, dans le respect de l’identité de chaque société et nation. C’est le principe sur lequel une interaction à long terme dans un monde multipolaire peut se développer.

À cet égard, nous devrions peut-être aussi réfléchir à la manière dont la structure des Nations unies, y compris son Conseil de sécurité, pourrait refléter davantage la diversité des régions du monde. Après tout, le monde de demain dépendra beaucoup plus de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine qu’on ne le croit aujourd’hui, et une telle augmentation de leur influence est sans aucun doute positive.

Permettez-moi de vous rappeler que la civilisation occidentale n’est pas la seule, même dans notre espace eurasien commun. En outre, la majorité de la population est concentrée précisément à l’est de l’Eurasie – où sont apparus les foyers des plus anciennes civilisations de l’humanité.

La valeur et l’importance de l’Eurasie résident dans le fait que ce continent est un complexe autosuffisant qui possède des ressources gigantesques de toutes sortes et un potentiel énorme. Et plus nous nous efforçons d’accroître la connectivité de l’Eurasie, de créer de nouveaux moyens, de nouvelles formes de coopération, plus nous réalisons des progrès impressionnants.

Les activités réussies de l’Union économique eurasienne, la croissance rapide de l’autorité et de l’influence de l’Organisation de Coopération de Shanghai, les initiatives à grande échelle dans le cadre de l’initiative « Une ceinture, une route », les plans de coopération multilatérale pour la mise en œuvre du corridor de transport Nord-Sud et de nombreux autres projets dans cette partie du monde, j’en suis sûr, marquent le début d’une nouvelle ère, d’une nouvelle étape dans le développement de l’Eurasie. Les projets d’intégration ne se contredisent pas, mais se complètent, bien sûr, s’ils sont réalisés par les pays voisins dans leur propre intérêt, plutôt que d’être introduits par des forces extérieures pour diviser l’espace eurasien et le transformer en une zone de confrontation entre blocs.

Une partie intégrante de la Grande Eurasie pourrait être son extrémité occidentale, l’Europe. Cependant, nombre de ses dirigeants sont entravés par la conviction que les Européens sont meilleurs que les autres, qu’ils ne doivent pas participer à des entreprises sur un pied d’égalité avec les autres. Ils ne remarquent même pas qu’ils sont eux-mêmes devenus périphériques et qu’ils sont essentiellement devenus des vassaux, souvent sans droit de vote.

Chers collègues !

L’effondrement de l’Union soviétique a également détruit l’équilibre des forces géopolitiques. L’Occident s’est senti victorieux et a proclamé un ordre mondial unipolaire dans lequel seuls sa volonté, sa culture et ses intérêts avaient le droit d’exister.

La période historique de domination sans partage de l’Occident sur les affaires mondiales touche à sa fin, le monde unipolaire appartient au passé. Nous nous trouvons à un tournant historique. La décennie qui s’ouvre devant nous est peut-être la plus dangereuse, la plus imprévisible et la plus importante depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’Occident est incapable de diriger seul l’humanité, mais il tente désespérément de le faire, et la plupart des nations du monde ne sont plus disposées à le supporter. C’est la contradiction majeure de la nouvelle ère. La situation est quelque peu révolutionnaire : les classes supérieures ne peuvent plus et les classes inférieures ne veulent plus vivre ainsi, selon les termes du classique.

Cet état de fait est lourd de conflits mondiaux ou d’une chaîne de conflits, ce qui constitue une menace pour l’humanité, y compris l’Occident lui-même. Résoudre de manière constructive cette contradiction est la tâche historique principale aujourd’hui.

Un changement de cap est un processus douloureux mais naturel et inévitable. Le futur ordre mondial prend forme sous nos yeux. Et dans cet ordre mondial, nous devons écouter tout le monde, tenir compte de tous les points de vue, de toutes les nations, de toutes les sociétés, de toutes les cultures, de tous les systèmes de visions du monde, d’idées et de croyances religieuses, sans imposer une seule vérité à quiconque, et seulement sur cette base, en comprenant notre responsabilité vis-à-vis du destin – le destin des peuples, de la planète – construire une symphonie de la civilisation humaine.

Je voudrais terminer ici en vous remerciant de la patience dont vous avez fait preuve en écoutant mon message.

Merci beaucoup. 

Vladimir POUTINE

 

LES BRICS FINANCIERS

 

source : Site officiel du Kremlin

traduction Christelle Néant pour Donbass Insider

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27 octobre 2022

GUERRE UKRAINE/RUSSIE : Pourquoi Poutine va (quoi qu’en disent les Occidentaux) gagner la guerre contre l'UKRAINE ...

Pourquoi Poutine va (quoi qu’en

 

disent les Occidentaux) gagner la guerre –

 

par François Martin

Malgré ce que beaucoup de gens pensent, Poutine devrait logiquement finir vainqueur de cette guerre, d'abord, parce que nous lui avons donné les armes dont il se sert aujourd'hui, ensuite parce qu'il en a bien d'autres en réserve, qu'il n'utilise pas encore, enfin parce que la Russie ne peut pas se permettre de perdre cette guerre.

Essayons de justifier ce titre un peu provocateur. ! Nous avons trop tendance, propagande américaine oblige, à ne pas regarder cette guerre avec les yeux froids du géopoliticien, mais à y plaquer nos souhaits occidentaux.

poutine et son armée

Le président russe joue du fait que nous le méprisons

Poutine le sait, qui se sert de ce biais, consistant de notre part à le minimiser en permanence, comme un moyen de masquer ses forces et ses intentions. C’est la première des armes que nous avons mises (et nous continuons à le faire) à sa disposition : le prendre pour un imbécile, et prendre les russes pour des incompétents (1).

Ceci est vrai sur le plan économique, par exemple. Chacun a compris, aujourd’hui, que nous avons donné nous-mêmes à Poutine l’arme des sanctions qui s’est retournée contre nous. En effet, l’un de ses objectifs, et non des moindres, était de trouver un levier sur nos populations occidentales, pour nous monter contre nos propres gouvernements. Pour faire fonctionner ce levier, il n’a même pas eu besoin d’activer une menace de coupure d’énergie, ni de la mettre en oeuvre. Nous l’avons fait nous-mêmes !

De même, sur le plan diplomatique, il savait, comme tous les chefs d’Etat, que la multipolarisation du monde était en marche depuis longtemps (2). Il a fallu que nous mettions, à l’ONU, l’ensemble des pays de la planète au pied du mur, en exigeant d’eux qu’ils votent les sanctions, pour les obliger à choisir leur camp. Ils n’ont pas choisi le nôtre (3). Funeste décision de notre part. En effet, au lieu de les forcer à se positionner contre nous, et alors qu’ils ne peuvent plus, maintenant, revenir en arrière, il aurait fallu les « travailler au corps » discrètement, et chacun à leur tour, pour isoler les Russes patiemment. Nous avons fait le contraire, et avec quelle maladresse !

 

présidnt néo-nazi de l'ukraine

Nous avons enfermé l’Ukraine dans une doctrine défensive

Sur le plan militaire, nous (4) avons, depuis 2014, enfermé l’Ukraine dans une doctrine défensive (5), les empêchant ainsi de manoeuvrer. C’est bien à cette doctrine que l’on doit le fait que les russes aient conquis, avec une armée bien inférieure en nombre (ce qui est un comble !) 25% d’un pays plus grand que la France en quelques mois. Depuis la bataille d’Izioum, la doctrine occidentale a changé. Elle est devenue manoeuvrante et offensive, mais c’est évidemment trop tard. La « raspoutitsa » va venir, puis les grands froids, gelant les choses pendant l’hiver. Si les troupes otaniennes (6) profitent de ces derniers moments pour engranger le plus de terrain possible (7), ces pertes, pour les russes, ne sont pas considérés comme stratégiques. Au contraire, si elles permettent de fixer des troupes ennemies hors du front principal, elles servent au final leurs objectifs. Pour eux, c’est le cœur du Donbass (Bakmout, puis Slaviansk et Kramatorsk) qui doit tomber. Ils pensent sans doute que dès qu’ils auront intégré leurs nouvelles troupes (300.000 soldats au minimum), ils reprendront facilement, au cœur de l’hiver, ce qu’ils ont perdu.

Mais le « Graal », le plus beau cadeau que nous avons pu faire à Poutine, c’est ce que nous considérons, avec beaucoup de fierté, comme notre principale victoire : notre « carpet bombing » (8) médiatique qui, pensons-nous, noie Poutine et les siens sous un tombereau de sarcasmes, de mépris, de honte et de haine. Une idée « magique » (qui doit marcher essentiellement parce que nous y croyons), et en réalité une hystérie. Car il suffit de réfléchir un peu pour se rendre compte de l’erreur commise . En effet, en faisant cela, nos politiques, analystes et journalistes zélés ne se sont pas rendus compte qu’ils ne convainquaient, parmi les opinions occidentales, que ceux qui étaient déjà convaincus, mais surtout, qu’ils donnaient à Poutine l’arme dont il avait le plus besoin : la possibilité de faire comprendre à sa propre opinion que sa guerre n’était pas une guerre de conquête étrangère, de la Russie contre l’Ukraine, mais bien une guerre existentielle, de défense intérieure contre un camp occidental qui veut la ruine définitive de son pays et de ses habitants. Ainsi, il était fondamental que les russes ne se considèrent pas comme des américains au Sud Vietnam, mais bien comme le Nord Vietnam.

 

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“Il était fondamental que les Russes se considèrent non pas comme des Américains au Sud-Vietnam mais comme le Nord-Vietnam”

On sait à quel point la mobilisation générale d’un pays pour la guerre est toujours une tâche extrêmement délicate (9). Poutine le savait mieux que personne, raison pour laquelle il n’avait mobilisé, pour la première partie de cette opération, aux côtés des forces du Donbass, que l’armée professionnelle, les tchétchènes et les « privés » de Wagner. En mobilisant trop tôt ses conscrits ou même sa réserve, alors que son opinion n’était pas suffisamment préparée et « polarisée », il aurait risqué un retour social et politique très dangereux. Pour nous, il eût été  absolument fondamental, là encore, de ménager les russes, et même Poutine, afin de ne pas créer ou renforcer ce « lien patriotique » entre lui et son peuple. Pour convaincre les russes de « ne pas y aller », nous devions surtout « faire profil bas », afin de les assurer du fait a) qu’ils n’avaient rien à craindre de nous et que nous n’étions pas leurs ennemis, b) que Poutine s’était fourvoyé dans une guerre inutile contre un occident pacifique. Or nous avons fait exactement le contraire. Nous en avons fait tellement (10) que nous avons définitivement convaincu les russes de notre projet génocidaire à leur égard. De ce fait, la populatité de Poutine n’a jamais été aussi forte. Au départ, il était surtout suivi par les géopoliticiens de son entourage, une partie de son armée et la frange la plus nationaliste de l’opinion. Aujourd’hui, il a derrière lui, mis à part certains des oligarques qui resteront toujours atlantistes, un pays entier de 144 Millions d’habitants. Bien joué de notre part. Pour donner de la force à notre adversaire, rien ne pouvait être pire !

Maintenant que le mal est fait, Poutine tient (enfin !) la justification principale dont il avait besoin (11). Il a pu, fort logiquement, russifier les territoires de la future Novorossia (12), et appeler, dans un premier temps, les réservistes, avant de mobiliser demain, si nécessaire, la conscription. Avec les 24 millions de soldats mobilisables, il dispose d’une puissance colossale, dans une guerre où ce ne sera pas, en finale, la technique qui règlera la chose, mais la capacité à engager ses hommes, ce que l’occident ne fera jamais tant que la guerre militaire restera circonscrite à l’Ukraine. Et Poutine fera tout pour que ce soit le cas.

fusée balistique

Et puis, il y a tout ce dont la Russie ne s’est pas encore servi

Mais il a encore à sa disposition bien d’autres armes, dont il ne s’est pas encore servi :

Il vient d’en donner un aperçu en détruisant, en quelques jours, à peu près 50 % du potentiel électrique de l’Ukraine. Pourquoi a-t-il fait cela, et pourquoi maintenant ? Nous avons oublié, là aussi, que nous nous trouvions face à l’une des plus importantes armées du monde, et nous avons pris pour de la faiblesse ou de l’impuissance le fait qu’il reste à ce point « en-deçà de la main », comme s’il ne pouvait pas être plus destructeur qu’il n’était. Nous avons fait, de façon ridicule, des navettes à Kiev pour discuter avec le dirigeant ukrainien de la meilleure manière de l’aider à combattre, sans penser que Poutine aurait pu détruire toute la ville de Kiev en une seule journée. Pourquoi donc nous laissait-il faire ? C’est un peu comme si, pendant la 2ème guerre mondiale, les allemands avaient laissé Churchill et de Gaulle aller rencontrer le gouvernement de Vichy pour discuter ensemble de la résistance… Et nous ne nous sommes posés aucune question ?

A l’évidence, Poutine attendait un signe, celui d’une velléité de négociation, qui n’est jamais venue. En refusant sans cesse de parler (13), en refermant nous-même la porte qu’il laissait ouverte depuis 6 mois, nous lui avons donné, là aussi, un autre feu vert, celui de choisir lui-même les termes de l’escalade, de détruire le reste de l’Ukraine, qu’il avait jusqu’ici épargnée, et d’achever son œuvre de construction de la Novorossia. Dans cette nouvelle phase, avant même d’utiliser, comme on tente de le faire croire, des bombes nucléaires tactiques ou des gaz toxiques, ou bien d’aller détruire, en Pologne, les bases otaniennes où sont formées les troupes ukrainiennes pour le printemps (14), une large palette est à sa disposition pour paralyser entièrement le pays (15) : couper systématiquement les routes, les voies ferrées et les ponts dans les parties ouest et nord, ou à Kiev même, détruire les installations du port d’Odessa, ou même couper le gazoduc russo-ukrainien (16). Comment se fait-il que nous ne nous soyons posé aucune de ces questions ?

Une autre arme dont Poutine ne s’est pas encore servi est l’hiver. Depuis Napoléon et Hitler, cette période de l’année est celle des plus grandes gloires militaires russes, et ceci va les transcender. Le froid va arriver au moment exact de la « bascule », celui où les armées otaniennes ont épuisé, au moins momentanément, avec de nombreuses attaques infructueuses, leur capital en hommes et en armes, et où la Russie reconstitue le sien avec les 300.000 hommes de sa réserve. De plus, il va affecter très fortement non seulement les soldats de Kiev, mais aussi ses populations, privées d’électricité et d’eau, les mêmes que Poutine avait pris soin d’épargner jusqu’ici, espérant que cette « réserve » serait interprétée comme une porte laissée ouverte pour une négociation, une occasion qui n’a jamais été saisie.

Enfin, on ne peut oublier le souvenir spécifique de Stalingrad, l’une des plus grandes et décisives de l’histoire humaine, et qui plus est contre l’ennemi nazi dont les bataillons ukrainiens admirateurs de Bandera sont, d’une certaine façon, les descendants. Mêmes adversaires, même période, comment ne pas imaginer que les russes auraient bien envie de refaire à leurs ennemis, maintenant americano-ukro-nazis, le « coup de Stalingrad », en les attirant à nouveau dans un traquenard, pour les y enfermer, les affamer et les liquider au cœur de l’hiver ? Et comment ne pas se dire que Kherson serait le lieu parfait pour cela ? Et comment ne pas penser qu’américains et ukrainiens seraient fortement tentés de prendre ce risque, comme la souris devant le piège à fromage, alors qu’ils ont, surtout les premiers, désespérément besoin d’une victoire qu’ils puissent présenter comme « décisive » pour atténuer la défaite attendue des midterms ?  

 

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Les Russes mènent désormais un combat existentiel

Mais il existe encore un autre aspect, qui joue fortement en faveur des russes : ils ne peuvent pas perdre !

En effet, en traitant ce conflit de façon « classique », une configuration où il faut frapper l’adversaire pour lui infliger des pertes et le pousser à négocier, nous faisons une erreur majeure : celle de ne pas voir que nous ne sommes pas, justement, dans un univers « classique », mais dans un univers nucléaire, qui est totalement différent. Dans un tel contexte, toute concession est, sur le plan géopolitique, potentiellement fatale. En effet, les russes savent que s’ils négocient en position de faiblesse militaire, ils n’obtiendront jamais ce qu’ils veulent par-dessus tout : la démilitarisation de l’Ukraine. Ils se retrouveront donc, dans ce cas, à l’inverse, comme si les USA avaient été contraints d’accepter des missiles russes à Cuba en 62. Impossible de l’envisager. L’escalade nucléaire, dans ce cas, est la seule sortie possible. Les russes peuvent donc gagner sur le plan militaire, et imposer leurs conditions. Ils ne peuvent pas perdre, sauf à entraîner le monde entier dans le maelström.

Dans son livre « Leaders », Richard Nixon raconte que les meilleurs négociateurs qu’il ait eus à affronter étaient ceux qui se montraient capables de se mettre eux-mêmes au bord du précipice, pour montrer qu’il leur était impossible de reculer. Il disait même que de tous, le plus fort était Afez El-Assad, le père de Bachar, qui osait sauter lui-même dans le vide, pour obliger à ce qu’on l’en sorte et qu’on lui donne ce qu’il voulait. Les russes sont, d’une certaine façon, dans cette situation : le fait de perdre cette guerre serait un « précipice politique » impossible à envisager. Comme le dit John Mearsheimer, la question, pour eux, est existentielle (17). C’est pour cette raison, parce qu’ils n’intègrent pas (à dessein) cette notion fondamentale, que nos analystes qui répètent sans cesse « il faut frapper les russes pour qu’ils négocient » se trompent. Plus encore, ils nous mentent, et nous poussent vers la catastrophe.

Heureusement, on peut penser que les américains (qui n’ont pour le moment, répétons-le, rien à perdre à continuer), après avoir « poussé le bouchon » jusqu’à la limite pour tester leur adversaire, seront obligés, à un moment, de s’arrêter et de négocier. Cela se fera d’autant mieux, paradoxalement, que la Russie sera parvenue, auparavant, à ses objectifs militaires, ce qui est plus que probable, comme le montre l’excellente interview sur TVL du journaliste Sylvain Ferreira (18) . Espérons qu’à cette occasion, on se mettra d’accord, enfin, sur un statut démilitarisé pour l’Ukraine, ce que la Russie demande depuis 20 ans. C’est ainsi, et seulement ainsi, que nous retrouverons la paix.

Montesquieu disait « Les responsables des guerres ne sont pas ceux qui les font, mais ceux qui les ont rendues inévitables ». Une remarque de grand bon sens. Dans le cas présent, il est facile de répondre.

 

 

Sources

Les Etats-Unis et l’OTAN commettent l’erreur capitale dans une guerre: sous-estimer leur ennemi – par François Martin – Le Courrier des Stratèges (lecourrierdesstrateges.fr)

  • En 1970, l’occident représentait 25% de la population mondiale et 70% des richesses. Aujourd’hui, nous ne disposons plus que de 12% de la population mondiale, et de 40% de la richesse, et la tendance continue. Tout est dit.
  • Cf le camouflet récemment infligé par l’Arabie Saoudite aux américains, à propos du pétrole. Aujourd’hui, le « Pacte du Quincy », base de la politique américaine au Moyen-Orient, est bien mort. Un moment historique, provoqué par notre impatience diplomatique à propos de l’Ukraine. Pacte du Quincy — Wikipédia (wikipedia.org)
  • Ce « nous » se rapporte globalement au camp occidental
  • Conformément à l’instruction donnée en 2014 par Victoria Nuland, N°3 du Département d’Etat en charge de l’Ukraine, pour la composition du futur gouvernement ukrainien post-Maïdan : « pousser les russes au conflit armé ». De là, 1) une politique de provocation permanente (dérussification, martyre du Donbass, otanisation, laboratoires bactériologiques, vente d’armes et formation, etc…), 2) une stratégie purement défensive, type 1ère guerre mondiale, avec a) la construction, le long de la ligne de feu du Donbass, d’une ligne de défense type « Ligne Maginot » sur laquelle les russes devaient venir s’empaler (ce qu’ils n’ont pas fait), et b) un système de défense urbaine à l’intérieur des agglomérations, si possible dans les hôpitaux, les écoles, les maternités ou même les monastères, pour obliger les russes à répondre, afin de pouvoir les accuser.
  • Il ne faut plus parler, maintenant, des troupes ukrainiennes. La guerre a changé de dimension. La Guerre d’Ukraine est-elle en train de devenir une guerre mondiale? par François Martin – Le Courrier des Stratèges (lecourrierdesstrateges.fr)
  • Pour essayer, également, « d’embellir la mariée », autant que possible, de la politique étrangère des démocrates américains avant les midterms. Une tentative désespérée !
  • Tapis de bombes
  • Cf les hésitations de Roosevelt, lors de la 2ème guerre mondiale, avant sa rentrée dans le conflit en Décembre 41, soit 2 ans après le début de celui-ci. Il fallait absolument préparer les opinions.
  • Jusqu’à priver les sportifs russes de compétitions internationales, débaptiser les collèges Dostoïevski ou Soljenitsyne, ou tenter d’empêcher les touristes russes de visiter l’Europe. Il fallait faire exactement le contraire : les accueillir à bras ouverts !
  • Et c’est d’autant plus stupide de notre part que le peuple russe a une propension naturelle au sacrifice et au martyre. A partir du moment où ils pensent que c’est, à travers l’occident, Satan qui les combat, et à mort, il sera impossible de leur faire lâcher prise. Et si Poutine disparaît, ce sentiment sera encore plus fort, et le gouvernement qui le remplacera sera encore plus dur. Comment ne le comprenons-nous pas ?
  • Qui incluera obligatoirement Odessa.
  • Alors que c’est précisément ce que nous aurions dû faire, ne serait-ce que pour rassurer les populations russes sur nos intentions !
  • Et pense-t-on que, s’il le fait (sous le prétexte, fondé, que nous sommes entièrement co-belligérants, et depuis longtemps), nous enverrons nos soldats se faire tuer pour les américains ?
  • Le fleuron de ses armes pour cet « Armageddon » qui vient à peine de commencer est le drone Shaed 136, un engin iranien amélioré par les russes. Très bon marché (20.000 USD!), presque inarrêtable et très précis, car connecté maintenant au système GPS russe, il pourra être utilisé presque sans limites. Il n’est pas le fruit d’un bricolage récent, mais d’un programme technique longuement mûri. Evidemment, les services occidentaux, et les gouvernants, étaient au courant de cette possibilité. Et ils ont fait comme si les russes n’allaient pas s’en servir ? Sommes-nous gouvernés par des fous ? HESA Shahed 136 — Wikipédia (wikipedia.org)
  • Ce qu’il pourrait fort bien faire une fois qu’il aura installé en Turquie le terminal gazier tout récemment négocié. On ne peut pas ne pas y penser !
  • Par contre, elle ne l’est guère pour les américains. Pour cette raison, on ne peut s’empêcher de penser que, pour eux, la composante économique (monopole de la vente d’armes, d’énergie et de matières premières à toute l’Europe, Ukraine comprise, et pour un bon moment) et le gain politique (contrôle total de l’Europe) sont des raisons prioritaires.

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26 octobre 2022

Guerre d’Ukraine : La fuite en avant du gouvernement ukrainien de moins en moins soutenu par les Occidentaux

Guerre d’Ukraine – point au jour 243 –

 

La fuite en avant du gouvernement

 

ukrainien de moins en moins

 

soutenu par les Occidentaux

 

Alors que la bataille d'Ukraine semble se focaliser sur la bataille de Kherson, des rumeurs alarmistes courent sur une radicalisation de la guerre. En réalité, Washington, qui attend les élections de mi-mandat, et Londres, où l'on cherche un successeur à Madame Truss, ne sont pas en position d'engager un bras de fer avec la Russie. Moscou s'inquiète plutôt du possible comportement erratique d'un gouvernement kiévien potentiellement aux abois, et qui s'aperçoit que l'alliance avec les Occidentaux, relève pas d'un "serment des Nibelungen". Assistera-t-on à une fuite en avant de Zelenski? au moment où la récession s'installe en Europe, en particulier en Allemagne?

Bataille d’Ukraine – 

Dans la soirée du 19 octobre, les forces ukrainiennes ont bombardé la ville de Donetsk avec des armes incendiaires. Les Ukrainiens ont ciblé des zones forestières dans le district Petrovsky de la capitale de la République Populaire de Donetsk, sans doute dans le but de provoquer des incendies près des zones habitées. L’attaque a été menée avec des obus incendiaires contenant de la thermite, probablement des 9M22C ou 9M28C, lancés par des Grad MLRS. Les obus à thermite utilisent un mélange incendiaire de combat à base de magnésium. Il s’enflamme et atteint des températures allant jusqu’à 2300-2700 degrés Celsius. Une telle masse brûle les matériaux de construction, le métal et les équipements militaires blindés. Ces armes ont déjà été utilisées par l’armée ukrainienne depuis 2014. De telles armes ont également été utilisées par les militaires russes sur des positions militaires ukrainiennes depuis février.

20-21 octobre 

Le gouvernement américain aimerait une victoire spectaculaire avant les élections de mi-mandat. C’est l’une des raisons pour lesquelles, les attaques se concentrent actuellement sur Kherson et sa région. Une autre est le raidissement les Kiéviens et des Occidentaux qui, jouant leur va-tout, s’emballent à l’idée de non seulement reprendre Kherson mais sérieusement menacer la Crimée. 

Il y a bien des ébauches de contre-offensives dans la région de Bakhmoutr/Artiomovsk;  et dans la direction de Svatovo/Kremennaïa/Rubijnie. Mais le plus gros des troupes kiéviennes (encadrées et complétées par des combattants de l’OTAN) se trouve vers Zaporojie et Kherson. 

Erwan Castel propose un bon point de situation: 

Le nouveau Commandant en chef des opérations militaires russes, le général Sourovikine, n’est pas seulement en train de mettre en œuvre un nouveau format stratégique sur le front russo-ukrainien mais également d’imposer un nouveau style de communication dans lequel il n’hésite pas à dire la vérité, même lorsqu’elle déplaît. Ainsi a t-il déclaré sans ambages que la situation sur le front de Kherson était “tendue” .  (…)

“L’armée russe assurera avant tout l’évacuation en toute sécurité de la population” a déclaré le Général Sourovikine commandant en chef des opérations militaires russes sur le front russo-ukrainien. Ces évacuations ne sont pas forcées mais proposées et sur la base du volontariat. ((…)
Justifiant tragiquement l’initiative russe d’organiser l’évacuation volontaire de la population civile de Kherson avant une probable bataille, les forces ukrainiennes ont commis sur les bords du Dniepr un nouveau crime de guerre, bombardant un embarcadère où se trouvaient justement des civils en cours d’évacuation. Les forces kiéviennes ont tiré dans la soirée du 20 octobre plusieurs roquettes chargées de shrapnels anti personnels sur une évacuation de civils en cours. 
 
Bilan provisoire : 4 tués 11 blessés dont plusieurs enfants et des journalistes (…) 
Près de 20 000 civils volontaires ont déjà été évacués de la ville de Kherson.
 
Sur le front autour de Kherson, il y aurait un corps de bataille ukrainien de plusieurs dizaines de milliers de soldats (60 000 selon certaines sources et sur le point de lancer une offensive imminente sur la ville, (…)
sur plusieurs secteurs du front de Kherson, les forces ukrainiennes sont passés à l’attaque en menant des reconnaissances offensives lourdes au Nord Est, le long du Dniepr et sur la rivière Ingoulets et au Nord-Ouest venant du front de Nikolaïev.
 
Vraisemblablement l’objectif de ces attaques renforcées n’est pas seulement d’évaluer les défenses russes et de les affaiblir, mais de créer une brèche dans leur dispositif par où pourrait s’engouffrer une offensive plus importante.
Les principales attaques kiéviennes se sont faites en direction de Berislav / Novaïa Kakhovka pour tenter d’obtenir le contrôle de la centrale hydroélectrique de Kakhovka et du passage par dessus le fleuve qu’elle offre et par lequel passe actuellement un grande partie de la logistique russe (également via des pontons flottants posés près du barrage endommagé par les HIMARS). Cet axe offensif a été activé dès le 15 octobre avec 2 Groupes Bataillonnaires Tactiques issus principalement des 60e Brigade mécanisée et 17e Brigade blindée ukrainiennes.
 
Pour le moment, à part la capture temporaire de 2 ou 3 petits hameaux agricoles au sud de Davidov Brod, ces attaques ukrainiennes ont été repoussées avec de lourdes pertes. (…) 
Les forces ukrainiennes, lors de ses offensives “n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs” de l’aveu même d’Arestovitch, le porte parole du président ukrainien, et ont subi des pertes humaines et matérielles très importantes.
 
Par exemple, le long du Dniepr, dans le secteur de Berisav, les forces kiéviennes qui avaient engagé 2 groupes bataillons renforcés avec un total d’environ 50 véhicules blindés en direction de Novaya Kamenka et Sukhanovo ont été brisées par les forces terrestres, l’artillerie et l’aviation russes en moins d’une journée de combat. Contraintes de se replier en catastrophe sur leur positions de départ, les forces de Kiev ont laissé sur le terrain 15 chars et 10 véhicules blindés, de nombreux tués et blessés. Leurs pertes sur ces deux seuls secteurs du front s’élèvent à plus de 200 soldats (tués et blessés) auxquels il faut rajouter de nombreux prisonniers dont plusieurs officiers. 
Les combats qui se déroulent autour de Kherson sont particulièrement violents et les forces russes paient également très cher le prix de leurs victoires. Sur ce secteur de Berislav, les forces russes en repoussant les attaques ennemies ont perdu 43 soldats, 6 chars 9 véhicules blindés 2 obusiers calibre 152 mm. (…)
Dans le seul secteur de Kherson, une estimation porte à 9600 le nombre des soldats ukrainiens tués au cours des deux derniers mois pour quelques arpents de steppes sans importance militaire…  (…) 
En amont de Kherson se trouve le barrage hydroélectrique de Kakhovka
 
Depuis plusieurs semaines, la potentielle destruction du barrage hydroélectrique de Kakhovka, en amont de Kherson est au coeur des préoccupations russes et de la propagande ukro-atlantiste qui, comme d’habitude cherche à incriminer par avance la partie russe de la rupture potentielle du barrage que pourtant les forces ukrainiennes bombardent régulièrement depuis juillet 
 
Cette centrale hydroélectrique de Kakhovka est l’une des dix plus grandes centrales hydroélectriques d’Ukraine. Il s’agit de la sixième étape de la cascade d’installations hydroélectriques sur le fleuve Dniepr. Le barrage de Kakhovka a généré en amont une retenue d’eau de plus de 13 milliards de mètres cubes dont la superficie du réservoir (2 155 km²) est approximativement égale à celle de Moscou.  .
 
Que se passera-t-il si le barrage est détruit par l’armée ukrainienne? 
 
Un tsunami fluvial qui inondera au minimum 65 km2 dont une grande surface urbaine!
  • La hauteur de la vague pourrait atteindre 4,8 mètres et la largeur du déversement pourrait être de 5 kilomètres,
  • 2 heures et demi après la rupture du barrage, la vague atteindra sa pleine puissance, 
  • L’eau se précipitera à environ 25 km/h, inondant très rapidement les quartiers bas de la ville comme le micro-district d’Ostrov,
  • La vague déferlante atteindra la périphérie de Kherson en 2 heures, le niveau d’eau maximal (+ 5 mètres) en 14 heures,
  • L’inondation durera 3 jours et détruira la quasi totalité de Kherson.
Le Pentagone avait déjà simulé ce scénario sachant qu’il était connu également des concepteurs soviétiques qui avait renforcé la structure pour résister à des frappes de missiles.. En 2004, le journal de Kherson “Gryvna” avait évoqué à nouveau ce scénario catastrophe dans un article intitulé “Pas prêt pour une apocalypse locale”.
Parmi les scénarios imaginés: tirs massifs de missiles sur le barrage, mouillage de mines  flottantes en amont, sabotage…

Dans le contexte des frappes russes ciblant les ressources énergétiques ukrainiennes, l’envie de reprendre le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporojie (qui fournissait 25 % de l’électricité ukrainienne avant février), libérée par les forces russes début mars, est devenue une obsession du commandement OTANo-kiévien. 

2 assauts fluviaux ont été déjà déjoués, partant du secteur de Nikopol, sur la rive opposée du Dniepr, et des attaques terrestres sont également régulièrement tentées ou en préparation depuis le Nord Est et le Sud Ouest afin de longer la rive Sud du fleuve jusqu’au site nucléaire.

Le 21 octobre 2022, les forces ukro-atlantistes ont à nouveau tenté de s’emparer par un 3ème assaut fluvial du site d’Energodar où se situe la centrale nucléaire de Zaporodje (la plus grande de la région) et qui est située en amont du barrage de Kakhovka, sur la rive Sud de la retenue d’eau éponyme.

Vers 4h du matin, deux escadrons de l’armée ukrainienne ont essayé de débarquer sur la rive gauche du réservoir de Kakhovka pour s’emparer du site. L’opération impliquait 37 embarcations, 12 lourdes et 25 légères, chargés de militaires ukrainiens.

Les forces russes qui sécurisent le périmètre de la centrale, ont repoussé l’attaque en éliminant plus de 90 militaires et 14 embarcations.

En outre, la partie nord de la ville d’Energodar et les environs du site nucléaire ont essuyé 13 tirs de la part de l’armée ukrainienne. Par tir de riposte, tous les points d’artillerie ennemis ont été neutralisés.

 

Samedi 22 octobre 2022  – Nouvelle vague de frappes russes massives sur les infrastructures électriques ukrainiennes

Depuis le début de la matinée du 22 octobre, les forces russes ont lancé des frappes de missiles à travers l’Ukraine. Des interruptions de l’approvisionnement en électricité et en eau et des problèmes de lignes de communication sont signalés dans presque toutes les régions du pays. Les services ukrainiens ont déjà évalué que l’ampleur des dommages causés aux installations énergétiques ukrainiennes le 22 octobre est “comparable ou peut dépasser les conséquences” des frappes russes du 10 au 12 octobre.

L’alerte aérienne est toujours déclenchée dans toute l’Ukraine. Dans plusieurs régions, notamment dans la capitale et dans la région de Kiev, elle retentit pour la troisième fois depuis le début de la journée.

Jusqu’à présent, des explosions ont retenti dans les régions suivantes :

Plusieurs explosions ont retenti à Kiev. Le maire de la ville Vitali Klitschko a confirmé les frappes mais n’a pas révélé les cibles. Les autorités locales ont confirmé que les systèmes de défense aérienne ont été activés dans la région de Kiev. Les habitants de la région ont été priés de rester dans des abris. Un couvre-feu de 23 heures à 5 heures du matin a été décrété dans la région depuis le 23 octobre.

Dans la région d’Odessa, des missiles russes ont frappé le district de Podolsk, le village d’Alexandrovka, les villes d’Usatovo et de Mayaki. Les cibles comprenaient probablement des installations militaires utilisées par l’AFU ainsi que des installations de l’infrastructure énergétique locale.

Les autorités locales ont confirmé des explosions dans une installation d’infrastructure énergétique. L’attaque a entraîné une coupure d’électricité dans plusieurs localités de la région. D’après la carte des coupures de courant, on peut supposer que les sous-stations énergétiques d’Usatovo, Podolsk, Ajalyk, Novoodesskaya ont été endommagées.

Des centrales électriques ont été endommagées dans la région de Rovno, a confirmé le chef de l’administration militaire régionale, Vitaly Koval. L’électricité a été coupée dans plusieurs quartiers de la ville de Rovno. Des explosions ont été enregistrées dans la région de Volyn. Le chef de la région a confirmé qu’une installation d’infrastructure énergétique a été endommagée. Le maire de Loutsk a signalé que la centrale électrique avait été endommagée, ce qui a privé d’électricité une partie de la ville.

Les cibles n’ont pas été officiellement révélées, mais on suppose qu’il s’agit de la sous-station 330 kV de Loutsk – Severnaya et de la sous-station 330 kV de Rovno.

Dans la région de Khmelnytski, la sous-station Khmelnitskaya 330/110 kV a une nouvelle fois été touchée par des missiles russes.

Dans la région de Kropivnitsky, les autorités ont confirmé les frappes dans les districts de Khmelnitsky et Shepetovsky, l’alimentation en électricité y a été interrompue. Des images de la région ont confirmé que la centrale électrique située près de la ville de Dolinskaya a été touchée. Des coupures de courant ont également été signalées dans les districts de Golovanevsky et Kropivnitsky de la région, ce qui pourrait être le résultat d’une attaque contre la sous-station de Pobugskaya.

Des explosions ont également été confirmées dans les régions de Lvov, Tcherkassy, Jytomyr, Soumy, Kharkov, Poltava, Dniepropetrovsk, Zaporozjie.

Toutes les régions du pays ont été confrontées à des interruptions de l’approvisionnement en électricité et en eau. L’opérateur des chemins de fer ukrainiens “Ukrzaliznytsia” a signalé que certaines sections ferroviaires sont hors tension, les trains circulent avec des locomotives de secours.

A noter que les missiles russes ont été programmés/guidés pour changer de trajectoire

On sait que pour frapper à Loutsk, les missiles de croisière ont modifié de manière inattendue leur trajectoire, s’éloignant des zones de déploiement de la défense aérienne sur une distance considérable, ce qui a rendu leur interception impossible, après quoi ils se sont brusquement dirigés vers le nord, où ils ont frappé. Lorsque les systèmes de défense aérienne ukrainiens ont tenté d’atteindre les missiles, les radars ont été lancés en mode actif, ce qui a permis de révéler la zone où se trouvaient les systèmes de défense aérienne. En particulier, on sait que Khmelnitsky, où se trouvaient les systèmes de défense aérienne, a été frappé quelques minutes plus tard.

Il convient de noter qu’avant le début de l’Opération Spéciale, on ne supposait pas que les missiles de croisière russes étaient capables de modifier leur trajectoire de vol, mais cela est maintenant devenu un problème très grave pour les forces armées ukrainiennes et les pays occidentaux“.

22-23 octobre 2022

Le matin du 22 octobre, les forces armées ukrainiennes ont bombardé la ville de Schebekino dans la région frontalière russe de Belgorod. La cible de l’artillerie ukrainienne était le marché local.

À la suite de l’attaque ukrainienne, 11 civils ont été blessés. Au moins quatre d’entre eux ont été gravement blessés et ont été immédiatement transportés à l’hôpital. Le chef de la région, Vyacheslav Gladkov, a confirmé que certaines victimes sont dans un état grave et que tous les soins médicaux nécessaires sont prodigués.

Les installations civiles de la ville de Chebekino sont constamment bombardées par les forces ukrainiennes. La veille, une usine de peinture locale a été la cible de tirs.

Après le retrait de l’armée russe de plusieurs districts de la région ukrainienne de Kharkov, les attaques ukrainiennes contre les régions frontalières russes ont augmenté. Les mesures de sécurité dans les régions frontalières de Belgorod et de Koursk ont été renforcées. Les civils ont été évacués d’un certain nombre de villages situés à proximité de la frontière ukrainienne.

Nuit du 22 au 23 octobre: 

L’Ukraine a été confrontée à l’une des plus fortes attaques de drones

Bilan journée du 23 octobre

(effectué par Slavyangrad à partir de plusieurs sources dont @Rybar)

Direction Starobelsk :

 Dans la région de Svatovo, les formations ukrainiennes ont mené une bataille de reconnaissance sur la ligne Raygorodka – Kovalevka. Les forces russes ont repoussé l’attaque. L’ennemi a subi des pertes et a retiré ses chars dans la zone de Borovaya en raison du manque de carburant et de lubrifiants.

 Dans le secteur Liman, l’armée kiévienne poursuivrait les préparatifs d’une offensive de grande envergure sur Kremennaya à partir de la ligne Torskoye – Terny.

 Lors de l’attaque du 22 octobre, l’ennemi a réussi à s’approcher de Krasnopopopovka, mais les soldats russes de la 20e armée ont repoussé l’attaque et ont repris presque toutes les positions perdues. Le commandement ukrainien prévoit de reprendre l’assaut afin de créer une tête de pont pour une attaque sur Kremennaya.

Direction Soledar :

 Au cours de l’avancée depuis Otradovka, les forces russes ont repoussé les unités de la 58e brigade d’infanterie motorisée de l’armée ukrainienne dans les lignes de réserve.

 Des unités du 2e bataillon de la 53e brigade mécanisée ont été déplacées de Chasov Yar près de Opytnoye pour arrêter l’avancée des troupes d’assaut de Wagner PMC.

 Les soldats du 46e bataillon d’assaut séparé de la 53e brigade mécanisée, soutenus par l’artillerie, ont tenté de flanquer les forces russes depuis la direction de Kleshcheevka. L’attaque a été repoussée.

 Dans le secteur de Seversk, des unités de la 10e brigade d’assaut de montagne de l’armée ukrainienne ont mené une bataille de reconnaissance près de Serebryanka, mais se sont retirées sous le feu des Forces russes.

Région de Lougansk :

 Les militants ukrainiens ont bombardé Starobelsk, ainsi que Rubezhnoye, Svatovo et Novoaidar avec des MLRS HIMARS.

Direction Donetsk :

 Il n’y a pas eu de changements significatifs dans les lignes de front au cours des dernières 24 heures. Après avoir capturé tous les bastions de l’armée ukrainienne à la périphérie d’Opytnoye, les combattants du bataillon Sparta se préparent à prendre d’assaut le village.

 Les militants ukrainiens ont bombardé Donetsk, Kashtanovoye, Маkeevka, Yasinovataya, Gorlovka, Krasny Partizan et d’autres localités de l’agglomération.

Zaporojie :

 L’armée ukrainienne continue de se préparer à une offensive majeure. Plusieurs unités de la 65e brigade mécanisée de l’armée ukrainienne ont été déployées dans la section Gulyaypole.

 Des mobilisés formés sur les terrains d’entraînement de l’ouest de l’Ukraine ont été déplacés vers le secteur Orekhov. Ils ont formé des unités d’assaut avec des ATGM BGM-71 TOW.

 Dans le même temps, l’armée ukrainienne renforce son regroupement dans l’avant-poste de Vremevka. Deux unités de la 77e brigade aéromobile formée dans la région de Jytomyr sont arrivées à Bolshaya Novoselka. Un peloton de chars, une compagnie mécanisée et 20 camionnettes avec du personnel ont été transférés à Uspenovka.

Le matin du 23 octobre, des militants de l’armée ukrainienne ont mené une attaque au missile contre un hôtel de la banlieue est d’Energodar, où vit le personnel de Rosenergoatom. Le bâtiment a été endommagé mais il n’y a pas eu de victimes.

Direction Nikolaev – Berislav sur le front sud :

 Il n’y a pas de changement significatif de la situation dans la région de Kherson. Après plusieurs tentatives infructueuses, l’armée ukrainienne reconstitue ses pertes et effectue une reconnaissance des positions russes avant le prochain assaut.

 Dans la région de Berislav, les soldats russes bloquent et capturent un groupe de sabotage de la 17e brigade de chars de l’armée ukrainienne au complet sur la ligne Pyatikhatka – Polyanka.

 Dans le secteur de Andreevka, une partie de la 46e brigade aéromobile séparée a tenté de se retrancher dans la zone située au nord de Ichtchenka. Les troupes russes ont détecté le mouvement du groupe ukrainien et ont effectué des frappes d’artillerie sur les zones d’avancée, forçant l’ennemi à se retirer.

Kiev peut compter sur une injection régulière de milliards euro-atlantiques

Bon résumé de la situation par Connor Freeman sur le site antiwar.com

(je recommande ce site libertarien américain en règle générale, pour se documenter sur les conflits à travers le monde)

La présidente de la Commission de l’Union européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé que l’Union européenne donnerait 18 milliards d’euros à Kiev l’année prochaine, tout en continuant à lutter contre la Russie, rapporte Reuters vendredi.

Cette promesse a été faite lors de la deuxième journée du sommet des dirigeants européens à Bruxelles, où l’on discute d’un soutien supplémentaire à l’Ukraine. Selon Mme von der Leyen, Kiev estime que, pour faire fonctionner le pays, il a besoin de 3 à 4 milliards d’euros chaque mois “pour l’essentiel”.

Jusqu’à présent, cette année, le bloc a fourni à Kiev 19 milliards d’euros. À l’horizon 2023, l’UE s’engage à donner à Kiev 1,5 milliard d’euros par mois. Le reste de l’aide mensuelle au gouvernement ukrainien devrait provenir de la poche des contribuables américains et des institutions internationales, selon Mme von der Leyen.

Alors que les Américains et les Européens se débattent dans une inflation galopante et une flambée des prix de l’énergie, leurs gouvernements semblent déterminés à continuer à déverser des dizaines de milliards de dollars en Ukraine pour financer son gouvernement corrompu et poursuivre la guerre par procuration de l’OTAN. “Il est très important pour l’Ukraine de disposer d’un flux de revenus prévisible et stable”, a déclaré M. von der Leyen.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est adressé aux dirigeants européens lors du sommet et a formulé plusieurs demandes. Il souhaite que de “nouvelles sanctions puissantes” soient imposées à la Russie et à l’Iran. Zelensky accuse Téhéran d’être responsable des attaques de drones de Moscou, mais il n’existe aucune preuve définitive que les Iraniens ont vendu ces armes à Moscou. Malgré les démentis répétés de la Russie et de l’Iran, l’UE ainsi que le Royaume-Uni ont imposé de nouvelles sanctions à l’Iran cette semaine suite aux allégations selon lesquelles la Russie aurait bombardé l’Ukraine avec des drones iraniens.

En outre, M. Zelensky a demandé à l’UE de lui fournir davantage de systèmes de défense aérienne et antimissile. Ces dernières semaines, Berlin a envoyé le premier des quatre systèmes de défense aérienne IRIS-T et Paris s’est engagé à fournir davantage de systèmes anti-aériens.

M. Zelensky a également prévenu que la multiplication des attaques aériennes de Moscou contre les infrastructures civiles en Ukraine, provoquée par les attaques terroristes ukrainiennes répétées et les bombardements à l’intérieur de la Russie, entraînera une crise des réfugiés en Europe.

“La terreur russe contre nos installations énergétiques vise à créer autant de problèmes que possible en matière d’électricité et de chauffage pour l’Ukraine cet automne et cet hiver, afin qu’un maximum d’Ukrainiens se déplacent vers vos pays”, a déclaré M. Zelensky lors du sommet. L’UE étudie actuellement les moyens d’aider l’Ukraine à rétablir l’alimentation en électricité et en eau, a déclaré Mme von der Leyen.

Parallèlement, le Parlement allemand a approuvé un plan de sauvetage massif de 200 milliards d’euros (195 milliards de dollars) destiné à aider les ménages et les entreprises à faire face à la crise énergétique provoquée par les sanctions imposées à la Russie par Washington. Avant le début de la guerre, la Russie fournissait environ un tiers du gaz européen et l’Allemagne dépendait de Moscou pour plus de la moitié de son approvisionnement en gaz. Après le sabotage des gazoducs Nord Stream, le président russe Vladimir Poutine a proposé d’acheminer le gaz vers l’Europe via une ligne non endommagée, Nord Stream 2. Cette offre a été rapidement rejetée par Berlin.

Le secrétaire d’État Antony Blinken a célébré les explosions en mer Baltique, qui ont probablement provoqué la plus grande fuite de gaz méthane jamais enregistrée, en décrivant l’attaque comme une “formidable opportunité stratégique pour les années à venir.”

Avant que les députés sortants ne soient remplacés après les élections de mi-mandat en janvier, les membres des deux partis du Congrès américain auraient l’intention d’adopter un autre programme gargantuesque d’aide à l’Ukraine. Le chiffre avancé est de 50 milliards de dollars. Cette somme est censée permettre à Kiev de poursuivre la guerre pendant une année supplémentaire, mais ce chiffre va probablement augmenter. Washington a déjà financé la guerre en Ukraine à hauteur de plus de 67 milliards de dollars cette année, principalement sous forme d’aide militaire, ce qui porterait ce chiffre à plus de 115 milliards de dollars.”

Tout ceci se déroule dans un contexte incertain pour les livraisons d’armes: par exemple l’Allemagne a fait savoir qu’elle n’avait pas l’impression de livrer plus de chars à Kiev. Les Etats-Unis considèrent qu’ils sont à court de stocks pour les Himars. Ajoutons que Zelenski a très mal pris que les ministres de la défense américain, britannique et français (trois membres permanents du Conseil de sécurité, trois puissances nucléaires) aient, dimanche 23 octobre, un entretien téléphonique avec le ministre  russe de la défense, le Général Choïgou. Le président ukrainien continue à réclamer des “frappes préventives” . 

L'Allemagne est dépassée par les événements

 

M.K. Bhadrakumar revient sur l’annulation de la visite du président Steinmeier à Kiev: “La décision, explique-t-il, découle de soucis concernant la sécurité du déplacement. Kiev craint que le train du président fédéral du fait de frappes russes sur les infrastructures critiques”. On remarquera au passage que, comme pour une visite de Scholz, Macron et Draghi, il y a quelques mois, le déplacement était prévu en train, non en avion. Les dirigeants européens ne veulent pas assumer une discussion avec les Russes pour négocier un déplacement à Kiev! 

“Toutefois, selon le second récit intrigant, continue Bhadrakumar, les Allemands craignent que le régime de Kiev ne s’en prenne finalement à Steinmeier [qui a rédigé les accords de Minsk en tant que ministre des Affaires étrangères] en organisant une opération de “faux drapeau” scandaleuse pour faire porter la responsabilité de l’acte ignoble à la Russie, afin d’entraîner l’OTAN dans le chaudron”. 

Deviendrait-on  paranoïaque à Berlin? Ou bien y a-t-il finalement, un double langage permanent, les Allemands connaissant en fait la vraie nature du régime ukrainien – à la fois très violent et très fragile – et ne ferraient que jouer la comédie parce qu’ils ont encore plus peur des Américains que des Russes? 

Une autre source indienne, qui tient à rester anonyme, me confie – après avoir rencontré Olaf Scholz – que l’ancien maire de Hambourg semble avoir été rattrapé, maintenant qu’il est Chancelier, par le Principe de Peter: il a atteint son “niveau d’incompétence”. 

Ce jugement de première main est-il trop sévère?  J’ai eu pour ma part le même type de malaise en rencontrant le principal collaborateur de M. Scholz, Wolfgang Schmidt, chef de la Chancellerie. 

Pourtant, à la décharge de l’actuel Chancelier, on mettra en toile de fond, l’activisme de Madame von der Leyen, la manière dont les Américains poussent à fond la grenouille polonaise à se faire aussi grosse que le boeuf allemand. Et la montée des tensions entre Berlin et Paris (annulations du sommet franco-allemand de la fin octobre).  La Guerre d’Ukraine soumet l’Allemagne et l’Union Européenne à des pressions énormes. Et il semble bien  que Berlin soit dépassée par les événements. Mais parce qu’il s’agit, aussi, d’une crise structurelle de l’Union Européenne. 

En tout cas, les prévisions économiques  sont moroses pour l’Allemagne

L’activité économique dans la zone euro a continué de chuter en octobre et l’Allemagne, première économie de l’UE, semble se diriger vers une récession, selon une enquête très surveillée par les inveswtisseurs.

L’indice des ordres d’achat (PMI) de la zone euro S&P Global Flash est tombé à 47,1 en octobre, contre 48,1 un mois plus tôt, en raison de l’inflation galopante et des prix élevés de l’énergie.

Un indice inférieur à 50 signale une contraction de l’économie.

Alors que la zone euro, composée de 19 pays, semblait devoir se contracter au quatrième trimestre, la situation était pire en Allemagne, où le PMI est tombé à 44,1, contre 45,7 en septembre.

Il s’agit du chiffre le plus bas depuis les premières fermetures d’entreprises en Allemagne lors de la pandémie de COVID-19.

Ces données viennent s’ajouter “aux signes croissants d’une récession imminente dans la plus grande économie de la zone euro”, a déclaré Phil Smith, directeur associé des études économiques chez S&P Global Market Intelligence.

En Allemagne, l’industrie manufacturière et les services affichent des taux de contraction accélérés, mais cela ne s’est pas encore traduit par des suppressions d’emplois, selon l’enquête.

Les entreprises allemandes sont “profondément pessimistes” quant aux perspectives pour l’année à venir.

En France, deuxième économie de l’UE, l’économie stagne, avec un PMI de 50 contre 51,2 en septembre.

Bien que la France souffre moins que d’autres pays d’Europe de la hausse de l’inflation, l’augmentation des prix continue d’exercer une pression sur les consommateurs, ce qui a entraîné une forte baisse des commandes des usines.

Dans toute la zone euro, l’indice PMI indique que la production industrielle a chuté pour le cinquième mois consécutif, à un rythme jamais vu depuis le pire de la pandémie.

L’engorgement et les pénuries de l’offre se sont quelque peu atténués, dans un contexte de baisse de la demande. Alors que la demande d’intrants s’est effondrée, la hausse des factures d’énergie et la pression salariale ont maintenu les coûts à un niveau élevé.

Une récession à l’échelle de la zone euro “semble de plus en plus inévitable”, a déclaré Chris Williamson, économiste commercial en chef de S&P Global Market Intelligence.

“La crise énergétique de la région reste une préoccupation majeure et un frein à l’activité, en particulier dans les secteurs à forte intensité énergétique.”

Les données PMI ont été publiées avant la réunion de jeudi du conseil d’administration de la Banque centrale européenne, qui devrait déboucher sur une forte baisse des taux d’intérêt afin de tenter de ralentir l’inflation.

L’inflation dans les 19 pays de la zone euro a atteint près de 10 % en septembre, soit cinq fois plus que l’objectif de 2 % de la BCE.

L’économie allemande, dont les industries énergivores dépendaient fortement du gaz russe avant la guerre, devrait se contracter de 0,4 % en 2023“.

La situation est très tendue en Moldavie

 

Les rumeurs les plus alarmistes circulent. Par exemple on dit que la question d’une “bombe sale” ukrainienne semble avoir été au coeur des conversations du Général Choïgou avec ses homologues américain, britannique et français. Cependant, il faut garder la tête froide. Par exemple, lorsque l’on voit répercuter par les médias que la 101è division aéroportée américaine s’entraîne en Roumanie et que “son commandement” aurait évoqué une possible participation au conflit, si les choses se durcissent, il faut d’une part se rappeler que les Etats-Unis sont actuellement en situation d’infériorité stratégique, sur le plan nucléaire, vis-à-vis de la Russie (question des vecteurs hypersoniques en particulier); et puis ce genre de décision ne se prenne pas au niveau des commandants d’unités! Sans oublier qu’une guerre contre la Russie ne se mènerait pas avec une unité d’élite. 

Ajoutons que l’OTAN peut bien avoir des plans grandioses: la réalité sur le terrain est différente. La tentative de faire basculer la Moldavie vers l’OTAN aboutit à de gigantesques manifestations.  Avant de créer un incident qui fasse basculer toute la zone, jusqu’en Transnistrie, il faudrait d’abord instaurer un “état d’urgence”. Et cela dans un  pays qui connaît ses premières pénuries énergétiques. 

 

L'environnement mondial devient de plus en plus hostile pour l'Amérique du Nord et l'Union Européenne

Xi Jinping a annoncé une nouvelle augmentation du budget de la défense. 

Dans le signe le plus clair à ce jour que la Chine se prépare à une éventuelle épreuve de force avec les États-Unis au sujet de Taïwan, un général de l’Armée populaire de libération (APL) ayant une expérience du combat a été réélu dimanche vice-président de la Commission militaire centrale (CMC).

Le président Xi Jinping a contourné la règle non écrite “sept en haut, huit en bas” pour le général Zhang Youxia, 72 ans, un vétéran de la guerre sino-vietnamienne de 1979 et l’un des rares généraux de l’APL ayant une expérience du combat.

Le général Zhang, qui était auparavant le deuxième vice-président de la CMC, a été élu premier vice-président de la commission et a conservé son siège au Politburo, composé de 24 membres, à l’issue d’une réunion de l’élite du Parti communiste dimanche.”

+ Lu sur Zero Hedge:

Au milieu de cette privation de “nourriture” sans précédent provoquée par la trajectoire de resserrement hyper-agressif de la Fed, nous ne sommes plus les seuls à avertir que quelque chose va se briser, surtout après la rupture de la Bank Of Japan et de la Bank Of England : au cours des dernières semaines, pratiquement tous les économistes et stratèges ont rejoint le chœur, avec en point d’orgue cette semaine une note d’avertissement très explicite de l’équipe de crédit de la Bank of America vendredi dernier, qui a averti que l’indicateur de stress de crédit (CSI) de la banque a clôturé au 75ème centile. 6e percentile, dépassant le pic de juin de 71 et entrant dans la “zone critique” (au nord de 75) au-delà de laquelle le risque de dysfonctionnement du marché du crédit augmente de manière exponentielle.”

+ Lu sur le blog our finiteworld.com:

À maintes reprises, les approches financières ont permis de résoudre les problèmes économiques. La hausse des taux d’intérêt a eu pour effet de ralentir l’économie et leur baisse a eu pour effet d’accélérer l’économie. Le fait que les gouvernements dépensent trop leurs revenus a également pour effet de faire progresser l’économie ; faire l’inverse semble ralentir les économies.

Qu’est-ce qui peut bien se passer ? Il s’agit d’un problème de physique. L’économie ne fonctionne pas seulement avec de l’argent et des dettes. Elle fonctionne sur des ressources de toutes sortes, y compris des ressources liées à l’énergie. (…)

 À un moment donné, les ressources, en particulier les ressources énergétiques, sont trop sollicitées par rapport à (…) tous les engagements qui ont été pris, comme les engagements en matière de retraite. En conséquence, il est impossible que la quantité de biens et de services produits augmente suffisamment pour répondre aux promesses faites par le système financier. C’est le véritable goulot d’étranglement auquel l’économie mondiale est confrontée“. Les confinements contre le COVID puis la guerre d’Ukraine, ont ramené la question de “l’économie réelle” au premier plan! 

+ Or, la situation européenne devient, du point de vue énergétique, la pire qui soit. Les pats melbres de l’UE se démènent pour trouver des solutions provisoires au problème structurel qu’ils ont créé, l’abandon de l’approvisonnement énergétique en Russie:

Comme c’est souvent le cas, le temps a permis d’apaiser les pires craintes, car les responsables de l’énergie des pays qui composent l’UE sont passés à l’action. Ils se sont tournés vers la Norvège pour obtenir 90 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires afin de commencer à remplir les cavernes de stockage. L’infrastructure était en place, ce n’était qu’une question de prix. Les États-Unis ont également répondu par un transport maritime massif de milliards de pieds cubes de GNL, provenant principalement des usines Cryo de la côte du golfe du Mexique, et peu à peu, les craintes les plus vives du début du printemps se sont dissipées.

Aujourd’hui, le WSJ rapporte que les réservoirs de gaz de l’UE sont en grande partie remplis, grâce aux exportations américaines de GNL. La population européenne est désormais entre les mains de la nature à l’approche de l’hiver.

“Les installations de stockage de gaz pour le chauffage et la production d’électricité sont presque pleines, la consommation est en baisse et les méthaniers arrivent à toute vitesse. L’Europe est dans une position plus forte que ce que l’on craignait ces derniers mois, après que Moscou a réduit ses livraisons de gaz en représailles aux sanctions occidentales liées à l’invasion de l’Ukraine.

Cependant, beaucoup de choses peuvent mal tourner. Une longue période de froid ou la rupture d’un gazoduc pourrait bouleverser les préparatifs de la région, menaçant de rationnement d’urgence, de coupures de courant et d’une récession économique plus profonde. Les responsables et les analystes estiment que la volonté des consommateurs de réduire leur consommation de gaz sera déterminante pour passer l’hiver.”

La suite de cet article se concentrera sur ce qui pourrait effectivement mal tourner et mettre en danger les citoyens de l’UE.

La demande asiatique, le respect des mesures de réduction de la consommation d’énergie et les conditions météorologiques aux États-Unis pourraient faire la différence.
Bien qu’il semble être sorti d’affaire pour la première partie de cette saison, avec des cavernes de stockage pleines, plusieurs défis attendent ce continent assiégé par l’énergie.

Le premier est que la demande asiatique, et en particulier la demande chinoise, devrait refaire surface dans les mois à venir. L’accent mis sur l’hémisphère oriental est compréhensible, car ses économies en pleine croissance sont le produit de l’ascension de cette région en tant que centre de fabrication et de distribution de presque tout. Cette demande incessante, si elle se produit, mettra au défi les centres d’importation de l’UE, qui commenceront à décharger le gaz stocké cet hiver et à chercher de nouveaux approvisionnements pour l’hiver 2023-24.

Bloomberg a récemment indiqué dans un article que la Chine, qui avait revendu des cargaisons de GNL américain à l’UE avec un bénéfice, ne le faisait plus.

“La Chine a demandé à ses importateurs de gaz appartenant à l’État de cesser de revendre du GNL à des acheteurs en manque d’énergie en Europe et en Asie afin d’assurer son propre approvisionnement pour la saison de chauffage de l’hiver.”

Si cette action signale un tournant dans les perspectives de la Chine, alors les acheteurs de l’UE devront faire face à une concurrence accrue pour les approvisionnements américains, dont ils ont reçu la part du lion au cours de l’été. Les cargaisons de GNL chargées sont très fongibles et il est courant que la destination finale d’un méthanier change après son départ du port.

La seconde est de passer l’hiver sans les réductions draconiennes évoquées dans l’article du WSJ. Le respect des directives de conservation urgentes déterminera si la sécurité énergétique de l’UE sera à la merci de la météo cet hiver.

“L’Europe est probablement aussi bien préparée qu’elle pourrait l’être. L’infrastructure est à peu près au maximum”, déclare Michael Bradshaw, professeur d’énergie mondiale à la Warwick Business School. “Nous nous heurtons à la dure réalité qu’il existe des limites physiques à la capacité de remplacer le gaz russe à court terme. Cela signifie qu’il est vital de redoubler d’efforts sur le volet de l’équation concernant la réduction de la demande.”

“Beaucoup de choses peuvent mal tourner. Si le gel fait grimper la demande, les stocks pourraient s’épuiser et les prix atteindre des niveaux tels que les entreprises et les gouvernements en pâtiraient. Les basses températures pourraient également déclencher une compétition entre l’Amérique du Nord et l’Europe pour l’approvisionnement en GNL.”

Et cela nous amène à notre troisième point dans cette thèse macro. Ce n’est que par pure sérendipité que les choses ne sont pas beaucoup plus mauvaises qu’elles ne le sont aux États-Unis. La flambée des prix du charbon a incité les services publics américains à brûler du gaz cet été pour produire de l’électricité. Cela aurait dû maintenir les prix plus élevés qu’ils ne le sont. Mais que s’est-il passé ?

Le basculement géopolitique expliqué par M.K. Bhadrakumar

+ La guerre de Biden

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré le 18 octobre 2022 que les preuves de la présence de militaires des États-Unis et d’autres pays occidentaux sur le terrain en Ukraine s’accumulent.
L’explication la plus évidente du mystérieux vol du ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, vers Washington mardi pourrait être qu’il cherchait à obtenir le soutien de l’administration Biden pour succéder à Liz Truss en tant que prochain Premier ministre britannique. Mais une autre explication plausible peut être que ce voyage secret et précipité a marqué un moment décisif dans le conflit en Ukraine, qui montre tous les signes de se transformer en une véritable guerre.

Certes, l’équipe de Biden ne peut que s’inquiéter de la dérive de Londres vers le chaos et du fait que les chefs de faction du parti conservateur s’agitent comme des poulets sans tête à la recherche d’un remplaçant à Truss qui a démissionné jeudi.

L’économie britannique se désintègre et le chancelier de l’Échiquier Jeremy Hunt prévoit qu’une réduction du budget de la défense est inévitable. En d’autres termes, l’État profond ne peut plus se permettre de s’amuser à Kiev. Le Royaume-Uni se dirige vers des temps difficiles, la rubrique de la Grande-Bretagne globale semble illusoire.

C’est là qu’intervient le président Biden. Les rapports en provenance de Moscou suggèrent que les Russes disposent de renseignements concrets selon lesquels Washington a exigé du président Zelensky des performances spectaculaires sur le champ de bataille à l’approche des élections de mi-mandat du 8 novembre aux États-Unis.

Cela s’ajoute au commentaire énigmatique d’un second ministre de la défense à Londres, James Heappey, selon lequel les conversations que Wallace aurait à Washington étaient “au-delà de toute croyance”, ce qui laisse entendre que des questions particulièrement sensibles et sérieuses étaient à l’ordre du jour.

En effet, dès son arrivée à Washington, Wallace s’est rendu directement à la Maison Blanche pour rencontrer le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan, la personne de référence de Biden pour la guerre en Ukraine. Selon un communiqué de la Maison-Blanche, les deux responsables ont “échangé leurs points de vue sur les intérêts communs en matière de sécurité nationale, y compris l’Ukraine. Ils ont souligné leur engagement à continuer de fournir à l’Ukraine une assistance en matière de sécurité, alors qu’elle se défend contre l’agression russe.”

Alors que la politique britannique s’enfonce dans des magouilles qui vont durer des mois, les États-Unis seront partie prenante. Historiquement, depuis la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne a dirigé les États-Unis depuis l’arrière dans les situations critiques impliquant la Russie.

En effet, M. Biden a publié une déclaration rare sur le départ de Mme Truss, dans laquelle il a affirmé que les États-Unis et le Royaume-Uni “sont des alliés solides et des amis durables – et ce fait ne changera jamais”. Il l’a remerciée “pour son partenariat sur toute une série de questions, notamment celle de tenir la Russie responsable de sa guerre contre l’Ukraine”. M. Biden a souligné que “nous poursuivrons notre étroite coopération avec le gouvernement britannique, car nous travaillons ensemble pour relever les défis mondiaux auxquels nos nations sont confrontées.”

M. Biden a envoyé un message fort à la classe politique britannique, indiquant qu’il attend d’elle qu’elle présente un nouveau premier ministre qui adhérera fidèlement à la boussole fixée par Boris Johnson sur l’Ukraine. Dans l’immédiat, qu’est-ce que cela signifie pour le projet anglo-américain à Kherson ? Va-t-il se poursuivre ? Telle est la grande question.

La situation à Kherson prend la forme d’une confrontation militaire à grande échelle, car Zelensky met tout en œuvre pour tenter d’arracher le contrôle de la ville stratégique de Kherson, qui est sous contrôle russe depuis mars, avant les élections de mi-mandat aux États-Unis.

Lors d’une conférence de presse tenue mardi à Moscou, le général d’armée Sergueï Surovikin, le nouveau commandant du théâtre des opérations en Ukraine, a reconnu que les forces ukrainiennes risquaient d’avancer vers la ville de Kherson.

Pour citer le général, “Une situation difficile s’est créée. L’ennemi bombarde délibérément les infrastructures et les bâtiments résidentiels de Kherson. Le pont Antonovsky et le barrage de la centrale hydroélectrique Kakhovskaya ont été endommagés par des missiles HIMARS, la circulation y a été interrompue.

“En conséquence, l’approvisionnement en nourriture dans la ville est difficile, il y a certains problèmes avec l’approvisionnement en eau et en électricité. Tout cela complique grandement la vie des citoyens, mais constitue également une menace directe pour leur vie.

“La direction de l’OTAN des forces armées ukrainiennes exige depuis longtemps du régime de Kiev des opérations offensives contre Kherson, quelles que soient les pertes… Nous avons des données sur la possibilité que le régime de Kiev utilise des méthodes de guerre interdites dans la région de la ville de Kherson – préparation d’une grande attaque de missiles sur le barrage hydroélectrique de Kakhovskaya, attaques massives et indiscriminées de missiles et d’artillerie sur la ville….

“Dans ces circonstances, notre priorité absolue est de préserver la vie et la santé des citoyens. Par conséquent, l’armée russe assurera tout d’abord le départ sûr, déjà annoncé, de la population conformément au programme de réinstallation en cours de préparation par le gouvernement russe. Nos plans et actions ultérieurs concernant la ville de Kherson elle-même dépendront de la situation militaro-tactique actuelle. Je le répète, elle est déjà très difficile aujourd’hui. (C’est nous qui soulignons).

“Quoi qu’il en soit, comme je l’ai dit, nous partirons de la nécessité de protéger autant que possible la vie des civils et de nos militaires. Nous agirons consciemment et en temps utile, sans exclure les décisions difficiles.” [C’est nous qui soulignons.]

La pensée du Kremlin trouve un écho dans un appel public du chef de la région de Kherson, Vladimir Saldo, où il explique que l’évacuation des civils n’est pas seulement destinée à la sécurité des personnes, mais aussi à la liberté opérationnelle des militaires :

“Chers compatriotes, je tiens à répéter que notre armée a de très fortes capacités pour repousser toute attaque. Mais pour que nos militaires puissent travailler tranquillement et ne pas penser que les civils sont dans leur dos, vous DEVEZ sortir de ces quartiers que j’ai mentionnés et permettre aux militaires de faire leur travail correctement, avec moins de pertes pour les civils. Notre cause est juste et nous sommes sûrs de gagner !”

Le message ici est que l’armée russe est prête à étendre la portée du conflit à Kherson, si nécessaire. Il a été question d’une offensive russe massive vers la mi-novembre. Les nouvelles mesures de sécurité annoncées par M. Poutine cette semaine et la création d’un conseil de coordination spécial dirigé par le Premier ministre Mikhail Mishustin pour répondre aux besoins des forces armées russes impliquent que le temps futur est mis sur le pied de guerre.

De manière significative, le général Surovikin a déclaré à un moment donné de sa conférence de presse : “L’ennemi ne renonce pas à tenter d’attaquer les positions des troupes russes. Cela concerne, en premier lieu, les directions de Kupyansk (oblast de Kharkov), Krasnolimansky (oblast de Donetsk) et Mykolaiv-Krivoy Rog (oblast voisin de Kherson.) Notre ennemi est un régime criminel qui tue les citoyens de l’Ukraine. Nous sommes un seul peuple avec les Ukrainiens et nous souhaitons que l’Ukraine devienne un État indépendant de l’Occident et de l’OTAN, ami de la Russie… [souligné par nous].

” Le régime ukrainien tente de percer nos défenses. À cette fin, l’AFU attire toutes les réserves disponibles vers les lignes de front. Il s’agit principalement de forces de défense territoriale qui n’ont pas terminé leur entraînement complet. En fait, les dirigeants ukrainiens les condamnent à la destruction.”

Puis, il a ajouté : “Nous avons une stratégie différente. Le commandant en chef [le président Poutine] en a déjà parlé. Nous ne visons pas des chiffres d’avance élevés, nous prenons soin de chaque soldat et “broyons” méthodiquement l’ennemi qui avance. Cela permet non seulement de limiter nos pertes, mais aussi de réduire considérablement le nombre de victimes civiles.”

En d’autres termes, les paramètres définis des opérations militaires spéciales axées sur la “démilitarisation” et la “dénazification” restent inchangés, tout en visant le remplacement du régime de Zelensky.

La Russie surveillera attentivement la profonde crise politique qui se développe en Europe, dont les paroxysmes en Grande-Bretagne sont un signe avant-coureur, et qui pourrait éroder le soutien inébranlable du Royaume-Uni à Zelensky, car la capacité et l’intérêt de l’Occident à financer l’économie ukrainienne et à alimenter le conflit militaire pourraient également s’amenuiser.

Néanmoins, M. Surovikin ne s’est pas laissé aller à l’hyperbole et a préféré communiquer de manière directe et réaliste. Il s’est fait l’écho de la priorité de Poutine de prendre toutes les mesures et ressources nécessaires en fonction de la situation opérationnelle et tactique sur le front, avec pour objectif suprême de sauver la vie des soldats russes et des civils locaux.

Le général a donné l’impression que le commandement russe est prêt à faire face à toute évolution de la situation à Kherson, qu’il s’agisse d’un retrait tactique ou de combats urbains intenses.

En termes politiques, le Royaume-Uni s’étant enlisé dans un bourbier intérieur, Biden a la possibilité de passer à la diplomatie. C’est maintenant “la guerre de Biden”. Il est sur le point d’écrire son héritage présidentiel en tant que cinquième des 14 présidents américains en fonction depuis la Seconde Guerre mondiale à “posséder” une guerre – après Harry Truman, Lyndon Johnson, George HW Bush et George W. Bush.”

Les trois mousquetaires de la géopolitique du gaz: Russie, Iran, Qatar et Turquie

David Brinkley, le légendaire présentateur de journaux télévisés américain dont la carrière s’est étendue sur une période étonnante de cinquante-quatre ans depuis la Seconde Guerre mondiale, a dit un jour qu’un homme qui réussit est celui qui peut poser des fondations solides avec les briques que les autres lui ont jetées. On peut se demander combien d’hommes d’État américains ont mis en pratique cette noble pensée héritée de Jésus-Christ.

La proposition étonnante du président russe Vladimir Poutine au président turc Recep Erdogan de construire un gazoduc vers la Turquie afin de créer un centre international à partir duquel le gaz russe pourrait être fourni à l’Europe donne un nouveau souffle à cette pensée très “gandhienne”.

M. Poutine a discuté de cette idée avec M. Erdogan lors de leur rencontre à Astana le 13 octobre et en a parlé depuis lors au forum de la Semaine russe de l’énergie la semaine dernière. Il a proposé de créer le plus grand centre gazier d’Europe en Turquie et de rediriger vers ce centre le volume de gaz dont le transit n’est plus possible par le Nord Stream.

M. Poutine a déclaré que cela pourrait impliquer la construction d’un autre système de gazoducs pour alimenter le hub en Turquie, par lequel le gaz sera fourni à des pays tiers, principalement européens, “s’ils sont intéressés.”

À première vue, M. Poutine ne s’attend pas à une réponse positive de Berlin à sa proposition permanente d’utiliser le tronçon du Nord Stream 2, qui n’a pas été endommagé, pour fournir 27,5 milliards de mètres cubes de gaz pendant les mois d’hiver. Le silence assourdissant de l’Allemagne est compréhensible. Le chancelier Off Scholz est terrifié par la colère du président Biden.

Berlin dit savoir qui a saboté le gazoduc Nord Stream, mais ne veut pas le révéler car cela affecte la sécurité nationale de l’Allemagne ! La Suède plaide elle aussi que l’affaire est bien trop sensible pour qu’elle partage les preuves qu’elle a recueillies avec un quelconque pays, y compris l’Allemagne ! Biden a fait naître la peur de Dieu dans l’esprit de ces timides “alliés” européens qui n’ont plus aucun doute sur ce qui est bon pour eux ! Les médias occidentaux ont également reçu l’ordre de minimiser la saga de Nord Steam afin que la mémoire du public s’efface avec le temps.

Cependant, la Russie a fait ses devoirs : l’Europe ne peut pas se passer du gaz russe, en dépit de la bravade actuelle d’abnégation. En termes simples, les industries européennes dépendent d’un approvisionnement fiable et bon marché en gaz russe pour que leurs produits restent compétitifs sur le marché mondial.

Le ministre qatari de l’énergie, Saad al-Kaabi, a déclaré la semaine dernière qu’il ne pouvait envisager un avenir où “zéro gaz russe” serait acheminé vers l’Europe. Il a déclaré avec acerbité : “Si c’est le cas, je pense que le problème sera énorme et durera très longtemps. Vous n’avez tout simplement pas assez de volume à faire entrer pour remplacer ce gaz (russe) à long terme, à moins que vous ne disiez ‘je vais construire d’énormes (centrales) nucléaires, je vais autoriser le charbon, je vais brûler du fioul'”.

En fait, la Russie prévoit de remplacer sa plateforme gazière de Haidach en Autriche (dont les Autrichiens se sont emparés en juillet). On peut imaginer que la plateforme turque a un marché tout trouvé en Europe du Sud, notamment en Grèce et en Italie. Mais il y a plus qu’il n’y paraît.

Pour résumer, Poutine a effectué un mouvement stratégique dans la géopolitique du gaz. Son initiative réfute l’idée farfelue des bureaucrates russophobes de la Commission européenne à Bruxelles, dirigée par Ursula von der Leyen, d’imposer un plafond sur les achats de gaz. Elle rend absurdes les plans des États-Unis et de l’UE visant à réduire le profil de la Russie en tant que superpuissance gazière.

En toute logique, la prochaine étape pour la Russie devrait être de s’aligner sur le Qatar, le deuxième plus grand exportateur de gaz au monde. Le Qatar est également un proche allié de la Turquie. Récemment, à Astana, en marge du sommet de la Conférence sur l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA), Poutine a tenu une réunion à huis clos avec l’émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad Al Thani. Ils ont convenu d’organiser une autre réunion prochainement en Russie.

La Russie dispose déjà d’un cadre de coopération avec l’Iran pour un certain nombre de projets communs dans le secteur du pétrole et du gaz. Le vice-premier ministre russe, Alexander Novak, a récemment fait part de son intention de conclure un accord d’échange de pétrole et de gaz avec l’Iran d’ici la fin de l’année. Il a déclaré que “les détails techniques sont en cours d’élaboration – questions de transport, de logistique, de prix et de formation des tarifs.”

Aujourd’hui, la Russie, le Qatar et l’Iran représentent ensemble plus de la moitié de l’ensemble des réserves prouvées de gaz dans le monde. Le moment est venu pour eux d’intensifier leur coopération et leur coordination sur le modèle de l’OPEP Plus. Ces trois pays sont représentés au sein du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF).

La proposition de Poutine fait appel au rêve de longue date de la Turquie de devenir un centre énergétique aux portes de l’Europe. Comme on pouvait s’y attendre, Erdogan a instinctivement accueilli favorablement la proposition de Poutine. S’adressant aux membres du parti au pouvoir au parlement turc cette semaine, Erdogan a déclaré : “En Europe, ils sont actuellement confrontés à la question de savoir comment rester au chaud pendant l’hiver à venir. Nous n’avons pas un tel problème. Nous avons convenu avec Vladimir Poutine de créer une plateforme gazière dans notre pays, par laquelle le gaz naturel, comme il le dit, pourra être livré à l’Europe. Ainsi, l’Europe commandera du gaz à la Turquie.”

Outre le renforcement de sa propre sécurité énergétique, la Turquie peut également contribuer à celle de l’Europe. Sans aucun doute, l’importance de la Turquie fera un bond en avant dans le calcul de la politique étrangère de l’UE, tout en renforçant son autonomie stratégique dans la politique régionale. Il s’agit d’un énorme pas en avant dans la géostratégie d’Erdogan – l’orientation géographique de la politique étrangère turque sous sa direction.

Du point de vue russe, bien sûr, l’autonomie stratégique de la Turquie et sa capacité à mener une politique étrangère indépendante sont des atouts pour Moscou dans le contexte actuel des sanctions occidentales. Il est concevable que les entreprises russes commencent à considérer la Turquie comme une base de production où les technologies occidentales deviennent accessibles. La Turquie a conclu un accord d’union douanière avec l’UE, qui supprime totalement les droits de douane sur tous les produits industriels d’origine turque. (Voir mon blog Russia-Turkey reset lases regional tensions, Aug 9, 2022)

En termes géopolitiques, Moscou est à l’aise avec l’adhésion de la Turquie à l’OTAN. Il est clair que la plateforme gazière proposée apportera des revenus supplémentaires à la Turquie et conférera une plus grande stabilité et prévisibilité aux relations Russie-Turquie. En effet, les liens stratégiques qui unissent les deux pays ne cessent de s’allonger – l’accord sur le système ABM S-400, la coopération en Syrie, la centrale nucléaire d’Akkuyu, le gazoduc Turk-stream, pour n’en citer que quelques-uns.

Les deux pays admettent franchement qu’ils ont des divergences d’opinion, mais la façon dont Poutine et Erdogan, par le biais d’une diplomatie constructive, continuent de transformer des circonstances défavorables en opportunités de coopération “gagnant-gagnant” est tout simplement étonnante.

Il faut en effet faire preuve d’ingéniosité pour que les alliés européens des États-Unis s’approvisionnent en gaz russe sans aucune coercition ou brutalité, même après que Washington a enterré les gazoducs Nord Stream dans les profondeurs de la mer Baltique. Il est dramatiquement ironique qu’une puissance de l’OTAN s’associe à la Russie dans cette direction.

L’élite de la politique étrangère américaine, issue de l’Europe de l’Est, reste sans voix face à la sophistication de l’ingéniosité russe, qui a permis de contourner sans la moindre rancœur la façon minable dont les États-Unis et leurs alliés – l’Allemagne et la Suède, en particulier – ont fermé la porte à Moscou pour qu’elle jette ne serait-ce qu’un coup d’œil aux gazoducs endommagés de plusieurs milliards de dollars qu’elle avait construits de bonne foi dans les profondeurs de la mer Baltique à l’initiative de deux chanceliers allemands, Gerhard Schroeder et Angela Merkel.

L’actuelle direction allemande du chancelier Olaf Scholz semble très stupide et lâche – et provinciale. Ursula von der Leyen, de la Commission européenne, reçoit une énorme rebuffade dans tout cela, qui définira finalement son héritage tragique à Bruxelles en tant que porte-drapeau des intérêts américains. C’est probablement la première étude de cas pour les historiens sur la façon dont la multipolarité fonctionnera dans l’ordre mondial.”

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23 octobre 2022

AVEC LA CHINE EMERGENTE C'EST BIEN LA FIN DE L'OCCIDENT !

LA CHINE ET LA FIN DE L’OCCIDENT

par Karl Richter.

Le monde est en train de vivre un changement de pôle dans la répartition du pouvoir mondial : l’Occident s’en va, quelque chose d’autre arrive. En l’état actuel des choses, des puissances comme la Russie, la Chine et l’Inde jouent un rôle déterminant dans ce processus, tandis que l’Oncle Sam ne jouera plus les premiers violons à l’avenir. C’est une évolution qu’il faut soutenir à tous égards.

Lorsque quelqu’un comme le chef du PC chinois Xi Jinping, qui est en fait le chef d’État de son pays, s’exprime clairement, il faut l’écouter aussi attentivement que Poutine. Les deux ne sont pas des faiseurs de phrases et se distinguent ainsi des pompes à air de Bruxelles, Berlin et Washington. La situation pourrait maintenant devenir passionnante. La réunification de Taiwan avec la Chine ne concerne que les Chinois, a déclaré Xi lors du congrès du PCC dimanche. Dans ce contexte, Pékin a récemment exhorté tous les Chinois vivant en Ukraine à quitter le pays. Le fait que les médias de propagande occidentaux, comme le journal allemand Bild, se soient récemment déchaînés contre Xi de la même manière que contre Poutine, s’inscrit également dans cette logique. Cela signifie que l’homme fait quelque chose de bien.

Les événements se déroulent à plusieurs niveaux. Le niveau politico-militaire n’en est qu’un, le niveau économique en est un autre. Entre-temps – mais en fait depuis un certain temps déjà – on ne peut plus ignorer qu’avec le groupe BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) se forme un nouveau grand bloc économique qui se considère comme un « contre-G7 ». Les principaux participants, en particulier la Russie et la Chine, ont profité de cette période pour faire progresser l’intégration des pays participants et d’autres partenaires, y compris sur le plan technique ; en effet, l’alternative russe au système de règlement américain SWIFT, le système de paiement MIR, est désormais en place et utilisé par un nombre croissant de pays. Parallèlement, de plus en plus de partenaires abandonnent le dollar pour leurs transactions énergétiques (pétrole, gaz), ce qui le rend superflu pour une partie croissante du monde. Si l’on ajoute à cela les chocs croissants auxquels les économies occidentales sont confrontées – par leur propre faute ! – (inflation, pénurie d’énergie, etc.), tout cela tombe très mal pour l’économie mondiale en dollars de l’Occident. On peut à juste titre se demander si l’escalade flagrante à laquelle se livre l’Occident en Ukraine n’est pas une conséquence directe de l’économie financière occidentale menacée d’effondrement.

Quoi qu’il en soit, la formation du bloc BRICS prendra du temps ; il s’agit plus d’une affaire de décennies que d’années. Néanmoins, les BRICS ont le vent en poupe et sont déjà perçus comme des concurrents. La guerre en Ukraine accélère le mouvement. Pour l’Occident, le train a tendance à s’arrêter.

Taïwan : la Chine est généralement un acteur discret, qui agit avec une prudence extraordinaire. Je ne mettrais pas ma main au feu que Pékin aborde la question de Taïwan dans un avenir proche – mais je peux me tromper (et je ne m’attendais pas non plus à l’attaque russe en février). En fait, les préparatifs chinois ne sont pas encore terminés. Pour l’instant, la marine populaire chinoise manque encore d’un grand nombre de navires de débarquement et de transports de troupes nécessaires, qui ne devraient pas être disponibles avant 2027. Pour le reste, l’armement chinois, malgré des progrès considérables, est encore loin d’être prêt pour que Pékin cherche de son propre chef la confrontation avec les États-Unis.

Mais il est possible que Pékin analyse l’impact de la guerre en Ukraine sur les forces armées occidentales. Les armées de l’UE ne sont pas les seules à se « cannibaliser » dangereusement en raison des livraisons excessives d’armes à l’Ukraine. Il y a des mois, l’ex-inspecteur général de l’armée allemande, Kujat, avait déjà mis en garde contre le fait que les livraisons menaçaient massivement sa propre capacité de défense. Indépendamment de cela, le ministère allemand de la Défense a fait savoir ces derniers jours que l’armée allemande ne disposerait de munitions que pour deux jours (!!) en cas d’urgence. Mais même aux États-Unis, les avertissements concernant les stocks de munitions vides et la réduction drastique des stocks d’armes antiaériennes et antichars (Stinger, Javelin) se font de plus en plus entendre. On sait que près de 900 000 munitions pour l’obusier M777 de 155 mm ont été livrées – le Pentagone doit maintenant supplier la Corée du Sud et le Canada de reconstituer les stocks.

En d’autres termes, l’occasion est belle. L’Occident, y compris les États-Unis, est pleinement impliqué en Ukraine et atteint déjà partiellement ses limites. Dans ces conditions, faut-il attendre que la guerre en Ukraine se termine d’une manière ou d’une autre et que l’OTAN puisse souffler un peu ? D’autant plus que l’administration Biden a fait savoir ces jours-ci qu’elle avait l’intention d’équiper Taïwan à l’aide de milliards de dollars et d’en faire un immense arsenal à l’image de l’Ukraine. La guerre en Ukraine montre clairement où cela mène si l’on en arrive là, et Pékin en tirera les leçons.

À cela s’ajoute l’atout que constitue le fait que la Chine (et la Russie à partir de novembre) possède déjà dans son arsenal des missiles hypersoniques à longue portée – qui peuvent être équipés d’armes nucléaires – alors que les États-Unis n’en disposent pas encore. Dans ces conditions, on peut se demander si Washington sortirait la carte nucléaire en cas de conflit. Le prix conventionnel d’un engagement militaire serait déjà élevé – avec ses missiles DF-21 et DF-26, considérés comme des « tueurs de porte-avions », ainsi que le glacis avancé construit ces dernières années en mer de Chine méridionale, la Chine dispose désormais de bons moyens pour tenir à distance les unités de porte-avions américaines. On peut raisonnablement se demander si Washington est prêt à prendre le risque d’une confrontation nucléaire à cause de Taïwan.

Nous entrons dans une phase intéressante de changement de pôle politique mondial. Les choses s’accélèrent maintenant. Tout porte à croire que le départ de l’Occident – y compris des régimes satrapes européens – se fera plus rapidement que beaucoup ne l’imaginent. Le plus tôt sera le mieux.

source : Euro-Synergies

 

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« Modernisation pacifique » :

 

L’offre de la Chine aux pays du Sud

 

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par Pepe Escobar.

Xi Jinping vient d’offrir aux pays du Sud une alternative radicale à des décennies de diktats occidentaux, de guerres et de contraintes économiques. La « modernisation pacifique » permettra d’établir la souveraineté, l’économie et l’indépendance des États du monde en difficulté.

Le rapport de travail du président Xi Jinping à l’ouverture du 20ème Congrès du Parti communiste chinois (PCC), dimanche dernier à Pékin, contenait non seulement un plan de développement de l’État-civilisation, mais aussi de l’ensemble du Sud global.

Le discours de Xi, d’une durée de 1h45min, est en fait une version abrégée du rapport de travail complet – voir le PDF ci-joint – qui entre beaucoup plus dans le détail d’une série de thèmes sociopolitiques.

C’est l’aboutissement d’un effort collectif complexe qui a duré des mois. Lorsqu’il a reçu le texte final, Xi l’a commenté, révisé et édité.

En résumé, le plan directeur du PCC comporte deux volets : finaliser la « modernisation socialiste » de 2020 à 2035 et faire de la Chine – par le biais d’une modernisation pacifique – un pays socialiste moderne « prospère, fort, démocratique, culturellement avancé et harmonieux » jusqu’en 2049, date du centenaire de la fondation de la République populaire de Chine (RPC).

Le concept central du rapport de travail est la modernisation pacifique – et la manière de l’accomplir. Comme l’a résumé Xi, « elle contient des éléments communs aux processus de modernisation de tous les pays, mais elle est davantage caractérisée par des traits propres au contexte chinois ».

Très en phase avec la culture chinoise confucéenne, la « modernisation pacifique » englobe un système théorique complet. Bien sûr, il existe de multiples voies géoéconomiques menant à la modernisation – en fonction des conditions nationales de chaque pays. Mais pour le Sud global dans son ensemble, ce qui compte vraiment, c’est que l’exemple chinois rompt complètement avec le monopole occidental TINA (« il n’y a pas d’alternative ») sur la pratique et la théorie de la modernisation.

Sans compter que cela rompt avec le carcan idéologique imposé aux pays du Sud par l’autodéfinition du « milliard d’or » (dont le nombre réellement « doré » atteint à peine 10 millions). Ce que les dirigeants chinois veulent dire, c’est que le modèle iranien, le modèle ougandais ou le modèle bolivien sont tous aussi valables que l’expérience chinoise : ce qui compte, c’est de poursuivre une voie indépendante vers le développement.

Comment développer l’indépendance technologique

L’histoire récente montre comment chaque nation qui tente de se développer en dehors du consensus de Washington est terrorisée à de multiples niveaux de guerre hybride. Cette nation devient la cible de révolutions de couleur, de changements de régime, de sanctions illégales, de blocus économique, de sabotage de l’OTAN ou de bombardements et d’invasions purs et simples.

Ce que propose la Chine trouve un écho dans l’ensemble du Sud global, car Pékin est le premier partenaire commercial de pas moins de 140 nations, qui peut facilement saisir des concepts tels que le développement économique de haute qualité et l’autonomie en matière de science et de technologie.

Le rapport insiste sur l’impératif catégorique qui s’impose désormais à la Chine : accélérer l’autonomie technologique, car l’hégémon ne recule devant rien pour faire dérailler la technologie chinoise, notamment dans le domaine de la fabrication des semi-conducteurs.

Dans ce qui s’apparente à un train de sanctions de l’enfer, l’hégémon mise sur la paralysie de la volonté de la Chine d’accélérer son indépendance technologique en matière de semi-conducteurs et d’équipements pour les produire.

La Chine devra donc s’engager dans un effort national de production de semi-conducteurs. Cette nécessité sera au cœur de ce que le rapport de travail décrit comme une nouvelle stratégie de développement, stimulée par l’énorme défi que représente l’atteinte de l’autosuffisance technologique. Pour l’essentiel, la Chine s’efforcera de renforcer le secteur public de l’économie, les entreprises publiques constituant le noyau d’un système national de développement de l’innovation technologique.

« De petites forteresses aux murs élevés »

En matière de politique étrangère, le rapport de travail est très clair : la Chine est contre toute forme d’unilatéralisme ainsi que contre les blocs et les groupes exclusifs visant des pays particuliers. Pékin qualifie ces blocs, tels que l’OTAN et l’AUKUS, de « petites forteresses aux murs élevés ».

Cette perspective est inscrite dans l’accent mis par le PCC sur un autre impératif catégorique : la réforme du système actuel de gouvernance mondiale, extrêmement injuste pour le Sud global. Il est toujours crucial de se rappeler que la Chine, en tant qu’État-civilisation, se considère simultanément comme un pays socialiste et la première nation en développement du monde.

Le problème, une fois de plus, est la croyance de Pékin en la « sauvegarde du système international avec l’ONU en son centre ». La plupart des acteurs des pays du Sud savent comment l’hégémon soumet l’ONU – et son mécanisme de vote – à toutes sortes de pressions incessantes.

Il est instructif de prêter attention aux très rares occidentaux qui savent vraiment une ou deux choses sur la Chine.

Martin Jacques, jusqu’à récemment maître de conférences au département des politiques et des études internationales de l’université de Cambridge, et auteur du meilleur livre en anglais sur le développement de la Chine, est impressionné par la façon dont la modernisation de la Chine s’est produite dans un contexte dominé par l’Occident : « C’était le rôle clé du PCC. Il fallait la planifier. Nous pouvons voir à quel point elle a été extraordinairement réussie ».

L’implication est qu’en brisant le modèle TINA centré sur l’Occident, Pékin a accumulé les outils pour pouvoir aider les pays du Sud avec leurs propres modèles.

Jeffrey Sachs, directeur du Centre pour le développement durable de l’université de Columbia, est encore plus optimiste : « La Chine va devenir un leader de l’innovation. J’espère vraiment et je compte sur la Chine pour devenir un leader de l’innovation en matière de durabilité ». Cette situation contrastera avec un modèle américain « dysfonctionnel » qui devient protectionniste, même dans le domaine des affaires et des investissements.

Mikhail Delyagin, vice-président de la commission de la politique économique de la Douma d’État russe, soulève un point crucial, certainement relevé par les principaux acteurs des pays du Sud : le PCC « a été capable d’adapter de manière créative le marxisme du XIXe siècle et son expérience du XXe siècle aux nouvelles exigences et de mettre en œuvre des valeurs éternelles avec de nouvelles méthodes. C’est une leçon très importante et utile pour nous ».

Et c’est la valeur ajoutée d’un modèle axé sur l’intérêt national et non sur les politiques exclusivistes du Capital mondial.

La BRI ou la faillite

Tout au long du rapport de travail, il est implicitement question de l’importance du concept primordial de la politique étrangère chinoise : l’Initiative Ceinture et Route (BRI) et ses corridors de commerce et de connectivité à travers l’Eurasie et l’Afrique.

Il revenait au porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, de clarifier la direction que prend la BRI :

« La BRI transcende la mentalité dépassée des jeux géopolitiques, et crée un nouveau modèle de coopération internationale. Il ne s’agit pas d’un groupe exclusif qui exclut les autres participants, mais d’une plateforme de coopération ouverte et inclusive. Il ne s’agit pas d’un effort solitaire de la Chine, mais d’une symphonie jouée par tous les pays participants ».

La BRI est intégrée dans le concept chinois d’« ouverture ». Il est également important de rappeler que la BRI a été lancée par Xi il y a neuf ans – en Asie centrale (Astana), puis en Asie du Sud-Est (Jakarta). Pékin a tiré les leçons de ses erreurs et continue d’affiner la BRI en consultation avec ses partenaires – du Pakistan, du Sri Lanka et de la Malaisie à plusieurs nations africaines.

Il n’est pas étonnant qu’en août de cette année, les échanges commerciaux de la Chine avec les pays participant à la BRI aient atteint le chiffre impressionnant de 12 000 milliards de dollars, et que les investissements directs non financiers dans ces pays aient dépassé 140 milliards de dollars.

Wang souligne à juste titre que, grâce aux investissements dans les infrastructures de la BRI, « l’Afrique de l’Est et le Cambodge ont des autoroutes, le Kazakhstan a des ports [secs] pour les exportations, les Maldives ont leur premier pont transocéanique et le Laos, qui était enclavé, est devenu un pays connecté ».

Même face à de sérieux défis, allant de la politique zéro-Covid aux sanctions diverses et à la rupture des chaînes d’approvisionnement, le nombre de trains de fret express Chine-UE ne cesse d’augmenter ; le chemin de fer Chine-Laos et le pont de Peljesac en Croatie sont ouverts aux affaires ; et les travaux sur le chemin de fer à grande vitesse Jakarta-Bandung et le chemin de fer Chine-Thaïlande sont en cours.

Mackinder sous crack

Partout sur l’échiquier mondial extrêmement incandescent, les relations internationales sont en train d’être complètement recadrées.

La Chine – et les principaux acteurs eurasiens de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), des BRICS+ et de l’Union économique eurasiatique (UEE) dirigée par la Russie – proposent tous un développement pacifique.

En revanche, l’hégémon impose une avalanche de sanctions – ce n’est pas un hasard si les trois principaux destinataires sont les puissances eurasiennes que sont la Russie, l’Iran et la Chine -, des guerres meurtrières par procuration (Ukraine) et toutes les formes possibles de guerre hybride pour empêcher la fin de sa suprématie, qui a duré à peine sept décennies et demie, une bavure en termes historiques.

Le dysfonctionnement actuel – physique, politique, financier, cognitif – atteint son paroxysme. Alors que l’Europe plonge dans l’abîme d’une dévastation et d’une noirceur largement auto-infligées – un néo-médiévalisme dans le registre du réveil – un Empire ravagé de l’intérieur a recours au pillage, même de ses riches « alliés ».

C’est comme si nous étions tous témoins d’un scénario à la Mackinder.

Halford Mackinder, bien sûr, était le géographe britannique qui a développé la « théorie du Heartland » de la géopolitique, influençant fortement la politique étrangère des États-Unis pendant la guerre froide : « Qui dirige l’Europe de l’Est commande le Heartland ; qui dirige le Heartland commande l’île du monde ; qui dirige l’île du monde commande le monde ».

La Russie s’étend sur 11 fuseaux horaires et est assise sur un tiers des ressources naturelles du monde. Une symbiose naturelle entre l’Europe et la Russie est comme un fait de la vie. Mais l’oligarchie européenne a tout gâché.

Il n’est pas étonnant que les dirigeants chinois considèrent le processus avec horreur, car l’un des axes essentiels de la BRI est de faciliter un commerce sans faille entre la Chine et l’Europe. Le couloir de connectivité de la Russie ayant été bloqué par des sanctions, la Chine privilégiera les couloirs passant par l’Asie occidentale.

Pendant ce temps, la Russie achève son pivot vers l’est. Les énormes ressources de la Russie, associées à la capacité de fabrication de la Chine et de l’Asie de l’Est dans son ensemble, projettent une sphère de commerce/connectivité qui va même au-delà de la BRI. C’est ce qui est au cœur du concept russe de partenariat pour la Grande Eurasie.

Dans un autre des rebondissements imprévisibles de l’histoire, Mackinder, il y a un siècle, avait peut-être raison sur le fait que ceux qui contrôlaient le Heartland/l’île du monde contrôlaient le monde. Il ne semble pas que le contrôleur sera l’hégémon, et encore moins ses vassaux/esclaves européens.

Lorsque les Chinois disent qu’ils sont contre les blocs, l’Eurasie et l’Occident sont de facto deux blocs. Bien qu’ils ne soient pas encore officiellement en guerre les uns contre les autres, ils sont en réalité déjà en territoire de guerre hybride jusqu’aux genoux.

La Russie et l’Iran sont en première ligne, tant sur le plan militaire que sur celui de l’absorption d’une pression ininterrompue. D’autres acteurs importants des pays du Sud tentent, discrètement, de garder un profil bas ou, encore plus discrètement, d’aider la Chine et les autres à faire prévaloir le monde multipolaire sur le plan économique.

Alors que la Chine propose une modernisation pacifique, le message caché du rapport de travail est encore plus frappant. Le Sud global est confronté à un choix sérieux : choisir soit la souveraineté – incarnée dans un monde multipolaire, en voie de modernisation pacifique – soit la vassalité pure et simple.

Pepe Escobar

source : The Cradle

traduction Réseau International

 

Chine : Le parti au pouvoir exclut

 

les hauts fonctionnaires de sa direction

 

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Parmi lesquels le Premier ministre actuel

par Abduljabbar Aburas.

Le Parti communiste chinois (PCC) a exclu le Premier ministre, Li Keqiang, ainsi que trois hauts responsables de la direction du parti, ce samedi, à l’issue de son 20ème congrès.

Li Keqiang est la personnalité numéro 2 de la Chine et il est un partisan majeur des réformes économiques du pays. Ce remaniement, prévu dimanche à la direction du parti, concerne Li Keqiang à côté de trois autres pointures, parmi les sept membres du Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois.

Li Keqiang et les trois hauts responsables étaient absents de la réunion du nouveau Comité central du Parti communiste, composé de 205 membres, dont la composition a été approuvée lors de la session de clôture du congrès du Parti, qui a duré une semaine, et qui a fixé la direction et le programme gouvernemental pour les cinq prochaines années.

Le parti a accepté aujourd’hui d’apporter des modifications à sa charte, consolidant la position centrale du président, Xi Jinping, et le rôle directeur de sa pensée politique au sein du parti, à l’issue d’un congrès, qui se tient deux fois tous les 10 ans.

Le nouveau Comité central sélectionnera, dans la journée du dimanche, le Comité permanent du Politburo, dans la perspective, largement anticipée, que Xi Jinping, 69 ans, obtienne un troisième mandat à la présidence de la Chine.

Remporter un troisième mandat de 5 ans renforcerait la position de Xi Jinping comme le dirigeant le plus puissant de Chine, depuis Mao Zedong, fondateur de la République populaire de Chine.

Les amendements apportés à la charte du Parti disposent, entre autres, que Xi Jinping est le chef « central » du Parti, établissant ses idées comme principes directeurs pour le développement futur de la Chine, et affirmant la « position centrale » de Xi au sein du Parti et du pouvoir central du Parti en Chine.

Le terme « Pensée de Xi Jinping » fait référence à son idéologie, qui a été inscrite dans la Charte du Parti, lors du précédent congrès de 2017.

Les trois autres responsables exclus du Comité permanent du Politburo du PCC sont Han Zheng, secrétaire du Comité municipal du PCC à Shanghai, Wang Yang, président du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois, et Li Zhanshu, ancien allié de Xi Jinping et président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale de Chine.

Li Keqiang devrait maintenir son poste de Premier ministre pendant environ six mois supplémentaires, jusqu’à ce qu’une nouvelle liste de ministres du gouvernement soit établie.

source : Agence Anadolu

traduction Mounir Bennour

 

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22 octobre 2022

GUERRE UKRAINE/RUSSIE : DANS PEU DE TEMPS ON DOIT S'ATTENDRE A UNE GRANDE CONTRE-OFFENSIVE DES TROUPES RUSSES CONTRE L'UKRAINE !

Kharkov et la mobilisation

 

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La reconquête de la région de Kharkov, début septembre, apparaît comme un succès pour les forces ukrainiennes. Nos médias ont exulté et relayé la propagande ukrainienne pour nous donner une image qui n’est pas tout à fait exacte. Un examen plus attentif des opérations aurait pu inciter l’Ukraine à être plus prudente.

D’un point de vue militaire, cette opération est une victoire tactique pour les Ukrainiens et une victoire opérationnelle/stratégique pour la coalition russe.

Du côté ukrainien, Kiev était sous pression pour obtenir un certain succès sur le champ de bataille. Volodymyr Zelensky avait peur d’une lassitude de l’Occident et que son soutien s’arrête. C’est pourquoi les Américains et les Britanniques le pressent de mener des offensives dans le secteur de Kherson. Ces offensives, entreprises de manière désorganisée, avec des pertes disproportionnées et sans succès, ont créé des tensions entre Zelensky et son état-major.

Depuis plusieurs semaines, les experts occidentaux s’interrogent sur la présence des Russes dans la région de Kharkov, car ils n’avaient manifestement pas l’intention de combattre dans la ville. En réalité, leur présence dans cette zone ne visait qu’à affubler les troupes ukrainiennes afin qu’elles ne se rendent pas dans le Donbass, qui est le véritable objectif opérationnel des Russes.

En août, des indices laissaient penser que les Russes avaient prévu de quitter la zone bien avant le début de l’offensive ukrainienne. Ils se sont donc retirés en bon ordre, ainsi que certains civils qui auraient pu faire l’objet de représailles. Pour preuve, l’énorme dépôt de munitions de Balaklaya était vide lorsque les Ukrainiens l’ont trouvé, ce qui prouve que les Russes avaient évacué en bon ordre tout le personnel et le matériel sensibles plusieurs jours auparavant. Les Russes avaient même quitté les zones que l’Ukraine n’avait pas attaquées. Seules quelques troupes de la Garde nationale russe et de la milice du Donbass étaient encore présentes lorsque les Ukrainiens sont entrés dans la zone.

À ce moment-là, les Ukrainiens étaient occupés à lancer de multiples attaques dans la région de Kherson, ce qui avait entraîné des revers répétés et des pertes énormes pour leur armée depuis août. Lorsque les services de renseignement américains ont détecté le départ des Russes de la région de Kharkov, ils ont vu une opportunité pour les Ukrainiens de remporter un succès opérationnel et ont transmis l’information. L’Ukraine a donc brusquement décidé d’attaquer la région de Kharkov qui était déjà pratiquement vide de troupes russes.

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Apparemment, les Russes ont anticipé l’organisation de référendums dans les oblasts de Lougansk, Donetsk, Zaporozhe et Kherson. Ils ont réalisé que le territoire de Kharkov n’était pas directement pertinent pour leurs objectifs, et qu’ils se trouvaient dans la même situation qu’avec l’île des Serpents en juin : l’énergie nécessaire pour défendre ce territoire était supérieure à son importance stratégique.

En se retirant de Kharkov, la coalition russe a pu consolider sa ligne de défense derrière la rivière Oskoll et renforcer sa présence dans le nord du Donbass. Elle a ainsi pu réaliser une avancée significative dans la zone de Bakhmut, un point clé du secteur Slavyansk-Kramatorsk, qui constitue le véritable objectif opérationnel de la coalition russe.

Comme il n’y avait plus de troupes à Kharkov pour  » coincer  » l’armée ukrainienne, les Russes ont dû s’attaquer aux infrastructures électriques pour empêcher les renforts ukrainiens par train vers le Donbass.

Résultat, aujourd’hui, toutes les forces de la coalition russe se trouvent à l’intérieur de ce qui pourrait devenir les nouvelles frontières de la Russie après les référendums dans les quatre oblasts du sud de l’Ukraine.

Pour les Ukrainiens, c’est une victoire à la Pyrrhus. Ils ont avancé dans Kharkov sans rencontrer de résistance et il n’y a pratiquement pas eu de combats. Au lieu de cela, la région est devenue une immense « zone de mort » (« ???? ????????? »), où l’artillerie russe a détruit un nombre estimé de 4 000 à 5 000 Ukrainiens (environ 2 brigades), tandis que la coalition russe n’a subi que des pertes marginales en l’absence de combats.

Ces pertes s’ajoutent à celles des offensives de Kherson. Selon Sergei Shoigu, ministre russe de la défense, les Ukrainiens ont perdu environ 7 000 hommes au cours des trois premières semaines de septembre. Bien que ces chiffres ne puissent être vérifiés, leur ordre de grandeur correspond aux estimations de certains experts occidentaux. En d’autres termes, il semble que les Ukrainiens aient perdu environ 25 % des 10 brigades qui ont été créées et équipées ces derniers mois avec l’aide occidentale. On est loin de l’armée d’un million d’hommes évoquée par les dirigeants ukrainiens.

D’un point de vue politique, c’est une victoire stratégique pour les Ukrainiens, et une perte tactique pour les Russes. C’est la première fois que les Ukrainiens reprennent autant de territoires depuis 2014, et les Russes semblent perdre. Les Ukrainiens ont pu profiter de cette occasion pour communiquer sur leur victoire finale, déclenchant sans doute des espoirs exagérés et les rendant encore moins disposés à s’engager dans des négociations.

C’est pourquoi Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré que le moment « n’est pas à l’apaisement. » Cette victoire à la Pyrrhus est donc un cadeau empoisonné pour l’Ukraine. Elle a conduit l’Occident à surestimer les capacités des forces ukrainiennes et à les pousser à s’engager dans de nouvelles offensives, au lieu de négocier.

Les mots « victoire » et « défaite » doivent être utilisés avec précaution. Les objectifs déclarés de « démilitarisation » et de « dénazification » de Vladimir Poutine ne visent pas à gagner des territoires, mais à détruire la menace qui pèse sur le Donbass. En d’autres termes, les Ukrainiens se battent pour un territoire, tandis que les Russes cherchent à détruire des capacités. D’une certaine manière, en s’accrochant au territoire, les Ukrainiens facilitent la tâche des Russes. On peut toujours regagner un territoire, mais pas des vies humaines.

En croyant affaiblir la Russie, nos médias encouragent la disparition progressive de la société ukrainienne. Cela semble paradoxal, mais cela correspond à la façon dont nos dirigeants voient l’Ukraine. Ils n’ont pas réagi aux massacres de civils ukrainiens russophones dans le Donbass entre 2014 et 2022, et ne mentionnent pas non plus les pertes de l’Ukraine aujourd’hui. En fait, pour nos médias et nos autorités, les Ukrainiens sont une sorte d’ »Untermenschen » dont la vie ne sert qu’à satisfaire les objectifs de nos politiciens.

Entre le 23 et le 27 septembre, quatre référendums étaient en cours, et les populations locales doivent répondre à des questions différentes selon leur région. Dans les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, qui sont officiellement indépendantes, la question est de savoir si la population veut rejoindre la Russie. Dans les oblasts de Kherson et de Zaporozhe, qui font toujours officiellement partie de l’Ukraine, la question est de savoir si la population veut rester au sein de l’Ukraine, si elle veut être indépendante ou si elle veut faire partie de la Russie.

Cependant, il y a encore des inconnues à ce stade, comme par exemple quelles seront les frontières des entités qui seront rattachées à la Russie. Seront-elles les frontières des zones occupées aujourd’hui par la coalition russe ou les frontières des régions ukrainiennes ? Si c’est la deuxième solution, alors nous pourrions encore avoir des offensives russes pour saisir le reste des régions (oblasts).

Il est difficile d’estimer le résultat de ces référendums, même si l’on peut supposer que les Ukrainiens russophones voudront très probablement quitter l’Ukraine. Les sondages, dont la fiabilité ne peut être évaluée, suggèrent que 80 à 90 % d’entre eux sont favorables à l’adhésion à la Russie. Cela semble réaliste en raison de plusieurs facteurs.

Tout d’abord, depuis 2014, les minorités linguistiques en Ukraine sont soumises à des restrictions qui en font des citoyens de 2ème classe. En conséquence, la politique ukrainienne a fait que les citoyens russophones ne se sentent plus ukrainiens. Cela a même été souligné par la loi sur les droits des peuples autochtones en juillet 2021, qui est un peu l’équivalent des lois de Nuremberg de 1935, qui donnent des droits différents aux citoyens en fonction de leur origine ethnique. C’est pourquoi Vladimir Poutine a écrit un article le 12 juillet 2021 appelant l’Ukraine à considérer les russophones comme faisant partie de la nation ukrainienne et à ne pas les discriminer comme le propose la nouvelle loi.

Bien sûr, aucun pays occidental n’a protesté contre cette loi, qui s’inscrit dans la continuité de l’abolition de la loi sur les langues officielles en février 2014, qui a été la raison de la sécession de la Crimée et du Donbass.

Deuxièmement, dans leur lutte contre la sécession du Donbass, les Ukrainiens n’ont jamais essayé de gagner les « cœurs et les esprits » des insurgés. Au contraire, ils ont tout fait pour les éloigner davantage en les bombardant, en minant leurs routes, en coupant l’eau potable, en arrêtant le paiement des pensions et des salaires, ou encore en stoppant tous les services bancaires. C’est tout le contraire d’une stratégie anti-insurrectionnelle efficace.

Enfin, les frappes d’artillerie et de missiles contre la population de Donetsk et d’autres villes de la région de Zaporozhe et de Kherson, dans le but d’intimider la population et de l’empêcher de se rendre aux urnes, éloignent encore plus la population locale de Kiev. Aujourd’hui, la population russophone a peur des représailles ukrainiennes si les référendums ne sont pas acceptés.

Nous sommes donc dans une situation où les pays occidentaux annoncent qu’ils ne reconnaîtront pas ces référendums, mais d’un autre côté, ils n’ont absolument rien fait pour encourager l’Ukraine à avoir une politique plus inclusive avec ses minorités. En fin de compte, ce que ces référendums pourraient révéler, c’est qu’il n’y a jamais vraiment eu de nation ukrainienne inclusive.

De plus, ces référendums vont geler une situation et rendre les conquêtes de la Russie irréversibles. Il est intéressant de noter que si l’Occident avait laissé Zelensky poursuivre la proposition qu’il a faite à la Russie fin mars 2022, l’Ukraine aurait plus ou moins conservé sa configuration d’avant février 2022. Pour rappel, Zelensky avait fait une première demande de négociation le 25 février, que les Russes avaient acceptée, mais que l’Union européenne avait refusée en fournissant un premier paquet de 450 millions d’euros en armes. En mars, Zelensky a fait une autre offre que la Russie a accueillie favorablement et était prête à discuter, mais l’Union européenne est à nouveau venue l’en empêcher avec un deuxième paquet de 500 millions d’euros d’armes.

Comme l’explique Ukraïnskaya Pravda, Boris Johnson a appelé Zelensky le 2 avril et lui a demandé de retirer sa proposition, faute de quoi l’Occident cesserait son soutien. Puis, le 9 avril, lors de sa visite à Kiev, « BoJo » a répété la même chose au président ukrainien. L’Ukraine était donc prête à négocier avec la Russie, mais l’Occident ne veut pas de négociations, comme « BoJo » l’a encore clairement indiqué lors de sa dernière visite en Ukraine en août.

C’est certainement la perspective qu’il n’y aura pas de négociations qui a incité la Russie à s’engager dans des référendums. Il faut rappeler que jusqu’à présent, Vladimir Poutine avait toujours rejeté l’idée d’intégrer les territoires du sud de l’Ukraine à la Russie.

Il convient également de rappeler que si l’Occident était si attaché à l’Ukraine et à son intégrité territoriale, la France et l’Allemagne auraient certainement rempli leurs obligations au titre des accords de Minsk avant février 2022. En outre, elles auraient laissé Zelensky aller de l’avant avec son projet d’accord avec la Russie en mars 2022. Le problème est que l’Occident ne cherche pas l’intérêt de l’Ukraine, mais à affaiblir la Russie.

 

SOLDATS RUSSES

Mobilisation partielle

Concernant l’annonce par Vladimir Poutine d’une mobilisation partielle, il convient de rappeler que la Russie est intervenue en Ukraine avec beaucoup moins de troupes que ce que l’Occident juge nécessaire pour mener une campagne offensive. Il y a deux raisons à cela. Premièrement, les Russes s’appuient sur leur maîtrise de  » l’art opératif  » et jouent avec leurs modules opérationnels sur le théâtre d’opérations comme un joueur d’échecs. C’est ce qui leur permet d’être efficaces avec des effectifs réduits. En d’autres termes, ils savent comment mener des opérations de manière efficace.

La deuxième raison que nos médias ignorent délibérément est que la grande majorité des actions de combat en Ukraine est menée par les milices du Donbass. Au lieu de dire  » les Russes « , ils devraient (s’ils étaient honnêtes) dire  » la coalition russe  » ou  » la coalition russophone.  » En d’autres termes, le nombre de troupes russes en Ukraine est relativement faible. En outre, la pratique russe consiste à ne garder les troupes que pour une période limitée dans la zone d’opérations. Cela signifie qu’ils ont tendance à effectuer une rotation des troupes plus fréquemment que l’Occident.

À ces considérations générales s’ajoutent les conséquences possibles des référendums dans le sud de l’Ukraine, qui sont susceptibles d’étendre la frontière russe de près de 1000 kilomètres. Cela nécessitera des capacités supplémentaires pour construire un système de défense plus robuste, pour construire des installations pour les troupes, etc. En ce sens, cette mobilisation partielle est une bonne idée. En ce sens, cette mobilisation partielle est une conséquence logique de ce que nous avons vu ci-dessus.

On a beaucoup parlé en Occident de ceux qui ont cherché à quitter la Russie pour éviter la mobilisation. Ils existent certainement, comme ces milliers d’Ukrainiens qui ont cherché à échapper à la conscription et que l’on peut voir dans les rues de Bruxelles au volant de puissantes et coûteuses voitures de sport allemandes ! On a beaucoup moins parlé des longues files d’attente de jeunes devant les bureaux de recrutement militaire et des manifestations populaires en faveur de la décision de mobilisation !

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Menaces nucléaires

Quant aux menaces nucléaires, dans son discours du 21 septembre, Vladimir Poutine a évoqué le risque d’escalade nucléaire. Naturellement, les médias complotistes (c’est-à-dire ceux qui construisent des récits à partir d’informations sans rapport) ont immédiatement parlé de  » menaces nucléaires.  »

En réalité, ce n’est pas vrai. Si nous lisons les termes du discours de Poutine, nous pouvons constater qu’il n’a pas menacé d’utiliser des armes nucléaires. En fait, il ne l’a jamais fait depuis le début de ce conflit en 2014. Cependant, il a mis en garde l’Occident contre l’utilisation de telles armes. Je vous rappelle que le 24 août, Liz Truss a déclaré qu’il était acceptable de frapper la Russie avec des armes nucléaires, et qu’elle était prête à le faire, même si cela devait conduire à un « anéantissement global ! » Ce n’est pas la première fois que l’actuel Premier ministre britannique fait une telle déclaration, qui avait déjà suscité des avertissements du Kremlin en février. De plus, je vous rappelle qu’en avril de cette année, Joe Biden a décidé de s’écarter de la politique américaine de « non-utilisation en premier » et se réserve donc le droit d’utiliser les armes nucléaires en premier.

Il est donc clair que Vladimir Poutine ne fait pas confiance aux comportements occidentaux totalement irrationnels et irresponsables, prêts à sacrifier leurs propres citoyens pour atteindre des objectifs guidés par le dogmatisme et l’idéologie. C’est ce qui se passe en ce moment dans le domaine de l’énergie et des sanctions, et c’est ce que Liz Truss est prête à faire avec les armes nucléaires. Poutine est certainement inquiet des réactions de nos dirigeants qui se trouvent dans des situations de plus en plus inconfortables en raison de la situation économique et sociale catastrophique qu’ils ont créée par leur incompétence. Cette pression sur nos dirigeants pourrait les conduire à une escalade du conflit juste pour ne pas perdre la face.

Dans son discours, Vladimir Poutine ne menace pas d’utiliser des armes nucléaires, mais d’autres types d’armes. Il pense bien sûr aux armes hypersoniques, qui n’ont pas besoin d’être nucléaires pour être efficaces et qui peuvent déjouer les défenses occidentales. Par ailleurs, contrairement à ce que disent nos médias, l’utilisation d’armes nucléaires tactiques n’est plus dans la doctrine d’emploi russe depuis de nombreuses années. De plus, contrairement aux Etats-Unis, la Russie a une politique de non-utilisation en premier.

En d’autres termes, ce sont les Occidentaux et leur comportement erratique qui sont les véritables facteurs d’insécurité.

Je ne suis pas sûr que nos hommes politiques aient une vision claire et objective de la situation. Les récents tweets d’Ignazio Cassis montrent que son niveau d’information est faible. Tout d’abord, lorsqu’il évoque le rôle et la neutralité de la Suisse en proposant ses bons offices, il est un peu déconnecté de la géographie. Dans l’esprit de la Russie, la Suisse a abandonné son statut de neutralité et si elle veut jouer un rôle constructif dans ce conflit, elle devra démontrer sa neutralité. Nous en sommes très, très loin.

Deuxièmement, lorsque Cassis a fait part à Lavrov de son inquiétude quant à l’utilisation des armes nucléaires, il n’a manifestement pas compris le message de Vladimir Poutine. Le problème des dirigeants occidentaux d’aujourd’hui est qu’aucun d’entre eux n’a actuellement la capacité intellectuelle de faire face aux défis qu’ils ont eux-mêmes créés par leur propre bêtise. Cassis aurait probablement été mieux inspiré d’exprimer ses préoccupations à Truss et Biden !

Les Russes – et Vladimir Poutine en particulier – ont toujours été très clairs dans leurs déclarations et ont constamment et méthodiquement fait ce qu’ils ont dit qu’ils feraient. Ni plus, ni moins. On peut bien sûr ne pas être d’accord avec ce qu’il dit, mais c’est une erreur majeure et probablement même criminelle de ne pas écouter ce qu’il dit. Car si nous l’avions écouté, nous aurions pu éviter que la situation ne devienne ce qu’elle est.

Il est également intéressant de comparer la situation générale actuelle avec ce qui était décrit dans les rapports de la RAND Corporation publiés en 2019 comme le plan directeur pour tenter de déstabiliser la Russie.

Figure 1 – Extrait du document de 2019 de la RAND Corporation sur la façon de déstabiliser la Russie. Ce document montre que les États-Unis visaient une campagne de subversion contre la Russie, dans laquelle l’Ukraine n’était qu’un instrument malheureux.

Comme nous pouvons le constater, ce à quoi nous assistons est le résultat d’un scénario soigneusement planifié. Il est très probable que les Russes aient pu anticiper ce que l’Occident préparait contre eux. La Russie a ainsi pu se préparer politiquement et diplomatiquement à la crise qui allait être créée. C’est cette capacité d’anticipation stratégique qui montre que la Russie est plus stable, plus efficace et plus performante que l’Occident. C’est pourquoi je pense que si ce conflit doit s’intensifier, ce sera plus à cause de l’incompétence occidentale qu’à cause d’un calcul russe.

Jacques Baud

 

Jacques Baud est un expert en géopolitique très respecté qui a publié de nombreux articles et ouvrages, dont Poutine : Maître du jeu ? Gouverner avec les fake news, et L’Affaire Navalny. Son livre le plus récent porte sur la guerre en Ukraine et s’intitule Opération Z

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