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15 août 2022

VOUS AVEZ DIT "DEREGLEMENT CLIMATIQUE" THEME CHER AUX FAUX ECOLOGISTES POUR METTRE EN PLACE UN GOUVERNEMENT MONDIAL !

Le thème du “dérèglement climatique”:

 

un instrument pour mettre en place un

 

gouvernement mondial?

 

par Jean Goychman

 

Jean Goychman continue son enquête sur le meccano d'un gouvernement mondial tel que les élites occidentales en rêvent. Après nous avoir expliqué les dessous de la politique monétaire, l'auteur aborde à présent les enjeux du "changement climatique". L'écologie est certainement une belle cause: mais cela la rend d'autant plus vulnérable aux manipulations. Doté d'une solide culture scientifique, Jean Goychman nous explique pourquoi réchauffement et refroidissement de l'atmosphère répondent à des facteurs nombreux et complexes; et pourquoi on a privilégié, au détriment de la rigueur scientifique et au profit des élites mondialisées, une explication monocausale, celle du CO2.

La quinzaine de personnes qui sont à l’origine du « Rapport de la Montagne de Fer » n’ont probablement jamais envisagé  les conséquences que les mesures préconisées dans la conclusion de ce rapport auraient sur la vie de la population mondiale six décennies plus tard.

Sans entrer trop dans le détail, le « complexe militaro-industriel » dénoncé en 1961 par Eisenhower et en 1963 par Kennedy avait probablement très mal vécu la perspective d’un désarmement nucléaire résultant des échanges entre Kennedy et Khrouchtchev après l’affaire des fusées de Cuba.

Il fallait donc trouver des substituts à la guerre qui procurent -pardonnez-moi le terme- les mêmes « avantages » pour l’élite dirigeante.

Psychologie des foules

Les progrès dans l’étude de la psychologie des foules avaient permis de mettre en évidence que la « docilité » des gens croissait lorsqu’ils étaient soumis à la peur. Ils devenaient plus « malléables » et acceptaient d’autant plus de payer l’impôt qu’ils y voyaient le moyen de se protéger des éventuels dangers. Lorsqu’on fait partie de ceux qui bénéficient de la guerre, on fait en sorte qu’elle dure le plus longtemps possible. Cependant, la guerre peut s’arrêter si les principaux concernés, les peuples, ne veulent plus la faire. Cet aspect est particulièrement sensible dans les démocraties. D’où l’intérêt de trouver des substituts dont la cause ne soit pas limitée dans le temps. Il est apparu rapidement que c’était le cas du thème de l’Homme qui détruit sa propre planète, qui fait aujourd’hui l’objet d’un véritable culte.

Quelques essais avant de trouver la solution

Dans les années 1970, apparurent la couche d’ozone, les pluies acides, les pollutions industrielles qui étaient d’ailleurs réelles pour la plupart, mais si elles ébranlaient les consciences de certains milieux « intellectuels », elles n’atteignaient guère le « grand public »

Afin de mieux « frapper les esprits » il fallait trouver un lien de causalité qui devienne évident entre une action imputable uniquement à l’activité humaine et le péril qu’elle allait générer dans le futur.

Une grande peur ancestrale est le feu et chacun peut en constater les effets. Restait à trouver le bon cheminement, ce qui fut fait à partir des années 1980. Alors même que dans les années 70 certains « climatologues » prédisaient une l’arrivée d’une période de glaciation, la tendance s’est inversée en faveur d’un réchauffement dès le début de cette décennie. Et le coupable était tout trouvé, c’était l’humanité et ses actions néfastes au devenir de la planète. Depuis les années 1900, une théorie s’était développée mais n’avait jamais réellement prospéré, autour de la température du sol et de la basse atmosphère. Cette température était liée à la fois au rayonnement solaire et à « l’effet de serre » de certains gaz présents dans l’atmosphère. Elève-ingénieur dans une école spécialisée dans l’aéronautique durant les années 70, je me rappelle qu’on nous parlait, bien-sûr, de la modélisation de l’atmosphère avec des lois de décroissance de la température et de la pression, mais je n’ai jamais rien entendu au sujet de cet effet de serre, qui semble aujourd’hui prévaloir sur toute autre cause. Cet effet existe bien, j’en suis convaincu, mais de là à dire qu’il résulte uniquement de l’activité humaine (ou animale), permettez-moi d’en douter. Toujours est-il qu’un coupable se profilait au travers de l’effet de serre, et c’était le dioxyde de carbone. Et ce coupable avait un énorme avantage, c’est qu’il reliait cet effet à l’ère industrielle et par conséquent à l’activité humaine. La boucle est bouclée, et l’Homme est ainsi à l’origine du réchauffement climatique ou, du moins, c’est ce que les gens doivent croire.

Quelques « trous » dans l’argumentation.

Sans revenir dans le détail sur la fameuse courbe dite « en crosse de Hockey » de Michael Mann, (laquelle ne prenait pas en compte les époques chaudes et froides du maximum médiéval et du petit âge glaciaire du 18ème siècle) un certain nombre de constatations s’imposent :

Tout d’abord, la distance Terre – Soleil varie dans le temps pour au moins deux raisons évidentes (et probablement beaucoup plus) en raison de l’excentricité de l’orbite terrestre due à la position des autres planètes autour du Soleil et de la perte de masse du Soleil due à la réaction nucléaire qui transforme l’hydrogène en hélium.

Ensuite, l’inclinaison de l’axe de rotation de la terre sur elle-même varie également dans le temps, ce que les physiciens appellent la « précession ».

Le résultat de ces variations cycliques est que le rayonnement reçu par la surface de la Terre est loin d’être constant.

En 2019, la NASA a publié un document qui montre l’effet de ces variations sur la quantité d’énergie reçue. Ces cycles ont été identifiés par un astro-physicien appelé Milutin Milankovitch qui est à l’origine de la théorie du climat qui porte son nom publiée en 1941.

Pourquoi vouloir faire des gaz à effet

 

de serre la cause unique du réchauffement ?

Nous entrons au cœur de l’affaire. Une variation climatique qui échapperait complètement à l’activité humaine ne présente aucun intérêt si on se réfère au paragraphe d’introduction. C’est l’action de l’Homme qui doit être néfaste et pas celle de la Nature. Le GIEC, souvent appelé à tort

« Groupe d’Experts Internationaux en Climatologie », alors que sa dénomination exacte est « Groupe Intergouvernemental d’Etude du Climat » est purement politique puisqu’il ne fait qu’un travail de compilation. Il est écrit en toutes lettres dans ses objectifs que :

« Les rapports fournis par le GIEC sont d’ailleurs indispensables pour trouver des solutions contre le réchauffement climatique causé par les GES (gaz à effet de serre) émis par les activités humaines »

Contre toute attente, les phénomènes évoqués par Milankovitch n’auraient strictement aucune influence sur le climat de la planète. Étonnant, non ? Poussons cependant l’analyse sur ces critères : en toute logique, si le réchauffement est principalement, voire uniquement dû à l’activité humaine, pourquoi la Terre a-t-elle connu de telles variations de climat ? Les géologues et les géophysiciens démontrent avec suffisamment de preuves que les épisodes de réchauffement et de refroidissement se sont succédés avec plus ou moins d’amplitude depuis des millions, voire des milliards d’années.

Il faudrait alors admettre, si l’on suit les conclusions du GIEC, que toutes ces causes naturelles ont disparu dès les premières phases d’industrialisation (environ 1850) et qu’il ne subsiste aujourd’hui que l’action des gaz à effet de serre due à l’activité humaine ?  Cela n’a évidemment aucun sens.

C’est à l’évidence certaines activités humaines qui sont ciblées dans l’unique but de démontrer que l’Homme est nuisible pour la planète. Les éléments de langage utilisés concourent à renforcer cet aspect des choses. On ne parle plus de changement du climat mais de « dérèglement climatique » de façon à introduire subrepticement une sorte d’artificialité, insistant ainsi sur le côté non-naturel de l’événement. Ceci est essentiel si on veut imposer des mesures réputées correctives. Il paraît évident que l’Homme ne peut intervenir que sur les conséquences de ses propres actions et non sur des choses naturelles. Il suffit alors d’éliminer la cause pour ne plus subir l’effet.

Réduire les émissions des GES, le remède universel

Tout ce qui précède peut s’éclairer d’un jour nouveau par la parution en 2008 d’un fascicule d’une vingtaine de pages publié quelques mois avant la conférence de Copenhague en 2009, connue sous le terme COP 15. Ce document, intitulé « trading emissions » posait le problème sous un angle différent ; son auteur considérait comme acquis l’origine anthropique du dérèglement climatique dû à l’émission des gaz à effet de serre et, en particulier, le CO2. Ceci étant clairement posé, ce problème était un problème mondial et seul un gouvernement mondial aurait suffisamment de pouvoir pour le combattre efficacement. Voici un court extrait :

« The premise of this paper is that the broad scientific consensus of a looming and significant problem of which man-made greenhouse gases(GHGs) is directly responsible, is correct.1 This paper concurs with Nicolas Stern’s substantiated assertion that this “crisis”, primarily caused by Carbon Dioxide (CO2) emissions, requires that we should act now – or in Stern’s words, that the issue “demands an urgent global response.” (page 5)

 

La traduction :

« La prémisse de cet article est que le large consensus scientifique d’un problème imminent et important dont les gaz à effet de serre (GES) d’origine humaine sont directement responsables, est correct. Cet article concorde avec l’affirmation étayée de Nicolas Stern selon laquelle cette “crise”, principalement causée par les émissions de dioxyde de carbone (CO2), exige que nous agissions maintenant – ou, selon les mots de Stern, que le problème « exige une réponse mondiale urgente ».

 

Il faut noter que l’auteur de ce texte n’est autre que Simon Linett qui, en 2008, se trouvait être le fondé de pouvoir de la banque Rothschild à la City. Comme par hasard, la proposition faite dans ce texte consiste à trouver un financement pour cette action de portée mondiale, et c’est ainsi qu’ apparaît en filigrane la fameuse « taxe carbone ».                                                                             

Elle était dans l’air depuis un certain temps et elle devait se concrétiser. Mais que ce soit fait par un fondé de pouvoir d’une banque de premier plan connue pour son engagement « mondialiste », cela peut ouvrir la réflexion de la finalité de toute la démarche.

Un objectif unique de la finance internationale : un gouvernement mondial ?

L’accélération de l’Histoire vécue ces dernières années peut s’expliquer par la nécessité à agir dans laquelle se trouve le « camp mondialiste » face à la montée en puissance du camp des « régionalistes » qui prônent le retour à une vision  d’un monde qui s’articulerait autour d’entités plus locales qui pourraient être les continents. Dans leur livre « COVID 19 : la grande réinitialisation » Klaus Schwab et Thierry Mailleret évoquent très clairement cette possibilité (page 124) : 

  « La COVID 19 ne fera qu’accélérer cette divergence mondiale à mesure que l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie se concentreront de plus en plus sur leur auto-suffisance régionale plutôt que sur les chaînes d’approvisionnement mondiales distantes et complexes qui, autrefois, incarnaient l’essence de la mondialisation »

On comprends alors mieux l’urgence à laquelle les « globalistes » (partisans d’un monde monopolaire) se trouvent aujourd’hui confrontés. C’est probablement une des raisons pour lesquelles, par médias interposés, il font « feu de tout bois » ,et l’expression trouve aujourd’hui tout son sens, pour imputer au réchauffement anthropique toutes les calamités présentes et à venir. Il est vrai que parler d’incendies hors de contrôle frappe les esprits plutôt que de parler d’un réchauffement hypothétique de un à deux degrés dans le siècle qui laisse l’opinion assez indifférente.

Confondre les événements climatiques avec ceux de la météorologie est une pratique devenue courante dont l’usage quasi-généralisé permet de transformer en évidence palpable ce qui n’est qu’une hypothèse non réellement validée, voire contraire aux observations.

Simple exemple : tous les médias parlent de la canicule et des incendies causés par le dérèglement climatique, mais aucun ne relate les chutes de neige au Sahara au début de l’année ni les récentes inondations dans la vallée de la mort.

 

 

Variations climatiques naturelles de la Terre

Dossier mis à jour le 26/11/2014265 K lectures

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La Terre lors du dernier maximum glaciaire, il y a 20 000 ans...
© Ittiz / Wikimedia - Licence : CC BY-SA

Un climat, des climats

Le climat définit et explique les conditions de l'atmosphère au-dessus d'un lieu à moyen et long terme (à la différence de la météorologie qui s'intéresse au court terme). Mais il peut s'étudier à différentes échelles d'espace et de temps.

  • Le climat de la planète considéré comme un tout, dit planétaire (global pour les anglo-saxons) est déterminé principalement par les facteurs astronomiques.
  • Un niveau plus fin d'analyse peut s'opérer entre régions chaudes et froides de la planète, en fonction de la latitude et des grands vents. On parle alors de climats zonaux.
  • Mais la répartition des terres et des mers à une même latitude crée des climats régionaux comme par exemple l'Europe atlantique plus influencée par l'océan que l'Europe centrale au climat plus rude.
  • Enfin l'échelle la plus fine est celle des microclimats, celle d'une vallée de montagne ou même d'une grotte ou d'un appartement. C'est ceux-là que nous percevons. Ils sont évidemment encore plus nombreux.

Mais, plus qu'au climat planétaire préoccupation majeure des physiciens et des géologues, les géographes s'intéressent aux climats, en insistant sur l'hétérogénéité des ambiances à la surface des continents et des océans, leurs discontinuités spatiales, leurs rythmes saisonniers et leurs variabilités interannuelles.

La stabilité du climat planétaire

La Terre a une température a peu près constante depuis l'apparition de la vie ; il y a eu des périodes plus chaudes et d'autres plus froides, mais jamais éloignée de plus de quelques degrés par rapport à une moyenne d'environ 15,1°C. Une telle stabilité est extraordinaire si l'on compare à des planètes comme Mars ou Venus qui à l'origine avait des conditions climatiques semblables à la Terre et qui ont évolué vers le désert ou la fournaise. Cette stabilité est due à la présence d'eau qui recouvre près des trois quarts de la surface de la planète (qui passe selon la température planétaire de l'océan à l'air ou aux glaciers) et aux êtres vivants qui occupent sous diverses formes toute la planète.

Pour autant, le climat de la Terre varie naturellement, sans l'intervention de l'Homme, suivant des cycles et des évènements ponctuels. Ces changements nous sont imperceptibles et ne sont connus que par les analyses des traces laissées par des ambiances climatiques différentes dans les glaces, les sols etc.
La variabilité des climats n'est perçue qu'à l'échelle locale et régionale par les humains et encore car la mémoire humaine est sélective. D'une année à l'autre les saisons changent en particulier aux moyennes latitudes (par ex. juillet 2003 : chaud et sec et juillet 2004 frais et arrosé dans le nord de la France).
En effet, Le climat varie différement suivant les échelles géographiques considérées. Ainsi, le réchauffement climatique en cours s'entend à l'échelle de la planète mais masque des variations régionales et locales qui peuvent parfois apparaître contradictoires.

▴ Publi-reportage ▴

La variabilité du climat planétaire est normale, et tient aux fluctuations des courants océaniques, aux éruptions volcaniques, au rayonnement solaire, aux paramètres astronomiques et à d'autres composantes du système climatique encore partiellement incomprises.

Nous synthétisons ici les principaux paramètres et phénomènes naturels qui contribuent à modifier le climat planétaire.

Caractéristiques astronomiques de la Terre

Les variations climatiques dépendent étroitement de la position astronomique de la Terre.
Voyons quelques caractéristiques astronomiques de la Terre dans le système solaire :

  • La Terre se situe approximativement à 150 millions de km du Soleil qui nous apporte chaleur et lumière indispensables à la vie.
  • L'orbite de la Terre (parcours qu'elle décrit autour du soleil) n'est pas ronde mais elliptique, ce qui fait que la Terre est entre 147,17 millions de km en périhelie (au 2 janvier) et 153,18 millions de km en aphélie (au 2 juillet). Nous remarquerons que pour l'hémisphère nord, c'est en hiver que la Terre est la plus proche du soleil : ce n'est donc pas ce facteur qui détermine les saisons.
  • La Terre tourne autour du soleil en 365 jours, 06 heures et 09 minutes (d'où les années bissextiles), c'est la révolution.
  • Dans le même temps, la Terre effectue une rotation sur elle-même en 23h 56mn 04s (c'est le jour sidéral), nos sociétés parlent en jour solaire (24h). Cette rotation détermine le jour et la nuit.
  • La Terre, comme la plupart des planètes du système solaire a une orbite située sur un même plan dit plan de l'écliptique. Ainsi, l'axe des pôles du globe forme forme actuellement un angle de 23°27' avec la perpendiculaire à ce plan.
L'inclinaison de l'axe des pôles par rapport à la perpendiculaire au plan de l'écliptique et la révolution engendrent les saisons astronomiques à partir de quatre positions :
  • deux équinoxes (printemps : 21 mars et automne : 23 septembre)
  • deux solstices (été : 21 juin et hiver : 21 décembre)

La rotondité de la Terre (sa forme se rapproche d'un géïode) fait que les rayons du soleil doivent traverser à la fois une plus grande distance et surtout une épaisseur plus importante de l'atmosphère en allant vers les pôles. Ceci définit les grandes zones climatiques :

  • zone toujours chaude de part et d'autre de l'équateur jusqu'au-delà des tropiques
  • deux zones tempérées aux latitudes moyennes (c'est à dire à égale distance entre l'équateur et le pôle)
  • deux zones froides entre les cercles polaires et les pôles

Les paramètres internes des variations

climatiques de la Terre

Les éruptions volcaniques

L'activité volcanique rejette notamment du CO2 (actuellement en quantité moindre que les activités humaines) et de l'acide sulfurique sous forme de gouttelettes. Les rejets de cendres peuvent atteindre des millions de tonnes jusqu'à plusieurs kilomètres d'altitude.
Toutes les éruptions volcaniques ont des effets sur le climat de l'échelle locale à régionale. Certaines d'entre elles, particulièrement importantes, rejetent des poussières dans la stratosphère (au-delà de 13 km d'altitude) et modifient le climat planétaire pendant quelques mois. Dans ce cas, ce phénomène crée une couverture atmosphérique opaque qui filtre la luminosité et la chaleur qui vient du soleil. Ceci peut entraîner un refroidissement du climat comme le volcanisme intense d'une centaine de milliers d'années qui a eu lieu lors de l'extinction des dinosaures.

Evolution de l'activité volcanique
Variation de l'activité volcanique depuis 400 ans. Notons que les périodes de fortes activités tendent à refroidir les basses couches de l'atmosphère.

En 1450 av. JC, l'éruption volcanique de Santorin en mer Egée va mettre en suspension de telles quantités de poussières que durant l'été qui suit en Europe et au Proche Orient, le ciel reste voilé et la température baisse d'environ 0,5°C.
Récemment, l'éruption du Pinatubo philippin en 1991 a entraîné des projections jusqu'à 35 km d'altitude. Deux mois après l'explosion, plus de 40% d'une bande intertropicale entre 30°N et 20°S était recouverte par les aérosols, entraînant une baisse moyenne de la température de la planète entre 0,1 et 1°C. Les volcans indonésiens Krakatoa (1883), Augun (1963), le mont Saint Helens (1980) aux Etats-unis et le volcan mexicain El Chichòn (1982) eurent les mêmes effets (G. JACQUES, H. LE TREUT, 2004).

A court terme, le volcanisme implique une chute des températures, évalué entre - 0,05°C et - 0,12°C depuis les années 2000 (Ridley et al. 2014 ; Total volcanic stratospheric aerosol optical depths and implications for global climate change. Geophys. Res. Lett., early on-line, doi:10.1002/2014GL061541)
Pour autant, le volcanisme majeur peut être un puissant facteur de réchauffement sur le long terme. En effet, lors du crétacé supérieur (il ya environ 80 millions d'années), la température était de 6°C supérieure à celle que nous connaissons, ce fût la période la plus chaude de l'histoire de la Terre.

La circulation thermohaline

L'atmosphère et l'océan, qui sont des fluides, interagissent. Ainsi, l'océan joue un role important dans la définition des climats à diverses échelles.
Au niveau planétaire, actuellement, les eaux de surface des mers de Norvège et du Labrador, plus salées avec la formation de glace, plongent entre 2 000 et 4 000 mètres de profondeur (on parle de l'Eau Profonde Nord Atlantique) et circulent lentement vers les autres bassins océaniques. Dans le même temps, les eaux tropicales chaudes de surface remontent notamment vers le pôle Nord. Cette circulation lente (environ 1 500 ans) atténue les différences de températures entre les latitudes.

Ces échanges océaniques auraient été modifiés au Dryas (10 500 BP(1)) car la fonte des glaces continentales (inlandsis) entraînant un surplus d'eau douce a diminué la salinité des eaux.
Ce phénomène ralentit alors le transport méridien de chaleur et peut entraîner un refroidissement intense de l'Europe. Ceci étant, ce refroidissement modifie d'autres facteurs atmosphériques qui concourrent ensuite à son rétablissement... Les interactions océan-atmosphère sont assez compliquées à appréhender.

circulation thermohaline
La circulation thermohaline
© Planet Observer / INSU

L'Oscillation Nord-Atlantique

L'Oscillation Nord-Atlantique est une variation qui affecte l'Atlantique nord comme son nom l'indique des côtes américaines à l'Europe. Il existe un équivalent dans le pacifique mais sa masse considérable et son fonctionnement plus hémisphérique que dans l'Atlantique atténue cette oscillation.
Au pas de temps pluridécennal, la circulation atmosphérique aux latitudes moyennes connaît des périodicités appelées oscillation nord-atlantique (ONA), bien corrélées avec les variabilités du champ de pression arctique. Normalement, un gradient de pression de l'ordre de 20 hPa s'établit entre les latitudes subtropicales de l'anticyclone des Açores et la latitude de la dépression d'Islande engendrant un flux d'ouest à baisse et haute altitude. Plus le gradient de pression est fort et plus la circulation d'ouest affecte l'Europe. Au contraire lorsque la circulation se ralentit suite au maintien de hautes pressions continentales sur le continent par exemple, les circulations méridiennes deviennent majoritaires en saison froide (Hurrel, 1995 et 1996, Osborn et al., 1999, Mann et al., 1999 et 2000). Des alternances de périodes à faible indice de circulation zonale 1870-1900, 1930-1980 alternent avec des périodes à fort indice zonal 1900-1930, depuis 1980. Les caractéristiques thermiques des hivers (doux et venteux ou très froids) et la latitude où la pluviométrie est la plus abondante s'en trouvent modifiées.

Les causes externes des variations

climatiques naturelles de la Terre

Les cycles astronomiques

Les travaux du mathématicien serbe Milutin Milankovitch (1941) confirmés par l'astronome belge André Berger, le paléoclimatologue américain John Imbrie et le mathématicien J.Laskar mettent en évidence que la variation de la position de la Terre sur son orbite induit des variations climatiques majeures :

  • la variation d'excentricité : selon une périodicité de l'ordre de 100 000 ans, l'ellipse formée par l'orbite terrestre s'excentre d'environ 18 millions de km, ce qui modifie la distance de la Terre au soleil. De nos jours, l'excentricité de l'orbite terrestre fait que la Terre se trouve plus près du Soleil en décembre qu'en juillet.
  • Variation de l'obliquité de l'axe des pôles : actuellement, l'axe des pôles forme un angle de 23°27' avec la perpendiculaire. Cet angle varie de 22 à 25° tous les 41 000 ans environ.
    Lorsque l'inclinaison de l'axe de la Terre est maximale, les rayons du soleil peinent à atteindre les hautes latitudes en hiver et inversement en été : les étés sont chauds et les hivers rigoureux, "ce qui correspond aux climats interglaciaires avec peu de glaces aux hautes latitudes sur les continents. Inversement, une diminution d'inclinaison correspond à des étés moins chauds et à des hivers moins froids, configuration qui cependant permet le développement des calottes glaciaires continentales." (J-C. Duplessy, directeur de recherche au CNRS, 2003)
  • La précession des équinoxes : l'axe des pôles décrit un cône autour de la perpendiculaire au plan de l'écliptique selon un cycle principal de 23 000 ans et un cycle mineur de 19 000 ans.
    Ainsi, le moment où le pôle Nord pointe vers le Soleil ne correspond pas toujours à la même position de la Terre sur son orbite (voir vidéo du CNRS). Il y a 11 000 ans, la Terre était au périhélie au solstice d'été d'où des glaciations en hiver car la Terre se retrouvait en aphélie (donc au plus loin du soleil).

Les paramètres orbitaux expliquent la répétition quasi-périodique tous les 100 000 ans des glaciations du quaternaire. Ainsi, depuis 1,7 millions d'années, il y a eu 17 cycles.
Le dernier maximum glaciaire date de 20 000 ans environ et l'interglaciaire qui l'a précédé, l'Eémien, de 125 000 ans à peu près. Chaque début d'interglaciaire correspond à un maximum d'insolation mais ensuite les paramètres se modifient si bien que les conditions au cours de l'interglaciaire changent. En conséquence, l'accumulation de glace est très lente alors que la fusion est très rapide.
L'interglaciaire actuel a débuté il y a 10 000 ans. La circulation atmosphérique générale s'est alors décalée (l'anticyclone des Açores passe de 35 à 30° nord, la dépression d'Islande de 55 à 65 ° nord). Et, il ne devrait pas y avoir de glaciation majeure avant 60 000 ans (JOUSSAUME, 1993 ; FOUCAULT, 1993, etc.).

L'intensité de l'activité solaire

L'énergie qui nous vient du soleil fluctue légèrement en fonction du nombre de tâches solaires présentes sur le soleil.
Les taches solaires sont des régions plus sombres et moins chaudes du Soleil (4 200 K au lieu de 5 800 K). Elles sont souvent le lieu d'explosions gigantesques appelées éruptions solaires. L'intensité de l'activité solaire y est donc liée. Les variations de cette activité signifient des variations de l'intensité du vent solaire, du jet de particules chargées en provenance de notre étoile parcourant le système solaire. Lorsque le vent solaire est fort, il est plus difficile pour les particules chargées de l'espace lointain de pénétrer l'atmosphère terrestre. Au niveau de l'atmosphère, ces rayons cosmiques entrent en collision avec les molécules présentent dans l'air et produisent des ions, lesquels facilitent la formation de gouttelettes de nuages. Ainsi, dans les périodes de forte activité solaire, le ciel est moins nuageux car le vent solaire diminue la formation d'ions.

Ainsi, l'émission solaire varie en fonction des taches solaires, plus elles sont nombreuses et plus l'émission augmente. La reconstitution des variations de l'activité solaire est rendue possible par l'analyse de la composition isotopique du carbone des cernes annuels d'arbres. Des cycles de onze ans apparaissent nettement. Des périodicités plus longues de 200-300 ans peuvent également être observées (NESMES-RIBES, 2000). A partir des observations à la lunette astronomique, les taches solaires sont inexistantes de 1600 à 1710 (minimum de Maunder) ce qui contraste avec leur nombre important depuis le début du XVIIIe siècle. La période allant de 1790 à 1830 présente également une diminution du nombre de taches. Mais le lien entre ces modifications pluriséculaires de l'insolation et la circulation océanique de l'Atlantique nord et la circulation atmosphérique n'est pas clairement établie.

Evolution de la constante solaire
La constante solaire est une moyenne, pour la terre et sur un an, du flux total d'énergie électromagnétique reçue par le soleil aux limites de l'atmosphère.

Nous notons sur ces graphiques une bonne corrélation entre la valeur de la constante solaire et les températures relevées ; les gaz à effet de serre ne seraient pas les seuls responsables du réchauffement ?

Cependant, il semble encore difficile d'estimer l'impact de cette légère fluctuation de la constante solaire sur les températures.

Les chutes de météorites

Les météorites sont des objets venus de l'espace qui parviennent jusqu'au sol terrestre et y creusent des cratères parfois considérables. Les plus gros comme celui qui causa probablement l'extinction des dinosaures il y a 65 millions d'années, génèrent de par leur impact avec la Terre de nombreux débris qui obstruent l'atmosphère. Un "hiver d'impact" peut alors s'installer durablement (jusqu'à plusieurs années). Lorsque celui-ci se dégage enfin, les gaz à effets de serre sont particulièrement actifs.

Ces différents paramètres influent sur le climat planétaire à des échelles de temps variant de quelques mois à plusieurs millénaires. Ainsi se construit l'histoire du climat de la Terre que les scientifiques tentent de retracer...

Reconstruire l'histoire du climat de la Terre

Le climat passé de la Terre

Les études ont donc montré que les variations d'insolation étaient à l'origine des grandes variations climatiques. Ainsi, le dernier million d'années a connu la croissance puis le retrait des grandes calottes glaciaires. La carotte antarctique de Vostok met en évidence 4 grands cycles climatiques de 100 000 ans (sur 400 000 ans).

Evolution de l'écart moyen des températures
Reconstruction de l'évolution de l'écart moyen des températures de la Terre au cours des 2000 dernières années.

Crédit : compilation de sources disponibles sur la Wikipedia

"Au cours des 400 000 dernières années, la température, montre une allure très similaire aux variations du volume des glaces tirées de l'étude des sédiments marins. Aux moments des périodes très froides en Antarctique (-65°C au lieu de -55°C actuellement à Vostok), il y avait plus de glace sur les continents (principalement en Europe et en Amérique du Nord) (...) Autre observation, le signal climatique de Vostok contient des périodes de 20 000 et 40 000 ans caractéristiques des variations de l'orbite terrestre." (J-R. Petit, UPR INSU-CNRS).

Evolution de l'écart moyen des températures
Evolution de l'écart moyen des températures de la Terre par rapport à aujourd'hui
Crédit : L'atmosphère - Dossier Pour la Science, juin 1996

Il est intéressant de constater que les périodes froides (dites "glaciaires") sont caractérisées par de faibles taux de concentration de CO2 dans l'atmosphère tandis que les périodes plus chaudes (dites "interglaciaires") correspondent à des taux plus élevés : le parallélisme est tout à fait remarquable.

Notons enfin que les sondages et les analyses paléoclimatiques effectuées à travers le monde ont également mis en évidence l'extrême variablité du climat qui peut entraîner des modifications brusques des températures (en quelques centaines d'années) à l'échelle hémisphérique.

Comment reconstruire l'histoire du climat de la Terre ?

Le suivi de l'évolution globale du système climatique demande des prélèvements dans l'ensemble des bassins océaniques, sur les continents et les calottes glaciaires. Ceci nécessite la présence de navires pour le carottage des fonds marins et l'organisation de campagnes en régions polaires pour les carottages glaciologiques.
Actuellement, les scientifiques sont capables de remonter dans l'histoire de la composition atmosphérique jusqu'à 740 000 ans et bientôt 1,2 million d'années avec les carottes glaciaires, c'est l'objectif de la paléoclimatologie. L'analyse de la composition isotopique de la glace et du rapport isotopique de l'oxygène et du carbone donne une idée précise des températures d'antant.

Les climats plus anciens sont reconstitués grâce à la répartition et l'analyse isotopique des faunes fossiles de foraminifères (petits organismes qui fabriquent une coquille calcaire). Ce sont donc les sédiments marins et lacustres qui sont alors étudiés.

Enfin, les calculs astronomiques des changements d'insolation sur Terre permettent de remonter jusqu'à 14 millions d'années avec une précision de 5 000 ans sur les 5 derniers millions d'années.

L'Europe est le continent où les séries météorologiques sont les plus anciennes, les plus nombreuses et où les recherches sur ce thème sont les plus avancées.

Les variabilités historiques du climat en Europe

Historique des mesures météorologiques

L'Europe est le continent où les séries météorologiques sont les plus anciennes, les plus nombreuses et où les recherches sur ce thème sont les plus avancées. Les études récentes montrent que la périodisation historique du climat en Europe ne s'étend pas toujours au-delà du fuseau atlantique septentrional. Le réchauffement médiéval s'observe par exemple en mer des Sargasses ; mais en Nouvelle Zélande, le Moyen Âge était frais et une hausse des températures caractérise les XVI à XIXe siècles. De plus, sur le vieux continent, à une échelle plus fine, l'imbrication des terres et des mers contribue à diversifier les climats et des évolutions différentes ont parfois été observées en Europe continentale et atlantique ou dans les régions les plus septentrionales et en Méditerranée.

Les stations météorologiques fixes sont apparues en Europe au XVIIe siècle (Padoue, Paris...). Un premier réseau européen est constitué en 1780 et les premières cartes de vent ou de pression apparaissent à la fin du siècle. Mais en France le maillage n'est composé que de 24 stations au milieu du XIXe siècle (pour 184 aujourd'hui). Les équipements ne sont pas normalisés et ils vont évoluer avec les techniques, si bien par exemple qu'aucun anémomètre ne pouvait, entre les deux guerres mondiales, enregistrer des vents de 172 km/h à Paris (vitesse enregistrée à Orly lors de la tempête de décembre 1999). La création de l'Organisation météorologique internationale en 1873, devenue Office météorologique mondial en 1950 va contraindre à la standardisation des mesures.
Ces séries comparables sont donc courtes au regard de bon nombre de cycles climatiques connus. Pour remonter en deçà des enregistrements météorologiques on utilise des sources indirectes : des documents écrits (chroniques paroissiales, dates du calendrier agricole), des peintures, des gravures, etc. depuis l'antiquité, des biomarqueurs (pollens, cerne d'arbre, micro-fossiles...) durant la préhistoire.

Quelle information peut on extraire des marqueurs ?

Le qualificatif : « Plusieurs siècles froids » ne signifie pas pour toute l'Europe et tout au long des 365 jours de l'année un climat froid homogène. Il faut donc de la prudence dans l'interprétation.
Premièrement, les marqueurs sont spatialisés c'est-à-dire qu'ils intègrent les différentes échelles des climats. Une pelouse calcaire sur versant pentu en exposition sud bien que dans le nord de la France bénéficie d'un bilan thermique qui explique un microclimat chaud et sec permettant l'apparition d'espèces à affinité méditerranéennes que l'on ne retrouve plus à quelques dizaines de mètres sur un plateau... Beaucoup d'indices concordants sont nécessaires pour approcher une ambiance climatique d'échelle supérieure. Les marqueurs biologiques ne répondent au changement climatique qu'avec un décalage, fonction de leur mobilité propre, de leur mode de reproduction, etc.

Deuxièmement, les marqueurs sont territorialisés puisque les sociétés s'approprient un lieu et y modifient le paysage. La sédentarisation et l'accroissement de population ne cessent de modifier ce qui étaient des biomarqueurs (pelouse de défrichement, nouvelles espèces introduites...). Depuis deux siècles, les forêts françaises n'ont jamais connu de chablis aussi nombreux qu'en décembre 1999 ; est-ce parce que le vent n'a jamais soufflé aussi fort ou parce que la superficie forestière n'a jamais été aussi vaste (Gadant, 1994) ou parce que les traitements sylvicoles ont changé...
La définition de la succession de toutes les saisons météorologiques permet de définir un climat. Or, les informations les plus fréquentes portent seulement sur l'été et l'hiver. Les dates des vendanges, comme tout marqueur phénologique, ne prennent en compte que la chaleur de la période avril-septembre. Mais; l'été ne fait pas l'année… les canicules estivales de 1778 à 1782 de surproduction viticole (Le Roy Ladurie, 1983) se placent en pleine période dite « froide ». De plus, les considérations économiques voire culturelles (goûts différents) modifient l'interprétation du lien entre la chaleur de l'été, la précocité des vendanges et la productivité du vignoble pour les siècles les plus récents. L'information est subjective : le journal d'un Bourgeois de Paris évoque principalement les hivers froids avec les loups dans la capitale en décembre 1439, ou les morts déterrés pour manger… Plus que l'aléa, c'est le risque qui est mentionné, or ce dernier est sociétal. Et sur un même lieu, les sociétés ont changé tout comme leur vulnérabilité. L'agriculture intensive du basin parisien est plus vulnérable aux déficits pluviométriques que la polyculture traditionnelle qui y était encore pratiquée au siècle dernier. Si un agriculteur écrit son journal en l'an 2000, qu'y met-il en exergue ? évoque-t-il le réchauffement ?

L'objectif de la Météorologie est d'extrapoler à partir du temps passé le temps à venir dans le court terme (quelques heures à quelques jours) pour un lieu donné et ceci depuis l'origine (la carte de Le Verrier du temps du 19 février 1855 après la tempête qui détruisit la flotte à Sébastopol). Ce n'est que depuis le milieu du siècle que la connaissance scientifique a permis d'envisager le fonctionnement de la planète comme un tout et que les physiciens élaborent des modèles climatiques du passé (l'Eémien le plus souvent) pour prévoir l'avenir à moyen terme (celui de plusieurs décennies). Avec ce changement de pas de temps, la question posée est celle de la possibilité par les sociétés humaines de modifier l'évolution du climat planétaire et l'alternance glaciaire/interglaciaire du quaternaire. Curieusement, les simulations ont à peine profité à l'étude du passé historique. Peu de laboratoires de climatologie s'y consacrent (C. Pfister en Suisse, H. Lamb en Angleterre, R. Camuffo en Italie). Le travail de reconstitution des climats durant l'histoire reste en France majoritairement un travail d'historien (E. Leroy Ladurie, R. Delort, J. Berlioz...).

Une alternance de réchauffements et de refroidissements de faible ampleur

La déglaciation qui s'effectue par pulsations successives va totalement changer les paysages d'Europe à la fois par la hausse des niveaux marins et le déplacement des traits de côte et par les formations végétales qui vont répondre aux modifications thermiques. Après les épisodes de retour du froid des Dryas, vers 10 000 BP débute l'interglaciaire holocène.
Au cours du Préboréal et du Boréal, les températures augmentent en été de 0,5°C voire 1°C et la toundra est progressivement colonisée par les pins sylvestres, des noisetiers.

A l'Atlantique, vers 5 000-6 000 BP les températures d'été sont de 2°C plus élevées qu'au XXe siècle et de 1°C en hiver : c'est l'optimum climatique.

La pluviométrie est de 10% supérieure à l'actuelle, ce qui permet le grand développement des chênaies mixtes. La yeuse pousse en Norvège tout comme le noisetier. L'agriculture se répand en Europe. La transgression flandrienne oblige des populations occupant le Dogger bank à migrer vers le sud et l'est. Malgré une pluviométrie qui diminue, à l'âge des métaux, des conditions clémentes permettent la croissance des arbres en Cornouaille, l'agriculture en Angleterre jusque vers 400 m d'altitude.
Mais vers 3000 BP, l'aridité progresse en Méditerranée : plusieurs famines marquent l'Egypte en 2180 et 1950 avant J-C. par suite de bas niveaux du Nil. Des cités lacustres sont abandonnées en Suisse. Le froid s'intensifie et les glaciers du Tyrol descendent dans les vallées jusqu'à des altitudes qu'ils ne retrouveront qu'en 1850 avant J-C. Des migrations s'opèrent : les étrusques arrivent en Italie, les doriens en Grèce. La période de l'antiquité gréco-romaine est marquée en Europe du nord par des conditions assez peu clémentes mais qui vont de pair avec une pluviométrie plus abondante sur le pourtour méditerranéen malgré des hivers froids. Pline décrit par exemple en 300 avant J-C. le Tibre gelé à Rome.

Un siècle plus tard, une amélioration permet des expéditions vers l'Europe du nord dont Strabon décrit les tempêtes de 114 et 120 avant J-C. La vigne est introduite en France. Le réchauffement va conduire à une hausse du niveau marin de près d'1 m. La Flandre est submergée vers 250 après J-C.
Mais à nouveau, les pâturages d'Asie s'assèchent progressivement poussant vers l'ouest des hordes de nomades. c'est le temps des barbares. Plusieurs sites d'agriculteurs septentrionaux sont abandonnés (dans le nord des îles britanniques par exemple). Entre 542 et 565 des épidémies font mourir la moitié de la population européenne déjà très affaiblie. Le froid s'installe puisqu'au cours de l'hiver 763-764, le détroit des Dardanelles est pris en glace et qu'en 859-860 la lagune de Venise est gelée plusieurs semaines.


Le réchauffement médiéval débute après le règne de Charlemagne 

(Flohn, 1984, Crawley, 2000). Il s'étend du IXe au XIIe siècle. Plusieurs indicateurs permettent de caractériser cette période de « douceur ». Les isotopes de l'oxygène des glaces du Groenland témoignent d'un réchauffement entre 900 et 1100. Les routes maritimes Norvège-Islande-Groenland sont aisément navigables puisque les proscrits d'Éric le Rouge s'installent sur la côte ouest de ce « pays vert » en 981. Des cultures céréalières y sont attestées jusqu'en 1250. La vigne est cultivée alors en Écosse jusqu'à 425 m d'altitude. Cette culture se répand partout en Angleterre. Dans le Val d'Aoste on irrigue à partir de torrents captés à des altitudes recouvertes par les moraines ensuite. Les cols alpestres sont facilement franchis par hommes et bétail depuis le Valais vers le versant italien des Alpes où s'installent des populations germaniques. Le niveau de la mer est haut et Bruges est un grand port. L'optimum semble se situer entre 1150 et 1250. Les températures observées auraient été de 0,5°C à 1°C supérieures à celles de la première moitié du XXe siècle.

La détérioration débute au XIIIe siècle au nord de l'Europe et au XIVe au sud (Bradley, 1995). Elle débute par une forte variabilité interannuelle. Dès 1300, la saisonnalité est de plus en plus mal marquée en Angleterre. Les tempêtes deviennent fréquentes en Allemagne, au Danemark et aux Pays Bas. Les tempêtes de 1240, puis 1362 submergent les côtes basses, font disparaître des îles (Heligoland), détruisent des ports. Les étés sont frais et pluvieux (1313, 1314, 1317, 1321, 1349…) ce qui conduit à l'abandon de cultures céréalières en Scandinavie, à l'abandon de villages entiers, à des famines en Europe. Les hivers sont de plus en plus rudes puisque la mer du nord est prise en glace entre Norvège et Danemark, que la route Scandinavie-Groenland ne permet plus au dernier évêque nommé en 1492 d'atteindre son diocèse insulaire.

Le petit âge de glace s'étend du XVe siècle au XIXe siècle.

Il est marqué par un refroidissement net de l'ordre de 1,5°C en été en Suisse et par une pluviométrie soutenue. En montagne les glaciers avancent vers les vallées comme le glacier d'Argentière ou les glaciers blanc et noir. La limite supérieure de l'arbre en montagne réagit au refroidissement de la saison végétative. La banquise annuelle atteint les Féroé. Le Roy Ladurie note que 1816 est l'année des vendanges les plus tardives en France. C'est aussi l'année des tempêtes. Dans son ode sur la prise de Namur Boileau décrit les froids torrents de décembre qui ont noyé partout les champs, les récoltes si mauvaises que le Conseil royal pour éviter les émeutes fait construire dans la cour du Louvre à Paris des fours pour cuire un pain vendu 2 sous la livre. L'année suivante la mortalité en France frappe plus d'un sixième de la population. En 1709, Saint Simon note que l'hiver est si rude que les liqueurs cassent dans les bouteilles déposées dans les armoires près des cheminées à Versailles. Il fait –10°C à Paris en mars. En Europe, le froid semble avoir connu deux maxima, l'un au XVIIe siècle sous le règne du roi soleil et l'autre au début du XIXe siècle –remarquons qu'en Amérique du nord, le second est plus marqué que le premier.

Le net réchauffement du XXème siècle

Certains glaciers alpins reculent dès 1820 (Keigwin, 1996, Lachiver, 1991). Mais les étés restent très maussades en Europe du nord d'où les grandes famines d'Irlande de 1846 à 1851. A partir de 1880, le climat se réchauffe partout. La hausse des températures de l'ensemble de la planète depuis un siècle a été estimée à O,6°C. La décennie 1990-1999 est la plus chaude depuis le début de la période instrumentale et serait la plus chaude depuis l'optimum médiéval. L'estimation de la tendance au réchauffement est rendue difficile par les différences d'instrumentation, par l'urbanisation, par l'éventuelle prise en compte de la fin du petit âge de glace dans les séries les plus longues et par les variabilités à pas de temps pluridécennal comme l'Oscillation nord-atlantique (hivers froids des années cinquante et hivers doux des années quatre-vingt-dix).
Les méthodes statistiques utilisées par Météo France pour 70 stations montrent une croissance rapide depuis 1980. Le réchauffement est particulièrement net pour les températures minimales.

Tendance séculaire de la température en France
Tendance séculaire de la température (en °C) en France
D'après : Météo France

Il est supérieur à 1°C sur les littoraux de la Manche et de l'Atlantique alors que dans les régions allant des Vosges aux Alpes il n'est que de 0,6 à 0,8°C. Les températures maximales ont moins augmenté sauf au Pays basque et dans les Alpes du nord (1°C). En Picardie et dans le Nord, elles sont constantes. Cette opposition entre les régions continentales et maritimes ne peut s'expliquer que par un accroissement de nébulosité qui amplifie l'effet de serre naturel nocturne. Des travaux menés dans le bassin de Marenne Oléron sur la prolifération d'espèces de poissons tropicaux confirment que la hausse de température s'accompagne d'une baisse d'insolation de 12 % en 50 ans.

Au cours de l'interglaciaire holocène, la fourchette de variation des températures est resserrée : 2°C de plus ou 1°C de moins. Ce sont des « nuances » d'un même climat. Le réchauffement récent n'excède pas pour le moment cette variabilité naturelle (Leroux, 1996). Certains rythmes (pluriséculaires, trentenaires…) apparaissent nettement. Mais dans le détail les variabilités intra-annuelles du temps et inter-annuelles du climat aux latitudes moyennes sont telles qu'un « bruit de fond » brouille le signal des autres variabilités connues (Tabeaud, 1998, 2000). En général, le passage d'une période plus chaude à une période plus froide ou l'inverse s'effectue par une transition d'années fortement contrastées entre elles ou à aléas extrêmes. La période actuelle est incontestablement marquée par un réchauffement qui devrait se confirmer dans les cinquante années à venir. L'origine de la hausse de température est encore discutée. Mais que les causes du réchauffement contemporain soient, naturelles, anthropiques, ou les deux, ne modifie en rien l'adaptation déjà observée de la faune et de la flore de France au changement d'environnement.

Notes

  1. En géochronologie absolue, les dates sont données par référence au Présent (Before Present = B.P.) par convention fixé au 1er janvier 1950.

Références
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  • GODARD A. et TABEAUD M. 1993 Les climats: mécanismes et répartition. Collection Cursus, Armand Colin, 192 p. (réed. 1998, réed. 2002, 200 p. )
  • GODARD A. et TABEAUD M. 2004 Les climats: mécanismes, variabilité et répartition Collection Cursus, Armand Colin, 218 p. édition remaniée et augmentée.)
Auteur(s)

Martine TABEAUD, professeur de géographie à l'Université Paris Panthéon Sorbonne

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Citer cet article

Variations climatiques naturelles de la Terre ; 26/11/2014 - www.notre-planete.info

 

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14 août 2022

Volodymyr Zelensky : la face cachée du président ukrainien !

Dr. Volodymyr & Mr. Zelensky :

 

la face cachée du président ukrainien

 

Le député suisse et ancien rédacteur-en-chef de la Tribune de Genève, Guy Mettan, dresse le portrait du saltimbanque qui joue le rôle de président de l’Ukraine. Il montre comment cet amuseur public s’est transformé en allié des bandéristes et installe pour eux une dictature.

Volodymyr Zelensky

« Héros de la liberté », « Hero of Our Time », « Der Unbeugsame », « The Unlikely Ukrainian Hero Who Defied Putin and United the World », « Zelensky, l’Ukraine dans le sang » : les médias et les dirigeants occidentaux ne savent plus quels superlatifs utiliser pour chanter les louanges du président ukrainien, tant ils sont fascinés par la « stupéfiante résilience » du comédien miraculeusement transformé en « chef de guerre » et en « sauveur de la démocratie. »

Depuis trois mois, le chef d’État ukrainien fait la « une » des magazines, ouvre les téléjournaux, inaugure le Festival de Cannes, harangue les parlements, félicite et admoneste ses collègues à la tête d’États dix fois plus puissants que lui avec un bonheur et un sens tactique qu’aucun acteur de cinéma ni aucun dirigeant politique avant lui n’avait connus.

Comment ne pas tomber sous le charme de cet improbable Mr. Bean qui, après avoir conquis le public avec ses grimaces et ses extravagances (se promener nu dans un magasin et mimer un pianiste jouant avec son sexe par exemple), a su en une nuit troquer ses pitreries et ses jeux de mots graveleux contre un T-shirt gris-vert, une barbe d’une semaine et des mots pleins de gravité pour galvaniser ses troupes assaillies par le méchant ours russe ?

Depuis le 24 février, Volodymyr Zelensky a, sans conteste, administré la preuve qu’il était un artiste de la politique internationale aux talents exceptionnels. Ceux qui avaient suivi sa carrière de comique n’ont pas été surpris car ils connaissaient son sens inné de l’improvisation, ses facultés mimétiques, son audace de jeu. La façon dont il a mené campagne et terrassé en quelques semaines, entre le 31 décembre 2018 et le 21 avril 2019, des adversaires pourtant coriaces comme l’ancien président Porochenko, en mobilisant son équipe de production et ses généreux donateurs oligarques, avait déjà prouvé l’ampleur de ses talents. Mais il restait à transformer l’essai. Ce qui est désormais fait.

TALENT POUR LE DOUBLE JEU

Cependant, comme c’est souvent le cas, la façade ressemble rarement aux coulisses. La lumière des projecteurs cache plus qu’elle ne montre. Et là, force est de constater que le tableau est moins reluisant : tant ses réalisations de chef d’État que ses performances de défenseur de la démocratie laissent sérieusement à désirer.

Ce talent pour le double jeu, Zelensky va le montrer dès son élection. On rappelle qu’il a été élu avec le score canon de 73,2 % des voix en promettant de mettre fin à la corruption, de mener l’Ukraine sur le chemin du progrès et de la civilisation, et surtout de faire la paix avec les russophones du Donbass. Aussitôt élu, il va trahir toutes ses promesses avec un zèle si intempestif que sa cote de popularité tombera à 23 % en janvier 2022, au point de se faire distancer par ses deux principaux adversaires.

Dès mai 2019, pour satisfaire ses sponsors oligarques, le nouvel élu lance un programme massif de privatisation du sol portant sur 40 millions d’hectares de bonnes terres agricoles sous prétexte que le moratoire sur la vente des terres aurait fait perdre des milliards de dollars au PIB du pays. Dans la foulée des programmes de « décommunisation » et de « dérussification » entamés depuis le coup d’État pro-états-unien de février 2014, il lance une vaste opération de privatisation des biens d’État, d’austérité budgétaire, de dérégulation des lois sur le travail et de démantèlement des syndicats, ce qui fâche une majorité d’Ukrainiens qui n’avaient pas compris ce que leur candidat entendait par « progrès », « occidentalisation » et « normalisation » de l’économie ukrainienne. Dans un pays qui, en 2020, affichait un revenu par habitant de 3 726 dollars contre 10 126 dollars pour l’adversaire russe, alors qu’en 1991 le revenu moyen de l’Ukraine dépassait celui de la Russie, la comparaison n’est pas flatteuse. Et on comprend que les Ukrainiens n’aient pas applaudi cette énième réforme néolibérale.

Quant à la marche vers la civilisation, elle prendra la forme d’un autre décret qui, le 19 mai 2021, assure la domination de la langue ukrainienne et bannit le russe dans toutes les sphères de la vie publique, administrations, écoles et commerces, à la grande satisfaction des nationalistes et à la stupéfaction des russophones du sud-est du pays.

UN SPONSOR EN FUITE

En matière de corruption, le bilan n’est pas meilleur. En 2015, le Guardian estimait que l’Ukraine était le pays le plus corrompu d’Europe. En 2021, Transparency International, une ONG occidentale basée à Berlin, classait l’Ukraine au 122e rang mondial de la corruption, tout près de la Russie honnie (136e). Pas brillant pour un pays qui passe pour un parangon de vertu face aux barbares russes. La corruption est partout, dans les ministères, les administrations, les entreprises publiques, le parlement, la police, et même dans la Haute Cour de Justice Anti-Corruption selon le Kyiv Post ! Il n’est pas rare de voir des juges rouler en Porsche, observent les journaux.

Le principal sponsor de Zelensky, Ihor Kolomoïsky, résident à Genève où il possède des bureaux luxueux avec vue sur la rade, n’est pas le moindre de ces oligarques qui profitent de la corruption ambiante : le 5 mars 2021, Anthony Blinken, qui ne pouvait sans doute pas faire autrement, annonçait que le département d’État avait bloqué ses avoirs et l’avait banni des États-Unis en raison « d’une implication pour fait significatif de corruption ». Il est vrai qu’on accusait Kolomoïsky d’avoir détourné 5,5 milliards de dollars de la banque publique Privatbank. Simple coïncidence, le bon Ihor était aussi le principal actionnaire du holding pétrolier Burisma qui employait le fils de Joe Biden, Hunter, pour un modeste dédommagement de 50 000 dollars par mois, et qui fait aujourd’hui l’objet d’une enquête du procureur du Delaware. Sage précaution : Kolomoisky, devenu persona non grata en Israël et réfugié en Géorgie selon certains témoins, ne risque ainsi pas de venir témoigner à la barre.

C’est ce même Kolomoïsky, décidément incontournable dans cette Ukraine en route vers le progrès, qui a fait toute la carrière d’acteur de Zelensky et qu’on retrouve impliqué dans l’affaire des Pandora Papers révélée par la presse en octobre 2021. Ces papiers ont révélé que depuis 2012, la chaine de TV 1+1 appartenant au sulfureux oligarque avait versé pas moins de 40 millions de dollars à sa vedette Zelensky depuis 2012 et que ce dernier, peu avant d’être élu président et avec l’aide de sa garde rapprochée de Kryvyi Rih – les deux frères Shefir, dont l’un est l’auteur des scénarios de Zelenski et l’autre le chef du Service de sécurité d’État (SBU), et le producteur et propriétaire de leur société de production commune Kvartal 95 – avait prudemment transféré des sommes considérables sur des comptes offshore ouverts au nom de sa femme, tout en acquérant trois appartements non déclarés à Londres pour la somme de 7,5 millions de dollars.

Ce goût du « serviteur du peuple » (c’est le nom de sa série télévisée et de son parti politique) pour le confort non-prolétarien est confirmé par une photo brièvement apparue sur les réseaux sociaux et aussitôt effacée par les fact-checkers anti-complotistes, qui le montrait prenant ses aises dans un palace tropical à quelques dizaines de milliers de dollars la nuit alors qu’il était censé passer ses vacances d’hiver dans une modeste station de ski des Carpates.

Cet art de l’optimisation fiscale et cette fréquentation assidue d’oligarques pour le moins controversés ne plaident donc pas en faveur d’un engagement présidentiel inconditionnel contre la corruption. Pas plus que le fait d’avoir essayé de dégommer le président de la Cour constitutionnelle Oleksandr Tupytskyi, qui le gênait, et nommé Premier ministre, après le départ de son prédécesseur Oleksyi Hontcharouk pour cause de scandale, un inconnu du nom de Denys Chmynal mais qui avait le mérite de diriger l’une des usines de l’homme le plus riche du pays, Rinat Akhmetov, propriétaire de la fameuse usine Azovstal, ultime refuge des héroïques combattants de la liberté du bataillon Azov. Combattants qui arborent sur leur bras, dans leur cou, dans leur dos ou sur leur poitrine des tatouages glorifiant le Wolfsangel de la division SS Das Reich, des phrases d’Adolf Hitler ou des croix gammées, comme on a pu le voir sur les innombrables vidéos diffusées par les Russes après leur reddition.

présidnt néo-nazi de l'ukraine

OTAGE DES BATAILLONS AZOV

Car le rapprochement du flamboyant Volodymyr avec les représentants les plus extrêmes de la droite nationaliste ukrainienne n’est pas la moindre des étrangetés du Dr. Zelensky. Cette complicité a aussitôt été niée avec la plus grande virulence par la presse occidentale, qui l’a jugée scandaleuse en raison des origines juives du président, subitement redécouvertes. Comment un président juif pourrait-il sympathiser avec des néo-nazis, par ailleurs présentés comme une infime minorité de marginaux ? Il ne faudrait tout de même pas donner du crédit à l’opération de « dénazification » menée par Vladimir Poutine…

Et pourtant les faits sont têtus et loin d’être anodins.

Il est certain qu’à titre personnel Zelensky n’a jamais été proche de l’idéologie néo-nazie ni même de l’extrême-droite nationaliste ukrainienne. Son ascendance juive, même si elle est relativement lointaine et n’a jamais été revendiquée avant février 2022, exclut bien évidemment tout antisémitisme de sa part. Ce rapprochement ne trahit donc pas une affinité mais relève de la banale raison d’État et d’un mélange bien compris de pragmatisme et d’instinct de survie physique et politique.

Il faut remonter à octobre 2019 pour comprendre la nature des relations entre Zelensky et l’extrême-droite. Et il faut comprendre que ces formations d’extrême-droite, même si elles ne pèsent que 2 % de l’électorat, représentent tout de même près d’un million de personnes très motivées et bien organisées et qui se répartissent dans de nombreux groupements et mouvements, dont le régiment Azov (cofondé et financé dès 2014 par Kolomoïsky, toujours lui !) n’est que le plus connu. Il faut lui ajouter les organisations Aïdar, Dnipro, Safari, Svoboda, Pravy Sektor, C14 et Corps national pour être complet.

C14, baptisé ainsi en raison du nombre de mots de la phrase du néonazi américain David Lane (« We must secure the existence of our people and a future for white children »), est l’un des moins connus à l’étranger mais les plus redoutés pour sa violence raciste en Ukraine. Tous ces groupements ont été plus ou moins fondus dans l’armée et la garde nationale ukrainiennes à l’initiative de leur animateur, l’ancien ministre de l’Intérieur Arsen Avakov, qui a régné sans partage sur l’appareil de sécurité ukrainien de 2014 à 2021. Ce sont eux que Zelensky appelle des « vétérans depuis l’automne 2019.

Quelques mois après son élection, le jeune président se rend en effet dans le Donbass pour tenter de réaliser sa promesse électorale et faire appliquer les accords de Minsk signés par son prédécesseur. Les forces d’extrême-droite, qui pilonnent les villes des Donetsk et Lougansk depuis 2014 au prix de dix mille morts, l’accueillent avec la plus grande circonspection car ils se méfient de ce président « pacifiste ». Ils mènent une campagne sans pitié contre la paix sous le slogan « Pas de capitulation ». Sur une vidéo, on voit un Zelensky blême les implorer : « Je suis le président de ce pays. J’ai 41 ans. Je ne suis pas un loser. Je viens vers vous et vous dis : retirez les armes. » La vidéo est lâchée sur les réseaux sociaux et Zelensky devient aussitôt la cible d’une campagne haineuse. C’en sera fait de ses velléités de paix et d’application des accords de Minsk.

Peu après cet incident, un retrait mineur des forces extrémistes a lieu, puis les bombardements reprennent de plus belle.

CROISADE NATIONALISTE

Le problème est que non seulement Zelensky a cédé à leur chantage mais qu’il les rejoint dans leur croisade nationaliste. Après son expédition ratée, en novembre 2019, il reçoit plusieurs leaders de l’extrême-droite, dont Yehven Taras, le chef du C14, tandis que son Premier ministre s’affiche aux côtés d’Andryi Medvedko, une figure néo-nazie soupçonnée de meurtre. Il soutient aussi le footballeur Zolzulya contre les fans espagnols qui l’accusent d’être un nazi à cause de son soutien proclamé à Stepan Bandera, le leader nationaliste qui a collaboré avec l’Allemagne nazie pendant la guerre (et avec la CIA après la guerre) et participé à l’Holocauste des Juifs.

La collaboration avec les radicaux nationalistes est bien installée. En novembre de l’an dernier, Zelensky nomme l’ultra-nationaliste de Pravy Sektor Dmytro Yarosh conseiller spécial du commandant en chef de l’armée ukrainienne et, depuis février 2022, chef de l’Armée des volontaires qui fait régner la terreur à l’arrière. Au même moment, il nomme Oleksander Poklad, surnommé « l’étrangleur » en raison de son goût pour la torture, chef du contre-espionnage du SBU. En décembre, deux mois avant la guerre, c’est au tour d’un autre chef de Pravy Sektor, le commandant Dmytro Kotsuybaylo, d’être récompensé par le titre de « Héros de l’Ukraine » tandis que, une semaine après le début des hostilités, Zelensky fait remplacer le gouverneur régional d’Odessa par Maksym Marchenko, commandant du bataillon ultranationaliste Aïdar, celui-là même auprès duquel Bernard-Henri Lévy se fera une gloire de défiler.

 

tank russe détruit par bhl

Désir d’amadouer l’extrême-droite en lui confiant des postes ? Ultra-patriotisme partagé ? Ou simple convergence d’intérêt entre une droite néolibérale atlantiste et pro-occidentale et une extrême droite nationaliste qui rêve de casser du Russe et de « mener les races blanches du monde dans une croisade finale contre les Untermenschen guidés par les Sémites », selon les mots de l’ancien député Andryi Biletsky, chef du Corps national ? On ne sait trop, aucun journaliste ne s’étant hasardé à poser la question à Zelensky.

Ce qui ne fait aucun doute en revanche, c’est la dérive de plus en plus autoritaire, voire criminelle, du régime ukrainien. À tel point que ses zélotes devraient y réfléchir à deux fois avant de proposer leur idole au prix Nobel de la Paix. Car, pendant que les médias regardent ailleurs, c’est une vraie campagne d’intimidation, de kidnappings et d’exécutions que subissent les élus locaux et nationaux soupçonnés d’être des agents russes ou de connivence avec l’ennemi parce qu’ils veulent éviter une escalade du conflit.

« Un traitre de moins en Ukraine ! On l’a retrouvé tué et il a été jugé par le tribunal du peuple ! » C’est ainsi que le conseiller du ministre de l’Intérieur, Anton Gerashenko, a annoncé sur son compte Telegram le meurtre de Volodymyr Strok, maire et ancien député de la petite ville de Kremnina. Soupçonné d’avoir collaboré avec les Russes, il a été enlevé puis torturé avant d’être exécuté. Le 7 mars, c’est au tour du maire de Gostomel d’être tué parce qu’il avait voulu négocier un corridor humanitaire avec les militaires russes. Le 24 mars, c’est le maire de Kupyansk qui demande à Zelensky de relâcher sa fille enlevée par les séides du SBU. Au même moment, un des négociateurs ukrainiens est retrouvé mort après avoir été accusé de trahison par les médias nationalistes. Pas moins de onze maires sont portés disparus à ce jour, y compris dans des régions jamais occupées par les Russes…

PARTIS D’OPPOSITION INTERDITS

Mais la répression ne s’arrête pas là. Elle frappe les médias critiques, qui ont tous été fermés, et les partis d’opposition, qui ont tous été dissous.

En février 2021, Zelensky fait fermer trois chaînes d’opposition jugées pro-russes et censées appartenir à l’oligarque Viktor Medvedchuk, NewsOne, Zik et 112 Ukraine. Le département d’État salue cet attentat contre la liberté de la presse en déclarant que les États-Unis soutiennent les efforts ukrainiens pour contrer l’influence maligne de la Russie… En janvier 2022, un mois avant la guerre, c’est au tour de la chaine Nash d’être fermée. Après le début de la guerre, le régime fait la chasse aux journalistes, blogueurs et commentateurs de gauche. Début avril, deux chaînes de droite sont également touchées. Channel 5 et Pryamiy. Un décret présidentiel oblige toutes les chaines à diffuser un seul et unique son de cloche, pro-gouvernemental bien sûr. Récemment la chasse aux sorcières s’est même étendue au blogueur critique le plus populaire du pays, le Navalny ukrainien, Anatoliy Shariy, qui été arrêté le 4 mai dernier par les autorités espagnoles à la demande de la police politique ukrainienne. Des attaques contre la presse au moins équivalentes à celles de l’autocrate Poutine, mais dont on n’a jamais entendu parler dans les médias occidentaux…

La purge a été encore plus sévère pour les partis politiques. Elle a décimé les principaux opposants de Zelensky. Au printemps 2021, le domicile du principal d’entre eux, Medvedchuk, réputé proche de Poutine, est saccagé et son propriétaire placé en résidence surveillée. Le 12 avril dernier, le député oligarque a été interné de force dans un lieu tenu secret, visiblement drogué, privé de visites avant d’être exhibé à la TV et proposé en échange de la libération des défenseurs d’Azovstal, au mépris de toutes les conventions de Genève. Ses avocats, menacés, ont dû renoncer à le défendre au profit d’un proche des services.

En décembre dernier, c’est Petro Porochenko, qui remontait dans les sondages, qui a été accusé de trahison. Le 20 décembre 2021 à 15 h 07, on pouvait lire sur le site officiel du SBU qu’il était suspect d’avoir commis des crimes de trahison et de soutien à des activités terroristes. L’ancien président, qui était pourtant un antirusse forcené, se voyait reprocher « d’avoir rendu l’Ukraine énergétiquement dépendante de la Russie et des leaders des pseudo-Républiques sous contrôle russe. »

Le 3 mars dernier, ce sont les activistes de la Gauche Lizvizia qui subissent un raid du SBU et sont emprisonnés par douzaines. Puis le 19 mars, la répression frappe l’ensemble de la gauche ukrainienne. Par décret, onze partis de gauche sont interdits, soit le Parti pour la vie, l’Opposition de gauche, le Parti socialiste progressiste d’Ukraine, le Parti socialiste d’Ukraine, l’Union des forces de gauche, les Socialistes, le Parti Sharyi, Les Nôtres, le Bloc d’opposition, le Bloc Volodymyr Saldo.

D’autres activistes, blogueurs et défenseurs des droits de l’Homme sont arrêtés et torturés, le journaliste Yan Taksyur, l’activiste Elena Brezhnaya, le boxeur de MMA Maxim Ryndovskiy ou encore l’avocate Elena Viacheslavova, dont le père était mort carbonisé dans le pogrom du 2 mai 2014 à la Maison des syndicats d’Odessa.

Pour compléter cette liste, on mentionnera encore ces hommes et ces femmes déshabillés et fouettés en public par les nationalistes dans les rues de Kiev, ces prisonniers russes battus et dont on tirait dans les jambes avant de les exécuter, ce soldat à qui on avait percé un œil avant de le tuer, ces membres de la Légion géorgienne qui ont exécuté des prisonniers russes dans un village près de Kiev tandis que leur chef se vantait de ne jamais faire de prisonnier. Sur la chaine Ukraine 24, c’est le chef du service médical de l’armée qui indique avoir donné l’ordre « de castrer tous les hommes russes parce qu’ils sont des sous-hommes pires que des cafards. » Enfin, l’Ukraine recourt massivement à la technologie de reconnaissance faciale de la société Clearview afin d’identifier les morts russes et de diffuser leurs photos sur les réseaux sociaux russes en les tournant en ridicule…

UN ACTEUR À OSCARISER

On pourrait multiplier les exemples, tant sont nombreuses les citations et les vidéos d’atrocités commises par les troupes du défenseur de la démocratie et des droits humains qui préside aux destinées de l’Ukraine. Mais ce serait fastidieux et contre-productif auprès d’une opinion publique convaincue que ces comportements barbares sont uniquement dus aux Russes.

C’est pourquoi aucune ONG ne s’en alarme, le Conseil de l’Europe reste coi, le Tribunal pénal international n’enquête pas, les organisations de défense de la liberté de la presse restent muettes. Ils n’ont pas bien écouté ce que le gentil Volodymyr leur avait déclaré lors d’une visite à Butcha début avril : « Si nous ne trouvons pas une porte de sortie civilisée, vous connaissez nos gens, ils trouveront une issue non-civilisée. »

Le problème de l’Ukraine est que son président, bon gré ou mal gré, a cédé son pouvoir aux extrémistes sur le plan intérieur et aux militaires de l’Otan sur le plan extérieur pour s’adonner au plaisir d’être adulé par les foules du monde entier. N’est-ce pas lui qui déclarait à un journaliste français, le 5 mars dernier, dix jours après l’invasion russe : «  Aujourd’hui, ma vie est belle. Je crois que je suis désiré. Je sens que c’est le sens le plus important de ma vie : être désiré. Sentir que vous n’êtes pas banalement en train de respirer, marcher et manger quelque chose. Vous vivez ! ».

On vous l’a dit : Zelenski est un grand acteur. Comme son prédécesseur qui avait incarné le Dr. Jekill & Mr. Hide en 1932, il mérite de gagner l’Oscar du meilleur rôle masculin de la décennie. Mais quand il devra s’atteler à la tâche de reconstruire son pays dévasté par une guerre qu’il aurait pu éviter en 2019, le retour à la réalité risque d’être difficile.

Sources
« The Comedian-Turned-President is Seriously in Over His Head », Olga Rudenko, New York Times, February 21, 2022 (Opinion Guest from Kyyiv Post).
« How Zelensky made Peace With Neo-Nazis », and « Zelensky’s Hardline Internal Purge », Alex Rubinstein and Max Blumenthal, Consortium News, March 4 and April 20, 2022.
« Olga Baysha Interview about Ukraine’s President », Natylie Baldwin, The Grayzone, April 28, 2022.
« President of Ukraine Zelensky has visited disengaging area in Zolote today », @Liveupmap, 26 October 2019 (Watch on Twitter).
« Qu’est-ce que le régiment Azov ? », Adrien Nonjon, The Conversation, 24 mai 2022.
« Public Designation of Oligarch and Former Ukrainian Public Official Ihor Kolomoyskyy Due to Involvement in Significant Corruption », Press statement, Anthony J. Blinken, US Department of State, March 5, 2021.
« Petro Poroshenko notified of suspicion of treason and aiding terrorism », Security Service of Ukraine, 20 December 2021.
« Un maire ukrainien prorusse enlevé et abattu », Michel Pralong, Le Matin, 3 mars 2022,

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13 août 2022

Vladimir Poutine et la multipolarité

Vladimir Poutine et la multipolarité

POUTINE LE MAGICIEN

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par Shahzada Rahim.

Depuis son accession à la présidence russe, Vladimir Poutine a attiré l’attention des grands médias mondiaux pour deux raisons majeures. Premièrement, dans sa jeunesse, il a servi dans les services de renseignement soviétiques (KGB) et pendant la désintégration de l’Union soviétique, il était colonel au siège du KGB à Dresde, en Allemagne de l’Est. Cela signifie que le jeune dirigeant russe a des souvenirs éléphantesques de l’époque soviétique. Deuxièmement, après la chute de l’Union soviétique, le jeune Vladimir Poutine, qui est diplômé en droit et ancien officier du KGB, s’est retrouvé sans emploi pendant une brève période jusqu’à ce que le maire de Saint-Pétersbourg, Anatoly Sobchak, le nomme au bureau, où il a d’abord servi en tant qu’officier junior avant de devenir maire adjoint. Ces deux expériences sont devenues la raison principale qui a attiré l’attention des grands médias mondiaux sur la personnalité obscure, mystérieuse et incompréhensible du jeune leader russe.

Au lendemain de l’attaque terroriste de septembre 2001, Vladimir Poutine est devenu le premier dirigeant mondial à se rendre aux États-Unis et a rencontré le président américain de l’époque, George W. Bush. Après une brève rencontre avec le jeune dirigeant russe, le président Bush a déclaré publiquement : « J’ai regardé l’homme dans les yeux. Je l’ai trouvé très franc et digne de confiance ». Peut-être que la tentative du président Bush de sonder l’âme de Vladimir Poutine n’était pas une gaffe géopolitique, car dans ses décisions et sa défense des intérêts de la Russie, Vladimir Poutine s’est toujours montré franc et digne de confiance.

Néanmoins, ce n’est pas seulement dans la sphère politique que Vladimir Poutine a été mal compris et mal interprété, mais aussi dans la sphère géopolitique. Selon les mots du célèbre animateur de télévision russe et icône des médias mondiaux Vladimir Pozner, « Au cours des vingt dernières années, les dirigeants occidentaux ont mal compris Vladimir Poutine et, par conséquent, au cours de la même période, la façon dont Vladimir Poutine s’est présenté était le reflet même de la mentalité politique occidentale. »

Si nous analysons la personnalité du dirigeant russe d’un point de vue géopolitique, il apparaît sans aucun doute comme un réaliste pragmatique complet qui considère toujours la « sécurité » de la Russie comme sa priorité absolue. Au cours des premières années de sa présidence, Vladimir Poutine a établi des relations étroites tant avec les États-Unis qu’avec ses voisins européens. Pour obtenir les garanties de sécurité des États-Unis et de ses alliés européens, la Russie a collaboré avec l’OTAN pour créer le Conseil OTAN-Russie en 2002. La tâche principale du Conseil OTAN-Russie était la recherche d’un consensus, la coopération et la consultation mutuelle sur les questions de sécurité. Il ne faut peut-être pas oublier ce geste pragmatique de Vladimir Poutine.

En outre, depuis les premiers jours de son mandat, Vladimir Poutine n’a cessé de partager les lignes rouges de la sécurité de la Russie avec les États-Unis et ses alliés de l’OTAN en Europe. Les experts en politique étrangère ont qualifié le pragmatisme de la politique étrangère de Poutine, celle d’une approche de la Russie face à son étranger proche,  d’efficace jusqu’en 2004. Les préoccupations de la Russie en matière de sécurité ont commencé à s’aggraver lorsqu’un grand nombre d’États post-soviétiques d’Europe baltique et orientale ont rejoint l’Union européenne. Néanmoins, dès le début, la Russie a perçu l’expansion vers l’est de l’UE sous l’angle du dilemme de la sécurité et, par conséquent, lors de plusieurs rencontres internationales, Vladimir Poutine a remis en question la politique d’expansion vers l’est de l’UE. Ici, la montée en flèche des préoccupations sécuritaires de Poutine peut être mise en parallèle avec l’analyse du célèbre auteur géopolitique Tim Marshall. Selon Marshall, tout au long de l’histoire, la Russie a été prisonnière de sa géographie plate, vaste et trop étendue, où la « sécurité » est toujours restée l’obsession de ses dirigeants.

De même, la politique d’expansion vers l’est de l’UE, qui a débuté en 2004, est devenue le principal sujet de débat et de discussion parmi les élites politiques et sécuritaires russes. Les élites russes de la sécurité, en particulier, pensaient que l’expansion vers l’est de l’UE visait à ouvrir la voie à l’OTAN pour atteindre les frontières russes. Ainsi, de cette discussion est né un nouveau phénomène de sécurité, celui de « l’encerclement de la Russie », qui a fini par dominer la politique étrangère russe pour les années à venir. La plupart des élites politiques et de sécurité russes ont directement blâmé les États-Unis pour l’américanisation des politiques étrangères et de défense européennes. À cet égard, si quelqu’un veut comprendre le contexte du conflit actuel entre la Russie et l’Ukraine, il doit étudier la transformation de la politique étrangère russe après 2004. En outre, l’année 2004 est importante pour deux raisons majeures.

Premièrement, 2004 a marqué le début de l’expansion de l’UE vers l’est et donc des avancées de l’OTAN vers les frontières russes. Deuxièmement, au cours de ces mêmes années, les révolutions de couleur ont commencé dans l’espace post-soviétique, en commençant par l’Ukraine, dont la Russie pense qu’elles étaient parrainées par l’OTAN pour renverser les régimes favorables à la Russie. Ainsi, dans le sillage des révolutions de couleur, le terme « Sécurité de la sphère d’influence de la Russie » est devenu l’obsession majeure des élites politiques et sécuritaires russes.

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Dans ce dernier contexte, si nous révisons la pensée géopolitique du président russe, alors, selon Poutine, la chute de l’Union soviétique a été la plus grande catastrophe géopolitique du vingtième siècle qui a mis en péril la sécurité géopolitique de la Russie. C’est peut-être la raison pour laquelle, dès les premiers jours de son mandat, Vladimir Poutine a spéculé sur les problèmes de sécurité de la Fédération de Russie. Même, concernant les lignes rouges de la Russie, il a lancé un avertissement clair aux États-Unis et à ses alliés européens de l’OTAN lors de son discours à la Conférence sur la sécurité de Munich en 2007. Vladimir Poutine a déclaré : « le fait que nous soyons prêts à ne pas placer l’armée de l’OTAN en dehors du territoire allemand donne à l’Union soviétique une solide garantie de sécurité » – où sont ces garanties ? Ainsi, du point de vue géopolitique de Poutine, les Américains et leurs alliés européens ont éclipsé et méprisé les garanties de sécurité données à la Russie et ont permis à l’OTAN d’encercler la Russie, ce qu’il considère comme une promesse non tenue.

 

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En tant que réaliste pragmatique, Vladimir Poutine estime que puisque l’Amérique et ses alliés européens ont rompu la promesse, la Russie a le droit naturel d’assurer sa sécurité dans l’espace post-soviétique. Par conséquent, les événements tels que la guerre avec la Géorgie (2008) et l’annexion de la Crimée (2014) n’étaient qu’un calme avant la tempête. À mon avis, ces événements ont été le signal d’alarme pour que l’OTAN abandonne son expansionnisme le long des frontières russes. Malheureusement, à l’Ouest, ces deux événements majeurs n’ont pas été reçus comme des avertissements majeurs ; au contraire, l’Ouest les a considérés comme une agression russe et un néo-impérialisme, ce qui est complètement hors de toute logique.

Selon Poutine, l’Occident doit respecter la Russie en tant que pôle distinct dans l’ordre international, aux côtés d’autres puissances mondiales émergentes comme la Chine et l’Inde. Selon Poutine, le moment unipolaire est terminé et l’état de droit international ne peut être renforcé et mis en œuvre que si l’Occident respecte la « sphère d’influence » de chaque pôle. En outre, la multipolarité émergente est réelle et l’Occident doit comprendre ce fait, s’il est un tant soit peu sérieux en matière de paix et de sécurité internationales.

source : Katehon

via Euro-Synergies

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12 août 2022

GUERRE UKRAINE-RUSSIE ... Le jeu très dangereux des Ukrainiens (et des Américains) avec la centrale nucléaire de Zaporojie

Guerre d’Ukraine – Jours 163-167 –

 

Le jeu très dangereux des Ukrainiens

 

(et des Américains) avec la centrale

 

nucléaire de Zaporojie –

 

par Edouard Husson

 

"Placées aux deux extrémités de l’Europe, la France et la Russie ne se touchent point par leurs frontières, elles n’ont point de champ de bataille où elles puissent se rencontrer ; elles n’ont aucune rivalité de commerce, et les ennemis naturels de la Russie sont aussi les ennemis naturels de la France". (François-René de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe). On ignore souvent que Chateaubriand fut la principale source d'inspiration du Général de Gaulle en matière diplomatique. Au coeur de la vision d'une politique étrangère forgée par la monarchie et qui pût être utilisée, sans modification, par la République, il y avait la nécessité de s'entendre avec la Russie, telle que l'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe, qui fut aussi Ministre des Affaires Etrangères sous la Restauration, l'expose. Faute d'avoir adhéré à ces "piliers de la sagesse diplomatique" française, notre actuelle diplomatie est en train d'être engloutie dans le désastre d'une guerre occidentale qui n'est pas la nôtre, au risque de voir notre pays écarté pour longtemps des affaires du monde - alors que notre géographie nous met en position idéale, sur tous les océans de la planète. Il faudra sans aucun doute du temps pour réparer les énormes erreurs de l'actuelle (absence de) stratégie française. Ce n'est pas une raison pour ne pas comprendre le monde tel qu'il change: non seulement l'évolution de la bataille d'Ukraine mais le retour à l'équilibre des puissances avec, au coeur du nouveau dispositif, la Russie et l'Eurasie.

La Bataille d’Ukraine 

Zelenski en Néron? 

NERON BRULANT ROME

Confronté à des pertes phénoménales (les rumeurs les plus folles courent mais le point de repère le plus solide est celui de ce soldat ukrainien fait prisonnier par les Russes qui déclare dans une interview: “La moitié de ceux avec qui j’ai combattu sont morts ou blessés”) ) et à la lassitude croissante de l’opinion occidentale, le régime de Zelenski (lui-même de plus en plus mis en cause dans les médias occidentaux) peut-il provoquer une catastrophe de grande ampleur – dans l’esprit des ordres néroniens de 1945 en Allemagne? 

En tout cas, selon Southfront.org: 

“Le 7 août, le régime de Zelenski a commis un nouvel acte de terrorisme nucléaire contre les installations de l’infrastructure énergétique de la centrale nucléaire de Zaporojie afin de créer une catastrophe humanitaire dans les régions de Kherson et de Zaporojie, a affirmé le ministère russe de la défense.

L’attaque a été menée vers minuit. L’armée ukrainienne a utilisé le MLRS Hurricane. Des fragments et un moteur de fusée sont tombés à 400 mètres de l’unité de puissance opérationnelle de la station. Les éléments de frappe ont endommagé des bâtiments administratifs et le territoire adjacent du stockage. Une surtension à la centrale a provoqué de la fumée sur le tableau de distribution ouvert de la station. Le système de sécurité a coupé l’alimentation électrique. Suite aux bombardements ukrainiens, la ligne à haute tension de Kakhovskaïa, qui fournissait de l’électricité aux régions de Zaporojiye et de Kherson, a été endommagée.

Les unités ukrainiennes de la 44e brigade d’artillerie ont tiré sur la centrale nucléaire de Zaporozhye depuis la région de Marganets, sur la rive opposée du réservoir Kakhovski.

L’administration militaro-civile d’Energodar a noté que les frappes d’artillerie des forces armées ukrainiennes se rapprochent chaque jour des unités de production d’énergie sur le territoire de la centrale nucléaire de Zaporozjie.

Le stockage du combustible nucléaire se trouve dans la zone touchée. À l’heure actuelle, environ 156 conteneurs contenant un total de 3 744 éléments combustibles sont stockés à l’air libre à la centrale nucléaire de Zaporozhye, sur le site de stockage des éléments combustibles usés.

Ces attaques constituent une menace pour des centaines de milliers de civils sur le territoire de l’Ukraine, ainsi que dans des pays d’Europe et d’Asie.

Afin d’éviter de perturber le fonctionnement de la centrale nucléaire, la capacité des 5e et 6e unités de puissance a été réduite à 500 MW.

Plus tôt, vendredi 5 août, l’Armée ukrainienne a tiré à trois reprises sur la zone de la centrale nucléaire de Zaporozhye. Un incendie s’est déclaré, deux lignes électriques nécessaires au fonctionnement des unités de production ont été coupées.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a qualifié d'”acte suicidaire” le bombardement de la centrale nucléaire de Zaporojie par l’Ukraine.

“Nous espérons que cela va cesser”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Tokyo.

La centrale nucléaire de Zaporojiee, la plus grande d’Europe, est située dans la zone de steppe, sur les rives du réservoir Kakhovsky, près d’Energodar dans la région de Zaporojie, dans la partie qui est contrôlée par les forces alliées de la Russie et de la République Populaire de Donetsk. La centrale compte six unités de puissance d’une capacité totale de 6 000 MW. La centrale produit annuellement environ 40 milliards de kWh d’électricité, soit environ 20 % de la production en Ukraine. Au total, quatre centrales nucléaires sont actuellement en service en Ukraine.

Selon le chef de l’administration de la région de Zaporojie, les dirigeants de l’AIEA sont conscients des risques causés par le bombardement de la centrale nucléaire de Zaporozhye par les troupes ukrainiennes, mais ne prennent pas de mesures réelles pour les prévenir. Les autorités locales se sont adressées à l’AIEA et aux Nations unies, mais n’ont reçu aucune réponse et aucune action n’a été entreprise par les organisations internationales pour sécuriser l’installation“.

Lucas Leizoz revient sur les tentatives ukrainiennes de provoquer une catastrophe par un accident nucléaire civil grave: 

Les autorités locales de Zaporojie ont été témoins de l’incident et ont souligné que les troupes ukrainiennes étaient responsables. Les missiles seraient partis d’une région occupée par l’armée ukrainienne, compte tenu de la direction du bombardement et des endroits touchés. Les porte-parole de l’administration locale ont précisé que les forces russes n’étaient pas impliquées dans l’opération, les attaques ayant été menées par l’armée ukrainienne.

“La nuit dernière, les forces armées ukrainiennes ont effectué une frappe à l’aide d’un lance-roquettes Uragan de 220 millimètres (…) La zone de l’installation de stockage à sec du combustible nucléaire traité et le poste de contrôle automatisé de la situation radiologique semblaient se trouver dans la zone de frappe. Les bâtiments administratifs et le territoire adjacent à l’installation de stockage ont été endommagés par les armes à sous-munitions. Il est important de noter que les éclats d’ogives tombés et le moteur de la fusée lui-même ne sont pas tombés à plus de 400 mètres de l’unité de puissance active”, a déclaré récemment un porte-parole de l’administration locale.

Les médias occidentaux, comme prévu, ont dépeint l’affaire comme une sorte de “crime russe”, ignorant les témoins qui ont réellement vu ce qui s’est passé à Zaporojie. L’ambassade de Russie aux États-Unis a fait une déclaration dans laquelle elle condamne vivement la manière dont les médias occidentaux ont abordé le sujet, considérant l’attitude des journalistes américains comme russophobe. La diplomatie russe a également demandé que les organisations internationales qui réglementent l’énergie nucléaire prennent position sur l’affaire et condamnent l’attitude ukrainienne.

“Nous demandons aux Nations unies et à l’Agence internationale de l’énergie atomique [AIEA] de condamner les actes criminels de Kiev et de prendre des mesures urgentes pour prévenir les provocations dans les installations dangereuses pour les radiations en Ukraine. Quant aux journalistes américains, qu’ils cessent de colporter des fabrications russophobes”, a déclaré un porte-parole de l’ambassade.

Il est curieux de constater à quel point la rhétorique occidentale est sans fondement. Jusqu’à présent, aucun journaliste n’a été en mesure d’argumenter les prétendues raisons pour lesquelles Moscou aurait attaqué Zaporojie. La région est occupée par les forces russes depuis mars, avec une vaste protection de la population locale garantie par les soldats impliqués dans l’opération. C’est un territoire pratiquement pacifié qui continue simplement à subir les conséquences du conflit parce que les troupes ukrainiennes continuent à bombarder la région. Tout intérêt à attaquer cet endroit viendrait logiquement de forces extérieures à celui-ci et non de celles qui l’occupent déjà. Mais malgré cela, les médias occidentaux insistent sur le fait que les Russes seraient responsables de l’attaque.

En outre, il faut noter que ce ne serait pas la première fois que Kiev attaque des régions où se trouvent des centrales nucléaires. Depuis le début de l’intervention russe, la priorité des forces de Moscou a été d’occuper ces zones afin d’éviter les dommages collatéraux des bombardements. Et Kiev a réagi en menant des attaques irresponsables, en lançant des roquettes près des réacteurs et en suscitant des inquiétudes quant à d’éventuels accidents. En mars, les services de renseignement russes ont même affirmé dans un rapport que les forces ukrainiennes tentaient délibérément de provoquer une catastrophe nucléaire afin d’accuser les Russes et de monter l’opinion publique internationale contre Moscou.

Ce qui semble se produire n’est qu’un nouvel épisode de la conduite irresponsable et anti-humanitaire des forces de Kiev. Face à une défaite militaire évidente, le gouvernement ukrainien devrait simplement accepter les conditions de paix plutôt que d’essayer d’aggraver la catastrophe“.

Propos excessifs? Nous avions mentionné dans notre dernier bulletin les propos alambiqués du directeur de l’AIEA, qui ne voulait pas désigner l’Ukraine comme responsable. Il semble, d’après la partie russe, que les Etats-Unis aient fait pression sur l’Agence pour qu’elle n’envoie pas de délégation sur place à Zaporojie. On a compris par ailleurs que les tirs ukrainiens sont validés par les Américains. On peut donc imaginer que ces derniers pensent garder sous contrôle ce “jeu avec le feu”. Mais, par définition, on  ne joue pas avec le feu. 

La fameuse offensive ukrainienne d’un million de soldats ? 

+ Nonobstant l’attitude ukrainienne, les autorités de la région de Zaporojie ont prévu qu’un référendum se tiendrait pour déterminer l’avenir de la région – son éventuel rattachement à la Russie. 

Les autorités de la région de Kherson ont annoncé la création d’un pont flottant, en attendant la réparation du pont Antonovsky qui a été touché par plusieurs tirs de HIMARS ces trois dernières semaines. 

+ On commence à être habitué mais c’est bien qu’un officiel ukrainien le confirme: Les déclarations concernant la contre-offensive des troupes ukrainiennes sur Kherson faisaient partie d’une opération d’information et de psychologie, a expliqué Mikhail Podolyak, conseiller du chef du bureau de Vladimir Zelenski.

6-8 août 2022

Selon @rybar : 

“Dans la région de Koursk, un groupe de sabotage et de reconnaissance ukrainien a tiré plusieurs mortiers sur l’aérodrome de Khalino et a fait exploser une tour de transmission électrique. Les saboteurs ont été repérés et désarmés.

Au nord de la région de Kharkov, des combats de position ont lieu près de Dementiïevka. Les forces armées russes montrent une activité offensive près de Ruski Tichki et Tcherkaski Tichki.

Les troupes russes ont lancé des frappes de missiles contre des concentrations d’effectifs et d’équipements de l’armée ukrainienne à Kharkov et Tchougouïev.

Près de Sieversk, les combats de position se poursuivent:  Serebrïanka, Ivano-Darivka et Verhnokamïanskie.

Sur la périphérie sud-est de Soledar, le 6e régiment de cosaques de la République Populaire de Lougansk a libéré une partie du territoire de l’usine KNAUF Gips. Toutes les contre-attaques de l’armée ukrainienne ont été repoussées.

Les unités Wagner combattent à la périphérie est de Bakhmout (Artiemovsk).

Sud de Soledar, des unités des forces alliées progressent sur Kodema.

En réponse au succès des forces alliées en direction de Donetsk, l’armée de Kiev bombarde Donetsk et sa banlieue avec de l’artillerie et des MLRS.

À Piski, les combats se poursuivent à la périphérie nord-ouest de la localité. Les formations ukrainiennes préparent une nouvelle ligne de défense Vodianie et Pervomaïskie.

Le commandement ukrainienest contraint de redéployer des réserves vers Donetsk en raison des pertes sévères subies à Piski, Marinka et Avdiëvka.

A Nikolaïev, un couvre-feu est imposé pour attraper les personnes soupçonnées de déloyauté envers les autorités de Kiev“.

Informations complémentaires fournies par Laurent Brayard ce dimanche 7 août: 

“Le matin, la percée de l’armée russe dans Blagodatnoïe a été confirmée, le long de Partizanskoïe l’artillerie russe a travaillé toute la nuit. On rapporte le début d’une large offensive dans la direction Nikopol-Krivoï Rog.

Tout le front près de Donetsk est actif en ce moment. L’artillerie russe, l’aviation sont impliquées, l’infanterie attaque et va au contact. Toutes les zones près de Donetsk reçoivent de fréquentes arrivées d’obus d’artillerie.

Il y a aussi une large offensive dans la direction d’Artiomovsk, de Soledar à Kodema. Kodema est passée sous contrôle russe, des batailles sont en cours pour Zaitsevo, Bakhmoutskoïe a été libéré. On rapporte le début de l’assaut sur Artiomovsk, l’infanterie est entrée dans la ville par trois côtés.

Compte tenu des rapports d’hier sur le début de l’avancée des troupes russes dans les directions d’Ougledar et Izioum, ainsi que sur la préparation de l’artillerie à Kharkov, il s’avère qu’à l’heure actuelle, 7 directions du grand front de l’opération spéciale ont été activées.

Si cette tendance se poursuit au cours des prochains jours, il sera alors possible de déclarer le début d’une LARGE OFFENSIVE de l’armée russe sur tout le front de l’opération spéciale“.

9 août: 

+ selon @rybar

 Dans la région de Belgorod, les systèmes de défense aérienne ont intercepté plusieurs missiles tirés depuis le territoire ukrainien.

 Les forces armées russes ont frappé les positions de l’armée ukrainienne dans les zones frontalières des régions de Tchernigov et de Soumi.

Les forces de missiles et l’artillerie russes ont touché des cibles à Kharkov, tandis que les forces aériennes russes ont mené une frappe contre les positions de l’armée kiévienne près de Verkhniy Saltov.

Les unités russes qui arrivent combattent à la périphérie de Verkhnekamenskoïe, à l’est de Seviersk. Les affrontements se poursuivent dans la région d’Ivano-Darïevka.

 Les combattants de la République Populaire de Lougansk se battent pour Iakovlevka. Au sud, les combats sont intenses dans la zone allant de Kodema à Veselïa Dolina.

Les forces alliées ont pris pleinement possession du territoire de l’usine KNAUF-Gypsum à Soledar, qui était l’un des nœuds de défense de l’armée ukrainienne à la périphérie de la ville.

 Les unités Wagner poursuivent les combats à la périphérie est de Bakhmout (Artiemovsk). Des tirs d’artillerie intensifs sur les positions kiéviennes sont en cours.

Les forces alliées continuent d’avancer vers Avdiïevka et sont entrées dans Krasnogorovka. Des combats ont lieu dans les zones peuplées.

 À Marinka, des unités de la République populaire de Donetsk ont délogé les forces armées ukrainiennes de leurs positions autour du terril de mines de Chourovo et avancent vers le centre du village.

 Les combats de position se poursuivent à Piski, à la périphérie nord-ouest de la localité.

Bombardement de Donetsk par l’artillerie ukrainienne : deux civils tués.

Pendant la nuit, les forces armées ukrainiennes ont tenté de frapper Novaïa Kakhovka et Berislav. Les missiles ont été interceptés par les moyens de défense aérienne.

Les forces armées russes ont frappé une cible à Nikolaïev Un grand incendie s’est déclaré sur le site d’arrivée.

Sur la direction de Krivoï Rog, l’artillerie russe a touché des positions de formations ukrainiennes à Osokorivka, Kniazevka et Olgyno

+ Mardi matin 9 août, l’artillerie ukrainienne a plus spécifiquement visé la cérémonie d’enterrement du colonel Olga Katchoura, officier dans l’armée de la République Populaire de Donetsk et un hôtel à proximité où logent de nombreux journalistes qui couvrent le conflit du Donbass. 

Des explosions en Crimée ont eu lieu sur un aéroport près de Novofederovka. Il ne s’agit pas d’un tirs de missiles ukrainien. Peut-être un drone; ou un sabotage. Ou un accident. Il y a une quinzaine de victimes et des dégâts dans les immeubles proches. . 

Deuils

Katia Koutoubaïeva, qui est morte jeudi 4 août, victime d’un obus ukrainien tiré sur le boulevard Pouchkine à Donetsk, devait partir le 25 août pour Saint-Petersbourg pour devenir danseuse à l’académie de ballet russe Vaganova…

Nous autres derniers Européens portons bien entendu le deuil de toutes les victimes civiles innocentes de la guerre, causées par des frappes russes ou ukrainiennes. Cependant personne, dans les médias occidentaux n’a parlé de Katia. Pas plus que des 782 Ukrainiens du Donbass tués par des bombardements d’artillerie intentionnels sur les zones civiles depuis le 1er janvier 2022

Olga Katchoura, colonel de l’armée de la République Populaire de Donetsk, colonel dans l’artillerie, a été tuée par un obus ukrainien, le 29 juillet 2022, près de Verkhnetoretsky, dans le véhicule qui la transportait. Elle a été faite “héros de la Russie” à titre posthume par Vladimir Poutine.  

Cette fille et petite-fille de militaires, diplômée en informatique de la balistique, dont les qualités au combat ont contribué à l’échec des offensives kiéviennes contre les habitants du Donbass en 2014-2015, mérite mieux que l’article fielleux que lui a consacré le Daily Telegraph. L’Occident mérite-t-il encore qu’on le défende quand il a aussi peu de respect pour les morts – l’hommage aux combattants de l’armée adverse fait partie du code d’honneur de notre culture – de toute grande culture. Mais ce journal conservateur britannique préfère maltraiter la mémoire d’une combattante adverse et ne trouve rien à redire quand les Kiéviens ciblent l’enterrement de cette femme officier. 

La critique du gouvernement et de l'armée de Kiev augmente d'intensité

Un livre vient de paraître en Allemagne, qui ne prend pas de gants pour parler du vrai Zelenski. Extrait (j’ai laissé la transcription allemande des noms): 

Le 22 septembre, Selenskyj participe à l’Assemblée générale des Nations unies à New York. À trois heures du matin, on l’appelle. À Kiev, des inconnus ont tiré sur la voiture de son partenaire commercial, ami et conseiller Serhij Schefir. Shefir n’a pas été touché, mais son chauffeur, blessé, a dû être transporté à l’hôpital. Un attentat, rapporte-t-on à Selenskyj. Dans sa chambre d’hôtel, Selenskyj enregistre une courte vidéo. “Je ne sais pas qui est derrière tout ça”, dit Selenskyj, “mais me saluer en tirant depuis la lisière de la forêt sur la voiture de mon ami, c’est faible. La réponse sera déterminée”.

Dans le camp de Selenskyj, les spéculations vont bon train sur l’auteur de l’attentat. Le doux Chefir n’est pas connu comme quelqu’un qui a des ennemis – cela doit être un avertissement à Selenskyj. L’ordre est peut-être venu d’un chef de la mafia ou d’un roi de la contrebande qui a été placé sur la liste des sanctions. Il s’agit peut-être d’une réaction à la loi sur les oligarques. Les auteurs ne sont jamais retrouvés. Mais en l’espace de deux semaines, l’attentat est oublié et l’Ukraine parle de tout autre chose : l’intégrité du président Selenskyj. (…)

Le 3 octobre, le film “Offshore 95” doit être présenté en avant-première au théâtre “Le petit opéra” de Kiev. Il s’agit d’un documentaire basé sur les Pandora Papers, plus de onze millions de documents de prestataires de services financiers ayant fait l’objet de fuites. Le réseau international de journalistes d’investigation a commencé à publier le 3 octobre des révélations sur les comptes offshore de centaines de représentants gouvernementaux du monde entier, dont trente-cinq dirigeants politiques. Dans les 2,9 téraoctets d’informations confidentielles, Volodymyr Selenskyj joue un rôle important.

Dans “Offshore 95 – Les affaires secrètes du président Selenskyj”, des journalistes d’investigation ukrainiens en rendent compte. Mais la première est annulée à la dernière minute. Le directeur du théâtre a appelé les journalistes quelques heures avant pour leur dire : “Nous ne montrerons pas le film sur le président”. Le réalisateur a envoyé un message WhatsApp pour dire que la projection ne pourrait pas avoir lieu parce que le théâtre était en rénovation et que l’éclairage ne fonctionnait pas.

Le journal de qualité “Ukrainska Pravda” rapporte plus tard que le directeur a été appelé par un employé du SBU aurait été appelé. En quelques heures, l’annulation de la première provoque un énorme scandale. L’indignation est telle que le film est tout de même projeté le jour même. (…) 

En 2019, il avait déjà été révélé que Selenskyj détenait des comptes offshore à Chypre. Les recherches menées par Slidstvo.info ont révélé que l’humoriste possède également, avec les frères Schefir et un autre collaborateur du Studio Kwartal 95, des sociétés aux îles Vierges britanniques et au Belize. Au centre de cette structure d’entreprise compliquée se trouve la Maltex Multicapital Corp, inconnue jusqu’à présent et enregistrée aux Iles Vierges.

Il y a beaucoup d’argent en jeu dans ces entreprises. Depuis 2012, Maltex Multicapital Corp. semble avoir reçu un total de 40 millions de dollars de sociétés appartenant à Ihor Kolomojskyj. La société semble également posséder des appartements dans le centre de Londres d’une valeur de 7,5 millions de dollars. Peu avant l’élection présidentielle, Selenskyj a transféré ses parts de Maltex Multicapital Corp. à Serhij Schefir. L’objectif de ces offshores n’est pas clair. Kolomojskyj est le propriétaire de la chaîne 1 + 1, avec laquelle Studio Kwartal 95 est sous contrat, mais pourquoi les paiements ont-ils été effectués à l’étranger ? Selenskyj a-t-il fraudé le fisc ? Ou le Studio Kvartal 95 a-t-il participé au blanchiment d’argent criminel pour la banque privée de Kolomojskyj ?(…) 

Les journalistes de Slidstvo.info posent des questions détaillées à l’administration présidentielle dans le cadre de leur droit de réponse, mais ne reçoivent aucune réponse. Ce n’est que le 17 octobre que Selenskyj aborde le sujet dans une interview. “Du temps de Ianoukovytch, tout le monde transférait ses affaires de l’autre côté de la frontière, surtout le secteur de la télévision”, explique-t-il. Selon Selenskyj, les autorités fiscales lui rendaient alors visite “presque tous les jours”, signe que le gouvernement recherchait des infractions. Selenskyj nie avec véhémence tout blanchiment d’argent, mais élude la question de savoir s’il a payé des impôts.

La journaliste Olena Loginova de Slidstvo.info met le doigt sur la plaie. Mais pourquoi ces filiales existent-elles encore ? “Cela signifie que vous ne faites pas confiance au pays dans lequel vous avez créé votre entreprise et dans lequel vous êtes aux commandes”, explique la journaliste le lendemain. “Vous voulez cacher quelque chose et vous avez une raison de le faire”.

Depuis la parution du rapport d’Amnesty International, jeudi 4 août, critiquant l’installation de l’armée ukrainienne dans des zones peuplées de civils, des écoles et des hôpitaux, Kiev exerce une pression maximale pour dénigrer le rapport. C’était pourtant le premier rapport critique de l’armée ukrainienne. Les précédents rapports d’AI avaient visé l’armée russe. Kiev a forcé la directrice d’AI pour l’Ukraine à la démission. Mais il n’y a pas que les Ukrainiens à entrer dans la danse. Le co-fondateur d’Amnesty International en Suède Per Wästberg a démissionné avec fracas pour protester contre ce rapport.  

+Le gouvernement ukrainien a réussi à faire censurer une émission de CBS qui soulignait que 30% seulement des armes livrées à l’Ukraine arrivent à destination.  

+Eh bien, pour qui en douterait, on trouve des dizaines d’annonces pour du matériel occidental normalement livré à l’Ukraine, sur le Deep Net: on peut par exemple acquérir un drone kamikaze Switchbald pour 4000 dollars.   

+ Lu sur le canal Telegram Slavyangrad

Il s’est passé tellement de choses en Ukraine et dans les environs au cours de la semaine écoulée que tout le monde n’a pas eu le temps d’assembler les différentes pièces de la mosaïque. À ce propos, une image très intéressante se dessine :

D’abord Amnesty International accuse ouvertement l’AFU de placer des positions dans des zones résidentielles. Ensuite, CBS News écrit qu’il s’avère que seulement 30 % des armes occidentales fournies à Kiev arrivent sur le front. Le Guardian publie une interview d’un “volontaire” australien qui parle franchement de la désertion dans la “légion internationale” et admet qu’il ne peut pas rentrer chez lui – selon la loi australienne, ses aventures en Ukraine sont qualifiées de mercenariat, ce qui est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à la prison à vie.

Que s’est-il donc passé ? Pourquoi les médias occidentaux ont-ils soudainement changé leur lentille habituelle de couverture du conflit ukrainien, passant des lunettes roses à un regard apparemment plus sobre ?

Vous souvenez-vous de l’événement dont les mêmes médias ont fait grand cas il n’y a pas si longtemps ? C’est exact, la grève de la colonie de Yelenivka, où étaient détenus les prisonniers d’Azov. Cinquante-trois prisonniers de guerre sont morts à la suite de ce bombardement. Bien entendu, Kiev a immédiatement tenté de rejeter la faute sur la Russie, mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu.

Après que les forces armées russes ont présenté des preuves irréfutables de l’utilisation de HIMARS américains pour attaquer la colonie, les politiciens ukrainiens ont, comme on dit, “flotté”. Toutes sortes de versions ont été utilisées : l’attaque a été menée, mais pas par nous, ou peut-être par nous, mais par erreur, et en général, quel genre de questions est-ce là ? Pendant ce temps, les Américains gardaient le silence, sachant pertinemment que la Russie était consciente que Kiev coordonnait toutes les frappes HIMARS avec Washington. Le dernier argument qui a fait voler en éclats les fantasmes malsains du gouvernement ukrainien est la volonté de la partie russe de mener une enquête indépendante sur l’incident avec la participation de représentants de l’ONU.

C’est là que l’ardeur des dirigeants de Kiev a dû être refroidie. L’Occident a envoyé à M. Zelensky un signal sans équivoque, ou pour être plus direct, un ordre : vous ne pouvez pas. On se souvenait des armes qui disparaissaient sur le marché noir, des crimes des forces armées ukrainiennes et des mercenaires.

Cette fois, ils ont laissé le président ukrainien sauver la face : CBS a modifié son rapport et a dit que les armes n’avaient été vendues qu’en avril, et que maintenant elles ne sont plus vendues. Je suppose. Amnesty International s’est également excusée pour la “souffrance et la colère” causées par son reportage. Mais ce ne sont que des mots. Et en fait, le résultat de toute cette entreprise a été la décision suivante de Washington : L’Ukraine en a déjà assez des systèmes HIMARS fournis. C’est assez, nous en avons assez joué.”

L'opinion européenne est de plus en plus hostile à la continuation de la guerre d'Ukraine, les dirigeants occidentaux se lassent de Zelenski, et pourtant la fuite en avant occidentale continue....

+ Le sondage que nous reproduisons-ci-dessus confirme des données antérieures. La majorité des Européens est depuis longtemps hostile. 

A court de liquidités, Kiev a exigé d’être payée par avance pour le transit du pétrole russe par son territoire. Et n’obtenant pas gain de cause, le gouvernement ukrainien a demandé à l’entreprise Ukratransnafta de stopper les flux dans le pipeline. 

 

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+ Lu dans la Süddeutsche Zeitung: 

Un trésor de plusieurs milliards de dollars repose au fond de la mer Baltique. Il est long de deux fois 1230 kilomètres, flambant neuf et à la pointe de la technologie. Il est rempli à ras bord de 177 millions de mètres cubes de gaz, la pression était de 103 bars aux dernières nouvelles. Seulement, personne n’ouvre le robinet.

Telle est la situation autour du gazoduc Nord Stream 2 en mer Baltique. Alors que son tube jumeau Nord Stream 1 ne laisse échapper qu’un maigre flux de gaz dans le réseau allemand, le numéro 2 gît au fond de la mer, prêt à fonctionner. Et tandis que Moscou bloque l’importation d’une turbine réparée qui permettrait au numéro 1 de transporter à nouveau plus de gaz, le président russe Vladimir Poutine présente le numéro 2 comme une alternative. “Nous avons encore un tracé prêt”, a-t-il récemment vanté lors d’une visite à Téhéran. “Nous pouvons le mettre en service”. La menace d’une pénurie de gaz devrait assouplir le gouvernement fédéral.
Fin février, deux jours avant le début de l’attaque russe contre l’Ukraine, il avait stoppé la certification du gazoduc : le ministère de l’économie avait retiré un rapport sur la sécurité d’approvisionnement, base de cette certification. Il s’agissait de la dernière autorisation en suspens. Depuis, le pipeline est un investissement en ruine. Mais il est loin d’être mort.

De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer l’utilisation du deuxième tube, notamment au sein de l’Union. Il est “tout à fait clair” qu’il faut maintenant ouvrir Nord Stream 2, déclare par exemple Frank Bommert, chef adjoint du groupe CDU au parlement du Land de Brandebourg. “Ce serait aussi une possibilité de tester Poutine : veut-il livrer ou non ?” Jusqu’à présent, les Russes pourraient prétexter qu’ils ne peuvent pas remplir leurs obligations de livraison en raison des travaux de maintenance sur Nord Stream 1. Avec le tout nouveau gazoduc Nord Stream 2, ce ne serait plus possible, argumente Bommert.
La circonscription électorale de Bommert se trouve près d’Oranienburg, et c’est là qu’il voit soi-disant la “peur bleue” sur les visages des gens. C’est justement dans les régions rurales de l’Allemagne de l’Est qu’il estime que les conséquences de la crise énergétique menacent la démocratie. Bommert affirme : “C’est là que se trouve le plus grand détonateur. Si les prix continuent d’augmenter, les gens finiront par descendre dans la rue”.

De fait, jusqu’à présent, c’est surtout la droite politique qui s’est emparée du sujet. “Nous exigeons la fin des sanctions contre la Russie et la mise en service de Nord Stream 2”, a exigé en juillet le chef de l’AfD Timo Chrupalla – peu après que le ministre fédéral de l’économie Robert Habeck (Verts) a déclaré le niveau d’alerte du plan d’urgence pour le gaz. “Mettez enfin Nord Stream 2 en service”, tel est le titre d’une pétition en ligne lancée par Christina Baum, députée de l’AfD au Bundestag. “Sous la pression des Etats-Unis”, le gazoduc achevé et rempli de gaz n’est pas mis en service, peut-on y lire. Et ce, bien que “nous devrions être heureux de pouvoir obtenir du gaz russe à un prix aussi avantageux et avec une telle sécurité d’approvisionnement”.

Le petit parti d’extrême droite “Freie Sachsen” (Saxe libre) reproche également au gouvernement fédéral de ne pas vouloir mettre en service le gazoduc pour des “raisons idéologiques” – “alors que le gaz russe assurerait l’approvisionnement de la population via Nord Stream 2”. On omet toujours de dire que la Russie pourrait sans peine augmenter la quantité livrée par les gazoducs existants – si elle le voulait.

Mais l’appel du tube touche aussi d’autres personnes. Ce sont parfois des maires de l’île de Rügen, parfois l’association des entrepreneurs de Poméranie occidentale qui demandent au gouvernement fédéral de revenir sur sa décision. Du côté du Parti de gauche, il y a également d’éminents défenseurs d’une mise en service de Nord Stream 2, en particulier Sahra Wagenknecht ainsi que l’ancien chef de parti Klaus Ernst, qui dirige la commission pour la protection du climat et l’énergie au Bundestag allemand. Wagenknecht ne se lasse pas d’affirmer que Poutine se moque éperdument de la politique de sanctions du gouvernement fédéral, car l’Allemagne fait ainsi moins de mal à la Russie qu’à elle-même.

Les dirigeants de Die Linke considèrent toutefois de telles déclarations comme des opinions individuelles. Le président de Die Linke, Martin Schirdewan, se prononce sans équivoque contre la mise en service de Nord Stream 2. “Je ne pense pas que ce soit explicitement nécessaire, car nous avons trois gazoducs en provenance de Russie qui approvisionnent également l’Allemagne. Les trois sont sous-utilisés”, dit-il. Si la Russie tenait ses promesses de livraison, il n’y aurait pas de pénurie du tout.

Pour le chef de Die Linke, il est donc bien plus important de sortir le plus rapidement possible de la dépendance à l’énergie russe et de faire avancer le tournant énergétique que de prendre des mesures supplémentaires en matière d’infrastructures. Le chef du groupe parlementaire Dietmar Bartsch qualifie le débat sur Nord Stream 2 d'”apparemment populaire, mais malheureusement hors du monde”. Selon lui, tant qu’il y aura cette terrible guerre en Ukraine, la demande de mise en service du gazoduc sera hors du monde.

Mais que se passera-t-il si l’électricité du numéro 1 se tarit complètement ? Si les installations industrielles s’arrêtent ici parce qu’elles manquent de gaz et que les gens ont froid à cause de l’augmentation massive des prix du gaz ? Plus le gaz se fera rare, plus l’appel du tube sera fort. Pour le Kremlin, ce serait un triomphe si l’Allemagne ouvrait le robinet par nécessité. C’est pourquoi le gouvernement allemand estime que cela ne doit pas se produire. “C’est un jeu transparent de Poutine”, déclare également le ministre-président de Basse-Saxe, Stephan Weil (SPD). “Qui veut que l’Allemagne cède et se laisse acheter ?” Ce n’est pas une option, dit Weil. De plus, il n’est même pas sûr que le gaz passe réellement par Nord Stream 2.

Selon son porte-parole Steffen Hebestreit, le chancelier Olaf Scholz ne voit pas non plus de “soutien insuffisant ou en baisse” pour la décision de ne pas mettre en service Nord Stream 2. Il est clair que l’Allemagne est confrontée à des mois difficiles. Mais le pays n’est pas pris au dépourvu grâce à la construction de terminaux de GNL, au remplissage des réservoirs de gaz et au plan d’urgence pour le gaz. A la question de savoir si le chancelier exclut un changement d’attitude, son porte-parole ne laisse aucune porte de sortie ouverte. “Oui”, dit-il, “il l’exclut”.”

+Kaja Kallas, premier ministre estonien, veut interdire l’entrée dans l’Union Européenne à tous les citoyens russes. Etonnant pour le chef du gouvernement d’un Etat qui compte 25% de russophones.  

+ Le Premier ministre du Kosovo juge élevée la probabilité d’un nouveau conflit avec la Serbie. On a fait remarquer à juste titre que l’agressivité des Kosovars envers la Serbie avait repris après une visite d’Anthony Blinken à Pristina. 

Sur un mode plus léger, Vovan et Lexus, les deux comiques russes, ont encore frappé: ils se sont fait passer auprès du maire de Budapest Gergely Karachon pour son collègue maire de Kiev, Klitchko, et ont fait dire à leur interlocuteur, qu’il réjouissait des sanctions anti-russes; voilà de quoi rendre très populaire cet homme qui prétend que Viktor Orban n’a été réélu que grâce à la guerre d’Ukraine. 

La désaméricanisation du monde suit son cours

 

Les Etats-Unis sentent qu’ils perdent pied en Afrique face à l’influence chinoise et, désormais, russe. :

“La Russie, la France, et maintenant les États-Unis. “C’est comme si une nouvelle guerre froide se jouait en Afrique”, a déclaré à l’AP William Gumede, directeur de Democracy Works, avant la tournée africaine de trois pays du secrétaire d’État américain Antony Blinken.

Cette tournée fait suite à celles du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui s’est rendu en Égypte, en Ouganda, en Éthiopie et en République du Congo pour rallier le soutien de la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine, et du président français Emmanuel Macron, qui s’est rendu au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau dans le but de renouveler les relations de la France avec le continent africain. La directrice de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), Samantha Power, et l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, ont également entamé leur propre tournée africaine“. 

Il se confirme que le Ministère chinois de la Défense ne prend plus les appels du Pentagone. 

+ Une fois sorti de sa bouteille, le génie de la réunification de Taïwan à la Chine n’est pas près d’y retourner, si l’on en croit le Global Times. : 

L’Armée populaire de libération (APL) chinoise a poursuivi lundi ses exercices militaires et ses activités d’entraînement autour de l’île de Taïwan, marquant ainsi une prolongation du calendrier précédemment annoncé. De tels exercices ne s’arrêteront pas et devraient devenir une routine jusqu’à la réunification, la Chine continentale montrant sa détermination à faire avancer le processus de réunification après la visite provocatrice de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, sur l’île la semaine dernière, qui a gravement violé la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine, selon les experts.

Les exercices ne verrouillent pas seulement l’île de l’intérieur vers l’extérieur, mais aussi de l’extérieur vers l’intérieur, indiquant aux forces extérieures que l’APL dispose de puissantes capacités de déni de zone dans la région que même les États-Unis ne peuvent pas rivaliser, selon les analystes.

Le commandement du théâtre oriental de l’APL a poursuivi lundi des exercices conjoints réalistes orientés vers le combat dans l’espace maritime et aérien autour de l’île de Taïwan, en se concentrant sur la guerre anti-sous-marine conjointe et les opérations d’assaut en mer, a déclaré le commandement du théâtre oriental de l’APL dans un communiqué.

Au cours des exercices, le destroyer à missiles guidés de type 052C Changchun opérant dans les eaux au sud-ouest de l’île de Taiwan a coordonné plusieurs avions de lutte anti-sous-marine Y-8 et a formé une formation de lutte anti-sous-marine avec l’hélicoptère anti-sous-marin Ka-28 du Changchun, a rapporté la télévision centrale chinoise (CCTV).

L’avion de lutte anti-sous-marine Y-8 a largué des bouées acoustiques pour une détection à grande échelle, l’hélicoptère Ka-28 a participé à la localisation de précision et le destroyer a effectué des recherches approfondies. Après avoir localisé la cible, le destroyer a procédé à une attaque simulée et a immédiatement lancé des contre-mesures pour se défendre. L’hélicoptère et l’avion de lutte anti-sous-marine ont également mené des attaques simulées, rapporte CCTV.

Les exercices de lundi ont également permis de s’entraîner à prendre le contrôle de la mer grâce à des exercices anti-sous-marins, selon les analystes.

Les forces armées taïwanaises exploitent des sous-marins obsolètes, qui doivent néanmoins être neutralisés si l’APL entame une opération de réunification par la force, a déclaré lundi au Global Times un expert militaire basé à Pékin, qui a requis l’anonymat.

Les forces d’interférence militaire extérieures possibles, comme les Etats-Unis et le Japon, disposent de sous-marins plus avancés, en particulier les sous-marins à propulsion nucléaire des Etats-Unis, de sorte que la pratique d’exercices de guerre anti-sous-marine dans les terrains sous-marins réels autour de l’île de Taiwan est très importante, a déclaré l’expert.

Les exercices ont montré que l’APL peut détecter, localiser et attaquer des sous-marins hostiles à partir de plusieurs dimensions, et se défendre contre leurs attaques, a déclaré l’expert.

Bien que le reportage de CCTV n’ait pas confirmé la participation d’un sous-marin de l’APL aux exercices, Zhang Junshe, chercheur principal à l’Académie de recherche navale de l’APL, a déclaré au Global Times que l’APL avait envoyé un groupe de porte-avions comprenant au moins un sous-marin à propulsion nucléaire aux exercices en cours autour de l’île de Taïwan pour son premier exercice de dissuasion. L’APL exploite également un certain nombre de sous-marins conventionnels.

Des avions de chasse et des avions d’alerte précoce ont également mené des opérations de reconnaissance, d’alerte précoce et de soutien autour de l’île de Taïwan, a rapporté CCTV.
Les exercices de lundi signifient que l’APL a prolongé ses exercices autour de l’île de Taïwan, qui devaient initialement se terminer dimanche midi.

“Tant que la question de Taïwan n’est pas résolue, les exercices de ce type ne s’arrêteront pas”, a déclaré lundi Song Zhongping, expert militaire et commentateur télé de la Chine continentale, au Global Times.

Les exercices de l’APL pourraient devenir une routine, a déclaré Song. Plus l’île est bloquée longtemps, plus cela montre le contrôle exercé par la Chine continentale sur l’île, a-t-il ajouté.

Interrogé sur les exercices de l’APL lors d’une conférence de presse régulière lundi, Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré que ces exercices étaient transparents et professionnels.

Les autorités compétentes publiant des avis à ce sujet, les exercices respectent les lois nationales et internationales ainsi que les pratiques internationales, et visent à avertir les provocateurs et à sauvegarder la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, a déclaré Wang.

L’administration de la sécurité maritime de la province chinoise de Fujian (est) a publié mercredi un avis établissant les zones de restriction pour les exercices de jeudi à dimanche, mais aucun avis de ce type n’a été publié pour les exercices de lundi. Si aucune nouvelle zone de restriction n’est établie pour les exercices supplémentaires, c’est parce qu’ils ne mettront pas en danger les activités civiles normales, donc probablement sans tirs à balles réelles, selon les experts.

Les activités militaires, y compris celles des États-Unis, n’entraînent pas non plus toujours la création de zones de restriction si elles n’ont pas d’impact sur les autres navires ou aéronefs, a expliqué M. Song.

Lorsqu’il est nécessaire, par exemple, d’empêcher les navires de guerre américains de pénétrer dans le détroit de Taiwan, l’APL peut toujours établir de nouvelles zones de restriction, a ajouté M. Song.

Le Pentagone a ordonné au porte-avions USS Ronald Reagan de rester dans les eaux proches de l’île de Taïwan, et les États-Unis “effectueront des transits aériens et maritimes standard dans le détroit de Taïwan au cours des prochaines semaines”, a déclaré jeudi le média américain Business Insider, citant le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche, John Kirby.

Les exercices de l’APL visent à dissuader les sécessionnistes “indépendantistes de Taïwan” et les forces d’ingérence extérieures, et non à perturber la vie quotidienne des habitants de l’île, a précisé M. Song.

Peu après l’atterrissage de Mme Pelosi sur l’île de Taïwan le 2 août, le commandement du théâtre oriental de l’APL a répondu par des exercices militaires conjoints autour de l’île à partir du même jour. L’agence de presse Xinhua a ensuite annoncé que l’APL mènerait une série d’exercices militaires à balles réelles du jeudi midi au dimanche midi dans six zones différentes qui encerclent l’île dans toutes les directions.

La première phase des exercices, qui a débuté dans la soirée du 2 août, a consisté en des exercices maritimes et aériens conjoints dans l’espace maritime et aérien au nord, au sud-ouest et au sud-est de l’île. Les rapports officiels montrent des avions de chasse furtifs J-20 décollant pour les exercices et des lanceurs de roquettes et de missiles se mobilisant sous les ombres de la nuit.

Mercredi, le commandement du théâtre oriental de l’APL a organisé ses forces affiliées, à savoir la marine, l’armée de l’air, la force des fusées, la force de soutien stratégique et la force de soutien logistique conjointe, et a mené des exercices conjoints réalistes axés sur le combat dans l’espace maritime et aérien au nord, au sud-ouest et au sud-est de l’île de Taiwan, avec des exercices conjoints de blocus, d’assaut maritime, d’attaque terrestre et de combat aérien au cœur de l’opération.

La deuxième phase des exercices a débuté jeudi par des exercices de tir réel d’artillerie à longue portée dans le détroit de Taïwan par l’armée de terre, suivis d’assauts avec de multiples types de missiles conventionnels dans plusieurs zones maritimes désignées à l’est de l’île de Taïwan par la Force des fusées. Plus de 100 avions de guerre et plus de 10 navires de guerre ont encerclé l’île pour des missions de blocus, de reconnaissance et de patrouille d’alerte.

Vendredi, des chasseurs, des bombardiers, des avions d’alerte précoce et des avions de reconnaissance électronique ont pratiqué la prise de la supériorité aérienne, la couverture et le soutien, la frappe aérienne, la reconnaissance et l’alerte précoce, les pilotes confirmant visuellement le littoral de l’île de Taiwan et la chaîne de montagnes centrale. Des navires de guerre bloquant l’île se sont approchés du littoral de l’île tandis que des marins observaient attentivement un ancien navire de guerre de l’île de Taiwan à proximité.

Des navires de guerre, des avions de combat et des missiles antinavires basés sur la côte ont été déployés lors des exercices de samedi afin d’affiner les capacités d’attaque terrestre et maritime dans le cadre d’un soutien systémique.

Le dernier jour des exercices initialement prévus, dimanche, des bombardiers et des chasseurs bombardiers ont lancé des exercices de frappe à saturation avec différents types de munitions de précision. Les bombardiers ont traversé le détroit de Taïwan du nord au sud et du sud au nord simultanément, accomplissant ainsi une mission de dissuasion autour de l’île.

Maintenant que l’APL a prolongé les exercices, elle a pratiqué lundi des opérations conjointes de guerre anti-sous-marine et d’assaut en mer.

Fu Qianshao, un expert de l’aviation militaire de la Chine continentale, a déclaré au Global Times que l’APL devrait continuer à pratiquer différentes tactiques et éléments de combat, notamment l’implication de porte-avions et la guerre de débarquement amphibie.”

+ Une simulation militaire effectuée au Pentagone a confirmé l’avis des experts pour qui l’armée chinoise serait aujourd’hui bien plus à même de s’emparer de Taïwan qu’il y a dix ans. 

+ Entre janvier et juin 2022, les importations brésiliennes en provenance de Russie sont devenues le double de ce qu’elles étaient au premier trimestre 2021. Elles sont passée de 2,6 à 5,1 milliards. Les exportations russes vers la Chine en juillet ont augmenté de 49% et les importations depuis la Chine de 22% (tout cela contribuant, contre tous les pronostics, à une hausse du commerce chinois de 18%). 

+ Un satellite iranien mis en orbite par la Russie; 

Selon un média iranien, Paris, Berlin et Londres sont singulièrement absentes des négociations pour un accord sur le nucléaire iranien: 

“[Le] lundi 8 août, après les négociations entre les délégations à Vienne, il a été annoncé qu’ Enrique Mora, le coordinateur adjoint de l’Union européenne, a présenté des idées aux négociateurs à Vienne et qu’il est nécessaire d’examiner ces idées de plus près dans les capitales. Sur cette base, il a été annoncé que les délégations de négociation quitteront Vienne et retourneront dans les capitales pour poursuivre les consultations après avoir résumé les opinions sur les idées proposées. Hier soir et immédiatement après la fin des pourparlers, “Josep Borrell”, représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et le coordinateur de l’Union européenne, a contacté le ministre iranien des affaires étrangères tout en évaluant positivement le récent cycle de négociations à Vienne, et a noté que des progrès relatifs ont été réalisés dans les pourparlers. Hossein Amirabdollahian, le ministre des affaires étrangères de l’Itan, a également souligné la volonté et le sérieux de l’Iran pour parvenir à un accord solide et fiable et a déclaré : “L’accord final doit garantir les droits et les intérêts de la nation iranienne et assurer la levée effective et stable des sanctions.” Exprimant son espoir que les autres parties, en particulier les États-Unis, éviteront de prendre des positions non constructives, il a déclaré : “On attend de toutes les parties qu’elles fassent preuve de détermination et de sérieux pour parvenir au texte final de l’accord.” Les États-Unis d’Amérique ont également annoncé peu après la fin des pourparlers de Vienne, dans une déclaration d’un porte-parole du ministère des affaires étrangères de ce pays : “Les États-Unis sont prêts pour un accord rapide basé sur le texte proposé par l’Union européenne.” Alors que le représentant de la Russie a pris une position claire et a également évalué positivement les pourparlers et qu’il a exprimé l’espoir que les parties aux négociations parviennent à un accord final, les trois pays que sont la France, l’Angleterre et l’Allemagne, dont les représentants n’étaient pas présents à ce cycle de négociations, n’ont pas encore réagi à cet égard. Naturellement, il n’est possible de parvenir au texte final de l’accord que lorsque toutes les parties impliquées dans les négociations, y compris les trois pays européens mentionnés, l’approuvent, mais on ne comprend pas pourquoi ces pays, qui, au milieu des négociations, ont publié une déclaration unilatérale qui soutient clairement l’un des excès de l’Amérique, ont choisi la voie du silence, maintenant ? Bien que selon les enregistrements du comportement antérieur de l’Angleterre, de la France et de l’Allemagne dans les négociations du JCPOA et des suites, il est possible de soulever des spéculations dans l’analyse des raisons du silence des trois pays européens, mais certainement dans les prochains jours et en présentant un résumé des opinions des pays présents dans les négociations sur les idées soulevées par Enrique Mora, un profil plus détaillé sera obtenu à cet égard“.

+ Il semble que Vladimir Poutine ait convaincu, lors de l’entretien de Sotchi, Erdogan de s’entretenir avec le président syrien Assad. 

Le dessous des cartes diplomatiques avec M.K. Bhadrakumar

Les déboires de la diplomatie pétrolière américaine

“[En se rendant en Arabie Saoudite] Biden avait trois objectifs qui se chevauchaient : premièrement, rallier les dirigeants saoudiens à sa stratégie d’endiguement de la Russie et de la Chine ; deuxièmement, briser l’alliance OPEP+ entre l’Arabie saoudite et la Russie de manière à ce qu’il n’y ait plus de contrepoint coordonné sur le marché mondial du pétrole qui échappe au contrôle américain ; et, troisièmement, réunir une alliance militaire anti-iranienne des États du Golfe et d’Israël pour donner du peps aux accords d’Abraham qui ont manifestement perdu de leur éclat.

Pétrole1

Biden a fait chou blanc sur ces trois points : Les Saoudiens poursuivront leurs relations amicales avec la Russie et la Chine et leur normalisation avec Téhéran. Le prince Mohammed s’est entretenu avec le président Poutine au cours de la semaine qui a suivi la visite de M. Biden. Ils ont discuté du développement de la coopération commerciale et économique et ont souligné “l’importance d’une coordination accrue au sein de l’OPEP+”.

Traditionnellement, les actions saoudiennes sont bien plus éloquentes que les mots. Ainsi, lorsque l’OPEP+ a tenu une réunion virtuelle mercredi dernier, elle a conclu que :

Il y a une “disponibilité sévèrement limitée de la capacité excédentaire” parmi les pays producteurs de pétrole résultant d’un “sous-investissement chronique dans le secteur pétrolier” ;
Il est “particulièrement préoccupant… (que) l’insuffisance des investissements dans le secteur en amont aura un impact sur la disponibilité d’un approvisionnement adéquat en temps voulu pour répondre à la demande croissante au-delà de 2023”.
On ne saurait trop insister sur l’importance de maintenir le consensus et la “cohésion” de l’OPEP et de l’OPEP+ (c’est-à-dire l’OPEP plus la Russie principalement).
En clair, elle rejette la déclaration du 3 juillet des ministres des affaires étrangères du G7 sur la sécurité énergétique, qui envisage d’imposer un embargo complet sur tous les services de “transport de pétrole brut et de produits pétroliers russes par voie maritime dans le monde entier”, à moins que Moscou ne vende du pétrole à un prix à convenir en consultation avec l’Occident.

En clair, l’Occident envisage une fois de plus de sévir contre un grand pays producteur de pétrole pour des raisons géopolitiques, ce qui aurait un impact profond sur le marché mondial du pétrole. Le paradoxe ici est que, contrairement au cas de l’Iran ou du Venezuela, l’Occident a désespérément besoin que le pétrole russe continue d’affluer sur le marché mondial du pétrole, mais qu’il plafonne le prix auquel Moscou peut vendre son pétrole afin que ses revenus provenant des exportations de pétrole ne puissent pas soutenir les opérations militaires spéciales en Ukraine.

En fait, l’Occident agit dans l’esprit du célèbre dicton de George Kennan, au début des années 1950, selon lequel le pétrole “nous appartient” parce qu’il a permis la prospérité de l’Occident. La déclaration du G7 crée sans aucun doute un précédent. Alors que la pression sur les ressources mondiales devient de plus en plus forte, cette approche prédatrice nous ramène à l’époque coloniale (lorsque l’Inde était conduite en grenouille par la Grande-Bretagne impériale pour fournir du coton aux usines textiles de Grande-Bretagne et racheter les textiles à des prix déterminés par le maître colonial).

Elle peut également s’étendre à d’autres ressources que le pétrole. La Chine, par exemple, produit environ deux tiers des batteries lithium-ion du monde, alors que les États-Unis ne produisent que 1 % de l’approvisionnement mondial en lithium et 7 % des produits chimiques raffinés à base de lithium – contre 51 % pour la Chine – et dépendent à 70 % des importations de lithium (qui a des utilisations si critiques dans des industries allant des téléphones mobiles, des ordinateurs portables, des appareils photo numériques et des véhicules électriques aux avions, trains à grande vitesse et satellites).

Il est certain que la décision du G7 de prendre le contrôle des exportations de pétrole de la Russie sonne l’alarme dans tous les pays producteurs de pétrole de la région du Golfe. Le message géopolitique est le suivant : “Restez dans le rang, sinon…”. Or, cela arrive à un moment où l’UE cherche désespérément à accéder à un approvisionnement en pétrole bon marché et fiable (le Japon vient d’annoncer que ses “sanctions infernales” contre la Russie ne s’appliqueront pas au projet de gaz et de pétrole Sakhaline 2).

Dans un contexte aussi tumultueux, où les puissances industrielles sont enclines à brandir leurs instincts coloniaux latents d’une époque révolue, les États du Golfe deviennent très vulnérables. Les États du Golfe sont déjà choqués par le banditisme auquel l’UE et les États-Unis ont eu recours contre la Russie en confisquant ses réserves dans le système bancaire occidental et en s’appropriant les biens privés de riches Russes.

Il y a aussi une dimension supplémentaire. Demain, qu’est-ce qui empêche l'”Occident collectif” de recourir à un tel moyen de pression pour imposer un “changement de régime” dans la région du Golfe sous prétexte de faire progresser la démocratie et les droits de l’homme ? Après tout, ce n’est un secret pour personne que l’ancien prince héritier Muhammad bin Nayef était le choix préféré de Washington pour succéder au roi Salman. Ne vous méprenez pas, le coup de poing de Biden avec le prince Mohammed n’est pas le dernier mot sur la succession saoudienne.

En effet, la suggestion du prince Mohammed (alors que Biden était encore à Djeddah) selon laquelle l’Arabie saoudite et l’Iran devraient maintenant intensifier leurs contacts au niveau politique devient très significative. L’intérêt de l’Arabie saoudite pour l’adhésion à l’OCS (si peu de temps après l’admission de l’Iran dans ce groupement) l’est encore plus.

Outre l’Arabie saoudite, un grand nombre d’autres pays d’Asie occidentale ont demandé à l’OCS de devenir membre. Le quotidien russe Izvestia a rapporté jeudi que l’OCS [Organisation de la Coopération de Shangaï] prévoit de signer des mémorandums sur l’octroi d’un partenariat de dialogue à l’Égypte, à la Syrie, au Qatar, à l’Arabie saoudite et au Bahreïn lors du prochain sommet de Samarkand. Il est intéressant de noter que le prince héritier Mohammed bin Salman a été invité à l’événement.

Selon Izvestia, à titre exceptionnel, les Émirats arabes unis ont cherché à adhérer à l’OCS de manière expéditive, bien que la pratique établie du groupement ait été jusqu’à présent de commencer par un “partenaire de dialogue”. Izvestia cite une source proche du comité d’organisation de l’OCS, selon laquelle l’OCS a mené des consultations internes et “la compréhension principale qui domine est que l’OCS est intéressante, l’OCS attire, et donc la chose la plus importante pour nous n’est pas de nous vautrer dans la bureaucratie, mais de trouver des solutions qui nous permettront de réagir de manière adéquate… Et de réagir en adaptant les règles aux nouvelles conditions”.

Il est clair que l’offre de Biden d’une alliance militaire non seulement n’a pas eu de preneurs dans le monde arabe mais ils semblent pétrifiés. Si, comme le dit la Bible, il existe trois types de tromperie – la vanité, la flatterie et le blasphème – et que Satan les utilise tous les trois, l’offre de Biden contient des éléments des trois. Et si l’OCS offre un antidote au calice empoisonnépourquoi pas?

L’Inde est-elle en train de manquer un tournant diplomatique majeur ? 

“Don Quichotte, le héros de l’épopée de Cervantes, a dit avant de mourir : “Ne cherchez jamais les oiseaux de cette année dans les nids de l’année dernière”. L’Inde ne doit pas rater une nouvelle occasion dans sa politique étrangère – pour la troisième fois en 75 ans depuis l’indépendance.

Le choix est entre un rôle subalterne pour la perpétuation de l’hégémonie américaine, ou un ordre mondial plus juste où les nations peuvent poursuivre leurs propres voies de développement sur un pied d’égalité.

La première occasion a été la visite à Delhi, en 1960, du premier ministre chinois de l’époque, Zhou Enlai, porteur d’une solution viable au différend frontalier sous la forme d’un accord global pour un règlement final – la Chine accepterait le contrôle de l’Inde sur l’actuel Arunachal Pradesh, ce qui signifiait sa reconnaissance de facto de la juridiction de l’Inde jusqu’à la ligne McMahon, si l’Inde acceptait le contrôle de la Chine sur Aksai Chin. L’Inde a rejeté la proposition chinoise (qui peut sembler si séduisante aujourd’hui).

La deuxième occasion s’est présentée pendant le mandat du gouvernement Narasimha Rao, lorsque l’ère de la guerre froide était terminée et qu’une remise à zéro de la boussole indienne devenait nécessaire. Dans les années 1990, l’Inde pouvait encore prétendre à la parité avec la Chine. Mais alors que la Russie de Boris Eltsine saisissait l’opportunité de conclure un accord frontalier avec la Chine et d’entamer un nouveau chapitre libéré des toiles d’araignée de l’histoire, les bûcherons de l’establishment de New Delhi marchaient lentement.

Delhi a travaillé avec la conviction erronée et illogique que la Russie “post-soviétique” était condamnée à rester une force épuisée. Ironiquement, pendant que les maîtres américains de la communication faisaient un lavage de cerveau aux Indiens, Washington mettait au point son propre stratagème pour l’élargissement de l’OTAN vers l’est en prévision d’un besoin éventuel de contenir une Russie renaissante sur la scène mondiale !

Le résultat a été une transition inégale, rivée sur l’estimation erronée selon laquelle le monde entrait dans le nouveau siècle américain. La “situation unipolaire” de l’Inde a érodé son autonomie stratégique et entravé sa politique étrangère, tout en faisant naître l’idée que les États-Unis en feraient une puissance mondiale, en tant que “contrepoids” à la Chine. L’Inde n’a plus l’illusion que les États-Unis sont son sauveur.

La doctrine d’atmanirbharta du PM Modi en témoigne.

La transition actuelle, alors que l’Inde a 75 ans, est bien plus profonde. L’Inde d’aujourd’hui est plus qu’un simple spectateur. Et la transition est bien plus qu’une question de montée en puissance de la Chine ou de résurgence de la Russie. Contrairement aux États-Unis, qui sont paranoïaques à l’idée que la Chine puisse bientôt devenir l’économie numéro un du monde et que les capacités stratégiques de la Russie posent à nouveau des défis, l’Inde devrait se concentrer sur le maintien de son développement et sa transformation en un pays à revenu moyen.

La transition concerne l’ordre mondial au XXIe siècle. Les États-Unis sont tombés du piédestal de la “superpuissance solitaire”. Les interventions belliqueuses des États-Unis en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Syrie et en Libye, qui ont semé la mort, la destruction et les réfugiés, ne peuvent plus être répétées. Pourtant, les États-Unis refusent de se réconcilier avec cette réalité. C’est le leitmotiv du conflit ukrainien : amener l’OTAN aux portes de la Russie sur son chemin vers l’Indo-Pacifique. Les États-Unis se comportent comme une puissance révisionniste – ils militent pour le dollar et confisquent les réserves des autres pays. Les pierres angulaires du système international sont arbitrairement retirées.

Le monde non-occidental l’a compris. L’initiative du président Biden à Djeddah de former une alliance militaire avec les alliés les plus proches des États-Unis en Asie occidentale pour faire reculer l’influence russe et chinoise n’a non seulement pas trouvé preneur, mais l’Égypte, la Syrie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar ont, au contraire, cherché à adhérer à l’Organisation de coopération de Shanghai, une plate-forme de sécurité régionale créée par Pékin et Moscou ! (L’OCS a déjà approuvé l’adhésion de l’Iran.) Une fois encore, l’Arabie saoudite a repoussé les supplications de Biden d’abandonner son alliance OPEP+ avec la Russie sur la production de pétrole.

Le discours des États-Unis sur les “valeurs” de la démocratie, des droits de l’homme et de l’État de droit manque de crédibilité dans le monde non occidental où vit 86 % de la population mondiale. Biden s’est ridiculisé en condamnant l’Arabie saoudite comme un État “paria”, avant de l’embrasser 18 mois plus tard. Le parrainage américain des révolutions de couleur – la dernière en date étant le Sri Lanka – ajoute au sentiment d’insécurité du Sud, qui a perdu la foi dans l’équité du système international dirigé par les États-Unis.

L’Inde devrait avoir une orientation stratégique – le choix est entre un rôle subalterne pour perpétuer l’hégémonie mondiale de l’Amérique et la domination occidentale dans le système international, ou un ordre mondial plus juste où les pays peuvent poursuivre leurs propres voies de développement en tant qu’égaux dans le respect mutuel. Il est absurde de prétendre que l’anarchie s’installera si les États-Unis ne jouent pas leur rôle de gendarme du monde. Presque tous les points chauds de l’après-guerre froide sont directement ou indirectement liés à l’imprudence des États-Unis.

Fondamentalement, cette transition consiste à déplacer la dynamique du pouvoir mondial de l’Occident vers l’Asie. Il est clair que cinq siècles de domination occidentale touchent à leur fin. Ce changement historique a d’énormes implications économiques. Historiquement, la prospérité de l’Occident dépendait du transfert sans faille des richesses du reste du monde. L’ère coloniale est terminée, mais le néocolonialisme survit. L’un des griefs non exprimés à l’encontre de la Chine et de la Russie est qu’elles ont pénétré profondément sur le continent africain, que ce soit dans la région du Sahel, au Soudan ou en Éthiopie. Il s’agit d’une partie perdue pour l’Occident, car les pays africains gagnent de l’espace pour négocier sur un pied d’égalité, pour la première fois dans l’histoire, avec les puissances occidentales prédatrices dont la stratégie consistant à “diviser pour régner” ne fonctionne plus.

La connotation impérialiste fait de la lutte pour l’ordre mondial et le fonctionnement du système international une lutte historique. La semaine dernière, les États-Unis ont clairement indiqué que, pour défendre leurs intérêts, ils n’excluent pas de recourir en premier lieu aux armes nucléaires dans tous les cas et ne précisent pas non plus les circonstances dans lesquelles ils les utiliseraient”. 

Russie et Turquie font ensemble bouger les lignes de manière significative

“Dans les relations interétatiques, la question est toujours celle de l’équilibre et de l’opportunité politique. L’art de l’État consiste à trouver l’équilibre et à saisir l’occasion qui se présente.

La rencontre de quatre heures entre le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan, vendredi 5 août à Sotchi, est un exemple remarquable de la manière dont deux puissances rivales dans l’histoire peuvent encore se forger un destin commun en équilibrant leurs intérêts et en créant de nouvelles opportunités pour aller de l’avant dans un monde incertain.

Il est rare que l’on puisse prédire avec une certitude absolue l’issue d’une visite de travail de haut niveau. C’est pourtant ce qu’a fait Erdogan en se rendant à Sotchi. Il a déclaré : “Je crois que (la réunion d’aujourd’hui) va ouvrir une toute autre page dans les relations turco-russes.”

L’ordre du jour de la réunion de Sotchi était basé sur un message que Poutine avait transmis à Erdogan par l’intermédiaire du vice-premier ministre russe Aleksey Overchuk, qui s’est rendu à Ankara le 14 juin. Overchuk est un homme politique qui est plutôt un technocrate en matière de gestion économique. Le président turc l’a d’ailleurs reçu avec plaisir. (…)

Du côté de Poutine, la Russie a aujourd’hui un besoin aigu d’ouvrir des canaux commerciaux et économiques pour atténuer le barrage de sanctions de l’Occident, tandis que, du côté d’Erdogan, la priorité absolue est de donner du lest à l’économie turque pour la sortir de la crise.

De même, la Russie et la Turquie naviguent dans le même bateau : elles ont besoin de générer de nouvelles ressources sans être soumises aux sanctions occidentales dans l’environnement international actuel où Moscou et l’OTAN s’affrontent. Du point de vue russe, les relations avec la Turquie sont devenues très importantes, car il s’agit à la fois d’un pays de l’OTAN et d’une puissance de la mer Noire.

Il est important de noter que l’agilité et l’endurance d’Erdogan à projeter une autonomie stratégique et à mener des politiques étrangères indépendantes sont bien connues de Moscou, comme en témoigne la collaboration avec la Russie dont il est le pionnier : la centrale nucléaire d’Akkuyu, d’une valeur de 20 milliards de dollars, que Rosatom achèvera d’ici l’année prochaine (pour fournir 10 % des besoins énergétiques de la Turquie), et l’achat du système de défense antimissile S-400 qu’Ankara a conclu en défiant le diktat et les sanctions de Washington.

La proposition de Poutine, qu’Overchuk a présentée à Erdogan, détaillait une feuille de route pour contourner les sanctions des États-Unis et de l’Union européenne en trouvant des voies commerciales en dehors des canaux du système bancaire américain qui auraient un résultat “gagnant-gagnant” en générant des flux de trésorerie pour les deux économies. (…)

À la suite de ses entretiens avec Poutine à Sotchi vendredi, Erdogan a révélé aux journalistes turcs qui l’accompagnaient dans l’avion que le commerce bilatéral avec la Russie se fera désormais en partie en roubles et en lires – et non plus en dollars – et que la banque centrale travaille sur cet arrangement.

Il a en outre révélé que cinq banques turques se préparent à travailler avec le système de carte de crédit russe Mir (ce qui permettra aux ressortissants russes, notamment aux touristes, de dépenser plus facilement de l’argent en Turquie).

Le vice-premier ministre russe Aleksander Novak, qui est également le co-président de la commission économique conjointe avec la Turquie, a signé vendredi un accord avec le ministre du commerce Mehmet Mus prévoyant qu’Ankara achète du gaz naturel à la Russie “partiellement” en roubles – et non en dollars. (L’année dernière, la Russie a représenté environ un quart des importations de pétrole de la Turkiye et 45 % de ses achats de gaz naturel).

Novak a également déclaré aux journalistes à Moscou que des accords “importants” ont été conclus dans la sphère financière pour faciliter les paiements des entreprises et des citoyens russes. Il a déclaré : “Les décisions très importantes qui ont été prises au cours des discussions d’aujourd’hui vont porter nos liens économiques et commerciaux à un nouveau niveau dans pratiquement tous les domaines.”

Aucune des parties n’a divulgué le pourcentage de paiements en roubles pour les contrats de gaz. Mais cette initiative met Erdogan en porte-à-faux avec Washington. Bien sûr, les paiements en roubles de la Turquie aident non seulement la Russie à éviter les paiements en dollars et les restrictions liées aux sanctions imposées à ces paiements, mais renforcent également le rouble (que le président américain Joe Biden a un jour promis de transformer en “décombres”).

Erdogan a déclaré aux journalistes sur son vol de retour qu’il existe une nouvelle “feuille de route” pour améliorer les relations bilatérales qui servira de “source de pouvoir entre la Turquie et la Russie en termes financiers”. En effet, le système Mir contournera l’exclusion de Moscou du réseau transnational de communication bancaire SWIFT, et permettra aux hommes d’affaires russes de transférer directement de l’argent en Turquie. (…)

Parallèlement, la partie russe a fait part de son intérêt pour l’établissement d’un plus grand nombre de zones de libre-échange en Turquie, signalant que les entreprises russes augmenteraient leurs investissements si davantage de ces zones étaient établies, en particulier sur les côtes de la mer Noire.

Il y a beaucoup d’argent russe en circulation dans le monde, et ces investisseurs, pour la plupart non sanctionnés, se trouvent pour l’instant en grande partie aux Émirats arabes unis, étant donné l’avantage qu’offre Dubaï en tant que l’un des centres de commerce et de technologie financière du monde.

Il est clair que les entreprises russes préfèrent la Turquie, qui est géographiquement proche de la Russie et de l’Europe (en termes de production et de possibilités d’exportation) et qui a toujours su résister aux éventuelles pressions américaines (contrairement aux EAU).

Erdogan a trouvé cette idée extrêmement intéressante, tant du point de vue du développement des régions relativement arriérées de la mer Noire que de l’impulsion générale qu’elle pourrait donner à l’économie turque – sans parler de son attrait électoral lorsque le président turc cherchera à renouveler son mandat en juin 2023.

Certes, Poutine a conclu avec Erdogan un accord qui transformera profondément les relations russo-turques.

Poutine a bouleversé les sanctions occidentales en créant une fenêtre d’opportunité pour soutenir les vastes partenariats économiques de la Russie avec le marché mondial par le biais de la Turquie.

Pendant ce temps, Erdogan entrevoit une rare opportunité de sortir de la crise économique de son pays en utilisant la connexion avec la Russie, et de mettre en avant sa prochaine campagne électorale comme une réussite.

Poutine récolte l’investissement personnel qu’il a fait en créant une relation de respect et de confiance mutuels avec Erdogan au cours de la dernière décennie. La rencontre de Sotchi montre que cet investissement a été très rentable, à un moment où la Russie considère la Turquie comme un partenaire indispensable. (…)

Il ne fait aucun doute que cette évolution a des implications géopolitiques de grande envergure.

La consternation règne déjà dans les capitales occidentales. L’Occident trouve qu’il est difficile de vivre avec Erdogan, mais en même temps, il lui est impossible de vivre sans la Turquie.

Si la diplomatie d’Erdogan peut s’avérer perturbatrice et imprévisible, il existe également une admiration sournoise pour les liens étroits de la Turquie au niveau régional, qui lui confèrent un poids politique, comme le montre le récent accord sur les céréales.

Ivo Daalder, ancien ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN et président du Chicago Council on Global Affairs, a écrit dans Politico qu’Erdogan est à la fois un méchant et un héros dont “la présidence a porté les offenses de la Turquie à un niveau entièrement nouveau”, mais l’importance stratégique du pays pour l’OTAN est néanmoins claire. “En d’autres termes, la Turquie est un allié avec lequel il est de plus en plus difficile de vivre et presque impossible de vivre sans”.

Bien sûr, pour l’alliance occidentale, la coupe la plus désagréable de toutes a été le refus d’Erdogan d’imposer des sanctions à la Russie. L’ironie du sort veut que ce refus offre une bouée de sauvetage cruciale à la Russie assiégée, tout en offrant à Erdogan un tremplin pour rajeunir l’économie de son pays et s’assurer un nouveau mandat en 2023“. 

Le duc de Richelieu (1766-1822), gouverneur de la Nouvelle Russie de 1803 à 1814, a sa statue à Odessa face au port

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11 août 2022

GUERRE UKRAINE-RUSSIE : LES BATAILLONS DE VOLONTAIRES DE L'ARMEE RUSSE

Les bataillons de volontaires de l’armée russe

 

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par Andrei Vinokurov.

Comment les régions forment des unités pour participer aux opérations en Ukraine

À la fin de la semaine dernière, on a appris la formation de trois unités de volontaires « nommées » à Saint-Pétersbourg pour participer à une opération militaire spéciale en Ukraine. Depuis plusieurs mois, les autorités régionales et les organisations d’anciens combattants font appel à des volontaires pour rejoindre ces unités, en leur promettant des paies intéressantes et tout l’équipement nécessaire. Les questions de procédure sont réglées par le biais des bureaux d’enregistrement et d’enrôlement militaires où ceux qui veulent rejoindre l’opération spéciale signent des contrats avec le ministère de la Défense. En règle générale, ces unités sont composées de compatriotes de la même région qui sont formés ensemble et devront prendre part à des opérations de combat.

L’information sur la création des détachements de volontaires « Kronstadt », « Neva » et « Pavlovsk » à Saint-Pétersbourg est apparue le 4 août dans le sous-public « Vkontakte » sous le nom de « Point de sélection du service militaire contractuel ». Selon l’annonce, ces unités sont dotées d’un personnel « exclusivement composé de résidents de St. Petersburg ».

La formation de telles unités est en cours dans toutes les régions depuis le printemps : Kommersant calcule qu’au moins deux douzaines de régions ont déjà créé plus de 40 unités de ce type.

Des informations à leur sujet sont publiées dans les médias et sur les réseaux sociaux gouvernementaux, et on leur donne des noms indiquant d’une manière ou d’une autre leur appartenance territoriale. En règle générale, ces unités sont composées de résidents de la région où elles sont formées, qui s’entraînent ensemble et se préparent au combat, puis sont envoyées ensemble en Ukraine.

Ainsi, en Yakoutie, l’unité de volontaires est appelée Bootur. Selon les légendes locales, Ellei Bootur est considérée comme le premier ancêtre des Yakoutes. Le 28 juillet, dans son canal Telegram, Aisen Nikolaev, chef de la république, a écrit au sujet de son déploiement imminent pour « la libération des républiques amies, le renforcement des frontières et la défense de notre pays ». Selon le commandant du Bootur, Aleksandr Kolosov, elle est composée de chauffeurs, de mécaniciens, d’opérateurs de défense anti-aérienne et de mitrailleurs.

« Le premier principe que nous enseignons ici est le compatriotisme… Le bataillon viendra chez ses compatriotes préparés et sera un bon soutien pour les unités militaires qui prennent part à l’opération spéciale en Ukraine », a décrit le gouverneur Oleg Kozhemyako des tâches de l’unité côtière du Tigre. La formation du bataillon a été annoncée le 9 juillet par le service de presse du gouvernement provincial. Ses hommes sont entraînés sur la base de la 155e brigade de marine de la flotte du Pacifique.

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« L’idée est que les bataillons ne seront formés que de natifs du Tatarstan, de sorte qu’ils se formeront côte à côte, se connaîtront, marcheront ensemble et rempliront les missions qui leur sont assignées », a expliqué le principe de la formation des bataillons « Alga » et « Timer » (qui signifie en tatar « Avant » et « Fer ») par le major Evgeny Tokmakov, chef du point de sélection pour le service militaire sous contrat à Kazan. Liliya Galimova, porte-parole du président du Tatarstan, a affirmé que cette initiative était née « d’un appel du cœur » : « D’après ce que je comprends, les personnes qui ont été directement impliquées dans le projet se sont manifestées. Je n’ai pas entendu d’appel de la part des dirigeants de la république ». Les bataillons tatars ont leur propre chaîne Telegram, où des vidéos de campagne sont périodiquement publiées. « Je suis Alexei. Tous les jours, je travaille sur le terrain dans ma ville natale de Volzhsk », dit dans l’un d’eux un volontaire qui monte dans un BMP. « Je suis Bulat, un spécialiste en informatique de Nizhnekamsk. Je développe des logiciels pour de grandes entreprises de la ville », dit un autre.

Pour s’inscrire au bataillon de communication tchouvache « Atal » (Volga en tchouvache), qui n’est également ouvert qu’aux résidents de la république, la connaissance de la langue tchouvache est considérée comme un atout. Pour signer le contrat, l’expérience du service militaire n’est pas requise, mais il faut être titulaire d’un diplôme en communication ou d’un permis de conduire de catégorie B, C, D, E.

La compagnie de fusiliers motorisés « Perma » de 90 hommes et le bataillon de chars Molot (environ 160 hommes) sont en cours de formation dans le kraï de Perm. Un autre bataillon de chars portant le nom de Kuzma Minin est en cours de formation dans la région de Nizhny Novgorod. La région d’Amur, comme l’ont rapporté les médias locaux à la mi-juillet, est en train de constituer le bataillon de fusiliers motorisés Amursky, qui devrait compter 400 à 500 hommes. Le site web du gouvernement de la région de Saint-Petersbourg a publié une annonce concernant le recrutement pour les divisions d’artillerie « Nevsky » et « Ladozhsky ». La région de Tioumen a annoncé la formation de trois unités aux spécialisations différentes : le bataillon de déminage « Tobol », la compagnie de tireurs d’élite « Taïga » et la division d’artillerie « Sibir ». Selon la version officielle, « Tobol » a été formé à l’initiative d’anciens combattants de l’école supérieure de commandement du génie militaire de Tyumen. Les premiers groupes de volontaires de ces unités sont partis pour l’opération spéciale à la fin du mois de juillet.

Deux bataillons de fusiliers motorisés ont été préparés pour l’opération spéciale par la Bashkiria. Le premier, qui porte le nom de Minigali Shaimuratov (un commandant bachkir soviétique pendant la Grande Guerre patriotique), a été annoncé en mai dernier par l’organisation républicaine « Vétérans des Marines et des Forces spéciales de la Marine ». Et en juin, les « vétérans des troupes aéroportées et des forces spéciales du Bashkortostan » ont annoncé la création d’un bataillon portant le nom d’Alexandre Dostavlatov (citoyen d’Ufa mort lors de la deuxième guerre de Tchétchénie). Le chef de la république, Rady Khabirov, a déclaré que l’effectif total des deux bataillons dépassait 800 hommes.

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Dans un certain nombre de régions, des unités de soutien sont en cours de création

Par exemple, le bataillon logistique « Seim » de l’Oblast de Koursk s’occupera du carburant, de la nourriture, des munitions, etc. La région d’Omsk a annoncé la création d’une société de réparation, d’une société de logistique et d’une unité médicale appelée Irtysh, Avangard et Om. Il existe une forte demande de mécaniciens de véhicules, de logisticiens, de transitaires, de magasiniers et de personnel paramédical. Selon les autorités d’Omsk, au début de la semaine dernière, 150 demandes de service ont été reçues, 50 personnes ont déjà été sélectionnées et incluses dans l’ordre, et 400 autres personnes ont appelé le numéro de contact et déclaré leur volonté de rejoindre les bataillons nommés.

Parmi les autres unités « nommées » figurent l’Angara (Oblast d’Irkoutsk), les bataillons de Tcheliabinsk Ouralets du Sud (261 personnes) et Oural du Sud (253), le Toyan de Tomsk (nommé d’après un prince de la tribu tatare Eushtin qui vivait sur les rives de la rivière Tom au XVIIe siècle). Les bataillons d’Ulyanovsk Sviyaga (la rivière qui traverse Ulyanovsk) et Simbirsk devraient compter chacun 200 combattants. Selon Maksim Korzhov, chef adjoint du point central de recrutement à Ulyanovsk, l’intérêt pour les contrats est « très élevé » : plus de 100 appels par jour sont reçus.

Dans le kraï de Krasnodar, des unités de volontaires sont formées sur la base des troupes de cosaques du Kouban. En avril, un détachement portant le nom de Zakhary Chepiga, ataman des troupes cosaques de la mer Noire, y a été créé, et en mai – le détachement du Kouban. Un total d’environ 1200 cosaques sont impliqués dans l’opération spéciale, et il y a un centre spécial pour la formation des volontaires cosaques dans la région. Le 22 juillet, le site Internet de l’Union des guerriers cosaques de Russie et de l’étranger a publié des informations sur la réorganisation du détachement cosaque du Don en brigade et sur l’ajout du bataillon de Terek à celle-ci. La nouvelle brigade doit également inclure les unités de Kuban et de Yenisei. Les médias avaient déjà fait état de la participation des unités cosaques de Yermak et de Tavrida à l’opération spéciale.

Dans toutes les régions, les formalités relèvent du ministère de la Défense : les volontaires signent des contrats avec le ministère pour plusieurs mois avec possibilité de prolongation et obtiennent le statut officiel de militaires sous contrat.

Le gouverneur Kozhemyako de Primorye a décrit dans une interview un schéma typique de nombreuses entités constitutives de la Fédération de Russie pour la répartition des tâches dans la formation des équipes de rugby : dans le cas du « Tigre », les munitions (gilets pare-balles et casques) sont fournies par la flotte du Pacifique, la région s’occupe des vêtements et des équipements spéciaux (« diverses lunettes, radios, drone »), et les armes sont fournies par le ministère de la Défense.

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Les rémunérations

Les paiements promis aux volontaires varient d’une région à l’autre. Par exemple, dans la région d’Omsk, on dit qu’après leur arrivée sur le territoire du Caucase du Nord, les employés contractuels recevront au moins 130 000 roubles. Dans d’autres régions, des chiffres plus élevés dépassant les 200 000 roubles sont mentionnés. Et dans le Kraï de Perm, ils promettent que les volontaires ne recevront pas moins de 300 000 roubles par mois. Les autorités régionales sont prêtes à effectuer des paiements ponctuels (à partir de 100 000 roubles), mais ils ne sont pas toujours disponibles immédiatement. Par exemple, au Tatarstan, on promet aux volontaires de ne recevoir que 60 000 roubles immédiatement, et ils recevront 200 000 roubles après avoir franchi la frontière. En outre, les soldats sous contrat ont droit à divers paiements pour les opérations de combat réussies et à l’indemnité journalière de 8000 roubles « pour chaque jour d’offensive ». « pour chaque jour de l’offensive. Des paiements supplémentaires régionaux sont également prévus en cas de décès des volontaires : par exemple, en Bachkirie, leurs familles doivent recevoir 12,3 millions de roubles.

Pour rappel, la Tchétchénie a commencé à former des unités militaires nommées à partir de résidents locaux bien avant les événements en Ukraine, et elles participent à l’opération militaire spéciale depuis les premiers jours. Il s’agit notamment des unités OMON et SOBR Akhmat (du nom du président tchétchène Akhmad Kadyrov en 2003-2004), du bataillon Sud et du 141e régiment motorisé du nom d’Akhmat-Khadzhi Kadyrov. Fin juin, le président tchétchène Ramzan Kadyrov a annoncé la formation de quatre nouveaux bataillons pour participer aux opérations : « Nord-Akhmat », « Sud-Akhmat », « Ouest-Akhmat » et « Est-Akhmat ».

Un fonctionnaire fédéral bien informé a déclaré à Kommersant sous couvert d’anonymat que les unités contractuelles sont formées sur une base territoriale, car cela permet de travailler plus facilement avec des volontaires.

Les autorités régionales ont été invitées à fournir un soutien en matière d’information en premier lieu, ainsi qu’un soutien financier et une collecte de fonds pour un soutien logistique supplémentaire. Lorsqu’on a demandé si de telles unités poseraient des problèmes à l’endroit où elles sont formées, l’interlocuteur de Kommersant a répondu : « C’est le principe du moindre mal. Nous devrons nous battre pendant longtemps et dans plusieurs directions ».

source : Kommersant

via Veille Stratégique

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10 août 2022

GUERRE UKRAINE-RUSSIE ... LE MONDE OCCIDENTAL EST-IL DEVENU FOU VEUT-IL UNE TROISIEME GUERRE MONDIALE ?

Medvedeev: La Russie frappera les

 

centres de décision même hors d’Ukraine

 

 

Les Etats-Unis ont décidé de franchir une nouvelle étape dans leur guerre par procuration contre la Russie: Ils ont, après quelques simagrées d’hésitations, décidé de livrer à l’Ukraine des « MLRS – Multiple Launch Rocket System – Lanceurs de missiles multiples » à longue portée. La portée des missiles va jusqu’à 300 km selon les missiles employés.

On voit sur une carte qu’un MLRS muni de missiles de portée maximale (300 km) opérant depuis des zones pour le moment contrôlée par Zelensky, peut atteindre la Russie à Briansk, Kursk, Belgorod et Oriol, Sebastopol en Crimée, etc

Bien entendu Zelensky pour s’attirer les bonnes grâces de ses sponsors américains a « promis » de ne pas utiliser ces MLRS pour « frapper en Russie ». On sait ce que valent les promesses de Zelensky qui envoie à la mort, selon ses propres déclarations la semaine dernière « environ 100 ukrainiens par jour »!

En Russie, on prend la mesure de la menace et nos forces ont très fortement augmenté le rythme et la puissance des frappes de missiles pour détruire un maximum d’infrastructures de transport grâce auxquelles les MLRS et autres matériels peuvent circuler en Ukraine. Ponts, tunnels, noeuds ferroviaires et dépôts de carburant sont détruits. Malgré tout il est clair qu’une partie du matériel peut circuler, et la Russie a fait une mise en garde très claire qui s’adresse non seulement à Zelensky, mais aussi et surtout à ses sponsors occidentaux:

L’ancien président Medvedeev, actuel secrétaire adjoint du Conseil de Sécurité, a ainsi déclaré hier:

Dans le cas où des types d’armes [fournies par les États-Unis] seraient utilisées contre le territoire russe, les forces armées de notre pays n’auront d’autre choix que d’agir pour détruire les centres de décision. Tout le monde comprend de quel type de centres il s’agit – le ministère de la Défense, l’état-major général et tout le reste. Mais vous devez comprendre que les centres de décision finale dans ce cas, malheureusement, ne sont même pas situés sur le territoire de Kiev. Il s’agit donc certainement d’une menace dont il faudra tenir compte.

 

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Les choses sont donc claires: Les « centres de décision » seront frappés, même s’ils sont hors d’Ukraine. Cela concerne bien entendu les Etats-Unis qui fournissent ces MLRS, mais on peut considérer que si une frappe était ordonnée contre un centre de décision situé aux Etats-Unis, d’autres le seront également contre les pays de l’OTAN qui sont la courroie de transmission des américains en Europe. Et puis on n’oublie pas ici que la France fournit des canons Caesar à longue portée à l’Ukraine et que l’Angleterre elle aussi envoie des systèmes MLRS!

Car soyons clairs: Si les Etats-Unis fournissent à l’Ukraine (et justement ils le font!) des armes capables de frapper la Russie, ils seront responsables de leur usage contre la Russie, qui n’aura alors pas d’autre alternative que d’en tirer les conséquences sur le plan militaire. Et la Russie n’a ni les moyens ni l’envie d’une guerre longue contre les Etats-Unis et l’OTAN, elle aura donc l’obligation d’utiliser des moyens non conventionnels (Il ne s’agit pas forcément de frappes nucléaires, la Russie ayant à sa disposition d’autres armes qui lui sont uniques actuellement) pour frapper massivement et fort, pour sa simple survie.

Au Kremlin on est quasiment certain que les Etats-Unis ne riposteront pas autrement que par de violentes déclarations et menaces si la Russie est obligée de lancer une attaque ciblée contre des objectifs situés aux Etats-Unis. A part quelques irresponsables hystériques comme l’ancien ambassadeur américain MacFaul qui propose de lancer des frappes nucléaires contre la Russie, les déclarations de la plupart des hauts responsables américains semblent bien montrer d’une part qu’ils en sont conscients, et d’autre part qu’ils ne veulent pas entrer en guerre contre la Russie.

C’est d’ailleurs ce que Biden lui-même a déclaré à plusieurs reprises. On peut alors se demander pourquoi il a finalement accepté de livrer ces MLRS à Zelensky. Il est clair que Biden n’est qu’une marionnette aux mains de certaines structures, lui a t’on imposé ces livraisons? Quoiqu’il en soit, si Zelensky frappe la Russie, ces questions n’auront plus grande importance: La Russie frappera massivement ceux qui ont livré le matériel.

Boris Guennadevitch Karpov
https://boriskarpov.tvs24.ru

 

 

Vers une intervention de

 

l’OTAN au Donbass?

 

Malgré les déclarations répétées de Biden comme quoi les Etats-Unis n’enverront pas de troupes en Ukraine, il semble que celui-ci se fasse dépasser par ses extrèmistes. Ainsi Wesley Clark, ancien commandant en chef allié des États-Unis et de l’OTAN, appelle ouvertement à une intervention militaire de l’OTAN en Ukraine:

« L’OTAN doit intervenir. Rendons cela officiel et ordonnons aux Russes de cesser le feu. Le conflit ne peut être arrêté sans l’intervention de l’OTAN »

https://t.me/boriskarpovblog/1589

Il est clair qu’a Washington ce n’est pas Biden qui dirige mais le complexe militaro-industriel et les plus extrêmes des « faucons » américains. Ceux-ci voient d’ailleurs avec un mauvais oeil la défaite évidente de l’Ukraine, défaite annoncée maintenant même par les experts militaires occidentaux les plus anti-russes qui soient!

Car sur le terrain, l’artillerie Russe frappe en permanence et les troupes ulrainiennes qui se transforment soit en monceaux de cadavres soit en débandade complète. Même les armes occidentales n’y changent rien, puisque les ukrainiens s’avèrent incapables de les faire fonctionner correctement, n’ayant pas été formés convenablement. Celles qui n’ont pas été détruites par nos frappes restent donc sur le terrain inutilisées…. et tombent entre les mains des forces russes!

Une intervention de l’OTAN changerait complètement la donne… mais pas dans le sens souhaité par les occidentaux: Il ne fait absolument aucun doute que la Russie dans ce cas sortirait ses nouvelles armes pour frapper massivement, « quelque chose que vous n’avez jamais vu » a déclaré Vladimir Poutine. Je n’ai moi-même qu’une vison très partielle de nos nouvelles armes mais le peu que j’en sais me fait être certain à 200% que ce sera un coup décisif et fatal pour l’OTAN et les Etats-Unis.

Car les occidentaux et l’OTAN semblent avoir quelque peu oublié le but ultime de notre opération militaire en Ukraine: C’est tout simplement d’empêcher définitivement l’Ukraine de devenir un porte-avions de l’OTAN à nos frontières et, en allant plus loin c’est un combat à mort contre les mondialistes. Une intervention de l’OTAN ne ferait donc finalement qu’accélérer les choses, puisque la Russie détruirait sans coup férir une grande partie du camp mondialiste.

Et en Russie beaucoup – et non des moindres…- se disent que, finalement, ça ne serait pas une mauvaise chose, et ça permettrait d’en finir une bonne fois pour toutes avec la peste mondialiste.

Boris Guennadevitch Karpov
https://boriskarpov.tvs24.ru

 

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L’Armée Populaire de Libération (APL) prolonge les exercices d’encerclement de Taïwan ; les exercices ne s’arrêteront pas ...

L’Armée Populaire de Libération (APL)

 

prolonge les exercices d’encerclement de

 

Taïwan ; les exercices ne s’arrêteront

 

pas avant la réunification

 

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par Liu Xuanzun.

L’APL prolonge les exercices d’encerclement de Taïwan par une guerre anti-sous-marine et présente une capacité inégalée (APL) de déni de zone ; les exercices ne s’arrêteront pas avant la réunification.

L’Armée populaire de libération (APL) chinoise a poursuivi lundi ses exercices militaires et ses activités d’entraînement autour de l’île de Taïwan, marquant ainsi une prolongation du calendrier précédemment annoncé. De tels exercices ne s’arrêteront pas et devraient devenir une routine jusqu’à la réunification, la Chine continentale montrant sa détermination à faire avancer le processus de réunification après la visite provocatrice de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, sur l’île la semaine dernière, qui a gravement violé la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine, selon les experts.

Les exercices ne verrouillent pas seulement l’île de l’intérieur vers l’extérieur, mais aussi de l’extérieur vers l’intérieur, indiquant aux forces extérieures que l’APL dispose de puissantes capacités de déni de zone dans la région avec lesquelles même les États-Unis ne peuvent rivaliser, selon les analystes.

Le commandement du théâtre oriental de l’APL a poursuivi lundi des exercices conjoints réalistes orientés vers le combat dans l’espace maritime et aérien autour de l’île de Taïwan, en se concentrant sur la guerre anti-sous-marine conjointe et les opérations d’assaut en mer, a déclaré le commandement du théâtre oriental de l’APL dans un communiqué.

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Au cours des exercices, le destroyer à missiles guidés de type 052C Changchun opérant dans les eaux au sud-ouest de l’île de Taiwan a coordonné plusieurs avions de lutte anti-sous-marine Y-8 et a formé une formation de lutte anti-sous-marine avec l’hélicoptère anti-sous-marin Ka-28 du Changchun, a rapporté la télévision centrale chinoise (CCTV).

L’avion de lutte anti-sous-marine Y-8 a largué des bouées acoustiques pour une détection à grande distance, l’hélicoptère Ka-28 a aidé à la localisation de précision et le destroyer a effectué une recherche approfondie. Après avoir localisé la cible, le destroyer a effectué une attaque simulée et a immédiatement déclenché des contre-mesures pour se défendre. L’hélicoptère et l’avion de lutte anti-sous-marine ont également mené des attaques simulées, rapporte CCTV.

Les exercices de lundi ont également permis de s’entraîner à prendre le contrôle de la mer grâce à des exercices anti-sous-marins, selon les analystes.

Les forces armées taïwanaises exploitent des sous-marins obsolètes, qui doivent néanmoins être neutralisés si l’APL entame une opération de réunification par la force, a déclaré lundi au Global Times un expert militaire basé à Pékin, qui a requis l’anonymat.

Les forces d’interférence militaire extérieures possibles, comme les Etats-Unis et le Japon, disposent de sous-marins plus avancés, en particulier les sous-marins américains à propulsion nucléaire, de sorte que la pratique d’exercices de guerre anti-sous-marine dans les terrains sous-marins réels autour de l’île de Taiwan est très importante, a déclaré l’expert.

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Les exercices ont montré que l’APL peut détecter, localiser et attaquer des sous-marins hostiles à partir de plusieurs dimensions, et se défendre contre leurs attaques, a déclaré l’expert.

Bien que le reportage de CCTV n’ait pas confirmé la participation d’un sous-marin de l’APL aux exercices, Zhang Junshe, chercheur principal à l’Académie de recherche navale de l’APL, a déclaré à Global Times que l’APL avait envoyé un groupe de porte-avions comprenant au moins un sous-marin à propulsion nucléaire aux exercices en cours autour de l’île de Taïwan pour son premier exercice de dissuasion par porte-avions. L’APL exploite également un certain nombre de sous-marins conventionnels.

Des avions de chasse et des avions d’alerte précoce ont également mené des opérations de reconnaissance, d’alerte précoce et de soutien autour de l’île de Taïwan, rapporte CCTV.

Un hélicoptère anti-sous-marin Ka-28 de l’Armée populaire de libération chinoise (APL) sur le pont d’envol du destroyer à missiles guidés Type 052C Changchun, le 8 août 2022. Le Commandement du théâtre oriental de l’APL a poursuivi lundi des exercices conjoints réalistes orientés vers le combat dans l’espace maritime et aérien autour de l’île de Taïwan. Photo : Avec l’aimable autorisation du compte Sina Weibo du Commandement du théâtre oriental de l’APL.

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Cela deviendra-t-il une routine ?

Les exercices de lundi signifient que l’APL a prolongé ses exercices autour de l’île de Taïwan, qui devaient initialement se terminer dimanche midi.

« Tant que la question de Taïwan ne sera pas résolue, les exercices de ce type ne s’arrêteront pas », a déclaré Song Zhongping, expert militaire et commentateur de télévision de la Chine continentale, à Global Times lundi.

Les exercices de l’APL pourraient devenir une routine, a déclaré Song. Plus l’île est bloquée longtemps, plus cela montre le contrôle exercé par la Chine continentale sur l’île, a-t-il ajouté.

Interrogé sur les exercices de l’APL lors d’une conférence de presse régulière lundi, Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré que ces exercices étaient transparents et professionnels.

Les autorités compétentes publiant des avis à ce sujet, les exercices respectent les lois nationales et internationales ainsi que les pratiques internationales, et visent à avertir les provocateurs et à sauvegarder la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, a déclaré Wang.

L’administration de la sécurité maritime de la province chinoise de Fujian (est) a publié mercredi un avis établissant les zones de restriction pour les exercices de jeudi à dimanche, mais aucun avis de ce type n’a été publié pour les exercices de lundi. Si aucune nouvelle zone de restriction n’est établie pour les exercices supplémentaires, c’est parce qu’ils ne mettront pas en danger les activités civiles normales, donc probablement sans tirs à balles réelles, selon les experts.

Les activités militaires, y compris celles des États-Unis, n’entraînent pas non plus toujours la création de zones de restriction si elles n’ont pas d’impact sur les autres navires ou aéronefs, a expliqué M. Song.

Lorsqu’il est nécessaire, par exemple, d’empêcher les navires de guerre américains de pénétrer dans le détroit de Taiwan, l’APL peut toujours établir de nouvelles zones de restriction, a ajouté M. Song.

Le Pentagone a ordonné au porte-avions USS Ronald Reagan de rester dans les eaux proches de l’île de Taïwan, et les États-Unis « effectueront des transits aériens et maritimes standard dans le détroit de Taïwan au cours des prochaines semaines », a déclaré jeudi le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche, John Kirby, cité par le média américain Business Insider.

Les exercices de l’APL visent à dissuader les sécessionnistes « indépendantistes de Taïwan » et les forces d’ingérence extérieures, et non à perturber la vie quotidienne des habitants de l’île, a précisé M. Song.

Peu après l’atterrissage de Mme Pelosi sur l’île de Taïwan le 2 août, le commandement du théâtre oriental de l’APL a répondu par des exercices militaires conjoints autour de l’île à partir du même jour. Puis l’agence de presse Xinhua a annoncé que l’APL mènerait une série d’exercices militaires à balles réelles du jeudi midi au dimanche midi dans six zones différentes qui encerclent l’île dans toutes les directions.

La première phase des exercices, qui a débuté dans la soirée du 2 août, a consisté en des exercices maritimes et aériens conjoints dans l’espace maritime et aérien au nord, au sud-ouest et au sud-est de l’île. Les rapports officiels montrent des avions de chasse furtifs J-20 décollant pour les exercices et des lanceurs de roquettes et de missiles se mobilisant à la faveur de la nuit.

Mercredi, le commandement du théâtre oriental de l’APL a organisé ses forces affiliées, à savoir la marine, l’armée de l’air, la force des missiles, la force de soutien stratégique et la force de soutien logistique conjointe, et a effectué des exercices conjoints réalistes axés sur le combat dans l’espace maritime et aérien au nord, au sud-ouest et au sud-est de l’île de Taïwan, les exercices conjoints de blocus, d’assaut maritime, d’attaque terrestre et de combat aérien étant au cœur de l’opération.

La deuxième phase des exercices a débuté jeudi par des exercices de tir réel d’artillerie à longue portée dans le détroit de Taïwan par l’armée de terre, suivis d’assauts avec de multiples types de missiles conventionnels dans plusieurs zones maritimes désignées à l’est de l’île de Taïwan par la Force des missiles. Plus de 100 avions de guerre et plus de 10 navires de guerre ont encerclé l’île pour des missions de blocus, de reconnaissance et de patrouille d’alerte.

Vendredi, des chasseurs, des bombardiers, des avions d’alerte précoce et des avions de reconnaissance électronique ont pratiqué la prise de la supériorité aérienne, la couverture et le soutien, la frappe aérienne, la reconnaissance et l’alerte précoce, les pilotes confirmant visuellement le littoral de l’île de Taiwan et la chaîne de montagnes centrale. Des navires de guerre bloquant l’île se sont approchés du littoral de l’île tandis que des marins observaient attentivement un ancien navire de guerre de l’île de Taiwan à proximité.

Des navires de guerre, des avions de guerre et des missiles antinavires basés sur la côte ont été déployés lors des exercices de samedi pour affiner les capacités d’attaque terrestre et d’assaut maritime sous un soutien systémique, les forces de la marine rejoignant leurs homologues de l’armée de l’air, renforçant ainsi l’interopérabilité soutenue par un système opérationnel conjoint.

Le dernier jour des exercices initialement prévus dimanche, les bombardiers et les chasseurs-bombardiers ont lancé des exercices de frappe à saturation avec divers types de munitions de précision, les bombardiers traversant simultanément le détroit de Taiwan du nord au sud et du sud au nord, effectuant une mission de dissuasion autour de l’île.

Maintenant que l’APL a étendu les exercices, elle a pratiqué lundi des opérations conjointes de lutte anti-sous-marine et d’assaut en mer.

Fu Qianshao, un expert de l’aviation militaire de la Chine continentale, a déclaré à Global Times que l’APL devrait continuer à pratiquer différentes tactiques et éléments de combat, notamment l’implication de porte-avions et la guerre de débarquement amphibie.

source : Global Times

traduction Avic pour Réseau International

illustration : Des avions de guerre du Commandement du théâtre oriental de l’Armée populaire de libération chinoise (APL) effectuent des opérations lors d’exercices d’entraînement au combat conjoint autour de l’île de Taiwan, le 7 août 2022. Le Commandement du théâtre oriental a poursuivi ses exercices d’entraînement au combat conjoint comme prévu dimanche dans les eaux et l’espace aérien autour de l’île de Taïwan. Photo : Xinhua

 

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08 août 2022

159/162 JOURS DE GUERRE EN UKRAINE AVEC LA RUSSIE DE POUTINE ... QUAND CELA S'ARRÊTERA-T-IL UN JOUR ?

Guerre d’Ukraine – Jours 159-162 –

 

L’administration Biden n’a pas assez

 

de la Russie à affronter. Maintenant

 

il lui faut aussi la Chine! par Edouard Husson

"Placées aux deux extrémités de l’Europe, la France et la Russie ne se touchent point par leurs frontières, elles n’ont point de champ de bataille où elles puissent se rencontrer ; elles n’ont aucune rivalité de commerce, et les ennemis naturels de la Russie sont aussi les ennemis naturels de la France". (François-René de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe). On ignore souvent que Chateaubriand fut la principale source d'inspiration du Général de Gaulle en matière diplomatique. Au coeur de la vision d'une politique étrangère forgée par la monarchie et qui pût être utilisée, sans modification, par la République, il y avait la nécessité de s'entendre avec la Russie, telle que l'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe, qui fut aussi Ministre des Affaires Etrangères sous la Restauration, l'expose. Faute d'avoir adhéré à ces "piliers de la sagesse diplomatique" française, notre actuelle diplomatie est en train d'être engloutie dans le désastre d'une guerre occidentale qui n'est pas la nôtre, au risque de voir notre pays écarté pour longtemps des affaires du monde - alors que notre géographie nous met en position idéale, sur tous les océans de la planète. Il faudra sans aucun doute du temps pour réparer les énormes erreurs de l'actuelle (absence de) stratégie française. Ce n'est pas une raison pour ne pas comprendre le monde tel qu'il change: non seulement l'évolution de la bataille d'Ukraine mais le retour à l'équilibre des puissances avec, au coeur du nouveau dispositif, la Russie et l'Eurasie.

La Bataille d’Ukraine

1er août 2022

+ selon @rybar: 

 Les forces armées russes ont frappé une installation de l’armée ukrainienne dans le village frontalier de Pavlivka dans la région de Soumi.

 L’artillerie et les missiles russes ont frappé des cibles à Kharkov, Merefa et dans les villes de la ligne de contact.

 Les drones de l’armée kiévienne effectuent une reconnaissance des positions russes et corrigent les tirs d’artillerie dans la région de Khotimlya, Borchtchova et Goptovka.

 Dans la direction de Slaviansk, les forces armées russes ont frappé des concentrations d’hommes et de matériel à Kramatorsk et Konstantinovka.

 En direction de Soledar, les forces armées russes ont frappé la concentration de soldats de l’armée ukrainienne près de Kodema sur la ligne de contact.

 Au cours de combats persistants, les forces alliées ont progressé jusqu’à la périphérie sud d’Avdievka et ont atteint la zone sud-est de Pisky.

 L’artillerie ukrainienne a tiré sur Donetsk, Gorlovka et Iasinouvata, utilisant également des bombes à fragmentation avec des mines ‘Petal’.

 Les forces alliées ont frappé les positions kiéviennes à Avdievka, Pavlovka et Vougledar.

 En direction de Zaporojie, des drones de la 44e brigade d’artillerie de l’armée ukrainienne effectuent une reconnaissance des positions russes aux abords d’Orokhov et de Gouliaïpolie.

 Près de Lougovskie, les soldats russes ont repéré un groupe ukrainien de sabotage et de reconnaissance. Au cours des combats, les Kiéviens ont subi des pertes et ont été contraints de battre en retraite.

 Les Ukrainiens continuent de préparer une offensive à Kherson. Dans la direction de Krivoï Rog, la 57e brigade motorisée est en cours de redéploiement depuis le Donbass. À Krivoï Rog, la 138e brigade de missiles antiaériens déploie des MANPADS pour couvrir les forces terrestres depuis les airs.

 Les forces armées russes ont frappé des cibles à Nikolaïev, Zelenodolsk, Novovojnesenskie et Velike Artakovie. L’armée de Kiev a lancé une frappe de missiles sur Skadovsk dans la région de Kherson.

+Le Ministère russe de la Défense a montré des images d’un tir de missile détruisant un ponton que les Kiéviens avaient installé dans la région de Kherson pour essayer de reprendre pied sur l’autre rive de la rivière appelée Ingoulets.  

Le ministère américain de la Défense a annoncé un autre programme d’aide militaire à l’Ukraine, évalué à un maximum de 550 millions de dollars. Cette autorisation est le dix-septième retrait d’équipement des stocks du Pentagone par l’administration Biden pour l’Ukraine depuis août 2021.

Le nouveau paquet comprend 75 000 cartouches de munitions d’artillerie de 155 mm et des munitions supplémentaires pour les HIMARS, systèmes de roquettes d’artillerie de haute mobilité.

Au total, les États-Unis ont déjà engagé environ 8,8 milliards de dollars en assistance de sécurité à l’Ukraine depuis le début de l’administration Biden. Depuis 2014, les États-Unis ont engagé plus de 10 milliards de dollars.

De son côté, le ministre ukrainien de la Défense a affirmé que quatre autres lanceurs mobiles HIMARS ont été livrés à l’Ukraine. Au total, Kiev a reçu 16 lanceurs des États-Unis.

De nombreux équipages ukrainiens des systèmes occidentaux sont sous le commandement direct de militaires d’active de l’armée américaine.

Le ministère russe de la Défense a affirmé ce même jour avoir détruit deux autres systèmes HIMARS à la suite d’une frappe sur  une usine de Kharkov. 53 militaires ukrainiens et mercenaires étrangers ont été tués dans cette attaque.

Jusqu’à présent, la partie russe a communiqué la destruction de 6 lanceurs HIMARS. 

L’équipement militaire fourni aux forces armées ukrainiennes par les alliés occidentaux de Kiev est utilisé non seulement dans les batailles sur les lignes de front, mais aussi pour les attaques contre les civils dans les républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.

Le 1er août, toujours, 355 obus ont été tirés par les forces ukrainiennes sur le territoire de la République Populaire de Donetsk. À la suite du bombardement de 13 localités différentes, un civil a été tué et quatre autres ont été blessés.

Les forces armées ukrainiennes ont aussi lancé 15 missiles HIMARS sur les villages de Pervomaisk et Stakhanov, endommageant les infrastructures civiles.

Un premier cargo avec 26 000 tonnes de grain ukrainien a quitté Odessa pour le Liban via Istamboul. Curieusement, la question de l’alimentation de la population ukrainienne avec une récolte réduite de moitié du fait de la guerre est rarement posée. 

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2 août 2022: 

Selon @rybar: 

 Les forces armées russes frappent des positions ukrainiennes près du village de Mikhailchine Sloboda dans la région de Tchernigov.

 Les forces russes ont frappé les positions des forces armées ukrainiennes dans le district de Kharkov, Tchouguïov et Bogodougov pendant la nuit. Les forces aériennes russes ont frappé les positions des formations ukrainiennes à Stari Saltov.

 Les forces alliées combattent dans la direction de Bakhmout (Artiomovsk) alors qu’elles continuent de percer les défenses ennemies.

 Les forces armées russes ont réussi à prendre pied dans la périphérie orientale de Soledar, fournissant une tête de pont pour une nouvelle offensive en profondeur dans la ville. Des combats sont en cours à Bakhmoutskoïe.

 Les forces russes ont occupé le village de Semigorie près de la centrale thermique d’Ouglegorsk, développant une nouvelle offensive vers Kodema.

 Les forces alliées répliquent aux attaques d’artillerie de l’armée ukrainienne dans la banlieue de Donetsk. À Peski, les formations ukrainiennes subissent de lourdes pertes et se retirent des positions fortifiées.

 Des soldats du 56e bataillon d’infanterie de l’armée ukrainienne ont subi des tirs “amis”, en se retirant vers Vodiane.

 Les formations ukrainiennes ont à nouveau bombardé des villes de l’agglomération de Donetsk. L’utilisation de mines “pétales” extrêmement dangereuses se poursuit.

 Dans la région de Zaporojie, les parties se livrent à des duels d’artillerie : les forces armées russes frappent des positions ennemies à Zaloznochnie, Malaïa Tokmachka, Kamianskie et Novoandreïevka.

 Dans les heures du matin, les forces russes ont lancé plusieurs frappes de missiles contre des installations à Nikolaïev : l’une d’elles a touché un emplacement de l’armée ukrainienne à l’université Soukhomline de Nikolaïev.

 Une autre cible des formations russes était une position de mercenaires de la légion étrangère ukrainienne à Nikolaïev : un grand nombre d’hommes et d’équipements militaires ennemis ont été détruits.

 Dans la soirée, les forces armées russes ont lancé une attaque au missile contre une installation de l’armée ukrainienne dans le district de Tchervonograd, dans la région de Lvov.

 D’autres frappes de missiles ont visé Vinnitsya : la défense aérienne ukrainienne n’a pas réussi à protéger les installations de l’armée ukrainienne.

3 août 2022: 

Le directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AEIA – ONU) est inquiet à propos de la centrale nucléaire de Zaporojie. Aussi orientée et confuse soit la dépêche d’AP, qui mélange Tchernobyl, Zaporojie et l’accord sur le nucléaire civil iranien, on lit entre les lignes que Rafael Grossi redoute une provocation ukrainienne sur le site. 

Selon @rybar: 

Dans le nord de la région de Kharkov, les forces armées russes combattent les formations ukrainiennes près de Borchtcheva, Veselog et Dementievka.

L’armée russe frappe les infrastructures militaires kiéviennes près de Kholodnaïa Hora et du district de Novobavarskiï à Kharkov.

Les combats pour le contrôle de Iakovlevka se poursuivent : l’artillerie et les MLRS russes visent les positions de l’armée ukrainienne dans la colonie (pour utiliser le terme soviétique encore en usage).

À Soledar, des combats sont enregistrés aux abords de l’usine KNAUF-Gypsum ; cependant, le contrôle russe de la périphérie est de la ville n’a pas encore été confirmé.

Près de Bakhmout (Artiomovsk), l’armée kiévienne tente sans succès une contre-attaque près de Pokrovskoïe : 3 bataillons subissent des pertes importantes en hommes et en véhicules blindés.

“Le bataillon “Somali” et le 11e régiment de la milice populaire de la République Populaire de Donetsk, qui avançaient dans Peski, se sont installés solidement dans la zone du barrage, établissant leur contrôle sur environ la moitié de la colonie.

Les combats de position se poursuivent à Marinka, où les forces de la République de Donetsk en progression tentent de prendre le contrôle du terril de la mine de Chtchourovka, d’une importance stratégique.

Dans la direction de Zaporojie, les forces armées russes ont frappé d’un tir d’artillerie le poste de commandement de la 65e brigade mécanisée de l’AFU près de Ioulievka.

Dans la région de Nikolaïev, des dépôts d’armes et de munitions de roquettes et d’artillerie et un dépôt de carburant à Variarivka et Galitsinovo ont été détruits.

Dans la région de Lvov, des missiles de haute précision lancés par avion ont détruit une base de stockage d’armes et de munitions de fabrication occidentale.

4 août 2022 – 

+ Le groupe de hackers russes Zarya a réussi à pénétrer et collecter des données de plusieurs sites gouvernementaux ukrainiens. 

Selon @rybar

 Les forces armées russes poursuivent leurs frappes sur le territoire de la Fédération de Russie : le village de Klimovo a été bombardé dans la région de Briansk.

 Les forces armées russes ont frappé des positions de l’armée ukrainienne dans le village frontalier de Medvedovka, dans la région de Tchernigov, ainsi que dans les communautés de Krasnopolsk et Miropillïa, dans la région de Soumi.

 Dans le nord de la région de Kharkov, des unités des forces armées russes sont engagées dans des combats de position près de Pitomirnik, Veseloh et Tcherkassy Tiskov.

 A Dergachy et dans d’autres villes de la région, la mobilisation forcée des civils est en cours, le commandement régional de l’armée kiévienne tente de compenser les pertes gigantesques subies ces dernières semaines.

 Dans la direction d’Izioum, à l’est de Protopopovka, deux  pelotons de la 93e brigade de l’armée ukrainienne sont envoyés pour découvrir le mouvement des groupes de reconnaissance russes.

Les combats les plus intenses se déroulent à la périphérie est de Soledar, où les forces alliées prennent d’assaut l’usine de gypse KNAUF.

 Des unités avancées des CMP Wagner sont entrées dans Bakhmout (Artiomovsk) par l’est, près de la rue Patrice Lumumba. Des combats ont déjà lieu dans les limites de la ville.

 Les forces alliées qui avancent de Semigorie combattent à la périphérie de Kodem.

 A Avdievka, Marinka et Peski, les forces alliées soutenues par l’aviation russe développent leur offensive et engagent des combats de rue dans les quartiers résidentiels.

 Les forces armées ukrainiennes ont bombardé le centre de Donetsk, où une cérémonie d’adieu a été organisée au théâtre de l’Opéra et du Ballet pour le colonel Olga Katchoura des forces républicaines. Cette attaque a fait huit morts et cinq blessés, tous civils. 

 Une autre frappe des forces armées ukrainiennes a touché la colonie correctionnelle 124 près de Lozovoïe, où des prisonniers de guerre ukrainiens seraient détenus.

 Dans le nord de Zaporojie, les forces armées russes ont frappé un dépôt de pétrole fournissant du carburant aux forces armées du Combiné Zvezda.

Le commandement ukrainien poursuit les préparatifs d’une offensive dans la direction de Krivoï Rog : les unités de la 60e division opérationnelle interrégionale font tourner leur personnel.

Amnesty International critique l’installation systématique de l’armée ukrainienne en zone résidentielle, dans les hôpitaux et les écoles. 

desastre de guerre en ukraine

+ Alors que d’éventuels crimes de guerre russes ont donné lieu à plusieurs communiqués critiques de l’armée russe depuis février, c’est la première fois qu’Amnesty International critique l’armée ukrainienne. Nous reproduisons le début du communiqué.

“Ukraine. Les tactiques de combats ukrainiennes mettent en danger la population civile

  • Des bases militaires sont installées dans des zones résidentielles, notamment dans des écoles et des hôpitaux

  • Des attaques sont lancées depuis des secteurs habités par des civil·e·s

  • Ces violations ne justifient cependant pas les attaques menées sans discrimination par les forces russes, qui ont fait de nombreux morts et blessés parmi la population civile

Les forces ukrainiennes mettent en danger la population civile en établissant des bases et en utilisant des systèmes d’armement dans des zones résidentielles habitées, notamment des écoles et des hôpitaux, lors des opérations visant à repousser l’invasion russe qui a débuté en février, a déclaré Amnesty International le 4 août.

Ces tactiques de combat violent le droit international humanitaire et mettent gravement en danger la population civile, car elles transforment des biens de caractère civil en cibles militaires. Les frappes russes qui en ont résulté dans des zones habitées ont tué des civil·e·s et détruit des infrastructures civiles.

« Nous avons réuni des informations sur de nombreux cas où les forces ukrainiennes ont mis en danger des civil·e·s et violé les lois de la guerre en opérant dans des zones habitées, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

« Le fait de se trouver dans une position défensive n’exempte pas l’armée ukrainienne de l’obligation de respecter le droit international humanitaire. »

Toutes les attaques russes sur lesquelles Amnesty International a rassemblé des informations n’ont cependant pas été menées dans des circonstances semblables. En effet, Amnesty International a dans d’autres cas conclu que la Russie avait commis des crimes de guerre, notamment dans certains secteurs de la ville de Kharkiv, sans avoir trouvé d’éléments prouvant que les forces ukrainiennes s’étaient installées dans les zones civiles visées de façon illégale par l’armée russe.

Entre avril et juillet, une équipe de recherche d’Amnesty International a pendant plusieurs semaines enquêté sur les frappes russes dans les régions de Kharkiv, du Donbas et de Mykolaïv. L’organisation a inspecté les sites de frappes, interrogé des victimes, des témoins et des proches de victimes des attaques, et recouru à la télédétection et analysé des armes.

Lors de toutes ces investigations, les chercheurs ont trouvé des éléments prouvant que les forces ukrainiennes ont lancé des attaques depuis des zones résidentielles peuplées et qu’elles se sont aussi basées dans des bâtiments civils dans 19 villes et villages de ces régions. Le Laboratoire de preuves du programme Réaction aux crises d’Amnesty International a analysé des images satellites afin de vérifier les informations recueillies sur le terrain.

La plupart des zones résidentielles où les soldats s’étaient installés se trouvaient à des kilomètres de la ligne de front. Ils auraient pourtant eu la possibilité de s’installer dans d’autres lieux qui n’auraient pas mis en danger la population civile, comme des bases militaires ou des zones densément boisées des environs, ou d’autres structures encore situées loin des zones résidentielles. Dans les cas sur lesquels Amnesty International a réuni des informations, à la connaissance de l’organisation, quand l’armée ukrainienne s’est installée dans des structures civiles dans des zones résidentielles, elle n’a ni demandé aux civil·e·s d’évacuer les bâtiments environnants, ni aidé les civil·e·s à les évacuer, s’abstenant ainsi de prendre toutes les précautions possibles pour protéger la population civile.”

Autres lignes de front

Un des points les moins compris, depuis le début du conflit direct entre la Russie et l’Ukraine est la raison pour laquelle les Russes parlent “d’Opération Spéciale”, avancent relativement lentement, n’ont pas fait le choix d’une offensive massive, dans le Donbass ou dans l’ensemble de l’Ukraine. 

Nous avons souvent insisté sur le souci russe de limiter, autant que faire se peut, les destructions et les morts civiles dans la population ukrainienne. Mais il y a une série d’autres raisons qui sont peu explicitées, à ma connaissance: 

+ les Etats-Unis sont, de facto, partie prenante à la guerre d’Ukraine, par la formation des troupes ukrainiennes, par les livraisons d’armes, par la présence de combattants américains (y compris de soldats de l’armée américaine régulière); par le soutien des satellites américains. La limitation relative dans l’intensité de l’offensive évite l’escalade directe avec les Etats-Unis. Tous les va-t-en-guerres de salon, de bureau et de plateau télévisé devraient en prendre conscience. 

+ La Russie ne doit pas perdre de vue les autres conflits, actuels ou potentiels dans lesquels elle est ou serait partie prenante ou médiatrice. 

Tout d’abord, on remarquera que la Russie a réussi, jusqu’à maintenant, à désamorcer les tentatives occidentales d’allumer des foyers d’incendie autour de Kaliningrad et en Transnistrie. 

On se rappelle ensuite ue quelques jours avant que l’armée ukrainienne ne recommence, à la mi-février, à bombarder intensément le Donbass, a eu lieu une tentative de coup d’Etat au Kazakhstan, dont beaucoup donne à penser que les Etats-Unis y étaient impliqués. 

L’armée russe intervient toujours dans le conflit syrien.

Le conflit du Haut-Karabakh menace de reprendre ces jours-ci.   

Les tensions entre le Kosovo et la Serbie, si elles s’intensifiaient, obligeraient la Russie à intervenir. 

Et puis il y a, bien entendu, Taïwan. Tout se passe comme si, pour dissimuler leur échec stratégique en Ukraine, les Etats-Unis avaient décidé d’une gesticulation anti-chinoise. Il est évident que les Démocrates cherchent à limiter leur défaite annoncée aux élections de mi-mandat. Mais, ce faisant, les Américains jouent avec le feu. Le risque de conflit est réel. Moscou ne s’y est pas trompé et a fait savoir son soutien total à Pékin face à la provocation américaine. 

Nancy Pelosi provoque la Chine puis abandonne Taïwan aux pressions chionoises

Lu sur le fil telegram d’un think tank russe: 

La République populaire de Chine dévoile progressivement les cartes des “opérations militaires clairement ciblées” annoncées en réponse à la visite spectaculaire de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi à l’aéroport de Taipei. Notre ami Artem Maltsev est entré dans les détails. En un mot : bienvenue dans la quatrième crise du détroit de Taiwan.

Comme en 1996, les tirs de missiles balistiques, ainsi que les manœuvres navales et les activités visant à pratiquer une opération de débarquement sont les principaux arguments jusqu’à présent. Les NOTAM des zones d’exercice prévues ont déjà été publiés. À première vue, on pourrait avoir l’impression que la RPC encercle l’île de tous côtés, se préparant à un blocus ou quelque chose de pire. Les infographies montrant des déploiements de l’aviation et de la marine directement au large des côtes de l’île et diffusées sur les médias sociaux chinois visent clairement à créer un tel effet.

En fait, les quadrants les plus proches au sud-ouest et au nord-est de Taïwan sont des zones d’arrivée des missiles, tandis que les avions et les navires de surface sont susceptibles d’être maintenus à une certaine distance. Ce dernier point est bien illustré par la crise précédente de 1995-1996, lorsque le coin d’un des “carrés d’arrivée” a touché de près la limite de la zone des 12 milles. Aujourd’hui, la place en question a été déplacée ostensiblement vers l’intérieur des eaux territoriales, touchant doucement la limite des eaux intérieures de Taïwan. La souveraineté sur les eaux intérieures équivaut à la souveraineté sur la terre pour les États véritablement indépendants. Bien entendu, ni la Chine ni la moitié de la communauté internationale ne considèrent l’île de Taiwan comme des eaux souveraines, car la Chine est une et indivisible. Cependant, les dirigeants militaires et politiques de la Chine ont fait le geste approprié – très doucement et avec prudence.

Maintenant, à propos des #clips : nous avons vu au moins 11 lancements de missiles balistiques de courte et moyenne portée au cours des dernières 24 heures : selon les données préliminaires, il s’agit des systèmes DF-11 et DF-15. Après une production massive dans les années 1990 et 2000, l’arsenal de ces missiles pourrait avoisiner les 1 500. En comparaison, la Chine n’a tiré que six missiles de la même classe pendant les deux années de la crise précédente.

En outre, les derniers MLRS PHL-16 d’un calibre inhabituel : 370 mm ont été impliqués dans les attaques. Il s’agit essentiellement d’un complexe spécialement conçu pour l’engagement de Taïwan continentale en tant que substitut rentable des missiles balistiques à courte portée (dans ce rôle, il peut être comparé au désormais très connu HIMARS), et des notions de convergence et de confusion des catégories de MLRS lourds et tactiques.

Dans un avenir proche, on peut s’attendre au lancement de missiles balistiques plus avancés : le célèbre “tueur de porte-avions” DF-21D et sa grande sœur à portée intermédiaire DF-26. Des rumeurs circulent également au sujet d’une démonstration du DF-17 avec un planeur hypersonique d’un genre nouveau. Il serait intéressant de voir les résultats des tests de ces missiles contre des cibles mobiles de surface, mais franchement, il est douteux que les Chinois aient remorqué à l’avance un navire cible dans la bonne zone.

Dans l’ensemble, l’arsenal de missiles de la Chine est aujourd’hui un équilibre inconnu entre les modèles à grande capacité des systèmes de la génération précédente et leurs homologues plus modernes et plus avancés. En conséquence, les lancements massifs de SLBM tels que les DF-16 et DF-21, par exemple, peuvent être un signal de confiance relative dans la profondeur de la dernière partie de leur “cave à poudre”. L’inverse est également vrai.

Quoi qu’il en soit, les habitants de l’île ne peuvent que profiter du feu d’artifice : bien que Taïwan dispose d’un système BMD assez avancé (Patriot PAC-3 et Tien Kung-III local), il n’atteint toujours pas les zones de tir.

D’un point de vue militaire, cependant, il est clair que ces lancements n’apporteront rien de fondamentalement nouveau à ” l’équation du détroit “. La possibilité de bombarder massivement Taïwan a longtemps été considérée comme l’un des principaux atouts de la Chine en cas d’escalade du conflit. Cependant, l’expérience des événements récents démontre clairement que même avec une utilité objectivement limitée des moyens de défense antimissile, les forces armées situées dans les agglomérations urbaines sont capables d’absorber de telles frappes tout en restant résilientes.

 

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Notre ami Alexandre N., ancien officier du renseignement français nous communique par ailleurs son hypothèse: 

Selon moi, la Chine va chercher à “frapper” les Américains là où ça va faire très mal, à savoir de couper leur approvisionnement en puces électroniques avec le même effet que la gaz russe pour l’Allemagne.
 
Une action de rétorsion qu’elle justifiera par l’action parfaitement incompréhensible de Madame Pelosi du point de vue du droit international et des accords de Shanghai entre Nixon et Tchou En Laï de 1972.
 
On en parle peu, mais ces puces sont absolument essentielles à l’économie américaine en perte de vitesse le sujet. Taïwan en est le 3° producteur, la Corée du Sud le 2è ou le premier, selon les années. Or elle fait actuellement des stocks de puces car elle prévoit une pénurie en même temps qu’une chute des investissements”.
 
 
Le ministre sud-coréen des affaires étrangères Park Jin rencontrera son homologue chinois Wang Yi lors d’une visite en Chine entre le 8 et le 10 août.  
+ Lu dans le Global Times, ce 5 août: 

“Le principal fabricant chinois de batteries pour véhicules électriques, Contemporary Amperex Technology Co (CATL), a décidé de mettre en attente son projet d’annoncer la construction d’une usine de plusieurs milliards de dollars en Amérique du Nord en raison des inquiétudes suscitées par l’escalade des tensions entre les deux plus grandes économies du monde, après que la visite de Mme Pelosi sur l’île de Taïwan ait provoqué les intérêts fondamentaux de la Chine, ont rapporté mercredi plusieurs médias américains.

Bien que le plan d’investissement potentiel de CATL soit modeste par rapport à l’ensemble des relations économiques et commerciales entre la Chine et les États-Unis, cette affaire pourrait être un microcosme des préoccupations croissantes des communautés d’affaires chinoises et américaines quant aux perspectives des relations économiques et commerciales entre la Chine et les États-Unis après la visite provocatrice de Pelosi, qui pourrait compliquer davantage les échanges économiques et commerciaux bilatéraux.

Il est concevable que les communautés d’affaires chinoises et américaines soient encore plus prudentes en matière d’investissement dans le climat politique actuel. Les liens bilatéraux ont déjà plongé à des niveaux historiquement bas en raison des mesures de répression incessantes et irréfléchies de Washington à l’encontre de la Chine, qui ont déjà pesé sur les échanges économiques bilatéraux. Et les marchés craignent, à juste titre, que la visite de Mme Pelosi ne perturbe encore davantage les échanges et la coopération bilatéraux.

Du point de vue de la Chine, les États-Unis ne sont plus dignes de confiance pour ce qui est des engagements majeurs, pas autant qu’avant en tout cas. En effet, il serait surprenant que la Chine ne se soit pas préparée au pire, y compris dans les domaines économique et financier.

Avec le début des grands exercices militaires autour de l’île de Taïwan, la Chine continentale a en fait lancé ou accéléré le processus de réunification, que les États-Unis ne peuvent pas arrêter. Cela signifie que la Chine est, en fait, préparée à une intervention américaine. On ne peut qu’imaginer ce que la Chine fera pour éliminer les risques potentiels, y compris ses avoirs massifs en bons du Trésor américain.

La Chine est le deuxième plus grand détenteur étranger de bons du Trésor américain, juste après le Japon. Les avoirs de la Chine en titres du Trésor américain ont chuté à 980,8 milliards de dollars en mai, passant sous la barre des 1 000 milliards de dollars pour la première fois en 12 ans, selon les données publiées par le département américain du Trésor. La poursuite de la détérioration des relations sino-américaines aura probablement un impact direct sur l’appétit pour le risque de la Chine en matière de détention de bons du Trésor américain, et la réduction de la détention de bons du Trésor américain pourrait devenir une option de précaution.

Cela pourrait porter un nouveau coup à la réputation mondiale du dollar américain – véritable épine dorsale de l’économie américaine – qui perd déjà en popularité, Washington ne cessant d’armer la monnaie pour sévir contre d’autres pays.

Le conflit Russie-Ukraine a déjà porté un coup sévère à la crédibilité du dollar. Aujourd’hui, une escalade des tensions entre la Chine et les États-Unis pourrait encore affaiblir le statut du dollar si la Chine réduit sa détention de bons du Trésor américain. En ce sens, à long terme, le voyage de fin d’études de Pelosi finira par se retourner contre l’économie américaine d’une manière qui épuisera la crédibilité du dollar”

+ Lu sur Russia Today

“La Chine a décidé de couper ses liens diplomatiques avec les Etats-Unis dans un certain nombre de domaines militaires et civils, a annoncé vendredi le ministère des Affaires étrangères. Cette rupture des liens est une manière pour Pékin de riposter à la visite à Taïwan, cette semaine, de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi.

Le ministère a publié une liste des domaines dans lesquels il n’y aura plus de communication entre les responsables chinois et américains. Il s’agit notamment des réunions de travail entre les départements de la défense, des consultations sur la sécurité maritime, de la coopération en matière d’immigration clandestine, de l’assistance judiciaire, de la criminalité transnationale, de la lutte contre la drogue et du changement climatique. Un appel téléphonique prévu entre les hauts commandants militaires des deux nations a également été annulé, selon le communiqué“.

Panique dans les milieux dirigeants allemands

 

Le stockage de gaz naturel allemand atteint généralement 90 % en octobre, ce qui permet à l’Allemagne de passer l’hiver avec Nordstream à 100 %. Mais Nordstream n’est plus qu’à 20%, donc – même si nous atteignons 90% – ce niveau de stockage est totalement inadéquat. Rationnement et récession sont à venir.

Le Chancelier Scholz a commencé à préparer le terrain pour laisser fonctionner plus longtemps les trois centrales du nucléaires du pays encore en marche. 

Enfin, comme cela a été largement médiatisé, Gerhard Schröder – l’une des seules personnalités allemandes qui pense en ce moment à l’avenir de son pays – s’est rendu à Moscou pour envisager la possibilité d’une mise en service de Nordstream 2. 

Comprendre le nouvel équilibre des puissances avec M.K. Bhadrakumar

Vers des négociations en Ukraine? 

Le ministère russe de la Défense a annoncé hier qu’aux environs de 9 h 20, heure de Moscou, le Razoni, navire battant pavillon de la Sierra Leone, a quitté le port d’Odessa en Ukraine dans le cadre du récent accord sur les céréales. Le Razoni transporte une cargaison de maïs à destination du port d’Istanbul.

Le ministère de la défense a déclaré que “le contrôle de l’opération humanitaire pour le départ du premier navire transportant des produits agricoles a été planifié avec la participation active des officiers russes qui font partie du centre de coordination conjoint à Istanbul.”

Entre-temps, le secrétaire d’État Antony Blinken a déclaré hier que “le fait que le premier navire transportant 26, 27 000 tonnes de céréales ait quitté Odessa constitue un premier pas positif et important”.

Chercher l’aiguille dans une botte de foin est passionnant, car il peut y avoir de soudaines surprises. De plus en plus de signes indiquent que le front diplomatique sur le conflit ukrainien s’anime.

Lundi, le président américain Joe Biden a proposé de discuter avec la Russie. Dans sa déclaration précédant la dixième conférence d’examen du traité de non-prolifération (TNP), M. Biden a réaffirmé la “conviction partagée” des États-Unis et de la Russie qu'”une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée” et que “mon administration a donné la priorité à la réduction du rôle des armes nucléaires dans notre stratégie de sécurité nationale”.

Biden poursuit :

“J’ai travaillé sur le contrôle des armements dès les premiers jours de ma carrière, et la santé du TNP a toujours reposé sur des limites d’armement significatives et réciproques entre les États-Unis et la Fédération de Russie. Même au plus fort de la guerre froide, les États-Unis et l’Union soviétique ont été en mesure de travailler ensemble pour assumer leur responsabilité commune de garantir la stabilité stratégique. Aujourd’hui, mon administration est prête à négocier rapidement un nouveau cadre de contrôle des armements pour remplacer le nouveau START lorsqu’il expirera en 2026. Mais la négociation nécessite un partenaire disposé à agir en toute bonne foi. Et l’agression brutale et non provoquée de la Russie en Ukraine a brisé la paix en Europe et constitue une attaque contre les principes fondamentaux de l’ordre international. Dans ce contexte, la Russie devrait démontrer qu’elle est prête à reprendre le travail sur le contrôle des armes nucléaires avec les États-Unis.”

Simultanément, M. Blinken a également fait allusion au rôle clé de la Russie pour “s’assurer que les pays dotés d’armes nucléaires, y compris les États-Unis, poursuivent le désarmement ; s’assurer que les pays qui n’ont pas d’armes nucléaires n’en acquièrent pas en maintenant et en renforçant la non-prolifération ; et s’assurer que les pays peuvent s’engager dans l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, ce qui est d’autant plus vital que nous faisons face aux défis posés par le changement climatique”.

M. Blinken a fait peau neuve ces derniers temps en repoussant une avalanche d’opinions belliqueuses représentées par la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, le Sénat américain, le président ukrainien, Vladimir Zelenski, et le Parlement ukrainien, qui demandent que la Russie soit officiellement désignée comme un État soutenant le terrorisme, une étiquette réservée à la Corée du Nord, à la Syrie, à Cuba et à l’Iran.

En effet, l’appel téléphonique de Blinken au ministre des affaires étrangères russe Sergey Lavrov sur l’échange de prisonniers était un réengagement américano-russe depuis février et donc un message subtil en soi. (L’offre de pourparlers de Biden est arrivée dans la semaine).

Ces nouvelles nouvelles doivent être considérées parallèlement à la tendance de “l’Occident collectif” qui s’efforce ces derniers temps d’alléger les sanctions anti-russes. Les développements suivants suggèrent un modèle :

Le Canada a annoncé le 9 juillet – à la demande de l’Allemagne et avec le soutien de Washington – tout en ignorant les objections de l’Ukraine, une dérogation aux sanctions permettant le retour des équipements pour le gazoduc Nord Stream 1 afin de soutenir l’accès de l’Europe à une “énergie fiable et abordable” ;
L’Union européenne a publié une directive le 13 juillet (concernant l’exclave russe de Kaliningrad) selon laquelle “le transit routier de marchandises sanctionnées par des opérateurs russes n’est pas autorisé dans le cadre des mesures de l’UE. Aucune interdiction similaire n’existe pour le transport ferroviaire” (via la Lituanie).
Le 1er août, le Royaume-Uni a assoupli certaines restrictions pour permettre aux entreprises de fournir de l’assurance et de la réassurance à des entités russes, ce qui a des répercussions sur les secteurs du transport maritime et de l’aviation.
L’UE a également autorisé “l’exemption (pour la Russie) de l’interdiction de s’engager dans des transactions avec certaines entités publiques en ce qui concerne les transactions de produits agricoles et le transport de pétrole vers des pays tiers”.
Bloomberg avait rapporté le 13 juin que “le gouvernement américain encourage discrètement” les compagnies agricoles et maritimes à acheter et à transporter davantage d’engrais russes, dont les exportations ont chuté de 24 % cette année, car “de nombreux expéditeurs, banques et assureurs se sont tenus à l’écart de ce commerce par crainte de se mettre involontairement en infraction avec les règles… et (Washington) se trouve dans la position apparemment paradoxale de chercher des moyens de les stimuler (les exportations russes)”.

(…) L’opinion se développe aux États-Unis selon laquelle le régime de Kiev se joue de l’Occident et doit être fermement informé que toutes les bonnes choses ont une fin.

Reflétant cette pensée naissante, le National Interest a publié la semaine dernière un article rédigé par deux influents think tankers américains proches des cercles du parti démocrate, qui ont travaillé à la Maison Blanche et au Département d’État sous l’administration Obama. (ici)

(…)Poutine a invité le président turc Recep Erdogan à se rencontrer à Sotchi vendredi. (…) Erdogan a déclaré qu’il espérait que le récent accord sur les céréales serait un tournant dans la reprise des pourparlers politiques entre l’Ukraine et la Russie pour mettre fin au conflit armé.

La Birmanie devient un partenaire central pour la Russie

La visite du ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, au Myanmar le 3 août montre que la relation prend un caractère stratégique. Dans un communiqué de presse du 2 août, le ministère des affaires étrangères a souligné que cette relation est “l’une des priorités de la politique étrangère dans la région Asie-Pacifique, un facteur important pour assurer la paix, la stabilité et le développement durable.”

Le ministère des affaires étrangères a noté que “les partenaires du Myanmar aux niveaux officiels expriment leur compréhension des raisons et de la validité des actions de la Russie dans le cadre d’une opération militaire spéciale en Ukraine. Naypyidaw ne reconnaît pas la légitimité des sanctions anti-russes occidentales.

“A l’ONU et dans d’autres plateformes multilatérales, la Russie poursuit une ligne visant à assurer une discussion équilibrée et non politisée de la situation au Myanmar en lien avec l’état d’urgence en vigueur dans ce pays depuis février 2021, et préconise la recherche de formes constructives d’assistance internationale à ce pays sans ingérence dans ses affaires intérieures. Nous aidons Naypyidaw à se rapprocher des associations d’intégration et des mécanismes de coopération multilatérale en Eurasie, notamment l’UEE et l’OCS.”

En effet, Lavrov a programmé ses entretiens au Myanmar avant la réunion des ministres des affaires étrangères de l’ASEAN et de la Russie à Phnom Penh. Le communiqué de presse publié le 3 août après les entretiens de M. Lavrov avec le président du Conseil administratif de l’État, le Premier ministre du gouvernement provisoire, Min Aung Hlaing, indique qu’ils ont eu “une discussion approfondie de la situation géopolitique qui se dessine dans le contexte de la campagne de sanctions sans précédent lancée par l’Occident collectif à l’encontre de la Russie et du Myanmar”. Il (Min Aung Hlaing) a confirmé la nécessité de prendre des mesures coordonnées pour renforcer un ordre mondial multipolaire…”

Le Myanmar devient le deuxième pays après l’Iran dans la région de l’océan Indien à avoir exprimé un soutien sans équivoque à la Russie. On peut imaginer que Lavrov devra également se rendre à Colombo, une fois le nouveau gouvernement formé.

 

La Russie et la révolution de couleur du Sri Lanka

Il est difficile d’évaluer si le chaos qui a régné au Sri Lanka le 9 juillet avait quelque chose à voir avec la visite imminente d’une délégation du gouvernement sri-lankais qui devait se rendre à Moscou le lendemain (du 10 au 16 juillet) pour des entretiens cruciaux avec divers ministères économiques russes concernant l’aide de la Russie pour surmonter la crise. Mais cela reste une hypothèse raisonnable.

Les remarques du porte-parole du ministère russe des affaires étrangères le 11 juillet concernant la situation au Sri Lanka mentionnaient de façon précise : “Notamment, la veille du début des troubles, certains chefs de missions diplomatiques occidentales ont ouvertement exhorté la police locale à ne pas entraver les “manifestations pacifiques”. Il ajoutait ,

“Nous pensons que l’évolution de la situation au Sri Lanka est une affaire intérieure et que le processus politique dans ce pays, que nous considérons comme amical, se développera dans le respect de sa constitution et des lois en vigueur. Nous attendons la formation d’un nouveau gouvernement et sommes prêts à coopérer avec lui. Nous pensons que la situation reviendra à la normale d’ici peu et que les nouvelles autorités sri-lankaises prendront les mesures nécessaires pour surmonter la crise de l’économie nationale.”

En effet, Ranil Wickremesinghe, à ce moment encore Premier ministre, a également déclaré à Tass dans une interview exclusive sur la nature sans précédent de la tourmente politique – que “les politiciens de la nation insulaire ne peuvent pas encore trouver de parallèles à une crise similaire dans ce siècle ou dans le siècle dernier ou le siècle précédent.”

Il semble que Moscou ait anticipé que les troubles soutenus par les États-Unis au Sri Lanka ne parviendraient pas à produire le changement de régime souhaité par l'”Occident collectif”. Il est intéressant de noter que, dans son message de félicitations adressé à M. Wickremesinghe à l’occasion de son élection à la présidence, le président Vladimir Poutine a déclaré : “Je compte sur vos activités en tant que chef d’État pour favoriser le développement de la coopération bilatérale constructive dans divers domaines, dans l’intérêt de nos peuples et du renforcement de la stabilité et de la sécurité régionales.

Un coup d’œil à la carte de l’océan Indien montre pourquoi les relations avec l’Iran, le Myanmar et le Sri Lanka sont devenues si importantes pour la Russie. Les ports du Myanmar, du Sri Lanka et du Myanmar sont essentiels au maintien d’une présence navale russe efficace dans la région. Les compulsions stratégiques sont amplifiées dans la Doctrine navale révisée de la Russie, que Poutine a décrétée le 30 juillet, reflétant le “changement de la situation géopolitique et militaro-stratégique dans le monde.”

 

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La Russie et les océans du monde

Le document de 56 pages (en russe) indique explicitement que les intérêts nationaux de la Russie “en tant que grande puissance navale s’étendent à l’ensemble des océans du monde et à la mer Caspienne”. Il reconnaît l’absence de points de réapprovisionnement et de bases navales à l’étranger, qui sont essentiels pour étendre la portée opérationnelle de la marine russe, tout en soulignant que “le cap stratégique des États-Unis visant à dominer les océans du monde” pose des “défis et des menaces”.

Toutefois, la doctrine envisage la création d’une telle installation en mer Rouge. En outre, elle prévoit également la construction d’une nouvelle installation de construction navale dans l’Extrême-Orient russe pour construire des “navires de grande capacité”, notamment des navires adaptés “au développement de l’Arctique”, ainsi que des “porte-avions modernes pour la marine”. Actuellement, la Russie ne dispose que d’un seul navire porte-avions, le croiseur Admiral Kuznetsov, qui est hors service et en cours de réparation.

Pendant ce temps, les États-Unis n’ont cessé de renforcer un réseau de coopération maritime avec les États de l’océan Indien. Récemment, Washington a dévoilé un quadrant d’Asie occidentale sous la rubrique ingénieuse I2U2 (Israël-Inde, États-Unis-États-Unis). Le président Biden a participé à sa première réunion au sommet. (…)

Delhi insiste sur le fait que I2U2 est une plateforme pour des partenariats économiques régionaux mais les stratèges occidentaux discutent franchement de la géopolitique qui se cache derrière l’économie. Michel Gurfinkiel, du Middle East Forum, a écrit dans le Wall Street Journal : “Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale de M. Biden, a comparé I2U2 au Dialogue de sécurité quadrilatéral, l’alliance indo-pacifique embryonnaire des États-Unis, du Japon, de l’Australie et de l’Inde… Les médias américains, indiens et émiratis y voient tous une extension des accords d’Abraham de 2019.”

En effet, la vision à plus long terme est encore plus pertinente car au-delà de l’I2U2, de la Quad et des Accords d’Abraham, on considère de nombreux développements analogues dans la sécurité internationale – le conflit ukrainien, l’expansion de l’OTAN, l’alliance de sécurité de la Méditerranée orientale (France, Italie, Grèce, Chypre, Israël et Égypte) ; l’architecture du sommet du Néguev (Israël, Maroc, Égypte, EAU. et Bahreïn) ; AUKUS (la nouvelle communauté de défense anglo-pacifique entre l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni) ; amélioration des relations entre les États-Unis et Taiwan ; militarisation du Japon (surmontant une histoire acrimonieuse), etc.

Courants géopolitiques croisés

Dans le contexte décrit ci-dessus, la gravitation de l’Inde vers le système d’alliance de sécurité dirigé par les États-Unis est une contradiction. L’Inde se concentre sur la Chine, mais les États-Unis incluent également la Russie et l’Iran dans leur stratégie. L’Inde donne la priorité à ses liens stratégiques avec Israël – la gestion du port de Haïfa (que la Sixième flotte américaine fréquente) a récemment été attribuée à une société indienne. En revanche, l’obsession d’Israël et des États-Unis concerne l’Iran, qui est amical envers l’Inde.

D’un autre côté, l’Iran renforce ses liens avec la Russie et la Chine. Peut-être que les EAU et l’Inde jouent sur les deux tableaux. Mais ce sont aussi des régimes qui manquent de culture stratégique et qui sont enclins à faire des caprices en accord avec l’agenda de Washington.

Il est clair que la confiance dans la fiabilité des États-Unis a été généralement sapée ces dernières années dans la bande de terre située entre le Levant et le détroit de Malacca. La récente initiative de Biden à Djeddah visant à promouvoir une alliance militaire ouest-asiatique pour contrer l’Iran, la Russie et la Chine n’a pas trouvé preneur.

La diplomatie russe doit naviguer entre ces écueils. Le grand jeu dans la région de l’océan Indien est grand ouvert. La visite de M. Lavrov au Myanmar indique que Moscou va repousser les tentatives des États-Unis de créer des “blocs” pour dominer les voies maritimes de l’océan Indien. L’accès aux ports du Myanmar peut changer la donne pour la présence russe.

(…) La coopération de la Russie avec le Myanmar prend de l’ampleur – du commerce aux investissements dans des projets énergétiques, en passant par la coopération nucléaire, la coopération militaro-technique, l’espace, l’éducation, etc.

Des vols directs sont en cours d’établissement. Les cartes de paiement Mir sont acceptées au Myanmar, qui tient également aux règlements en monnaie locale. Moscou prévoit d’établir à Yangon une paroisse de l’exarchat patriarcal de l’Église orthodoxe russe en Asie du Sud-Est – et de construire une église.

Le duc de Richelieu (1766-1822), gouverneur de la Nouvelle Russie de 1803 à 1814, a sa statue à Odessa face au port

 

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Washington impliqué directement dans

 

le conflit en Ukraine , selon Moscou

 

En avril, lors d’une visite à Kiev, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin avait déclaré que l’Ukraine peut gagner la guerre si elle recevait le « bon équipement » et le « bon soutien”. Depuis que le président Biden a pris ses fonctions,  le total de l’aide des États-Unis alloué à la sécurité en Ukraine, se chiffre  à plus de 8 milliards de dollars. M. Zelensky a toujours réclamé plus de sanctions contre la Russie, mais surtout plus d’équipements militaires. Le dirigeant ukrainien a toujours martelé  que son armée pouvait vaincre l’armée russe si elle recevait des avions de chasse et d’autres appuis militaires. Les États-Unis ont confirmé avoir fourni aux troupes ukrainiennes, des canons d’artillerie obusiers et des radars anti-artillerie et les fameux missiles américains Himars MLRS, guidés par GPS d’une portée de 80 kilomètres. Alors que le chef adjoint du renseignement militaire ukrainien, Vadym Skibitsky, a déclaré qu’il y avait eu une consultation entre les responsables américains et ukrainiens avant de lancer les frappes,(au journal britannique The Telegraph) . Mardi, la Russie a affirmé que les États-Unis étaient directement impliqués dans le conflit en Ukraine, car Washington coordonne les frappes HIMARS par les forces ukrainiennes. Une situation qui pourrait provoquer une réponse dure de Moscou.

Un soutien militaire de plusieurs milliards de dollars

Depuis 2014, les États-Unis ont attribué un soutien militaire de plus de 10 milliards de dollars à l’Ukraine. L’administration Biden a fortement contribué dans l’optimisation des capacités des forces armées ukrainiennes en engageant un budget d’environ 8,8 milliards de dollars. Dans un communiqué  du 01er août, les États-Unis ont annoncé mettre en place un nouveau programme d’aide militaire de 550 millions de dollars. Il s’agit du dix-septième prélèvement d’équipements sur les stocks du DoD (Départment of Défense) pour l’Ukraine depuis le mois d’août 2021.

Le Pentagone prévoit cette fois de livrer 75.000 cartouches de munitions d’artillerie de 155 mm et « inclure davantage de munitions pour les systèmes […] Himars ». Notons que l’Ukraine a déjà reçu 16 de ces lanceurs mobiles américains, mais quatre des lanceurs Himars livrés à l’Ukraine ont déjà été détruits avant les deux autres récemment revendiqués par l’armée russe. 

L’armée américaine aux commandes

des frappes ukrainiennes

Bien entendu, l’administration Biden n’est pas la seule à soutenir Kiev dans ce combat. L’Allemagne a aussi livré des systèmes de lance-roquettes multiples et trois obusiers automoteurs Panzerhaubitze 2000 supplémentaires aux forces armées ukrainiennes le 26 juillet dernier, d’après le ministre allemand de la Défense, Christina Lambrecht. Toutefois, les États-Unis occupent un rôle plus important. “Les États-Unis continueront de travailler avec leurs alliés et partenaires pour fournir à l’Ukraine des capacités clés”, a indiqué le Pentagone.

En effet, de nombreux équipages ukrainiens qui utilisent ces équipements occidentaux seraient sous le commandement direct des militaires  de l’armée américaine. L’équipement militaire fourni par les alliés occidentaux serait utilisé non seulement dans les batailles sur les lignes de front. Ils auraient également servi à lancer des attaques contre les civils à Donetsk et Louhansk.

Le 2 août, la milice populaire de la République populaire de Donetsk (RPD) a indiqué que les forces ukrainiennes ont tiré 355 obus sur le territoire le 1er août. Ce bombardement qui a touché 13 localités différentes a fait un décès et quatre blessés parmi les civils. L’armée ukrainienne a également frappé les villages de Pervomaisk et Stakhanov avec 15 missiles HIMARS. A la suite de cette attaque, de nombreuses infrastructures civiles ont été détruites.

Selon le ministère russe de la Défense, deux systèmes HIMARS ont été détruits lors d’une attaque dans une usine à Kharkiv. Lors de cette frappe, 53 militaires ukrainiens et mercenaires étrangers auraient trouvé la mort.

Des preuves de l’implication américaine

L’utilisation des lance-roquettes HIMARS constitue une preuve de l’implication directe des États-Unis dans la guerre en Ukraine selon la Russie. Une déclaration du chef adjoint des services de renseignement militaire ukrainiens, Vadym Skibitsky, au Telegraph justifierait cette accusation. Il a donné des informations détaillées concernant la coopération entre Washington et Kiev avant les attaques avec ces roquettes.

Selon Skibitsky, les responsables ukrainiens consultent les États-Unis avant de lancer des frappes aux HIMARS. Les responsables du Pentagone prendraient part à chaque décision. Les HIMARS sont, selon les informations disponibles, actionnés par des artilleurs de l’OTAN selon des objectifs désignés par des satellites américains.  Vadym Skibitsky a affirmé que Washington et les forces britanniques disposaient d’« une excellente imagerie satellite » et d’« informations en temps réel ». Le Pentagone avait même un droit de veto effectif sur les cibles visées. Cela dit, M. Skibitsky a tenu à préciser que les États-Unis ne fournissaient pas d’informations directes concernant sur les cibles.

« Tout cela prouve indéniablement que Washington, contrairement aux affirmations de la Maison-Blanche et du Pentagone, est directement impliqué dans le conflit en Ukraine » a déclaré le ministère de la défense russe dans un communiqué. Pour ce dernier, les États-Unis coordonnent ces attaques, dont certaines ont causé la mort et la blessure de civils.

Moscou soupçonne également l’existence d’un partage de renseignements entre le Pentagone les forces ukrainiennes. C’est grâce à cette collaboration que les Ukrainiens ont revendiqué à plusieurs reprises avoir tué des généraux russes sur le terrain, et coulé un navire de guerre russe depuis le début de l’invasion de l’Ukraine le 24 février.

Pour rappel, le mercredi 4 mai le New York Times, citant des sources anonymes au sein des services de renseignement américains, avait écrit que les États-Unis ont fourni des renseignements sur la localisation des unités russes, permettant aux Ukrainiens de cibler et de tuer un grand nombre des généraux russes. Ce soutien américain en matière de renseignement aux Ukrainiens a eu un effet décisif sur le champ de bataille, confirmant les cibles identifiées par l’armée ukrainienne et lui indiquant de nouvelles cibles.

Mais la porteparole du Conseil de sécurité nationale Adrienne Watson avait démenti, via un courriel, en déclarant « nous ne fournissons pas de renseignements dans l’intention de tuer des généraux russes»,   et a qualifié d’« irresponsable » cette allégation que le Pentagone aidait l’Ukraine à tuer des généraux russes.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konashenkov, a déclaré que toutes ces coopérations sur le plan militaire avec Kiev prouvent « l’implication directe et profonde » de la Maison-Blanche, du Pentagone et Washington dans cette guerre. Il a également indiqué que cela pourrait pousser Moscou à riposter.

Les responsables russes ont d’ailleurs déclaré que le soutien militaire octroyé par l’administration Biden aux forces armées ukrainiennes ne fera qu’intensifier le conflit. En prenant une telle décision, Washington donne à l’offensive russe une raison d’avancer encore plus sur le territoire ukrainien.

Mais les États-Unis continuent leur politique de soutien, lors d’une conférence de presse du 29 juillet dernier, un haut-fonctionnaire du Département de la défense des États-Unis (DoD, Department of Defense) a fait savoir que des batteries NASAMS (Norwegian Advanced Surface to Air Missile System“) allaient être transférées à l’armée ukrainienne pour faire face aux aéronefs russes.

AVIATION RUSSE

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GUERRE UKRAINE/RUSSIE ...Le point d’appui ukrainien de Peski est détruit ...

Le point d’appui ukrainien

 

de Peski est détruit

 

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Pendant 8 années les forces ukrainiennes ont affronté les milices républicaines sur 480 kilomètres de réseaux de tranchées et de casemates dignes de la 1ère guerre mondiale, et l’omniprésence de chaque côté du front d’une artillerie héritée de la puissance soviétique a poussé les belligérants à fortifier en permanence leurs positions car, à Donetsk aujourd’hui comme à Verdun hier, « la sueur épargne le sang ».

Dans le Donbass, si le front ukrainien au Sud est tombé après les libérations de Volnovakha et de Marioupol et au Nord, et a reculé au delà du territoire de la République populaire de Lougansk après celles de Popasnaya, Severodonetsk et Lisichansk, il reste encore de nombreux bastions kiéviens sur le front et particulièrement sur ce front central, entre Donetsk et Gorlovka où se trouve les défenses ukrainiennes les plus solides car bénéficiant d’un réseau dense de localités industrielles propices aux défenses urbaines et directement au contact des deux cités les plus importantes ayant formé la République populaire de Donetsk.

Ce front ukrainien entre Donetsk et Gorlovka est âprement défendu par un corps de bataille qui, bien qu’amoindri par plus de 5 mois d’offensives russo-républicaines, peut encore opposer une résistance désespérée mais efficace grâce à ce réseau de fortifications rendant très difficile et coûteux un assaut frontal. Cette résistance ukrainienne, qui de toute manière est vouée à l’échec face à la puissance de l’artillerie russe et à la bravoure de l’infanterie républicaine, pourrait même être qualifiée d’« honorable » si elle ne s’accompagnait pas de campagnes de bombardements terroristes génocidaires de plus en plus abjectes comme les récents minages des zones résidentielles de Donetsk et ses environs (voir les articles précédents iciici et ). Par ses crimes de guerre répétés l’armée ukrainienne s’est définitivement exclue du respect que tout soldat, même ennemi, peut recevoir de la part de son adversaire.

Tout d’abord, quelques rappels tactiques

Lorsqu’on évoque une ligne de front il serait plus juste de mettre se terme au pluriel car elle est constatée en réalité de plusieurs lignes de front articulées dans la profondeur du champ de bataille depuis les postes d’observation tactique silencieux au contact de l’adversaire et les points d’appui de la première ligne jusqu’aux camps retranchés de la troisième ligne d’où l’artillerie lourde mène sa stratégie d’attrition, en passant par les bastions de la deuxième ligne où se trouvent les forces de combat les plus importantes.

Et ce schéma simpliste varie selon que le dispositif général est offensif ou défensif. Dans le cas d’un dispositif offensif il y a une plus grande concentration d’unités de combat vers l’avant, dans le cas d’un dispositif défensif son potentiel de combat pour une contre attaque éventuelle est plutôt organisé dans la profondeur derrière des unités de freinage et devant une artillerie de barrage.

Depuis le début des opérations militaires russes en Ukraine, l’état-major kiévien dans le Donbass est passé d’une dispositif offensif qui s’apprêtait à attaquer début mars les républiques irrédentistes de Donetsk et Lougansk à un dispositif défensif s’appuyant sur différents bastions renforcés depuis 5 mois. Voyons ici le secteur particulier de Donetsk :

Situation générale sur le front de Donetsk au 5 août 2022.

Depuis début août, motivées par les bombardements meurtriers ukrainiens, les forces républicaines avec les appuis russes ont engagé de nouveaux assauts contre les positions ennemies enserrant Donetsk, Makeevka et Yasinovataya.

Sur ce secteur de front d’environ 40 km de long, les forces ukrainiennes ont articulé leur ligne de défense autour de 2 bastions principaux : Avdeevka au Nord et Marinka au Sud et 1 bastion secondaire mais central : Krasnogorovka, à l’Ouest de Donetsk.

Avdeevka est le plus important de ces points d’appui et le mieux défendu car il bénéficie d’une part d’un milieu urbain industriel solide et disposant d’en réseau d’abris souterrains datant de la guerre froide, et d’autre part d’une ceinture de points d’appui retranchés et minés assurant une première ligne de défense extérieure fortifiée depuis 8 ans.

Face au front républicain, ces points d’appui ukrainiens sont du Nord au Sud: Kamianka, la zone industrielle Promka, Opitnoe, Vodyane et Peski, cette dernière position étant directement au contact des districts urbains de Kuybishevsky et Kievsky, sur la périphérie occidentale de la zone aéroportuaire dans le Nord de Donetsk (quartiers Oktyabrsky, Veseloe, Volvo center).

Le secteur de Peski est défendu par le 21e bataillon de la 56e Brigade mécanisée ukrainienne, renforcé par des unités d’artillerie et quelques groupes de nationalistes et spécialistes comme des snipers ou des sapeurs de combat.

Rappel : 

Peski est un petit village en périphérie de Donetsk où vivaient avant la guerre 2000 habitants. Situé sur un léger promontoire surplombant la ville, il est parsemé de petits étangs et traversé par la route E 50 qui rejoint Krasnoarmeïsk appelé Pokrovsk depuis le Maïdan (50km) et sur le Dniepr, Dnipropetrovsk (220km)

• Pendant les premiers combats de l’été 2014, Peski est le théâtre de violent affrontements entre les milices et les unités nationalistes ukrainiennes, notamment le bataillon spécial néo-nazi « Dnipro » qui finira par l’occuper le 21 juillet 2014. Depuis les forces ukrainiennes ont fortifié Peski et tous les autres villages environnants le Nord de l’aéroport de Donetsk.

• Lors de la bataille pour le contrôle de l’aéroport de Donetsk pendant l’hiver 2014-2015, les milices républicaines de Donetsk autour des bataillons Sparta commandé par « Motorola » et Somali commandé par « Givi » vont conquérir de haute lutte la zone aéroportuaire du nouveau terminal, tandis qu’à l’Ouest, les forces ukrainiennes s’accrochent au village de Peski, malgré les ordres de repli qui leur sont initialement donnés.

• Depuis 8 ans à partir de Peski les forces ukrainiennes vont continuer à affronter les les milices défendant les quartiers Nord de Donetsk, et bombarder les populations civiles des leurs zones résidentielles. À Peski comme sur les autres points d’appui extérieurs du bastion d’Avdeevka, la population a quitté le village qui n’est plus qu’un champ de ruines où n’ont jamais cessé les échanges de tirs.

Aujourd’hui :

Devant l’augmentation intense des bombardements terroristes sur Donetsk, les forces alliées ont engagé au début de ce mois d’août un assaut terrestre destiné à détruire ce point d’appui important qui forme un bouclier derrière lequel dans un rayon de 20 km environ peuvent opérer les unités d’artillerie ukrainiennes.

Les combats menant à la libération de Peski ont été précédé de puissantes campagnes de bombardements menées avec tout l’arsenal disponible (Lance Roquette Multiples « Grad » « Uragan » « Smerch » « TOS », obusiers de 122 et 152mm aviation d’attaque au sol…) qui ont détruit nombre de positions enterrées, champs de mines et provoqué des pertes importantes parmi les ukrainiens, en assommant les survivants.

Il est difficile d’imaginer le niveau apocalyptique des frappes de l’artillerie russe préparant les assauts terrestres. Chaque position ukrainienne est bombardée par des tonnes d’obus, entre 300 et 500 munitions et parfois plusieurs fois par jour, qui en plus des pertes importantes occasionnées détruisent en profondeur les casemates enterrées, explosent un par un les dépôts de munitions et les champs de mines…

Malgré ce rouleau compresseur dantesque, les unités d’infanterie montant à l’assaut ont du engager des combats difficiles pour libérer Peski, progressant rue après rue, maison après maison et gagnant le terrain parfois au prix de corps à corps meurtriers. De leur côté, les forces ukrainiennes ont subi des pertes très importantes qui les ont obligé de reculer de l’autre côté d’une ligne de petits étangs traversant le secteur tandis que leur artillerie et blindés commençaient leur repli plus au Nord, vers Vodyane et Pervomaïkoe.

Les forces alliées, principalement des unités d’assaut du 11e régiment républicain (« brigade Vostok) et du 1er bataillon de chars (bataillon Somali) progressent sous les appuis feu de l’artillerie des brigades Kalmius et Korsa ainsi que de l’artillerie et l’aviation d’attaque au sol russes.

« C’est juste l’enfer là bas » a déclaré Zelensky en évoquant les combats autour de Avdeevka Ici un « barrage de feu » russe sur des positions ukrainiennes à Marinka, Sud-Ouest de Donetsk

Si le village de Peski est déclaré libéré depuis de 6 août, il y a cependant quelques uns de ses quartiers périphériques en direction de Vodiane au Nord et Pervomaïske au Nord-Ouest soient encore tenues par des dernières unités ukrainiennes couvrant leur repli vers la ligne d’eau formée par les étangs de Pervomaïske, Vodiane et Opitnoe, et sur laquelle va probablement se stabiliser la nouvelle ligne de défense ukrainienne… jusqu’au prochain assaut des forces alliés.

Ici la destruction d’une position ukrainienne située entre l’étang de Peskovkyi et l’église du monastère de Svyato-Iverskogo Zhinochyy. Tir d’obusier effectué au début du mois d’août

Sur cette autre angle du bombardement russe, on observe la précision du tir et contrairement aux allégations ukro-atlantistes qui prétendent que c’est l’église du monastère qui a été touchée

Ces dernières résistances ukrainiennes dans Peski se sont regroupées dans le secteur des immeubles les plus hauts du village et surtout derrière une ligne d’eau longue d’environ 1 kilomètres et coupée uniquement par 2 passages (un passage terrestre et une passerelle) formant une barrière naturelle aux progressions alliées. Plusieurs renseignements précisent que des unités ukrainiennes, principalement appuis feu et des compagnies appartenant au 21e bataillon de la 56e brigade ukrainienne, durement amoindries par les bombardements et les combats, se sont repliées vers le Nord tandis que des unités de conscrits et mobilisés mal formées et mal équipées auraient été envoyées pour les remplacer (à confirmer).

À Peski, les forces ukrainiennes ont subi de lourdes pertes sous les bombardements et les assauts de l’infanterie. Ici des soldats ukrainiens ayant été surpris par un bombardement.

Sur le terrain de Peski, devenu lunaire à force bombardements, les forces alliées ont trouvé au milieu des ruines des dizaines de cadavres, des centaines d’armes et des milliers de munitions abandonnées dans la fuite des unités ukrainiennes. Parmi les trophées des documents très intéressants ont été trouvés comme la carte des champs de mines du secteur ou très important comme un cahier de service de l’artillerie ukrainienne portant les identités des assassins qui bombardent et minent les populations civiles de Donetsk depuis des années.et qui bientôt seront convoqués devant la justice des dieux ou des hommes libres.

Obusier étasunien de 155mm M777 devant Donetsk.

À partir de leurs dernières positions au Nord des étangs du village, les ukrainiens tentent de freiner les forces alliées progressant vers Pervomaïske, car la conquête de ce village situé au Nord Ouest de Peski mettrait sous le contrôle opératif des appuis feux républicains la dernière route principale d’approvisionnement logistique du bastion d’Avdeevka. Parmi les moyens utilisés par les ukrainiens on peut observer la présence toujours importante de drones d’observation modifiés pour larguer des munitions explosives :

Près de l’église du monastère vue sur les vidéos précédentes, un drone ukrainien largue une munition sur un groupe allié

 

Situation des combats de Peski au 7 août 2022.

Au 7 août, tandis que les bombardements alliés poursuivent la destruction méthodique de toutes les positions ukrainiennes du secteur, et au sol un contournement offensif des 2 étangs a été amorcé à l’Ouest via la route E 50 et à l’Est via la rue Naberezhnaya menant au centre du village.

Les ukrainiens ont dépêché vers les quartiers Nord de Peski des unités de renfort, venant principalement des 56e brigade mécanisée et 110e brigade territoriale tandis que d’autres unités renforcent le longs des étangs la ligne de défense allant de Opitnoe à Pervomaïske sur laquelle des unités d’artillerie de 1er échelon ont été positionnées.

Le 7 juillet, Denis Pushilin, président de la RPD est venu féliciter ses combattants pour la percée des défenses ukrainiennes réalisée à Peski, sur la position conquise « Bychatnik » du 21e bataillon

La libération totale de Peski devrait être achevée d’ici quelques jours, sauf en cas d’une contre attaque ukrainienne ce qui reste improbable car c’est l’ensemble des unités de Kiev déployées devant Donetsk sont aussi soumises depuis 10 jours aux mêmes bombardements et assauts terrestres intenses. Cela dit je pense qu’annoncer la libération de Peski, comme on l’entend depuis 2 jours sur la plupart des réseaux propagandistes pro-russes est non seulement  prématuré mais également stupide.

Un succès tactique important 

La libération de Peski, si elle n’est pas une grande victoire stratégique vers Avdeevka, en perçant la première ligne de défense ukrainienne entre Donetsk et Avdeevka est cependant le premier succès tactique et psychologique majeur obtenu sur ce front particulier de Donetsk depuis 8 ans. Cette percée a pu être obtenu grâce à l’appui massif de l’artillerie et la vaillance des unités de mêlée qui sont montées à l’assaut des bunkers ennemis.

Sur cette carte on peut voir l’assaut initial sur Peski, réalisé pendant les premiers jours d’août. Si l’attaque au Nord a été repoussée, celle au Sud a réussi à percer les lignes de défense méridionales du village puis avant d’avancer vers l’Ouest et le monastère par la route E50.

Contrairement à son bouffon propagandiste Arestovitch qui déclare qu’à Peski « les forces ukrainiennes ne reculent pas mais opèrent une « défense mobile » victorieuse », le président ukrainien Zelensky, dépité, a du reconnaître la réalité du rouleau compresseur russe et la défaite continue de ses forces armées.

« Pourtant, nous sommes incapables de briser l’avantage de l’armée russe en artillerie et en effectifs, et cela se ressent beaucoup dans les combats, en particulier dans le Donbass. Peski, Avdeevka, autres directions. C’est juste l’enfer là-bas. Il ne peut pas être décrit avec des mots. » (Volodymir Zelensky le 4 août 2022)

Sur le terrain cette percée de Peski a pour conséquences tactiques :

• De détruire un réseau de fortifications ukrainiennes qui appuyait sur les défenses de Donetsk, et notamment sur le secteur de l’aéroport,

• D’occasionner des pertes importantes au sein des unités régulières défendant le secteur d’Avdeevka,

• De repousser plus loin l’artillerie ukrainienne bombardant Donetsk qui était protégée et positionnée derrière Peski,

• D’ouvrir une progression vers Pervomaïske (5 km) ce qui permettra à partir de cette localité :

– de menacer les autres points d’appui de Vodiane puis Opinoe par le flanc,

– contrôler de menacer avec l’artillerie la logistique du bastion d’Avdeevka,

– de contourner Avdeevka par le Sud avec jonction du contournement Nord,

– de poursuivre une offensive en direction de Krasnoarmeïsk

C’est pourquoi les opérations offensives sont élargies déjà à toutes les routes menant à Avdeevka  et qui souvent par leurs remblais et leurs ponts bétonnés offrent  dans la steppe entre les villages et les villes des lignes où les soldats peuvent accrocher et protéger leurs positions défensives.

Ici près de Peski, une autre position ukrainienne qui se croyait abritée sous le tablier du pont.

Géolocalisation de la vidéo du BTR ukrainien en feu. Il s’agit du pont situé dans le Nord-Ouest de Peski, après le monastère, en direction de Pervomaïske.

À noter, à propos de cette bataille en cours pour le contrôle de Peski que l’artillerie ukrainienne qui est positionnée à l’Ouest d’Avdeevka, plutôt que de riposter sur les unités alliées au combat préfère poursuivre ses bombardements terroristes sur les populations civiles de Donetsk. Tirs d’obus et de roquettes sur les quartiers résidentiels ou leurs minages à distance par dissémination de milliers de mines antipersonnelles « Tulip ».

Le 7 août, au milieu des bombardements meurtriers qui ont fait 3 morts et 11 blessés parmi la population civile de Donetsk, les forces ukrainiennes ont à nouveau disséminé des mines « Petal » (district de Kievsky ») avec des roquettes à sous munitions, ce qui constitue un triple crime de guerre, et qui a même été notifié par Amnesty International.Le 7 août, au milieu des bombardements meurtriers qui ont fait 3 morts et 11 blessés parmi la population civile de Donetsk, les forces ukrainiennes ont à nouveau disséminé des mines « Petal » (district de Kievsky ») avec des roquettes à sous munitions, ce qui constitue un triple crime de guerre, et qui a même été notifié par Amnesty International.

Chaque jour des civils dont des enfants sont tués et blessés au coeur de Donetsk où pourtant il n’y a ni combat ni objectif militaire. Une nouvelle preuve de la haine russophobe et de la lâcheté occidentale qui mènent depuis 8 ans contre les populations du Donbass une guerre à caractère génocidaire.

Le 6 août une nouvelle frappe de l’artillerie ukrainienne détruit un bus à Donetsk tuant 3 civils et blessant 5 autres.
En conclusion

Sur le front de Donetsk, même si le plus dur reste à faire avec l’encerclement et la prise d’Avdeevka (à condition que les « ukrops » veuillent s’y maintenir coûte que coûte), une étape importante vient d’être franchie au cours de ces premières journées d’août, un peu comme lorsqu’une porte lourde finit par craquer face à la pression continuelle exercée sur elle.

À l’horizon des forces alliées menant l’assaut au Nord de Donetsk se profile leur objectif :
le 
bastion d’Avdeevka où seraient terrés près de 8000 « ukrops » (points d’appui extérieurs compris)

En plus d’un effondrement physique et moral, les forces ukrainiennes vont devoir rapidement choisir entre s’accrocher à un territoire qu’elle savent perdu et pour lequel elles subissent des pertes quotidiennes catastrophiques.

Aujourd’hui que la victoire des peuples de Russie apparait de plus en plus nettement à l’horizon de ce conflit terrible, ayant probablement déjà fait près de 100 000 morts, l’Ukraine n’a plus que le choix d’accepter sa défaite ou de disparaître totalement.

source : Alawata rebellion

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05 août 2022

GEOPOLITIQUE ... DEMAIN LA CHINE DOMINERA-T-ELLE LE MONDE TANT ECONOMIQUE QUE MILITAIRE ?

La Chine resserre le nœud

 

coulant autour du cou de Taiwan

 

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par Sergueï Savchuk.

Ces deux derniers jours, il ne semblait y avoir aucune autre nouvelle dans le monde que la visite à Taïwan de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis. L’avion de Nancy Pelosi a éclipsé à la fois les combats en Ukraine et la crise financière et énergétique mondiale. La représentante de l’establishment américain a finalement visité l’île, tandis que la Chine s’est contentée d’une succession de déclarations politiques sévères. Ce fait a déclenché une avalanche de déclarations alarmistes de la part de toutes sortes d’experts annonçant la défaite stratégique de la Chine. L’accent a été mis exclusivement sur l’aspect militaire en négligeant complètement le fait que nous parlons d’un pays asiatique, c’est-à-dire d’un État dont la mentalité, le système de pouvoir, les scénarios et les approches politiques sont différents de ceux de l’Europe.

Alors que tout le monde regardait les manœuvres et les exercices de la marine de l’APL, Pékin a porté un coup discret mais parfaitement calibré et dévastateur. Depuis le 3 août, il est strictement interdit de livrer du sable à Taïwan.

Pour Taïwan, c’est bien pire qu’une invasion militaire directe et un débarquement amphibie.

Commençons par le plus simple et le plus évident. Bien que nous vivions au XXIe siècle, où les télescopes spatiaux peuvent réaliser des images de qualité de galaxies distantes de nous de 500 millions d’années-lumière, la construction d’une maison, même la plus simple, est impossible, tout comme il y a des centaines d’années, sans l’utilisation de sable. Il est ajouté aux mélanges de construction, mélangé au ciment et aux pierres concassées, et transformé en matériaux de plâtre. Une telle interdiction peut sembler être une blague et une farce pour certains, mais pas pour les habitants de Taïwan, Hong Kong et Macao. L’ambassade de la RPC aux États-Unis publie des statistiques commerciales officielles qui montrent que 90% du sable consommé dans ces régions provient de Chine continentale.

Rien qu’à Taïwan, le marché de la construction était évalué à 82,1 milliards de dollars en 2021.

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Les chiffres bruts ne disent pas tout, mais il y a quelques faits fondamentaux à comprendre. Taïwan est un pays insulaire d’une superficie de seulement 36 000 kilomètres carrés ; en comparaison, cela correspond à la superficie de notre région de Yaroslavl. Dans le même temps, il y a 1,2 million de personnes dans cette région russe tandis que Taïwan en compte 23 millions. Naturellement, avec une telle surpopulation et une telle rareté des terrains, le vecteur de la construction sera dirigé vers le haut, c’est-à-dire que des bâtiments de plus en plus hauts, dont la construction est impossible sans les types modernes de béton, seront construits sur le site sans aucune alternative. Au début de cette année, la structure du marché de la construction sur l’île était la suivante : environ 55% des constructions étaient des logements, le reste étant réparti à parts à peu près égales entre les secteurs de l’immobilier commercial, ainsi que toutes sortes d’infrastructures et d’installations du complexe énergétique et pétrolier. L’introduction de l’embargo sur le « sable » aurait pour effet, si ce n’est d’anéantir complètement le secteur local de la construction, au moins de le mettre à la limite de la survie. La suite logique de ces sanctions sera la hausse record des prix de l’immobilier, et aucune agence internationale ne peut prédire de combien et à quelle vitesse les prix vont s’envoler.

sable

Un approvisionnement en dioxyde de silicium granulaire, qui est le nom chimique du sable ordinaire, est bien sûr possible. Cependant, une logistique implacable entre en jeu, qui transforme le sable ordinaire en sable doré (en or) à chaque kilomètre supplémentaire de livraison par voie maritime. En outre, comme l’a montré la crise énergétique de cette année, même si le produit recherché est sur le marché, cela ne signifie pas qu’il puisse être acheté et livré rapidement. D’autres pays peuvent faire des offres, ou le bon nombre de navires du bon type peut simplement ne pas être disponible. Les lecteurs curieux et fouineurs peuvent, par exemple, effectuer une recherche par eux-mêmes pour découvrir de combien de fois les frais d’affrètement des méthaniers ont augmenté après l’imposition des sanctions.

Ce n’est toutefois que la partie émergée de l’iceberg. Les restrictions ont un pouvoir destructeur beaucoup plus important et peuvent anéantir l’économie d’une île récalcitrante en un temps très bref.

Au total, 40 milliards de tonnes de différents types de sable sont extraites chaque année dans le monde (avec le gravier) pour un coût total de plus de 70 milliards de dollars. Le sable siliceux constitue la base de toute l’électronique moderne et des appareils complexes. Il est utilisé pour fabriquer des puces, des micro-puces, des ordinateurs, des câbles à fibres optiques et des milliers d’autres appareils qui remplissent notre quotidien confortable.

 

Le sable est nettoyé et chauffé dans un four électrique à une température de plusieurs milliers de degrés Celsius, laissant un silicium pur à 99%. Il est transformé en cylindres microscopiques qui sont découpés en plaquettes 60 000 fois plus fines qu’un cheveu humain. C’est à partir de cette matière première que sont finalement créés les transistors (interrupteurs électroniques contrôlant le flux d’électricité) et les semi-conducteurs (éléments de silicium et de germanium qui conduisent l’électricité à certaines températures et la bloquent à d’autres). Dès 1959, le scientifique américain Robert Noyce a eu l’idée de placer plusieurs transistors sur une tranche de silicium pur de la taille d’un ongle. C’est le début de l’ère de l’électronique et les puces et micro-puces elles-mêmes voient leur taille diminuer rapidement.

Nous nous sommes délibérément autorisé un bref exposé sur le rôle du sable dans l’industrie électronique, car Taïwan est le principal producteur mondial de micropuces pour l’électronique. À la fin de l’année dernière, les fabricants taïwanais occupaient 66% du marché mondial des appareils de base et n’ont manifestement pas l’intention de s’arrêter là. À titre de comparaison, la Corée du Sud ne s’enorgueillit que de 17% et la Chine, un milliard et demi d’habitants, se contente d’un modeste 8% du marché des semi-conducteurs.

Pour voir si nous ne nous trompons pas, examinons la liste des plus grandes entreprises de référence.

En troisième position, on trouve la société taïwanaise United Microelectronics Corporation, dont le bénéfice de l’année dernière s’élevait à 7,7 milliards de dollars. Le sud-coréen Samsung Electronics occupe la deuxième place avec ses usines situées dans 74 pays. Taiwan Semiconductor Manufacturing Company, une autre société taïwanaise, occupe la première place avec un écart important. TSMC propose à ses clients plus de onze mille produits, et en 2020, l’entreprise a gagné 45,5 milliards de dollars.

La perturbation des chaînes d’approvisionnement en importations de sable de construction et de sable de quartz pourrait mettre à mal non seulement l’économie taïwanaise, mais aussi l’ensemble de l’industrie électronique mondiale, des consoles de jeux aux « cerveaux » des missiles et des avions de chasse modernes.

Suivre les manœuvres des escadrilles aériennes et des groupes de navires de guerre au large des côtes de Taïwan est extrêmement passionnant. Cependant, quiconque a lu les écrits de Sun Tzu sait que ce n’est qu’une belle toile de fond et que si vous restez assis sur votre rivage sablonneux assez longtemps, un jour une île entière viendra à vous.

source : Ria Novosti

traduction Avic pour Réseau International

 

Pékin annonce des sanctions

 

commerciales contre Taïwan

 

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La visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, à Taipei a déclenché la colère des autorités chinoises.

La Chine a annoncé ce 3 août la suspension de l’importation de certains fruits et poissons de Taïwan, ainsi que l’exportation de sable vers l’île, en réaction à la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi.

Le déplacement de Nancy Pelosi, plus importante élue américaine à se rendre à Taipei en 25 ans, a déclenché la colère des autorités chinoises. Les autorités ont donc réagi en condamnant la visite de Nancy Pelosi et en lançant des exercices militaires autour de l’île, qu’elles considèrent comme une province rebelle de la Chine.

A ces réactions s’ajoutent des sanctions commerciales : l’administration chinoise des douanes a décidé mercredi de suspendre l’importation des agrumes et de certains poissons de Taïwan.

L’exportation de sable naturel vers la région de Taiwan sera suspendue à partir de mercredi (3 août), a annoncé le ministère du Commerce. « Cette décision est conforme aux lois et règlements pertinents de la partie continentale de la Chine », a déclaré un porte-parole du ministère.

Le ministère du Commerce n’a pas donné d’explications. Le sable naturel est généralement utilisé pour fabriquer du béton et de l’asphalte, et Taïwan dépend majoritairement de la Chine pour s’en fournir.

De son côté, l’Administration générale des douanes a indiqué que la Chine allait également suspendre dès ce 3 août l’entrée des agrumes et deux types de poissons de la région de Taiwan.

« L’entrée des agrumes, dont les pamplemousses, les citrons et les oranges, ainsi que du poisson sabre frais et du chinchard congelé venant de Taiwan sera suspendue conformément aux règlements concernés de la partie continentale », a indiqué l’administration dans un communiqué publié sur Internet.

Les déclarations douanières des produits susmentionnés ont été suspendues dès le 3 août, et les entreprises concernées ont été informées, selon le communiqué.

Depuis l’année 2021, les autorités douanières de Chine ont, à plusieurs reprises, détecté la présence de Planococcus citri, ainsi que des résidus excessifs de fenthion et de diméthoate dans des agrumes importés de Taiwan, a indiqué l’administration.

En juin 2022, des emballages de poissons sabres frais et de chinchards congelés en provenance de Taiwan ont été testés positifs à la COVID-19. Les décisions ont été prises pour prévenir les risques, a souligné l’administration.

Ce n’est pas la première fois que Pékin sanctionne les échanges commerciaux avec d’autres pays ou avec Taïwan. C’est « un schéma classique pour Pékin », a expliqué Even Pay, analyste spécialisée en agriculture au cabinet Trivium China, à La Libre Eco.

Cette dernière a indiqué que « quand les tensions diplomatiques et commerciales sont élevées, les régulateurs chinois adoptent généralement une attitude extrêmement stricte en termes de respect des règles (…) en cherchant tout motif justifiant une interdiction commerciale ».

En mars 2021, la Chine avait interdit les importations d’ananas de Taiwan, affirmant y avoir découvert des parasites, une mesure considérée par certains observateurs comme une sanction politique.

Le Conseil taïwanais de l’Agriculture a indiqué le 2 août que la Chine avait invoqué des infractions à la réglementation pour suspendre l’importation de différentes marchandises de l’île comme des produits de la pêche, du thé et du miel.

La Chine est le premier partenaire commercial de Taïwan, avec des échanges ayant grimpé en 2021 de 26%, à 328 milliards de dollars.

source : Chine Magazine

 

Quand la Chine pointe ses missiles

 

vers l’OTAN, l’Occident regarde Taïwan

 

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par Yanick Lang.

Quand la Chine pointe ses missiles vers le Kosovo, l’Occident regarde Taïwan.

Si tu as un ennemi, inutile de courir après. Assois-toi au bord de la rivière, et attend qu’il passe (proverbe chinois). À lire certains, le gouvernement chinois n’aurait pas su résister. Car il a préféré courir après Nancy avant qu’elle passe. Maintenant qu’elle est passée, que va-t-il se passer ?

Pour Nicolas Bonnal la Chine a perdu la face. Les américains ont démontré une fois de plus leur supériorité diplomatique dans l’art du poker. D’autres sites ou alerteurs, après avoir rapporté certains tweet laissant entendre que Nancy Pelosi pourrait renoncer à son voyage à Taïwan, se contentent désormais d’un communiqué laconique titrant « Nancy Pelosi a atterri à Taipei ».

Soit. Le monde prend acte et retient son souffle. En effet la Chine a prévenu, il y aura des actions militaires ciblées. Mais où, quand et contre qui ? Si la Chine frappe, alors ce sera la guerre. Le peut-elle vraiment ? Doit-on craindre une invasion de Taïwan ? Voire carrément un nouveau Pearl Harbour ?

Jusqu’a présent, le gouvernement communiste s’était contenté d’actions visant au grand dam de sa population à exacerber les tensions et les risques de pénuries en multipliant les confinements. Dans un article1, j’avais alors expliqué qu’il s’agissait d’une « extension de la guerre menée contre le dollar par d’autres moyens ». Ce fut le cas notamment à Shanghai, capitale internationale et poumon économique de la Chine et du monde, où l’on a pu observer des personnes se jeter du haut des tours ou retrouvées pendues.

Plus récemment, des images montrant des tanks en train de protéger des institutions financières dans les villes du Hunan ont inondé les réseaux sociaux. En effet, depuis le mois d’Avril, cette province se voit soumise à de rudes tensions depuis que les banques ont déclaré « produit d’investissement » l’épargne des déposants, gelant toute possibilité de retrait. Plus simplement, le gouvernement a fait main basse sur l’argent des clients, renvoyant la possibilité d’un remboursement à on ne sait quand…

Dans un second article2, j’émettais la possibilité qu’il s’agisse d’une répétition à plus petite échelle de ce qui pourrait advenir dans nos ville en pareille situation. De façon plus subtile, probablement la Chine s’efforçait-elle de nous faire parvenir le message suivant : Si un papillon qui bat des ailes à New York (ou Wall Street) peut provoquer un typhon à Pékin, une banque qui bat de l’aile en Chine peut provoquer un raz de marrée en Europe ou aux États-Unis.

Aussi mauvais et incompétents soient les gouvernements occidentaux, je ne peux imaginer qu’ils aient ignorer ces avertissements. D’autant qu’un article de Wikistrike3 décrit la configuration des forces chinoises en présence au large de la péninsule comme les prémices d’une attaque imminente, n’oubliant pas de rappeler que la Russie s’était livrée au même stratagème avant d’enclencher son opération spéciale en Ukraine.

Toutefois, il faut savoir que dans leur grande majorité les Taiwanais se considèrent chinois. Et ils ne voient pas d’inconveignents à retourner dans le giron de la Chine. Ce qui leur pose problème, c’est le parti communiste chinois. Car les taiwanais aspirent à une réunification harmonieuse. Or l’instrumentalisation actuelle n’aide pas. Pour que la Chine puisse poser le pied sur l’ile de Formose, il faudrait que ça ait l’apparence d’une « intervention humanitaire » afin de sécuriser la péninsule et sa population, exactement comme la Russie avec le Dombass.

Or, quand bien même Biden ferait office de bout en train, à savoir l’étalon utilisé pour exciter la jument (la Chine en loccurence), de part et d’autre des deux camps, j’observe que l’on se prête au jeu, en continuant à agiter Pelosi tel un chiffon rouge. La ficelle parait si grosse à avaler qu’on se bouscule au balcon. Tout ça pour une manœuvre qui s’apparente davantage à une stratégie de détournement qu’autre chose.

C’est pourquoi ces manœuvres ne sont peut-être qu’un leurre. En effet la surprise pourrait venir d’ailleurs. Les batteries de missiles livrées en Serbie il y a quelques mois par six avions cargo chinois constituent un véritable cheval de Troie à l’heure même où les tensions dans les Balkans laissent entrevoir un possible conflit. La Russie a énormément investi là-bas dans des gazoducs4, et les américains envisagent quant à eux de livrer leur gaz de schistes via l’Albanie et la Croatie. Ces grondement de bottes entre la Serbie et le Kosovo arrivent à point nommé et n’ont donc rien d’anodins.

Imaginez un instant : Des serbes pro russes qui ripostent contre des forces de l’OTAN au Kosovo5, le tout au moyen de missiles chinois, sans qu’on puisse accuser quiconque ouvertement hormis les belligérants, mais cependant avec des conséquences politiques et militaires aussi destructrices que si cela avait été la Russie ou la Chine elle-même… Avouez que la symbolique valait bien qu’on accepte un petit détour de l’autre folle par Taipei vous ne croyez pas ?

 

  1. https://reseauinternational.net/le-confinement-a-shanghai-nest-quune-extension-de-la-guerre-menee-contre-le-dollar-par-dautres-moyens
  2. https://reseauinternational.net/une-banque-qui-bat-de-laile-en-chine-peut-provoquer-un-typhon-en-europe-et-aux-etats-unis
  3. https://www.wikistrike.com/2022/08/attaque-imminente-de-la-chine-sur-taiwan
  4. https://www.courrierinternational.com/concurrence-dans-les-balkans-la-guerre-des-gazoducs-commence
  5. https://www.leparisien.fr/tres-vives-tensions-a-la-frontiere-entre-la-serbie-et-le-kosovo-lotan-se-dit-prete-a-intervenir/01/08/2022

 

Manœuvres chinoises à Taïwan :

 

répétition d’un potentiel « blocus »

 

aux répercussions mondiales

 

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Avec les manœuvres autour de Taïwan, la Chine montre sa capacité à isoler l’île, mais aussi à bloquer des routes maritimes essentielles pour le commerce mondial. Ces exercices perturbent aussi les liaisons aériennes internationales avec Taïwan.

Les manœuvres militaires menées par la Chine autour de Taïwan, les plus importantes de son histoire, sont destinées à simuler un « blocus » de Taïwan, et incluent « des tirs d’artillerie à munitions réelles et de longue portée », ainsi que des missiles devant survoler l’île pour la première fois, selon « plusieurs médias d’État » chinois cités par l’AFP.

Par mesure de sécurité, l’Administration chinoise de la sûreté maritime a « interdit » aux navires de pénétrer dans les zones concernées.

Ces manœuvres surviennent au niveau de routes commerciales parmi les plus chargées de la planète, et d’une importance cruciale : elles connectent au monde les usines de semi-conducteurs et équipements électroniques d’Asie de l’Est et servent aussi au transport de gaz naturel. Lors des sept premiers mois de l’année, près de la moitié des porte-conteneurs du monde sont passés par le détroit de Taïwan, selon les données compilées par Bloomberg.

« Étant donné qu’une grande partie de la flotte mondiale de conteneurs passe par cette voie navigable, le déroutement [provoqué par les manœuvres] entraînera inévitablement des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales », prédit James Char, chercheur associé à l’École d’études internationales S. Rajaratnam à Singapour. « La fermeture de ces voies de transport – même temporairement – a des conséquences non seulement pour Taïwan, mais aussi pour les flux commerciaux liés au Japon et à la Corée du Sud », souligne dans une note l’Economist intelligence unit (société d’analyse économique liée au groupe de presse étasunien éponyme).

Ces manœuvres perturbent également le trafic aérien : ces deux derniers jours, plus de 400 vols ont été annulés dans les principaux aéroports du Fujian, la province chinoise la plus proche de Taïwan. Les autorités taïwanaises ont pour leur part averti que les exercices perturberaient 18 liaisons aériennes internationales traversant la zone.

À la Bourse de Taïwan, l’indice Taiex dédié aux entreprises de transport aérien et maritime a reculé de 1,05% le 3 août, ayant perdu 4,6% de sa valeur depuis le début de la semaine. Mais plusieurs compagnies maritimes contactées par l’AFP ont dit attendre de voir l’impact des exercices avant de changer leurs itinéraires. Car la saison actuelle des typhons complique le passage des navires du côté est de Taïwan, par la mer des Philippines. D’autres ne prévoient aucun changement de plan, comme le géant danois Maersk interrogé par l’AFP.

source : RT France

 

fusée balistique

 

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04 août 2022

CULTURE A NICE CULTURE A NICE CULTURE A NICE ...

Patrick MOYA l'artiste virtuel

 

niçois expose ses oeuvres

 

artistiques à la galerie

 

commerçante de Nice Etoile

 

au 30 avenue Jean Medecin

 

à Nice cet été jusq'au 31

 

août 2022 du lundi au

 

samedi de 10h à 20h et le

 

dimache de 11h à 19h.

 

INFORMATION CULTURELLE 

 

IMG_7680-1024x848

Le nouveau chef de file de la nouvelle école de Nice l'artiste virtuel niçois Patrick MOYA ouvre un voyage dans son univers artistique le MOYA SUMMER LAND dans le grand espace commercial de NICE ETOILE sur la célèbre avenue Jean MEDECIN de la capitale de la Côte d'Azur Nice durant tout le mois d'août 2022.

Cet espace culturel est bien entendu ouvert gratuitement au publique où sur tous les niveaux de la galerie commerciale de NICE ETOILE vous pourrez vous plonger et admirer ses oeuvres aussi bien réelles que ses créations de mondes virtuels avec ses célèbres personnages en animation 3D.

Gérard DIACONESCO

 

Patrick MOYA

official websiDans le monde réel, ou dans l'univers virtuel de Second Life

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Nice, Saint Etienne, Sanary, Martigues, New York, Hong Kong, Albisola

archives 1990 à 1995
Nice, Taiwan, Toulon, Hong Kong, Chicago, Thessalonique, Tokyo, Hambourg

archives 1980 à 1989
Nice, Bologne, Barcelone, Paris, Londres

archives 1971 à 1979

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03 août 2022

GEOPOLITIQUE JORDAN BARDELLA PRESIDENT DU RASSEMBLEMENT NATIONAL VICE-PRESIDENT DU GROUPE ID AU PARLEMENT EUROPEEN

DISCOURS DE JORDAN BARDELLA:

 

CPAC HONGRIE 2022

 

 par  | 31 mai 2022 | COMMUNIQUÉS

jordan-bardella

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Mes chers amis,

Merci de votre accueil. C’est un honneur pour moi d’être parmi vous pour la première fois, et de porter aujourd’hui cette voix française dans le concert des patriotes européens et américains.
Ce mouvement populaire, souverainiste et patriote – dont vous êtes les acteurs partout dans le monde – nous en avons été les porteurs en France durant la campagne présidentielle et nous sommes d’ailleurs engagés en ce moment même dans la campagne des élections législatives.
Vous le savez, Emmanuel Macron a été réélu mais le nombre de voix rassemblés par Marine Le Pen, soit près de 42% du peuple français, 13,5 millions de voix, demeure historique et cette formidable force que nous avons bâti durant cette élection va se poursuivre et nous allons, jusqu’à la victoire, continuer de la porter sans faiblir.

Durant les derniers jours de la campagne présidentielle en France, nous avons assisté à une coalition de tous les intérêts du Système contre nous. Personnalités politiques, médias, sportifs, artistes et figures du politiquement correct : tous se sont alliés pour porter un discours d’une violence sans précédent contre les électeurs patriotes.
En vérité, ce déferlement a de quoi susciter notre enthousiasme. Il est le signe le plus sûr de la fébrilité de nos adversaires, en France comme en Europe. Au rythme de 10 points gagnés tous les 5 ans, je pense pouvoir me risquer à dire que la France sera, en 2027, en mesure de disposer d’un gouvernement patriote.
Parce que ce réveil des peuples est le sens de l’Histoire, la vague patriote que nous venons de connaître en France fait écho à ce que l’on a déjà constaté depuis plusieurs années dans de nombreux pays:

Le Brexit au Royaume-Uni, la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, puis l’affirmation de gouvernements patriotes en Europe, particulièrement en Hongrie et en Pologne, nous montrent que nous faisons face à un phénomène global : le rejet d’une politique mondialiste qui détruit nos identités et livre nos peuples à la prédation économique.
Au delà de nos différences et des enjeux propres à chaque pays, nous sommes réunis ici parce que nous nous efforçons de défendre certaines valeurs communes à tous nos peuples. De ce monde qui vient je voudrais en dresser les trois grands défis, ceux que nous aurons à relever à tous ensemble

La premier défi relève de l’enjeux démographique.
Je suis né, en 1995, sur une planète qui comptait 5 milliards d’habitants. Nos enfants et nos petits-enfants connaîtront un monde de 11 milliards d’être humains.
Ce premier défi, c’est celui de permettre à nos sociétés et à nos peuples de préserver ce droit si essentiel d’être et de rester eux-mêmes.
« La démographie c’est le destin » écrivait le philosophe français Auguste Comte. Face à l’Europe, devant nous, au delà de cette frontières naturelle que représente la Méditerranée, se dresse un continent d’un milliard deux cent-millions d’habitants, l’Afrique, dont la population doublera pour atteindre les 2 milliards 500 millions d’habitants en 2050.
En rappelant que 42% des jeunes africains aspirent à émigrer, l’Institut Gallup nous rappelle que les destins de nos continents respectifs pourraient être liés par la force du nombre.
La ruée vers l’Europe, pour reprendre le titre d’un livre de Stephen Smith, n’en est qu’au début du commencement. Elle appelée de ses voeux par l’Union européenne, encouragée par des pompes aspirantes sociales, économiques, juridiques empêchant aujourd’hui toute possibilité de réguler et de nous protéger de la vague qui vient.
Cette vision quasi-dogmatique d’un accueil inconditionné, illimité et sans frontière ne fait pas seulement le jeux des mafias de passeurs qui profitent de la misère humaine, elle déstabilise nos sociétés en les livrants aux tensions et à la violence.
Lesbos en Grèce hier, Lampedusa avant-hier, Ceuta ou Melila seront notre futur si nous ne reprenons pas dès à présent le contrôle.
Les portes d’entrée en Europe pour l’immigration clandestine se multiplient, transforment des archipels en état de siège, où la population – laissée à l’abandon par l’Europe entière – doit faire face aux nuisances, au vandalisme et parfois aux pillages des lieux de culte.

Pour les tenants du mondialisme, la migration du Sud est un droit, et l’accueil au Nord un devoir pour les peuples d’Europe. Pour nous patriotes, protéger nos modes de vie et en assurer la transmissions aux générations qui viennent est un impératif civilisationnel.
L’Europe, notre continent, peut survivre à des déficits supérieurs à 3% du PIB ; mais elle ne se relèverait pas d’un déficit prolongé des naissances compensé par une submersion migratoire venue de l’extérieur. Demain, l’Europe sera t-elle encore l’Europe, si comme à Cologne, les journées sont rythmées par l’appel du muezzin ? Sera t-elle encore l’Europe si comme dans des villes belges ou hollandaises une majorité d’habitants prête allégeance au roi du Maroc ou au sultan Erdogan ? Enfin, si comme dans tant de quartiers de France, une autre civilisation s’impose et avec elle un rapport aux femmes qui nous est étranger ?

Et parce que les femmes et les hommes qui auront 80 ans en 2100 sont déjà nées, c’est maintenant et aujourd’hui que doit s’ouvrir le débat sur la politique de natalité. Des politiques ambitieuses et incitatives en la matière, notamment par la fiscalité et des aides de l’Etat, ont été conduite dans certains pays comme ici en Hongrie par Viktor Orban et doivent demain nous inspirer.

Le deuxième grand défi qui est devant nous, et qui est intrinsèquement lié au premier, est la crise environnementale et l’enjeux écologique. Nul besoin d’être de gauche pour s’apercevoir que les ressources naturelles de notre planète ne suffiront à l’infini à une population mondiale toujours plus nombreuse.
Nul besoin d’être de gauche, pour s’apercevoir que le modèle économique ultra-libérale, bâti sur le rêve d’une mondialisation heureuse et sur le grand déménagement du monde détruit à petit feu nos terres et nos océans, la qualité de l’air que l’on respire comme celles des aliments que l’on consomme.
Si grâce à son industrie nucléaire la France fait partie des pays les plus propres au monde, le Haut Conseil pour le Climat rappelle que la moitié de nos émission de GES est liée directement à nos importations, et donc à notre modèle économique.
Loin des envolées catastrophistes des Verts, des collapsologues et autres apôtres de la fin du monde, nous devons regarder ce défi avec lucidité et ambition. La question écologique ne peut plus être le monopole de la gauche car elle engage toute l’Humanité.
L’écologie des civilisation que nous voulons est le réel progrès du siècle qui vient. Elle ne préserve pas seulement la diversité des peuples, des identités et des cultures, mais elle ambitionne aussi de léguer aux générations qui viennent un monde durable.
Ce progrès préfère le localisme au globalisme. Il préfère les frontières qui protègent, les circuits- courts, la proximité et le patriotisme économique à la concurrence internationale déloyale et aux délocalisations massives.
Il préfère fabriquer, consommer et retraiter sur place, plutôt que d’importer d’Asie, consommer en Europe pour faire recycler en Afrique.
Il aime le beau et le bon face à la mondialisation qui défigure. Il préfère d’abord son quartier, sa ville ou son village, son pays, à ceux du bout du monde.
L’écologie des civilisation s’oppose à un monde dans lequel les hommes seraient tous les mêmes, séparées de toute culture héritée, de toute croyance personnelle, et donc réduis à leurs intérêts économiques. Un homme indéterminé, sans origine, ni territoire, l’être du rien, pure effet de son désir et de ses caprices.


Enfin, le troisième et dernier défi du monde qui vient, peut-être le plus grand que notre civilisation n’ait jamais affronté, s’appelle l’intelligence artificielle. L’intelligence artificielle, le pouvoir et la conscience des machines, les nouvelles technologies et la collecte infinie de données personnelle posent des dilemmes et je dirais même des périls économiques, éthiques, sociétaux et juridiques sans précédent.
Comme l’explique Yuval Harari dans Homo Deus, les évolutions technologiques du XXIè siècle vont, pour la première fois de l’Histoire de l’humanité, conférer aux Hommes les pouvoirs des Dieux. Créer le vivant et modifier le génome, augmenter les capacités humaines et coloniser le cosmos. D’une manière plus globale, le transhumanisme cherche à abolir toute les limites de l’humanité.

Il pose la question même de la souveraineté de l’Humanité sur sa propre existence. L’IA concurrence le cerveau humain par sa capacité d’analyse exponentielle et il n’est pas question de fillières moins qualifiées, mais au contraire.
En matière de santé, les IA les plus performantes peuvent à ce titre disposer d’une capacité de calcul 1000 supérieur à celle d’un généticien du cancer : le progrès technologique pourrait demain ambitionner de remplacer des ingénieurs ou des médecins.
Face à cela, le politique et les institutions apparaissent comme obsolètes. Les nouveaux apôtre de la religion transhumaniste sont dores et déjà les nouveaux maîtres du monde. Ils ont entre les mains deux pouvoirs immenses : celui de l’argent et celui de la donnée, l’or gris du siècle. Il s’appellent Jeff Bezos, Elon Musk ou Zuckerberg. Ils s’investissement des milliards dans des puces cérébrales qui pourraient demain permettre de guérir Alzheimer ou dans le rêve fou de régénérer les cellules humaines pour tuer la mort.
Ce bond en avant civilisationnel est devant nous : il nous appartient de le dompter et de le réguler.
Quand une technologie apparaît, les Américains en font un commerce, les Chinois la copie et les Européens la régulent. Je ne voudrais pas froisser nos amis américains présents dans la salle, mais le destin de l’Europe ne peut-être de réguler le génie des autres puissances.
Il nous appartient, nous européens, de conquérir cette souveraineté numérique.

Pour conclure, j’aimerais rappeler que le XXIème siècle opposent les liquidateurs de l’Etat-Nation à ceux qui veulent lui rendre sa force.

Face aux partisans d’un monde dérégulé, sans âme ni frontière, nous sommes les gardiens des limites et d’une société à visage humain.
Quand nous parlons de l’Etat-Nation, nous ne parlons pas d’un concept abstrait. Nous parlons d’une réalité vivante, faites de territoires et de terroirs, de villes et de villages, de dunes et de montagnes, de chairs et d’Histoire.
Quand nous parlons de l’Etat-Nation, nous parlons d’une histoire pluriséculaire, dont nous sommes les héritiers attentifs et les continuateurs.
La Nation incarne ce besoin de civilisation dont les peuples ont soif. Elle incarne un besoin de certitudes sur lesquelles s’appuyer, dans la tempête de notre monde.
La Nation, c’est ce socle de principes et de valeurs qui ne peuvent pas être remis en cause par les marchés financiers ou par les modes du moment.

Le patriotisme et la souveraineté ne sont pas des reculs en arrière, mais des bons en avant. Ils ne sont pas des nostalgies d’hier, mais un socle de valeur pour affronter les grands basculements qui viennent.
Le XXIème siècle sera patriote et, parce que nous sommes les dirigeants de demain, nous allons le conquérir.
Je vous remercie.

 

JORDAN BARDELLA 

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01 août 2022

GUERRE UKRAINE-RUSSIE :SI LES UKRAINIENS NE DEPOSENT PAS LES ARMES A CAUSE DE L'OTAN LA RUSSIE FINIRA PAR PRENDRE TOUT LE PAYS

Guerre d’Ukraine – Jours 152-158 –

 

 

Emmanuel Macron n’est pas content –

 

 

Sergueï Lavrov lui a volé la vedette

 

 

en Afrique – par Edouard Husson

"Placées aux deux extrémités de l’Europe, la France et la Russie ne se touchent point par leurs frontières, elles n’ont point de champ de bataille où elles puissent se rencontrer ; elles n’ont aucune rivalité de commerce, et les ennemis naturels de la Russie sont aussi les ennemis naturels de la France". (François-René de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe). On ignore souvent que Chateaubriand fut la principale source d'inspiration du Général de Gaulle en matière diplomatique. Au coeur de la vision d'une politique étrangère forgée par la monarchie et qui pût être utilisée, sans modification, par la République, il y avait la nécessité de s'entendre avec la Russie, telle que l'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe, qui fut aussi Ministre des Affaires Etrangères sous la Restauration, l'expose. Faute d'avoir adhéré à ces "piliers de la sagesse diplomatique" française, notre actuelle diplomatie est en train d'être engloutie dans le désastre d'une guerre occidentale qui n'est pas la nôtre, au risque de voir notre pays écarté pour longtemps des affaires du monde - alors que notre géographie nous met en position idéale, sur tous les océans de la planète. Il faudra sans aucun doute du temps pour réparer les énormes erreurs de l'actuelle (absence de) stratégie française. Ce n'est pas une raison pour ne pas comprendre le monde tel qu'il change: non seulement l'évolution de la bataille d'Ukraine mais le retour à l'équilibre des puissances avec, au coeur du nouveau dispositif, la Russie et l'Eurasie.

L’OTAN: une  machine à gaspiller les budgets militaires? 

Deux chiffres, pour commencer. Les Etats-Unis dépensent 800 milliards pour leur défense, la Russie seulement 65 milliards.  Les premiers, à la différence de la seconde, s’inquiètent sur l’épuisement des stocks de munitions et d’armes engagés dans la guerre en Ukraine; et ils n’ont pas encore été capables de réussir un essai de missile hypersonique. 

Il y a une sérieuse question d’utilisation des ressources. 

+ Les USA, à l’abri de ce budget pléthorique, ont perdu le contact avec le réel. Un article paru dans le National Interest propose que les USA servent de médiateur pour une sorte de nouvel accord de Minsk….Mais c’est en-deàa de ce que l’Ukraine et la Russie avaient négocié à Istamboul fin mars….

+ utile récapitulatif par southfront.org de l’affaire des CAESAR: 

Le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France allait fournir à l’Ukraine plusieurs obusiers automoteurs CAESAR dans une interview accordée à Ouest-France et publiée le 22 avril.

Macron a ajouté qu’une quarantaine de militaires ukrainiens seraient formés au CAESAR en France. Chaque obusier nécessite un équipage de cinq à six personnes. Ainsi, environ deux douzaines d’obusiers français pourraient être utilisés par des militaires ukrainiens formés. En juin, l’armée ukrainienne a présenté les obusiers français déployés sur les lignes de front du Donbas.

En juin, la chaîne de télévision France24 a rapporté que Paris avait déjà transféré 18 affûts d’artillerie automoteurs CAESAR des bases de stockage de l’armée française à Kiev. La France a récemment promis de fournir au pays six obusiers CAESAR supplémentaires ainsi qu’un “nombre significatif” de véhicules blindés de transport de troupes VAB.

Le 22 juin, l’avocat et homme politique français Regis de Castelnau a révélé que deux obusiers CAESAR étaient tombés entre les mains de l’armée russe. À l’époque, Regis avait déclaré que l’armée russe avait transféré les obusiers à l’usine Uralvagonzavod de Nizhny Tagil, qui développe et produit des chars de combat, des véhicules blindés et des obusiers, pour les étudier.

Le Donbass Insider a rapporté le 6 juillet que des officiers ukrainiens avaient vendu deux obusiers automoteurs CAESAR de fabrication française à la Russie. Ces affirmations ont ensuite été reprises par le président biélorusse Alexandre Loukachenko.
Les obusiers français Caesar sont activement utilisés par les forces armées ukrainiennes sur les lignes de front en Ukraine orientale. Cependant, ils ne se contentent pas de frapper des cibles militaires ennemies, mais sont également utilisés pour bombarder des civils en République Populaire de Donetsk et en République Populaire de Lougansk.

Les journalistes militaires russes ont partagé la vidéo montrant l’obusier automoteur Caesar détruit, fourni par la France aux forces armées ukrainiennes. Il s’agit du premier Caesar dont la destruction a été confirmée”.

+ L’armée ukrainienne n’a quasiment plus d’avions en état de se battre. Les services ukrainiens ont tenté de corrompre des pilotes russes pour deux millions de dollars afin qu’ils passent à l’ennemi avec leurs avions. 

25 juillet 2022; 

+Le 25 juillet, le ministère russe de la Défense a cité  trois  cibles des frappes de missiles russes en Ukraine.

Dans l’ouest de l’Ukraine, des missiles russes ont frappé une base de transbordement du matériel occidental, détruisant des munitions fournies par les États-Unis pour les systèmes de roquettes à lanceur multiple HIMARS et des obus pour les obusiers américains de gros calibre M777. L’attaque a été menée près de la ville de Bogdanovtsi, dans la région de Khmelnitskïi.

Une autre cible des missiles russes était un point de déploiement temporaire de la 95e brigade d’assaut aéroportée des forces armées ukrainiennes dans le village de Konstantinovka en République populaire de Donetsk. À la suite de cette attaque, plus de 100 militaires ukrainiens et mercenaires étrangers ont été tués.

Le même jour, le ministère russe de la Défense a indiqué qu’une tentative d’infiltration ukrainienne à partir de bateaux de débarquement rapides sur le territoire de la région de Kherson a été déjouée dans l’estuaire de Dnieprovski. Deux bateaux ont été détruits suite à la frappe russe.

+Le 25 juillet, les militaires de la République populaire de Donetsk ont commencé à prendre possession de la centrale électrique de Vouglegorska, située dans la banlieue ouest de la ville de Svetlodarsk.

Selon les rapports de la région, le commandement ukrainien a quitté la zone de la centrale et seuls de petits groupes de militaires ukrainiens continuent de se battre.

Le maire de Gorlovka a annoncé le blocage complet de la centrale électrique. L’armée ukrainienne ne peut se retirer que par la route de Semigorïe qui est déjà sous le contrôle des forces russes.

Le même jour, des unités des forces alliées sont entrées dans la propre ville de Novolouganskoïe, où les affrontements se poursuivent. L’avancée des troupes russes est compliquée par le minage des routes principales.

Le contrôle russe de la centrale électrique de Vouglegorska ouvre la voie à une avancée sur les bastions ukrainiens de la ville de Bakhmout (Artiomovsk).

Pendant ce temps, dans les faubourgs de Bakhmout, l’assaut russe sur le village de Pokrovskoye a commencé. Au même moment, les forces alliées ont lancé un assaut sur le village de Bakhmoutskoïe, à la périphérie sud-est de Soledar. 

Et la fameuse contre-attaque d’un million d’Ukrainiens dans le sud? 

Après l’échec de plusieurs opérations, les militaires ukrainiens ont construit un passage supplémentaire sur la rivière Ingoulets dans la zone d’Andreïevka, dans le nord de la région de Kherson. Des affrontements ont été signalés mais, le matin du 25 juillet, le chef adjoint de l’administration de la région de Kherson a déclaré que les troupes ukrainiennes avaient échoué dans leur contre-attaque.

Incapables de mettre au point une contre-offensive efficace sur les lignes de front, les forces armées ukrainiennes continuent de bombarder les civils en République populaire de Donetsk et en République Populaire de Lougansk. Pour la seule ville de Donetsk, Laurent Brayard parle – dans une boucle WhatsApp à laquelle j’ai accès – de 3 à 400 projectiles envoyés par les Ukrainiens tous les jours. Avec des blessés et des morts. Mais il faut croire que certains crimes de guerre sont moins criminels que d’autres puisque les médias occidentaux n’en parlent jamais ou reprennent la version ukrainienne selon laquelle les Russes bombardent les leurs…..

Le 24 juillet, les forces ukrainiennes ont frappé les villages de Stakhanov et de Krasni Loutch en République populaire de Lougansk.

Trois missiles HIMARS MLRS de fabrication américaine ont été retrouvés non explosés à Krasni Loutch. Au total, six de ces missiles ont été tirés, mais seuls trois d’entre eux ont explosé, ce qui indique la faible efficacité de l’un des plus récents MLRS de fabrication américaine.

Tpujours pour la journée du 25 juillet, en suivant @rybar (en cliquant sur ce lien, vous avez accès à une vidéo avec une carte): 

Des formations ukrainiennes ont bombardé le village d’Alekseïevka dans le district de Glouchkovski, région de Koursk, sans que l’incident ne fasse de victimes.

Les forces armées russes ont frappé les positions des militaires ukrainiens dans les villages de Iastrebinoïe, Grabovskie et Vladimirovka, dans la région de Soumy.

L’artillerie russe a frappé des positions ennemies à Kharkov. 

 Dans la région de Borchevaïa, des unités spéciales des forces armées russes ont mené un raid sur les positions ennemies.

 L’aviation ukrainienne continue de voler depuis l’aérodrome de Mirgorod. Au moins trois avions Su-24/25 effectuent des patrouilles quotidiennes.

Les forces armées ukrainiennes effectuent des tirs de barrage dans la région de Berestovoïe et Bologovka.

Les forces armées russes ont mené des frappes sur les installations de l’armée ukrainienne à Nikopol et Marganets dans la région de Dniepropetrovsk.

 En plein jour, les troupes russes ont lancé une attaque de missiles sur une installation de l’armée ukrainienne dans la région de Kiev.

26 juillet 2022: 

L’armée russe a récemment intensifié les frappes de missiles sur les positions militaires ukrainiennes dans la ville de Konstantinovka en République populaire de Donetsk. Une quarantaine de volontaires/mercenaires étrangers, en particulier des Polonais auraient été tués. 

Une autre frappe a touché le village de Zaitsevo situé au sud-est de Konstantinovka. La frappe aérienne sur les positions de combat du bataillon de la 72e brigade mécanisée de l’armée ukrainienne aurait touché plus de 70 Kiéviens et un dépôt de munitions.

La veille, le point de déploiement temporaire de la 95e brigade d’assaut aéroportée des forces armées ukrainiennes à Konstantinovka a été détruit par une frappe d’arme de haute précision des forces aérospatiales russes. Plus de 100 militaires ukrainiens et mercenaires étrangers auraient été tués.

De nombreux obusiers M777 ont été repérés à Konstantinovka. Il y a du personnel militaire américain sur place, responsable du calcul des trajectoires pour les canons. Ils portent même des uniformes et des signes distinctifs des forces armées des États-Unis d’Amérique.

Les forces dirigées par la Russie s’approchent de la ville de Bakhmout par l’est et le sud. Konstantinovka est situé à 20 kilomètres à l’ouest de Bakhmout sur la route menant à la ville. 

+ Le 26 juillet, un incendie s’est déclaré dans un dépôt pétrolier dans le district Boudionnovski de Donetsk à la suite d’un bombardement ukrainien. Les troupes ukrainiennes ont tiré trois missiles de la MLRS américaine HIMARS sur ce dépôt de pétrole, ont rapporté les autorités de la République populaire de Donetsk. L’incendie a été rapidement maîtrisé et il n’a pas fait de victimes. 

L’Allemagne finit par livrer du matériel

+Le 26 juillet, le ministre allemand de la défense, Christina Lambrecht, a déclaré que l’Allemagne avait livré à l’Ukraine les systèmes de roquettes à lancement multiple (MLRS) de type Mars II qui lui avaient été promis. Trois obusiers automoteurs Panzerhaubitze 2000 supplémentaires ont également été remis à Kiev.

J’ai toujours le même haut-le-coeur à penser que des Allemands de 2022 puissent soutenir une guerre faite à la Russie et soutenir un régime fascisant qui envoie à une mort inutile des centaines d’Ukrainiens chaque jour. 

+Le 26 juillet, les Forces armées ukrainiennes (AFU) ont attaqué la région russe de Briansk. Suite à une attaque de drone sur le poste de contrôle frontalier de Troebortnoïe, situé dans le district de Sevski de la région de Briansk, quatre personnes ont été blessées, dont des civils.  L’un des blessés, un citoyen moldave, a succombé à ses blessures.

Toujours le 26 juillet dernier, selon @rybar (vidéo au bout du lien!): 

 Les forces armées russes ont frappé les positions kiéviennes à Khrenivka et Senkivka, dans la région de Tchernigov, et à Tolstodubovo et Znob-Novgorodskie, dans la région de Soumy.

Au nord de la région de Kharkov, il y a des combats de position près de Borchtcheva et Svitlichnïe. Dans la nuit, les forces armées russes ont lancé une série de frappes sur les sites d’hébergement de l’armée ukrainienne à Kharkov.

Dans la soirée, des informations font état de la prise de contrôle par les Alliés du village de Berestovoïe, sur la route Bakhmout-Lisitchansk.

Pour la direction de Soledar, des unités du PMC Wagner ont pris tout le village de Pokrovskïe, ouvrant la voie à une offensive sur Bakhmout (Artiomovsk) depuis l’est.

 Les unités du PMC Wagner ont également délogé définitivement et complètement les forces armées ukrainiennes du territoire d’Ouglegorska, autour duquel des combats avaient lieu depuis la fin mai. Les unités kiéviennes à Novoluganskie sont encerclées par les forces alliées.

 Les forces armées ukrainiennes continuent de bombarder l’agglomération de Donetsk, faisant des blessés parmi les civils.

Dans la région de Zaporojie, les duels d’artillerie se poursuivent : les forces armées russes frappent les positions de l’armée ukrainienne à Orekhovie, Kamenskoïe et Zelenoïe Pole.

Les forces armées russes ont frappé des cibles à Nikolaïev dans la matinée. Plusieurs infrastructures ont été endommagées.

L’armée kiévienne tente une nouvelle fois de bombarder Kherson, mais les forces de défense aérienne russes parviennent à repousser l’attaque.

Les forces russes ont frappé plusieurs installations de l’armée ukrainienne dans la région d’Odessa au cours de la nuit : des cibles dans la zone de Zatoka et Karolino-Bougaz, ainsi qu’un dépôt de munitions 1513 près de Belenki.

27 juillet 2022 

Le 27 juillet, le représentant officiel de la milice populaire de la République Populaire de Donetsk, Ivan Filipenko, a confirmé la destruction complète des unités ukrainiennes qui étaient déployées dans la centrale thermique d’Ouglegorsk.

Après la fin des opérations de prise de contrôle de la centrale thermique d’Ouglegorsk, les forces russes ont avancé vers l’ouest. Des affrontements ont éclaté pour le contrôle du village de Semigorie.

Dans la région de Bakhmut/Artiomovsk, de violents combats se poursuivent dans les villages de Veselaïa Dolina, à la périphérie sud de la ville.

Après que les unités de la République Populaire de Donetsk ont pris le contrôle de la ville de Pokrovskie située à la périphérie est de Bakhmout, les forces alliées intensifient le bombardement des positions des forces armées de l’Ukraine directement dans la ville.

Dans la région de Slaviansk, les médias ukrainiens ont diffusé de fausses nouvelles sur le contrôle ukrainien de la ville de Bogoroditchni et d’un certain nombre d’autres localités, mais plus tard, les rapports ont été démentis.

Les batailles se poursuivent dans les villages de Sidorovo et Dolina. Les forces russes frappent les installations de l’armée ukrainienne à Slaviansk, Kramatorsk, Konstantinovka.

L’armée ukrainienne envoie des mines de type PFM sur Donetsk pour blesser les civils, en particulier les enfants

Les forces kiéviennes ont été repoussées de leurs positions à Belogorka ainsi que de la zone d’Andreïevka. Les groupes d’assaut ukrainiens ont  subi de lourdes pertes dues aux tirs d’artillerie et à l’aviation russes et ont battu en retraite.

Au cours de la journée écoulée, l’armée ukrainienne a ouvert le feu 146 fois sur le territoire de la République populaire de Donetsk, tirant plus de 800 projectiles, soit le maximum depuis le début des hostilités en février de cette année. Bien entendu, une grande partie de ces tirs sont intercveptés par la DCA des troupes alliées.

À Donetsk, l’armée ukrainienne a commencé à miner la ville avec des lance-roquettes multiples. Des mines PFM-1 “Petal” sont larguées sur la ville par des MLRS ukrainiens. J’en ai eu la confirmation par Laurent Brayard, qui se trouve sur place.  Le dispositif d’ explosion est décrit dans la fiche ci-dessous.  

Le 27 juillet, 4 personnes ont été tuées sur le territoire de la République Populaire de Donetsk, 11 autres ont été blessées.

selon @rybar: 

 Les forces armées ukrainiennes ont bombardé Belgorod dans la matinée. Tous les missiles ont été interceptés par les moyens de défense aérienne russes.

L’artillerie russe a touché des cibles dans les zones frontalières des régions de Tchernigov et de Soumi.

 Les forces armées russes ont effectué des frappes de missiles et d’artillerie contre les installations d’hébergement de l’AFU dans les districts Industrialniï et Novobavarskiiï de Kharkov et d’autres localités de la région.

Le commandement ukrainien a envoyé des renforts à Oudi et Tcherkassi Tichki. L’artillerie kiévienne a bombardé Rubijnie et Khotomlïa.

 Dans une zone boisée à l’ouest d’Izioum, les forces armées russes ont pris en embuscade des hommes la 81e brigade de l’armée ukrainienne. Le groupe a subi des pertes et a battu en retraite.

Les forces armées ukrainiennes se préparent à une offensive des forces armées russes à la périphérie de Seviersk. A Nagorni et Iakovlevka, les unités du génie de la 54e brigade ukrainienne installent des champs de mines.

 Les unités des forces armées russes et de la République démocratique populaire de Donetsk ont complètement libéré Novolouganskoïe.

 Les unités du PMC de Wagner ont repoussé avec succès une contre-attaque ukrainienne sur Pokrovskie.

Le commandement ukrainien prépare Soledar et ses environs à la défense. Un bataillon combiné de 450 hommes de la 10e brigade d’Ogsh est déployé dans la ville, et des positions de tir et des hôpitaux sont mis en place à la périphérie.

 Dans la direction de Donetsk, l’artillerie russe a lancé des frappes massives sur les positions des forces armées ukrainiennes sur la ligne de contact.

 Dans la nuit, les HIMARS MLRS ukrainiens ont à nouveau frappé le pont Antonov à Kherson. La surface de la route a été gravement endommagée et la circulation a été restreinte.

 Ce sont des unités des troupes aéroportées russes, soutenues par des avions et de l’artillerie, qui ont délogé les formations ukrainiennes d’Andreïevka, qui ont été  contraintes de se replier derrière Ingoulets.

Les forces armées ukrainiennes poursuivraient les préparatifs d’une offensive dans la direction de Krivoï Rog. Mais on a du mal à comprendre la logique de ces opérations, qui obligent les Kiéviens à dégarnir le front du Donbass.  Et l’on constate que les débuts d’offensive provoquent de nombreuses pertes dans les unités lancées au combat. 

28 juillet 2022

+L’armée russe a détruit une station de communication pour drones de combat Bayraktar TB2, déployée par les forces ukrainiennes près du front à Kherson.

Selon @rybar

 Les forces armées russes ont frappé un aéroport civil à Kirovograd : les hangars des avions ont été détruits.

 Dans le district de Vichgorod, dans la région de Kiev, les troupes russes ont frappé une base d’entraînement du ministère ukrainien de la Défense avec une frappe de haute précision près du village de Lioutej.

 Dans la matinée, des équipements de défense aérienne se sont déclenchés au-dessus de Belgorod : ils ont repoussé un autre raid des forces armées ukrainiennes ; aucune victime.

Au moins neuf frappes ont été effectuées sur la base d’entraînement de la 57e brigade d’armée et de la 55e brigade d’armée de l’AFU à Gontcharovskoïe, dans la région de Tchernigov.

L’armée de l’air russe a détruit un lanceur de SAM S-300 ukrainien près de Kramatorsk.

Les unités de l’armée ukrainienne ont essuyé des “tirs amis” de la 14e brigade de la défense territoriale à Bakhmoutskoïe alors qu’elles se retiraient de Pokrovskie.

 L’armée ukrainienne poursuit le pilonnage massif de Donetsk : désormais, aux frappes d’artillerie s’ajoute la dissémination de mines ” pétales ” qui tuent. Au moins 20 personnes ont été blessées en 24 heures.

Les forces russes continuent de mener des frappes aériennes et d’artillerie à grande échelle sur les positions kiéviennes  à Avdeïevka, supprimant les points de tir ennemis en préparation d’une offensive.

Les forces alliées ont occupé le puits de ventilation de la mine de Chtchourovka, avançant jusqu’à 300 mètres vers le principal terril de Marinka. La capture du terril et du bastion kiévien ouvrira la voie à la libération de l’ensemble de Marinka.

 Dans la région de Zaporojie, des formations ukrainiennes ont largué des mines artisanales depuis un drone sur le village de Sosnovi Bor près d’Energodar, sans faire de victimes

29 juillet 2022

+ Selon @rybar:

Le village de Sachkovitchi dans le district de Klimovsk de la région de Briansk a été bombardé par les forces armées ukrainiennes : les lignes électriques ont été endommagées, aucune victime n’est à déplorer.

+ Les forces armées russes ont lancé des frappes de missiles contre des positions de formations ukrainiennes à Kharkov, ainsi que dans les districts de Tchougouiev et Bogodougov de la région de Kharkov.

 Les forces russes poursuivent leurs frappes sur les positions des forces armées ukrainiennes à Kramatorsk et Slaviansk.

 A Bakhmout (Artiomovsk), les unités du génie de l’armée ukrainienne continuent de se préparer à une défense prolongée de la ville. 

 Des combats ont lieu à proximité du village de Verchini, où des unités de la 72e brigade de l’armée kiévienne ont subi de lourdes pertes. Le commandement ukrainien renforce le groupement dans cette direction : des forces fraîches ont été transférées à Kourdioumovka et Nikolaïevka II..

 Les forces armées ukrainiennes bombardent continuellement les villes de l’agglomération de Donetsk, faisant de nombreux blessés parmi les civils. Les forces ukrainiennes dispersent des “mines pétales” dans les zones résidentielles.

Toujours aucun reportage dans les médias occidentaux….

 L’armée ukrainienne a frappé un grenier dans la ville de Kamianka-Dnieprovska, dans la région de Zaporojie, détruisant 9 000 tonnes de blé récolté.

Désolé d’ébranler un peu plus le mythe ukrainien. Mais ce sont les Kiéviens qui veulent priver leur peuple et le reste du monde d’approvisionnement alimentaire, non les Russes. 

 Dans la direction Nikolaïevsk-Krivorojsk, les forces armées ukrainiennes n’abandonnent pas les plans visant à franchir la rivière Ingulets et se préparent à avancer près de Visokopolie et Krechenivka.

 Les unités de la 60e division d’infanterie du corps de réserve concentrent leurs forces près de Potemkino. Des positions de tir sont établies près du village.

 Une unité ukrainienne a tenté de pénétrer en territoire sous contrôle russe près de Zolotaïa Balka, mais a subi des pertes et s’est replié sur ses positions initiales.

L’armée ukrainienne bombarde le camps où sont prisonniers les “Azov”: pour les empêcher de parler ? 

L’APU a frappé les prisonniers de guerre d’Azov à Elenovka. Ce n’est pas la première fois que des tirs ukrainiens visent les endroits où les leurs sont prisonniers.

À la suite de cette attaque, 40 nationalistes ukrainiens ont été tués et 75 blessés, a rapporté le ministère russe de la défense.

Est-ce pour faire taire ceux qui commençaient à raconter les crimes de guerre ukrainiens? On regardera par exemple cette vidéo d’un sergent du Bataillon Azov racontant des meurtres de civils ukrainiens. 

Le prisonnier de guerre ukrainien du bataillon nazi Azov, Dmitry Kozatsky est un autre exemple:  il avait affirmé aux Russes que l’ordre d’assassiner les prisonniers de guerre russes avait été donné directement par le bureau du président Zelinski.

La frappe de Kiev est peut-être à la fois une tentative de les faire taire à jamais et d’intimider ceux qui ont survécu. 

Le régime de Kiev, comme nous y sommes habitués, lancé une campagne médiatique pour déclarer que l’attaque avait été menée par les Russes. 

La prétendue frappe russe a été expliquée par diverses raisons, notamment les tentatives des militaires de la République Populaire de Donetsk de dissimuler les tortures et les crimes commis contre les prisonniers de guerre ukrainiens. Cependant, de nombreux témoignages de prisonniers de guerre confirment qu’ils étaient en bonne santé et ont été bien traités.

Une vidéo montrant des obus HIMARS sur place ne laisse pourtant aucune place à une quelconque spéculation de la part de Kiev. Et le Pentagone a reconnu une frappe kiévienne mais “par erreur”. 

Un crime de guerre russe ? 

L’ancien président russe Medvedev réagit sur sa chaîne Telegram à la vidéo qui circule censée montrer un soldat russe en train de châtrer un prisonnier ukrainien:

“Des choses se passent à la guerre. Il arrive que des prisonniers de guerre soient torturés. Aucune armée au monde n’est épargnée.

Plusieurs questions se posent au sujet de la vidéo qui se répand aujourd’hui dans Telegram.
La première est. D’où vient la vidéo du côté ukrainien ?
Deuxièmement. La vidéo est-elle apparue accidentellement juste avant l’attaque prévue par l’armée ukrainienne [contre le camp de prisonniers “Azov] ?
Troisième question. Pourquoi la vidéo est-elle dispersée de manière synchrone par les chaînes TG ukrainiennes et les opposants russes ? S’agit-il d’une coïncidence ou d’un élément méthodologique ?

Quatrième question. Qui est réellement dans la vidéo ? Les gens n’ont pas d’accent spécifique, ethnique ou régional. Compte tenu du nombre de mercenaires du côté ukrainien, la vidéo aurait pu être tournée n’importe où.

Il est utile de rappeler ceci. Kiev a un problème évident : auparavant, il n’y avait que des vidéos de l’armée ukrainienne torturant des Russes dans le domaine public. Ils leur tirent dans les jambes, leur ouvrent la tête, les tuent avec un couteau dans l’œil. Brûlé vif, enchaîné à un hérisson anti-char.

Et maintenant cette vidéo avec un “prisonnier ukrainien” est apparue, très opportunément (du point de vue de l’absence d’opinion avant l’offensive).

Je l’ai mis entre guillemets car il y a trop de questions et de coïncidences. Et comme vous le savez, il n’y a pas de coïncidences. C’est juste le signe d’une sorte de complot. Dans ce cas, je regarde tout à travers le prisme de l’infoguerre.

Kiev a déjà essayé – sans succès – de montrer au monde les “atrocités des Russes”. Les centaines de femmes et d’enfants violés à Boutcha se sont révélés être le fantasme d’un fonctionnaire pervers. La frappe de la maternité de Marioupol s’est avérée être une fausse séance de photos, la frappe de missiles sur Kramatorsk, dont les Russes étaient accusés, s’est révélée être un crime des forces armées ukrainiennes, qui ont alors utilisé la Tochka-U.

En d’autres termes, la nécessité de disposer d’au moins quelques vidéos enregistrant les “atrocités des Moskals” est plus qu’évidente pour que le gouvernement ukrainien puisse poursuivre sa guerre de l’information.

Dans l’ensemble, la vidéo devrait être soigneusement analysée par les autorités chargées de l’enquête. Le bureau du procureur militaire et la police militaire. Si c’était un crime de guerre de notre part, les auteurs doivent être punis.

Et si c’est notre prisonnier, et que l’uniforme des bourreaux russes est un geste typique de Bandera ? Eh bien, quand les hommes de Bandera en uniforme du NKVD tuaient de paisibles paysans ? Alors la réponse est encore plus évidente. Pour trouver les bourreaux et les punir. De préférence selon la loi du temps de guerre

30 juillet 2022 

L’armée russe a détruit deux radars de contre-batterie des forces de Kiev qui avaient été fournis par les États-Unis, a annoncé le ministère russe de la Défense.

Les forces alliées russes et des deux Républiques poursuivent leur offensive le long des lignes de front de Bakhmout-Soledar-Seviersk.

Après que la centrale électrique d’Ouglegorskaïa était passée sous le contrôle de la République Populaire de Donetsk, les forces dirigées par les Russes ont avancé vers le village de Semigorie.

Le 30 juillet, l’état-major général des forces armées ukrainiennes a confirmé le retrait en cours de la bourgade de Semigorie. Selon le résumé du soir de l’armée ukrainienne, les districts orientaux du village sont complètement passés sous le contrôle de l’armée russe et de ses alliés.

Les positions militaires, renforcées ces derniers jours, de l’armée ukrainienne à Bakhmout sont déjà bombardées par des tirs précis de l’artillerie russe depuis la ville de Pokrovskoïe située à la périphérie ouest de la ville qui est récemment passée sous le contrôle de la République Populaire de Donetsk. Après avoir avancé dans Pokrovskoïe, les forces dirigées par les Russes ont pris le contrôle du village de Klinovie situé au sud.

Dans la périphérie sud-est de Bakhmout, la bataille principale se poursuit sur les lignes de front Veselaïa Dolina – Zaitsevo.

Les affrontements se poursuivent dans la région du village de Veselaïa Dolina. Au sud, les forces dirigées par la Russie s’approchent de Zaitsevo par l’est.

Le 30 juillet, les premiers rapports affirment que le village de Verchina est passé sous le contrôle de la République de Donetsk. Dans la matinée, l’état-major général des forces armées ukrainiennes a confirmé les actions offensives des forces alliées dans la direction de Bakhmout, notant un succès partiel dans la zone du village de Verchina. Plus tôt, le 28 juillet, l’armée ukrainienne avait confirmé que les Forces armées de la Fédération de Russie avaient pris le contrôle des quartiers nord-est du village. Les affrontements se poursuivent à la périphérie de Verchina et les militaires de la République Populaire de Donetsk n’ont pas encore revendiqué le contrôle. La 72e brigade motorisée séparée des forces armées ukrainiennes aurait subi de lourdes pertes et aurait presque perdu sa capacité de combat.

Le contrôle du village de Verchina ouvre la voie à une offensive russe sur Zaitsevo et à une nouvelle attaque sur les positions de l’AFU à Veselaïa Dolina depuis la direction du sud. Actuellement, les groupes d’assaut russes et de la République populaire de Donetsk ne peuvent pas s’approcher de Veselaïa Dolina depuis l’est à partir de leurs positions à Klinovie en raison des tranchées ukrainiennes qui ont été lourdement fortifiées par les Kiéviens au cours des huit dernières années.

Incapables d’arrêter les forces dirigées par les Russes dans la campagne, les troupes kiéviennes renforcent traditionnellement leurs positions militaires dans les rues des localités. Se préparant à la bataille de Bakhmout, les forces ukrainiennes bloquent les rues et établissent des postes de tir dans les bâtiments résidentiels.

Nous avons reproduit ce long récit de la bataille aux abords de Bakhmout car il fait comprendre la forme de la guerre qui se déroule actuellement dans le Donbass. 

C’est d’autant plus important à comprendre que nous autres Occidentaux  avons les yeux pleins d’images d’une “Blitzkrieg” fantasmée, des guerres d’Irak vues comme des avancées triomphales en quelques semaines et des jeux vidéos où un seul héros un peu entraîné au maniement des boutons, peut faire des cartons. 

La guerre, c’est autre chose: sur le long terme, les Américains ont perdu, en Irak comme en Afghanistan. Les Russes, eux, ont l’intention de rester durablement en Nouvelle Russie. Ils avancent donc lentement, non seulement parce que l’ennemi est enterré dans des tranchées mais parce qu’ils ne veulent laisser aucun combattant ennemi dans les territoires conquis. 

31 juillet 2022 

+ Les Kiéviens ont envoyé un drone lâcher une charge explosive sur le Quartier Général de la Marine à Sébastopol, quelques heures avant la parade pour la Fête de la Marine russe. Six personnes ont été blessées. la cérémonie qui devait avoir lieu à Sébastopol a été annulée. 

+ Vladimir Poutine a présenté ce matin la nouvelle doctrine de la marine russe et confirmé la mise en service prochaine des missiles hypersoniques Zircon. 

+ L’artillerie russe pilonne les positions kiéviennes à Avdeïevka

+ Les tirs de précision de l’armée russe ont abouti à la destruction d’entrepôts, de casernes et centres d’entraîneement à KharkovNikolaïev et Kherson. A Nikolaïev, l’oligarque proche de Porochenko, Vadatourski, a perdu la vie. 

Selon @rybar: 

 Dans le nord de la région de Kharkov, des informations se répandent parmi la population locale sur la contre-offensive de l’armée ukrainienne sur Kozacha Lopan. Des combats de position ont lieu près de Tcherkaski Tichki et Veselie.

 Des combats de position ont lieu à Bakhmout, à la périphérie est de Soledar et dans la banlieue de Bakhmut (Artiomovsk).

 Les forces alliées progressent  pour dégager Donetsk : un bastion près d’Avdievka a été occupé près de la mine de Boutivka. Des combats ont lieu à la périphérie de Piski.

 Les commandants ukrainiens tentent de détourner l’attention des forces alliées de la direction d’Avdievka. Un peloton de la 110e brigade mécanisée ukrainienne, soutenu par deux chars, tente une contre-attaque près de Spartak.

 Des systèmes antichars de fabrication occidentale ont été fournis aux positions avancées des Kiéviens à Orikhove, Novoandrievka, Kamïanskie dans la région de Zaporojie.

 Dans la direction Nikolaïev-Krivoï-Rog, un groupe de combattants du 18e bataillon de la 35e brigade d’infanterie de marine a tenté de reprendre pied à Andrievka, mais a subi des pertes et a battu en retraite.

 Dimanche soir, les troupes russes ont lancé une attaque à la roquette aux abords de l’aéroport d’Odessa.

+ Le sujet n’est jamais abordé par les médias subventionnés: je recommande la vidéo de George Eliason, journaliste américain actuellement sur le terrain dans le Donbass, sur le régime de terreur imposé par Vladimir Zelenski à la population ukrainienne pour éviter qu’elle bascule majoritairement du côté des Russes. 

l’Ukraine interdit à ses banques de publier les taux de change entre la grivna et les principales monnaies du monde.  L’Ukraine est pratiquement en défaut de paiement

 

L'Ukraine vidée de son or par les Occidentaux

De la russophobie ordinaire

+ “Je déteste les Russes” : Diplomate norvégienne en Russie, Elisabeth Ellingsen, a piqué une colère dans un hôtel à Mourmansk parce que le nettoyage de sa chambre “a pris beaucoup trop de temps” et parce que sa chambre était sale: “Vous savez que je suis habituée aux chambres propres, je viens de Scandinavie, pas comme une femme russe qui nettoie comme elle peut“. La russophobie a remplacé l’antisémitisme de l’entre-deux-guerres pour cristalliser le malaise existentiel des Occidentaux. Le ministère norvégien en charge des Affaires étrangères a présenté des excuses

Le gouvernement norvégien a refusé de fournir à Kiev environ cinq milliards de mètres cubes de gaz pour la saison de chauffage de 2022-2023. Malgré le fait que M. Zelensky ait tenu bon devant le parlement norvégien et exprimé sa confiance dans la coopération bilatérale à long terme dans ce domaine, les dirigeants norvégiens, après avoir consulté leurs représentants de l’industrie pétrolière et gazière tels qu’Ekinor, Statoil, ont ouvertement fait état de graves préoccupations et de la faible rentabilité des projets communs en raison de la corruption à grande échelle dans le secteur énergétique ukrainien.

+ La Commission Européenne pousse un plan de réduction généralisée de 15% de la consommation de gaz cet hiver dans l’ensemble de l’UE si la Russie devait réduire ses livraisons. La Hongrie s’y oppose. 

+ Je reçois cette information: “Si vous êtes un homme Ukrainien avec des connaissances particulièrement (chimiste, médecin, routier, …). Les patrons européens vous embauchent et ainsi vous êtes exemptés d’armée. Une connaissance qui est docteur en chimie a eu un emploi en Allemagne donc passage de la frontière avec un grand sourire“. 

Elle m’inspire ce commentaire: pour le patronat allemand, la main d’œuvre ukrainienne est depuis longtemps un recours face à la montée des salaires dans le hinterland immédiat d’Europe Centrale. C’est pourquoi je ne crois pas que les Allemands soient seulement soumis aux Américains dans cette affaire. Ils ont été co-acteurs de la destruction occidentale de l’Ukraine depuis la révolution orange. Si l’on ne voit pas cela, on ne comprend pas le rôle moteur de l’Allemagne et de l’UE dans le coup de Maïdan. Là où les technocrates de l’Union Européenne sont surpris, c’est qu’ils avaient oublié que, lorsqu’il n’est plus contenu par la souveraineté nationale et l’état de droit – qui protègent l’économie de marché accessible à tous – “le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage” selon la célèbre formule de Jean Jaurès. 

L’Ukraine dépouillée de son or par les Occidentaux 

+Pour mieux comprendre l’attitude fondamentale  des Occidentaux face à l’Ukraine, un bon résumé de  Drago Bosnic:

Le pillage de l’Ukraine se poursuit depuis plus de trois décennies maintenant. Depuis les événements malheureux de la fin des années 1980 et du début des années 1990, le pays a été la cible de diverses entités de l’Occident politique. L’économie, le potentiel scientifique, les ressources naturelles et le peuple ukrainien lui-même ont été soumis à l’un des pires cas d’exploitation de l’histoire récente. L’économie a été pillée par les oligarques corrompus, tandis que le pays a connu une grave fuite des cerveaux, entraînant une dégradation complète de son potentiel scientifique, autrefois de premier ordre, malgré le fait que les institutions scientifiques du pays étaient essentielles dans des projets comme l’exploration spatiale, qui était de première importance pour l’humanité entière.

Les vastes ressources naturelles de l’Ukraine sont encore volées aujourd’hui, tandis que la population du pays a énormément souffert, étant soumise à diverses formes d’exploitation brutale. Des millions de jeunes filles et de femmes ukrainiennes ont été contraintes de se prostituer, fournissant ainsi un approvisionnement constant en esclaves sexuels pendant des décennies. Tout cela a conduit à un déclin catastrophique de la population, qui est passée de 52 millions en 1991 à 41 millions en 2021, soit une baisse stupéfiante de 21 % en seulement 30 ans. Et alors qu’il semblait que les choses ne pouvaient pas empirer, l’Occident politique est intervenu en 2014 et a installé un gouvernement fantoche rempli d’un mélange volatile d’oligarques corrompus et d’organisations ouvertement néonazies, plongeant le pays dans une guerre avec sa propre population, et préparant le terrain pour un conflit avec la Russie, une superpuissance militaire en possession du plus puissant arsenal nucléaire du monde.

À l’heure actuelle, alors que l’Ukraine n’a plus grand-chose à se mettre sous la dent, le régime de Kiev a décidé de céder les derniers vestiges de la richesse nationale du pays – ses réserves d’or. Selon Gold Seek, le régime de Kiev a récemment remis aux États-Unis au moins 12 milliards de dollars de réserves d’or ukrainiennes. Il semblerait que ce soit les dernières réserves d’or du pays. Depuis que la Russie a commencé son opération militaire spéciale en février, l’Occident politique, dirigé par les États-Unis, s’est approprié des dizaines de milliards de dollars des réserves de devises et d’or de l’Ukraine. Après avoir reçu des dizaines de milliards de dollars en soi-disant “aide militaire”, ainsi que des financements pour ses institutions gouvernementales, le régime de Kiev a été contraint de renoncer à ses réserves d’or comme condition à toute “assistance” des États-Unis et de l’UE.

L’auteur du rapport, Chris Powell, secrétaire-trésorier du Gold Anti-Trust Action Committee Inc, a déclaré : “Depuis que la Russie a commencé son attaque sur le territoire ukrainien non criméen en février, les États-Unis et leurs alliés ont alloué des dizaines de milliards de dollars d’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine. Alors pourquoi l’Ukraine devrait-elle vendre ses réserves d’or, à moins que cela ne soit une condition de toute cette aide américaine et européenne, d’autant plus que les États-Unis ont déjà pris possession de l’or ukrainien ?

Dépouiller les blessés de leurs objets de valeur en temps de guerre suggère toujours la cupidité ou le désespoir – comme le désespoir de maintenir le prix de l’or à un niveau bas pour soutenir le dollar américain et les autres monnaies occidentales…”

La semaine dernière, Reuters a également rapporté que le régime de Kiev avait remis l’or du pays. Selon ce rapport, la Banque centrale d’Ukraine a vendu 12,4 milliards de dollars de réserves d’or depuis le début de l’opération militaire spéciale de la Russie le 24 février, a déclaré le 17 juillet le directeur adjoint de la banque.

“Nous vendons (cet or) pour que nos importateurs puissent acheter les biens nécessaires au pays”, a déclaré la vice-gouverneure Kateryna Rozhkova à la télévision nationale. Elle a déclaré que l’or n’était pas vendu pour soutenir la monnaie ukrainienne, la hryvnia.

Le régime de Kiev est sous perfusion financière (et sous d’autres formes) depuis des années, car il gère très mal l’économie depuis près de dix ans. L’Occident politique a manifestement voulu s’assurer qu’il drainait la dernière goutte du sang de ce malheureux pays, en plus de mettre en place une sorte de police d’assurance pour garantir que sa soi-disant “aide” n’était pas fournie gratuitement. Avec l’avancée constante des forces russes et de la DNR/LNR dans le Donbass, il est très peu probable que le régime survive au-delà de 2022, et encore moins qu’il l’emporte, d’autant plus que la soi-disant “aide militaire” qu’il a obtenue s’est avérée efficace uniquement dans la guerre de propagande. Malgré les efforts déployés par le régime de Kiev et les médias d’État occidentaux pour présenter les armes fournies comme susceptibles de changer la donne, au-delà de certains succès tactiques, elles se sont révélées largement sans conséquence.

Selon divers rapports, l’armée russe a déjà détruit la plupart des armes envoyées par l’Occident politique et ses nombreux États satellites. En plus de se débarrasser de matériel rouillé et ancien, ce qui profite directement aux complexes militaro-industriels de l’OTAN (principalement les États-Unis), l’Occident politique a également l’occasion de vendre des armes plus récentes, en particulier des avions de chasse, pour remplacer les anciennes plates-formes, tout en prenant une plus grande part du marché mondial de l’armement, extrêmement rentable. Et c’est précisément le régime de Kiev qui paie pour cela avec l’argent, les ressources et maintenant l’or gagnés par d’innombrables générations d’Ukrainiens. Pire encore, la population elle-même le paie dans le sang, car les hommes ukrainiens sont essentiellement kidnappés et envoyés vers une mort presque certaine dans un combat qu’ils ne peuvent espérer gagner.”

Comme les BRICS, l'Organisation pour la Coopération de Shanghai va structurer le monde du 21è siècle

Emmanuel Macron dépassé par la complexité de la géopolitique mondiale

+ A regarder, cet entretien accordé par Marc Endeweld à l’occasion de la sortie de son ouvrage sur les origines de la guerre d’Ukraine. Endeweld ne brise pas le consensus occidental sur les origines du conflit. Il ne voit pas non plus ce qui se passe en Eurasie ni le basculement du monde non-occidental vers la Russie. Mais il a bien compris une chose: la centralité de la question nucléaire,civile et militaire. Zelenski a voulu passer d’une coopération avec les Russes à une coopération avec les Américains. Plus la provocation absolue, celle du discours de Munich le 19 février, où Z menace la Russie d’une renucléarisation militaire de son pays

+ Visiblement, le succès rencontré par Sergueï Lavrov en Afrique  ne plait pas à Emmanuel Macron, qui s’est laissé aller à parler de néocolonialisme à propos de la Russie

Peut-être le président français devrait-il écouter le long entretien accordé par Jean de Giniasty, ancien ambassadeur de France en Russie, qui explique à www.les-crises.fr pourquoi “diplomatie” et “volonté d’imposer ses valeurs”, c’est incompatible. 

+ Une crise de nerfs de plus! L’UEFA n’est pas contente: les supporters du club turc de Fehnace ont scandé le nom de Vladimir Poutine lors d’un match de leur équipe contre le Dynamo de Kiev. 

+ Changement d’époque: le jour où la Biélorussie rappelle son ambassadeur à Londres, suite à des “mesures hostiles” du gouvernement britannique, l’accession du pays à l’Organisation de la Coopération de Shanghai (voir la carte ci-dessus) est discutée à la réunion de Tachkent.  (la candidature de l’Iran est examinée, aussi)

+La Russie prévoit d’allouer 30 milliards de dollars aux chemins de fer vers la Chine, le Kazakhstan et la Mongolie.

Le projet d’investissement du ministère des transports prévoit la construction de 369 km de voies ferrées dans la Fédération de Russie, écrit Vedomosti.

Trois mille autres kilomètres de voies seront posés sur le territoire chinois, kazakh et mongol.

Pour augmenter le trafic de marchandises sur les voies ferrées, de nouveaux postes frontières seront reconstruits et les anciens seront remis en service.

La proposition du ministère des transports constituera la base du modèle gouvernemental de développement de la Russie dans les nouvelles conditions géopolitiques.

+ Pour échapper au contrôle occidental, des tankers russes transfèrent leurs cargaisons de pétrole à des tankers chinois en plein océan atlantique

 

Un article de Pepe Escobar à lire absolument

+ Selon Pepe Escobar, la Russie va remplacer les turbines de Siemens, pour ses centrales électriques, par des turbines iraniennes. 

+ On lira aussi le dernier papier publié par Pepe Escobar: “En allant à Samarkand”:

La réunion du Conseil ministériel de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenue à Tachkent vendredi dernier, a porté sur des affaires très sérieuses. Il s’agissait de la réunion préparatoire clé avant le sommet de l’OCS qui se tiendra à la mi-septembre dans la légendaire Samarkand, où l’OCS publiera une “Déclaration de Samarkand” très attendue.

Comme on pouvait s’y attendre, ce qui s’est passé à Tachkent n’a pas été rapporté par l’Occident collectif et n’a toujours pas été digéré par une grande partie de l’Est.

Une fois encore, c’est au ministre russe des affaires étrangères, Sergei Lavrov, qu’il revient d’aller droit au but. Le plus grand diplomate du monde, au milieu du drame tragique de l’ère de la non-diplomatie, des menaces et des sanctions inventée par les Américains, a mis en évidence les deux thèmes principaux qui se chevauchent et qui font de l’OCS l’une des organisations clés sur la voie de l’intégration de l’Eurasie.

L’interconnectivité et “la création de corridors de transport efficaces”. La guerre des corridors économiques est l’une des caractéristiques essentielles de la 21ème
Dessin “la feuille de route pour l’augmentation progressive de la part des monnaies nationales dans les règlements mutuels”.
C’est pourtant lors de la session Q@A que Lavrov a, à toutes fins utiles, détaillé toutes les grandes tendances de l’état actuel, incandescent, des relations internationales. Voici les principaux points à retenir.

Dans quelle mesure êtes-vous à l’aise avec le dollar américain ?

Afrique : “Nous sommes convenus de soumettre aux dirigeants, pour examen, des propositions d’actions spécifiques pour passer à des règlements en monnaies nationales. Je pense que tout le monde va maintenant y réfléchir. L’Afrique a déjà une expérience similaire : des monnaies communes dans certaines structures sous-régionales, qui, néanmoins, dans l’ensemble, sont liées aux monnaies occidentales. À partir de 2023, une zone de libre-échange continentale commencera à fonctionner sur le continent africain. Une étape logique serait de la renforcer par des accords monétaires.”

Le Belarus – et bien d’autres – est impatient de rejoindre l’OCS : “Il existe un large consensus sur la candidature biélorusse (…) Je l’ai ressenti aujourd’hui. Il y a un certain nombre de prétendants au statut d’observateur, de partenaire de dialogue. Certains pays arabes montrent un tel intérêt, tout comme l’Arménie, l’Azerbaïdjan et un certain nombre d’États asiatiques.”

La diplomatie du grain : “En ce qui concerne la question des céréales russes, ce sont les sanctions américaines qui n’ont pas permis la pleine application des contrats signés en raison des restrictions imposées : Les navires russes sont interdits d’accès à un certain nombre de ports, il y a une interdiction pour les navires étrangers d’entrer dans les ports russes pour prendre des cargaisons d’exportation, et les taux d’assurance ont augmenté (…) Les chaînes financières sont également interrompues par les sanctions illégitimes des États-Unis et de l’UE. En particulier, la Rosselkhozbank, par laquelle transitent tous les principaux règlements des exportations alimentaires, a été l’une des premières à figurer sur la liste des sanctions. Le secrétaire général de l’ONU, A. Guterres, s’est engagé à supprimer ces obstacles pour faire face à la crise alimentaire mondiale. Voyons voir.”

Taiwan : “Nous n’en discutons pas avec notre collègue chinois. La position de la Russie sur l’existence d’une seule Chine reste inchangée. Les États-Unis confirment périodiquement la même ligne en paroles, mais dans la pratique, leurs ‘actes’ ne coïncident pas toujours avec les paroles. Nous n’avons aucun problème à défendre le principe de la souveraineté chinoise.”

L’OCS doit-elle abandonner le dollar américain ? “Chaque pays de l’OCS doit décider lui-même dans quelle mesure il se sent à l’aise de dépendre du dollar, en tenant compte du manque absolu de fiabilité de cette monnaie pour d’éventuels abus. Les Américains y ont eu recours plus d’une fois à l’égard d’un certain nombre d’États.”

Pourquoi l’OCS est importante : “Il n’y a pas de leaders et de suiveurs dans l’OCS. Il n’y a pas de situations dans l’organisation comme dans l’OTAN, lorsque les États-Unis et leurs alliés les plus proches imposent une ligne ou une autre à tous les autres membres de l’alliance. Dans l’Organisation de coopération de Shanghai, la situation que nous observons actuellement dans l’UE n’existe pas : des pays souverains sont littéralement “assommés”, on leur demande soit de cesser d’acheter du gaz, soit d’en réduire la consommation en violation des plans et des intérêts nationaux.”

M. Lavrov a également tenu à souligner comment “d’autres structures dans l’espace eurasiatique, par exemple l’UEE et les BRICS, sont fondées et fonctionnent sur les mêmes principes” que l’OCS. Il a également évoqué la coopération cruciale avec les dix pays membres de l’ANASE.

Il a ainsi préparé le terrain pour le clou du spectacle : “Tous ces processus, interconnectés, contribuent à former le grand partenariat eurasiatique, dont le président Vladimir Poutine a parlé à plusieurs reprises. Nous y voyons un avantage pour l’ensemble de la population du continent eurasiatique.” (…)

La véritable grande histoire des années folles est la façon dont l’opération militaire spéciale (OMS) en Ukraine a de facto donné le coup d’envoi de “tous ces processus”, comme l’a mentionné Lavrov, menant simultanément à l’inexorable intégration de l’Eurasie.

Une fois de plus, il a dû rappeler deux faits fondamentaux qui continuent d’échapper à toute analyse sérieuse à travers l’Occident collectif :

Fait 1 : “Toutes nos propositions visant à leur retrait [en référence aux moyens d’expansion de l’OTAN] sur la base du principe du respect mutuel des intérêts de sécurité ont été ignorées par les États-Unis, l’UE et l’OTAN.”

Fait 2 : “Lorsque la langue russe a été interdite en Ukraine, et que le gouvernement ukrainien a promu les théories et pratiques néonazies, l’Occident ne s’est pas opposé, mais, au contraire, a encouragé les actions du régime de Kiev et a admiré l’Ukraine en tant que ‘bastion de la démocratie’. Les pays occidentaux ont fourni des armes au régime de Kiev et ont planifié la construction de bases navales sur le territoire ukrainien. Toutes ces actions visaient ouvertement à contenir la Fédération de Russie. Cela fait dix ans que nous avertissons que c’est inacceptable.”

Il est également approprié que Lavrov remette une fois de plus l’Afghanistan, l’Irak et la Libye dans leur contexte : “Rappelons l’exemple de l’Afghanistan, où même les cérémonies de mariage ont fait l’objet de frappes aériennes, ou de l’Irak et de la Libye, où l’État a été complètement détruit et où de nombreuses vies humaines ont été sacrifiées. Lorsque des États qui ont facilement mené une telle politique font maintenant des histoires à propos de l’Ukraine, je peux en conclure que la vie des Afghans et des Arabes ne signifie rien pour les gouvernements occidentaux. C’est regrettable. Les doubles standards, ces instincts racistes et coloniaux doivent être éliminés.”

Poutine, Lavrov, Patrushev, Madvedev ont tous souligné ces derniers temps le caractère raciste et néocolonial de la matrice OTANstan. L’OCS et d’autres organisations pan-eurasiennes jouent un jeu complètement différent – respectueux, consensuel. Et c’est pourquoi elles attirent toute l’attention de la plupart des pays du Sud. Prochain arrêt : Samarkand.”

 

Un contributeur du Guardian parle ouvertement du fiasco des sanctions occidentales

Simon Jenkins, dans le Guardian, a presque tout compris (il croit encore que les Russes ont des difficultés militaires; mais personne n’est parfait…..): 

Les sanctions occidentales contre la Russie sont la politique la plus mal conçue et la plus contre-productive de l’histoire internationale récente. L’aide militaire à l’Ukraine est justifiée, mais la guerre économique est inefficace contre le régime de Moscou, et dévastatrice pour ses cibles involontaires. Les prix mondiaux de l’énergie s’envolent, l’inflation monte en flèche, les chaînes d’approvisionnement sont chaotiques et des millions de personnes sont privées de gaz, de céréales et d’engrais. Pourtant, la barbarie de Vladimir Poutine ne fait que s’intensifier, tout comme son emprise sur son propre peuple.

Critiquer les sanctions occidentales est proche de l’anathème. Les analystes de la défense sont muets sur le sujet. Les groupes de réflexion stratégique sont silencieux. Les leaders putatifs de la Grande-Bretagne, Liz Truss et Rishi Sunak, rivalisent de rhétorique belliqueuse, promettant des sanctions toujours plus dures sans un mot d’intention. Pourtant, faites allusion au scepticisme sur le sujet et vous serez excorié comme “pro-Poutine” et anti-Ukraine. Les sanctions sont le cri de guerre de la croisade de l’Occident.

La réalité des sanctions contre la Russie est qu’elles invitent à des représailles. Poutine est libre de geler l’Europe cet hiver. Il a réduit jusqu’à 80 % l’approvisionnement des principaux pipelines tels que le Nord Stream 1. Les prix mondiaux du pétrole ont grimpé et le flux de blé et d’autres denrées alimentaires de l’Europe de l’Est vers l’Afrique et l’Asie a été pratiquement suspendu.

Les factures de gaz domestique de la Grande-Bretagne risquent de tripler en un an. Le principal bénéficiaire n’est autre que la Russie, dont les exportations d’énergie vers l’Asie ont explosé, entraînant sa balance des paiements dans un excédent sans précédent. Le rouble est l’une des monnaies les plus fortes du monde cette année, s’étant renforcé de près de 50 % depuis janvier. Les avoirs de Moscou à l’étranger ont été gelés et ses oligarques ont déménagé leurs yachts, mais rien n’indique que Poutine s’en soucie. Il n’a pas d’électorat pour l’inquiéter.

L’interdépendance des économies mondiales, si longtemps considérée comme un instrument de paix, est devenue une arme de guerre. Les politiciens autour de la table de l’OTAN ont été sagement prudents quant à l’escalade de l’aide militaire à l’Ukraine. Ils comprennent la dissuasion militaire. Pourtant, ils semblent être de parfaits ingénieurs en économie. Ici, ils sont tous des perroquets du Dr Strangelove. Ils veulent bombarder l’économie russe pour la ramener à l’âge de pierre.

Je serais curieux de savoir si un document a été soumis au cabinet de Boris Johnson pour prévoir l’issue probable des sanctions russes pour la Grande-Bretagne. L’hypothèse semble être que si les embargos commerciaux font mal, ils fonctionnent. Comme ils ne tuent pas directement les gens, ils constituent en quelque sorte une forme acceptable d’agression. Elles reposent sur l’hypothèse néo-impériale selon laquelle les pays occidentaux ont le droit d’ordonner le monde comme ils le souhaitent. Elles sont appliquées, sinon par des canonnières, du moins par la force capitaliste dans une économie mondialisée. Étant donné qu’elles sont le plus souvent imposées à des États petits et faibles qui ne font pas la une des journaux, leur objectif est essentiellement un symbole de “bien-être”.

L’historien américain Nicholas Mulder, spécialiste de l’économie, est l’un des rares à étudier ce sujet. Il souligne que plus de 30 “guerres” de sanctions au cours des 50 dernières années ont eu un impact minimal, voire contre-productif. Elles sont destinées à “intimider les peuples pour qu’ils retiennent leurs princes”. Elles ont plutôt eu l’effet inverse. De Cuba à la Corée, du Myanmar à l’Iran, du Venezuela à la Russie, les régimes autocratiques ont été consolidés, les élites renforcées et les libertés écrasées. Les sanctions semblent inculquer la stabilité et l’autosuffisance même à leurs victimes les plus faibles. Presque toutes les plus anciennes dictatures du monde ont bénéficié des sanctions occidentales.

(…) Un autre observateur, Richard Connolly, spécialiste de la Russie au Royal United Services Institute, a dressé le tableau de la réponse de Poutine aux sanctions qui lui ont été imposées depuis sa prise de contrôle de la Crimée et du Donbas en 2014. Leur objectif était de modifier la trajectoire de la Russie dans ces régions et de dissuader toute nouvelle agression. Leur échec pourrait difficilement être plus flagrant. Les apologistes expliquent cet échec par le fait que les embargos étaient trop faibles. Les embargos actuels, qui sont peut-être les plus sévères jamais imposés à une grande puissance mondiale, ne sont peut-être pas encore efficaces, mais ils le seront apparemment avec le temps. On dit qu’ils privent la Russie de puces électroniques et de pièces de rechange pour les drones. Ils vont bientôt faire en sorte que Poutine supplie pour la paix.

Si Poutine supplie, ce sera sur le champ de bataille. Sur le plan intérieur, Connolly montre comment la Russie “s’adapte lentement à sa nouvelle situation”. Les sanctions ont favorisé le commerce avec la Chine, l’Iran et l’Inde. Elles ont profité “aux initiés liés à Poutine et à l’entourage du pouvoir, qui réalisent d’énormes profits grâce à la substitution des importations”. Les restaurants McDonald’s du pays ont été remplacés par une chaîne russe appelée Vkusno & tochka (“Savoureux et c’est tout”). Bien sûr, l’économie est plus faible, mais Poutine est, en tout cas, plus fort, tandis que les sanctions donnent de la cohérence à un nouveau royaume économique à travers l’Asie, embrassant un rôle toujours plus important pour la Chine. Était-ce une prévision ?

Pendant ce temps, l’Occident et ses peuples ont été plongés dans la récession. Le leadership a été ébranlé et l’insécurité s’est répandue en Grande-Bretagne, en France, en Italie et aux États-Unis. L’Allemagne et la Hongrie, en manque de gaz, sont sur le point de suivre la voie tracée par Poutine. Le coût de la vie augmente partout. Et pourtant, personne n’ose remettre en question les sanctions. C’est un sacrilège d’admettre leur échec ou de concevoir une retraite. L’Occident s’est laissé entraîner dans l’éternelle ironie de l’agression. Finalement, sa victime la plus visible est l’agresseur. Peut-être, après tout, devrions-nous nous en tenir à la guerre.”

Rosatom vient de signer un contrat en Turquie pour la mise en place d’une centrale qui produira 10% du besoin en électricité du pays. Deux autres contrats sont à l’étude. 

xi jinping et poutine

Moscou solidaire de Pékin à propos de Taïwan

+ Le porte parole du Kremlin a fait savoir vendredi 29 juillet que Moscou était solidaire de Pékin dans la crise de Taïwan

Lu dans le Global Times:

Ces derniers jours, la Chine a mis en garde les États-Unis à six reprises contre le plan de Mme Pelosi, par l’intermédiaire de différents ministères et canaux. Lundi, le ministère chinois des Affaires étrangères a utilisé l’expression “yanzhen yidai” (Nous sommes pleinement préparés à toute éventualité) qui se traduit littéralement par “rationaliser la formation de l’armée pour attendre l’ennemi”, et le ministère de la Défense a déclaré que l’APL “ne restera pas les bras croisés” si Pelosi se rend à Taïwan. Hu Xijin, commentateur au Global Times, a déclaré que les récentes réponses de la Chine, y compris les deux expressions rares, ont envoyé le message que Pékin est déterminé à faire échouer le projet de Pelosi de visiter l’île de Taiwan.

Hu a cité quelques précédents où les deux expressions ont été utilisées.

Avant la guerre de résistance à l’agression américaine et d’aide à la Corée (1950-53), Zhou Enlai, alors premier ministre, avait averti que la Chine ne resterait pas les bras croisés si les troupes américaines franchissaient le 38e parallèle.

En 1964, le gouvernement chinois a mis en garde les États-Unis après l’incident du golfe du Tonkin en utilisant la même phrase, les exhortant à cesser de se diriger vers ce qui était alors la République démocratique du Viêt Nam.

L’expression “yanzhen yidai”, que le ministère des affaires étrangères a traduite par “entièrement préparé à toute éventualité”, suggère que la préparation n’est pas une mobilisation militaire ou une préparation logistique, mais plutôt le fait d’avoir tout le personnel en place et toutes les munitions prêtes pour un éventuel conflit, selon M. Hu.

Lü Xiang, chercheur à l’Académie chinoise des sciences sociales, a déclaré au Global Times que “comme le statu quo a déjà été rompu par les États-Unis en raison de la visite de Pelosi, la Chine va activement façonner un nouveau statu quo”.

La Chine tirera le meilleur parti des erreurs des États-Unis, par le biais de mesures globales, y compris sur le plan militaire, en vue de prendre pleinement le contrôle de la situation dans le détroit de Taïwan pour mieux promouvoir le processus de réunification à l’avenir, a déclaré l’expert.

Si Mme Pelosi se rend sur l’île de Taïwan, les scénarios possibles sont les suivants : des avions de chasse de l’APL interceptent l’avion de Mme Pelosi et l’escortent jusqu’au continent, l’APL déclare les zones aériennes et maritimes autour de l’île de Taïwan comme zones d’exercice militaire interdites, ou organise des exercices militaires à grande échelle autour de l’île de Taïwan, y compris dans les eaux entre l’île de Taïwan et le Japon ainsi qu’entre l’île de Taïwan et Guam, selon les experts militaires.

Le fiasco de la politique étrangère de l’équipe Biden est total: les perspectives d’accord avec l’Iran ont du plomb dans l’aile. La guerre d’Ukraine tourne à l’avantage de la Russie. Et Mamdame Pelosi n’a pas pu se rendre à Taïwan.  

La semaine diplomatique de M.K. Bhadrakumar

Tensions entre Russie et Israël

” (…) [En fermant les bureaux de l’Agence Juive en Russie], la Russie fait claquer le fouet à un moment très sensible. Un Premier ministre israélien incapable de servir les intérêts de la diaspora juive n’est pas exactement en train de se glorifier en politique intérieure.

En effet, cette évolution n’a rien à voir avec la bigoterie contre les Juifs. Sous le régime de Netanyahou, Poutine avait l’habitude de s’associer personnellement aux événements juifs en Israël. Poutine était conscient de l’influence de la communauté juive de souche qui avait émigré en Israël et considérait qu’elle faisait partie de la mère patrie et constituait un atout pour la Russie.

Il est concevable que les intérêts de la Russie en matière de sécurité nationale soient impliqués ici. Selon le Congrès juif mondial, l’Ukraine abrite entre 56 000 et 140 000 Juifs. Les Juifs ukrainiens sont présents dans toute la société ukrainienne, y compris dans les hautes fonctions de l’État, le président Vladimir Zelenski étant lui-même l’un d’entre eux.

Quant à la Russie, sa population juive est estimée à environ 165 000 personnes, ce qui en fait la sixième plus grande communauté juive en dehors d’Israël. Les communautés juives d’Ukraine et de Russie ont des liens de parenté historiques. Il est possible que la position hostile et anti-russe des Israéliens et des Ukrainiens ait touché des nerfs à vif à Moscou. La presse israélienne a fait état de “volontaires” partant en Ukraine pour combattre les forces russes. (…)

Le gouvernement israélien prétend être “neutre”, mais il est membre de la “coalition des volontaires” du secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, qui combat les forces russes en Ukraine.

On peut parler de trapèze, d’équilibre ou de double jeu, mais Moscou ne peut se permettre d’ignorer les réalités du terrain, compte tenu du lien entre les services de renseignement américains et israéliens. En bref, il est possible que les agents de l’Agence juive en Russie aient eu une liaison secrète avec les services de renseignement américains.

À partir de février-mars, Moscou a commencé à déraciner tous les vestiges du renseignement américain du sol russe, y compris le centre Carnegie de Moscou. Il est tout à fait concevable que la CIA ait eu un plan de “secours” et que des “cellules dormantes” en Russie aient été manipulées par des associés. Il n’en reste pas moins que l’Agence juive a également un bureau à Kiev et que l’armée israélienne gère un hôpital pour soigner les soldats ukrainiens blessés.  (…)

La détérioration des relations russo-israéliennes survient à un moment où la sécurité régionale en Asie occidentale est en transition. Sur un plan plus large, il s’agit également d’une période de transformation de la géopolitique de la région. Le fait que Biden se soit fait sèchement rembarrer à Djeddah lorsqu’il a essayé de vendre l’idée d’une alliance régionale anti-Russie et anti-Chine parle de lui-même.

Par conséquent, dans cette prise de bec, Israël sera le perdant. Quant à la Russie, un irritant potentiel dans ses liens avec l’Iran – les équations russo-israéliennes en Syrie – est en train de disparaître. Cela pourrait avoir un impact mesurable sur la situation en Syrie, qu’Israël bombarde, sans provocation, depuis 2017. La Russie a jeté son filet en Asie occidentale et ses succès diplomatiques ne vont pas être affectés à cause de cette brouille avec Israël.

Israël aurait dû agir suffisamment tôt lorsque le petit nuage d’Elie, “aussi petit qu’une main d’homme”, a été repéré en mai lorsque les inspecteurs russes sont arrivés sur le seuil de l’Agence juive à Moscou. Tel Aviv ne s’attendait probablement pas à ce que les choses fassent boule de neige.

Il est clair que le réflexe israélien a été de se taire. Cela témoigne de la nervosité des services de renseignement israéliens;comme si leurs homologues russes avaient mis la main sur quelque chose de très peu recommandable“.

Retour sur l’accord pour l’exportation du grain depuis Odessa

 La controverse était inévitable lorsque la Russie a tiré quatre missiles Kalibr de haute précision et détruit l’infrastructure militaire ukrainienne dans le port d’Odessa, un jour seulement après la signature à Istanbul de l’accord sur les céréales entre la Russie et l’Ukraine, qui prévoit la reprise des exportations de céréales depuis la région.

Zelenski a rapidement crié que le tir de missile était un acte “barbare”. Et Blinken est monté au créneau pour porter des accusations contre la Russie ; Guterres est monté au créneau pour condamner “sans équivoque” le tir russe ; et, Borrell a paresseusement écrit sur Tweeter que le tir de missile était “particulièrement répréhensible & démontre à nouveau le mépris total de la Russie pour le droit et les engagements internationaux”.

Quant aux Russes, ils ont dormi sur leurs deux oreilles – du moins jusqu’à dimanche, lorsque, en fin d’après-midi, le ministère de la défense à Moscou a inséré deux phrases lapidaires dans son habituel bulletin quotidien sur les opérations du jour en Ukraine :

“L’attaque lancée par des missiles de haute précision à longue portée basés en mer a permis d’éliminer un navire militaire ukrainien et un dépôt de missiles antinavires Harpoon livrés par les États-Unis au régime de Kiev dans le port maritime d’Odessa. La liste des cibles neutralisées comprend également les installations de production d’une entité spécialisée dans la réparation et la modernisation de la flotte de la marine ukrainienne.”

Zelenski a rapidement publié une clarification indiquant que la mise en œuvre de l’accord sur les céréales du port d’Odessa n’était pas remise en question. (…)

Fondamentalement, l’accord sur les céréales est une plaie pour l’administration Biden, qui ne s’attendait pas à pouvoir négocier un accord exigeant une grande flexibilité de la part de l’armée russe. Ce qui est encore plus exaspérant, c’est que l’accord s’avère être une victoire politique pour la Russie.

Moscou bénéficie d’une bonne publicité pour le pragmatisme dont elle a fait preuve en levant son blocus naval pour faire face à la crise alimentaire mondiale. Mais ce qui n’est pas évident pour la plupart des gens, c’est que l’accord sur les céréales est également un accord adossé qui engage les Nations unies à faire lever les restrictions imposées par l’UE et les États-Unis sur les exportations de céréales et d’engrais de la Russie.

Outre les importants revenus tirés des exportations de céréales et d’engrais, Moscou bénéficie d’une bonne volonté non quantifiable de la part de nombreux pays qui dépendent de manière critique du blé russe, notamment en Asie occidentale et en Afrique. De toute évidence, Blinken & Co. ont trouvé irrésistible l’envie de gâcher la fête à Moscou.

C’est là qu’intervient Sergueï Lavrov. Depuis Oyo, en République du Congo, au cœur de l’Afrique, où il se rendait pour assurer le suivi de l’accord sur les céréales – la Russie est le premier fournisseur de céréales de l’Afrique – le ministre des affaires étrangères, M. Lavrov, a perçu l’immense potentiel de la situation émergente. En quittant Oyo en direction de Kampala, M. Lavrov a fait trois remarques:

L’accord sur les céréales ne contient rien “qui nous empêche de poursuivre l’opération militaire spéciale et de frapper les infrastructures militaires et d’autres cibles militaires. Et les représentants du secrétariat des Nations unies… ont confirmé cette interprétation des documents hier.” (Guterres n’était apparemment pas au courant.)
Le tir de missile visait “une partie distincte du port d’Odessa, la partie dite militaire” et, par conséquent, “il n’y a pas d’obstacles à l’expédition de céréales vers les entrepreneurs en vertu des accords d’Istanbul et nous n’en avons créé aucun.” (D’ailleurs, Zelenski lui-même le reconnaît).
Le tir de missile visait le dépôt où étaient stockés les missiles antinavires Harpoon du Pentagone. “Ces missiles ont été livrés pour constituer des menaces pour la flotte russe de la mer Noire. Maintenant, ils ne représentent aucune menace.”
Ce que Lavrov n’a pas dit mais aurait laissé entendre, c’est que le théâtre de guerre d’Odessa est désormais devenu “cinétique” et que l’attaque de vendredi crée un précédent. Le tir de missile souligne que Moscou a probablement anticipé les pitreries du Pentagone pour utiliser l’accord sur les céréales afin de protéger son déploiement de missiles Harpoon avancés dans le port d’Odessa.

Curieusement, au large de la Bulgarie, à côté d’Odessa, du 14 au 25 juillet, les États-Unis ont pris part à un exercice maritime multinational, Breeze 2022, auquel ont participé 24 navires de guerre, des cotres, des navires auxiliaires, cinq avions et quatre hélicoptères, avec 1 390 membres du personnel naval de onze pays membres de l’OTAN !

La controverse suscitée par le tir de missile montre que les opérations militaires spéciales de la Russie en Ukraine resteront incomplètes et peu concluantes tant que Moscou n’aura pas complètement coupé l’accès des États-Unis et de l’OTAN au port d’Odessa et n’aura pas paralysé les capacités de l’alliance en mer Noire. De toute évidence, cela n’est pas encore pour demain.

Pendant ce temps, le grand jeu s’accélère en mer Noire, Blinken redoublant d’efforts pour courtiser l’Azerbaïdjan. Il s’est entretenu avec le président Aliyev lundi pour insister sur l’offre imminente de Washington “en vue de faciliter l’ouverture des liaisons régionales de transport et de communication”. L’Azerbaïdjan est la tête de pont choisie par l’OTAN dans le Caucase du Sud”.

 

poutine et son armée

Vostok 2022 -manoeuvres militaires d’envergure annoncées par la Russie

“L’annonce faite mardi par le ministère russe de la Défense concernant les exercices du poste de commandement stratégique Vostok-22, qui se dérouleront du 30 août au 5 septembre, constitue un message important pour l’Occident en termes politiques et militaires.

L’annonce dit : “En plus des troupes (forces) du district militaire oriental, des unités des troupes aéroportées, de l’aviation à longue portée et de l’aviation de transport militaire, ainsi que des contingents militaires d’autres États, participeront à ces manœuvres.”

S’il y a une participation de la Chine, elle sera très significative dans le contexte actuel de la politique mondiale, notamment en Extrême-Orient.

Vostok 2018, qui s’est tenu il y a exactement quatre ans, était la première fois qu’un exercice militaire aussi massif était organisé après la dissolution de l’Union soviétique. (Au plus fort de la guerre froide, en 1981, sous Leonid Brejnev, l’Union soviétique a organisé son dernier exercice Vostok). En l’occurrence, Vostok 2018 s’est transformé en une foire aux armes russo-chinoise.

La Fédération de Russie a déployé plus de 300 000 soldats sur le terrain – aux côtés de dizaines de milliers de chars, d’hélicoptères et d’armes de toutes sortes – pour un gigantesque jeu de guerre dans l’extrême est de la Russie, et a invité l’Armée populaire de libération de la Chine à jouer le jeu, ce qu’elle a fait.

Et un tout nouveau sillon dans les affaires internationales a commencé à apparaître, signifiant que les intérêts de la Russie et de la Chine ont une fois de plus commencé à s’aligner – cette fois, en réponse à la puissance militaire américaine sous un président pugnace, Donald Trump.

En marge de l’exercice, les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping ont pris ensemble un petit-déjeuner de blinis à Vladivostok. Il s’agissait d’un signal fort indiquant que la Russie ne voyait plus la Chine comme un adversaire mais comme un allié militaire potentiel. Il a été largement noté au niveau international comme annonçant un changement majeur dans le rapport des forces dans la politique mondiale.

Il va sans dire que toute participation de la Chine à Vostok 2022 fera également l’objet d’une analyse minutieuse de la part de Washington et de ses alliés à un moment où les relations entre les États-Unis et la Chine sont très tendues, Pékin ayant averti la semaine dernière qu’il prendrait des “mesures résolues et fortes” si la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, donnait suite à son projet de visite à Taïwan.

La Chine a juré d’annexer Taïwan par la force si nécessaire, et a fait part de cette menace en faisant voler des avions de guerre près de l’espace aérien taïwanais et en organisant des exercices militaires basés sur des scénarios d’invasion. Lors d’une réunion à Singapour début juillet avec le président des chefs d’état-major interarmées américains, le chef du département d’état-major interarmées de la Commission militaire centrale chinoise, le général Li Zuocheng, a averti que l’armée chinoise “sauvegarderait résolument la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale. Si quelqu’un crée une provocation gratuite, il sera confronté à la contre-attaque ferme du peuple chinois”.

Cependant, au bout du compte, la participation de la Chine à Vostok 2022 sera considérée comme une expression de solidarité avec la Russie, dans le meilleur esprit de la déclaration conjointe du 4 février des deux dirigeants, qui stipule que “l’amitié entre les deux États n’a pas de limites, il n’y a pas de domaines de coopération “interdits”.”

Peu importe le mantra habituel selon lequel le Vostok 2022 n’est pas dirigé contre une tierce partie, son optique sera de contrer la pression américaine sur la Russie et la Chine. Ces derniers temps, la Russie et la Chine sont toutes deux confrontées à de nouveaux défis en matière de sécurité en Extrême-Orient, notamment la résurgence du “militarisme” au Japon, le renforcement des positions de l’OTAN en Asie-Pacifique et la belligérance des provocations américaines à l’égard de Taïwan.

L’agence de presse Tass a rapporté que le ministère russe de la défense a proposé certains amendements à la loi fédérale russe “sur les eaux territoriales, la mer territoriale et la zone contiguë de la Fédération de Russie”, imposant des restrictions au passage des navires militaires étrangers par la route maritime du Nord reliant l’Europe et l’Asie de l’Est.

L’amendement proposé obligera les navires militaires et d’État étrangers à emprunter la route maritime du Nord sans entrer dans les ports ou les bases navales et, en outre, à demander l’autorisation des autorités russes au moins 90 jours à l’avance. L’amendement limitera effectivement l’utilisation de la route maritime la plus courte vers l’Asie pour les marines occidentales opérant dans la région Asie-Pacifique.

Cette décision russe intervient alors que l’OTAN prévoit de renforcer les liens de sécurité entre la zone de l’Atlantique Nord et les pays de la région Asie-Pacifique (Japon, Corée du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande) dans le cadre d’une stratégie coordonnée visant à contrer la montée en puissance de la Chine.

De même, la mise en scène de Vostok 2022 intervient à un moment où les opérations militaires de la Russie en Ukraine entrent dans une phase cruciale. Dans un discours important prononcé à Moscou le 7 juillet lors d’une réunion avec les dirigeants du Parlement, M. Poutine a prévenu que tout le monde devait comprendre que la Russie “n’a, dans l’ensemble, encore rien commencé de sérieux” en Ukraine.

Certes, Vostok 2022 va à l’encontre de la propagande occidentale selon laquelle les capacités militaires russes s’affaiblissent régulièrement en raison du conflit en Ukraine. L’annonce du ministère de la Défense concernant Vostok 2022 a tenu à l’évoquer indirectement.

Le communiqué du ministère de la Défense indique : “Un certain nombre de médias étrangers diffusent des informations inexactes sur de prétendues activités de mobilisation. Veuillez noter que seule une partie des forces armées de la Fédération de Russie est impliquée dans l’opération militaire spéciale, dont le nombre est suffisant pour remplir toutes les tâches fixées par le commandant en chef suprême.

“En outre, aucune des activités prévues d’entraînement opérationnel et de combat et de coopération militaro-technique et internationale du ministère russe de la Défense n’a été annulée et sera dotée du personnel, des armes, des équipements et des matériels militaires nécessaires.”

Cette décision est tout à fait logique puisque, après l’hémorragie massive subie par l’armée ukrainienne au cours des cinq derniers mois, l’équilibre militaire joue désormais en faveur des forces russes. De même, la stratégie militaire russe consistant à broyer les forces ukrainiennes avec de l’artillerie lourde et des frappes de missiles, ainsi que la lenteur du conflit, font que les opérations sont viables sur une période prolongée.

En tout état de cause, compte tenu de l’attitude hostile des forces de l’OTAN le long des frontières occidentales de la Russie, il est inconcevable que Moscou ait pris des risques en engageant massivement ses forces dans les opérations en Ukraine.(…)

Vostok 2022 sera axé “sur l’utilisation de groupements de troupes (forces) pour assurer la sécurité militaire”. Il se déroulera dans 12 lieux différents répartis dans le district militaire oriental, l’un des cinq districts militaires de la Russie, avec une vaste étendue géographique de 7 millions de kilomètres carrés, dont le siège est à Khabarovsk, sur le fleuve Amour, dans l’Extrême-Orient russe, près de la frontière entre la Russie et la Chine, et qui comprend les régions jusqu’à l’Oblast de Sakhaline, qui inclut les îles Kouriles“.

Au fait, Anthony Blinken a retrouvé le numéro de téléphone de Sergueï Lavrov

M. Blinken a répété l’hyperbole selon laquelle les sanctions ont “un effet puissant et croissant” et ont “profondément affaibli la Russie”, et l’administration Biden fera tout ce qu’elle peut “pour renforcer la position de l’Ukraine sur le champ de bataille afin qu’elle ait la position la plus forte possible à la table des négociations”.

Cependant, ce qui ressort, c’est l’inquiétude croissante de Washington qui, à son grand désarroi, constate que la position de la Russie n’a fait que se durcir ces derniers temps. Selon M. Blinken, cela “provoque des alarmes”. Il a notamment noté la remarque de M. Lavrov, la semaine dernière, selon laquelle les objectifs du Kremlin en Ukraine se sont élargis. “Ils cherchent maintenant à revendiquer davantage de territoire ukrainien, au-delà du Donbas”, a-t-il commenté.

En effet, la guerre est sortie de l’algorithme américain. Comme l’a souligné le Premier ministre hongrois Orban la semaine dernière, les sanctions anti-russes “n’ont pas ébranlé Moscou”, mais l’Europe a déjà perdu quatre gouvernements et traverse une crise économique et politique.

La Russie rend la monnaie de sa pièce aux États-Unis et à l’OTAN, comme ces derniers l’ont fait en démembrant la Yougoslavie. La guerre de l’OTAN en Yougoslavie s’est déroulée à un moment où la Russie était faible et a assisté, impuissante, au dépeçage d’un pays slave par l’Occident.

La Russie ne se laissera pas décourager maintenant, car elle a déjà dépassé le stade de la mi-parcours. Blinken a noté frénétiquement : “Je pense qu’il est très important maintenant que nous voyons quel est le prochain plan de la Russie – c’est-à-dire l’annexion de plus de territoire ukrainien – que les Russes, le ministre des affaires étrangères Lavrov, entendent directement de ma part, au nom des États-Unis, que nous voyons ce qu’ils font, nous savons ce qu’ils font, et nous ne l’accepterons jamais. Cela ne sera jamais légitimé. Il y aura toujours des conséquences si c’est ce qu’ils font et si c’est ce qu’ils essaient de maintenir.”

Cependant, le paradoxe est que l’initiative revient toujours aux Etats-Unis. L’armée russe s’enfoncera plus profondément dans l’Ukraine en proportion de la fourniture par les États-Unis d’armes avancées ayant une longue portée sur le territoire russe. Mais Moscou n’est intéressé que par le fait que le territoire russe soit à l’abri de toute attaque de l’Ukraine.

L’administration Biden a le choix entre prolonger la durée de la guerre ou accroître la portée de l’opération russe. Washington a commis une erreur catastrophique en torpillant l’accord russo-ukrainien conclu en avril à Istanbul, lorsque Kiev a accepté de se contenter des modestes exigences russes.

Mais c’était l’époque faste où le secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, plaisantait – avec Blinken à ses côtés – après un voyage rapide à Kiev que les États-Unis voulaient voir la Russie “affaiblie au point qu’elle ne puisse plus faire le genre de choses qu’elle a faites en envahissant l’Ukraine”. Austin s’est vanté que la Russie avait “déjà perdu beaucoup de capacités militaires” et “beaucoup de ses troupes. Nous voulons qu’elle n’ait pas la possibilité de reproduire très rapidement cette capacité.”

Entendant le cri de guerre d’Austin, Blinken est intervenu : “La stratégie que nous avons mise en place, le soutien massif à l’Ukraine, la pression massive contre la Russie, en solidarité avec plus de 30 pays engagés dans ces efforts, a des résultats réels. Et nous le voyons lorsqu’il s’agit des objectifs de guerre russes.”

“La Russie échoue. L’Ukraine réussit”, a affirmé M. Blinken. Ce triomphalisme n’était pas présent dans la prestation de M. Blinken hier.

Une grande beauté des conférences de presse est que certains journalistes les rendent vivantes et révélatrices. Ainsi, un journaliste américain a demandé à M. Blinken : “Vous avez parlé de l’isolement de la Russie sur le plan international, et pourtant nous voyons le ministre des affaires étrangères Lavrov sillonner l’Afrique et le Moyen-Orient et le président Poutine se rendre à Téhéran… Ils font valoir qu’ils ne sont pas isolés, et maintenant vous êtes sur le point d’avoir cette conversation avec eux. Alors, qu’est-ce que cela dit des efforts de l’administration pour isoler la Russie quand vous leur tendez la main pour parler des problèmes ?”

L’explication de Blinken : “Matt, en ce qui concerne certains des voyages dans lesquels le ministre des Affaires étrangères, par exemple, est engagé, ce que je vois est un jeu de défense désespéré pour essayer d’une manière ou d’une autre de justifier au monde les actions que la Russie a prises...”

 

Et il lui a même téléphoné! 

 Après le coup de téléphone entre Blinken et Lavrov

Des conversations comme celle d’hier souffrent d’être totalement opaques. Blinken n’arrive même pas à formuler les questions de fond qui préoccupent Biden – les fissures dans l’unité occidentale.

Curieusement, le Biden est confronté à deux situations de crise au potentiel explosif en ce moment – en Ukraine et à propos de Taïwan. En effet, il est clair comme de l’eau de roche que ces deux situations ont été précipitées par Washington. Pourtant, la manière dont Biden les gère ne pourrait pas être plus différente.

Dans le cas de Taïwan, Biden n’a pas hésité à appeler le président chinois Xi Jinping pour apaiser les tensions. Mais il a choisi une voie différente pour communiquer avec le président Vladimir Poutine.

Certes, après six mois de conflit en Ukraine, Biden a finalement décidé de prendre le taureau par les cornes et de reprendre des contacts de haut niveau avec Moscou. Mais il a choisi de communiquer avec Poutine par l’intermédiaire de son secrétaire d’État !

Le problème est que, bien que les relations entre les États-Unis et la Chine soient tendues, Biden ne les a jamais portées à un niveau personnel. Il n’a jamais utilisé de langage désobligeant pour contrarier Xi Jinping, comme il l’a fait à plusieurs reprises avec Poutine.

Mais M. Blinken est lui aussi confronté à un problème similaire. Les 7 et 8 juillet, il a évité de serrer la main de Lavrov lors de la réunion ministérielle du G20 à Bali et a sauté le banquet officiel parce que Lavrov était présent. Mais après un tel comportement, il était hier à la recherche de Lavrov !

Le département d’État aurait récemment envoyé une circulaire aux ambassades américaines pour demander aux diplomates de dissuader les dirigeants étrangers de se faire photographier avec Lavrov, afin que le projet de Washington d'”isoler” la Russie gagne du terrain ! Lavrov l’a apparemment appris de ses hôtes !

Sans surprise, Blinken a d’abord dû convoquer une conférence de presse pour rationaliser publiquement son besoin de parler avec quelqu’un qu’il traitait de “paria” il y a seulement trois semaines. Blinken est un homme intelligent et il sent que Biden cherche désespérément à ouvrir un canal de communication avec le Kremlin. (Nous ne savons pas si une conversation Biden-Poutine a figuré dans la discussion d’hier).

Le fait est qu’après cinq mois de conflit en Ukraine, l’économie russe ne s’est pas effondrée mais s’adapte à une “nouvelle normalité” dans les conditions géopolitiques. La monnaie russe se porte à merveille. Et il n’y a pas eu d’insurrection en Russie. Et surtout, la Russie est en train de gagner la guerre en Ukraine et se prépare à dicter les termes de la paix.

Lavrov doit être bien conscient des véritables raisons de l’appel de Blinken. Tout d’abord, une situation catastrophique risque de fissurer l’unité occidentale, car le spectre de la coupure de l’approvisionnement en gaz russe menace les pays européens. Quatre gouvernements européens sont tombés jusqu’à présent.

Tout le monde comprend qu’il s’agit de bien plus qu’une crise énergétique. Si les économies commencent à s’effondrer, des troubles sociaux et politiques suivront. L’inquiétude est omniprésente dans les capitales européennes. Le jeu des reproches a commencé.

Washington ne pourra peut-être pas sauver le poste d’Ursula von der Leyen, chef de la Commission européenne, bien longtemps. Les dirigeants européens se rendent compte qu’Ursula s’est jouée d’eux avec sa croisade personnelle pour punir la Russie.

Il y a aussi beaucoup de ressentiment refoulé à l’égard de l’Allemagne. Les Européens ne versent pas de larmes sur la situation critique de l’Allemagne. L’imposition par Berlin d’un programme d’austérité sévère à ses voisins du sud est encore un souvenir douloureux.

Par conséquent, le dernier projet farfelu d’Ursula, qui consiste à imposer une réduction de 15 % de la consommation de gaz à tous les pays de l’UE (pour renflouer Berlin), se heurte à une certaine résistance. En réalité, il n’y a pas d’alternative au gaz russe et Washington a oublié sa promesse de trouver un substitut.

Biden n’a fait qu’attirer cette calamité sur les Européens. Le doute privé de Barack Obama est désormais une sagesse publique pour les Européens : “Ne sous-estimez pas la capacité de Joe à tout faire f…”.

Lavrov connaît également la deuxième raison pour laquelle Blinken veut se réengager. Les opérations militaires spéciales russes progressent bien et tout indique que le régime de Zelensky s’effrite. Ainsi, les préparatifs ont commencé pour l’organisation de référendums dans les régions de Kherson et de Zoporozhia afin de connaître les souhaits de la population.

La Russie a également invité les résidents de Kharkov à demander la citoyenneté, et la monnaie rouble est en cours d’introduction. Poutine vient d’approuver un plan directeur de trois ans pour la reconstruction de Mariupol. L’ancienne ville aura bientôt des ponts, des routes et des écoles qui feront honte à Washington.

Plus important encore, M. Biden doit s’inquiéter du fait que, même s’il multiplie par cent le dépeçage du Kosovo par Washington en tant qu’État-nation en 2008, cela ne correspondra toujours pas à ce qui se passe en Ukraine. Et les Européens regardent tout cela – sans voix, incrédules – alors que les frontières territoriales sont redessinées sur leur continent bien entretenu.

Il y a de nouveaux faits sur le terrain depuis le mois de mars, lorsque la Russie et Kiev ont conclu un accord à Istanbul (que l’équipe belliqueuse de Biden a rapidement torpillé en promettant la lune à Zelensky). Tant d’eau a coulé sur le Dniepr depuis lors.”

Le duc de Richelieu (1766-1822), gouverneur de la Nouvelle Russie de 1803 à 1814, a sa statue à Odessa face au port

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28 juillet 2022

HISTOIRE HUSTOIRE HISTOIRE HISTOIRE

Il était une fois Adolf HITLER ...

 

ce cinglé criminel de Nazi qui voulu

 

conquérir et mettre en esclavage au XXe siècle

 

... le Monde entier !

 

AVT_Adolph-Hitler_9540

Adolphe HITLER ( 20 Avril 1889 - 30 Avril 1945 ) le "FÜHRER" dit le guide des NAZIS. 

Adolf Hitler

Adolf Hitler
Illustration.
Portrait photographique d’Adolf Hitler en 1938.
Fonctions
Führer du Reich allemand
2 août 1934 – 30 avril 1945
(10 ans, 8 mois et 28 jours)
Élection Transfert des fonctions de chef de l'État à la suite de la mort de Paul von Hindenburg1
Ratifié par plébiscite le 19 août 1934
Chancelier Lui-même
Prédécesseur Paul von Hindenburg (président du Reich)
Successeur Karl Dönitz (président du Reich)
Chancelier du Reich
30 janvier 1933 – 30 avril 1945
(12 ans et 3 mois)
Président Paul von Hindenburg
Lui-même
Gouvernement Hitler
Prédécesseur Kurt von Schleicher
Successeur Joseph Goebbels
Biographie
Date de naissance 20 avril 1889
Lieu de naissance Braunau am Inn (Autriche-Hongrie)
Date de décès 30 avril 1945 (à 56 ans)
Lieu de décès Berlin (Allemagne)
Nature du décès Suicide
Nationalité Autrichienne (1889-1925)
Apatride (1925-1932)
Allemande (1932-1945)2
Parti politique NSDAP
Père Alois Hitler
Mère Klara Pölzl
Fratrie
Conjoint Eva Braun
Religion Cf. Conceptions religieuses

Signature de Adolf Hitler

Adolf Hitler
Chanceliers d'Allemagne
Chefs de l'État allemand

Adolf Hitler [ˈadɔlf ˈhɪtlɐ]n 1 Écouter est un idéologue et homme d'État allemand, né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Autriche et toujours ville-frontière avec l’Allemagne) et mort par suicide le 30 avril 1945 à Berlin. Fondateur et figure centrale du nazisme, il prend le pouvoir en Allemagne en 1933 et instaure une dictature totalitaireimpérialisteantisémiteraciste et xénophobe désignée sous le nom de Troisième Reich.

Établi à Vienne puis à Munich, il tente en vain de devenir artiste, en autodidacte puisqu'il échoue aux Beaux-Arts. Bien qu'ayant tenté de se soustraire à ses obligations militaires, il participe à la Première Guerre mondiale au sein des troupes bavaroises. Après-guerre, il rentre à Munich où il mène une vie assez attentiste dans cette époque troublée, avant d'adhérer au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP, le parti nazi), créé en 1920. Il s'impose par ses talents d'orateur à la tête du mouvement en 1921 et tente en 1923 un coup d'État qui échoue. Il met à profit sa courte peine de prison pour rédiger le livre Mein Kampf dans lequel il expose ses conceptions racistes et ultranationalistes.

Dans les années 1920, dans un climat de violence politique, il occupe avec le parti nazi une place croissante dans la vie publique allemande, se présentant à la présidentielle contre Hindenburg et jusqu'à devenir chancelier le 30 janvier 1933, pendant la Grande Dépression. Son régime met très rapidement en place les premiers camps de concentration destinés à la répression des opposants politiques (notamment socialistes, communistes et syndicalistes). En août 1934, après une violente opération d’élimination physique d’opposants et rivaux — connue sous le nom de nuit des Longs Couteaux — et la mort du vieux maréchal Hindenburgprésident du Reich, il se fait plébisciter chef de l'État. Il porte dès lors le double titre de « Führer » en français : « guide » et « chancelier du Reich », sabordant ainsi la république de Weimar et mettant fin à la première démocratie parlementaire en Allemagne. La politique qu'il conduit est pangermanisteantisémiterevanchiste et belliqueuse. Son régime adopte en 1935 une législation anti-juive et les nazis prennent le contrôle de la société allemande (travailleursjeunessemédias et cinémaindustrie militairesciencesetc.).

L'expansionnisme du régime conduit l'Allemagne dans l'invasion de la Pologne en 1939, fait générateur du volet européen de la Seconde Guerre mondiale. L'Allemagne connaît d'abord une période de victoires militaires et occupe la majeure partie de l'Europe, mais elle est ensuite repoussée sur tous les fronts, puis envahie par les Alliés : à l'Est par les Soviétiquesà l'Ouest par les Anglo-Américains et leurs alliés, dont des forces issues des pays occupés par l'Allemagne. Au terme d'une guerre totale ayant atteint des sommets de destruction et de barbarie, Hitler, terré à Berlin dans son bunkerse suicide alors que la capitale du Reich en ruines est investie par les troupes soviétiques.

Le Troisième Reich, qui, selon Hitler, devait durer « mille ans », n'en a duré que douze mais a provoqué la mort de dizaines de millions de personnes et la destruction d'une grande partie des villes et des infrastructures en Europe. L'ampleur sans précédent de massacres comme le génocide des Juifs européens et des Tziganes — commis par les Einsatzgruppen puis dans les centres de mise à mort massive —, la mort par la faim de millions de civils soviétiques ou l'assassinat des personnes handicapées, auxquels s'ajoutent les innombrables exactions contre les populations civiles, le traitement inhumain des prisonniers de guerre soviétiques ou encore les destructions et les pillages dont il est responsable, ainsi que le racisme radical singularisant sa doctrine et la barbarie des sévices infligés à ses victimes, valent à Hitler d'être jugé de manière particulièrement négative par l'historiographie et la mémoire collective. Sa personne et son nom sont considérés comme des symboles du mal absolu.

Origine du nom

Selon Le Petit Robert des noms propres3, « Hitler » est une variante de « Hüttler », de l'allemand Hüttle signifiant « petite cabane » (peut avoir désigné un homme vivant près d'une cabane ; en Bavière, désignait un charpentier).

Hitler porte le nom du beau-père de son père AloisJohann Georg Hiedler (sous une orthographe différente, mais la prononciation est très proche). Ce dernier a épousé la grand-mère de Hitler, Maria Anna Schicklgruber, après la naissance d'Alois, sans que l'on sache s'il en était le père. Alois a été déclaré à l'état civil sous le nom de sa mère, avec la mention fils illégitime, et a adopté plus tard le nom de son beau-père, sous la forme Hitler4,5.

Hitler fut baptisé Adolphus Hitler6. Au xixe siècle, Adolf est un prénom fréquent dans les pays germanophones et scandinaves.

Selon la fiche signalétique établie par les renseignements français en 1924, le second prénom de Hitler serait Jakob (Jacques, en allemand), mais cette fiche contient diverses erreurs grossières, dont la date et le lieu de naissance de Hitler, et rien ne corrobore la thèse d'un second prénom7.

Jeunes années

Origines et enfance

Photo en noir et blanc d’Adolf Hitler prise peu après sa naissance. Sur un fond blanc, dans un médaillon au fond sombre, au centre de la photo, un bébé, en layette blanche, est assis sur un siège en velours foncé. Les yeux grands ouverts, il fixe l’appareil photo avec curiosité.
Adolf Hitler bébé.
 
Les parents d'Adolf Hitler : Alois Hitler (1837-1903) et Klara Pölzl (1860-1907).

Les sources traitant des premières années d'Adolf Hitler sont « extrêmement lacunaires et subjectives ». Les fonds d'archives, les témoins et Hitler lui-même donnent des interprétations très différentes de cette période qui s'étale de 1889 à 19198. De nombreux historiens se sont même penchés sur la possibilité d'une origine juive de Hitler, en concluant néanmoins la plupart du temps à de simples rumeurs infondées.

Adolf Hitler naît le 20 avril 1889 à 18 h 30 à Braunau am Inn, une petite ville de Haute-Autriche près de la frontière austro-allemande ; il est baptisé deux jours plus tard à l'église de Braunaun 2. Il est le quatrième enfant d'Alois Hitler (1837-1903) et de Klara Pölzl (1860-1907). Ses parents, unis par le mariage depuis le 6 janvier 1885, sont originaires de la région rurale du Waldviertel, pauvre et frontalière de la Bohême.

En 1894, la famille Hitler déménage pour Passau du côté allemand de la frontière. Un an plus tard, Alois prend sa retraite et achète une petite ferme à Fischlham près de Lambach pour se consacrer à l'apiculture8.

Adolf fait son entrée à l'école du village le 2 mai 1895. Son maître d'école, Karl Mittermaier, témoigne : « Je me souviens combien ses affaires de classe étaient toujours rangées dans un ordre exemplaire10 ».

Au cours de l'été 1897, le patriarche décide de revendre sa ferme et installe sa famille à Lambach. Adolf devient élève au monastère du village où ses résultats restent bons. Il y devient enfant de chœurn 3. En novembre 1898, Alois acquiert dans le village de Leonding, une maison à proximité de l'église et du cimetière. Selon des témoins de l'époque, Adolf est un enfant qui aime le grand air et jouer aux cow-boys et aux Indiens comme de nombreux enfants de son âgen 4. Sa sœur Paula déclarera à ce sujet : « Quand on jouait aux Indiens, Adolf faisait toujours le chef. Tous ses camarades devaient obéir à ses ordres. Ils devaient sentir que sa volonté était la plus forte12 ».

Les relations père-fils

Photo de classe noir et blanc d'une cinquantaine de garçons réunis autour de leur maître d'école ; le jeune Hitler se tient debout, au centre de la rangée supérieure.
Photo de classe à l'école de Leonding en 1899, au centre de la rangée supérieure, Adolf Hitler.

À l'âge de 11 ans, en septembre 1900, Adolf Hitler est inscrit par son père Alois à la Realschule de Linz à quatre kilomètres au nord-est de Leonding. Ses résultats scolaires s'effondrent alors. Il finit par redoubler, le conflit entre Adolf et son père devient inévitable13. En effet, le père veut que son fils devienne fonctionnaire comme lui, alors que le jeune garçon souhaite devenir artiste-peintren 5.

« Pour la première fois de ma vie, je pris place dans l'opposition. Aussi obstiné que put l'être mon père pour réaliser les plans qu'il avait conçus, son fils ne fut pas moins résolu à refuser une idée dont il n'attendait rien. Je ne voulais pas être fonctionnaire. Ni discours, ni sévères représentations ne purent réduire cette résistance. Je ne serai pas fonctionnaire, non, et encore non ! »

— Adolf Hitler, Mein Kampf, 192516.

Le 3 janvier 1903, Alois Hitler succombe à une crise cardiaque, un verre de vin à la main, dans la brasserie Wiesinger à Leondingn 6. C'est un véritable tournant dans la vie du jeune Hitler. Mais les spécialistes sont divisés sur le sentiment de Hitler vis-à-vis de la mort de son pèren 7.

La fin de l'école

Portrait dessiné d'Adolf Hitler à l'âge de seize ans, de profil.
Adolf Hitler à l'âge de 16 ans, portrait dessiné par son camarade Sturmlechner de l'établissement de Steyr, vers 1904-1905.

Klara, devenue veuve, devient de fait la tutrice d'Adolf et de Paula Hitler âgés respectivement de quatorze et sept ans. Elle reçoit une aide de l'État de 600 couronnes et mensuellement la moitié de la pension de son défunt mari (soit 100 couronnes) puis 20 couronnes par enfant scolarisé. Son fils porte toujours la photographie de sa mère sur lui19. Au printemps 1903, Klara place Adolf en pension à Linz afin qu'il réussisse dans ses études. Léopold Pötsch, son professeur d'histoire, est un partisan du pangermanisme mais aucun document ne peut attester un militantisme nationaliste de la part d'Adolf Hitler à cette époque. En revanche, il baigne dans une société autrichienne d'esprit pangermanisten 8. Voici le portrait du collégien Hitler qu'en brosse son professeur principal lors du procès du putsch en 1923 :

« Il était incontestablement doué, quoique d'un caractère buté. Il avait du mal à se maîtriser, ou passait du moins pour un récalcitrant, autoritaire, voulant toujours avoir le dernier mot, irascible, et il lui était visiblement difficile de se plier au cadre d'une école. Il n'était pas non plus travailleur, car sinon […] il aurait dû parvenir à des résultats bien meilleurs. Hitler n'était pas simplement un dessinateur qui avait un beau brin de crayon, mais il était capable aussi, à l'occasion, de se distinguer dans les matières scientifiques […]. »

— Eduard Huemer, 192321.

À la rentrée scolaire de l'année 1904, pour une raison obscure, Hitler quitte l'école de Linz pour l'établissement de Steyr à quarante-cinq kilomètres de là. Ses résultats scolaires ne s'améliorent pas et il ne termine pas sa troisième. Il prétexte une mauvaise santé, simulée ou exagérée, et finit par abandonner définitivement l'école22. De ces années 1904-1905, le seul document authentique connu est un portrait de Hitler fait par son camarade Sturmlechner. On y distingue « un visage maigre d'adolescent avec un duvet de moustache et l'air rêveur »23.

Vie de bohème (1907-1913)

Parcours à Vienne

Peinture de Wilhelm Gause (1904), montrant des hommes et des femmes en tenue de soirée, dans un hall de l'hôtel de ville de Vienne.
Bal à l'Hôtel de ville de Vienne (Wilhelm Gause, 1904). La politique antisémite de Karl Lueger, alors maire de Vienne, influença le jeune Adolf Hitler.
Pour le jeune Adolf Hitler, l'empereur François-Joseph incarnait le vieillissement de l'Empire d’Autriche.

Au cours de l'été 1905, Klara Hitler vend la maison de Leonding pour s'installer en famille dans un appartement loué dans le centre de Linz au 31 de la Humboldtstrasse. Adolf reçoit de sa tante Johanna un peu d'argent de poche, qu'il utilise pour aller au cinéma et au théâtre. Il y rencontre, en novembre 1905, un apprenti tapissier : August Kubizek, passionné de musique24. À en croire son ami, bien que sans emploi, Hitler se comporte en véritable « dandy » : fine moustache, manteau et chapeau noirs et canne au pommeau d'ivoiren 9. Il boit de l'alcool, fume beaucoup et adhère à l'Association des amis du musée de Linz. En mai 1906, sa mère lui offre un séjour à Vienne où il assiste à deux opéras de Richard Wagner : Tristan et Le Hollandais volant. Il contemple la capitale impériale qui à la fois le fascine et le met mal à l'aise : l'empereur François-Joseph représente à ses yeux le symbole du vieillissement de l'Empire. Il finit par revenir à Linz début juinn 10. Ses discussions avec Kubizek lui donnent envie de devenir compositeur ; il convainc sa mère d'entamer des études de musique avant d'abandonner rapidement.

En janvier 1907, le médecin de famille, le docteur Eduard Bloch, examine Klara et diagnostique une tumeur qui est opérée. Diminuée physiquement, Klara déménage de son appartement pour un logement à l'extérieur de Linz à Urfahr (de). Adolf possède sa propre chambre tandis que Klara, Paula et Johanna, la tante de Hitler, se partagent les deux autres pièces30. Durant l'automne, il décide enfin de se présenter à l'examen d'entrée de l'Académie des beaux-arts de Vienne ; sa mère cède à contrecœur. Hitler est refusé ; son travail est jugé « insuffisant ». Il mentionne ultérieurement cet événement dans Mein Kampf de la sorte : « J'étais si persuadé du succès que l'annonce de mon échec me frappa comme un coup de foudre dans un ciel clair31. »

En octobre, le docteur Bloch déclare solennellement à la famille Hitler que l'état de Klara est irréversible : sa dernière volonté est de reposer aux côtés de son mari, Aloïs, à Leonding. Elle meurt le 21 décembre 1907, à l'âge de 47 ansn 11. August propose à Hitler de passer les fêtes de Noël avec sa famille, mais celui-ci décline l'invitation. Selon le témoignage du docteur Bloch, « Klara Hitler était une femme simple, modeste et pleine de bonté. Grande, elle avait des cheveux bruns soigneusement tressés et un long visage ovale avec de beaux yeux gris bleu expressifs […]. Jamais je n'ai vu quiconque aussi terrassé par le chagrin qu'Adolf Hitlern 12. »

L'Opéra d'État de Vienne, une des peintures d'Adolf Hitler, réalisée en 1912.

Lorsqu'il était revenu à Linz au chevet de sa mère mourante, il n'avait pas osé lui avouer son échec à l'École des Beaux-Arts. Âgé de dix-neuf ans, Adolf Hitler est désormais un jeune homme mesurant 1,72 m et pesant 68 kilos. Entêté, il décide qu'il sera artiste peintre ou architecte et retente l'examen d'entrée à Vienne. Apparemment, à cette époque, Hitler n'est pas vraiment un nationaliste fanatique comme il le prétend dans Mein Kampf. En effet, pourquoi rejoindre une ville cosmopolite comme Vienne, aux nombreuses nationalités, plutôt que de rejoindre directement l'Allemagnen 13 ? Vienne représente à ses yeux un défi, une porte vers une ascension sociale. Hitler est subjugué par les représentations de Felix Weingartner puis de Gustav Mahler à l'Opéra35. Depuis 1897, Vienne est dirigée par Karl Lueger (1844-1910), le fondateur du parti chrétien-social. Le maire est violemment antisémite et rassemble une bonne partie de l'électorat catholique36.

Le second échec aux Beaux-Arts

Au cours du printemps 1908, August Kubizek rejoint Hitler à Vienne, où celui-ci loue un piano à queue pour parfaire ses gammes. Selon son témoignage, Hitler se prive régulièrement de nourriture afin de se rendre plusieurs fois au théâtre ou à l'Opéra. Il prétend également que Hitler ne s'intéresse guère aux filles excepté une jeune bourgeoise prénommée Stefanien 14. Appelé par le service militaire, le musicien rentre à Linz en juillet. Durant l'été, Hitler rompt les liens à la fois avec Kubizek et avec le reste de sa famille résidant à Spitaln 15.

En octobre 1908, l'École des Beaux-Arts recale 96 élèves dont Adolf Hitler, qui « n'a pas été autorisé à passer l'épreuve ». Non pas qu'il soit mauvais dessinateur mais parce qu'il ne travaille pas assez, il est incapable de se soumettre à une discipline39. Il déménage en août 1909 rue Felbert, puis rue Sechshauser et enfin rue Simon-Denk. Faute d'argent, il est mis à la rue40.

Le marginal

Foyer viennois pour hommes, sis au 27, rue Meldermann (carte postale, 1906).

Les registres de police de Vienne indiquent qu'à partir du 8 février 1910, Hitler est domicilié dans un foyer pour hommes, au 27 de la rue Meldermann. Grâce à Reinhold Hanisch, un jeune homme de cinq ans son aîné, qu'il a rencontré quelques mois plus tôt dans un foyer d'accueil pour sans-abris, Hitler gagne un peu d'argent en déblayant la neige ou en portant les valises des voyageurs encombrés de la gare de l'Ouest (Westbahnhof)41. Il se nourrit alors d'une soupe le matin et d'un croûton de pain le soir.

Selon Mein Kampf, il aurait été manœuvre et aide-maçon mais aucun document ne le prouve. Certains témoins — dont Hanisch — insistent sur l'oisiveté de Hitler qui refuse de travailler. Grâce aux cinquante couronnes envoyées par sa tante Johanna, il fait l'acquisition du matériel d'artiste-peintre : Hanisch se charge de vendre les peintures de Hitler en format carte postalen 16,n 17. Le 4 mai 1911, Angela Raubal réclame au tribunal de Linz la pension de Hitler afin d'élever dignement Paula, ce qu'il doit accepter malgré lui44.

Antisémitisme et aryosophie

Après avoir touché le fond au cours de l'hiver 1909n 18, le marginal Hitler vit toujours en 1912 de ses peintures vendues dans la rue. Selon Jacob Altenberg, l'un de ses marchands d'art juifs, « il avait pris l'habitude de se raser […], il se faisait régulièrement les cheveux et portait des vêtements qui, pour être vieux et usés, n'en étaient pas moins propres46. » Hitler participe aux débats politiques qui éclatent dans le foyer. Deux sujets le mettent hors de lui : le parti social-démocrate et la Maison de Habsbourg-Lorraine47. Aucun témoin ne fait état de propos antisémites de sa part. Selon Mein Kampf, il serait devenu antisémite à son arrivée à Vienne :

« Un jour que je traversais la vieille ville, je rencontrai tout à coup un personnage en long caftan avec des boucles de cheveux noirs. Est-ce là aussi un Juif ? Telle fut ma première pensée. À Linz, ils n'avaient pas cet aspect-là. »

— Adolf Hitler, Mein Kampf, 192548.

Cet antisémitisme soudain est contredit par diverses sources. Kubizek affirme que son ami était déjà « farouchement antisémite » en arrivant à Vienne mais de nombreuses anecdotes qu'il rapporte sont clairement douteuses. Selon Reinhold Hanisch, travailleur autrichien qui l'a côtoyé à l'époque, Hitler ne serait devenu antisémite que « plus tard » ; ce témoin insiste ainsi sur l'amitié entre le futur Führer et Joseph Neumann, un jeune Juif rencontré au foyer viennois pour hommes de la rue Meldermann. Toutefois, Ian Kershaw doute de la véracité des dires de Hanisch : selon l'historien, Hitler est bel et bien antisémite lors de son séjour viennois, mais il s'agit d'une « haine personnalisée » et intériorisée tant qu'il a besoin des Juifs pour vivre. Il semblerait donc, mais sans réelle preuve, que son antisémitisme exacerbé ne soit apparu qu'à la fin de la guerre en 1918-1919, lorsqu'il « rationalis[e] sa haine viscérale en une vision du monde »n 19.

Outre des brochures antisémites, Hitler lit alors très probablement la revue Ostara de Jörg Lanz von Liebenfels : selon Nicholas Goodrick-Clarke« l'hypothèse d'une influence idéologique de Lanz sur Hitler peut être acceptée » ; ce dernier aurait « assimilé l'essentiel de l'aryosophie de Lanz : le désir d'une théocratie aryenne prenant la forme d'une dictature de droit divin des Germains aux cheveux blonds et aux yeux bleus sur les races inférieures ; la croyance dans une conspiration, continue à travers l'histoire, de ces dernières contre les héroïques Germains, et l'attente d'une apocalypse dont serait issu un millénium consacrant la suprématie mondiale des Aryens50 ». Ian Kershaw, pour sa part, pense également que la revue figurait parmi les lectures courantes de Hitler à cette époque, mais conclut plus prudemment sur la nature précise de l'influence de Lanz sur ses convictions51. Il est en revanche improbable que Hitler ait connu alors l'aryosophe Guido von List et, s'il a pu être attiré par les aspects politiques de la pensée de List les plus similaires à celle de Lanz, il n'a jamais manifesté d'intérêt pour ses théories occultistes52.

La vie à Munich

Cour d'une résidence à Munich, aquarelle peinte par Adolf Hitler en 1914.

Au printemps 1913, Adolf Hitler caresse l'espoir d'aller étudier à l'Académie des beaux-arts de Munich. Pour ses vingt-quatre ans, il attend la perception de son héritage paternel, de 819 couronnesn 20. De plus, ayant omis de s'inscrire en 1909 pour effectuer son service militaire, il pense à présent que l'administration autrichienne l'a oublié et qu'il peut passer la frontière tranquillement. Le 24 mai, habillé correctement, portant une valise et accompagné d'un homme, le commis Rudolf Häusler, il quitte le foyer pour la gare. En plus d'être une ville d'art, Munich lui paraît familière car elle est proche de sa région natale54. Arrivés sur place, Häusler et Hitler louent une chambre au 34 Schleissheim. Häusler montre ses papiers autrichiens, Hitler se déclare apatride55.

En janvier 1914, Hitler reçoit l'ordre de se rendre au consulat d'Autriche dans les plus brefs délais pour rendre compte de sa désertion. Il explique qu'il se serait présenté à l'hôtel de ville de Vienne où il s'est fait enregistrer, mais que la convocation ne serait jamais arrivée. Qui plus est, il a peu de ressources et est affaibli par une infection. Le consul croit en sa bonne foi et le 5 février, Hitler est définitivement ajourné devant la commission militaire de Salzbourg. Pendant longtemps, la présence de Häusler aux côtés de Hitler à Munich sera gommée, car il est l'un des rares témoins à connaître le rappel à l'ordre de l'armée autrichienne à Adolf Hitler qui n'a toujours pas fait son service militaire. Hitler ne souhaitait pas dévoiler cet épisode embarrassant. En réalité, il avait fui l'Autriche en refusant de porter les armes pour les Habsbourg56.

Comme à Vienne, Hitler vit de ses peintures. Il aime reproduire l'hôtel de ville, des rues, des brasseries, des magasins. Il vend chaque tableau entre cinq et vingt marks, soit une centaine de marks par mois. Dans Mein Kampf, Hitler déclare avoir beaucoup lu et appris en politique à cette époque, mais aucun document ne le prouve. Peut-être fréquente-t-il les bars et les brasseries où il discute de politique57.

 

Soldat pendant la Première Guerre mondiale

Une photo noir et blanc d'un groupe de sept hommes en tenue militaire de l'armée allemande de 1915. Deux hommes se tiennent debout, devant un mur de briques qui forme l'arrière-plan de la photo, et derrière quatre autres hommes assis dont Adolf Hitler, à droite, reconnaissable à son épaisse moustache. Au premier plan, un septième homme tout sourire se tient allongé sur le côté, dans l'herbe, aux pieds des quatre hommes assis.
Adolf Hitler (assis à droite), soldat en 1915.

Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône Austro-Hongrois, est assassiné à Sarajevo par un étudiant serbe. Le 31 juillet, la mobilisation générale est proclamée à Berlin. Le roi de BavièreLouis III, envoie un télégramme à Guillaume II pour l'assurer de son soutien militaire.

Août 1914

Le 2 août 1914, au lendemain de la déclaration de guerre du Kaiser, des milliers de Munichois se pressent sur l'Odeonsplatz pour applaudir le roi de Bavière. Une photographie immortalise l'événement et Hitler y figuren 21. Dans Mein Kampf, il se déclare heureux de partir en guerre. C'est pourtant oublier qu'il a tenté de se dérober à l'armée autrichienne quelques années plus tôt. D'après son livret militaire, il ne se serait présenté que le 5 août au bureau de recrutement. Il est définitivement incorporé le 16 août comme « volontaire » dans le 1er bataillon du 2e régiment d'infanterie de l'armée bavaroise. Le départ du 16e régiment d'infanterie de réserve bavarois (régiment List, du nom de son colonel, Julius von List59), dans lequel il vient d'être incorporé pour le front est fixé au 8 octobre 1914. Le train atteint la frontière belge le 22 octobre puis arrive à Lille le 23n 22.

Combats

Le soldat Hitler connaît son baptême du feu le 28 octobre 1914 près d'Ypres. Au 1er novembre, son bataillon est décimé : sur 3 600 hommes, 611 seulement restent opérationnels. Après seulement quelques jours en première ligne, il est affecté comme estafette le 9 novembre. Le 3 novembre précédent, il était nommé gefreiter, ce qui ne correspond pas, comme le proposent divers historiens, au grade de caporaln 23 mais à celui de première classe, sans prérogative de commandement sur d'autres soldats62. Pour récompenser son courage (pour avoir ramené à l'abri, en compagnie de son coéquipier Anton Bachmann, le commandant du régiment, Philipp Engelhardt), Hitler est proposé par l'adjudant Gutmann à la décoration de la croix de fer de deuxième classen 24 (et il recevra la première classe en 1918). Il a la position d'estafette auprès de l'état-major de son régiment : il va chercher les ordres des officiers pour les transmettre aux bataillons. En période de calme relatif, l'estafette Hitler sillonne la campagne des environs de Fournes pour peindre des aquarellesn 25 Réputé pour son caractère difficile, il est néanmoins apprécié de ses camarades. Lui proposer de « coucher avec des Françaises » le met hors de lui, puisque cela serait « contraire à l'honneur allemand »65. Il ne fume pas, il ne boit pas, il ne fréquente pas les prostituées. Le soldat Hitler s'isole pour réfléchir ou lire66. Les quelques photographies connues de cette période présentent un homme pâle, moustachu, maigre et souvent à l'écart du groupe. Son véritable compagnon est son chien Foxl et un jour il s'angoisse à l'idée de ne pas le retrouver : « Le salaud qui me l'a enlevé ne sait pas ce qu'il m'a fait67. » Hitler est un véritable guerrier fanatique, aucune fraternité, aucun défaitisme ne doivent être tolérés. Il écrit :

« Chacun d'entre nous n'a qu'un seul désir, celui d'en découdre définitivement avec la bande, d'en arriver à l'épreuve de force, quoi qu'il en coûte, et que ceux d'entre nous qui auront la chance de revoir leur patrie la retrouvent plus propre et purifiée de toute influence étrangère, qu'à travers les sacrifices et les souffrances consentis chaque jour par des centaines de milliers d'entre nous, qu'à travers le fleuve de sang qui coule chaque jour dans notre lutte contre un monde international d'ennemis, non seulement les ennemis extérieurs de l'Allemagne soient écrasés, mais les ennemis intérieurs soient aussi brisés. Cela aurait plus de prix à mes yeux que tous les gains territoriaux. »

— Adolf Hitler, lettre à Ernst Hepp, 5 février 191548.

Blessures

Portrait d'Adolf Hitler en 1921.

Le 7 octobre 1916, un obus explose dans l'abri des estafettes : Hitler est blessé à la cuisse gauche. Il est soigné à l'hôpital de Beelitz près de Berlin. Après quelque temps au bataillon de dépôt, il demande à rejoindre son régiment ; le 7 mars 1917, il arrive à Vimyn 26. A la fin du mois de septembre 1917, son régiment obtient deux semaines de permission, Hitler part pour Berlin. Le 13 octobre 1918, à proximité d'Ypres, il est gravement gazé. Il est envoyé à l'hôpital de Pasewalk en Poméranie. Lors du procès à Munich en 1923, il explique :

« C'était une intoxication par l'ypérite, et pendant toute une période j'ai été presque aveugle. Après, mon état s'est amélioré, mais en ce qui concerne ma profession d'architecte je n'étais plus qu'un estropié complet, et je n'aurais jamais cru que je pourrais un jour lire de nouveau un journal. »

— Adolf Hitler, procès de Munich (1923)n 27

Alors que l’Allemagne est sur le point de capituler, la révolution gagne Berlin et la Kaiserliche Marine se mutine. Le Kaiser Guillaume II abdique et se réfugie aux Pays-Bas. Le socialiste Philipp Scheidemann proclame la République. Deux jours plus tard, le nouveau pouvoir signe l’armistice de 1918.

Le séjour de Hitler à Pasewalk est un tournant dans sa vie. Il raconte dans Mein Kampf qu'étant incapable de lire les journaux, c'est par un pasteur venu l'annoncer aux convalescents qu'il apprend le 10 novembre la nouvelle de l'instauration d'une république en Allemagne. En larmes, il s'enfuit, dit-il, vers le dortoir : il se dit alors comme « frappé par la foudre » puis saisi d'une « révélation »n 28. De son lit d’hôpital, alors qu'il a retrouvé l'usage de ses yeux, Hitler est anéanti par cette annonce et redevient aveugle. Il affirme dans Mein Kampf y avoir eu une vision patriotique et avoir sur le coup « décidé de faire de la politique ». Un mythe s'est construit sur cette « cécité hystérique » soignée par le médecin psychiatre Edmund Forster, spécialiste des névroses de guerre, qui aurait entrepris une hypnothérapie sur Hitler à la suite de laquelle se seraient structurées la paranoïa, la psychose et la vision patriotique du futur Führer71, éléments invérifiables car le rapport médical de Hitler a disparu et le docteur Forster, surveillé par la Gestapo, s'est suicidé en 193372.

Attentisme

Affiche électorale de propagande pour le Parti national populaire allemand (DNVP) de 1924, illustrant la Dolchstoßlegende selon laquelle la défaite de la Première Guerre mondiale serait due à la trahison des socialistes, accusation également portée par « toute une frange de la droite et de l'extrême droite » contre les libéraux et les Juifs73.

Hitler arrive à Munich le 21 novembre 1918. Sans famille, sans travail et sans domicile, sa préoccupation est de rester dans l'armée. Le 3 décembre, il part pour le camp de prisonniers de Traunstein dans le sud de la Bavière comme gardien militaire. Puis, le camp est supprimé, le soldat Hitler est renvoyé dans sa caserne le 25 janvier 1919 et arrive à Munich autour du 12 février74. À Munich, les combats de rue s'intensifient, les ouvriers en armes défilent dans la ville et Kurt Eisner, le premier Ministre de Bavière, est assassiné en pleine rue par un étudiant nationaliste. « Homme de confiance » de son état-major, Hitler est nommé en avril à la tête de la commission d'enquête de son régiment sur les événements révolutionnaires. Mais, comme le fait remarquer L. Richard, contrairement à ce qu'il déclare dans Mein Kampf, l'armistice n'a pas été pour lui la « révélation » politique de sa vie. Il ne s'est pas précipité au-devant des événements mais a profité de sa proximité avec les officiers. Il n'a pris aucun engagement politique particulier (ni Freikorps ni garde civique bavaroise). Le soldat Hitler d'alors n'est pas un militant dynamique, ni un fanatique antisémite ; c'est un adepte de l'attentisme75.

Toute sa vie, Hitler adhère au mythe du « coup de poignard dans le dos », diffusé par la caste militaire, selon lequel l'Allemagne n'aurait pas été vaincue militairement, mais trahie de l'intérieur par les Juifs, les forces de gauche, les républicains. Jusqu'à ses derniers jours, le futur maître du Troisième Reich reste obsédé par la destruction totale de l'ennemi intérieur. Il veut à la fois châtier les « criminels de novembre », effacer novembre 1918 et ne jamais voir se reproduire cet évènement traumatique, à l'origine de son engagement en politique.

Un héros de propagande

L’image du combattant héroïque de la Grande Guerre façonnée par Hitler dans Mein Kampf puis par la propagande nazie de la fin des années 1920 fait l’objet en 2011 d’une étude approfondie par l'historien Thomas Weber, appuyée sur les archives du régiment List dont l'histoire officielle a été publiée en 1932. Dans son ouvrage La Première Guerre d'Hitler76, il conclut à une large part de mystification, notamment due aux récits hagiographiques de Hans Mend et de Balthasar Brandmayer. Son régiment avait une très médiocre valeur militaire (unité peu entraînée, mal équipée, composée pour l'essentiel de paysans démotivés77,78) et n’a pas été engagé dans des combats décisifs. Hitler lui-même et la propagande auraient brodé par la suite sur l’image de l’estafette héroïque en première ligne, or Hitler a une mission d'estafette de régiment transportant les dépêches quelques kilomètres derrière la ligne de front et non d'estafette de bataillon ou de compagnie78. Hitler aurait surtout été attaché à conserver son affectation auprès du commandement de son régiment, qui lui permettait de se tenir aussi protégé que possible des dangers de la ligne de front.

Une expérience fondatrice contestée

Thomas Weber insiste également sur les incohérences entre ce que révèle son étude à partir des sources disponibles sur le « régiment List » (notamment les lettres et cartes expédiées par le soldat Hitler79) et l’image propagée par Hitler lui-même selon laquelle la Première Guerre mondiale aurait été pour lui un événement idéologiquement et politiquement décisif. S'opposant fortement aux conclusions antérieures de l'historien australien John Williams80, il relève que « si cette approche était fondée, Hitler devrait être le personnage principal de cette histoire régimentaire de 1932 et non une figure fugace d'arrière-plan, cantonnée à un rôle presque insultant de second couteau81 » et conclut qu’à l’issue de la guerre, « son atterrissage dans les rangs ultranationalistes et contre-révolutionnaires semble avoir été dicté par des considérations de pur opportunisme autant que par de solides convictions »82.

Ascension politique

À sa sortie d’hôpital en novembre 1918, Hitler retourne dans son régiment de Munich. Plus tard, il écrira que la guerre avait été « le temps le plus inoubliable et le plus sublime »83.

Année 1919

Des soldats des corps francs avec un prisonnier « rouge » lors de l'écrasement de la République des conseils de Bavière en mai 1919.
Adolf Hitler au début des années 1920.

Bien que Hitler ait écrit dans Mein Kampf avoir décidé de s'engager en politique dès l'annonce de l'armistice du 11 novembre 1918, il s'agit là surtout d'une reconstruction rétrospective. Comme le note Ian Kershaw, Hitler s'abstient encore de s'engager dans les premiers mois de 1919, ne songeant nullement par exemple à rejoindre les nombreux corps francs — des unités paramilitaires formées par les anciens combattants d'extrême droite pour écraser les insurrections communistes en Allemagne puis la jeune république de Weimar elle-même. Sous l'éphémère république des conseils de Munich, il est resté discret et passif, et a probablement fait extérieurement allégeance au régime84.

Depuis le 9 novembre 1918, la Bavière est en effet entre les mains de la Räterepublik ou « république des conseils », un gouvernement révolutionnaire proclamé par le socialiste Kurt Eisner et virant de plus en plus à gauche après l'assassinat de ce dernier début 1919. La propre caserne de Hitler est dirigée par un conseil. Dégoûté, Hitler quitte Munich pour Traunstein. Cependant, en 1919, alors que le pouvoir est hésitant entre communistes du KPD et sociaux-démocrates du SPD, il se fait élire délégué de sa caserne, une première fois lorsque le pouvoir en Bavière est aux mains du SPD, puis une seconde fois en tant que délégué adjoint sous l’éphémère régime communiste (avril-mai 1919), juste avant la prise de Munich par les troupes fédérales et les corps francs. Il n'a pas cherché à combattre ces régimes, sans pour autant avoir adhéré à aucun de ces partis, et il est probable que les soldats connaissaient ses opinions politiques nationalistes85,n 29.

Hitler reste théoriquement dans l’armée jusqu’au 31 mars 1920. En juin 1919, alors que la répression de la révolution fait rage en Bavière, son supérieur, le capitaine Karl Mayrn 30, le charge de faire de la propagande anticommuniste auprès de ses camarades. C'est au cours de ses conférences parmi les soldats que Hitler découvre ses talents d'orateur et de propagandiste et que pour la première fois un public se montre spontanément séduit par son charisme.

C'est aussi de cette époque que date le premier écrit antisémite de Hitler, une lettre qu'il adresse, le 16 septembre 1919, à un certain Adolf Gemlich, sur l'initiative de son supérieur, le capitaine Karl Mayr86. Après une virulente attaque antisémite, dans laquelle il qualifie l'action des Juifs de « tuberculose raciale des peuples », il y oppose « antisémitisme instinctif » et « antisémitisme raisonné » : « L'antisémitisme instinctif s'exprimera en dernier ressort par des pogroms. L'antisémitisme raisonné, en revanche, doit conduire à une lutte méthodique sur le plan légal et à l'élimination des privilèges du Juif. Son objectif final doit être cependant, en tout état de cause, leur bannissement »87. Pour Ernst Nolte, cette lettre est aussi un témoignage de l'antibolchévisme naissant de Hitler et de l'association qu'il fait entre Juifs et révolution : Hitler termine en effet sa lettre avec une remarque selon laquelle les Juifs « sont en effet les forces motrices de la révolution »88.

 

Orateur charismatique du parti nazi (1919-1922)

Image noir et blanc de la carte du Parti national-socialiste des travailleurs allemands d'Adolf Hitler. La date d'adhésion du 1er janvier 1920 est lisible.
Carte de membre du DAP (futur NSDAP) d'Adolf Hitler, 1920.

Début septembre 1919, le capitaine Karl Mayr charge le caporal Hitler et l'adjudant Alois Grillmeier d'une mission de propagande89 au sein d'un groupuscule politique ultra-nationaliste, le DAP (Deutsche Arbeiterpartei, Parti ouvrier allemand), fondé au début de l'année 1919 par Anton Drexler et Karl Harrer. Le 12 septembre 1919, Hitler se rend à une réunion du parti en compagnie de l'adjudant Alois Grillmeier ainsi que six autres anciens agents de propagande90,91 placés sous les ordres de Karl Mayr. Ce dernier était également attendu à cette réunion, comme l'atteste une note sur la liste de présence90. À la fin de cette réunion, Hitler prend la parole à l'improviste pour fustiger la proposition d'un intervenant, favorable à une sécession de la Bavière92. Remarqué par Drexler, il adhère au DAP, probablement aussi sur ordre de ses supérieurs. Une demande d'adhésion de Hitler au Parti socialiste-allemand (Deutschsozialistische Partei), un autre parti d'extrême droite, avait été rejetée cette même année93. Son numéro d'adhérent, le 555, est le reflet de la tradition, dans les partis politiques marginaux, de faire débuter les listes d'adhésions au numéro 50192. Cependant, les premiers numéros ne furent pas attribués dans l'ordre d'arrivée des membres mais, aux alentours de fin 1919 début 1920, en suivant l'ordre alphabétique des membres du moment. Ce n'est qu'à partir de la carte de membre 714 (25 janvier 1920) que les numéros suivirent l'ordre chronologique94. La seule chose dont nous soyons certains est que Hitler faisait partie des quelque deux cent premiers membres qui rejoignirent le parti avant la fin de l'année 191995. En février 1920, orateur principal du DAP, il transforme le parti en Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), pour aligner le parti sur des partis semblables en Autriche ou dans les Sudètes96.

Photographie en noir et blanc d'Adolf Hitler en tournée de propagande en 1923. Il est assis à bord d'une voiture, au premier plan à gauche de l'image
Hitler en tournée de propagande en 1923.

Son charisme et ses capacités d'orateur en font un personnage prisé des réunions publiques des extrémistes de brasserie. Ses thèmes favoris — antisémitismeantibolchevismenationalisme — trouvent un auditoire réceptif. En effet, il emploie un langage simple, utilise des formules percutantes et utilise abondamment les possibilités de sa voix97. Mobilisant de plus en plus de partisans séduits par ses discours, tant par ses idées que par sa gestuelle, il se rend indispensable au mouvement au point d'en exiger la présidence, que le groupe dirigeant initial lui abandonne dès avril 1921 après un ultimatum de sa part. Du fait de ses talents d’agitateur politique, le parti gagne rapidement en popularité, tout en restant très minoritaire.

Le Völkischer Beobachter (25 décembre 1920).

Hitler dote son mouvement d'un journal, le Völkischer Beobachter, lui choisit le drapeau à croix gammée pour emblème, fait adopter un programme en 25 points (en 1920) et le dote d'une milice agressive, les Sturmabteilung (SA). Il change également de style vestimentaire, s'habille constamment de noir ou en tenue militaire, et c'est à cette époque également qu'il taille sa moustache en brosse à dents qui devient, avec sa mèche sur le front, la plus célèbre de ses caractéristiques physiques.

Au départ, Hitler se présente comme un simple « tambour » chargé d'ouvrir la voie à un futur sauveur de l'Allemagne, encore inconnu. Mais le culte spontanément apparu autour de sa personnalité charismatique dans les rangs des SA et des militants le convainc bientôt qu'il est lui-même ce sauveur providentiel. À partir de 1921-1922, la conviction intime qu'il est désigné par le destin pour régénérer et purifier l'Allemagne vaincue ne le quitte plus98,99. Son narcissisme et sa mégalomanie ne font en conséquence que s'accentuer, comme sa prédominance absolue au sein du mouvement nazi. C’est ce qui le différencie de Mussolini, au départ simple primus inter pares d'une direction collective fasciste, ou de Staline, qui ne croit pas lui-même à son propre culte, fabriqué tardivement. Au contraire, le culte du Führer s'organise rapidement, avec en ligne la structuration du parti autour du Führerprinzip : tout tourne autour du Führer, qui crée un lien de dépendance, au sens féodal du terme, entre ses fidèles et lui ; la réponse de Hitler à ceux qui le saluent est en réalité une acceptation de l'hommage de ces derniers100.

Inspiré par la lecture du psychologue Gustave Le Bon, Hitler met au point une propagande violente mais efficace.

« L'idée centrale de Hitler est simple : lorsqu'on s'adresse aux masses, point n'est besoin d'argumenter, il suffit de séduire et de frapper. Les discours passionnés, le refus de toute discussion, la répétition de quelques thèmes assénés à satiété constituent l'essentiel de son arsenal propagandiste, comme le recours aux effets théâtraux, aux affiches criardes, à un expressionnisme outrancier, aux gestes symboliques dont le premier est l'emploi de la force. Ainsi, quand les SA brutalisent leurs adversaires politiques, ce n'est pas sous l'effet de passions déchaînées, mais en application des directives permanentes qui leur sont données101 ».

De sa vie, Hitler n'accepta jamais un débat rationnel ni contradictoire et ne parla que devant des auditoires acquisn 31.

En janvier 1922, Hitler est condamné à trois mois de prison (dont deux avec sursis) pour « troubles à l'ordre public ». Il purge cette peine à la prison de Stadelheim de Munich entre juin et juillet 1922. Il est même menacé d’être expulsé de Bavière.

Putsch manqué de Munich (9 novembre 1923)

Photo noir et blanc de neuf hommes debout, dans une rue, devant la porte d'entrée fermée d'un bâtiment. Sept hommes sont en tenue militaire. Il s'agit d'Adolf Hitler et des autres personnalités inculpées lors du son procès en 1924.
Les personnalités inculpées lors du procès d'Adolf Hitler en 1924, photo d'Heinrich Hoffmann.

Admirateur fervent de Mussolini (dont un buste ornera durablement son bureau), Hitler rêve d'avoir à son tour sa « marche sur Rome » qui le fasse accéder au pouvoir par la force102. En novembre 1923, alors que l'économie s'est effondrée avec l'occupation de la Ruhr, que le Papiermark rongé par l'hyperinflation ne vaut plus rien et que des entreprises séparatistes ou communistes secouent certaines parties de l'Allemagne, Hitler croit le moment venu pour prendre le contrôle de la Bavière avant de marcher sur Berlin et d'en chasser le gouvernement élu. Les 8 et 9 novembre 1923, il conduit avec le général Erich Ludendorff le coup d'État avorté de Munich connu comme le putsch de la Brasserie. Le complot, bâclé, est facilement mis en déroute et, lors d'un heurt de ses troupes avec la police devant la Feldherrnhalle, Hitler est lui-même blessé tandis que sont tués seize de ses partisans, promus ultérieurement « martyrs » du nazisme.

Le NSDAP est aussitôt interdit. En fuite, Hitler est arrêté le 11 novembre, inculpé de conspiration contre l’État et incarcéré à la prison de Landsberg am Lech. À partir de cet instant, il se résoudra à se tourner tactiquement vers la seule voie légale pour arriver à ses fins. Mais dans l'immédiat, il sait exploiter son procès en se servant de la barre comme d'une tribune : la médiatisation de son procès lui permet de se mettre en vedette et de se faire connaître à travers le reste de l'Allemagne. Les magistrats, reflétant l'attitude des élites traditionnelles peu attachées à la république de Weimar, se montrent assez indulgents à son égard. Le 1er avril 1924, il est condamné à cinq ans de détention à la forteresse de Landsberg am Lech pour « haute trahison », ce qui fait scandale, même au sein des conservateurs103. Détenu en forteresse, à l'image des criminels ayant agi pour des motifs nobles103, il purge sa peine dans une vaste cellule au sein de laquelle il peut recevoir des visites, et surtout où il a aménagé un véritable cabinet de travail, dans lequel il lit énormément et dicte à ses proches les premières ébauches de Mein Kampf104. Condamné à cinq ans de forteresse, il est libéré au terme de neuf mois105.

Constitution définitive d'une idéologie (1923-1924)

Première édition de Mein Kampf, juillet 1925.

Sa détention à la prison de Landsberg est considérée par Hitler comme « son université aux frais de l'État », qui lui permet de lire des ouvrages de Friedrich NietzscheHouston Stewart ChamberlainRankeTreitschkeKarl Marx et les mémoires d'Otto von Bismarck et de généraux et hommes d'État alliés ou allemands106. Elle lui donne l'occasion de dicter à son secrétaire Rudolf Hess son ouvrage Mein Kampf, récit autobiographique et manifeste politique, appelé à devenir le manifeste du mouvement nazi107. Hitler y dévoile sans fard l’idéologie redoutable qu’il a achevé de se constituer depuis 1919 (Weltanschauung), dont il ne variera plus et qu’il cherchera à mettre en pratiquen 32.

Outre sa haine de la démocratie, de la France « ennemie mortelle du peuple allemand », du socialisme et du « judéo-bolchevisme », sa doctrine repose sur sa conviction intime à base pseudo-scientifique d’une lutte darwinienne entre différentes « races » foncièrement inégales. Au sommet d’une stricte pyramide, se trouverait la race allemande ou « race des Seigneurs », qualifiée tantôt de « race nordique » et tantôt de « race aryenne » et dont les plus éminents représentants seraient les grands blonds aux yeux bleus. Cette race supérieure doit être « purifiée » de tous les éléments étrangers, « non allemands »Juifshomosexuels, ou malades, et doit dominer le monde par la force brute. Au traditionnel pangermanisme visant à regrouper tous les Allemands ethniques dans un même État, Hitler ajoute la conquête d’un Lebensraum indéfini, à arracher notamment à l’Est aux « sous-hommes » slaves. Enfin, Hitler parle constamment d’« éradiquer » ou d’« anéantir » les Juifs, comparés à de la vermine, à des asticots109, ou à des poux, qui ne sont pas seulement pour lui une race radicalement inférieure, mais aussi radicalement dangereuse.

Hitler a principalement emprunté sa vision ultra-raciste à H. S. Chamberlain, son culte du surhomme à Nietzsche, son obsession de la décadence à Oswald Spengler et, enfin, les concepts de race nordique et d'espace vital à Alfred Rosenberg, idéologue du parti. Il puise aussi dans la « révolution conservatrice » animée par Arthur Moeller van den Bruck, dont il a lu l'ouvrage Le Troisième Reich.

Selon la fiche signalétique établie par les renseignements français en 1924, Hitler est inscrit comme journaliste et est qualifié de « Mussolini allemand » avec ces notes : « Ne serait que l'instrument de puissances supérieures : n'est pas un imbécile mais très adroit démagogue. Aurait Ludendorf derrière lui. Organise des Sturmtruppen genre fasciste. Condamné à cinq ans de forteresse avec possibilité de sursis après six mois de détention110. »111.

Après treize mois de détention (dont neuf depuis sa condamnation) et malgré l’opposition déterminée du procureur Ludwig Stenglein à Munich, il bénéficie d’une libération anticipée le 20 décembre 1924112.

 

Réorganisation du parti (1925-1928)

À sa sortie de prison le 20 décembre 1924, Hitler retrouve un parti déchiré entre différentes tendances centrifuges.

Sous la menace d'une expulsion vers l’Autriche, menace vite réduite à néant par le refus du gouvernement autrichien de l'accueillir113, il est interdit de séjour dans le Land de Prusse et de parole dans de nombreux autres Länder113. Devenu apatride le 30 avril 1925 et interdit de parole en public jusqu’au 5 mars 1927, il reconstruit le NSDAP sur de nouvelles bases et retrouve une certaine popularité.

Gregor Strasser en 1928.

En effet, il exploite son aura de putschiste pour faire du NSDAP un instrument à sa main. Durant cette période, il discipline les Sturmabteilung (SA), leur interdisant tout lien avec d'autres formations paramilitaires d'extrême-droite, et encourageant la création de la Schutzstaffel (SS), petite troupe d'élite, confiée dès 1925 à Heinrich Himmler« le fidèle Heinrich » en qui il place toute sa confiance et qui voue au Führer une admiration fanatique. Cette mise à l'écart de la SA, troupe indisciplinée, suscite l'opposition de Röhm, qui se retire un temps du NSDAP114 ; ensuite, il sape l'influence de Ludendorff, son grand rival, en le poussant à se présenter à l’élection présidentielle de 1925114. Enfin, Hitler lance la transformation en profondeur du NSDAP, écartant Gregor Strasser, menaçant en raison de ses qualités d'organisateur et de son influence dans le Nord du Reich, où Hitler l'a envoyé pour implanter le parti en profondeur ; Strasser, appuyé entre autres sur Goebbels, tente de mettre en place un NSDAP non directement lié à Hitler, qualifié lui-même de « petit-bourgeois » ; ce parti refondé par le groupe de Strasser serait plus centré sur un programme de tendance socialisante et la lutte contre la ploutocratie occidentale, y compris au moyen d'une alliance avec l'URSS, que sur un lien direct entre un chef de parti et des militants115. Pour reprendre la main sur Strasser et ses partisans, Hitler organise le 14 février 1926 une réunion des cadres à Bamberg, en Franconie, fief de Julius Streicher116. Ce rassemblement se solde par la victoire de Hitler sur Strasser, malgré le maintien de ce dernier grâce à de nombreux appuis. Cette défaite entraîne le ralliement de Goebbels à Hitler au cours de cette année, malgré la proximité du futur ministre de la propagande avec les idées de Strasser116. En définitive, Strasser est balayé par l'absence de résultats tangibles dans sa stratégie de conquête réelle d'un électorat ouvrier, et par une réorientation stratégique de la propagande du parti, dorénavant dirigée vers le milieu rural117. Mais la tactique de toucher l'ensemble de la société, par la création d'organisations spécifiques, que Strasser a amorcée, est reprise systématiquement après sa défaite ; en effet, des éléments d'une nouvelle société et d'un nouvel État nationaux-socialistes, susceptibles de se substituer de plain-pied au pouvoir d’État118, se mettent progressivement en place, axés sur la loyauté envers le Führer ; les premiers membres de chacune de ces structures comptent parmi les proches de Hitler et le restent pratiquement jusqu'à la fin du régime119.

Le rassemblement de Weimar de juillet 1926 constitue l'occasion de la mise en scène de ce succès : selon les statuts du parti, Hitler est confirmé à sa place de dirigeant du NSDAP ; mais surtout, par un cérémonial centré sur la personne du Führer, le rassemblement fournit l'occasion de prestations de serments de soumission et d'allégeance à la personne de Hitler, Führer du NSDAP120.

Les premiers succès du parti en milieu rural, en Saxe, dans le Mecklembourg, dans le Land de Bade valident son approche politique et renforcent la popularité de Hitler au sein du parti. Commencent alors à se développer les prémices du culte de la personnalité : le salut Heil Hitler devient obligatoire, même en l'absence du Führer ; les rassemblements de Nuremberg, en 1927, puis en 1929 prennent une nouvelle orientation, dorénavant axée sur l'enthousiasme généré par le discours de Hitler121. De même, la Ligue de jeunesse du parti, existante depuis 1922, devient en 1926 les Jeunesses hitlériennes, rapidement encadrées, à partir de 1928, par un thuriféraire, Baldur von Schirach122.

Les principes mis en avant pour réorganiser le parti sont tous axés sur la capacité des cadres à conquérir puis à conserver leur place, définissant ainsi une nébuleuse, le NSDAP, constamment en équilibre instable, avec des changements fréquents aux différents échelons locaux du parti, Hitler se bornant alors à arbitrer entre les différents chefs locaux qui se dégagent de ces luttes ; de plus, lors de ces affrontements, chaque cadre peut se réclamer de la volonté du Führer, demeurant volontairement floue117.

En 1929, pour mieux mener campagne contre le plan Young sur les réparations de guerre dues à la France, soumis à référendum, le patron de presse et chef nationaliste Alfred Hugenberg s'est allié à Hitler, dont il a besoin des talents oratoires, et a financé la campagne de propagande qui a permis au Führer des nazis de se faire connaître dans toute l'Allemagne.

Ayant écarté, rallié à lui, ou circonvenu les principaux partisans d'un socialisme national, Hitler, dont le train de vie personnel ne cesse par ailleurs de s'embourgeoiser, s'attache aussi à se rendre respectable et rassurant aux yeux des élites traditionnelles. Pour rallier celles-ci et faire oublier son image d'agitateur plébéien et révolutionnaire, il se prononce par exemple, lors du référendum de juin 1926, en faveur de l'indemnisation des princes régnants renversés en 1918123. Le magnat de la Ruhr, Fritz Thyssen, lui apporte ainsi son soutien public.

La SA, la brutale milice du parti qui s’illustre dans des agressions et des combats de rues, pose plus de problèmes à Hitler par son recrutement plébéien assez large et par sa discipline souvent incertaine. La base des SA est partisane d'une « seconde révolution » et est exaspérée par les compromis que doit faire le parti nazi dans sa conquête du pouvoir. Leurs sections berlinoises, commandées par Walter Stennes, iront même jusqu'à saccager à plusieurs reprises les locaux du parti nazi entre 1930 et 1931124. Dès 1930, confronté à cette grave mutinerie de leur part, Hitler rappelle de Bolivie son ancien complice du putsch de 1923, Ernst Röhm, qu’il avait mis lui-même sur la touche en 1925 : ce dernier reprend leur tête et rétablit en partie l’ordre dans leurs rangs.

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« Résistible ascension » (1929-1932)

Affiche électorale du Zentrum (1930). Ce parti démocrate-chrétien est dépeint ici par l'illustrateur Theo Matejko comme un pont surplombant fermement la terreur et le chaos incarnés par les nazis et les communistes.

Comme le suggère Bertolt Brecht par le titre de sa pièce La Résistible Ascension d'Arturo Ui, âpre satire antinazie, la marche au pouvoir d'Adolf Hitler ne fut ni linéaire ni irrésistible. Toutefois, elle fut favorisée après 1929 par un contexte de crise exceptionnel, et par les faiblesses, les erreurs ou le discrédit de ses adversaires et concurrents politiques.

L'Allemagne n'avait derrière elle en 1918 qu'une faible tradition démocratique. Née d'une défaite et d'une révolution, la république de Weimar s'était mal enracinée, d'autant que serviteurs et nostalgiques du Kaiser restaient très nombreux dans l'armée, l'administration, l'économie et la population. Le Zentrum catholique, parti membre de la coalition fondatrice de la République, s'engage dans une dérive autoritaire à partir de la fin des années 1920, tandis que communistes, nationalistes du DNVP et nazis continuent de refuser le régime et de le combattre. Enfin, le culte traditionnel des grands chefs et l'attente diffuse d'un sauveur providentiel prédisposaient une bonne part de sa population à s'en remettre à Hitler. État-nation très récent et fragile, traversé de multiples clivages géographiques, religieux, politiques et sociaux, l'Allemagne entre en plus dans une nouvelle phase d'instabilité politique à partir de 1929. Après le décès de Gustav Stresemann, artisan avec Aristide Briand du rapprochement franco-allemand, la chute du chancelier Hermann Müller en 1930 est celle du dernier gouvernement parlementaire. Il est remplacé par le gouvernement conservateur et autoritaire de Heinrich Brüning, du Zentrum.

Graphique présentant la courbe du chômage en Allemagne de 1928 à 1940. La courbe est ascendante de 1928 (5 %) à 1932 (30 %) puis descendante jusqu'à 0 % de 1932 à 1940 ; en 1935, le chômage est réduit à 10 %.
Évolution en pourcentage du chômage en Allemagne de 1928 à 1940.

Monarchiste convaincu, le très populaire maréchal Paul von Hindenburg, porté à la présidence de la République en 1925, cesse de jouer le jeu de la démocratie à partir de 1930. Il se met à gouverner par décrets, nommant des cabinets à ses ordres de plus en plus dépourvus de la moindre majorité au Parlement, usant et abusant de son droit de dissolution du Reichstag — utilisé pas moins de quatre fois de 1930 à 1933. Les institutions de Weimar sont donc vidées de leur substance bien avant que Hitler ne leur porte le coup de grâce125.

Les conséquences catastrophiques de la crise de 1929 sur l’économie allemande, très dépendante des capitaux rapatriés aux États-Unis immédiatement après le krach de Wall Street, apportent bientôt au NSDAP un succès foudroyant et imprévu. Aux élections du 14 septembre 1930, avec 6,5 millions d'électeurs, 18,3 % des voix et 107 sièges, le parti nazi devient le deuxième parti au Reichstag. La déflation sévère et anachronique menée par Brüning ne fait qu'aggraver la crise économique et précipite de nombreux Allemands inquiets dans les bras de Hitler. En constituant avec ce dernier le « Front de Harzburg » en octobre 1931, dirigé contre le gouvernement et la République, Hugenberg et les autres forces des droites nationalistes jouent involontairement le jeu de Hitler, dont la puissance (électorale et parlementaire) en fait désormais un personnage de premier plan sur la scène politique126.

Le septennat du président Hindenburg se terminant le 5 mai 1932, la droite et le Zentrum, afin d’éviter de nouvelles élections, proposent de renouveler tacitement le mandat présidentiel. L’accord des nazis étant nécessaire, Hitler exige la démission du chancelier Brüning et de nouvelles élections parlementaires. Hindenburg refuse, et le 22 février 1932, Joseph Goebbels127 annonce la candidature d’Adolf Hitler à la présidence de la République. Le 26 février, Hitler est opportunément nommé Regierungsrat, fonctionnaire d’État, ce qui lui confère automatiquement la nationalité allemande.

Membres du NSDAP collant une affiche électorale à l'effigie d'Hitler en 1932.

Sa campagne électorale est sans précédent sur le plan de la propagande. En particulier, l’usage alors inédit et spectaculaire de l’avion dans ses déplacements électoraux permet à Goebbels de placarder des affiches : « Le Führer vole au-dessus de l’Allemagne ».

Graphique (diagramme en bâtons vertical) qui montre la progression en nombre de sièges du NSDAP au Reichstag de 1924 (31 sièges, 6,6 %) à 1933 (288 sièges, 43,9 %).
La montée du NSDAP au Reichstag.

Hitler obtient 30,1 % des voix au premier tour le 13 mars 1932 et 36,8 % au second tour en avril, soit 13,4 millions de suffrages qui se portent sur sa personne, doublant le score des élections législatives de 1930. Soutenu en désespoir de cause par les socialistes, Hindenburg est réélu à 82 ans. Mais lors des scrutins régionaux qui suivent l’élection présidentielle le NSDAP renforce ses positions et arrive partout en tête, sauf dans sa Bavière d'origine. Aux élections législatives du 31 juillet 1932, il confirme sa position de premier parti d'Allemagne, avec 37,3 % des voix et devient le premier groupe parlementaire. Hermann Göring, bras droit de Hitler depuis 1923, devient président du Reichstag. Né d'un groupuscule, le culte de Hitler est devenu en moins de deux ans un phénomène de masse capable de toucher plus du tiers des Allemands.

Hitler réussit à faire l'unité d'un électorat très diversifié. Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les chômeurs qui ont mis leur espoir en lui (c'est parmi eux que Hitler fait ses moins bons scores), mais les classes moyennes, qui redoutent d'être les prochaines victimes de la crise128. Si l'électorat féminin votait fort peu à l'extrême-droite dans les années 1920, la popularité bien connue du Führer auprès des femmes s'est jointe au rapprochement structurel entre vote féminin et vote masculin pour lui assurer des renforts de voix supplémentaires après 1930. Les protestants ont davantage voté pour lui que les catholiques, mais une bonne part du vote de ces derniers était fixée par le Zentrum. Les campagnes, éprouvées par la crise et soumises en Prusse à la rude exploitation quasi féodale des Junkers, se sont servies du vote envers Hitler à des fins protestataires. Les ouvriers ont moins voté nazi que la moyenne, même si une part non négligeable a été tentée. Quant aux fonctionnaires, aux étudiants ou aux médecins, leur haut niveau d'instruction ne les a pas empêchés d'être sur-représentés dans le soutien au doctrinaire de Mein Kampf128.

Allié à la droite nationaliste, bénéficiant du discrédit du Zentrum et de l'obligation pour le