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Les OGM en questions

Y a-t-il un marché pour les OGM en Europe ?

Il y a maintenant 10 ans que les OGM ont été autorisés en Europe. Et on constate qu'il n'y a quasiment pas d'aliments OGM vendus en Europe directement aux consommateurs. Toutes les grandes chaînes de distribution ont retiré les aliments OGM de leurs magasins.

Pourtant des animaux sont nourris au maïs et soja OGM et leurs produits ( viande, oeufs, lait, fromages ) sont vendus à l'insu du consommateur.

Certains produits contenant des OGM sont vendus chez des grossistes pour une clientèle de professionnel ( cantines scolaires, restaurants d'entreprises, restauration ) et arrivent ainsi dans l'assiette des consommateurs.

Que pensent les citoyens français et européens des OGM ?

Les citoyens européens continuent de rejeter les aliments OGM. Tous les sondages d'opinions montrent qu'au moins 70% de la population refusent de manger des aliments OGM ( près de 80% en France).

Cela n'empêche pas :

- l'O.M.C. ( Organisation Mondiale du Commerce ) de vouloir imposer la commercialisation des OGM

- la Commission Européenne de plier devant l'OMC et les États-Unis et de pousser à la mise en culture en plein champ d'OGM à la plus grande satisfaction des multinationales agrochimiques

- et nos parlementaires de voter une loi libéralisant la culture des OGM ( loi votée par le Sénat au mois de mars 2006 et qui depuis a été remise en question devant les députés français avec plusieurs amendements fort heureusement ).

Certains pays en Europe ont-il pris des mesures d'interdiction contre les OGM ?

Plusieurs pays européens ont interdit la commercialisation ou les semences de tout ou certaines plantes génétiquement modifiées : l'Allemagne, la France, la Grèce, la Hongrie et le Luxembourg. Les Suisses, par référendum en décembre 2005, ont inscrit dans leur Constitution l'interdiction pendant 5 ans de toute mise en culture d'OGM.

Quelles actions ont été prises par des collectivités locales ?

Mené par la Haute Autriche et la Toscane ( Italie ), le Réseau des régions sans OGM comptent 39 membres "au nom du principe de précaution, de la protection de l'environnement, et du maintien d'une agriculture de qualité ".

A ce réseau formalisé s'ajoutent des prises de position anti-OGM tous azimuts. Au total, 172 régions ( ou leur équivalents ) et 4 500 collectivités plus petites se déclarent aujourd'hui "sans OGM". Ces déclarations peuvent avoir une valeur uniquement symbolique, comme en France, où les collectivités n'ont pas la compétence agricole.

Quels sont les arguments utilisés pour nous faire accepter les OGM ?

- Meilleur respect de l'environnement pour une diminution significative des traitements phytosanitaires et des besoins en engrais et en eau.

FAUX car ce sont essentiellement les plantes rendues tolérantes à un herbicide total qui représentent les 3/4 des OGM cultivés dans le monde. Ces OGM sont commercialisés par les entreprises chimiques qui produisent, et vendent en même temps que les semences, des herbicides totaux ( très dangereux pour l'environnement et peut-être pour l'homme ) comme le Round-Up. On a constaté, aux États-Unis, depuis la mise en culture à grande échelle d'OGM, une augmentation de 15% de la consommation des herbicides et insecticides.

- Amélioration de la qualité par un enrichissement en vitamines du produit.

FAUX car d'une part la recherche n'a guère progressé sur ce plan ( hormis un riz enrichi en vitamine A peu intéressant pour les populations obèses des pays riches et dont la semence est trop chère pour les pays pauvres), d'autre part les analyses de consommation par les animaux de maïs transgéniques, tenues secrètes par les Multinationales, montrent des effets néfastes sur les reins( en particulier ), enfin on ne connaît rien de l'impact sur l'homme de produits transgéniques contenant des pesticides ( pas de traçabilité et donc aucune veille sanitaire ), de la création possible d'aliments allergisants, de la création de nouvelles molécules ayant des effets inattendus ( comme constaté en laboratoire ) sur l' immunité notamment...

- Solution pour vaincre la faim dans le monde par le développement de semences adaptées aux conditions de ces pays.

FAUX car la quasi totalité des variétés d'OGM commercialisées visent l'agriculture subventionnée des pays riches. Les OGM les plus avancés correspondent surtout à des espèces de grande culture comme le maïs, la betterave et le colza. Ces OGM résistent aux herbicides et permettent le développement de la monoculture grosse consommatrice d'engrais, de pesticides et d'herbicides et si destructrice de l'environnement. Pour les pays du Sud, la solution n'est pas l'importation de nos excédents mais l'autosuffisance alimentaire. Pour tous, la recherche ne devrait-elle pas se faire dans le développement durable, peu ou non polluant, économe dans l'utilisation de ressources limitées (eau, produits pétrochimiques ) et solidaire ?

S'agit-il d'une technologie bien maîtrisée ?

Le génie génétique fait appel à des techniques dont les résultats sont encore aléatoires. Les manipulations génétiques sont loin d'être parfaitement fiables ( voir l'accident monstrueux arrivé lors d'un test d'un médicament OGM en Grande Bretagne ).

Le génome et la composition en protéines de tous les OGM proposés à la commercialisation ne sont pas parfaitement connus.

Tout cela ajouté à notre connaissance imparfaite des innombrables espèces en relation les unes avec les autres et à la complexité des milieux naturels font que les risques sont difficiles à évaluer.

Le transfert de gènes par le pollen d'un OGM vers des plantes cultivées non-OGM et/ou vers des plantes sauvages est une réalité rencontrée, sur une grande échelle, aux États-Unis, ce qui a provoqué d'importants dommages. Il est significatif que les Compagnies d'Assurance refusent de couvrir les risques, environnementaux ou sanitaires, liés aux OGM. D'autres risques existent tels que la réduction de la biodiversité, l'adaptation des prédateurs aux toxines issues des transgénèses, l'aggravation de la pollution par les pesticides (herbicides totaux et toxines insecticides), la survenue d'effets toxiques imprévus sur l'environnement... et la santé.

Avant de commercialiser les OGM, il faudrait donner à la Recherche fondamentale le temps et les moyens de mieux les connaître plutôt que d'ouvrir la boîte de PANDORE : ce seul constat devrait suffire à imposer un Moratoire pour des raisons scientifiques.

Nota : Document établi grâce à différentes analyses faites par les AMIS DE LA TERRE dont nous avons eu ce tract dans la rue à l'occasion de la Journée Internationale d'opposition aux OGM en France et dans le Monde qui avait lieu le 8 avril 2006, et dont nous les remercions de pouvoir publier ce texte à titre d'information générale pour le bien du grand public, merci à eux.

LES AMIS DE LA TERRE FRANCE : http://www.amisdelaterre.org

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Gérard Diaconesco