SOSPEL : UNE ETAPE DE LA ROUTE DU SEL

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La Chronique de Voyages par Thierry JAN

 

Sospel fut au moyen âge, une étape importante de la route du sel. Cette dernière partait des salins d’Hyères et aboutissait dans le Piémont. Le pont vieux, reconstruit à l’identique après la guerre, est le symbole de la cité avec ses deux arches qui enjambent la Bévera. Sa tour était un poste de péage sur cet axe entre le nord de l’Italie et la Méditerranée. 

La cathédrale saint Michel, surprendra le visiteur par sa taille imposante. Elle est la plus grande église des Alpes Maritimes. Construite entre les XVII° et XVIII° siècles, de facture baroque, on observera aussi le contraste entre sa façade Sospel_Cattedralemonumentale et son clocher Lombard du XIII°. Sur la place saint Michel, les maisons ocres et rouges, jouent de leurs teintes avec les rayons du soleil. Comme souvent dans ces villages de la rive gauche du Var, l’église est entourée de chapelles pénitentes ou d’un baptistère. Ici, c’est deux chapelles dont une des Franciscains qui enserrent la cathédrale.

Le Palais Ricci des Ferres avec ses arcades, abrita en 1809 le Pape Pie VII. Une ruelle qui jadis fut close, des gonds sont visibles au 4 de la rue des hirondelles, fut probablement le ghetto au moyen âge.

Sospel07La commune se situe au confluent de la Bévera et du Merlanson. La rivière qui chantonne entre les rochers polis par son cours et le temps, est bordée sur sa rive gauche de maisons aux façades en trompe l’œil. Celles-ci se reflètent dans ses eaux, qui brillent des mille diamants qu’Hélios distribue généreusement.

Sur cette rive on découvre la rue Garibaldi, semi couverte avec les poutres et solives apparentes. Une maison dont seule la façade demeure, est plantée là tel un décor de théâtre. Le promeneur continuera ses errements, lesquels le porteront place Auguste Cotta, bordée de marronniers , l’herbe folle y pousse, lui donnant un délicieux aspect d’abandon. La rue du Collet au nom bien nommé, monte vers la colline et la garigue. Dans ces villages, ce que l’on ressent en premier, c’est les odeurs, les aromes et les parfums.SOSPELBIS

On sentira la terre humide, l’herbe et les moisissures . On dirait qu’ici les pierres respirent et transpirent, elles sont vivantes. Vers l’hôpital, la chapelle sainte Croix des pénitents blancs, avec sa couleur bleue, couleur de la Ligurie, elle est du XVI° siècle.

On a retraversé la Bévera et derrière la cathédrale, on s’aventure sur un chemin qui bientôt longe la voie ferrée. On grimpe jusqu’aux ruines du château du XIII°. Il faut aller à la maison des pauvres « Domus Pauperum » de 1687. C’était l’hôpital public, ce qui signifiait à l’époque un asile pour les nécessiteux.

3SOSPELL’heure Méridienne est passée. Les joueurs de boules arrivent les uns après les autres. Ils s’asseyent sur les bancs et commencent à discuter, joignant le geste à la parole, ils parlent gavot, c’est très coloré. On regrette un peu de les quitter, sachant qu’ils vont ainsi jusqu’au soir, laisser s’écouler le temps, insouciant et heureux. On se sera égaré dans les calades de ce petit village, mais pour bien découvrir, ne faut-il pas tout d’abord se perdre ?

Thierry JAN

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