Tempête à Fréjus



blason_frejus 

Chronique de Voyages par Thierry JAN

 

1213005504_frejus_port_frejus_vue_aerienneLa mer lèche de ses baisers iodés, le sable et le rivage. Les longues vagues,moutons incandescents défilent en un long cortège, venant du large, là où Neptune déchaîne sa colère, se jettent inlassablement sur le bord, dessinant des ondulations,savantes arabesques sur le rivage. Les mouettes et goélands , ont depuis longtemps abandonné leur veille et leur vigie, se réfugiant à l’intérieur des terres. Un ciel laiteux, pâle et anémié nous domine. Hélios semble vouloir s’éteindre tandis que de lourds nuages courent dans les cieux ; annonce des dépressions et de la pluie.

Le vent les chasse et les empêche de graver leurs figures cotonneuses dans les espaces azurés. Eole nous récite ses mélodies, hurlant à travers les ramures dénudées des arbres, lesquels, ploient, crissent, crient et craquent sous son souffle.

plan_frejusAu loin le rocher de Roquebrune étale ses couleurs dont la chromatique varie du mauve au rouge selon la lumière et l’astre diurne. Il peut être alors roux ou encore pourpre au crépuscule. On rencontre souvent des peintres ou des aquarellistes avec leur chevalet ou un cahier à croquis, saisissant leur vision de cette montagne qui jadis abritait un ermite.

C’est un oasis préservé , où la faune et la flore sont protégés. On se croirait en Camargue , l’Argens qui ondulent entre les roseaux et les herbes folles, courant vers la mer, entretient cette illusion. Cet espace épargné des bruits de la ville, sans auto, sans pollution, est un Eden pour qui veut se ressourcer, en quête de vrai, loin des paillettes artificielles d’un monde qui se veut moderne, étant surtout déshumanisé.

Frejus_amphitheatre_05L’Estérel barre l’horizon au couchant, il faut y être présent quand il se découpe en des silhouettes bleues, autant d’ombres chinoises, de dents et de formes aux courbes érotiques. C’est quand on entend , qu’on respire le silence, que l’on peut se parler, s’entretenir avec son âme. C’est ici, seul, isolé qu’on dégustera cette symphonie inachevée que la nature nous offre généreusement. Pas un bruit, sinon , des fois, un lointain écho, lequel nous permettra d’encore mieux apprécier sa douce mélodie.

thalasso_frejus_sud_2Hélas, il nous faut quitter ce jardin, la nuit couvrant de son long manteau de velours les cieux, laissant choir la froidure du soir. Séléné se coiffe dans la mer, laissant traîner sa coiffure qui brille de ses milliers d’écailles en un trait qui se dissout, se perdant vers l’orient.

Thierry JAN