LES RAISONS D’UNE DÉFAITE

 

Le Mot Politique de Gérard Diaconesco

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La présidence de Nicolas Sarkozy a été inaugurée par les paillettes de l’univers artificiel où vivait cet homme. Puis son impopularité a été constante tout au long de son quinquennat. A cela s’est ajoutée la crise économique, laquelle fut amplifiée par la mondialisation des échanges. Il n’y avait plus de garde fou et c’est une fuite en avant à laquelle a été contraint ce président. Il n’avait pas, on n’a plus, les armes habituelles utilisées en de tels cas.

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L’ Euro garanti une monnaie forte, mais empêche tout lissage des déficits par la dévaluation. Le choix du candidat socialiste n’est donc pas une adhésion à un homme et un programme, mais plutôt un choix par défaut. Ce n’est pas la première fois dans la Ve République que l’on assiste à ce phénomène. En 1995 Jacques Chirac fit naître un immense espoir avec sa cassure. Sept ans plus tard il sera élu par défaut, suite à la qualification de Jean-Marie Le Pen, son élection à plus de 80% n’ayant plus aucune signification. D’ailleurs au 1er tour il ne fera même pas 20%, alors qu’il est le Président sortant.

 

En 2007 Nicolas Sarkozy fait lui aussi naître l’espoir de jours meilleurs avec son «Travaillez plus pour gagner plus. » En 2012 les français sont dépités et choisissent François Hollande sans entrain avec la seule volonté de barrer la présidence à un homme profondément impopulaire. D’ailleurs sa victoire est très serrée pour ne pas dire étriquée. Le score réalisé ne permet pas d’espérer une dynamique pour les législatives et on pourrait bien déboucher sur une cohabitation. Les résultats des extrêmes en France confirment ce que l’on voit en Europe depuis quelques années et il ne serait pas surprenant que l’extrême-droite entre au palais Bourbon au mois de juin. Le score élevé de Marine Le Pen est lui aussi une explication de la défaite du président sortant.

 

En refusant tout dialogue avant même de parler d’alliance, la droite parlementaire s’est interdit, par un concept moral assez difficile à comprendre, l’apport de six millions et demi de suffrages, lesquels ont manqué au soir du second tour et on y ajoutera la position, à la limite de la trahison, de François Bayrou qui a du désorienter pas mal de ses électeurs. Nicolas Sarkozy avait bien résumé la situation : « seul contre tous » et il en est pour une grande part responsable.

Gérard Diaconesco