LIBYE : CREVER L’ABCES ISLAMISTE

par Maurice D.

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Il arrive que l’on sous-estime la clairvoyance des dirigeants africains. Ceux des pays du Sahel ont enfin compris qu’il n’y aura pas de paix chez eux, et aussi au Nigeria où les musulmans extrémistes de Boko Haram sont maintenant capables de prendre une base militaire du gouvernement et une province entière, tant que le foyer qui alimente tous les djihadistes de l’Afrique de l’Ouest n’aura pas été neutralisé.

Réunis à Dakar les 15 et 16 décembre, la Mauritanie, le Tchad, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont émis une motion demandant à l’ONU de déployer une force internationale en Libye d’où partent armes, équipements, hommes et capitaux à destination des groupes djihadistes en Afrique.

Dans une Libye ravagée par les guerres tribales, pratiquement sans Gouvernement, il est clair qu’existe une organisation largement clandestine dont les ficelles sont tirées par le foyer wahhabite du terrorisme international.

 

Libye

 

Son objectif est de répandre l’islam fondamentaliste par le fer et le feu en profitant de la désorganisation que les Occidentaux ont introduite dans la plupart des pays musulmans en croyant favoriser l’émergence de la démocratie par la suppression des chefs d’États laïques qui tenaient les populations et les religieux musulmans d’une main de fer.

On peut dire sans exagération que les Etats-Unis, la France, l’OTAN et l’ONU, parfois aussi des trublions incultes, inconscients et irresponsables comme Bernard Henri Lévy, portent une part de la responsabilité de milliers de morts, d’une grande misère des peuples et de la disparition des Chrétiens après celle des Juifs dans des pays où ils cohabitaient tant bien que mal avec les musulmans depuis quatorze siècles.

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BHL faisant sa pub à Tripoli pour son roman de 640 pages qui fut un bide : Pas une page sans qu’il se mette en scène, qu’il apparaisse, en train de manger le mouton au riz graisseux dans le désert libyen avec des chefs de tribus en révolte contre Kadhafi ou avec des militaires dissidents, ou encore sur des barricades construites pour la circonstance.

 

La clairvoyance des chefs d’États africains se double d’une grande naïveté. Pourquoi faire appel à une force internationale qui montre partout son inefficacité ? Au Mali, après le nettoyage réalisé avec compétence et intelligence par l’armée française, la force internationale n’a mis que quelques semaines à s’effacer devant les Touaregs et les djihadistes de retour.

Au Nigeria, la base militaire prise par Boko Haram était tenue par une force internationale africaine qui a pris la fuite après quatre heures de combat. Et la faute n’incombe pas qu’aux militaires, les civils qui gèrent et organisent cette force internationale ne lui avaient donné que pour quatre heures de munitions ! C’est parce qu’ils n’avaient plus de cartouches, de grenades, d’explosifs que les militaires ont pris la fuite, sachant que c’est la mort par égorgement qui les attendait quand Boko Haram prendrait la base.

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En Syrie, pas de force internationale, mais une aide militaire honteuse apportée par la France (« par erreur » selon Fabius) et les Etats-Unis à des soi-disant démocrates qui ont basculé aux mains des djihadistes dès que ceux-ci ont investi le champ de bataille. Et les pays occidentaux ont non seulement commis bien des erreurs dans le choix des mercenaires chargés d’éliminer Bachar el-Assad, mais ils ont aussi gravement sous-estimé ce dernier qui, trois ans après le début des hostilités lancées pour le faire partir ou le tuer, résiste toujours et même reprend lentement l’avantage sur son opposition armée.

De plus, ils ont à ses débuts facilité, sinon organisé l’émergence de l’État islamique, et leur créature a fait comme Frankenstein ou le Golem, elle leur a très vite échappé pour mener sa propre existence.

Quant à l’OTAN, aujourd’hui bras armé des visées expansionnistes américaines sur l’Europe de l’Est, elle a montré quand elle est intervenue en Libye à la fois son efficacité en termes de bombardements, son inefficacité en ne prenant pas au sol le contrôle de la situation pour éviter le pillage des stocks d’armes de l’armée libyenne et l’anarchie politique, et une cruauté tout à fait comparable à celle dont fait preuve l’État islamique en ne se préoccupant pas des dégâts collatéraux.

Celle-ci a été dénoncée à Dakar par le président tchadien Idriss Deby qui, ovationné par les participants, a lancé une accusation très grave en présence du ministre français de la Guerre, monsieur Le Drian : « l’objectif de l’OTAN était d’assassiner Kadhafi. Cet objectif a été atteint« .

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Le Président tchadien Idriss Deby

 On se souvient de la façon atroce dont cet assassinat a été commis, mais on ignore souvent son degré extrême de cruauté. Il faut revenir en arrière.

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Muhamar Kadhafi était un officier de l’armée libyenne du roi Idriss, membre du parti socialiste. Il profita d’un voyage en Egypte du vieux roi malade pour faire un coup d’État qui fut, comme il se doit, applaudi par la communauté internationale toujours prête à faire le mauvais choix politique et les pires stupidités.

Dans les premières années de son règne, il fut chouchouté par tous les régimes socialistes du monde et entra comme membre influent à l’Internationale socialiste où Lionel Jospin et Ségolène Royal (vice-présidente) embrassaient à bouche que veux-tu Zine Ben Ali de Tunisie, Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire et Hosni Moubarak d’Egypte. Tous de bons socialistes laïques comme Kadhafi, fidèles aux principes du marxisme.

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Laurent Gbagbo avec Jack Lang et Le Guen à l’Internationale Socialiste.

 

Au fil des ans, Kadhafi prit l’étoffe d’un dictateur socialiste, s’appuyant sur une armée forte et une police efficace et brutale. Le pays vivait en paix et en sécurité, je peux en témoigner pour y avoir été, sauf bien sûr si l’on était soupçonné d’être dans l’opposition, et comme l’a déclaré Monseigneur Martinelli, évêque de Tripoli, il protégeait les Chrétiens qui avaient leurs églises et pouvaient pratiquer leur culte sans risque.

Mais le revers de la médaille était que Kadhafi était devenu mégalomane, franchement anti-occidental et finançait des attentats en Europe. Il faut cependant dire qu’on lui en a prêté plusieurs dans lesquels il n’était pour rien puisque financés et organisés par des pays musulmans du Moyen-Orient bien contents de lui faire porter le chapeau.

Quand apparurent les mouvements dits « du printemps arabe », Américains et Européens crurent malin de les encourager et, par leur inconscience et mauvaise connaissance des mentalités arabes et de l’islam, favorisèrent souvent la prise du pouvoir par les islamistes.

Certains, comme le boutefeu BHL, n’hésitèrent pas à mettre de l’huile sur le feu en colportant des mensonges comme « le bain de sang » que Kadhafi allait commettre à Benghazi. Il organisa une campagne de presse et persuada le président Sarkozy d’établir une zone d’exclusion aérienne pour interdire l’accès de Benghazi aux chasseurs-bombardiers de Kadhafi, ce qui était dans les faits une déclaration de guerre déguisée sous un prétexte humanitaire largement surévalué.

Bien que Kadhafi soit devenu notre allié objectif dans la lutte contre le djihadisme et les filières mafieuses d’immigration africaine à destination de l’Europe depuis que Sarkozy, à l’époque mieux inspiré, l’en avait convaincu, le chef d’Etat libyen prit cette déclaration de guerre pour ce qu’elle était et tout dérapa, bloquant les timides tentatives de négociation s’appuyant sur la résolution 1973 du 17 mars 2011 du Conseil de sécurité des Nations Unies. La France et l’Otan menèrent dès lors une vraie guerre tout en ciblant directement et à plusieurs reprises le colonel Kadhafi.

Techniquement parlant, cette stratégie n’était pas mauvaise. Dans les guerres tribales, tous les officiers des armées coloniales le savaient autrefois, la mort du chef entraine presque toujours la démoralisation de ses troupes et l’arrêt des combats. Mais il y a une différence de qualité entre tuer net le chef d’une balle ou par tout autre moyen, et lui procurer sciemment une longue et sale agonie.

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Kadhafi battu, torturé, empalé, poignardé !

L’attaque la plus sanglante eut lieu le 1er mai 2011 quand des avions de l’Otan bombardèrent la villa du fils de Kadhafi, Saif al-Arab, alors que s’y tenait une réunion de famille à laquelle le colonel assistait ainsi que son épouse. Des décombres de la maison furent retirés les cadavres de Saif al-Arab et de trois de ses jeunes enfants.

Bernard Lugan, historien de l’Afrique, raconte : « C’est après ce bombardement que, réagissant à ce qu’il qualifia d’assassinat, Mgr Martinelli, l’évêque de Tripoli, déclara : « Je demande, s’il vous plaît, un geste d’humanité envers le colonel Kadhafi qui a protégé les chrétiens de Libye. C’est un grand ami. » Telle n’était semble t-il pas l’opinion de ceux qui avaient ordonné ce bombardement clairement destiné à en finir avec le chef de l’État libyen sans tenir compte des « dégâts collatéraux »… La guerre « juste » permet bien des « libertés ».

Les chefs d’État africains qui s’étaient quasi unanimement opposés à cette guerre et qui avaient, en vain, tenté de dissuader le président Sarkozy de la mener, pensèrent ensuite avoir trouvé une issue acceptable: le colonel Kadhafi se retirerait et l’intérim du pouvoir serait assuré par son fils Seif al-Islam et cela, afin d’éviter une vacance propice au chaos. Cette sage option fut refusée, notamment par la France, et le colonel Kadhafi se retrouva assiégé dans la ville de Syrte soumise aux bombardements incessants et intensifs de l’Otan.

Une opération d’exfiltration vers le Niger fut alors préparée. Or, les miliciens de Misrata, amis de BHL, alliés de la Turquie et du Qatar, se disposèrent en demi cercle sur l’axe conduisant de Syrte au Niger. L’histoire dira comment et par qui ils furent prévenus de la manœuvre en cours.

Le 20 octobre 2011, le convoi du colonel Kadhafi composé de plusieurs véhicules civils réussit à sortir de la ville. Bien que ne constituant pas un objectif militaire, il fut immédiatement pris pour cible par des avions de l’Otan et en partie détruit. Pour échapper aux avions, le colonel s’abrita dans une buse de béton. Capturé, il fut sauvagement mis à mort après avoir été sodomisé avec une baïonnette. Les gentils démocrates de Misrata ne s’en tinrent pas là puisqu’ils crevèrent les yeux de son fils Moutassim avant de lui couper les mains et les pieds. L’Otan n’avait laissé aucune chance à Mouammar Kadhafi et à son fils. Leurs dépouilles sanglantes furent ensuite exposées comme des trophées dans la morgue de Misrata.

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Kadhafi exposé à la morgue après qu’il ait été sodomisé avec une baïonnette.
Les amis de BHL prennent des photos

Ces faits étant rappelés, les accusations du président Deby prennent donc toute leur valeur. Rétrospectivement, le déroulé des événements peut en effet s’apparenter à un « contrat » mis sur la tête du colonel, aucune issue diplomatique honorable ne lui ayant été proposée.

 Alors que le résultat de cette guerre insensée est d’avoir offert aux islamistes, au Qatar et à la Turquie la possibilité de prendre le contrôle de la Libye, donc d’une partie des approvisionnements gaziers et pétroliers de l’Europe, le président du Niger, Mamadou Issoufou vient de lancer un cri désespéré:

  » Il faut une intervention militaire pour réparer les dégâts liés à la chute de Kadhafi, sinon nous aurons Daesh à nos portes » (Jeune Afrique 28 décembre 2014).

Mamadou Issoufou est d’autant plus fondé à exiger cette intervention que, lors du sommet du G8 de Deauville au mois de mai 2011, il avait fortement demandé au  président Sarkozy de renoncer à sa guerre. Il ne fut, hélas, pas davantage écouté que les présidents Déby, Zuma et tous les autres responsables africains…

Conséquence : à l’heure où ces lignes sont écrites, soutenus par la Turquie et le Qatar, les islamistes sont en passe de conquérir la Tripolitaine. Ils sont déjà sur la frontière tunisienne cependant qu’au sud, dans la région de Mourzouk, ils ont pris le contrôle du champ pétrolier d’El-Sharara avec l’aide de certaines fractions touareg. » (Bernard Lugan)

Demander une intervention militaire en Libye, oui, mais pas  à l’OTAN dont les dirigeants devraient être traduits en justice devant le TPI et ont aidé les djihadistes à prendre la Libye.

Il y a un pays qui était prêt à la faire cette intervention militaire destinée à chasser les islamistes de Libye, c’est l’Egypte voisine qui craint la contagion d’un foyer de musulmans fondamentalistes à sa porte. L’égorgement sur une plage de 21 chrétiens coptes face à Rome, capitale de la chrétienté et première cible de l’islam comme l’ont rappelé les égorgeurs a donné l’occasion au maréchal El-Sissi de passer à l’action.

Mais il lui faut les moyens militaires, l’Egypte a donc demandé à la France, grand marchand d’armes de grande qualité, la fourniture d’équipements modernes opérationnels très rapidement : 23 Rafales et deux frégates multimissions FREMM. Soit une opération évaluée entre 5 et 6 milliards d’euros. Finalement les Rafale et une frégate ont été vendus, la France prenant à sa charge la moitié environ du crédit bancaire.

Hollande doit regretter ce marché, il sait maintenant à quoi vont servir les Rafale : à tuer des djihadistes. Son tropisme islamique et anti-chrétiens doit se révulser ! L’égorgement des coptes lui a donné l’occasion de montrer vers qui penchent ses sentiments à l’occasion d’un communiqué de l’Elysée. Il parle de « 21 ressortissants égyptiens« . Or il n’ont pas été tués pace qu’ils étaient égyptiens mais parce qu’ils étaient chrétiens, des « gens de la croix« , des « ennemis, membres de l’église égyptienne« .

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Il est vrai, comme l’a dit Fabius, que les musulmans sont des victimes de l’islamisme, mais ils ne meurent pas parce qu’ils sont musulmans, ils meurent parce qu’ils sont dans des pays en guerre religieuse menée par le sunnisme. Ils meurent parce qu’ils ne sont pas de la bonne secte musulmane, ils sont chiites, alaouites, kurdes, soufis et pas sunnites. Ce sont les chrétiens majoritairement  qui sont tués par les musulmans pour leur religion.

Ensuite, Hollande a stigmatisé « la haine religieuse des terroristes« , sans dire que ces terroristes sont musulmans et leur haine antichrétienne. Enfin, il parle dans son communiqué de « Daesh » pour éviter de dire « État islamique » qui rappellerait que les assassins égorgeurs sont musulmans et se revendiquent fidèles pratiquants de l’islam menant une guerre contre la chrétienté et « les croisés« .

En France même, où se manifeste un véritable antichristianisme d’État, musulmans et antifas d’extrême gauche peuvent saccager en toute impunité les tombes des chrétiens et des juifs, taguer les églises, les profaner et parfois les incendier, arracher le drapeau français, profaner la stèle dressée en l’honneur du général Bigeard, le silence de l’Elysée est assourdissant. Pour des cimetières chrétiens vandalisés et profanés, Hollande ne se déplace pas comme il l’a fait pour le cimetière  juif de Sarre vandalisé croyait-il par des sympathisants FN. Il a l’air bien c.. maintenant que l’on sait que c’étaient des fils de profs socialistes et antifas !

Les égorgeurs de la plage libyenne ont adressé leur message « signé dans le sang » aux « nations de la croix ». « Vous nous avez vus en Syrie, maintenant nous sommes au sud de Rome. » Ces islamistes méprisent la laïcité, et haïssent la religion chrétienne parce que la guerre qu’ils mènent est religieuse.

Maurice D.

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Guerre en Libye – Les incendiaires crient au feu

 

 

Mondialisation.ca, 17 février 2015

 

 

US Air Force Lybie

 

La guerre qui se propage en Libye fauche de plus en plus de victimes non seulement sur terre mais aussi en mer : de nombreux désespérés, qui tentent la traversée de la Méditerranée, se noient.  « Du fond de la mer ils nous demandent où est notre humanité », écrit Pier Luigi Bersani. Il devrait avant tout se demander où est la sienne, d’humanité, et avec elle sa capacité éthique et politique, quand, le 18 mars 2011, à la veille de la guerre USA/Otan contre la Libye, en habit de secrétaire du Pd (Partito democratico), il s’exclamait « à la bonne heure », en soulignant que « l’Article 11 de la Constitution répudie la guerre, non l’usage de la force pour des raisons de justice ». Enrico Letta, qui avec Bersani en appelle aujourd’hui au sens humanitaire, devrait se souvenir du 25 mars 2011 quand, en habit de vice-secrétaire du Pd, il déclarait « Va-t-en-guerre est celui qui est contre l’intervention internationale en Libye et sûrement pas nous qui sommes des bâtisseurs de paix ». Une « gauche » qui

dissimulait les véritables raisons économiques, politiques et stratégiques- de la guerre, en soutenant par la bouche de Massimo d’Alema (déjà expert en « guerre humanitaire » en Yougoslavie) qu’ « en Libye il y avait déjà la guerre, menée par Kadhafi  contre le peuple insurgé, un massacre qui devait être stoppé » (22 mars 2011).  Substantiellement sur la même ligne aussi  le secrétaire du Prc (Partito della rifondazione comunista) Paolo Ferrero qui, le 24 février 2011 alors que la guerre avait commencé, accusait Berlusconi d’avoir mis « des jours pour condamner les violences de Kadhafi » en affirmant qu’il fallait « démonter le plus vite possible le régime libyen ». Le même jour, des jeunes « communistes » du Prc, avec des « démocrates » du Pd, prenaient d’assaut à Rome l’ambassade de Tripoli, brûlant le drapeau de la république libyenne et hissant celui du roi Idriss (celui qui flotte aujourd’hui à Syrte occupée par les djihadistes, comme l’a montré le TG 1 –téléjournal de la première chaîne- il y a trois jours). Une « gauche » qui doublait la droite, en poussant à la guerre le gouvernement Berlusconi, au départ réticent (pour des raisons d’intérêt) mais immédiatement après piétinant cyniquement le Traité de non-agression et participant à l’attaque avec des bases et forces aéronavales.

 

En sept mois, l’aviation USA/Otan (détail participation française en apostille, NdT) compris effectuait 10mille missions d’attaque, avec plus de 40mille bombes et missiles, pendant qu’étaient infiltrées en Libye des forces spéciales, dont des milliers de commandos qataris, et simultanément étaient financés et armés des groupes islamistes définis jusque peu de temps auparavant comme terroristes. Parmi lesquels ceux qui, passés en Syrie pour renverser le gouvernement de Damas, ont fondé l’EI (Etat islamique) puis envahi l’Irak. Ainsi s’est désagrégé l’Etat libyen, en provoquant l’exode forcé  -et par conséquence l’hécatombe en Méditerranée- des immigrés africains qui avaient  trouvé du travail dans ce pays.

On a ainsi provoqué une guerre intérieure entre secteurs tribaux et religieux, qui se battent pour le contrôle des champs pétrolifères et des villes côtières, aujourd’hui principalement aux mains de formations adhérant à l’EI. Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Renzi, Paolo Gentiloni, après avoir rappelé que « abattre Kadhafi était une cause sacro-sainte », lance l’alarme parce que « l’Italie est menacée par la situation en Libye, à 200 miles marins de distance ». Il annonce donc que jeudi il s’adressera au parlement pour l’éventuelle participation italienne à une intervention militaire internationale « dans un cadre Onu ». En d’autres termes, à une seconde guerre en Libye présentée comme « maintien de la paix », comme l’avait déjà demandée Obama à Letta en juin 2013, soutenue par Pinotti (ministre de la Défense) et approuvée par Berlusconi.

Nous revoilà à la croisée des chemins : quelle position vont prendre ceux qui travaillent pour créer une nouvelle gauche et, en son sein, l’unité des communistes ?

 Manlio Dinucci

 

Edition de mardi 17 février 2015 de il manifesto

 

http://ilmanifesto.info/gli-incendiari-gridano-al-fuoco/

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Photo : La Secrétaire d’Etat Hillary Clinton avec les “combattants libyens”, suite à l’assassinat de  Mouammar Kadhafi,  le 18 octobre 2011 ,lors de sa visite en Libye . (source de la photo)

 

 Caricature : “Destruction”, “Non, démocratisation”

Manlio Dinucci est géographe et journaliste. Il a une chronique hebdomadaire “L’art de la guerre” au quotidien italien il manifesto. Parmi ses derniers livres:  Geocommunity (en trois tomes) Ed. Zanichelli 2013; Geolaboratorio, Ed. Zanichelli 2014;Se dici guerra…, Ed. Kappa Vu 2014.

 

Apostille pour la version française (NdT) :

 

Rappel sur la participation française à la guerre contre la Libye, «Opération Harmattan » en 2011 :

 

Le ministre français des affaires étrangères Alain Juppé a indiqué le 21 octobre au matin sur Europe 1 qu’en Libye, « l’opération militaire est terminée » à la suite de la mort de Mouammar Kadhafi. « L’ensemble du territoire libyen est sous le contrôle du CNT et sous réserve de quelques mesures transitoires, l’opération de l’Otan est arrivée à son terme. L’objectif qui était le nôtre, c’est-à-dire accompagner les forces du Conseil national de transition dans la libération de leur territoire, est maintenant atteint ». Le 4 octobre 2011 [...] le ministre français de la Défense, Gérard Longuet déclare à la commission de la défense de l’Assemblée nationale que les forces françaises ont tiré un total de 4 621 munitions dont 15 missiles de croisières Scalp, 225 bombes de précision AASM tirées par les Rafale, 950 bombes à guidage laser GBU de divers types (GBU-12 de 250 kilos, GBU-22 de 500 kg, des bombes GBU-24 de 1000 kilos, et des GBU-49 de 250 kg guidées GPS) tirées par l’aviation, 431 missiles air-sol Hot tirés par les hélicoptères Gazelle de l’aviation légère de l’armée de Terre, 1 500 roquettes tirées par les hélicoptères Tigre et 3 000 obus de 76 et 100 mm tirés par la marine. Une demi-douzaine de missiles Mistral auraient été également utilisés.

Il a également estimé que le coût de l’opération au 30 septembre sera de 300 à 350 millions d’euros. »

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Harmattan

 

Bilan Libération :

 

http://www.liberation.fr/monde/2011/11/05/operation-harmattan-terminee_772643

 

Ou Marianne :

« Certes, de nombreux pays [...] n’étaient pas enthousiastes à partir en guerre contre Kadhafi, mais la France a trouvé la clé en faisant voter une résolution sur la “protection des populations”. Comme le reconnaît un haut gradé français, “on a tiré sur ce concept comme sur un élastique”, à l’extrême mais sans jamais qu’il ne rompe. Au nom de la protection des populations, c’est en effet le régime du colonel Kadhafi qui a été visé, jusqu’à la mort de celui-ci. »

 

http://srv.marianne2.fr/marianne2007/m/Juppe-L-operation-militaire-en-Libye-est-terminee-Retour-sur-7-mois-de-campagne_a211708.html

 

IN ITALIANO :

Gli incendiari gridano al fuoco

L'arte della guerra. La rubrica settimanale di Manlio Dinucci

La guerra che divampa in Libia miete sem­pre più vit­time non solo sulla terra ma sul mare: molti dei dispe­rati, che ten­tano la tra­ver­sata del Medi­ter­ra­neo, anne­gano. «Da sotto il mare ci chie­dono dove sia finita la nostra uma­nità», scrive Pier Luigi Ber­sani. Dovrebbe anzi­tutto chie­dersi dove sia finita la sua uma­nità, e con essa la sua capa­cità etica e poli­tica, quando, il 18 marzo 2011 alla vigi­lia della guerra Usa/Nato con­tro la Libia, in veste di segre­ta­rio del Pd escla­mava «alla buon’ora», sot­to­li­neando che «l’articolo 11 della Costi­tu­zione ripu­dia la guerra, non l’uso della forza per ragioni di giu­sti­zia». Enrico Letta, che con Ber­sani si appella ora al senso uma­ni­ta­rio, dovrebbe ricor­darsi quando il 25 marzo 2011, in veste di vice­se­gre­ta­rio del Pd, dichia­rava «Guer­ra­fon­daio è chi è con­tro l’intervento inter­na­zio­nale in Libia e non certo noi che siamo costrut­tori di pace». Una «sini­stra» che nascon­deva le vere ragioni – eco­no­mi­che, poli­ti­che e stra­te­gi­che – della guerra, soste­nendo per bocca di Mas­simo D’Alema (già esperto di «guerra uma­ni­ta­ria» in Jugo­sla­via) che «in Libia la guerra c’era già, con­dotta da Ghed­dafi con­tro il popolo insorto, un mas­sa­cro che doveva essere fer­mato» (22 marzo 2011).

Sostan­zial­mente sulla stessa linea per­fino il segre­ta­rio del Prc Paolo Fer­rero che, il 24 feb­braio 2011 a guerra ini­ziata, accu­sava Ber­lu­sconi di aver messo «giorni per con­dan­nare le vio­lenze di Ghed­dafi», soste­nendo che si doveva «smon­tare il più in fretta pos­si­bile il regime libico». Lo stesso giorno, gio­vani «comu­ni­sti» del Prc, insieme a «demo­cra­tici» del Pd, assal­ta­vano a Roma l’ambasciata di Tri­poli, bru­ciando la ban­diera della repub­blica libica e issando quella di re Idris (la stessa che sven­tola oggi a Sirte occu­pata dai jiha­di­sti, come ha mostrato il Tg1 tre giorni fa). Una «sini­stra» che sca­val­cava la destra, spin­gendo alla guerra il governo Ber­lu­sconi, all’inizio restio (per ragioni di inte­resse) ma subito dopo cinico nello strac­ciare il Trat­tato di non-aggressione e nel par­te­ci­pare all’attacco con basi e forze aeronavali.

In sette mesi, l’aviazione Usa/Nato effet­tuava 10mila mis­sioni di attacco, con oltre 40mila bombe e mis­sili, men­tre veni­vano infil­trate in Libia forze spe­ciali, tra cui migliaia di com­man­dos qata­riani, e allo stesso tempo finan­ziati e armati gruppi isla­mici fino a poco prima defi­niti ter­ro­ri­sti. Tra cui quelli che, pas­sati in Siria per rove­sciare il governo di Dama­sco, hanno fon­dato l’Isis e quindi invaso l’Iraq. Si è così disgre­gato lo Stato libico, pro­vo­cando l’esodo for­zato – e di con­se­guenza l’ecatombe nel Medi­ter­ra­neo – degli immi­grati afri­cani che ave­vano tro­vato lavoro in que­sto paese. Pro­vo­cando una guerra interna tra set­tori tri­bali e reli­giosi, che si com­bat­tono per il con­trollo dei campi petro­li­feri e delle città costiere, oggi in mano prin­ci­pal­mente a for­ma­zioni ade­renti all’Isis. Il mini­stro degli esteri del governo Renzi, Paolo Gen­ti­loni, dopo aver riba­dito che «abbat­tere Ghed­dafi era una causa sacro­santa», lan­cia l’allarme per­ché «l’Italia è minac­ciata dalla situa­zione in Libia, a 200 miglia marine di distanza». Annun­cia quindi che gio­vedì rife­rirà in Par­la­mento sull’eventuale par­te­ci­pa­zione ita­liana a un inter­vento mili­tare inter­na­zio­nale «in ambito Onu». In altre parole, a una seconda guerra in Libia pre­sen­tata come «pea­ce­kee­ping», come già richie­sto da Obama a Letta nel giu­gno 2013, cal­deg­giata dalla Pinotti e appro­vata da Ber­lu­sconi. Siamo di nuovo al bivio: che posi­zione pren­de­ranno quanti lavo­rano per creare una nuova sini­stra e, al suo interno, l’unità dei comunisti?