CRISE GRECQUE OU CRISE

 

DU MODELE ALLEMAND ?

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Lorsque l’on se penche sur l’histoire de la construction européenne, on constate qu’il s’est produit au cours de cette brève épopée, un tournant ou plutôt une fracture majeure.

L’Europe est le produit de la volonté politique française.

L’Europe, pour être viable, ne pouvait être que française dans la mesure où, seuls les Français sont animés par les valeurs universelles. C’est là, l’un des héritages majeurs de la Révolution de 1789.

Tant que la France avait le leadership de la politique européenne, l’Europe avançait vaille que vaille.

Au cours de la Présidence de Jacques Chirac, la France a lâché les rênes de l’attelage européen et l’Allemagne, en raison de ses succès économiques, les a récupérées en quelque sorte, malgré elle.

Or, s’il est un fait qui caractérise l’émergence de la puissance Allemande, c’est son incapacité chronique à partager, c ‘est-à-dire à inscrire politiquement ses succès.

L’Allemagne ne sait ni partager, ni collaborer avec les peuples qu’elle domine, soit hier militairement, soit aujourd’hui économiquement.

Elle ne sait qu’imposer son mode de fonctionnement.

Elle est incapable de comprendre les autres peuples, c’est-à-dire de passer avec eux des accords politiques viables.

C ‘est là tout le drame de ce pays et tout le drame de l’Europe.

La clé pour comprendre la crise avec la Grèce et la source de cette crise est inhérente à cette impuissance politique qui affecte l’Allemagne depuis 1870.

On reste sidéré lorsque l’on voit ce géant économique qu’est l’Allemagne, se crisper sur la minuscule dette grecque : oui ce géant est incapable de sortir de la problématique créancier-débiteur !

Comment peut-on exiger que des millions d’hommes soient réduits à la misère pour satisfaire aux exigences des banques et autres financiers ?

Pourquoi la responsabilité de ceux qui ont endetté sans mesure ces peuples et ces États, n’est- elle jamais évoquée ?

Pourquoi l’Europe est-elle incapable de traduire les termes de cette crise financière dans une problématique politique ?

Pourquoi l’Europe ne s’exprime- t-elle que dans la langue des tribunaux de commerce (cessation des paiements, faillite…) ?

Pourquoi l’Europe n’est-elle animée par aucune vision politique à long terme?

L’Allemagne ne sait que marteler son leitmotiv : faites comme moi ! Elle ignore que son modèle n’est pas exportable comme on exporte une Mercedes !

Devant l’impuissance politique de l’Europe on reste sans voix.

Quoi, l’histoire est donc vouée à se répéter sans cesse ?

Le salut ne pouvait venir que de la France. Mais une France affaiblie, presque muette, qui a perdu confiance en ses valeurs … ne peut hélas contribuer à sortir l’Europe de cette dérisoire crise, qui est devenue impasse.

La crise grecque va- t-elle résonner comme le « coup de pistolet » de Sarajevo » ?

Entraînant la chute de la maison Europe ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sidney Touati pour Dreuz.info.

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TSIPRAS au

Parlement Européen

 

JacquesSapir 

Alexis Tsipras est venu présenter la position du gouvernement Grec devant la Parlement européen, réuni en séance plénière, ce 8 juillet. Le débat a été, à tout le moins, instructif. On commencera par noter l’air plus que gêné du Président du PE, l’Allemand (SPD) Martin Schulz, qui avait appelé ces derniers jours à ce que le gouvernement Tsipras soit renversé et remplacé par un « gouvernement de technocrates pour en finir avec l’ère Syriza ». Il avait comme un petit air barbouillé, le Schulz… Il est clair que la démocratie passe plus mal que le café servi au PE (qui est pourtant TRES, TRES mauvais)…

On présente ici un florilège, non exhaustif (et que ceux que je ne cite pas, car ils furent trop nombreux, m’en excusent), des déclarations qui ont suivies ce discours.

 

Des discours à charge

Pour Jean-Claude Juncker, Président de la Commission Européenne c’était donc « une erreur de quitter la table des négociations». Rappelons que le Ministre grec des finances, M. Varoufakis, n’a nullement quitté de son plein grès la table des négociations mais en a été expulsé par M. Dijssenlbloem, le Président de l’Eurogroupe. M. Juncker ajoute : « Si nous ne les avions pas suspendues, nous serions parvenus à un accord». Ah, certes, si Monsieur de Lapalisse n’était point mort, il serait encore en vie…Et si Dijsselbloem n’avait pas expulsé Varoufakis peut-être que la négociation aurait continué…Juncker ajoute ensuite : «…je me suis toujours dressé contre les coupes budgétaires dans les niveaux de pension qui affecteraient les plus pauvres». La lecture des comptes rendus des réunions, quand ils ont été rédigés, n’indique pas exactement cela. Il faudrait peut-être moins boire pour conserver une mémoire claire et précise…

Le représentant du PPE (Parti Populaire Européen), M. Manfred Weber, n’a pas, lui non plus, mégoté sur les mensonges. Que l’on en juge : «Vous engagez la provocation, nous engageons le compromis. Vous cherchez l’échec, nous sommes à la recherche de la réussite. Vous n’aimez pas l’Europe, nous aimons l’Europe». Trois mensonges en trois phrases, c’est un exploit. Le gouvernement grec, représenté tant par Alexis Tsipras que par Yanis Varoufakis, a constamment (et on pourrait même le lui reprocher) cherché des compromis. La recherche d’une solution a été constante, mais pas à n’importe quel prix. Et ce prix, M. Weber, le connaît fort bien : c’est un plan de restructuration de la dette, dont même le FMI a récemment déclaré qu’il était absolument nécessaire. Quant à l’Europe, si M. Weber l’aime, c’est à la manière d’un dominant dans un couple Sadomasochiste. Il ne conçoit l’amour qu’au fouet, à la schlague.

Le représentant du groupe Social-démocrate européen (le PSE), M.Gianni Pittella a quant à lui déclaré : « C’est maintenant au gouvernement de décider des réformes, de soutenir l’emploi, de combattre la corruption, l’évasion fiscale… Toutes ces mesures qui sont nécessaire non pas parce que l’Europe les imposerait, mais parce qu’elles bénéficieraient aux citoyens grecs». C’est intéressant, parce que les mesures présentées par le gouvernement grec contre la corruption et l’évasion fiscale ont été rejetées par l’Eurogroupe. Décidément, la mémoire fait défaut à bien des membres du Parlement Européen. Il faudrait faire une alcoolémie et des tests de détection de drogues avant de commencer les séances. De même, peut-il vraiment croire que de nouvelles réductions de salaires, la baisse des pensions pour les plus pauvres, vont soutenir l’emploi ? M. Pitella a des visions d’éléphants roses. Je ne sais s’il se « saoule à l’hydromel/ Pour mieux parler de virilité/A des mémères décorées/Comme des arbres de Noël » comme le chantait l’immortel Jacques Brel, mais des éléphants roses, il en voit certainement.

Cependant, il y a eu mieux (ou pire). Guy Verhofstadt, député belge du groupe libéral, l’homme qui exerce en même temps 11 autres mandats (excusez du peu, il arrive au 4ème rang des cumulards), s’est ainsi permis de dire : «Depuis cinq ans, nous avons avancé en état de somnambulisme vers un Grexit avec l’aide et le soutien de l’extrême droite». Si la situation avance vers le « Grexit », ne vaudrait-il pas mieux en chercher les coupables parmi ceux qui ont organisé, ou plus exactement ont bâclé, les deux premiers plans d’aide à la Grèce ? Que vient donc faire « l’extrême-droite » dans cette affaire ? Que l’on sache, ce n’est pas l’extrême-droite qui a les commandes en Europe, ou à la BCE. Une sortie de la Grèce de la zone Euro pourrait s’imposer si on ne veut consentir à ce pays tant la restructuration de la dette dont il a besoin, qu’un plan d’investissements sur plusieurs années qui lui permettrait de retrouver une compétitivité suffisante pour rester dans la zone Euro. Ce sont des réalités que tous les économistes connaissent. Y mêler un fantasme sur l’extrême-droite (et d’ailleurs laquelle ; Aube Dorée ?) n’a aucun sens. On a l’impression que si une prise de sang avait été faite sur M. Verhofstadt on aurait trouvé l’hémoglobine à l’état de trace dans sa bière. Quant à Rebecca Harms, députée verte allemande du groupe  Les Verts/Alliance libre européenne, elle s’est adressée à Alexis Tsipras en disant qu’elle attendait des idées concrètes pour mettre en place des réformes. En d’autres termes elle a refusé de prendre en compte tout ce que le gouvernement grec a proposé depuis le mois de février dernier comme réformes. Cela donne une bonne idée de sa connaissance du dossier…Elle a ensuite ajouté que « la démocratie et Poutine ne vont pas ensemble ». Outre que c’est assez discutable, on ne voit pas trop ce que cela faisait dans ce débat. Ou plutôt si, on le comprend. En associant le nom de Tsipras à celui de Poutine, considéré comme le Diable en personne par certains, on comprend qu’elle entend discréditer le Premier-ministre grec, pourtant conforté par un référendum qu’il a gagné à plus de 61% des suffrages. C’est la même méthode utilisée par BéHachEl, ainsi que MM. Quatremer et Leparmentier, dont il paraît qu’ils sont journalistes, et qui n’ont eu de cesse de faire circuler de fausses informations, comme celle d’une alliance entre Syriza et le parti d’extrême-droite Aube Dorée. On voit que ces méthodes manipulatoires ont cours dans et hors l’hémicycle du Parlement Européen. Bref, Madame Harms a donné dans le registre de la môme vert et même vert-de-gris.

 

L’honneur du Parlement

Mais, le discours d’Alexis Tsipras a donné lieu à d’autres réactions, qui ont sauvé l’honneur du Parlement européen. On citera donc, sur un mode plus élogieux, Ryszard Legutko, député polonais du groupe conservateur et réformateur européen : «Qui et quoi tentons-nous de sauver ? L’union monétaire, la société grecque, la crédibilité du gouvernement, les créanciers, la réputation d’Angela Merkel ou l’infaillibilité d’une union toujours plus étroite ?». C’est bien l’une des questions posées. Car, ce qui est en cause va au-delà du simple cas grec. Ce député a eu au moins le courage de dire les choses et de nommer certains des obstacles et en particulier L’union monétaire, la réputation d’Angela Merkel et l’infaillibilité d’une union toujours plus étroite. Nigel Farage, le député britannique de UKIP et représentant du groupe ELD2, a quant à lui critiqué l’introduction de l’euro : «Si vous essayez de rassembler de force des personnes différentes ou des économies différentes sans d’abord demander à ces personnes leur consentement, il est peu probable que cela fonctionne. Le projet a échoué ». C’est bien là l’une des causes de la crise grecque. La chute des recettes dans la période 2004-2009 correspond aussi à la période de surévaluation de l’Euro qui a touché durement une économie qui ne fait que 35% de ses échanges avec la zone Euro.

De même, la députée allemande Gabriele Zimmer (Die Linke) du groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique a eu raison d’insister sur la nécessité de « Trouver des solutions qui sont durables et qui perdureront… »

On laissera le mot de la fin à Alexis Tsipras. Il a rappelé que la Grèce avait fait, bel et bien, des propositions de réformes et que, sur certains points, elle était même allée plus loin que ce que demandait l’Eurogroupe. Il a souligné que son gouvernement avait sévèrement réprimé l’évasion fiscale. Il a enfin dit que : «(nos) propositions incluent un engagement fort pour atteindre les objectifs budgétaires. Pourtant, nous avons un droit souverain de décider d’augmenter l’imposition sur les entreprises à but lucratif, et non sur les retraites». Alexis Tsipras a également rappelé à ceux qui l’auraient oublié que l’Allemagne avait vu en 1953, 60 % de sa dette effacée. Il aurait pu dire que l’Allemagne avait fait 6 fois défaut sur sa dette depuis 1848. Rappelons aussi ce qu’ajoutait Eleftherios Synadinos, un membre grec du PE, non-inscrit, qui a évoqué les millions de morts à la suite de l’occupation allemande au cours de la Seconde Guerre mondiale. M. Synadinos a soulevé le problème de la dette due à la Grèce depuis cette période et s’est demandé : « Pourquoi refusez-vous d’inclure cela à la question de la dette ?». Il a ajouté que le peuple grec pourrait aussi exister et survivre en-dehors de la zone euro.

Le mot de la fin est revenu à Alexis Tsipras qui a conclu sur une citation de Sophocle : «Il y a des moments où la plus grande loi de toutes les lois humaines est la justice pour les êtres humains ».

Jacques SAPIR

 

 

GRECE : VERS UN IMMENSE SCANDALE 

 
   
Yannis Youlountas Γιάννης Γιουλούντας 

Athènes, dimanche 5 juillet 2015, à 22h30

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On s'oriente vers un immense scandale en Grèce, qui pourrait éclabousser les autorités européennes ...

De source officielle, des plaintes vont sans doute être déposées et des sanctions envisagées contre de nombreuses structures privées qui ont poussé la propagande à son paroxysme, en abusant de la corruption et du mensonge et en violant les lois et règlements en vigueur :

1 - C'est d'ores et déjà certain pour la plupart des chaînes de télévision qui n'ont pas du tout respecté l'égalité de temps d'antenne entre le NON et le OUI ( rapport de 1 à 5, voire plus ! ). Les sanctions pourraient toucher jusqu'à la licence et le droit d'émettre temporairement.

2 - C'est probable pour YOURTUBE qui a diffusé massivement de la publicité pour le OUI durant le jour de l'élection, avant les vidéos en Grèce.

3 - C'est possible pour le réseau de téléphonie mobile WIND qui a pratiqué ouvertement la corruption de vote en offrant des avantages à tous les utilisateurs lui envoyant OUI par SMS. 

4 - Un soutien sera apporté aux salariés violemment menacés par leurs emplopyeurs et contraints d'aller aux rassemblements du OUI. Certains ont été licenciés et s'apprêtent à contre-attaquer.

5 - Le cas du Chef d'Etat-Major des armées sera examiné, car il a brisé son devoir de réserve et de neutralité en appelant publiquement à voter OUI.

6 - Une enquête est quasi-certaine pour les Instituts de sondages qui ont presque tous énormément triché :

6a - annonçant une nette victoire du OUI en fin de semaine;

6b - puis une possible victoire du OUI à l'annonce des premières estimations ( pour freiner l'élan des rassemblements spontanés et affaiblir l'impact de l'information dans le Monde) avec des fourchettes presque toutes entre 47% et 51% pour le OUI;

6c - le résultat final, en réalité, étant plus proche de 60% (62%) ce qui signifie un écart de plus de 20%. Il s'agit, par conséquent d'une immense manipulation organisée massivement durant la semaine et jusqu'à ce soir sur laquelle la lumière devra être faite.

Ce soir, le gouvernement donne la priorité à la fête de la victoire et au débat sur les perspectives.
Mais, dans les prochains jours, ce scandale éclatera très probablement en Grèce, et pourrait éclabousser les autorités européennes.
Les masquent tombent. Le vent se lève.

 

Salut fraternel à vous tous et toutes de la part de la foule athénienne !  

 

           

LES SAUVEURS DE L'EURO SONT DANS LA TOURMENTE

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La ligne conflictuelle tracée à travers l’UE est devenue claire. D’un côté, le ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, qui reste sur ses positions, et considère que la Grèce ne doit en aucun cas bénéficier d’une remise de la dette. De l’autre, le sud fait pression en s’appuyant sur le référendum.

Tsipras a gagné ce combat électoral. L’entêtement de Schäuble n’aide pas le contribuable allemand, lorsqu’il leur dit que l’argent a disparu et que c’est la faute des Grecs.

Que le FMI déclare qu’une remise de la dette est impossible n’aidera pas non plus Schäuble.

Les déclarations de Valdis Dombrovski, qui éludait les questions critiques des journalistes par une langue de bois aiguisée, ne peuvent masquer que les contribuables européens peuvent voter pour une sortie désordonnée (tout est foutu) et une remise de la dette (on sauve une petite partie, ou tout au moins l’apparence).

Les sauveurs de l’euro naviguent à vue

Leur seule ambition est de se refiler la patate chaude, afin de créer une lecture pour la postérité, dans laquelle ils refusent d’être associés avec cette mise à sac chiffrée en milliards.

La Chancelière prépare le énième sommet de l’euro, tout en se mettant à l’abri, car le vote grec était si clair qu’il devient incontestable. Merkel fait dire par son service de presse qu’ « il faut respecter le vote des grecs», tout en ajoutant qu’elle ne perçoit aucune base pour des négociations de sauvetage des finances grecques. Le futur proche « dépend des propositions du gouvernement grec » a déclaré le porte parole de Merkel, Steffen Seibert.

Pour les sociaux démocrates, le pire est arrivé : un parti de gauche qui agit contre le « capitalisme » à l’Européenne.

Pierre Moscovici, qui aurait dû se présenter en tant que Commissaire aux Finances à Bruxelles, s’est fait représenter par le lituanien Drombrovski. Ce dernier s’est exprimé pendant que Junker était aux abonnés absents. Moscovici ne peut plus parler au nom des Allemands, puisque les Français suivent une autre ligne.

Michel Sapin, depuis Paris, déclare que la Grèce doit rester dans l’euro. Son collègue de parti, Sigmar Gabriel, en dilettante, déclare que les Grecs ont détruit tous les ponts et que le défaut de la Grèce est imminent. Un peu plus tard – après un appel de Paris ? – il déclare que la « rigueur budgétaire » est un échec et que la Grèce a besoin de nouveaux crédits. Lesquels devraient être désormais désignés comme « investissements ».

 

Le chaos règne

Aucun ministre des finances ne maîtrise la situation. Le moindre bon sens vient de s’évanouir avec la démission de Varoufakis.

Les Européens de l’est refusent tout avantage à la Grèce tandis que les Européens du sud utilisent le désastre grec pour négocier des remises de dettes.

En France, Marine le Pen accueille le succès de Syriza comme une victoire sur la kleptocratie de l’UE : n’est ce pas beau de voir l’extrême droite saluer l’extrême gauche et les idées de Mélenchon ?

En Espagne, Iglesias, le chef de Podemos, déclare que la démocratie est revenue en Europe.

En Italie, Beppe Grillo estime que tous les européens doivent se libérer du joug de l’euro.

Au milieu du cercle, Wolfgang Schäuble persiste : « Il n’y a aucun projet sur la table, les grecs doivent assumer les conséquences, il n’y aura aucune remise de la dette».

 

Parole, parole…

Jamais l’Europe n’a connu autant d’irréalisme. Les sauveurs de l’euro essayent de faire l’autruche fasse au réactions des marchés. Dombrovski eu ces propos éloquents, lançant que « l’UE a tous les moyens et les utilisera pour, si nécessaire, sauver l’euro. Il n’y a pas danger mortel, comme l’on confirmé les marchés. »

Les politiciens qui s’adaptent « aux marchés », n’ont cure du bien-être de leurs peuples. Ils ont déjà perdu leur légitimité.

Dans cette situation de mise à sac sans précédent, le Haut Commissaire à l’ONU pour les droits de l’homme, Juan Pablo Bohoslavsky, lance à partir de Pékin :

« J’ai l’impression que l’UE a oublié que les droits de l’homme doivent jouer internationalement un rôle dans les questions de finances. La communauté internationale a failli dans cette tâche. Le message est qu’il aurait été plus facile pour la population grecque si, dans cette tragédie grecque, les partis impliqués avaient prêté plus d’attention aux droits de l’homme. Le message des Grecs est clair : plus de mesures d’austérité. Et si l’on regarde les chiffres, l’on constatera que ces mesures d’austérité n’ont aucunement aidé le pays à se remettre. »

Et c’est bien dans ce miroir là, tendu par l’ONU, que doit se regarder l’Union Européenne, Prix Nobel de la Paix 2012. L’échec ne saurait être plus criant !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sylvia Bourdon pour Dreuz.info.

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LA GRECE : GLISSEMENT TRAGIQUE 

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Guy Millière – Ce qui se dessine en Grèce est un glissement tragique qui ressemble à ce qui a pu se passer dans d’autres pays du monde, l’Argentine, par exemple, mais n’est jamais survenu en Europe.

Le glissement tragique a, en réalité, commencé il y a plusieurs années. Il concerne la Grèce elle-même. Il concerne aussi la zone euro et, au delà, le système financier planétaire., voire davantage.

L’économie grecque n’a jamais été une économie très productive. Elle repose très largement sur le tourisme, produit peu de biens manufacturés : les services représentent les trois quarts du produit intérieur brut. Ces chiffres incluent, outre le tourisme, une fonction publique depuis longtemps pléthoriques. Les armateurs et le clergé ne paient pas d’impôts, mais ce n’est pas nouveau. Les activités réalisées « au noir » représentent, selon les estimations les plus fiables, un quart des activités. La Grèce a survécu dans ces conditions pendant des décennies.

Quand la situation se détériorait, la monnaie était dévaluée.

L’entrée de la Grèce dans l’Europe de Bruxelles, puis dans la zone euro a changé une variable d’ajustement cruciale : la Grèce n’a plus pu dévaluer sa monnaie.

Ce qui posait problème d’emblée (la Grèce est entrée dans l’Europe de Bruxelles, puis dans la zone euro avec des chiffres maquillés cachant la réalité) n’a cessé ensuite de s’aggraver : faute de pouvoir dévaluer, la Grèce s’est endettée pour combler des déficits croissants. Cette aggravation s’est faite avec la complicité du reste de l’Europe, qui a tout fait pour que la Grèce reste dans la zone euro, et qui ne voulait pas qu’un pays quitte l’euro : le reste de l’Europe a même prêté davantage à la Grèce aux fins que la population se dise que l’Europe lui permettait une hausse de niveau de vie, sans gains de productivité.

Quand la Grèce s’est trouvée dans une situation proche de la banqueroute (ce qui était fatal), le reste de l’Europe a voulu, dans la panique, que la Grèce s’adapte, à marche forcée, ce qui, faute de dévaluation de la monnaie et faute de gains de productivité, passait par la baisse des salaires et des pensions, des coupes dans la fonction publique et dans les dépenses de l’Etat.

Le résultat a été qu’après une hausse de niveau de vie artificielle, la Grèce a plongé vers une baisse drastique de niveau de vie, vers un chômage très élevé, une multiplication des pauvres.

Le désespoir résultant a fait monter en puissance des partis extrêmes : l’un d’eux est au pouvoir, puisque Tsipras incarne des idées qui sont proches de celles d’un Mélenchon en France.

 

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• Tsipras a dépensé de l’argent qu’il n’avait pas et a accru l’endettement du pays.

• Il a réembauché des fonctionnaires.

• Il a mené le pays vers un défaut de paiement qui devrait conduire le pays vers une sortie de la zone euro.

• Il a pensé que le reste de l’Europe ferait tout pour que cette sortie ne se produise pas, verserait des milliards d’euros à cette fin, renoncerait à l’adaptation à marche forcée plutôt que voir la proximité de la banqueroute se transformer en banqueroute effective : il s’est trompé.

Sauf revirement de dernière minute, la banqueroute effective sera là mardi.

Ce qui va suivre va être vraisemblablement une chute supplémentaire et forte du niveau de vie en Grèce, une explosion du chômage et de la pauvreté. La Grèce devra (sauf revirement de dernière minute) se doter d’une monnaie autre que l’euro, et ce sera une monnaie très dévaluée. La population grecque, qui ne comprend pas, pour sa grande majorité, ce que je viens d’expliquer (ce qui explique qu’elle ait voté Tsipras), réagira d’une manière que nul ne peut prévoir.

La zone euro sera touchée : de fait, la Grèce ne remboursera pas ses dettes, et les autres pays de la zone euro devront se confronter aux pertes financières impliquées. L’euro pourrait être affaibli. D’autres pays ne seront pas tentés de suivre le contre exemple grec : même si certains d’entre eux souffrent de ne pouvoir dévaluer alors que leurs gains de productivité sont plus faibles que ceux de l’Europe du Nord, aucun d’eux ne semble tenté par la banqueroute effective.

Le FMI est touché aussi : le FMI, qui intervient en général pour redresser les comptes des pays au bord de la banqueroute, a lui-même prêté beaucoup à la Grèce, parce que ses dirigeants eux-mêmes voulaient que la Grèce reste dans la zone euro, et va se trouver confronté à des pertes immenses. La tradition non écrite, qui veut qu’un Européen soit à la tête du FMI, pourrait se trouver contestée. Ce sera la perte financière la plus importante de l’histoire du FMI depuis sa création.

D’autres conséquences pourraient suivre : Tsipras s’est beaucoup rapproché de la Russie et de la Chine, qui est désormais propriétaire du port du Pirée, et aurait les moyens de racheter le pays entier s’il était à vendre.

La Grèce (sauf revirement de dernière minute) va sauter dans l’inconnu.

Les gens du reste de l’Europe qui voudraient passer l’été en Grèce ont intérêt à se munir d’argent liquide, à se mettre au troc, et à avoir un goût immodéré pour les turbulences.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour Dreuz.info.

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