Pape François,

 

le grand remplaçant

par

Xavier Théry

 - 4 septembre 2017

Source : https://www.causeur.fr/

 

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Les jésuites qui font vœu d’obéissance au Pape ont pour devise Nec Perinde ac cadaver * qui signifie qu’ils sont soumis tels des cadavres à son autorité. Le Pape François qui est issu de leurs rangs a dévoilé à l’occasion des journées mondiales des migrants et des réfugiés un discours qui nous invite à nous soumettre à un nouvel ordre social et international remettant en cause les structures et les équilibres patiemment construits de nos sociétés européennes et américaines.

Un discours capital qui fera date dans l’histoire par l’aveuglement que révèlent beaucoup de ses propositions. Un discours qui s’articule en 4 points qu’il fonde sur la doctrine de l’Eglise : accueillir, promouvoir, intégrer et protéger les migrants et les réfugiés. Chacun des 4 points de son programme contient une bombe sociale, des troubles économiques gigantesques et un ferment de guerre civile, nous allons le voir…

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Accueillir

Tout d’abord, là où la pensée dominante fait aujourd’hui un amalgame commode entre migrants (économiques) et réfugiés (politiques ou issus de pays en guerre), le Pape, lui, les identifie clairement pour les mettre en équivalence en termes de droits et de devoirs. Au moins les choses sont claires : nous devons selon lui accueillir les migrants tout autant que les réfugiés.

Tout migrant qui sollicite notre accueil doit être accueilli et son arrivée facilitée « dès le départ ». Les demandes doivent être toutes facilitées par les autorités consulaires et les entrées sur notre territoire doivent ainsi être toutes « légalisées ». On voit ici tous les bouleversements que recèle l’invite du Pape : les corridors qu’ils nous demande de mettre en place pour acheminer tout migrant qui en fait la demande videront l’Afrique de ses forces vives pour venir appauvrir l’Europe déjà incapable de donner du travail à environ 20% de sa population.

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La phrase la plus remarquable de ce discours est ici : « il faut faire passer la sécurité personnelle avant la sécurité nationale »… Elle ne peut que nous plonger dans un abîme de perplexité sur la capacité du Pape à saisir les enjeux du monde : ne voit-il pas que derrière la sécurité d’une nation, c’est la sécurité de millions de personnes qui est en jeu ?

On remarquera enfin qu’à travers cette primauté du droit personnel sur le droit national, Le Pape envoie complètement balader l’ordre mondial que l’ONU tente de préserver depuis 1945 et qui est fondé sur le respect de la souveraineté des Etats-nations.

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Protéger

Tout migrant doit avoir selon le Pape une facilité de circulation intégrale dans les pays d’accueil, la liberté de travailler où il veut et doit pouvoir accéder partout aux moyens de formation. Il est intéressant ici de constater que le Pape qui se fait par ailleurs le critique du capitalisme mondialisé, est incapable de conceptualiser que le migrant devient une ressource malléable à l’infini par les forces du capital et une variable d’ajustement pour produire toujours moins cher en contraignant les populations locales à aligner leurs salaires sur ceux des migrants.

L’expression « d’idiot utile » du capitalisme financier vient à l’esprit mais elle est sans doute galvaudée. Il vaudrait mieux parler de « danger public » tant les propositions du Pape si elles étaient mises en pratique bouleverseraient l’équilibre économique de nos sociétés déjà atteintes par la Mondialisation. Le Pape nous invite à la paupérisation générale.

C’est aussi une insulte au génie de la France, de l’Europe et de l’Amérique qui ont su patiemment bâtir des sociétés où a été libéré l’esprit des Lumières, où ont été inventés les technologies qui permettent à l’homme de vivre mieux et plus longtemps partout dans le monde, où a été conçu un mode de vie qui sert aujourd’hui de modèle à tous ceux qui dans le monde veulent s’émanciper et vivre libres. Comment ne pas voir qu’une immigration sans contrainte mettrait rapidement tout cela à bas et que par effet induit les populations restées en Afrique seraient les premières à en souffrir.

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Promouvoir

C’est dans ce chapitre que le programme du Pape prend toute sa dimension dévastatrice. Jusqu’ici on aurait pu croire que le Pape voulait permettre à tout individu de s’installer où il veut et quand il veut sans tenir compte des frontières ni du droit des États. Mais on découvre que son programme est plus vaste puisqu’il invite les États à favoriser et encourager le regroupement familial en l’étendant aux parents, collatéraux, grands-parents, enfants et petits-enfants. Ce ne sont plus des individus que le Pape nous demande d’accueillir, mais des familles, des communautés, des villages entiers.

On se souvient que le concept de « grand remplacement » avait fait scandale sous la plume de Renaud Camus. Mais avec le Pape François, ce concept prend forme et sera couvert de son autorité. Tout homme de bonne foi en demeurera inconsolable.

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Intégrer

Bien évidemment et vous l’aurez deviné, l’intégration pour le Pape François ne saurait se confondre avec l’assimilation. C’est le modèle multiculturaliste qu’il défend. Mieux encore, les citoyens des États d’accueil des migrants sont qualifiés de « communautés locales ».

Conscient du fait que la bonne intégration passe par les échanges interculturels, on pourrait s’attendre à ce que le Pape propose de former les migrants aux cultures nationales. Non, c’est l’inverse que propose le Pape : il demande aux autorités de « développer des programmes visant à préparer les communautés locales aux processus d’intégration »… Il s’agit donc de formater les esprits des citoyens pour qu’ils acceptent le fait migratoire…

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Après les événements de Charlottesville, on voit ici à quel point les propositions du Pape, si elles étaient mises en œuvre, seraient autant d’aiguillons dans la dynamique de tous les extrémistes qui agitent nos sociétés. Au moment où des fractures béantes traversent nos sociétés, au moment où 27% des jeunes français musulmans sont, selon le CNRS, en voie de désintégration et de rejet de leur identité nationale française (la haine de la France, parlons clairement), au moment où l’activisme islamique se développe sans cesse, au moment où le terrorisme mine la confiance dans le « vivre-ensemble », les propositions du Pape sont non seulement irresponsables mais, j’ose le dire, coupables. Elles sont le ferment d’une guerre civile latente qui ne manquerait pas d’éclater si nos gouvernants suivaient le Pape à la lettre.

Heureusement tout ceci n’arrivera pas car nos gouvernants sont plus sages que le Pape. Et éclairés. Non pas par « l’esprit saint », mais par la raison et l’esprit de liberté qui nous ont guidés (contre l’Eglise et les jésuites) depuis la Révolution. Mais il est désolant de voir que le Pape couvre de son autorité bimillénaire et de l’audience que tous ses nonces ont auprès des gouvernants une dérive idéologique. Son discours sera repris par tous ceux qui veulent nous soumettre à un nouvel ordre social multiculturel, tolérant avec les intolérants, fasciné par le fanatisme religieux. J’en suis personnellement définitivement inconsolable.

* Nec perinde, nec cadaver ! Ni soumis, ni morts.

Xavier Théry

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 Basta immigrazionne disent plus d'un élu de tout bord de la classe politique en Italie la coupe est pleine elle déborde... Basta ! 

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La crise des migrants ou l’exploitation des pauvres contre les pauvres

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Sous la pression d’un fort courant abolitionniste, l’esclavage issu de la traite négrière fut aboli en 1830 dans les colonies anglaises, en 1848 dans les françaises, à l’avènement de la IIe République. Préférant ne pas employer les anciens esclaves, les grands intérêts économiques de ces colonies organisèrent la venue d’une main-d’œuvre issue de pays de l’océan Indien composée de travailleurs immigrés pauvres qu’on appelait « les engagés », le phénomène global étant nommé « l’engagisme ». Quel éclairage l’étude des mécanismes de ce qui fut une grande migration peut-il apporter à la crise des migrants à laquelle l’Europe est aujourd’hui confrontée ?

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Mère Angela et les missionnaires de la charité

En septembre 2015, Angela Merkel a surpris l’Europe en annonçant que l’Allemagne était prête à accueillir sur son sol deux millions de « réfugiés ». Ce petit chef-d’œuvre tactique et stratégique a pris à contre-pied tous les pays confrontés à la pression migratoire à leurs frontières. Tactique parce que comme d’habitude avec la chancelière dans sa gestion du court terme, cela permettait de redorer l’image de l’Allemagne en la présentant comme généreuse et accueillante dans le même temps où sa conduite de l’Union européenne (UE) et sa gestion de l’euro martyrise les peuples des pays que ses médias appellent avec mépris « pays du Club Med ». Et stratégique parce que la raison principale est bien évidemment la demande du patronat allemand combinée à l’anxiété des couches supérieures face à la crise démographique. Les Allemands sont en dessous du taux de renouvellement des générations, il faut absolument trouver de la main-d’œuvre. On va donc piller les pays du Sud de l’UE en important leurs diplômés supérieurs, contraints d’émigrer en Allemagne puisque, dans la division du travail européenne, ils n’ont plus de débouché professionnel chez eux. Pillage parce que bien entendu, l’Allemagne accueille ces compétences, le coût de la formation réglé par les pays d’origine, il n’y a pas de petites économies…

Mais il faut aussi des bras pour les travaux durs, et quoi de mieux que de jeunes immigrés surnuméraires dans leur pays d’origine, que l’on pourra exploiter beaucoup plus facilement que les couches populaires des pays développés européens qui ont déjà un siècle et demi de tradition de luttes et d’organisation. Dans un dessin assez écœurant de cynisme, le dessinateur du quotidien officiel du néolibéralisme nous a annoncé la couleur.

 

Ce dessin de Plantu scandalise les bobos bien-pensants. 

Il ne fait qu'exprimer la réalité: l'immigration massive sert la classe dominante.

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Alors a été lancée à grande échelle l’opération « Refugees welcome ». Devant l’évidence, le terme « réfugiés » a fini par disparaître au profit de celui de « migrants ». Mais la propagande a continué avec les mêmes armes : culpabilisation, appel à la compassion, injonctions morales, mensonges éhontés, et surtout l’invisibilation de tous ces pauvres des pays européens premières victimes de la mise en œuvre de cette gigantesque opération. Parce que, chose extraordinaire, toutes les interventions politiques et médiatiques à propos de cette migration sauvage ne se placent que du point de vue des migrants. Car il faut être clair, le sort qui leur est fait conséquence de cette opération cynique est simplement dramatique. Et ils sont évidemment les premières victimes de ces nouveaux trafics. Mais c’est aussi le cas de ceux, à peine moins pauvres qui prennent aussi de plein fouet une triple spoliation sur laquelle on reviendra plus loin.

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Une main-d’œuvre docile et peu coûteuse

Opération cynique, car à qui fera-t-on croire que les autorités allemandes ont imposé cette solution à l’UE parce que leur cœur saignait face à la détresse des réfugiés de ces pays où l’Occident a porté la guerre ? Soyons sérieux. Il s’agit simplement « dans les eaux glacées du calcul égoïste », de la mise en place d’un nouvel « engagisme » destiné à importer de la main-d’œuvre docile et peu coûteuse. Comme ce fut le cas au XIXe siècle dans les colonies après l’abolition de l’esclavage. Mais s’il ne faut pas mécaniquement comparer ce qui n’est pas comparable, l’identification des traits communs est révélatrice.

Le premier est la communauté d’objectif: fournir des bras à l’économie, soit parce qu’il en manque ou parce que ceux qui sont là sont désormais hors-jeu. C’est ce qui s’est passé lorsque l’esclavage ayant été aboli, les planteurs refusèrent de salarier les anciens esclaves et préférèrent faire venir du « matériel neuf » renvoyant les esclaves libérés à leur misère et à leur marginalité dont on voit encore aujourd’hui les effets. Le dessin de Plantu, plus clair qu’un long discours nous renseigne sur cette similarité.

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Petits trafics entre ONG

En second lieu les méthodes utilisées relèvent de la même logique. Il y eut deux sortes d’engagisme, l’un non réglementé, qui vit les razzias se poursuivre sur les côtes de l’Afrique de l’Est et de Madagascar, la différence résidait dans le caractère contractuel des conditions soumises à l’engagé devenu une sorte de serf par rapport aux anciens esclaves. La deuxième forme résultait d’un encadrement juridique plus strict, par exemple les accords existants entre la France et l’Angleterre pour le « cheptel » prélevé aux Indes. Cet encadrement n’était pas destiné à mieux protéger les « coolies », bien sûr, mais à permettre aux États de conserver le contrôle du trafic.

C’est exactement ce qui s’est passé récemment avec la Turquie. La crise de l’été 2015, et l’arrivée massive des migrants, passant de la Turquie à la Grèce avant de rentrer dans les Balkans, a été réglée par la négociation, disons des marchandages avec Erdogan. Le point de départ pour l’Europe des migrants s’est alors déplacé à la Libye dont on sait dans quel état l’a laissée l’intervention franco-anglaise. Après plus d’un an d’anarchie à base de violence, de racket, voire de véritables « marchés aux esclaves » s’est mise en place une forme de régulation étrange. L’acheminement des stocks étant « sous-traité » à d’étranges intervenants. Le crime organisé en Libye pour acheminer jusqu’aux ports, contrôler les embarquements et percevoir sa dîme. Prise en charge ensuite par des ONGà l’origine et au financement opaque, capables d’armer de véritables petits paquebots et qui viennent récupérer les malheureux à proximité des côtes libyennes pour les acheminer en Italie.

En Italie, où là aussi, la mafia toujours rapide à identifier les sources de revenus, contrôle désormais l’essentiel des filières de la remontée de la péninsule. En France, il semble que l’on soit a priori à l’abri pour l’instant d’une trop grande criminalisation du processus, à part peut-être pour l’alimentation des réseaux de prostitution. La cohorte des belles âmes, généreuses avec la misère et l’argent des autres pour s’acheter une bonne conscience, est, semble-t-il, pour l’instant suffisante. Et sous leur pression, l’État met la main à la pâte tout en mesurant la nécessité de son implication dans l’organisation. Ainsi, on vient d’apprendre qu’Emmanuel Macron s’était mis d’accord avec Angela Merkel pour mettre en place une « sélection » au départ des migrants.

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L’abandon des couches populaires

Le troisième point commun relève du préjudice subi par les couches populaires confrontées à cette volonté d’importation de main-d’œuvre. Une petite connaissance de l’île de la Réunion et de l’île Maurice, permet d’appréhender au travers du statut social économique des communautés créoles noires, les conséquences dans la durée de l’engagisme tel qu’il s’est pratiqué. Ce qui permet d’ailleurs d’alimenter un racisme latent justifiant le statut inférieur de ces communautés.

Pour prendre l’exemple de la France d’aujourd’hui, les Français pauvres sont confrontés à une triple spoliation. Tout d’abord avec la décision de considérer qu’une partie des couches populaires, des chômeurs, des précaires, des plus pauvres est définitivement désaffiliée. Ils étaient déjà délaissés, ils seront abandonnés. Ensuite, cette gestion des migrants coûte cher à la collectivité. Et ce sont les institutions en charge du social dont les budgets sont déjà dramatiquement bas qui doivent faire face à ces importants surcoûts. Enfin, les mêmes couches populaires, déjà en situation d’insécurité matérielle, culturelle, et en panne d’espoir pour leurs enfants, se cabrent et prennent en haine ceux dont ils ont le sentiment qu’ils leur volent le peu qu’il leur reste et cherchent à leur imposer un modèle culturel dont ils ne veulent pas. C’est se tromper d’adversaire, les migrants n’étant comme eux-mêmes, ni particulièrement méchants, ni particulièrement gentils. Mais ils sont plongés dans une misère noire, désespérés de ne pas trouver l’eldorado qu’on leur avait promis, et confrontés à des modes de vie qui leur sont étrangers.

Alors, parler dans ces conditions de cohabitation harmonieuse et essayer d’imposer à coup d’injonctions morales, ce qui est perçu de part et d’autre comme une souffrance, c’est être soit irresponsable, soit cynique. Chez les politiques et les belles âmes, les trafiquants du « nouvel engagisme », il semble que l’on soit souvent les deux.

Régis de CASTELNAU

Régis de Castelnau
Avocat.Régis de Castelnau anime le blog Vu du Droit depuis 2012. En consacrant sa vie professionnelle d’abord au Droit social puis au Droit Public dont il fut un des premiers praticiens actifs au sein de la profession d’avocat. Il y ajouta une activité universitaire, doctrinale ...
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