Qui est MATTEO SALVANI l'étoile montante de la Ligue du Nord pour les élections générales en Italie ?

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Matteo Salvini

Matteo Salvini
Matteo Salvini à Trente en 2015.
Matteo Salvini à Trente en 2015.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le 14 juillet 2014
(3 ans, 7 mois et 9 jours)
Élection 6 et 7 juin 2009
Réélection 25 mai 2014
Législature 7e et 8e
Groupe politique ELD (2009-2014)
NI (2014-2015)
ENL (depuis 2015)
20 juillet 2004 – 7 novembre 2006
(2 ans, 3 mois et 18 jours)
Élection 12 et 13 juin 2004
Législature 6e
Groupe politique IND/DEM (2004-2006)
NI (2006)
Secrétaire fédéral de la Ligue du Nord
En fonction depuis le 15 décembre 2013
(4 ans, 2 mois et 8 jours)
Prédécesseur Roberto Maroni
Biographie
Date de naissance 9 mars 1973 (44 ans)
Lieu de naissance Milan (Italie)
Nationalité Italienne
Parti politique Ligue du Nord

Matteo Salvini (né le 9 mars 1973 à Milan) est un homme politique italien. Il est député européen depuis 2004 et secrétaire fédéral de la Ligue du Nord (LN) depuis 2013.

 

Biographie

Matteo Salvini est le fils d'un dirigeant d'entreprise et d'une femme au foyer. Il suit le programme d'études supérieures en histoire à l'université de Milan sans obtenir de diplôme 1.

En 1997, déjà membre de la Ligue du Nord depuis de nombreuses années, il mène la liste des « communistes padaniens » aux élections du Parlement de la Padanie, organe politique italien officieux créé par la Ligue du Nord. Sa liste remporte 5 des 210 sièges disponibles 2.

Il devient secrétaire de la Ligue du Nord en 2012 3, puis secrétaire fédéral après une élection interne remportée le 7 décembre 2013 avec 82 % des voix des militants, face au fondateur et chef historique de la Ligue, Umberto Bossi 4.

Député de la XVIe législature du Parlement italien, il est réélu en Lombardie le 6 mars 2013 mais démissionne le 15 mars 2013 afin d'opter pour son mandat de député européen.

Matteo Salvini est député européen de 2004 à 2006, puis de nouveau à partir de 2009. En vue des élections européennes de mai 2014, il propose un programme commun avec Marine Le Pen 5. Il est réélu dans les trois circonscriptions où il se présente (Nord-Ouest, Nord-Est, Centre) 6Politico le présente en 2016 comme l'un des 40 députés européens les plus influents 7.

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Positionnement politique

Le politologue Jean-Yves Camus indique qu'avec son arrivée à la tête de la Ligue du Nord, l'agenda du parti « est devenu beaucoup plus national, souverainiste, anti-immigration, islamophobe, avec une récurrence très forte sur le thème de l’identité » 8.

L'historien Nicolas Lebourg remarque que Matteo Salvini a laissé de côté la Padanie, espace imaginaire de référence du parti, « pour se concentrer sur une opposition franche à l'immigration, à l'islam, à l'Union européenne, aux Roms et aux réfugiés qui débarquent dans le Sud italien depuis 2007 » 9.

Sous sa direction, la Ligue du Nord se rapproche de Frères d'Italie - Alliance nationale 10. Les politologues Gaël Brustier et David Djaïz voient en lui et Giorgia Meloni les tenants d'« un authentique populisme de droite, identitaire et anti-élite, dénonçant le supposé risque migratoire, l'islam et les politiques économiques imposées par Angela Merkel et relayées par l'UE »11.

En 2009, il se déclare favorable à des wagons séparés pour les Milanais de souche dans le métro de la capitale lombarde 12. Il a décrit l'euro comme un « crime contre l'humanité » 7.

 

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Notes et références

  1.  « Italie : le populiste Matteo Salvini à la conquête du pouvoir » [archive]
    , sur francetvinfo.fr, 20 mai 2015 (consulté le20 mai 2015).
  2.  (it) Alessandro Madron, « Lega, il salto di Salvini. Dai Comunisti padani all’amicizia con l’estrema destra » [archive]
    , suril Fatto Quotidiano.it, 15 décembre 2013 (consulté le 25 mars 2016).
  3.  (it) « Matteo Salvini eletto segretario della Lega » [archive]
    , sur Rainews24.it, 2 juin 2012.
  4.  (it) « Matteo Salvini è il nuovo segretario della Lega Nord : « No all'Ue, è un gulag » [archive]
    , sur repubblica.it,7 décembre 2013 (consulté le 20 mai 2015).
  5.  (it) « Europee, Salvini con la Le Pen : presto programma comune » [archive]
    , sur repubblica.it, 26 mars 2014 (consulté le20 mai 2015).
  6.  (it) « Elenco in ordine alfabetico dei candidati che potrebbero risultare eletti » [archive]
    , sur elezioni.interno.it.
  7. ↑ a et b (en) Ryan Heath, « The 40 MEPs who matter - Matteo Salvini » [archive]
    , sur Politico.eu (consulté le 19 mai 2016).
  8.  Rémi Duchemin, « Marion Maréchal-Le Pen invitée de la sulfureuse Ligue du Nord en Italie » [archive]
    , sur Europe 1.fr,15 mars 2016 (consulté le 16 mars 2016).
  9.  Nicolas Lebourg, « Les alliés du Front national au sein de l'Union européenne », Notes de la Fondation Jean Jaurès,‎10 octobre 2016 (lire en ligne [archive]
    ).
  10.  Gaël Brustier« Voici les visages méconnus de l’extrême droite européenne » [archive]
    , sur Slate, 26 juillet 2016 (consulté le 26 juillet 2016).
  11.  Gaël Brustier et David Djaïz« Vers un nouveau monde : les monstres sont dans l'isoloir (1/3) » [archive]
    , sur lefigaro.fr,9 décembre 2016 (consulté le 11 décembre 2016).
  12.  Abel Mestre et Caroline Monnot« Les réseaux du Front national : sociologie d'un parti politique », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, Les Faux-semblants du Front nationalPresses de Sciences Po, 2015, p. 69.

 

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Tout sur les Élections générales italiennes du 4 Mars 2018 prochain

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MATTEO SALVANI le leader de la Ligue du Nord grand favori de ces élections italiennes du 4 Mars 2018

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Élections générales italiennes
de 2018
630 députés de la Chambre des députés
315 des 320 membres du Sénat
4 mars 2018
 
Type d’élection Élections législatives et
sénatoriales
 
Matteo Renzi crop 2015.jpeg Parti démocrate – Matteo Renzi
Députés sortants 297
Sénateurs sortants 99
 
Luigi Di Maio portrait.jpg Mouvement 5 étoiles – Luigi Di Maio
Députés sortants 88
Sénateurs sortants 35
 
Pietro Grasso crop.jpg Libres et égaux – Pietro Grasso
Députés sortants 60
Sénateurs sortants 23
 
Silvio Berlusconi crop 2015.jpeg Forza Italia – Silvio Berlusconi
Députés sortants 57
Sénateurs sortants 46
 
Beatrice Lorenzin.jpg Civica Popolare Lorenzin – Beatrice Lorenzin
Députés sortants 28
Sénateurs sortants 27
 
Matteo Salvini 2.jpg Ligue – Matteo Salvini
Députés sortants 22
Sénateurs sortants 12
Gouvernement
 
Sortant  
Gentiloni
(PD-AP-UdC)
 
Législature élue
XVIIIe

Les élections générales italiennes de 2018 sont un scrutin de type parlementaire devant se tenir le4 mars 2018, après l'expiration naturelle de la XVIIe législature de la République italienne. Elles se tiennent à la suite de la dissolution du Parlement du 28 décembre 2017. Ce scrutin doit pourvoir à l'élection de 315 des 320 sénateurs et de 630 députés.

Ces élections générales ont lieu un peu plus d'un an après le référendum constitutionnel de 2016, à l'issue duquel une des plus importante réforme constitutionnelle de l'après-guerre proposée par le gouvernement de Matteo Renzi a été largement rejetée par les électeurs ayant pris part au vote. En outre, l'adoption, par le Parlement en octobre 2017, d'une nouvelle loi électorale régissant les modalités propres aux élections générales a été rendue nécessaire après l'abrogation partielle de la loi Calderoli et la censure, par la Cour constitutionnelle, de la loi électorale votée par les parlementaires en 2015 et baptisée « Italicum ».

Les députés et sénateurs désignés à l'occasion de ces élections siégent pour la XVIIIe législature de la République italienne.

 

Silvio-Berlusconi-Forza-Italia

 SILVIO BERLUSCONI A LA TÊTE DE FORZA ITALIA DU CENTRE DROITE

 

Contexte

Une situation politique instable

À l'issue des élections générales des 24 et 25 février 2013, aucune des deux principales coalitions, dirigées par Pier Luigi Bersani pour le centre gauche et Silvio Berlusconi pour le centre droit, ne parvient à remporter la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés et au Sénat, ce qui pose problème compte-tenu du bicaméralisme parfait régi par la Constitution en vigueur en Italie. À cette confusion s'est ajouté le succès électoral du Mouvement 5 étoiles (M5S) dirigé par le comédien et humoriste Beppe Grillo, dont la percée a profondément bouleversé l'échiquier politique transalpin, jusqu'ici largement dominé par le bipartisme et désormais bouleversé par le succès d'une formation généralement qualifiée de populiste.

Après ces élections, la possibilité de voir le pays ingouvernable et fracturé en trois bloc hétérogènes est parue crédible et a inquiété les partenaires de l'Italie, notamment l'Union européenne, déjà préoccupée par la situation économique atone de la péninsule qui peine à sortir de la récession malgré les plans d'austérité préparés par le gouvernement Monti.

Alors que son septennat, entamé le 15 mai 2006, allait toucher à sa fin, le président de la République sortant, Giorgio Napolitano, âgé de 87 ans, a tenté de résoudre, par plusieurs moyens, la crise politique issue de ces élections ; après plusieurs tours de scrutin infructueux, il est finalement réélu le 20 avril 2013 par les grands électeurs, incapables de lui trouver un successeur susceptible de résoudre cette crise politique. Soucieux de préserver le pays des conséquences d'une crise post-électorale trop longue, le président Napolitano parvient à conjurer celle-ci en confiant la formation d'un gouvernement d'union nationale au démocrate Enrico Letta, qui n'est toutefois pas parvenu à convaincre le parti de Grillo de soutenir ledit cabinet, composé de plusieurs ministres représentant la coalition emmenée par Silvio Berlusconi.

Quelques mois plus tard, ceux-ci quittent le parti du Cavaliere pour fonder un nouveau parti de centre droit afin de protester contre l'influence de l'ex-président du Conseil dans la conduite des affaires publiques au gré de ses ennuis judiciaires, entamant ainsi le déclin progressif de Sivio Berlusconi qui, a de son côté, refondé son ancien parti Forza Italia.

 

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Mais, contesté au sein de sa propre famille politique pour la lenteur des réformes entreprises par son gouvernement, Enrico Letta est finalement renversé par une motion de censure interne au Parti démocrate, dirigé par Matteo Renzi, qui le remplace à la présidence du Conseil le 22 février 2014. L'arrivée au pouvoir de ce jeune et ambitieux politicien, qui a promis d'envoyer « à la casse » la vieille classe politique, tend à bousculer encore un peu plus le paysage politique, en voie à une certaine forme de renouvellement incarnée par Renzi lui-même et ses plus fidèles, comme Maria Elena Boschi.

 

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L'hégémonie de Matteo Renzi sur le Centre gauche

Résolu à être présenté comme un réformateur, Matteo Renzi a fait voter plusieurs lois qui ont réformé le pays, dont certaines lui ont valu quelques contestations au sein même de sa propre majorité lorsqu'il a, par exemple, voulu moderniser le marché du travail en introduisant les Jobs Act, une loi contestée par l'aile gauche du Parti démocrate ; en outre, le gouvernement Renzi a fait voter, par les parlementaires, un texte de loi ouvrant le droit, pour les couples de même sexe, à l'union civile, ce qui a toutefois suscité les réserves du Nouveau Centre-droit d'Angelino Alfano, principal partenaire des démocrates au sein de la coalition.

Dans le même temps, Matteo Renzi parvient à imposer une certaine hégémonie sur le centre gauche qui fragilise, dans le même temps, le chef de file historique de la droite italienne, Silvio Berlusconi, avec lequel des accords ponctuels devaient être initialement conclus pour les réformes institutionnelles envisagées par le cabinet Renzi. Ainsi, au mois de janvier 2015, après la démission du président Giorgio Napolitano qui ne souhaitait pas mener son second septennat jusqu'à son terme, Renzi s'est résolu à présenter la candidature du juge constitutionnel Sergio Mattarella.

Ayant promis, dès son arrivée au pouvoir, de mettre un terme au bicamérisme parfait, Matteo Renzi et son exécutif ont présenté, dès le mois d'avril 2014, un projet de loi diminuant considérablement les pouvoirs du Sénat de la République ; alors que les membres de la chambre haute étaient jusqu'à présent désignés en même temps que les députés, cette réforme ferait de cette institution un organe élu au suffrage indirect, constitué de cent membres dont quatre-vingt-quinze élus parmi les conseils régionaux et cinq par le président de la République.

Adopté par les députés puis par les sénateurs, le projet est ensuite soumis, le 4 décembre 2016, par référendum, aux citoyens italiens qui le rejettent massivement par 59, 1 % des voix en faveur du « Non » contre 40,8 % pour le « Oui ».

 

 

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Crise des migrants et effet sur la droite

Crise migratoire et montée de l'anti-immigrationnisme

Depuis le début de la crise migratoire en Europe, l'Italie est aux premiers rangs et l'un des principaux points d'entrée en Europe - voire la principale entrée en 2017. Ainsi, entre 2014 et 2017, 630 000 migrants ont débarqués en Italie 1. Bien que tous les migrants restent pas forcément sur le territoire italien et que beaucoup tentent de rejoindre d'autres pays, l'afflux provoque des tensions qui aboutissent à la montée de l'extrême-droite et de la droite dure 1. Ces-dernières sont représentées dans ces élections par Forza Italia et la Ligue du Nord 1. Ces deux partis basent en partie leurs campagnes sur une politique anti-immigration dure 2. L'on assiste également au cours de la campagne à des actions symboliquement violentes de la part de ces partis ou de groupuscules, comme un rassemblement de militants de la Ligue du Nord qui brûlent en effigie Laura Boldrini la présidente de la Chambre des députés, ou qui publient des photomontages d'elle égorgée 3.

À l'inverse de cette montée de l'extrême-droite et de la droite dure, aux élections municipales en Italie de 2017, la très grande majorité des 400 maires qui avaient adhéré au programme gouvernemental de répartition des réfugiés sur le territoire (3 pour 1 000 habitants) ont connu un grand revers électoral 4.

Meurtre de Pamela Mastropietro

En janvier 2018, Pamela Mastropietro, une jeune fille de 18 ans, est tuée et démembrée à Macerata 3. Ce meurtre choque l'Italie 3. Le principal suspect, interpellé, est un Nigérian dealer de drogue et demandeur d'asile 3. Par la suite deux autres Nigérians seront aussi arrêtés et l'homicide volontaire sera établi 5.

Fusillade raciste de Macerata

En réaction, le 3 février 2018, Luca Traini décide de tirer depuis sa voiture sur des Africains à Macerata. Il vide ainsi deux chargeurs de pistolet semi-automatique sur des personnes noires croisées au hasard 3. Cette fusillade blesse six personnes dont quatre gravement. Traini se laisse ensuite interpeller en criant :

« L'Italie aux Italiens » et « Dehors les Noirs ! »1'3. Il explique ensuite aux policiers avoir voulu tuer des Africains suite au meurtre de Mastropietro 1Mein Kampf, un livre d'histoire sur Benito Mussolini et des magazines néofascistes sont trouvés dans sa chambre 1. Une fois son identité révélée publiquement, il est rapidement remarqué que Luca Traini était un candidat de la Ligue du Nord lors des élections municipales de 2017 3. Cette fusillade, associée aux actions symboliquement violentes précédemment mentionnées 3, enveniment la campagne électorale 1, d'autant plus que la Ligue du Nord et Forza Italia n'avaient pas condamné ces actions et ont tenté de minimiser la portée politique de la fusillade de Macerata 3.

Pour le président du Sénat, Giovanni Grasso, candidat aux élections sous l'étiquette de la formation de gauche Libres et ÉgauxMatteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord « ne fait qu'envenimer la haine et la violence en capitalisant sur ces tragédies humaines à pure fin électorale » 3. Le député de gauche Benedetto Della Vedova, demande que Salvini « s'arrête avant de déclencher une guerre civile » 3Silvio Berlusconi, allié à Matteo Salvini, « condamne le geste d'un déséquilibré », sans toutefois désavouer son allié 3.

Le soir du 8 février 2018, plusieurs dizaines de militants du groupe néofasciste Forza Nuova manifestent contre l'immigration et adressent le salut fasciste à la police de Macerata, ce qui cause des heurts avec ces-derniers 4. Par la suite, le maire centre-gauche de la ville, Romano Carancini, interdit tous les rassemblements 4. Cependant, la préfecture autorise un grand rassemblement contre le racisme pour le 10 février au soir, bien que par sécurité les écoles restent fermées, les commerces ferment à la mi-journée et que la messe du samedi soir soit annulée 4. Toutefois, malgré les craintes, ce rassemblement se passe sans le moindre problème 4. Plusieurs milliers de personnes défilent à l'appel d'associations antifascistes, d'ONG, de syndicats mais aussi de quelques formations politiques de gauche 5. Il y a 10 000 manifestants selon la préfecture, et 30 000 selon les organisateurs 5. Parmi les manifestants, l'on trouve entre-autres une centaine de manifestants antifascistes venus de Pise 5, des migrants africains en attente de naturalisation5, des Italiens noirs venus dénoncer le racisme diffus 5, et des habitants de Macerata choqués par la fusillade 6.

 

Système électoral

Propagande électorale envoyée aux électeurs en Amérique du Sud (mode de scrutin distinct de celui en métropole)

Contexte

Le système électoral pour l'élection des membres de la Chambre des députés avait été modifié par la loi Italicum du 6 mai 2015 7. Mais cette loi avait fait l'objet d'une déclaration partielle d'inconstitutionnalité par la Cour constitutionnelle enjanvier 2017.

Le mode d'élection des membres du Sénat de la République restait réglementé par la loi 270 du 21 décembre 2005, qui s'appliquait déjà pour les trois précédentes élections générales. Cependant, la loi avait été jugée en partie inconstitutionnelle par la Cour constitutionnelle en décembre 2013 8.

Une réforme électorale a donc été entreprise en 2017 pour unifier ces deux modes d'élections qui risquaient de rendre l'Italie ingouvernable du fait de leurs différences. C'est ainsi que la loi Rosatellum bis a été promulguée le 3 novembre 2017pour instaurer un système mixte pour les deux chambres du Parlement. Il s'agit donc de la loi applicable pour ce scrutin, remisant l'Italicum sans que ce régime n'ait pu être appliqué une seule fois.

Fonctionnement

Article détaillé : Loi électorale italienne de 2017.
Le bulletin de vote utilisé en Italie

Les élections se déroulent sur un seul tour de scrutin et utilisent un système mixte, avec 36 % de sièges alloués au scrutin uninominal majoritaire à un tour et 64 % au scrutin proportionnel. Le Sénat et la Chambre des députés utilisent tous deux la méthode d'Hondt pour l'attribution des sièges.

Cette loi a également ré-introduit les listes fermées de parti, interdisant à nouveau aux électeurs le panachage, ce qui avait été autorisé dans la loi électorale de 2015, l'Italicum.

Lors du vote, il est fournit aux électeurs un bulletin comportant des candidats en tête de plusieurs tableaux séparés dans lesquels figurent les cercles avec les symboles d'une ou des listes qui le soutienne (voir bulletin ci-dessus). Il est possible de voter de plusieurs manières :

  1. L'électeur peut entourer ou faire une marque sur le sigle d'une liste. Dans ce cas, un vote est attribuée à celle çi pour le décompte du scrutin proportionnel, ainsi qu'a son candidat dans la circonscription pour le scrutin majoritaire.
  2. L'électeur peut alors également entourer le nom du candidat en en-tête de la liste qu'il a choisit, mais cela est superflu. Le panachage étant interdit, il ne peut en revanche pas désigner une liste d'une part, et le candidat d'un tableau d'une autre liste d'autre part. Ni entourer plus d'un sigle de liste, même au sein d'une coalition. Ces votes sont considérés comme nul.
  3. L'électeur peut en revanche n'entourer que le nom d'un candidat. Si une seule liste le soutient, cela revient au même que précédemment. En revanche, si plusieurs liste le soutienne, le vote au scrutin de liste est réparti en fractions égales à chacune des listes.

Les coalitions de plusieurs partis voient ainsi leurs candidats élus en commun par l'addition de l’ensemble de leurs voix au scrutin majoritaire dans chacune des circonscriptions, tandis que chacun des partis de la coalition se voient attribué des sièges à la proportionnelle selon ses voix propres, obtenus par vote direct ou fractionné 9.

La circonscription dévolue aux Italiens de l'étranger, dite circonscription extérieure, a pour particularité de n'être dédiée qu'à des sièges répartis à la proportionnelle. Le bulletin de vote y est par conséquent différent : les électeurs choisissent un parti parmi les listes proposées, qui détaillent chacune les noms d'autant de candidats que de sièges à pourvoir. Les électeurs ont la possibilité d'effectuer un vote préférentiel au sein de la liste qu'ils choisissent, mais pas un panachage entre plusieurs listes.

Chambre des députés

La Chambre des députés est composée de 630 députés élus pour cinq ans, dont

  • 232 sont élus à la majorité relative dans autant de circonscriptions uninominales.
  • 398 sont élus par la représentation proportionnelle nationale.Sur ces 398, 12 sont élus par les Italiens de l'étranger dans des circonscriptions plurinominales, au scrutin de liste avec possibilité d'un vote préférentiel.
    • Ils sont ensuite répartis dans des circonscriptions plurinominales dont le cadre ne dépasse pas le territoire régional avec un seuil électoral de facto de 3 %.

La chambre des députés est élue sur un bulletin de vote unique. Le bulletin de vote comprend le candidat au scrutin uninominal de la circonscription et les partis et les listes qui le soutiennent, ce qui est utilisé pour déterminer l'attribution proportionnelle des sièges au niveau régional, avec un seuil minimal de 3 %.

Sénat de la République

Le Sénat de la République est composé 315 sénateurs élus pour cinq ans dont:

  • 116 sont élus à la majorité relative dans autant de circonscriptions uninominales.
  • 199 sont élus à la représentation proportionnelle dans des circonscriptions plurinominales régionales avec un seuil électoral de facto de 3 %.
  • Sur ces 199, 6 sont élus par les Italiens de l'étranger dans des circonscriptions plurinominales
  • À ces 315 sénateurs s'ajoutent un petit nombre variable de sénateurs à vie composé d'anciens présidents de la République et de plusieurs autres personnes nommées à vie par le président de la République en exercice.

Comme pour la chambre, le Sénat est élue sur un bulletin de vote unique.

Principales forces en présence

CoalitionPartiIdéologieDirigeant
  Coalition de centre gauche   Parti démocrate (PD) Social-démocratiesocial-libéralisme Matteo Renzi
  Civique populaire (CP) Centrisme Beatrice Lorenzin
  Ensemble (I) Progressisme Riccardo Nencini
  Plus d'Europe (+E) Libéralisme Emma Bonino
  SVP - PATT Régionalisme Philipp Achammer
  Vallée d'Aoste (VdA) Régionalisme Alessia Favre
  Coalition de centre droit   Forza Italia (FI) Libéral-conservatisme Silvio Berlusconi
  Ligue du Nord (LN) Nationalisme Matteo Salvini
  Frères d'Italie (FdI) National-conservatisme Giorgia Meloni
  Noi con l'Italia (NcI) Libéral-conservatisme Raffaele Fitto
  Mouvement 5 étoiles (M5E) Démocratie directe Luigi Di Maio
  Libres et égaux (LeU) Social-démocratieécosocialisme Pietro Grasso
  Pouvoir au peuple (PaP) Communismeécosocialisme Viola Carofalo

Campagne

Parti démocrate

Un virage modéré au Mouvement 5 étoiles

Luigi Di Maio est élu à la tête du Mouvement 5 étoiles en septembre 2017 dans le cadre d'une primaire interne 10. Considéré comme davantage modéré que ses prédécesseurs, il aborde les élections sur un ton moins anti système et révolutionnaire. Le mouvement revient notamment sur son principe de non alliance avec d'autres partis et, le 22 janvier 2018, présente un programme en vingt points devant servir de base pour d'éventuelles négociations au lendemain du 4 mars. L'absence d'un référendum sur la sortie de l'euro y est particulièrement remarquée. L'abandon de cette promesse à haut risque va alors dans le sens voulu par Di Maio de concentrer la campagne du Mouvement 5 étoiles sur l'économie, la réduction des impôts, la lutte contre la corruption et la simplification administrative 11.

Forza Italia

Ligue du Nord

Alternative populaire

Autre listes

Sondages

Graphique synthétisant les résultats des sondages réalisés depuis les élections précédentes du 25 février 2013.

La couleur de chaque ligne correspond à un parti politique :

Résultats

Chambre des députés

Résultats des législatives italiennes de 2018
CoalitionPartiCirconscriptionsProportionnelleTotal
sièges
+/-
Votes %SiègesVotes %Sièges
 
Coalition de centre gauche
  Parti démocrate (PD)                
  Civica Popolare (CP)            
  Plus d'Europe (+E)            
  Ensemble (I)            
  SVP - PATT            
  Vallée d'Aoste (VdA)            
Total                
  Coalition de centre droit   Forza Italia (FI)                
  Ligue (Lega)            
  Frères d'Italie (FdI)            
  Noi con l'Italia (NcI)            
Total                
  Mouvement 5 étoiles (M5E)                
  Libres et égaux (LeU)                
  Parti républicain italien (PRI)                
  Pouvoir au peuple (PaP)                
  Mouvement animaliste (MA)                
  Autres                
 
Suffrages exprimés            
Votes blancs et invalides        
Total ' 100 232 ' 100 398 630 Steady.svg
Abstentions            
Nombre d'inscrits / participation        

 

Sénat de la République

Résultats des sénatoriales italiennes de 2018
CoalitionPartiCirconscriptionsProportionnelleTotal
sièges
+/-
Votes%SiègesVotes%Sièges
 
Coalition de centre gauche
  Parti démocrate (PD)                
  Civica Popolare (CP)            
  Plus d'Europe (+E)            
  Ensemble (I)            
  SVP - PATT            
  Vallée d'Aoste (VdA)            
Total                
  Coalition de centre droit   Forza Italia (FI)                
  Ligue (Lega)            
  Frères d'Italie (FdI)            
  Noi con l'Italia (NcI)            
Total                
  Mouvement 5 étoiles (M5E)                
  Libres et égaux (LeU)                
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  Pouvoir au peuple (PaP)                
  Mouvement animaliste (MA)                
  Autres                
 
Suffrages exprimés            
Votes blancs et invalides        
Total ' 100 116 ' 100 199 315 Steady.svg
Abstentions            
Nombre d'inscrits / participation        

Notes et références

  1. ↑ abcdef et g « Italie : la fusillade raciste envenime la campagne électorale » [archive]
    , sur ladepeche.fr, 5 février 2018 (consulté le 5 février 2018)
  2.  « Presse étrangère : l'Italie sous le choc après l'attaque raciste de Macerata » [archive]
    , sur lesechos.fr, 5 février 2017 (consulté le 5 février 2017)
  3. ↑ abcdefghijk et l « Italie : la fusillade raciste qui enflamme la campagne électorale » [archive]
    , sur lefigaro.fr, 5 novembre 2018 (consulté le 5 février 2018)
  4. ↑ abcd et e « À Macerata, une manifestation contre le racisme » [archive]
    , sur la-croix.com, 10 février 2018 (consulté le 11 février 2018)
  5. ↑ abcde et f « Italie: des milliers de manifestants antifascistes à Macerata » [archive]
    , sur boursorama.com, 10 février 2018 (consulté le11 février 2018)
  6.  « "Ça suffit cette discrimination absurde !" : après la fusillade de Macerata, manifestations contre les fascismes dans la ville italienne » [archive]
    , surfrancetvinfo.fr, 10 février 2018 (consulté le 11 février 2018)
  7.  (it) « LEGGE 6 maggio 2015, n. 52 » [archive]
    , sur Gazzetta aufficiale (consulté le 28 septembre 2017).
  8.  (it) « Sentenza 1/2014 » [archive]
    , sur Coerte costituzionale (consulté le28 septembre 2017).
  9.  (it) Elezioni Politiche 2018 - FAQ – Domande frequenti pagina 3 [archive]
     Site du gouvernement italien
  10.  « Luigi Di Maio, un "5 étoiles" pour diriger l'Italie ? » [archive]
    , sur Le JDD,27 septembre 2017 (consulté le 28 septembre 2017).
  11.  (en) « Italy's 5-Star presents election program with no euro referendum »Reuters,‎22 janvier 2018 (lire en ligne [archive]