IL ETAIT UNE FOIS JACQUES MAYOL ... L'HOMME DAUPHIN ...

              ... DU GRAND BLEU ...

... 30 ANS APRES IL REVIENT CE SOIR EN PROJECTION SUR LA CROISETTE AU FESTIVAL DU FILM DE CANNES 2018

 

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Jacques Mayol

 

SOURCE : WIKIPEDIA

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Jacques Mayol et Olivier Calivari.
Biographie
Naissance 1er avril 1927Voir et modifier les données sur Wikidata

ShanghaiVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès 22 décembre 2001Voir et modifier les données sur Wikidata
 (à 74 ans)
CapoliveriVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
 
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LUC BESSON ET JACQUES MAYOL LORS DU TOURNAGE DU GRAND BLEU

Jacques Mayol 

(1er avril 1927 à ShanghaiChine - 22 décembre 2001 à Capoliveriîle d'ElbeItalie) est unplongeur apnéiste français.

Pratiquant une gymnastique et une méditation inspirée du yoga, il est le premier plongeur au monde à descendre à une profondeur de + 100 mètres en apnée, en novembre 1976, dans les eaux de l'île d'Elbe. Il a ouvert la voie à de nombreux plongeurs libres.

Quand il plongeait, Mayol surprenait les scientifiques, car son rythme cardiaque pouvait passer de 70 à 20 pulsations par minute ; cette bradycardie aurait dû provoquer une syncope.

 

 

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Parcours

Issu d'un milieu aisé, Jacques grandit à Shanghai où son père est architecte. L'été, la famille a l'habitude de se rendre à Karatsu, au Japon via la ligne maritime Shangai-Nagasaki. C'est là qu'il apprit à plonger à l'âge de 6 ans. Il est fasciné par les « amas », des plongeuses apnéistes japonaises qui pêchent des coquillages1. C'est aussi dans les grottes de Nanatsugama (ja) qu'il rencontra son premier dauphin2 l'année de ses 10 ans. À la fin des années 1930, le militarisme japonais fait fuir les Occidentaux. Jacques ne reviendra pas à Karatsu avant 1971.

En 1939, il s'installe avec sa famille à Marseille où il se retrouve bloqué à cause de la Seconde Guerre mondiale. Avec son frère Pierre Mayol, il plonge souvent avec des masques taillés dans des chambres à air de camion et une arbalète artisanale pour pêcher un peu de poisson. À dix-sept ans, il décide de s'engager dans l'aviation au Maroc mais revient à Marseille en 1945. Il passe alors son temps dans les calanques de Marseille avec Albert Falco qui devient le capitaine de laCalypso de Jacques-Yves Cousteau.

Attiré par la Suède, Jacques part en 1948 pour ce pays où il se marie quelques années plus tard avec une Danoise, Vibeke Boje Wadsholt (ou Vicky), dont il a une fille (Dottie) et un garçon (Jean-Jacques/Pedro). En 1957, il divorce et abandonne ses enfants pour s'installer à Miami. Ils n'auront plus de nouvelles de lui pendant des années, sa femme devra élever les enfants seule. À Miami, il mène une vie de séducteur1. Mayol passe alors beaucoup de temps avec un dauphin nommé Clown ; en l'observant comme un élève observe le maître, il parvient à améliorer son apnée.

Il fait la rencontre de l'italien Enzo Maiorca en 1966 aux Bahamas en battant son record de profondeur par une plongée à 60 m.

Contrairement à ce qui lui avait été prédit, sa cage thoracique n'a pas été écrasée par la pression dès la profondeur de 40 m, ce qui a permis de découvrir le « bloodshift », qui compense en partie la diminution du contenu aérien du thorax, suivant la loi de Boyle-Mariotte, par une augmentation du volume sanguin des capillaires alvéolaires des poumons. Ce sang provient de l'abdomen et des membres, qui peuvent être comprimés par la pression sans difficulté.

Cette adaptation physiologique nécessaire pour résister sans dommage à la pression de l'eau lors d'une plongée au-delà d'une trentaine de mètres existe chez les mammifères marins, les phoques, les otaries, mais on ignorait alors que l'homme puisse lui aussi faire preuve de cette même capacité, même à un moindre degré.

 

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La compétition entre les deux plongeurs commence alors. En 1973, Jacques s'installe en Italie. Il y effectue une dizaine de plongées expérimentales pendant lesquelles son pouls descend à 26 pulsations par minute, alors que son nombre de plaquettes et de globules rouges est étonnamment élevé. En novembre 1976, il devient le premier à franchir la barre des + 100 mètres3.

En 1983, Jacques se rend à Marseille pour assister à l'enterrement de sa mère. C'est à cette occasion qu'il fait la connaissance de Luc Besson qui lui présente son projet de film intitulé Le Grand Bleu. Le personnage de Jacques Mayol, romancé, est interprété par Jean-Marc Barr. On retrouve notamment sa rivalité avec Enzo Maiorca (nommé Enzo Molinari dans le film et interprété par Jean Reno).

Le succès du film les surprend. C'est pourquoi Jacques décide de réviser le contrat afin de bénéficier financièrement de cette réussite, ce qui ne manque pas de jeter un grand froid entre le plongeur et le réalisateur. Enzo Maiorca fut contacté par le réalisateur mais les négociations n'aboutirent pas4. Enzo Maiorca essaya même de faire interdire le film en Italie, considérant qu'il donnait une image désobligeante de lui5.

Dans l'histoire de l'évolution, les mammifères marins sont encore, si l'on peut dire, des parents assez proches. Était-il possible de retrouver chez l'homme des capacités d'adaptation au milieu aquatique ou marin, et à la pression, dont avaient pu faire preuve ses ancêtres dans l'évolution ? « L'ontogenèse récapitule laphylogenèse », suivant la formule de Haeckel, Jacques fut très durablement passionné par ces questions d'évolution de mécanismes physiologiques [réf. nécessaire], sur lesquels il se documenta longuement6, pour croiser les expériences qu'il parvenait à avoir, avec une avancée des connaissances dans ce domaine.

D'où son intérêt pour les accouchements pratiqués par le Dr Frédérick Leboyer puis le Dr Michel Odent, où le nouveau-né, quittant le liquide amniotique dans le ventre maternel, après avoir traversé l'épreuve de l'expulsion, se retrouve d'abord en basse lumière sur le ventre de sa mère, avant de baigner dans de l'eau à une température proche de celle qu'il vient de quitter, dans la perspective de minimiser le traumatisme de la naissance, suivant les termes d'Otto Rank. Cette façon de naître plus respectueuse de l'enfant et de sa mère, ou du moins avec moins de violences inutiles, était plus proche de l'eau de la mer, du rivage, de la nature, et la question se posait alors de savoir à quel point l'eau pouvait faciliter la naissance, et le travail même, dans l'accouchement, et aussi quelle influence bénéfique pourrait s'en trouver chez l'enfant ensuite. C'est une partie de ce qu'il cherchait dans la « delphinisation » de l'homme, qu'il poursuivait.

 

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En 1990, au Cap d'Agde, avec le Dr Marc Ohana, Denis Brousse, Denis Fonquerle et ses parents, il participe à la « naissance avec la mer », à la plage de la Grande Conque, dans quatre mètres d'eau, de Jonathan, une première minutieusement préparée, et une réussite qui entraîne une polémique7 et dont la plupart des images ne paraissent que des années plus tard.

Martin Eden de Jack London était son livre de chevet toute sa vie durant8.

Il vit une histoire d'amour avec une Allemande, Gerda, mais elle meurt agressée par un drogué dans un supermarché. Par la suite, il ne se remet pas de ce drame1.

Rongé par la solitude et déprimé depuis plusieurs mois, selon Umberto Pelizzari, il se suicide par pendaison en 2001, à son domicile de Calone (commune deCapoliveri), sur l'île d'Elbe, où il vivait depuis plus de trente ans. Ses cendres ont été dispersées au large de la Toscane9.

Une plaque en son honneur a été posée près du monument de Yonaguni au Japon, près d'un site archéologique sous-marin inédit qu'il lui avait plu d'explorer. Hommage lui a également été rendu en 2011 à l'île d'Elbe par l'apposition d'une plaque dans la mer Tyrrhénienne.

 

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Ses records

  • 1966 : - 60 m
  • 1976 : - 100 m
  • 1983 : - 105 m (à 56 ans)

Dans la culture

Jacques Mayol est le personnage principal du film Le grand bleu.

Notes et références

  1. ↑ ab et c Blaise de Chabalier, « Jacques Mayol, l'appel des profondeurs » [archive]
    Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 30 septembre / dimanche 1er octobre 2017, page 37.
  2.  (en) Harumi Okochi, « Mr. Jacques Mayol and the sea of Karatsu » [archive]
    , 6 juillet 2017
  3.  Marie Monier , Loïc Farge, « Le 23 novembre 1976, Jacques Mayol atteignait les 100 mètres de profondeur en apnée » [archive]
    , sur rtl.fr, 23 novembre 2015.
  4.  Conférence de presse à la sortie du Grand Bleu, question à Luc Besson
  5.  conférence de presse au Festival de Cannes 1988
  6.  notamment "Thalassa" de Sandor Ferenczi, Payot Ed.
  7.  Paris Match, 21 juin 1990
  8.  (P. Mayol et P. Mouton 2003p. 9 et chap. II : « Sur la piste de "Jack" »)
  9.  Dino Di Meo, « Jacques Mayol rejoint les profondeurs » [archive]
    , sur liberation.fr, 24 décembre 2001 (consulté le 4 octobre 2016)

Bibliographie

 

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Documentaire

  • Lefteris Charitos, Jacques Mayol, l'homme dauphinArte, 2017.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes


Grand Bleu (Le)
Le Grand Bleu 



Titre Original : Le Grand Bleu
Realisateur : Luc BESSON
Producteur : Gaumont International, Les films du Loup,

Weintraub Entertainment Group Gaumont internation
Distributeur : 
Acteurs : Jean-Marc Barr, Jean Reno, Rosanna Arquette,

Marc Duret, Jean B
Genre : aventure, drame, romance
Année de sortie : 1988
Origine : France, Italie, USA

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Scénario : Robert Garland, Marilyn Goldin, Jacques Mayol,
Luc Besson 
Durée : 132 min (version courte), 168 min (version longue) 


Synopsis. 



Années 1960, un petite port de pêche en Grèce. 
Jacques Mayol et Enzo Molinari sont deux gamins du coin,
pas vraiment amis mais un peu quand même. Enzo se balade sans
cesse avec son petit frère et leurs copains tandis que Jacques aide son père et
son oncle à pêcher des éponges pour vivre. Dès que l’occasion se présente,
Enzo provoque Jacques en duel pour prouver qu’il peut rester plus longtemps
que lui en apnée. Ce petit jeu intéresse peu Jacques mais c’est le seul moyen
qu’il a de fréquenter le garçon qu’il aime bien finalement. La petite vie de
Jacques se déroule ainsi, paisible sous le soleil et dans l’eau de la Méditerranée. Mais cet idéal prend fin avec la mort accidentelle de son père. 

Vingt ans plus tard, Enzo vit en Italie où sont ses racines. Il est devenu champion
du monde de plongée en apnée. Entre les tournois officiels, il gagne sa vie en
offrant ses services lors d’accidents de plongée. Mais il a une obsession : retrouver Jacques et le défier lors du prochain championnat du monde. Grâce à une rentrée d’argent, il fait des recherches et découvre que Jacques baigne lui aussi toujours dans l’eau mais se prête plutôt à des expériences testant du matériel de plongée dernier cri ou faisant des recherches sur sa capacité à rester en apnée un long
lapse de temps. 

 

Dès que les deux hommes se retrouvent, l’amitié reprend ses
droits mais la rivalité aussi, bien que Jacques ne joue pas volontiers le jeu.
Pourtant, Enzo est bien décidé à repousser ses limites et Jacques n’a d’autre
choix que de le suivre. 

 

 


Avis. 


Une oeuvre magistrale qu’il est difficile de critiquer en quelques lignes…
« Le Grand Bleu » reste pour moi le chef d’œuvre de Luc Besson même
si j’admire l’ensemble de son travail de réalisateur. 

Pour une raison simple, c’est que ce fut le premier vrai film que j’ai vu
au cinéma et surtout le premier que je suis allée revoir… 5 fois
(3 versions courtes, 3 versions longues). 

Il n’existe qu’un seul réalisateur français capable de relever le défi de
tourner une histoire pareille, dans des décors naturels, en noir et blanc
puis en couleur pour accentuer la notion de passage du temps entre
l'enfance et l'âge adulte, avec des comédiens et des techniciens parlants
toutes les langues, de longues minutes sans un mot, juste l’émerveillement
de l’océan, du contact avec la nature, avec la vie, qui est tel qu’il entraîne
les hommes au large de leurs familles, des femmes qui les aiment,
de la vie parfois. 


Plus on regarde « Le Grand Bleu » plus on approche l’esprit de son créateur.
Même si les personnages principaux sont inspirés de véritables plongeurs,
Luc Besson a écrit le premier jet de cette histoire seul, avec pour source d’inspiration son enfance. Nés de parents moniteurs de plongée, il a passé
ses premières années sous le soleil, en maillot de bain, en Grèce, en Italie,
partout où il faisait beau et où la mer était sa seule compagnie puisqu’il
n’est allée à l’école qu’à partir de l’âge de 9 ans. Le petit Jacques Mayol
qui va à la rencontre des murènes palmes aux pieds, c’est lui enfant. 

 

Pour ce film, Besson a fait équipe avec son tout premier collaborateur
face caméra, Jean Reno qu’il a introduit au cinéma avec
« Le Dernier Combat » (Besson avait alors 19 ans et c’était
son premier film) et « Subway »(et qui s'est doublé lui-même
dans la version US). 


 


 


Si le rôle emporté par Jean-Marc Barr, alors inconnu, est celui du
personnage central de l’histoire, d'un homme en décalage total
tant il vit hors des préoccupations habituelles des humains et surtout
du monde adulte, celui de Jean Reno porte à lui seul les deux tiers
du film. Il incarne à merveille l’orgueil, l’humour, l’amitié, la passion
d’une scène à l’autre, d’une minute à la suivante. Et d’un air
terriblement sérieux balance ses répliques qui font réfléchir
(« quoi qu’il arrive t’es pas tout seul, c’est ça l’amour »), sourire voire
hurler de rire (« je prendrais la chambre de notre chère « comtessa »,
elle est allée s’installer au cimetière, c’est bien plus confortable pour elle ! » ;
« T’as pas d’autres chaussures ? Alors c’est très chic » face au mélange
costard et baskets de Jacques Mayol/Jean-Marc Barr, ensemble loin
d’être à la mode à l’époque). C’est l’union de ces deux acteurs qui scelle
la destinée de ce film hors norme. 

 
Enzo et son petit frère (celui du sang) qui est son manager :
"dans mon village on a dicton... (au frère) comment on dit déjà ? 
_ J'ai oublié. 
_ Où vous voulez en venir ? (demande l'interlocuteur) 
_ Laisses tomber." 


Bien sûr, il y a le charme fragile et sensuel de Rosanna Arquette,
la beauté des paysages, la chaleur du soleil et l’infinité de la mer,
mais sans le subtil mélange d’amitié, de rivalité qui unit ces deux
êtres à travers leur passion pour la mer, il n’y a pas d’histoire. C’est
leur duo qui vaut la peine d’être vu, analysé, savouré. On pourrait
presque y voir une forme d’amour à rebours, un amour fraternel,
que rien, pas même la mer, ne peut séparer. 


 

Bien entendu, on ne peut parler du « Grand Bleu » sans citer
la fantastique bande originale qui l’accompagne dès les
premières images. Eric Serra, pareillement encore peu connu à
l’époque, a créé une palette de compositions variée mais toujours
tournée vers les échos de la mer, du soleil, de l’évasion avec juste
une dose mesurée de punch ou de folklore suivant les lieux de
certaines scènes (le retour de Johanna Baker / Rosanna Arquette
à New York, son déplacement professionnel dans les Andes…). 

Bien que Besson et Serra soit un duo sans compromis, cette musique
reste pour moi la plus belle œuvre du compositeur de même que ce
film est la plus belle œuvre de Besson. 

 

Si je pouvais, j’en parlerai encore mais est-ce utile ?
Après tout, « Le Grand Bleu » invite à une seule chose : la liberté.

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