01 juin 2018

AVEC L'ALLIANCE LEGA + M5s EN ITALIE LA DONNE ECONOMIQUE RISQUERAIT DE FAIRE IMPLOSER L'EURO DE L'U.E D' OU LE NON DE MATTARELLA

dernière minute ...

L'ITALIE A ENFIN PU CONSTITUER UN NOUVEAU GOUVERNEMENT AVEC LA MAJORITE DES DEUX PARTIS QUI ONT GAGNE LES ELECTIONS DU 4 MARS 2018 : LA LEGA ET M5S

 

VIVA ITALIA !

 

cover-r4x3w1000-5b10d9a0dbda2-000-15i7ef

Italie : Conte Premier ministre, Salvini à l’Intérieur, Di Maio au Travail !

SOURCE : Publié le 31 mai 2018 - par Gérard COUVERT

Gérard Couvert-239

 Gérard COUVERT Editorialiste

Après une journée harassante et confuse, emplie de petites phrases cajoleuses ou assassines, de confidences de seconds couteaux, et de fuites journalistiques, la nouvelle est tombée à 18 h 58 : dans une note conjointe Salvini et Di Maio déclaraient que les conditions politiques d’un accord étaient réunies. A 19 h 40 Cottarelli remettait son mandat entre les mains du président Mattarella, qui aussitôt convoquait Giuseppe Conte à 21 heures. Ce soir nous savons que les ministres prêteront serment à 16 heures le 1er Juin.

Alors qu’hier en fin de journée Di Maio semblait en perte de vitesse, contesté dans son parti, accumulant les gaffes, Salvini au contraire, avec calme et joliesse, tissait sa toile et paraissait proche d’emporter toute la mise. Aujourd’hui, même si le Partito Democratico estime que le pire populisme de droite arrive au pouvoir, le gain de Salvini est moins éclatant et celui de Movimento Cinque Stelle plus affirmé. Que s’est-il passé ?

La Lega est en hausse, beaucoup au détriment de Forza Italia, d’où la main tendue de Berlusconi, M5S aussi progresse, les sondages récent indiquaient, en cas de vote le 29 juillet, une plus forte abstention des classes les plus pauvres et des jeunes, donc de l’électorat M5S, soumis en plus à une remontée du Parti Démocratique (Renzi étant sur la touche) ; mais un autre est venu bouleverser les conclusions que l’on pouvait en tirer : si les électeurs de La Lega sont les plus fidèles ils sont aussi nombreux parmi la petite moitié d’Italiens qui partent en vacances. Matteo n’a pas voulu relancer et à abattu son jeu.

Voici donc la liste des ministres et chargés d’affaires, car en Italie la création d’un ministère est une affaire compliquée.

DeiyT8cX0AER-Ic

Pour la Lega :

* Matteo Salvini, vice-premier ministre, ministre de l’intérieur (sans le tourisme qu’il revendiquait)

* Giancarlo Giorgetti (bras droit de Salvini) sous-secrétaire à la présidence ; c’est un poste clef

* Giovanni Tria, économie (nettement moins anti-euro que Paolo Savona)

* Giulia Bongiorno, administration publique (en Italie ce n’est pas rien !)

* Erica Stefani , affaires régionales et autonomie (le dada de la Lega)

* Lorenzo Fontana (vice-secrétaire générale de La Lega), familles et handicapés

* Gian Marco Centinaio, politique agricole et alimentation (dada de Salvini)

* Marco Bussetti, instruction publique.

 

view

Pour le Movimento Cinque Stelle :

* Di Maio, vice-premier ministre, développement économique et Travail (risque maximum pour lui)

* Riccardo Fraccaro rapport avec le parlement et démocratie directe (fond de commerce de M5S)

* Barbara Lezzi (pour contrebalence Erica Stefani)  Sud (au début n’était pas prévu, tristement célèbre et fantomatique !)

* Alfonso Bonafede, Justice (désastreux pour les centristes et la droite libérale)

* Danilo Toninelli infrastructures et transport (et pas Mauro Coltorti plus radical)

* Alberto Bonisoli culture et tourisme (une nouveauté en Italie où il n’y avait qu’un ministre des « biens culturels »)

* Elisabetta Trenta défense

* Giulia Grillo santé (compromis sur la vaccination)

Pas affiliés :

* Paolo Savona, celui qui était refusé par le président, aux affaires européennes (une semi-provocation)

* Enzo Moavero Milanesi affaires étrangères, et non pas le francophile Luca Giansanti (une espèce de technicien centriste ! ancien ministre de Monti)

* Général Sergio Costa, environnement et protection du territoire ( en Italie les tremblements de terre, incendies, et glissements de terrains sont fréquent).

Demain Salvini sera le ministre de l’intérieur qui à promis aux Italiens de régler le problème de l’invasion africaine, et Di Maio celui du travail dans un pays ou un jeune sur trois est au chômage.

Dans les mois qui viennent, il sera passionnant de voir lequel des deux populistes, parvient le mieux à suivre ce conseil de Machiavel « Chi viene eletto principe col favore popolare deve conservare il popolo come amico », l’autre méditera ce proverbe latin « il n’y a pas loin du Capitole à la roche Tarpéienne ».

Gérard Couvert

DiMaioConteSalvini

Europe

Avec un gouvernement mené par Conte, les populistes s'installent au pouvoir en Italie

SOURCE  ; Par Challenges.fr le 01.06.2018 à 07h29

Italia-Movimento-5-Stelle-Lega-Nord-692x360-1728x800_c

Après près de trois mois de tractations, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) ont trouvé un compromis avec le président italien Sergio Mattarella. Le gouvernement sous la direction de Giuseppe Conte doit prêter serment ce vendredi après-midi à 16 heures.

Le premier gouvernement d'alliance entre un jeune mouvement antisystème et un parti d'extrême droite doit prêter serment vendredi 1er juin après-midi à Rome, sous la direction de Giuseppe Conte, un juriste complètement novice en politique qui a promis une politique anti-austérité et sécuritaire. Après près de trois mois de tractations et de rebondissements inédits même pour un pays rompu aux crises politiques, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) ont trouvé un compromis avec le président Sergio Mattarella, qui exigeait des garanties sur le maintien de l'Italie dans la zone euro.

Le président avait opposé un veto spectaculaire à une première liste dimanche soir. Mais jeudi soir, il a signé avec un soulagement visible une liste amendée de ministres qui doivent prêter serment à 16h00 (14h00 GMT) et demander la confiance du Parlement en début de semaine prochaine. C'est donc M. Conte, un professeur de droit et avocat de 53 ans totalement inconnu quand il a été choisi il y a 15 jours par le M5S et la Ligue, qui sera assis à côté de M. Mattarella samedi pour la parade militaire de la fête nationale.

Et lui qui assurait encore son cours à l'université de Florence jeudi matin représentera l'Italie la semaine prochaine au sommet du G7 au Canada. Au premier rang pendant la campagne et encore plus pendant les mois de tractations, Luigi Di Maio, chef de file du M5S, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, sont désormais vice-Premiers ministres, le premier chargé du Développement économique et du Travail, et le second de l'Intérieur.

Equipe resserrée de 18 ministres

Le très sensible ministère de l'Economie et des Finances revient à Giovanni Tria, un professeur d'économie politique proche des idées de la Ligue en matière fiscale mais favorable au maintien de l'Italie dans l'euro. Au départ pressenti pour ce poste, Paolo Savona, l'économiste de 81 ans qui considère l'euro comme "une prison allemande", devient ministre des Affaires européennes.

Il sera flanqué du très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant 20 ans à Bruxelles et a été ministre des Affaires européennes de Mario Monti et d'Enrico Letta (2011-2014), qui devient ministre des Affaires étrangères.

Au final, une équipe resserrée de 18 ministres, dont seulement cinq femmes, qui place quasiment à égalité les deux alliés, même si la Ligue n'a obtenu que 17% des voix aux élections législatives du 4 mars, contre plus de 32% pour le M5S.

La réaction des marchés financiers, qui se sont montrés fébriles ces dernières semaines avec en particulier une envolée du "spread", l'écart entre les taux d'emprunt allemand et italien à 10 ans, est très attendue vendredi. Les investisseurs jugent le programme des deux alliés dangereux pour les comptes publics italiens, mais beaucoup redoutaient encore plus un éventuel retour aux urnes dans les prochains mois.

120242467

"Contrat de gouvernement"

"Nous allons travailler avec intensité pour réaliser les objectifs politiques que nous avons annoncés dans le contrat de gouvernement. Nous travaillerons avec détermination, pour améliorer la qualité de vie de tous les Italiens", a promis M. Conte jeudi soir après avoir présenté son équipe. Ce "contrat de gouvernement", négocié pendant 10 jours et dévoilé il y a deux semaines, tourne résolument le dos à l'austérité et aux "diktats" de Bruxelles, et parie sur une politique de croissance économique pour réduire la colossale dette publique italienne.

Il promet un abaissement de l'âge de la retraite, des baisses d'impôts draconiennes -- cheval de bataille de la Ligue -- et l'instauration d'un "revenu de citoyenneté" de 780 euros par mois -- promesse phare du M5S.

Synthèse de deux philosophies politiques, il présente aussi bien la rhétorique du M5S sur l'environnement, les nouvelles technologies ou la moralisation de la vie publique que le tour de vis sécuritaire, anti-immigrés et anti-islam de la Ligue, alliée en Europe du Front national français.

"Sans promettre de miracle, je peux dire que j'aimerais bien qu'après les premiers mois de ce gouvernement du changement, on ait un pays avec un peu moins d'impôts et un peu plus de sécurité, un peu plus d'emploi et un peu moins de clandestins", a lancé M. Salvini jeudi soir devant ses partisans, confirmant le ton de sa campagne. Il a promis "une approche culturelle légèrement différente", avec par exemple "un bon coup de ciseaux" dans les fonds destinés à l'accueil des demandeurs d'asile.

1200px-Capitoline_she-wolf_Musei_Capitolini_MC11811200px-Capitoline_she-wolf_Musei_Capitolini_MC11811200px-Capitoline_she-wolf_Musei_Capitolini_MC1181

************************************************************************************************

29 mai 2018 Publié par

 

SOUTENONS LES ITALIENS

 
ET LE GOUVERNEMENT

 

QU’ILS ONT

 

DÉMOCRATIQUEMENT ÉLU

 

[deuxième partie]
(Jean Goychman)

 

16517576

Share Button

Sergio Mattarella

Les choses se sont accélérées en Italie depuis le dimanche 27 mai. En refusant de nommer Pablo Savona, ancien banquier opposé à la monnaie unique, au poste de ministre des finances, le président italien Sergio Mattarella a conduit le Premier Ministre Giuseppe Conte, qu’il venait pourtant de confirmer dans son poste, à la démission.

 


Première partie (rédigée avant le coup d’État du dimanche 27 mai 2018) : cliquez ici.


 

Une décision contestable du président Mattarella

Carlo Cottarelli

La lecture de la constitution italienne n’est pas d’une aveuglante clarté quant aux pouvoirs du président, dont le rôle exécutif est assez limité, voire formel. Cela donne une impression de panique chez les eurocrates qui ont l’air bien décidés à employer tous les moyens pour garder leur mainmise sur les peuples européens. N’étant plus au stade des politesses feutrées et des atermoiements de circonstances, Sergio Mattarella ne fait pas dans la dentelle et va nommer comme Président du Conseil un certain Carlo Cottarelli, ancien haut dirigeant du FMI.

 

Choix subtil ou provocation délibérée ?

Après tout, l’Italie n’a plus de gouvernement depuis le mois de mars. Le choix de Giuseppe Conte était un choix plutôt consensuel que Mattarella avait finalement approuvé. Il ne pouvait pourtant feindre d’oublier le résultat sans équivoque des dernières élections, dans lesquelles plus de 70% des participants avaient voté contre le système européen actuel. Le programme de gouvernement choisi par la coalition de la Lega et du M5S était également sans ambiguïté et conforme au souhait majoritairement exprimé par le peuple italien. Si cela n’avait pas plu au président italien, rien ne l’empêchait de démissionner car, après réflexion, il pouvait considérer qu’il ne représentait plus un courant majoritaire, son parti chrétien démocrate ayant subi un net revers.

Or, non seulement il se maintient, mais il nomme un Président du Conseil qui n’a quasiment aucune chance de se voir voter la confiance, étant plutôt, de par son action passée, notamment au FMI, aux antipodes des aspirations de la nouvelle majorité. Ils l’avaient même surnommé « Monsieur ciseaux » ce qui en dit long…

Dans ces conditions, il paraît très probable qu’il ne puisse se maintenir longtemps en fonction. Il y a donc fort à parier que les électeurs italiens seront bientôt invités à revoter.

Ce schéma peut-il se reproduire longtemps ?

Personne ne le sait. Tout dépendra du résultat des prochaines élections, si elles ont lieu. Mais jusqu’à présent, on a plutôt constaté que les partisans d’une Europe « intégrée » n’étaient pas du genre à s’avouer vaincus par un vote populaire, qu’ils baptisent volontiers de « populiste ». Ils seraient même plutôt enclins à faire revoter jusqu’à l’obtention d’un résultat qui leur serait favorable.

Cela peut se produire par lassitude des électeurs qui ont le sentiment qu’ils ne servent à rien et que la démocratie n’est finalement qu’un leurre, une sorte d’attrape-gogos qui n’engage « que ceux qui y croient ».

Seul résultat tangible, les europhiles ont gagné quelques mois. Mais il y a aussi le risque de voir la coalition Lega–M5S exploser en vol, et c’est probablement leur espoir secret. Ils connaissent les divergences qui existent et on peut compter sur eux pour les mettre en lumière et, si possible, les aggraver.

Le peuple doit tenir bon et ne pas se laisser berner

Certains journaux allemands n’ont pas attendus pour jeter « de l’huile sur le feu » en réagissant promptement aux propos de Pablo Savona qui avait décrit l’euro comme une « geôle allemande ».

En réponse, Der Spiegel écrivait :

« La Ligue et le M5S sont « des pique-assiette » : comment pourrions-nous définir autrement le comportement d’un pays qui demande de financer le farniente et qui menace ensuite ceux qui sont sommés de régler leurs dettes ? Au moins, les clochards disent merci quand on leur donne quelque chose. »

Ces propos sont d’autant plus déplacés que la dette italienne appartient presque entièrement… aux Italiens.

 

Faisons confiance aux italiens

La meilleure façon de ressouder un peuple qui aurait tendance à se diviser est de l’attaquer de l’extérieur. Beaucoup de nations (dont la nôtre) se sont construites ainsi. S’ils acquièrent la certitude que le danger peut venir de l’étranger, même les plus europhiles des italiens (et Dieu sait combien ils étaient nombreux à s’enthousiasmer pour l’Europe il y a 60 ans) pourraient alors s’en détourner et faire passer la réalité nationale italienne devant ce qui se révèle de plus en plus comme étant une « tromperie européenne ». Quand un peuple entier se met en marche et qu’il a confiance dans ceux qui le dirige, plus rien ne l’arrête.

 

Quelles sont les perspectives ?

Cette actualité italienne met en évidence un autre phénomène : celui du divorce de plus en plus marqué entre les peuples européens et les élites qui prétendent les diriger. Tout se passe comme si les élections n’avaient pas lieu ou, pire encore, ne changeaient rien.

En Espagne Mariano Rajoy, par exemple, bien que battu électoralement est toujours en place. En Angleterre, personne ne peut dire si le BREXIT aura bien lieu, alors que le résultat du référendum était sans appel. En Allemagne même, la nouvelle coalition d’Angela Merkel est strictement identique à l’ancienne, alors que les électeurs avaient clairement marqué leur désapprobation, notamment concernant la politique d’immigration. Tout ceci donne l’impression d’une Union Européenne « en pilote automatique » et dont le seul objectif des dirigeants serait de se maintenir coûte que coûte dans leur fauteuil. Et cela dure depuis des années.

 

Les élections européennes de 2019 vont être cruciales

Car les choses ne se calmeront pas. La politique du « rien ne bouge » n’a jamais donné de bons résultats. Les élections européennes de l’année prochaine (à moins qu’elles soient supprimées pour cause de populisme) seront une véritable croisée des chemins. Les peuples majoritairement opposés à l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui auront l’occasion de s’exprimer simultanément et la raclée risque d’être sévère. Le seul argument qui nous est opposé est celui de la ruine qui nous guetterait immanquablement si nous ne votions pas « bien ». En d’autres mots, cela s’appelle du chantage. Et c’est totalement faux ! Nombres d’économistes, parmi lesquels on trouve de grands noms, dont la liste s’allonge chaque jour, n’hésitent plus à conseiller de quitter cette monnaie unique qui renforce les États économiquement forts au détriment des plus faibles, alors qu’elle avait été créée (soi-disant) pour faire l’inverse.

Que les électeurs européens s’en souviennent l’année prochaine…

 

Jean Goychman
29/05/2018

**********************************

 

 

 

Italie: l’Europe contre les peuples (épisode 3)

 

Quand le peuple a tort, il faut lui faire entendre raison

 

L’Irlande et la France l’ont appris lors des référendums européens de 2005 et 2008: quand le peuple a tort, il faut lui faire entendre raison. En Italie, le chef du gouvernement désigné, Giuseppe Conte, a renoncé à devenir président du Conseil après que le président de la République, Sergio Mattarella, a refusé la nomination d’un ministre des Finances eurosceptique.


Sergio Mattarella, président de la quatrième économie européenne, a donc pris la lourde responsabilité de bloquer le processus démocratique en Italie. Il s’est, en effet, opposé à la désignation de certains ministres proposés par le président du Conseil, Giuseppe Conte, mandaté par Luigi Di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue du Nord), larges vainqueurs du dernier scrutin législatif. Giuseppe Conte voulait notamment nommer aux Finances l’eurosceptique Paolo Savona.

Le peuple italien sera « européen » ou ne sera pas

La presse en général, française en particulier, diffuse massivement la fausseté selon laquelle ce président serait dans son droit en garantissant le respect des traités européens et l’euro. Or les pouvoirs du président de la République sont strictement délimités par les articles 87 et 92 de la constitution italienne. « Il représente l’unité nationale (…) ratifie les traités internationaux après, s’il y a lieu, l’autorisation des Chambres (ratifica i trattati internazionali, previa, quando occorra, l’autorizzazione delle Camere). Il a le commandement des Forces armées, préside le Conseil suprême de défense constitué suivant la loi, déclare l’état de guerre décidé par les Chambres »,précise l’article 87. Quand l’article 92 déclare : « Le président de la République nomme le président du Conseil des ministres et, sur proposition de ce dernier, les ministres (Il Presidente della Repubblica nomina il Presidente del Consiglio dei ministri e, su proposta di questo, i ministri) ».

 

A lire aussi: L’Italie et l’euro: bella ciao ?

 

Or, ce dimanche soir, le chef du gouvernement désigné par la coalition représentant plus des deux tiers des Italiens, Giuseppe Conte, a renoncé à ses fonctions en raison du refus juridiquement injustifié de Sergio Mattarella de nommer le gouvernement choisi par les vainqueurs de l’élection. On voit bien que le maintien dans l’euro et dans l’Europe est l’impératif sous-jacent. Il y aura donc probablement de nouvelles élections et entre-temps, pendant 3 ou 4 mois, un gouvernement transitoire désigné par Sergio Mattarella, et sans doute présidé par Carlo Cottarelli, un apparatchik du Fonds monétaire international (FMI), convoqué dès lundi par Mattarella, ce qui en dit long sur les puissances effectives qui se substituent désormais aux démocraties en Europe.

« Il est inutile d’aller voter… »

Comment le peuple italien va-t-il réagir, ainsi frustré de son choix démocratique ? Le système européen, euro compris, est à bout de souffle et discrédité, et ceux qui en tirent des profits personnels, ainsi que le système financier mondial, ont décidé de ployer les peuples. Sergio Mattarella (cynisme ou inconscience ?) l’a même clairement reconnu :« La désignation du ministre de l’Économie constitue toujours un message immédiat de confiance ou d’alarme pour les opérateurs économiques et financiers », a-t-il expliqué à la presse. « J’ai demandé pour ce ministère un représentant politique de la majorité cohérent avec l’accord de programme (…) qui ne soit pas vu comme le soutien à une ligne qui pourrait provoquer la sortie inévitable de l’Italie de l’euro. » Matteo Salvini et Luigi Di Maio ont immédiatement pris le pays à témoin et dénoncé un coup de force contre la démocratie« Il est inutile d’aller voter, puisque les gouvernements ce sont les agences de notation, les lobbies financier et bancaire qui les font », a osé Luigi Di Maio. « Nous ne sommes pas une colonie des Allemands ou des Français », a rappelé Matteo Salvini.

Sergio Mattarella, ministre membre de la démocratie chrétienne jusqu’à la disparition de ce parti dans des scandales de corruption en 1994, a tout de même surnagé. Il est devenu président grâce à l’appui de Matteo Renzi en 2015. Une certaine eurocratie défend, semble-t-il, ses privilèges et tente de subjuguer le peuple italien comme elle l’a fait avec son cousin grec. Tout s’est mis en place pour le grand dénouement final européen. Les responsables n’en seront pas les peuples d’Europe mais ceux qui ont essayé d’en profiter.

**********************************************************************************************

 

 

 

 

SOURCE : 25 MAI 2018 PUBLIÉ PAR 

SOUTENONS LES ITALIENS

 


ET LEUR GOUVERNEMENT

 


Editorial de Jean Goychman

ElecItaliePB

Share Button

Pour alléger le texte et faciliter son meilleur entendement, nous avons placé des liens (en bleu-roi) sur lesquels nous vous invitons vivement à cliquer. Après consultation, « retour arrière » (⇐) pour revenir à l’article.
Et, comme d’habitude, cliquez sur les images pour les agrandir. Ensuite, « retour arrière » (⇐) pour revenir à l’article.
Merci pour votre compréhension.

Minurne-Résistance

 


 

Les deux partis arrivés en tête des élections italiennes se sont mis d’accord sur un programme de gouvernement. Ils ont également présenté au président italien un Premier Ministre, Giuseppe Conte.

Aussitôt, tous les partisans d’une Europe « intégrée », comme disait de Gaulle, se sont empressés de dénoncer « l’aventurisme » de ce projet gouvernemental, qui semble préférer l’amélioration du sort du peuple italien à l’application stricte d’un dogme budgétaire.

 

L’oligarchie financière, ennemie des peuples

Sergio Mattarela

Président de l'Italie

Avant même que le Premier Ministre soit accepté par le président italien, Sergio Mattarella (qui ne pourrait pourtant que difficilement s’opposer à cette nomination) a demandé un temps de réflexion. Tout au plus peut-il la retarder en donnant ainsi un signe de « prise de distance » avec le programme du futur gouvernement. Mais ne soyons pas dupes, ces réactions « à chaud » sont souvent épidermiques. Plutôt que d’essayer de rameuter à cor et à cris l’opinion publique dans sa fraction bien-pensante et partisane d’une Europe fédérale, toute cette oligarchie financière devrait plutôt s’interroger sur les causes de cette situation.

Ils ont imposé, au travers de l’Euro, une monnaie basée uniquement sur une dettecréée par la BCE (Banque Centrale Européenne) à partir de rien[cliquez sur ces 2 liens différents]. Elle peut imprimer cette monnaie comme bon lui semble sans aucune limite, et elle ne s’est pas fait prier pour le faire. Bien sûr, les contribuables de la zone euro se retrouvent, malgré eux, prêteurs en dernier ressort. Pourquoi la BCE ne peut-elle imprimer directement des euros qu’elle prêterait sans intérêt aux États de la zone Euro ? – Parce que cela ne rapporterait strictement rien aux banquiers internationaux !

 

On brandit l’épouvantail de la dette…

La plupart de nos concitoyens ignorent à peu près tout du système de création monétaire.

« Quel bon tour on leur a joué ! »
(à droite : Alexis Tsipras)

Cela vaut sans doute mieux pour la tranquillité de ceux qui nous dirigent. Dès qu’un gouvernement « non-aligné », issu d’un scrutin démocratique, entend ne pas se soumettre au « diktat » de la dette, et c’est le cas du gouvernement italien, comme ce fut celui du gouvernement grec avant qu’Alexis Tsipras ne décide, une fois son élection assurée, de trahir ceux qui avaient cru en lui (voir la lettre de Mikis Theodorakis à Tsipras). Nous avons tous en mémoire les « négociations » qui ont précédé cette reddition. C’est d’autant plus curieux que, contre toute attente, le référendum gagné le mettait en position de force et lui permettait de quitter unilatéralement l’Europe et l’euro sans que le peuple y trouve à redire. Certes, la dette grecque, comme la dette italienne, sont très importantes. Et après ? – Tout le monde de la finance sait depuis des décennies que ces dettes publiques, dont le niveau proprement ahurissant dépasse trois fois le PIB mondial, ne seront jamais remboursées. Et même si elles l’étaient, les créanciers ne pourraient que détruire ces remboursements, puisqu’elles ont été créées ex-nihilo. Cela n’arrivera jamais pour une raison très simple : il n’y aurait plus la moindre monnaie en circulation…

 

L’intérêt de la dette, ce sont les intérêts versés

Car ces dettes représentent, pour ceux qui les détiennent, une véritable rente.

Le PIB annuel mondial est de l’ordre de 60.000 milliards de dollars. La dette mondiale s’élevait à fin 2017 à 217.000 milliards de dollars. Je vous laisse imaginer le montant des intérêts encaissés. Mais le plus grave est que, si la dette est créée à partir de rien, les intérêts qui sont versés sont en argent « réel », celui qui provient du travail physique ou intellectuel des êtres humains qui peuplent la planète. Et cet argent va simplement enrichir un peu plus ceux qui ont le droit de « créer de la dette » Pour eux, tout va bien. Ou presque…

Le pactole peut disparaître

thumb2-a-lot-of-money-wads-of-money-euro-3d-money-mountain-of-money

Car deux menaces, a priori différentes, risquent de chambouler la donne.

La première est liée à l’instabilité du système financier.

Ce n’est pas le tout de créer de la monnaie, même à partir de rien. Encore faut-il qu’elle aille quelque part ! Jusqu’à présent, cette manne qui n’a rien de céleste, ne s’est pas diffusée dans l’économie « réelle » (celle des entreprises) mais a surtout servi à alimenter des « bulles », image empruntée aux bulles de savon, qui, comme ces dernières, finissent toujours pas éclater. Et les dommages collatéraux peuvent être colossaux. Et en première ligne de danger, on trouve certaines grandes banques internationales.

La seconde vient de la montée d’un phénomène péjorativement appelé le « populisme ». Et c’est le plus dangereux vu par nos élites dirigeantes. Jusqu’à présent, les peuples ne les intéressaient qu’au travers des résultats électoraux. Les progrès, à la fois dans le domaine technologique, mais également psychologique, permettent en effet d’orienter les bulletins de vote vers le ou les candidats souhaités, tout en donnant l’illusion du parfait respect de la démocratie. Mais là aussi, il existe une limite. Les peuples ont de la mémoire et lorsqu’ils constatent que les changements de personnes successifs ne modifient en rien les politiques suivies, ils en tirent les conséquences.

16517576

Les peuples veulent être entendus

Sous la poussée mondialiste de l’après-guerre, une nouvelle architecture a vu le jour, notamment en Europe, dans laquelle les États-nations devaient progressivement se fondre en une seule entité. Certaines voix, dont celles du général de Gaulle, qui voyait dans les nations « les seules réalités internationales » n’ont pas été écoutées. Les peuples se sont vus, d’une manière insidieuse, dépossédés de leur souveraineté. Pas trop regardants au départ, ils se sont rendu compte que le système du libre-échange généralisé augmentait les écarts entre des riches-toujours-plus-riches et des pauvres-toujours-plus-pauvres. Si la première génération de la guerre l’a admis, les suivantes sont devenues plus critiques et on estime que seulement 30% de la population de l’Union Européenne soutiendrait encore cette vision de l’Europe. Ce retour des nations est une réalité palpable qui ne peut plus être ignorée et le concept flou de souveraineté européenne sans qu’il y ait réellement un peuple européen apparaît comme un leurre.

 

Dd5e2FNV0AAEVPo

Le Président d'Italie MATTARELLA en empêchant le nouveau premier ministre tout juste nommé Giuseppe CONTE de constituer son nouveau gouvernement ce dernier a préféré démissionner face au dictate du Président mondialiste MATTARELLA ... à suivre ...

La succession des réveils

Cela a commencé par la révolte du peuple grec en 2010, puis les montées des partis qualifiés de « populistes » lente mais régulière élection après élection. En 2014, le Front National devenait le 1er parti de France en nombre de suffrages exprimés lors des élections européennes. Et ce fut la Hollande, le BREXIT en 2016, l’Autriche en 2017 et l’Italie tout récemment. En même temps, une immigration volontairement non-contrôlée provenant du Moyen-Orient et de l’Afrique avait fait brutalement prendre conscience aux peuples que la disparition des frontières les rendait vulnérables. Ce grand retour des Nations se constate également aux États-Unis, en Russie et en Chine.

La situation devient préoccupante pour les mondialistes partisans des échanges « multilatéraux », en clair le libre-échange généralisé.

 

L’Italie risque de subir un sort « exemplaire ».

Le projet de gouvernement proposé par « La Ligue » et le parti « M5S » met clairement en évidence un refus de suivre la politique d’austérité imposée par Bruxelles. Or, l’Italie est la 3ème économie européenne. Logiquement, la réalisation de ce programme devrait la conduire à sortir de la zone euro afin de récupérer sa souveraineté monétaire. Stephen Goodson montre clairement que les États dont la monnaie est contrôlée directement par le pouvoir politique s’en sortent mieux économiquement que ceux qui ont confié le contrôle de leur monnaie à une banque centrale indépendante et hors de leur souveraineté [1]. On peut d’ailleurs constater qu’en France, la dette publique a commencé à croître exponentiellement après l’adoption de la loi du 3 janvier 1973, interdisant au Trésor Public de « présenter ses effets à la Banque de France »

Il est donc très probable que les tenants du libre-échange généralisé vont s’opposer par tous les moyens à la réalisation de ce programme italien 

qui représente pour eux un enjeu majeur. Laisser l’Italie sortir de l’euro implique, dans l’état actuel des traités, qu’elle quitte l’Union Européenne. On ne voit pas comment, amputée d’un de ses membres fondateurs, celle-ci pourrait continuer d’exister sous sa forme actuelle, plus proche d’un « empire technocratique » que d’une fédération d’États.

On fait souvent référence aux « États-Unis d’Europe ». Ceci n’est qu’un artifice de plus qui ignore volontairement une réalité pourtant évidente : derrière les États-Unis d’Amérique, il y a d’abord et avant tout un peuple Américain qui a fondé la Nation Américaine. Cela n’est pas le cas de l’Union Européenne dans laquelle les peuples tiennent à conserver leur identité et leur souveraineté.

On voit que les mois prochains vont s’avérer cruciaux et qu’aucun peuple européen ne peut se tenir à l’écart et se doit de manifester son soutien à ce combat pour la souveraineté retrouvée du peuple italien.

 

Jean Goychman
24/05/2018

 

[1] Histoire des Banques Centrales, de Stephen Goodson (éd. Omnia-Veritas).

1200px-Capitoline_she-wolf_Musei_Capitolini_MC11811200px-Capitoline_she-wolf_Musei_Capitolini_MC11811200px-Capitoline_she-wolf_Musei_Capitolini_MC1181

AVÉ CÉSAR CEUX QUI VONT MOURIR TE SALUENT !

AVÉ CAESAR MORITURI TE SALUTANT !

***********************************************************************

 

Italie : le gouvernement

 

 

 

Lega / M5s et la guerre

 

 

 

économique USA / Europe

 

Italie : le gouvernement Lega / M5s et la guerre économique USA / Europe

L’un de nos correspondants nous propose ici une analyse de la situation politique italienne. Un exposé en forme de prospective qui replace le contexte politique italien dans le cadre de la guerre économique accrue entre Union-Européenne et Etats-Unis que vient de rallumer Donald Trump autour de la question iranienne. 

Les Non-Alignés.

000_1540sv_0

Nouveau gouvernement italien, que se passe-t-il au juste ?

Les annonces fracassantes se succèdent à intervalles réguliers depuis l’annonce de l’accord de gouvernement entre la Ligue du Nord de Matteo Salvini et le Mouvement 5 étoiles de Luigi di Maio ; mouvements qui finalisent actuellement leur « contrat » politique au sujet des réformes à entreprendre et peaufinent la liste des ministres du prochain gouvernement italien. La situation évolue sans cesse mais les fuites sur les négociations laissent déjà entrevoir les points principaux des programmes respectifs du gouvernement commun des deux formations. Programme en réalité sans surprise mais qui suscite déjà une levée de boucliers au sein des institutions euromondialistes et de leurs supplétifs, italiens ou non. (1)

C’est qu’il y a comme un léger imprévu : certes un score important de la Ligue et du M5S avait été anticipé mais dans le camp euromondialiste, on espérait diluer les points les plus explosifs de ces programmes grâce à une super-coalition rendue nécessaire par la loi électorale afin d’atteindre une vraie majorité. Il est évident qu’un Salvini – même arrivé devant Berlusconi dans sa coalition de centre-droit – aurait dû mettre de l’eau dans son vin si les transfuges de centre gauche étaient venus lui apporter une majorité. Même problématique pour Di Maio qui, désormais représentant du premier parti d’Italie, aurait probablement dû effectuer une synthèse de son programme, avec encore une fois les forces d’appoints du centre gauche (qui malgré la sanction des urnes, auraient pu de nouveau se retrouver aux affaires). Un scénario un temps évoqué après que les premières négociations avec la Ligue aient échoués. Or, la situation s’est brusquement débloquée au moment même où le président de la République Mattarella allait proposer un « gouvernement technique » (euromondialiste) plutôt qu’un retour anticipé aux urnes, dans le but de « garantir les accords de réformes pris avec Bruxelles » (2) 

... Berlusconi levait alors son véto à une alliance de son partenaire Salvini avec Di Maio et commençait ainsi la synthèse « explosive » entre la Ligue et le M5S.

 

119259939

 

Une alliance qui propose une solution « souverainiste » à l’équation posée par la loi électorale perverse et qui semblait pouvoir n’être résolue que par la solution « technique » déjà prête sur le bureau de Mattarella …  Une solution que très peu ont crue possible mais anticipée en France par l’essayiste Michel Drac ou l’économiste Jacques Sapir (3). Dès lors une question se pose : qui est responsable de ce coup de maître, au dernier moment, possible révélateur d’une volonté de rééquilibrage de la souveraineté nationale ? Existe-t-il un « Etat profond » italien qui tente de reprendre actuellement la main ? Il est effectivement difficile d’attribuer aux seules personnalités de Salvini (l’anti-euro/pro-russe), de Di Maio l’anti-système ou encore de Berlusconi le mégalomane, ces revirements de dernières minutes. C’est pourquoi nous essaierons ici de regarder ce qui peut être en jeu en coulisse …

view

Les intérêts du capitalisme industriel italien à la manœuvre … avec l’aval des anglo-saxons ?

L’idée d’un « Etat profond italien » peut faire sourire mais l’Italie, qui n’est certes pas l’Allemagne, constitue toujours la deuxième puissance industrielle d’Europe, une puissance très exportatrice mais freinée depuis l’instauration de l’Eurozone. (4) Les grands groupes industriels du Nord irriguent tout un tissu de pme/pmi, à la manière du modèle allemand, autant d’acteurs économiques qui rêveraient d’un retour à la Lire (5). Un nord qui constitue une locomotive économique, ancien bastion électoral Berlusconien, qui bascule aujourd’hui vers la Ligue, suivi de près par les wagons du Sud qui ont quant à eux voté massivement M5S, récupérant au passage les abstentionnistes. Deux nouveaux partis émergent ainsi sur les ruines des anciens : la Ligue, qui incarne la révolte fiscale de la classe moyenne du nord préoccupée d’autre part par le déferlement migratoire et l’insécurité galopante ; le M5S qui capitalise quant à lui sur les déçus de la politique, en promettant d’incarner l’anti-système comme l’illustrent ses discours anti-corruption, sa volonté de réduction des coûts et ses promesses de moralisation de la vie politique. Lors de la campagne électorale et ensuite durant les tractations pour la formation du gouvernement, les deux partis vainqueurs ne se sont épargnés aucun coup et l’on voyait mal comment le « contrat de mariage » allait s’établir. Si bien que lorsque la dead-line fixée par Mattarella pour la constitution d’une coalition de gouvernement fut franchie, rien ne semblait plus faire obstacle à l’option d’un « gouvernement technique » provisoire, solution bien vue par Bruxelles, donc par Berlin. Mais, au même moment, Trump annonçait quant à lui la remise en cause de l’accord Iranien ; dans la foulée la Ligue et le M5S demandaient 24h supplémentaires afin de finaliser un accord puisque Berlusconi déclarait ne plus s’opposer à l’union de son partenaire Salvini avec le tant honni mouvement « justicialiste » fondé par Beppe Grillo afin d’obtenir une majorité. Comment un tel revirement, d’un gouvernement technique européiste à un gouvernement d’alliance entre populistes et souverainistes a-t-il pu se produire et sous quelles impulsions ?

L’énième potentielle pénalisation économique des grandes entreprises italiennes en Iran semble avoir été l’un des facteurs déclencheurs du brusque revirement politique : l’Italie en est le premier partenaire européen avec un très gros potentiel d’échange en perspective, près de 30 milliards d’euros (6). Un coup de massue qui intervient après la perte de la Libye et le conflit en Syrie ; une perte qui met en difficulté le groupe énergétique stratégique ENI, présent sur tous les gros gisements de la planète. Avec l’Iran, l’Italie semblait avoir trouvé une solution pour l’approvisionnement énergétique. Autre sujet crucial, les sanctions contre la Russie ; Russie où les grands groupes italiens sont très présents et particulièrement ENI (7). Jusqu’à présent l’Italie avait grogné mais ne pouvait pas se plaindre d’un manque de représentativité dans les institutions européennes : Mario Draghi à la BCE, Antonio Tajani à la présidence du Parlement Européen, Federica Mogherini haut représentant des affaires étrangères européennes, Emma Marcegaglia passée de la présidence de Confindustria –  « MEDEF italien » – à Business Europe – « MEDEF européen » – qui a pris position récemment sur la question iranienne (8). Cela n’empêcha cependant pas une nouvelle déconvenue : lorsqu’il fallut attribuer le nouveau siège de l’Agence Européenne du Médicament (qui quittait Londres, Brexit oblige), ce fût Amsterdam qui rafla la mise (cela même sans locaux disponibles) et non Milan avec son fameux gratte-ciel prêt à l’accueillir… (9) Décision jugée scandaleuse qui fit grincer des dents : l’Italie déposa alors un recours mais l’affaire fût attribuée à un juge … hollandais ! Aussi les relations entre Paris et Rome se sont passablement détériorées et pas seulement à cause de l’affaire libyenne : citons les attaques financières françaises sur le groupe Mediaset de Berlusconi et sur TIM (10) ou le contentieux autour de la reprise des chantiers de Saint Nazaire par le grand constructeur naval italien Fincantieri (11). Un mot d’ordre semble avoir fait son chemin dans les milieux d’affaires italien et c’est le suivant :   « Basta ! » Cela est signifié de manière diplomatique par l’actuel président de Confindustria (12) ou de manière brutale comme cela transparaît du brouillon de contrat de coalition du futur exécutif … Les reproches des milieux d’affaires ont fusé sur les gouvernants en charge à l’époque de la signature des pré-contrats avec l’ Iran (13) : pourquoi ont-ils sous-estimés les signaux de Trump et engagés les entreprises italiennes malgré l’incertitude ? Ces graves revers successifs mettent en danger la puissance industrielle italienne et on peut imaginer que ses représentants aient conseillé à Berlusconi de faire un pas de côté pour ne plus bloquer l’accord Ligue/M5s. Silvio a même fait mieux (ou pire) : le « trollage » pure et simple (nouvelle méthodologie politique contemporaine depuis la campagne de Trump ?) car après avoir donné son feu vert, il critique déjà le futur gouvernement et propose ses services à Mattarella pour le poste de premier ministre en tant que rempart pro-européen incontournable contre le populisme ! (14) On imagine l’embarras dans le camp euromondialiste …

Tout cela semble très bien piloté et l’idée générale qui en ressort est la suivante : l’incompétence des bureaucrates italiens incapables de défendre les intérêts économiques vitaux  de l’Italie nécessite une reprise en main de la situation. La sensation c’est que l’Italie prend acte du contexte contemporain d’une guerre économique globale et décide de se « réarmer ».

Voici les profils des ministrables qui gravitent autour de l’accord Ligue/M5S : si Salvini se réserve l’intérieur et Di Maio le ministère du Travail, les autres noms évoqués sont : Giampiero Massolo, ex-Fincantieri et ex-chef des services secrets pour la «Farnesina » (affaires étrangères) (15) Paolo Savona, ancien président de Confindustria et ancien ministre de l’industrie, en poste soit à l’économie, soit au Trésor. Paolo Savova qui a pris publiquement des positions critiques sur l’euro (16). Un candidat fortement souhaité par Salvini qui est attentif à tous les points de vue anti-euro, nombreux dans la Ligue (Claudio Borghi, Alberto Bagnai). Un consensus se dégage autour du juriste Giuseppe Conte pour le poste de premier ministre. ( * ).

Di Maio a loué le fait qu’il soit issu de la société civile et Salvini promet aux entreprises italiennes (petites et grandes …) qu’il est un adepte de la simplification bureaucratique (17). Si le reste des ministères doivent se distribuer de manière homogène entre la Ligue (qui vise aussi l’Agriculture et la Défense) et le M5s (qui se réserve la Justice et les Infrastructures), les critiques émises par Mattarella, aligné sur les positions européistes, envers certains des profils évoqués sont révélatrices de cette confrontation à haut niveau pour un changement de cap, avec renégociations tous azimuts des traités et remise en cause des sanctions contre la Russie.

Un peu à l’image de ce qui s’est passé en Amérique avec l’élection de Trump (toutes proportions gardées), nous assistons à une sorte de coagulation qui voit le capitalisme industriel italien prendre appui sur la révolte des classes moyennes afin de défendre ses intérêts vitaux et stratégiques. Des classes moyennes et productives désabusées par la caste politique italienne qui l’étrangle depuis des années par l’impôt et joue contre elles avec l’immigration sauvage et l’insécurité. Une évolution que l’on peut juger positive du point de vue souverainiste mais qui ne doit pas faire oublier qu’un autre niveau de décision chapeaute ces évolutions. Les rares prurits souverainistes survenus ses soixante dernières années dans la péninsule se sont toujours très mal terminés : Enrico Mattei patron de l’ENI mort dans un accident d’avion (à la manière de Christophe de Margerie, l’ancien patron de Total) ; le coup d’Etat avorté du Prince Borghese ou encore Bettino Craxi après l’affaire de Sigonella. La politique italienne d’après 1945 est surdéterminée par les intérêts de Londres et de Washington : plus qu’un vassal à souveraineté limitée, il s’agit d’un pays vaincu et occupé militairement par officiellement 59 bases US (18). Difficile dans ces conditions d’imaginer que l’accord Ligue/M5s ait pu se faire sans le consentement de Washington. La City de Londres, conditionnée par son Brexit, suit aussi de très près la situation italienne et pourrait éviter de déclencher une tempête financière comme celle qui emporta Berlusconi(19) (20)

Dd5e2FNV0AAEVPo

Des ministrables proviennent du réseau industriel italien Confindustria mais sont aussi inclus dans les cénacles d’influence globaliste comme la Trilatérale pour Massolo (nomination qui n’enthousiasme pas Salvini(21) ou encore l’Aspen Institute (dont le financement dépend des fondations Rockefeller et Ford) pour Savona (22). Un scénario d’ensemble prend forme : la remise en cause de l’accord iranien représente une énième pénalisation des intérêts économiques italiens, Washington et Londres donnent en compensation leur feu vert à une remise en cause de la zone euro sous domination Allemande. La liste de l’Aspen Institute Italia (23) est ainsi particulièrement instructive : on y retrouve encore Massolo et Marcegaglia mais aussi Enzo Moavero-Milanesi (ministrable aux affaires européennes), John Elkan (qui contrôle Fiat-Chrysler , petit-fils de Giovanni Agnelli, lui-même très lié à feu David Rockefeller), le fameux technicien Mario Monti (d’ailleurs responsable à l’époque de la nomination de Massolo aux services secrets) et enfin un nom sur lequel on peut s’arrêter quelques instants : Giulio Tremonti , également trilatéraliste et bilderberger, ancien ministre de Berlusconi dont la présentation de son essai « Mundus Furiosus » chez les nationalistes-sociaux de Casapound avait fait beaucoup de bruit l’an dernier. Tremonti plaide pour une Europe confédérée avec une redistribution du pouvoir central vers les Etats tout en gardant une politique commune sur les questions clefs comme la Défense dans le contexte instable de la mondialisation. Discours qui peut être entendu dans certains milieux qui ne se focalise pas sur la « Nation » mais qui adopte, comme le fascisme historique, la vision de la primauté « formatrice » de l’Etat sur la nation et ses intérêts. Fascisme dont certaines des réalisations sociales objectives ont été étonnamment réévalué au cours de l’année passée par certains médias officiels ainsi que par des personnalités politiques peu suspectes de sympathie envers la droite nationale italienne.  Une situation politique inédite se dessine en Italie, situation que l’invasion migratoire de la péninsule est peut-être en train de catalyser.

En définitive, nous verrons jusqu’où ce gouvernement sera accompagné dans la refonte du système italien – un gouvernement issu d’une aspiration légitime d’un Peuple au bord du précipice économique et démographique – ou bien s’il sera sacrifié sur l’autel d’intérêts impériaux qui pousseront Rome contre Berlin et Paris, ceci pour le compte de l’anglosphère. C’est tout l’enjeu de ses prochaines années dans la péninsule.

Romano S.R pour les non-alignés.

 

( * ) Depuis c'est fait il vient d'être nommé Premier Ministre du nouveau Gouvernement Italien cette semaine et prèpare la composition définitive de ce dernier ).

 

  1. https://www.firenzepost.it/2018/05/20/governo-giallo-verde-francia-e-europa-mettono-i-paletti-altola-di-macron-le-maire-e-dombrovskis/ et https://www.lesechos.fr/monde/europe/0301699615064-zone-euro-les-avertissements-de-bruno-le-maire-agacent-le-futur-pouvoir-italien-2177276.php
  2. http://www.repubblica.it/politica/2018/05/07/news/forza_italia_ronzulli_no_governo_presidente_consultazioni-195710406/
  3. Michel Drac :« Voir Macron » – scénario du printemps italien; https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201607151026702154-italie-ue-zone-euro/
  4. https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/3584_Presentation-generale-Italie
  5. Idem Jacques Sapir : L’euro est-il mort ? partie alberto bagnai
  6. http://www.ilgiornale.it/news/politica/stop-agli-investimenti-litalia-ora-rischia-27-miliardi-1524076.htmlhttp://www.startmag.it/economia/eni-ferrovie-maire-e-danieli-chi-teme-di-piu-in-italia-per-lo-strattone-di-trump-alliran/
  7. http://www.bloglobal.net/2013/10/gli-interessi-italiani-in-siria-un-parallelismo-con-la-guerra-in-libia-francia-e-italia-a-confronto.html et https://www.firstonline.info/sanzioni-usa-russia-a-rischio-8-progetti-anche-eni/http://www.ilsole24ore.com/art/impresa-e-territori/2017-02-07/la-russia-torna-radar-imprese-italiane-181547.shtml?uuid=AEx6YMQ
  8. https://www.milanofinanza.it/news/iran-marcegaglia-decisione-trump-crea-instabilita-politica-ed-economica-201805091241581026
  9. https://www.rtbf.be/info/monde/detail_agence-europeenne-du-medicament-recours-de-l-italie-contre-amsterdam?id=9826709
  10. http://www.tgcom24.mediaset.it/economia/mediaset-marina-berlusconi-bollore-come-attila-con-vivendi-contatti-interrotti-avanti-solo-con-le-cause-_3136166-201802a.shtml
  11. https://www.ilfattoquotidiano.it/2017/09/27/fincantieri-stx-tra-gentiloni-e-macron-finto-pareggio-ma-impegni-e-rischi-sono-tutti-per-litalia/3881618/
  12. https://www.interris.it/italia/confindustria-ammonisce–europa-imprescindibile
  13. http://www.ilsole24ore.com/art/commenti-e-idee/2015-02-17/se-nostri-interessi-li-tutelano-altri-071142.shtml?uuid=ABvgIyvC
  14. http://www.ilsussidiario.net/News/Politica/2018/5/18/Silvio-Berlusconi-Pronto-a-fare-il-Premier-se-Mattarella-chiama-a-Salvini-ho-detto-di-tornarsene-a-casa-/821561/
  15. http://www.ilsole24ore.com/art/notizie/2018-05-20/massolo-diplomatico-lungo-corso-candidato-farnesina–200423.shtml?uuid=AEZ1dgrE
  16. http://www.ansa.it/sito/notizie/economia/2018/05/22/savona-il-rigorista-da-prima-a-terza-repubblica-_263618bd-eb09-4e47-9863-eb72d781a18d.html
  17. https://www.corriere.it/politica/18_maggio_21/chi-giuseppe-conte-premier-che-viene-periferia-2d4fe228-5d18-11e8-9df6-a1f7c25f6df9.shtml?refresh_ce-cp
  18. http://www.treccani.it/magazine/atlante/geopolitica/Il_Pentagono_e_le_basi_militari_Usa_in_Italia.html
  19. http://www.ilsole24ore.com/art/notizie/2018-01-30/di-maio-city-rassicurare-investitori-ma-torna-ipotesi-asse-la-lega-no-euro-210225.shtml?uuid=AE0oDlrD
  20. http://www.ilsole24ore.com/art/notizie/2018-05-21/lega-missione-londra-tranquillizzare-mercati-210009.shtml?uuid=AELWwIsE
  21. https://www.huffingtonpost.it/2018/05/21/salvini-di-lotta-e-di-governo-la-lega-spinge-su-savona-alleconomia-e-punta-i-piedi-su-massolo-agli-esteri_a_23440129/
  22. https://it.wikipedia.org/wiki/Aspen_Institute
  23. https://it.wikipedia.org/wiki/Aspen_Institute

source:http://www.les-non-alignés.fr/italie-le-gouvernement-lega-m5s-et-la-guerre-economique-mondiale/

 

1200px-Capitoline_she-wolf_Musei_Capitolini_MC1181

 **********************************

« Les marchés apprendront aux Italiens à bien voter » : fallait oser !

SOURCE  :Publié le 30 mai 2018 - par  

Après l’ignoble trahison du président italien Sergio Mattarella, “l’ami de Macron”, qui a piétiné la démocratie pour faire barrage à la coalition antisystème M5S-Ligue, l’Italie se retrouve plongée dans une nouvelle crise institutionnelle.

On imagine combien le téléphone a dû chauffer entre Rome, Bruxelles, Paris et Berlin, pour que Mattarella, en bon petit soldat de la dictature bruxelloise, bloque la constitution d’un gouvernement eurosceptique, pouvant menacer à la fois l’euro et l’avenir de l’Union européenne.

L’UE est bien une dictature, capable de broyer les peuples en leur interdisant de décider de leur propre avenir. Ce qu’a fait Mattarella, dans le seul but de sauver l’Europe au mépris du peuple italien, est une ignominie.

L’UE et ses valets, Merkel, Macron et Mattarella ont carrément volé le vote du peuple italien. Ce sont des escrocs, des bandits de la politique.

Mais cette trahison aura peut-être l’effet inverse de celui espéré par les lèche-bottes de Bruxelles, que sont Macron et Merkel.

Car en barrant un gouvernement issu de la coalition M5S-Ligue, pour désigner Carlo Cotarelli afin de former un gouvernement pro-européen, Mattarella joue les apprentis-sorciers.

Ce gouvernement ne pourra pas obtenir la confiance du Parlement, ce qui conduira à de nouvelles élections. Tous les partis de droite et le mouvement M5S voteront contre.

Et la colère du peuple italien contre la décision inique de Mattarella est telle, que le mouvement M5S et la Ligue, pourraient ressortir considérablement renforcés de ces futures élections.

Car c’est en Italie que dorénavant on constate le sentiment anti-européen le plus élevé. 1800 migrants sont encore arrivés en Sicile ce week-end et 500 en Espagne…

Merkel et Macron étant considérés comme les responsables indirects de la crise italienne actuelle.

En attendant, on assiste à un sérieux coup de grisou sur la bourse italienne qui chute de 6% depuis le 24 mai.

Le taux d’emprunt à 10 ans s’est envolé de 2,18% à 3,14% en 5 jours !
Ce qui, pour un pays endetté à 132% de son PIB, augmente sérieusement la charge de la dette.

Et le spectre d’une explosion de la zone euro ressurgit.

L’été 2018 sera du même tonneau que celui de 2015, quand la Grèce était à deux doigts de quitter la zone euro.

On note aussi un effet contagion qui pénalise les pays les plus endettés, qui voient eux aussi les taux d’emprunt augmenter. Grèce, Portugal et Espagne subissent le contrecoup de la crise italienne.

Cette crise chronique de l’euro est bien la preuve que nos illuminés de Bruxelles sont de dangereux apprentis-sorciers, qui, par pure idéologie, on voulu créer une monnaie unique pour des pays aussi disparates que l’Allemagne ou la Grèce.

La monnaie d’un pays étant le reflet de son économie, comment l’euro peut-il être à la fois le reflet de la puissante économie allemande et celui d’une économie grecque sous perfusion depuis des années ?

L’euro est un non-sens économique. Sa disparition est à souhaiter.

Puisse la coalition M5S-Ligue sortir renforcée des futures élections italiennes et faire exploser cette Union européenne contre nature qui fait le malheur des peuples.

On en a marre de cette dictature bruxelloise qui nous impose une immigration dévastatrice, qui nous prive de notre souveraineté monétaire, territoriale, diplomatique, budgétaire et même judiciaire.

On en a marre de cette arrogance permanente de Bruxelles et Berlin qui méprisent les peuples.

Le commissaire européen au budget, l’Allemand Gunther Oettinger, a même osé dire :

« Les marchés enseigneront aux Italiens comment voter ».

Quelle arrogance, quel mépris de la part de cette Allemagne qui se croit tout permis. Les Allemands devraient se souvenir qu’ils ont été au ban de l’Europe et de l’humanité après 1945.

Et leurs succès économiques ne doivent pas leur faire oublier que les peuples européens leur ont tendu la main pour construire une Europe de la paix.

Ce qu’a dit Oettinger est ignoble. les Italiens s’en souviendront le jour du vote…

L’UE et l’euro sont devenus les armes fatales que Bruxelles utilise sournoisement pour imposer aux peuples européens le mondialisme et le multiculturalisme qu’ils ne veulent pas.

Puisse ce système inique, le pire du monde occidental, exploser au plus vite.

Jacques Guillemain

thumb2-a-lot-of-money-wads-of-money-euro-3d-money-mountain-of-moneythumb2-a-lot-of-money-wads-of-money-euro-3d-money-mountain-of-moneythumb2-a-lot-of-money-wads-of-money-euro-3d-money-mountain-of-money

 

Posté par DIACONESCO_TV à - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur AVEC L'ALLIANCE LEGA + M5s EN ITALIE LA DONNE ECONOMIQUE RISQUERAIT DE FAIRE IMPLOSER L'EURO DE L'U.E D' OU LE NON DE MATTARELLA

Nouveau commentaire