2 ème PARTIE DE LA BIOGRAPHIE DE FIORELLA GIOVANNI DIT " ELLE "

 

 

Il était une fois...

... la grande

artiste internationale

écrivain et photographe

franco-italienne

Fiorella GIOVANNI

ELLE

Biographie

Fiorella Giovanni Mai 2002 Florence san Miniato al Monte

E  L  L  E 

            Lors d'un entretien dans plusieurs lieux vénitiens, elle expliqua son refus dans les années 50 d'un héritage généalogique ne lui appartenant pas. Elle assuma et finança sa vie elle-même, contourna le standard sociétal. Forte personnalité et volonté, indépendance, idées et analyses personnelles, grande sensibilité, avant-gardiste voire visionnaire. Pour réaliser ses buts, un chemin particulier la conduisit à travers beauté naturelle et beauté construite par l'humain. 

            Le narrateur vous conte son parcours atypique entre amour du Paris historique et magie vénitienne flottant sur des reflets à la porte de l'Orient. Il vous invite à célébrer avec elle ses fiançailles sérénissimes. Une alliance d'or à son doigt en témoigne. Rencontrez avec lui Henri de Régnier, vénitien de cœur, John Ruskin, Musset et George Sand et découvrez la personnalité de Pétrarque, le grand poète italien puis, frôlez les paysages divins de Toscane et leur harmonie céleste sur terre. Laissez le charme du Marais et de l'ile Saint Louis caresser votre esprit. La vision de l'auteure de la société vous est transmise par des anecdotes vécues et l'existence d'une présence invisible protectrice présente autour de nous. Des mots traduisent aussi un grand respect pour nos compagnons les animaux avec qui nous vivons. 

            Depuis 1998, elle procède par donations de son travail littéraire et photographique auprès de bibliothèques d'instituts culturels et musées réputés (Europe, Canada et Usa). Elle étudie Venise et l'Italie contemporaines liées à l'histoire. La porte vénitienne ouverte sur l'Orient lui donna envie de s'intéresser à l'historique de l'Islam depuis 2015 en revisitant la religion catholique. Elle aussi est issue du monde méditerranéen.

 

 

... Cette dame fréquentait beaucoup les groupes et associations de sa ville. Des histoires entre personnes dans les groupes qu’elle fréquentait. Ces structures ne servaient-elles pas aussi de club de rencontres et de soi-disant clubs culturels ? Excusez mon interlocutrice, mais, pour elle, dans ces groupes, il est question souvent de pseudo - culture-consommation, de clubs de jalousies avec histoires hommes-femmes. La culture instructive de qualité vit dans des instituts, par des conférences sur des thèmes culturels et artistiques en des lieux spécialisés sachant les présenter. Depuis toujours, elle savait que de nombreuses personnes ressentaient surtout le besoin qu'on fasse du bruit autour d'elles pour exister et manquaient de buts personnels. Ils s'inscrivaient à des activités proposées en absence de détermination personnelle précise. Elle fuyait ce type de personnes.

                 A cause de ces associations présentes depuis maintes années, beaucoup n'imaginent pas qu'existent des créateurs puristes et passionnés travaillant seuls chez eux offrant leur production à des instituts du monde entier, favorisant que toute personne intéressée puisse profiter de ce travail gratuitement dans ces mêmes instituts. Un créateur de ce type peut être le voisin de palier. Pourquoi ne pas en parler ensemble et échanger des données. Souvent, par cliché, certains ont pensé qu'elle fréquentait une activité municipale alors qu'elle dirige elle-même, vie personnelle, création et lourd secrétariat international en devant trouver les lieux de conservation de ses œuvres à travers le monde. Rien à voir avec une association du coin. Et l’incompréhension ou l'audace de certains de l'appeler - retraitée – est vite contredite par l'intéressée. Réfléchissez sur le qualificatif exact la concernant et comprenez que son cerveau est en mouvement à chaque instant, que les idées fusent sans arrêt, qu’elle n’a pas d budget pour congés et week-ends en finançant elle-même, vie et travail en procédant par - donations – dans les instituts. Ils ne viendront pas lui acheter son travail. Leurs budgets ne sont jamais assez conséquents et ils sont remplis depuis toujours de donations. Elle contribuait à enrichir le patrimoine intellectuel du monde. Elle me charge de vous demander la réflexion nécessaire et de ne pas lui adresser des gifles depuis 25 ans. Auriez-vous osé dire à un écrivain vu à la télévision qu’il est un retraité qui s’occupe ? Une vue inexacte et terriblement blessante. Une grande sensibilité bafouée qui n’attend que reconnaissance de son travail de bon niveau offert gratuitement pour tous.

 

F GIOVANNI 2001

 

 

                 SUR LES PAS DE SAINTE CATHERINE DE SIENNE A AVIGNON

Etés 2012 et 2013 

                 Notre vénitienne d'adoption partit quelques jours en Avignon. Son but : s'informer sur la réelle venue de la sainte et de sa rencontre du Pape résidant en Avignon pour le convaincre de revenir à Rome. Visite du Palais des Papes qu'elle voulait absolument connaitre depuis longtemps. Elle parla avec la conférencière. Pas de réponse quant à sa question sur la sainte. Elle se rendit aux archives. Rien de précis. Elle s'entretint aussi avec le bibliothécaire du Palais du Roure, magnifique maison provençale remaniée au XVIIIe siècle. Le dernier propriétaire, collectionneur, y avait réuni, œuvres peintes, documents et livres anciens. Au Petit Palais, elle visita la collection Campana de peintures italiennes. Personne ne put répondre utilement sur sa recherche. D'après le livre de Alessandro Barbaro, Divin Moyen-âge, il semblerait qu'elle soit bien venue en Avignon convaincre le pape de revenir à Rome.

 

ELLE, PETRARQUE ET VAUCLUSE

Le grand poète italien de la pré-renaissance 

                 En visitant la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, elle acheta un petit livre de Pétrarque : - Séjour à Vaucluse - qui lui révéla la personnalité du célèbre poète italien du tout début du XIVe siècle, période de pré-renaissance italienne. Une personnalité captivante. Elle me parla de Pétrarque.

                 Il vint très jeune vivre à Carpentras avec son père, avocat, exilé de Florence. 1337, a 34 ans, commença son premier séjour à Vaucluse. Humaniste, il remplissait la fonction de Secrétaire du Cardinal Colonna au Palais des Papes à Avignon en fuyant la ville bruyante et ses dangers pour mener une vie solitaire dans le silence et la beauté de Vaucluse, au bord de la Sorgue et de son eau transparente. Une présence divine et harmonieuse du lieu favorisait son travail littéraire, entre poésie et réflexion. Il écrivait en latin, envoyait de nombreuses lettres à des personnalités en Europe et en Italie.

                 Pétrarque, un homme libre, un poète. Un homme en réflexion, en recherche spirituelle avec son ouverture sur le monde et le bonheur. Le léger bruit de l'eau de la Sorgue accompagnait son esprit et son travail.

                 Erudit, intellectuel et poète, il avait préféré s'écarter de ses études de droit à Montpellier et Bologne. Dans cette atmosphère campagnarde, dans cet espace de charme, son inspiration grandit. Il aimait Vaucluse. La plus grande partie de son œuvre littéraire y vit le jour. Il refusa les honneurs parisiens pour accepter les lauriers de Rome.

                 Il se décrit ermite solitaire, homme des bois, écolier, inspiré par le charme du paysage, du lieu et le bruit de l’eau. Un lieu parfait, écrit-il à un ami, et si seulement l’Italie n’était pas si lointaine et Avignon si proche.

 

                 Pétrarque épistolier

Eut l’intention de copier toutes ses nombreuses lettres dans l’intention d’en constituer une œuvre. Il parlera à un ami de son inconstance et de son déchirement entre Vaucluse et d’autres lieux alors que Vaucluse parfois lui semble être sa vraie patrie aussi. Les livres entourent Pétrarque : se sont ses amis l’accompagnant dans ses promenades. Des amis qui savent aussi se taire au moment propice. Le poète lit, écrit et marche. Il est continuellement en mouvement.

    Pétrarque et Laure     

                 Il aperçut Laure à l'église Sainte Claire d'Avignon le 6 Avril 1327. Sa beauté le toucha infiniment.

                 Laure, son amour et sa muse, une beauté idéale, un mythe, présente à chaque seconde en son esprit. Il l'aime passionnément sans l'atteindre vraiment. Elle est mariée.

                 Amour et souffrance s'allègent lors de ses déplacements en Italie. Sa souffrance réapparait à nouveau, puissante, en retrouvant Vaucluse.

                 La beauté de Laure est inséparable de celle de la nature au sein de laquelle elle vit.

Extrait de l'étude sur Laure de Mario Fubini

                 En 1.362, le grand poète obtint de la République de Venise de lui laisser en héritage sa bibliothèque personnelle en échange d'une maison pour résider en ville. La réunion du Maggior Consiglio du 4 Septembre 1362 fait mention de l'attribution de la maison - qui plaisait à Petrarque -, le Palais Molin.

                 Il décrivit en latin la vue depuis ses fenêtres sur le bassin Saint Marc. Sa maison n'existe plus de nos jours. Une plaque de pierre commémore sa présence en ce lieu. Vous la trouverez sur Riva Schiavoni, après l'église de la Pietà-Vivaldi, après le Palais Dandolo devenu l'Hôtel Danieli, après le pont - del Sepolcro - et le rio Sant'Antonin.

                 Après sa résidence vénitienne, le grand poète s'installa à Arquà en1370 aux alentours de Padoue, près de Rovigo. Ses jours s'écoulèrent dans ce village jusqu'en 1374. Sa présence est éternelle.

Connaitre Vaucluse

                 Notre amie voulut connaitre Vaucluse absolument et marcher sur les pas de Pétrarque.

                 Lors d'un second séjour en Avignon, l'occasion se présenta : elle se rendit en voiture avec une connaissance à Fontaine de Vaucluse (le nom actuel de la petite ville). A son arrivée en fin d'après-midi, assise au pied de la colonne surmontée de la statue du grand poète, un malaise l'envahit. Elle tremblait, ses doigts fourmillaient. Pourrait-elle se lever de son siège et marcher ? Elle devait pourtant connaitre les lieux chers au poète. Aidée par son accompagnatrice, elle se leva difficilement, marcha lentement. Quel motif précis pour ce malaise ? Elles longèrent la Sorgue et son eau si claire jusqu'au bout du chemin. Le soir tombait déjà. La roche de la montagne les dominait. Elle manquait de forces. Grande fatigue physique et nerveuse. Le pharmacien ? déjà fermé alors qu’il lui fallait du magnésium d’urgence. Elle se sentait vidée par un cataclysme et sans énergie. Elle décida de partir le lendemain. La soirée fut longue et épouvantable. Besoin de manger beaucoup pour compenser sa fatigue mais sa logeuse ne mangeait que très peu qui ne la comprenait pas. Elle mit la télévision alors qu’elle avait besoin de silence. Elle monta se coucher pour trouver le maximum de paix. Un fait l’avait agressé. Elle dormit très mal. Elle reprit le Tgv à Avignon le lendemain en fin de matinée, bien plus vite que prévu.

                 Quel fait l’avait agressée ? Sa logeuse ? La maladie grave récente de sa logeuse ? Déjà sur la route avant Fontaine de Vaucluse, elle se sentait mal dans la voiture, de vagues nausées et une fatigue l’accablait sur une route chaotique.

                 Serait-ce l’émotion de rencontrer Pétrarque sur sa colonne en son lieu tant aimé ? Un malaise dû au syndrome de Stendhal ? 

                 Il lui fallut plusieurs jours chez elle pour se remettre de cet étrange malaise mais elle continua à étudier la personnalité attirante de Pétrarque.

                 Pétrarque, florentin

                 Enfant d'Arezzo un jour de 1304 et enfant du paysage harmonieux de Toscane, à l'âge de 9 ans, vous partiez à Carpentras, lieu d’exil de votre père, dans la région d'Avignon, siège de la papauté à l'époque. Comme votre père notaire, vous vous destiniez à l'étude du Droit à Montpellier, à Bologne. Considérant la pratique du Droit par les humains pouvant devenir malhonnête, vous avez préféré vivre dans la région d'Avignon et être introduit dans la célèbre famille romaine Colonna fréquentant la curie. Giacomo puis Giovanni Colonna se comportèrent en pères et mécènes : vous voilà leur secrétaire. Visite de Paris puis de Rome, ville vous attirant depuis longtemps. De retour à Avignon que vous détestiez, vous choisissez de vivre à Vaucluse, une - solution charmante - au bord de la Sorgue, disiez-vous. Vaucluse vous inspirait tant. Votre œuvre littéraire fut conçue en ce lieu pendant quinze ans.

                 Vous méprisiez les richesses et les ennuis engendrés par l'argent et un bon repas vous contentait. Vous évitiez les invitations et les festins, pénibles à votre personnalité. Vous vouliez l'amitié totale car vous la pratiquiez vous-même. Vous aviez la familiarité de personnalités mais n'acceptiez pas de perdre votre liberté. Malgré leurs honneurs, vous saviez les fuir si nécessaire. En fait, vous vous êtes lié à peu de personnes.

                 Vous prétendiez avoir une intelligence réduite mais travailler beaucoup notamment sur la Philosophie, l'âme, les écritures et l'antiquité et vous étiez poète aussi à vos heures. Votre époque vous déplaisait et par l'esprit, vous viviez dans un autre temps.

                 Paris, Naples, Rome désirèrent vous remettre la couronne de laurier : c'est de Rome, votre ville chérie, que vous l'avez acceptée et vous revenez au bord de la Sorgue.

                 Francesco Petrarca, le - grand poète toscan -, exceptionnel de la pré-renaissance italienne.

                       

                                                                 Le poète amoureux Laure,

                 Passion pour la Dame et son image vous poursuit. Elle surgit devant vous. Elle s'estompe pendant un voyage.

                 Milan, séjour au castel des Visconti : silence, panorama sur la plaine du fleuve Pô.

                 Retour à Vaucluse : l'image de la Dame redouble de présence mais, seuls vos amis, vos livres, accompagnent vos promenades.

                 Pétrarque solitaire

                 Je ne suis habitant de nulle part, en tous lieux, je suis étranger, Epitres III, 19.

                 Vaucluse, votre lieu de vie pendant quinze ans. En ermite littéraire, vous appréciez sa particularité, sa beauté, la grotte et la source d'eau claire. Vous aimez le bruit de son eau et les promenades dans un décor majestueux.

                 Vous approuvez Sénèque (Lettres à Lucilius). Il parle de la présence divine évidente en certains lieux. Vaucluse, pour vous, faisait partie de ces lieux divins.

                 Vaucluse-patrie. Italie-Patrie. Vos pensées allaient vers ces terres chéries.

                        Cher Pétrarque,

Vous, l'homme illustre de la pré-Renaissance italienne,

                 Secrétaire au Palais en Avignon mais, vous détestiez Avignon, pour vous, une ville de perdition. Des bandes armées troublaient votre inspiration.

                 En exil,

                 votre refuge ? Vaucluse. Un logis modeste, près d'une source claire.

                 votre quotidien ? Un chien, vos livres, un serviteur. Et vous, un homme libre en réflexion continuelle.

                 L'Italie vous manquait mais des italiens vous visitaient.

                 Faim, efforts, privations et Laure en Avignon.

                 Vous écriviez lettres et poésies, travaillant à votre œuvre, travaillant à votre éternité.

                        Plus tard ...

                 A l'aube de la Renaissance italienne, le grand poète, s’installa quelques temps à Venise en un palais de Castello offert per la Sérénissime. Agé et malade, le village d’Arquà, près de Padoue, l’accueillit en 1369. Il aménagea une maison donnée par son ami-protecteur, Seigneur de Padoue. Il vivra dans cette demeure jusqu'en 1374.

                 La maison garde encore à notre époque la structure voulue par Pétrarque au XIVème siècle. Pourtant, différents propriétaires s'y succédèrent. Si vous vous rendez à Arquà, vous visiterez cette maison évoquant la vie et l’œuvre du poète. Voyez sa chambre à fresques d'époque, le jardin et les buis taillés, le potager, le verger et le puits. Un lieu charmant.

 

PIER PAOLO PASOLINI

                 Elle me parla aussi de Pasolini. Quelques lignes lues sur cet écrivain dans les années 80, lui firent penser à un être exceptionnel au destin particulier et dramatique. A la Cinémathèque de Paris, une importante exposition eut lieu en 2014 sur l'œuvre et la personnalité de Pier Paolo Pasolini, poète, romancier et cinéaste. Elle eut envie de le connaitre mieux. Elle se rendit à l'exposition et étudia des documents. En Italie, il est considéré l'intellectuel italien du XXème siècle. Elle étudia quelques temps sa personnalité dont la maison-musée se trouve dans le Friuli, une région au Nord de Venise, à Casarsa la Delizia où il est né.

                 Il écrivit ses premiers poèmes à l’âge de 7 ans. Il exerça le métier de professeur de littérature et écrivit des textes singuliers contenant peu de narration détaillée. Ces poèmes expriment plus de profondeur. Il est poète avant tout. A partir de 1947, avant de rencontrer Rome, l’écrivain travailla selon un schéma global qu’il définissait – acte d’amour et réalisme -. Une façon d’être lui-même avant de décrire des faits. Un principe idéologique qu’il ne quittera jamais dans son engagement de toujours pour un combat solitaire, contre situations, institutions, convictions, personnes et pouvoirs. Ses textes, depuis les années 50, contiennent déjà les thèmes et l’atmosphère de ses films à venir.

                 Très jeune, il adhéra au parti communiste italien. Après de graves problèmes avec le parti et humilié par des actions qu’ils auraient commises sur des élèves, à 27 ans, il quitta sa ville natale et partit avec sa mère pour s’installer à Rome fin Janvier 1950, dans cette période d’après-guerre italien. Il enseigna dans la banlieue de Rome. Il découvrit la ville, un thème d’importance pour son œuvre cinématographique.

                 Il écrira le célèbre livre, au titre italien – I Ragazzi di Vita –, (Les garçons de Vie), aux éditions Garzanti, publié en Avril 1955. Titre du même livre paru en français : Les Ragazzi. Un premier roman publié après remaniements de l’auteur sur demande de l’éditeur, malgré la liberté d’expression loin d’être pleinement acquise dans la société italienne de l’époque pourtant mentionnée dans la constitution de la République italienne. Une rédaction qui dura cinq années. Cinq années de contacts permanents avec son sujet et les protagonistes existant sur place. Il décrivit les faubourgs et le prolétariat urbain romain. Un témoignage de l’environnement social et historique présent à de l’époque. Il y présente les adolescents en recherche d’un peu d’argent par la revente d’objets trouvés ou volés, leur manque de buts et leurs bains dans les fontaines. Il montre l’immédiat après-guerre dans une misère plus présente que jamais et des êtres faisant partie d’un monde qu’on pensait disparu, presque clandestin, vivant une sorte de liberté qu’il respectait à l’écart d’une corruption amenée par l’industrie se développant et sa dite modernité. La misère et l’ennui étant le fléau des adolescents et d’une société. Le texte fut écrit en romanesco, un dialecte de la région de Rome, parlé dans le Latium et dans les faubourgs de Rome, difficilement accessible aux lecteurs italiens d’une Italie à laquelle Pasolini s’opposait. Le livre sera écarté du célèbre Prix Strega italien mais sera remarqué à Parme. La magistrature de Milan enregistra une plainte pour le caractère pornographique du livre. Le procès contre ce livre se terminera par un acquittement au motif que - le délit n’est pas constitué – car il contient des valeurs religieuses – poussant à la piété face aux pauvres et aux déshérités - ; les dialogues étant ceux des jeunes gens que l’auteur a senti le besoin d’utiliser selon leur réalité. Controverse et critique, polémique. Il lui sera violemment reproché par le parti communiste italien son absence d’amour pour les hommes et une vue superficielle déformée de la réalité. Ce premier roman deviendra un film du metteur en scène Mauro Bolognini en 1959. Il mène une vie simple, devient ensuite cinéaste et metteur en scène avec son premier film – Accatone – en 1962. Pasolini aurait-il mené son réalisme plus loin que le néoréalisme de l’époque décrit au cinéma ? Aurait-il créé un – hyperréalisme – en montant des gens encore plus bas que des gens ordinaires ? Des films, en noir et blanc, toujours diffusés en salles – art et essai -, aux thèmes singuliers très intellectuels.

                 Son passé le quitta t-il vraiment ? Il fut retrouvé mortellement agressé sur la plage d’Ostie près de Rome en Novembre 1975. Notre amie se manifesta auprès de sa maison-musée qui l'invita à venir leur rendre visite.

 

UNE MALADIE RARE, GRAVE ET MORTELLE 

                 2 Octobre 2014 en fin de journée : appel à SOS Médecin. Un médecin n’arriva que 3 heures après. A la vue de son état, il appela une ambulance. Urgences de l'hôpital privé le plus proche, puis, transfert à l'hôpital régional. Etait-elle déjà dans le coma pendant ce transport ? Pas de souvenirs de la période précédant son réveil dans une grande chambre blanche. Seulement deux images à répétitions d'un autre monde. L'une en noir et blanc d'un passage resserré dans des tubes métalliques autour d'elle et la sensation d'une descente rapide dans un espace restreint profond. Elle avait conscience que la vie la quittait et qu’elle allait mourir. L'autre image, colorée, montrait l'avant d'une voiture orangée en forme de visage souriant presque drôle et avait la sensation de remonter, remonter avec la compréhension d'un espoir de vie possible. Alternance des deux images dans une atmosphère pesante.

                 Réveil dans une grande chambre blanche. Comme Psyché, avait-elle été ranimée par le baiser d’un ange ailé après des épreuves de la vie et le seuil de la mort ? L’œuvre de marbre de Canova exposée au Louvre date 1793. L’ange … Seule explication réelle puisque les médecins avaient décidé de débrancher les appareils n’arrivant pas à la réanimer au bout de 15 jours. Dans la chambre blanche, elle ne vit pas les câbles venant d'une tour placée sur le côté. Elle se sentait bien. Des infirmières surveillaient la tour. Elle était attachée au lit par des cordons reliés à des bracelets sur ses poignets.

                 - Savez-vous où vous êtes ? Vous êtes à l'hôpital de Corbeil. Vous sortez de quinze jours de coma. On est le 19 Octobre, précisa l'infirmière.

Elle croyait parler normalement, demandait son sac, mais personne ne la comprenait. Le matelas la malaxait par moment. Quelques jours après, un matin,

                 - Vous savez je suis écrivain et photographe depuis 1993. J'écris des livres. Un travail passionnant.

Elle parlait à nouveau normalement, ne se posait aucune question sur son état, sur ce qui avait pu se passer, consciente de devoir laisser faire dans la plus grande quiétude. La fête de la Toussaint arrivait. Elle pensa que si elle franchissait cette date, tout irait bien. Elle ne se sentait pas malade. Un infirmier lui alluma la télévision fixée au mur blanc en face d'elle. Des clips, des chanteurs. Les images dansaient, esthétiquement belles. Elle parla plusieurs fois avec le jeune homme de ménage. Agréable et intéressante conversation.

                 Fin Octobre, transférée dans le Service de Néphrologie, elle apprit que les médecins avaient prévu deux jours à vivre dans le coma car sa réanimation s'avérait impossible. Ils allaient débrancher les appareils quand l’un d’eux dit,

                 - Non, elle ne mourra pas !

Des mots d'un second ange venant à son secours ? Lorsque la Chef du Service de Néphrologie l’avertit de cette phrase qu’elle avait prononcée, elle comprit que Dieu l’avait choisie comme canal pour s’exprimer ici-bas à sa place. Notre amie devait rester sur terre, vivre et continuer son travail. Devait-elle aussi lancer des messages ?

                            Son travail ? Elle avait toujours su qu'elle réaliserait des activités particulières commencées seulement en 1993. Travailler chez elle ? Un vœu de toujours. Une mission lui avait-elle été réservée ? Elle s’était tournée vers l'Art dès son jeune âge. Elle aimait la peinture, la musique classique et les variétés, la photographie, les sujets touchant à l’humain. Pour elle, les réalisations des artistes laissaient des témoignages du temps et la beauté existante pour un musée actuel et futur. Important de ne pas oublier ce qui fut, ce qui est, nous conduisant vers de nouvelles représentations visuelles émergeantes, éphémères ou non. Toute jeune, elle cherchait déjà à vivre dans la beauté de lieux superbes et parmi des œuvres offrant au regard le talent des artistes. Souvenez-vous, elles parlaient longtemps avec les créateurs dans les expositions, se sentait proche d'eux. Ils échangeaient des idées. Ils se comprenaient. Un long - stage – avant une création personnelle inspirée par la magie de Venise. Reprenant la photographie, sans le savoir, elle commença ses activités en Février 93 grâce à son amour pour la cité posée sur l’eau.

                 Alitée pendant un mois et demi, sa musculature ayant disparue, impossible de descendre du lit, de se tenir debout sur ses deux pieds. Elle ne marchait plus. Avec une extrême difficulté et même avec l'aide d'une infirmière, elle devait se hisser très difficilement du lit au fauteuil roulant ou au fauteuil de sa chambre d’hôpital et pas question d'aller à la salle de douche : une aide-soignante la lavait dans son lit tous les matins et elle demandait le bassin. Dans cette maladie, qu'elle soit d'origine génétique ou bactérienne, le sang circulant dans tout l’organisme étant infecté par une bactérie, les reins ne fonctionnent plus. Des dialyses furent nécessaires pour que leur fonctionnement reprenne. Elle passa un mois au service de Néphrologie. Il fallut passer ensuite à la rééducation physique et à l’équilibre dans un autre établissement. Se lever du fauteuil roulant ? Impossible et pourtant il fallut y arriver après maints essais sur plusieurs jours. Il fallut marcher entre deux longues barres de bois en se tenant aux barres. Puis, il fallut marcher en tenant les barres en levant les pieds comme pour enjamber un objet. Puis, marcher tout droit et ensuite, sur le côté. Se remuscler, perfectionner l’équilibre petit à petit. Monter à nouveau quelques marches fut le but à atteindre ensuite. Des séquelles neurologiques dues au coma dans les membres inférieurs limitaient ses mouvements à cause de raideurs.  

                 Pendant cette période, elle fit connaissance d'une dame habitant le Havre, victime d'une chute dans un escalator à la gare de Versailles. Opération puis rééducation pendant de longs mois. Une dame fort agréable et compréhensive aimant plaisanter. Elles se retrouvaient pour les repas et passaient du temps ensemble au cours des journées. Les échanges par téléphone sont fréquents et intéressants. L’Oriental la conduisit au Havre pour lui rendre visite quelques mois après son retour à domicile.

                 Et tous les mois, notre amie se rendait à l’hôpital pour la perfusion du seul produit existant écartant cette maladie rare. Une maladie nouvelle et un produit nouveau mis sur le marché en 2007 heureusement remboursé ce qui n’est pas le cas dans tous les pays européens.

Les conventionnels

                 Contactés par erreur par son notaire, ils vinrent la voir à l'hôpital. Ils ne s'étaient jamais intéressés vraiment à elle. Pourquoi ? On l'invitait pour le déjeuner de Noël mais on ne lui parlait pas vraiment. Juste une potiche pas trop moche au bout de la table ? Ils ne savaient rien d'elle précisément, de ses goûts, de ses projets. Elle intéressait les personnes rencontrées, pas eux. Serait-ce parce qu’elle ne commentait pas les faits alentours et les gosses de machin et truc ou les siens ? Lui reprochait-on la non création d'une famille comme tout le monde ? Souvenez-vous de son refus du rôle de boniche familiale au service de monsieur comme chez tout le monde. Les conventionnels, adeptes de la pensée unique et de la messe du dimanche, ne savaient pas sa position et semblaient incapables d’imaginer la vie intéressante possible sans personne sur le dos, même avec peu de moyens. La femme faite pour enfanter ? Une grande idée de la religion catholique n'aimant pas les femmes et les missionnant uniquement de la continuité de l'espèce humaine. Et tous ces gens se sentant capables de rendre leurs enfants heureux ... Ne se feraient-ils pas surtout plaisir en voulant - se prolonger – sur terre et dans le temps. Beaucoup le pense. Un schéma depuis l'antiquité ?

                 Vous avez des enfants ? Elle répondait systématiquement : moi, il n’y a que l’intellect qui me plait. Pendant combien de siècles va t-on encore poser cette question ? Le seul but de tous : faire des gosses ! Des modèles tels que leurs parents … alors qu’ils limitent considérablement la liberté des voisins et qu’il est anormal de les supporter. Gosses et parents n’ont pas tous les droits et d’ailleurs, aucune obligation de faire des gosses !

                 Les conventionnels vinrent donc à l'hôpital. L'un d'eux, venu en éclaireur, la vit dans le coma. Impressionné parait-il. Il revint une seconde fois quand elle avait repris ses esprits partiellement mais elle ne parlait pas encore. Elle le reconnut et fut cette visite la remplie de joie. Une situation chaleureuse tout à coup. Mais, elle reçut aussi une compréhension quelques secondes après : héritage ! Les conventionnels ayant été prévenus de son état alarmant se seraient-ils présentés pour un héritage ? Un autre conventionnel arriva quelques jours après en fin d'après-midi n'osant pas la regarder. Elle eut du mal à le reconnaitre. Elle ne l'avait pas vu depuis 5 ans. Elle évitait les rares rencontres pour se protéger. Les médecins demandèrent au visiteur provincial quels étaient LES médecins de la malade. Pourquoi, LES médecins ? Ce fut bien difficile d'en trouver : elle n'en avait pas depuis des années. Personne n'osa lui poser de questions. La malade de toujours pour eux n'avait pas de médecin. Difficile de demander des détails à l'intéressée. Une personne qu'elle ne fréquentait plus depuis 30 ans fut informée de sa maladie. Le visiteur ne sachant pas qu’elle ne la fréquentait plus. Et elle se retrouva au téléphone au bout de 30 ans avec la personne en question. Et madame x, dont on n'avait pas parlé depuis des années et qu’elle évitait après avoir détecté sa jalousie ? Le visiteur ne savait pas non plus. La communication n’existait pas entre eux. Ils ne se connaissaient pas. Elle ne fréquentait pas les mêmes personnes toute sa vie comme eux. Son ancienne femme de ménage portugaise et amie venue avec son mari après deux changements de Rer plus une navette lui apporta des clémentines délicieuses et du raisin. Quelle saveur merveilleuse ce jus naturel. Sa seule vraie visite en deux mois. Elle demanda des clémentines au conventionnel qui bien sûr n’avait surtout pas pensé à lui apporter une douceur. Non, il ne pensa pas que quelque chose pouvait lui faire plaisir.

                 Sans témoins présents, elle entendit : on n'a pas envie d'avoir ta maladie sur le dos ! Quelle belle confirmation de non-amour ...

discours d’un diplômé à la chaleur humaine absente. Pas de visites : des connaissances qui la disaient intéressantes ne se déplacèrent pas. Pourtant, elle avait besoin de mouchoirs en papiers et de dentifrice. Personne à qui demander. A son retour chez elle aussi, personne ne pensa à passer la voir ou à l’aider. Un pique-nique à la fac avec les chats ou pour un simple repas à la bonne franquette ? Non. Société inhumaine oblige ! Depuis longtemps, elle n’essayait plus d’organiser une réunion amicale : personne ne lui répondait. Intéressait-elle ou non finalement ? On ne s’intéressait pas non plus à son travail, à ses livres, pas de curiosité bien placée. Les artistes n’habitaient-ils qu’à la télé ?

                 Elle pensa encore une fois que la douceur des chats et leur comportement chaleureux valait de l'or et que leur affection spontanée demeurait la seule valable.

 

PENDANT 4 MOIS D'HOSPITALISATION ET APRES

                 Depuis un lit d'hôpital, comment assurer le paiement des factures arrivant à son domicile ? Sa femme de ménage se rendit plusieurs fois sur sa demande à son agence bancaire avec une lettre explicative de son état grave. Son tarif ? 30 euros de l'heure aussi chaque semaine pour se faire apporter en maison de rééducation, quelques vêtements, mouchoirs papier et dentifrice, ses press-books pour travailler. Un coût important. A sa banque, les employés du guichet ne bougèrent pas. Leur cliente leur demandait un entretien par téléphone. Personne ne lui téléphona. Dans ce cas extrême, un employé ne pouvait-il pas lui téléphoner et même, exceptionnellement, se déplacer à l'hôpital ? Comprenait-on qu'elle était dans un lit, sans pouvoir se lever, ni tenir une seconde sur ses deux pieds et qu'elle ne marchait plus ? Ensuite, sur un fauteuil roulant et en rééducation physique, ne pouvant se rendre à un distributeur et qu'aucune aide de l'extérieur était possible. La femme de ménage se rendit-elle à son agence ? A qui demander les basiques produits d'hygiène et quelques compléments alimentaires utiles ? Est-ce normal ? Réalisez-vous ce qu'elle vous dit là ? Comprenez-vous sa situation et personne pour l’aider ? Comprenez-vous votre inhumanité ?

                 Une avancée pendant sa rééducation physique : le locataire de son garage lui proposa de s'occuper de faire activer les assurances dans le sinistre des portes accidentées de son box depuis des mois. Il fit débloquer le dossier : les portes furent changées et l'assurance du fauteur de troubles responsable paya en direct le fournisseur pour éviter que le montant des travaux soit avancé par l’assurée ne pouvant pas agir depuis un hôpital. Evident : elle ne pouvait pas traiter avec les assurances depuis un lit. Il organisa partiellement son retour à domicile avec sa femme de ménage puis son comportement dévia auprès de sa femme de ménage, gérante de sa société.

                 - Maintenant, je gère les affaires de Madame. Il faudrait que vous fassiez ceci et cela.

La gérante lui signifia qu’elle connaissait mon métier et les goûts de sa cliente depuis longtemps.

                 Des incohérences en maison de rééducation

Une aide-soignante l'obligea à marcher avec un déambulateur dont elle ne savait pas se servir encore. Elle vivait en fauteuil roulant. Elle refusa. L'autre insista. Encore une qui ne se rendait pas compte de son état.

                 - Vous n'avez pas été opérée, vous pouvez tout faire ! Elle tomba à la renverse, se tapant l'arrière de la tête contre le mur de la salle d'eau. Quel impact sur sa zone lombaire très abimée depuis 25 ans ? Sa rééducation commençait seulement. A grand peine elle se levait de son fauteuil roulant. Formée comment cette idiote d'aide-soignante ? Réfléchissait-elle parfois ?

                 Une maison de repos parait-il : à 6 heures le matin, l'équipe soignante de nuit parlait très fort à certains hospitalisés et réveillait tout le monde. A 8 heures, le petit déjeuner arrivait sur un charriot. Une malade cria la nuit pendant plusieurs jours de suite. On se repose quand ? Des malades sourds : il fallait parler fort. Elle alla se plaindre à la direction de l'établissement pour la très mauvaise qualité de nourriture annoncée - maison - dans la plaquette de l'établissement. Les camions livraient produits surgelés et conserves de qualité très inférieure. Les malades n'avaient-ils pas besoin d'être soutenus aussi par une alimentation correcte ? Des personnes atteintes d’Alzheimer entraient dans des chambres, de jour comme de nuit. Comment se remettre sur pieds dans ces conditions ?

La kiné

                 Elle contredit la kiné de la maison de rééducation : pas question de marcher avec une canne anglaise. Elle savait qu'elle ne devait pas procéder ainsi. Et elle passa du déambulateur version 3, à la canne normale. Elle marchait tout à coup très bien de cette façon. Une preuve qu'un diplôme et de l'expérience ne gèrent pas les données de chaque individu.

L'ergothérapeute

                 Elle la - gava - plusieurs fois par son discours sur l'aménagement de sa baignoire pour pouvoir prendre une douche. Impossible qu'elle comprenne que ses jambes ne pouvaient pas monter assez pour s'asseoir sur une planche posée sur les rebords de sa baignoire.

La nuit

                 Son amie du Havre rentra chez elle le 15 Janvier 2015. Elle se retrouva à table avec une dame très âgée perdant la tête qui s'agrippait à sa chaise continuellement. Un risque pour elle pour se lever de table. Cette dame criait la nuit au bout du couloir. On fait comment pour dormir ? Et une autre personne dans la chambre voisine criait aussi la nuit. Elle n'était pas la seule à ne pas pouvoir vivre tranquillement. Elle alla en parler au Directeur. La dame fut transférée dans une autre chambre. Précédemment à cet entretien, l'aide-soignante incompétente lui avait signifié son peu de gentillesse vis-à-vis des autres malades. Mais oui, évidence, la responsable c'était elle ! Encore une fois, tout comme enseigné à la messe du dimanche, ne rien dire de la réalité et ne pas déranger restait la règle. La réalité/vérité gêne tout le monde dans ce monde à la con !

La psychologue censée l'aider

                 Des rendez-vous prévus dans sa chambre mais, la psycho ne venait pas toujours. Elle ne prévenait pas. Impolie la psycho ! Elle viendra quand ? Comment établir le prochain rendez-vous sans se rencontrer ? Le dernier jour, elle vira la psycho de sa chambre : celle-ci prétendait qu’elle n'avait pas respecté leur rendez-vous de la veille. La veille ? Jour de perfusion vitale à l'hôpital. Aucun rendez-vous prévu avec elle. Elle pouvait vérifier à l'infirmerie. La voiture la ramenant à son domicile allait arriver trente minutes après. Elle n'avait toujours pas avalé son petit déjeuner infecte. Et la psycho, elle, quand elle ne vient pas au rendez-vous fixé et ne s'excuse même pas ... Pour mettre fin à la situation, elle lui tourna le dos et se mit à manger,

                 - Foutez-moi la paix ! Partez !

Madame psycho fut obligée de partir.

                 Autres situations à son retour à domicile

                 - Mais comment pourrais-je vous aider ?

Le peu demandé ne fut jamais possible : les courses en voiture parfois à 150 mètres de chez elle. Trois fois rien en voiture pour quelqu'un qui habite dans le même secteur. Aller voir son chat Yvette à la fac à 700 mètres plus loin était bien trop loin à l'époque à pieds compte tenu de son handicap. On fait comment ? Quelle inconscience ! Et ça ne dérangea personne, ni les conventionnels, de la laisser se dépatouiller au milieu de tout ça. Il y a en France de multiples aides parait-il : un mirage ! Croyez-vous qu'avec un revenu modeste il soit possible de mettre de l'argent de côté mensuellement pour se faire aider à domicile et payer les factures ? Pour le croire, il faut au moins avoir des doctorats en imposant à tout le monde. Je vous signale à nouveau qu'elle n'a pas de voiture et ne prend pas de vacances aussi par manque de budget. Comment font les gens pour être aidés en maintien à domicile et payer les factures conséquentes ?

                 La voisine change de trottoir

                 Marchant sur quelques mètres seulement hors de son appartement, une voisine à qui elle parlait avant sa maladie, arrivant en face d'elle, changea de trottoir. Elle n’avait d’ailleurs pas répondu à son sms envoyé de l’hôpital. Parfait, une de moins à saluer pour perdre du temps et parler banalités. Ça tombe bien, se dit-elle.

                 Le couple habitant sa rue

                 Prévenu depuis l'hôpital. Il devait venir la voir à cinq kilomètres de chez eux. Personne ne vint. Normal au XXIème siècle.

La voisine venue la voir dans le coma

                 Une idée bizarre. Quel intérêt de la voir dans le coma. Et pourquoi les médecins lui avaient-ils permis cette entrevue ? A son retour chez elle, cette même personne ne proposa pas de lui rendre service, de l’emmener parfois à 150 mètres en voiture jusqu’au supermarché du quartier. Comprenez-vous ça ?

La seule parente

                 Demeurant à 30 minutes en voiture, elle ne vint surtout pas l’aider à son retour alors qu’elle ne pouvait même pas sortir de chez elle pour quelques pas dehors. Belle mentalité ! Elle faisait partie des conventionnels venus déjeuner à la maison de rééducation. Elle l’avait vue marcher difficilement avec son déambulateur. Et sachez, qu’après le repas commun, personne n’était restée à côté d’elle qui marchait lentement. Vite, vite, ils avaient regagné sa chambre. Elle s'était retrouvée seule dans le couloir. Cette unique parente faisait partie de ceux qui, perdant leur mari, se souviennent d'elle et la contactent. Pour meubler leurs journées ? Cette parente ne put jamais comprendre son retrait de fréquentation des conventionnels. Elle lui conseilla même de les contacter pour parler de son retour à son domicile puisqu'elle ne pouvait pas payer une aide à domicile. Le mieux ?  Se débrouiller sans l’aide de personne comme toujours.

Tout le monde ...

                 Compliqué pour elle d'avoir tout simplement du dentifrice, des lingettes et des mouchoirs en papier. Elle ne pouvait pas sortir. Elle ne marchait pas normalement. Fauteuil roulant puis déambulateur. Tout le monde s'en fichait pas mal ! Cet inconfort dura quatre mois. Personne ne lui demanda si elle avait besoin de quelque chose.

                 Restons enfermés chez nous et très superficiels. Fréquentons les associations pour avoir l’impression d’être entourés et parler. Parler de quoi ? Souvent de banalités, des gosses. Les associations servent aussi de clubs de rencontres pour se trouver un/e partenaire et comme ça, les adhérents sont au courant de machin qui va avec truc et des histoires compliquées entre les personnes. Sans fréquenter ces groupes locaux, il est possible aussi de ne pas se trouver accaparé par les voisins et de détecter ceux pouvant être intéressants toujours susceptibles de devenir de bonnes relations à maintenir. Encore faut-il avoir une personnalité ouverte et l’envie de les découvrir donc de leur parler. A la fois très ouverte mais solitaire et très indépendante, elle savait créer un moment chaleureux de qualité. Elle proposait un concert, une conférence ? Personne disponible. Dans ce quartier très résidentiel, tout le monde savait qu'il n'y avait rien sur place sauf le petit supermarché, la poste, la mairie, des banques, un boucher réputé et des pharmaciens. Rien d'autre. Lui proposait-on de l'emmener à quelques kilomètres, aux Ulis par exemple, pour faire un tour ou des courses ? Non. Pourtant, ils s’y rendaient en voitures continuellement. Sur place, chacun pouvait faire ce qui lui était utile, le trajet donnant l'occasion de se voir et il suffisait de prévoir un horaire pour repartir. Non, on n'y pensait pas ou on ne voulait pas. A son retour d'hôpital et après, lui demandait-on de ses nouvelles ? Non. Oubliée sa maladie rare, grave et mortelle. Oubliée sa zone lombaire déchiquetée. Oubliée son handicap ne lui permettant pas de monter et descendre des marches et des escaliers. Mémoire courte et cervelles trouées ! Pourtant, toujours présente la maladie qui avait failli lui retirer la vie. Pourtant présentes les séquelles neurologiques du coma dans les jambes et à œil gauche diminuant son champ visuel dont elle avait parlé. Oublié aussi qu'elle n'avait pas de voiture. N'avait-elle pas besoin, comme tout le monde, d'autre chose que de nourriture du supermarché du quartier ? Et eux … qui souvent sont plusieurs pour gérer leur situation alors qu’elle est seule avec un handicap physique en plus. Ajoutez son dossier médical à s’occuper : les rendez-vous pour ses déplacements médicaux, les rendez-vous à prévoir en taxis pour des consultations dans plusieurs hôpitaux parisiens, pour ses perfusions mensuelles, pour ses consultations chez sa généraliste à 15km et trouver elle-même après réflexion où consulter pour faire disparaitre les séquelles neurologiques au maximum avec des délais de rendez-vous entre deux mois et un an. C'est quoi ce pays de merde ? Si l'on tient à rendre service, on y pense automatiquement. Au contraire,

                 - Tu devrais demander l'info à Mme Machin, au premier étage. Monte la voir.

Des neurones fêlés. Encore oublié son impossibilité à monter et descendre les escaliers, à prendre les transports en commun, les trains aux toilettes trop bas dont elle ne peut pas se reveler à cause de sa zone lombaire abimée.

                 - Comment ça va ? J'ai remarqué que tu avais des difficultés à marcher déjà depuis quelques temps.

Elle connaissait cette personne depuis les petites classes dans une autre ville proche et lui fit part des motifs principaux de son handicap physique. Cette dame avec voiture raconta qu'elle faisait des courses dans la région mais, elle ne proposa pas de l'emmener alors qu'elle habitait à 30 mètres de chez elle. Vraiment plus malades qu'elle tous ces gens-là !

                 - Tu peux venir voir mon expo au Carrousel du Louvre et m'apporter ton livre mis de côté depuis un an et demi ?

Cette rare personne venue la voir en rééducation, fauteuil roulant aidant, considérait sa maladie disparue en rentrant chez elle.

Plus tard

                 Arriva l'annonce d'une prochaine visite des conventionnels depuis la province : rituel inutile. La conversation ne pouvait être que banale sans intégrer son existence. Une situation de toujours. Ils parleraient de gens qu’elle ne connaissait pas et cela rendrait malade notre exclue du groupe. D'ailleurs, on ne lui demandait pas de s'exprimer et, si elle engageait un thème, une idée, la réponse par un mot coupant tombait de suite. Des gens en démarche normale d’amour procèdent autrement.

                 Un dimanche, elle prit son téléphone et envoya à chacun un sms : ils étaient des bourges-artisto qui ne comprenaient pas depuis longtemps qu'elle ne voulait pas les voir. Elle vivait avec quelqu'un et il n'y avait pas d'héritage à attendre. Leurs diplômes bloquaient-ils leurs neurones depuis toujours ? Pas de réponses évidemment puisqu’elle ne les avait jamais intéressés.

                 Sachez que lors de leur visite en maison de rééducation, elle entendit : je ne comprends pas qu'on puisse se lier d'amitié avec un chat alors que des humains meurent par la guerre dans le monde. Deux motifs n’ayant rien à voir entre eux. Deux sujets non comparables non plus. Leur travail dans la recherche nécessitait de faire du mal aux animaux. Pourtant, personne n'est obligé. On peut changer de travail, refuser, choisir un autre métier. Une carte de Noël avait été placée dans sa chambre sans lui demander son avis alors que la fête était passée. Et pourquoi afficher Noël ?  Elle refusa la carte.

                 Elle s’arrangea demanda à son acupuncteur traditionnel qu’elle appréciait depuis une dizaine d’années de passer lui rendre visite et de lui apporter quelques compléments alimentaires utiles. La dame de Bruges lui téléphonait mais ne vint pas la voir prétextant d’habiter loin. Elle paya sa femme de ménage 30 euros de l'heure avec un minimum de deux heures à chaque fois pour lui apporter des habits et ses press-books. Elle la paya aussi pour aller porter à manger à son chat Yvette le weekend. Elle travailla l’après-midi et envoya des centaines de photographies en conservation à la Bibliothèque Royale Belge pour ainsi avancer son travail. Les conversations dans le hall d’entrée ne l’intéressaient pas. Et que de pénibles situations maintes fois avec le personnel médical : elle ne se gêna pas de leur dire ce qu’elle pensait.

 

RETOUR A DOMICILE, FEVRIER 2015 

                 Le lendemain, elle reprit de suite son travail. Elle avait ses dossiers en tête comme si elle venait d’y travailler la veille. 900 mails arrivés en 4 mois. Tri rapide. Elle écrivit aussi à la Chambre des Notaires : son notaire avait pris la liberté de prévenir des gens qu'elle ne voulait pas voir et elle dénonça les incohérences vues ou subies en maison de rééducation.

                        Réalisant que dans son garage loué des faits gênants pouvaient avoir lieu et ne voulant pas les gérer, elle décida de le vendre. Un pécule pour payer ses taxis personnels, voir ou revoir de jolis lieux, concrétiser des visites prévues avant l'arrivée de sa maladie, payer son travail. Et fêter ainsi son retour miraculeux à la vie. Dieu et son Ange l'accompagneraient là où architectes, artistes et peintres, guidés par le Divin, réalisèrent jadis mille beautés esthétiques et des jardins superbes dans le Val de Loire. Elle allait ainsi rencontrer l'Oriental et avoir envie d'étudier l'islam. Un nouveau livre publié.

                 Lui demandait-on de ses nouvelles ? Lui proposait-on une aide amicale parfois ? Non. Comment faisait-elle ses courses à pieds alors qu'elle ne devait pas porter de poids depuis 25 ans ?         Et les bouteilles d'eau qu'elle ne pouvait pas porter ? Personne ne se posait la question. Même pas un mot gentil. Pas de compassion. Censée être rétablie complètement ? Avait-on entendu et vu ses détails physiques ? Non. D’ailleurs, les connaissances n’avaient pas eu envie de la voir pendant son hospitalisation alors qu’on sait très bien qu’elle vit et se finance elle-même. Une façon de ne pas reconnaitre ses difficultés, fauteuil roulant aidant puis déambulateurs. Et elle n'aimait pas demander préférant depuis toujours agir elle-même mais parfois, ça devient impossible temporairement. La notion de rendre service par élan humain et satisfaction personnelle avait disparue depuis longtemps. L'anormal devenu normal d’un triste monde.   Seul, son voisin portugais lui fit quelques courses les premiers temps. Quelle angoisse affreuse lorsqu’elle comprit qu’elle ne pouvait pas payer une aide à domicile en rentrant chez elle : le coût était égal à son revenu mensuel. Le ménage fait par une société comme précédemment depuis 25 ans à cause de sa colonne vertébrale abimée. Elle géra d’urgence l’installation d’une douche vue son impossibilité de monter assez les jambes pour entrer dans la baignoire utilisée comme douche déjà depuis des années. Elle fit poser une rampe pour pouvoir monter et descendre la marche trop haute à l'extérieur de l'entrée de son petit bâtiment. Les six marches intérieures du hall d’entrée la gênaient : elle se tenait à la rampe et montait ou descendait très lentement à cause des raideurs engendrées par les séquelles neurologiques dans les membres inférieurs.

*

                 Et en ce début de XXIe siècle : rendre service a totalement disparu. Elle demanda une fois seulement à l’Oriental, son chauffeur de taxi d’origine marocaine, de lui ramener ses courses depuis le supermarché du quartier dans une période de grande fatigue. Il le fit avec grande gentillesse entre deux clients. Vite, vite, pour lui rendre service.

*

                 A cause des séquelles neurologiques dans les membres inférieurs, impossible de prendre à nouveau les transports en commun. Impératif d'éviter marches, escaliers, escalators et sièges sans accoudoirs pour se lever dans un wagon qui bouge. La seule solution ? Se déplacer en taxi pour ses rendez-vous médicaux et personnels. Le garage attribué à son appartement ne lui servait à rien : elle le vendit et créa ainsi un budget. Les déplacements médicaux se trouvaient pris en charge totalement par l'assurance maladie en maladie longue durée. Elle n'aurait pas pu les avancer. Après quatre mois, enfermée à l'hôpital et en rééducation, elle eut envie de revoir de beaux lieux, besoin d'en découvrir de nouveaux. Sans difficultés, elle changea de vie et reprit ses activités d'écrivain-photographe, son secrétariat trilingue international, la documentation, la lecture de livres et suivit des conférences sur internet puisqu’elle ne pouvait pas non plus se déplacer à Paris continuellement et en payer les frais de taxis.

                 Sa vie passionnante reprenait. Physiquement, impossible de marcher dans la rue tout de suite, de faire ses courses et d'aller voir Yvette, son chat vivant à la fac. Une kiné vint à domicile pendant deux semaines tous les matins, puis, elle se rendit à son cabinet aidée d'une canne. Son amie portugaise vint plusieurs fois en voiture avec son fils pour lui apporter du bon pain et de la nourriture la première semaine. Elle prépara ses repas à nouveau.

                 Elle sélectionna un taxi conventionné sécu pour la conduire à ses rendez-vous médicaux et à l'hôpital pour sa perfusion tous les quinze jours et plus tard mensuellement. Le produit écartait la maladie rare. Quel stress : pas de Vsl chez les ambulanciers. Besoin d'un chauffeur aussi pour des déplacements personnels. Comment s'organiser ? Date de sa prochaine perfusion impérative dans 10 jours. Une compagnie d'ambulance du secteur lui indiqua un taxi conventionné. Point important réglé.

                 Il lui fallut absolument vaincre la peur de descendre et remonter difficilement les six marches de son hall d'entrée et arriver ensuite à sortir dehors et marcher sur quelques mètres. Elle posait ses pieds en biais sur les marches étroites. Quelques jours après, elle força sur les jambes pour aller jusqu'à l'entrée du parc du château à cent mètres de chez elle. Bien trop loin d'aller à la fac, à 20 minutes de marche pour revoir son chat Yvette. Il lui manquait. Souvenez-vous :  elle avait payé quelqu’un pour qu’il ait à manger tous les weekends pendant son hospitalisation. La cafétéria où minou habitait fermait en fin de semaine. L'amie portugaise l'emmena deux fois voir son chat. Yvette était là. Au bout de deux mois seulement, elle arriva à aller jusque là-bas à pieds. Elle reprit ses visites journalières à fac. Yvette-le-chat était devenu distant. Pourquoi ?

                 Un mois après être rentrée chez elle, sortait son livre photographique - Mes Chats, suivi des chats de Venise - : 50 portraits de ses chats dont ceux en noir et blanc d'Yvette, le chat de la Fac. Elle s'occupait de lui depuis Juillet 2012. Un chat de grande personnalité. Le document montrait aussi des chats de Venise, Minette, travaillant avec elle sur son bureau dans le Marais, le chat Patate et le chat Ramsès. Un joli petit livre. Chaque photographie commentée humoristiquement par le chat lui-même. Oui, avec elle, les chats parlaient. Elle le diffusa aux instituts culturels en Europe, Usa et Canada acceptant son travail.

                 Elle téléphonait souvent à sa nouvelle amie du Havre. Elles parlaient longtemps, plusieurs heures. Elles racontaient des anecdotes et riaient. Elle reprit ses séances avec sa magnétiseuse pour nettoyer au maximum son organisme.

 

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                    VENISE RETROUVEE

Un titre prêté par les écrivains

Henri de Régnier et Paolo Barbaro

                 Etudier la ville flottant sur ses reflets, connaitre son histoire, sa littérature et son art, peut durer une vie entière. Des intellectuels passionnés vivent ainsi avec elle et par elle. Notre amie à sa façon compte parmi eux. Venise offre une fête continuelle de l'esprit grâce à son passé à la fois réel et mythique. Elle insiste : le tourisme de masse n'a pas à être cautionné. Il détruit l'âme de Venise pour servir parait-il son économie et sa survie, obligeant les vénitiens depuis longtemps à s'exiler en terre ferme à cause des prix élevés au quotidien et du manque de petits commerces au profit du nombre exagéré d'hôtels, de magasins de masques et de verrerie de provenance souvent non-vénitienne par non-respect d'authenticité pour l'appât du gain. Une non-culture voulue et destructrice. Quel est l’auteur de cette situation contre les vénitiens et leur ville prestigieuse ?

                 Elle retrouva Venise, sa ville d'adoption, sur le web, dès Février 2015 et reprit avec passion de son étude de la Sérénissime. Travailler remplissait sa vie agréablement. Son esprit vivait dans la ville posée sur l'eau, dans son histoire et sa beauté. Souvenez-vous, elle avait célébré ses fiançailles avec la Sérénissime en 94 et même ses dix ans de fiançailles en compagnie de la signora dans le salon de la Pensione La Calcina, l'hôtel littéraire fréquenté par John Ruskin, sur le quai - Le Zattere -. Avec la signora, elle apprécia ce jour-là aussi, le célèbre Bellini, l’apéritif vénitien. Elles avaient ensuite diné à la Taverna San Trovaso, face au pont et à l'église du même nom, tout près du pont de l’Académie et du Musée des Beaux-Arts. L'alliance d'or incrustée d'un petit diamant portée depuis 94 témoignait de son lien symbolique avec la ville prestigieuse.

 

NOTE DE LECTURE - L’ENTREVUE -

RECIT DE HENRI DE REGNIER

Texte autobiographique d'un séjour vénitien de l'écrivain, lu et interprété par notre amie pour le Département AML de la Bibliothèque Royal Belge, Juillet 2015.

*

                 Une plaque de pierre gravée, apposée en 1948 sur le mur du jardin de Ca' Dario, près du charmant campiello Barbaro, honore la présence du célèbre écrivain en ce palais. Elle nous dit,

*

                 Dans cette vieille maison des Dario,

                 Henri de Régnier, poète de France,           vécu

                 - Veneziamente -* et écrivit de 1889 à 1901.

*

                 L'écrivain se disait atteint de folie vénitienne. Elle le conduisit maintes fois à résider de longues périodes à Venise. Il la décrivit. Il raconta son atmosphère particulière. Comme un vrai vénitien, il avait ses habitudes, rencontrait des connaissances, déjeunait en ville, s'asseyait - sous le chinois - au Café Florian. Venise lui offrit ce qu'il aimait : solitude et silence.

                 Lors de son arrivée ce jour-là, sa chambre de Ca'Dario était occupée. Il avait oublié de télégraphier sa venue. Son ami Tiberio Prentinaglia lui indiqua une location dans un palais très délabré près de l'église des Carmini, sans quitter le sestiere* de Dorsoduro. Il lui apprit la disparition d'un petit buste au musée civique*. L'écrivain loua le mezzanino* de la Signora dans son palais mal entretenu depuis longtemps. Un soir, il remarqua d'étranges reflets sur un mur-miroir de son salon. Une situation troublante naissait.

                 Il se promenait, foulait les dalles sonores des ruelles, se rendait à la trattoria du quartier et évitait ainsi la Piazza*. Le temps s'écoulait doucement. Il réfléchissait de longues heures au salon et suivait les arabesques serpentant sur les murs. Quand le jour baissait d'intensité, les étranges reflets apparaissaient.

                 Que se passa t-il ? Il se réveilla à la clinique de l'ile de la Giudecca. Le petit buste ? A nouveau visible dans la vitrine du musée civique.

*

                 * Veneziamente, comme un vénitien.

                 * sestiere, quartier en vénitien.

                 * musée civique, ancienne appellation du musée Correr sur l place Saint Marc

                 * Ca'Dario fut construite par Pietro Lombardo fin XVème siècle. Sa façade donne sur la fin du Grand Canal, quelques mètres avant l'église Santa Maria della Salute. Cette façade moyenâgeuse, fut construite selon des calculs repris des Templiers, nombreux à Venise au XIIème siècle. Un ossuaire des Templiers est présent sur l'ilot où se trouve Ca'Dario.

                 * mezzanino, appartement dans un palais au plafond plus bas plus facile à chauffer en hiver. Dans les palais anciens, on trouve souvent un mezzanino en-dessous et un autre au-dessus d'un appartement à hauteur de plafond normal (source Franco Filippi, Ecrivain et Editeur vénitien).

                 * la Piazza, la seule place de Venise appelée Piazza est la Piazza San Marco. Les autres places se nomment : campiello, campo.

*

                 Notre vénitienne d’adoption habita plusieurs fois chez - la signora -, vénitienne résidant à quelques mètres de Ca'Dario.

 

HONNEUR AUX ORIGINES

                 Proposition suivie d'acceptation de ses diapositives de Calvi de 1965 : une donation aux Archives de Haute Corse à Bastia. Et ses livres, acceptés aussi.

                 Elle eut envie que son travail soit présent en Corse et en Italie, sur des lieux de racines élargies. Elle proposa ses livres à la bibliothèque municipale du village où naquit son ancêtre corse non loin d'Aleria. Pas de bibliothèque au village. La bibliothèque municipale la plus proche lui fut indiquée. Elle expédia son premier livre dans cette bibliothèque pour les lecteurs locaux. Suivirent ensuite chaque nouvelle publication.

                 La Corse dépendit du Comté de Lucca en Toscane, son premier livre entra à la Bibliothèque d’Etat de Lucca. L'ile dite de beauté appartint plus tard aux génois. Bizarrement, elle n'arriva pas à faire entrer son travail dans un institut génois.

 

FG 2009

 

                 MOI,

J’ARRIVE DE LA RENAISSANCE ITALIENNE !

                 Les interlocuteurs étonnés ne comprenaient pas bien. Elle disait ainsi qu'elle aimait cette période, son esthétique, son art, sa musique, ses sculptures, ses palais, demeures et jardins. Ce décor divin lui parlait. Avait-elle déjà vécu sur cette terre, dans ces paysages ? Par cette Corse qui appartint à Lucca en Toscane ?  Et ce peintre toscan découvert au Louvre … un patronyme identique au sien, GIOVANNI. Et ces collines d'une extrême douceur visuelle, voilées par la brume du matin en l'hiver ... Physiquement, la dame faisait penser aux personnages musculeux des statues de marbre, celles des sculpteurs de la Renaissance.

  

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                                              LES NOUVEAUX CHAUFFEURS DE TAXIS

                 A partir de Juin 2016, quand l’Oriental, son chauffeur de taxi changea de travail, les complications commencèrent même avec ses copains d'enfance qui la connaissaient. Un stress conséquent perpétuel.

                 *Réservation pour motif médical oubliée. Le patron taxi en vacances sur un autre continent ne prévenant surtout pas de son absence. Pas la peine de respecter la cliente qu'on transporte au moins une fois par semaine et qui vous fait manger : normal au XXIème siècle car on se des clients. Organiser une course au dernier moment ? Impossible. Les taxis ne sont pas disponibles au dernier moment. La cliente en maladie longue durée pour maladie rare, grave et mortelle après long coma et 4 mois d’hospitalisation, rééducation difficile pour marcher et fauteuil roulant etc : aucune importance, on ne pense même pas au danger qu'on lui fait courir.     Elle paniqua. Le son de sa voix dans le message laissé le révélait un grand mal-être mais on s'en fout. Qu'elle se démerde ! Personne ne la rappela. On ne s'excuse pas non plus. Crève donc la gueule ouverte ! L'avait-on entendue dire plusieurs fois aussi qu'elle n'avait pas le budget pour s'absenter en vacances, vacances, vacances, elle ? Non, d'ailleurs on s'en foutait. Inhumain, impoli, inconscient. Lamentable.

                 Image : Vacances, vacances, vacances et achats provenance Chine. Vous tous, seulement adeptes de la société commerciale de cette population majoritaire, quand allez-vous réfléchir et refouler le dieu-fric pour éviter de vous suicider collectivement ?

                 - Vous êtes partie pour ce week-end prolongé ?

Le sourdingue n'avait pas entendu qu'elle ne partait jamais. Elle travaillait comme d'habitude mais, eux, qui se plaignaient, partaient en vacances, vacances, vacances qu’ils payaient avec le paiement de ses courses.

                 * Un taxi nouvellement choisi accusa réception de ses réservations 5 jours après sa demande. Entre temps, comment savoir si la course était possible ou non ? Fallait-il chercher un autre taxi ? La course était-elle enregistrée ? Pas d'accusé de réception. Pas de confirmation. Ce taxi comme d'autres ne reconnaissait pas son comportement impoli, illogique et peu fiable. Elle eut plusieurs fois à régler des comportements de ce type avec des patrons-taxis officiels : conversations agréables en voiture, comme entre copains. Trompeuse la situation. A la première occasion, tout marchait de travers : prix établi flottant, le chauffeur n'a toujours pas mémorisé que sa colonne vertébrale très déchiquetée depuis 25 ans et ne doit pas être secouée sur nids de poules et ralentisseurs. Combien de fois fallait-il le dire ? Surdité et défaillance neuronale chronique ! Et elle entendait en fin d'été,

                 - Vous avez passé de bonnes vacances ?

Et si elle avait eu le budget vacances, vacances, vacances, on avait encore oublié son handicap physique, qu'elle n'avait pas de voiture, ne prenait plus les Rer, métro, bus, escaliers, marches, escalators, trains, avions, à cause de son handicap physique et qu'elle ne devait pas porter de poids à causes de sa zone lombaire en mauvais état, donc, elle ne pouvait pas porter un bagage et pas tirer une valise à roulettes. Et il lui fallait une chambre d’hôtel en rez-de-chaussée équipée de douche à l’italienne et de barres pour se tenir. Ces chambres sont rares en France et en Europe. On en trouve quelques-unes dans les hôtels étoilés venant d’être rénovés au tarif minimum de 120 euros par nuit. Avait-on remarqué qu'elle n'avait commandé aucune course pour partir en vacances, vacances, vacances, en taxi ? Non. Les taxis n'étaient pas les seuls à avoir les neurones en panne de mémorisation. Voilà l'état mental de 95% des français. Pour une fois, quelle réussite ! Ses quelques relations souffraient     de cette même pathologie. Les labos ne voient-ils pas qu'il y a un créneau lucratif à prendre pour retaper tant de neurones fêlés ?

                 * Le taxi arrivant de Paris ne connaissant pas les lieux.

                 - Je dois passer par où ? !!!

                 - Je n’en sais rien. J'y suis allée deux fois par le Rer avant d'être malade. Je ne connais pas le trajet en voiture.

Elle se mit en colère : celui-là va encore lui gâcher sa journée. Elle n'a plus envie de faire ses courses prévues. Voyant sa colère et son assurance, le chauffeur riait. La voiture, non encore sortie de sa résidence,

                        - Ramenez moi chez moi.

                        - La prise en charge est de 25 euros !

                        - Non, ici c'est 15 euros.

                        - Alors donnez-moi 10 euros.

En fait, la courte course n'intéressait pas son taxi habituel, copain d'enfance de l'Oriental et il avait appelé une plateforme. Elle l'informa des faits,

                 - Untel est pourtant un bon taxi.

                 - Et en plus, vous me prenez pour une idiote. Vous l'avez demandé sur une plateforme donc vous ne le connaissez pas.

Elle ne travailla plus avec les copains de l'Oriental.

                 * Et cet autre taxi habitant à 1km de chez elle, conventionné Sécu, il acceptait les bons de transport des patients ne pouvant pas prendre les transports en commun. Il était payé directement par la Sécu. La première fois qu'il la transporta, il lui déclara, - Les bons de transport, ça ne m'intéresse pas ! Pourquoi avait-il accepté lors de son appel ? Il la transporta trois fois.

                        - ça me gonfle de vous transporter. Votre généraliste toujours en retard. Il faut vous attendre. Vous êtes sûre d'avoir fini à 16 heures 30 tout à l'heure ?

                        - Je ne peux pas savoir, ça ne dépend pas de moi mais de ma généraliste.

Il lui posa la question à nouveau en arrivant devant le cabinet médical. Elle répondit de la même façon. Que pouvait-elle faire de plus ? Rendez-vous de retour reculé à 17 heures pour prévoir large, la consultation étant prévue à 15 heures 30.

                 - Qu'est-ce qui vous gêne exactement ?

                        - Les retards. J'ai plein de travail. Je veux des horaires précis.

                 - Et moi, ça me convient peut-être ? Je fais comment ? Je dois perdre une demi-journée à chaque fois lors que j'ai un an et demi de retard dans mon travail international passionnant trop conséquent depuis 25 ans, le suivi de mes 450 contacts et pas du genre facebook à la con. J'écris des livres. Je gère de la documentation. Je dois lire les livres des autres auteurs sur les mêmes sujets que les miens. Je gère un secrétariat trilingue. Je vous passe les détails d'horaires et repas décalés en me couchant après minuit. Vous croyez qu'elle ne me dérange pas la généraliste ? Est-ce de ma faute ? Je n'ai pas de temps à perdre non plus.

Tout le monde sait bien que les médecins font attendre les patients. La responsable était la généraliste arrivant déjà très en retard pour reprendre ses consultations de l’après-midi. Elles en parlèrent et avoua sa faute sans remanier sa façon d’être.

                 Tous ces taxis conventionnés ont du travail administratif avec les bons de transport. Pourtant, le nombre de courses privées devenues inférieur depuis la situation économique de 2008 une clientèle médicale fixe leur est ainsi assurée toute l'année à un tarif un peu moins élevé payé en direct par la l'Assurance Maladie. Mais, les courses courtes ne les intéressent pas. Pas rentables. Belle mentalité inadmissible ! On fait comment ?

                 Et ce jour-là, la généralise était encore plus en retard :    rendez-vous à 15.30 et à 16 heures 45, elle attendait toujours. Il y avait eu des erreurs de rendez-vous mal notés par les différentes secrétaires ne sachant pas travailler. Deux personnes à la même heure. Depuis plus de six mois, des erreurs en continu et jamais la même secrétaire en poste. Elle tint au courant le taxi de la situation présente. Elle sortit à 17 heures 15. Elle lui remit le bon de transport et évita de lui parler jusqu'à son domicile pendant trente minutes. Il refusa officiellement de continuer à la transporter. Elle allait encore passer des heures à trouver un autre taxi et laisser son travail.  Depuis un an qu’elle ne travaillait plus avec l’Oriental, elle avait changé 5 fois de taxis sans résultat acceptable.

                 La veille, ce taxi l'avait conduite à l'hôpital pour sa consultation de contrôle. Tout c'était passé impeccablement à l'aller. A peine la consultation finie, elle l'appela. Il proposa de revenir la chercher une heure et demie après ! Belle mentalité à nouveau. Elle demanda qu'il envoie un collègue : elle avait un autre rendez-vous à respecter dans trente minutes chez elle. Mensonge mais elle n'avait pas de temps à perdre. Lui, il avait le droit de la faire attendre : innommable le mec ! Les mots n'avaient plus aucune signification depuis longtemps dans ce pays de nullité extrême. Et c'est lui qui arriva quinze minutes après sa demande. Incompréhensible.

*

Des imprévus tous les jours pour l'empêcher de travailler concentrée à l'écriture de ses livres, à son secrétariat international trilingue, à ses études. Un combat perpétuel.

*

                 Elle découvrit qu'elle pouvait être transportée par des voitures d'un autre statut conduisant des handicapés et des personnes à mobilité réduite et à un tarif inférieur. Aucune assistante sociale ne l'en avait informée. Une voiture au châssis un peu élevé lui permettrait d'entrer, de s'asseoir puis de sortir de la voiture plus facilement. Elle vit et essaya une voiture de ce type et commença à circuler avec cette société pour ses déplacements personnels. Il s'agissait d'une entreprise familiale possédant un nombre important de voitures dont l'arrière pouvait contenir une ou plusieurs personnes en fauteuils roulant. Une nouvelle voiture coréenne de ville, de style 4/4, aux fauteuils confortables lui fut proposée. Situation amusante : elle quittait des chauffeurs d'origine maghrébine et musulmans pour circuler avec les trois jeunes fils du dirigeant au patronyme juif. Décidément, Dieu n'hésitait pas une fois de plus : il savait qu'il pouvait lui envoyer toutes les religions monothéistes. Elle allait apprendre des détails de la religion juive avec les trois fils du directeur, étudiants et chauffeurs, travaillant en famille. Pour elle, apprendre, ce n'est pas lire les journaux mais discourir verbalement avec les intéressés : une fac à l'air libre. Avec eux, il n'y eut aucun problème. Un discours intéressant en plus pendant les parcours, en plaisantant et en riant aussi. Les détails sur la religion juive lui plaisaient. Cette société n'ayant pas le statut de taxi et ne pouvant avoir le conventionnement, elle ne pouvait faire appel à elle pour des déplacements médicaux. Il lui fallait continuer à passer par les taxis et ça posait problème pour les courses courtes.

 

A EGLISE ST NICOLAS DES CHAMPS DE PARIS

Cérémonie de prières pour les malades, 30 Juin 2016

                 Elle apprit par hasard qu'une cérémonie pour les malades avait lieu chaque Jeudi dans cette église. Des guérisons se manifestaient au cours des réunions ou dans les jours qui suivaient. Des malades ne pouvant pas se déplacer se trouvaient guéris par les prières d'amis venus sur place. On venait aussi de province, environ 1000 personnes présentes. Elle reconnut le médecin des processions de Lourdes sur la vidéo. Elle avait écouté l'une de ses conférences pendant son séjour à Lourdes en 1999. L'église fermait pour l'été après la cérémonie de prières du 30 Juin. Elle décida de s'y rendre. Son taxi l'emmena dans le Marais dès le début de l'après-midi pour des courses et elle se rendit à pieds à l'église pour 18 heures 30. Arrivant un peu avant : église pleine, fauteuils roulant et fidèles assis dans la nef et sur les bas-côtés, d'autres assis par terre ou debout. Depuis 16 heures 30, chants et louanges se succédaient. Impossible pour elle de rester debout longtemps. Elle en fit part à un membre de l'équipe organisatrice : une salle allait être ouverte au fond de l’église. Elle attendit quelques minutes parmi la foule. La salle ouverte se remplit de suite mais quelqu'un lui proposa sa chaise. Le prêtre responsable annonça le début de la cérémonie : chants et louanges demandaient à Jésus d'être présent parmi les fidèles. Jésus vint parmi eux. Un autre prêtre passa parmi l'assemblée présentant le Saint Sacrement. Le premier prêtre annonçait des guérisons instantanées. Encore des louanges et des chants, voix, guitares et instruments : honneur au Seigneur. Que toute cette foule puisse atteindre la sortie de l'église sur la rue St Denis prit un certain temps. Son taxi l'attendait près de l'église.          Dans la soirée, elle sentit un état nouveau. Ses jambes étaient-elles moins raides ? Le lendemain, sortant de chez elle pour aller s'occuper des chats à la fac, elle marchait à grandes enjambées. Pourtant, les raideurs dans les membres inférieurs, chevilles et genoux, étaient toujours présentes.

 

VEZELAY OU LA COLLINE ETERNELLE

Octobre 2016 

                 Notre artiste évoqua la beauté et l'histoire du village perché de Vézelay à la dame procédant au ménage de son domicile chaque semaine. Elle eut envie de connaitre ce lieu de charme dominant les collines du Morvan. Lors de sa première intervention, elle avait découvert les chants de la Fraternité Monastique de Jérusalem et en avait apprécié la beauté. Elle aima les différentes versions du - Notre Père -. Le ménage, exercice physique fatigant, devint plus léger aux sons des voix angéliques des jeunes moniales et des jeunes moines. L'intervenante proposa d'emmener notre amie de temps en temps pour des courses à la galerie marchande située à 4 kilomètres dans la ville des Ulis. Elle y habitait et récupérerait sa fille à l'école par la même occasion. Elles émirent l'idée de se rendre ensemble à Vézelay en voiture et d'entendre les chants à cappella de la fraternité monastique. Comme l'année précédente avec son chauffeur oriental, l'horaire fut calculé pour assister à la cérémonie de midi trente et entendre les voix également présentes au même horaire dans toutes les églises que la fraternité animait, en Europe et en Afrique.

                 Elle avait découvert Vézelay en 1986, le village et sa basilique romane Sainte Marie-Madeleine. Un vaisseau de pierre lumineux et une histoire à travers les siècles depuis le moyen-âge. La deuxième croisade y fut prêchée en 1146 par Bernard de Clairvaux. Vézelay, toujours un lieu de départ des pèlerins se rendant à Saint Jacques de Compostelle. Serait-ce aussi un lieu de départ vers une nouvelle vie et des compréhensions nouvelles ?

                 Trajet par l'autoroute dite du soleil très absent ce jour-là. Après deux heures de route, la voiture se gara sur le champ-de-foire, en bas du village interdit aux voitures. Décor et paysage complètement gris partout autour. Les tons bordeaux de la vigne vierge rampant sur deux façades de maisons anciennes coloraient le décor lapidaire. La rue Saint Etienne montait la pente de la colline. Atmosphère calme. Elle passait devant maisons anciennes en pierre, boutiques d'artisanat, petits restaurants et devant - l'Or des Etoiles -, la petite librairie. Des visiteurs du samedi mais pas de bruit. Elles montèrent vers la basilique, vers le Christ aux bras ouverts à tous en façade, vers le Christ dansant au narthex, vers la voûte romane, vers les chants, vers Marie-Madeleine, vers Dieu.

                 Le narthex : vaste espace aux portes gigantesques. Le Christ du tympan, léger, danse depuis des siècles dans les plis de son vêtement. Il instruit le fidèle et le prépare à son entrée dans la vaste église, dans l'art roman aux différents tons de beiges avant d'atteindre le chœur gothique de pierre blanche. Seuls les chapiteaux et des bases de colonnes sont sculptés. Une architecture sobre, des blocs de pierre, des piliers énormes et le silence.

                 Au XIXème siècle, la restauration de l'architecte Viollet-le-Duc, longue et conséquente, sauva l'édifice en très mauvais état. Il s'écroulait. Résultat des siècles et du temps en marche. Viollet-le-Duc, architecte amoureux de son métier et des pierres. Pour son travail, il vécut un an dans la beauté des édifices du sud de l'Italie.

                 Exceptionnellement, pas de vêpres à midi trente mais une messe demandée spécialement par un groupe de scouts présent. Procession prévue le soir dans tout le village. Elles assistèrent à la messe, entendirent les chants - a cappella -. Des voix pures caressaient l'espace pour monter vers le ciel, vers Dieu.

                 Dieu, viens à mon aide,

                 Seigneur à notre secours.

                 A Toi la Gloire. A Toi la victoire pour l’éternité !           

 En fin de cérémonie, le soleil toucha les vitraux transparents du chœur. La lumière céleste se manifestait-elle pour quelques instants ? Elle donna quelques commentaires sur l'art roman et gothique à sa compagne puis croisa une sœur de la fraternité, un visage connu pour elle à l'église St Gervais. Ce fut plus fort qu'elle,

                 - Vous n'êtes plus à St Gervais ?

                 - Non, me voici à Vézelay depuis quelques temps. Vous êtes du 4e ? Oui, je l'ai quitté il y a peu de temps mais j'y suis souvent. J'y étais déjà au lycée, des parents l'habitaient en 1930. Je sais que vous pouvez, disons - muter -. Des règles sont probablement à suivre.

                 - Il n'existe pas vraiment de grandes difficultés pour changer de lieu. Un poste doit surtout se trouver libre. C'est agréable de découvrir et de vivre dans une nouvelle architecture historique.

                 Descente dans la crypte creusée dans la roche calcaire. Là, les reliques de Sainte Marie-Madeleine attendent le visiteur dans un coffret de verre exposé sous des voûtes très basses. Marcher difficilement sur un sol en creux et bosses, voilà un ressenti inhabituel. Souvenez-vous, elle eut un malaise qui débuta dans la crypte et dura plusieurs heures, la veille de Noël 2009 : la sensation de marcher sur des pics durs puis sur la mer. Des nausées l'avaient envahie.   En Novembre l'an dernier, son chauffeur oriental musulman découvrait Vézelay avec elle. Ses difficultés de marche l'empêchèrent de descendre sous la basilique. Cette fois-ci, en faisant très attention, elle put descendre. Aucun malaise ne se produisit.          Bizarrement, elles descendirent par la montée et remontèrent par la descente sans voir les indications recommandées sur la pancarte. Elle lut le lendemain dans le petit livre acheté à la libraire l'Or des Etoiles qu'une confusion se produisait souvent pour les visiteurs. Allez savoir pourquoi : Marie-Madeleine ? Chacune mis un cierge devant la magnifique statue trônant près de sortie de la crypte. Comme l'an passé, mon interlocutrice crut offrir un cierge à la Vierge. Passant ensuite devant la chapelle de la Vierge, elle comprit son erreur. Elle retourna voir son cierge et la statue : c'était celle de Marie-Madeleine !          Chacune passa du temps dans ce narthex immense à admirer le Christ dansant au tympan, ses genoux pliés, ses pieds valsant vers le sud. Une danse offerte aux fidèles entrant dans la légèreté de la pierre sculptée. Une répétition musicale commença, mélange de douces musiques spirituelles non classiques. Tout l'espace roman-gothique se remplit de sons magnifiques. Comment trouver les mots convenables pour les décrire ? Une merveille sonore contemporaine pourtant technique et une merveille minérale traversant les siècles se rejoignaient, s'accordaient, vivaient ensemble. Un cadeau céleste ? Serait-ce la musique du paradis ?  Elle parla à une jeune femme croyant qu'elle travaillait aussi pour la sono. Adorable pointe d'accent anglais. Non, elle accueillait les visiteurs et rangeait sa table de travail. Anecdote des temps actuels : des touristes voulaient entrer visiter l'église avec leur chien ! Les animaux, des créatures de Dieu, sont bénit dans certaines églises au cours d'une cérémonie. A Sainte Rita de Paris par exemple. A Sienne, les chevaux courant la course du Palio entrent à l'église pour leur bénédiction. Difficile en effet d'accepter des animaux visiteurs d'églises.

                 La basilique de Vézelay fut inscrite au Patrimoine Mondial de l'Unesco en 1979.   

                 S'obliger à quitter le vaisseau de pierre ... Imaginez le panorama depuis le chevet au-dessus des remparts : une vue à 180 degrés sur la campagne du Morvan. Elle prit quelques photos malgré la grisaille. Elles déjeunèrent sur un banc du chemin en contrebas des remparts sur la vue de l'immense campagne. Il faisait froid. En remontant vers la façade, restée seule quelques minutes, elle posa son sac sur un banc pour y chercher ses gants. La tête d'un chat apparut à côté de son sac. D'où arrivait-il ce chat ? A l'instant précédant, il n'était pas là.

                 - Je la laisse cinq minutes et la voilà avec un chat !

                 - Je n'ai pas compris d'où il venait. Il semble me connaitre et tient à me caresser. Il marche en équilibre sur le dossier. Minou, minou ! Gentil le minou !

Elles passèrent devant la façade de la basilique. Voilà la coquille St Jacques intégrée dans le bitume de la rue. Le point officiel de départ vers Compostelle ? Elles descendirent la rue St Pierre, la rue principale, prirent plus bas sur la gauche pour passer devant la Cité de la Voix. Personne. Les maisons pierres sur pierres semblaient endormies. Quel calme pour travailler ici pensa t-elle. Elles rejoignirent la rue St Etienne en forte pente. Tentation extrême sur la droite : entrer à - L'or des Etoiles -, la petite librairie. Des titres sélectionnés par le libraire. Un choix savant. Elle acheta quelques petits livres sur Vézelay, la Toscane et l'islam et s'adressa au libraire,

                        - Comment fait-on pour habiter ici ?

Elle avait pensé habiter le village pour quitter Paris quelques années auparavant. Rarissimes les maisons à vendre ou à louer et souvent immenses.    Elles continuèrent à descendre la rue très pentue. Une pancarte d'agence à Avallon : elle nota le numéro de téléphone. Une maison déjà en vente l'an passé. Comme partout en province et en campagne, les biens se vendaient lentement depuis quelques années. Renseignements pris : le bien était sous compromis de vente. Ce village lui plaisait : interdit aux voitures, calme mais actif culturellement et très fréquenté toute l'année. Une commune avec sa Mairie, poste et pharmacie, banque, supérette ouverte 7/7, Avallon et Clamecy à 15 kilomètres en taxi, un historique célèbre et d'autres villages alentours liés à cet historique, un musée d'art contemporain, plusieurs maisons d'écrivains où ont lieu aussi des réunions littéraires, concerts à la basilique et à la Cité de la Voix, marché sur le champ-de-foire une fois par semaine, la Fraternité Monastique de Jérusalem animant la basilique, la possibilité d'entendre leurs chants deux fois par jour, un million visiteurs par an, des pèlerins partant pour St Jacques de Compostelle, aucun tourisme bruyant. Elle demanda à Sainte Marie-Madeleine d'intercéder pour elle auprès de Dieu, si cela était bon et juste pour elle, qu'une une petite maison sans travaux se libère.

                 Il fallut se résigner au départ, monter dans la voiture garée en bas du village. Elles reprirent la petite route contournant le village perché. Plus bas, à l'entrée de St Père, un groupe de pèlerins marchaient, sacs à dos volumineux, chapeaux et grands bâtons. Ils s'engageaient dans un chemin de campagne. Des bœufs blancs broutaient tranquillement dans leur pré. Personne sur la petite route. La voiture reprit l'autoroute à Nitry. Circulation fluide.  Deux heures plus tard, elles arrivèrent sur le grand rondpoint à l'entrée de la ville des Ulis. Elles réintégraient la verte Vallée de Chevreuse.

                 Elle lut dans petit livre - Vézelay l'esprit du lieu - de Edith de La Héronnière, qu'aucun projet financier extérieur au village, aucune mainmise des mentalités actuelles, n'arrivaient jamais à s'implanter. La vocation d'origine du lieu ne cessait de s'imposer encore au XXIe siècle. Sainte Marie-Madeleine y veillait-elle personnellement ? D'après ce livre explicatif intéressant, il règne à Vézelay une sorte de désordre ambiant depuis toujours : situations et faits spontanés des résidents et visiteurs entrainent sans le vouloir, le non-respect des consignes indiquées, une légère anarchie du lieu. Souvenez-vous, elles ne virent pas les pancartes indiquant le sens de la descente et de la sortie de la crypte et firent l'inverse et mon interlocutrice confondit la statue de la Vierge et celle de Marie-Madeleine. Répétition de sa confusion incomprise de l'an passé. Ajoutons qu'elle découvrit lors de sa dernière journée au village, des détails non remarqués depuis sa première visite en 1986 : les boutiques dans la rue principale, le chœur de pierres très blanches trop neuf à ses yeux, le chemin en contrebas du chevet sous les remparts, l'an dernier le parking du champ-de-foire était gratuit et cette année, payant. En 2009, le conférencier affirma que la basilique avait nécessité très peu de restaurations du célèbre architecte Viollet-le-Duc : les livres expliquaient le contraire. Confirmation du désordre étonnant du lieu ?

                 Les Fraternités Monastiques de Jérusalem : un ordre récent créé en 1975 à l’église Saint Gervais de Paris par le Cardinal Marty et Pierre-Marie Delfieux, premier Prieur, ancien aumônier de la Sorbonne. Il passa ensuite trois années au désert. Des moniales et moines, jeunes et citadins, sans clôture. Ils vivent dans la ville et avec elle. Ils travaillent à mi-temps. Ils prient, animent et célèbrent les offices des lieux religieux qui leur sont attribués en gérant aussi une hôtellerie recevant quelques jours des fidèles de passage pour une retraite ou des séminaires qu'ils organisent. Ces religieux habitent dans les villes d'Europe et en Afrique. Ils animent des lieux prestigieux comme la basilique de Vézelay et le Mont st Michel, l'église de la Trinité des Monts à Rome et la Badia de Florence. Leurs chants - a cappella - d'une grande pureté, montent vers les voûtes et élèvent les esprits vers le Créateur.

*

Jésus aurait dit,

Je suis dans le monde mais je ne suis pas de ce monde.

*

LES CHATS DE LA FAC

                 Le Chat, une divinité au Royaume de Pharaon, associé à la déesse Bastet, divinité égyptienne. Le chat, divinité de toujours. Sa belle âme rayonne. Il aime et comprend l'humain son ami, Anonyme --- Dieu a inventé le chat pour que l’humain ait un tigre caresser chez lui, Victor Hugo --- Quand un chat accorde sa confiance à un humain, c’est la plus belle offrande, Charles Darwin --- Si l’on pouvait croiser l’homme avec un chat, ça améliorerait l’homme mais ça dégraderait le chat, Mark Twain.

 

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Yvette-le-chat, Yveta et ses 3 chatons, Chatonjoli, Quattro

Les frères Ptirou et Granrou, Laureline, Koro

Repas d'anniversaire, Juillet 2015

                 Elle voulait fêter son anniversaire avec quelques personnes. Elle les prévint un mois à l'avance. Prévenir au dernier moment risquait de ne pas convenir. Personne ne se précipita pour lui répondre. Seul, l’Oriental se montra disponible pour un déjeuner à Paris. Etait-elle appréciée par les personnes qu'elle connaissait ? Constatant non-réponses ou refus déguisés, une fois de plus, sa colère éclata. La Bible parle de saintes colères et que nul n’est prophète en son pays … L'ambiance qu'elle imaginait ne serait pas au rendez-vous. Pourquoi n’y avait-elle pas droit ? Elle allait devoir une fois encore passer ce jour-là seule comme chaque année. Elle vous remercie pour une claque de plus en échange d'un élan sympathique. Votre cadeau aurait été votre envie de passer un moment avec elle. Des cadeaux ? Elle n’en reçoit jamais, à Noël non plus. Pourquoi la fuyait-on dès qu'elle proposait une réunion ? Et ça durait depuis des années. Incompréhensif. Ne voyez-vous pas sa vie passionnante ? N’avez-vous pas envie de changer de conversation, d’oublier vos histoires de familles, de gosses, de travail et de vivre des expériences différentes ? Ne voyez-vous pas qu'elle peut se mélanger à pratiquement tous les styles de personnes, sauf à la vulgarité ? Pourquoi n'en profitez-vous pas ?

                 Son amie de Dordogne comme chaque année n'oublia pas sa date d'anniversaire. Dès neuf heures, son téléphone sonna,

                 - Bon Anniversaire Bella !

Quelques minutes après, il sonna à nouveau,

                 - Bonne Anniversaire Fiorella !

Son amie du Havre n'avait pas oublié non plus.

                 A la Fac, Yvette-le-chat et sa fiancée Yveta, Chatonjoli et Quattro, ne demandaient qu'à lui faire honneur et douceur. Elle alla manger avec eux sur la table de pique-nique peinte de mille couleurs par les étudiants. Menu : sardines, thon, croquettes et pâtée, galettes de soja, compote de pommes à la cannelle. Il faisait beau et elle joua longtemps avec eux en agitant un bouquet de plumes au bout d'un long lacet. Les chats sautaient, sautaient après les plumes. Par moment, ils se léchaient mutuellement à la toilette. Ils restaient autour d'elle, venaient se coucher sur la table et se frotter à son visage, repartaient faire un tour puis revenaient. Adorables minous, toujours au rendez-vous.

                 Elle et Yvette-le-chat se connaissaient depuis Juillet 2012. Elle s'occupait d’eux tous les jours. Elle venait à pieds par n'importe quel temps. Vingt minutes de marche. Elle aimait marcher, en ville ou à la campagne, dans le magnifique décor de la fac, dans les vieux arbres. Yvette l'avait adoptée dès la première seconde, le jour où elle passa. Elle raconte son histoire dans son livre - Les Chats -. Il fuyait tout le monde, pas elle. Il venait sur ses genoux pendant des heures et se laissait soigner. Ils jouaient ensemble avec une ficelle. Sur place, elle apportait des articles à lire pour son travail et restait longtemps avec lui quand il faisait beau.

                 L'Amour ... D'où arrivait la toute jeune Yveta en Mai dernier ? Elle garda son secret. Seul Yvette-le-chat le connaissait. Ils se fiancèrent rapidement nez contre nez et vivaient ensemble sous le bungalow de la kfet. Elle leur apporta des lits remplis de tissus polaires. Le chat âgé de cinq ans choisit pour compagne Yveta qui n'avait pas un an. L'Amour n'a pas d'âge ! Arrivant vers midi par le chemin en contrebas, elle les voyait tous les deux allongés dans l'herbe surveillant son arrivée et, hop ! au même instant, ils se levaient ensemble et descendaient la pente en courant, se frottaient à ses chevilles en remontant sur le chemin. Tous les deux, presque complètement blancs, deux queues sombres un peu tigrées, un bonnet noir pour Yvette et l'autre tigré sur la tête d’Yveta. Yvette et sa tâche noire en forme de cœur sur le dos et Yveta et sa tache tigrée sur le flan. La belle Yveta, affectueuse et douce donnant des preuves de ses sentiments à Yvette et à sa protectrice. Le chat sauvage Quattro logeait aussi dans les parages, mais où ? Un beau chat au larges tâches sombres légèrement tigrées sur le dos, la nuque, la tête et la queue, un poitrail et papattes blancs, une tâche ocre dans les moustaches. Elle le connaissait mais il restait à l'écart. Son sosie version chaton lui, apparut en Mai, tout discret sous la kfet. Elle lui donnait à manger à part. Au bout d'un mois, un matin, il vint s'asseoir sur ses pieds. Il la regardait de ses grands yeux d'amour. Un magnifique petit chat d’environ 4 mois. Lui aussi ensuite courait à sa rencontre quand elle arrivait. Chatonjoli, aux grands yeux. Il venait dans ses mains et ronronnait si fort. De loin, elle le confondait avec Quattro beaucoup plus grand, à la fourrure totalement identique. Quattro vint manger à la kfet avec les autres à partir de cette époque.

Chatonjoli, fils de Quattro, été 2015.

                 Le véto la renseigna : oui, un chaton pouvait avoir exactement la même fourrure que sa mère. Alors, Quattro était une chatte et Chatonjoli, son fils.

                 Le ventre d'Yveta grossissait. Le 1er Septembre, elle apporta à la kfet ses trois chatons qu'elle surveillait continuellement. L'amoureuse des chats alimentait tout le monde. Elle avertit le refuge du secteur pour avoir de l'aide et pour qu'on prévoit stérilisations et adoptions. Elle l’avait déjà contacté plusieurs fois mais personne ne se dérangeait. Une vie infernale d'aller là-bas tous les matins, le week-end aussi et travailler à ses affaires sans horaires, tout ça à pieds et en payant toute la nourriture des chats. D’autres avaient deux salaires et au moins une voiture pour se déplacer et transporter leurs courses et probablement sans la zone lombaire démolie depuis 25 ans. Au bout de plus de 3 ans, quelqu'un se déplaça. Yveta passa chez le véto pour sa stérilisation et revint à la kfet. Mignonne et affectueuse, elle fut rapidement adoptée et ses trois chatons aussi. Yvette ne se laissa pas attraper. Non opéré, il se battait avec d'autres chats. Blessé, il se laissait soigner par l'amoureuse des chats. Elle lui retirait les tiques et lui mettait de la Bétadine cicatrisant les blessures. Des bénévoles furent désignées pour passer donner à manger aux chats tous les jours. Elle passait en fin de journée et le week-end. Elle avait besoin de voir ses chats.

                 Fin Septembre 2015, alors que tout allait bien le dimanche matin, quand elle passa en fin d'après-midi, Chatonjoli couché en rond sous les hauts thuyas la regarda avec des yeux très tristes. Il allait très mal. Il se leva difficilement pour aller vers elle. Elle le prit délicatement dans ses mains et le mit sur ses genoux. Chatonjoli ... si beau, si petit, si plein d'amour ... partir vite, à pieds, chez le véto. Son cas était grave. Radios. Le véto n'a pas pu le sauver. Le dimanche, la rue était interdite aux voitures par une barrière dès le samedi à 14 heures jusqu'au lundi matin. Aucune voiture ne pouvait avoir fait du mal au chaton. Un chien non tenu en laisse l'aurait-il attrapé ? Son estomac rentrait dans le poumon et il respirait peu. Chatonjoli ... si beau, si doux ... Elle fit les formalités nécessaires pour recevoir son urne. Elle alla plus tard la porter dans le parc d'un joli château des environs, un lieu magnifique déjà choisi pour sa Minette en Février 2012. Minette ... Chatonjoli ... Elle écrivit ce texte en son hommage,

 

21 Septembre 2015

Ce jour-là, Chatonjoli prit son envol vers le ciel.

                 Elle écrivit ce joli texte en hommage au chaton qui l'aimait et lui léchait les mains avec tant d'amour dans ses yeux.

                        Chatonjoli, toi si joli, tu quittes la terre.  Tu montes dans l'air, vers le ciel clair.  Tu nous étonnes. Tu ronronnes au milieu des oiseaux, si beaux. Par le monde invisible, ton monde, là-haut, dans le ciel bleu doré, des fleurs colorées. Elles te regardent et t'appellent.  Un oiseau, d'un coup d'aile, te porte vers elles. Elles te caressent et te laissent leur Amour, pour toujours. Votre chemin est lumineux, silencieux. Elles te conduisent à ton Père, notre Père. Il t'attend dans sa Lumière. Il te conduit en ta demeure nouvelle, ta demeure éternelle.

L'arrivée des deux frères roux

Granrou et Ptirou en Octobre 2015

                 En Octobre, la kfet des étudiants ferma mais deux chatons roux de quatre mois, poitrail et papattes blancs arrivèrent. D'où venaient-ils ? Yvette les refusait et crachait sur eux. Il crachait déjà sur Chatonjoli. On lui avait pris son habitation ! Il demeurait là, sous le bungalow, depuis sa naissance en été 2010 mais sa mère avait disparue. Le responsable de la kfet lui donnait à manger les denrées de la cafeteria. A cause des nouveaux chatons, il alla habiter sous le bâtiment de l'autre côté du parking.   Les bénévoles u refuge de secteur passaient enfin depuis quelques après avoir réclamé trois ans. Vrai que les bénévoles travaillaient en entreprises toute la journée et que les problèmes félins sont multiples. Elle aussi, travaillait chez elle et menait une vie infernale tous les jours sans pauses, sans congés et payait tout elle-même, ce qui n'affolait personne. Elle avait payé 250 euros pour l'adorable Chatonjoli mais personne n'avait voulu participer ou la rembourser sur le budget du refuge de secteur. Là aussi, pas de curiosité bien placée : on ne voulait même pas voir à quoi ressemblait son travail, sa création photographique ou littéraire concernant le thème des chats entre autres sujets. On préférait acheter chinois dans les supermarchés plutôt que la production inédite d'une artiste faisant partie de leur groupe. Où se cachent donc les personnes valables avec qui parler intelligemment ?                  En Novembre, les deux frères roux et la chatte Quattro furent opérés, stérilisés.

                 Elle me raconta qu'à  sa sortie d'hôpital, le chat Yvette changea d'attitude. Pourquoi ? Avait-il interprété qu'elle l'avait abandonné ? Elle lui expliqua qu'elle avait payé quelqu'un pour lui porter à manger tous les weekends pour cause de coma, de maladie rare, grave et mortelle et d'hospitalisation de 4 mois avec rééducation physique à la marche impossible complètement. Elle lui avait aussi dit plusieurs fois, qu'en rentrant chez elle, la kfet était trop loin pour elle à pieds, qu'elle ne marchait pas encore dehors pour venir le voir, bref, elle ne l'avait pas oublié du tout et elle pensait continuellement à lui mais ... impossible de venir le trouver et de s'occuper de lui. Gentil le chat mais tellement moins caressant, tellement moins amical. Il ne venait plus sur ses genoux pendant des heures comme avant et ne se laissait plus soigner en ronronnant. Etrange ... qu'avait-il imaginer pendant son absence ? Il vint sur ses genoux une seule fois après son retour, le jour de son anniversaire, le 25 Juillet. Il savait probablement que c'était un jour particulier et il resta longtemps sur elle. Il ne recommença jamais. A la mi-janvier 2016, il partit définitivement ne supportant pas de vivre avec les deux chatons roux et blanc, deux. Yvette n'aimait pas les chatons. Parti où Yvette ? Elle l'ignorera pendant encore des mois. Elle se faisait un souci monstre. Elle avait perdu son chat. Etait-il en difficultés, en danger ? Mangeait-il ? Elle vivait mal la situation affectivement. Les bénévoles avaient favorisé l'installation des frères roux à la kfet sans se soucier du logement du chat Yvette et de leurs sentiments réciproques alors qu'ils avaient construit une vie ensemble depuis Juillet 2012. Sa démarche n'était pas seulement un acte technique vital de nourriture. Sa douleur provoqua une réaction violente verbale envers ces femmes. Elle leur fit une vie difficile et elles ne comprenaient pas. Pourtant facile d'analyser en une seconde : pas besoin d'avoir un doctorat en psycho. Elle était agressive et voilà tout. Avait-on pensé à Yvette et à elle ? à leur affection de longue date ? Non. De quoi montrer de l'agressivité. Elles reçurent des sms explicatifs virulents pendant plusieurs jours jusqu'à minuit. Elle leur expliquait leur comportement qu'elle n'admettait pas. Elle découvrit le choriza des frères roux et leur signala. Les yeux de Ptirou suppuraient un liquide marron. Hospitalisés pendant une semaine les deux chatons. Pas certain que Ptirou s'en remettrait. Son frère était moins atteint. Ptirou s'en remis mais resta plus petit de corpulence alors que Granrou, son frère, est trapu. Ptirou eut plus tard encore des antibiotiques : il éternuait souvent. Un an et demi après ce coryza, Ptirou est toujours deux fois moins grand que son frère mais en forme. Depuis chaton, elle remarqua le regard très doux de Granrou. Il câline et mordille la main de sa protectrice. En fait, Granrou est une chatte. Ptirou est le mâle, fanfaron, batailleur, il mange dans son assiette et dans celle des autres. Vint se joindre aux chatons roux, un joli chat blanc et tigré vivant dans les parages, déjà connu de notre amoureuse des félins : Quattro. Il dormait avec les autres sous la cafétéria.

                 Après avoir scotché des affiches et la photo d'Yvette dans l'entrée des cantines et sur des portes de bâtiments de la fac, (beaucoup d'étudiants le connaissaient), trois étudiants lui téléphonèrent en Mai. Ils avaient aperçu le chat noir et blanc dans le secteur de l'autre résidence universitaire, à l'entrée de la fac côté Bures. Etonnée qu'il fut parti par là ...Tous les jours, elle porta des croquettes là où l'un d'eux l'avait vu sortir d'un local poubelles. Etonnant quand même : elle ne le rencontrait jamais pourtant, il la connaissait depuis plusieurs années. Pas de chat Yvette à l'horizon, et elle continuait à mettre des croquettes pour lui. Un jour, elle rencontra un chat noir et blanc vivant sur ce secteur. Elle parla avec un post-doc chinois qui s'occupait de ce chat Collé venant manger chez lui le soir. Il ne connaissait pas Yvette.

                 La chatte Quattro, depuis déjà longtemps devenue très sociable, arrondissait son dos pour demander des caresses. Une très jeune minette qu'elle surnomma Yvettabis puis Lauréline arriva en Mai : discrète, timide et craintive, restant toujours à l'écart des autres. Elle participait à sa façon en observant de loin ce qui se passait comme les jeux des autres chats. A partir d'Août, elle commença à avoir moins peur et vint manger avec les autres sur la table de pique-nique et aussi jouer avec des plumes et un bouchon au bout d'une ficelle. Elle se mit à courir après des mouches, des papillons ou à s'amuser avec une petite balle orange. Vous avez certainement compris que tous, suivaient un cursus spécialisé à la fac ! Son chauffeur maghrébin passait par la fac avec notre amie si nécessaire avant d'autres rendez-vous pour donner à manger aux minous mais, il restait à l'écart à cause de son allergie à la salive déposée par les chats sur leur fourrure.

                 Fermeture définitive de la cafétéria fin Décembre 2015

                 Différents problèmes existaient. La fermeture arrangeait bien notre amie. Elle n’avait plus à tenir compte des étudiants bénévoles, de l’employé officiel qu’elle n’appréciait pas. Elle n’entendait plus de cris de sauvages sortant des fenêtres. Elle ferait entièrement ce qu’elle voulait avec les chats qui ne mangeraient pas n’importe quoi ne convenant pas aux chats. Elle n’aurait plus à se cacher avec Yvette sur les genoux. Elle avait le droit comme tout le monde de venir là mais sa présence n’était pas appréciée par l’officiel. Les nombreux restes de joints jonchant allaient probablement disparaitre aussi.

 

Arrivée de Laureline en Mai 2016

                 Yveta était-elle revenue ? Mais non, c’était son sosie. Son enfant, l’un des trois chatons d’Yveta, oublié par une bénévole. Elle fut stérilisée et appelée Laureline. Une petite chatte de 8 mois, craintive. Elle resta à distance, observant de loin ses compagnons du bungalow. Petit à petit, elle vin manger sur la table de pique-nique ave les autres mais il fallut plusieurs mois. Et elle aussi se laissa finalement caresser par notre amie. Elle la photographia mille fois. Et ses portraits partirent en donations rejoindre les portrait d’Yvette, de Ptirou et Granrou, de Chatonjoli et Quattro à la Feline Historical Foundation de l’Ohio. Et Laurelline/Yvetabis bientôt courra après la ficelle elle aussi. Son museau fin, son regard angélique étonné … elle tournait sur elle-même attrapant sa queue et tout à coup, virevoltait comme une feuille dans l’air.

                 Les chats Wallou à la fac, été 2016

                 Déjeunant un dimanche avec ses chats, elle mit sur son téléphone, - On lâche rien -, du groupe Les Saltimbanks et chanta avec eux sous les arbres. Les quatre chats, allongés dans l'herbe dormaient seulement d'un œil comme savent le faire les minous. Ils se réveillèrent surpris par les voix sortant de la boite blanche. Ils sautèrent sur la table de pique-nique, rôdèrent autour de la boite, étonnés aussi de découvrir leur protectrice chanteuse. Ça manquait à son palmarès pensèrent les chats. Ils s'allongèrent autour d'elle sur la table. Comble de leur étonnement quand elle répétait, Wallou-ou, Wallou-ou avec le chanteur d'origine marocaine. Les chats n'en croyaient pas leurs yeux. Ils se levèrent tous et chantèrent aussi Wallou-ou-ou-ou, Wallou-ou-ou-ou ! Un scoop !

                        Elle déjeuna plusieurs fois le dimanche avec ses copains-chats. Ils chantèrent encore tous ensemble le Wallou-ou-ou-ou, sous les arbres. Rares promeneurs. Parfois, on venait lui demander une info. S'ils avaient un chien, les chats montaient dans les arbres. Ils décelaient l'animal avant même qu'il soit en vue. Elle les filmait. Elle les photographiait dix mille fois. Les chats restaient autour d'elle, allongés par terre ou sur la table de pique-nique, jouant avec un bouchon, une feuille puis dormant un peu. Quattro sautait sur les plumes tellement vite que Ptirou n'avait pas le temps de les attraper, et, étonné, il se demandait pourquoi. Par un coup de patte, Granrou revendiquait le jeu des plumes à Quattro. Laureline, restant à l'écart du groupe, observait à 6 mètres de là. Granrou finissait toujours par aller faire un tour plus loin puis revenait se faire caresser ou se frottait contre Quattro et son frère. Quattro léchait le visage et l'intérieur des oreilles de Granrou puis, prenant Granrou par le cou, continuait en lui léchant toute la tête et le front. Magnifique à voir et à photographier. Plus loin, Ptirou, moustaches en avant, sautait sur un petit plumeau rouge. Une chatte se fit voir de temps en temps, signalant sa présence de loin pour obtenir à manger : son ventre pendait. Où avait-elle caché ses chatons ?

Le chat Collé

                 Le chat noir et blanc à la résidence universitaire plus récente sur la rue Collé, un chat adulte, costaud, un chat à grosse voix. Elle lui portait des croquettes avant de rejoindre les chats de la kfet plus loin. Yvette-le-chat restait introuvable qui pourtant lui avait été signalé trois fois dans le secteur Collé. Avait-on confondu Yvette-le-chat et le chat Collé, tous les deux noir et blanc ? Elle parla à Collé, lui donna à manger. Sympa le chat. Content. Il l'adopta facilement. Une grosse voix éraillée le chat. Il venait voir un doctorant chinois à son studio en rez-de-chaussée qui cuisinait des plats de son pays. Sur un tapis devant l'entrée du studio, le chat trouvait à manger mais ne rentrait pas chez le chinois.

                 - Chat difficile ! Chat veut poisson, jambon. Chat vient le soir.

Qui prétendait que les chinois mangeaient les chats et les chiens ?

                 - On m'a déjà dit ça plusieurs fois.

Et il rit. Elle posa de temps en temps sur le tapis un stock de croquettes ou une boite de pâtée pour le chat Collé.

Un jeune africain plombier

                 Un dimanche après-midi, s'occupant des quatre chats de la kfet, un jeune africain traversa près de la table de pique-nique. Il découvrit les chats et prit place à la table. Ils discutèrent longtemps de la société, de son métier, plombier. Un plombier sénégalais en France depuis quinze ans. Intéressant ce plombier. Les chats écoutaient un peu à l'écart. En fait, il se promenait dans la fac et revenait chercher sa voiture garée dans le secteur quelques heures auparavant. 19 heures 30, elle devait enfin rentrer chez elle. Ayant compris qu'elle habitait loin, il lui proposa de la déposer à son domicile. Il avoua avoir eu grand plaisir en sa compagnie. Une belle personne d'après lui.

Un agent de sécurité musulman

                 Dimanche matin, un agent de sécurité, vint contrôler le motif de sa présence. Il ignorait la présence des chats. Elle lui expliqua. L’homme brun engagea la conversation sur La Mecque et le Coran.

                         - Peut-être qu'un jour vous vous rendrez là-bas, en pèlerinage.

                        - Avec moi, faut s'attendre à tout ! J'étudie l'Islam justement. Ça m'intéresse beaucoup et tout le monde devrait au moins connaitre les bases exactes et non pas mémoriser les erreurs dites à la télé.

Le service sécurité de la fac savait ainsi qu'elle s'occupait des chats.          

Ils habitent sous le bungalow, regardez, ils ont des petits lits, des gamelles d'eau et je leur mets à manger tous les jours.

 

Des agents de sécurité ex-pompiers de Paris

Un autre jour, deux gardiens, ex-pompiers de Paris, passèrent par le secteur des chats. Et ils se mirent à parler avec elle de leur métier. Elle les écouta et interrompit sa prise de photographies. Le temps passa trop vite. Il faisait nuit déjà. Ils lui proposèrent de la raccompagner chez elle en voiture.

*

Et tous ceux qui passaient par là, voyant les chats en bonne forme, beau pelage et œil vif, pourquoi n'avaient-ils pas envie de leur apporter à manger et de jouer avec eux ? Ne venez pas lui dire encore qu'il faut du temps. Elle n'en avait pas et vivait des horaires des plus anormaux sans souffler. Il suffit d'avoir envie vraiment de s'engager pour une cause valable.

*

Apparition du chat Yvette

                 Les quatre chats étaient là. Vite, vite, on a faim ! On veut jouer ! On mangea. On joua. Les marrons tombaient sur le sol. Elle lançait les marrons et les chats couraient pour les rattraper. Il commençait à faire froid. Elle allait partir quand au détour de la kfet ... Yvette-le-chat arriva, le regard furibond. C'était bien lui. Il la reconnut de suite, se laissa caresser furtivement.

                 - Mon Yvette ! Comment vas-tu ? Une caresse minou ? Mon Yvette chéri mais où étais-tu ? 9 mois sans te voir !

Les quatre chats étonnés regardaient la scène de loin, voulant se rapprocher, puis, hésitant.

                 - Mon Yvette, viens manger sur la table de pique-nique comme avant.

Heureusement, les chats avaient laissé de la pâtée. Yvette monta sur la table, regarda la pâtée dans la gamelle, regarda les autres chats qui l'observaient. Seule, la toute blanche Yvetabis, assise dans l'herbe, l'œil candide s'amusait. Les trois autres chats voulurent s'approcher. Yvette, le regard méchant, près à leur bondir dessus ... Je mange ou je bondis ? Il mangea un peu. Tout à coup, il plaqua Quattro par terre qui passait sous la table. Hurlements ! Elle frappa dans les mains pour leur faire peur et arrêter la bagarre. Elle éloigna les chats pour empêcher un autre pugilat. Yvette, trapu, musculeux, l'œil méchant, prêt à bondir sur tout ce qui bouge. Elle voulut le caresser et il lui cracha dessus.

                 - Allez, mange donc Yvette, profites-en. Je suis contente de te voir. Où habites-tu ?

Il ne répondit pas, comme d'habitude. Je pensais bien que tu ne vivais pas à la résidence universitaire rue Collé. On t'a confondu avec le chat Collé. Tu le connais le chat Collé ? Tu ne vas toujours pas me répondre ? Il finit de manger, sauta par terre pour courser rageusement Granrou. Il leur en voulait probablement toujours de lui avoir volé son logement il y a un an. L'œil mauvais, il joua le gros dur, passa sous le bungalow, ressortit par l'autre côté. La luminosité disparaissait. Froid glacial. La nuit descendait. Elle avertit la responsable et espéra qu'Yvette ne pouvait pas faire de mal aux chats logés là, à sa place. Elle passa rapidement à l'autre résidence, laissa des croquettes sur le tapis du chat Collé devant le studio du chinois. La nuit tombait vite en Novembre.         Elle décida de sortir à nouveau un livre photographique en l'honneur des chats de la fac. Ils le méritent..

 

Arrivée de Koro en Septembre 2017

                 Un matin, elle découvrit un gros chat tout noir sortant sa tête de dessous le bungalow. Il cracha de peur pendant trois matins mais comprit vite qu’il n’avait rien à craindre d’elle. Elle avertit la responsable du refuge de l’arrivée d’un nouveau chat. Un chat noir, pas tout jeune, dominant. Il chassait les autres alors qu’ils s’entendaient tous bien ensemble. Problème …

                 La petite Lauréline si peureuse partit. Où ? Impossible de savoir. Comment allait-elle manger ? Mon interlocutrice la pensait fragile. Elle n’était pas un grand chat au corps costaud. Elle était contrariée mais comment faire ? Elle la chercha plus loin vers les serres plusieurs fois sans la trouver. Elle la vit parfois venir manger à la cafétéria arrivant du secteur des serres et traversant le grand parking, vide le weekend. Elle lui préparait une écuelle qu’elle lui posait à part plus loin pour que Koro ne la remarquât pas.

                 Ptirou, Granrou et Quattro partirent à l’écart pour ne pas recevoir les agressions de Koro. Le bâtiment des chambres d’étudiants tout proche venait d’être évacué en Juin. Les chats comprenaient lorsque notre amie arrivait avec la nourriture. Ils la rejoignaient. Cela dura jusqu’en Décembre. Elle eut un soir l’idée de demander à une magnétiseuse de s’occuper du cas Koro. Elle le soigna sur photographie chaque soir. Au bout de trois mois, le chat, boulimique qui se jetait sur 300 grammes de nourriture et mangeait aussi dans les assiettes des autres, mangea un peu moins. Il devint calme bien que dominant. Les autres chats, sauf Lauréline, revinrent tout en restant méfiants. Un beau travail de la magnétiseuse. Très affectueux, il venait sur les genoux, lançait de grands coups de tête énergétiques et suivait notre amie continuellement. Granrou se montrait parfois jaloux, regardant notre amie de loin, pas content car, lui aussi, aimait beaucoup la gentille dame depuis son arrivée en Octobre 2015 et il aimait poser son nez sur le sien.

Breaking news des chats 2017

**Comment Granrou a t-il pu se faire mal ? Elle découvre un samedi matin sa joue droite très enflée, disproportionnée. Le lendemain ? Même état. Une blessure juste après les moustaches. Elle contacta sa collègue et l'infirmière bénévole. Solution : antibiotique pendant 7 jours. Sa joue dégonfla petit à petit laissant voir une autre blessure cachée auparavant dans les poils blancs et les moustaches. Attaque d'une sale pie expliquant les deux blessures ? Minou Granrou un peu endormi, fatigué mais son grand appétit toujours présent. Sa gourmandise habituelle le servait peut-être. Et il se remit rapidement mais une zone d'environ 7 cm2 sans poils, une fois la joue dégonflée, montrait la blessure et la cicatrisation en cours. Granrou ... Non, tu ne te grattes pas surtout ! Les jours qui suivirent, il voulut bien courir à nouveau après la ficelle. Depuis un an, il ne semblait pas vivre sous la kfet. Comprenant qu'elle était là, il arrivait du bout du bâtiment et du parking en courant, lui parlait en miaulant et, hop, montait sur la table de pique-nique, bisous-nez mouillé et frottait son visage sur les joues de la dame. Mais où dormait-il ? Dieu seul le sait ! Les pies sont méchantes. Elle a vu deux pies cherchant à attaquer un chat de maison dans les espaces verts près de son appartement. Elle a fait peur à tout le monde pour éviter le pire.

** Ptirou, le frère de Granrou, gentil et distant, s'entendant bien avec ses congénères. Il jouait bien à la ficelle mais Quattro bondissait avant lui. Il ne comprenait pas pourquoi il n'attrapait pas la ficelle.

**Chatonne prit des libertés. Elle vint depuis son bâtiment du parking pour manger avec les autres à la kfet. Avait-elle accouché ? Où avait-elle caché les chatons ? Chatonne se mit à caresser les chevilles de la gentille dame qui apportait à manger et à miauler gentiment. Je suis là disait-elle ! J'ai besoin de manger beaucoup et que tu me caresses le dos.

** Blangri, le frère de Chatonne, mignon mais très sauvage : il ne se faisait pas voir souvent. Elle portait une grosse ration de croquettes au bâtiment du parking pour eux deux.

** Quattro se frotte à la fourrure de Granrou et lui lèche le front. Il saute avant tout le monde sur la ficelle. Les autres en restent ébahis.

**Attente depuis plusieurs mois de l'autorisation de la fac pour installer des maisonnettes pour les chats dans le secteur de la  kfet devant être démolie. Elle voit l'hiver arriver et s'inquiète. Elle aimerait que les maisonnettes soient là. Lenteurs et grand doucement d'administration.

**Les chats affirment : des humains passent par chez nous avec leurs chiens tenus en laisse ou non. Nous, on comprend avant tout le monde leur arrivée sans les voir. Nous savons s'il faut se cacher sous la kfet ou monter dans un arbre, vite, vite. Des humains bizarres : même quand ils savent que nous habitons là, ils passent alors que la fac s'étend sur des kilomètres entre trois communes et trois stations de métro. Ils pourraient passer à l'écart de notre domicile par précautions. Nous avons remarqué qu'ils ont la même mentalité qu'avec leurs gosses. Leurs chiens ont toutes les qualités possibles et eux, ils savent tout. Sauf, qu'ils manquent infiniment de logique et croient connaitre les détails de notre personnalité. Leur copie est à revoir et vite de préférence.

**Nous, les chats de la fac, Granrou, Ptirou, Quattro, Koro, Yvette, Laureline, déclarons que - la gentille dame -, celle que nous connaissons depuis l'été 2012, nous parle, donne à manger et nous fait jouer. Elle est notre grande amie pour toujours. Nous l'aimons et elle nous aime vraiment.

 

                 LE CHAT OSCAR

                 Elle me parla aussi du chat Oscar, un chat américain vivant dans un hôpital. Les médecins classiques rationnels durent reconnaitre un savoir particulier des chats. Oscar savait mieux qu'eux parfois. Lorsqu'un malade se trouvait en grande difficulté de vie, Oscar entrait dans sa chambre. Il s'installait sur son lit pour l'assister vers sa nouvelle destination. Vous pouvez en lire plus sur le web selon votre envie. 

8 

LE CHAT ROUX DES VOISINS, 2016 - 2017

                 Un chat trapu, visage carré, très affectueux avec tout le monde. Vous voyant arriver, il se roulait par terre à vos pieds. Il avait ses copains-chats dans la résidence. Pour monter sur son balcon en rez-de-chaussée surélevé, ses maîtres lui avaient construit un petit escalier en biais. Il passait ensuite la tête entre les barreaux de la balustrade du balcon pour rentrer manger ou dormir chez lui. Ses maîtres absents dans la journée, le chat gambadait dans la résidence. Il jouait avec son copain. Par sécurité, il portait un collier connecté. Ses maîtres pouvaient ainsi déceler sa position. Le chat prit l'habitude de venir voir mon interlocutrice vers 18 heures. Agile, il sautait sur son balcon puis sur le large rebord de la fenêtre de son bureau. Il la voyait travailler à son ordinateur - Miaou-miaou, je demande à entrer chez toi. Je suis le chat sympa -. Grands coups de tête et gros bisous mouillés. Il s'asseyait sur son bureau pour faire un peu de toilette ou jouait à la ficelle.  Un tour dans l'appartement, il s'allongeait sur le parquet ou sur les papiers à côté du clavier sur son bureau. Il restait un moment, bisous, jeu de ficelle, un peu de sardines sans huile et demandait à sortir. Et il revenait le lendemain.

                 Le jour de mon interview chez elle pour connaitre son environnement vert près de Paris, alors que notre entretien allait se terminer, le chat roux apparut à la fenêtre de son bureau. Il fit un signe de la tête. Facile de comprendre qu'il voulait participer à la fin de l'entretien. Il venait de tout écouter depuis le balcon. L'entretien devait être déjà répété à l'univers. Une diffusion beaucoup plus massive qu'un éditeur classique.

 

HASARD et COINCIDENCES ?

                 Ne serait-ce pas surtout un langage à décoder quand ces situations se présentent. Voici des exemples vécus.

                 Le 6 Décembre 2016, jour de la Saint Nicolas, un prénom inscrit à l’état civil de notre amie, elle avait rendez-vous à l'hôpital pour sa perfusion mensuelle. La doctoresse suivant son dossier lui annonça une publication récente suite à l'étude de sa maladie par un Chu de province. Elle n'avait lu que le résumé pour l'instant. Pour les patients dont le motif déclencheur de sa maladie est ignoré, l’arrêt du produit perfusé devenait possible. Il y a un mois seulement, elle lui annonçait que l'étude pouvait durer des années. Dieu aurait-il guidé les esprits pour arriver rapidement à ce résultat ? Dans son cas, il n'existait aucune preuve (lui disait-on) de motif bactérien par E. Coli, ni aucune preuve génétique détectée sur son Adn. Mais ... elle avait compris depuis longtemps que E. Coli tueuse était responsable. L'analyse avant la mort de la bactérie au bout de 21 jours n'avait pas été pratiquée. Sa présence vivante en début de maladie ne pouvait plus être détectée après le délai cité. Elle avait demandé aux instances célestes de résoudre la question. Un énorme cadeau pour sa fête ? Par ce témoignage, avouez honnêtement qu'un système présent et agissant nous dirige. L'hôpital camouflait cet oubli d'analyse. L'équipe néphrologue de cet hôpital, non expert de cette maladie rare, grave et mortelle, aurait pu se renseigner auprès des experts dans les hôpitaux de Paris puisqu'ils sont censés se connaitre par des réunions communes. Allait-elle les mettre au tribunal ? Et puisqu'on ne pouvait pas prouver la cause ayant provoqué sa maladie, pourquoi avait-on continuer le produit de perfusion pendant deux ans, nécessitant un antibiotique deux fois par jour pour compenser la perte d'immunité engendrée ? Pour faire marcher le commerce ? Pour faire un essai et observer ? Pourquoi lui disait-on qu'elle n'avait plus besoin du produit de perfusion seulement en Janvier 2017 si la fameuse bactérie n'était plus active depuis 21 jours après le 4 Octobre 2014, date du début de son coma ? Un produit perfusé inutile avec effets secondaires importants jusqu'en Janvier 2017 compris nécessitant la prise en plus d'un antibiotique deux fois par jours ravageant son intestin pendant des mois et des mois pour cause de non-immunité crée par le produit perfusé ? Pour recevoir des incentives par le laboratoire étranger producteur de cet unique produit au monde mettant en veille la maladie pour 20 000 euros par mois ? Principe de précaution ? Etait-elle si bête pour qu'on ne lui expliquât rien depuis Octobre 2014 ? Et ces médecins n'avouant pas que l'analyse de base n'avait pas été faite en temps opportuns : un procès mérité. Normal au XXIe siècle des médecins qui font des erreurs ou ne savent pas travailler ? Lors de sa prochaine consultation de contrôle, la néphrologue la suivant sera en face d'elle. Elle devra répondre de préférence sans la prendre pour une idiote. Entre temps, 10 effets secondaires de son hypertenseur devenaient évidents et très gênant depuis longtemps. Elle eut un pré-sentiment. Avait-elle de la tension ? Elle contrôla et constata qu'elle n'en avait pas. Elle arrêta le produit du jour au lendemain et vérifia sa tension chaque matin pendant un mois. Pas de tension. Pourquoi lui prescrivait-on ce produit depuis son hospitalisation ? Elle en parla au contrôle suivant,

                 - Je ne comprends pas pourquoi je prends ce médicament inutile depuis si longtemps ?

Réponse : devoir bloquer une hormone en liaison avec le problème rénal survenu en début de maladie. Etait-ce la vérité ? Pourquoi ne lui en avait-on jamais parlé ? A son âge, elle avait obligatoirement de la tension, comme tout le monde ? Si ce produit fut utile à un moment donné, pourquoi n'avait-on pas vérifié ensuite qu'il l'était toujours ou non ? Une situation trouble ressentie qu'elle ne pouvait excuser.

                 - Il aurait fallu m'expliquer, affirma t-elle.

*

                 Autre exemple, en 1997, elle reçut le montant de la succession de son père le jour de son anniversaire. Cadeau totalement inattendu qui allait lui permettre de continuer à financer son travail et ses déplacements en France et en Europe, l'édition et la diffusion de ses livres par donations auprès d'instituts culturels réputés, d'être présente à des concerts prestigieux qu'elle considérait comme de expériences exceptionnelles à vivre pour pouvoir ensuite les écrire et vous les raconter.

*

                 Une intervenante pour le ménage de son domicile s'appelait Saint Marc. C'est le saint patron de Venise, sa ville d'adoption. Lui faisait-il un clin d'œil depuis sa basilique aux parois de mosaïques remplies d'or ?

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                 Et ce musulman né à Paris, rue de l'église ! Très étonnant quand même. Il entrait d'ailleurs dans les églises facilement. Il aimait leur atmosphère.

*

                 Un auteur parlait de ces coïncidences ainsi : c'est quand Dieu fait de la poésie !

 

HARCELEMENT 

                 Dans les années 60 sur le Boulevard Saint Michel

                        Elle fut souvent importunée en regardant des vitrines. Elle ne s'occupait pourtant de personne. On se permettait de venir près d'elle et de lui parler bêtement. Et elle était obligée de partir mais on la suivait. Plusieurs fois elle en égueula un au milieu du boulevard. Elle n'hésitait pas parler très fort au milieu des passants pour montrer la bêtise de toujours et entrait chez Gibert, montait dans les étages, pour regarder les livres et faire ce qu'elle voulait.

                        Cet autre descendit du métro lui aussi à Saint Michel et la suivit. Elle s'adressa à un policier sur le quai des Grands Augustins, de faction près des bouquinistes.

                 - Que voulez-vous qu'il vous fasse en plein jour ?

A quoi servait-il ce policier ?

                        Le père de sa filleule

                 Il reçut pratiquement sa porte d'appartement sur le nez un dimanche d'été. Sa femme ? Partie en vacances avec les deux filles dans leur caravane. Et     toujours de grasses allusions en profitant d'un moment sans témoin lorsqu’elle venait les voir. Elle élimina le père de la filleule, sa femme et la filleule elle-même.

                 Et toutes ces femmes …

                 Ayant besoin d'un homme pour vivre surtout matériellement se faisant entretenir légalement ou selon une autre formule plus actuelle. Elles acceptent une liberté très réduite au moins partiellement sinon totalement. A quand la mode d'avoir envie d'être LIBRE vraiment ?

                 Et avec le fameux cachet bleu

                 20 ans après, les hommes se croient forts à nouveau et se permettent d'importuner les dames à n’importe quel âge même à nouveau celles qui savent depuis toujours ne pas avoir besoin d'eux. Et voilà, qu'en 2008, habitant le centre de Paris et l’apparition de la fameuse pilule masculine, elle est à nouveau dérangée par ces messieurs alors qu'elle ne leur demande surtout rien. Parce que, évidemment, dans leur esprit, toutes les femmes ont besoin d'eux au moins pour le cul !

Fêter ses 20 ans de mariage avec sa femme

                 Par relations, la voilà conférencière du couple dans le centre de Paris. En remerciement, elle fut invitée à diner avec eux pendant la traversée de Paris sur bateau-mouche. Quelle beauté de voir l’architecture de l’île Saint Louis dans le soir, éclairée par la puissante lumière des projecteurs du bateau. Le couple la raccompagna chez elle en taxi. Assise entre elle et lui. La soirée ne pouvait t-elle pas être complètement réussie ? Il fallut supporter les mains de Monsieur sans ne rien pouvoir faire.

Un homme marié

                 Comment avait-il pu imaginer qu'elle admettrait ses basses propositions ? Les femmes devaient-elle être à la disposition de ces messieurs systématiquement ? Certaines avaient des buts nettement plus culturels et intellectuels. Lui et d'autres n'avaient pas compris qui elle était. La prenait-on pour la putain de service ? Elle envoya une lettre adressée à Monsieur et Madame. Invoquer le vrai motif pour qu'en plus on refuse de la croire ne pouvait pas être cité. Monsieur, à la discrétion toute provinciale, lui fit par deux fois des avances. Qui eut imaginé son projet avec l'amie d'enfance de sa femme dont les parents se connaissaient depuis 1936 ? La lettre signalait qu'elle ne voulait plus les voir, que depuis 25 ans, elle ne les appréciait pas. D'ailleurs, quels points communs ? Aucun. Goûts et analyses autres. Un conventionnel lui conseilla 30 ans après les faits qu'il ignorait, de reprendre contact. Il y avait prescription parait-il. De quoi se mêlait-il ? C'est elle qui dirigeait ses affaires et personne d'autre.

Elle

                  Rien à perdre, rien à gagner. Elle agissait toujours en accord avec son ressenti et sa logique. Cette personne, froide depuis toujours, diplômé, un savoir seulement, ne l'aimait pas. Il l'avait agressée quand elle avait 6 ans par un geste très significatif. Un diplômé parmi d'autres prétendant que les enfants ne comprenaient rien. Ils comprennent souvent mieux que des adultes surtout si, comme elle, ils sont nés visionnaires dans certains domaines. 

La gifle

                 La jeune fille travaillait temporairement en qualité hôtesse dans un salon. 17 ans. Un homme de position hiérarchique élevée s'intéressa à elle. Le coup classique. Elle fit comprendre plusieurs fois par quelques mots et attitude son intérêt inexistant. Il insista, insista. La gifle claqua le visage masculin en présence de l'assistance. Un scoop très réussi. 35 ans plus tard, pratiquant un tout autre métier, la dame se trouva à nouveau devant cet homme de position hiérarchique élevée dans une société mondiale connue. Il lui dit : - Vous avez toujours la main aussi rapide ? Je me suis mal comporté. Cette gifle, je la méritais.

L'éditeur

                 En 2010, cet éditeur la prit probablement pour la femme classique n'osant pas réagir. Il aurait mieux fait de s'enquérir avant de son signe zodiacal, le Lion. Au bout de trois mois de contrat éditorial, la prenant pour la boniche de service, il lui demanda de prévenir untel et l'autre de sa venue à Paris pour une réunion tous ensemble chez elle. Pourquoi n’organisait-il pas lui-même la réunion ? Au cours d'une conversation, elle parla d'une chatte l'accompagnant dans la vie depuis deux ans : l'allusion à une partie du corps féminin ne manqua pas. Elle lui écrivit une lettre listant ce type de réflexions et toutes les idioties ou erreurs dont il était responsable. Et voilà l'éditeur éliminé. Et ainsi, elle décida d'éditer elle-même ses livres, de les diffuser à des instituts culturels intéressés par son travail. Liberté, liberté chérie. Son travail ne risquait pas d'être pris en otage par éditeurs et libraires ne sachant pas apprécier sa démarche puriste. Et son travail ne risquait pas non plus de finir à la poubelle des lecteurs ou sur des brocantes : il sera conservé en bonnes places dans des instituts culturels dans le monde entier, consultable en salles de lectures et sur des banques de données. Une idée géniale pour une utilité mondiale des habitants de la planète. Une position dans la mondialisation mais à l'écart de l'argent. Elle tenait infiniment à sa méthode et ainsi, ne ressemblait à personne encore une fois.

Médecins

                 Un médecin qu’elle consulta pendant une période de difficulté morale détermina qu’un examen gynécologique était nécessaire. Elle refusa.

                 Un autre, en province, devant prolonger son séjour pour une cure dont la durée avait été mal prévue fit comprendre qu’il aimerait des faveurs physiques. Le mieux fut de refuser et de trouver une autre solution pour finir la cure. 

A Paris dans le Marais, 2008-2011

                 Renouveau de ces messieurs grâce à la pilule bleue. Le patron et le vendeur de costumes de la boutique sur la rue se trouvaient continuellement sur le pas de la porte par n'importe quel temps, comme dans leur pays méditerranéen d'origine. On se disait bonjour et quelques mots chaque jour et on se croisait dans l’escalier.

                 *Elle dénonça le vendeur de costumes : harcèlement dans le couloir et dans la supérette proche, entre deux rayons. Elle insista fortement pour déposer une simple main courante au commissariat qui n'y tenait pas. Elle insista et remit copie du document officiel dans la boite à lettres du patron de la boutique. Normal de l'en informer.

 

 

 

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LETTRE OUVERTE A LA RELIGION CATHOLIQUE 

                 Les évangiles reconnus par le Vatican (Marc, Jean, Luc et Matthieu) furent écrits 70 ans après la mort de Jésus d'après des données verbales. Saint Paul, juif, ne faisait pas partie des 12 apôtres et n'a pas connu le Christ. Sa révélation sur le chemin de Damas entraina sa conversion à la nouvelle religion. Ses lettres sont donc écrites postérieurement à l'époque du Christ.

                 Dès le premier siècle, les paroles du Christ transmises à ses suivants, des hommes et des femmes (jamais évoquées sauf Marie-Madeleine présentée probablement à tort comme ex-prostituée), furent écrites. Les documents écrits furent traduits de l'araméen au grec, du grec au latin, du latin aux langues des pays. Des erreurs de traductions modifient leur sens.

 

Les évangiles apocryphes

                 Leur existence ne fut jamais reconnue par le Vatican et souvent ignorée des fidèles. La religion catholique n'en parle pas.  Ce sont les évangiles de Barnabé, de Marie-Madeleine, de Pierre, de Thomas, de Philippe, de Judas ...). Ils furent rédigés au IIe siècle probablement par des chrétiens gnostiques.                              Barnabé ne suivait pas le Christ parmi les 12 apôtres. Son texte gênant pour le développement du pouvoir catholique fut caché à partir du IVe siècle. Il est conservé aux Archives de Vienne en Autriche. Barnabé est censé révéler dans son livre, les actes et paroles réels du prophète Jésus qui annonçait aussi la venue future de Mahomet. Question finale de la conférence à laquelle participait Odon Vallet, historien des religions,

                 - Est-ce utile de vouloir le rapprochement des 3 religions au Dieu unique ? Il semble que seul, le moyen d'expression de chaque religion diffère. N'est-ce pas compréhensible et même normal ? N'est-il pas logique que chacun réfléchisse et s'exprime selon sensibilité, compréhension et origines (juives, musulmanes ou chrétiennes) et pratique à sa façon ? Pourquoi 3 religions honorant un même Dieu enseignant la Paix seraient-elles gênantes ?

                 Au IVe siècle l'empereur Constantin voulut imposer la nouvelle religion, non par foi mais par motif politique dans le but de créer une stabilité nécessaire dans la population au moment où l'empire romain entrait en décadence dans une époque de troubles sérieux. L'adoration d'idoles existait encore malgré la présence de la religion catholique nouvelle encore peu organisée. Constantin aurait ordonné l'écriture de la Bible. A l'écart de la religion naissante existaient des groupes de gnostiques mystiques, des esprits ouverts, investis de savoir spirituel, parlant à Dieu en direct. Ils avaient intégré des femmes dans leurs groupes. Les textes des évangiles apocryphes relataient des faits réels et les dires de Jésus, le rôle des femmes et de Marie-Madeleine. Données gênantes. Ils furent cachés dans des jarres. Personne n'a su leur existence pendant 2000 ans environ. Leur découverte intervient à partir de 1886. Des textes toujours non reconnus officiellement par le Vatican. Ils modifient la réalité du catholicisme introduit par Constantin au IVe siècle.

                 Au moyen-âge, seul le clergé lettré et instruit dirigea la société civile et religieuse dans les pays. Ils dictèrent un comportement de vie général dont Jésus n'a jamais parlé. Les papes de Rome et d'Avignon menaient une vie somptueuse dans des palais princiers, prêchant la simplicité à tous mais ne l'appliquant pas pour eux. Ils agissaient plus par pouvoir et impositions d'idées que par concepts religieux et foi. Des faits souvent scandaleux, liés à l'argent et aux meurs. Cela dura des siècles. Tous ces dirigeants décidèrent l'infériorité de la femme dont la seule fonction reconnue fut l'obligation de remplir la terre entière d'individus en lui offrant l'inégalité avec les hommes et en lui refusant une identité propre. Ces dirigeants créèrent une mentalité générale machiste et d'hypocrite contredite par personne. Pourquoi ? Eux-mêmes côtoyaient des femmes pour leur plaisir oubliant leurs vœux de chasteté ... Leur mentalité ? Toujours présente dans la vie civile qu'ils ont dirigée pendant des siècles. Est-on obligé de reconnaitre ce système ? Non. Quelques avancées libératrices féminines imposées de force au cours des 50 dernières années seulement. On aurait pu faire mieux et plus vite. Une société souvent figée et peureuse même en ne fréquentant pas la messe du dimanche aux sermons abstraits ou intellectualisés. La société civile s'est façonnée ainsi et reste aveugle sur l'empreinte encore présente inculquée dans les cerveaux par les religieux :  soyez gentils. Pas de vagues. Soyez hypocrites pour éviter les conflits. Ne dites pas ce que vous pensez = soyez soumis surtout vous les femmes. Servez tout le monde et faites des gosses. Vous n'avez pas besoins de vous épanouir par une vie personnelle et une réelle identité. Restez donc un sous-produit humain.

                 Les papes constituèrent au Vatican un patrimoine historique et artistique d'une immense valeur. Serait-ce l'unique bienfait pour nous tous ?

                 En France, ce dirigisme dura officiellement jusqu'en 1905 après un premier concordat sous Napoléon 1er.

                 Le Vatican, petit pays de 44 hectares aux nombreux points obscurs en tout temps et des morts inexpliquées. Les cardinaux décident, pas le pape. En 2009 et 2010, sortirent des pavés écrits par des journalistes italiens et français. Edifiant : sans robes, habillés comme vous et moi, les dignes ecclésiastiques deviennent des individus autres parfois même travestis et fréquentent les cabarets romains de Trastevere et des lieux plus qu'insolites pour des réjouissances très particulières et troubles.

                 Le pape Jean-Paul II, sympathique à tous, voyagea à travers pays et continents agissant pour l'œcuménisme. Les trois religions monothéistes se rapprochèrent au moins en théorie.

                 A partir du jubilé des artistes en 2000, après acceptation par Jean-Paul II, elle envoya aux archives générales du Vatican une donation de ses œuvres photographiques effectuées à Lourdes. Elle reçut compliments et remerciements par l'intermédiaire du nonce apostolique de Paris, le représentant du Vatican dans la capitale française. Une lettre sur un épais papier ivoire de qualité : on priait pour elle à Saint Pierre.

                 Le pape Benoit XVI, théologien, engagea des réformes notamment du IOR (Istituto per le Opere di Religione/Institut pour les Œuvres de religion), un nom étonnant pour citer le nom de la banque du Vatican blanchissant depuis longtemps de l'argent de provenance douteuse. Vous savez que précédemment à son élection, ce pape dirigeait l'ancien service de la doctrine pour la foi, ex inquisition. Elle exista pendant des siècles dans certains pays d'Europe et fut destitué officiellement seulement lors du concile Vatican II qui dura plusieurs années autour de 1960.

                 Le réalisateur Nanni Moretti aurait-il été inspiré par des guides célestes pour tourner son film - Habemus Papam - en 2011, dans les mêmes moments que l'élection de Benoit XVI ? Il nous montre l'atmosphère de la curie romaine et le déroulement de rituels. Une caricature, mais aussi un pape nouvellement élu qui n'a pas envie de l'être. Pour la première fois, un pape, Benoit XVI, donna sa démission et laissa sa fonction. Un précédent important. Une modernité s'avançant ?

                 Elle contacta à nouveau le Préfet du Vatican et proposa une nouvelle donation photographique pour les archives générales. Réponse : pas de dossier à son nom. Elle envoya photocopies de son dossier : plus de réponse. Trois mois après, elle fit un test : elle prétexta de fréquents rendez-vous à Rome et demanda à voir les archives générales du Vatican se trouvant en des salles historiques superbes. La réponse invoquait l'impossibilité de voir les archives secrètes. Elle précisa qu'elle parlait des archives générales. Et plus de réponse à nouveau.

                 Souvenez-vous, lors du décès de Monseigneur Lustiger, Cardinal de Paris très aimé : étonnantes les réactions de quelques autorités du monde catholique envisageant que le Cardinal, très apprécié par la population parisienne, ne pouvait bénéficier d'une cérémonie à Notre-Dame de Paris. Pourquoi ? Il était juif et s'était converti à la religion catholique voilà fort longtemps. Jésus n'était-il pas juif aussi ?

                 Quelques années avant, à l'automne 2005, passant devant Notre-Dame en fin de journée, elle remarqua des chauffeurs attendant à côté de voitures officielles aux vitres sombres. - Il y a une cérémonie spéciale dans la cathédrale ? -. Comment ne l'avait-elle pas su ? Elle écoutait pourtant souvent Radio Notre-Dame cette année-là. Monseigneur Lustiger célébrait sa dernière messe parisienne officielle avant de prendre sa retraite. Un cadeau devait lui être remis. Elle entra. Cathédrale comble. Rester au fond et ne rien voir ne l'intéressait pas. Comme à l'accoutumée, elle se dirigea à droite pour rejoindre la Vierge couronnée du XIVe provenant du proche quartier des chanoines sur la rue du Cloitre Notre-Dame, quartier détruit presque totalement au XIXe. Un étroit passage restait libre au milieu de la foule. La cérémonie venait de commencer. Elle marcha tranquillement jusqu'à la Vierge et se trouva à dix mètres de l'autel et du célébrant, Monseigneur Lustiger. Atmosphère émouvante. Les voix puissantes des solistes en aubes bleues résonnaient dans les voûtes. Elle connaissait bien cette beauté sonore. La Vierge dorée de la clef de voûte du transept présidait depuis son ciel bleu étoilé. Recueillement. Silence. Chants. Homélie. Prières. Communion. Le Cardinal reçu son cadeau : une simple enveloppe qu'il ouvrit devant l'assemblée. Un billet d'avion pour plusieurs destinations. Il remercia avec humour : - Autant dire qu'on m'envoie promener ! -. Rires de l'assemblée. En fin de cérémonie, il prit l'allée centrale et bénit les participants. Crépitements interminables des applaudissements. Personne n'avait envie de quitter la cathédrale, Monseigneur Lustiger non plus. Notre amoureuse du quartier historique de Paris repéra une dame très âgée, courbée, semblant seule et voyant mal. Elle alla près d'elle. Oui, elle était seule et comment rentrer chez elle en sécurité. La nuit recouvrait déjà le centre historique de Paris. - Où habitez-vous, Madame ?     - rue Jacob dans le 6e -. - Ne vous inquiétez pas, je vous conduis. Nous ferons le chemin ensemble -. Des regards étonnés à la vue de cette femme si âgée, courbée vers le sol. - Etait-ce prudent dit une dame ? -. Mais qui s'avança pour l'aider ? Oui, un réel danger pour cette parisienne très âgée. Il fallut beaucoup de temps pour sortir sur le parvis. Elles passèrent devant l'Hôtel Dieu, l'hôpital du 4e bien connu. Elles traversèrent la Seine en bas de la rue St Jacques. Il faisait nuit. La ville éclairée et sa beauté de toujours ... les terrasses des cafés sur la place Saint Michel, la librairie Gibert, la fontaine Saint Michel et la circulation intense de fin de journée. Cher quartier latin. Elles longèrent la Seine par le quai des Grands Augustins. Les bateaux glissaient sur la Seine en contrebas. Les bouquinistes fermaient. Les visiteurs charmés vivaient un rêve parisien. La dame rentra chez elle rue Jacob. Et l’amoureuse du Paris historique arriva tard ce soir-là dans sa vallée verte au Sud de Paris.

Le Pape François

-           La beauté fait du bien à l’âme et rapproche de Dieu -

                 Un réel changement par le nouveau pape François, argentin d'origine italienne, proche de la pauvreté du peuple est-il possible ? Lorsqu'il est apparu sur la scène mondiale, l'évidente vaste opération de com internationale organisée se voyait. Ok, simplicité de vie enfin dirait-on. Son image et son comportement plus simples pourraient-ils repeupler les églises ? La croyance en Dieu existe toujours mais sous une forme nouvelle et en dehors des églises. Un besoin d'espace de liberté pour agir sans contraintes décidées par des autorités dirigeantes aux idées anciennes limitées ? La société actuelle reste pourtant très marquée parfois par cette éducation restrictive dirigiste de l'Eglise depuis le IVe siècle. La possibilité de s'entretenir avec Dieu et les saints en tout lieu, dans la rue, dans le métro, lors d'une promenade dans la nature existe. Dieu est présent partout autour de nous. Il n'habite pas seulement dans les églises.

                 Les cardinaux ont élu le Pape François. Pourquoi l'auraient-ils désigné si sa mentalité progressiste ne va pas dans le sens de leurs intérêts ?

*

                        Pourquoi autant de discussions depuis des siècles autour des 3 religions monothéistes aux bases communes issues ?

*

Et dans les siècles passés, l'Eglise, les animaux et les chats

                 L'église, par un tribunal particulier, jugea des animaux créés par Dieu, considérant qu'ils faisaient partie de la société chrétienne et étaient dotés de raison. Saint Paul précise dans sa lettre aux Romains qu'ils sont des enfants de Dieu. Mais, serait-ce la part satanique des ecclésiastiques qui permit de brûler un nombre incalculable de chats jusqu'à la révolution ? Ne savaient-ils pas qu'ils étaient reliés en direct avec le monde spirituel ? Immondes ces gens-là ?

 

Pédophilie

                 Des cardinaux laissèrent cachés de nombreux faits de pédophilie enfin révélés depuis quelques années. Le discours de responsables chrétiens semble confondre le pardon de Dieu et les règles de justice humaine sur terre. Ces mêmes autorités ont-elles pensé au trauma et aux difficultés de vie des victimes ? Non. Un comportement anormal totalement. La méthode fut de déplacer les prêtres aux actes interdits en d'autres lieux ou dans des paroisses africaines, d'autres sont restés dans leur affectation d'origine. Chiffres actuels : 32 prêtres connus dangereux pour 339 victimes.

 

      Ordonner des hommes mariés           

                 Dans tous les pays, une même situation : des prêtres peu nombreux depuis beaucoup d'années. Tout dernièrement, le Vatican envisagea d'ordonner des hommes mariés mais ne veut pas revoir le célibat des jeunes prêtres. Chercherait-on à détourner le sujet encore une fois ?

Vers une religion universelle

                 Des penseurs du rapprochement des 3 religions monothéistes voient poindre à long terme, une religion universelle issue des 3 formes monothéistes actuelles. A disserter.

 

LES CHANTEURS ACTUELS

Musiques, rythmes et paroles. Un monde idéal proche de la réalité. 

                 Avec les chanteurs issus de l’immigration, une porte s’ouvre aussi sur l'Orient et sur la découverte d'un nouvel univers musical : des mélodies rythmées, gaies et ensoleillées, claquements de mains, des paroles sensées sur la vie et la société multiculturelle. Des clips aux images traduisant la vie et les difficultés de nous tous actuellement : musiques, rythmes, voix et danses. Vous savez que ces jeunes chanteurs, issus de l'immigration ou non, proviennent souvent des concours d'émissions de télé. Bravo pour votre immense travail et votre grand talent. Merci les gars ! Belle énergie et textes racontant l'époque : mélancolie, difficultés, poésie, fragilité mais volonté à affronter un monde mouvant.

                 * Sur un camion au milieu d'une manif, un chanteur au joli type marocain, des musiciens d'ici et d'ailleurs : On lâche rien. On lâche rien. On lâche rien, Wallou ! Alléluia ! Hlm et campagne profonde, une même réalité, Wallou ! Une espèce non protégée. Pas la gueule de l'emploi, Wallou ! Liberté égalité ? Si c'était vrai on l'aurait su. Sur le clip, apparait une pancarte annonçant : terrorisme patronal ! Des jambes défilent et les têtes portent des masques de moutons. Nos rêves annexés sur le prix de l'essence et les droits de l'homme en jachères, Wallou, Wallou ! Le savez-vous ? Cette chanson fut écrite presque par hasard dans une chambrette et devint une sorte d'hymne repris dans les manifs depuis plusieurs années. Regardez ce monsieur en survêt à la fin du clip : il chante en s'égosillant - on lâche rien, on lâche rien -, le poing en l'air. Il n'est pas du bled, lui mais de Paris. Les paroles ne cachent rien de notre situation. Nous sommes tous concernés avec des origines différentes.

                 * Un visage africain né à Marseille : J'ai besoin de toi. Rends-moi millionnaire. Remplis-moi les poches d'espoir. Rends-moi milliardaire. Des amalgames qui nous divisent. Je veux être riche en humanité. Ce monde éphémère. J'ai besoin d'air. Je suis à découvert. Toi, ma richesse. Notre amitié à failli prendre feu.

                 * A peine des ados : on écrit sur les murs les noms de ceux qu'on aime, des messages pour les jours à venir, on écrit sur les murs tout ce que l'on voudrait dire. Partout, des signes d'espoir, sur les regards. Pour que l'Amour se lève un beau jour, sur le monde endormi ... Vous êtes d'ici, d'ailleurs et splendides.

                 * Un visage méditerranéen, une aura superbe. Tu me dis d'regarder la vie en couleur quand il fait noir autour de moi. Tu me portes à bout de bras. On dirait, on dirait, qu'on a tous un ange, on dirait, on dirait bien qc'est toi. On dirait, que dans ce monde étrange, on dirait qt'as toujours été là. Tu me dis que mon rêve est juste à côté, que j'ai juste à tendre la main. On dirait, qu'on a tous un ange ...              You, you ... J'ai cherché l'amour et la reconnaissance. J'ai jeté tant de bouteilles à la mer. Tu m'as comme donné l'envie d'être moi. You're the one that's making me strong. I'll be looking for you like a melody of my song. Des claquements de mains rythmant les notes et vous recevez des nuances sonores israéliennes inondées de soleil.

                        Et encore : comme un oasis dans le désert de mes désirs, comme un oasis, la plus belle source de plaisirs, c'est toi mon horizon. Trop longtemps j'ai attendu cet instant. Je t'ai trouvée.

                        * Et cet autre visage maghrébin coloré : Mi amor, amor ... Mi amor, amor ... J'ai choisi de t'aimer. J'aimerais que tu reviennes. C'est la vie. J'ai trahi. Dis-moi que tu m'aimes. Je vois que tu souris. Ecoute-moi, je t'en prie. Tu as le plus beau des charmes. Je marche derrière elle, son doux parfum me guide. Mi amor, amor ... Mi amor, amor ...     Superbe clip au décor plein sud. Sable et désert, toits en terrasses de maisons blanches, accents musicaux arabes. Claquements de mains pour une mélodie orientale. Les larges gestes élégants du chanteur embrassent le paysage doré. Des gestes liés à la parole rencontrés au Maghreb comme en Europe depuis longtemps déjà.

 

                 * Il est où le Bonheur ? Il est où ? Il est là le Bonheur. Il est là !

                 * Seuls les enfants savent aimer ... C'est quand le bonheur ? Je crois que je ne t'aime plus, ça a claqué dans l'air comme un coup de revolver.

                 *We are from the North, we came from the South, we are all the nation. On a la rage au cœur, nos langages subtiles viennent d'ici et d'ailleurs ...

                 * Tout me ramène à toi, tout me ramène à toi, tout, tout le temps. Appelle-moi encore de temps en temps. Souviens-toi des plus beaux souvenirs ...

                 * Formidable, formidable. Tu étais formidable, j'étais fort minable, nous étions formidables. C'est qu'un anneau mec ... Papaoutai, Papaoutai, Papaoutai, où t'es. Personne ne dit comment on fait des papas. Dis-moi où est ton papa ...

                 * Tu es ma seniorita. Je te suivrais de Madrid à Barcelone. Dieu créa la femme. Tu es ma seniorita. Dans tes bras je vais enfin me reposer. Raconte-moi tous les mystères de ta vie. Tu es ma seniorita, lalala, oh oh oh, tu es ma seniorita !

                 * Dans ton lit j'ai connu le vertige et le goût du péché dans un coin de paradis secret. Le soleil de minuit. Un été merveilleux. Mon ami, mon amour, la main sur le cœur et ne rien te promettre, mon ami, mon amour ...

                 * Encore un soir, encore une heure, encore une larme de bonheur ...

                 * Retrouve-moi, rue des étoiles, deuxième après Jupiter, je connais un endroit pas mal, d'où on peut voir tout l'univers, retrouve-moi ... Allez, venez et entrez dans la danse ... Toi+moi dans la ronde, c'est notre jour de chance.

                 * Je suis français, je suis chez moi, fier d'être français d'origine guinéenne ...

                 * Je l'aime, un peu, beaucoup, French kiss.

                 * Si je m'endors me réveillerez-vous ? Malgré toutes mes galères je reste un homme debout.

                 * Embrasse-moi, dis-moi que tu m'aimes, fais-moi sourire au beau milieu d'un requiem.

Les variétés actuelles, c'est aussi Pokora, Chimène Badi, Calogero, Louanne, Marina Kaye, Julien Doré et tant d'autres encore ...

                 * Et l’immense Cabrel avec de l’amour comme s’il en pleuvait …

                 * Et l’immense Goldman allant au bout de ses rêves, là où la raison s’achève … Je te donne … Chanson symbole annonçant les Restaus du cœur ?

                 * Michel Berger et France Gall résistent, prouvent qu’ils existent, ici, toujours, comme dans le grand paradis blanc … action et pensée commune avec Balavoine, Goldman et Coluche. Une philosophie de la vie et de l’aide aux autres. Des réalisations humanitaires pour améliorer la vie d’une population en difficultés. Tournées des enfoirés : comme on est chanteurs, on a essayé d’être utiles.

Les mots manquent pour parler de leur grandeur : un cadeau depuis tant d’années pour alléger notre quotidien.

*

                 Le Festival de la chanson de San Remo eut lieu en Février 2017 pour la 67ème année. Rituel rassemblement annuel des italiens devant la télé. Dommage qu'il ne soit pas assez connu en France. De célèbres chanteurs de variétés italiennes furent primés au Théâtre Ariston au cours du temps. Ils font carrière à travers le monde depuis les années 60, tels Domenico Modugno, la Cinquetti, Adriano Celentano, Eros Ramazzotti, Laura Pausini, Andrea Bocelli et tant d'autres.

                 En Février 2017, découverte de la vidéo d'une des trois chansons arrivées en tête, - Che sia benedetta - (qu'elle soit bénie -la vie-) interprétée par Fiorella Mannoia et sa voix grave particulière. Le sens profond de ses textes et sa forte présence sur scène étonnante. Regardez-là. Quelques paroles,

                 * Che sia benedetta (qu'elle soit bénie/la vie), ho sbagliato tante volte nella vita (je me suis trompée tant de fois dans ma vie), per quando assurda e complessa ci sembri la vita (même si la vie nous semble absurde et complexe), è perfetta (elle est parfaite), siamo noi che dovremmo imparare a tenersela stretta (nous devrions apprendre et savoir à la suivre étroitement) e s'è vero  che c'è un Dio che non ci abandonna (et s'il est vrai qu'il y a du Dieu qui ne nous abandonne pas), che sia fatta la sua sola volontà (que sa seule volonté soit faite), trovar in sè il proprio coraggio (trouvons en nous notre propre courage) ... La chanteuse et la musique dégagent une puissance presque incroyable. Quelle intense ascension des sons musicaux en continu vers un summum éblouissant : Che sia benedetta (la vita) ! Qu'elle soit bénie (la vie) !

                

  ELLE

ET SON ETUDE DE L’HISTORIQUE DE L'ISLAM 

L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation.

Averroès, philosophe, théologien, juriste, médecin musulman andalou privé des sultans, né à Cordoue en 1126, mort à Marrakech en 1198.

*

                 Elle ignorait jusqu'en Février 2015 que son esprit l'emmènerait vers l'Orient, au-delà de sa ville d'adoption, au-delà de Venise. L'origine marocaine de son chauffeur lui inspira une nouvelle passion : étudier l'historique de l'islam, thème présent dans le monde quotidien français et européen par la population issue de l'immigration, souvent du Maghreb, depuis trois générations au moins.

Merci à toi,

joli visage coloré pour ton rituel des p'tits cafés offerts si gentiment sur les autoroutes. Des déplacements tellement agréables pour mes rendez-vous en province. Tu m'as donné envie sans le vouloir de franchir la porte de l'islam, de côtoyer de sublimes connaissances. A partir du VIIe siècle, les envahisseurs venus d'Arabie, par leur conquête des terres du Maghreb, introduisirent l’islamisation puis leur langue arabe auprès de tes ancêtres berbères. On te dit - arabe - mais tu es d’origine berbère.

*

                        Par ses lectures d'auteurs spécialisés, elle comprit que les croisades, sur appel officiel du Pape Urbain II en 1095, furent une première guerre de religions meurtrière à partir du XIe siècle et pendant deux siècles contre le peuple d'islam non chrétien, dit païen par les chrétiens, des occidentaux barbares du moyen-âge. Voilà les Francs, ignorant de l’islam, de votre religion, de vos connaissances scientifiques, philosophiques et littéraires, de votre raffinement. Délivrer le tombeau du Christ fut le motif officiel. De nombreux autres intérêts furent visés et exploités, plusieurs états latins créés et dirigés par les conquérants s'y installant en conquérants. Ne serait-ce pas aussi une première colonisation ?

                 A la fin du XVIIIe siècle, la France voulut imposer sa culture occidentale, la considérant seule valable. Premier acteur de cette imposition, Napoléon Bonaparte par sa campagne d'Egypte en 1798. Avait-on oublié le passé prestigieux et les connaissances érudites évidentes des arabes d'Arabie, du Maghreb, de l'Espagne et de Al-Andalus ? Avait-on oublié, scientifiques, mathématiciens, littéraires et leur intégration des bases philosophiques des penseurs grecs qu'ils révélèrent à l'Occident déjà à l'époque précédente ? Plutôt que les conquêtes, savoir se mélanger et se connaitre, voilà l'ouverture d'esprit assurée. L'enregistrement de données instructives est préférable au refus systématique de l'autre et au combat pour montrer et transmettre sa soi-disant supériorité.

                 Al-Andalus, foyer intellectuel musulman réputé en terre européenne pendant 7 siècles à Cordoue et Grenade, une domination musulmane en Espagne et en Andalousie par les marocains musulmans s'installant côté européen en terre ibérique. Al-Andalus, une érudition intellectuelle musulmane de première importance à partir du VIIIe siècle et pendant tout le moyen-âge attirant les savants jusqu'à la chute de Grenade en 1492. Et à partir de 1223, la - Reconquista – pour la reprise de pouvoir par les rois catholiques eut lieu aussi en même temps que l’Age d’Or du savoir andalou lié à l’islam. Cette Reconquista provoqua une diaspora musulmane vers d'autres pays après la chute de Grenade, la ville qui résista le plus longtemps.  Les musulmans durent choisir, conversion, mort certaine ou diaspora. Certains d’entre eux rejoignirent la Toscane et participèrent à la Renaissance italienne. Après la Reconquista, le monde arabe va devenir isolé ne pouvant plus commercer avec l'Occident. La philosophie arabe sera encore enseignée mais ne pourra pas se développer et être étudiée dans les territoires arabes.

 

                 Répétition de l'histoire ?

                 Depuis déjà plusieurs générations, les imams de la Grande Mosquée de Grenade, sont des espagnols convertis à la religion musulmane. Dixit le commentaire du 2e film - Les musulmans d'Europe - Arte, 2017. Grenade, qui lutta le plus longtemps contre le retour des rois catholiques en Andalousie, est à nouveau semble t-il, terre de renaissance de la religion musulmane.

Participation des musulmans à la Renaissance italienne

                 Au XVIème siècle, des musulmans ayant quitté Al-Andalus et vivant en Toscane, participèrent à la Renaissance italienne (un terme créé au XIXe). L’islam, depuis longtemps, avait intégré les connaissances en provenance des Grecs et les  avaient transmises aux occidentaux.   Les cours sur l'histoire de l'art italien à Sienne et les cours d'histoire de l'art du Louvre, la lecture de livres achetés à la librairie de ce musée concernant cette période de création artistique ne mentionnaient pas ce détail d'importance. La participation des musulmans à cette riche époque aurait-elle été volontairement cachée ? D'après ses dernières connaissances, ils furent pourtant acteurs de cette Renaissance considérée début des temps modernes par les historiens contemporains. Le livre - Le Grand Bazar - nous informe sur le sujet. Deux siècles environ de création artistique et la naissance d'un patrimoine architectural colossal et de jardins arborés peuplés de statues rappelant l'esthétique grecque. Les peintres passèrent d'une représentation de thèmes religieux dorés de style byzantin à des portraits princiers. La perspective des paysages et leur espace environnant enfin montrés. Une nouveauté picturale. Les florentins fonctionnaient en corporations - les Arti -. La Renaissance et les artistes jusqu'au XVIIIe siècle précédèrent le début de la production mécanique en série du XIXe qui remplacera la création manuelle d'œuvres uniques d'artistes.

Immigration

                 Vous n'ignorez pas que la présence d'étrangers en France est ancienne. Un réflexe de refus s'éternise par ignorance culturelle de l'autre. Les français dits - de souche - ne sont plus très nombreux après les immigrations successives depuis tant d'années. Par motif économique, le flux migratoire fut conséquent rien qu'au XXème siècle : polonais, hongrois, italiens, vietnamiens, tunisiens, algériens, marocains et portugais. A la fin de la seconde guerre mondiale, la France eut besoin de travailleurs. Elle proposa du travail aux habitants du Maghreb leur faisant croire à une vie agréable. Les travaux durs physiquement leur furent réservés. Et les hommes arrivèrent, construisirent les routes et travaillèrent pour l'industrie grandissante. Salaires bas, horaires de nuit ou de jour, logements et avantages sociaux. Les femmes les rejoignirent ne travaillant pas à l'extérieur et s'occupant de leurs enfants nés en France. Une population ne parlant pas toujours bien le français et ne sachant pas toujours écrire. Les films visionnés avant leur départ du pays ensoleillé tant aimé ne montraient pas la réalité. La facilité de vie, souvent absente, fit-elle naitre une grande solidarité dans les immeubles des villes nouvelles ? Voisins du pays ou d'autres origines se côtoyaient systématiquement. Tous arrivaient d'un pays de - là-bas -.  Tous pensaient offrir à leurs enfants une vie meilleure qu'au pays de naissance, celle, qu'ils ne pouvaient obtenir en restant chez eux. La troisième génération issue de l'immigration de leurs parents vit sur le sol français. Leurs enfants eurent des enfants qui eurent aussi des enfants, tous nés ici et de nationalité française.

Ses chauffeurs de taxis

issus de l’immigration maghrébine

                 Ils la transportent pour ses rendez-vous médicaux et personnels. Elle doit éviter les escaliers des transports en commun et ne peut pas se lever d'un siège sans accoudoirs de plus dans un wagon qui roule et bouge. Elle aime discuter avec eux. Un discours, une documentation vivante. Elle apprécie leur gentillesse naturelle. Une expression de leur part : - le respect d'autrui -. Un concept islamique dirait-on. Mais, existe t-il chez eux aussi une attitude identique à celle des chrétiens aimant camouflage et hypocrisie ?

                 Plusieurs chauffeurs maghrébins lui racontèrent,

                        - Vous savez, c'était formidable, dans ma ville, certains soirs d'été, tous les locataires de mon bâtiment mangeaient ensemble dehors. Nos mères préparaient un couscous géant. Et tout le monde se parlait, tout le monde riait. Ambiance d'enfer de plusieurs nationalités ensemble sans problèmes. Nous, les maghrébins, mélangés aux portugais, aux asiatiques et aux blacks. Quelle expérience extraordinaire !

                 Conversation avec un autre chauffeur,

                 - Vous vous appelez comment ?

                 - Ali.

                 - Vous êtes le cousin du Prophète, celui qui créa le mouvement chiite ?

                 - Vous êtes au courant ?

                 - Oui, j'étudie l'islam.

                 - Déjà à l'époque, au début de l'islam, certains ont fait les cons et se sont détachés des bases enseignées par le Prophète, ajouta le chauffeur.

                 - Tu vas à la mosquée toi ?

                        - Ah non, pas du tout. Moi j'y vais pas. J'suis athée   .

                 - Et pourquoi vous portez presque tous la barbe et la moustache ?

                 - C'est pour la virilité.

                 - Faudrait peut-être un jour, vous aussi, laisser tomber le sujet, répondit-elle en riant.

Lui aussi évoqua les diners dehors en été dans son quartier, au pied de son bâtiment, toutes origines rassemblées. Oui, elle aurait aimé cette chaleur-là, cette compréhension sociale et vivre dans l'univers multiple du monde entier qu'elle savait exister au-delà de son quartier figé bienpensant. Alors ado, elle faisait venir des documentations de villes étrangères et les étudiait pour voyager mentalement et connaitre le monde. Elle fuyait son espace quotidien. Elle parlait de ses connaissances avec des adultes. Elle, de partout et de nulle part, citoyenne d'une Europe englobant un Maghreb lumineux, l'Espagne, l'Italie et la Grèce. Ces pays l'attiraient par leur position au sud de la France. Elle imaginait et ressentait la lumière intense brillant là-bas. Aurait-elle vécu en ces pays au cours d'une vie antérieure, dans ce décor architectural ciselé et des jardins orientaux ? Une explication à son attitude extravertie, à sa facilité à converser avec tout le monde, au fait qu'elle retenait plus facilement les données verbales. Son attitude extravertie ? Incomprise par une majorité autour d'elle. Elle n’appréciait pas ces gens froids, introvertis, campés derrière leurs barrières manquant de naturel. Leur origine du Sud semblait inopérante. Elle apprécia plus tard aussi le décor flamand et les tableaux de ses peintres. Ses origines belges parlaient probablement un peu pour la peinture. Trop différente, trop ouverte (c'est toujours le cas en 2017), on la pensait malade et anormale.       Seulement naturelle et proche des gens, elle cherchait un élan réciproque des cœurs mais inexistant. Elle attend encore la métamorphose. Cette incompréhension majoritaire de l'époque a t-elle beaucoup changée depuis trois décennies ? Pas certain. C'était trop tentant, sur le sms suivant, elle appela le chauffeur, Ibn Ali al Massi et signa Aïcha al Pari !

                 Un chauffeur d'origine portugaise lui tint dernièrement le même discours,

                 - Quelle chance j'ai eu de vivre dans une ville neuve et d'avoir plein de copains d'origines diverses. Blacks, asiatiques, maghrébins et d'autres encore. Quelle richesse continuelle, quelle ouverture d'esprit, quelle expérience de vie, lui assura t-il.

                        Depuis son retour de l'hôpital, les chauffeurs de taxis lui offraient de magnifiques moments et des discours humains. Vous êtes très attachants les gars ! Pourquoi ne parle t-on pas d’eux à la télévision, à la radio ? De ceux qui fréquentent la mosquée et de ceux qui n'y vont pas ? De ceux qui font Ramadan et de ceux qui ne le font pas ? Ce serait intéressant d'entendre leurs motifs pour croire et pratiquer ou pour ne pas croire du tout. Pourquoi ne nous parle t-on pas de ceux qui étudient en fac, qui travaillent comme vous et moi et de leurs métiers difficiles utiles à la société ? Et de ceux qui, comme d'autres, ont de hautes positions professionnelles ? Rien à voir avec des individus problématiques ou des terroristes. Elle préfère souvent leur discours à celui de tous ces gens diplômés, au savoir spécialisé mais souvent vides humainement. Elle fréquenta, obligée, les diplômés reconnus aux bons salaires. Pas toujours enrichissant pour elle.

                 Un autre chauffeur lui raconta encore,

                 - Une cliente m'a dit hier : mais pourquoi vous n'avez pas fait d'études ?

Elle éclata de rire,

                 - Là, on est grave ! Une réflexion comme ça, fallait la trouver.

Il continua,

                 - Et il y a aussi le client qui vous prend pour un larbin de seconde zone. Mon jeune cousin, après des études poussées, travaille dans une multinationale à la Défense. Il n'en peut plus de la hiérarchie, du volume de travail, des déplacements et des réunions blabla pendant des heures. Il me disait dernièrement : toi tu es libre dans ton taxi. Moi, j'ai arrêté la fac.

                 - Vous avez probablement bien fait, sincèrement. Tous ces diplômés ne sont pas dans la réalité. Ils ignorent nos difficultés quotidiennes.

                 - Nous, les chauffeurs de taxis conventionnés, on transporte des malades pour leurs rendez-vous médicaux et leur discours est humain. J’aime ça.

                 Et cet autre chauffeur lui expliqua,

                                    - Moi, la France, je l'aime de plus en plus et je suis fier d'être français.

Pratique actuelle de la religion musulmane par les jeunes français

                                   Tout dernièrement, il semblerait qu’ils pratiquent la religion musulmane en France plus strictement que les pratiquants de leur pays d'origine. Pourquoi cette rigueur ? Un phénomène de retour à des bases strictes du Prophète, perdues au cours du temps ? Un besoin de se tourner vers Allah par sécurité d'une époque mouvante ? Besoin de se rassurer sous un Ciel protecteur ? Malaise par la société française ne les appréciant pas à leur juste valeur ? Pas facile de gérer une double culture, merveilleuse aussi ? La réalité pourrait être autre encore : y aurait-il un intérêt à amoindrir, repères et culture d'origine, malgré un fonctionnement national dit laïque, multiculturel et multicultuel ? Un nouveau type de colonisation ici, sur place, sans besoin d'agir dans les pays comme à partir du XIXe et après ? Privés d'une partie de leurs repères transmis par l'éducation familiale et leur pays d'origine, le repère fixe serait-il la pratique religieuse stricte devenant refuge ? Et comment entrevoir les temps prochains au milieu du - on ne sait pas où on va - de nous tous ? Se relier à Dieu : une solution. Pourtant, certains de leurs ancêtres croyants n'allaient jamais à la mosquée, d'ailleurs inexistante dans les villages reculés (notamment en petite Kabylie/Algérie, un cas particulier). Dans le passé, aucun besoin pour ces croyants de regroupement en un lieu officiel pour prier. Le comportement affectif systématique entre individus traduisait concept, repère et foi dans une attitude rituelle de chaque instant du quotidien.

                 L'Oriental lui avoua un jour,

                        - Moi, la religion m'aide beaucoup. Heureusement que j'ai ce soutien. Parfois, la vie est dure par ces gens ne voulant pas nous considérer égaux à eux-mêmes.

 

                        La gentillesse maghrébine

                 Un chauffeur originaire de Tunisie lui proposa de lui rapporter ses cd-rom en attente chez son photographe dans le 4e. Il conduisait souvent un client dans ce quartier de Paris. Deux jours après, il les apportait amicalement à son domicile. Gentillesse du Sud. Elle apprécia beaucoup. Elle aurait eu grand plaisir à rendre ce même service à une connaissance même récente. Déjà depuis des années, aux heures de pointe, dans le métro, qui proposait une place assise à des personnes debout ? Qui vous tient la porte en vous laissant passer ? Les jeunes issus de l'immigration maghrébine. Une éducation maintenue classique par leurs parents.

                 Maintes fois, l’Oriental l'aida physiquement, pour plus de sécurité, lorsqu'elle ne marchait que difficilement même avec la canne. Tout le monde croit que la canne résout tout. Faux. Il lui proposait l'appui de son bras pour qu'elle marche et monte les trottoirs plus facilement. Un jour de grande de fatigue, il fit ses courses entre deux clients. Un autre jour, en fin de journée, il la conduisit gratuitement à son rendez-vous chez le dentiste dans la petite ville proche de chez elle et l'attendit pour la ramener. Quand elle comprit qu'il l'avait attendue et qu'il ne voulait pas de paiement, elle eut les larmes aux yeux. Elle le remercia plusieurs fois.

                 - Mais qu'est-ce que je peux faire pour te remercier vraiment ?

                 - Juste un sourire suffira, dit-il.

Elle en aurait fait autant à sa place. Vous savez bien qu'une telle attitude humaine n'existait plus chez tant d'autres.  Quelle avancée si l'autre catégorie de personnes prenait exemple sur eux. Soyons larges d'esprit : demandons à Saint Antoine de Padoue d'intercéder auprès de Jésus et d'Allah pour un rapide rétablissement dans tous les cerveaux de la solidarité, de la gentillesse et de l'envie d'aider même l'inconnu. Une grande satisfaction réciproque existerait à nouveau chez chacun.

                 Alors, pourquoi leur taper continuellement sur la tête sans raisons valables ? Sont-ils si intelligents les occidentaux actuels ? Des réflexes de mentalité d'ex-colonisateurs ? Stop les bleus à l'âme alors qu'ils méritent reconnaissance comme chacun de nous. Connaissez-les mieux avec leur culture pour une interprétation juste. Souvenez-vous, les occidentaux chrétiens, des barbares, se permirent les tueries des croisades pendant 2 siècles, sur ordre d'un pape invitant à tuer exceptionnellement. Les barbares débarquèrent dans le monde islamique dit païen et totalement inconnu pour convertir, s'installer sur place, se déclarer roi et diriger, malgré le commandement : Tu ne tueras point. Pas de quoi être fier.

 

 

Gestes arabes et gestes italiens

                 Se sont les mêmes. Un marchand originaire du Sud de l'Italie et un marchand arabe géraient leurs boutiques. Même en hiver, ils discutaient dehors devant leurs magasins. Les mêmes gestes accompagnaient leurs discussions animées. Les arabes envahirent l'Italie du Sud et la Sicile à partir du VIIe siècle, au début de l'islam. Les gestes seraient-ils des traces de cette conquête ? Du Nord au Sud, les italiens gesticulent en parlant.

Un geste de là-bas

                                    Elle aimait infiniment ces visages typés et leurs gestes expressifs. Tout un langage. Ce jour-là, l’Oriental accompagna ses paroles magnifiquement par un geste de - là-bas -. L'avant-bras droit levé et ce geste rotatif de trois doigts de sa main et du poignet. Témoignage d'un pays plein de lumière.

 

Individualisme ? Egoïsme ? Ou grave inconscience ?

                 Elle me parla de grave inconscience, de pauvre monde inerte et aveugle s'enlisant lui-même, tel un suicide collectif, sans envie de changement par manque d'énergie. Une façon de vivre superficielle, de s'écarter de l'autre, de ne pas le reconnaitre, de nier son existence, de refuser de le voir et surtout de ne pas lui rendre service. Et fallait-il se connaitre depuis au moins dix ans ou plus pour se côtoyer ? Se côtoyer sans attendre permettait justement de constater des points communs ou non. Pourquoi attendre ? Elle parlait facilement à tout le monde depuis toujours.  Elle m'avoua même avoir toujours préféré fréquenter des étrange dans le métro, dans le Tgv, en avion, dans la rue à Paris. Elle répondait à leurs demandes, les conduisaient même au lieu recherché. Ainsi, personne ne se perdait et elle pouvait discuter avec eux plus longtemps. Elle arrivait en retard à son rendez-vous mais quel plaisir de communiquer ainsi. Pendant ses nombreux déplacements en Italie et surtout à Venise, elle pratiqua de même avec les vénitiens, chez les commerçants, à l'hôtel, au bar d'un palace ou au restau du coin de la ruelle. Elle apprit cent choses de la vie quotidienne du lieu, mieux que dans les journaux et les livres. Les vrais détails lui arrivaient, offerts par les habitants.

                 Avant, sa maladie rare, circulant en transports en commun, elle parlait systématiquement durant ses trajets et ensuite dans Paris avec qui se trouvait à côté d'elle. Souvent, la conversation intéressante continuait sur le trottoir avant de se séparer. Depuis deux ans et demi, ses chauffeurs étaient ses interlocuteurs privilégiés. Ils semblaient apprécier son attitude.

                 - Vous êtes sympa, salut, à la prochaine ! dit l'un d'eux. Souvenez-vous, elle vit mentalement sans nationalité depuis son enfance. Et partout, les visages d'outre méditerranée s'éclairent, peu habitués à entendre son discours.

 

AU NOM DE DIEU CLEMENT ET MISERICORDIEUX

Qu'est-ce que l'Islam ?

                 L'islam comprend à la fois, histoire, tradition, règles de comportement, façon de vivre, éducation, religion musulmane et le Coran, Livre Saint des musulmans. Le voile par exemple, provient de la tradition : il n'est nullement cité dans le Coran et aucunement imposé par la religion musulmane. La femme seule décide de le porter ou non. L'islam n'est pas le Coran mais, le Coran fait partie de l'islam.

                 Concepts islamiques et pratique religieuse peuvent être différents selon les pays. L'Arabie Saoudite applique la Charia la plus rigoureuse encore actuellement. Elle est plus souple au Maghreb. Elle est autre en Indonésie.

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                 Un jour, nous étions assis chez l'Envoyé d'Allah, lorsqu'un homme que nous ne connaissions pas, de blanc vêtu* et qui ne semblait pas avoir voyagé, s'approcha du Prophète et lui dit :"Mohammed, fais-moi connaitre ce qu'est la soumission à Allah". Le Prophète dit :" La soumission à Allah consiste à témoigner de l'unicité d'Allah et de la véracité de son Prophète et Envoyé, Mohammed. Elle consiste à observer la prière rituelle, faire l'aumône, jeuner pendant le mois de ramadan et faire, dans la mesure du possible, le pèlerinage à la Maison de Dieu".

* l'Ange Gabriel. hadith (propos du Prophète) cité par Al-Bukhari et Muslim contenant les 5 piliers de l'Islam : unicité d'Allah, foi, prière, aumône, jeûne le mois de ramadan et pèlerinage à La Mecque. Extrait du livre, Sagesses de l'Islam, Malek Chebel, First Editions.

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                 Mon cœur est ouvert à toutes sortes de réalités : il est un verger pour les gazelles, un couvent pour les moines chrétiens, un temple d'idoles, la Kaaba du pèlerin, les Tables de la Torah et le Livre sacré du Coran. Je suis adepte de la religion de l'amour, dans quelque direction que ses caravanes avancent, la religion de l'amour est ma religion et ma voie.

                 de, Ibn Arabi, philosophe et mystique de Murcie, mort en 1240. Ce passage constitue le summum de ce que l'islam andalou a offert au monde, une mise à l'épreuve de la tolérance religieuse et un humanisme à toute épreuve.

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La Paix est le Bonheur au quotidien. Malek Chebel

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En étudiant l'islam

                        En Occident, une sorte de première volonté de conversion-colonisation commença t-elle avec les croisades au début du XIe siècle, en plein moyen-âge ? Un historien, Alessandro Barbero, dans son livre : Histoires des croisades, conçoit qu'il en fut ainsi. Il est assuré aussi que l'appel à la croisade du Pape Urbain II contenait plusieurs motifs exprimés ou non s'ajoutant à son appel pour motif religieux. Il semblerait que la volonté chrétienne de reprendre le tombeau du Christ soit le motif exact mais, d'autres conquêtes eurent lieu au cours des 8 croisades et pendant deux siècles : christianiser les musulmans, conquête et création de plusieurs territoires (les pays latins). Les croisés s'y installèrent en dominant les populations locales. De nombreux vols d'œuvres ramenées à Venise, par exemple. Les croisés agirent en conquérants par tueries alors que, encore de nos jours, la réputation des musulmans est celle de combattre systématiquement d'autres peuples. D'autres guerriers n’ont-ils pas pratiqué de la même façon au cours des siècles malheureusement ? Une guerre de religions pour un même Dieu. En serait-on encore là en 2017, avec idéologie et actions extrémistes ou non ?

                 Selon les pays, contenu et expression de l'islam sont différents. Parlons alors des cultures d'islam. Réalisons que l'élément arabe est minoritaire : la religion musulmane est présente en France, en Afrique, en Indonésie et pas seulement au Maghreb et en Arabie. Des spécificités existent selon les territoires où elle est pratiquée et selon le contexte historique et contemporain de ces pays. C'est pourquoi des dirigeants évoquent une spécificité de l'islam en France et la laïcité française par séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, ajoute une particularité n'existant pas dans les autres pays.

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                 Les textes d'érudits présentant l'historique de l'islam montrent des savoirs orientaux transmis à l'Occident européen, notamment la philosophie des penseurs grecs que l'Orient avait déjà intégrée précédemment. Quant au mode de vie quotidien, langue et religion, ne serait-ce pas seulement un mode d'expression qui diffère ?

*

 

            Livre, Lettre ouverte au monde musulman de Abdennour Bidar, Philosophe

                 Pour en savoir plus, elle lut ce tout petit livre d’un auteur philosophe de double culture. Pour lui, existe actuellement une crise de civilisation du monde musulman incapable de régénérer sa religion figée dans une version ancienne. Elle entraine une crise culturelle par des attaches trop strictes à cette religion. Au même moment, l'Occident vit une crise de rupture générale sur de nombreux points dont l'absence de la notion d'existence liée au Sacré. D'après lui, l'important pour l'humanité actuelle n'est pas de résoudre sa crise économique mais de résoudre sa crise spirituelle pour éviter à l'islam de produire des individus déviant des bases exactes de leur religion jusqu'à changer les significations enseignées et produire des individus terroristes. Pour ce philosophe, il est urgent pour le monde musulman et pour le monde occidental de reprendre conscience de la - notion du Sacré - duquel tout être humain est investi.

 

Livre, l'islam expliqué aux enfants et à leurs parents

de Tahar Ben Jelloun

                 L'écrivain raconte très simplement l'histoire d'un humain appelé - Prophète -, l'histoire d'une religion et d'une civilisation enrichissante pour l'humanité. Les valeurs de base de la religion musulmane ont été détournées par des fanatiques. Le voisin français d'origine arabe n'a aucunement la même idéologie. Sa place est délicate. Il se trouve souvent en situation d'accusation, silencieuse ou non. Grande est la différence entre un terroriste et un français d'origine d'Afrique du nord travaillant et vivant normalement avec les mêmes difficultés que nous tous.

                 Après un attentat de 2015 à Paris

                 - Vous savez, je suis rentré dans un bistrot prendre un café pendant ma pause taxi. Je ne voudrais pas me poser en victime, mais quand même ... Je suis donc entré dans un bistrot et tout le monde s'est arrêté de parler pour me regarder.  J'ai bu mon café en vitesse et suis parti. C'est insupportable. Continuellement on est pris pour un tueur par des gens qui ne savent rien de nous, qui ne réfléchissent pas à la réalité de la situation alors que nous vivons avec eux. Nous prendre tous pour des terroristes alors que nous ne faisons aucunement partie de cette minorité est insensée. La religion musulmane parle de Paix.

                 - Je te comprends. Tu sais, les gens ont peur et voilà le résultat. Tu ne méritais pas cette expérience en plus. Comment faire ? Vous n'avez pas la bonne place dernièrement à cause des attentats. Déjà précédemment, d'autres motifs discriminatoires n'avaient pas leur place.

                 Chacun de nous devrait connaitre au moins les bases des religions monothéistes pour en parler aussi par culture générale et pour déceler les erreurs entendues Pourquoi ce refus systématique lié à une notion d'origine, de couleur de peau et de type physique ? Des réactions sans fondements valables encore actuellement. Partout, des individus sont capables d'agir mal. Le fait n'est pas réservé à certains montrés du doigt constamment.

 

 

Le chat, l'animal préféré du Prophète

                 Le chat, divinité chez les pharaons. Le chat, l'animal préféré du Prophète.         Le chat, lié au monde spirituel.

          Après la mort de Mahomet, les

Califes

                 Des représentant de Dieu sur terre. Ils entrèrent en rivalités voulant enrichir leurs intérêts en oubliant l'intérêt général. La religion se divisa en deux courants : celle classique, sunnite, du Prophète et celle, chiite, de son cousin Ali. Les califes firent appel à des mercenaires turques pour se protéger sur leurs territoires empêchant les chrétiens de se rendre sur les lieux saints de Jérusalem et sur tombeau du Christ. Ils prirent le pouvoir des lieux saints. Le Pape saisit cette division arabe et la présence des mercenaires pour instaurer la première croisade contre les musulmans en 1099. Huit croisades contre eux eurent lieu, au départ, par de nobles chevaliers et l'armée chrétienne des Templiers.

                 L'évangile de Barnabé

                 Caché au IVe siècle par l'empereur romain Constantin, (ainsi que d'autres évangiles) mais retrouvé récemment, nous informe que le Christ, énième prophète, annonça la venue de Mahomet. Le contenu de ce document gênait Constantin voulant imposer la religion catholique dans son empire romain déclinant.  

Une religion universelle à créer ?

                 La proposition d'un - mixage - des 3 religions monothéistes est évoquée ayant étrangement des bases bibliques et coraniques identiques (la Vierge et l'ange annonciateur, Jésus prophète, Abraham/Ibrahim, des saints, des anges et d'autres personnages). Pourquoi ne pas continuer à vivre ensemble avec 3 religions ? Et libre à chacun de croire en un même Dieu en exprimant sa foi différemment (conférence de Odon Vallet, historien des religions).

Répétition de l'histoire ?

                 En 2017, les extrémismes se trouvent physiquement en Syrie et en Irak, des lieux qui abritèrent l'islam après La Mecque et Médine. Une réalité à décoder ? Quelle signification exacte ?    

Art et magnificence du Sud

                 L'art émane de la meilleure sève humaine. De la magnificence des couleurs éclatantes des terres méditerranéennes et orientales baignées de lumière intense. Là résonnent rythmes et musiques reflétant les beautés du Sud.

Migrants contemporains

                 Avec des motifs et sous une forme contemporaine, après les événements combatifs de pays occidentaux, l'arrivée conséquente de migrants en Europe s'est imposée pour la France et l'Allemagne, d'autres pays ont pris des dispositions protectrices ou des refus. Quel résultat bientôt pour ces deux pays d'accueil ?

Le gars des cités

                 Le musulman, pratiquant ou non, qui comme chacun de nous, travaille dans le but de vivre agréablement, a-t-il l'intention d'importuner son voisin même s'il est d'une religion différente de la sienne ou s'il n'en a pas ? Ne serait-il pas souvent curieux de comprendre les différences entre chacun et d’esprit ouvert ? Et si l'homme subvenait aux besoins du foyer, les femmes ne travaillaient pas à l'extérieur de la maison au cours du temps et au temps pas si lointain finalement, de l’immigration obligée, cette notion s’est transmise par éducation familiale et encore maintenant, ici en France, il semble que des hommes jeunes aiment payer pour la dame se trouvant à côté d’eux. - Une affaire d'homme - avait dit l'Oriental. Une gentillesse, une pratique quotidienne établie et non pas une volonté de diriger ni une demande de soumission féminine.

Précisions de Marc Saghié,

Courrier International, Chef du Service Moyen-Orient

                 Invité de Ghaled Bencheikh, Islamologue, Théologien et Philosophe français dans son émission - Questions d'islam - France-Culture, dimanche 19 Novembre 2017

                 Ce spécialiste faisait remarquer que la réforme de l'islam n'arrivait pas à se faire malgré le contenu des ouvrages explicatifs parus. Il précisait que la critique de l'islam n'est en aucun cas - islamophobie - et que la - Beauté - est accessible à toutes les civilisations et non pas seulement à l'Occident.  Le mal absolu ne lui appartient pas non plus. Il répéta aussi que - le voile - n'est pas mentionné dans le Saint Coran. Un but de vie, un mythe, manquerait-il à ceux qui optent pour les voies extrémistes ? Il convient de redonner la place de ses origines à la langue arabe et de ne pas la cantonner à la langue de sa religion. Le mythe de l'Empire d'origine des débuts de l'islam (Bagdad et la Syrie) serait présent dans les esprits musulmans et les extrémistes s'y trouvent actuellement.

 

Inès Safi, CNRS.

                 Le voile, non inscrit dans le Coran, doit être une liberté décidée totalement par la femme. A l'origine, les habits orientaux masculins et féminins, de longues robes aux couleurs éclatantes, étaient très similaires. La disparition du voile pourrait faire perdre une partie du merveilleux de la culture vestimentaire orientale d'origine. Sur le plan purement esthétique, regardez les musulmanes, le voile ne vient-il pas ajouter beauté et charme aux visages ?

 

BREAKING NEWS

11 Avril 2017, Les musulmans d'Europe. 2 films sur Arte.

                 Le second film évoque l'actuelle Grande Mosquée de Grenade face à l'architecture orangée du palais de l'Alhambra témoignant du passé de l'islam andalou. La 3ème génération des musulmans espagnols et les immigrés du Maroc la fréquentent. Son imam, natif de la région, un espagnol converti. Il commente une identité européenne musulmane possible et déjà existante.  Grenade résista plus longtemps que d'autres villes hispaniques à la Reconquista des rois catholiques. Elle refusait la religion catholique après 7 siècles de religion et tradition musulmanes. Le choix proposé par les envahisseurs ? Mourir, se convertir ou partir. 1492, date officielle de la fin de Al-Andalus. Grenade, en 2017, serait-elle un lieu prédestiné pour la reprise d'une identité européenne musulmane ? L'imam espagnol converti à la religion musulmane citait ce point important au cours du 2e film d'Arte. A remarquer aussi que de jeunes français, futurs terroristes par visions religieuses extrémistes d'un autre temps, s'exilent actuellement en Syrie. Au VIIe siècle, dans les débuts de l'islam, lors des premières difficultés entre différents courants, c'est en Syrie puis à Bagdad, actuel Irak, que les autorités se trouvèrent transférées. Une répétition de l'histoire ?

25 Avril 2017, hommage rendu à un policier tué en service.

                 Dans la cour de la Préfecture de Police au centre de Paris, hommage rendu au policier tué quelques jours avant sur les Champs Elysées. Un homme parle calmement. Son compagnon policier. Pas de haine. Des mots forts. Emotion de tous. Son discours se termine par  - Je t'aime -. Un hommage officiel aussi à l’amour. Osera t-on encore juger la façon de vivre de qui que ce soit ? Que les bas ricanements d'un autre âge se taisent enfin. 

14 Mai 2017, le probable nouveau Président de la République.

                 Magnifique photographie aux tons bleutés d'une photographe connue. Un homme jeune, marche seul vers la pyramide du Louvre. Des gestes chaleureux. Un protocole plus simple. Une main posée sur le bord de la fenêtre ouverte de sa voiture. Il est plus jeune que sa femme. Déracinez vos idées standards et rétrogrades, votre jalousie inconsciente. Une possibilité existante depuis toujours enfin montrée au grand jour. Que tout le monde regarde leurs visages lumineux. L'amour est présent et voilà tout. Des sentiments sincères ne sont-ils pas magnifiques ?  De nouveaux codes de normalité ? Peut-être la plus belle réforme à entreprendre.

 

12 Juin 2017, Cecilia Bartoli à l'Opéra Royal de Versailles.

                 La diva, célèbre mezzo-soprano romaine, donne son récital - Voyage italien - dans la salle aux énormes colonnes dorées voulue par Louis XIV. Robe rouge carmin à traine et larges volants de la diva. Un programme lyrique du XVIIIe débutant par Porpora, Scarlatti, Mozart. En deuxième partie, des chansons napolitaines interprétées sur le mode lyrique. Drôleries et humour avec les spectateurs et son pianiste : un comportement des musiciens et interprètes à l'époque de ces créations musicales. Après chaque chant, des applaudissements marqués et des compliments criés. - Brava ! Bravissima ! Un final et plusieurs bis. Des spectateurs debout honorant l'immense talent de Cecilia Bartoli. Bouquet de fleurs blanches offert. Elle salue tenant son pianiste par la main. Elle semble vivre un bonheur sans fin. Les mélomanes et les scènes du monde entier l'acclament depuis longtemps.

24 Juin 2017, Arsilda de Vivaldi à l'Opéra Royal de Versailles

                 Un opéra jamais programmé dans aucune salle au monde. La première de Arsilda fut donnée en 1786 au célèbre Teatro Sant'Angelo de Venise. Il n'existe plus comme d'autres théâtres vénitiens. Les gravures dans les expositions et les livres montrent sa splendeur. Au XVIIIe, dans les nombreux théâtres de la cité lagunaire, les spectateurs se tenaient debout au parterre ou assis dans des loges. On venait là aussi pour manger ou traiter des affaires sans vraiment suivre le déroulement du spectacle. Dans la salle voulue par Louis XIV, contemporaine de ce type d'opéra programmé, va avoir lieu un spectacle complet : musique, voix, costumes et chaussures copies d'époque, perruques, chapeaux, danseurs et ballets. Le XVIIIe respecté. Dans la fosse, l'orchestre se compose de vingt violons à la gauche du chef et à sa droite, viole de gambe, hautbois, harpe, théorbes, dont un au long manche de plus d'un mètre et deux séries de cordes. Le chef donne l'envoi et le volume des notes vivaldiennes remplirent la salle. Acoustique exceptionnelle. En un instant, le Théâtre Sant'Angelo de Venise au XVIIIe siècle de trouve restitué. Lors de la première représentation de son œuvre, Antonio Vivaldi lui-même fut présent. Dans un décor gris clair autour de la scène, une porte et une fenêtre sur le mur du fond laisse voir la projection d'un espace extérieur où des nuages défilent sur un ciel bleu. De la vaisselle et des chandeliers posés sur la nappe d'une longue table, des acteurs-chanteurs assis sur des chaises transparentes simulant les formes de l'époque : un banquet. Les voix solistes chantent dans le coin gauche de la scène pour mieux suivre la direction du chef d'orchestre. Des habits masculins copies d’époque d'un bleu tendre aux godets volumineux multipliés par plusieurs épaisseurs de tissus teintés de marron et ivoire, de larges chemises à jabots de dentelle et dentelle au bord de longues manches. Des acteurs à la démarche élégante. Des gestes raffinés. Splendeur de la musique baroque et des voix. Maestro Vivaldi parmi nous. A l'entracte, les mélomanes citent le talent de la troupe, de l'orchestre et de leur chef. La cloche sonne. Chacun reprend sa place. Musique et voix à nouveau. Le chef d'orchestre pragois monte sur scène pour diriger l’orchestre de haut mais aussi les acteurs-chanteurs quittant, petit à petit, leurs costumes d'époque pour des vêtements contemporains. Délire final dans la salle. A Versailles aussi, on sait taper des pieds et crier de contentement pour remercier le travail des artistes. Ils saluèrent avec le chef, le metteur en scène, la costumière, la décoratrice. L'orchestre se leva pour saluer en regardant vers les spectateurs. Arsilda, inoubliable comme au temps de Vivaldi et du Teatro Sant'Angelo ...

26 Juin 2017, fin du Ramadan. Fête de l'Aïd el fitr.

                 Le sms d'une belle musulmane arriva sur son téléphone.

Bonne fête de l'Aïd, Que cette journée festive de notre si belle religion, l'Islam, vous apporte joie, bonheur et grande Paix de l'âme. Que vos proches, votre famille soient comblés de douceur. Que leur foi soit renforcée et que la piété vive en leur cœur. Que toutes les musulmanes et les musulmans de le terre célèbrent ensemble cette belle fête tel un peuple frère.

Le matin de Noël déjà, son sms lui souhaitait - Bon Noël -. Ne serait-ce pas ainsi que de nouvelles positions prennent place ?

 

30 Juin 2017, décès de Simone Veil

                 Femme de caractère, de valeurs et d'ambition voulant la protection des faibles. Un combat féministe du XXe siècle pour faire accepter son projet d'Ivg officiellement en 1974 alors que les jeunes femmes avortaient en prenant de grands risques pour leur santé. Espérance et justice pour les femmes. Aux Invalides, tous les âges rendent hommage au courage de la grande dame. Applaudissements nourris en fin de cérémonie même à l'extérieur du monument. Le jeune Président fait remarquer que les combats aux vues nouvelles de Simone Veil sont à continuer avec le même courage. - Rien n'est jamais gagné pour toujours -. Une émission télévisée consacrée à la vie et au parcours professionnel de Madame Veil montre son chemin passant par l'horreur d’une mort barbare prévue heureusement évitée, un retour en Allemagne dicté par le travail de son mari. Elle comprit la nécessité du rapprochement franco-allemand à réaliser au plus vite. Sa mission terrestre, politique et sociale pour son pays et l'Europe fut exemplaire. Nous lui devons mille libertés.

15 Août 2017, Paris, hôtel du Jeu de Paume dans l'île Saint Louis

                 Ce jour-là, des gens souriaient en vous croisant sans même vous connaitre. Des étrangers à nouveau dans le charme de Paris historique. Moins nombreux qu'avant disaient les commerçants. Des visiteurs, pas des acheteurs. Elle parla avec de jeunes vendeurs au discours censé. Une relève réconfortante ? Une plaque cuivrée indiquait l'hôtel peu visible de la rue. Passez le porche et entrez dans un large passage pavé. Des poutres traversent les parois. Un escalier sur la gauche monte vers des appartements privés. Une cour aux pavés inégaux conduit dans le passé des murs aux pierres apparentes, aux poutres énormes comme des arbres et la légèreté contemporaine d'œuvres accrochées, çà et là, sur les parois du temps. La hauteur de voûte de l'immense salle de réception aux poutres enchevêtrées est surprenante, telle une église. Elle comprend trois salons séparés seulement par des canapés et fauteuils dont un salon-bibliothèque. Un ascenseur transparent quasi invisible dessert trois étages. Au fond, l'espace petit-déjeuner le long du passage se délimite par quelques colonnes de pierre et des tables ovales ou rondes recouvertes de nappes blanches. Atmosphère historique et contemporaine mélangées avec talent par l'architecte. Un buffet du matin au nectar d'orange exceptionnel et des petits pains à la mie brune, des croissants et produits de qualité. A cette période, un tout jeune homme s'occupait des clients. Une allure romantique de fin XIXe, des cheveux mi-longs embroussaillés. Un nouveau Chopin ? Chaque après-midi, la directrice et son grand chien noir étaient présents. Sur le dos et pattes en l'air, allongé sur le vieux carrelage orangé, - grand chien noir – attendait les caresses. Un lieu superbe à découvrir pour se reposer en passant par là.

16 Août 2017, rue des Rosiers. La rue sympathique du 4ème

                 La rue juive. Petits restaurants, minuscules cafés, fallafels et pâtisseries orientales, librairies spécialisées, l'opticien, le boucher, la retoucherie. Des odeurs de là-bas. Visiteurs et passants du quartier se parlent dans la rue comme en pays méditerranéen, même en hiver. Une rue vivante. Trois grands gaillards devant la boutique de l'opticien discutent, un jeune chien berger tout frétillant, allongé par terre et rongeant un os avec acharnement. - Moi, je suis arabe mais j'suis pas né ici. J'ai émigré. C'est pas la même chose, mais on est mal vus ici -. - La majorité ne comprend rien et ne veux pas étudier un peu pour y voir clair. Depuis deux ans que j'ai mis un oeil dans l'historique de l'islam très instructif et parlant -. - Quand j'vois le comportement de ceux qui sont nés ici, j'ai honte -. - Il est super beau ton chien avec son museau noir -. - Un berger malinois, de Malines en Belgique -. - Les chiens aussi arrivent de partout ! -. - Il est fiché S ! -. - Même les chiens ? -. Des étrangers s'arrêtèrent pour jouer avec le chien. Sa queue montrait son contentement. Une dame le prit dans ses bras pour l'embrasser. Une scène imprévue rue des Rosiers.

13 Septembre 2017

                 Télématin sur A2. Une journaliste commente le contenu des nouvelles relations éphémères sur les réseaux sociaux. On entre en communication facilement. On se quitte rapidement sans explications : une violence souvent ignorée. Si besoin, on bloque l'accès du correspondant sur son téléphone sans l'aviser. Et voilà, il ne peut plus vous contacter, tranquillité, pas d'explications à fournir, facilité. Il disparait en un instant. Plus de réponse. Injoignable. Il n'existe plus. Et parfois, le correspondant s'inquiète, panique. Son correspondant est-il en danger ? Accidenté ? Comment savoir ? Ghosting : violence mentale extrême crée par le ghoster qui pense que sans évoquer de faits déplaisants, il ne fait pas de mal au correspondant. Grave erreur ! Ce comportement, conscient ou inconscient, l'arrange : il n'a pas à s'expliquer. Un nouveau type de mort organisée. Un comportement existant dans les jeux vidéo, reproduit dans la réalité du quotidien. Le mental des animaux et leurs instincts, eux, ne dérapent pas. Des valeurs sûres. Granrou, Ptirou, Laureline, Yvette et Yveta, Koro et tous les autres, savent démontrer leur affection et leur attachement envers les humains et entre eux : coups de têtes répétés et baisers de nez mouillés : aucune ambigüité possible et sans prononcer de mots. Ils ne parlent pas. Leur langage est autre, précis, explicatif. Ils n'ont pas besoin de téléphone et de technologie.

30 Septembre 2017, la bactérie E. Coli

                 Elle continue sa triste action. La radio annonce de ne pas manger les barquettes d'escalopes de veau achetées dans un hypermarché français entre le 26 et le 29 Septembre. Le dieu-fric satanique toujours en vie mais pas forcément ceux qui absorbe cette nourriture infâme. Rappel : à n'importe quel âge, coma, un mois en réa, reins ne fonctionnant plus, dialyses, réapprendre marche et équilibre, 4 mois d'hospitalisation, des séquelles neurologiques à vie possibles même pur un enfant. Un exemple d'inhumanité actuelle parmi d'autres au service de l'inconscience, de la malhonnêteté et de l'irrespect des humains et des animaux. Des prises d'otages au profit d'une consommation inutile, néfaste et une mentalité de tueurs accro de l'argent à outrance.

Novembre 2017

                 Etonnant. Pourquoi éclate en ce moment la mise au grand jour du harcèlement sexuel et sexiste, des viols et comportements anormaux masculins ? Ces actions physiques ou verbales perpétuées par ces messieurs existent probablement depuis l'Antiquité par pouvoir physique, mental, professionnel, familial. Une copie à analyser, à comprendre et à corriger. Mais pourquoi s’occupe t-on du thème enfin seulement en ce moment ? Les femmes peuvent se faire respecter dès l’enfance et répondre de suite aux attaques verbales et aux gestes déplacés. Le mieux est d'annoncer sa position précisément et ce qu'elles pensent des hommes clairement.

5 Décembre 2017, Jean d'Ormesson nous quitte t-il ?

                 Amoureux de Venise, regard pétillant, charme évident. Une œuvre appréciée. Un discours et une grande personnalité. Et, dit-il, - La mort ne peut rien contre moi !

10 Décembre 2017, Johnny Halliday et hommage national

                 Rendre hommage à Johnny Halliday absolument. Des heures de reportages télévisés livrent des détails difficiles du chanteur rock français. Première Olympia en 1961. Elle se souvint de sa place au balcon du célèbre music-hall. Des spectateurs, tous très jeunes qui chantent. Elle, envahie d'une énorme émotion chante à l’intérieurement sans se faire entendre. Elle suivit intensément ses premières chansons et son mariage avec Sylvie Vartan. Leur photo de mariage en noir et blanc dans le hall de l’Olympia resta exposée pendant de nombreuses années jusqu’à la rénovation récente de la salle mythique.    Souvenirs, souvenirs … Retiens la nuit … Les années yéyé : une époque révélatrice d'un style musical nouveau, enfin différent, joyeux. Et les grands succès de Johnny pendant tant d’années jusqu’à hier. Musiques et paroles puissantes ne pouvant que restées toujours présentes. Un hommage populaire national grandiose hier et l’amour de son public grandement démontré. Un évènement spectaculaire. Des images témoignant d’une nouvelle consécration de son identité, de son travail, de son talent, de sa force exceptionnelle. De sa mission ? Seul un grand artiste est capable de remplir ainsi l’espace pour toujours probablement.

                 Trois secondes lui suffirent pour décider de se rendre dans l'entrée de l'Olympia et laisser un message à Johnny sur le registre prévu. Elle resta quelques temps dans l'entrée de l'Olympia qu'elle connaissait depuis les années 60.

 

LAST  BREAKING  NEWS

                 Avez-vous remarqué, vous les jeunes et moins jeunes le côté intemporel de notre amie ? Elle aime les mêmes chanteurs que vous, plaisante et rit, a envie de tout connaitre, de voyager, de vous parler. Un esprit sans frontières. Sa carte d'identité n'est qu'un repère administratif depuis toujours. Vivez donc vos capacités communes ensemble. En prime, profitez de ses connaissances. N'auriez-vous pas envie de la rencontrer ? Obligez-la à décrocher de son travail. Vous pourriez lui raconter mille choses des temps actuels, vos préoccupations, vos envies et projets. Ça l'intéresse. Vous pourriez entendre ses anecdotes et l'accompagner pour ses déplacements professionnels à Bruxelles et Bruges, à Berlin, à Florence, Sienne et Lucca et découvrir les paysages divins de Toscane, sa Venise authentique et le Maroc. Une expérience bénéfique commune. Soyez comme elle avant-gardiste et cassez le code rituel ancestral des âges à respecter. Qu'attend-on dans ce pays pour enfin fuir les clichés, pour se mélanger vraiment et fréquenter le voisin sans tenir compte de sa carte d'identité, de son origine, de son salaire et de son âge précis ? Vivre ne serait-ce pas çà aussi ?

                 N'aimeriez-vous pas faire partie aussi de ses grands amis les chats ? Eux, sont toujours présents à ses côtés. Aucune déception possible avec eux. Il n'en est pas de même avec les humains.   

                 Lisez absolument le petit livre d'Ismaël Saidi, belge originaire du Maroc, scénariste et réalisateur. La traversée de l’Espagneen voiture pour rejoindre le Maroc chaque été, préparé pendant des mois par sa mère pour retrouver les grands-parents dans la médina de Tanger, sa passion pour Goldman et Disneyworld. Le Ramadan. Humour d'un européen musulman à travers ses deux cultures. On apprend l'islam en riant.

 

FIN

 

 

ÉPILOGUE 

                 Elle

Travail, origines, quartier du Marais et île Saint-Louis, protections célestes et les chats. Les artistes puristes sont des passionnés. Leur vie privée et professionnelle se mélangent à chaque instant. Un rythme non-stop chaque jour, week-end inclus. Son esprit suit ses dossiers même en faisant la vaisselle ou en marchant dans la rue. Voilà son atmosphère. Perdez votre jalousie. Remerciez là pour son travail et appréciez que des instituts culturels et musées réputés acceptent ses œuvres par donations. Ces instituts rassemblent et conservent ses documents utiles à leurs lecteurs, chercheurs, historiens, étudiants. Les budgets manquent pour acquérir tous les documents valables. Les nouvelles acquisitions sont prévues à l'avance chaque année par les directions muséales. Par les donations d’artistes en plus, vous pouvez vous-même consulter leur travail dans ces instituts. Elle finance son travail elle-même sans demander un seul centime à personne par liberté totale de diriger ses buts vers la communauté culturelle mondiale dont vous faites partie. Ne pensez plus  - pour qui elle se prend ! Eviter lui vos gifles par incompréhensions, inconscience ou jalousie. Evitez ainsi de recevoir ses mots désagréables en retour du style - je me prends pour ce que je suis ! Oui, elle a une forte personnalité depuis toujours. Et alors ? Elle sait ce qu'elle veut. N'est-ce pas une force ? Pourquoi vous dérange t-elle en fait ? Faites un travail similaire. Il sera obligatoirement différent et vous ne la dérangez pas.

                 Corse, Toscane et un saupoudrage de Belgique. La Corse, l'Italie, la Sardaigne et la Sicile, Venise, la Toscane et le Maghreb firent partie de l'Empire byzantin en des temps anciens du VIIIe siècle. Etonnant que, très jeune, elle ait ressenti un lien avec l'Espagne, la Grèce, l'Italie et le Maroc ? L'accent des habitants de ces pays l'enchantent. Et Venise, porte de l'Orient, devint sa ville d'adoption en 1993. Pas étonnante son envie de vivre quelques temps au Maroc, de discuter avec tout le monde là-bas, de connaitre mieux les habitants de cette terre méditerranéenne. Une belle expérience sociale et culturelle pour décrire les lieux, raconter des anecdotes locales et les jardins contenant le symbolisme de l'islam. Elle est méditerranéenne.

                 Elle prévoit de vivre longtemps et même toujours. Toujours mille choses à réaliser, à connaitre, à écrire, à étudier et une envie de vivre dans cette Europe historique. Pour elle, le Maghreb en a toujours fait partie. Il est là, juste en-dessous de la France après trois gouttes d'eau dans un détroit à traverser.

                 Et pour ressentir autant la méditerranée, ses musiques, les sonorités différentes de chaque pays du soleil, aurait-elle fait partie de la diaspora venue depuis l'Andalousie au XVe siècle jusqu’en Toscane ? Ses pas la conduisirent-ils à Venise un jour pour ce motif aussi ? Emerveillée, envoutée, elle épousa la beauté du décor architectural oriental au passé prestigieux. Aurait-elle franchi la Méditerranée avec les Maures et vécu à Venise pour servir quelque notable dans son palais ?

                 Et les chats

                 Ils l'accompagnaient depuis son enfance tels des anges gardiens. Vous avez lu plus haut qu'en 2012, elle apprit par hasard son rôle de prêtresse des chats Bastet dans une vie égyptienne. Les chats le savaient probablement. Ils lui offraient des moments délicieux tout comme l’art. L'amour des chats et l'amour pour les chats, mènent loin. Vous savez que les chats sont directement reliés au monde spirituel et que le chat fonctionne souvent comme un voyant.

                 Ses 5 chats de la fac habitent sous l’ex cafétéria des étudiants aux murs décorés de graffiti sur le campus de Bures-Orsay. Ils ont deux distributeurs de croquettes, des gamelles d’eau et des lits avec couvertures polaires. Une bénévole passe chaque jour donner de la pâtée et vérifier l’eau. Notre amie elle, passe aussi pratiquement tous les jours. Elle joue avec eux. Mine de rien, les chats étudient en Master spé. A peine apparait-elle, ils accourent vers elle et arrondissent leurs dos vers ses caresses. Des coups de nez mouillés, des baisers sur sa joue remercient. Granrou fait ça très bien et Koro aussi. Des niches doivent les accueillir. L’autorisation de la fac de les poser est demandée. Dernièrement, sur le point de partir, elle vit une dame arriver pour leur donner à manger. Les chats, vite, vite, vite, se cachèrent et réapparurent à leurs assiettes quand la dame fut partie. Ils ne se conduisent jamais ainsi avec elle. Au contraire, à son appel en arrivant, ils viennent en courant, la queue en l'air. Ils la rejoignent sur le chemin en contrebas pour fêter sa présence. Ils savent qu'elle les aime, qu'ils vont manger copieusement et ils sautent, contents, sur la table de pique-nique pour ne pas qu'elle ait à se baisser et prendre des risques lombaires. Ils savent encore qu'elle contrôlera la quantité d'eau des grandes gamelles bleues, la quantité de croquettes dans les distributeurs glissés sous la kfet et qu'elle les fera jouer. Après leur repas, les chats font un brin de toilette et s'allongent autour d'elle dans les trèfles. Ils aiment courir après un long lacet qu'ils tiennent dans leurs dents ou leurs griffes. Elle envoya des centaines de photos des chats pour la collection de la Feline Historical Foundation dans l'Ohio.

                 Ses activités. Son Paris historique

                 Après cette biographie, son livre photographique sur Venise doit sortir vite. Il est très en retard : 200 photographies sélectionnées et commentées effectuées pendant ses nombreux séjours dans sa ville d'adoption plusieurs fois par an depuis 1993. Il est attendu déjà depuis un an à la Biblioteca Nazionale Marciana de Venise sur la Piazza San Marco, à la Confrérie San Rocco et en d'autres lieux importants à travers l'Europe, les Usa et le Canada. D'autres livres photographiques commentés sont prévus : Ombres, Nature, Reflets, Les Chats de la fac et d'autres livres textes.    Vital pour elle ce travail passionnant, son secrétariat international, gérer la documentation, lire des livres d'auteurs sur les thèmes de son travail. Vital aussi son étude de l’historique de l'islam puisque sa présence dans la société européenne actuelle est bien réelle. Elle nourrit son esprit éclectique par sa propre réflexion, l'écoute d'émissions et de conférences, des lectures et en visionnant des Dvd. Vital de se rendre au quartier latin, dans le Marais, à la librairie de l'Institut du Monde Arabe, dans son ile St Louis, rue Oberkampf, rue de Charonne, à la librairie du Louvre et du côté de Passy. Paris ... Depuis environ dix ans, elle n'entre plus dans Notre-Dame : trop de monde dénature l'atmosphère des lieux. Elle rend visite à son amie vénitienne dans sa boutique de l'ile saint Louis et à son amie juive née au Maroc, rue des Tournelles, tout près de la place des Vosges. En passant, elle regarde les vitrines des galeries.    Elle aime passer rue de Sévigné et rue Malher, salue le Musée Carnavalet et la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. Ils conservent son livre photographique - Paris, ma vision - et ses premières photographies de Paris de 1973. Elle passe encore rue du Roi de Sicile, rue des Ecouffes, rue Ferdinand Vidal, rue des Rosiers : un village avec ses librairies juives, ses petits restaus de fallafels, ses pâtisseries orientales, la retoucherie, le boucher, des boutiques de mode, son opticien et des senteurs d'épices, comme là-bas ! Elle rejoint ensuite la rue Charlemagne et le Village Saint Paul, passe devant son lycée Sophie Germain rue de Jouy. Passer devant la porte de son lycée ? Un rituel obligatoire. Dans la rue François Miron : la boulangerie au décor d'antan, le magasin de jouets style années 50, la vitrine de Paris Historique, le magasin de produits et saveurs orientales du coin de la rue du Pont Louis Philippe, quelques tables à l'extérieur d'un café. Suivent les pavés de la rue des Barres, piétonne, avec sa rigole centrale comme au moyen-âge, la maison à pans de bois face à l'entrée de l'église saint Gervais par le chevet et la librairie - Sources Vives - des Fraternités Monastiques de Jérusalem. Les moines et moniales de cet ordre créé en 1975 par le Cardinal Marty anime l'église depuis la même année mais aussi des églises en France, en Afrique et en Europe, l'abbaye du Mont saint Michel et la basilique de Vézelay. De larges marches plates et pavées de la rue des Barres, descendent vers la rue de l'Hôtel de Ville et la Seine. A chaque passage, elle savoure la beauté de son cher quartier, celui de son père, de ses parents au début de leur mariage, de ses grands-parents paternels qu'elle n'a pas connus. Ils habitaient là, au coin de la rue de Brosse et de la rue de l'Hôtel de Ville, au 5e étage, à deux pas de saint Gervais, à côté du siège parisien des Compagnons du Tour de France. Les actuels compagnons tailleurs de pierres restaurent des monuments historiques dans toute la France, ceux construits par leurs collègues et les maîtres d'œuvres au moyen-âge. Déjeuner et discuter architecture avec eux dans l'immense salle à manger est possible en prévenant la veille. Vous verrez ainsi leurs chefs-d'œuvre exposés, témoignages de leurs études et de leur talent. Sur le quai de l'Hôtel de Ville : la librairie des Compagnons présente des livres spécialisés et copies de sculptures médiévales. Plus loin, un petit antiquaire, des restaurants. Son père retourna pendant maintes années chez son coiffeur du quai de l'Hôtel de Ville. Elle traverse et s'arrête souvent au coin du pont Louis-Philippe : en face d'elle, la fin du quai Bourbon sur la pointe de l'île Saint-Louis et, en contrebas, son réverbère et son arbre. Tel un vaisseau amarré, en arrière-plan, l'île de la Cité et le quai aux Fleurs. Les tours de Notre-Dame veillent sur les maisons d'époque médiévale, rues des Ursins, rue des Chantres, seul ilot épargné par les travaux du Préfet Haussmann vers 1850 dont une partie, reconstruite dans le style médiéval au XIXe permet de penser qu’elle est d’origine ancienne. Quelle image magnifique ... Devant elle, un des lieux de ses prises de vues à toutes les saisons, depuis 1993, de jour et de nuit. Elle traverse la Seine et tourne à droite au bout du pont Louis Philippe. Assise sur un banc à la pointe de l'île, elle contemple le haut du profil de la façade contre-réforme du XVIIe de saint Gervais, son toit gris et son clocher. Encore un rituel. Bien avant les années 50, de petites industries existaient dans les murs noirs des cours pavées du Marais. Les restaurations décidées par Malraux, à partir de 1964, juste après son passage au lycée Sophie Germain, changèrent la notoriété du Marais. Les occupants furent expulsés en banlieue. Un drame pour eux. Des sociétés étrangères commencèrent à acheter les mètres carrés à prix d'or.

                 L'île Saint-Louis

                 Voici la réunion ancienne de l'île Notre-Dame et de l'île aux vaches. L'architecture noble des palais du XVIIe, l'intérieur d'or de l'hôtel de Lauzun sur le quai d'Anjou et la vue superbe du chevet de Notre-Dame à travers la ramure squelettique hivernale depuis le quai d'Orléans ... Impossible pour elle de se détacher d'un tel décor, historique et actuel à la fois. Et le pont Marie, trapu, avec ses avancées en pointes de lourdes pierres arrêtant les branchages charriés par l'eau ... Le pont de l'architecte Marie, une autre évidente beauté intégrée à l'île Saint-Louis, la reliant aux quais des Célestins et de l'Hôtel de Ville à deux pas de son lycée. Et ces escaliers très pentus portant le piéton au même niveau que la Seine pour une promenade et une autre vision du fleuve et du quartier ... Eté comme hiver, de jour comme de nuit, bateaux mouches, bateaux privés loués, longues péniches transportant des matériaux et bateau-bus, glissent devant vos yeux. Elle ne s'en lasse pas.

               Dans la ville des Ulis

                 Une chanson aux accents sonores maghrébins et claquements de mains, Mi amor ... Mi amor ... un très jeune chanteur aux gestes élégants du Sud. Un visage marocain. Les chauffeurs de taxis maghrébins demeurent souvent aux Ulis, cette ville construite à partir des années 1964. Des polémiques précédèrent sa construction. Les habitants alentours n'en voulaient pas sur leurs vastes terres agricoles fertiles appelées à disparaitre. Les bâtiments des fermes aux solides murs de pierre de meulière de la vallée accueillirent d’autres activités. La galerie marchande ouvrit en 1972. Des logements sociaux et des résidences privées, une grande scène de spectacles régionale, des cinémas puis un grand parc vert, médiathèque et église furent construits et en 2013, la mosquée Al-Andalous s’intégra dans l’ensemble. La ville grandit encore actuellement : appartements privés, larges avenues pour une population de tous horizons. La galerie marchande est fréquentée par les habitants sur place et ceux du Sud 91 et du Nord 78. Touchant le centre commercial, l’immense zone d'activités de Courtabœuf s'étend sur plusieurs communes. Les premières entreprises internationales s'y installèrent début 1970. Et les routes de campagne étroites furent élargies plusieurs fois déjà pour permettre la circulation de plus en plus dense. Les vaches broutant autour du bâtiment de l'antenne reliée à la Tour Eiffel diffusant la télévision, sont toujours là dans leur pré, en haut de la côte montant de Palaiseau à Villejust et rejoignant la zone d'activités et la ville des Ulis. Leur présence humaine animale fait du bien. Le Tgv Atlantique passe sous leurs pattes après la gare de Massy-Tvg. La vue des vaches compense t-elle celle de l'incinérateur situé juste un peu plus loin ?  

                 La société imparfaite

                 Quel phénomène contemporain entraina tant d'inconscience ? Au cours de ces dernières années, dans le domaine de la médecine et de la nourriture par exemple, des prises de conscience ont eu lieu dans la population et on ose dire fort enfin les lacunes existantes. Pourquoi le modèle inexact fut-il/est-il reproduit continuellement ? Pas d'obligation imposée pourtant. Inconscience, égoïsme, paresse, inertie, manque de personnalité, ressembler au voisin et faire partie du groupe ? Quand chacun va t-il remettre enfin en cause la/sa situation ? Il y a urgence d'élan humain reliant chacun à l'autre. Les sms ne suffisent pas. La communication verbale et physique sont utiles pour exister. La solidarité type méditerranéen ne pourrait-elle pas devenir une façon d’être aussi chez les natifs d’autres lieux pour créer une réelle chaleur humaine ? Tant que la consommation inconsidérée passant par le dieu-fric règnera, tant que la ressemblance aux voisins sera la règle majoritaire à tort, tant que les personnalités sans vraie volonté stagneront dans un laxisme, tant que le vide intérieur de l'individu l'empêchera de se définir et de savoir qui il veut devenir, un monde superficiel sans repères valables risque de végéter.

                 Une minorité agissante

                 Elle existe à l'écart des domaines liés au monde de l'argent. On parle trop peu de ce monde plus sain, plus naturel, mélangeant valeurs essentielles et données nouvelles bénéfiques à l'humain. La majorité avance à travers ladite modernité technique exagérée et ses gains. Pour quand la minorité grandissante devenue majoritaire et humaine incluant totalement nos frères animaux pour le bien de nous tous ? 

                 Des ondes invisibles autour de nous

                 Elles atrophient les cerveaux et créent des maladies rentables pour d'autres. Peu coûteux de porter de minces protections techniques à coller sur un téléphone portable ou un ordinateur ou même de faire protéger son appartement et sa maison. Il semblerait que personne ne veut croire à ces protections. Pour une fois, dépenser quelques euros salvateurs serait intelligent plutôt que copier le laxisme classique bloqué en - mode pensée unique -.

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                 La perfection n'existe pas entend-elle souvent : si personne ne la cherche, elle ne risque pas d'exister ! Ne serait-elle pas pourtant à portée de main ? La définir et vouloir la suivre devrait être un réflexe.

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                 Islam et religion musulmane

                 La fréquentation des chauffeurs issus de l'immigration maghrébine, sans aucun prosélytisme de leur part (leur religion l'interdit), la porte orientale vénitienne entr'ouverte, une curiosité culturelle et une grande attirance pour les couleurs de la Méditerranée, l'entraînèrent vers de nouvelles données. Souvenez-vous, bien des années avant déjà, l'Espagne, la Grèce et l'Italie, ces pays situés au Sud de la France, l'attiraient. Son esprit les reliait en un seul continent dont elle se sentait originaire.

                 Merci encore à l’Oriental avec qui elle circula souvent, créateur du rituel du p'tit café sur l’autoroute. Son visage du soleil lui donna envie d'étudier l’historique de l’islam qu'elle ne connaissait pas.

                 Dès les années 50, les algériens vinrent en France pour travailler. Leur vie ? Pas aussi facile qu'annoncée par la France avant leur départ. - Il n'y eut aucun problème tant que l'immigration fut motivée par le travail existant pour nos parents -, lui dit un chauffeur d'origine tunisienne. Les immigrés italiens ne furent pas accueillis avec chaleur non plus dans les années 20 fuyant le fascisme en Italie. Il y eut même des morts. Pourquoi ce refus systématique de l'autre au lieu de voir l'apport enrichissant gratuit ? Dans la voiture des chauffeurs musulmans, elle ne vit pas de tapis de prière. Pas de pause prière plusieurs fois par jour au bord de la route ou sur le périf. Ils ne la laissèrent pas non plus sur le trottoir pour entrer à la mosquée quand le muezin appelait depuis un minaret. Aucun ne lui a manqué de respect contrairement à d'autres personnes. Que de faux clichés aussi sur les musulmanes soumises. Cela vaut la peine de lire les auteurs spécialisés.

Dieu dans un monde chaotique

                 Le Pape serre de nombreuses mains d’autorités des religions monothéistes devant les télévisions. Tous les domaines de la société subissent une transformation depuis déjà une vingtaine d’années produisant un passage obligé chaotique. La retombée du côté favorable se fera t-elle ? Dieu seul le sait. Souvenez-vous, André Malraux déclara dans les années soixante,

-           Le XXIe siècle sera spirituel ou ne passera pas !

La planète ne doit-elle pas fonctionner selon son naturel prévu dépassant probablement la compréhension des chercheurs ? Les populations ignorent souvent les significations des karmas des pays et la répétition d'événements programmés. Un nouveau monde humain serait-il en gestation ? Et Dieu est là, partout, autour de nous. Ne suffit-il pas de croire en lui tout simplement ? Une non-pratique classique à la religion dont une personne est originaire ne veut pas dire une incroyance. Il est facile de détecter ce fait dans les conversations. Les églises se seraient-elles dépeuplées au profit d’une nouvelle pratique personnelle individuelle par la pensée ?

Venise

                 22 millions de touristes par an sur 4 kilomètres de ville historique admirable : anormal et insupportable. Qui est responsable de cette anarchie ? Pourquoi laisse t-on faire et dans quel but ? Pourquoi provoquer la destruction de l'âme de Venise et son atmosphère singulière ? Comme à Notre-Dame de Paris : trop de monde et consommation de culture dénaturée effacent la beauté du lieu, volée à chaque instant aux habitants et aux passionnés qui l'étudient. Un passé à conserver absolument. Une mémoire à protéger sans la réduire. Venise, témoin de l'histoire. Venise, actuellement témoin d’une exploitation trouble de l'argent. Venise, à rendre aux vénitiens, aux puristes de l’esthétique, de l'art, de l'histoire, aux littéraires et aux musiciens. Stop à la consommation d’une Venise-objet ! Place à une Venise authentique. Outre le tourisme de masse sans scrupules, une organisation dans l'ombre serait-elle maitresse des lieux ? A bas ce type de voyageurs ne faisant que passer et bloquant les ruelles en criant sans respect du lieu et repartant aussi ignorant qu’il est arrivé. Une présence destructrice. Réalisez que jusqu'ici et depuis 1993, elle séjourna 40 fois dans ce décor en sa qualité de photographe pour des milliers de photographies et rencontrer ses contacts, étudier encore et toujours la ville. Un tel lieu peut s’étudier pendant toute une vie. Il sait se révéler continuellement aux artistes. Un mythe sans fin. Son passé présent vit dans chaque instant de nos jours. Depuis au moins l'an 2000, des hordes de touristes arrivent par bus. Ils stationnent sur des ilots-parkings récemment construits à l'arrivée du ponte della Libertà, la digue de 4 kilomètres, à la fois route et voie ferrée reliant Mestre en terre ferme à la Venise historique. Le troupeau-consommateur-superficiel des agences touristiques envahit le vaporetto n°1 bondé circulant sur le Grand Canal ou encombre les ruelles surpeuplées du trajet classique, gare Santa Lucia - Piazza San Marco. Ils séjournent trois heures ou trois jours. Quelle solution pour les vénitiens et les vénitiens de cœur se trouvant là par besoin d’authenticité ? Les petits commerces quotidiens sont devenus rares depuis des années et les prix exorbitants au profit d'une prolifération anormale de magasins de faux objets vénitiens et d'hôtels remplissant les ruelles. La vie quotidienne vénitienne authentique existe-t-elle encore au moins un peu ? Des magasins de verreries et de masques venus tout d'abord des pays de l'est puis de Chine … Et pourquoi cautionnez cette situation ? A cause de votre inconscience, les vénitiens subissent disparition de l'épicier au coin de la ruelle et des prix très élevés des denrées nécessaires à la vie locale. Au XVIIIe siècle, Venise comptait 180 000 habitants. Il n'en reste plus que 50 000 de nos jours.

                 Il paraitrait que le maire pense à des mesures drastiques sur le modèle des interdictions aux supporters d'équipes de foot et qu’une liste noire de mauvais individus existe, avec interdiction pour eux d’entrer à Venise. Des associations de vénitiens tentent d'agir pour le respect de leur cité : manifestations contre les villes flottantes, ces bateaux de croisières gigantesques passant par le canal de la Giudecca, secouant les fonds et les bases des palais. Les compagnies paient des redevances conséquentes au port pour passer devant la Place Saint Marc en secouant les fonds. En 2005 naquit le projet d'une plateforme à la limite de la lagune et de l'Adriatique où s’arrêteraient les pétroliers et bateaux de croisières pour leur éviter le canal de la Giudecca et ainsi ne pas passer devant le Palais des Doges. Les arrivants devaient être transportés ensuite par vaporetto spécial pour rejoindre la Venise historique. Projet resté à l'état de projet. Heureusement, les croisiéristes ne descendent pas toujours de leurs paquebots pour encombrer encore les ruelles. Dernièrement, une pancarte disait,

DEHORS LES TOURISTES VOUS DETRUISEZ NOTRE VILLE !

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                 La cité, si fragile, n'a pas été construite pour un trafic important de bateaux à moteurs sur ses canaux. Le mouvement continuel de l'eau frappe sans fin les fondations des palais et disloque leurs angles à la limite de l’eau qui finissent par s’écrouler.

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                 Les vénitiens, de moins en moins nombreux en ont assez d'être dérangés par le flux touristique bruyant sans réelle protection des autorités. Les autorités de la ville n'auraient-elle pas les mains liées par d'autres autorités l'empêchant d'agir pour préserver la ville ? Les vannes devant isoler la ville historique des des eaux hautes destructrices comme en Novembre 1966, ne fonctionnent toujours pas depuis 1993. Des millions de lires de provenance italienne et de fonds internationaux ont été engloutis dans ce projet hautement technique. Un consortium fut créé pour l'étude et la construction de ces vannes à la limite de la lagune et de l'Adriatique sur les 3 passages par lesquels entrent les navires depuis la lagune pour remonter vers la ville historique et le port de Marghera construit à tort pendant la période mussolinienne. Par contre, en 2000, des quais ont été surélevés d'une hauteur de béton inutile de 30 centimètres. Une acqua alta normale monte beaucoup plus haut et celle de 1966 monta à 1,20 mètre. Les ingénieurs italiens sont intelligents. Qui donc agit pour détruire cette beauté unique au monde ?

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                 Ce tourisme infernal efface l'âme de Venise. Qui voudra et pourra tuer la poule aux œufs d'or ?

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Les animaux

                 Souvent plus droits et plus intelligents que les humains. Reconnaissez leur altruisme systématique spontané, leur langage et leurs messages, leurs compréhensions et un instinct sans faiblesse, leur lutte chaque jour pour leur nourriture et leur survie, leur liaison avec le monde invisible et ses messages. Le livre du Dr Philippe de Wailly, vétérinaire - Le sixième sens des animaux – décrit leurs compréhensions particulières. L'humain est très dépourvu de leur volonté et de leur force. Il se dit intelligent mais son appât malsain du gain lui fait perdre conscience. Il massacre les animaux et lui-même au nom d'un faux bien-être souvent non essentiel et la barbarie sert le dieu-fric. Sa folie inhumaine le rend aveugle : il se détruit lui-même. Il s'octroie le droit de ... mais de quel droit ? Son aveuglement gêne l'action passionnée d'une minorité présente qui produit de vrais biens pour une vie saine liée à la nature et aux animaux, nos frères présents à nos côtés depuis toujours. Nous avons à vivre ensemble, à nous respecter et à nous aimer réciproquement. Ils fonctionnent comme nous tous : des sentiments, des ressentis, des souffrances, des maladies. Ils respirent, parlent à leur façon, vivent selon leur espèce. Leur irrespect est ignoble et responsable de leurs souffrances atroces par oubli de leur aspect humain identique au nôtre. Et en prenant pour référence la Bible : ils ont été eux aussi créés par Dieu, tout comme l’être humain. Dieu-fric, élevage intensif barbare et surconsommation inutile. Comme nous tous, ils veulent être heureux, aimés, respectés dans leur vie adaptée. Ils ont besoin et envie de bienveillance, d'une vie saine et de tranquillité. Sans aucun respect dû à tout être vivant, à peine nés, des tortionnaires monstrueux les concentrent en des camps immondes pour que nous mangions leur souffrance, leur agonie et leurs peurs terribles. Quand ces monstres vont-ils voir et comprendre leur inhumanité et leur folie ?

                 Les animaux sont des humains à part entière. Ils s'expriment à leur façon. Quand on les aime, il est facile de les comprendre. Cette folie meurtrière durerait-elle depuis l'antiquité ? URGENCE ! Réveillez-vous de votre nullité et d’un suicide collectif en marche.

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                 Dans la nature, une petite graine grandit sur un gramme de terre posée par le vent sur une pierre. Les animaux et leur instinct primordial démontrent plus de force, plus de volonté que les humains pour lutter et vivre là où ils se trouvent.

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Les Anges gardiens

                 Ils existent. Vous l'avez constaté dans ce récit. Ils sont probablement à côté de vous aussi

 

Bibliographie recommandée

Venise

La méditerranée, Fernand Braudel et Georges Duby -- George Sand -et Venise de Bernadette Chevolon -- Stabat mater de Tiziano Scarpa -- Les dimanches de Venise de Michel Mohrt -- Trois amants à Venise de Cécil Saint Laurent -- Venise la rouge, poème d'Alfred de Musset -- Poèmes de Lord Byron, Rainer Maria, Rilke, Ezra Pound -- Histoire de Venise, La musique à Venise, Que Sais je -- Ca' Dario, la malédiction d'un palais vénitien, Jean-Paul Bourre -- Venise sauvée par les chats,   Les chats de Venise, La Lagune Vénitienne, Les chats de la Sérénissime, de Robert de Laroche -- Acqua granda, il romanzo dell'alluvione du vénitien Roberto Bianchin, en italien, texte et photographies, l'inondation dramatique de Novembre 1966,         Filippi Editore, Venezia -- Venise, Photographies anciennes, 1841 - 1920 de D. Ritter -- Récits vénitiens -- L'altana ou la vie vénitienne, 1899-1924 de Henri de Régnier -- Venise de Fernand Braudel -- L'art de vivre à Venise de Frédéric Vitoux -- Les pierres de Venise de John Ruskin -- Les jardins secrets de Venise -- Bianca (Cappello) la rebelle de Jacqueline Monsigny -- Se perdre dans Venise de René Huyghe et Marcel Brion -- Une année à Venise de Lauren Elkin, roman -- Eaux lentes sur Venise de Françoise Cruz -- Acqua alta de Joseph Brodsky -- Site Altritaliani, très documenté et souvent bilingue (Histoire, culture, art, faits sociologiques sur l'Italie et Venise) -- Venezia ritrovata, Paolo Barbaro, en italien -- Le goût de Venise, extraits d'auteurs -- Un chat à Venise/Le Voyage à Venise, Les Chats - I Gatti et petites histoires de chats vénitiens, partiellement bilingue français-italien, contenant Un Chat à Venise, Mes Chats et des chats de Venise de Fiorella Giovanni, diffusé par l'auteur.

Florence et la Toscane, la Renaissance italienne

Le goût de la Toscane, extraits d'auteurs -- Le goût de Florence, extraits d'auteurs -- L'art de vivre en Toscane -- Intérieurs de Toscane -- Villas et Jardins de Toscane -- La Renaissance Italienne de Jean-François Boisset -- L'abécédaire de Léonard de Vinci, L'abécédaire de la Toscane de la            Renaissance -- Le Bazar Renaissance de Jerry Brotton.

Les chats

L'abécédaire des chats -- Le sixième sens des animaux de Philippe de Wailly, vétérinaire -- Le chat en 60 poèmes, choisis par A. Novarino-Pothier -- Langue de chats  Le Chat, petite anthologie littéraire -- Mon chat est un hypocrite, Les vacances du chat hypocrite, Le bébé du chat hypocrite, Les sales manies du chat hypocrite,   mini bandes dessinées hilarantes, Hélène Lasserre et Gilles Bonotaux -- Histoire secrète du chat, Robert de Laroche et Michel Labat -- Conversations avec un chat de Kate Solisti -- Les chats - I Gatti et petites histoires de chats vénitiens, partiellement bilingue francais et italien -- Mes chats et des chats de Venise de Fiorella Giovanni, diffusés par l'auteur.

Pétrarque

Séjour à Vaucluse de Pétrarque, traduit du latin -- L'ascension du mont Ventoux de Pétrarque -- Pétrarque, Milosz 2004.

La vie après la vie

Lumières nouvelles sur la vie après la vie du Dr Moody -- La mort est un nouveau soleil de Elisabeth Kübler-Ross -- La preuve du Paradis, voyage d'un neurochirurgien dans l'après-vie par le Dr Eben Alexander.

Vézelay

Vézelay l'esprit du lieu de Edith de La Héronnière

Croisades, Islam, Maghreb

Histoires de croisades de A. Barbero -- Les croisades au XI et XIIe siècles de Claude Lebédel -- Les croisades, Cécile Morrison, Que Sais-je -- Comprendre l'Islam de D. Sourdel, Que Sais-je -- L'Islam expliqué par Malek Chebel -- Muhammad, La Documentation Française, Récits primordiaux -- Le goût des cités impériales du Maroc, extraits d'auteurs -- L'Islam expliqué aux enfants et à leurs parents deTahar Ben Jelloun -- Le Coran expliqué aux Jeunes de Rachid Benzine -- Lettre ouverte au monde musulman de Abdennour Bidar -- L'Islam de chair et de sang de Malek Chebel -- Al-Andalus / Histoire essentielle de l'Espagne musulmane de Abderrahim Bouzelmate -- Petite histoire de l'Islam, Librio – L’islam expliqué par Malek Chebel -- Sagessses de l'Islam de Malek Chebel -- Moi Ismaël, un musulman d'ici de Ismaël Saidi -- Finalement, il y a quoi dans le Coran ? de Rachid Benzine et Ismaël Saidi.

Au Vatican

Les secrets du Vatican, B. Lecomte -- Enquête sur la face cachée de l'Eglise, Carmelo Abbate.

                    THE END 

Fiorella GIOVANNI

Fiorella Giovanni Mai 2002 Florence san Miniato al Monte

Texte de l'écrivain Fiorella GIOVANNI édité en exclusivité par DIACONESCO.TV - TOUS DROITS DE COPYRIGHTS RESERVES - 

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