Religion

« Il faut fermer 450 mosquées radicales en France »

Dans son enquête "Mosquées radicales: Ce qu'on y dit, ce qu'on y lit", le journaliste Joachim Véliocas dresse un tableau inquiétant de l'islam de France. Entretien.

Kaoutar Seghrouchni Idrissi. Dans votre livre Mosquées Radicales (éditions Dominique Morin, 2017), vous recensez les principales mosquées radicales sur le territoire français. Vous relevez, derrière le qualificatif de « radicalité », plusieurs tendances des mosquées dont certaines sont connues (fréristes, salafistes, saoudiennes) tandis que d’autres le sont moins (malikites, turques). A quoi ressemblent ces différentes mouvances ?

Joachim Véliocas 1. Les Turcs sont nationalistes et communautaristes et le public qui fréquente leurs mosquées est homogène. C’est leur différence majeure avec les autres. Les Frères musulmans, les tablighis et les salafistes sont transnationaux. Les salafistes puisent leur idéologie dans des universités islamiques saoudiennes comme Médine et Riad, mais les fidèles sont de toutes les nationalités. D’ailleurs, on a vu des mosquées marocaines basculer dans l’escarcelle des salafistes, résultat de l’entrisme pratiqué par ces derniers. Les tablighis, eux aussi très inclusifs, sont en progression et contrôlent 147 mosquées. Contre 120 pour les salafistes et 200 pour les Frères musulmans de l’UOIF. A titre de comparaison, la Mosquée de Paris contrôle, elle, 700 mosquées.

A lire aussi: Islam: le dangereux discours de la Mosquée de Paris

Les mosquées turques ont l’air très politisées. Elles créent des écoles, des institutions et une espèce de nationalisme s’en dégage. Sont-elles totalement alignées sur les positions de l’AKP, le parti au pouvoir à Ankara ?

Maintenant que l’AKP est au pouvoir depuis dix ans en Turquie, le réseau de mosquées qui était lié au ministère des Affaires religieuses turques se rapproche en effet de la doctrine du Millî Görüş. Il s’agit d’un projet similaire à celui des Frères musulmans : le califat politique. Ce réseau permet la diffusion en Europe – surtout en Allemagne – d’ouvrages traduits dans lesquels on peut lire par exemple que chaque fidèle est un soldat qui doit propager l’islam2. Il ne s’agit pas uniquement des idées mais aussi de la pratique d’un séparatisme culturel. Autour de ces mosquées se structurent des communautés qui vivent en vase clos. Dans les plus grandes mosquées turques, il y a des commerces et même des associations sportives ! Que ce soit dans leurs activités extra-scolaires, le soutien scolaire, la mosquée, les jeunes restent dans le cercle de la diaspora ; ils sont politisés, et considèrent Erdogan comme un modèle à suivre. Depuis qu’il a déjoué le coup d’Etat l’année dernière, il est encore monté dans l’estime de la diaspora.

Les tablighis ont également le vent en coupe. Qui sont-ils

La doctrine des tablighis se rapproche plus du salafisme. Ils sont littéralistes et suivent à la lettre les hadiths, faits et gestes du prophète. Ils sont dans le mimétisme et l’application du mode de vie musulman du VIIe siècle. Mais ce qui les caractérise, c’est leur structure centralisatrice. Leurs universités, les « markaz », sont basées au Pakistan et en Inde, des stages obligatoires y sont programmés pour les cadres qui sont en France, tous les cinq ans environ. Quand ils reviennent, ils encadrent les fidèles tablighis qui doivent partir en mission en France, comme les Témoins de Jéhovah. Ils peuvent partir plusieurs semaines dans des régions reculées de France : la gendarmerie a même repéré des tablighis arpentant des zones rurales de l’Auvergne en groupes de dix habillés comme les salafistes (barbe et qamis) à la grande surprise des riverains.

Les mosquées malikites sont officiellement d’une obédience modérée. Comment se fait-il que le malikisme soit radical dans les mosquées ?

Parce que les principaux ouvrages de cette école, traduits en français, pourraient inciter au passage à l’action violente. L’Epitre d’Ibn Abî Zayd par exemple, une synthèse du bon comportement du musulman, ordonne de tuer les homosexuels et ceux qui insultent Mahomet… Dans la traduction de l’Institut du Monde arabe, il est écrit qu’il ne faut pas faire de prisonniers parmi les blancs, et donc qu’il faut tous les tuer. Amine Nedji, l’imam marocain de la mosquée de Nancy et président du Conseil régional du Culte musulman (CRCM) Lorraine, insiste sur cette prescription de la tradition de tuer les prisonniers de guerre. Certains textes comme la Muwatta de l’imam Mâlik posent problème car il y est dit que les hommes peuvent violer les prisonnières de guerre devenues esclaves. Sur le site du ministère des Habous (Affaires religieuses marocaines), ces livres étaient recommandés comme base pour apprendre le malikisme…

Que faire face aux radicalismes qui se propagent ? Créer de nouveaux instituts qui soient entièrement contrôlés par le gouvernement français ?

Il faut être ferme contre les courants qui posent le plus de problèmes et adapter nos méthodes aux circonstances. Par exemple, les salafistes n’ont pas d’école d’imams, mais les Frères musulmans, via l’UOIF, en ont une. Dans leurs « master classes », ils ont déjà fait intervenir Youssef Al-Qaradawi qui prône le meurtre des apostats et des homosexuels. Cette école, il faut la fermer ! Les autres écoles d’imams sont liées à la Grande Mosquée de Paris. Sauf que Lina Murr Nehmé, une libanaise qui écrit sur l’islam en France, a repéré des ouvrages d’auteurs radicaux comme Al-Qaradawi et Az-Zouhayli de la mouvance des Frères musulmans, dans la base documentaire de la Mosquée de Paris. Pour tout vous dire, je suis pessimiste.

Au-delà de la menace terroriste, l’islamisme pose le problème du séparatisme car il propose un système de vie complet et alternatif en totale rupture avec la culture française. Que peut-on faire pour lutter contre ce phénomène pas forcément illégal mais dont les conséquences peuvent être graves ?

Nos services de renseignement doivent établir un diagnostic via des perquisitions dans le cadre desquelles ils doivent étudier tous les livres qui sont disponibles dans les mosquées. Très souvent, elles ne cachent pas leur obédience salafiste ou frériste ; la plupart du temps, il suffit d’aller sur leur page Facebook ! Ensuite, il ne faut pas hésiter à fermer les mosquées salafistes et fréristes : ça créera des remous mais c’est gérable. On l’a vu dans les dernières fermetures, que ce soit à Lagny-sur-Marne, à Ecquevilly, à Torcy, à Villiers-sur-Marne ces six derniers mois : il n’y a pas eu d’émeute. Il faut faire comme en Tunisie où, il y a quelques années, plusieurs mosquées salafistes ont été fermées d’un coup.

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Je préconise ce qu’avaient proposé François Fillon et Marine Le Pen : interdire les Frères musulmans et les salafistes.

Ces dernières années, les Frères musulmans ont cautionné des crimes tels que l’assassinat du penseur réformiste égyptien Farag Foda. Ce crime a été légitimé par Mohammed al-Ghazali, un homme qui a très bonne presse en France : tous ses livres sont traduits en français et disponibles dans toutes les librairies et mosquées de l’UOIF ! Il faut aussi fermer les mosquées malikites radicales, même si ça crée des tensions avec la communauté marocaine. Même si cela provoquera, un départ des fidèles vers les autres mosquées, un problème supplémentaire qu’il faudra gérer. Mais déjà, si on ferme les 120 mosquées salafistes, les 147 tablighis, et les 200 de l’UOIF, ce sera un bon début.

 

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Vous faites état de menaces de guerre civile entendues dans les mosquées du courant wahabbite saoudien après l’interdiction du voile, vécue comme une agression. Est-ce que vous voyez d’autres indices d’une volonté d’en découdre avec la société française ?

Oui. La loi de 2004 c’était vraiment leur cheval de bataille, mais même des frictions bien moindres sont utilisées pour créer des tensions. Quand les écoles musulmanes hors contrat n’obtiennent pas d’agrément, comme à Toulouse, ça peut aussi être une source d’énervement. On peut aussi parler des mosquées – comme à Clichy – qui étaient dans des locaux municipaux, et dont le bail avec la mairie était terminé. Les directions de ces mosquées ont jeté de l’huile sur le feu en criant à la persécution. Se poser en victime, crier à l’injustice et insinuer que des débordements risquent de suivre s’ils n’obtiennent pas satisfaction est une stratégie courante. Ce sont des scénarios qu’on retrouve dans toute la France et qui engendrent des tensions fortes voire de la violence qui restent, pour le moment, au niveau local.

Votre livre met en avant l’influence des mosquées dans la propagation de l’islamisme et du séparatisme musulman. Quel est donc le rôle d’Internet et des réseaux sociaux dans la radicalisation ?

YouTube et les mosquées sont liés ! Internet est un vecteur et un catalyseur pour les prédicateurs les plus charismatiques, qui arrivent à se constituer un auditoire de centaines de milliers de personnes, comme l’imam Rachid Abou Houdeyfa de Brest. Mais souvent, ça commence dans ou autour d’une mosquée. C’est ensuite qu’internet rend les prêches très accessibles. C’est un accélérateur de radicalité. Sans parler des prédicateurs étrangers ultra-radicaux qui, souvent, voient leurs discours traduits en français, comme par exemple, les savants saoudiens comme Al-Outheymine, Fawzane ou Haytham Sarhan. Ça peut donc toucher tous les musulmans. Le salafisme est « boosté » par ces prédicateurs qui officient à la fois dans des lieux physiques et sur la toile. C’est un ensemble qu’il serait erroné de séparer.

 

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SOURCE  : Publié par François Sweydan le 13 octobre 2018

Le 13 septembre 2018 est sorti dans les librairies, L’Eglise face à l’islam* : nouveau livre de Joachim Véliocas, préface du père Henri Boulad.

Avec l’aimable autorisation des Éditions de Paris, voici en exclusivité la Préface du jésuite père Henri Boulad (révisée par François Sweydan). L’ouvrage de Joachim Véliocas, L’Eglise face à l’islam, entre naïveté et lucidité, Éditions de Paris, 2018, est à commander sur Amazon ou n’importe quelle libraire.

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Voici de Joachim Véliocas un ouvrage clair, sans concessions, qui se veut vrai et objectif. Un ouvrage solidement documenté, étayé par des faits concrets, s’appuyant sur des textes clairs et citant des références musulmanes indiscutables. Un ouvrage qui rappelle en toute objectivité un certain nombre de vérités qui crèvent les yeux. Un ouvrage qui dissipe bien des malentendus et dénonce bien des ambiguïtés. Un ouvrage qui ne se perd pas en considérations théoriques, mais se fonde sur des réalités historiques et factuelles. L’auteur sait de quoi il parle. D’où la force et la pertinence de ses propos. En d’autres termes, «ce n’est pas du n’importe quoi». Tout cela est le fruit d’un travail acharné d’information, de documentation et de réflexion.

Le but de ce livre est de faire la lumière sur ce qui se dit aujourd’hui en France sur l’islam et de dénoncer l’aplatissement généralisé et la dhimmitude d’un Occident majoritairement inconscient et amnésique. Les Européens feignent-ils d’ignorer le projet hégémonique clairement proclamé des musulmans, qui avance systématiquement sous nos yeux ?

Le cheikh Youssef al-Qaradawi, chef spirituel des Frères musulmans et président de l’Union internationale des savants musulmans, membre du Conseil européen de la Fatwa – entre autres éminents dignitaires religieux musulmans s’exprimant en termes similaires – n’avait-il pas parlé de «conquête pacifique de l’Europe» par la da’wa, la «prédication» – le prosélytisme religieux actif pour la diffusion de l’islam ? Son propos est clair : «L’islam retournera en Europe… Il y est entré deux fois… et deux fois il l’a quittée… La prochaine conquête, avec la volonté d’Allah, se fera par la prédication et l’idéologie. Toute terre n’est pas obligatoirement conquise par l’épée… La conquête de la Mecque ne s’est pas faite par l’épée ou la guerre, mais par un traité [d’Houdaybiya [1]] et par des moyens pacifiques… Nous voulons qu’une armée de prédicateurs et d’enseignants présente l’islam dans toutes les langues et tous les dialectes…»

Ne sommes-nous pas clairement prévenus de ce projet structuré, méthodiquement mis à exécution depuis plus d’une cinquantaine d’années, notamment par les Frères musulmans en Europe [2] ?

L’autre objectif de cet ouvrage est d’inviter l’Église à prendre acte de l’échec du dialogue avec l’islam, initié il y a plus de 50 ans. Il est clair aujourd’hui que ce dialogue a échoué faute d’avoir pris au sérieux ce que l’islam a toujours été, ce qu’il est et s’est toujours voulu, ce qu’il dit de lui-même et qu’il démontre par ses dramatiques actions dans tout l’Orient et dans le monde.

Ce livre dit en toute objectivité un certain nombre de vérités qui dérangeront les censeurs, partisans de la pensée unique. A la traîne de la gauche ‟libérale”, ceux-ci crieront à l’amalgame et à l’imposture de l’‟islamophobie”, pour réduire au mutisme tous ceux qui, comme l’auteur, voient clair.

La pensée unique nous étouffe, nous étrangle, nous asphyxie, cherchant par tous les moyens à nous convaincre que blanc c’est noir. Quand donc mettrons-nous la vérité au cœur de nos rencontres ? L’heure est gravissime. Le totalitarisme et l’intolérance féroce d’une gauche libérale – qui n’a de libéral que le nom – et qui a fait alliance avec un islam agressif, conquérant et fondamentaliste, ne laissera plus bientôt le moindre espace à une quelconque liberté d’expression.

Jésus nous a bien dit : «La vérité vous rendra libres». Or, un Occident aux ordres de l’élite mondialiste s’emploie à toutes les contorsions et les concessions pour nier des évidences qui crèvent les yeux. Il est urgent aujourd’hui de hisser l’étendard de la vérité et de dire les choses telles qu’elles sont, sans se voiler la face.

A titre d’exemple, le dimanche de la Pentecôte 2014, se tenait dans les jardins du Vatican une «prière pour la Paix» rassemblant le Président Shimon Peres chef de l’État d’Israël, et Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité nationale palestinienne, en présence du Pape François et du Patriarche orthodoxe Bartholomée Ier. Au cours de cette rencontre au plus haut niveau, l’imam Turc de la délégation musulmane a récité les derniers versets coraniques de la sourate 2 (La Vache) qui se terminent ainsi : «…Accorde-nous [Allah] la victoire sur les peuples infidèles [3]» (2:286).

Cette sourate prône le jihad et insiste à plusieurs reprises sur le combat contre les mécréants (non musulmans chrétiens) : «Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul» (2:193). «On vous a prescrit le combat, bien que vous ne l’aimiez pas» (2:216), contre les juifs (2:211) et les chrétiens «associationnistes» (2:217). Allah met en garde contre les mariages avec les femmes «associatrices» et les hommes «associateurs» (2:221). Les commentateurs du Coran y lisent clairement la croyance en la Trinité : «Et tuez-les où que vous les rencontriez (…). L’association est plus grave que le meurtre» (2:191, aussi 2:217). Dans cette même sourate, l’enfer est promis aux mécréants qui ressemblent à du bétail (2:171), les femmes sont considérées comme « un champ de labour » (2:223) et peuvent être répudiées trois fois (2:229-230), les juifs falsificateurs de la parole d’Allah (2:75) ; toute la sourate est violemment anti-juive et antichrétienne.

En France et en Europe, au nom d’une vision irénique de l’islam, les distorsions intellectuelles complaisantes et absurdes sont monnaie courante. Avec une naïveté désarmante, les professionnels d’un dialogue à sens unique qui frise la mauvaise foi ou l’ignorance prétendent parler au nom du christianisme, tout en écartant délibérément les chrétiens d’Orient et les néo chrétiens, apostats de l’islam. Pourtant, ceux-ci, mieux placés que quiconque pour s’exprimer sur cette question, ont de l’islam une perception diamétralement opposée à celle de ces ‟experts” occidentaux [4].

Dans une récente rencontre au Caire (avril 2018) avec un religieux catholique français de l’Institut dominicain d’études orientales au Caire (IDEO), parmi les représentants les mieux placés du dialogue interreligieux islamo-chrétien avec Al-Azhar, je lui demandais ce qu’il pensait du Frère Rachid [5] et de Hamed Abdel-Samad [6] – tous deux mondialement connus pour leur lucidité sur l’islam. Sa réponse a été : «Connais pas…». J’en ai été stupéfié. Aveuglement dangereux et méconnaissance incompréhensible.

Plus surprenant encore, des évêques et des prêtres engagés dans le dialogue interreligieux islamo-chrétien en France de nous conseiller de ne pas diaboliser l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) qui se réclame ouvertement de la confrérie des Frères Musulmans pratiquant – pour l’instant – et depuis une bonne trentaine d’années en Europe le jihad idéologique et politique, culturel et juridique. Pourtant, depuis des décennies cette organisation jihadiste est la première et principale responsable des graves tribulations islamistes en Égypte et en Orient.

Autre curieux exemple. Le dominicain Emmanuel Pisani, précédemment de l’IDEO au Caire, de nous égarer dans les dédales fantasmés d’un soufisme ‟massignonien” imaginaire et idéalisé à souhait, celui des orientalistes romantiques séduits par une mystique exotique. En effet, on nous vante les mérites d’un islam prétendument ‟mystique”, pourtant ultra minoritaire et non reconnu (à peine toléré) par les quatre écoles juridiques, faussement tolérant et abusivement pacifique [7], nullement représentatif de la quasi-totalité du monde musulman. Pourtant, c’est l’arme de conversion des Français crédules abusés et, «en Europe cheval de Troie de l’islamisme», selon les mots de Marie-Thérèse Urvoy [8] ; en effet, éminente stratégie de conquête mise en avant par les Frères musulmans en France.

Fin 2015 à son escale de trois jours en Turquie, le pape François déclare : «Le Coran est un livre de paix, c’est un livre prophétique de paix». De retour de Pologne des JMJ, fin juillet 2016, il déclare : «si je parle de violence islamique, je dois parler de violence catholique», occultant curieusement que la violence meurtrière, injonction coranique claire, n’est pas inscrite dans le message de Jésus dans les Évangiles ; comparaison n’est pas raison. Il ose même dire devant des étudiants italiens : «il n’existe pas de terrorisme islamique» ! Dans son discours politique mondialiste récent (mai 2018) le souverain pontife déclare (dans l’Écho de Bergame), qu’«assimiler islam et terrorisme est un mensonge ridicule». Sans doute, a-t-il raison en partie seulement, mais dire que c’est un «mensonge ridicule» risque de nous faire perdre le lien réel qui les unit – et qui ne veut pas dire que tout musulman bienveillant et pacifique serait un terroriste.

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L’exhortation apostolique Evangelii Gaudium publiée le 24 novembre 2013 (point n° 253 du chapitre 4, consacré aux relations avec l’islam, à l’amplification du dialogue islamo-chrétien, et au devoir d’accueil des musulmans) est aux racines du profond malentendu : « Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. »

À considérer l’exégèse des commentateurs éminents du Coran et des Hadiths, l’imam Malik (715-795), Ahmed ibn Hanbal (780-855), Al-Boukhari (810-870), Muslim ibn al-Hajjaj (819-875), Tabari (839-923), ibn Taymiyya (1263-1328), Ibn-Kathir (1301-1373), et bien d’autres, notamment jusqu’aux XXe et XXIe siècles, leurs édifiantes analyses des versets coraniques appelant clairement à la violence et au meurtre du non-musulman viennent contredire totalement l’exhortation apostolique du pape François.

Lors de sa première visite officielle à Paris (le 24 mai 2016), cheikh d’Al-Azhar, Ahmed el-Tayeb, déclare dans son discours inaugural d’une conférence interreligieuse à l’Hôtel de Ville (sur le thème « Orient et Occident, civilisations en dialogue ») : « Si certaines lois [européennes] imposent aux musulmans de faire quelque chose qui s’oppose vraiment à leur religion, ils doivent recourir aux voies juridiques qui permettent de faire valoir son droit et qui permettent l’amendement des lois [9]. » Vous lisez bien, le cheikh souhaite changer les lois européennes pour les rendre compatibles avec la loi islamique ! Ce qu’il ne fait pas pour les chrétiens autochtones de son propre pays. Outre le fait qu’il reste totalement silencieux sur les nombreuses et constantes exactions contre les Coptes, il a refusé de condamner l’organisation de l’État islamique et s’était exprimé par le passé sur le bien-fondé du meurtre de l’apostat, sans compter les contre-vérités à l’adresse des Européens au mois de mars 2016 (voir note 4).

La source principale de radicalisation – tant en Égypte que dans le reste du monde – est incontestablement Al-Azhar [10]. Grâce à son université qui forme les imams du monde entier, cette institution a grandement contribué au durcissement de l’islam. Malgré les exhortations répétées du Président al-Sissi, le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed el-Tayyeb, s’obstine à maintenir dans les manuels azharistes des textes incitant à la haine des juifs, des chrétiens et autres non musulmans. Cette institution prétendument modérée, explique à ses élèves et ses étudiants universitaires pourquoi il faut haïr le non-musulman et tuer l’apostat, comment couper les membres d’un contrevenant à la charia et détaille dans ses manuels d’autres châtiments cruels et barbares. Un tel enseignement est colporté dans le monde entier par les centaines de milliers de cheikhs et d’imams formés au Caire.

C’est donc Al-Azhar qui est la cause principale de la majorité des actes de violence commis au nom de la foi musulmane. Il ne fait qu’appliquer la doctrine classique de l’islam sunnite orthodoxe puisée dans le Coran et les Hadiths. Cela n’empêche pas la majorité des musulmans d’être aimables, bienveillants et de souhaiter sincèrement un islam humaniste et pacifié. Mais l’enseignement dispensé par l’islam officiel et les prêches des mosquées – même en Europe et en France – vont dans un sens absolument opposé. Le problème est que les musulmans sont les premières victimes de ce fascisme islamique. Au fond, les terroristes font-ils autre chose que d’appliquer l’enseignement puisé dans les sources mêmes de leur religion ?

En effet, le général égyptien Ahmad Abdou Maher, chercheur en études islamiques, responsable de la lutte contre l’extrémisme religieux dans le gouvernement égyptien du président Abdel Fattah al-Sissi et chargé d’expurger les programmes scolaires égyptiens incitant à la haine, relevait lors d’un colloque [11] à l’Assemblée nationale française que le mal était dans l’islam officiellement enseigné. Il brandit deux ouvrages programmés dans les collèges et lycées d’Égypte qui prescrivent la haine des chrétiens : marquer leurs maisons, leur interdire de construire des églises, appliquer les lois de la dhimmitude, exiger la peine de mort contre les apostats, etc. Son intervention glaçante a été filmée (mais totalement occultée par les médis en France).

Contorsions, compromissions et complaisances occidentales pour nier des évidences flagrantes et défendre l’indéfendable avec un zèle islamophile qui questionne et nous laisse perplexes sur les graves conséquences de cette dhimmitude consentie et assumée.

L’Occident et l’Église ne semblent avoir rien appris de l’Histoire des conquêtes islamiques meurtrières du califat omeyyade, puis celles des Abbassides et enfin celles de l’Empire ottoman. Au nom d’Allah, de son prophète et des injonctions coraniques ils ont mis des siècles durant la Méditerranée à feu et à sang, conquis ses îles, l’Espagne, la moitié de la France et le sud de l’Europe, les Balkans et jusqu’aux deux sièges de Vienne, la bataille navale de Lépante, la chute de Constantinople et j’en passe… Les cruelles persécutions incessantes des chrétiens et des juifs d’Orient dès les débuts des conquêtes et pendant de longs siècles, les conversions forcées, les razzias terrestres et piratages maritimes dans toute la Méditerranée, l’esclavage de millions d’Européens (estimation : plus de 3 millions), mise en danger des routes commerciales maritimes de l’Europe du Sud, etc. Et cette furie islamique a sévi quatre siècles durant avant les Croisades, enfin décidées afin de sauver Jérusalem (et le Saint-Sépulcre incendié et détruit) et l’Europe du danger des conquêtes musulmanes.

Très souvent les tenants du dialogue unilatéral se basent sur des informations puisées à des sources occidentales révisionnistes faussées, partiales ou complaisantes et celles concoctées par les musulmans dissimulateurs, les professionnels de la taqiya [12]. Ils ignorent à peu près tout de ce qui se dit dans les mosquées et s’écrit en arabe sur Internet qui ruine leurs certitudes.

La question de la violence intrinsèque de l’islam perpétrée par les musulmans est reléguée à un niveau sociologique. Elle serait le produit d’individus déséquilibrés, motivés par des considérations non religieuses et non-culturelles. La spécificité islamique de la violence institutionnalisée, injonction coranique claire et codifiée dans les traités de jurisprudence enseignés doctement, est balayée d’un revers de la main ou minimisée, voire niée dans une mauvaise foi qui questionne et laisse perplexe.

Les partisans du dialogue à tout prix nagent dans le malentendu et l’aveuglement délibéré. Ce déni au plus haut niveau de l’Église catholique est vraiment consternant, pour ne pas dire exaspérant et désespérant. Il est éminemment dangereux et met en danger l’Église elle-même !

Dans cet ouvrage, Joachim Véliocas dresse le bilan sans concession de cinquante ans de relations islamo-chrétiennes, en remontant aux racines des malentendus. Chapelles devenues mosquées, mosquées inaugurées par des évêques, instituts catholiques à la dérive… Les fidèles ont de quoi s’inquiéter, être désorientés et écœurés.

L’auteur sait aussi relever les positions courageuses d’évêques et de cardinaux au service de la vérité, au sujet d’une hérésie postchrétienne parmi tant d’autres, que beaucoup refusent de qualifier avec clarté.

Ce qu’il faudrait, c’est un dialogue fondé sur la VÉRITÉ. Il est impératif de refuser le « politiquement correct » et la langue de bois. Si, aux arguments que j’avance, la seule réponse de mon interlocuteur islamique est le mensonge, la dissimulation et la taqiya, sinon la victimisation à outrance, le chantage, la menace ou le meurtre, comment parler de dialogue ? Et pourtant, il faut reconnaître que c’est bien le cas et c’est de cela qu’il s’agit.

Le prédécesseur du pape François, le pape Benoît XVI, avait donné une magistrale leçon à Ratisbonne sur le rapport entre la Foi et la Raison, la violence dans l’islam et par l’islam. Il en était parfaitement conscient. Il demandait de placer la raison au cœur du débat et la recherche d’une base commune de valeurs partagées.

L’Église catholique est-elle prête à aborder franchement avec les musulmans certaines questions sensibles, par exemple l’égalité citoyenne avec les non-musulmans et la liberté religieuse, les droits de l’homme et celui de la femme ? [13] Son refus de la confrontation sous prétexte de paix sociale ne résout strictement rien.

Quoi qu’il en soit, dans ce contexte de crise profonde les Français sont invités d’abord à un sursaut, à un rejet de la manipulation dont ils sont l’objet. Qu’ils n’attendent pas que leur pays sombre dans le chaos pour se réveiller. Il serait alors trop tard. Sont-ils conscients que des siècles d’histoire et de civilisation sont menacés de disparition ? Sentent-ils que la France, qui a été pendant des siècles à l’avant-garde de la pensée, de l’art et de la culture, risque fort de s’effondrer comme un château de cartes ?

Il faut oser parler vrai, et encourager ceux qui ont le courage de résister. Enracinée dans le judéo-christianisme, l’Europe possède un trésor de culture et d’humanisme qu’il faut à tout prix sauver !

Une paix qui n’est pas fondée sur la vérité est viciée à la base. Le psaume 85:11 nous le rappelle : « amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ».

Henri Boulad, s. j.

Texte révisé par François Sweydan

 

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Notes

[1] Pacte signé en 628 entre Mahomet et les autorités mecquoises (tribu de Quraych), qui devait permettre au prophète de l’islam et à ses fidèles de se rendre en pèlerinage à La Mecque pendant trois jours l’année suivante. Il prévoyait également une période de paix de dix ans entre les deux parties. Mais, suite à une vendetta, les Mecquois brisèrent le traité l’année suivante, aubaine et prétexte qui décidèrent Mahomet de déclarer la guerre en janvier 630, et de conquérir la ville. Dans notre contexte, ceci est d’autant plus inquiétant que la déclaration de cheikh Youssef al-Qaradawi est ambiguë, contenant intentionnellement une taqiya, dans la mesure où la conquête de la Mecque ne s’est pas faite « par des moyens pacifiques » mais à terme par la guerre ; le pacte (traité de paix) avec les Mecquois n’était qu’une façade, une stratégie de pacification de l’adversaire et tactique de guerre.

[2] En 1958, Saïd Ramadan, le père de Tariq Ramadan, persuade le prince Fayçal d’Arabie saoudite de l’aider à établir des centres islamiques des Frères musulmans en Europe. C’est durant son exil suisse à Genève que tout a commencé. Il envisage de créer dans les principales capitales d’Europe une chaîne de centres islamiques d’obédience frériste, qui seraient indépendants de toute ingérence gouvernementale. Le premier est créé à Munich (aujourd’hui branche allemande des Frères musulmans). En 1961 il fonde le Centre islamique de Genève (le CIG, financé alors par le prince saoudien Fayçal) dont il a été le directeur jusqu’à sa mort en 1995, et soutenu par la Ligue islamique mondiale. Munich et Genève seront les premières bases européennes des Frères musulmans. Un centre est aussi établi à Londres en 1964. Selon le CIG, ces centres auraient été financés par la Ligue islamique mondiale que Saïd Ramadan contribue à fonder à la Mecque en 1962. Il se consacre à la diffusion du panislamisme et collabore à l’établissement du Conseil islamique européen à Londres en 1973. Il a également été soupçonné d’être l’auteur du ‟Projet”, un plan d’islamisation de l’Europe daté de 1982. Hani Ramadan (le frère de Tariq Ramadan) a pris en 1995 la suite de son père à la tête du centre. Un des objectifs du CIG est d’organiser des circuits pour propager l’islam frériste, d’ouvrir en Europe des centres islamiques, des mosquées, des écoles et des jardins d’enfants, inspirés de cette idéologie.

[3] Le jésuite Felix Körner, professeur de dogmatique et de théologie des religions à l’Université pontificale grégorienne, spécialiste de l’islam dans une curieuse interview (par Radio Vatican en allemand, traduite dans les Cahiers libres) ne prend pas en considération les champs lexicaux de toute la sourate. Le jésuite interprète les « infidèles » comme étant « les polythéistes et les païens ». Quant au musulman Adnan Al Mokrani, professeur à l’Université pontificale Grégorienne et à l’Institut Pontifical d’Études Arabes et d’Islamologie, dans une interprétation qui nous égare, les « kouffâr » (pl. de kafir), les « infidèles », ne seraient pas les chrétiens, mais les Arabes de la tribu de Quraych ; pourtant la sourate est claire. En effet, pour le Père Peter Madros, du Patriarcat latin de Jérusalem et docteur en théologie biblique de l’université pontificale Urbaniana, le terme de « kafir » est bien adressé aux chrétiens : « dans le monde contemporain, notamment depuis le sixième siècle après Jésus-Christ, les polythéistes (ou les païens) n’existaient presque plus, pas même en Arabie. Les seuls « kafirin » possibles ou imaginables pour beaucoup de musulmans sont les chrétiens pour lesquels, d’après le Coran, Allah ‟serait l’un de Trois”, gens qui auraient ‟fait de leurs évêques et de Issa fils de Maryam des seigneurs à la place de Dieu” (EEChO, ‟Réflexions sur la prière pour la paix dans les Jardins du Vatican”, 12 juin 2014) ». Quoi qu’il en soit, si le Coran est incréé et de toute éternité, pour tout temps et tout lieu, les interprétations complaisantes ou dissimulatrices sont mal venues.

[4] Au mois de mars 2016, le cheikh d’Al-Azhar, Ahmed el-Tayeb, s’est adressé à l’Occident au « Bundestag » (parlement allemand). Lors d’une conférence, il a fait des déclarations qui contredisent totalement ce qui est prescrit dans le Coran et dans les Hadiths, un discours truffé de contre-vérités à l’intention des parlementaires allemands qui ne connaissent ni l’arabe, ni les textes coraniques. Voir :

I-

https://www.youtube.com/watch?time_continue=153&v=ACOUgoSBevc,

et II-

https://www.youtube.com/watch?v=AK8MQk9GS-4 (en arabe, sous-titrage en français). Le plus curieux et le plus surprenant est que très peu de personnes ont repéré ces inexactitudes, contre-vérités passées sous silence dans la quasi-totalité des médias européens.

[5] Chrétien marocain converti de l’islam, Frère Rachid est l’un des télévangélistes chrétiens évangéliques les plus connus du Moyen-Orient. Il dirige une émission hebdomadaire sur la chaîne satellitaire chrétienne Al-Hayat TV, basée en Égypte, où il présente les réalités et vérités objectives de l’islam par le texte coranique et fait débattre des intellectuels des deux religions.

[6] Auteur de l’ouvrage Le Fascisme islamique, une analyse, Paris, Grasset, 2017.

[7] Voir l’excellent ouvrage d’Ephraïm Herrera (Préface Paul B. Fenton), Les maîtres soufis et les « peuples du Livre », Studia Arabica XXIV (dirigée par Marie-Thérèse Urvoy). Versailles, Éditions de Paris, 2015 ; voir également, L’islam sunnite face au soufirme – par Marie-Thérèse Urvoy (10 mai 2018).

[8] Professeur d’islamologie, de philosophie, d’histoire médiévale arabe et de langue arabe classique à l’Institut catholique de Toulouse, professeur associée à l’École doctorale université Bordeaux III-Michel de Montaigne, Marie-Thérèse Urvoy dirige l’équipe de recherche CISA (Christianisme, islam et sociétés arabes). Le soufisme fait l’objet d’une étude de niveau universitaire dans son ouvrage, Essai de critique littéraire dans le Nouveau Monde arabo-musulman. Éditions du Cerf, 2011, 384 pages, notamment dans les chapitres 3 à 5 ; aussi livre d’entretiens réalisé par Louis Garcia, Entretiens sur l’islam : avec le professeur Marie-Thérèse Urvoy, Éd. Docteur Angélique, 2015.

[9] Le 24 mai 2016, le cheikh Ahmed el-Tayeb, est venu à Paris pour sa première visite officielle en France. Le journal La Croix a relaté cette visite. D’aucun autre journal n’a rapporté cette déclaration surréaliste. Il y avait pourtant matière, d’autant plus que le cheikh incite ouvertement les islamistes au jihad judiciaire.

[10] Père Henri Boulad : « J’accuse l’islam », Dreuz.info, 4 mai 2017.

[11] Colloque à l’Assemblée nationale, du 26 novembre 2016, au Palais Bourbon, salle Colbert : « Terrorisme islamique et méthodes de déradicalisation », à l’invitation de l’OFEDH, Organisation Franco-Égyptienne pour les Droits de l’homme et de l’UNACF, Union des Nord-Africains Chrétiens de France, soutenu par l’IHEMR, la FLEPES et FRANCOPHONIE sous le patronage du député Philippe Folliot, Député du Tarn. Voir : ‟« La source du terrorisme est dans l’enseignement islamique officiel » alerte un général égyptien” (mise en ligne le 28 novembre 2016).

[12] François Sweydan, Dreuz.info, 1 août 2016, « La taqiyya des imams de France – IV : La surenchère de l’islam de France ».

[13] En ce qui concerner les mariages mixtes, par exemple, l’‟islam de France” et les pays arabes du Maghreb – s’ingérant sans vergogne dans les affaires internes de la France – imposent la législation islamique (la charia) aux lois françaises au nom du « vivre ensemble » mais dans la soumission progressive des Français au projet d’islamisation de leur société puisque l’islam exige que le conjoint et les enfants soient de confession musulmane. Est-ce que cela procède du réel « vivre ensemble » et de la vraie laïcité ? Il est clair que la France laxiste et sa laïcité à géométrie variable se soumet progressivement à ces lois liberticides qui ont prévalu dans les pays devenus exclusivement musulmans. En l’état et à moyen terme, avec la charia islamique qui tend à s’imposer, la France risque de sérieux problèmes sociétaux, culturels et identitaires qui commencent d’ailleurs à se faire sentir d’une manière inquiétante.

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Publié par Dreuz Info le 7 octobre 2018

Alors que l’existence de tensions communautaires a été reconnue par Gérard Collomb lui-même, le journaliste Yves Mamou (1) accuse les élites françaises de s’être coupablement désintéressées de l’immigration, et d’avoir fermé les yeux sur l’islamisation du pays.

Selon vous, l’immigration et l’islamisation auraient pour conséquence d’empêcher les Français de «faire nation»? Quel lien faites-vous entre la supposée émergence perturbatrice de l’islam et la supposée désagrégation de la nation française?

Yves MAMOU.- Le grand abandon* est une tentative de reconstitution. J’ai essayé de savoir pourquoi et comment, à côté de la nation française, une nation islamique avait pu progressivement se constituer. Les déclarations fracassantes de Gérard Collomb, ex-ministre de l’Intérieur, au matin de sa passation de pouvoir à Edouard Philippe, Premier ministre, montrent que la juxtaposition de ces deux nations aujourd’hui en France engendre un risque d’affrontement. Nous sommes aujourd’hui «côte à côte» (sous-entendu musulmans et non-musulmans) a dit Gérard Collomb, mais rien ne garantit que demain nous ne serons pas «face à face». Cet avis de guerre civile en bonne et due forme a été proféré par l’homme qui, pendant un an et demi, Place Beauvau, a eu sous les yeux, au quotidien, tous les rapports de police et de gendarmerie.

Gérard Collomb est partie prenante de l’élite politique française. Il abandonne son poste en informant que la guerre civile est à nos portes. Une fuite qui à elle seule justifie mon titre «Le Grand Abandon». L’avertissement aurait eu plus de force s’il avait été proféré par un ministre en exercice. L’avoir prononcé sur le pas de la porte a fait que certains médias ne l’ont même pas repris.

La guerre civile se définit comme le déchirement d’une nation. Je ne sais pas si cette guerre aura lieu, mais il m’a semblé utile de m’interroger sur la présence de deux nations sur le même territoire national. Parfois, ce sont des frontières mal tracées qui créent les conditions d’un affrontement entre deux nations. Mais en France, la nation islamique a été fabriquée de toutes pièces. Elle est le résultat d’une politique. Les élites françaises, c’est-à-dire les grands corps de l’État, les partis politiques, les experts, les magistrats, les médias, les élites culturelles… ont, pour de multiples raisons, plusieurs décennies durant – et encore aujourd’hui – encouragé et légitimé l’immigration musulmane.

Cette préférence des élites pour l’islam a produit un fossé abyssal entre la France d’en haut et la France d’en bas. Le Baromètre de la Confiance que le Cevipof, le centre de recherches de Sciences Po, publie année après année, illustre parfaitement le phénomène: la majorité de la population française témoigne à l’égard de sa classe politique d’une gamme de sentiments qui va de l’écœurement au dégoût, en passant par le rejet et l’indifférence. Et sur quoi se cristallise cette rupture entre le haut et le bas de la société? Sur l’islam jugé trop invasif et l’immigration jugée excessive.

Curieusement, ce baromètre du Cevipof sauve la mise de deux institutions, l’armée et la police qui jouissent d’un taux de confiance de près de 80 %.

Peut-être, mais est-ce suffisant pour affirmer comme vous le faites que l’islamisme et l’immigrationnisme ont été voulus, théorisés, écrits et préparés à l’avance?

L’immigration a été voulue et organisée, mais l’islamisation de cette immigration n’était sans doute pas inscrite au menu. Si l’immigration se poursuit malgré l’islamisation, c’est sans doute que nos élites la jugent insignifiante. Ou bien qu’elle leur est indifférente. Et c’est cette indifférence au risque de guerre civile que j’ai voulu souligner.

La constance avec laquelle le Conseil d’État a aidé à la constitution d’une nation islamique en France est sidérante. Je liste dans mon livre tous les arrêts du Conseil d’État favorables à l’immigration musulmane, favorables au voile, favorables au burkini, favorables à la burqa, favorables aux familles polygames et j’en passe. Idem pour le Conseil constitutionnel qui trouve conforme à l’intérêt général de laisser les écoles salafistes proliférer ou de supprimer, au nom de la «solidarité», les peines qui frappaient autrefois les délinquants qui facilitaient l’immigration clandestine. Mon livre passe également au crible l’étrange aveuglement de l’Observatoire de la laïcité quand il est question d’islam et l’étrange sensibilité du Conseil supérieur de l’audiovisuel aux récriminations des téléspectateurs musulmans.

Il existe bel et bien une préférence des élites françaises pour l’islam

Tout ce que j’avance dans mon livre est sourcé. Le Grand Abandon est riche de plus de 700 notes et références. L’ordonnancement et la mise en relation de ces faits étayés et vérifiés entre eux mettent en lumière une évidence: il existe bel et bien une préférence des élites françaises pour l’islam.

Ce qui nous ramène à votre première question. Ce n’est pas seulement l’islam qui empêche aujourd’hui de faire nation. Les élites aussi ne veulent plus faire nation.

«L’antiracisme politique qui sévit aujourd’hui n’a jamais eu pour but de combattre le racisme.» Que voulez-vous dire?

Je n’ai pas remarqué de mobilisation des organisations antiracistes contre le rappeur Nick Conrad qui a chanté le meurtre des Blancs et des enfants blancs dans les crèches. Ni contre les Indigènes de la République ou le syndicat SUD Éducation qui ont organisé des séminaires «racisés» fermés aux «Blancs», ni contre Médine qui rêve de crucifier les laïcards au Golgotha, ni contre Mmes Ernotte (France Télévisions) et Nyssen (ministère de la culture) qui souhaitaient voir moins de «Blancs» à la télévision.

En revanche, quand Éric Zemmour a affirmé que les immigrés étaient surreprésentés dans les prisons, ou quand Georges Bensoussan a tenté d’expliquer que l’antisémitisme sévissait dans une large frange de la population musulmane en France, les associations antiracistes se sont unies pour les traîner devant un tribunal. Au nom de la lutte antiraciste!

Ces quelques exemples permettent de situer la zone d’action de l’antiracisme: faire taire tout critique de la «diversité». La «diversité» n’est pas un slogan antiraciste un peu creux. Je démontre dans mon livre que la «diversité» est en réalité une politique. Et cette politique passe par les organisations antiracistes subventionnées par l’État, par l’école où l’apprentissage de l’arabe est proposé aujourd’hui dès le primaire, par une politique du ministère de la Culture qui subventionne la «diversité» au cinéma et au théâtre, par l’Afnor qui labellise les entreprises pour plus de «diversité», par le Conseil supérieur de l’audiovisuel qui, avec son Baromètre de la «diversité» rêve d’imposer des quasi quotas ethniques sur le petit écran, et par divers lobbys comme le Club XXI d’Hakim el Karoui ou l’association Coexister…

Le Grand Abandon démontre que l’antiracisme politique et le discours diversitaire n’ont pas pour but de combattre le racisme. Ce sont des outils au service d’une réinitialisation des consciences. Ils servent à marteler que les immigrés de couleur sont par essence des victimes. Les services du Premier ministre diffusent actuellement des clips contre les violences sexistes. L’un de ces clips montre un «Blanc» qui agresse sexuellement une jeune fille d’origine maghrébine laquelle est défendue par une «Blanche» en couple avec un homme noir. Ce clip d’État d’une grande pureté idéologique assigne la violence sexuelle aux hommes Blancs et refuse d’évoquer celle qui peut aussi exister chez les «victimes» de couleur. J’affirme que cette victimisation forcenée des Français de couleur participe à la fabrication de la violence d’aujourd’hui.

Quand vous parlez des «élites», qui désignez-vous exactement? Peut-on mettre tous les responsables politiques, économiques, culturels, médiatiques… dans le même panier?

Mon livre passe en revue les partis politiques, le ministère de la justice, les associations antiracistes, l’université, l’école, les experts, les intellectuels, le monde du cinéma et du théâtre et de quelques autres encore… Chacun de ces groupes ou institutions œuvre, dans le champ qui est le sien, à la promotion de la «diversité» et de son corollaire le «vivre-ensemble». J’ai déjà évoqué le cas du Conseil d’État, du Conseil constitutionnel et du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Mais je liste également le cas des intellectuels qui pétitionnent et lynchent médiatiquement toute personnalité publique qui émet des opinions non conformes aux leurs. L’écrivain algérien Kamel Daoud en a ainsi fait les frais quand il a expliqué que les viols de masse de Cologne en 2015 étaient dus à l’importation en Allemagne d’une culture patriarcale des relations entre les sexes. Les experts justifient et encouragent l’immigration au nom de supposés bienfaits économiques. Le ministère de la justice met à mal la liberté d’expression des Zemmour et Bensoussan… etc. J’ai 600 pages d’exemples et de logiques qui s’emboîtent les unes dans les autres et qui tous ensemble concourent à une révolution, «par le haut».

En trente ans, la société française a quitté un modèle laïque républicain pour être projetée dans un modèle multiculturaliste, communautariste et anti-laïque. Il s’agit d’une authentique révolution qui se poursuit encore aujourd’hui sous nos yeux. Les élites politiques, économiques et institutionnelles ont balayé le vieux modèle laïque et républicain sans demander l’avis du reste de la population. Les élites françaises ont été à l’origine du plus grand casse du siècle, lequel s’avère être aussi un casse de la démocratie et de la laïcité. Pour quel profit? Je crains que seul l’islamisme soit à même de tirer les marrons du feu.

Les politiques ont selon vous une responsabilité toute particulière dans la diffusion de l’islamisme. Tous, y compris le Front national, pourquoi?

Le Front national a joué les repoussoirs. Par sa seule présence, le Front national a empêché l’émergence de tout débat sérieux sur l’islam et l’immigration. Les éructations de Jean-Marie Le Pen toujours à la limite du racisme et de l’antisémitisme ont contribué au caractère hégémonique du discours antiraciste. Marine Le Pen a bien tenté de redresser l’image de son parti, mais le mal était fait. Et il dure encore.

Quant aux gouvernements de gauche, ils portent une responsabilité historique que j’expose dans Le Grand Abandon.

Vous reprochez aux politiques, notamment de gauche («islamo-gauchistes») leur clientélisme, mais vous le reconnaissez vous-même en introduction, les musulmans deviennent une composante à part entière de la population: il faut bien que des politiques leur parlent à eux aussi?

La gauche clientéliste flatte le communautarisme islamique: baux emphytéotiques pour la construction de mosquées, heures de piscine réservées aux femmes, etc., cela dans le but de recueillir les voix des musulmans. L’islamo-gauchisme accompagne la violence islamiste pour conquérir le pouvoir. Ce sont deux démarches différentes, mais les deux instrumentalisent les musulmans comme outil de conquête du pouvoir.

Cette instrumentalisation de l’islam par la gauche a creusé la tombe de la laïcité. La laïcité non plus n’est pas un mot creux. C’est l’espace de la citoyenneté. Et la citoyenneté c’est l’espace du politique parce qu’il est débarrassé de tous les sujets qui ne prêtent pas à la discussion et à la négociation. Si la laïcité a cantonné la religion au domicile et aux lieux de culte, c’est précisément pour les sortir de l’espace politique. En réintroduisant la religion – et surtout la religion musulmane – dans l’espace de la politique, la gauche (mais aussi la droite) a disséminé les germes de la guerre civile.

Une République laïque ne doit reconnaître que des citoyens et non des communautés, et moins encore des communautés religieuses. Penser comme le font nos élus de droite et de gauche que la République doit des mosquées aux musulmans est une erreur et une trahison. Une erreur parce qu’elle conforte le communautarisme et le sécessionnisme musulman. Et une trahison parce que ce que la République doit aux Français, quelle que soit leur confession ou leur couleur de peau, ce sont des écoles, la liberté de pensée et d’expression.

Vous critiques beaucoup aussi l’Église. Mais n’est-elle pas dans son rôle lorsqu’elle exprime une compassion à l’égard des migrants? Faut-il toujours tout ramener à une vision politique?

Le rôle des journalistes n’est pas de prendre les apparences pour le réel. Quand Macron va au Collèges des Bernardins et déclare aux plus hautes personnalités du catholicisme français qu’il faut «réparer» le lien abîmé entre l’Église et l’État, que croyez-vous qu’il fasse? Une bonne action? Non, il fait de la politique. Il s’adresse à une Église catholique blessée par cent ans de laïcité et qui souffre d’une hémorragie de fidèles. Il lui dit: oublions la laïcité, revenez dans le jeu politique. Pourquoi Macron fait-il cela? Pour se constituer des alliés dans son grand projet de bâtir ce qu’il appelle l’ «Islam de France». Macron a besoin d’alliés pour se débarrasser de la laïcité. Quel meilleur allié que l’Église?

Quant à la compassion de l’Église pour les migrants musulmans, il est bon de rappeler que cette compassion est sélective. L’Église ne défend pas les Coptes quand ils sont massacrés en Égypte, elle proteste à peine contre l’authentique épuration ethnique qui frappe les chrétiens d’Orient, et elle n’a guère eu de mot charitable pour les Yazidis massacrés par l’État islamique. C’est cette sélectivité compassionnelle qui interroge. J’essaye de montrer dans mon livre que la charité affichée de l’Église envers les musulmans est aussi une politique.

Quant aux médias, pour finir, vous y voyez des «falsificateurs de la vérité»?

Il y a quelques jours, le Journal télévisé de France 2 a diffusé un reportage sur l’épidémie d’attaques au couteau qui sévit à Londres. Mais la même épidémie sévit en France et aucun média ne dresse un tableau de la situation. Il faut feuilleter la presse de province, journal par journal, pour se rendre compte de l’ampleur des violences gratuites, souvent mortelles, commises au quotidien. Quand un journal évoque une attaque au couteau, on ignore le nom de l’agresseur et ses motivations. Comme s’il y avait une volonté d’anonymiser le «déséquilibré»! Les médias, dans leur grande majorité, participent au casse du siècle. Ils n’informent plus sur les problèmes, ils prêchent la «diversité» et le «vivre ensemble».

(1) Yves Mamou est un ancien journaliste du Monde. Il a également collaboré au Canard Enchaîné, à Libération et à La Tribune. Collaborateur régulier du site américain The Gatestone Insitute, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Hezbollah, dernier acte* (éd. Plein jour, 2013) et Le grand abandon: Les élites françaises et l’islamisme* (éd. L’Artilleur), paru le 25 septembre 2018.

 

Source : Figaro Vox

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Publié par François Sweydan le 2 mars 2018

 

 

 

« La conception coranique de la politique n’est pas irénique. Elle est d’affrontement, ou plutôt manichéenne, met l’accent sur la rectitude opposée à l’erreur et sur un affrontement armé entre les deux. » Panayiotis Jerasimof Vatikiotis (trad. Odette Guitard), l’Islam et l’État, Gallimard, coll. « le Débat », 1992, p. 39.

 

Dans le royaume des aveugles, les borgnes sont rois

 

On titularise Tariq Ramadan « professeur », « islamologue », « théologien » et j’en passe des titres pompeux qu’il ne possède pas en réalité. On feint d’oublie que cela fut possible grâce aux millions de pétrodollars du Qatar.

tariq ramadan carr

 

L’offensive des Frères musulmans, bras armé de cette imposture désordonnée, a été déterminante afin d’imposer en Europe un simili-intellectuel petit-fils de son grand-père Hassan el-Banna, fondateur de la confrérie jihadiste et terroriste des Frères musulmans. Celle-ci fut dissoute en Égypte, pays des origines de Tariq Ramadan, pour des raisons sécuritaires évidentes et pour les grands dangers que véhiculent les idées subversives de cette organisation dangereuse. On voit bien les dégâts considérables causés dans l’esprit de millions d’Égyptiens au bout d’une génération de matraquage frériste et d’endoctrinement (sous Sadate qui avait intentionnellement relâché la meute frériste, puis sous Moubarak). Tariq Ramadan, agitateur en sourdine de double nationalité égypto-suisse, a été rapidement repéré depuis des années et sommé de ne pas mettre les pieds sur le sol égyptien[1].

 

Mais la France qui lutte, paraît-il, contre l’islam radical a laissé libre court et toute liberté à cette secte et son mentor néo-frériste sous couvert de l’UOIF, CCIF, Parti des indigènes de la République (PIR), et autres officines d’islamistes fanatiques déguisées en associations culturelles ou antiracistes. Cet « islam militant » (désignation gentillette de notre presse soixante-huitarde angélique ou compromise) a pourri progressivement les musulmans de nos banlieues au risque du pire dans un futur proche.

 

C’est que la France, comme le Royaume uni et l’Allemagne, entre autres pays de l’Europe occidentale, s’employait depuis bien plus de deux décades et continue de promouvoir le radicalisme islamique en Europe comme en Orient ; laisser faire, même si on nie catégoriquement cette politique machiavélique qui tue des êtres humains innocents, ici et ailleurs.

 

Cela dit : mais où sont les vrais travaux académiques en islamologie et en théologie islamique de cet universitaire virtuel qui attesteraient qu’il soit un vrai « théologien/islamologue » ? Est-ce parce qu’il est un habile conférencier beau parleur manichéen ? Ou est-ce son don de binarité, inversant sournoisement tout concept ou notion qui ne cadre pas avec l’idéologie frériste ? C’est tout au plus un orateur, un prédicateur et gourou d’une secte islamiste habitué surtout des projecteurs, des plateaux télés et des studios radios. Et c’est également grâce aux journaleux, particulièrement de Suisse, de Belgique et de France, et à leur complicité stupide et dangereuse qu’il est devenu « islamologue » et supposé « théologien ».

 

Beaucoup d’intellectuels ne l’ignorent pas – surtout parmi les universitaires musulmans éclairés et progressistes – sauf les confrères fréristes de Tariq Ramadan en France qui feignent et tentent de se convaincre qu’il soit un intellectuel de taille. Lorsqu’on vient fanatisé d’Orient ou du Maghreb avec son lourd héritage décadent et arriéré[2], on accroche son bagage d’ignorance endémique et crasse à la première bouée de sauvetage, quitte à celle d’un mirage dénommé Tariq Ramadan.

 

Ce n’est pas avec des ouvrages de vulgarisation essentiellement publiés dans la maison d’Édition Tawhid (siège à Lyon), vitrine attitrée des Frères musulmans, ou à deux mains avec Edgard Morin (qui a assurément montré sa naïveté et sa grande méconnaissance de l’idéologie dangereuse que véhicule son ami néo-frériste), ou autre opportunité qu’on devient un « islamologue », un « penseur de l’islam », un « théologien » ou un « philosophe ».

 

Au plan intellectuel, on considère en Égypte, par exemple Nasr Hamid Abû Zayd (mort en 2010), Mohammed Abdallah Nasr, Leila Ahmed ou le fameux Sayyed Al-Qimni comme islamologues, Islam Behery comme chercheur brillant dans ce domaine, et même l’essayiste et historienne Bat Ye’or (Gisèle Littman-Orebi), introduisant dans ses ouvrages le concept et réalité de dhimmitude[3], mais aussi le prêtre copte égyptien Zakaria Botros et ses critiques du Coran. En Suisse, Sami Aldeeb fait figure de pionnier pour avoir le premier réédité le Coran en langue arabe par ordre chronologique, et traduit celui-ci en plusieurs langues (français, anglais et italien). Ailleurs il y en a beaucoup d’autres[4], comme l’excellent prédicateur d’origine marocaine, apostat de l’islam, Frère Rachid, ou l’universitaire égypto-allemand Hamed Abdel-Samad (auteur de l’ouvrage Le fascisme islamique: Une analyse), le soudanais Mahmoud Mohamed Taha (exécuté en 1985 par le président Gaafar Nimeiry pour apostasie[5], précisément sur instigation des Frères musulmans et d’al-Azhar).

 

Mais Tariq Ramadan ? Tout au plus un polémiste de rassemblements islamistes contestataires, féru des bains de foules et des one man shows dans des Forums de fréristes d’un obscurantisme misérable mais qui se prennent au sérieux. Ils ont eu pignon sur rue grâce à une classe politique française fort inculte au sujet de l’islam-isme frériste ; ces politicards ont laissé proliférer ce cancer en métastase avec beaucoup de légèreté et de méprisable dhimmitude.

 

De la propagande goebbels-orwellienne et des complicités

 

Curieusement sur Google, lorsqu’on procède à une recherche à partir de deux mots « islamologue égyptien » on tombe en tête de page (et suivantes) sur « Tariq Ramadan », bien qu’il soit et se réclame de nationalité helvétique. Tous ces précédents vrais islamologues et intellectuels égyptiens de naissance pour la plupart (et de nombreux autres aussi importants et d’ailleurs) sont systématiquement absents de la censure manipulatrice ‟googleienne”. Curieux, non ? Même Wikipédia se trompe sévèrement et met abusivement ce néo-frériste réactionnaire d’un islam politique hyper conservateur paradoxalement (et sans rire de l’absurdité) dans la catégorie des « intellectuels liés à l’islam libéral » (d’autres dans cette liste de l’encyclopédie douteuse Wikipédia ne devraient pas y figurer, étant donné leur obscurantisme affiché ou dissimulé) !

 

La responsabilité en second lieu après nos politicards incombe à nos médias, le Net et les réseaux sociaux[6] qui soutenaient – et soutiennent encore – le fascisme islamique depuis fort longtemps. Ils ont fabriqué un « Tariq Ramadan© » de toute pièce et ont fait de lui une icône falsifiée, un mythe menteur[7].

 

On a laissé faire et il a eu son emprise sur nos banlieues incultes et sur les musulmans méconnaissant même leur religion. Que d’ignorance rencontrée !… C’est effrayant le pourcentage de musulmans dans nos banlieues à l’esprit tordu et désinformé par tant de mensonges importés des pays arabes d’origines, pourtant peuples arabisés aujourd’hui arriérés et en perdition principalement à cause de l’islam frériste et wahhabite.

 

De l’action para-politique des Frères musulmans

 

Le pire, à titre d’exemple, est que le recteur de la Grande mosquée de Lyon (Kamel Kabtane) et son homologue de Villeurbanne (Azzedine Gaci) auraient dû garder le silence au moins par décence pour les victimes de Tariq Ramadan. Mais n’ayant pas froid aux yeux et armés de leur effronterie coutumière ils chevauchent leurs grands chevaux arabes pour réclamer non moins la « libération immédiate » de Tariq Ramadan. Mais qui sont-ils pour donner des ordres à la justice française et, insultants, sous-entendre son impartialité ? Si pour ces néo-conquérants islamistes, Tariq Ramadan est un « intellectuel de renom, reconnu et respecté au sein des musulmans de France », cela en dit long sur l’effondrement moral de la communauté islamique en France.

 

Mais lesquels des musulmans qui n’auraient pas de la considération pour Tariq Ramadan ? Sûrement pas ceux qui appartiennent à la Oumma politique, la communauté universelle des Frères musulmans, indépendamment de leur nationalité, de leurs liens sanguins et des pouvoirs politiques qui les gouvernent : « musulmans EN France »[8], et non « citoyens Français » DE France, de confession musulmane. On voit bien que ces deux-là n’appartiennent au final, comme leur icône ramadanienne, à aucune nation sauf à celle d’un islam radical supranational.

 

Je connais de nombreux musulmans (croyants et agnostiques) qui considèrent Tariq Ramadan comme un séditieux subversif et ne se réclament pas de ce propagandiste de l’idéologie néo-frériste, ni d’ailleurs de la mouvance de ces deux recteurs-là. Il est vrai aussi que dans les pays maghrébins de leur naissance, un personnage comme Tariq Ramadan serait au-dessus des lois, plutôt protégé par la justice, les victimes forcées au mariage avec leur violeur, comme c’est malheureusement le cas dans de nombreux pays arabo-musulmans.

 

Personnellement, j’ai fait l’expérience et entendu de mes propres oreilles les mensonges conférenciers méprisables, les manipulations publiques viles et la perversité du double langage de ces deux recteurs-là, eux-mêmes à rectifier. Mais c’est la République française – devenue bananière – qui a donné le droit de parole à des charlatans islamistes qui passent leur temps à la propagande mensongère, à induire en erreur et à manipuler les non-musulmans avec un discours faussé et à la taqiya systématique à chaque occasion.

 

Cela n’étonne pas au demeurant qu’ils prennent la défense de Tariq Ramadan à leurs yeux « victime d’un lynchage médiatico-politique où les convictions personnelles et les rancœurs prennent souvent le pas sur la sacro-sainte présomption d’innocence à laquelle on ne songe pas un instant »[9]. Ces deux recteurs-là, proches des Frères musulmans, n’expriment que leur convictions religieuses personnelles et ne font que leur devoir vis-à-vis d’un confrère dans le jihad, qui englobe celui du nikah (la copulation/coït ; le viol) des mécréantes infidèles non-musulmanes ou pseudo musulmanes à leurs yeux. À leurs yeux, Tariq Ramadan est déjà innocent car la charia ne reconnait pas de toute façon sa culpabilité face au témoignage d’une femme (qui n’est pas accepté en islam), ni celui d’infidèles mécréants[10].

 

Comme son frère Hani Ramadan, alors qu’il prônait la lapidation en cas d’adultère, maintenant innocente totalement son frère Tariq des accusations de viols et va jusqu’à crier au « complot sioniste », comme d’ailleurs le frériste Yamin Makri, directeur de la maison d’Édition Tawhid à Lyon. Et comme d’habitude, à l’instar de la confrérie mère en Égypte, les complotistes des Frères musulmans en France à inverser systématiquement les réalités et de crier eux-mêmes au complot adverse. Ils sont de surcroît hypocrites du problème endémique du harcèlement sexuel et du viol dans le monde arabo-musulman, épidémie ‟importée” en Europe et qu’on voit d’ailleurs régulièrement sous nos yeux avec les migrants (sans compter en 2017-2018 des centaines de filles chrétiennes coptes d’Égypte kidnappées, forcées à se convertir et à épouser leurs ravisseurs).

 

Poursuivant dans le discours démagogique habituel de victimisation Kamel Kabtane et Azzedine Gaci écrivent en « novlangue »[11] : « Le régime d’exception et la sévérité appliquée (…) alimente sans cesse le sentiment d’une justice à double vitesse et nourrit l’idée selon laquelle Tariq Ramadan est plus jugé pour ses idées et ses engagements que pour les faits qui lui sont reprochés, et sur lesquels la justice doit pouvoir travailler en toute sérénité ».

 

Le comble du culot et de la langue de bois islamique de ces deux-là – comme pour les amis du club de Médiapart – est qu’ils omettent dans leur double langage et leur justice à sens unique le fait que la République devrait juger Tariq Ramadan ÉGALEMENT pour ses idées fréristes, toxiques et hautement subversives (voir en 2012 : Tariq Ramadan prie pour le jihad contre les juifs et les chrétiens). Après tout, il venait depuis plus de vingt ans en France déverser son fiel et inciter les jeunes musulmans à la dissidence et à la non-intégration, voire à l’insurrection (prononcé à demi-mot en français et en arabe dans les Forums UOIF au Bourget !).

 

Je rappelle à ces deux recteurs-là que leur frère Tariq – qui semble être leur référence idéologique – est formellement interdit de séjour dans de nombreux pays y compris celui de son grand-père. Cet agitateur frériste aurait dû être définitivement interdit de séjour en France, comme en 1995 ; interdiction qui fut levée on ne sait ni pourquoi, ni comment ?

 

Des porteurs de valises piégées de l’islamisme et de la stratégie frériste

 

Que les amis du club Médiapart[12] signataires de la pétition (Tariq Ramadan : pour une justice impartiale et égalitaire | Le Club de …) demandant la libération de leur protégé Tariq Ramadan n’oublient pas les dégâts du fanatisme frériste de son grand-père en Égypte et en Orient. Ils feignent d’oublier que le petit-fils se réclame explicitement dans ses écrits de filiation directe de l’idéologie jihadiste d’el-Banna. Et c’est précisément à cause de « ses idées et ses engagements » que des pays arabes ne veulent pas de ce discours séditieux. Sauf pour les islamistes fréristes de France et leurs sympathisants ? Au moins, nous savons maintenant qu’en France il y a des dizaines de milliers de ses partisans ou de sympathisants fréristes (Petition · LibérezTariq Ramadan/Free Tariq Ramadan · Change.org).

 

Et comme toujours, dans leur réflexe pavlovien communautariste, les Frères musulmans en France dans un bras de fer pervers tentent d’engager leur combat religieux (jihad) sur le terrain politique. Et dans leur stratégie victimaire, ils prennent en otage toute la communauté des musulmans qui n’appartiennent pas à leur mouvance : tenter de donner au processus de contestation frériste le profil d’une pression communautaire généralisée ! Ainsi, par exemple, Kamel Kebtane de renchérir : « Lorsqu’un chrétien est malmené, il est normal que la population chrétienne s’en émeuve ». Faisant abstraction de la laïcité (qui fait souvent défaut chez cette catégorie d’islamistes), c’est le communautarisme islamique qui met systématiquement en avant la dimension confessionnelle dans le but de faire pression sur la justice et la politique.

 

D’ailleurs, en ce qui concerne la cagnotte pour payer les frais de justice de Tariq Ramadan[13], cette collecte de fonds n’est rien d’autre qu’une offensive de plus pour mobiliser tous les musulmans derrière les Frères Musulmans en France, en Suisse et en Europe ; stratégie de légitimation martelée et, au défi, affichée. Il s’agit également d’occuper le paysage, saturer les médias et rester coûte que coûte sur le devant de la scène, faire pression par du chantage, voire des menaces, comme procédait la secte terroriste mère en Égypte depuis plus d’un demi siècle et, maintenant en difficulté, continue de le faire régulièrement par des attentats.

 

Car, on ne va pas nous faire croire que le Qatar qui avait acheté le titre de « professeur » et la chaire « d’Études islamiques contemporaines » ainsi que celle « de théologie islamique » créées à Oxford de toute pièce et sur mesure pour Tariq Ramadan ne vont pas allouer – comme d’autres ‟princes” d’Arabie et des pétromonarchies – des millions de pétrodollars pour innocenter leur protégé.

 

Ces Frères musulmans qui se mobilisent en France pour un personnage tel que Tariq Ramadan, incarnant l’islam politique frériste dangereux le sont tout autant que lui.

 

Heureusement que la justice française a montré son indépendance et démontre que ce ne sont pas les pressions des officines fréristes et leur charia qui décident en France ! Ce n’est pas la justice française qui serait « à double vitesse » ce sont tous ces fanatiques islamistes qu’on devrait interdire du double discours toxique et destructeur, historiquement amnésique, culturellement et religieusement schizophrène.

 

Progressivement, les Français découvrent le vrai visage de ces loups et vipères islamistes entrés dans la bergerie pour inciter à la dissidence et à l’ « insurrection » que réclame déjà l’un de leur confrère frériste[14].

 

Dans certains pays arabes dans lesquels les Frères musulmans sont désormais majoritairement et définitivement exécrés, tous ces petits agitateurs hystériques, Français par accident, raseraient les murs et s’abstiendraient de se gargariser de gros mots : « complot/lynchage politico-médiatique », « machination », « sionisme », « islamophobie », et autres surenchères fréristes. Et en Égypte, beaucoup d’intellectuels musulmans et de vraies islamologues, les ridiculiseraient en public, eux et Tariq Ramadan, marque déposée burlesque des politicards et des médias français et européens complices des Frères musulmans depuis plus d’un quart de siècle.

 

On récolte ce que l’on a semé…

 

SOURCE  : Reproduction autorisée avec la mention suivante : © François Sweydan pour Dreuz.info.

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[1] Depuis des années, le Service de renseignement général égyptien avait mis en garde plus d’une fois et en vain la France et autres pays européens contre les dangers des Frères musulmans.

 

[2] Sayyed Al-Qimni : « nous sommes des peuples arriérés; celui qui prétend le contraire est stupide » (ajoutée le 18 févr. 2018 ; sous-titrage en français).

 

[3] Bat Ye’or, Le Dhimmi. Profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du nord depuis la conquête arabe. Préface Jacques Ellul. Les Provinciales, 2017 (1ère éd. Éditions Anthropos, 1980).

 

[4] Critiques de l’islam : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Critique_de_l%27islam.

 

[5] Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh, Mahmud Muhammad Taha: Mahmud Muhammad Taha entre le Coran mecquois et le Coran médinois, Createspace (Amazon), Charleston, 2018, 146 pages (Amazon.fr).

 

[6] Par exemple, Magdi Khalil, 20 février 2018, Facebook “Intellectually Terrorizes” A Human Rights Activist (Facebook ‟terrorise intellectuellement” un activiste des droits de l’homme).

 

[7] François Sweydan, Dreuz.info, 10 février 2018, Tariq Ramadan, le mythe et la réalité.

 

[8] Marc Le Stahler, 26 février 2018, « DEMAIN, L’ISLAM EN FRANCE » (Bernard Chupin) ; STRATÉGIE ISLAMIQUE CULTURELLE EXTÉRIEURE (OCI−ISESCO, 2009), stratégie adoptée par la neuvième Conférence islamique au Sommet tenue à Doha, État du Qatar, 2000, Organisation islamique pour l’Éducation, les Sciences et la Culture.

 

[9] Gaia – Dreuz, 22 février 2018, Des responsables musulmans réclament la libération de Tariq Ramadan ; Observatoire de l’islamisation, 23 février 2018, Les notables de l’islam lyonnais réputés « modérés » au secours de Tariq Ramadan : « Les deux hommes n’hésitent pas à dire que l’islamiste est « reconnu et respecté par les musulmans de France », et non pas par les seuls islamistes des Frères Musulmans » ».

 

[10] Bernard Dick, Riposte Laïque, 8 août 2012, Charia : le châtiment de l’adultère.

 

[11] François Sweydan, Dreuz.info, 26 janvier 2018, Le spectre effrayant du totalitarisme rampant… .

 

[12] Gaia – Dreuz, 23 février 2018, La justice décide de maintenir en détention Tariq Ramadan, mis en examen pour viols.

 

[13] Gaia – Dreuz, 24 février 2018, Tariq Ramadan: une cagnotte pour payer ses frais de justice atteint des sommets.

 

[14] Jean Sobieski, 18 février 2018, Yasser Louati, ex porte-parole du CCIF, appelle les musulmans à l’insurrection.

3-singes

MAIS NOS POLITIQUES EN FRANCE PRÉFÈRENT PRATIQUER LA POLITIQUE DES TROIS SINGES CHINOIS :

JE N'ENTENDS RIEN, JE NE VOIS RIEN, JE NE DIS RIEN...