PLUS DE 53 JOURNALISTES TUÉS DEPUIS JANVIER 2018 ET 348 JOURNALISTES EMPRISONNES DANS LE MONDE (ONG)

 

19/12/2018 

Source: AFP

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Après Reporters sans Frontières, le Comité pour la Protection des journalistes a déploré mercredi les menaces croissantes auxquelles sont confrontés les journalistes à travers le monde, avec un quasi-doublement des journalistes assassinés du fait de leurs fonctions en 2018.

Selon le CPJ, 53 journalistes ont été tués entre le 1er janvier et le 14 décembre 2018, contre 47 sur l’ensemble de 2017. Sur ce total, 34 ont été sciemment visés –y compris l’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi– contre 18 l’an dernier.

En revanche, le nombre de journalistes tués dans des conflits est au plus bas depuis 2011, avec treize morts en 2018, indique le CPJ, qui explique la baisse en partie par la difficulté d’accès aux conflits en Syrie ou au Yémen.

Le bilan du CPJ, basé à New York, est inférieur à celui publié mardi à Paris par Reporters sans Frontières: RSF a dénombré 80 journalistes morts en 2018, avec une méthodologie différente incluant notamment les journalistes non professionnels et les collaborateurs de médias, non journalistes.

Mais les conclusions des deux organisations de défense des journalistes se rejoignent.

Le CPJ souligne ainsi, comme RSF, que l’Afghanistan a été le pays le plus meurtrier pour les journalistes cette année.

Le pays a notamment connu un double attentat suicide le 30 avril 2018, dans lequel ont péri 25 personnes dont neuf journalistes, y compris le photographe de l’AFP Shah Marai.

Le CPJ déplore aussi, avec RSF, le nombre toujours élevé de journalistes emprisonnés –251 en 2018, après 272 en 2017–, sur fond de multiplication des atteintes portées à la liberté de la presse.

Citant en exemple l’affaire Khashoggi qui a été assassiné début octobre dans le consulat saoudien à Istanbul, le CPJ a regretté “un manque de leadership international” pour défendre les journalistes.

 

 

 

13 décembre 2018 - Mis à jour le 18 décembre 2018

REPORTERS SANS

 

 

FRONTIÈRES

 

 

Bilan RSF des violences

 

 

 

contre les journalistes en 2018 :

 

 

 

“Tous les voyants sont

 

 

 

au rouge”

 

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Reporters sans frontières (RSF) publie ce 18 décembre son bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans le monde. En 2018, 80 journalistes ont été tués, 348 sont actuellement en détention et 60 sont otages. Des chiffres en hausse qui traduisent une violence inédite contre les journalistes.

Qu’il s’agisse d’assassinats, d’emprisonnements, de prises d’otages ou de disparitions forcées, les LIRE LE BILAN 2018 violences commises contre les journalistes en 2018 dans le monde sont en nette hausse. C’est ce que révèle Reporters sans frontières dans son bilan annuel. L’année 2018 a été particulièrement meurtrière avec 80 journalistes* tués dans l’exercice de leurs fonctions (+8%). Après trois années de baisse, le nombre de journalistes professionnels tués est en hausse de 15% : 63 homicides contre 55 l’an dernier. Les assassinats très médiatisés de l’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi ou du jeune journaliste de données slovaque Jan Kuciak ont mis en lumière la détermination sans limite des ennemis de la liberté de la presse. En 2018, plus de la moitié des journalistes tués ont été sciemment visés et assassinés.

Les violences contre les journalistes atteignent un niveau inédit cette année ; tous les voyants sont au rouge, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. La haine contre les journalistes proférée, voire même revendiquée, par des leaders politiques, religieux ou des businessmen sans scrupules a des conséquences dramatiques sur le terrain et se traduit par une hausse inquiétante des violations à l’égard des journalistes. Démultipliés par les réseaux sociaux, qui portent à cet égard une lourde responsabilité, ces sentiments haineux légitiment ces violences et affaiblissent, un peu plus chaque jour, le journalisme et, avec lui, la démocratie.”

Lors de la publication de la dernière édition du Classement mondial de la liberté de la presse en avril dernier, RSF s’inquiétait déjà de cette haine affichée envers les médias de la part de responsables politiques et de la volonté des régimes autoritaires d’exporter leurs contre-modèles.

Des détenus et des otages toujours plus nombreux 

Avec 15 morts, l’Afghanistan est cette année le pays le plus meurtrier pour le journalisme, suivi par la Syrie (11) et le Mexique (9), pays en paix le plus dangereux pour les journalistes. Autre fait notable : l’entrée des Etats-Unis parmi les pays les plus meurtriers au monde après la fusillade sanglante contre la rédaction du Capitol Gazette.

Le nombre de journalistes détenus dans le monde est lui aussi en hausse : 348 contre 326 en 2017. Comme l’an dernier, cinq pays détiennent à eux seuls plus de la moitié des journalistes emprisonnés : L’Iran, l’Arabie saoudite, l’Egypte, la Turquie et la Chine. Ce dernier pays reste la plus grande prison du monde avec 60 journalistes détenus dont ¾ de non-professionnels. Le nombre d’otages a lui aussi augmenté de 11% avec 60 journalistes captifs à ce jour contre 54 l’an dernier. Cinquante-neuf d’entre eux sont retenus au Moyen-Orient (Syrie, Irak et Yémen). Parmi eux, six sont des étrangers. En dépit de la défaite de l’Etat islamique en Irak et de son recul en Syrie, peu d’informations ont filtré sur le sort de ces otages, à l’exception du Japonais Jumpei Yasuda qui a retrouvé la liberté après trois ans de captivité en Syrie. Un journaliste ukrainien est lui toujours aux mains des autorités autoproclamées de la "République populaire de Donetsk" (DNR) qui l'accusent d’être un espion.  Enfin, RSF a enregistré trois nouveaux cas de journalistes disparus au cours de l’année, deux en Amérique latine et un en Russie.

 

Établi chaque année depuis 1995 par RSF, le bilan annuel des exactions commises contre les journalistes se fonde sur des données précises. RSF procède à une minutieuse collecte d’informations permettant d’affirmer avec certitude, ou du moins une très forte présomption, que la détention, l’enlèvement, la disparition ou la mort d’un journaliste est une conséquence directe de l’exercice de sa profession.

*Ce chiffre comprend les journalistes professionnels, les non professionnels et les collaborateurs des médias.

 

EN FRANCE 

Une presse libre mais la concentration inquiète

Si la presse est globalement libre et plutôt bien protégée par la loi, le paysage médiatique français est largement dominé par de grands groupes industriels dont les intérêts se trouvent dans d'autres secteurs. Cette situation entraîne des conflits qui font peser une menace sur l'indépendance éditoriale, et même sur la situation économique des médias. En décembre 2017, la chaîne de télévision Canal +, dont Vincent Bolloré est actionnaire à travers le groupe Vivendi, a été soupçonnée de faire sur son antenne la promotion du Togo, où le groupe Bolloré a réalisé d’importants investissements. Le groupe et son partenaire commercial, la holding luxembourgeoise Socfin, ont lancé plus d'une vingtaine de procédures en diffamation contre des médias ces dernières années. La mise en cause croissante du travail des médias.

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ACTUALITÉS

11 décembre 2018

Violences policières contre les journalistes pendant les manifestations de “gilets jaunes” : RSF interpelle le Défenseur des droits

 

Les témoignages de photojournalistes touchés par des tirs de flash-ball samedi 8 décembre, se multiplient. Face au nombre et à la gravité des violences, Reporters sans frontières (RSF) appelle le Défenseur des droits à se saisir de ces cas.

De nombreux journalistes de terrain, des photographes pour la plupart, couvrant les mobilisations des “gilets jaunes” le samedi 8 décembre  en France ont été visés à bout portant par des tirs de flash-ball des forces de l’ordre. Parallèlement, de nombreux professionnels clairement identifiés comme tels, se sont fait confisquer leur équipement de protection individuel, des casques, lunettes et masque à gaz ainsi que leur matériel, parfois sous la menace d’une garde à vue.

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RSF demande aux autorités de faire la lumière sur ces violences, de restituer le matériel professionnel des journalistes y compris de protection, et de s’engager à ce qu’il ne soit procédé à aucune saisie à l’avenir, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Face à la gravité des événements, l’organisation interpelle également le Défenseur des droits, Jacques Toubon, afin qu’il se saisisse sans délai de ces différents cas de violence.

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Deux photographes du Parisien-Aujourd’hui en France ont notamment été touchés “par des tirs de flash-ball sur les Champs-Elysées, a indiqué le quotidien. L’un d’eux, Yann Foreix, touché à la nuque, raconte sur son compte Twitter avoir perdu connaissance et avoir été transféré à l'hôpital. Le reporter du média indépendantExplicite Paul Conge a pour sa part reçu une grenade de désencerclement à mi-cuisse. 

 

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D’autres journalistes et photographes de presse décrivent des scènes d’une rare violence et assurent avoir été sciemment visés. Malgré son brassard presse en évidence, le photojournaliste du JDD, Éric Dessons, a été frappé à deux reprises par un CRS lors d'une échauffourée entre forces de l'ordre et gilets jaunes sur les Champs-Elysées et souffre d’une fracture à la main. “Mon casque était clairement siglé presse et ma carte de photographe visible” explique de son côté le photographe Thomas Morel-Fort  qui souffre de multiples fractures de la main gauche après avoir été victime de tirs de flash-ball.

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“C’est la première fois qu’on déplore de si nombreux cas de violence et des séquelles aussi graves”  souligne Wilfrid Estève, directeur de Studio Hans Lucas qui regroupe plusieurs dizaines de photographes, avant de préciser que “tous ces professionnels expérimentés étaient clairement identifiés grâce à des stickers presse et que beaucoup ont été visés dans le dos”.

Plusieurs photographes travaillant pour Libération racontent eux aussi dans les pages du journal des faits semblables :  l’un a été touché au visage, l’autre obligé de se coucher pour se protéger tandis que leurs collègues ont été mis en joue par des lanceurs de balles de défense (LBD).

Au-delà des violences, plusieurs photojournalistes se sont vus confisquer leurs casques et autres équipements de protection, les exposant ainsi au danger. “Ils nous ont rendu plus vulnérables, voire ils nous ont mis en danger” dénonce la photojournaliste Véronique de Viguerie, lauréate du Visa d’or 2018, qui s’est fait confisquer son sac qui contenait deux masques et deux casques pour elle et un autre photographe indépendant. Julien Autier, photographe, membre du Studio Hans Lucas, s’est fait confisquer son masque à gaz sous la menace d’une garde à vue. Boris Allin photographe notamment pour Libération explique de son côté sur twitter que les policiers qui lui ont retiré son matériel n'avaient pas de matricule.

L’année dernière, RSF a saisi le Défenseur des droits, Jacques Toubon, des cas de dix journalistes brutalisés sans justification par les forces de l’ordre lors de manifestations. Autorité constitutionnelle indépendante chargée de défendre les droits et libertés, le Défenseur des droits a notamment pour mission de veiller au respect de la déontologie des professionnels de la sécurité. Dans un rapport remis le 10 janvier 2018 au président de l’Assemblée nationale, Jacques Toubon avait d’ailleurs recommandé l’interdiction des lanceurs de balles de défense dans des opérations de maintien de l’ordre.

La France  est située à la 33e place du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2018.

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Gérard Diaconesco

International French Journalist

Member off UNION INTERNATIONALE DE LA PRESSE FRANCOPHONE

Member off REPORTERS SANS FRONTIERES