L'Elysée a annoncé ce 26 novembre que 13 militaires français de la force Barkhane avaient trouvé la mort au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d’une opération de combat contre des djihadistes

 

 

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26 nov. 2019, 09:50 © Sébastien Dufour Hélicoptère Tigre de l'armée française (image d'illustration) / RT France

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L'Elysée a annoncé ce 26 novembre que 13 militaires français de la force Barkhane avaient trouvé la mort au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d’une opération de combat contre des djihadistes. Treize militaires français de la force Barkhane ont trouvé la mort au Mali le 25 novembre dans la collision accidentelle de deux hélicoptères lors d’une opération de combat contre des djihadistes. C'est ce qu'a annoncé l'Elysée ce 26 novembre. Lire aussi Hommage de Macron aux soldats morts en opérations extérieures : retour sur les Opex de la France La présidence française a en effet publié un communiqué dans lequel on peut lire : 

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«Le Président de la République annonce avec une profonde tristesse la mort de treize militaires français survenue au Mali dans la soirée du lundi 25 novembre 2019, dans l’accident de leurs deux hélicoptères, lors d’une opération de combat contre des djihadistes. Le Président de la République salue avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l’armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel. Il s’incline devant la douleur de leurs familles et de leurs proches et leur adresse ses plus sincères condoléances, en les assurant de l’indéfectible solidarité de la Nation. Le Président de la République exprime son soutien le plus total à leurs camarades de l’armée de terre et des armées françaises. Il tient à saluer le courage des militaires français engagés au Sahel et leur détermination à poursuivre leur mission. Il les assure de son entière confiance.»

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L'accident a eu lieu dans le cadre d'une opération de Barkhane, qui mobilise 4 500 militaires au Sahel. Il provoque l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983. Selon les informations de l'AFP qui cite une source de la Défense, un hélicoptère de combat Tigre est entré en collision avec un hélicoptère de manœuvre et d'assaut Cougar. 

Dans un communiqué de presse publié sur le compte Facebook du ministère des Armées, Florence Parly a fait savoir que les deux hélicoptères se rendait sur un théâtre d'opération et elle a révélé les noms des soldats disparus. Le ministre des Armées a également indiqué qu'une enquête était ouverte. Capture d'écran Facebook. Parmi les noms de la liste des soldats tués dans cette collision figure celui du lieutenant Pierre Bockel, qui serait, selon les informations de Paris Match, le fils de l'ancien maire de Mulhouse, ministre socialiste et sénateur UDI, Jean-Marie Bockel. L'accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval.  Le dernier accident mortel d'hélicoptères dans l'armée française remonte à février 2018, lorsque deux hélicoptères d'une école de l'armée de Terre s'étaient écrasés sur le territoire national dans le Var après une collision en vol, faisant cinq morts. Toute la classe politique rend hommage aux soldats L'annonce faite par l'Elysée au lendemain de l'accident a fait réagir la sphère politique de tous bords. Le député insoumis, Alexis Corbière, a notamment déclaré sur Twitter : «Au Mali, la France pleure à nouveau ses héros. Ils étaient un caporal-chef, six sous-officiers et six officiers. Ils étaient 13 de nos hommes, engagés contre le terrorisme. Ils sont morts pour la patrie. Reconnaissance et tristesse infinies.»

PHOTO DG DE MARINE LE PEN

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a pour sa part rendu hommage à l'engagement de ces hommes contre le «djihadisme» : «Hommage aux treize militaires français qui ont perdu la vie lors d'un accident d'hélicoptères, dans le cadre d'une opération de combat contre des djihadistes. J'apporte tout mon soutien à leurs familles, et à leurs camarades de combat qui font face au djihadisme.»

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a souligné sa «profonde reconnaissance» : 

«Hommage aux treize soldats tombés au Mali, où notre armée lutte sans relâche pour notre liberté, contre le terrorisme. Pensées à leurs compagnons d’armes endeuillés et à leurs familles. Profonde reconnaissance pour ceux qui risquent leur vie au service de la France.» Florence Parly a par ailleurs annoncé qu'une cérémonie d'hommage national, présidée par le président Emmanuel Macron, se tiendrait «dans les jours prochains» aux Invalides.  Lire aussi : Instabilité sécuritaire au Sahel : l'exception mauritanienne International


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Instabilité sécuritaire au Sahel : l'exception mauritanienne 12 nov. 2019, 19:30 © THOMAS SAMSON Source: AFP Des soldats mauritaniens montent la garde, près de la frontière avec le Mali, le 22 novembre 2018.

Malgré un important dispositif militaire, de nombreux pays de la région tels que le Mali, le Niger ou encore le Burkina Faso sont frappés de plein fouet par le terrorisme. Un pays est pourtant moins touché que les autres, la Mauritanie.

Minusma, G5 Sahel, opération barkhane... L’important dispositif militaire déployé dans la bande sahélienne ne suffit guère, pour l’heure, à contrer la menace terroriste. De l'aveu même du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, le Mali ainsi que les autres Etats de la région font face à des organisations terroristes dont les capacités de nuisance demeurent à ce jour intactes : «Ces bandes terroristes dont nous ne savons pas comment elles sont financées, quelles en sont les différentes connexions, sont multiformes et multiples. Elles ont une capacité de mue à nulle autre pareille, elles arrivent dans les sociétés, s'insinuent dans ces sociétés [...] et arrivent à subvertir», a-t-il déploré sur RT France. Quant à la ministre française des Armées, Florence Parly, elle a qualifié lors de son récent déplacement au Mali de «difficile» la situation sécuritaire dans la région. Le Sahel, une poudrière Et les récents événements survenus sur le plan sécuritaire justifient les constats peu reluisants des responsables français et malien. Il y a encore peu, la région a connu de nouvelles attaques terroristes : le 1er novembre, 52 soldats maliens et un civil ont perdu la vie lors d’une attaque revendiquée par l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) visant le camp d'Indelimane, dans le nord-est du pays. Le lendemain, dans la même région, «le déclenchement d'un engin explosif improvisé» au passage d’un véhicule blindé de l’armée française a tué le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, qui servait au sein du 1er régiment de spahis de Valence, dans la Drôme. Une attaque, là aussi, revendiquée par l’organisation terroriste EI. Lire aussi La Cedeao annonce un plan d’un milliard d’euros pour lutter contre le terrorisme.

Au Niger voisin, la situation sécuritaire est tout aussi préoccupante : plus de 250 civils ont été tués et près de 250 autres ont été kidnappés entre janvier et août 2019, selon un rapport du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Egalement limitrophe du Mali, le Burkina Faso est sévèrement touché par cette spirale de violences. Selon un décompte de l’AFP, près de 630 personnes sont mortes dans des attentats depuis début 2015. Le Tchad, autre Etat situé dans le Sahel, n’est pas non plus épargné, comme en témoignent les récentes attaques perpétrées sur son territoire. Dans la nuit du 29 au 30 octobre, 12 soldats ont été tués et huit blessés lors de l'attaque d'une base militaire dans le sud-est du pays. Le ministère nigérien de la Défense avait alors très vite pointé du doigt la responsabilité de l’Etat islamique en Afrique de l'Ouest, ex-Boko Haram, particulièrement actif au Nigéria. Et la situation n’a cessé de se détériorer au cours des derniers mois : autrefois épargnées, des régions situées en lisière de ce territoire long de plusieurs milliers de kilomètres ont été secouées par de nombreuses attaques au cours de ces dernières années. La résurgence des conflits intercommunautaires, notamment au Mali, est venue compliquer davantage la lutte contre un phénomène faisant fi des frontières étatiques. Toutefois, dans cet environnement instable du Sahel, un pays reste toutefois relativement épargné : la Mauritanie.

Lire aussi : Mali : la France annonce l'élimination d'un important chef djihadiste lié à al-Qaïda.

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La singularité mauritanienne  La dernière attaque meurtrière recensée dans ce pays remonte au 24 décembre 2007. Ce jour-là, quatre Français d’une même famille ont été assassinés par trois assaillants mauritaniens qui ont finalement été arrêtés et condamnés à mort. Le pays a par la suite été secoué par l’attentat-suicide perpétré contre l’ambassade de France (8 août 2009) et les enlèvements de trois humanitaires espagnols (novembre 2009) et de deux touristes italiens (décembre 2009). L’attaque contre la représentation diplomatique française n’a pas provoqué de pertes humaines et les enlèvements des ressortissants étrangers depuis le territoire mauritanien ont tous connu une fin heureuse. On peut également citer la tentative d’attentat déjouée contre la représentation diplomatique française en février 2011.

 

© THOMAS SAMSON Source: AFP Des soldats mauritaniens montent la garde à partir d'un poste de commandement de la force opérationnelle du G5 pour le Sahel, le 22 novembre 2018, dans le sud-est de la Mauritanie, près de la frontière avec le Mali (image d'illustration).

Depuis, ce pays vaste comme deux fois la France, n’a pas connu d’attaque à caractère terroriste sur son sol et cela malgré la forte détérioration du climat sécuritaire dans la région. Cette franche amélioration sécuritaire dans le pays est intervenue après une vaste réorganisation et professionnalisation, en janvier 2011, de l’armée mauritanienne. Les autorités mauritaniennes ont notamment décidé de se doter d’unités spéciales de lutte anti-terroriste.  La Mauritanie a très vite compris l’effort important qu’elle devait consentir en matière de défense Interrogé par RT France sur cette singularité, Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), met notamment en exergue «la grande expérience» des autorités mauritaniennes dans la lutte contre la radicalisation : «Beaucoup des [prédicateurs] qui contribuent à la radicalisation islamiste viennent de Mauritanie. Donc, leurs services ont une grande expérience. [Ces derniers] pratiquent une collaboration très étroite avec la France, la DGSE notamment est allée les aider, on a formé leurs unités antiterroristes.» Lire aussi Mali : trois blessés dans une attaque au véhicule piégé à l'entrée de la base française de Gao Egalement interrogé par RT France, Jemal Taleb, avocat et spécialiste de la Mauritanie, souligne de son côté les efforts consentis par l'armée mauritanienne pour s'adapter à la menace terroriste.  «La Mauritanie a très vite compris l’effort important qu’elle devait consentir en matière de défense. Face à une armée non conventionnelle, les armes conventionnelles ne servent à rien. On est face ici à une guérilla, si on ne s’adapte pas à la menace, cela ne peut fonctionner. Le pays a donc décidé, sur les 2 300 km de frontière qu'elle partage avec le Mali, de constituer des unités de 20 à 50 pick-up mobiles et qui s’adaptent facilement à l’environnement. Elle a en outre acheté des appareils de surveillance aérienne qui sont équipés de moyens de frappe. Et comme c’est une armée disciplinée, le travail a été fait. Cela a été long, cette bataille n’a pas été gagnée toute suite», analyse-t-il. Il rappelle en outre que la Mauritanie a également mené «un travail de sensibilisation interne» afin de combattre la radicalisation : «On ne trouve pas l’explication de la radicalisation dans le Coran. On trouve cette explication dans la situation géopolitique. Et l’assainissement de cette situation passe par la pédagogie et le gouvernement mauritanien a fait ce travail depuis plus de 10 ans. Le travail été entamé dès le début 2009.» Depuis près d'une décennie, la Mauritanie n'a subi aucune attaque sur son territoire. Une stabilité qui tranche radicalement avec l'environnement instable qui prévaut dans la bande sahélienne. Déradicalisation, réorganisation de l'armée, renseignement : le pays peut se targuer d'avoir pris des orientations en matière de politique sécuritaire qui s'avèrent payantes sur le terrain. Pour autant, la difficile collaboration régionale sur la lutte contre le terrorisme – à l'image du laborieux démarrage du G5 Sahel – contraint le pays à rester sur le qui-vive.  Malik Acher

Lire aussi : Mali : la France annonce l'élimination d'un important chef djihadiste lié à al-Qaïda

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SOURCE : RT FRANCE

 

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