Macron et les grévistes :

 

 

le théâtre des guignols,

 

 

contre le vrai peuple

 

Publié le 17 janvier 2020 - par 

MacronMelenchonMartinez

La comédie dure maintenant depuis six semaines. Les usagers des transports en commun vivent un enfer. À tel point que lorsque tout reviendra à la normale, ils seront enchantés de ces transports qui sont pourtant déplorables objectivement, même ordinairement. Car après un séjour en enfer, le purgatoire a l’air d’un paradis. À croire que le petit numéro est parfaitement maîtrisé.

Je suis évidemment défavorable à cette réforme des retraites, mais ma réflexion ne concerne pas les Français légitimes pour s’y opposer, qui eux, de toute façon, ne bloquent pas les services publics. Pourrir la vie de ses concitoyens ne fait pas partie de l’ADN du Gaulois, même quand il est réfractaire !

Cet abus du droit de grève, dont la récurrence progresse exponentiellement avec le temps, jusqu’à se banaliser, est un signe parmi d’autres de la prise de pouvoir sur la société française d’une minorité active islamo-gauchiste se sentant investie d’une mission messianique.

En effet, ce duo inébranlable partage une confiance mystique dans son dogme égalitariste. Un aveuglement qui lui procure le sentiment de tout pouvoir se permettre, sans aucune limite ni considération pour le reste du peuple.

Or il existe une contradiction majeure dans le débat médiatique actuel qui oppose le pouvoir aux syndicats. Ces révolutionnaires de pacotille unissent leurs forces contre un homme… qu’ils ont eux-mêmes contribué à faire élire au second tour de la présidentielle de 2017 !

Comment expliquer cela ? Sont-ils schizophrènes ?

Très certainement,  oui, mais l’explication est insuffisante. Il va falloir ici analyser la situation actuelle, afin d’en comprendre les enjeux et les intérêts que chaque partie doit nécessairement y trouver.  Car la farce n’a rien de nouveau. Chaque réforme antisociale du pouvoir ultralibéral provoque un mouvement de contestation dont le soutien de la population, au commencement quasi total, finit inéluctablement par baisser jusqu’à finalement rendre populaire le pouvoir.

Le sketch de Mélenchon et Martinez face à Macron est un classique. Les apparatchiks socialo-communistes sont passés maîtres dans le combat de boxe truqué face à la multinationale social-libérale et sa dernière succursale française La République En Marche. En revanche, ce qui peut interloquer,  en tout cas pour un être éveillé, c’est de voir des fidèles de la religion de paix et d’amour se retourner contre celui qui les nourrit.

Il est plus aisé de comprendre le système quand on a lu l’immense intellectuel tant injustement décrié par la droite qu’oublié par la gauche depuis qu’elle déraille : Karl Marx.

Lorsque l’on sait faire abstraction des solutions délirantes qu’il propose, et auxquelles il n’a lui-même plus adhéré à la fin de sa vie, mais que l’on se focalise sur ses analyses, on constate que Marx a élaboré nombre de schémas qui sont encore, malheureusement, criants d’actualité aujourd’hui. L’un d’entre eux est celui de l’alliance tacite d’intérêts entre le pouvoir en place et le sous-prolétariat.

Le prolétariat désigne, comme chacun sait, la classe ouvrière qui, en Allemagne, en pleine révolution industrielle, constituait la majorité du peuple.

Le « peuple » est une notion  abstraite et complexe, qui a toujours été récupérée par les politiques de tout temps.

En recontextualisant (désindustrialisation et explosion des écarts de richesses) et en sortant de l’obsession réductrice de Marx pour le prolétariat, on pourrait aujourd’hui, de bonne foi, élargir le concept en partant de la petite classe moyenne jusqu’à la petite bourgeoisie, fourchette haute de ce qui constitue de nos jours le socle des populations des pays occidentaux développés, soit leur « peuple ».

Le « lumpenprolétariat » désigne, quant à lui, une classe qui se situerait socialement en dessous de la classe prolétaire active, constituée d’anarchistes, de voyous et de mendiants.

Marx développe l’idée que toute révolution légitime face à un pouvoir injuste, entamée par le peuple, sera infiltrée et gangrenée par ce sous- peuple, car celui-ci, feignant d’être anti-système, aura en réalité tout intérêt à la préservation de ce système.

Un an avant la grève, le mouvement des Gilets jaunes a été un exemple parfait de ce schéma qui se répète continuellement.

Le mouvement est légitime : le ras-le-bol du peuple français, principalement provincial et de droite, face à la hausse du prix du carburant et à la fiscalité. Le peuple s’organise et un véritable raz-de-marée vient menacer le système et sa tête d’affiche Macron.

Les sondages sont clairs : une immense partie des Français, avoisinant les 80 % au départ, soutient les Gilets jaunes. Les manifestations sont pacifiques, bon enfant !

Une semaine passe. Deux. Et dès le troisième samedi, casseurs et racailles viennent s’inviter à une fête à laquelle ils n’étaient pas conviés. Les vitrines se brisent, les incendies se déclenchent, les voitures se retournent, et l’on comprend instantanément que tout est fini.

La gauche remplace la droite, la métropole remplace la province, la violence remplace la dignité, Maxime Nicolle remplace Benjamin Cauchy, Mélenchon remplace Le Pen, en bref, le sous-peuple remplace le peuple.

Face à ce « Grand Remplacement », les manifestations vont se vider et les Français vont se désolidariser du mouvement. Le schéma de Marx est respecté.

Mais que viennent faire des anarcho-trotskystes et des voyous issus de l’immigration dans un tel mouvement ?

Certes, tels des animaux sauvages, Black Blocs et racailles sont immédiatement happés par l’odeur du sang. Mouvements de foules, bousculades, l’atmosphère est propice au cassage.

Mais qu’ont-ils, concrètement, à reprocher à Macron ?

Pas assez d’immigration ? Une justice pas assez laxiste ? Des quartiers pas assez islamisés ? Pas assez de djihadistes en liberté ? Pas assez de pression fiscale ?

Il faut avouer que tout cela ferait de bien beaux slogans sur des pancartes !

L’élection de Macron a eu le mérite de détruire les partis de gauche et de droite et de mettre à jour le clivage réel : mondialisme contre nationalisme.

La France Insoumise est autant internationaliste et progressiste que La République En Marche.

La congrégation des sunnites de France est « moins » tournée vers le progressisme, mais ne peut évidemment que bénéficier de l’islamophilie et de la distribution annuelle gratuite de cartes de séjour, et tous les avantages qui vont avec, par le Président en fonction.

En réalité, le « néo-lumpenprolétariat » a tout intérêt à conserver son ennemi de façade, Macron, pour faire barrage à son ennemie réelle : Le Pen.

Les grèves actuelles répondent exactement au même processus, avec cette fois Philippe Martinez et Anasse Kazib dans les rôles interchangeables du duo islamo-gauchiste.

Le cadeau de Noël du blocage des transports en plus.

Le peuple est épuisé, asphyxié, et ne sait plus vers qui se tourner.

Les figures emblématiques d’une contestation, pourtant légitime au départ, deviennent tellement détestables que, l’ennemi de mon ennemi étant mon ami, alors, l’ennemi de mon ennemi étant d’apparence le pouvoir en place, Macron en devient sympathique.

Et c’est ici que réside tout le génie machiavélique de la situation actuelle.

Marine Le Pen a disparu des écrans radars.

Le clivage apparent au quotidien dans les médias est celui symbolisé par la gauche et son extrême face à Macron.

Dès lors, Macron étant la cible des bloqueurs, des casseurs et du désordre, le cerveau reptilien binaire d’une grande partie du peuple français peut se retrouver infecté par le virus de l’association de Macron et de l’ordre, et faire de Macron un homme de droite.

Vous pourriez me dire que cela déplairait à la partie gauchiste de son électorat ?

Oui, mais elle s’est déjà envolée!

Les élections européennes ont montré l’effet de vases communicants entre Europe Écologie Les Verts, La République En Marche et Les Républicains :

Le carton d’EELV ne peut s’expliquer que par le fait que les « eurogagas ultra-progressistes écolos », qui avaient voté Macron en 2017, sont partis vers des horizons plus verts. Après deux ans et demi d’exercice du pouvoir, notre cher Président a dû leur sembler finalement trop libéral et pas suffisamment illuminé pour eux. C’est dire…

La perte de cet électorat conséquent de 2017 aurait dû affaiblir le score de LREM de façon substantielle, ne laissant qu’un bloc centriste technocratique bruxellois ultra libéral très faible quantitativement en nombre de voix.

Or LREM a conservé malgré tout ses 25 % de voix, soit son score deux ans auparavant. Comment ?

La réponse se trouve dans l’écroulement des Républicains. En effet, une bonne moitié des électeurs de Fillon en 2017 a basculé, malgré ses doutes sur Macron, vers LREM.

Compte tenu du conservatisme de cet électorat et des failles sécuritaires quotidiennes de l’administration macroniste,  ce basculement ne peut avoir comme explication que la phobie du nom de famille Le Pen, la crainte de la sortie de l’euro, ou…

L’incarnation de l’ordre en Macron face au désordre des Gilets jaunes.

Finalement, c’est encore et toujours Emmanuel qui profite du crime.

Marine Le Pen est bloquée sur la question sociale qui divise son électorat et qui recentre le débat médiatique autour d’un clivage fictif LREM/France Insoumise qui trahit la réalité démocratique.

Toute réforme antisociale aura pour effet de rameuter une extrême gauche qui accaparera le débat et dégoûtera la droite républicaine, au point de rendre Macron préférable.

Macron n’a pas besoin de plus qu’un score qui le qualifierait au second tour et il peut donc se contenter de son socle électoral actuel.

Tout ce petit monde se rejoindra au second tour des élections présidentielles de 2022 pour voter Macron face à Le Pen.

Puis recommencer à bloquer le pays…

Le système est rodé.

Pendant ce temps-là, la France se meurt.

Bill Harford