J’ai eu la chance de passer un après-midi avec Jean-Marie Le Pen

 

Le mercredi 22 juillet, grâce à l’invitation de Valérie Laupies, j’ai pu rencontrer Jean- Marie Le Pen chez lui, dans une ambiance amicale et décontractée.

Lorsque nous sommes arrivés devant sa porte, j’avais comme une drôle de sensation qui allait d’une profonde satisfaction d’être présent à une grande inquiétude. Je ne savais pas pourquoi je vivais cette ambivalence émotionnelle.

Nous sommes entrés, puis son épouse nous accompagna sur la terrasse où monsieur Le Pen était installé. Il menait un combat contre un parasol réfractaire à sa fonction première consistant à l’abriter du soleil fort brûlant à cette heure de la journée.

Jean-Marie Le Pen nous a accueillis avec un grand sourire. Il avait bien sûr pris de l’âge, il n’était plus le tribun montant sur la scène, affrontant les hyènes médiatiques, chauffant les militants dans la salle, et faisant des discours auxquels répondaient une foule enthousiaste par des  « On est chez nous » !

Il me tendit la main simplement, et mes doutes ont disparu d’un seul coup. J’avais un homme courtois, agréable, d’une grande gentillesse et affable. Point de questions sur les invités de Valérie Laupies à laquelle d’ailleurs, j’ai pu constater qu’il porte une grande et sincère amitié. Il lui dit combien il était désolé qu’elle ait perdu la mairie de Tarascon par la trahison. Confirma tout le soutien qu’il a pu lui donner à travers ses appels téléphoniques, ses explications sur cette folie qui consiste à « flinguer » une patriote, et finalement permettre l’élection d’un maire LR. Des oreilles dans le sud ont dû siffler et pas seulement à Tarascon.

Lors de notre conversation, je lui ai dit aussi toute ma déception de ces élections de Tarascon, et de Bollène. Mon incompréhension de voir des patriotes trouvés géniaux de mettre des bâtons dans les roues d’autres patriotes. De devenir de simples conseillers municipaux, au lieu de prendre et de gérer une ville, de prouver que c’est possible, et même avantageux pour les administrés. Jean-Marie Le Pen me répondit par l’affirmative et partageait clairement ce point de vue.

Jean-Marie Le Pen était de bonne humeur, son humour étincelait, il était disert, joyeux, et comme d’habitude, lorsque je rencontre des puits de science, je reste silencieux et j’écoute. Cet homme avait tellement de choses à m’apprendre, moi qui avais dépassé la soixantaine.

Sa conversation et ses réponses à nos diverses questions étaient passionnantes et plus d’une fois, j’ai pu rire franchement, et j’ai pu apprécier un humour parfois décapant.

Il y a trente ans, j’avais une image négative de Jean-Marie Le Pen. Celle d’un monstre éructant dans une salle. Celle médiatique, celle que les médias bien pensants m’avait imposée ! Certes, assurément, ses saillies n’ont rien arrangé.

C’était il y a trente ans. J’étais militant au RPR, devenu UMP où j’ai pu croiser des femmes et des hommes qui n’avaient pas, loin de là, la culture et les connaissances de Jean-Marie Le Pen.  J’ai pu m’en rendre compte à chaque fois que, trop rarement, les médias lui en donnaient l’occasion.

Sa diction, la perfection de la langue française, les mots choisis, pas de sabir pour faire moderne et “d’jeune“, pas d’anglicisme pour tenter de briller en société. Les craintes des journalistes devant lui, m’avaient fait comprendre que c’était un grand débatteur à l’esprit vif. Sa culture m’impressionnait ! Même un Bernard Tapie gouailleur n’arrivait pas à la semelle de sa chaussure ! Ma mère, placée comme bonne chez les bourgeois à 12 ans disait, “la culture c’est comme la confiture, moins on en a plus on l’étale“. Le seul pouvant éventuellement rivaliser avec lui aurait été sans doute, un François Mitterrand, ou à droite, un Philippe de Villiers. Personne aux RPR/UMP où je militais ne lui arrivait à la cheville. Pas plus un Jacques Chirac qui en 2002 a voulu éviter un débat qui aurait montrer ses faiblesses, et encore moins un Nicolas Sarkozy traître à la France souveraine.

Confusément, j’aimais bien le bonhomme, mais je restais bloqué aux saillies que les médias nous ressassaient chaque jour et sur une image sulfureuse qui restait marquée au fer journalistique des immigrationistes et autres “droit de l’hommiste“. C’est très difficile de se libérer des images de la propagande anti-Le Pen et des condamnations quasi rituelles et journalières auxquelles nous étions soumis !

Curieusement, j’étais cependant dans une ambivalence politique. Je savais que je ne rejoindrais pas le FN, mais je votais à chaque élection pour lui. Sauf pour les municipales !

Si l’on m’avait dit que je partagerais une après-midi avec lui, à boire un verre chez lui, offert par lui, en compagnie de son entourage, de ses fidèles comme Lorrain de Saint Affrique et Valérie Laupies, je ne l’aurais pas cru, et pourtant, quelle  merveilleuse découverte.

Cet homme n’est pas le monstre décrit dans les fables propagandistes des pouvoirs. Il n’était pas le vilain sorcier et la Blanche ressemble à de la cocaïne des cités ! Les nains cannabis sont tous verts, couleur islamo-collabos.

L’avenir sur lequel il nous alertait autrefois est bel et bien présent aujourd’hui ! Je constate que ceux qui ont menti aux Français et continuent de le diaboliser sont ces hommes et ces femmes qui ont trahi la France souveraine et les Français hier, et qui polluent encore nos ministères et nos radio-télévisions.

Nul n’est prophète dans son pays, dit-on.  Je n’étais pas moi-même un pèlerin car je pensais qu’il exagérait, qu’il affabulait, qu’il utilisait les peurs, alors même qu’il ne faisait que nous prévenir à sa manière un peu rude.

J’étais un agneau parmi d’autres, je me doutais bien, mais je suivais le troupeau.

C’est la violence de l’islam qui m’a ouvert les yeux, sa présence ostentatoire, ses prières de rues, ses exigences. Ce que Jean-Marie Le Pen disait, je le voyais grandir sous mes yeux. Je le vivais en tant qu’agent de la RATP à la brigade de surveillance. Quasi abonné aux urgences des hôpitaux. Puis, en tant que responsable syndical quand je faisais le tour des militants sur le terrain, dans les services, les centres bus, et chez les contrôleurs. Dans les rues du 93 (Saint-Denis) où je me rendais.

Aujourd’hui, le 92 (Hauts-de-Seine) ressemble de plus en plus au 93. Le quartier d’affaires de La Défense est quasiment africain après la sortie des bureaux. Le Grand Remplacement est visible sur les listes d’enfants inscrits dans les écoles, sur les bulletins de naissances dans les journaux municipaux. Quatre naissances de Mohamed, Yousef, Kadidja, Karima, pour une naissance de Paul, ou de Sophie. Dix  naissances pour trois Henri, Jean, et Martine, décédés. Le grand remplacement est une réalité au regard de ces listes.

Jean-Marie Le Pen avait raison, et une fois que j’en ai pris conscience, sur le tard, j’ai quand même la chance de partager une de ses après-midi en toute simplicité. Cela ne changera pas ma vie passée, sûrement pas la sienne. Pourtant, je reste fidèle au fait qu’il faut toujours chercher à comprendre, ne jamais céder à la facilité, et toujours  chercher s’enrichir culturellement.  Là, j’avais ma dose.

J’ai parfaitement conscience que j’ai des ami(e)s qui vont me tomber dessus, me dire que j’ai viré ma cuti, que je suis devenu le diable, un antisémite, un raciste et que sais-je de diabolique ? Rien de tout cela bien sûr.

Mes convictions sont bien assurées, comme celles de dire, en politique, la vérité. J’ai été comme beaucoup, le tartuffe de la diabolisation de Jean-Marie Le Pen, un manipulé parmi d’autres millions de manipulés.

Nous avons été les victimes d’une diabolisation programmée pour interdire, de fait, toutes réactions salutaires des patriotes français. N’imaginez pas que je sois ravi d’avoir fait cette découverte qui prouve au minimum, mes faiblesses culturelles voire intellectuelles. Je n’étais pas, comme beaucoup de militants, un instinctif. J’ai besoin de comprendre. Cette découverte croyez-le ou non, me déchire. Alors certes, je n’ai jamais participé à cette diabolisation, mais tout de même, j’ai laissé faire aux travers de mes activités syndicales et politiques à l’époque.

Entré au Front National en 2010, c’était déjà trop tard. Cependant, je ne suis pas responsable que madame sa fille soit devenue la présidente d’un parti que son père avait fondé.

On sait ce qu’elle en fit, et ce qu’elle en a fait. Elle et ses amis ont nui à des patriotes aux dernières élections municipales.

Je ne vous rappellerai pas les manœuvres minables dans la fédération du 92, lors des régionales, pour imposer des proches venus d’ailleurs, au détriment de militants fidèles issus de ce département.

Cette après-midi est passée à discuter de politique bien sûr, mais d’histoire de France, des rois, de  Napoléon 1er, de l’Algérie où je n’ai pas pu résister de lui poser la question sur ce qu’il aurait fait, à la place de De Gaulle.

Après un court silence, il remit rapidement en place le contexte de la situation ! Une attitude, un réflexe qui paraît baroque de nos jours. Nous sommes en 1955/60, une France de 40 millions d’habitants, une population algérienne de 8 millions. Charles de Gaulle avait analysé avec justesse, l’impossibilité d’assimiler ces 8 millions d’Arabes, il fallait, pour lui, couper le cordon avec les colonies africaines qui pesaient trop lourd dans les budgets, et avec l’Algérie.

Jean-Marie Le Pen, dans le contexte de l’époque 55/60, aurait tenté une fédération avec un transfert de pouvoirs à déterminer pour l’Algérie. Cela me fit penser à ce que voulait Napoléon III : la constitution d’un royaume arabe sous le contrôle de l’Empire français.

Pour ma part, j’aurais permis la création et l’indépendance de l’Oranais  comme l’avait proposé Alain Peyrefitte pour permettre aux pieds noirs de continuer à vivre libre, et j’en suis sûr, ils auraient réalisé à la manière d’Israël, de grandes choses. De séparer le Sahara pétrolifère et gazier de l’Algérie. Le Maroc et la Tunisie avaient fait des demandes légitimes en ce sens.

Le Président Charles de Gaulle était pressé, il coupa brutalement le cordon ombilical. De fait, il autorisa tous les massacres. Plus grave, par une sorte de complicité passive et parfois active, il refusa d’intervenir pour éviter les massacres des pieds-noirs et des harkis. Se rappeler qu’il a fallu qu’intervienne la marine espagnole du général Franco, pour sauver des centaines de pieds-noirs entassés sur les quais, dans l’indifférence du Président de Gaulle.

Qui aurait eu raison à cette époque ? La division de l’Algérie, l’indépendance ou la fédération ? Est-ce qu’il y avait une autre solution ?

Je voyais bien que, face à cet homme, assis tranquillement à nos côtés, bavardant en toute simplicité, j’étais, nous nous étions face à l’Histoire ! Bien loin de ces gribouilles que sont ces politiciens nouveaux ne pensant qu’au pouvoir et à l’argent, et oubliant la France.

Loin de ceux qui siègent dans des assemblées trop grandes pour eux, ou d’autres, agissant comme des nains dans les ministères trop vastes, trop glorieux pour leurs petites mains. De ces manchots sans pouvoir depuis Maastricht, et faisant les beaux sur les marches de l’Élysée.

Un monde, un gouffre, des abîmes les séparent ! Et pourtant, ils vivent sur la même planète.

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 Je remercie très sincèrement mon amie Valérie Laupies de m’avoir fait rencontrer Jean-Marie Le Pen.

Je remercie Lorrain de Saint-Affrique pour sa gentillesse et son humour parfois caustique.

Lorrain de Saint Affrique

Je remercie enfin Jean-Marie Le Pen de m’avoir invité à sa table et d’avoir accepté de parler de tout, mais jamais au grand jamais, de rien. Je n’ai qu’une envie, c’est de le revoir et de poursuivre cet échange qui fut, pour moi, exceptionnel.

Gérard Brazon