Union de la Presse Internationale Francophone U.P.F.
       

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INFOLETTRE N°82 - OCTOBRE 2020

EDITORIAL


A nous la vie ! A nous le monde ! A nous le succès !

Par Madiambal Diagne,

Président international

MADJAMBAL DIAGNE PRESIDENT UPF 2020

Nous avons beaucoup espéré, nous avons prié pour que la rentrée 2020 se fasse sous de meilleurs auspices que la situation vécue partout dans le monde, depuis le début de cette année. La pandémie de la Covid-19 résiste aux scientifiques et à nous tous, en dépit des mesures de précaution et d’adaptation de nos comportements. Pis, dans certaines régions du monde, depuis quelques semaines, la flambée de la maladie a repris de plus belle. Nous ne devons pas pour autant baisser les bras. Nous devons nous armer de courage, faire montre de résilience et vivre avec la Covid-19.

Notre organisation a vécu durement cette épreuve avec la perte cruelle de certains de nos membres emportés par la pandémie. Mais aussi, l’économie des médias s’est retrouvée plus que jamais frappée et les effets ont davantage fragilisé les entreprises de médias, ce qui en a rajouté à la précarité des conditions de vie et de travail des acteurs. L’UPF a été obligée de fonctionner au ralenti, de mettre en veilleuse la plupart de ses activités, en cette année qui était tant attendue, celle du 70ème anniversaire de notre organisation. Nos Assises de Tunis (décembre 2020) étaient annoncées comme une apothéose mais ce n’est que partie remise. Aussi, avions-nous prévu de tenir des rencontres régionales notamment un Symposium international en Arménie (Mai 2020). Toutes ces activités sont reportées pour l’année prochaine.

Je peux vous annoncer que nous reprendrons nos activités en 2021, quelle que soit la situation de la pandémie dans le monde. En effet, la marche du monde ne saurait être indéfiniment prise en otage par la pandémie. Nous nourrissons le grand espoir, pour ne pas dire la certitude qu’un vaccin ou un remède sera trouvé contre la maladie. Mais qu’à cela ne tienne ! La marche du monde retrouve de plus en plus son rythme normal, l’UPF s’y fera et s’adaptera aux différents contextes.

Nous invitons alors nos différentes instances à reprendre leurs activités tout en respectant, de manière stricte, les principes de précaution.

Durant ces difficiles derniers mois, l’UPF s’est montrée présente aux côtés de ses membres et de ses différentes sections nationales. Nous avons aussi interpelé les gouvernements sur la situation particulièrement délicate des entreprises de médias. Nous remercions alors les chefs d’Etats ou de gouvernements qui ont bien voulu répondre à notre appel et qui nous ont notifié les mesures de soutien prises en faveur du secteur des médias dans leurs pays respectifs.

C’est à croire que les épreuves devaient nous marquer pour toute cette année. Notre représentant en Algérie, Khaled Drareni, est en prison pour avoir fait son travail de journaliste. L’UPF exige sa libération immédiate.

Cette année peut donc être considérée comme une année purgatoire, l’UPF en sortira plus forte et déterminée mais surtout plus conquérante que jamais.


LA VIE DE L’UPF

UPF Côte d'Ivoire reçoit le président international, Madiambal Diagne à Abidjan

Abidjan, 22 septembre (UPF CI) – De passage à Abidjan, le président international de l’Union internationale de la Presse francophone, Madiambal Diagne, malgré un calendrier chargé, a tenu à avoir une séance de travail avec la section ivoirienne, pour s’enquérir de l’actualité et partager certaines informations.
 
Il est resté fidèle à la tradition: vivre la convivialité et la confraternité partout dans le monde pour un membre de l’UPF. Le président international, Madiambal Diagne, a eu une brève séance de travail avec le bureau ivoirien de l’Union, au bord de la lagune Ébrié, à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Alors qu’il y était de passage, dans le cadre d’un calendrier privé.

La séance de travail a été précédée d’un tête à tête, la veille, entre le président Diagne et le président national, Adama Koné. A ces différents rendez-vous, M. Madiambal Diagne a dit tout l’intérêt de pousser l’organisation sur des chemins de valorisation du métier de journaliste. A l’endroit de la section ivoirienne, il a souligné : « La Côte d’Ivoire est une section importante par son dynamisme. J’ai tenu personnellement à vous saluer et vous encourager. Cependant, nous avons constaté qu’il n’y a pas eu assez de renouvellements de la carte de membre en 2020 ».

Au nom de la section, Adama KONÉ s’est réjoui de ce moment, souhaitant la bienvenue « chez vous, même si vous êtes de passage ». Selon lui, la pandémie à COVID-19 a impacté les activités prévues à savoir les élections, la mise à jour des adhésions et la sortie d’études à l’intérieur du pays.

Le président Koné a surtout relevé les consultations ophtalmologiques initiées par la section pour permettre aux journalistes ivoiriens de travailler dans de meilleures conditions. C’est un partenariat noué avec une Ong (Actes), qui non seulement fait les examens de vue, mais aussi livre gratuitement les montures. Seuls les verres sont payants, à un prix très étudié. Allant à une baisse de 70%.
En outre, les familles des membres sont prises en compte par cette opération.

Madiambal DIAGNE a salué cette initiative innovante et pragmatique. Il a conseillé d’inviter le bureau international et les sections environnantes à participer à ce type d’activités inédites à haute portée socio-professionnelle. Toute chose qui permettra d’inspirer d’autres sections par un partage d’expérience et de lui donner une visibilité internationale.

S’agissant des cartes 2020, les demandes ont été faites. Malheureusement, elles n’ont pas pu être déposées à Yaoundé pour la plupart. Celles envoyées par mail étant en cours de production. Toutefois, l’UPF-CI a jugé bon, vu le retard, de différer la production des cartes en 2021 exceptées celles du bureau. Question de prendre une longueur d’avance sur l’année prochaine.

Viviane MOUHI – AKRÉ
Secrétaire générale UPF CI
 

UPF Monaco : Responsabilité et solidarité

PATRICE ZEHR JOURNALISTE MONACO

Patrice ZEHR Président de l'UPF de MONACO
Le 17 septembre dernier, notre section s’est réunie. Pour cette rentrée, toujours sous le signe de la Covid, nous continuons à consolider, après la réforme de nos statuts, notre dossier pour obtenir un agrément gouvernemental, étape indispensable à une subvention.
 
Nous avons entamé un cycle de réflexions où chacun donnera son sentiment sur le traitement-presse à Monaco de la Covid 19 et sur la communication gouvernementale. Mais notre objectif, au-delà de nos spécificités, est bien sûr la défense de la liberté de la Presse, plus particulièrement dans la Francophonie. C’est pourquoi notre section est solidaire des actions engagées par l’Union Internationale de la Presse Francophone pour la libération de notre confrère algérien Khaled Drareni, lourdement condamné en appel le 15 septembre dernier. Pierre Dévoluy, grand reporter et, dans notre bureau, chargé des relations internationales avec la presse francophone, souligne l'importance de ce dossier et de tout ce qu’il implique :

Khaled Drareni est donc - disent de hautes autorités - une « main de l'étranger » capable de « porter atteinte à l'unité nationale [et] aux affaires relevant de la sécurité de l’État ». Il serait coupable « d'incitation à un attroupement non armé » - une manifestation d'étudiants qu'il filmait. Il serait même un « informateur » : entendez un espion, un agitateur à la solde d'une « puissance étrangère »,
un de « ces États qui [n']attaquent pas frontalement mais chargent des organisations non gouvernementales de cette mission »... Les ONG ? Khaled est en effet correspondant de Reporters sans frontières ; il est aussi représentant de l'UPF en Algérie, « notre » ONG - dont il possède d'ailleurs une vraie carte de membre journaliste !

Quel redoutable pouvoir serait donc celui d'un journaliste couvrant en tant que correspondant professionnel reconnu les événements de son pays, qu'il n'a pas quitté, pour des médias peu soupçonnables de propagande déstabilisante et révolutionnaire !

Deux ans d'emprisonnement, on n'en est pas encore au démembrement et à la dissolution dans l'acide du corps d'un journaliste, méthode pratiquée ailleurs...

Et personne n'oublie l'assassinat de cent-un (cent-un !) journalistes algériens, honneur et modèle de la profession, pendant la « décennie noire » : C'est la réalité qu'il montre qui dérange, pas le journaliste.
La prison, c'est intolérable pour les nombreuses voix qui s'élèvent partout et pas seulement dans le monde de la Presse. Un groupe d’experts des Droits de l’Homme à l'ONU a condamné le 16 septembre « la peine prononcée contre le journaliste Khaled Drareni » et a appelé les autorités algériennes « à annuler la sentence et à le libérer de prison ». Sur place, ses confrères lui apportent – avec courage puisqu’ils encourent des risques réels – un soutien sans faille et le Collectif de défense de Khaled Drareni a formalisé (avec le consentement du journaliste) un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême.
Mais, soulignent ces avocats : « Nous sommes tous convaincus que la grâce présidentielle est accordée aux détenus coupables. Drareni est innocent. ».
 
Patrice Zehr
Président de l’UPF Monaco
 

UPF Hongrie : Tous mobilisés pour la liberté d'expression !


Cela fait plus d'un mois que de nouvelles initiatives s'organisent autour d'une revendication commune: la défense de la liberté culturelle, académique, médiatique, en somme la liberté d'expression et l'autonomie universitaire.

Les événements s'enchainent à travers tout le pays - partant de l'Université d'Art dramatique et de Cinéma. Les étudiants ont occupé l'Université et y ont introduit leur République.

Nous, journalistes francophones et autres sympathisants sommes, réunis autour de la reproduction humaine du célèbre tableau de Delacroix/ La Liberté guidant le peuple - c'est une symbolique forte pour la liberté de la presse - peu après que l'Index ( média indépendant) se saborde, mais un nouveau média indépendant vient d’être créé : Telex.

LA LIBERTE GUIDANT LE PEUPLE DE DLACROIX


Infos, articles et tables rondes ont évoqué les derniers événements
dans nos médias francophones: hier dans l’émission Mauvaises Ondes, ainsi que dans Courrier d'Europe Centrale et aujourd'hui, le Journal Francophone de Budapest.
 
Eva Vamos, le JFB
Présidente de l’UPF-Hongrie
 
 

UPF Madagascar lance son site web 

L’Union internationale de la Presse Francophone, section Madagascar se dote d’un site web : www.upf.mg.
 
Ce site permettra à la section et à ses membres de se faire connaitre auprès du public.
En effet, le bureau de la section est conscient du potentiel de bon nombre de ses membres dans le domaine professionnel, en plus de leur talent artistique.
Des photojournalistes et artistes sont connus sur le plan international et l’existence de ce site ne peut que les pousser à aller encore plus loin dans leur carrière.
 
Le site permet aussi la promotion et l'organisation d’événements de levée de fonds au bénéfice de l’UPF section Madagascar, entre autres, une vente aux enchères de photos. Kenny J. Raharison sélectionné parmi les 8 bénéficiaires de la bourse d’études Chevening Membre de l’UPF section Madagascar, Kenny J. Raharison a obtenu une bourse d’études du Gouvernement Britannique par le biais du Foreign Commonwealth and Development Office. A travers Chevening, il a choisi la filière MSC International Business à l’Université de Dundee – Scotland UK.
Du gel hydroalcoolique et des masques pour les journalistes
Dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19, la section Madagascar de l'UPF a reçu un don de gel hydroalcoolique de la part de floreAroma. Cette société spécialisée dans la transformation de plantes aromatiques est un partenaire de la presse à Madagascar depuis des années.

Hanta Tiana Ranaivo Rajaonarisoa, son jeune CEO, a précisé qu'elle sera aux côtés de la section UPF Madagascar surtout en cette période difficile qui met les journalistes aux fronts.

L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à Madagascar
a également apporté son appui aux journalistes membres de l’UPF section Madagascar en les dotant de 100 masques.

Les journalistes membres de la section n’ont en effet cessé de travailler durant la période de pandémie de Covid-19. A travers ce don, l’OIF n’a pas seulement équipé les journalistes de matériel de protection, mais a surtout montré son soutien moral envers eux en toutes circonstances. Les masques et le gel hydroalcoolique ont été distribués aux 32 membres de la section à travers Madagascar.
 
 
Décès de Farah Raharijaona
 
Les membres de l’Union internationale de la Presse francophone, section Madagascar, ont le cœur lourd. Fabiola Farah Raharijaona s’en est allée. Elle était membre de l’Union de la Presse francophone depuis 2016. Elle était connue dans le monde du journalisme pour son engagement dans la promotion des droits de l’enfant, de l’équité et de l’égalité. Elle était journaliste de la presse écrite : du Quotidien, de Madagascar Tribune puis du groupe l’Express de Madagascar.

N’ayant pas réussi à suivre toutes les discussions des membres de l’UPF Madagascar sur les réseaux sociaux, Farah insistait par téléphone ou par SMS pour connaître les nouvelles et se renseignait sur ce qu’elle pouvait faire pour l’association. Farah disait « je suis et je serai toujours membre de l’UPF. Quoi qu’il arrive, tenez-moi toujours au courant des activités » et à aucun moment elle n’a failli à ses promesses envers l’Union.
 
 

Chronique de Pierre Ganz :
Les journalistes peuvent-ils payer leurs interlocuteurs ?

DOLLAR-EURO

Le journalisme et l’argent ne font pas bon ménage. La mission d’informer dans le seul  intérêt du public s’accommode mal d’arrières pensées mercantiles.
Un journaliste digne de ce nom ne saurait payer une information ou un informateur. Pourtant le journalisme de chéquier sévit un peu partout.  Il est rarement justifiable.
 
Il y a bien des raisons pour refuser de payer une source. La première est sans doute que témoigner est un acte civique. Si cela devient source de gain, sa spontanéité est suspecte.
La seconde est que payer les témoins, c’est prendre le risque de susciter des témoignages douteux, de voir des dizaines ou des centaines de sources proposer leur « service » aux journalistes.
Ceux-ci perdraient alors la maitrise de leur enquête en devant démêler l’écheveau des « vraies » informations, des informations à « moitié vraies », des informations totalement bidon. Il est remarquable à ce propos que le journalisme participatif, qui consiste à lancer sur internet ou les réseaux sociaux un appel à témoignage sur un sujet (par exemple récemment « l’école à la maison pendant le confinement »), ne propose jamais de rémunération aux répondants.
 
Bien sûr, il arrive que des reporters paient un repas ou un verre ou deux à une source, lui remboursent des photocopies ou la déposent en voiture quelque part. Michael Massing, journaliste américain auteur d’une enquête sur le commerce des drogues, reconnaissait ainsi avoir obtenu certaines informations en échange de cheeseburgers et de cigarettes ! On ne peut parler là de rémunération, tout au plus d’entretien de bonnes relations. Inacceptable par contre le choix de ce reporter français qui avait « aidé » une prostituée à acheter une voiture d’occasion pour « la remercier » de son témoignage, qui s’est avéré faux, contre un élu local.
 
L’argent trouve plusieurs failles pour s’insérer dans l’échange entre le journaliste et ses interlocuteurs. La plus triviale est le culot de certains, qui avant de répondre aux questions d’un journaliste, demandent tout de go «  ce que cela [leur] rapporte ». Ces  clients là sont à fuir, ils sont plus intéressés par leur porte–monnaie que par leur contribution à informer leurs concitoyens. On citera cependant, pour l’anecdote, cette exception évoquée par un confrère indien, qui avait accédé à la demande d’une ancienne gloire de Hollywood la justifiant ainsi : « j'ai 85 ans et je dois commencer à économiser pour mon enterrement ».
Ce confrère avait à juste titre averti ses lecteurs dès le premier paragraphe qu’il avait versé une petite somme à la star déchue pour obtenir ses confidences.
 
La concurrence est un autre facteur de marchandage. Lors d’événements retentissants, il n’est pas rare de voir des magazines ou des chaînes de télévision se livrer à une surenchère sonnante et trébuchante pour arracher l’exclusivité d’un témoignage. La sincérité et la véracité du témoin n’y gagnent pas.
Il se retrouve en situation de conflit d’intérêt, et aura tendance à vouloir répondre aux attentes de ses interlocuteurs. 
C’est une invite à l’exagération voire à l’affabulation pour en donner « pour son argent » au média qui paie.
 
La dérive de l’information vers l’info divertissement qui marque depuis plusieurs années les programmes audiovisuels d’actualité n’arrange pas les choses. Les chroniqueurs / éditorialistes piliers des talk show sont rémunérés à la prestation. Cela les oblige à avoir un avis sur le sujet du jour pour justifier leur présence et leur cachet,  même s’ils n’y connaissent rien ou pas grand chose.
Certains objectent que passer à la télévision, comme expert ou témoin d’occasion, prend du temps. Que ce temps pris sur l’activité principale peut se traduire par une perte de revenu. Cela ne justifie cependant pas une rémunération systématique – sauf dans le cas de chroniqueurs réguliers, qui sont alors plus des comparses de l’animateur que des journalistes. Certains médias compensent en envoyant un taxi chercher leurs invités chez eux (mais cette « largesse » vise aussi à s’assurer qu’ils seront à l’heure en plateau…).
 
La tentation de « payer pour voir » existera toujours chez certains journalistes. Au delà du rappel des règles éthiques, il y existe des tentatives d’encadrer la pratique pour éviter les dérives les plus graves. Le gendarme de l’audiovisuel britannique, l’Ofcom, a par exemple posé des règles pour tenter de limiter l’achat de témoignage - une tradition dans la presse tabloïd qui risquait de se retrouver dans l’audiovisuel. L’Ofcom interdit l’échange financier pour recueillir les propos « de criminels sur leurs crimes ou leur comportement, de toute personne susceptible d'être témoin dans une procédure pénale, d’enfants de moins de 16 ans ou d’une personne vulnérable, de source confidentielle ou d’un dénonciateur, d’une personne secrètement filmée ou enregistrée, d’un fonctionnaire exerçant une fonction publique à des fins d'information ».
 
De même, pour tenter de limiter les dérives, l’ombudsman du quotidien indien The Hindu écrivait « vous ne pouvez pas payer les politiciens, les bureaucrates, les diplomates, les généraux, les hommes d'affaires, les décideurs politiques, les avocats, les juges et tous les titulaires de charges publiques », ce qui donne a contrario une idée de l’ampleur du journalisme de chéquier.
 
Rappelons que la valeur d’une information est déterminée par l’intérêt du public à la connaître, non par l’intérêt d’un journaliste ou d’une source à en tirer profit. Et reprenons la réflexion faite il y a quelques années par le journaliste canadien Ross Howard : «  les médias demeurent des endroits où les citoyens peuvent aller pour offrir gratuitement des informations dont ils disposent et qui sont pertinentes et nécessaires pour le bon fonctionnement de notre société et de nos institutions. Les médias agissent comme des chiens de garde publics. Un garde du même acabit que la police, même s’ils sont complètement distincts. Personne n’appelle la police pour signaler un cambriolage en espérant en tirer 5 000 dollars ».
 
Pierre Ganz
 
 

Chronique de Jean-Claude Allanic :
« Dix petits... »

ROMAN DES 10 PETITS NEGRES D'AGATHA CHRISTIE

 

Les mots d’une langue sont la boîte à outils des journalistes. Des outils explosifs à manier avec précaution. Ils font peur aux gouvernants qui ne veulent pas entendre les aspirations de leur peuple et ne supportent pas les critiques. Les mots deviennent alors des délits conduisant les journalistes en prison. Notre confrère et ami Khaled Drareni peut en témoigner. Malheureusement, il n’est pas le seul dans le monde.

Un mot peut être trompeur. Un pays dont les dirigeants sont, théoriquement, élus « démocratiquement » est-il vraiment une démocratie quand il bafoue les libertés ?  Et quel vocabulaire, nous journalistes, devons-nous employer ?  Je me souviens du renversement de Ceausescu, en décembre 89. « La chute du dictateur roumain » titraient les journaux. Quelques jours auparavant, les mêmes avaient annoncé la réélection triomphale du « président Ceausescu ». Si les mots ont un sens, un pays où la liberté de la presse est bafouée peut-être qualifié, légitimement, de dictature ? Encore faut-il avoir le courage, au-delà des considérations géo-politiques et diplomatiques, d’appeler un chat un chat. Un pays où il n’y a ni liberté d’expression, ni respect des citoyens, ni indépendance des juges, est bien « totalitaire ».

Un mot peut en cacher un autre. Par fantasme, par hypocrisie, par pudeur parfois, on se refuse à utiliser ceux qui conviennent. On a longtemps eu peur du mot « cancer » préférant évoquer, par périphrase, « une longue maladie ». Dans les conflits politico-militaires, les « rebelles » des uns sont les « résistants » des autres et les alliés du moment seront, éventuellement, les ennemis de demain. Quant au domaine religieux, ce qui sépare les « fidèles » des « mécréants » n’est souvent qu’une question de sémantique … et de foi.

Les mots peuvent être aussi des outils de manipulation pour servir ou desservir une cause. J’ai souvent été interpellé, quand j’étais médiateur à France 2, sur le vocabulaire utilisé dans le conflit au Proche-Orient. Fallait-il parler du « mur » entourant les territoires palestiniens ou de « clôture » comme le disait le gouvernement israélien ? . Il me semblait qu’une épaisseur de plus d’un mètre de béton s’apparentait davantage au mur de Berlin qu’à la clôture du champ de mes voisins.

Les mots ne sont pas intemporels.
Ils sont liés à une époque, aux circonstances historiques ainsi qu’à l’évolution des mentalités. Ainsi en va-t-il du politiquement correct du moment.
Les clochards sont devenus des SDF, les homos (comme ils disent) sont devenus gay et les balayeurs sont devenus des techniciens de surface. De leur côté, les noms des métiers se sont féminisés ; pourquoi pas même si ce qui fait le professionnalisme d’une rédactrice en chef, devenue « en cheffe », n’est pas son genre.

Plus fondamental est le débat actuel sur le vocabulaire lié au racisme et aux dominations coloniales du passé.

Dans notre monde contemporain, la connotation raciste des mots « nègre et « négresse » n’est plus à prouver.
Ils renvoient l’homme et la femme noirs au statut de dominés, voire d’esclaves. C’est insupportable. Pour autant, faut-il changer le titre des romans comme ces « Dix petits … » d’Agatha Christie ? Doit-on, dans une biographie de Joséphine Baker, ne plus citer « la revue nègre » qui l’a rendue célèbre ?

Aimé Césaire - qui disait : « j’ai plié la langue française à mon vouloir dire » - tombait-il dans le piège du racisme en parlant de « négritude » ? 

Devrait-on censurer du passé tout ce qui a été dit et écrit d’odieux, de contestable et de mauvais goût sur les peuples, les femmes, les étrangers, les juifs, les rosbifs, les chintoks ou les pollacks et d’une manière sur toutes les minorités ?

J’évoquais plus haut Khaled Drareni.
Il me revient en mémoire son intervention, lors de nos Assises en Arménie, sur les migrations et les migrants. Avec humour, notre confrère était intervenu sur la stigmatisation du mot « noir » dans des expressions françaises comme le « travail au noir », « la noirceur de l’âme » ou le « marché noir ». Il avait répondu : « blancs-becs », « blanchiment d’argent » et « oies blanches ».

Comment, en 2020, les journalistes doivent-ils aborder ce problème des mots ou expressions désormais jugés abominables ? Voilà qui pourrait être une occasion d’échanges entre consœurs et confrères de l’UPF lors de prochaines rencontres. En souhaitant que Khaled, enfin libéré, puisse y participer.

jcallanic@gmail.com

 

EN BREF

Eugénie AW :
Patronne du tribunal des pairs

Le Tribunal des pairs du conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED) a élu à sa tête, vendredi 02 octobre, Eugénie Rokhaya Aw, journaliste et ancienne directrice du CESTI, l’école de journalisme de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar et membre active de l’UPF. Plébiscité par les 12 membres, Mme Aw a été élue, à l’occasion de la première réunion du Tribunal des pairs, installé le 23 septembre dernier, pour un mandat de trois ans.
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Google :
Un milliards de dollars 

1 MILLIARD DE DOLLARS AVEC GOOGLE INVESTISSEMENT EN 2020

La direction de Google vient d'annoncer un nouvel investissement d'un milliard de dollars sur trois ans à destination d'un grand nombre d'éditeurs internationaux en Allemagne, au Brésil, en Argentine, au Canada, au Royaume-Uni ou encore en Australie. En plein bras de fer avec les éditeurs de presse internationaux qui réclament d'être rémunérés pour l’utilisation de leurs articles par le moteur de recherche du géant américain, Google tente ainsi de calmer le jeu.

France :
LVMH au capital de Challenges
Le groupe de médias Challenges va faire entrer dans son actionnariat, à hauteur de 40%, le géant du luxe LVMH via une augmentation de capital, a indiqué son propriétaire Claude Perdriel au journal le Monde.

Le groupe Challenges contrôle le magazine économique du même nom, ainsi que Sciences et Avenir, et les revues L'Histoire, Historia et La Recherche.
 


 

« Les articles 53 et 54 du Code de la presse donnent pleins pouvoirs au CORED pour faire appliquer les décisions du Tribunal des pairs ».

 
En contrepartie, les éditeurs sélectionnés devront permettre à Google d'utiliser leurs contenus dans le cadre de partenariats.
 

LVMH actionnaire de nombreux médias : Les Echos et Le Parisien/Aujourd'hui en France, de Radio Classique, et des magazines Investir et Connaissance des arts.


 

ACTUALITES

Une journaliste russe Irina SLAVINA meurt après s’être immolée par le feu

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Irina Slavina s’est suicidée devant le quartier général de ministère de l’Intérieur de sa ville de Nijni-Novgorod. La veille, des policiers avaient perquisitionné son domicile et emporté son ordinateur et carnets de notes.

Selon la BBC, sept personnes de Nijni-Novgorod, ville industrielle à 400 km à l’est de Moscou, ont au total fait l’objet de perquisitions similaires.

Une heure avant de s’immoler par le feu vendredi 2 octobre, Irina Slavina, rédactrice en chef de 47 ans d’un site d’information local KozaPress, a laissé un message sur page Facebook, rapporte The Moscow Times. Elle y met en cause, sans davantage de détails, “la Fédération de Russie” qu’elle demande de tenir responsable de sa mort.

La BBC décrit sur son site internet des images sur lesquelles on voit la journaliste “sur un banc de la rue Gorki et s’immolant”. Un homme court à son secours mais “elle le repousse à plusieurs reprises alors qu’il essaye d’éteindre les flammes avec son manteau”. Puis, elle s’écroule.

La veille, reprend The Moscow Times, la journaliste avait signalé une perquisition à son domicile de policiers “à la rechercher de preuves de son implication aux côtés de l’opposition”“Ils cherchaient des brochures, des tracts, des factures d’Open Russia [un mouvement pro-démocratie], des icônes avec le visage de Mikhaïl Khodorkovski [un oligarque en exil]”, avait-elle écrit peu après cette descente aux premières heures du jeudi 1er octobre, avant de nier tout lien avec ce mouvement. Elle a précisé que douze hommes avaient fait irruption chez elle et avaient emporté son ordinateur mais aussi celui de son mari et de leur fille.

Harcèlement

 L’an dernier, Irina Slavina, dont le site KozaPress avait pour devise “Aucune censure”, avait écopé une amende pour “irrespect envers les aux autorités”. “Je savais qu’elle était harcelée, placée en détention ou mise à l’amende sans arrêt”, a réagi auprès de la BBC Natalia Gryaznevich, une collaboratrice du fondateur d’Open Russia Mikhail Khodorkovski

À en croire le comité d’enquête contacté par la BBC, Irina Slavina ne devait être entendue qu’en tant que simple témoin dans le cadre d’une enquête visant Mikhaïl Iosilevich. Cet homme d’affaires de Nijni-Novgorod est accusé d’avoir accueilli dans sa drôle d’église (dénommée “Le Monstre des spaghettis volants”) des forums politiques et des sessions de formation d’observateurs électoraux.

Natalia Gryaznevich explique qu’Irina Slavina avait couvert en tant que journaliste un rassemblement en 2019 d’Open Russia, ce qui lui avait valu une amende de 5 000 roubles (55 euros). Les autorités avaient considéré cet évènement comme lié à “une organisation indésirable”.
 

Source : Le Courrier international

 

Extradition de Julian Assange : La justice britannique rendra sa décision le 4 janvier 2021

Julian Assange

La justice britannique a fixé jeudi au 4 janvier sa décision sur la demande d’extradition de Julian Assange, réclamé par les États-Unis qui veulent le juger pour la diffusion de centaines de milliers de documents confidentiels.

En attendant cette décision, attendue donc après la présidentielle américaine du 3 novembre, le fondateur de WikiLeaks restera emprisonné, a précisé la juge Vanessa Baraitser à l’issue de près de quatre semaines d’audiences à la cour criminelle de l’Old Bailey, à Londres.
La justice américaine veut juger l’Australien de 49 ans notamment pour espionnage. Il risque 175 ans de prison pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

WikiLeaks créé par JULIAN ASSANGE



Les États-Unis reprochent au fondateur de WikiLeaks d’avoir mis en danger des sources des services américains, ce qu’il conteste. Parmi les documents publiés figurait une vidéo montrant des civils tués par les tirs d’un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007, dont deux journalistes de l’agence Reuters.

Les avocats d’Assange dénoncent quant à eux une procédure « politique » basée sur des « mensonges ». Or, selon eux, l’accord américano-britannique interdit selon elle « expressément » les extraditions pour les « infractions politiques ».

Il revient à la justice britannique de déterminer si la demande américaine d’extradition qui lui est soumise respecte un certain nombre de critères légaux, et notamment si elle n’est pas disproportionnée ou incompatible avec les droits humains.

« Service public »

Des partisans de Julian Assange, dont son père et sa compagne, se sont réunis jeudi devant l’Old Bailey, procédant notamment à un lâcher de ballons pour les 14 ans de WikiLeaks.
Au fil des quatre semaines d’audiences, de nombreux soutiens se sont succédé à l’extérieur dont la créatrice de mode Vivienne Westwood ou lundi l’artiste et dissident chinois Ai Weiwei, qui a protesté en silence.

« Il n’y a aucune preuve qu’une seule personne ait souffert physiquement à cause de ces publications », a martelé jeudi à l’issue de l’audience sa compagne Stella Morris, soulignant que les auteurs des « crimes perpétrés en Irak ou en Afghanistan » ne sont pas en prison. « Julian, si ».

 « C’est un combat pour la vie de Julian, un combat pour la liberté de la presse et un combat pour la vérité » , a ajouté l’avocate, avec qui il a eu deux enfants pendant qu’il était réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres. « Julian est puni pour avoir réalisé un service public dont nous avons tous bénéficié. » 

Julian Assange a été arrêté en avril 2019 après sept ans derrière les murs de la représentation diplomatique équatorienne, où il s’était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les États-Unis.

À l’audience, la défense d’Assange a cité des témoins, dont l’identité n’a pas été dévoilée pour des raisons de sécurité, qui ont affirmé que l’enlèvement ou même l’empoisonnement du fondateur de WikiLeaks avaient été envisagés. Ils citaient le patron d’une société accusé en Espagne d’avoir espionné Assange dans les locaux de l’ambassade pour le compte d’« amis américains ».
Les conseils d’Assange ont également affirmé que Donald Trump avait, par l’iintermédiaire d’un ancien élu américain, proposé de gracier Assange s’il disculpait la Russie dans la fuite d’courriels internes au parti démocrate, qui avait affaibli sa rivale Hilary Clinton à la présidentielle de 2016. Une affirmation démentie par la Maison-Blanche et l’ex-élu.

Le fondateur de WikiLeaks est emprisonné à la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh, où ses conditions de détention ont été dénoncées par le rapporteur de l’ONU sur la torture.

Selon un psychiatre qui l’a examiné, l’Australien présente un risque de suicide « très élevé » s’il devait être extradé vers les États-Unis.

Les pulsions suicidaires de M. Assange « proviennent de facteurs cliniques […] mais c’est l’imminence de l’extradition qui déclenchera la tentative », a déclaré le psychiatre Michael Kopelman lors d’une audience fin septembre, estimant que son état « se détériorer considérablement» s’il est extradé.  
 
Source : AFP
 
 

Egypte : Une journaliste arrêtée après avoir enquêté sur des manifestations

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Les autorités égyptiennes ont arrêté une journaliste alors qu'elle enquêtait sur les suites de récentes manifestations de petite ampleur dans un village près de Louxor, dans le Sud de l'Egypte, ont indiqué son avocat et son employeur.

Basma Mostafa a été déférée au parquet dimanche 4 octobre, après avoir disparu la veille alors qu'elle effectuait un reportage dans un village près de Louxor. Elle s'intéressait à la mort d'un homme qui aurait été tué par la police pendant des manifestations d'ampleur limitée en septembre, selon Al Manassa, journal en ligne indépendant pour lequel elle travaille.

"Le parquet a ordonné qu'elle reste en détention pendant 15 jours dans l'attente d'investigations sur des chefs d'accusation d'appartenance à un groupe terroriste et de diffusion de fausses nouvelles", a expliqué son avocate, Hala Doma, sur Facebook dimanche soir.

Des dizaines d'Egyptiens ont participé à des manifestations de faible ampleur en septembre, selon des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, en particulier par des sympathisants des Frères musulmans, organisation interdite en Egypte. Ces rassemblements ont eu lieu dans un contexte de colère, en particulier dans les zones rurales, face aux réformes économiques menées par le gouvernement depuis 2016 et à une campagne visant à faire cesser les constructions illégales, à l'aide notamment d'amendes aux contrevenants.

Un entrepreneur égyptien vivant en Espagne, Mohamed Aly, critique du président Abdel Fattah al-Sissi et de l'armée,

avait appelé à des manifestations, des appels relayés par des médias proches des Frères musulmans. La semaine dernière, M. Sissi a mis en garde contre des tentatives de déstabilisation du pouvoir par des appels à manifester.

Plusieurs vidéos de manifestants se sont avérées fabriquées (ou fausses) selon la cellule Fact-checking de l'AFP chargée de vérifier les informations circulant sur les réseaux sociaux.

Vendredi, Amnesty International a exhorté les autorités égyptiennes à libérer des centaines de personnes arrêtées en septembre lors des manifestations. 

Depuis 2013 et la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée, les autorités égyptiennes ont mené une répression féroce contre toute forme d'opposition. Des militants politiques, des avocats, des universitaires mais aussi des journalistes ont été arrêtés et emprisonnés.

L'Egypte occupe le 166e rang sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.

L’Orient-le Jour
 

France : Une alliance pour la traçabilité
de l'information


L’Alliance, qui représente 300 journaux d’information politique et générale, dont Ouest-France, vient de rédiger une charte de traçabilité dans laquelle chaque média s’engage à sourcer correctement l’information. En voici le contenu.
 
« Pour produire chaque article, chaque vidéo, chaque photo, chaque son que vous avez sous les yeux ou dans les oreilles, des femmes et des hommes réalisant de nombreux métiers interviennent : des reporters et reportrices, des photographes, des vidéastes, des relecteurs et relectrices, des secrétaires de rédaction, des maquettistes… Sans oublier des rotativistes, des porteurs et porteuses, des diffuseurs et d’autres centaines de salariés et salariées qui font “tourner la machine”. Si elle est un bien commun, l’information est coûteuse à produire. Vous lui accordez de la valeur, elle a donc un prix.

Une information fiable

La crise du Covid-19 a encore une fois montré le besoin d’une information fiable, vérifiée, hiérarchisée, proche de vous et de vos préoccupations. A l’heure où sont menacés les équilibres financiers de la presse (qui vit d’un savant équilibre entre les ventes et abonnements papier comme numérique, les recettes publicitaires et les subventions publiques), des dizaines de journaux s’engagent (dont Ouest-France).
 
Sourcer correctement l’information
 
D’une part, une charte de traçabilité a été signée dans le cadre de l’Alliance de la presse d’information générale (qui réunit 300 titres de presse) dans laquelle chaque média s’engage à sourcer correctement l’information. C’est-à-dire à expliquer clairement au lecteur d’où vient cette information en l’attribuant au média (fut-il concurrent) qui l’a révélé. C’est un gage de transparence pour que, vous lecteurs, puissiez remonter le fil de cette information. Cette traçabilité vous est due. Sur Internet, un lien est également obligatoire qui vous permet d’avoir accès à l’article d’origine. C’est aussi un moyen pour notre média d’être reconnu auprès de vous quand il est repris par d’autres.

Contenus payants

D’autre part, nous rappelons aux acteurs de la vie politique, économique, sportive, associative qu’il est interdit de diffuser gratuitement nos contenus payants : que ce soit par le biais de copies d’écran ou de photos sur les réseaux sociaux mais aussi de copier-coller des contenus pour
diffusion sur un site, un blog ou tout autre support. Ou même de partage gratuit d’une édition complète sur une messagerie regroupant des dizaines de membres.
Si vous voulez partager nos articles, renvoyez vers leur version sur le web ou dites à vos contacts de vous rendre chez vos marchands de presse (qui souffrent également). Ce non-respect de la propriété intellectuelle est passible de poursuites, mais, surtout, il met en danger la production d’informations de qualité. Le photopillage tue la presse.

Nous savons pouvoir compter sur vous parce que notre journal est votre journal. Et que son avenir sera garanti si chacun lui reconnaît sa valeur et donc son prix.
L’Alliance représente 300 journaux d’information politique et générale. Elle travaille avec les acteurs de la presse en France pour relever les défis auxquels sont confrontés les éditeurs de presse tels que les enjeux industriels et la transition numérique. »

Charte de l’Alliance 

Le constat : 
A de trop nombreuses reprises, des membres de l’Alliance ont remarqué que les règles de base permettant la traçabilité de l’information, à savoir la citation de la source (nommer le média qui a révélé cette information) et le renvoi vers l’article d’origine via un lien externe sur le web, n’étaient pas respectées. La plupart du temps, cela est dû à l’absence de mode d’emploi partagé dans les rédactions. Les signataires, respectueux du principe de base de l’éthique journalistique que constituent ces deux grands principes (sourcer et renvoyer vers l’article d’origine), ont décidé de respecter les engagements suivants.

Les engagements : 

Les signataires s’engagent à :
1. sourcer explicitement et assez haut dans l’article le média à l’origine de l’information exclusive (enquête, investigation) qui a été reprise. Quels que soient le mode de traitement et le support.
2. pour les versions numériques, à clairement renvoyer, par un lien hypertexte vers l’article à l’origine de ce scoop ou de cette révélation.
3. fournir à la commission Information de l’Alliance un email de contact qui permettra aux différents membres d’avoir un moyen rapide dans chaque rédaction numérique de faire ajouter la source et/ou le lien manquant.
4. mettre en place en interne une communication claire sur ces pratiques, les coordonner au sein des groupes de presse et accepter que l’Alliance fasse remonter les cas répétés de mauvaises pratiques.
Ces engagements ne sont pas limités à l’information originelle ; ils sont également appliqués à toute reprise et enrichissement d’info, qui ont un caractère exclusif.
 
Source : Ouest-France
 

Côte d'Ivoire : La presse en ligne s'autorégule pour plus de crédibilité


La presse en ligne de Côte d’Ivoire, à travers l’Observatoire des médias numériques de Côte d’Ivoire (OMENCI), créé par le Réseau des professionnels de la presse en ligne (Repprelci), s’auto-régule pour plus de crédibilité des productions en ligne.

Au cours d’un atelier sur la place des femmes et des discours religieux dans les médias, vendredi 18 septembre à l’ISCT Polytechnique de Codcody, dans l’Est d’Abidjan, le président du Repprelci, Lassina Sermé, a présenté l’OMENCI, un instrument qui permet de casser les codes négatifs sur ces deux facteurs.

Cet observatoire a pour mission de veiller au respect de l’éthique et la déontologie du secteur, de promouvoir à la liberté de la presse et assurer la médiation. Il fait des monitorings sur la base d’une grille de lecture qui permet d’indexer les articles contraires à la déontologie.

En cas de manquements, l’OMENCI procède à des interpellations de l’organe de presse, qui peuvent être suivies de sanctions. L’observatoire associe, entre autres, un représentant des journaux en ligne, des agrégateurs, des consommateurs des productions des médias numériques, des web Tv et des web radios.

Il peut être saisi à tout moment par tout intéressé, mais par écrit. Si l’élément incriminé est avéré, l’Observatoire peut prononcer des sanctions disciplinaires : l’avertissement, le blâme, l’amende, proposer le retrait de la carte de journaliste professionnel.

Quant à la place des femmes dans les médias, sujet dominant des échanges, M. Sermé a fait savoir que les femmes ont beaucoup de potentialités, toutefois elles devraient oser et avoir beaucoup de

courage pour s’engager dans des débats et des organismes afin d’avoir droit aux chapitres de discussions.

Lucien Houedanou, journaliste consultant, a pour sa part, appelé les femmes à occuper les espaces existant pour parler des questions de femmes. A l’endroit des médias, il a invité ses confrères à « multiplier et assurer les articles qui valorisent le droit des femmes ».

« On peut proposer que les religieux mettent en lumière à la lecture des livres saints la promotion de la femme parce qu’elles existent et il faut faire attention à les mettre en évidence », a -t -il poursuivi, soutenant qu’il faut mettre dans les contextes ce que les saintes écritures disent sur la femme.

Le président du Repprelci a rappelé que, selon des données de janvier 2020, la Côte d’Ivoire compte plus de 12 millions de personnes utilisateurs de l’Internet et 4,9 millions sur les réseaux sociaux. Et, plusieurs femmes sont connectées à Internet.

La Côte d’Ivoire qui enregistre quelque 25 millions d’habitants compte un nombre de « plus de 31 millions de personnes ayant des mobiles connectés à Internet ». Ce qui dénote de l’importance de l’espace numérique dans le pays.

AbidjanNet
 

UPF : Lancement de la campagne d'adhésion 2021

La campagne d'adhésion/renouvellement est lancée. Les demandes sont à envoyer à vos sections respectives qui se chargeront de les centraliser et de les valider en amont avant l'envoi au secrétariat international à Paris. Nous vous invitons donc à prendre contact sans tarder avec vos sections dans vos différents pays pour l'envoi de vos demande d'adhésion ou de renouvellement 2020. Ces demandes seront ensuite validées par le secrétariat général.

Pour les pays qui ne disposent de section nationale, les demandes sont à envoyer de façon individuelle à Paris à l'adresse suivante : union@presse-francophone.org.

Cette année, l'UPF met en place un nouveau dispositif pour l'adhésion et le payement en ligne. Ce système est en cours de finalisation et les procédures vous seront communiquées incessamment.
 
L'UPF ne vit que par et pour ses adhérents. Nous vous attendons nombreux pour 2021 que nous vous souhaitons une année belle et heureuse. Une année de consécration de la liberté d'expression et d'information. Une année de paix et de sécurité pour les journalistes partout dans le monde.

TELECHARGER LE BULLETIN D'ADHESION /
https://mcusercontent.com/3c6ca9fcb7350e140c279ae97/files/536170ad-0c6f-40aa-a792-63f7dac00b19/Fiche_renouvellement_adhesion_2021.doc
 
 
 
INFOLETTRE EDITEE DEPUIS MARS 2014
Droits réservés:  © UPF INTERNATIONALE


Directrice de la publication : Zara Nazarian
Rédactrice en chef : Khadija Ridouane

Adresse : 
3, Cité Bergère 75009 Paris
Téléphone : 33 (0) 1 47 70 02 80
Courriel : direction@presse-francophone.org
Site web : www.presse-francophone.org

 

Gérard DIACONESCO

Membre de l'UNION de la Presse Internationale Francophone depuis 2010 USA-ITALY

Membre de Reporters sans Frontières 

Rédacteur en Chef de DIACONESCO.TV

Manager de la Compagnie INTERNET COUNCIL LLC - USA

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Reporters sans Frontières R.S.F

RSF 2020

 

G20, RSF lance un compte à rebours « J-50 » et une pétition pour que progresse la liberté de la presse

 

A l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat du chroniqueur saoudien Jamal Khashoggi et à 50 jours du sommet du G20 à Riyad, Reporters sans frontières (RSF) lance un compte à rebours « J-50 » et une pétition appelant les capitales du G20 à obtenir des avancées concrètes en matière de liberté de la presse en Arabie saoudite - à commencer par la libération des 34 journalistes détenus dans le pays.

Les 21 et 22 novembre prochains, l’Arabie saoudite accueillera virtuellement le sommet du G20 à Riyad, alors que le royaume détient l’un des pires bilans au monde en matière de liberté de la presse. Pour demander des comptes à l’Arabie saoudite et l’amener à prendre des mesures pour obtenir des avancées concrètes en matière de liberté de la presse, RSF lance une pétition auprès des capitales du G20. 

L’Arabie saoudite figure parmi les plus grandes prisons du monde pour les journalistes, avec 34 d’entre eux moisissant actuellement derrière les barreaux en raison de leur métier. Nombre de ces journalistes ont subi de mauvais traitements en détention. RSF a mené plusieurs campagnes pour leur libération et a soumis directement leur cas au gouvernement saoudien, lors d’une mission sans précédent de défense de la liberté de la presse dans le pays, en avril 2019. 

A cela s’ajoute l’impunité qui continue d’entourer le terrible assassinat, le 2 octobre 2018, du chroniqueur saoudien Jamal Khashoggi au sein de l’ambassade d’Arabie saoudite à Istanbul en Turquie. Un procès à huis-clos, auquel ni le public ni les médias n’ont eu accès, s’est conclu par la condamnation de huit accusés non identifiés à des peines de prison et par l’acquittement de trois autres – dans le mépris total de toutes les normes internationales. Aucune enquête internationale indépendante n’a eu lieu. 

« En négligeant les graves violations de la liberté de la presse qui continuent de sévir en Arabie saoudite, les participants au sommet menacent leur propre réputation, déclare le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. RSF est cependant convaincu que cette réunion représente au contraire l’occasion de réfléchir à la mise en œuvre de réformes positives. Nous appelons les capitales du G20 – de Londres à Berlin – à exhorter l’Arabie saoudite à libérer les 34 journalistes détenus dans le royaume et à commencer à inverser leur terrible bilan en matière de liberté de la presse. »  

Le gouvernement saoudien a déclaré que les trois principaux objectifs de la présidence 2020 du G20 sont de « donner les moyens aux peuples d’acquérir leur autonomie », de « préserver la planète » et de « dessiner de nouvelles frontières ». Mais ces buts ne pourront être atteints si les membres du G20, et en particulier l’Etat assurant la présidence, ne respectent pas leurs engagements internationaux en matière de liberté de la presse. 

Un compte à rebours « J-50 » sur la page d’accueil du site de RSF énumérera les jours qui restent avant l’ouverture du sommet de Riyad des 21 et 22 novembre, déterminant ainsi une date butoir pour les Etats membres du G20 dans la mise en œuvre d’avancées en matière de liberté de la presse en Arabie saoudite. La veille du sommet, RSF remettra la pétition aux autorités dans les capitales clés du G20. 

L’Arabie saoudite occupe le 170e rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2020.

RSF 2020