Le virus SARS-CoV-2 donnant la maladie Covid-19 a t-il été fabriqué ? Partie 1

 

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par Candice Vacle. 

PARTIE I

Est-il possible de fabriquer un virus ?

Le Covid-19 est la maladie résultant de l’infection par le virus SARS-CoV-2.

D’où vient le virus SARS-CoV-2 ? Est-il naturel ?

Cette hypothèse n’a pas été vérifiée car, depuis l’émergence du SARS-CoV-2, les scientifiques n’ont toujours pas trouvé le chaînon manquant, c’est-à-dire l’espèce hôte intermédiaire entre la chauve-souris (identifiée comme le réservoir ancestral du virus) et l’espèce humaine1. Puisqu’il n’y a pas de preuve que le SARS-CoV-2 soit naturel, on peut se demander : le SARS-CoV-2 a-t-il été fabriqué ?

Peut-on créer un virus ?

La technique de synthèse de gène

Jacques van Helden, bio informaticien, auteur d’une étude intitulée « Retrouver les origines du SARS-CoV-2 dans les phylogénies de coronavirus », étude à laquelle il a participé avec cinq autres scientifiques dont Étienne Decroly, virologue spécialiste des virus émergents, dit dans une vidéo pédagogique de l’Université populaire de Marseille, du 12 octobre 2020 (youtube.com/13cQTG5lhLk), à partir de la minute 7:50 : « Étienne [Decroly, virologue] nous a expliqué […] qu’aujourd’hui, avec les techniques de biologie synthétique, si on dispose d’une séquence biologique complète, on peut très facilement envoyer la séquence, c’est-à-dire la succession des lettres qui est dans un fichier d’ordinateur, on peut envoyer ça à une compagnie qui fait de la synthèse d’ADN ou d’ARN et obtenir le génome, le vrai génome d’un virus qui peut ensuite être activé, infecter des cellules et injecter dans les cellules et faire des vrais virus qui ont la capacité de se transmettre tout seuls. Et, Étienne [Decroly, virologue] vous a dit que dans le cas du SARS-CoV-2, c’est l’une des premières choses qui a été faite. En un mois, il y a des laboratoires qui, sur base de la séquence qui avait été publiée dans les journaux et que l’on trouve dans les bases de données, ont re-généré un vrai virus. […] Dans ce contexte, la question se pose, est-il [le SARS-CoV2] d’origine naturelle ou artificielle ? »

En bref, « aujourd’hui, obtenir ou faire synthétiser une séquence génétique [de virus] est à la portée de n’importe quel laboratoire », dit le virologue Étienne Decroly, directeur de recherche au CNRS au laboratoire Architecture et Fonctions des Macromolécules biologiques (CNRS/Aix-Marseille Université) et membre de la Société française de Virologie.2

Y a-t-il d’autres méthodes permettant de fabriquer un virus ?

La technologie de l’ADN recombinant

Jacques van Helden explique3 qu’une autre méthode permet de fabriquer un virus telle la technologie de l’ADN recombinant, qui existe depuis les années 1970. Pour comprendre d’une manière générale cette technologie de l’ADN recombinant, il est utile de savoir qu’une enzyme de restriction est une protéine capable de couper un fragment d’ADN au niveau d’une séquence de nucléotides caractéristiques, séquence appelée site de restriction.4

Jacques van Helden, à partir de la minute 50:20[3], dit :

« Les enzymes de restriction sont utilisées […] comme ciseaux moléculaires, si je puis utiliser une métaphore. Les ciseaux moléculaires c’est ce que les biologistes moléculaires utilisent pour découper l’ADN et le recoller et pour mettre ensemble des morceaux d’ADN qui, d’habitude, ne sont pas ensemble. Donc, c’est un outil extrêmement puissant qui a donné naissance à ce qu’on appelle aujourd’hui les biotechnologies. Toutes les biotechnologies sont basées sur le fait que l’on fait de l’ADN recombinant sauf que l’on recombine à façon, en laboratoire, en utilisant des enzymes de restriction. […] Chaque enzyme de restriction reconnaît une séquence particulière. » Cette « chirurgie génétique », contrairement aux techniques de biologie synthétique, peut laisser des sortes de « cicatrices » au niveau des « sites de restriction ».

Comme le SARS-CoV-2 est un virus enveloppé à ARN, pourquoi utiliser la technologie de l’ADN recombinant puisqu’il s’agit d’ARN (et pas d’ADN) dans le SARS-CoV-2 ? Est-ce qu’une technologie de l’ADN recombinant peut modifier un ARN de virus à ARN ? Un enseignant-chercheur de l’Université de Grenoble Alpes qui préfère rester anonyme et dont j’ai vérifié les compétences (on l’appellera « le scientifique anonyme grenoblois ») répond : « Oui, les technologies d’ADN recombinant peuvent être utilisées pour « produire un virus à ARN », mais pas en une seule étape. Cependant, à l’heure de la synthèse de gène, il est plus rapide de passer par une telle synthèse ».5

Des méthodes plus récentes que la technologie de l’ADN recombinant pourraient-elles aussi permettre de fabriquer un virus ?

CRISPR-Cas9 et CRISPR-Cas13 ?

La Française Emmanuelle Charpentier et l’Américaine Jennifer Doudna, deux généticiennes, ont mis au point une technologie appelée Crispr-Cas9 correspondant à des « ciseaux génétiques » capables de modifier des gènes.

E. Charpentier est microbiologiste, généticienne, biochimiste française et directrice de l’Institut Max-Planck d’infectiologie, à Berlin. Lors d’une conférence à l’Académie des Sciences le 22 mars 2016, elle a dit : Crispr-Cas9 « apporte une technologie révolutionnaire dans l’édition du génome. Et c’est donc cette technologie qui permet […] une chirurgie précise de gène dans virtuellement pratiquement toute cellule et organisme qui peut être modifié, éthiquement parlant »6,7. Cette innovation « permet de cibler une zone spécifique de l’ADN, de la couper et d’y insérer une autre séquence génétique. » Elle « étend les possibilités de retouche génétique à l’infini », s’enthousiasme le journal du CNRS[6]. « C’est un outil extraordinaire, confirme […] Pascale Cossart, professeure à l’Institut Pasteur ». « La méthode est rapide, il [l’outil] est extrêmement précis »8,9. « Grâce aux « ciseaux génétiques » Crispr-Cas9, il est désormais possible de changer le code de la vie en quelques semaines ».[9]

Pour honorer cette invention Crispr-Cas9, le prix Nobel de chimie 2020 a été attribué à E. Charpentier et J. Doudna, le 7 octobre 2020. L’enthousiasme pour ce prix Nobel s’est largement exprimé dans les médias mainstream sans jamais (pour ce que j’ai pu lire et entendre) se demander si cette invention aurait permis la fabrication du SARS-CoV-2, ou si Crispr-Cas9 ouvrait une boîte de Pandore pour l’humanité ? Modifier des gènes ! Faire du « copier coller » avec des gènes aurait pu inviter à un peu plus de réflexion éthique médiatique. Il est vrai que cette technologie devrait, entre autres, aussi, permettre de « guérir des maladies génétiques ».10

Les « ciseaux génétiques » Crispr-Cas9 pourraient-ils permettre de créer un virus ?

Dans l’émission « Crispr-Cas9 : la grande menace de la génétique » de France Culture en 2017, il est écrit : « Les conseillers scientifiques de Barack Obama envisagent ouvertement l’utilisation de Crispr-Cas9 pour créer un virus d’un genre nouveau, mortel pour l’homme ». De ce que je comprends, ces conseillers envisageaient non pas de créer un tel virus, mais ils envisageaient qu’un tel virus puisse être créé par d’autres pays à des fins malveillantes.11,12

Donc, en se basant sur tout ce qui précède, tout laisse penser que, oui, la méthode Crispr-Cas9, si elle est utilisée à mauvais escient, pourrait permettre de fabriquer un virus et que ce virus fabriqué pourrait être dangereux, voire mortel !

Alors apparaissent des coïncidences historiques.

– E. Charpentier fait sa conférence à l’Académie des Sciences le 22 mars 2016.

– Trois mois plus tard, elle participe à la réunion Bilderberg en juin 2016, lors de laquelle l’un des thèmes était « innovation technologique ». Ce groupe nommé Bilderberg réunit chaque année, en secret, des personnes ayant des postes-clefs des pouvoirs, de la politique, de l’économie, de la défense militaire et de la connaissance.13

– Le SARS-CoV-2 perturbe le monde principalement en 2020.

– E. Charpentier obtient le prix Nobel en 2020, année du Covid-19.

Se pourrait-il que Madame Emmanuelle Charpentier ait été consultée lors de la réunion secrète Bilderberg 2016, afin de connaître la faisabilité de la fabrication d’un virus ?

Ce n’est qu’une hypothèse sans grand fondement, il est vrai, puisque les discussions abordées lors de cette réunion, restent secrètes et les membres Bilderberg restent muets concernant leurs activités secrètes.[13]

Le SARS-CoV-2, s’il a été fabriqué, peut-il être issu de la technologie Crispr-Cas9 ?

La technologie CRISPR-Cas9, permettant de modifier l’ADN, devrait permettre la fabrication d’un virus à ADN. Or, il se trouve que le SARS-CoV-2 est un virus enveloppé à ARN. Une autre technologie CRISPR permet de modifier l’ARN, c’est CRISPR-Cas13. La technologie CRISPR-Cas13 pourrait-elle permettre la fabrication d’un virus à ARN, comme le SARS-CoV-2? Le scientifique anonyme grenoblois répond que la technologie CRISPR-Cas13 pourrait probablement être utilisée pour « produire un virus à ARN », « mais les attentes concernant cette technologie très prometteuse sont avant tout de pouvoir développer de nouvelles approches thérapeutiques pour le traitement de maladies génétiques ».[5]

Le virus SARS-CoV-2 a-t-il été fabriqué ?

À partir de la prochaine partie de cet article, nous porterons un regard sur différents points de vue scientifiques traitant de cette question.

 

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PARTIE II

par Candice Vacle.

Regard sur le point de vue du Pr Luc Montagnier

Puisqu’il n’y a pas de preuve que le SARS-CoV-2 soit naturel, on peut se demander :

Le SARS-CoV-2 a-t-il été fabriqué ?

Dans la partie précédente, il a été expliqué qu’il existe plusieurs technologies qui pourraient permettre de fabriquer un tel virus. Il peut être technologiquement possible de le faire, notamment avec les techniques de synthèse de gène.

Le SARS-CoV-2 pourrait-il donc avoir été fabriqué ?

Le 17 avril 2020, sur Cnews, le Pr Luc Montagnier, prix Nobel de médecine a ouvert médiatiquement le sujet. Il a dit, à propos du SARS-CoV-2 : « Nous en sommes arrivés à la conclusion qu’il y a eu une manipulation sur ce virus. Une partie, je ne dis pas le total. Il y a un modèle qui est le virus classique, mais auquel on a ajouté par-dessus des séquences du VIH ».1

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Pr. Luc Montagnier

Un généticien n’abonde pas dans le sens du Pr Luc Montagnier. C’est Christian Vélot, qui est aussi président du Conseil scientifique du Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le Génie génétique (CRIIGEN). Dans un texte du 8 octobre 2020, il explique que les ressemblances génétiques sur lesquelles Pr Montagnier base ses arguments scientifiques « sont courantes » dans la mesure où ces séquences génétiques communes au génome du VIH sont très courtes et sont également retrouvées dans d’autres génomes de pathogènes. Pour autant, il n’exclut pas « l’hypothèse d’une manipulation humaine » et penche pour une origine « inconnue » du SARS-CoV-2.2

Depuis, le Pr Luc Montagnier, bien que vilipendé, a réitéré son point de vue le 17 décembre 2020, dans une interview. Selon lui, le SARS-CoV-2 est un virus de synthèse et « il y a aussi de la malaria » à l’intérieur (minute 4:48). En bref, le SARS-CoV-2, selon lui, est de fabrication humaine. [1]

Y a-t-il d’autres scientifiques pensant que le SARS-CoV-2 a été fabriqué ?

Dans la partie suivante de cet article (la troisième), nous verrons le point de vue de Li-Meng Yan, une virologue chinoise, dont les publications et entretiens de 2020 allèguent que le SRAS-CoV-2 pourrait avoir été fabriqué dans un laboratoire du gouvernement chinois.

 

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PARTIE III

par Candice Vacle.

Regard sur le point de vue de la virologue, Li-Meng Yan

Puisqu’il n’y a pas de preuve que le SARS-CoV-2 soit naturel, on peut se demander : le SARS-CoV-2 a-t-il été fabriqué ?

Dans les parties précédentes, il a été expliqué qu’il existe plusieurs technologies qui pourraient permettre de fabriquer un tel virus. Il peut être technologiquement possible de le faire, notamment avec les techniques de synthèse de gène. Nous avons également vu précédemment que le Pr Luc Montagnier pense que le SARS-CoV-2 provient d’un virus classique, auquel auraient été ajoutées des séquences du VIH et de la malaria. Christian Vélot, généticien et président du Conseil scientifique du Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le Génie génétique ne souscrit pas à l’avis du Pr Montagnier concernant l’ajout de séquences génétiques de VIH au SARS-CoV-2 car ces séquences sont de courte distance et peuvent être retrouvées dans d’autres génomes de pathogènes.

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Que dit Li-Meng Yan, une virologue chinoise, dont les publications et entretiens de 2020 allèguent que le SRAS-CoV-2 pourrait avoir été fabriqué dans un laboratoire du gouvernement chinois ?1

Dans sa publication du 14 septembre 2020 intitulée « Des caractéristiques inhabituelles du génome du SRAS-CoV-2 suggèrent une modification sophistiquée en laboratoire plutôt qu’une évolution naturelle et une délimitation de sa voie de synthèse probable »2, elle écrit :

« La théorie alternative que nous suggérons est que le virus pourrait avoir été créé en utilisant le(s) coronavirus de chauve-souris ZC45/ZXC21 comme épine dorsale et/ou comme modèle. La protéine Spike […] aurait dû être manipulée artificiellement, […]. Ceci est confirmé par la découverte d’un site […] de restriction […]. Un site de clivage inhabituel de la furine a pu être introduit et inséré à la jonction S1/S2 de la protéine Spike, ce qui contribue à l’augmentation de la virulence et de la pathogénicité du virus ».

Ici, un site de restriction serait, selon elle, l’élément pouvant confirmer une manipulation artificielle du SARS-CoV-2.

D’autres sites de restriction ont été détectés dans le SARS-CoV-2 par Li-Meng Yan, explique Jacques van Helden, bio-informaticien dans une vidéo du 12 octobre 2020 (lire texte minute 1:08:08).3

Qu’est-ce qu’un site de restriction ?

Un site de restriction est une courte séquence d’ADN reconnue spécifiquement par une enzyme de restriction puis coupée par cette même enzyme spécifique (une enzyme de restriction)4,5. « Un site de restriction présent dans un génome, alors qu’il ne l’est pas dans les génomes d’espèces très proches, pourrait constituer une « cicatrice de l’ingénierie moléculaire », c’est-à-dire la trace d’ une « opération génétique » (addition de séquence d’ADN par exemple), qui a été effectuée à cet endroit du génome ».6

Le fait qu’il y ait de tels sites de restriction dans le génome du SARS-CoV-2 est-il la preuve qu’il y ait eu une manipulation humaine ?

Jacques van Helden explique que d’un point de vue statistique, la présence d’un site de restriction n’est pas vraiment significative et ne démontre pas une fabrication humaine. Et, selon lui, même si on ne trouvait pas de site de restriction, ceci ne signifierait pas qu’il n’y a pas eu d’ingénierie puisqu’on peut facilement construire un génome grâce à la biologie synthétique (technique de synthèse de gène), et donc sans avoir recours à des enzymes de restriction. Ceci dit, la non-significativité statistique n’exclut pas non plus la possibilité que des chercheurs aient utilisé ces sites pour faire des recombinaisons génétiques.[3]

Un autre argument en défaveur de l’hypothèse Li-Meng Yan, mentionné par Jacques van Helden, est que ces sites de restriction sont également retrouvés dans le génome de nombreux virus naturels de chauve-souris et de pangolins. (lire texte à la minute 1:08:24)[3]

Li-Meng Yan, dans une seconde pré-publication, amène d’autres éléments que je n’ai pas approfondis.7

Dans la lignée des travaux de Li-Meng Yan, Alexandra Henrion-Caude, généticienne et ancienne directrice de recherche à l’INSERM, fait une observation du SARS-CoV-2 l’amenant à penser que l’hypothèse d’une fabrication humaine en laboratoire du SARS-CoV-2 est hautement concevable. C’est ce que nous verrons dans la quatrième partie de cet article.

Candice Vacle

 

PARTIE IV 

Regard sur le point de vue de la généticienne, Alexandra Henrion-Caude

Puisqu’il n’y a pas de preuve que le SARS-CoV-2 soit naturel, on peut se demander :

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Le SARS-CoV-2 a-t-il été fabriqué ?

Dans les parties précédentes, il a été expliqué qu’il existe plusieurs technologies qui pourraient permettre de fabriquer un tel virus. Il est technologiquement possible de le faire, notamment avec les techniques de synthèse de gène. Pr Luc Montagnier pense que le SARS-CoV-2 provient d’un virus classique, auquel auraient été ajoutées des séquences du VIH et de la malaria. Christian Vélot, généticien et président du Conseil scientifique du Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le Génie génétique ne souscrit pas à l’avis du Pr Montagnier concernant l’ajout de séquences génétiques de VIH au SARS-CoV-2 car ces séquences sont de courte distance et peuvent être retrouvées dans d’autres génomes de pathogènes. La virologue Li-Meng Yan pense que le SARS-CoV-2 pourrait avoir été créé car son génome contient plusieurs sites de restriction. Son point de vue est contrebalancé par celui du bio-informaticien Jacques van Helden, qui n’y voit là aucune preuve car ces sites sont également retrouvés dans le génome de nombreux virus naturels de chauve-souris et de pangolins.

Dans la lignée des travaux de Li-Meng Yan, Alexandra Henrion-Caude, généticienne et ancienne directrice de recherche à l’INSERM, fait une observation du SARS-CoV-2 l’amenant à penser que l’hypothèse d’une fabrication humaine en laboratoire du SARS-CoV-2 est hautement concevable. C’est très technique. Voici ce qu’elle dit en octobre 2020, dans une vidéo de Nexus :

« La séquence du SARS-CoV-2 présentait une originalité hors du commun par rapport aux autres coronavirus. Dans ce virus, ce virus a un certain nombre d’informations pour pouvoir infecter les cellules. Une de ces informations c’est ce qu’on appelle la protéine S. C’est d’ailleurs sur cette protéine que toutes les stratégies vaccinales sont générées. La protéine S est l’une des informations du génome de ce virus et elle est constituée de deux éléments S1 et S2. Dans tous les coronavirus S1 et S2 sont juxtaposés. Et, dans ce coronavirus SARS-CoV-2, [ces deux éléments] sont écartés par l’insertion d’une séquence qui a pour originalité de conférer aux cellules humaines, la possibilité d’être infectées par ce virus. C’est ce qu’on appelle […] le gain de fonction. Qu’une telle information gain de fonction arrive dans le virus, pile au niveau de la jonction S1, S2 ». « Ça mérite de se poser des questions ». « L’hypothèse [d’une fabrication humaine du SARS-CoV-2 ?] est tout à fait plausible, elle ne peut pas être écartée ».1

Elle ajoute, le 29 octobre 2020, dans une autre vidéo de Nexus :

« Ce principe même de mettre une séquence clivable [insérée entre S1 et S2] que l’on peut couper par de la furine au milieu de protéines membranaires virales n’est pas naturel. Pourquoi je le sais ? C’est parce qu’elle a fait l’objet d’un brevet. On ne brevète pas les choses qui sont naturelles. On brevète à partir du moment où il y a un peu d’ingénierie humaine, un peu de réflexion. Le brevet 7,223,390 B22 rapporte très exactement ce concept d’apporter cette petite séquence ». Cette séquence insérée entre S1 et S2 donne l’avantage au SARS-CoV-2 « de se propager davantage chez l’homme, plus que chez les animaux ».3

En très bref, selon Alexandra Henrion-Caude, il y aurait une insertion dans le virus SARS-CoV-2 qui a été apporté par manipulation génétique.

Cette séquence insérée entre S1 et S2 donne-t-elle l’avantage au SARS-CoV-2 « de se propager davantage chez l’homme, plus que chez les animaux » comme le dit A. Henrion-Caude ?

Étienne Decroly, virologue et spécialiste des relations structure-fonction des protéines de coronavirus, pense que le site furine inséré entre S1 et S2 est très probablement la cause de la transmission du Covid-19 de l’homme à l’homme. Il dit, dans une récente vidéo de l’IHU4, à partir de la minute 46:00 : « Ce site furine depuis le début de l’épidémie n’a pas été modifié […], ce qui suggère que la furine joue un rôle prépondérant dans la pathogenèse et la capacité de se transmettre d’homme à homme de ce virus ». Pour approfondir, lire la note de bas de page numéro 5.5

Cette séquence insérée entre S1 et S2 du SARS-CoV-2 présente-t-elle une « originalité hors du commun par rapport aux autres coronavirus », comme le dit Alexandra Henrion-Caude ?

Dans l’étude intitulée « The spike glycoprotein of the new coronavirus 2019-nCoV contains a furin-like cleavage site absent in CoV of the same clade »6, il est écrit : « Malgré une grande similitude avec la séquence du génome du CoV, du SRAS et des CoV de type SRAS, nous avons identifié un site de clivage particulier de type furine dans la protéine Spike du 2019-nCoV, qui fait défaut aux autres CoV de type SRAS ».

Avec cet article est bien évoquée l’originalité du site de clivage du SARS-CoV-2 par rapport aux autres coronavirus de type SRAS. Cet article souligne donc la singularité de SARS-CoV-2 par rapport aux coronavirus de type SRAS. Pour autant, cet article ne généralise pas cette originalité à l’ensemble des coronavirus. Actuellement, sont connus 4 genres et une quarantaine d’espèces de coronavirus.7

Cette séquence avec un site furine inséré entre S1 et S2 se retrouve-t-elle dans d’autres coronavirus ?

Étienne Decroly explique dans la vidéo de l’IHU susmentionnée [4], à partir de la minute 33:40, que ce type de séquence d’un site furine inséré entre S1 et S2 est retrouvé naturellement chez le coronavirus MERS-CoV, ou des coronavirus plus faiblement pathogènes comme le virus OC43. Aussi, contrairement à ce que dit A. Henrion-Caude, cette séquence ne semble pas la preuve que le coronavirus ait été fabriqué puisqu’on la retrouve dans d’autres coronavirus.

Est-ce que le brevet 7,223,390 B2 intitulé « Insertion of furine protéase cleavage sites in membrane proteins and use there of », [2] mentionné par Alexandra Henrion-Caude suffit à conclure que la « séquence clivable [insérée entre S1 et S2], c’est-à-dire que l’on peut couper par de la furine » n’est pas naturelle ?

Quelle est la date de ce brevet ?

La date de priorité, c’est-à dire « la date de dépôt de la toute première demande de brevet portant sur une invention donnée », est le 11 novembre 2004 aux États-Unis.

De quoi parle ce brevet ?

Un enseignant-chercheur de l’Université de Grenoble Alpes qui préfère rester anonyme et dont j’ai vérifié les compétences (on l’appellera « le scientifique anonyme grenoblois ») répond :

« Il consiste à proposer l’insertion d’un site reconnu par la furine […] afin d’aider à la production de protéines candidats vaccinaux qui sont très difficiles à produire ». Ainsi, ces protéines peuvent être produites en « plus grosses quantités » et avec un « prix de revient moins important »8. Pour approfondir, lire la note de bas de page numéro 9.9

Cette insertion d’un site reconnu par la furine était-elle déjà produite avant le brevet 7,223,390 B2 mentionné ci-dessus ?

Le scientifique anonyme grenoblois répond : « Le principe d’un brevet, c’est justement de proposer quelque chose de nouveau. Donc, si le brevet a été accepté, c’est que le principe d’insérer cette petite séquence de reconnaissance et clivage par la furine n’avait encore jamais été proposé comme méthode pour optimiser la production d’antigènes membranaires conformés ».10

Peut-on dire, à partir de ce brevet, que parce qu’il est scientifiquement possible de fabriquer cette insertion, elle a été insérée artificiellement par l’Homme dans le Covid-19 ? N’est-ce pas conclure trop rapidement ?

Le scientifique anonyme grenoblois conclut sur ce brevet :

« Ce brevet présente […] une méthode générale, applicable à la production des parties extracellulaires, antigéniques de nombreuses protéines membranaires, afin de mieux les étudier et de les produire plus facilement, mais il ne propose pas d’appliquer cette méthode spécifiquement aux protéines des Coronavirus. Néanmoins, on ne peut pas exclure que la méthode proposée par ce brevet puisse avoir été à la base de l’insertion du site furine entre S1 et S2 ».[9]

La démonstration de Mme A. Henrion-Caude présente un biais.

Oui, le site de clivage de la furine a certainement rendu le SARS-CoV-2 plus transmissible d’homme à homme.

Mais ce n’est pas une spécificité de ce virus là puisque la même propriété est retrouvée dans des virus apparentés au SARS-CoV-2 (MERS-CoV et OC43). C’est en cela que le raisonnement de Mme A. Henrion-Caude est un raccourci, si on se base sur ce qu’explique E. Decroly et le scientifique anonyme grenoblois. La démonstration de Mme A. Henrion-Caude ne peut être une preuve indiscutable que le Covid-19 a été fabriqué.

En rapport avec le point de vue de Mme Henrion-Caude, il y a un fait qui ne peut pas être considéré comme une preuve mais qui est remarquable. « Ce genre d’expérience [de gain de fonction] se faisait classiquement dans le laboratoire de Wuhan » dit E. Decroly, à partir de la minute 1:08:5911. Plus loin, il ajoute : « Ils ont pris des sites furine qui n’étaient pas présents dans des virus de chauve-souris, ils les ont incorporés dans des coronavirus de chauve-souris pour rendre ces virus pathogènes […] et pour leur permettre de franchir la barrière d’espèces ».[11]

Un autre point de vue tonitruant sur l’origine du Covid-19 a fait grand éclat dans les médias. C’est celui du Pr Jean-Bernard Fourtillan, pharmacologue et ancien professeur des universités. Que peut-on penser de son point de vue selon lequel le Covid-19 aurait été fabriqué par l’Institut Pasteur ? C’est ce que nous verrons dans la cinquième partie de cet article.

Candice Vacle

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PARTIE V

Que peut-on penser du point de vue du Pr Fourtillan selon lequel le SARS-CoV-2 aurait été fabriqué par l’Institut Pasteur ?

Puisqu’il n’y a pas de preuve que le SARS-CoV-2 soit naturel, on peut se demander :

Le SARS-CoV-2 a-t-il été fabriqué ?

Dans les parties précédentes, il a été expliqué qu’il existe plusieurs technologies qui pourraient permettre de fabriquer un tel virus. Il est technologiquement possible de le faire, notamment avec les techniques de synthèse de gènes.  Pr Luc Montagnier pense que le Covid-19 provient d’un virus classique, auquel auraient été ajoutées, des séquences du VIH et de la malaria. Christian Vélot, généticien et président du Conseil scientifique du Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le Génie génétique ne souscrit pas à l’avis du Pr Montagnier concernant l’ajout de séquences génétiques de VIH au SARS-CoV-2 car ces séquences sont de courte distance et peuvent être retrouvées dans d’autres génomes de pathogènes. Pour autant, il n’exclut pas « l’hypothèse d’une manipulation humaine » du SARS-CoV-2 et pense que son origine est « inconnue. » La virologue Li-Meng Yan pense que le SARS-CoV-2 pourrait avoir été créé car il y a des sites de restriction. Son point de vue est contrebalancé par celui du bio-informaticien Jacques van Helden, qui n’y voit là aucune preuve car ces sites sont également retrouvés dans le génome de nombreux virus naturels de chauve-souris et de pangolins. La généticienne Alexandra Henrion-Caude pense qu’il y a une insertion (site furine) dans la protéine Spike du SARS-CoV-2 qui ne peut pas être naturelle car elle présente « une originalité hors du commun par rapport aux autres coronavirus », et parce que le principe de l’introduction d’un site furine dans la séquence d’une protéine membranaire a été breveté. Sa démonstration comporte un biais, si on se base sur ce qu’explique le virologue E. Decroly, à savoir que d’autres coronavirus tels le MERS-CoV, ou le virus OC43 possèdent aussi cette insertion.

Un point de vue tonitruant sur l’origine du Covid-19 a fait grand éclat dans les médias. C’est celui du Pr Jean-Bernard Fourtillan, pharmacologue et ancien Professeur des Universités.

Qu’a-t-il dit ?

En novembre 2020, il intervient dans le film « Hold-up », en déclarant que l’Institut Pasteur a fabriqué le virus SARS-CoV-2.

« Ils ont pris le virus de l’épidémie du SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère] […] et ils ont inséré la séquence d’ADN de la malaria et puis ils ont inséré donc 157 fragments d’ADN et de protéines. Ce qui a donné SARS-CoV-1. […] Ensuite, en 2011, ils ont pris un brevet […] de Sars-CoV-1, ils sont passés à SARS-CoV-2. C’est exactement la même chose. […] Il n’y a pas eu de manipulation puisque c’est la même chose. C’est une continuation du brevet de 2003 ».1

Il étaie son propos sur le site internet verite-covid19.fr en se basant sur un brevet intitulé « Nouvelle souche de coronavirus associé au SRAS et ses applications » déposé en Europe par l’Institut Pasteur en 2004

et sur deux autres brevets avec le même titre en anglais car déposés aux États-Unis :

Ces 3 brevets ont la même date de priorité (2 décembre 2003), à savoir « la date de dépôt de la toute première demande de brevet portant sur une invention donnée »2. Il est aussi écrit dans ces 3 brevets que l’invention est issue d’un prélèvement répertorié sous le « n°031589 », « prélevé à Hanoï (Vietnam) ».

En revanche, ces 3 brevets ont des dates différentes 2004, 2010 et 2013. Ils font partie d’une famille de brevets.

Que conclure du fait que ces 3 brevets aient la même date de priorité, la même référence « n°031589 » mais des dates différentes ?  

« Ce sont différentes étapes et différentes demandes faites l’une aux États-Unis et l’autre en Europe dans l’obtention du brevet, tout simplement », dit Christophe Noisette d’Inf’OGM qui s’intéresse aux brevets.3

À ce stade, il est nécessaire de poser un certain nombre de questions au Pr Fourtillan pour avoir des explications plus précises concernant ses affirmations et son accusation car sur son site internet et dans les vidéos que j’ai visionnées, il n’y a aucune démonstration détaillée des éléments du brevet de 2004 l’amenant à ses conclusions. Je l’ai donc contacté à plusieurs reprises mais je n’ai obtenu aucune réponse. Je lui ai demandé entre autres : « À quel alinéa (merci de préciser son numéro) et quelle page du brevet intitulé “Nouvelle souche de coronavirus associé au SRAS et ses applications” déposé en Europe par l’Institut Pasteur en 2004, voyez-vous écrit ou expliqué qu’il y a la “séquence d’ADN de la malaria” ? » « Et concernant votre fragment de phrase “ils ont inséré donc 157 fragments d’ADN et de protéines”, pouvez-vous donner un seul exemple de ces insertions en précisant le numéro de l’alinéa et la page de votre exemple ? »[3]

Bien que Pr Fourtillan n’ait pas répondu, continuons cette enquête.

Comment est-il possible qu’un coronavirus SARS-CoV ait été breveté en 2007 et 2013 alors que le SRAS (maladie dûe au SARS-CoV-1) a disparu en 2003 ? 

« Il avait été extrait avant, sans doute. Je n’ai pas la réponse à cette question. La demande de brevet prend beaucoup de temps. Donc, le décalage de date ne me paraît pas, en soi, un problème », écrit Christophe Noisette.4

Est-il possible de breveter un coronavirus ?  

« Oui, les virus et micro-organismes sont brevetables dans l’Union européenne car ils sont assimilés au produit d’un procédé microbiologique », écrit Christophe Noisette[4] en s’appuyant sur le texte juridique ci-dessous de l’Office européen des Brevets :

« En outre, le produit obtenu par un procédé microbiologique peut être breveté en tant que tel, […] la multiplication du micro-organisme elle-même représente un procédé microbiologique. Par conséquent, le micro-organisme peut être protégé en tant que tel puisqu’il est un produit obtenu par un procédé microbiologique […]. Le terme « micro-organisme » recouvre les bactéries et d’autres organismes généralement unicellulaires, invisibles à l’œil nu, qui peuvent être multipliés et manipulés en laboratoire […], y compris les virus ».5

Sur le site de l’Office européen des brevets est aussi écrit :

« Les scientifiques et les chercheurs dans le domaine médical qui cherchent à développer un nouveau test de diagnostic, un traitement ou un vaccin peuvent isoler du matériel biologique tel qu’un virus, et demander la protection par brevet de celui-ci et de son utilisation dans la prévention, le diagnostic ou la guérison d’une maladie ».6

Justin Firrell, attaché de presse principal de l’Office européen des Brevets résume : « Le droit européen des brevets permet la protection par brevet de la matière biologique telle que les virus et les bactéries », sous certaines conditions que l’on verra plus loin.7

Un certain nombre de phrases dans ce brevet peuvent, quand on n’en connaît pas la teneur, laisser penser que le coronavirus de ce brevet a été fabriqué. Quelles sont ces phrases ?

Dans le brevet 2004 à propos du coronavirus, dont parle Pr Fourtillan, est écrit : « la présente invention ». (ex : alinéa [0020])

Cela veut-il dire que le coronavirus de ce brevet a été inventé ?

L’explication se trouve dans l’article 3.2 de la directive européenne 98/44 sur la brevetabilité qui stipule « une matière biologique isolée de son environnement naturel ou produite à l’aide d’un procédé technique peut être l’objet d’une invention, même lorsqu’elle préexistait à l’état naturel ».8

Donc, une invention brevetée peut être une matière biologique naturelle telle un virus. C’est contre-intuitif par rapport à l’acceptation commune du mot invention. Pour autant, pour que l’invention (le virus) puisse devenir un brevet, il y a une condition nécessaire supplémentaire.

Un virus isolé, seul, peut-il être breveté ?

Non. Sur le site de l’Office européen des Brevets est écrit : « Pour être brevetable, le virus isolé (ou son génome ou des parties de celui-ci) doit, en plus d’être nouveau (c’est-à-dire non reconnu comme ayant existé auparavant), apporter une solution inventive à un problème technique, comme la mise au point d’un kit de diagnostic pour détecter une infection ou la production d’un vaccin pour protéger contre l’infection ».9

Poursuivons notre recherche.

Un autre alinéa du brevet de 2004 interpelle :

« [0062] Les Inventeurs décrivent également un acide nucléique comportant un gène synthétique permettant une expression optimisée de la protéine S dans des cellules eucaryotes, caractérisé en ce qu’il possède la séquence SEQ ID NO : 140 ».

La mention de ce « gène synthétique » serait-elle la preuve que ce coronavirus du brevet de 2004 ait été fabriqué ?

Un enseignant-chercheur de l’Université Grenoble Alpes, qui préfère rester anonyme et dont j’ai vérifié les compétences (on l’appellera « le scientifique anonyme grenoblois ») répond :

« La notion de « gène synthétique » est tout à fait courante dans ce genre de travail […] Ça ne veut pas dire que le virus a été « créé ». Ici, il s’agit de faire exprimer la protéine S dans des cellules eucaryotes, afin d’en disposer en grande quantité et pouvoir l’utiliser ensuite dans des tests de diagnostic par exemple ».10

En bref, ce type de gène est « classique » pour ce genre de recherche et ne veut pas dire que le virus a été fabriqué.[9]

D’autres alinéas énigmatiques de ce brevet peuvent inquiéter. Ainsi, dans l’alinéa 68 est écrit :

« Les Inventeurs décrivent également un virus rougeole recombinant codant pour un polypeptide de la famille de la protéine S, telle que définie ci-dessus ».

Que vient faire la « rougeole » dans ce brevet ?

Le scientifique anonyme grenoblois explique qu’ici le virus de la rougeole est l’un « des vecteurs vaccinaux » « utilisés par l’Institut Pasteur. »[10] En effet, sur le site de l’Institut Pasteur, il est mentionné que le virus de la rougeole est utilisé comme vecteur, par exemple, dans sa recherche d’un vaccin contre l’infection par le SARS-CoV-2.11

La question centrale se présente : le coronavirus du brevet de 2004 est-il naturel ou fabriqué ?

Dans le brevet de 2004 est écrit : « [0020] La présente invention a donc pour objet, une souche isolée ou purifiée de coronavirus humain associé au syndrome respiratoire aigu sévère », et plus loin « [0029]  les termes « isolé ou purifié » signifient modifié « par la main de l’homme » à partir de l’état naturel ; autrement dit si un objet existe dans la nature, il est dit isolé ou purifié s’il a été modifié ou extrait de son environnement naturel ou les deux ».

A priori, cela veut dire que l’invention du brevet de 2004 peut être soit un coronavirus naturel sorti de son environnement naturel, soit un coronavirus modifié sorti de son environnement naturel.

La phrase [0021] du brevet de 2004 tend à faire penser que ce coronavirus est naturel : « Cette souche de coronavirus est issue du prélèvement de lavage broncho-alvéolaire d’un patient atteint de SRAS, répertorié sous le n°031589 et effectué à l’hôpital français de Hanoï (Vietnam) ».

Étant donné qu’il est très difficile de comprendre ce brevet à cause du vocabulaire juridique et scientifique spécifique, demandons à des spécialistes : le coronavirus du brevet de 2004 est-il naturel ou fabriqué ?

Professeur Bernard La Scola, médecin microbiologiste, virologue et directeur du laboratoire P3 à l’IHU Méditerranée Infection de Marseille répond : « Il s’agit d’un variant du SARS-CoV-1, la souche de l’épidémie du début des années 2000, variant de la souche originelle que les personnes qui ont déposé le brevet espéraient sans doute ensuite utiliser pour des applications brevetables, diagnostic, vaccin, etc… C’est un peu comme le variant anglais vis à vis du SARS-CoV-2 origine ».12

Le scientifique anonyme grenoblois écrit :

« Ce brevet de l’Institut Pasteur décrit une souche de Coronavirus isolée à Hanoï (Vietnam) suite à l’épidémie de pneumonies atypiques répertoriées en Asie du Sud-Est en 2003 (foyer initial en Chine) ».

« Le brevet décrit le génome de ce Coronavirus ; en quoi ce génome est similaire aux génomes de Coronavirus déjà identifiés alors ; ainsi que ses spécificités ».

« Le brevet décrit également tous les outils moléculaires qui ont été construits afin de pouvoir mettre au point :

  • des kits de diagnostic de cette infection,
  • des vecteurs vaccinaux (utilisant notamment des vecteurs adénovirus et virus de la rougeole) ».[10]

En effet, dans ce brevet, il est souvent question de diagnostic et de vaccin, dès l’alinéa [0001].13

Le scientifique anonyme grenoblois continue son explication :

« Ce brevet est donc le résultat d’un très gros travail qui a nécessité la construction de nombreux outils moléculaires « classiques » mais qui, si on n’est pas initié aux termes de biologie moléculaire et d’ingénierie des protéines, peuvent faire peur : on y parle de fusion de gènes, de gène synthétique, d’expression de protéines dans des cellules de mammifères, etc. Tout cet arsenal d’outils moléculaires montre que l’Institut Pasteur a entrepris une étude très importante pour rechercher les meilleures solutions diagnostiques et vaccinales, avec les données scientifiques dont ils avaient connaissance à l’époque ».

« Par contre, ce brevet ne décrit en aucune manière, la « manipulation génétique » du génome de ce coronavirus qui viserait à le rendre plus contagieux et/ou plus virulent, bien au contraire !

En résumé, le brevet décrit tous les éléments moléculaires qui ont été construits ainsi que toutes les études qui ont été réalisées pour développer des solutions diagnostiques et vaccinales ».[10]

Pourquoi le Pr Fourtillan n’a pas fait (pour ce que j’ai pu lire ou regarder) une démonstration des éléments du brevet de 2004 l’amenant à ses conclusions plutôt que de mettre en cause l’Institut Pasteur sans amener de preuves détaillées et compréhensibles par les personnes désireuses de comprendre son point de vue avec précision ?

Dans la partie suivante, la sixième, nous nous demanderons : est-il possible que le SARS-CoV-2 ne soit ni naturel, ni fabriqué ?

*

« C’est une idée qui peut faire rire,

mais la seule façon de lutter contre la peste [une épidémie],

c’est l’honnêteté ».

Albert Camus, « La peste »

Candice Vacle

Coronavirus4

PARTIE VI 

Le SARS-CoV-2 pourrait-il être le résultat d’une sélection in vitro de mutations naturelles aléatoires ?

Puisqu’il n’y a pas de preuve que le SARS-CoV-2 soit naturel, on peut se demander :

le SARS-CoV-2 a-t-il été fabriqué ?

Dans les parties précédentes, il a été expliqué qu’il existe plusieurs technologies qui pourraient permettre de fabriquer un tel virus. Il est technologiquement possible de le faire, notamment avec les techniques de synthèse de gène. Nous avons vu que l’hypothèse d’une fabrication humaine du SARS-CoV-2 est soutenue par plusieurs scientifiques tels que le Pr Luc Montagnier, la généticienne Alexandra Henrion-Caude, ou la virologue Li-Meng Yan.

Y a-t-il une troisième hypothèse possible : le SARS-CoV-2 pourrait-il être ni naturel, ni fabriqué ?

Oui, expliquent Karl et Dan Sirotkin dans leur étude intitulée « Le SRAS-CoV-2 pourrait-il être apparu par un passage en série dans un hôte animal ou une culture cellulaire ? »1

De quoi s’agit-il ?

Cette troisième hypothèse postule que le SARS-CoV-2 pourrait être le résultat d’une sélection par l’être humain de mutations naturelles aléatoires lors de cultures cellulaires in vitro.

Jacques van Helden, bio informaticien, décrit cela d’une manière pédagogique, à partir de la minute 55:03 :2

« Si on a des virus de chauve-souris et qu’on les cultive activement sur des cellules humaines, on va sélectionner toutes les mutations qui favorisent la croissance, la multiplication et la transmission d’un virus dans des cellules humaines ».

Les laboratoires « cultivent d’abord sur des cellules et puis ils font un test pour voir si, sur de vraies souris, […] le virus est infectieux ou pas ».

« La nature va faire son œuvre ; plus précisément la nature aidée par le bras de la sélection artificielle ».

Les frères Sirotkin soulignent que ce « passage en série imite un saut zoonotique naturel »[1]. Ce qui fait dire à Jacques van Helden : « Quand on travaille comme ça, les taux de mutations sont plus rapides que dans la nature, donc la différence de 40 à 70 ans [d’évolution d’un virus] dans la nature pourrait passer à quelques années dans des conditions actives de sélection de virus qui poussent sur l’humain ».[2]

Ce « passage répété du virus dans des cellules d’une autre espèce que la chauve-souris, et notamment des cellules humaines »3 fait déjà partie des recherches scientifiques.[1]

Pour quelles raisons de telles recherches sont-elles menées en laboratoire ?

Ces pratiques « sont nécessaires pour des recherches de gain de fonction, étudier la pathogénicité de ces virus [afin d’anticiper un passage possible à l’homme d’un virus] ou tout simplement, pour amplifier [mutiplier] le virus ». En effet, jusqu’à il y a quelques années, comme les scientifiques ne disposaient pas de cultures de cellules de chauve-souris, les virus étaient amplifiés (multipliés) dans des cellules de souris ou des cellules humaines in vitro. Pour approfondir, lire la note de bas de page 4.4

Cette technique de passages en série a-t-elle été utilisée avec des coronavirus de chauves-souris dans des cellules humaines ?

C’est très probable puisque les frères Sirotkin écrivent : « La recherche par gain de fonction sur les coronavirus transmis par les chauves-souris se poursuit depuis près de dix ans partout, de l’Université de Caroline du Nord à l’Institut de virologie de Wuhan, qui est soutenu par des installations connexes telles que le Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies de Wuhan ainsi que l’Université de Wuhan ».

En somme, il est possible, in vitro, d’adapter des coronavirus de chauves-souris pour infecter des cellules humaines et une hypothèse est que le SARS-CoV-2 pourrait être le résultat d’une sélection in vitro de mutations naturelles aléatoires.

Dans la dernière partie, nous conclurons cet article.

Candice Vacle

 

PARTIE VII

par Candice Vacle.

Conclusion

Dans les parties précédentes, il a été expliqué qu’il existe plusieurs technologies qui pourraient permettre de fabriquer le SARS-CoV-2. Il est technologiquement possible de le faire, notamment à l’aide de la technique de synthèse de gène. Nous avons vu que l’hypothèse d’une fabrication humaine du SARS-CoV-2 est soutenue par plusieurs scientifiques tels que le Pr Luc Montagnier, la généticienne Alexandra Henrion-Caude, ou la virologue Li-Meng Yan. Néanmoins, nous avons vu aussi que des alternatives à cette hypothèse existent.

Y a-t-il une recherche scientifique qui répond à la question: le virus SARS-CoV-2 donnant la maladie Covid-19 a t-il été fabriqué ?

Cinq scientifiques, dont le virologue E. Decroly ont cherché à comprendre l’origine du SARS-CoV-2, grâce à des études phylogénétiques (c’est-à-dire l’étude des liens existant entre espèces apparentées)1, l’analyse des séquences génétiques et les relations entre la structure et la fonction des protéines de coronavirus. Dans leur étude intitulée « Retrouver les origines du SARS-CoV-2 dans les phylogénies de coronavirus »2, ils concluent :

« Sur base des données actuelles […], il est actuellement difficile de statuer à propos de l’émergence du SARS-CoV-2 et de déterminer s’il est le fruit d’une transmission zoonotique naturelle ou d’une fuite accidentelle à partir de souches expérimentales ».

« À ce stade, […] tout ce qu’on observe pourrait s’expliquer soit par une origine naturelle, soit par un travail de laboratoire », dit3 Jacques van Helden, bio informaticien et co-auteur de cette étude.

Comment ce « travail de laboratoire » aurait-il pu se retrouver hors du laboratoire à contaminer tant de personnes ?

Par une volonté intentionnelle ?

Tant que cette hypothèse n’est pas infirmée, la question restera ouverte.

Par accident ?

Il arrive que des échappements de laboratoire se produisent. Tel fut le cas, par exemple, de la variole entre 1972 et 1999 et de la poliomyélite en 1992. Avec le SARS-CoV-1, en 2003 et 2004, il y a eu 4 accidents répertoriés de laboratoires localisés à Taiwan, Singapour, Pékin et Hong Kong. (lire le graphique à la minute 1:14:32.4,5

Se pourrait-il qu’à l’avenir, on puisse répondre à la question : le virus SARS-CoV-2 donnant la maladie Covid-19 a-t-il été fabriqué ?

« Le séquençage des génomes viraux des isolats6 prélevés à travers le monde et la comparaison de ces séquences devrait permettre de mieux comprendre l’évolution de ces virus, et donc l’origine de ce SARS-CoV-2 ».7

Persister à chercher à découvrir l’origine du SARS-CoV-2, cela a-t-il un intérêt ?

« Quelle que soit son origine, l’étude des mécanismes d’évolution et des processus moléculaires impliqués dans l’émergence de ce virus pandémique est et restera essentielle afin d’élaborer des stratégies préventives, thérapeutiques et l’adaptation des souches vaccinales », écrivent les cinq scientifiques de l’étude mentionnée ci-dessus[2]. Sans compter, que l’on est très nombreux sur la planète à souhaiter comprendre d’où vient ce virus qui perturbe l’humanité.

Pour finir, trois points sont certains.

Un : les techniques actuelles pourraient potentiellement permettre la fabrication du SARS-CoV-2.

Deux: les résultats d’expériences de gain de fonction effectuées avec des coronavirus de chauves-souris dans des cultures de cellules humaines in vitro pourraient représenter, s’ils sont utilisés à mauvais escient, ou s’il y a eu une faille en matière de sécurité (échappement hors du laboratoire d’un virus adapté aux cellules humaines), un réel danger pour l’humanité.[7]

Trois: cependant, à ce stade, la transmission naturelle à l’homme d’une souche de coronavirus adaptée à un animal est aussi probable.[2]

Le SARS-CoV-2 devrait-il être l’occasion d’un débat sociétal sur la déontologie et le bénéfice risque de ces pratiques scientifiques telles les expériences de gain de fonction ?

Je remercie l’enseignant-chercheur anonyme de l’Université de Grenoble Alpes pour sa relecture.

Candice Vacle

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fR4V00I0

  1. futura-sciences.com/planete/definitions/classification-vivant-phylogenie
  2. medecinesciences.org/fr/articles/medsci/full
  3. « Covid-19 : approches scientifiques et enjeux sociétaux #2. Origines de SARS-CoV-2 », Jacques van Helden – À partir de la minute 1:10:00
  4. « Covid-19 : approches scientifiques et enjeux sociétaux #1. Virologie moléculaire », Étienne Decroly
  5. ncbi.nlm.nih.gov/pmc
    « Le SRAS-CoV semble représenter un risque élevé pour le laboratoire ».
    « Il est également rassurant qu’aucun autre accident ne se soit produit avec le virus de la variole stocké dans deux laboratoires de référence depuis plus de 20 ans ».
    « Les récents accidents de laboratoire avec le SRAS-CoV nous rappellent brutalement que la sécurité des réalisations en matière de santé publique
  6. nécessite un investissement plus important pour garantir que les normes mondiales de biosécurité pour les agents pathogènes dangereux dans les
  7. laboratoires sont universellement adoptées, strictement respectées, étroitement surveillées et rigoureusement appliquées ».
  8. Un isolat : En microbiologie et virologie, un isolat est un matériel biologique prélevé sur un organisme ou une population à des fins d’étude et de
  9. culture. wikipedia.org/wiki/Isolat
  10. Mail de l’enseignant-chercheur de l’Université de Grenoble Alpes, le 11, 14 et 18 mars 2021