06 avril 2022

GUERRE UKRAINE-RUSSIE : Chronique de la destruction consentie de l'Europe !

Guerre d’Ukraine – Mardi 5 avril 2022 

 

Jour 41

 

parcourrier-strateges

La campagne militaire en Ukraine

 

Le bataillon Azov livre ses derniers combats à Marioupol. Voici la carte à jour: 

Au sud d’Izioum, la poussée russe se poursuit lentement pour finir d’encercler Slaviansk et Kramatorsk: 

+ Les frappes balistiques russes ont concernés les secteurs de Kharkov, Dnepropetrovsk, Lvov, Vinnitsa, Novomoskovsk et Odessa. 

+ La rumeur s’amplifie concernant la présences d’officiers de l’OTAN à Marioupol: des officiers de l’OTAN de France, d’Allemagne, de Grande-Bretagne et de la Suède “neutre” seraient bloqués à Azovstal, à Marioupol. Ils ont contacté les troupes russes, leur demandant de les aider à partir, d’organiser un couloir pour sortir.

En fait, ce dont on obtient la confirmation jour après jour, c’est de l’implication d’acteurs OTANiens dans la guerre. 

+ Si vous voulez faire le point sur Bucha, il faut absolument lire l’article de Christelle Néant.  Vous verrez comme il faut être prudent. (Si vous avez besoin de traduire les tweets ou autre textes cités en russe, nous conseillons le logiciel DeepL: www.deepl.com ) 

En tout cas, il faut bien prendre conscience de ce que les Ukrainiens sont prêts à faire n’importe quoi pour discréditer la Russie, jeter de l’huile sur le feu et attirer des pays occidentaux dans le conflit. 

+ Il y a eu l’attaque des hélicoptères ukrainiens sur Belgorod. Bucha. Une bombe lâchée par les Ukrainiens sur l’usine chimique de Rubejnoïe. Rappelons-nous au début du conflit les tentatives de manipulation pour faire croire que les Russes visaient les centrales nucléaires. 

On n’est sans aucun doute pas à la fin des montages. Et il faut espérer qu’aucun d’entre eux ne déclenchera une catastrophe de grande ampleur. 

Le conflit géopolitique

 

+ Le gouvernement du monde, tels que les États-Unis l’ont exercé de Nixon à Obama, leur a échappé. Trump avait intelligemment réduit la voilure et suggéré un seul objectif, contenir la puissance communiste chinoise. Avec Biden, le gouvernail est cassé. Vous vous en rendrez compte en lisant l’article que Frederick Kempe consacre au sommet de Dubaï sur la gouvernance. 

+ Les Etats-Unis menacent la Russie de la déclarer en faillite. En effet, la Russie considère que les emprunts qu’elle a  contractés auprès de créditeurs américains peuvent être remboursés à partir de leurs avoirs gelés dans les banques américaines. Les Américains, eux, ne veulent pas que l’argent du remboursement soit prélevé sur ces avoirs.  

+ Les Etats-Unis ont simulé aujourd’hui une attaque nucléaire par bombardement contre la base russe de Hmeimim en Syire. 

+ Par leur russophobie fanatique, les Occidentaux ont remis en selle une Chine communiste pourtant discréditée par le COVID-19. La Chine ne cesse de réaffirmer son rôle central. Et quoi qu’on pense du régime néo-maoîste de Xi Jinping, l’organe du PCC en langue anglaise livre ces jours-ci des analyses d’un profond réalisme, absolument sans concessions pour l’absence de vision de l’Europe: ainsi, aujourd’hui, un article qui devrait faire réfléchir sérieusement nos gouvernants explique qu’une “crise énergétique européenne se profile dans un contexte de tensions entre la Russie et l’Ukraine, entraînant une perte de PIB estimée à 1 ou 2 % pour l’ensemble du bloc“. 

Et le quotidien chinois de décrire avec acuité la crise qui se joue autour de l’Allemagne: “L’Allemagne, poids lourd économique de l’UE, qui dépend fortement des importations d’énergie russe, a vu son prix de l’énergie de mars augmenter de 129,5 % par rapport à celui de février. En mars, les dépenses des consommateurs allemands en matière d’énergie et de carburants pour les ménages ont augmenté de 22,5 % en glissement annuel, selon les données publiées par l’Office fédéral de la statistique d’Allemagne.

L’Allemagne a déclaré mercredi une alerte précoce dans le cadre de son plan national d’urgence pour le gaz, exhortant ses habitants à réduire leur consommation d’énergie. Les secteurs à forte consommation d’énergie du pays, notamment la sidérurgie, la papeterie et la logistique, auraient été touchés. Certaines activités ont dû être suspendues, car elles ne pouvaient pas se permettre de supporter la hausse vertigineuse du prix de l’énergie.

Selon les médias, le plan d’urgence de l’Allemagne comporte trois étapes, et l’étape finale n’est activée que lorsque “la demande de gaz est exceptionnellement élevée ou que l’approvisionnement en gaz est fortement perturbé, que toutes les mesures basées sur le marché sont mises en œuvre et que l’approvisionnement reste insuffisant.”

“Lorsque l’étape finale est déclenchée, la crise énergétique faisant boule de neige, la consommation d’énergie donnera la priorité à l’utilisation civile, et l’approvisionnement à des fins industrielles pourrait être totalement interrompu dans ce cas, ce qui aurait un effet dévastateur non seulement sur l’Allemagne, mais aussi sur l’économie européenne, qui a été mise à mal par la pandémie”, a averti M. Cui, tout en estimant que de telles crises énergétiques pourraient réduire l’expansion du PIB de l’Europe d’environ 1 à 2 points de pourcentage“.

+ Cette situation n’empêche pas Ursula von der Leyen et quelques autres dirigeants européens de réclamer un durcissement des sanctions contre la Russie et en particulier l’arrêt des importations de charbon russe. Ce sont les mineurs américains qui vont se réjouir que leur emploi soit ainsi garanti ! 

xi jinping et poutine

+ Les Chinois sont même allés plus loin: ils ont explicitement refusé de soutenir l’UE en matière de sanctions: “La Chine poursuivra ses échanges commerciaux “normaux” avec la Russie, a-t-elle déclaré, un jour après que l’Union européenne a exhorté les dirigeants chinois à ne pas compromettre les sanctions occidentales.

“La Chine n’est pas une partie liée à la crise de l’Ukraine. Nous ne pensons pas que notre commerce normal avec un autre pays doive être affecté”, a déclaré Wang Lutong, directeur général des affaires européennes au ministère chinois des affaires étrangères, à Pékin samedi (2 avril), rapporte Reuters.

Wang s’est exprimé un jour après que de hauts responsables de l’UE eurent exhorté le président chinois Xi Jinping à ne pas aider la Russie à contourner les sanctions occidentales.

Le haut diplomate chinois a réitéré la ligne de conduite adoptée de longue date par Xi Jinping, à savoir : “Nous nous opposons aux sanctions”.

“Les effets de ces sanctions risquent également de se propager au reste du monde, entraînant des guerres de devises, des guerres commerciales et financières et risquant également de mettre en péril la chaîne d’approvisionnement”, a déclaré Wang”.

 

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Un des objectifs cachés de la guerre en

 

Ukraine : le dépeçage et la ruine de l’Europe

 

Parmi les diverses formes d’impensé politique que constitue l’atlantisme américain1, l’économie figure en bonne place. La guerre d’Ukraine offre aux néo-conservateurs et aux hommes d’affaires de ce pays une opportunité exceptionnelle, d’abord pour ruiner l’Europe, ensuite pour la dépecer.

À supposer que les herbivores aient une forme de conscience d’eux-mêmes, on peut penser qu’ils ne se perçoivent pas d’abord comme de la viande. Le problème, c’est que les carnivores, eux, ne voient pas les choses à la même enseigne. C’est toute la question de l’Europe.

Hubert Védrine a souvent dit que l’aventure européenne souffrait d’un défaut rédhibitoire, c’est le fait qu’elle était «un projet d’herbivores au milieu de carnivores». Et, de fait, l’Europe est construite depuis le départ sur une équivoque, une faiblesse si grave qu’il est essentiel, comme toutes les faiblesses majeures, de ne jamais la rappeler, même si elle est visible par tous : sa propre défense.

L’«AMITIÉ AMÉRICAINE» :

 

PETITE RÉTROSPECTIVE

Cette prérogative essentielle est confiée, à travers l’OTAN, aux États-Unis2. Or il n’existe pas d’exemple dans l’Histoire où un pays ait eu à assurer durablement la sécurité d’un pays ou d’un groupe de pays sans qu’il ait perçu ces autres, à un moment donné, comme «de la viande». Les appétits du protecteur s’aiguisant, et les protégés étant à sa merci, il arrivera forcément un jour où il «passera à l’acte».

C’est dans la nature des choses : imaginons que nous engagions un «homme fort», suffisamment armé et au caractère bien trempé, pour protéger notre famille et notre maison. Il vit avec nous, il partage tous nos instants. Qui empêchera qu’un jour, quand l’envie lui en prendra, il se serve dans le frigidaire, puis dans la caisse domestique ? Puis il nous menacera si nous protestons. Il changera la décoration si celle-ci ne lui plaît pas, puis il battra nos enfants, enfin, il dormira dans notre lit, de préférence avec notre femme… Et ceci d’autant plus que le contexte du quartier sera plus dangereux. Dans ce cas-là, il se croira tout permis. Qui l’en empêchera, surtout si, pendant des décennies, nous lui renouvelons notre confiance malgré ses abus, sans jamais chercher ni à nous écarter de lui, ni à équilibrer nos relations en nous rapprochant d’un autre protecteur ? Certainement, ce moment arrivera un jour. L’Europe s’est mise dans cette situation, et ce jour, celui d’un pas supplémentaire dans la sujétion et l’humiliation, et demain la pauvreté et la misère, est arrivé.

D’abord, il faut remarquer que les USA, lorsqu’ils veulent quelque chose, ne font pas dans le détail, y compris avec leurs amis. Un exemple des plus éclairants est le plan du Débarquement de juin 1944. Ceux qui ne croient pas aveuglément l’Histoire officielle (celle des «libérateurs» de l’Europe) savent que le plan ne consistait pas à sauver Paris, mais au contraire à contourner le Bassin parisien, par le sud et par le nord, de façon à enfermer l’armée allemande dans une poche. Ainsi, cette dernière se serait certainement acharnée sur Paris3, ce qui aurait eu deux avantages : faire gagner du temps aux armées alliées pour foncer sur Berlin et, par ailleurs, faciliter ensuite la «prise en main» de la France, profondément traumatisée par une destruction atroce de sa capitale, par le système politique et administratif américain, ses gouverneurs et même sa monnaie. C’est le génie manœuvrier de de Gaulle et sa force de caractère qui nous ont sauvés de cette tragédie4.

Les Américains ont agi de même dans de nombreuses occasions, en trahissant, puis en ruinant leurs propres alliés :

En Iran, à l’époque du Shah5, celui-ci s’est d’abord appuyé sur les USA, grâce à son amitié avec Eisenhower, puis avec Nixon, pour prendre, puis consolider son pouvoir. Lorsque, plus tard, il tente de s’émanciper un peu en se rapprochant de l’Union soviétique et de la Chine, puis de l’Europe, les Américains se serviront précisément des oppositions internes à sa politique, jugée trop moderne, pro-occidentale et pro-américaine (ce qui est un comble !). Ils pousseront Komeyni pour le faire renverser. Il finira ses jours, atteint d’un cancer, en Égypte. On sait où en est l’Iran d’aujourd’hui, un pays où se conjuguent isolement et pauvreté.

Saddam Hussein6 est un autre exemple de «l’amitié» américaine. Il faut rappeler qu’à l’époque, l’Irak était, malgré ou à cause des méthodes du dictateur, le pays le plus développé du Proche-Orient. Lesquelles méthodes ne gênaient nullement l’Amérique7. D’aucuns ont affirmé que lorsque Saddam décide d’envahir le Koweït, en 1990, il a obtenu l’aval préalable de ses «grands amis». Mal lui en prend, comme on le sait8. Ensuite, l’Histoire a montré que la deuxième guerre du Golfe, en 2003, n’était pas une «guerre préventive», mais bien une opération de prédation pure, menée de main de maître, certainement, par Georges W Bush et son entourage néo-conservateur9. Aujourd’hui, l’Irak est un champ de ruines, économique et politique. On pourrait continuer la liste.

UNE OPÉRATION MINUTIEUSEMENT

PRÉPARÉE DEPUIS 2014

Pour ces politiciens américains, souvent dirigeants eux-mêmes de groupes pétroliers et militaro-industriels américains, aucune opportunité n’est inintéressante10. Pour ces chasseurs invétérés, toujours en quête de proies, aucun gibier n’est négligeable. Lorsqu’on est persuadé de cela, suite à ces exemples historiques, il est facile d’imaginer à quel point la crise ukrainienne est pour eux une chance formidable, une opération minutieusement préparée depuis 201411 et déclenchée au moment choisi.

D’abord, le début coïncide très précisément avec la fin, assez calamiteuse, de leurs «affaires» en Irak, en Syrie et en Afghanistan, à l’été dernier12. Le début de la «phase opérationnelle» de l’affaire ukrainienne, démarrée au printemps avec le «carpet bombing13 médiatique », est trop parfait pour être l’effet du hasard. L’OTAN n’a jamais été «en état de mort cérébrale». Les questions moyen-orientales une fois soldées, le temps était venu d’ouvrir ce nouveau chapitre de la «lutte pour la liberté des peuples» soumis, cette fois-ci, à l’arbitraire russe. Est-ce qu’on n’a pas déjà entendu chanter cette chanson ?

Ensuite, la guerre a provoqué deux réflexes, de la part des Occidentaux, ces «herbivores» objets de la prochaine chasse :

Le premier a consisté à augmenter très fortement les budgets d’armements. La réaction la plus spectaculaire a été celle de l’Allemagne, qui a débloqué immédiatement une enveloppe de 100 Mds d’euros, avec la promesse d’augmenter ensuite son budget régulièrement14. Et ceci pour acheter principalement, cela va sans dire, du matériel américain15. Ce processus est le même pour tous les autres pays de l’OTAN, y compris la France16. Le tout début de cette guerre est donc déjà une extraordinaire opportunité pour l’industrie militaire américaine. On peut penser, d’ailleurs, que l’un de ses sous-objectifs, dans ce domaine, sera de ruiner et de piller dès que possible l’industrie d’armement française, qui représente, par rapport à ce «nouveau marché» européen qui s’ouvre à eux, une concurrence qu’ils vont rapidement considérer comme intolérable17.

L’autre «réflexe» européen a été celui des sanctions. Il a été unanime et fort important. On peut penser qu’il a été moins guidé par le choix d’une méthode propre à arrêter Poutine (quelques instants de réflexion suffisent pour comprendre que ce ne sera pas le cas) que par la nécessité d’allumer un «contre-feu médiatique» aux images, véhiculées par la presse, du malheur du peuple ukrainien. En effet, le choix, presque exclusif de la part des gouvernements occidentaux, d’une politique du verbe, de l’image et de la posture, au détriment d’une politique de l’action, les rend extrêmement sensibles aux campagnes médiatiques lancées par les autres, une chose que les Américains, des spécialistes de ce type de stratégie, ont bien compris, et dont ils se sont servis sans limite, avant et pendant ce conflit, et aussi par le passé.

Il est à remarquer par ailleurs que la façon dont ces sanctions ont été votées est particulièrement significative de la faiblesse européenne. En effet, selon ce qui a été indiqué par la presse, les sanctions auraient été mises au point directement par le Département d’État américain, avec la Commission européenne, sans que les États-membres n’aient eu voix au chapitre, et qu’ils en ont été informés vingt-quatre heures avant leur promulgation. Si c’est le cas, c’est particulièrement inquiétant.

Nonobstant le fait qu’il va falloir maintenant, et ça ne va pas être une mince affaire, expliquer aux opinions qu’on a violemment impacté leur pouvoir d’achat pour une guerre qui n’était pas dirigée contre eux18, cette «délégation» aux Américains d’une politique de sanctions qui concerne essentiellement l’Europe19 ouvre évidemment la porte, pour l’entourage de Biden, à des choix qui non seulement «embêtent» les Russes, mais favorisent également l’affaiblissement de l’industrie européenne, dans le but d’une future prédation sur nos industries et nos ressources.

Qui pourrait empêcher que nos «amis» de l’Ouest n’aient envie de raisonner ainsi, puisque nous avons indiqué, d’entrée de jeu, que nous le leur permettions ? Pourquoi se gêneraient-ils pour venir faire leur marché » chez nous, alors que nous leur ouvrons si complaisamment la porte ? Et pourquoi s’empêcheraient-ils, dès aujourd’hui, de préparer ce futur raid en choisissant les sanctions qui font le plus mal aux Russes, mais aussi à nous, puisque, visiblement, nous ne faisons rien pour leur dire non ? La problématique actuelle est bien le fait que nous servons, dans ce conflit, de «chair à canon», puisque c’est nous qui sommes en première ligne et qui prenons tous les risques, économiques, militaires et aussi nucléaires20. À l’évidence, la suite des opérations sera le fait que nous soyons aussi les «morceaux» qui seront ramassés, au moindre prix. Qu’est-ce qui montre, aujourd’hui, que les choses risquent de se passer différemment ?

DEUX CONFIRMATIONS

Un des exemples qui tendent à prouver que c’est bien dans ce sens que les choses se dessinent est la question du paiement des exportations russes en roubles. On sait en effet que Poutine, très intelligemment, a exigé, pour lutter contre la dépréciation du rouble induite par les sanctions, que les exportations de ses produits vers les pays «inamicaux» soient payées en roubles. Cela ne gêne en aucune façon, en principe, les pays européens. Qu’est-ce qui les empêche, en effet, d’acheter du rouble ? Les seuls que cela gêne – et c’est pour eux un point très important –, ce sont les USA, parce que cela tend à remettre en cause le monopole du USD pour les transactions internationales. Si demain, l’habitude se répand que les grandes transactions internationales soient payées en yuans, en euros, en roubles ou en yens, c’en est fini de l’avantage américain. Ce serait un affaiblissement politique de première grandeur. Pour cette raison, ils tiennent à ce «dogme» comme à la prunelle de leurs yeux.

Ils ont donc fait répondre, par l’Allemagne et la France entre autres, le refus de cette modalité. Mais si, demain matin, les Russes ne livrent plus leur gaz à l’Europe parce que nous refusons d’acheter des roubles (parce que les Américains nous l’interdisent, alors que cela ne nous gêne pas), ce sera la faillite pour de nombreuses entreprises européennes21. S’ouvrira alors, pour les fonds et les «majors» américaines, un «marché de la casse» dont ils seront bien bêtes de ne pas profiter. Dans une telle affaire, nous sommes clairement les «dindons de la farce», et les choses sont parties pour durer, puisqu’il est clair, nous l’avons démontré, que si les Russes ont tout intérêt à écourter le conflit, lorsqu’ils auront obtenu ce qu’ils veulent (la «finlandisation» de l’Ukraine), et à rentrer chez eux, les Américains, eux, ont un objectif principal, embourber les Russes sur place et «vietnamiser» leurs adversaires22.

Un autre exemple est le blocage commercial imposé par les sanctions. Il se développe dans trois directions :

  •  L’achat de produits russes : à mesure que les sanctions nous interdisent d’acheter aux Russes, nous sommes obligés de trouver des fournisseurs de substitution. Devinons, comme dans le cas du gaz, qui nous est imposé en priorité ?
  •  La vente de produits aux Russes : la Russie représentait pour nous un débouché important. Si nous ne pouvons plus leur vendre, nos entreprises seront très fragilisées. Devinons, là aussi, qui sera en première ligne pour nous racheter ?
  •  Enfin, les partenariats commerciaux avec la Russie, essentiellement par le biais de nos filiales sur place. C’est le pire scénario des trois puisque, nous le savons, le gouvernement russe a déjà présenté à la Douma un projet de loi visant à nationaliser les entreprises étrangères qui cesseraient, même momentanément, de travailler en Russie. Ainsi sont menacés des fleurons français comme Renault, Total, Auchan ou Décathlon. Si Auchan et Décathlon ont déjà indiqué qu’ils n’interrompraient pas leurs activités russes, il n’en est pas de même pour Renault, cloué au pilori (dans son message aux parlementaires français !) par le zélé Zélinsky, toujours bien disposé à relayer les injonctions américaines23. Ceci est particulièrement dangereux puisque, dans ce cas, nous perdrons à la fois notre CA et notre capital24. Malgré ce risque, notre propre État ne nous défend pas, et il laissera nos entreprises se faire «lyncher» par les médias si elles n’obtempèrent pas aux ordres américains. Et lorsqu’elles auront fait faillite, devinons, là aussi, d’où viendront les fonds pour les «sauver» ?

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A QUI LE CRIME PROFITERA-T-IL ?

Dans tous ces cas, à qui le crime profite-t-il25 ? Et surtout, à qui profitera-t-il demain puisque, c’est une évidence, ce conflit va durer, non pas parce que les Russes le souhaitent, mais parce que les Américains le veulent26. Où en sera notre économie dans six mois, dans un an, dans deux ans, dans dix ans ? Et l’on comprend bien que la base, ce qui permet de faire justifier auprès d’opinions crédules, dans une certaine mesure27, les sacrifices et les souffrances qu’elles endurent, et celles qu’elles endureront à l’avenir, c’est la guerre. C’est elle qui peut faire accepter la veulerie des États européens, car, face à la menace, «les Américains nous protègent» et «nécessité fait loi28». C’est elle qui doit permettre, en fin de compte, d’accélérer la prédation. Il sera donc essentiel, aux yeux des stratèges américains de la communication, de faire en sorte que l’injonction «C’est la guerre !» et sa mise en scène durent le plus longtemps possible.

Ceci est d’autant plus grave que, encore une fois, cette guerre ne nous concernait pas29… jusqu’à ce que nous acceptions de nous-mêmes d’y entrer, en décidant de livrer des armes et en devenant cobelligérants. On comprend mieux pourquoi il était essentiel pour les Américains de nous pousser dans cette direction. On comprend aussi l’erreur magistrale que nous avons commise en ne refusant pas de nous engager sur ce terrain. Pourquoi ne pas nous être limités à l’humanitaire ? Maintenant, nous sommes de plein pied dans une «logique de guerre». En temps de paix, nous avons déjà eu la monstruosité arbitraire de l’extraterritorialité du droit américain. En temps de guerre, un temps qui justifie tout, où s’arrêteront les exigences de nos «protecteurs» ?

Il ne sert à rien de proposer de réparer la maison vétuste sur la plage, si l’on ne voit pas arriver l’énorme tsunami, dont la crête se découpe déjà sur l’horizon. Face à une telle mécanique, un processus terrifiant, qui se met en place sous nos yeux, et pour lequel rien ne semble montrer qu’il devrait s’arrêter (puisque personne ne le dénonce !), rien moins que la ruine programmée et consentante de l’Europe et ensuite sa vente à la découpe30, les propositions franco-françaises de tous les candidats à la future présidentielle seront de bien peu d’importance. La seule chose qui pourra influer sur le cours des choses, en réalité, sera notre politique étrangère.

François Martin

Image UE : Kaonos / Shutterstock

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1 – Voir «L’atlantisme, un impensé politique français» dans la Smart Reading Press du 18 mars 2022.

2 – Mise à part celle de la France, mais uniquement dans sa composante nucléaire. Pour le reste, la France fait partie de l’OTAN. S’y applique donc le Traité de Lisbonne, qui indique que, pour la défense européenne, l’OTAN reste «le fondement de la défense et l’instance de la mise en œuvre» de la PESC (cf. article supra, NDBP no 15).

3 – Comme elle en avait l’habitude. C’est ce qui s’était déjà passé à Varsovie, en août 1944. Suite à l’insurrection, les Allemands s’étaient atrocement vengés sur la ville, qu’ils avaient entièrement détruite. Sur l’autre rive de la Vistule, les Russes avaient attendu patiemment la fin du martyre pour intervenir… (Voir sur Wikipédia. Le plan initial américain était de permettre la même chose avec Paris.)

4 – Voir TV5Monde.

5 – Voir Wikipédia.

6 – Voir Wikipédia.

7 – En 1983, le néo-conservateur Donald Rumsfeld lui vend le gaz moutarde avec lequel il gazera ensuite les Kurdes, l’un des méfaits qu’on lui reprochera. Voir sur cette vidéo.

8 – Voir Wikipédia.

9 – Dans les jours suivant l’invasion américaine, les 7 milliards de USD de la réserve du Trésor irakien disparaîtront comme par enchantement. Voir Wikipédia.

10 – À son époque, Eisenhower se plaignait déjà de leur rapacité. Il faut rappeler que le mari de Victoria Nuland, l’égérie de l’affaire ukrainienne, n’est autre que Robert Kagan, le chef de file des néo-conservateurs américains (voir Wikipédia). Et le budget de la défense américain est passé, entre 2001 et 2022, de 280 à 773 milliards de USD. Les enjeux industriels et commerciaux sont donc colossaux.

11 – Voir «Ukraine : le piège s’est refermé… sur Poutine» dans la Smart Rading Press du 25 février 2022.

12 – Voir «Afghanistan : le changement des fondamentaux géopolitiques» dans la Smart Reading Press du 24 septembre 2021.

13 – Tapis de bombes.

14 – De façon à atteindre 2 % du PIB.

15 – Comment les Français, dans un tel contexte, ont-ils pu s’étonner d’être ainsi «trahis»&nbsp,? Cette réaction est de la pure mise en scène, ou alors une incroyable naïveté !

16 – 2 % du PIB au minimum également, pour tous les pays européens. Voir touteleurope.eu.

17 – Ce sont les Allemands, semble-t-il, qui sont chargés de cette «basse besogne».

18 – Du moins, elle ne l’était pas avant que l’on ne décide de livrer des armes aux Ukrainiens…

19 – Les Américains, en effet, ne sont pas impactés par les sanctions. Elles leur profitent même, en particulier pour le gaz de roche-mère, dont ils sont exportateurs, alors que nous nous en sommes volontairement privés. Nous nous sommes enfoncés dans le piège énergétique. Voir atlantico.fr.

20 – Voir Ukraine : et maintenant ? (Smart Reading Press) et le développement sur le «parapluie nucléaire américain».

21 – D’après l’économiste Charles Gave, si la Russie ne livre plus, elle peut tenir deux ans, mais l’Allemagne peut tenir quatre jours avant que son industrie ne s’arrête. Voir Sud Radio.

22 – Voir Ukraine : et maintenant ? (Smart Reading Press) et la stratégie américaine.

23 – Lorsqu’un «parrain» prête à un emprunteur 10 milliards de USD, ce dernier fait exactement ce que l’autre lui demande, sinon, il risque très vite une balle dans la tête. Depuis le début des négociations entre Russes et Ukrainiens à la frontière biélorusse, deux des négociateurs ukrainiens, sans doute un peu trop zélés, ont été assassinés à leur retour à Kiev…

24 – Depuis que Renault a annoncé l’arrêt de son activité en Russie, et sans même attendre que ses activités soient nationalisées, l’action a déjà baissé de 25 %, et la direction a annoncé 2 milliards d’euros de pertes pour cette année. Comment l’entreprise s’en relèvera-t-elle ?

25 – Voir le tweet de Jean-Frédéric Poisson du 26 mars 2022.

26 – Voir ci-dessus, NDBP n° 22.

27 – Et de moins en moins, il faut l’espérer.

28 – En vérité, ils ne nous protègent pas. C’est nous qui les protégeons… en faisant le tampon !

29 – Ce qui ne veut pas dire que nous ne devons pas nous protéger aussi contre les Russes. La règle «si vis pacem, para bellum» ne doit souffrir aucune exception.

30 – Voir : Laurent IzardLa France vendue à la découpe, L’Artilleur, 2019.

 

GUERRE UKRAINE-RUSSIE : comment la crise alimentaire et énergétique va venir partout dans le monde ?

 

 

Guerre en Ukraine : comment la crise

 

alimentaire va venir partout dans le monde ?

 

Si les sanctions occidentales imposées contre Moscou continuent, le président Poutine avait déjà mis en garde que la Russie ne pourrait plus exporter d’engrais en déclarant : “cela entraînera des conséquences sérieuses (…) pour le secteur alimentaire dans l’ensemble, la hausse de l’inflation sera inévitable”.

Risques de pénuries de blé, de maïs et de tournesol

Considérée comme le « grenier du monde », l’Ukraine est actuellement confrontée à des difficultés sans précédent pour semer, récolter et exporter du blé et d’autres produits.

Pour rappel, l’Ukraine et la Russie comptent parmi les cinq premiers pays exportateurs mondiaux de blé, d’orge, de maïs et de tournesol. Mais le conflit qui les oppose a généré une forte perturbation au niveau de la production et de l’exportation.

Outre l’arrêt de la majorité des exportations ukrainiennes et russes, les hostilités devront avoir une incidence majeure sur la saison des semences en Ukraine, qui devrait commencer prochainement. Notez que la plantation du maïs et du tournesol a lieu au printemps.

Avec cette guerre, les agriculteurs ukrainiens sont confrontés à de nombreux problèmes. Ces derniers, notamment ceux qui se résident dans le nord et à l’est du pays, ne rejoignent plus les champs. D’autres ne peuvent plus utiliser leurs terres puisqu’elles sont occupées par des chars et des véhicules militaires… Selon certains témoignages, les soldats russes occuperaient ces fermes et emporteraient toute la nourriture et tout le matériel.

Quant aux agriculteurs dans les zones plus calmes, ils font face à des soucis encore plus importants qui pourraient faire baisser les rendements selon l’Ukrainian Agribusiness Club ou UCAB. On cite entre autres le manque d’engrais, le manque ou pénurie de carburant pour les véhicules agricoles, le manque de semences et de produits phytosanitaires.

A noter que la Russie fournit 30% des besoins en engrais azotés de l’Union européenne, elle pourrait aussi bloquer les importations. Le ministère russe de l’Industrie a déjà effectué une requête à ce sujet auprès de ses producteurs d’engrais. Le ministère russe de l’Industrie a déjà demandé la suspension d’exportations d’engrais.

Par ailleurs, l’UCAB estime qu’un tiers des terrains dédiés à la plantation de maïs et de tournesol ne seront pas utilisés. Tout cela va évidemment engendrer une baisse des récoltes. Pour le blé, les blés plantés en automne sont prêts à la moisson. Malheureusement, 40% de la récolte se trouve dans des zones de combat. Si les combats se poursuivent, il sera impossible de les collecter.

Selon l’UCAB, les agriculteurs ukrainiens ne pourront plus obtenir que 19 millions de tonnes de céréales au lieu de 32 millions de tonnes. Cette baisse de production aura un impact évident sur l’approvisionnement en blé, maïs et tournesol dans le monde.

Selon les estimations, 30% du blé et 20% du maïs dans les marchés mondiaux proviennent de l’Ukraine et de la Russie. Mais depuis le début des hostilités, le système d’exportation des produits est perturbé.

Des millions de tonnes de céréales sont bloqués en Ukraine, puisque les navires ne peuvent plus quitter le port. Les assureurs exigent des frais exorbitants, en raison des risques liés à la guerre. Pour rappel, nombreux sont les navires touchés par les tirs russes. De plus, en guise de riposte aux sanctions internationales, la Russie a aussi décidé de suspendre les exportations de céréales.

Avec la fermeture des ports et des sanctions, selon le PAM, environ 13,5 tonnes de blé et 16 millions de tonnes de maïs sont bloquées en Russie et en Ukraine. Cela représente respectivement 23 % et 43 % de leurs exportations pour la période 2021 – 2022.

Selon le PAM, avant l’invasion de l’Ukraine, 44 millions d’individus dans le monde étaient menacés par la famine. Suite à cette guerre, le nombre de personnes affamées va sans doute augmenter.

Les prix des céréales en forte hausse

Les producteurs agricoles en Ukraine ne sont pas les seuls à supporter les conséquences de la guerre en Ukraine. Avec la baisse de rendements et la difficulté d’exporter les récoltes, la sécurité alimentaire mondiale est fortement menacée d’après le président du Conseil agricole ukrainien, Andrii Dykun.

En effet, non seulement le risque de pénurie de céréales existe, mais l’inflation est aussi inévitable. Il ne faut pas oublier que la pandémie a déjà provoqué une hausse du prix des grains. Il va donc continuer augmenter si le conflit perdure, puisque les chaînes d’approvisionnement seront rompues pendant des mois.

Depuis cette guerre, selon l’indice des prix alimentaires de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), les prix mondiaux du blé ont connu une hausse de 21 %; l’orge, de 33 %; et certains engrais, jusqu’à 40 %. Le prix de l’huile de cuisson a augmenté de 36 % au Yémen et de 39 % en Syrie. Le prix de la farine de blé a connu une hausse de 47 % au Liban, de 15 % en Libye et de 14 % en Palestine.

Pour le PAM qui nourrit des millions de personnes, la tâche s’annonce difficile. Il sera obligé de trouver d’autres fournisseurs. Or, cela va générer des coûts supplémentaires et il sera difficile de trouver les ressources nécessaires.

Suite à la hausse des prix, le PAM a déjà été contraint de réduire les rations. Cela signifie que des millions d’enfants affamés dans le monde n’auront plus droit à un bol de céréales par jour.

Pour David Beasly, si le conflit en Ukraine continue, « le monde paiera un prix élevé ». Il a déclaré devant Conseil de sécurité de l’ONU « la dernière chose que nous voulons faire au PAM est de prendre de la nourriture à des enfants affamés pour la donner à d’autres enfants affamés. »

Les pays menacés par cette crise alimentaire

Les premières victimes de cette crise alimentaire sont d’abord les ukrainiens. Suite à la baisse de production, 45% d’entre eux ont peur de faire face à la famine selon le PAM. Par ailleurs, cet organisme des Nations-Unis prévoit d’envoyer des vivres pour venir en aide aux 3 millions d’Ukrainiens qui ont choisi de rester dans le pays.

Mais cette crise alimentaire va aussi s’étendre dans d’autres pays du monde. Il faut citer en premier lieu les régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. La Russie et l’Ukraine sont leurs principaux fournisseurs de grains.

En 2021 par exemple, les deux pays ont fourni 81 % des importations de blé de l’Égypte. La situation est aussi délicate pour le Liban et la Libye puisque l’Ukraine assure 50% de leur approvisionnement en blé.

Il ne faut pas oublier l’Afghanistan, la Syrie, l’Ethiopie et le Yémen. Notons que ces pays sont déjà fragilisés par des conflits internes et ils présentent un taux de pauvreté élevé. Hormis les 40 pays où le PAM intervient, l’Europe ne sera pas à l’abri de cette crise alimentaire découlant du conflit entre l’Ukraine et la Russie.

La sécurité alimentaire mondiale est menacée, et les pays les moins développés seront les plus affectés.

L’ONU avertit que “le risque de troubles civils, de pénuries alimentaires et de récessions induites par l’inflation ne peut être écarté, en particulier compte tenu de la fragilité de l’économie mondiale et du monde en développement à la suite de la pandémie de COVID-19”.

L’Organisation maritime internationale (OMI) des Nations unies demande la mise en place de « couloirs bleus » afin de permettre aux navires transportant les céréales de quitter la mer Noire en toute sécurité.

En France, pour aider les secteurs touchés par la guerre en Ukraine, comme le secteur agricole, le gouvernement  a déjà prévu un plan de résilience économique. Certains pays comme l’Espagne, les Pays-Bas et l’Allemagne dépendent des productions de céréales ukrainienne et russe. Pour les autres membres de l’Union européenne, la pénurie d’engrais est une menace constante, qui risque de faire baisser drastiquement les récoltes impactant sur son prix.

 

Demain plus de gaz russe livré

 

à tous les pays de l'Union Européenne ?

 

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le nouveau gazoduc chinois SOYOUZ VOSTOK

Gazprom interrompt ses livraisons de gaz

 

à l’Europe via un gazoduc critique

 

 

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par Jade.

Après que les pays européens ont importé hier la plus grande quantité de gaz de source russe depuis des mois, se précipitant pour faire des réserves alors que la date limite fixée par le président russe Vladimir Poutine pour payer le gaz en roubles (ou être coupé) est passéele géant gazier russe Gazprom a officiellement interrompu toutes les livraisons à l’Europe via le gazoduc Yamal-Europe, une artère critique pour les approvisionnements énergétiques européens.

 

Au lieu de s’écouler vers l’Allemagne et l’UE, le gaz a commencé à circuler dans la direction opposée vendredi et samedi, selon Gascade, le gestionnaire du réseau.

Ces derniers mois, l’UE a déjà augmenté ses importations de GNL en provenance des États-Unis…

…et malgré la promesse du président Biden de renforcer les exportations vers l’UE (bien qu’il ait stipulé que cette capacité supplémentaire ne proviendrait pas entièrement des États-Unis), des chercheurs de Goldman Sachs ont déjà montré que les exportations américaines de GNL sont déjà à pleine capacité.

Autre problème pour l’Europe, qui dépend des gazoducs : le continent ne dispose pas actuellement des infrastructures lui permettant d’augmenter rapidement ses importations de GNL, qui doit être soigneusement traité et « regazéifié » avant de pouvoir être distribué aux services publics et autres distributeurs d’énergie.

La carte ci-dessous illustre le niveau de dépendance des différentes économies européennes à l’égard de la Russie.

Mais les Allemands ne sont pas les seuls à devoir se passer du gaz russe. Le grand groupe énergétique britannique Shell est coupé des approvisionnements russes en réponse aux sanctions économiques prises par le Royaume-Uni à l’encontre de la Russie, a déclaré Dmitri Peskov, le secrétaire de presse du président russe Vladimir Poutine.

« Londres veut être le leader de tout ce qui est anti-russe. Elle veut même être en avance sur Washington ! C’est le prix à payer ! » a souligné M. Peskov.

Jusqu’à présent, le Royaume-Uni est le seul pays à avoir imposé des sanctions à la banque russe Gazprombank, par laquelle sont effectués les paiements pour le gaz naturel russe. Cette mesure prive effectivement la Grande-Bretagne de la capacité de payer le produit de base et a contraint Gazprom à se retirer de la branche ventes et commerce. Conformément au décret de Poutine selon lequel le gaz russe doit être payé en roubles, Gazprom a ouvert des comptes en devises étrangères pour ses clients, où leurs devises peuvent être converties en roubles à la bourse de Moscou.

Maintenant que Poutine fait monter la pression, les nations européennes ont un choix difficile à faire : soit elles jouent le jeu et montrent au monde que leurs efforts pour se libérer de leur dépendance à l’égard de l’énergie russe ont été en grande partie vains. Ou bien ils peuvent faire face à une crise économique « catastrophique » avec la flambée des prix de l’énergie, qui entraînera des rationnements, des coupures de courant et d’autres mesures qui feront passer la crise pétrolière des années 1970 aux États-Unis pour un jeu d’enfant.

source : Aube Digitale

 

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Le pétrole s'envole, la guerre

 

en Ukraine et la Russie inquiètent

 

PÉTROLE 

Le pétrole s'envole, la guerre en Ukraine et la Russie inquiètentPixabay

Brent, WTI... Les prix du pétrole décollent. Alors que les puissances occidentales pourraient infliger de nouvelles sanctions à la Russie, Moscou a mis en garde contre une forte baisse des exportations de pétrole via l'oléoduc Caspian Pipeline Consortium "après que l'infrastructure a été endommagée par une tempête".

Alexandre Novak, vice-Premier ministre russe chargé de l'Énergie, a quant à lui déclaré mercredi qu'il était "absolument évident que sans les hydrocarbures russes, si des sanctions sont imposées, les marchés du gaz et du pétrole s'effondreront". Moscou a également accusé mercredi les États-Unis d'entraver les "difficiles" négociations russo-ukrainiennes, estimant que le but de Washington était de "dominer" l'ordre mondial, y compris par le bais des sanctions. Un sommet de l'Otan a été convoqué jeudi, jour où se tiennent également à Bruxelles un sommet du G7 et le sommet de l'Union européenne.

Le président américain Joe Biden, qui participera à ces trois rendez-vous, a déjà annoncé que les Occidentaux allaient adopter "de nouvelles sanctions contre la Russie et renforcer" celles déjà en place. "Une interdiction totale du pétrole près d'un mois après l'invasion de l'Ukraine constituerait un tournant politique pour l'Europe, qui a jusqu'à présent évité toute sanction énergétique", rappelle Louise Dickson, analyste pour Rystad Energy.

Si l'Union Européenne renonçait totalement au pétrole provenant des ports et des oléoducs russes, cela entraînerait un manque de plus de deux millions de barils de brut par jour sur le marché, selon les estimations de Rystad Energy. "La Russie a menacé de couper l'approvisionnement en gaz de l'Europe en cas d'embargo pétrolier de l'UE, ce qui a ajouté à la volatilité du marché à court terme", ajoute Louise Dickson.

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Les importations russes assurent à l'Europe 40% de ses besoins en gaz naturel et 30% pour le pétrole. Les prix du gaz naturel européen sont repartis à la hausse mercredi. La référence du marché du gaz naturel européen, le TTF néerlandais, évoluait lundi à 116,34 euros le MWh, en hausse de plus de 17%. Il reste cependant très loin de son sommet historique, atteint le 7 mars dernier, à 345,00 euros le MWh.

"Nous pensons que les sanctions officielles contre la Russie se rapprochent et que les politiciens de différents pays commencent à envisager des plans de rationnement de l'énergie", affirme de son côté Bjarne Schieldrop, analyste chez Seb. L'Allemagne – gros client de gaz de la Russie – s'est par exemple engagée à "accélérer" la construction de deux terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le cadre d'un accord énergétique de long-terme avec le Qatar.

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Poutine sonne

 

le glas du pétrodollar

 

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« Le gel de nos avoirs signifie que les États européens s’approvisionnent en gaz russe gratuitement ».

Le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine a tenu une vidéoconférence sur le développement du transport aérien et de la fabrication d’avions.

Novo-Ogaryovo, Région de Moscou

Ont participé à la réunion le Premier ministre Mikhaïl Mishustin, le chef de cabinet du bureau exécutif présidentiel Anton Vaino, le premier vice-Premier ministre Andrei Belousov, le vice-Premier ministre Yury Borisov, les assistants présidentiels Igor Levitin et Maxim Oreshkin, le ministre de l’Industrie et du Commerce Denis Manturov, le ministre du Développement économique Maxim Reshetnikov, Vitaly Savelyev, ministre des Transports, Anton Siluanov, ministre des Finances, Elvira Nabiullina, gouverneur de la Banque centrale, Alexander Neradko, directeur de l’Agence fédérale du transport aérien, ainsi que les dirigeants de United Aircraft Corporation, Aeroflot, State Transport Leasing Company, Siberia Airlines, UTair, Airports of Regions Management Company, Volga-Dnepr Group, Rostec State Corporation, VEB. RF State Development Corporation, Sberbank et VTB Bank.

Note du Cri des Peuples : La guerre de l’information continue à faire rage, et ce discours est quasiment inaccessible, même en anglais, le site du Kremlin étant hors service du fait d’attaques sophistiquées qui ne peuvent qu’être le fait d’acteurs étatiques (cf. la plainte de la Russie à cet égard). Il est intéressant de noter que même les médias qui ont rapporté le contenu de ce discours ont passé sous silence l’extrait central, car toute personne sensée ne peut que se ranger avec la Russie quand elle comprend que c’est soit livraison gratuite en euros, soit livraison en roubles ! Cf. par exemple le Financial Times. Et aucun média ne précise non plus que les sanctions sont illégales sans aval de l’ONU, des actes de guerre…

 

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Président de la Russie Vladimir Poutine :

 

Chers collègues, bonjour.

L’ordre du jour d’aujourd’hui porte sur la situation de l’industrie aéronautique. Nous souhaitons depuis longtemps discuter de ces questions de manière globale, et aujourd’hui nous en parlerons plus en détail.

Cependant, je voudrais commencer par quelque chose dont nous avons discuté la semaine dernière.

Aujourd’hui, j’ai signé un décret établissant les règles pour le commerce du gaz naturel russe avec les États dits inamicaux. Nous avons proposé à nos contreparties de ces pays une procédure claire et transparente. Pour acheter du gaz naturel russe, ils devront ouvrir des comptes en roubles auprès des banques russes, qui seront utilisés pour payer la distribution du gaz à partir de demain, le 1er avril de cette année.

Si aucun paiement n’est effectué, nous considérerons qu’il s’agit d’un défaut de paiement de la part de l’acheteur, avec toutes les conséquences qui en découlent. Personne ne nous vend rien gratuitement, et nous n’avons pas non plus l’intention de faire la charité. Cela signifie que les contrats en cours seront suspendus.

Je le souligne à nouveau : dans une situation où les systèmes financiers des pays occidentaux sont utilisés comme une arme, où les entreprises de ces pays refusent de remplir leurs contrats avec les banques, les entreprises et les particuliers russes, où nos avoirs en dollars et en euros sont gelés, il est insensé d’utiliser les devises de ces pays.

En fait, que s’est-il passé ? Nous avons fourni des ressources à nos clients européens, du gaz en l’occurrence. Ils l’ont reçu et payé en euros, qu’ils ont ensuite gelé. Ainsi, nous avons des raisons de croire qu’une partie du gaz fourni à l’Europe l’a été essentiellement à titre gratuit.

 

Évidemment, cela ne peut pas durer, surtout si l’on considère que, si nous continuons à fournir du gaz selon le même processus, les paiements en euros ou en dollars pourraient à nouveau être bloqués. Cette évolution est tout à fait possible, d’autant plus que certains hommes politiques occidentaux en ont parlé publiquement. En outre, les chefs de gouvernement de l’UE ont suggéré des approches similaires. Ce type de risque est, bien entendu, inacceptable pour nous.

Si nous considérons cette question d’un point de vue général, le passage au paiement du gaz en roubles russes est une étape importante vers le renforcement de notre souveraineté financière et économique. Notre plan à long terme a été d’avancer constamment et progressivement dans cette direction, en augmentant la part des transactions en monnaie nationale dans le commerce extérieur, c’est-à-dire dans notre monnaie et dans celle de nos partenaires fiables.

Vous avez peut-être déjà entendu dire que de nombreux fournisseurs d’énergie de longue date sur le marché mondial parlent également de diversifier les monnaies de transaction.

Je le répète, la Russie accorde une grande importance à sa réputation commerciale. Nous remplissons et nous continuerons à honorer nos obligations dans le cadre de tous les contrats, y compris nos contrats de gaz. Nous continuerons à fournir du gaz comme convenu et, je tiens à le souligner, aux taux spécifiés dans les contrats à long terme en vigueur.

Je tiens à souligner que ces taux sont plusieurs fois inférieurs aux taux actuels sur le marché au comptant. Qu’est-ce que cela signifie ? En termes simples, le gaz russe signifie une énergie moins chère, de la chaleur et de l’électricité moins chères dans les foyers européens, des engrais plus abordables pour les agriculteurs européens et, par conséquent, des aliments moins chers. Enfin, cela signifie une plus grande compétitivité pour les entreprises européennes et des salaires plus élevés pour les citoyens européens.

Cependant, à en juger par les déclarations de certains politiciens, ceux-ci sont prêts à faire fi des intérêts de leurs citoyens afin de bénéficier des bonnes grâces de leur maître et suzerain d’outre-mer [les Etats-Unis]. C’est le contraire du populisme. Les gens sont invités à manger moins, à s’habiller plus, à utiliser moins de chauffage, à renoncer aux voyages, vraisemblablement au profit de ceux qui exigent ce genre de privation volontaire en signe d’une solidarité nord-atlantique abstraite.

 

Ce n’est pas la première année que nous observons des approches et des actions aussi discutables dans la politique économique, énergétique et alimentaire des pays occidentaux.

D’ailleurs, la crise alimentaire sera inévitablement suivie d’une autre, une autre vague de migration, principalement vers les pays européens.

Quoi qu’il en soit, les décisions qui sont prises, les unes après les autres, poussent l’économie mondiale vers la crise. Elles conduisent à la désorganisation des chaînes de production et de logistique, à l’augmentation de l’inflation mondiale et à l’aggravation des inégalités, à la baisse du niveau de vie de millions de personnes et à la tragédie des famines de masse dans les pays les plus pauvres, comme je viens de le dire.

Naturellement, la question se pose : Qui en est responsable ? Qui en sera tenu pour responsable ?

Il est évident que les États-Unis vont à nouveau tenter de résoudre leurs problèmes, leurs propres problèmes, aux dépens des autres. Cela déclenchera en partie une nouvelle vague d’émissions et de déficits budgétaires. Le déficit a explosé et l’inflation atteint des records, tant dans les principaux pays européens qu’aux États-Unis. Ce faisant, ils essaient de nous faire porter le chapeau de leurs propres erreurs économiques ; ils cherchent toujours quelqu’un à blâmer. C’est parfaitement clair, nous en sommes conscients.

J’ajouterais que les États-Unis essaieront également de tirer profit de l’instabilité mondiale actuelle, comme ils l’ont fait pendant la Première et la Deuxième Guerre mondiale, et leurs agressions contre la Yougoslavie, l’Irak et la Syrie, pour n’en citer que quelques-unes. Les marchés mondiaux chutent tandis que la valeur des actions des entreprises du complexe militaro-industriel américain ne cesse d’augmenter. L’argent s’écoule vers les États-Unis, privant les autres régions du monde de ressources de développement.

 

Les tentatives de tout faire pour pousser l’Europe vers le coûteux gaz naturel liquide américain relèvent de la même catégorie. En conséquence, les Européens sont non seulement obligés de mettre la main à la poche, mais aussi de saper de leurs propres mains la compétitivité des entreprises européennes, pour les écarter du marché mondial. Pour l’Europe, cela signifie une désindustrialisation à grande échelle et la perte de millions d’emplois. Une autre conséquence est une réduction drastique du niveau de vie sur fond d’augmentation des prix de la nourriture, de l’essence, de l’électricité, du logement et des services publics.

C’est le prix que l’élite occidentale au pouvoir dit aux gens de payer, comme je l’ai dit, pour leurs ambitions et leurs actions à courte vue, tant en politique qu’en économie, y compris la guerre économique qu’ils essaient de déclencher, ou qu’ils ont en fait déjà déclenchée contre la Russie.

 

Cela ne date pas d’aujourd’hui, ni du mois dernier. Des sanctions et des restrictions illégales ont toujours été imposées à notre pays, depuis de nombreuses années. Leur objectif est de freiner le développement de la Russie, de porter atteinte à notre souveraineté et d’affaiblir notre potentiel industriel, financier et technologique.

Je répète que toutes ces sanctions ont été préparées à l’avance et qu’elles auraient été imposées de toute façon. Je voudrais insister sur ce point. En effet, ce sont des sanctions contre notre droit à la liberté, à l’indépendance, à être la Russie. Elles sont imposées parce que nous ne voulons pas danser à leur rythme et sacrifier nos intérêts nationaux et nos valeurs traditionnelles. L’« Occident collectif » ne semble pas disposé à abandonner sa politique de pression économique sur la Russie. De plus, il va certainement essayer de trouver plus de raisons pour les sanctions, ou plutôt des prétextes. On ne peut guère compter sur un changement de leur approche, du moins dans un avenir proche.

À cet égard, je demande au gouvernement, à la Banque de Russie et aux gouvernements régionaux d’en tenir compte lorsqu’ils planifient leurs efforts systémiques pour promouvoir la croissance économique et soutenir des secteurs spécifiques, et de garder à l’esprit que les sanctions ne vont pas disparaître, tout comme au cours des décennies précédentes. Telle est la réalité objective.

Ce que je voudrais noter ici, et je veux que vous le portiez à l’attention de tous vos collègues, c’est que lors de l’examen de chaque industrie ou secteur spécifique, nous devons non seulement nous attacher à surmonter les défis de cette année, mais aussi élaborer des plans de développement à long terme fondés sur les capacités internes de notre économie, sur les systèmes scientifiques et éducatifs de la Russie. Nous devons avant tout compter sur les initiatives des entreprises privées et sur une concurrence saine, en nous efforçant de maximiser l’emploi de nos installations industrielles, de développer de nouvelles compétences et, d’une manière générale, d’accroître la compétitivité internationale de la Russie.

 

Dans le même temps, pour nous assurer de l’efficacité de la politique économique, nous devons examiner des indicateurs clés tels que la préservation et la création d’emplois, la réduction de la pauvreté et des inégalités, l’amélioration de la qualité de vie des personnes et la disponibilité des biens et des services. Nous avons également mis l’accent sur ces indicateurs lorsque nous avons discuté de la situation de la construction et du logement la semaine dernière.

Aujourd’hui, nous allons poursuivre la série de réunions liées à l’industrie. Comme je l’ai dit, l’industrie aéronautique est à l’ordre du jour aujourd’hui, car elle joue un rôle crucial dans le développement de l’industrie russe, de ses domaines de haute technologie. Elle revêt certainement une importance particulière pour les services de transport, qui assurent la connectivité des régions de notre vaste pays.

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Permettez-moi de vous rappeler que les transporteurs aériens et les constructeurs d’avions russes ont été parmi les premiers à ressentir les conséquences des décisions inappropriées des pays occidentaux.

Il y a un mois, les compagnies européennes et américaines ont unilatéralement refusé de respecter les obligations découlant de leurs contrats avec les compagnies aériennes et de services de Russie. En fait, elles ont trompé leurs partenaires russes en arrêtant la fourniture, la location, l’entretien et l’assurance des avions. En outre, les pays européens ont fermé leur espace aérien à nos avions.

Je laisserai de côté, pour l’instant, l’impact de cette décision sur les compagnies étrangères elles-mêmes, y compris les réputations endommagées et les pertes directes. Je me contenterai de noter que les entreprises russes ont respecté intégralement leurs accords et étaient prêtes à continuer à le faire.

Cependant, les pays occidentaux ont pris ces mesures et nous devons certainement y répondre. Je suggère de partir du principe que nous ne maintiendrons pas de coopération avec nos anciens partenaires dans un avenir proche.

Nous ne nous fermerons à personne, nous ne serons pas un pays fermé, mais nous devons partir des réalités qui se dessinent.

Nous avons toutes les chances de faire en sorte que l’aviation russe non seulement surmonte les difficultés actuelles, mais reçoive aussi un nouvel élan de développement.

 

Tout d’abord, nous devons soutenir nos compagnies aériennes afin qu’elles puissent maintenir un fonctionnement durable et rythmé, pour conserver les emplois et rendre le service aérien accessible au peuple russe. Comme je l’ai dit, il s’agit de mesures opérationnelles et urgentes.

En ce qui concerne les plans à long terme, nous devons évidemment adapter la stratégie de développement de notre industrie aéronautique en nous appuyant sur nos propres ressources et en tenant compte des nouvelles conditions qui offrent de nombreuses possibilités aux constructeurs aéronautiques, aux bureaux d’études et aux fournisseurs de matériaux, de composants et de pièces russes.

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La part des avions nationaux devrait augmenter considérablement au cours de la décennie actuelle (et c’est, bien sûr, une opportunité pour nos fabricants d’équipements aéronautiques). Naturellement, il est nécessaire d’atteindre une qualité, une fiabilité et une efficacité élevées dans le processus. C’est également important pour les compagnies aériennes russes, y compris les compagnies privées qui doivent également se développer en tant qu’entreprises dynamiques et rentables. Bien sûr, cela compte beaucoup pour les passagers (ils doivent pouvoir acheter des billets à des prix abordables), ce dont nous parlerons plus tard, tandis que le niveau de sécurité, de confort et de services doit correspondre aux normes les plus élevées. Je ne parle pas seulement des vols interrégionaux, mais aussi du développement de la petite aviation et de la desserte des régions éloignées et difficiles d’accès.

Je voudrais vous demander aujourd’hui de parler en détail des solutions qui permettront à notre industrie de développer la production d’une large gamme d’avions domestiques. Nous discutons sans cesse de cette question avec vous. Il est également important de s’assurer que la maintenance technique et la réparation des avions répondent aux exigences les plus élevées.

Mettons-nous au travail. Je vais donner la parole à M. Savelyev. Allez-y, s’il vous plaît.

[…]

source : en.kremlin.ru via NakedCapitalism

via : Le Cri des Peuples

 

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L’Europe n’a pas d’alternative

 

au gaz naturel russe

 

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par Dmitry Orlov.

Ceux qui prêtent encore attention aux déclarations des marionnettes européennes, je veux dire des dirigeants nationaux, et qui s’y connaissent en matière d’énergie, ont probablement été très amusés d’entendre l’un d’entre eux déclarer que l’Allemagne envisage de réduire ses importations de gaz russe à 10%, et un autre déclarer que l’Europe ne paiera pas le gaz russe en roubles parce qu’il ne sait même pas à quoi ressemble un rouble. On peut s’attendre à des déclarations stupides de ce genre de la part de marionnettes, qui ne sont probablement pas allées à l’école, et si elles y sont allées, c’était probablement une sorte d’école de marionnettes où elles n’ont pas eu à se battre avec des matières difficiles comme les mathématiques, la physique ou la chimie.

Nous pouvons nous lamenter autant que nous voulons sur l’état déplorable des vieilles nations européennes et sur le fait qu’elles sont dirigées par des abrutis sans cervelle, mais pour ceux d’entre nous qui possèdent encore des facultés mentales, cela ne changera rien au fait que l’Europe ne pourra pas survivre longtemps sans le gaz naturel russe. Une devise appropriée pour l’Europe serait « Donnez-moi le gaz russe, ou donnez-moi la mort ! » Je vais maintenant fournir une justification complète de cette devise dans une perspective à court et à long terme.

Lorsqu’on fait remarquer que la situation énergétique de l’Europe est absolument désespérée, on entend souvent la réponse rapide suivante : « Tout cela n’a aucun sens. L’Europe n’achètera tout simplement pas de gaz pour le moment. Il reste beaucoup de temps avant l’hiver prochain et d’ici là, la Russie capitulera et offrira son gaz gratuitement. »

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Laissez-moi vous expliquer comment fonctionnent les réseaux de livraison de gaz naturel. Pour survivre à la saison de chauffage de l’hiver, l’Europe doit remplir complètement son stockage souterrain de gaz d’ici novembre, alors qu’il est actuellement presque vide. Si ce n’est pas le cas, même avec des livraisons de gaz naturel en provenance de l’extérieur à plein débit, les Européens devront choisir entre fermer l’industrie et laisser les bâtiments sans chauffage. L’infrastructure européenne de gaz naturel existante n’a tout simplement pas la capacité de remplir son stockage souterrain de gaz en un jour, une semaine ou un mois. Son volume est évalué à 100 milliards de mètres cubes. Nord Stream 1, à son débit maximal, peut fournir 160 millions de mètres cubes par jour. Une autre tranche de 100 millions de mètres cubes par jour est actuellement pompée par le gazoduc ukrainien. Ajoutez à cela Yamal-Europe et Turk Stream, avec 300 millions de mètres cubes par jour. À la fin de la saison de chauffage actuelle, il restera moins de 20 milliards de mètres cubes dans le stockage souterrain (sans compter le « gaz technique » piégé utilisé pour maintenir la pression). La capacité maximale des usines de regazéification du gaz naturel liquéfié en Europe est de 400 millions de mètres cubes supplémentaires par jour. Oh, et l’Europe produit encore 150 millions de mètres cubes par jour par ses propres moyens. La capacité maximale de livraison de gaz naturel disponible pour l’ensemble de l’Europe s’élève donc à 850 millions de mètres cubes par jour. En appliquant des principes arithmétiques avancés, nous arrivons à la conclusion inévitable qu’il est impossible de remplir le stockage souterrain de l’Europe en moins de 100 jours !

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Mais cela suppose que pas un seul mètre cube de gaz ne sera consommé entre-temps. Cette hypothèse n’est évidemment pas valable. De plus, il existe des restrictions quant à la vitesse de pompage du stockage souterrain ; le processus ralentit à mesure que le stockage est rempli et que la pression augmente. En réalité, pour atteindre l’objectif déclaré de 90% de la capacité au début de la saison de chauffage de 2022, le stockage souterrain doit commencer à être rempli à la mi-avril, c’est-à-dire dès maintenant ! Sinon, il n’y aura aucune chance de rattraper le retard. Et si l’Europe refuse d’acheter les 300 millions de mètres cubes par jour de la Russie en utilisant des roubles qu’elle n’a pas actuellement, alors il n’y a aucun espoir de passer la saison de chauffage.

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Conclusion à court terme : pour l’Europe, il n’y a pas d’alternative au gaz naturel russe. Commençons par une proposition qui semble à la fois simple et logique : remplaçons le gaz naturel par plus d’éoliennes ; brûlons davantage de charbon ; remplaçons le gaz par du pétrole ; construisons encore quelques centrales nucléaires ; brûlons du biocarburant (arbres, meubles, animaux morts, etc.). Cela ne marchera pas et voici pourquoi.

Commençons par quelques faits de base. Le gaz naturel est principalement composé de méthane, CH4. Une transformation chimique assez simple permet de convertir le CH4, l’air et l’eau en NH3, qui est l’ammoniac, ou nitrure d’hydrogène. Ce dernier peut à son tour être utilisé pour fabriquer de nombreuses choses utiles, des engrais azotés (sans lesquels beaucoup de gens mourraient de faim) aux explosifs (sans lesquels beaucoup de gens vivraient plus longtemps et plus heureux, ce qui nécessiterait encore plus d’engrais azotés), en passant par de nombreux autres produits tels que les polymères (c’est-à-dire les plastiques). Il existe d’autres moyens de fabriquer de l’ammoniac, mais ils sont plus coûteux et l’infrastructure pour les utiliser n’existe pas. Un autre produit essentiel et irremplaçable fabriqué à partir du gaz naturel est le méthanol ; la chimie industrielle moderne est impensable sans lui. Il est donc tout simplement impossible de remplacer le gaz naturel par du charbon, des éoliennes ou des centrales nucléaires.

Ensuite, il faut savoir que le gaz naturel est utilisé pour produire de l’électricité et de la chaleur. Certes, la chaleur peut également être produite en brûlant du charbon ou en utilisant des chauffages électriques, mais les fours à charbon ne sont pas très répandus dans les foyers européens d’aujourd’hui, tandis que le réseau électrique n’est pas conçu pour fournir de la chaleur dans les quantités nécessaires, qui sont de plusieurs ordres de grandeur supérieures à la demande actuelle en électricité. Renforcer le réseau électrique ou installer des fours à charbon partout (et développer la logistique de la livraison du charbon) sont deux propositions très coûteuses et longues à mettre en œuvre. Ainsi, une fois encore, il n’y a pas d’alternative au gaz naturel.

Considérons maintenant les utilisations du gaz naturel comme combustible dans la fabrication du verre, la métallurgie, la fabrication du ciment et de nombreux autres processus industriels. Convertir la production de verre ou d’acier en utilisant du charbon ne fonctionnera pas. La convertir à l’électricité prendrait trop de temps. Le choix immédiat est de continuer à utiliser le gaz naturel ou de tout arrêter. Et tout arrêter signifie que l’Europe va se désindustrialiser, que tous les travailleurs industriels vont se retrouver au chômage et que le niveau de vie de tous les Européens va chuter d’un bon ordre de grandeur, tout cela à cause du manque de gaz naturel russe.

La dernière raison pour laquelle il n’y a pas d’alternative au gaz naturel russe peut sembler quelque peu contre-intuitive : il ne peut être remplacé par les énergies renouvelables. C’est vrai, l’utilisation généralisée des sources d’énergie renouvelables (éolienne et solaire en particulier) rend l’utilisation du gaz naturel absolument obligatoire. En outre, la capacité de production à base de gaz naturel doit être égale à la capacité de production à base de sources d’énergie renouvelables – rien de moins ne fonctionnera. En effet, l’éolien et le solaire ne peuvent pas fournir un niveau de production garanti, et plus la capacité éolienne et solaire installée est importante, plus les différences entre les pics et les creux de production sont grandes. D’autre part, les consommateurs d’électricité, qu’il s’agisse d’une fonderie d’aluminium ou des systèmes de survie d’un hôpital, ne peuvent pas fonctionner avec une alimentation électrique intermittente. Les pics et les creux doivent être lissés par quelque chose, et pour des raisons de physique, cette chose ne peut être que le gaz naturel.

L’énergie nucléaire est exclue, pour la simple raison qu’un réacteur nucléaire ne peut pas produire 500 MW une minute et 5 MW la minute suivante. C’est ce qu’on appelle la « manœuvre » et, si elle n’est pas effectuée très lentement et soigneusement, elle fait exploser les réacteurs nucléaires comme ce fut le cas à Tchernobyl. Il y a beaucoup d’autres excellentes raisons, mais cette première raison est suffisante. Il ne reste plus que le charbon et le gaz naturel. Il est peut-être possible de manœuvrer en utilisant des centrales au charbon, mais l’efficacité énergétique de telles manœuvres serait tout à fait lamentable : un moment, vous alimentez les fours comme un fou et le lendemain, vous évacuez bruyamment la vapeur dans l’atmosphère. Il serait moins coûteux de mettre au rebut tous les aérogénérateurs et les panneaux solaires que de mener une telle opération, car personne ne serait en mesure de s’offrir l’énergie ainsi produite. Le gaz naturel est unique en ce sens qu’une turbine à gaz naturel peut monter et descendre en puissance rapidement et sans perte d’efficacité majeure. De plus, le CO2 qu’il produit est un sous-produit précieux qui peut être utilisé pour fabriquer de la glace sèche pour les usines de conditionnement de viande.

Pour être complet, mentionnons brièvement l’hydrogène (H2) qui est si à la mode chez les écologistes. Certains d’entre eux pensent même que l’hydrogène peut remplacer le gaz naturel, notamment une certaine gynécologue au chômage qui, inexplicablement, dirige toute l’Union européenne. J’ai une mauvaise nouvelle pour elle : plus on utilise l’hydrogène, plus on a besoin de gaz naturel. Et ce n’est même pas parce que l’hydrogène doit être fabriqué principalement à partir de gaz naturel (de gaz naturel russe, en Russie) ; il y a une raison plus simple, basée sur la physique. L’hydrogène ne peut pas être acheminé par gazoduc comme le gaz naturel. Les molécules d’hydrogène sont minuscules et traversent le métal sans trop de problèmes ; sur un pipeline de 1000 km de long fonctionnant à une pression typique de 60 à 90 atmosphères, 40% de l’hydrogène s’échapperait tout simplement.

En outre, l’hydrogène brûle à une température beaucoup plus élevée que le gaz naturel et son utilisation nécessite le remplacement d’un grand nombre d’infrastructures, des stations de compression des pipelines aux fours et aux échangeurs de chaleur. Enfin, l’hydrogène s’accompagne de toute une série de problèmes particuliers : il fragilise les pipelines et les expose à des défaillances catastrophiques ; il est explosif à des concentrations très diverses ; sa flamme est invisible mais extrêmement chaude. En résumé, lorsque vous détectez une fuite d’hydrogène, vous êtes déjà à mi-chemin de la mort. La seule bonne nouvelle est la suivante : des expériences ont montré qu’il est relativement sûr et efficace de mélanger du gaz naturel avec de l’hydrogène dans un rapport de 9 pour 1. Mais cela signifie que pour doubler l’utilisation de l’hydrogène, il faut doubler l’utilisation du gaz naturel.

Conclusion à long terme : pour l’Europe, il n’y a pas d’alternative au gaz naturel en général, et au gaz naturel russe en particulier (parce qu’il n’y a pas d’autres sources de gaz naturel). À l’heure actuelle, les Européens n’ont pratiquement plus de gaz naturel stocké sous terre et n’ont plus de roubles sur leurs comptes pour en acheter davantage – une situation vraiment épouvantable qui les oblige à passer par les différentes étapes du processus de deuil. Depuis hier, certains pays européens – l’Allemagne, l’Autriche et la Pologne en particulier – en sont au stade du déni, tandis que d’autres – le Danemark – en sont déjà au stade du marchandage. La Bulgarie et la Moldavie, qui ont une grande expérience des relations avec la Russie et savent pertinemment que la première offre de la Russie est toujours la meilleure, s’empressent d’accepter toutes les conditions.

Nous ne pouvons qu’être désolés pour les marionnettes européennes. Elles ont été élevées et entraînées à suivre tous les ordres de leur grand frère de l’Ouest ; mais aujourd’hui, leur grand frère de l’Ouest voudrait qu’elles s’effondrent (en refusant d’acheter du gaz naturel russe) pour qu’il puisse s’effondrer seulement demain ou après-demain. Ils ont maintenant la tâche peu enviable de violer toute leur programmation et de s’incliner en supplication devant le Grand Frère de l’Est et de demander : « Que pouvons-nous vous donner en échange de quelques roubles avec lesquels acheter du gaz naturel afin de survivre au prochain hiver ? » Ils ne devraient même pas essayer d’offrir l’Ukraine ; ce territoire a déjà été récupéré. La Lituanie, alors ?

Dmitry Orlov

source : Club Orlov

traduction Hervé, relu par Wayan

via Le Saker Francophone

 

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