Guerre d’Ukraine – Jour 48 –

 

entre escalade militaire occidentale

 

et avènement d’un monde multipolaire

 

Chronique de la destruction consentie de l'Europe.

 

- Depuis trente ans, les Etats-Unis n'ont qu'une obsession sur notre continent: empêcher l'émergence de cette "Europe européenne", que le Général de Gaulle appelait de ses voeux, fondée sur une sécurité qui devait aller "de l'Atlantique à l'Oural". La guerre d'Ukraine est à la fois le sommet de la capacité de division américaine et le moment d'un potentiel retournement. Nous assistons non seulement à une révolution militaire russe (grâce aux armes hypersoniques) mais aussi à l'émergence d'un monde multipolaire dont le centre de gravité sera en Eurasie, au coeur du triangle constitué par la Russie, l'Inde et la Chine. La France a un énorme atout - elle est à la fois européenne et présente sur tous les océans du monde. Nous aurions toutes les raisons de jouer un rôle majeur dans le nouvel équilibre des puissances. Mais avant cela, il nous faut d'abord analyser et comprendre ce qui se passe sous nos yeux: le déclin inéluctable de la puissance américaine du fait de la dédollarisation du monde; l'auto-destruction de l'Union Européenne qui pousse les sanctions contre la Russie sur un mode "plus américain que les Américains"; le déclin de la puissance allemande qui a oublié la vieille sagesse de Bismarck, Willy Brandt et Gerhard Schröder - l'Europe va mal quand l'Allemagne et la Russie ne s'entendent pas ; mais aussi le réveil politique de l'Inde qui tient à distance le monde anglo-saxon; la remise en selle, malgré le COVID-19, que cela nous plaise ou non, de la Chine néo-léniniste; et, bien entendu, la résistance de la Russie aux sanctions. C'est à condition de comprendre le monde qui vient que la France saura y trouver sa place.

Nous reproduisons ci-dessus une brochure fabriquée par la “Centrale régionale de formation politique” de Bade-Wurttemberg à destination des écoles du Land. Pour donner une idée du niveau auquel est tombée une institution qui a pour mission de fournir aux écoles, en Allemagne, dans chaque Land, du matériel de discussion des enjeux civiques, la bulle au-dessus du camion prête aux soldats russes les propos suivants, à l’égard des Ukrainiens: “Ils ont l’air d’êtres humains mais ce sont des monstres assoiffés de sang et remplis de haine”. Une formulation typiquement nazie placée dans la bouche des Russes. Bel hommage aux 13 millions de soldats et 14 millions de civils soviétiques (dont beaucoup d’Ukrainiens!) victimes de la barbarie nazie. 

La situation militaire

Les meilleures synthèses de la situation militaire sont proposées en ce moment par southfront.org. Je donne ici quelques extraits du tableau de la journée du 12 avril: 

Le 12 avril, les forces armées russes et les forces alliées des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk ont poursuivi leur progression dans l’est de l’Ukraine. Les combats les plus intenses se poursuivent à Marioupol, tandis que des affrontements de moindre intensité ont lieu dans les régions de Donetsk et de Lougansk ainsi que dans le sud de la région de Kharkiv.

(…) A Marioupol, Azovstal reste un bastion clé des forces de Kiev dans la ville et sa libération attendue marquera probablement la fin des affrontements à grande échelle. Néanmoins, même si toutes les fortifications permanentes du “Bataillon Azov” ukrainien et des formations alliées sont éliminées, l’opération de sécurité et la neutralisation des troupes ukrainiennes dispersées dans la ville nécessiteront du temps supplémentaire. (…) 

Il convient de noter que le 11 avril, les restes des troupes ukrainiennes encerclées sur le territoire de l’usine “Illicha”, dans la zone industrielle de Marioupol, ont tenté sans succès de s’échapper de la ville. (…) 

“Les frappes aériennes et d’artillerie ont fait échouer cette tentative de percée. 3 chars ukrainiens, 5 véhicules de combat d’infanterie, 7 véhicules et jusqu’à 50 personnes ont été détruits. Quarante-deux autres militaires ukrainiens ont volontairement déposé les armes et se sont rendus”, indique un communiqué du ministère russe de la défense. (…) 

Des affrontements moins intenses mais également importants se poursuivent sur d’autres lignes de front dans la région du Donbass. Les principales zones de combats positionnels sont Maryinka, Avdiivka dans la campagne de Donetsk et l’agglomération de Severodonetsk-Lysichansk dans la région de Lugansk. Récemment, les troupes de la République populaire de Lougansk, soutenues par les forces armées russes ont étendu leurs positions près de Severodonetsk et de la ligne Kremennaya-Rubezhone (au nord-est de Severodonetsk). Néanmoins, aucune percée d’aucune partie n’a été signalée à cet endroit.

Dans le même temps, des unités des forces armées russes ont neutralisé une tentative des forces de Kiev d’organiser une contre-attaque dans la zone d’Izioum, au sud de la région de Kharkov, et ont continué à y étendre leurs positions. L’avancée des forces dirigées par la Russie depuis cette zone se développe progressivement en direction de Slaviansk et de Kramatorsk.

La situation autour de la ville de Kharkov elle-même reste stable. Les forces russes ne tentent pas de prendre la ville d’assaut, mais effectuent régulièrement des frappes précises sur des cibles militaires dans la région“.

Voilà pour les opérations militaires strictement dit. Il est intéressant de noter ce que dit Southfront.org sur la situation dans l’Ukraine dépendant de Kiev: 

Le reste de l’Ukraine reste dans un état de chaos permanent et d’effondrement de la sécurité. Des rapports réguliers sur des incidents impliquant le crime organisé, des pillages et des fusillades proviennent de presque toutes les zones contrôlées par les forces de Kiev. Les unités de la soi-disant “défense territoriale” formée par le gouvernement de Kiev sont parmi les principales sources de victimes civiles et d’incidents de tir ami dans la partie de l’Ukraine contrôlée par Kiev.

Plus récemment, des membres de l’une des unités de défense territoriale ont arrêté une colonne de véhicules civils près du village de Zdvyzhivka, dans la campagne de Kiev. Au moins un des véhicules a été la cible de tirs. Cinq civils, dont un enfant, ont été tués“.

Nous avons là, très clairement, le résultat de la distribution d’armes, sans contrôle, dans les premiers jours. 

Le compte-rendu continue: 

Le 12 avril également, le ministère russe de la Défense a annoncé qu’il avait continué à mener des frappes sur des cibles militaires en Ukraine. Selon lui, au cours de la nuit dernière, des frappes avec des missiles aériens et maritimes ont détruit un dépôt de munitions et un hangar sécurisé avec des avions ukrainiens à l’aérodrome militaire de Starokonstantinov, dans la région de Khmelnitskiy, ainsi qu’un dépôt de munitions près de Gavrilovka dans la région de Kiev.

En outre, l’aviation opérationnelle-tactique des forces aérospatiales russes a frappé 32 cibles militaires en Ukraine. Ces cibles comprenaient un système de missiles anti-aériens Buk-M1 près de Novomikhailovka, un radar d’illumination et de guidage de système de missiles anti-aériens S-300 près de Zolotarevka, ainsi qu’un poste de commandement et 18 zones de concentration d’équipements militaires ukrainiens.

Dans le même temps, les moyens de défense aérienne russes ont abattu 2 drones ukrainiens dans les airs près de Berdyansk et Melitopol.

La partie russe affirme que depuis le début de l’opération militaire, ses forces ont détruit 130 avions et 99 hélicoptères, 244 systèmes de missiles antiaériens S-300, Buk-M1, Osa AKM, 443 véhicules aériens sans pilote, 2 139 chars et autres véhicules de combat blindés, 241 systèmes de roquettes à lancement multiple, 917 pièces d’artillerie de campagne et mortiers, ainsi que 2 046 unités de véhicules militaires spéciaux”.

N.B. On apprend dans la soirée du 12 avril que 1000 hommes de la 36è brigade de l’infanterie de marine ukrainienne se sont rendus à Marioupol. 

Le gouvernement kiévien montre des images de Viktor Medvedchuk, principal opposant ukrainien, retenu prisonnier par Zelenski depuis plusieurs semaines. Est-ce pour négocier avec les Russes un échange concernant certains prisonniers de Marioupol? 

Les livraisons d'armes venues de l'Union Européenne s'intensifient.

Toujours dans Southfront, on trouve une mise à jour des principales livraisons d’armes à l’armée ukrainienne. L’Union Européenne est maintenant un simple prolongement de l’OTAN et de l’AUKUS: 

  • L’Australie a approuvé la livraison de 20 véhicules blindés Bushmaster ;
  • La République tchèque a transféré des chars T-72M et des véhicules de combat d’infanterie BWP-1 ;
  • La Slovaquie a envoyé ses systèmes de missiles anti-aériens S-300. Cependant, il a probablement été détruit par un missile russe Kalibr avant d’entrer en service dans l’armée ukrainienne ;
  • L’Estonie a confirmé l’envoi de neuf obusiers D-30 remorqués de 122 mm et de centaines d’obus ;
  • Le ministère britannique des Affaires étrangères a promis de renforcer l’armée ukrainienne avec de “nouveaux équipements militaires plus lourds” et des systèmes de missiles à longue portée, sans autre précision. Le Times a rapporté que Londres allait fournir à l’armée ukrainienne des pièces d’artillerie automotrices AS-90 de 155 millimètres. L’Ukraine a reçu des MANPADS Starstreak et Martlet ;
  • Le ministre allemand de l’Économie et le ministre des Affaires étrangères ont promis à l’Ukraine cent chars Leopard-1 provenant des bases de stockage de la Bundeswehr ;
  • Le Sénat américain a approuvé un projet de loi sur le prêt-bail, qui simplifiera grandement les fournitures à l’Ukraine ;
  • Le Wall Street Journal écrit que les États-Unis fourniront à l’Ukraine des équipements lourds, y compris des systèmes de défense aérienne soviétiques;
  • Malgré la pression américaine, la Turquie a refusé de fournir à l’Ukraine ses S-300 ADS.”

Trois commentaires à ce sujet: 

+ Le monde occidental est en guerre “par procuration” avec la Russie. Le gouvernement russe regarde les choses de très près et dans le cas de la livraison de chars allemands et, selon une source russe (non officielle): “Si ce matériel de guerre arrive effectivement sur place, le gouvernement russe considérera l’Allemagne comme un combattant, c’est-à-dire comme un belligérant !” Peut-être qu’un moyen de ne pas considérer l’Allemagne comme belligérante sera de détruire la livraison de chars. Même chose avec les hélicoptères que parlent de livrer les USA. 

+ L’Union Européenne trahit sa raison d’être, servir la paix. On peut penser que son effondrement sera l’une des conséquences du conflit. Au plus tard d’ici quelques années. 

+ A première vue ces livraisons sont impressionnantes; mais elles risquent bien de finit comme les missiles anti-aériens slovaques, détruites par des tirs de missiles de précision russes. Ou bien livrés à la Russie lors de la reddition de l’armée ukrainienne. 

Et une information à vérifier

Les 40 nouveaux SUV Mitsubishi L200 remis par les États-Unis à l’Ukraine au début du mois de février 2022 dans le cadre du programme d’aide d’urgence de 20 millions de dollars destiné au Service national des gardes-frontières ukrainiens sont vendus 30 000-35 000 dollars sur des sites de vente“. 

Est-il besoin d’expliciter ce que dit une anecdote de ce type, si elle est confirmée, sur l’état réel de ce système kiévien que les Occidentaux s’obstinent à confondre avec la nation ukrainienne qu’ils ont empêchée d’advenir dans la neutralité et la paix? 

Vladimir Poutine s'exprime sur le conflit

A l’occasion d’une visite du président biélorusse Lukachenko, Vladimir Poutine a fait quelques déclarations sur le conflit: 

+ “Que se passe-t-il aujourd’hui ? La démolition du système mondial unipolaire qui a été créé après l’effondrement de l’Union soviétique. C’est cela qui est important ! L’essentiel n’est même pas les événements tragiques dans le Donbass et en Ukraine. Il a été dit à plusieurs reprises que les États-Unis sont prêts à combattre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien. En fait, ils le sont ! C’est la quintessence des événements qui se déroulent”.

+ “Aussi étrange que cela puisse paraître aujourd’hui, j’ai toujours dit ceci, nous sommes le même peuple : l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie. Ce qui se passe en Ukraine est une tragédie, sans aucun doute. Mais Alexandre Grigoryevich (Loukachenko) a dit à juste titre – ils ne nous ont pas laissé le choix. La seule question qui se posait était celle du timing – quand cela commencerait, c’est tout !”

+ “J’ai explicitement nommé les objectifs. L’objectif principal est d’aider les gens du Donbass, les républiques populaires du Donbass, que nous avons officiellement reconnues. Nous avons été contraints de le faire parce que les autorités de Kiev, poussées par l’Occident, ont refusé d’appliquer les accords de Minsk, visant à une solution pacifique aux problèmes du Donbass. Il était tout simplement impossible de supporter plus longtemps ce génocide, qui a duré 8 ans.
De plus, ils ont commencé à faire de l’Ukraine un tremplin anti-russe, ils ont commencé à faire pousser les germes du néo-nazisme qui étaient là depuis longtemps. Et un affrontement avec ces forces était inévitable. Ils ne faisaient que choisir le moment de l’attaque. Et les événements suivants. Ce néonazisme toxique est devenu une réalité dans certaines parties du pays. Évidemment, nous n’avions pas d’autre choix, c’était la bonne décision. Et il n’y a aucun doute que tous les objectifs seront atteints“.

On peut souligner un point. l’affirmation par Vladimir Poutine de l’identité des peuples ukrainien, biélorusse et russe rend impensable les massacres que le régime kiévien et l’opinion occidentale veulent attribuer aux Russes. Ce sont les idéologues ukrainiens qui veulent à tout prix établir une différence entre leur peuple et les Russes. 

L'émergence d'un monde multipolaire

° Ci-dessus l’évolution du pouvoir d’achat salarial aux USA. Le très éclairé Joseph Biden a déclenché une crise encore pire que celle de 2008. (elle avait commencé avant la guerre d’Ukraine). 

+ “La situation en Ukraine se reflète dans la hausse des prix des denrées alimentaires en Allemagne et a provoqué des pénuries locales d’huile de tournesol et de farine” déclare Madame Baerbock, ministre allemand des Affaires étrangères. Les gouvernants de l’UE sont des génies. 

+”L’embargo sur le gaz russe n’aura aucun effet sur l’opération en Ukraine. Ne serait-ce que parce que la majeure partie du monde ne participe tout simplement pas aux sanctions. L’Inde se contente d’obtenir du pétrole à un prix réduit. Est-ce vraiment la solution ? Nous ne devons pas nous affaiblir avec des sanctions, plus que nous n’affaiblissons Vladimir Poutine. Mais c’est exactement ce que nous ferions en cas d’embargo sur le gaz.
Si nous n’avons pas de gaz en provenance de Russie, notre entreprise se retrouvera tout simplement sans électricité et devra réduire sa production de 30 à 50 %, supprimer des ventes et des emplois. Si l’approvisionnement en gaz est interrompu, nous risquons l’effondrement de chaînes de production entières, avec des conséquences économiques et sociales fatales
— Wolfgang Eisenberg, directeur de l’entreprise chimique allemande Leuchtstoffwerk Breitungen

+ L’inflation est montée à 7,6% en Allemagne au mois de mars. 

+Alors que le Secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken annonce que son pays lance un processus d’observation critique des droits de l’homme en Inde, le ministre indien de la défense, Rajnath Singh déclare: “Je ne pense pas que la Russie affectera les relations entre l’Inde et les États-Unis. Les États-Unis savent que l’Inde et la Russie sont des alliés naturels l’un de l’autre et que nos relations sont très stables. L’Inde sera également très attentive à ce que les intérêts nationaux fondamentaux des États-Unis ne soient pas lésés par notre relation avec un autre pays du monde.”

Le ministre indien de la défense est aux États-Unis pour une visite de cinq jours. Il a participé, avec le ministre indien des Affaires étrangères Subrahmanyam Jaishankar, à des entretiens 2+2 avec le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin et le secrétaire d’État Anthony Blinken. En outre, M. Singh va visiter le quartier général du commandement indo-pacifique américain à Hawaï.

M. Singh estime que le conflit en Ukraine n’affecte pas la sécurité nationale de l’Inde : “Je ne pense pas qu’il y aura des problèmes pour notre sécurité nationale. L’Inde n’est pas un pays faible. L’Inde a la force de s’assurer que s’il y a un problème, elle peut y faire face. Mais en ce qui concerne la Russie et l’Ukraine, nous voulons la paix.”

Ainsi, malgré les pressions américaines et européennes, l’Inde continuera à maintenir une position de neutralité par rapport au conflit en Ukraine. En conséquence, elle continuera à acheter des armes et de l’énergie à la Russie. En particulier, les volumes de pétrole russe qui tombent du marché européen sont désormais envoyés en Inde. Cependant, il y a un problème de logistique : il n’y a pas assez de pétroliers.

 

L’impérialisme occidental en guerre

 

non déclarée contre la Russie

 

 

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par Mohamed El Bachir.

« Les conséquences d’un acte sont incluses dans l’acte lui-même » (George Orwell, 1984)

Boutcha : crime de guerre ou macabre mise en scène ?

Poser la question ne signifie pas nier la véracité d’un tel fait et ne sous-entend pas être pro-russe. Autrement dit, on ne peux pas prendre argent comptant les informations et les affirmations provenant des responsables politiques et  des médias occidentaux. Pour une raison simple : démocratique n’est pas synonyme de véridique. Ceci d’autant plus que les exemples de mise en scène pour incriminer un chef d’État ne manquent pas.

Un exemple. En décembre 1989 sous la présidence du président roumain Nicolas Ceausescu, une vingtaine de corps de personnes mortes avant le début des soulèvements ont été photographiés et filmés dans le cimetière de Timisoara par les médias internationaux. Sur la base de fausses informations les corps ont été exposés comme des victimes des forces de sécurité roumaine. En France, cet incident a été interprété comme le résultat d’une campagne de désinformation et de manipulation des médias. Rappeler cela ne signifie nullement absoudre le dictateur roumain.

Quant à l’actualité, le clergé intellectuel des États occidentaux, relayé quotidiennement par les médias, fait un parallèle entre le crime de Boutcha en Ukraine et l’attaque chimique de la Goutha (2013), banlieue de Damas, attribuée au gouvernement syrien. Pourtant concernant la Goutha, le sénateur républicain, l’américain Ron Paul a déjà répondu : « une mise en scène fabriquée de toute pièce ». Et d’ajouter pour expliquer les tenants et aboutissants de la mise en scène : « avant l’attaque chimique tout se passait bien et le président D.Trump disait que c’est au peuple syrien de décider lui-même qui dirigera le pays… Je crois que certains n’ont pas apprécié cela et il fallait qu’il se passe quelque chose »1.

L’ancien ambassadeur français en Syrie, Michel Rimbaud, appuie, à sa manière les propos du Sénateur en écrivant dans Tempête sur le Grand Moyen-Orient2 : « une mission d’inspection est sur place à la demande du gouvernement de Damas suite à plusieurs « alerte chimique » en cours d’année… Le bon sens amène à écarter l’hypothèse qu’elle puisse être le fait du pouvoir : comment pourrait-il l’avoir perpétrée au moment même où les inspecteurs onusiens sont là ? » page 532-533.

… D’autres exemples ?… Palestine, Irak… Libye… Mais là, point de crime de guerre puisque c’est l’œuvre de l’Axe du Bien. Détruire… Morceler, l’idéologue néo-conservateur Karl Rove résume cette stratégie en des termes simples : « nous américains, nous sommes un Empire… Nous sommes les acteurs et les producteurs de l’Histoire ». Et il ajoute : « à vous tous, ils ne vous reste qu’à étudier ce que nous créons »3.

Des propos qui invitent, au delà, de la dénonciation de la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine, à poser la question essentielle :

Quels sont les enjeux stratégiques de la Russie dans son étranger proche : l’Eurasie ?

L’échiquier eurasien et le pivot géopolitique ukrainien

Depuis 2013, plusieurs phénomènes – et en  particulier, la dégradation brutale des relations de Moscou avec l’Occident sur fond de crise ukrainienne – ont incité la Russie à  renforcer le « pivot » eurasiatique de sa politique étrangère. En particulier, la Russie et la Chine ont développé et sur le plan économique et sur le plan militaire leurs coopérations à travers l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Organisation dont l’Iran est devenu  membre à part entière en 2021. Rejoignant le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, l’Inde, le Pakistan et la Turquie.

Cet espace géographique est un espace géostratégique d’une importance capitale. C’est la route de la soie du XXIe siècle.

Aussi, la question géostratégique qui se pose aux États-Unis en tant que puissance mondiale est le suivant : comment prévenir l’émergence d’une puissance eurasienne qui s’opposerait à la suprématie impérialiste américaine ?

En effet, pour l’ancien conseiller du président J.Carter, Z. Brzezinski : « la façon dont les États-Unis gèrent l’Eurasie est d’une importance cruciale. Toute puissance qui le contrôle, contrôle par là même deux des trois régions les plus développées et les plus productives »4.

Afin d’appuyer son propos, Z. Brzezinski cite le géopoliticien Halford J. Mackinder :

« Qui gouverne l’Europe de l’Est domine le heartland (Europe centrale) ;

qui gouverne le heartland domine l’île-monde ;

qui domine l’île-monde domine le monde »[4].

C’est pour cela que l’Ukraine est un important pivot géopolitique reliant l’Europe occidentale et l’Eurasie. C’est à dire un point stratégique pour les États-Unis. Et en perdant le contrôle de l’Ukraine, le rôle géostratégique de la Russie s’en trouverait affaibli. Et pour cause : « les trois quarts des ressources énergétiques connues y sont concentrées… L’Eurasie demeure, en conséquence, l’échiquier sur lequel se déroule le combat pour la primauté globale… Les conséquences géostratégiques de cette situation pour les États-unis sont claires : l’Amérique est bien trop éloignée pour occuper une position dominante dans cette partie de l’Eurasie, mais trop puissante pour ne pas s’y engager… Les États qui méritent tous les soutiens possibles de la part des États-Unis sont l’Azerbaïdjan, l’Ouzbèkistan et l’Ukraine car ce sont tous les trois des pivots géopolitiques »[4].

En 2015, l’ancien ambassadeur français en Syrie, Michel Rimbaud, dans son livre « Tempête sur le Grand Moyen-Orient », avertissait  déjà que cette volonté de domination états-unienne est porteuse d’un danger à l’échelle mondiale. Concernant l’Ukraine, son avertissement est sans ambiguïté : « quand s’ouvrira en Ukraine un débat sur l’éventualité d’une double adhésion aux deux organisations – OTAN et UE – une ligne rouge aura été franchie. Il y a donc une volonté délibérée de frapper la Russie au cœur de son domaine historique, russe et slave »5.

L’OTAN en guerre en Ukraine

Partant de l’évidence suivante : les mesures de rétorsion économiques et financières de l’Union européenne et des États-Unis contre la Russie et le soutien militaire apporté à l’armée  ukrainienne par l’OTAN et l’UE font de ces derniers des belligérants. Et nul besoin de souligner que la position politique du « en même temps » du président français et de l’UE traduit cet état de fait. Une main tenant le téléphone et l’autre donnant des armes. Ce qui nous amène à la question essentielle : mettre fin à la guerre en Ukraine pour protéger la population ukrainienne est-il le véritable but de ces belligérants ?

En tenant compte des enjeux stratégiques rappelés dans le paragraphe précédent, la réponse est : non. Et en livrant des armes à Taïwan où Nancy Pelosi projette de s’y rendre en tant que présidente de la Chambre des États-Unis, l’impérialisme américain ouvre un nouveau front. Ainsi, une autre ligne rouge risque d’être franchie par les États-Unis étant donné que pour l’État Chinois, Taïwan fait partie intégrante de la Chine. Une telle stratégie occidentale renforcera l’alliance économique et militaire existante entre la Russie, la Chine et l’Iran. C’est ce que le président chinois Xi Jinping veut signifier en déclarant que : « l’évolution actuelle de la situation internationale a une fois de plus démontré que la sécurité régionale ne peut être garantie par le renforcement des alliances militaires ».

La guerre en Ukraine est-elle annonciatrice de nouvelles confrontations militaires pour la maîtrise de la route de la soie du XXIe siècle ?

 

  1. https://blogs.mediapart.fr/les-premices-dun-bouleversement-du-monde-alibi-humanitaire-et-realite-energetique
  2. Michel Rimbaud : « Tempête sur le Grand Moyen-Orient », Édition ellipses. p. 506
  3. http://www.lemonde.fr/2008/09/05/le-retour-de-karl-rove-le-scenariste-par-christian-salmon
  4. Zbigniew Brzezinski : « Le grand échiquier », Bayard Editions, 1997. p. 59, 61, 66, 193 et 194.
  5. Michel Rimbaud : « Tempête sur le Grand Moyen-Orient », Édition ellipses. p. 506

 

 

Pertes des camps belligérants

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par Jacob Dreizin.

Regardez ce qu’ils font, pas ce qu’ils disent

Des « sources crédibles » nous disent que la Russie a perdu plusieurs milliers de véhicules blindés et des centaines d’avions, bla bla bla.

J’ai cliqué sur un lien « respectable », et j’ai vu – entre autres choses – des hélicoptères appartenant à la Russie avec « ВКС России » (Russian air force) en grosses lettres, photoshoppées sur les queues. LOL. Les avions militaires russes n’ont aucune inscription à l’extérieur, ou du moins, rien en dehors des petits avertissements « inflammable » sur la trappe du réservoir de carburant, des choses comme ça.

J’ai vu des dizaines de véhicules blindés détruits ou abandonnés se faire passer pour des véhicules russes, qui (a) étaient peints avec le schéma de camouflage « numérique » utilisé par l’Ukraine, ou (b) ne font même pas partie de l’arsenal russe (ou n’en faisaient pas partie avant d’être capturés pendant cette guerre).

J’ai également vu une séquence d’information ukrainienne montrant des soldats ukrainiens morts (avec des uniformes, des insignes et des badges nominatifs ukrainiens utilisant la lettre « i » ukrainienne) passés pour des Russes morts.

En fait, la situation des effectifs russes est maintenant si « mauvaise » qu’ils font tourner leurs forces hors d’Ukraine pour se reposer et se détendre.

Il existe des documents vidéo montrant des forces fraîches se déplaçant dans la province d’Orel – qui n’est même pas limitrophe de l’Ukraine, vous savez donc qu’il ne s’agit pas du redéploiement du nord-est de l’Ukraine vers le Donbass – alors même que ces parachutistes reçoivent des médailles à Belgorod, en Russie (voir ci-dessous) :

(Attention : poignées de main, accolades et autres violations de la distanciation sociale. Regardez à vos risques et périls, vous êtes prévenus).

 


Si la télévision ukrainienne peut faire passer ses propres soldats morts pour des Russes, s’ils n’ont pas honte, alors bien sûr, ils peuvent trouver quelques corps (milice de défense territoriale ? Des pilleurs ? Des victimes de l’artillerie ? Des clochards non réclamés de la morgue ?) et les jeter dans une clairière dans les bois, faire venir les médias et appeler cela un crime de guerre. Ces gens ne font que de la propagande.

Non pas que cela changera la « ligne du parti », mais on m’a dit que même certains membres du personnel du Capitole ont commencé à douter des mensonges.

Maintenant, l’Ukraine se porte si bien en termes d’équipement que la moitié de l’Europe – et l’Australie, et bien sûr, l’Oncle Sam – lui envoie (ou promet de lui envoyer) des chars, des canons, des voitures blindées, des systèmes de défense aérienne à haute altitude, etc.

Regardez ce qu’ils font, pas ce qu’ils disent. L’Ukraine est à court d’armes. Pas les armes de poing que l’oncle Sam et compagnie ont fait affluer, mais les grosses armes.

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Il est trop tard pour faire quoi que ce soit.

On ne peut pas conduire de vieux chars d’assaut, etc. sur des centaines de kilomètres jusqu’à la ligne de front et s’attendre à ce qu’ils ne tombent pas en panne ; ils doivent être acheminés par voie ferroviaire. Le « problème », c’est que la Russie contrôle désormais le ciel, et qu’elle a enfin commencé à retirer ses gants, et que toutes les expéditions ferroviaires vers le tiers sud-est de l’Ukraine doivent toutes passer par l’un des TROIS points.

Et il n’y a qu’un nombre limité de ponts ferroviaires (et routiers) sur le Dniepr – des cibles très faciles. Ai-je mentionné que la Russie contrôle le ciel ?

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La Russie détruira la moitié du système ferroviaire ukrainien et tous les ponts du Dniepr avant de permettre le transfert des gros « dons » à l’est du Dniepr.

Comme je le dis depuis les premiers jours de la guerre, plus ses « amis » continueront à l’encourager, plus l’Ukraine sera détruite.

Au train où vont les choses, il n’y a pas d’argent au monde pour reconstruire ce qui restera de l’Ukraine. La partie qui n’ira pas à la Russie deviendra un Afghanistan ou une Somalie affamée et armée en Europe. Avec un certain nombre de centrales nucléaires gravement sous-entretenues, ce qui posera un problème plus tôt que tard.

J’ai dit tout cela en février. C’était évident alors, c’est encore plus évident maintenant.

C’est ce qu’ils veulent, c’est ce qu’ils vont obtenir.

Woah… Qui aurait pu voir cela venir ?

Tout cela aurait pu être évité si l’Ukraine avait abandonné la Crimée et le Donbass. Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, les gens là-bas ne veulent pas de l’Ukraine. Le Donbass est à 90% pour la Russie.

J’ai déjà montré la vidéo ci-dessous, mais pour les nouveaux lecteurs, regardez les visages de ces civils (une jeune femme, deux femmes d’une quarantaine ou d’une cinquantaine d’années, et quatre enfants) qui discutent avec les éclaireurs de l’infanterie de Donetsk à Marioupol. Ces soldats sont des LIBÉRATEURS.

La jeune femme étourdie raconte qu’ils ont fait cuire leur nourriture à l’extérieur et qu’ils ne ressemblent à rien, mais que maintenant ils sont heureux comme tout.

La jeune femme heureuse avec son chien, dit à son chien de dire au soldat « Nous vous avons attendu ».

À la fin, la voix d’un homme hors champ dit aux enfants rayonnants de remercier les soldats d’avoir sauvé tout le monde.

Oui, je sais que c’est un choc pour ceux d’entre vous qui ont pratiqué le double-masquage et le triple-booster.

Parfois, il faut juste éteindre la télé.


Guerre Ukraine-Russie : Estimation « officielle » par le rapport Dreizin des pertes en combattants et en matériel des parties belligérantes depuis le 24 février 2022, au 10 avril 2022

Pertes ukrainiennes et alliées

 

CHAR UKRAINIEN EN FLAME

Éléments subissant des pertes :

  • Forces armées ukrainiennes – toutes les branches
  • La composante Garde nationale du ministère de l’Intérieur
  • Service de sécurité ukrainien
  • Police nationale
  • Service des frontières
  • Milice de défense territoriale
  • Milice du Secteur droit
  • Volontaires étrangers
  • Formateurs/conseillers étrangers

Combattants :

(« Blessés » désigne les personnes souffrant d’une ou plusieurs blessures, d’une blessure ou d’une maladie nécessitant un retrait du service régulier pour une durée supérieure à trois jours, et est supposé représenter 2,5 fois le nombre de personnes « tuées au combat ou mortes de leurs blessures »).

  • Au moins 5500 tués au combat ou morts de leurs blessures.
  • Au moins 13 750 blessés.
  • Environ 2500 à 3000 prisonniers (dont peut-être 10% ont été libérés lors d’échanges de prisonniers).
  • Au moins 15 000 ont fui/déserté sans intention et/ou possibilité de reprendre le service.

Matériel, infrastructure, etc. :

  • 65 à 75% des chars de combat principaux.
  • 55 à 65% de tous les autres véhicules blindés (chenillés et à roues).
  • Au moins 70% de l’artillerie à canons.
  • Au moins 55% de l’artillerie à roquettes.
  • 40 à 50% des camions de transport de marchandises de type militaire.
  • 20% des véhicules de lancement Tochka-U.
  • Au moins 85% des avions de combat à voilure fixe.
  • Tous les avions de transport militaire à voilure fixe.
  • Au moins 60% des hélicoptères de combat et de transport.
  • Au moins 70% des drones d’attaque.
  • Au moins 85% des systèmes de défense aérienne à moyenne et haute altitude et des véhicules et stations radar associés.
  • Au moins 50% (en nombre de navires et non en tonnage) des navires de guerre et des navires de service frontalier.
  • 60 à 75% des stocks de munitions d’artillerie à canon et à roquette.
  • Au moins 75% de la capacité de stockage de diesel en Ukraine centrale et orientale.
  • Au moins 25% de la capacité de stockage de diesel en Ukraine occidentale.
  • 35 à 50% de l’industrie militaire détruite ou gravement endommagée.
  • Au moins 30 ponts détruits (par les forces ukrainiennes en retraite).
  • Au moins plusieurs wagons de chemin de fer.

Perte du potentiel de mobilisation due à :

• Au moins 220 000 (estimation très prudente) hommes valides et admissibles au recrutement âgés de 17 à 35 ans qui ont quitté le pays depuis le 24 février 2022.

• La perte du contrôle de la majeure partie de la province de Kherson, du sud de la province de Zaporozhia, de l’est de la province de Kharkov et de la majeure partie des territoires de Donetsk et de Lougansk qui n’étaient pas sous le contrôle des rebelles – au moins 170 000 hommes valides âgés de 17 à 35 ans, admissibles au recrutement.

(Une estimation basse, mais qui tient compte du fait que de nombreux hommes des zones du Donbass sous contrôle ukrainien étaient déjà dans les forces de Donetsk/Lougansk).

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Pertes russes et alliées

Éléments subissant des pertes :

  • Armée et flotte de la Fédération de Russie
  • Garde nationale
  • Ministère de l’Intérieur
  • Service fédéral de sécurité
  • Ministère de l’Intérieur de la République tchétchène
  • République populaire de Donetsk :
    • Milice du peuple
    • Ministère de l’Intérieur
    • Ministère de la Sécurité d’État
    • Unités de police spéciales du procureur d’État, douanes, etc.
  • République populaire de Lougansk :Volontaires d’Ossétie du Sud
    • Milice populaire, au minimum
  • Volontaires tchétchènes
  • Volontaires de Donetsk et de Lougansk exerçant certaines fonctions au sein de l’armée russe.

Combattants :

(« Blessés » désigne les personnes souffrant d’une ou de plusieurs blessures, d’une blessure ou d’une maladie nécessitant un retrait du service régulier pour une durée supérieure à trois jours, et est supposé représenter 2,5 fois le nombre de personnes « tuées au combat ou mortes de leurs blessures »).

  • Probablement environ 4000 (plus ou moins quelques centaines) tués au combat ou morts de leurs blessures.
  • Probablement environ 10 000 blessés.
  • Environ 300-400 prisonniers (dont au moins 10% ont été tués en captivité, et potentiellement jusqu’à 40% libérés lors d’échanges de prisonniers).

Matériel, infrastructure, etc. :

Toutes les pertes en chars, véhicules de combat à chenilles et à roues, artillerie et camions de fret de type militaire ont été plus que compensées par les équipements ukrainiens capturés.

  • Jusqu’à 25 aéronefs pilotés de tous types (dont au moins 4 ont été détruits au sol).
  • Un nombre important de drones de surveillance et d’attaque.
  • Un grand navire cargo (construction des années 1960).
  • Un petit nombre de systèmes de défense anti-aérienne, de véhicules de génie et d’autres armes ou équipements spécialisés.
  • Un dépôt de carburant détruit ou fortement endommagé en Russie, près de la frontière ukrainienne.
  • Dommages mineurs à un aérodrome en Russie, près de la frontière.
  • Dommages à au moins un poste de garde-frontière en Russie, près de la frontière.
  • Dommages causés à un magasin de munitions ou à un véhicule chargé de munitions (non précisé), près de la frontière.
Quelques mots sur la politique américaine

Le parti républicain a fait une GRANDE erreur en oubliant sa base électorale et en se lançant à corps perdu dans l’absurdité de l’Ukraine et des sanctions – et il va payer.

Nous avons encore des centaines d’intrus, pour la plupart inoffensifs, du « 6 janvier » qui sont en prison depuis plus d’un an, privés de leur droit constitutionnel à un procès rapide. D’une manière ou d’une autre, la plupart sont trop « dangereux » pour être libérés en attendant le procès. Mais bien sûr, la Russie est le problème.

Une fois que la guerre en Ukraine sera devenue un « bruit de fond », même les plus stupides des conservateurs – les « chats poursuivant un pointeur laser » – reviendront sur cette question et sur d’autres questions sur lesquelles le parti républicain a choisi de ne pas prendre position.

Seuls 10 des 209 membres républicains de la Chambre des représentants ont pris la défense des prisonniers politiques.

Les autres sont trop occupés à applaudir le faux fantôme de Kiev et à donner 13,6 milliards de dollars à l’Ukraine… alors qu’ils ont à peine pu trouver (je crois que c’était environ) 1,5 milliard de dollars pour le mur de Trump, après qu’ils aient supplié pendant plus d’un an, alors qu’ils avaient la majorité dans les deux chambres.

Le Sénat n’est pas mieux. C’est « compréhensible ». La plupart des républicains au niveau fédéral (notamment les cadres et le personnel du Comité national républicain) considèrent ces déplorables comme des électeurs ponctuels de Trump uniquement, et non comme leurs propres électeurs, sans se rendre compte que 90% de leur base électorale est avec ces gens à 100%. Au lieu de cela, ils courent après les mères de famille et les arcs-en-ciel.

Je ne veux pas insulter les nombreux bénévoles/activistes méritants du parti républicain, mais en tant qu’électeur de Trump qui ne se serait jamais souillé et déshonoré en votant à nouveau pour leur marque si ce n’était pas pour Trump, cela n’est PAS négligé, et cela ne sera pas pardonné. Et je ne suis pas seul – il y a des MILLIONS de personnes comme moi.

Maintenant que j’ai vu Lindsay Graham s’agiter devant tant de juges nommés par la gauche – qu’est-ce qu’ils pourraient avoir sur lui – je suis convaincu qu’il n’y a pas de différence fonctionnelle entre les deux partis, sans Trump dans le tableau.

Je n’habite pas dans une circonscription où le vote est décisif, mais sans Trump ou quelqu’un comme lui sur le bulletin de vote, je ne voterais pas (ou ne donnerais pas un centime de plus).

Bientôt, les républicains seront dans le pétrin, car même s’ils ont leurs arguments sur les prix du pétrole (« Brandon a tué l’oléoduc ! Seuls 3% de notre pétrole viennent de Russie ! »), ils n’ont rien à dire sur les prix des denrées alimentaires ou tout autre prix, que les gens associent déjà – et vont le faire encore plus – aux sanctions contre la Russie, que le parti républicain a soutenu, en tandem avec les démocrates.

Ils n’ont pas bien réfléchi.

Comme je l’ai écrit précédemment, grâce à leur stupidité et à leur manque de vision, ils sont en passe de prendre ce qui devrait être un gain de 80 sièges en novembre, et de le transformer en un gain de seulement 30, ou 20, ou 10, ou 5 sièges.

Ils ne sont pas Gingrich, ils ne peuvent pas vendre d’idées, ils n’ont pas d’idées, et pas du tout de dynamisme. C’est comme s’ils n’existaient pas.

À part mordre à l’hameçon et applaudir Saint Zelensky quand Pelosi l’a mis sur le jumbotron il y a quelques semaines, pour autant que je sache, leur équipe de « leadership » n’a pas vraiment fait parler d’elle depuis des mois.

Je ne me souviens pas de la dernière fois où McCarthy (ou McConnell) a dit quelque chose d’original, d’important ou de sensé. J’entends plus parler de ce que Steve Bannon dit dans son émission, que de McCarthy. Ce type n’est rien. Un cerf devant les phares, un spectateur.

Le « leadership » du parti républicain : Peu importe à quel point les choses vont mal, comment pouvez-vous espérer que le public se tourne vers vous, quand vous n’êtes pas pertinent – et en fait, quand vous êtes à moitié la cause de leurs problèmes ?

Vous pensez que vous pouvez vous cacher, et qu’ensuite, tout va vous tomber dessus ?

Non.

source : The Dreizin Report

traduction Réseau International