L’offensive de la Russie

 

est en cours

 

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par Valentin Vasilescu

Nous avons dit précédemment que le général Sergei Surovikin avait décidé de lancer l’offensive sur le segment de front Bahkmut-Soledar et que le coup principal allait être porté en direction de Soledar. L’occupation de Soledar est terminée, les restes de la 61e brigade d’assaut ukrainienne ont déjà quitté la ville. Contrairement aux attentes de Surovikine, la ville n’est défendue que par la 61e brigade d’assaut, le général Valery Zalutin préférant créer une forte ligne de défense avec 4 brigades de chars et de l’infanterie mécanisée à l’ouest de Soledar (voir carte 1).

Carte 1. soledar ouest

Dimanche matin, au sud-est de Soledar, les combattants de Wagner ont engagé l’armée ukrainienne dans la ville. Le mouvement de Wagner s’est avéré être une manœuvre de diversion, au cours de laquelle plusieurs unités d’éclaireurs parachutistes russes de Yakovlivka, embarquées sur des véhicules blindés, ont réussi à s’infiltrer dans la périphérie nord de Soledar, y établissant une tête de pont. Au lieu d’avancer pour faire la jonction avec Wagner, la mission des parachutistes était de neutraliser le champ de mines sur le côté est de Soledar en utilisant les systèmes UR-77. Les chars et les véhicules blindés de transport de troupes russes ont immédiatement pénétré dans les couloirs aménagés dans le champ de mines. L’opération de l’armée russe a créé la surprise chez l’ennemi et a été bien conçue et exécutée. À la nuit tombée, la 61e brigade d’assaut commence son retrait de Soledar pour éviter l’encerclement (voir carte 2).

Carte 2. soledar champ de mines

Ce qui est très étrange, c’est que la 17e brigade de chars d’Ukraine, qui est déployée le long de la voie ferrée située à 10 km à l’ouest de Soledar, n’a mené aucune contre-attaque pour soutenir les défenseurs de la ville, comme les Russes s’y attendaient. Il est très probable que cette grande unité se soit appuyée sur certains éléments du terrain (rivière Bakhmutka) pour y aménager son dispositif à l’avance et attendre de pied ferme l’arrivée des forces russes sur cette ligne fortifiée (voir carte 3).

Carte 3. brigade 17 tc

Lundi, au sud de Soledar, PMC Wagner a pris d’assaut la ville de Krasnaya Gora, qu’il occupait. Pour les Ukrainiens, ce n’est pas le village qui est important, mais le maintien sous contrôle de la voie ferrée reliant Siversk à Bakhmut, et l’autoroute M03 qui part de Krasnaya Gora et mène directement à Slavyank. En fait, Wagner s’est retrouvé devant ces deux objectifs.

Carte 4. brigade.4 Tc

Zaluzhnyi dispose à l’ouest de Krasnaya Gora, le long de la voie ferrée, de la 4e brigade de chars (voir carte 4). Le dispositif de défense de la région de Krasnaya Gora comprenait également la 24e brigade mécanisée ukrainienne, qui a succombé à Wagmer et a été retirée derrière la 4e brigade de chars. La 63e brigade mécanisée est placée en réserve, avec des forces fraîches et complètes. Elle peut être envoyée pour intervenir à la fois en direction de Soledar et en direction de Krasnia Gora (voir carte 5).

Carte 5. krasna gora brigade.63 mc

Après avoir liquidé à grande vitesse les avant-postes ukrainiens de Soledar et Krasnaya Gora, l’armée russe s’est retrouvée devant la véritable position de défense ukrainienne. Il est difficile de prédire comment la situation évoluera sur ce segment de première ligne. Mais nous devons garder à l’esprit que les Russes sont déterminés à achever rapidement les Ukrainiens, les températures sont comprises entre -6 et -13 degrés Celsius et le sol est gelé. Cela permet des manœuvres sur de grands espaces avec des véhicules blindés et cela donne un avantage aux Russes. Il est possible d’assister à la première grande bataille de chars depuis le début de la campagne en Ukraine, impliquant 200 à 400 chars (voir carte 6).

Carte 6. autoroute M03

Valentin Vasilescu

traduction Avic – Réseau International

 

 

chars russes

 

Les Russes ont enveloppé les flancs

 

de l’armée ukrainienne à Bakhmut

 

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par Valentin Vasilescu

Après le succès de l’attaque principale en direction de Soledar-Kransna Gora, maintenant les troupes de Wagner nettoient les localités et la zone adjacente des groupes restants de l’armée ukrainienne. Des regroupements et des remplacements suivront avant de prendre d’assaut les positions de défense des 17e et 4e brigades de chars, à l’ouest de Soledar et Kransna Gora. Grâce à son succès, l’armée russe a également pu avancer au sud des deux localités. Le retrait des unités ukrainiennes du sud de Krasna Gora à Bakhmut avait été déterminé par la possibilité d’être encerclées (voir carte 1).

Carte 1. soledar, Krasna Gora

Fait surprenant pour une armée conseillée par les généraux de l’OTAN, les commandants ukrainiens n’avaient pas prévu que leur dispositif de combat pourrait être brisé à la périphérie de Bahmut par une attaque venant du nord et du nord-ouest de la ville. Ils n’ont donc même pas déployé un puissant groupe d’artillerie dans cette zone. Profitant du petit nombre de pièces d’artillerie ukrainiennes et du terrain gelé, les véhicules blindés russes ont enveloppé les flancs des Ukrainiens, contournant la ville par l’ouest et avançant de 5 km dans cette direction. (voir carte 2).

Carte 2. nv bakhmut

Actuellement, il n’y a plus aucun lien entre les défenseurs de Bahmut et les troupes ukrainiennes sur la ligne Soledar-Siversk, au nord de Bahmut. Cette discontinuité du dispositif de combat ukrainien crée de gros problèmes car les brigades défendant la partie nord de la ville de Bahmut se retrouvent maintenant dans ce que l’on appelle un « chaudron » ou « poche », et sont attaquées par les Russes simultanément depuis l’est, le nord et l’ouest. Leur seule option est de se replier au sud vers le centre-ville (voir carte 3).

Carte 3. bahmut-soledar

Valentin Vasilescu

traduction Avic – Réseau International

 

 

Crimes de guerre à Marioupol :

 

Ces 3000 civils victimes de l’armée

 

atlantico-ukrainienne, qui méritent justice

 

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par Karine Bechet-Golovko

Les médias alignés ne vous parleront jamais de ces crimes de guerre. Car ils ont été commis par leurs hommes. Oui, leurs « hommes ». Ce ne sont ni des animaux sauvages, ni des robots qui ont tué plus de 3000 civils à Marioupol, ce sont des hommes de chair et de sang, mais des hommes qui ont perdu leur âme. Et ce sont eux, que les pays de l’Axe atlantiste continuent à financer et armer contre la Russie. La Russie, elle, ouvre une affaire pénale pour élucider ces atrocités et les autres commises par l’armée atlantico-ukrainienne. Mais pour que cela aboutisse, il va bien falloir avoir le courage de l’action juridique, les effets d’annonce devenant de plus en plus limités en raison de leur démultiplication.

Le Tribunal social international pour l’Ukraine a regroupé des informations concernant les crimes commis à Marioupol et les publications sont disponibles ici en russe sur son site. La ville était découpée en 4 secteurs militaires – A, B, C et D. Chaque unité militaire atlantico-ukrainienne était responsable de son secteur. On notera la présence du bataillon Azov, dans les secteur A et D, et de l’armée régulière dans les autres. Des éléments à charge ont été obtenus, notamment contre Ivan Botchkarev, dit « le Sorcier », membre d’Azov, né à Jitomir, en Ukraine de l’Ouest. Pour exemple : un habitant de la ville a, selon le Sorcier, mal regardé les armements placés au sein de l’école n°42. Il a été interpellé, son domicile fouillé. Comme il avait un passeport russe et des numéros de téléphone russe dans son portable, le Sorcier l’a tué de 4 balles à bout portant et le corps a été déposé avec ceux des autres civils exécutés, non loin de là. Chronique d’une horreur ordinaire. L’on se notera également les civils exécutés simplement parce qu’ils avaient dépassé l’heure d’interdiction de sortie et rentraient chez eux, ceux qui portaient des sachets plastics à proximité d’un centre commercial et semblaient suspects. Exécutions sommaires. Point.

Le Comité d’enquête de la Fédération de Russie, depuis la libération de la ville de cette terreur, a ouvert une enquête pour fixer les faits et établir les responsabilités. Le 30 décembre, le président du Comité d’enquête a tenu une réunion spéciale sur la question et il en est ressorti que l’ampleur du crime commis va bien au-delà de l’entendement.

« Au cours de l’enquête préliminaire des affaires pénales sur les crimes des nationalistes ukrainiens à Marioupol, il a été établi que la répartition des forces et des moyens de défense de la ville était effectuée par des officiers parmi le personnel militaire de la 12e brigade de la Garde nationale de L’Ukraine, qui comprenait également le régiment Azov. Le plan d’action convenu impliquait une répartition de la ville en secteurs avec un domaine de responsabilité individuel (A, B, C et D) ».

Et de préciser :

« Pendant la période où les troupes russes organisaient des couloirs humanitaires à travers le secteur A, les soldats de la Garde nationale ukrainienne ont volontairement créé des obstacles à l’évacuation des civils de la ville. Incapables de quitter la ville et se déplaçant à la recherche de nourriture, les civils sont devenus une cible vivante pour les commandos punitifs ukrainiens, qui les ont tués avec divers types d’armes. Ainsi, seulement en avril 2022, les corps de 51 civils ont été retrouvés sur les positions abandonnées par les troupes ukrainiennes, et après la libération complète et l’examen de la ville, leur nombre s’élevait à plus de trois mille ».

3000 civils victimes, tuées avec les armes fournies par les pays de l’Axe atlantiste, par des hommes formés par les programmes de l’OTAN et par les pays membres de l’Axe. 3000 civils. Cela devrait faire réfléchir. D’autant plus que des étrangers ont participé à ce crime de guerre :

« Au cours de l’enquête, de nouvelles informations ont été obtenues sur la participation de mercenaires étrangers dans les unités de l’armée ukrainienne. Ainsi, du témoignage de l’un des prisonniers, il ressort que dans l’unité de la 36e brigade autonome du Corps des Marines, il y avait des citoyens de Grande-Bretagne. Ils servent dans les forces armées ukrainiennes depuis 2020, participant activement aux préparatifs de la conduite d’opérations de combat dans les zones urbaines. De plus, le personnel militaire ukrainien a été formé par des instructeurs allemands pour prendre d’assaut des bâtiments et tirer avec des armes fabriquées à l’étranger. Au cours de la réunion, il a été noté qu’à l’heure actuelle, les informations concernant le financement des activités des mercenaires sur le territoire de l’Ukraine sont en cours d’établissement en détail ». 

SOLDATS RUSSES DE POUTINE

Tous les bâtiments de la ville n’ont pas encore été vérifiés et des corps sont enterrés sauvagement sous les décombres. Petit à petit, les enquêteurs font remonter à la surface l’ampleur de cette atrocité. Les corps ne peuvent pas toujours être identifés, une base de données ADN va être mise en place pour accélérer le processus d’identification des victimes. Victimes, qui ensuite seront dignement enterrées dans un cimetière.

Sans même parler du préjudice porté à l’infrastructure civile de la ville de Marioupol, qui a été militarisée et a donc servi de cible légitime. Le préjudice est estimé à plus de 176 milliards de roubles.

À ce jour, certains figurants voient déjà leur responsabilité mise en cause :

« Sur la base des informations reçues, une procédure pénale a été ouverte contre le commandant en chef des forces armées ukrainiennes Zaluzhny, le commandant de l’opération des forces conjointes des forces armées ukrainiennes, le général de corps d’armée Pavlyuk, le commandant du groupe opérationnel-tactique « Vostok » des Forces armées d’Ukraine, le lieutenant-général Sodol, le commandant de la Garde nationale d’Ukraine, le lieutenant-général Lebed, commandant de la 12e brigade opérationnelle de l’Association territoriale orientale de la Garde nationale d’Ukraine le colonel Shlega, commandant de la 12e brigade opérationnelle de la Garde nationale d’Ukraine de l’unité autonome des forces spéciales « Azov », le major Prokopenko et d’autres responsables de la Garde nationale d’Ukraine, des Forces armées ukrainiennes et d’autres formations militaires ukrainiennes sur le fondement de la violation de l’al. 1 de l’art. 356 du Code pénal de la Fédération de Russie ». 

Selon l’art. 356 du CP sur l’utilisation de méthodes et de moyens de guerre interdits :

« 1. Traitement cruel des prisonniers de guerre ou de la population civile, déportation de la population civile, pillage des biens nationaux dans le territoire occupé, utilisation dans un conflit armé de moyens et méthodes interdits par un traité international reconnu par la Fédération de Russie – sera passible d’une peine privative de liberté d’une durée maximale de vingt ans ». 

Mais pour que ces déclarations politiques prennent vie, il va bien falloir entrer dans le champ juridique. Espérons que cela fasse sortir la Russie du tout-communicationnel et des grandes menaces de responsabilisation, en russe, sur Telegram (que personne en Occident ne lit), pour réellement commencer le combat juridique. Ces victimes et toutes les autres le méritent!

Karine Bechet-Golovko

source : Russie Politics

 

CRIMINEL ZELENSKY