BLOG PRESS DIACONESCO.TV à l'International en Français, Italien et Anglais

information générale, news , politique, NTIC, communication, TV-vidéo, internet, immobilier, art contemporain, second life, économie, écologie... PHONE/FAX : Europa : +0039/ 0184 208 291 **** Mobile Phone : +0033(0) 632173633

14 décembre 2009

FESTA DI NATALE ORGANISE PAR LE COM.IT.ES. DE LA PRINCIPAUTE DE MONACO

FESTA DI NATALE, organisé par le

COM.T.ES. MONACO,DIMANCHE 13

décembre 2008, à 17H45,

Auditorium Rainier III, Monaco
 

REMISE DES PRIX 'RAGAZZI ITALIANI D'ECCELLENZA'

LISTE DES NOMS DES ETUDIANTES choisi par Mme Yvette Lambin-Berti, Commissaire Général de l'Education nationale de MONACO

ARTIOLI Maria-Sole
BONOMI KARKOUR Roberto
CALVO Lorenzo
CAMOSETTI Alessia
CANZONE Mattia
CARBONE Diego
CASTELVECCHI Alessandro
CASTELVECCHI Francesco
CESANO Alex
CESANO Andrea
CICOGNETTI Ettore
CIVAIA Federico
COLMAN Edoardo
COLMAN Valentina
CURRO' Francesca
DI NOLA Giacomo
DI SALVIA Valentino
DOGLIATTI Claudia
DUMAS Cassandra
FABBRI Ottavia
FERABOLI Ludovica
FERRIERO Estelle
FRANZELLIN Charlotte
KERWAT Andrea
LAZZARINI Elisabeth
LITTARDI Giulia
LOPOPOLO Damien
MALFERRARI Sofia
MARTINI Luigi
MIGLIORERO Maria-Caterina
MIGLIORERO Marta
MOLINO Marta
MOSCATI FIGINI Francesco
NICCOLINI Margherita
NOVI Giovanni
RAMPINI Giorgio
RAPELLI Alberto
SAPPRACONE Andrea
SILIANO Federico
ZAMBELLI Elena
ZAMBELLI Laura
ZENERE Giorgio

ZITO Emilie

Un 'CALENDARIO ATLANTE DE AGOSTINI 2010' et le Texte de la CONSTITUTION ITALIENNE ont été offert a tous les etudiantes

REMISE DE PRIX DU CONCOURS ACCOBAMS

Le 13 décembre 2009, à l’occasion de la Fête Nationale Italienne,  3 enfants de la Principauté  ont été récompensés pour s’être engagés dans la lutte pour la conservation des baleines et des dauphins. Une Conférence et un spectacle organisé  par ACCOBAMS grâce à l’appui du Ministère de l’Environnement Italien  et à la collaboration du COMITES et de la Dante Alighieri avait présenté les menaces que rencontrent les cétacés. Forts de cet enseignement,  ils ont réalisés posters, récits, et autocollants tous destinés à lancer un message d’alerte les 3 meilleurs candidats ont été récompensés par SAS Le Prince Albert II de Monaco qui leur remettra le Prix ACCOBAMS et une semaine à bord d’un voilier de l’Organisation Téthys pour mieux apprendre à connaître ces espèces en danger d’extinction ! www.accobams.org

LES GAGNANTS

VAILLANT Pierre-Marie – Collège Charles III, Classe de 4ème 6, GULLACE Jordan – François d'Assise Nicolas Barré, Classe de 3ème C, 
BRUNO Melvin – François d'Assise Nicolas Barré, Classe de 2nd B

EN PHOTO AVEC LE PRESIDENT DU COMITES, NICCOLO CAISSOTTI DI CHIUSANO, MME MARIE-CRISTINE GRILLO-COMPULSIONE ET L'AMBASSADEUR D'ITALIE A MONACO, SEM FRANCO MISTRETTA.

gruppo_studenti

gruppo studenti - Copyright - Principauté de Monaco - 13 décembre 2009

foto_accobams

foto accobams Copyright - Principauté de Monaco - 13 décembre 2009

foto_CHIUSANO__SAS_PRINCE_ALBERT__MISTRETTA

foto CHIUSANO SAS PRINCE ALBERT MISTRETTA

Copyright - Principauté de Monaco 13 décembre 2009


07 décembre 2009

VOYAGE EN ITALIE : ANECDOTES ITALIENNES de Fiorella GIOVANNI

ESSAI DE L' AUTEUR

Drapeau_Italie

Fiorella GIOVANNI



ANECDOTES ITALIENNES


 

1961 – 1997

Salo’ sur le Lac de Garde,

Venise et son Carnaval,

Milan, Vérone, Bologne et Rome,

Sienne et la Toscane,

                                                              Bari, Matera.

 

Edition Décembre 2001

 

   

      Texte protégé SGDL                                                                                                




Une langue si belle, des voix superbes,

souvent fantaisistes, artistes, créateurs,

mais aussi inorganisés ou inattendus : les Italiens ...


Du même auteur (Décembre 1999) :


Le Voyage à Venise .

Charles, un chat parisien exceptionnel, part pour Venise, la ville posée sur l’eau. Il parcourt les ruelles, parle du décor sublime et de la magie de la lumière. Il dialogue avec des vénitiens et des chats. Masqué, il participe à l’ouverture du carnaval « in Piazza » (sur la Place Saint Marc). Il devient Vivaldi au bal masqué de Ca’Tintorialdo, se rend à l’île de San Erasmo en compagnie de son ami Casanova et croise l’ombre des hôtes célèbres de la ville près du Café Florian. Il devient amoureux de ce lieu romantique unique au monde.

Document culturel, guide intime, conte pour adulte, ces lignes vous entraînent sur la scène de Venise.


 

LES SIXTIES ET LA CHAÎNE EN OR DE SALO'

Mon patronyme, qui, en italien, veut dire  Jean, m’aida probablement beaucoup pour l’étude de la langue italienne. Je l’apprenais sans efforts. La mère de mon arrière grand-père s’appelait Marie-Dominique Casanova. Ils vivaient dans un village aux alentours d’Aleria, en Corse. Mon père parlait peu de nos origines. Sa mère était belge et la mienne naquit dans la région parisienne. Très tôt, je sentis ma personnalité osciller entre l’extériorisation du sud et un état plus calme. Je pris quelques cours d’italien pendant l’été 1959 pour entrer au lycée à Paris au cours de ce même automne. Ce fut une révélation. L’accent tonique et le rythme, qui donnent tout le charme mélodieux à cette langue, n’eurent aucun secrets pour moi. Je tombais amoureuse de cette beauté parlée. J’avais besoin de m’exprimer en italien aussi bien qu’un italien ! Voilà.


1961. Découverte de l’Italie à Salo', sur le Lac de Garde.Riva_del_Garda

Et vint mon premier séjour en Italie, à Salo’, sur le Lac de Garde. Imaginez une petite ville dans un écrin vert et bleu, entre montagne et lac, au bord d’un golfe. Voyez des toits ocres et des façades dorées, groupés autour de l’église et les douces lignes verdoyantes du relief lombard. Entendez le rythme, la sonorité des voix italiennes, et les chansons du moment. Cette atmosphère me remplissait d’une grande joie. Parler cette langue me transformait. Sa splendeur me frappait infiniment. Mes origines, pourtant lointaines, firent resurgir mon attachement à ce décor offert par une nature luxuriante. Avais-je déjà vécu ici, dans une autre vie ? Les couleurs alentours m’attiraient tant ! et plus encore, oui, cette langue. Mon groupe d’étudiants rentra à Paris. Mes parents vinrent me retrouver. Ils découvrirent eux aussi ce lieu enchanteur. Notre hôtel et sa pergola se situait au bout de la promenade, le long du lac. Je parlais italien au marché, dans les boutiques et avec le jeune cuisinier. Il me présenta sa mère puis sa sœur. Ils se réjouissaient tous de me recevoir. Je connus d’autres petites villes au bord du lac où nous nous rendions en bateau. Après le dîner, dans un salon de l’hôtel, nous regardions la télévision en noir et blanc. A l’époque, les italiens adoraient Carosello, l’agréable rendez-vous quotidien, de courte durée, présentant des artistes, des chanteurs, les succès. Nous visitâmes Vérone. Nous entendîmes Carmen dans les arènes. Puis, mon père décida que nous irions passer quelques jours à Venise. Notre voiture, une Simca Aronde verte, resta au garage à étages du Piazzale Roma (Place de Rome) à l’entrée de la ville lagunaire. Nous montâmes dans un vaporetto. Dans notre chambre d’hôtel, le téléphone ne fonctionnait pas et l’eau coulait avec difficulté. Nous nous perdîmes dans les ruelles. Sur l’Île de Murano, nous vîmes des verriers créer des objets en soufflant le verre incandescent.

Mon grand amour pour les couleurs de ce pays allait grandissant. Plus tard, il orientera ma vie. La chanson enregistrée sur le disque 45 tours offert par le jeune cuisinier avant mon départ, disait : « Guarda, guarda, è quest’ il Lago di Garda, vieni, vieni, voglio parlarti d’amore … (regarde, regarde, voici le Lac de Garde, viens, viens, je veux te parler d’amour …)

A mon retour, je me sentis presque étrangère à Paris. Je n’avais d’ailleurs jamais ressenti mon appartenance à une nationalité précise. Je me procurai de la documentation et imaginai, seule dans ma chambre, des communications aisées, sans passeport, entre les pays de cette belle et vieille Europe. Cela allait se réaliser plus tard. Je désirais le mélange des nationalités et des frontières fictives. Envie de rencontrer les habitants de ce monde, d’apprendre des données nouvelles ? Je visitais, sur le papier, les villes historiques de mon choix. L’esprit voyage sans restriction. Etais-je européenne avant l’heure ? Avant-gardiste ? Côtoyer les œuvres artistiques représentait pour moi une sorte de rite, de religion, un chemin vers l’idéal sécurisant de la beauté. La création n’est-elle pas la sève positive de l’être humain, travaillée, transformée, produite et exposée à nos yeux ? Ne serait-elle pas la manifestation du Divin par la main de l’artiste  ?

Cependant, une grande tristesse m’envahit à nouveau pour de long mois. Les décors et les sons colorés me manquaient. Une dernière année d’études s’annonçait dans le quartier, dégradé à l’époque, du Marais à Paris. Les rénovations commencèrent par la suite dans tous les centres historiques des villes de France. Notre premier Ministre de la Culture, Monsieur André Malraux, donna cette nouvelle impulsion. La population émettait des doutes sur ces actions rénovatrices. Une cathédrale, ternie par la poussière du temps, devait-elle rayonner grâce à ses pierres redevenues blanches, comme à l’heure de sa construction  ?

J’échangeai une correspondance assidue avec l’ami italien de l’hôtel. Mon seul but : aller en Italie pour entendre le chant de cette langue, vivre des couleurs éclatantes de soleil et des architectures ocres, parler avec des italiens, voir leur générosité, leur gaieté, leur fantaisie. L’ami envisagea de venir travailler en France, mais il subvenait aux besoins de sa mère et ne voulut pas la laisser.


1962. Deuxième séjour à Salo’.

Cette année là, j’entrai dans la vie active. L’été inspira à la famille un nouveau séjour à Salo’ et de nouvelles promenades sur le lac. Voici un après-midi à Gardone Riviera pour la visite de la villa de Gabriele D’Annunzio, dissimulée dans la verdure de la pente de la montagne, puis, une excursion en bateau à Riva del Garda, au fond du lac, dans son étroite partie nord. Au sud, les créneaux du Château de Sirmione, selon l’expression italienne, « en queue d’hirondelle », habillaient si bien l’eau bleue et les berges … Je marchandais le prix de lainages et de cravates en soie. Des étalages garnis de grandes poupées dans leurs boites, portant des vêtements aux teintes vives, me surprenaient. Je n’avais jamais rien vu de tel chez moi. J’expédiais des « cartoline » (cartes postales) à tout le monde. C’était l’âge d’or de la cinquecento (la Fiat Cinq Cents) et de la topolino (autre modèle appelé La Souris). Au marché, les vendeurs me répondaient en allemand ! Les touristes de langue germanique venaient nombreux, en voisins, par le col du Brenner. Ils étaient souvent blonds comme moi. Je reprenais les marchands. A l’hôtel, Vincenzo, l’ami cuisinier, nous préparait des repas succulents que nous prenions à l’ombre, sous la pergola. Je rendais visite à sa mère et à sa sœur Mariella. Nous échangions des cadeaux. Le mari de Mariella, artisan, m’offrit, de la part de la famille, une boite à bijoux musicale, marquetée. L’ouverture du couvercle laissait échapper les notes connues de « Arriverdici Roma » (Au revoir Rome). Le soir, je dansais sur les succès de l’été, à la discothèque du café jouxtant notre l’hôtel. Adriano Celentano vous lançait « 24 000 baci » (24 000 baisers), Boby Solo chantait « Una lacrima sul viso » (Une larme sur le visage) et le jeune Gianni Morandi séduisait les jeunes femmes avec « Fatti mandare dalla mamma a prendere il late » (Demande à ta mère de t’envoyer chercher le lait). C’était l’époque du Twist. Nous ignorions tous que les « sixties » commençaient. Une période de bien-être social grâce au développement des techniques et de l’industrie, de la publicité et des concepts de « besoins matériels et confort », accompagnée de l’apparition de rythmes musicaux et de voix jusque là inconnus. La mode masculine proposait des cheveux plus volumineux et plus longs.

Nous nous rendîmes à Venise pour la seconde fois. Dans «  Topolino » (le journal Mickey italien), une annonce me permit d’entreprendre des échanges de courriers avec Maria. Elle demeurait dans son palais de Venise, près du célèbre théâtre « La Fenice ».


Août 1963. Invitation de Maria  : Venise et les Dolomites.

J’eus droit à mes premiers congés payés. Je fis le trajet Paris–Venise en train de nuit, sans couchette. Le lendemain matin, je vis le Lac de Garde de loin et mon cœur se serra. Le non respect des horaires ferroviaires était fréquent. J’arrivai très en retard à la gare Santa Lucia. Cela ne se produit plus maintenant, surtout sur les lignes internationales. Maria m’attendait depuis longtemps sur le quai. Elle me gronda. Sur la ruelle, la double porte de son palais donnait accès à un immense hall de pierre. Un escalier de marbre blanc, d’époque Renaissance, montait sur la gauche. Au premier étage, l’étage habité par la famille, les fenêtres donnaient sur deux canaux. Son père, tailleur, portait merveilleusement des cheveux argentés, coiffés en arrière. Tel un acteur de cinéma, le geste ample, il parlait avec passion de sa ville à la terrasse du Florian. Les violons de l’orchestre du célèbre café accompagnaient son discours et notre rêve.


Les Dolomites.montagne___les_dolomites

Un car nous conduisit, Maria, sa mère et moi, à Pieve d’Alpago, près de Belluno, dans les Dolomites. Une route de terre arrivait au village. Le véhicule, couvert de poussière, s’arrêta devant quelques maisons montagnardes groupées autour de l’église. Après le dîner, les jeunes en vacances, se réunissaient et discutaient sur la place de l’église qui dominait la vallée. Tard, le soir, quand la température diminuait, nous marchions dans la fraîcheur de chemins obscurs. Le curé, en robe noire, nous suivait de loin, dans sa petite Fiat 500  ! Que d'histoires à enchevêtrées entre les habitants du village et la municipalité ... Etions-nous figurants d’un nouvel épisode du film « Don Camillo »  ? Je me liai d’amitié avec Gianni, étudiant en Lettres à l’Université de Padoue. Il passait ses vacances au village, chez ses grands parents. Rita Pavone « criait » sa chanson « La partita di Pallone » (la partie de ballon). La fin du séjour arriva : nulle envie de rentrer à Paris dans la grisaille. Je pleurais et vivais un nouveau désastre. Le calendrier ne me permettait pas non plus de passer par Salo’, un lieu et des amis qui me manquaient terriblement. Gianni m’envoya des livres de Cassola, Pasolini et Moravia. Je les ai encore. Nous échangeâmes des lettres. Pourquoi le contact fut-il rompu  ?

Un jour, environ 25 ans plus tard …qui faisait la queue derrière moi, pour entrer à l’exposition Gauguin du Grand Palais ? Gianni et une dame ...


Septembre 1963. Le stage à Rome.Imperial_ROME_TOUR

Mon diplôme de la Chambre de Commerce Italienne de Paris en poche, je partis pour un stage à Rome. Cette pratique était peu répandue à l’époque. Je dus insister beaucoup auprès des professeurs pour me faire comprendre. Mon employeur m’accorda un congé sans solde d’un mois. Je travaillais dans une banque de la via del Corso (le Cours), cette longue artère bruyante du centre historique allant de la Place de Venise à la Piazza del Popolo (Place du Peuple). Je logeais chez une femme de diplomate dans le quartier olympique. La pause du déjeuner finissait à 16 heures. Elle me permit de découvrir la ville : la Fontaine de Trevi, toujours à l’étroit sur sa minuscule place, le Quirinale, l’Hôtel de la Patrie, de marbre blanc, (appelé « la machine à écrire » par certains) cachant les nombreuses marches de l’église Araceli et du Capitolino, le Colisée, l’église française de la Trinité des Monts dominant les marches portant à la Piazza di Spagna (Place d’Espagne) et sa fontaine, Trastevere. Une chaleur torride m’obligea vite à renoncer aux découvertes de la longue pause du déjeuner. Un dimanche matin, je me rendit sur la Place Saint Pierre. Elle est si vaste qu’un effet d’optique me fit douter d’y être vraiment. La foule des fidèles applaudit les paroles du Pape. Les Gardes Suisses, dans leurs habits formés de tranches de tissus colorés, montaient la garde. Je vis la Pietà de Michel Ange en entrant dans la basilique puis, m’élevai pour admirer, depuis « il cupolone » (la grosse coupole), la place, la colonnade du Bernin, toute en doux arrondis et la ville : le Château Saint Ange, circulaire, le Tibre, les monuments, les jardins et les sept collines d’une ville éternelle. Cet été là, je fixai sur diapositives, deux cités incroyablement belles. Je pleurais à la gare Termini et dans le train qui allait me ramener une fois de plus à Paris.

Encore attendre une année, séparée de ce décor et de cette langue mélodieuse ... Quelle difficulté ! Quel ennui ! Quel manque !


1964. Refus d’un poste sur le Lac Majeur. La Fiat 600. Chez Vincenzo. Troisième séjour à Salo’.LAC_MAJEUR_ITALIA

Ma mère ne supporta pas l’idée de mon départ. Je dus refuser un poste temporaire sur le Lac Majeur. Une déception si forte !

J’achetai ma première voiture, une Fiat 600 grise. J’aimais à la faire déraper un peu dans les virages.

Pour mes vacances du mois d’Août, je réservai une chambre à Salo’, chez une dame connue l’année précédente. Je louai une place assise dans le train de nuit Paris-Milan. A l’époque, après la gare de Milano Centrale, la plaine du Po’, encore peu industrielle, s’étendait en rizières et cultures. Elle deviendra, rapidement, l’un des symboles modernes de l’économie italienne. Vincenzo vint me chercher à la gare de Brescia. Nous voyageâmes en car vers le Lac de Garde. Il ne trouvait pas de travail dans sa qualification. Il cuisinait toujours à l’hôtel au bord du Lac. « l’argent ne tourne plus » disait-il souvent. Nous nous étions mal compris. Il croyait que je séjournerais chez lui. Discussion mouvementée. Pas question de payer une chambre chez « la signora » ! (la dame). L’annulation de ma location ne fut pas appréciée. Quelle peur de rencontrer « la signora » dans la rue ou au marché ! Vincenzo travaillait toute la journée. Je découvris les Beatles sur son magnétophone. Sa mère s’occupait de moi gentiment. Elle ne parlait que le dialecte local et j’essayais de la comprendre. Elle me présenta à ses amis. Le confort n’existait pas : toilettes à la turque sur le palier et vieil évier de pierre dans la cuisine en guise de salle de bains. Pendant un mois, je ne me lavais guère. Les persiennes fermées assombrissaient le séjour, barrage au soleil et à la chaleur. Nous mangions du risotto ou des pâtes. La viande ? Rarissime.

Je découvris la chaleur familiale. Nous avions des activités simples : récolter l’herbe pour les lapins qui vivaient au grenier, laver le linge dans le lac, manger et dormir malgré la chaleur dégagée par la boulangerie située sous la chambre. Nous déjeunâmes un dimanche à Gardone Riviera chez Mariella. Vincenzo travaillait jusqu’au soir. Je vivais avec sa mère ou prenais des photos le long du Lac.

Je voulais m’acheter une chaîne en or. Elle coûterait deux fois moins cher qu’à Paris. En fin de séjour, « la mamma » (la mère) voulut m’accompagner chez le bijoutier de la place du marché. Une serpentine me plu. Impossible de la payer. Elle me l’offrit, elle qui possédait si peu. Je repartis avec beaucoup d’affection dans ma valise. L’hiver suivant, Gigliola Cinquetti gagna le prix Eurovision de la chanson avec « Non ho l’età, non ho l’età, per amarti, non ho l’età per uscire sola con te … (je n’ai pas l’âge, je n’ai pas l’âge de t’aimer. Je n’ai pas l’âge de sortir seule avec toi).

Carte_Italie

1994. Trente ans plus tard.

L’hôtel restaurant où nous avions séjourné avec mes parent en 1961, rénové avec goût, existe toujours, au bout de la promenade, le long du lac. Il porte encore le même nom. Comme jadis, des tables accueillantes se dressent à l’ombre de la pergola. Les bateaux passent toujours à quelques mètres. La petite ville ancienne a pris un aspect plus riche. Le parcours le long de la rive est réservé aux piétons. La porte-horloge, au bout de la rue commerçante intérieure, vient d’être restaurée. Le bijoutier ? Toujours là, sur la place ombragée du marché. D’après l’annuaire, Vincenzo habite toujours la même rue.


VENISE 1993

  1. Février. Retour à Venise. Solution amiable à situation embarrassante. L’hôtel fermé.              Je réservai une chambre par téléphone, cinq jours avant mon départ pour le carnaval. Dans le train de nuit Paris-Venise, je fis la connaissance d’italiens de Vicence. Ils venaient chaque mois rendre visite à leur fils en prison à Paris. Cette fois là, le père et la sœur du détenu voyageaient dans mon compartiment. Une famille effondrée par la situation. Un fils en prison ! Un frère en prison ! Le père ne pouvait pas admettre que son fils avait passé une quantité importante de drogue. Pourtant, ce fils ne manquait de rien. Son père lui avait fait construire une maison à côté de la sienne. Son salaire ? Confortable en qualité de dirigeant d’entreprise. Six ans de prison ! La famille avait dû prendre à Paris une avocate parlant italien. Ils ne connaissaient pas la langue française. Ils proposèrent une somme d’argent à cette avocate pour clore rapidement le dossier. L’avocate refusa.

 

  • Vous êtes très durs, vous les français.

Devant la gare Santa Lucia, je pris le vaporetto jusqu’à l’arrêt Ca’ d’Oro (Maison d’or). Dans la vitrine de l’hôtel, un écriteau :

« Hôtel fermé pour rénovation. S’adresser à notre annexe à 300 m sur la gauche au 334 quartier de Cannaregio.

N’aurait-on pas pu me communiquer la bonne adresse au moment de la réservation ?


Problème à la gare Santa Lucia. Séjours à Bari.BARI_ITALIA

Après deux semaines passées à découvrir les ruelles, à faire des photos, à me mêler à la foule du Carnaval, ma passion pour cette ville magique grandissait. La durée de mon séjour, prévu pour une semaine, doubla. Je volais dans l’espace, perruque de papier doré et tricorne vert à voilette sur la tête. Les violons du Maestro Vivaldi m’accompagnaient. Je m’imprégnais de l’atmosphère du lieu. Les matins se noyaient dans la « nebbiolina » (brouillard) et les façades des palais devenaient un décor irréel. Les vaporetto fuyaient leurs arrêts flottants pour le néant … Dans l’après-midi, l’air devenait doux. Venise … ma ville d’adoption. Je voulais connaître chaque ruelle, chaque campiello (placette), chaque recoin.

J’organisai ma visite au collègue de Bari, au sud du pays. L’employé du bureau des informations de la gare, dont l’accent ne pouvait dissimuler son appartenance au « mezzogiorno » (midi), prétendit que le train Venise-Bari, direct en hiver, n’existait pas. A Paris, il existait ! J'insistai. L’horaire ressuscita. Je me livrai à sa vérification : renseignement faux. Je m’énervai contre le laxisme de l’administration qui venait entraver mon travail et ma passion, me voler du temps. Tel un habitant du nord, j’eus envie d’utiliser les doux qualificatifs de « deficienti » (incapables) et « africani (africains) envers les petits frères sudistes.

Huit cents kilomètres sans couchette avec ma perruque de papier doré sur la tête et le tricorne par-dessus. Le contrôleur n’eut pas l’air étonné. Ah ! Carnaval ... Nous longions la côte adriatique. Les plages défilaient dans la nuit. Il semblait que le train roulât sur le sable, évitant les vagues. Impression nocturne étrange, presque surréaliste. Des familles du sud occupaient les compartiments. Je plaisantais avec des personnes de petite taille. Tôt le matin, les voyageurs commencèrent à manger, à parler fort. La couleur locale arrivait.

A 7 heures du matin, le train entra en gare de Bari Centrale. J’attendis mon chauffeur, assise sur ma valise devant  la gare. Un homme brun, à qui j’avais parlé dans le wagon, me rapporta un gros sac que j’avais oublié sur le quai. Qui a dit que les italiens volaient ! Mon collègue arriva, élégant, dans un long manteau couleur lie de vin. Le soir même, avec des couples de la Faculté des Sciences et sa femme : soirée « pasta » (pâtes), sous le regard vigilant du sympathique chien de la maison, Romeo.

Quatre ans plus tôt, en été, j’avais séjourné chez les parents de ce collègue. A mon arrivée à l’Aéroport de Bari, ils m’avaient embrassée chaleureusement, comme s’ils me connaissaient depuis toujours. Le thermomètre indiquait 45 degrés au soleil. « La Mamma » cuisinait des plats de pâtes au four. Je compris plus tard pourquoi je ne pus sortir seule dans la rue. Il pouvait m’arriver quelque accident : le sud est dangereux et des balles se perdent parfois qui ne vous étaient pas destinées ! Lors d’une ballade familiale en voiture, j’eus terriblement peur. Nous roulions et je vis de loin, qu’aucun véhicules arrivant depuis les quatre rues d’un croisement sur le périphérique de la ville, ne respectait le feu rouge. On se contournait au milieu du croisement. Nous fîmes de même. Plus loin, un camion était arrêté au milieu de la chaussée et le chauffeur discutait avec quelqu’un. La circulation se faisait en contournant le camion, dans un sens comme dans l’autre. Nous faisions les courses à partir de 20 heures, quand la température baissait un peu. Toujours impossible de faire un pas seule. Difficile lorsque vous pratiquer la plus grande indépendance depuis toujours. La très jeune sœur de mon collègue me fit remarquer de sa belle voix grave du sud, que les jeunes femmes, ici, ne pouvaient pas porter une jupe comme la mienne. « Nos maris sont trop jaloux » dit-elle. Pourtant, le bas de ma jupe arrivait juste au-dessus du genou. Avant mon départ de Paris, son frère m’avait demandé de prévoir une longue chemise à passer par dessus le maillot de bain pour rester sur la plage. J’avoue qu’avec beaucoup de mal j’avais fini par comprendre qu’en 1989, dans cette région, rester en maillot sur la plage représentait l’indécence. Pendant un embouteillage interminable dans les rues bruyantes de Bari, les jeunes collègues, professeurs à la faculté, et leurs fiancées, parlèrent de l’assurance de la voiture dans laquelle nous roulions. Elle n’avait pas été payée à l’échéance et puis « on verrait bien ». J’étais au bord de la folie ! J’avais entendu dire aussi que la compétence des médecins et les hôpitaux locaux ne valaient pas une réelle confiance. D’ailleurs, il me semblait voir un nombre important de personnes boiter dans les rues. Avaient-ils été mal opérés, mal soignés ? Le théâtre de la ville venait de brûler. D’après mes informations actuelles, voici dix années qu’on doit le reconstruire. Ne me sentant pas à mon aise dans cette atmosphère, je décidai de repartir trois jours après mon arrivée et non pas après deux semaines comme prévu. Cette famille n’aura pas pu comprendre mon attitude.


Avril. Venise : coucher dans un placard.

Venise, 8 heures du matin : je demandai une chambre bon marché. La patronne de l’hôtel devait faire le point des disponibilités dans la matinée. A midi, elle ne disposait que d’une chambre double. « Va bene » (d’accord) pour une nuit, une seule, dis-je. Le lendemain, elle me proposa la chambre de l’employé roumain. Le Roumain couchait dans un placard ! 50 cm entre le lit et la porte. Impossible d’ouvrir ma valise. Le lit tenait entre la fenêtre minuscule et le mur en face. L’employé revint dans la nuit pour déguster une pizza et une bière avec moi. Il voulait même rester dans sa chambre. Il savait ne pas tenir de place dans un lit. Je répondis simplement : moi pas !


Mai. Le lampadaire de Murano.ile_de_murano

Nous partîmes de Paris, une amie et moi, avec un break, pour rapporter un lampadaire de verre haut de deux mètres. Le vaporetto nous laissa au phare de l’île de Murano. Information imprécise : la boutique fermait le vendredi après-midi. Une personne nous conseilla de sonner chez la patronne. Elle vivait au dessus du magasin. Elle nous reçut mais les paquets ne pouvaient être confectionnés le jour même. L’usine fermait également le vendredi. Nous dûmes revenir le lendemain dans la matinée.

Lorsque, pour la première fois, j’allumai le lampadaire chez moi, les verres se fendirent. Je dus attendre un an et demi pour en obtenir deux autres bien moins jolis. A chacun de mes passages, je déplorais les lenteurs italiennes peu compatibles avec un rythme européen moderne et ma rapidité d’action habituelle.

Texte protégé SGDL - Reproduction strictement interdite par l'Auteur et par Diaconesco.tv -

Tous droits réservés -

à suivre ... à suivre... à suivre ... à suivre ... à suivre ...

Posté par DIACONESCO_TV à 14:20 - culture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

VOYAGES EN ITALIE SUITE 2 : ANECDOTES ITALIENNES de Fiorella GIOVANNI

Drapeau_Italie                  Fiorella GIOVANNI

                                          

                      ANECDOTES ITALIENNES


L’IMPRESARIO

  1. Une jeune agence musicale cherchait des collaborateurs européens. Je pris rendez vous dans le quartier Saint Marc avec l’impresario. Le blond vénitien comprit mon enthousiasme. Je sortis avec un contrat en poche. Ma mission : vendre à Paris des spectacles vénitiens. Les acteurs ou les musiciens revêtaient des copies de costumes du XVIII ème siècle. Il me confia son catalogue. Je le traduisis à mon retour. Plan de travail, secrétariat, publicité, contacts. A chacun de mes séjours à Venise, je saluais l’impresario. Lors de l’une de mes visites, il portait une cravate dont les couleurs stridentes sur son costume foncé devaient représenter l’avant-garde vénitienne. Il venait de donner une interview à la télévision.   VENISE_MUSICAL

Au passage suivant, l’agence présentait le Stabat Mater de Pergolese à l’église San Giovanni et Paolo. Cantatrices italienne et japonaise, télévision nippone. Je fus invitée. J’assistai également à un concert à Santa Maria Formosa, interprété par de jeunes musiciens de la région Vénétie. Superbe. A Venise, les sons, notamment ceux des violons, sont particuliers. Personne ne peut me dire pourquoi. L’architecture ? La facture des violons eux-mêmes ? L’environnement ? Les sons, très colorés, ne se dispersent pas dans l’espace délimité par les voûtes. Ils demeurent autour de vous.

Par un doux dimanche printanier, le gong de la basilique sonnait midi. Le son entrait par la fenêtre du bureau de l’agence musicale, ouverte sur la ruelle. La place Saint Marc se trouvait à deux pas. Lorsque je rejoignis la piazza, le gong résonnait encore. L’air, le décor, baignaient dans une lumière d’un blanc éblouissant qui envahissait tout l’espace.

Déjeuner à la terrasse du Gran Hôtel Monaco sur le Grand Canal ? Une folie, pour rendre hommage à la Lumière ! Au fond de la place, je pris à gauche la calle Valaresso, passai devant le Harry’s Bar et entrai dans l’hôtel. Le garçon m’installa en terrasse. Table ronde et nappe bleue. Les gondoles dansaient à mes pieds. Des clients arrivèrent en taxi d’eau. Les rayons d’un soleil déjà très chaud mordaient ma peau. Devant moi, le trafic intense du Grand Canal, le bruit des bateaux, les voix des gondoliers sautant d’une gondole à l’autre dans le décor de la pointe de la douane

  • Madame désire t-elle un apéritif  ? demanda le serveur en veste blanche.

  • Que me conseillez-vous, cher Monsieur ?

  • Un Bellini. C’est l’apéritif vénitien par excellence, répondit-il.

  • Va pour un Bellini !

Je demandai à une américaine déjeunant à une table voisine de me photographier.

Les vaporetto passaient, emportant leur cargaison de touristes entassés sur le pont, caméra au poing. Le serveur s’informa gentiment du but de mon séjour, de mon métier. Il parlait avec tact. Il apprécia l’intérêt que je portais à sa ville et m’adressa des compliments.

Après un repas exquis, je décidai de passer rapidement devant le Palais des Doges en évitant les marchands de colliers de Riva Schiavoni pour rejoindre, dans le quartier de Castello, l’église de la Piétà-Vivaldi et les jardins de la Biennale. Deux bateaux de la marine américaine avec chacun 900 personnes à bord, en partance pour la Yougoslavie, avaient accosté la veille. Les « marines » guidaient les curieux sur leurs villes flottantes. Après l’arrêt Tana et le début de la rue Garibaldi, s’étendait la partie populaire de Castello. Des chats fuyaient vers les jardins. Du linge coloré séchait en travers des ruelles, même en hiver. Des personnes passaient leur dimanche sur un banc dans le contre-jour du décor de l’île San Giorgio Maggiore. Et des yachts le long du quai.

A mon retour, je suggérai par télécopie à l’agence musicale de revoir ses prix. Les éventuels clients les trouvaient systématiquement trop élevés. Aucune réponse. D’autres messages encore restèrent en suspend. Je résiliai le contrat.


A LA FENICE   b3_fenice_venise_1

  1. S’orienter dans les ruelles devenait parfois impossible. Un quart d’heure de retard ! Le spectacle de La Fenice serait déjà commencé. L’employé en livrée ne me permit pas d’entrer. J’eus beau dire que je venais de Paris ... que regarder le spectacle sur un écran jusqu’à l’entracte ... Le message ne contenta pas mon interlocuteur. Je tournais autour de lui très mécontente et énervée. Une dame en manteau de léopard, fond de teint épais sur le nez et grosse lunettes bordées de strass, entra dans le hall.
  • Bonsoir Madame, à nouveau dans notre ville superbe ? Toujours à votre hôtel habituel ?

Elle pourra pénétrer dans la salle pensais-je. Mon intuition se confirma.

  • Alors cette dame a le droit de déranger ? dis-je à l’employé.

  • Il y a un règlement Madame, répondit-il.

  • Pour une fois qu’il y a un règlement dans ce pays ! Il y en a deux en fait ! Allez me chercher le Directeur, osai-je.

  • Mais Madame ..., commença l’homme en livrée.La_Fenice_auditorium

  • Je veux parler au Directeur, insistai-je.

Celui-ci me conduisit de suite à une place d’orchestre alors que mon billet correspondait à un siège de la dernière galerie du théâtre.







L’HISTOIRE DE PIETRO

 

Pietro et son père vivaient dans une chambre, au premier étage de l’hôtel où je logeais. Ils attendaient l'attribution d’un appartement social. Un soir, ils m’invitèrent pour un plat de pâtes. Des cartons de déménagement s’entassaient jusqu’au plafond et envahissaient la pièce. Une petite télévision trônait entre leurs deux lits. Dans le bidet, la vaisselle sale attendait d’être lavée. Le père parlait avec un accent du sud, se plaignant mille fois par jour de l’humidité locale. Vingt années auparavant, il émigra au nord pour travailler. Son amie tomba enceinte. Elle abandonna leur enfant dans un orphelinat. Il dut le rechercher et adopter son propre fils. Ce père venait de fêter ses 62 ans et il s’inquiétait pour ce fils de 5 ans. Pietro, un beau petit brun, aux yeux sombres et espiègles, aux cheveux souples, touchant les épaules. Le père vendait des tee-shirts sur Strada Nuova (rue Neuve). Pietro jouait près de son père, après l’école. Un soir, je parlais avec l’enfant des chats de Venise.

  • Tu me dessines un chat de carnaval ? demandai-je.le_carnaval_des_chats

Un gros chat arlequin tout en triangles colorés vit le jour sur le papier.

  • Quel métier voudrais-tu exercer plus tard Pietro ? Aimerais-tu apprendre des langues pour travailler dans le tourisme ? dis-je.

  • Je ne sais pas encore. Je dois réfléchir, répondit-il.

A chacun de mes passages, je trouvais Pietro avec son père auprès de leur étalage sur Strada Nuova entre le pont de l’Anconetta et l’église de Santa Fosca. Viendrait t-il plus tard apprendre le français chez moi ? Lors d’un nouveau séjour, on m’invita pour les pâtes. Ils avaient obtenu enfin un appartement de la commune, dans le quartier de Castello, là où du linge bariolé sèche toute l’année. Un yougoslave dîna avec nous. Je parlai carte de séjour.

  • Quelle carte ? Pas besoin.

A la fin du repas, très modeste, le yougoslave partit se coucher dans l’appartement.


ON ATTEND UNE PERSONNE, IL EN ARRIVE DEUX  PARIS

 

J’attendais Angela, devant la fontaine Saint Michel à Paris. Je la vis arriver sur la place. Elle portait un manteau rouge vermillon très long. Quelle joie de la revoir  ! Un peu embarrassée, elle avoua :

  • Je suis venue avec une amie. Veux-tu la rencontrer  ?

  • Bien sûr, dis-je.

  • Elle a réservé une chambre à Paris pour ce soir car elle doit assister à un concert, précisa t-elle.

  • Parfait. Demain, elle peut venir à la maison si vous pouvez dormir ensemble. Tu sais que je n’ai qu’un grand lit et le canapé, ajoutai-je.

Quelques mois plus tard, je fus reçue à la ferme de la grand-mère d'Angela, près de Mantoue. Ses parents vinrent me saluer, ainsi que son frère. Tous musiciens. Nous dînèrent d’un un risotto et d’un tiramisu’ exquis, cuisinés par l’ailleule. On me venta les mérites et la gentillesse du patron de « l’Alimentare » (l’épicier) du quartier. Sa femme étant décédée il désirait se remarier. La bonté l’animait. Sa fortune irait à sa nouvelle femme. On me venta « la bonne affaire »  !

  • Tu pourrais tenir la caisse du magasin. Toi qui aimes tant notre pays, voilà l’occasion rêvée de t’installer ici.

Je ne m’attendais pas à un mariage arrangé de nos jours ! Je refusai de rencontrer le veuf de « l’Alimentare » par respect pour ma liberté. La soirée fut remplie de gaieté, de chansons et de gesticulations à l'italienne.


LA FÊTE DE CARNAVAL DANS UN PALAIS DU CAMPO SAN MAURIZIO

Venise__Place_St_MarcCe samedi, cinq cents mille personnes essayaient de circuler sur la Place Saint Marc. Prendre des photos, voir des masques ? Un exploit. Ma passion et mes émotions m’aidaient à survivre  !

Un noble vénitien en costume rouge et or se laissa photographier « in piazza » (sur la place Saint Marc : seule espace appelé « Place » à Venise). Il se prénommait Achille. Les hauts parleurs diffusaient une valse de Strauss. Il me demanda une danse. Ma cape de lainage noire, copie de celles du XVIIIème, vola autour de moi pendant quelques instants. Des japonais nous emportèrent sur leur pellicule.

Mon cavalier m’invita à l’apéritif masqué de son association culturelle. J’acceptai. Dans un palais du Campo San Maurizio, le président et sa secrétaire accueillaient les invités. La journaliste du journal local proposait des «  fritelle » (beignets de Carnaval) et du vin blanc pétillant de Vénétie. Un gondolier en costume d’apparat chantait, s’accompagnant à l’accordéon. Un couple américain en costumes du XVIII ème loués à New-York, des allemandes, des vénitiens ... Le vin blanc engageait à parler fort. Je ne résistai pas au plaisir de chanter avec le gondolier :

  • Son’ le tre gondole, sotto la luna … (se sont les trois gondoles, sous la lune)

Éclats de rire de la secrétaire. Elle venait d’acheter une propriété du XVIIème. Le toit s’était envolé. Faire un second prêt ? Comment rembourser déjà le premier ? Un parisien n’aurait-il pas déjà envisagé les anxiolytiques ?

L’assistance voulu voir mes photos. On me proposa de louer les murs pour une exposition.

Je repartis avec Achille. Nous fîmes un tour dans le quartier du Rialto. Près de l’église San Giacomo, la plus vieille église de la ville, il désira un baiser.

  • Nous sommes amis maintenant et puis c’est Carnaval, dit-il.

A Carnaval ou non … j’avais un avis bien différent. Le noble vénitien rentra chez lui, à Mestre, en terre ferme. Il revint probablement le lendemain parader « in piazza ».

De retour à Paris, ma demande de projection auprès de l’association resta sans réponse. Paresseux notamment pour écrire ? Loin des yeux, loin du cœur  ?


ORAGE SUR LES ARÈNES DE VÉRONE   LES_ARENES_DE_VERONE

 

Mes amis véronais m’invitèrent à passer quelques jours chez eux avant de rejoindre Venise. Nous devions entendre ensemble La Bohème à « l’Arena » (dans les arènes).

Cet été là affectionnait particulièrement les orages. J’arrivai le matin à Milan. Ciel gris et pesant. Je voulais revoir la ville bien qu’elle ne m’attirât pas particulièrement. Places, squares  et riches villas. Seul, le célèbre opéra « il Teatro alla Scala » et le « duomo » (cathédrale) élevant ses mille pointes dans un style « gothique piquant » très réussi, reçurent mes faveurs.

Devant l’entrée du château Sforza, des enfants tziganes attendaient près d’une buvette. Un gosse arriva sur ma gauche et une fillette à ma droite me serra le bras aux sons de « bella signora, bella signora » (belle Madame). Surgit ma peur. Ils partirent. Je marchais. Le gosse revint à ma hauteur cinquante  mètres plus loin tenant mon porte monnaie de cuir rouge dans sa main. Il me dit en français : « est tombé ». Je repris mon bien sans parler, continuai la promenade pendant quelques minutes à travers les jardins du château parmi les passants. L’avais-je laissé tomber devant le Dôme en sortant mon appareil pour photographier les pigeons  ? Une heure avant ? On me l’aurait rapporté sur le fait. Je mangeai mes panini sur un banc. Les pigeons en profitèrent pour manger avec moi. Je retournai à nouveau au Duomo, traversai la Galleria Victor Emmanuel II et jetai un coup d’œil aux vitrines luxueuses avant de reprendre le train pour Vérone.Des trombes d'eau lavaient la ville de Romeo et Juliette. Dans la soirée, la pluie cessa,. Nous partîmes pour le spectacle de l'Arena. A peine la voiture fut elle garée que les rues de la ville ressemblèrent à une rivière. Il pleuvait "a catinelle" (des cordes) selon l'expression réservée à cette situation dans la langue italienne. Dans les arènes, les touristes revêtaient des imperméables en plastique de toutes les couleurs, vendus pour l'occasion.Un haut-parleur annonça que le spectacle allait commencer bientôt. Le temps ne voulut pas s'améliorer. La meilleur solution ? déserter les sièges et se réfugier sous les voûtes. Information prévoyant l'arrêt de la pluie dans les minutes suivantes. Mon amie me rapporta que les prganisateurs essayaient toujours de jouer le spectacle pendant au moins un quart d'heure afin d'éviter l'obligation de rembourser les places. Nous attendîmes le ralentissement de la pluie sous l’architecture séculaire. Nous n’entendîmes pas La Bohème.

Les jours passèrent en discussions et ballades dans Vérone, cette ville embellie par les « Scaligeri ». Dîners et soirées avec des amis créateurs désirant saluer ma présence. Ambiance gaie, jeux de mots, histoires drôles, provocant des crises de rires. Le Soave, fameux vin blanc de Vénétie n’était pas étranger à cette situation. Je pariais ma célébrité pour demain et des palais à Venise et à Vérone avec qui voulait bien avoir la gentillesse de me les payer. Des cadeaux accompagnèrent mon départ. Mais pourquoi, ensuite, personne ne pense à vous téléphoner  ? Pourquoi personne ne prend de vos nouvelles  ? Mes lettres et cartes de vœux restèrent sans réponses. Cela m’attristait.

Un soir, nous fûmes invités à un anniversaire. « il festeggiato » (la personne fêtée) avait 50 ans ce jour là. Il avait réuni une quarantaine d’amis chez lui. J’offris l’une de mes œuvres photographiques montrant les quais de la Seine à Paris. Dans les années 1970, il avait fait partie d’un orchestre de variétés. Ses collègues musiciens vinrent et, tous ensemble, ils recréèrent un concert de cette époque, l’espace d’un soir. Ce fut une soirée incroyablement belle et émouvante. Tout le monde chantait les succès de ces années là et moi avec eux. Les bras se levèrent, tenant des petites bougies allumées, rythmant les mélodies. J’entendis les paroles italiennes de « La Bohème » de Charles Aznavour et c’était étrange. Une soirée, une ambiance que j’aurais voulues sans fin …


VENISE 1994

Février. Le Carnaval. Silvana. LE_CARNAVAL_A_VENISE

Pendant des heures, je photographiai la ville en parcourant les ruelles, en empruntant les ponts en dos d’ânes, saisissant à ma façon cette scène à ciel ouvert si bien utilisée par Carlo Goldoni, l’écrivain de tant de pièces de théâtre en dialecte vénitien. Il caricatura la vie des habitants de sa ville au XVIIIe siècle.

Silvana venait de Vérone. Je venais de passer quelques jours chez elle. Nous nous retrouvions pour « notre journée ». Je portais une cape de drap de laine noire et un chemisier à jabot. Ma perruque rouge bouclée me protégeait du froid. Je la vis sortir de la gare. Elle me cherchait dans une autre tenue. J’observai son attente quelques minutes puis m’avançai vers elle. Elle manifesta un grand étonnement  :

  • Mais que se passe-t-il ? Je ne te reconnais plus. Je te sens si différente !

J’invoquai la magie vénitienne, la période de Carnaval, le décor majestueux et sa venue dans cette ville si particulière.


L’enfer de la carte de crédit.

 Séjour dans un hôtel une étoile. Le ménage ? Rarement fait. Le café ? Une lavasse imbuvable dans le pays servant le meilleur café du monde. Pas de lumière dans l’escalier ni dans les recoins. Des robinets desquels l’eau ne coule pas et des disputes familiales devant les clients. Réclamation : la réception prétend qu’elle n’a pas encore eu le temps de remplacer l’ampoule. Je parle de sécurité non respectée et de mon paiement diminué en conséquence. Bene Signora ! (bien Madame ! ). Non acceptation des cartes de crédit ? En voilà une autre ! Comme l’an passé, le patron proposait de prendre la carte bancaire en ajoutant 3 % à la facture. C’est illégal. Chercher un distributeur correspondant à votre carte et s’énerver ? Sainte Madone ! (pour reprendre une expression nationale). J’insistai pour régler ma note par carte bancaire, sans supplément de frais. Pour éviter de longues discussions et faire respecter la loi, je prétextai le départ de mon avion dans l’heure suivante. Envoyer un achat encombrant contre remboursement ? Dio ! Il faut faire la queue à la poste. On préfère éviter !

(Il me revient en mémoire une anecdote vécue au sud du pays : une agence de voyage me demanda de payer en liquide le prix d’un vol intérieur. Je protestai. Les clients locaux, habitués à ces pratiques, prennent-ils l’énergie nécessaire pour imposer un autre système ?)

Rentrant de Venise à Paris, j’appris par mon voisin de compartiment, la non connexion de certains distributeurs de la ville au système central. Lui aussi rencontrait de nombreuses difficultés « particulièrement colorées » lors de demandes de renseignements à la gare.


Septembre. Presbytère ouvert. Ferme-auberge fermée.

Réservation pour quelques jours dans le quartier de Cannaregio chez des prêtres puis dans une ferme-auberge de l’île Sant’ Erasmo. Au presbytère, pas de problèmes. J’appelai l’île chaque jour. Personne ne répondait. Engloutie dans la lagune nord l’île garde-manger de la Sérénissime ? Avait-on reçu ma lettre de confirmation ? J’écourtai mon séjour et rentrai en train par la Suisse et l’Allemagne.


A LA GARE SANTA LUCIA

Février 1994.

GARE_DE_SANTA_LUCIA_ITALIE

Depuis Venise, je devais me rendre en Autriche, à Kapfenberg et à Graz, puis à Stuttgart et Paris. L’employé du guichet ne savait pas où se trouvait Kapfenberg. Nous sortîmes une carte. Impossible d’établir un billet pour le trajet complet.

  • Il faut deux heures pour calculer le prix. Vous devez revenir.

Incapacités informatiques  ou incompétence de l’employé ferroviaire ? Je dus accepter un billet partiel pour Graz. Et puis … imagineriez-vous, que votre train international puisse partir, non pas de la gare où vous vous trouvez mais de Mestre, en terre ferme, à quatre kilomètres  de là ? A Paris, certains trains internationaux démarraient-ils de Villeneuve-Saint-Georges ? Non. Mais à Venise, le cas se présentait. Non informée, je manquai mon train. Furieuse, je proposai à l’employé de coucher chez lui pour éviter la recherche d’une chambre très chère et des frais supplémentaires dans une ville où les hôtels sont continuellement complets à des prix exorbitants.

  • Si j’avais 20 années de moins … dit-il.

Le masculin se réveilla comme par enchantement.

Adieu le trajet prévu de jour pour admirer les hautes montagnes des Dolomites et d’Autriche. La solution ? Opter pour le train de nuit, partant de la gare centrale Santa Lucia. J’avisai mon amie de Kapfenberg du changement d’horaire. Claudia et Giorgia m’accompagnaient pour me saluer avant mon départ. Elles firent remarquer à l’employé du sportello (guichet) la nécessité d’informer les clients lorsque le train ne partait pas de Venise afin d’éviter des imprévus très fâcheux. Elles se mirent à souhaiter l’Italie sans les Italiens ! L’accent de l’employé trahissait ses origines méridionales. Selon elles, ces gens là, désorganisaient le nord. Les vénitiens subissaient les mêmes problèmes que moi lors de leurs déplacements. Je déjeunai chez Claudia et passai l’après-midi en famille.

Quelques jours auparavant, l’employé du bureau de change ne m’appliqua pas le taux officiel inscrit sur le panneau du guichet. Méfiante, je contrôlai les chiffres affichés et mon reçu : des valeurs non identiques. Je lui demandai de me rendre tout de suite la différence due et agrémentai ma phrase de quelques reproches sévères.

 


Été 1994.


Sur la vitre du sportello, un discret avis : les cartes bancaires ne sont plus acceptées. La nouveauté de l’année ! Faut-il voyager au XXème siècle avec des valises remplies de billets de banque ? ou passer des heures à trouver le distributeur en fonctionnement qui exceptât votre type de carte ? Je cherchai le policier pour lui demander si c’était une plaisanterie. Revêtu de son uniforme, tel un chanteur d’opérette, il discutait plus loin, sur un quai, avec « la  ragazza » » (la fille, la copine ?). Quatre mains s’agitaient.

  • Comment fait-on pour voyager en Europe, Monsieur, au départ de cette gare ?

  • Ma va la, ça toujours été comme ça !

  • Mais Monsieur, dans un pays aussi riche et aussi beau… l’Europe arrive non ?

  • L’Europe ? …


LE XVIIIème SIÈCLE À GARE DU NORD

GARE_DU_NORD_A_PARIS

Une amie fêtait ses 50 ans. Je décidai de me montrer chez elle en cape noire, tricorne et pourpoint, comme au temps de la fête perpétuelle à Venise  !

Ainsi vêtue, je pris le métro. Les parisiens ne se soucièrent pas de ma tenue démodée. La virent-ils ? Je descendis à la station Gare du Nord, lieu connu pour sa forte concentration en population colorée. Ce XVIIIème siècle là ne faisait pas partie des classiques de l’endroit. L’amie m’accueillit à l’étage :

  • Tu es magnifique ! Je ne savais pas que tu rentrais ce matin de Venise  !

Les visages des invités montraient un grand étonnement. Quelqu’un affirma qu’il était impossible de me reconnaître en me croisant dans la rue.

Comment pourrait-on reconnaître facilement un personnage du XVIIIème siècle vénitien en escale à Gare du Nord ?


LE RENDEZ-VOUS AVEC GIOTTO CHEZ LES SCROVEGNI

Octobre 1995. Séjour chez les Véronais.

CHAPELLE_DE_VERONE

Riccardo, un ami de la famille, proposa de me faire découvrir la chapelle des Scrovegni à Padoue. Nous partîmes, la mère de Silvana et moi, dans son break couleur ivoire surnommé « l’ambulance ».

Nécessité absolue d’arriver à la chapelle un peu avant 17 heures quand le rayon du soleil entrait par le vitrail situé en façade, éclairant les teintes de l’une des fresques représentant des scènes de la bible. La famille Scrovegni commanda à Giotto la décoration de cette chapelle au début du XIVème siècle. Il recouvrit les murs de fresques devenues célèbres. La transparence et la légèreté des vêtements et des voiles n’avaient rien à envier à ceux de Botticelli exécutés un siècle plus tard.

Riccardo, toujours imaginatif, nous raconta la vie des personnages, la nuit, dans la chapelle. Le Christ passait des journées agréables en famille. Il ne s’expliquait toujours pas le mystère de sa conception par une mère vierge. Il faisait des achats au temple pour Marie sa mère et y rencontrait ses amis. Il soignait l’âne et le bœuf. Il ne révéla pas son savoir car il risquait la crucifixion, comme un voleur, par Ponce Pilate. Marie Madeleine et ses amis se trouvèrent donc contraints de réviser leurs rôles et d’inventer une nouvelle version de la Bible. A près une pause au café historique Pedrocchi, dans le centre de Padoue et une ballade devant le Palazzo della Ragione où en commémoration d'une fête traditionnelle on faisait cuire des châtaignes sur des brasirs, nous reprîmes le chemin du retour dans "l'ambulance". Riccardo émit la bonne idée d'écrire une lettre collective à Silvana étudiant à Dallas. Délire et éclats de rires pendant 50 kilomètres :

« Nous sommes en voiture entre Padoue et Vérone. Il y a la Fiorella-Nicoletta, la Gabriella, Riccardo et moi, la mamma, sur un fond musical de Keith Jarret. La Nicoletta, tellement émue d’être en Italie est à côté de ses pompes. Nous avons été invités chez Giotto et avons visité la chapelle des Scrovegni. Sur l’autoroute, il y a peu de trafic et le climat est bon mais nous n’avons pas mangé les chataignes devant le Palais de la Raison. Il Santo (le Saint : Saint Antoine de Padoue) et Donatello nous attendent encore. C’est la faute du Mantegna aux Eremitani qui nous a fait perdre tout notre temps. Pauvre Donatello !

Note sublime : Riccardo s'évanouit. Il a reconnu tes yeux bleus dans le regard d'une madone ! Le trafic devient plus intense. Il remet les pieds sur terre et sur les pédales. Nous voyageons dans son ambulance. Il conduit vraiment bien. Nous entrons dans un tunnel et dans le ventre de la montagne. Pourvu que nous ne soyons pas retenus car le gouvernement Dini est en train de tomber. Nous pensons immensément à toi en buvant à ta santé. Gros baisers d'outre atlantique de quatre fous en ambulance sur l'autoroute. Amuse-toi bien et n'oublie pas que le vieux continent restera toujours le meilleur.

N. B. Au fait, bonjour à Oscar Peterson.

 

Plus tard, j'écrivai à l’étudiante :

A Paris ? Pour une fois, le climat est bon tout comme en « ambulance », l’autre jour, dans le tunnel de l’autoroute Padoue Vérone. Ton ami Giotto surveille le trafic depuis le toit de la chapelle de la famille Scrovegni. Les siècles amenèrent maints changements dans le décor depuis son arrivée dans la région. Actuellement, il essaie d’organiser une visite nocturne, commentée par les personnages vivants des fresques. Une merveilleuse idée. Il m’a téléphoné cette nuit pour me proposer d’effectuer la traduction française. J’ai accepté de suite. Je rencontrerai enfin les acteurs du passé biblique hébergés chez les Scrovegni depuis quelques siècles. Voilà une expérience intéressante et des relations rarissimes. Giotto s’est entretenu récemment avec le Christ afin qu’il agisse sur les mentalités actuelles. La richesse démolit les esprits. Je compte sur toi pour remarquer discrètement si une évolution positive se dessine bientôt. Il envisage de t’engager pour un concert à la chapelle et demande que tu prennes contact dès que possible.


Texte protégé SGLD - Reproduction strictement interdite par l'Auteur et par Diaconesco.tv - Tous droits réservés -

à suivre ... à suivre ... à suivre... à suivre...à suivre...



 

VOYAGE EN ITALIE SUITE 4 : ANECDOTES ITALIENNES de Fiorella GIOVANNI

Drapeau_Italie                  Fiorella GIOVANNI                                          

                      ANECDOTES ITALIENNES

 


LA CONVERSATION AVEC SILVANA

Venise, Décembre 1995.

VERONE_ITALIA

 

Silvana venait d’arriver chez ses parents à Vérone pour les vacances de Noël. Elle continuait ses études de piano au Texas. Un Maître y enseignait. En arrivant devant les guichets de la gare Santa Lucia où nous avions rendez-vous, elle me sauta au cou.

  • « Cara ! Carissima » ! (Chérie, très chère).

Je retrouvai une actrice américaine ! Il pleuvait. Nous préférâmes parler, confortablement assises dans les fauteuils du bar d’un hôtel. Le piano la passionnait toujours. Elle vivait des jours merveilleux. Son ami, violoniste, envisageait la direction d’orchestre. La découverte du rythme américain, laissant peu de temps pour l’oisiveté, lui faisait réaliser que le mode de vie italien fonctionnait avec des lenteurs évidentes. Elle comprenait maintenant le sens de mes remarques et mes difficultés à poursuivre une partie de mon travail de créatrice dans son pays. Noël approchait et, sans nous concerter, nous échangeâmes un petit cadeau.

Nous évoquâmes notre première rencontre en Toscane, à Sienne, deux années plus tôt, en été. Un taxi venait de me déposer via dei Pittori (rue des Peintres), dans le centre historique, quand j’entendis un violon. Il jouait le concerto en ré de Beethoven. Les notes s’échappaient d’une fenêtre de cette rue très pentue conduisant à la maison de Sainte Catherine. Sur les façades des maisons, des drapeaux teintés de vert, blanc et rouge contenant en leurs centres, une oie grise couronnée. Je résidais dans « la contrada dell’oca » (le quartier de l’oie). Dans quelques jours, le célèbre Palio aurait lieu sur le « Campo » (la place). Cette fête dédiée à la Vierge, patronne de la ville, remonte au XIe siècle. Le « Campo » devient la scène d’un défilé en costumes historiques de personnages des différents quartiers siennois suivie d’une course de chevaux pur sang. L’épreuve dure seulement une minute et quelques secondes. Une piste de sable bien tassé est aménagée autour de la fameuse place. Durant toute l’année, les habitants se préparent avec amour dans les dix-sept «contrade » (quartiers). Chaque quartier possède son église et son foyer, son musée, son costume historique et ses couleurs, son animal emblème. Les chevaux de dix quartiers tirés au sort participent à la course. Tous les coups sont permis par l’absence de règles. Chaque habitant, chaque jockey, espère gagner le Palio (la bannière) de soie de l’année. Le public local devient nerveux et fanatique. Des bagarres peuvent éclater sur les gradins ou après la course. Suivent les chants, les dîners et réjouissances organisés par les foyers des quartiers pour célébrer l’événement.

piano_a_queue

J’ignorais que j’allais vivre pendant deux semaines avec de jeunes musiciens internationaux. Ils se perfectionnaient avec de grands noms de la musique classique à l’Académie Chigiana. Silvana se trouvait dans l’appartement à mon arrivée. Je la pris pour la propriétaire. Mais non, elle était pianiste et vivait à Vérone. Vérone, une ville que je voulais revoir ! Nous devenions amies chaque jour un peu plus. Elle désirait connaître Paris. Elle viendrait me rendre visite dès que possible. Pourquoi pas à l’automne, dans deux mois ? J’étais d’accord. Elle suivait un cours avec le Maestro Paul Badura Skoda le matin. Je préparais le déjeuner pour nous deux. Mon cours sur l’art se déroulait en début d’après-midi. Le soir, nous flânions dans le décor médiéval. Nous rencontrions des élèves de la Chigiana. Elle me les présentait. Nous écoutions des musiciens canadiens sur la place Salimbeni, devant le Monte dei Paschi (banque crée par les Medicis). Nous aimions Sienne, ville médiévale sans voitures, aux puissants murs ocres, aux ruelles remplies d’ombre en été. Comment ne pas apprécier ce fameux « Campo », en forme de coquille Saint Jacques, incliné vers l’architecture médiévale du Palazzo Pubblico, la loggia d’époque Renaissance et la haute tour del Mangia. Ce vaste espace se cache au milieu de la vieille ville. Il apparaît subitement à qui emprunte l’un des trois passages étroits et pentus passant sous les bâtiments construits en arc de cercle et délimitant l’une des plus belles places d’Italie. Voici un paisible décor ocre inoubliable ! A quelques pas de là, sur une proéminence du terrain, la longue nef de la cathédrale et ses alternances de bandes de marbre noir et blanc. Elle impose la majesté de sa façade de marbre polychrome et trois tympans mosaïqués.

Nous nous souvenions aussi de cette ballade dans la campagne, avec un couple siennois charmant, du côté de Castello di Brolio et la découverte de cet ancien couvent à arcades en rénovation, situé sur une minuscule route, dans les vignes, près de Monti in Chianti … Et devant cette demeure, quel panorama vert et bleu à perte de vue  ! La Toscane ! Les cyprès dessinent sur les collines, des chemins d’accès conduisant à des propriétés trapues placées sur la hauteur. La nature sait créer des œuvres d’art à ciel ouvert. Un toscan qui me faisait un jour visiter des maisons dans ce décor s’étonnait encore qu’il fut aussi superbe.SIENNE_ITALIA

Puis, Silvana me parla d’une expérience au sud du pays. Un concert donné en Calabre l’obligea à découvrir le « mezzogiorno », des différences de mentalités, d’attitudes et d’habitudes. « Tu as raison » dit-elle. « Ils ne sont pas comme nous ». Elle avait parlé avec des jeunes femmes. L’une ressentait très mal l’Italie du nord et ne voulait surtout pas y séjourner. Une autre y avait travaillé quelques temps, sans saisir pourquoi, au nord, personne ne désirait communiquer avec elle. Une troisième, venue en France pour un long stage, n’avait pu vivre loin de sa région et de sa famille. Elle avait résilié son contrat, préférant une carrière moins prestigieuse.

 

J’expliquai à Silvana que des amis de la région des Pouilles me demandèrent un jour d’aider une très jeune femme de Matera, professeur d’anglais. La maladie de son père nécessitait des avis médicaux et un traitement particulier à Paris. Quelques temps après, je fus invitée dans cette famille. L’ancienne cité de Matera, construite à flanc de colline dans un dédale de ruelles très pentues et de terrasses, a été classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Je passai la nuit dans le train Paris-Bologne. A Bologne, un retard de plusieurs heures du train venant de Milan pour rejoindre Lecce au sud de la botte, via Bari, était annoncé. Le quai ? bondé d’italiens et de valises.


BOLOGNE_1BISIls rentraient au sud, dans leurs familles, pour la fête de Pâques. La situation imprévue me permit de côtoyer à nouveau les ocres de Bologne, ville aux 80 km d’arcades. Tôt le matin, je marchai sous les portiques de la longue rue Indépendance jusqu’à la fontaine de Neptune, près de la place Santa Maria Maggiore. Là, trône la cathédrale San Petronio. Je bus un café « ristretto » (serré) exquis sur le comptoir d’un bar de la petite rue sur la gauche de la place. Quel plaisir de parcourir à nouveau des lieux si beaux, si colorés, si animés. A 13 heures, mon train fut annoncé. La foule s’entassait sur le quai. Les wagons furent pris d’assaut. Je me retrouvai serrée parmi ces voyageurs du sud, en bout de voiture. Un voyage épouvantable d’environ sept heures. Le contrôleur eut bien du mal à passer. Le train s’arrêtait souvent mais peu de gens en descendaient. Les quelques places libérées se trouvaient occupées de suite par des jeunes, plus proches d’elles que moi. J’avais déjà passé la nuit dans le train. La fatigue m’accablait. J’essayai d’engager la conversation autour de moi. Personne n’y tenait, jeunes ou plus âgés. Je n’avais jamais aussi mal ressenti ce pays. Ambiance pesante. J’aperçus au loin, le magnifique uniforme sombre et la casquette à gallons argentés d’un jeune et beau policier. Une heure seulement avant de descendre à Bari, une place se trouva disponible juste en face de lui. Il ne bougea pas pour me faciliter le passage vers la place disponible près de la fenêtre. Il daigna à peine répondre à mon interrogation quant aux prochaines gares à venir. Mon sac resta dans l’allée centrale. Il gênait le passage. La force me manquait. Personne ne proposa de le ranger dans les supports prévus en hauteur. Je n’avais jamais vu ça. En roulant entre Bari et Matera, j’appris, quelques minutes avant d’arriver chez cette amie, que la famille gardait à la maison, depuis 25 ans, une sœur, handicapée depuis sa naissance. Elle ne pouvait pas parler et criait souvent pour se faire comprendre ; son dysfonctionnement se lisait dans son regard et se traduisait dans d’autres manifestations encore. Il n’était pas question de la placer dans une maison spécialisée. Très affectueuse, elle parlait à sa façon aux invités et les touchait pour communiquer. Je ne devais pas avoir peur. Le père, ancien employé d’une administration, à qui j’avais servi d’interprète à l’hôpital à Paris, ne m’adressa pas plus la parole chez lui qu’à Paris. Il portait rituellement, costume, cravate et chapeau. Sa grande occupation ? Faire les courses et discuter sur la place principale de la ville. L’autre sœur ? Continuellement en colère contre ses sœurs. La mère ne comprenait que le dialecte local. Je ne pus converser avec elle. Elle cuisinait et disait son chapelet après le dîner pendant toute la soirée. Elle pensait que je pouvais me perdre dans sa ville. J’eus beaucoup de mal à faire quelques pas seule. Et la télévision marchait continuellement dans la cuisine. Les multiples chaînes régionales se succédaient. Le fiancé de mon amie, licencié en informatique, ne semblait pas vouloir entrer en contact avec moi. Lorsque je commençais une phrase en italien, un mouvement de sa tête de droite à gauche indiquait une négation et le dialogue n’eut jamais lieu. Dans les rues, le non respect des stops et des feux engendrait une circulation difficile et des embouteillages. Heureusement, des étudiantes connues de la famille, guides de la ville en été, commentèrent pour moi gentiment leur ville. Le soir du Jeudi Saint, une grande procession traversa toute la cité.

BOLOGNE_ITALIADes femmes, choristes des nombreuses églises baroques, chantaient des cantiques de leurs voix nasillardes. Elles étaient vêtues de noir. Des hommes portaient des statues et des bannières religieuses. De nombreux fidèles suivaient la procession ou la regardaient passer. J’avais pensé tout d’abord assister à une manifestation typique et intéressante. Puis, elle me fit penser à ces images d’enterrement, suite à un règlement de compte, en présence de la population. Et la mafia : où était-elle ? là ? parmi la foule ? partout ? Les amis de Bari répondirent un jour en riant à cette question, alors que nous passions devant leur mairie : « Elle est là ! ». Je n’en sus pas plus. La procession passait depuis seulement quelques minutes devant moi quand je ressentis l’inutilité de mon séjour au sud du pays. Je décidai de quitter Matera. Dès le lendemain, je m’organisai pour rejoindre Venise par avion. Mon amie me raccompagna à l’aéroport de Bari. Elle roulait au milieu de la chaussée alors que des voitures arrivaient en face. Elle se rabattait à droite au dernier moment. Je repartais à nouveau rapidement. Cette famille ne s’expliqua probablement pas les raisons de ce départ précipité. Je savais que j’allais désormais éviter cette partie de la péninsule.

 

Nous parlâmes en riant, grâce au recul du temps, de cette autre histoire datant de l’époque pendant laquelle j’organisais des concerts à Paris pour des musiciens italiens. Silvana avait donné mes coordonnées à deux frères, violoniste et pianiste siciliens, professeurs de conservatoire. En arrivant à la répétition, ils m’offrirent un bouquet de roses. Pour jouer au concert, ils passèrent une veste blanche. Tout se déroula correctement. Assis derrière moi, leur ami et voisin depuis l’enfance. Personne ne m’avait parlé de lui et lui-même ne s’était pas présenté. Il nous suivit au cours du dîner chez mes amis dans le Marais. Il révéla qu’il venait de créer une agence musicale et culturelle en Sicile. Ses projets ? Faire jouer des musiciens, organiser des expositions mais aussi favoriser des prises de conscience et l’évolution des mentalités notamment au niveau du respect dû aux femmes pour une meilleure place dans la société actuelle locale. La scène se passe à Paris, en 1994. En fin d’année, je reçus une carte de vœux des frères musiciens et un dépliant publicitaire relatif à leurs activités musicales. Le support de papier glacé reflétait un goût esthétique certain, une qualité remarquable. Le document contenait des photos prises pendant leur concert à Paris. Un ami photographe m’avait rendu ce service gratuitement. Les photos avaient été utilisées sans autorisation. La mention du copyright et du nom de l’auteur des clichés ne figurait pas. Je ne leur fis pas des compliments quant à leur honnêteté. Je confirmai par lettre ma demande de réimpression des plaquettes en introduisant le copyright. M’adresser des clients me semblait superflu. A mon grand étonnement, ils prétendirent que ces publicités ne visaient aucune utilisation commerciale ! Je leur fis remarquer que les coutumes et les règles de leur région étaient différentes des nôtres mais que, personnellement, je ne les appréciais pas.

 

Un autre souvenir me revint alors. Je rappelai à Silvana qu’un jour, la peur m’avait envahie alors qu’elle conduisait la voiture de sa mère, près de Vérone. Elle grilla allègrement le feu rouge d’un croisement, comme s’il n’existait pas … Elle s’en souvenait certainement. « Oui, mais j’avais vu de loin que personne ne venait ni de la droite ni de la gauche. Nous traversions un village, le dimanche après-midi et il n’y avait personne ! ».


Florence_ItalieElle me conta alors une scène à la gare de Florence. Depuis déjà vingt minutes, elle faisait la queue au guichet quand l’employé partit discuter avec une collègue qui travaillait au bureau derrière lui. Et ils riaient, riaient, en gesticulant  ! La queue déjà très longue s’allongeait encore. Il était préférable de ne pas avoir besoin de son billet le jour même. Mais Silvana transitait par Florence et devait repartir en fin de journée. Elle voulait acheter son billet avant de se rendre à un rendez-vous près du Ponte Vecchio. Soudain, elle s’énerva. Attendre si longtemps, voilà une situation inadmissible et maintenant, l’employé quittait son poste pour « divaguer » devant les clients avec la copine ! Elle entra à l’intérieur de la salle des guichets, alla discourir avec l’employé déserteur. Il lui fallait absolument son billet. Il répondit avec l’accent méridional avant de retourner lentement à sa place au guichet. C’est un fait connu me dit-elle : « ILS » (ceux du sud) sont nombreux dans les administrations au nord. Les mauvaises langues prétendent qu’ils ralentissent le travail.

Déjà 18 heures ! Silvana devait penser à rentrer à Vérone. Nous sortîmes de l’hôtel et il pleuvait toujours. Nous allâmes jusqu’à la galerie où j’exposais des photos puis, par les ruelles, nous rejoignîmes le Pont des Scalzi dont le marbre blanc enjambe le Grand Canal, en face de la gare de Venise. Seules les villes piétonnes offrent cette entière liberté de marcher dans le calme et au milieu des rues, comme dans les siècles passés.

Nous nous quittâmes au pied du train et échangeâmes mille vœux réciproques de réussite durant la prochaine nouvelle année.

« Ciao’ carissima ! Tanti auguri per l’anno nuovo ! Buon lavoro ! (au revoir très chère (chérie) ! Tous mes vœux pour la nouvelle année ! Bon travail !),

« Ciao’ Bella ! Tanti auguri a te ! Tanti concerti, tanti viaggi e l’Amore ! Ci scriviamo, dai ! (Salut la Belle ! Tous mes meilleurs vœux à toi ! Plein de concerts, plein de voyages et l’Amour ! Allez, on s’écrit  ! )

Malgré l’humidité, il me vint l’envie de flâner sur un trajet  plein de charmes, qui emprunte les ruelles du quartier de Santa Croce puis de San Polo. Difficile de se frayer un chemin dans Calle de mezo (Ruelle du Milieu) en fin d’après-midi. Les vénitiens faisaient leurs courses (la spesa). Voici la mercerie où j’avais acheté des socquettes blanches lors de mon précédant séjour. Les vendeuses portaient toujours des blouses bleues. Pourquoi le magasin de l’ami bijoutier était-il déjà fermé ? Par la porte du bar Vivaldi, restée ouverte sur la ruelle, s’échappait la cacophonie de fortes voix. On buvait l’apéritif sur le zinc. On racontait les nouvelles du quartier. Des anges de bois sculptés et peints à la main se pressaient à la vitrine d’un artisan. Quel plaisir de revoir ce décor connu, de vivre cette atmosphère d’antan. J’étais chez moi. Sur le Campo San Polo, mes yeux se portèrent sur l’angle de l’un des palais. L’architecte y avait logé un balcon à colonnettes torsadées en pierre, allégeant ainsi considérablement le volume des murs.

 

A la Scuola Grande San Rocco (Confrérie Saint Roc), le concert aux chandelles commençait à 20 heures 30, dans la salle inférieure. Le Maestro Vivaldi m’invitait à célébrer sa ville. Après les ovations méritées par les musiciens, je quittai les œuvres du Tintoret et la façade Renaissance de marbre blanc veiné de rouge et vert pour la pénombre des ruelles. Dans mon rêve éveillé, je flânais vers mon palais du XVIIe, dans le quartier de Dorsoduro. Au bout du quai étroit, j’entrai dans la cour jardin, décorée de statues de terre cuite. Les lanternes aux verres jaunes et bleus éclairaient la porte d’entrée. A l’intérieur, poutres et meubles d’époque, glaces et lustres en verre de Murano. Demain matin, la vue sur le canal et son trafic : un spectacle quotidien.


VENISE 1996

Mai 1996.

venise_haut

Les prémices d’un voyage problématique se firent sentir dès l’aéroport de Roissy. Une roue de l’avion à changer et des contrôles techniques à effectuer. Nous décollâmes avec une heure et demi de retard. L’accès au décor sublime se faisait attendre.

Venise se détacha à ma droite. Le Grand Canal partageait la ville en deux parties grises. Vêtue pour une température estivale, j’affrontai le froid, le vent et la pluie. Le premier téléphone visible me permit d’excuser mon retard auprès de Carla. Elle louait les chambres de son appartement. Je devais les visiter. Une personne nous avait mises en contact afin d’envisager un échange de chambre entre Paris et Venise. Elle vint à ma rencontre au coin des bâtiments de l’Institut d’Architecture du quartier de Santa Croce. L’échange d’appartement devenait location ... La chambre proposée était un espace minuscule , séparé de l’entrée par un meuble. La cuisine commune devait être partagée avec elle, son mari et les autres locataires. « Il fallait s’adapter » expliquait-elle. Je sentais poindre la complication. Nous prîmes une tisane. Impossible de connaître le prix journalier. Je demandai un temps de réflexion et appelai ma logeuse du quartier de Dorsoduro : personne. Compte tenu du retard de mon vol, elle ne pouvait m’attendre en vain. Je me dirigeai néanmoins vers ma location en traversant les quartiers de Santa Croce et de San Polo sans enthousiasme. La fatigue m’accablait. Un café « ristretto » (serré) ne changea rien.


Quartier de Dorsoduro.

DORSODURO_VENISIA

Depuis un banc du Campo San Vio, sur fond de palais et de vaporetto, mangeant un sandwich, je surveillais l’arrivée éventuelle de ma propriétaire. Le rideau métallique du kiosque à journaux était baissé pour la pause déjeuner. Un balayeur en tenue verte nettoyait scrupuleusement l’espace ouvert sur le Grand Canal. Les pigeons ramassaient mes miettes.

  • Vous avez vendu le soleil cette année ? Vous aviez besoin d’argent ?

  • Signora, che disastro ! (Madame, quel désastre !)

Ma logeuse passa sur le pont. Enfin. Il plut à nouveau. La météo confirmait son peu d’optimiste. Je pris possession de ma chambre.

Prévoyant d’avoir besoin un jour de séjourner dans le quartier de Santa Croce, près de l’église des Frari, je téléphonai à Carla chaque soir, depuis une cabine et sous la pluie. Elle me demandait chaque fois de rappeler le lendemain pour des motifs peu compréhensibles et ainsi, je ne connaissais toujours pas le prix de la chambre. Mon quatrième appel lui signifia clairement que je n’appréciais pas son peu de clarté.

La chambre que j’occupais donnait sur la fondamenta Venier Do Leoni, proche du quai sud appelé « Le Zattere » (Les Radeaux). En face, le terrain arboré d’un palais où s’activaient serviteurs et jardiniers. Des glycines aux teintes violines recouvraient le haut du mur ocre de la propriété. Les fenêtres de la cuisine de ma logeuse s’ouvraient sur les jardins de la Collection Guggenheim. Je ressentis un besoin absolu de repos. Le climat peu clément m’engagea à « prendre mon temps ».

Au bout de quatre jours, le soleil revint. Je me précipitai sur « Le Zattere », lieu de promenade favori des vénitiens. Je passai les matinées à la terrasse d’un bar à regarder le trafic des yachts, des pétroliers, des ferries, des barques. Les vaporetti, inlassablement, rejoignaient l’île de la Giudecca. Les conducteurs de bateaux de la poste et ceux de la guardia costiera buvaient un verre au passage.

  • Per cortesia (s’il te plait), tu me donnes un café et deux tramezzini (petits sandwiches de pain de mie) ?

  • Subito (tout de suite).

L’eau verte du canal de la Giudecca resplendissait. Les mouettes volaient à grands coups d’ailes. Elles semblaient discourir entre elles. Le soleil brûlait la peau. Le palais du Consulat Général de France regardait l’île de la Giudecca et le style nordique de l’immense Moulin Stuky. Une barge arrivait, supportant un camion dont le chargement remplirait les rayons de la supérette située au bout du quai. Dans le port, un matelot français gardait l’entrée du Jean Bart revenant de Yougoslavie. Des bateaux de croisières à quai. Des camions embarquaient pour la Grèce.

Le matin suivant, sur le Campo San Vio, on tournait un film. La scène se passait devant la porte d’un hôtel, sur le Grand Canal. L’acteur jouait le rôle d’un homme qui, tombé à l’eau puis « repêché », se disputait avec le chasseur de l’hôtel. On criait, on gesticulait. Depuis un taxi d’eau, on lui tendait son attaché case. Il pleuvait mais pas assez. L’acteur reçut des seaux d’eau sur la tête toute la matinée. Les gens s’arrêtaient pour regarder le tournage et riaient : « poveretto ! le pauvre ! La bronchite le guette ». Le scénario prévoyait probablement un acteur trempé jusqu’aux os, les cheveux et le costume bleu collés sur la peau !le_grand_canal_de_venise_940x705

Le dimanche fut ensoleillé. Je marchai au hasard de Dorsoduro. Mes pas me portèrent vers la gare par des quais jusqu’ici inconnus. Quelques passants flânaient avec des enfants. Des glycines en fleurs s’évadaient des murs. Je m’assis sur les marches de l’église San Nicolo’ dei Tolentini. Des enfants jouaient au ballon sur le campo. Les cloches sonnèrent : 18 heures. Une dame âgée ferma ses volets. Un chat tigré fit son entrée en courant sur la scène. Il s’arrêta près de moi et dialogua avec mon objectif et mon amitié pendant que les fidèles se rendaient à la messe du soir. Un repos de deux heures dans une lumière de fin de journée.

 

Mon retour par l’Orient Express m’obligeait à rester encore quelques jours malgré la pluie presque incessante. Diapositives bien sombres et un plat de « spaghetti alle vongole » (spaghetti aux praires) délicieux, sur une fondamenta dans le quartier de Cannaregio. Je découvris un petit théâtre en restauration, au plafond de poutres peintes. Je discutai avec les ouvriers. Sur le campo entre la Madonna dell’Orto (la Vierge du Potager) et l’arrêt du vaporetto du même nom, je rencontrai un chat tigré très accueillant connu lors de mon précédent séjour. Il se souvint de moi et me suivit à la cabine téléphonique puis m’accompagna jusqu’au Campo dei Mori.photo_orientexpress

En fin d’après-midi, j’étais invitée à une conférence à la Scuola Dei Calegheri sur le campo San Tomà. (« l’Homme, ce méconnu à juger « , présentée par deux intervenantes (l’une, psychiatre en milieu pénal et l’autre, doctoresse neuropsychiatre). L’analyse ? encore tabou en Italie et liée à l’idée de folie. Après la séance, je bus un chocolat bien chaud avec l’une des intervenantes et son amie. Elles habitaient le quartier de Castello, tout au bout de Venise, la Venise sans touristes, celle des chats qui flânent dans l’herbe du Campo.

Le mauvais temps persista, l’organisation fantaisiste aussi. J'annulai le projet de me rendre chez des amis à Rome et fis changer ma date de retour. Je travaillerai à Paris. Inutile de perdre un temps précieux.

Deux jours plus tard, un ciel bleu et pur. Je me dirigeai vers Castello. J’aimais l’atmosphère populaire du marché de via Garibaldi, le samedi matin. Le marché n’avait pas lieu pendant un certain temps à cause de travaux de réfection du dallage. J'optai pour les jardins, puis le quartier de Sant’Elena. Venise retrouvait ses couleurs éclatantes et le fourmillement de son trafic aquatique. Je rencontrai des chats jouant sur un tapis de pâquerettes, dans le soleil. Le mot campo (champ = place) gardait là tout son sens car l’herbe poussait encore sur les places.photo_orientexpress2

Sur le chemin du retour, l’épreuve détestable  arriva : passer le « Ponte di Paglia » où les touristes s’agglutinent pour voir le fameux Pont des soupirs. Il relie le Palais des Doges aux prisons du Palais. Je redoutai la rencontre de cette foule qui détruisait presque la beauté et le charme de la piazzetta (placette) et de la place Saint Marc. Impossible d’éviter cette zone pour rejoindre les autres quartiers. Entre les places Santa Maria del Giglio et San Maurizio, je croisais « il Presidente ».

  • On prend un café au Florian ?

  • De grâce, je marche depuis huit heures du matin. Je n’en peux plus.

Nous entrâmes dans le premier bar ouvert sur la ruelle.

  • As-tu téléphoné à Carla et Fiorenza pour les échanges d’appartements ?

  • Oui, mais je laisse tomber. Il ne s’agit pas d’échanges. Maints appels chez Carla le soir, sous la pluie et dans noir, ne m’ont pas renseignés sur le prix journalier de ses chambres. Quant à Fiorenza, je ne peux la trouver chez elle qu’avant l’heure du dîner quand elle cuisine et un homme m’annonce : « pourriez-vous rappeler dans 30 minutes. Elle s’occupe du risotto ». Elle ne pourrait pas lâcher ses casseroles ? Et moi, toujours sous la pluie, dans le noir à chercher les numéros sur les touches des claviers de cabines téléphoniques ! J’ai utilisé en deux jours une carte téléphonique complète, uniquement pour joindre ces deux personnes que tu m’as recommandées.

  • L’une des intervenantes de la conférence te cherche, la dame très brune.

  • Pourtant, je lui ai remis ma carte de visite après la conférence, au café.

  • Elle l’aura égarée. Je n’ai pas ses coordonnées sur moi mais tu peux téléphoner au directeur du journal à qui je t’ai présentée. Alors, Carla voulait te louer une chambre ? Je lui avais bien expliqué que tu cherchais à échanger ton appartement avec celui d’une vénitienne. Elle a pensé tout de suite à l’argent. Pour l’exposition des tableaux des adhérents de l’association à Paris, retenons le printemps 1997. Tu me tiens au courant.


Campo Santa Margheritta.

SantaMargherita800

Sympathique campo, immense et peuplé. Le matin se dressaient des étalages de fruits et légumes, de poissons. Encore une scène de théâtre. D’ailleurs, j’y ai vu répéter sur des tréteaux, une troupe spécialiste de farces goldoniennes. On peut accéder au Campo par plusieurs ruelles depuis l’église des Carmini ou l’église San Pantalon, depuis le Campo San Barnaba ou la tour tronquée et quelques sottoporteghi. Je m’installai au soleil à la terrasse d’un café. Les tramezzini au thon et aux olives pilées ou à la ricotta (fromage frais) me plaisaient bien. Je passai là plusieurs après-midi. Les oiseaux de la ville, terriblement effrontés, n’hésitaient pas à se poser sur le bord de mon assiette. Les acteurs de cette scène théâtrale ? Des étudiants en architecture de Ca’Foscari marchant par petits groupes en discutant, des touristes en plein rêve, des couples main dans la main, les habitants du quartier vaquant à leurs occupations, des pigeons se précipitant sur un bout de pain, des ouvriers restaurant un toit, le balayeur du quartier salué par les habitués, le curé en soutane noire, des chats surveillant les pigeons, des mamans promenant le petit en compagnie de la grand-mère, des retraités, le journal sous le bras, se déliant les jambes avec leur chien muselé. Tous ces personnages arrivaient des coulisses pour traverser la scène ou s’asseoir un moment sur un banc rouge et continuaient plus tard, vers un lieu connu d’eux seuls. A un angle du Campo, « gli Alpini » (les chasseurs alpins) et leurs chapeaux à plumes, proposaient aux passants la signature d’une pétition destinée au Maire Cacciari afin d’activer la reconstruction du « Gran Teatro La Fenice ». En fin d’après-midi, ouvriers, employés ou hommes d’affaires distingués, rentraient chez eux d’un pas scandé. Les groupes remettaient à demain conversations et gestes animés. Imaginez ces personnes portant des costumes du XVIIIème siècle et vous assisterez à une pièce de Goldoni en décors naturels. Je remarquai des gens que j’avais croisés la veille ou quelques minutes auparavant. Cela est fréquent ici. Si vous vous installez, tout le quartier vous reconnaitra au bout de trois semaines. Radio San Marco diffusait des succès des années 60 : "ora, sei rimasta sola, piangi e non ricordi nulla, scende una lacrima sur tuo bel viso, lentamente, lentamente (« Maintenant tu es seule. Tu pleures et tu ne te souviens plus de rien. Une larme coule sur ton beau visage, lentement, lentement »). Ces Campi vivent pleinement. Je quittai ma place de théâtre pour la supérette et le bateau épicier du Campo San Barnaba. Comme une vénitienne, je devais faire mes courses pour le lendemain.

Pour finir la journée, je me rendis au cinéma Accademia. Au programme : Il Postino (Le Facteur). Projection en deux temps sur petit écran. Je retrouvai l’atmosphère des séances de mon enfance. Il manquait seulement l’attraction pendant l’entracte.

On m’avait parlé de Valeria à Paris. Elle vivait à Castello avec un peintre et écrivait des poèmes. Nous voulions faire connaissance.

  • Je porterai une chemise écossaise. Et toi ?

  • Des lunettes de couleur fuchsia. Retrouvons nous à l’arrêt Accademia.

Après une promenade sur « Le Zattere », comme tout vénitien se respectant, nous nous dirigeâmes vers le Campo Santo Stefano. Une main se leva à la terrasse d’un café pour nous appeler. Un ami de Valeria. Un orage arriva. Nous partîmes rapidement, sans avoir consommé. Nous passâmes un moment chez l’ami, à deux pas de là, calle degli Assassini (ruelle des Assassins), un nom impressionnant !

J’accompagnai Valeria jusqu’à la Place Saint Marc, sous un ciel très menaçant. Le vent se mit à souffler. Autour du campanile, les canettes métalliques roulaient sur le sol, les papiers s’envolaient. Ne vient-on pas à Venise pour recevoir une leçon d’esthétique ? Pour jouir d’une luminosité rare ? Pour célébrer la beauté d’une ville  ?



Acheter un appartement  ?

Venise_19650

Posséder quelques mètres carrés à Venise, cette ville si particulière, aux bruits d’antan, sans circulation automobile. Flâner et parler au milieu des ruelles dans un décor séculaire, là où des personnages célèbres vécurent ... J’avais ce vœu. A plusieurs reprises, je contactai des agences. Je faxai la définition du petit appartement lumineux avec vue sur les toits. Deux possibilités de réponse. Aucune  : le besoin de clients n’était-il pas impératif  ? ou bien, un appel téléphonique assurant que le studio libre était exactement celui que je recherchais. L’employé désirait ma venue pour visiter d’urgence car le produit, très intéressant, se vendrait rapidement. Je posais des questions.

  • Qu’elle est la superficie ?

  • Aux alentours de 50 m2, nous ne savons pas exactement …

  • A quel étage est-il situé ?

  • Il est en rez-de-chaussée mais il est vraiment très lumineux.

  • Mais, dans les rez-de-chaussée, l’eau monte.

  • Non Madame, ce quartier est épargné par la marée haute.

Les vénitiens évitent de vivre dans les rez-de-chaussée sauf si une longue expérience a prouvé que l’eau n’atteignait le lieu. Dans les palais, ils étaient réservés aux vastes entrées et permettaient d’accéder à la fois à la ruelle et au canal. Dans les maisons plus simples, d’autres fonctions que celle d’habitation sont exploitées. Des refuges pour les chats y sont créés. Surélevés, ils servent de lieux de rangement. Il vaut mieux habiter en étage. Les propositions d’achat d’un rez-de-chaussée se répétèrent. En échange, j’adressai aux vendeurs mon discours portant sur l’honnêteté. Le rêve est plus beau en rêve …

Je finis par me sentir accablée. J’avais envie de fuir le miroir d’eau et ses reflets, l’Italie aussi. Mais cette langue si belle … Fallait-il se résoudre à utiliser l’Italie pour sa seule beauté naturelle, son art, ses chansons, ses couleurs et ne pas pouvoir construire de vrais contacts, des projets ? Passer seulement dans des paysages ? Vivre quelques temps seulement dans des décors sublimes, à Venise ? en Toscane ? Je refusais l’appellation de « touriste ». Accepter fréquemment l’imbroglio ? J’en suis incapable. Ne parler à personne  ? Mais cette langue si belle ... Ne plus l’entendre ?

Après mon retour, je cherchai un film vidéo utile à ma documentation. Introuvable à Paris et non réédité. J’entrepris des contacts téléphonique avec des boutiques à Venise. Je trouvai finalement cette vidéo d’occasion à Mestre, en terre ferme. Le vendeur ne proposa pas de me l’expédier. Entre Janvier et Mai, aucune de mes connaissances vénitiennes ne daigna se déplacer pour aller la chercher et me l’envoyer. Je demandai à nouveau au patron du magasin s’il voulait bien la poster. Le vendeur promit de demander le coût du port à la poste. Dix jours après, il n’avait pas encore la réponse ! Il prétendit que le port s’élèverait bien à l’équivalent de 90 F.

  • Je ne crois pas. Je connais les tarifs et je ne tiens pas à payer pour la mafia, dis-je.

  • Je vais vous faire savoir la réponse de la poste, dit mon correspondant.

Sans grand espoir, je proposai mon numéro de téléphone que d’ailleurs il ne réclamait pas. La chance m’accompagna car, dix jours plus tard, j’appris que le vidéo film recherché venait d’être réédité. Il se trouvait dans les rayons des magasins parisiens.


L’AQUARELLISTE

chats10

Il vendait ses aquarelles sur un charmant campiello. Il portait un chapeau à larges bords posé sur ses cheveux blonds. Une origine autrichienne ?

J’achetai quelques œuvres en prévision de cadeaux et commandais pour Noël un chat allongé sur un rebord de fenêtre. Décembre se termina sans la réception du chat.

Un jour, je reçus une enveloppe assez volumineuse contenant deux portraits de chats sur un beau papier ivoire. Rien à voir avec ma commande. Ces chats se présentaient avec un an et demi de retard. La lettre écrite de la main de l’artiste disait :

« Cara Fiorella,

Je suis le peintre de Venise. Je t’envoie ces deux petits chats. Excuses-moi pour le retard mais j’avais perdu ton adresse. Je viens de la retrouver dans mon ancien carnet. Il y a un petit problème : je ne sais plus le genre de chats que tu voulais. En voici deux. J’espère qu’ils te plairont.

A bientôt, Ciao’ »,

P. S. J’espère que tu vas bien."

Les deux chats sont repartis chez eux  !


Texte protégé SGLD - Reproduction strictement interdite par l'auteur et par Diaconesco.tv - Tous droits réservés -

à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ... à suivre ...




VOYAGE EN ITALIE SUITE & FIN : ANECDOTES ITALIENNES de Fiorella GIOVANNI

Drapeau_Italie
                                           Fiorella GIOVANNI                                          

                     

                      ANECDOTES ITALIENNES



L’ORIENT EXPRESS

train2Rendez-vous à 9 heures 30 en gare Santa Lucia au comptoir spécial du train pour l’enregistrement. L’hôtesse constata avec surprise que je ne voyageais qu’avec un petit sac à dos. Les passagers ? En majorité de nationalité britannique. Des porteurs en livrées bleues à gallons dorés se chargeaient des bagages jusqu’à nos cabines.

Ma conscience m’ordonna d’essayer d’obtenir avant mon départ, les coordonnées de la psychiatre intervenante de la conférence de la Scuola dei Calegheri. Je téléphonai au directeur du journal à qui j’avais été présentée. Il ne se souvenait pas de moi.

  • Je n’ai pas son numéro et elle vient de partir pour un mois en Allemagne. Il faudrait voir ça à votre prochain passage.

L’intéressée comprendra t-elle qu’elle a été victime d’un acte manqué freudien, que le contact avec moi sera difficile sinon impossible ? Elle avait parlé d’un déplacement à Paris cette semaine. Contradiction ? Manque de fiabilité ? Encore l’imprécision, la perte de temps, l’énervement et le travail impossible ou très lent. Comment l’Europe va t-elle fonctionner ?

10h20. Les passagers du train Venise-Londres affiché « riservato » montaient dans les voitures bleu marine et or. Le steward du wagon m’indiqua ma cabine, au bout du couloir moquetté. Numéro 7.

  • Je m’appelle Tony. Dans quelques instants, nous parlerons du déroulement du voyage et du maniement des lumières de votre cabine.

Sur la tablette de bois, une lampe, à l’abat-jour vieux rose, de la documentation et des revues luxueuses. Parois et portes en marqueterie d’où glissaient des guirlandes de fleurs. Ouverture des portes arrondies du cabinet de toilette personnel : lavabo et robinets style 30, serviettes brodées, savon et brosse à dents à l’emblème du train, bouteille d’eau minérale.

Au rythme d’une autre époque, dans un luxe peu commun, 22 heures allaient s’écouler calmement entre Venise et Paris avec la traversée des Dolomites, de l’Autriche, du Liechtenstein, de la Suisse et de la France. Les wagons restaurés à grands frais par des artisans, d’après les plans originaux, circulaient certains jours pendant la belle saison. L’atmosphère des trains de luxe fréquentés dans les années 1930 par d’illustres personnalités ne devait en aucun cas disparaître.

PADOUE_ITALIABOLZANOzurich_schweizerhofinsbruckst_anton_austrialiechtenstein_2


  • Bonjour à nouveau ! Voulez-vous quelques renseignements sur le trajet et votre vie à bord du train ? proposa le stewart.

  • Bien sûr.

  • Vous avez la carte sur la tablette. Nous passerons par cinq pays.

Il commenta le circuit et les arrêts.

  • Je vous conseille de descendre pour marcher un peu à Insbruck. Nous resterons en gare environ vingt minutes. A la tombée de la nuit, nous dînerons, aux alentours de Zurich. Pendant le repas, je préparerai votre lit. Vous pouvez m’appeler dans mon office au moyen de ce bouton, chaque fois que cela sera nécessaire. Ne vous gênez surtout pas.

Le train démarra vers le Pont de la Liberté. Pour une fois, je ne regrettais pas de voir disparaître d’un côté, la lagune, et de l’autre, le port de Marghera. Quelques automobiles roulaient elles aussi vers leurs propres destinations. Nous dépassâmes la triste présence de Mestre. Padoue. Arrêt à Vérone. Puis, le train traversa les Dolomites par Bolzano. Voici une vallée au milieu de vignes ensoleillées. Décor verdoyant, grâce à un début de printemps mouillé. Je ressentis un bien immense à voir  à nouveau des arbres, du vert. Venise vous oblige à vivre dans un espace souvent réduit, dans la pierre à profusion, dans un champ visuel restreint, mais si beau. La Sérénissime cache sa végétation dans des jardins et des parcs privés. Et maintenant, le long du train, de hauts sommets rocheux dominaient.

  • Good morning, scusi signora, voici le numéro de votre table pour le déjeuner. L’horaire de 12h30 vous convient-il ? dit le maître d’hôtel.

  • Mais oui. C’est parfait.

  • Voudrez-vous du poisson ou de la viande ?

  • Je préférerais du poisson.

  • Je note, Madame. Les trois wagons-restaurants sont situés au milieu du train. Votre table se trouve dans le deuxième, le wagon Côte d’Azur. Au revoir, Madame.

Le Maître d’hôtel, chemise blanche col cassé, queue de pie et nœud papillon noirs, repartit informer un autre voyageur. Je me mis en quête du wagon Côte d’Azur. Moquette épaisse à fleurs, rideaux, nappes damassées blanches et petites lampes, vaisselle étincelante, couverts en argent, vases fleuris, fauteuils capitonnés, appliques tulipes et parois de verre. La place de quelle actrice, de quelle Reine, occupais-je ? Le paysage défilait. Un personnel polyglotte et stylé, en vestes blanches, surveillait nos repas d’une finesse extrême.

Repasser par le wagon-salon cossu, les voitures-lit aux couloirs moquettés, portes de bois, barres de fenêtres en cuivre.

Après le tunnel du Brenner, arrivèrent les paysages d’Autriche, organisés, propres et verts. Tony contrôlant ma cabine, me raconta des anecdotes italiennes comparables aux miennes. Il aimait son travail qui lui laissait des heures libres dans des villes de rêve. La monotonie n’existait pas. Il venait de travailler tout l’hiver dans un hôtel de luxe de la lagune.

Nous respirâmes un air vivifiant pendant quelques minutes, sur le quai d’Insbruck. Puis nous repartîmes sous les nuages et la pluie. Les cheminées des chalets fumaient. Nous circulions dans un décor grandiose. L’Orient Express grimpait vers Saint Anton à 1800 mètres d’altitude à travers les sapins, passait sur des viaducs suspendus dans le paysage.

Dîner en gare de Zurich. Le Maître d’hôtel me plaça dans le wagon appelé l’Oriental. Je vivais une nouvelle ambiance grâce à la décoration asiatique des parois. Je m’enfonçai dans mon fauteuil. Qualité de service des grands hôtels. Les anglais se présentèrent en costumes noirs et nœuds papillons. Les Anglaises portaient des robes vieillottes aux couleurs acidulées.

  • Puis-je rentrer dans mes appartements ? Demandais-je à Tony dans son office.

  • Je vous accompagne pour déverrouiller votre compartiment. J’ai préparé votre lit pour la nuit. A quelle heure voulez-vous votre petit déjeuner ? questionna t-il.

  • A 8 heures, nous arrivons à Paris à 9h10, je crois.

  • C’est exact. Bonne nuit, dit-il

  • Vous aussi, répondis-je.

A 7 heures le lendemain matin, nous roulions dans la campagne française. Le steward remplissait de charbon la petite chaudière en bout de wagon. Le train produisait son eau chaude et son chauffage. L’odeur ravivait des images liées à l’ancien temps ...

  • Avez-vous bien dormi ? Le matelas ? Je vous apporte votre petit déjeuner ? demanda Tony.

Paysage gris et vert de la banlieue est. Les usagers des trains de banlieue écarquillaient les yeux à la vue de ce train d’un autre âge.

9h10 : Paris gare de l’Est. Tony m’aida à descendre sur le quai. Il me tendit mon sac à dos. Nous nous souhaitâmes la meilleure réalisation de nos projets respectifs.

Paris, par un froid inhabituel en mai. Je changeai de rôle et me dirigeai vers le Rer.


1997 EN ITALIE

ROME  LA_LOUVE_DE_LA_ROME_ANTIQUE

 

Le projet consistait à créer une nouvelle projection de diapositives commentées sur Rome. La ville éternelle recevait mes faveurs. J’y avais été stagiaire de nombreuses années auparavant. Mon programme ? Des lieux à fixer sur la pellicule, penser au commentaire, proposer mon travail photographique sur Paris et Venise, envisager d’écrire sur Rome.

ROME_VUE_DU_CIELSix mois avant mon départ, j’avais organisé quelques rendez-vous. Les studios de télévision de Cinecittà me demandaient de les rappeler à mon arrivée dans la capitale. Je désirais visiter les lieux et voir les décors qui servirent au tournage de films retraçant la vie de personnages célèbres de la Sérénissime.

Le directeur d’une association culturelle française désirait me rencontrer.

Au Vatican, le Préfet donna son accord en précisant la procédure des contrôles d’entrée dans cet état particulier.

Le Président d’une association artistique me téléphona avant mon départ. Le monologue dura vingt minutes. Il ne se préoccupa ni de mes activités ni de mes questions éventuelles. Flot de paroles ininterrompu. J’avais déjà vécu ce vertige. L’expérience et la sagesse me conseillèrent d’éviter l’adresse.

 

LA_DOLCE_VITAJe désirais me rendre sur la tombe de Marcello. J’avais participé à l’émouvant hommage parisien à l’église Saint Sulpice en Novembre 1996. Une cantatrice chantant un requiem a cappella, les mots simples d’un prêtre et d’un ami du spectacle. Une musique de film connue, jouée sur un rythme plus lent, pour la sortie des admirateurs. Sur la place, les projecteurs et les caméras, les personnalités du spectacle et de la culture, la foule, attendaient la sortie du cercueil. Le carrousel de la place s’arrêta de tourner. Le cercueil apparut en haut des marches. Les applaudissements accompagnèrent le nom de Marcello. Un dernier film. La télévision diffusa des rétrospectives. Peu de temps après, les romains saluèrent le grand acteur sur la place du Campidoglio. Le monde entier le regrettait. L’Italie pleurait. La Fontaine de Trevi se drapa de noir. Un orchestre joua des musiques de films sur la place, devant la fameuse fontaine. Toutes les mémoires se souvenaient des images de la « Dolce Vita », du regard et de la voix chaude du grand latin lover, de Marcello.

 

ROME_ANTIQUE_DE_CESARDébut octobre, un été indien et trente degrés. Dans l’avion, ma jeune voisine partait apprendre la langue italienne. A l’aéroport, nous prîmes ensemble le train pour la gare Roma Termini. Peu de changements dans le paysage depuis mon stage. De grands espaces me rappelèrent les films en noir et blanc des années 1950 à 1960. Ils montraient des constructions d’après guerre, immeubles sans vie, émergeant de terrains vagues. Romains et immigrés rentraient vers un logement citadin. Les bâtiments ocres se firent de plus en plus nombreux puis, de plus en plus proches les uns des autres. Des balcons chargés de linge coloré. Des toits en terrasse surmontés d’une forêt d’antennes de télévision. Roma Termini : le bruit et la chaleur. Nous montâmes dans un taxi. Le chauffeur nous apprit que Lucio Dalla chantait gratuitement au forum le soir même. La circulation en centre ville serait bientôt interdite.

  • Que venez-vous faire à Rome ? demanda le chauffeur de taxi.

  • J’ai des rendez-vous de travail, répondis-je.

  • Quel est votre métier, Madame ? insista t-il.

  • Je fais des photos et j’écris.

  • Quel beau métier. Vous allez parler de moi ?

  • Probablement, affirmais-je.

  • Votre fille vous ressemble beaucoup. Elle vous accompagne dans ce déplacement ? continua t-il.

  • Je viens apprendre l’italien dans une famille répondit ma fille d’un jour.

  • Mais, vous, Madame, vous parlez vraiment bien. Mes compliments, ajouta le chauffeur.

  • Merci.


rome_fontaine_trevi_resizeNous contournâmes la fontaine de la Piazza della Repubblica en travaux. Via Nazionale. Piazza Venezia. Je quittai « ma fille » pour rejoindre mon hôtel face à la fontaine de Trevi. Sur cette petite place, une foule internationale, dense et bruyante. La chambre réservée depuis six mois ? Sombre et très chère. Un mur lézardé. Le tremblement de terre en Ombrie m’inquiétait. Je remonterai à Bologne par avion. Pas question de prendre des risques et puis avec l’inorganisation italienne ...

Le lendemain matin, je déjeunai dans « l’atrio » (terrasse fermée sur trois côtés au dernier étage d’un bâtiment). Des photos à prendre motivaient le choix de cet hôtel, face à la célèbre fontaine. L’atrio me permit de me trouver en face et au même niveau que le haut de l’architecture de la fontaine de Trevi. Puis, je confirmai mes rendez-vous. Roberta, heureuse de me revoir, vint me rejoindre à l’hôtel pour une ballade dans le centre historique. Des employés de la municipalité romaine ramassaient les nombreuses pièces jetées dans l’eau du bassin de la fontaine par des touristes désireux de revenir encore à Rome. Un responsable en chemisette blanche surveillait le travail de quatre « ramasseurs de monnaie ». La foule suivait les opérations depuis la place. D’autres ouvriers, observaient, adossés à leur petit camion. J’eus envie de savoir où allait cet argent. J’interrogeai les ouvriers. Ils ignoraient l’usage des pièces. L’homme à la chemisette blanche prit un air très méfiant. Visiblement, répondre ne lui plaisait pas. Via Condotti, nous fûmes attirées par les vitrines des grands couturiers puis, nous entrâmes au Caffè Greco. Tableaux, meubles anciens, calme et distinction des cafés des siècles passés. Piazza di Spagna (Place d’Espagne) à deux pas dans le soleil. L’église française de la Trinité des Monts s’imposa à nos regards. Des fiacres attendaient les clients. Les carabiniers semblaient, comme toujours, sortir d’une opérette. Via del Babbuino (rue du Babouin) et ses belles boutiques. Piazza del Popolo (Place du Peuple) et le Pincio (terrasse des jardins de la Villa Borghese dominant la place précédente), Via Margutta et ce petit restaurant où fut tourné une scène du film « Vacances Romaines » avec Audrey Hepburn et Gregory Peck. Un décor si raffiné. Une atmosphère si agréable.

Nous prîmes un bus orange dans la Via del Corso. Piazza Venezia. Le colisée me sembla posé au milieu d’autoroutes. Que n’a t-on eu l’idée de l’installer sur une vaste pelouse au milieu de chemins ? La Bocca della Verità à gauche.

Nous roulions vers l’Aventino pour déjeuner en famille. Quartier résidentiel vert et calme. Des immeubles à l’esthétique soignée, des terrasses arborées. Nous nous arrêtâmes pour saluer la fille de Roberta, demeurant dans le même immeuble que ses parents. Le père nous attendait à l’étage supérieur. Des spécialités romaines excellentes. Discussions et photos de famille sur le balcon, gentillesse et amitié évidentes.

Après la sieste, il fallut affronter à nouveau le bus et le centre chaotique, sans ticket. « Ici, personne ne paie » me dit-on. Pas de point de vente de billets à proximité. Aucune autre alternative que celle de risquer « à la romaine ». Je fus secouée épouvantablement pendant trente minutes. La circulation allait dans tous les sens à une vitesse vertigineuse ! Je descendis via del Corso, abasourdie par le bruit du bus et la température. Traverser une rue tenait du suicide à cause du manque de feux rouges. Je dus apprendre à m’engager sur la chaussée en voyant arriver des nuées de scooters parmi les voitures. La technique romaine conseillée ? Ce petit signe de la main qui arrête la circulation sur le champ.

Dans la nuit, je me réveillai sans raisons apparentes. Les rideaux bougeaient. Impossible de dormir. Des idées pénibles en tête. Roberta m’expliqua le lendemain que le tremblement de terre en était responsable. L’Ombrie se trouve à 150 kilomètres de là.

 

DECORS_ROMAINSMon amie voulut m’accompagner à Cinecittà. Trente minutes après l’heure convenue du rendez-vous, mon correspondant n’était toujours pas revenu de déjeuner. « Il devait arriver ». « Il allait arriver » ... Parole de secrétaire à qui je fis remarquer qu’il était impossible de travailler avec les italiens. Nous partîmes seules pour les studios de télévision, à la recherche des fameux décors vénitiens. Un vieux chien crasseux dormait sur une pelouse. Dans un bâtiment, des couturières travaillaient sans joie à des costumes andalous en papier de couleurs vives. Dans la zone des studios de la télévision nationale, nous rencontrâmes des mexicains aux vêtements blancs et dorés, plein de franges. Une nuée de jeunes danseuses peu vêtues sortait d'un plateau d'enregistrement d'émissions populaires. Les décors recherchés restèrent introuvables mais nous vîmes l’intérieur du studio de Domenica In, l’émission familiale du dimanche.

Un métro sale et sombre, conduit nerveusement. Trouver le nom des stations dans la pénombre et se tenir fermement furent mes préoccupations majeures lors du retour vers le centre historique.

A l’hôtel, l’étroitesse du bac à douche de la salle de bains aux parois moisies, m’empêchait de me laver correctement. Je déclenchais chaque fois une inondation. Et toute la nuit, les cris des touristes devant la fontaine de Trevi et le bruit de l’eau tombant dans le bassin ...

Au siège de l’association culturelle française, je fus reçue, comme prévu, par un français.

 

ROME_PLACE_SAINT_PIERREAu Vatican, j’aurai dû deviner que l’horaire du rendez-vous pouvait changer. J’étais donc en retard. Je fis savoir mon mécontentement aux gardes suisses toujours vêtus de tranches de tissu bleu et jaune, casqués et protégés par une lance. A t-on pensé un instant que vous alliez venir de l’étranger pour rien ? Je repris un taxi et conseillai au chauffeur de ne pas me faire visiter toute la ville car je la connaissais déjà. Il fit celui qui ne comprenait pas.

Peut-être ne me croirez-vous pas. Pourtant ces lignes n’inventent rien. Le tourisme de groupe et la méconnaissance de la langue ne permet pas d’entrer dans la réalité quotidienne. Par contre, si vous parlez l’italien et voyagez pour vos activités, vous découvrirez un monde bien particulier. Aller très au sud en individuel ? Pour éviter des frayeurs insensées, évitez les routes. Les feux rouges fonctionnent mais ils ne sont pas respectés. Inutile de vouloir comprendre pourquoi vous aurez échappé à un accident. Seules les protections du ciel peuvent fournir une explication. Les personnes les plus âgées ne comprendront pas votre italien. Au nord, distinction oblige : on vous ménage mais, tout à coup, votre chauffeur ignore un feu rouge ou un stop car il n’y avait personne en vue. Le danger est moindre. A cause d’une fantaisie fréquente, vous vous poser des questions et des interprétations hypothétiques naissent. N’attendez surtout pas de longs courriers de vos amis méditerranéens. Loin des yeux, loin du cœur ! Réapparaissez un jour et la fête s’organise en quelques minutes : les dîners entre connaissances, les discussions, les chansons.

J’écourtai mon séjour  dans la capitale administrative italienne : une nuit au lieu de trois prévues dans le second hôtel. Juste le temps de faire des photos depuis la terrasse donnant sur les toits. Annulation du troisième lieu, près de Piazza Navona. Mes amis de Vérone pouvaient me recevoir. Je me rendrai chez eux par avion. Puis, direction Bologne en train.

Adieu la Fontaine de Trevi, sans regrets. Je signalai à la réception de l’hôtel les désavantages créés par la douche et les larges fissures des murs de la chambre. Dataient-elles d’un précédent tremblement de terre ?

  • Les clients sont toujours contents ici.

  • Peut-être ne parlent-ils pas l’italien ?

Dans le quartier de Piazza di Spagna (Place d’Espagne), dans le deuxième hôtel, soit-disant de charme, les choses n’allèrent pas mieux malgré une facture encore plus élevée. Les meubles d’époque de ma chambre semblaient avoir été fabriqués la veille en série. Je pensais pouvoir enfin me doucher dans une salle de bain récente, aux dimensions normales. L’eau coula. Rapidement, le bac de la douche fut plein. L’écoulement ne fonctionnait pas. Le réceptionniste essaya de déboucher sans succès. La fatigue et la nervosité m’accablaient. Une seule envie : fuir cette ville. Quelques photos depuis la terrasse donnant sur les toits. La coupole de Saint Pierre se détachait au loin sur un ciel devenant bleu sombre au couchant. Des campaniles dominaient la ville. En contrebas, les boutiques de luxe de Piazza di Spagna illuminaient l’espace. Flâneries et bavardages autour de la fontaine ? Le long des rues piétonnes ? Pour ma part, nulle envie de sortir. Je m’allongeai pour écouter les nouvelles à la télévision : elle ne marchait pas. Le lendemain matin, j’utilisai les sanitaires de clients partis à l’aube. J’invoquai des changements de rendez-vous, demandai une réduction pour la gêne et pris un taxi pour l’aéroport. Via del Corso, piazza Venezia, les forums impériaux. Le Colisée, se noyait dans la circulation des bus oranges, des voitures, des scooters, des camions. Du lecteur de cassettes du taxi sortait une sonorité d’une qualité exceptionnelle. J’engageai la conversation avec le chauffeur. Il m’expliqua pendant vingt minutes qu’il pouvait écouter toutes les sortes de musiques mais que, selon lui, à chaque état d’âme, correspondait une musique particulière. Il ne pouvait pas écouter n’importe quoi n’importe quand. Pourtant, mon expérience me disait que, dans ce pays, on pouvait facilement vivre n’importe quoi n’importe quand !

A Vérone, le calme, la distinction et l’accent d’une ville bourgeoise du nord de la péninsule régnaient. Je racontai mes aventures peu constructives aux amis :

  • Tu dois comprendre qu’à Rome c’est le sud. Ils ne respectent pas les horaires.

Mes expériences délicates au nord m’incitaient à réclamer des améliorations là aussi. Les seuls travailleurs en provenance du mezzogiorno, souvent « exilés » dans l’administration, provoquaient-ils cette situation, comme le prétendaient les natifs nordistes ?

Je passai quelques jours à deux pas du musée de Castelvecchio et des rives de l’Adige, sans enthousiasme et très fatiguée. Mon retour aérien s’effectuait depuis Bologne où je n’eus pas envie d’honorer la rencontre prévue, ni même de visiter le musée Morandi à deux pas de mon hôtel de la via Indipendenza. Le climat changea. Le froid humide arriva. Je ne pouvais plus supporter ce contexte instable, mouvant et inorganisé. Il empêchait continuellement la poursuite normale de mon travail. Je capitulais. J’avais été patiente depuis 1993. Et toutes ces paroles agréables pleines d’espoir et de futurs échanges communs, sans lendemain. Si je reviens en Italie, pensais-je, j’exécuterai mon travail. Je prendrai mon plaisir visuel. Je ne parlerai à personne et j’essaierai de n’avoir aucune idée constructive à proposer sur place. Mais, pourrais-je même, à nouveau, revoir ces décors ocres ensoleillés ? Sans envie, je pénétrai dans la Montagnola, ce parc au centre de Bologne, pour « tuer le temps ».

Un soir, en flânant sur la belle place Santa Maria Maggiore, je passai devant la façade de la cathédrale San Petronio. En face, à la terrasse du café, sous les arcades, un homme chantait, s’accompagnant au synthétiseur . La voix, la musique et les paroles chaleureuses, résonnaient. Elles remplissaient la vaste place. Les promeneurs s’arrêtaient un moment, écoutaient. Je contournai le Neptune dominant sa fontaine. Fatiguée, je repris la rue Indipendenza vers mon hôtel. Un homme arriva à ma hauteur :

Marcello_Mastroianni

  • Je t’ai remarquée depuis quelques temps. Tu es très belle, dit-il.

  • Merci mais excusez-moi, je rentre à mon hôtel, dis-je.

  • Tu as bien quelques minutes pour moi ? répliqua t-il.

  • Je ne crois pas, dis-je.

  • Prenons un gelato (une glace) dans un café, proposa t-il.

  • Non merci. Du travail m’attend à l’hôtel avant de me coucher, ajoutai-je.

  • Voudrais-tu me tenir un peu compagnie. Je suis sicilien. Je viens d’être muté ici, au nord, dans l’administration. Je m’ennuie à mourir. La froideur des gens … Personne ne me parle. C’est invivable. J’ai accepté cette mutation car je divorce. Tu as un accent. De quelle ville es-tu ?

  • Je suis parisienne, dis-je.

  • Je ferais volontiers confiance à une étrangère. Les femmes de Bologne sont trop émancipées à mon goût, ajouta t-il.

Avait-il compris l’évolution de la femme au cours de ces dernières 40 années, au nord de l’Italie comme en France  ? J’avais entendu des conversations relatives aux difficultés des « déplantés » du sud vivant dans le nord du pays et aux réticences de la population d’accueil. Le contexte a créé deux Italies. Education, habitudes, mentalité, mode de vie différents. La cohabitation reste bien délicate.

Pendant mon retour en avion, suspendue dans le ciel, mes yeux se portèrent sur un article parlant de « l’invisibilité » à Strasbourg de personnalités politiques de la péninsule. Elles ne se plaisent pas loin de Rome. Il me revint en mémoire la déclaration d’un directeur financier de multinationale, rentrant d’un contrôle de filiales nord-italiennes :« leurs résultats sont fabuleux mais, leurs méthodes de travail me sont totalement incompréhensibles !». Les mentalités citadines, restent très régionales et provinciales, chauvines. Les spécialités culinaires de chaque ville sont multiples. Les dialectes sont parlés chaque jour. Subtilité  pour la ville particulière qu’est Venise : un libraire me reprit mécontent « le vénitien est une langue, Madame, et non un dialecte ». L’unité italienne est historiquement récente. Des Italiens affirment que, l’apparition de la télévision rassembla vraiment le pays.

Je ne suis pas la seule à remarquer des faits, à m’interroger. Parfois, plus je fréquente cette terre, moins je la comprends. Il me semble côtoyer des mystères. Certains prétendent qu’ils ne sont pas étrangers à la présence du Vatican ! Des humoristes ou des sages ?

LES_GARDES_SUISSES_DU_VATICAN

Le pays est d’une beauté incomparable. Sa lumière reflète une présence divine évidente. La sonorité de la langue crée un opéra quotidien de chaque instant. Depuis l’aurore des temps, les créateurs de la péninsule manient l’Art avec « Maestria ». Les œuvres du passé remplissent les rues, les places, les musées. Voici un palmarès très complet comprenant : la musique et le chant, la peinture, la littérature, le cinéma, l’architecture. Et les succès populaires évoquant tant d’amour ? On les chantent sur scène ou à l’improviste entre amis. La fantaisie italienne nous étonne, nous surprend, nous fait rire aussi. Remercions les italiens pour leurs nombreux talents !

                                                                                                                                         Carabinieri_Republic_Day_Parade_2007


                                                                                             F I N

Fiorella Nicole GIOVANNI

ANECDOTES ITALIENNES

TABLE DES MATIERES

LES SIXTIES

ET LA CHAINE EN OR DE SALO’

VENISE 1993

L’IMPRESARIO

A LA FENICE

L’HISTOIRE DE PIETRO

ON ATTEND UNE PERSONNE, IL EN ARRIVE DEUX

LA FÊTE DE CARNAVAL DANS UN PALAIS DU CAMPO SAN MAURIZIO

ORAGE SUR LES ARÈNES DE VÉRONE

VENISE 1994

A LA GARE SANTA LUCIA

LE XVIIIème SIÈCLE A LA GARE DU NORD

LE RENDEZ-VOUS AVEC GIOTTO CHEZ LES SCROVEGNI

VENISE 1995

SUR LES TRACES DE THOMAS MANN

INTERVIEW A LA SCUOLA GRANDE SAN ROCCO

IL RISTORANTE « ALLA MADONNA »

LES CASTRATS DE VIA GARIBALDI

LE LIVRET DE CAISSE D’ÉPARGNE AU PORTEUR

LE DÉJEUNER CHEZ MARIE ET JEAN

LE VERNISSAGE FANTÔME

LA CONVERSATION AVEC SILVANA

VENISE 1996

L’AQUARELLISTE

L’ORIENT EXPRESS

1997 : EN ITALIE

 


italy_map


Texte protégé SGLD - Reproduction strictement interdite par l'Auteur et Diaconesco.tv - Tous Droits réservés -






 

27 novembre 2009

Présentation du livre REGARD de Pascal Jean GIMENEZ à Nice le 10 décembre 2009

INVITATION

A UNE CONFERENCE-DEBAT DE

PASCAL JEAN GIMENEZPASCAL_JEAN_GIMENEZ__crivain_journaliste

(Journaliste-écrivain )

19, Rue SAINT-JEAN D’ANGELY NICE

JEUDI 10 DECEMBRE 2009
de 17 heures à 19 heures 30
Présentation du Livre REGARD de

Pascal Jean GIMENEZ
19, Avenue Auber 06000 NICE
Téléphone : 04.93.96.02.48

Blog : http://pascaljean.gimenez.hautetfort.com

Pascal Jean Gimenez

REGARD
sur la FRANCE, l’EUROPE, la MONDIALISATION, la PLANETE ET SON ENVIRONNEMENT, le DIALOGUE POLITIQUE, le DIALOGUE EN MEDITERRANEE

Collection Dialogue - tome 1

http://www.editionsdialogueorientoccident.com

Ce livre de l’auteur Pascal Jean GIMENEZ se veut une synthèse aussi claire, aussi complète que possible de la vision et de la pensée d’hommes politiques, d’écrivains, de journalistes, d’intellectuels engagés dans l’organisation de notre monde à venir.

Destiné tant à l’amateur politique qu’au politique le plus érudit, il traite - en autres - de notre société, de son passé, de son présent et de son futur.

Cet essai est axé principalement sur l’oeuvre politique de la France, l’Europe, la Mondialisation, la Planète et son Environnement, le Dialogue Politique, le Dialogue en Méditerranée.

Tous les aspects de la vie politique, économique, sociale, culturelle, religieuse, législative, etc ... sont abordés dans ce livre, grâce aux révélations souvent inédites de tous ces hommes et ces femmes.

L’ouvrage comprend 627 pages, fruit de cinq années de recherches minutieuses, d’enquêtes approfondies, d’analyses critiques.

(voir bibliographie, index des sources ...).
Pascal Jean GIMENEZ a mis tout son savoir, son talent, sa passion à "traquer" les sources de toutes sortes pour parvenir à la synthèse de cet ouvrage.


ISBN : 978-2-916897-00-4
Novembre 2009



Posté par DIACONESCO_TV à 18:45 - culture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2009

VENEZIA MAGICA, ETERNA, BELLA ... PER L' ETERNITA

VENEZIA MAGICA, ETERNA, BELLA ... PER L'ETERNITA

drapeau_italie

Articolo Per il Giornale di Capri - AnaCapri  *L’ISOLA *

Venezia magica, eterna, Venezia bella. Tanti riflessi, Tanti gatti, Tanti colori. Architetture splendide, Opere famose, Atmosfere distinte. Le Arti, Monteverdi, Vivaldi, Divine creazioni. Tanta bellezza, Salva l’Anima, Per l’Eternità.

Gondoles_de_VeniseGondoles_sur_le_Grand_Canal


Carissimo lettore,

Ma dove siamo ? I palazzi galleggiano su un decoro goldoniano e tu, improvvisamente, sei un attore famoso. Non sai piu’ se vivi in una realtà attuale oppure se sei su un palcoscenico a teatro. Sei nel sestiere di Cannaregio, quello piu’ bello. I riflessi dell’architettura e quelli della tua foto, appena scattata, davanti alla Madonna dell’Orto, sono, ogni volta, distrutti da una barca, ma rinascono dopo qualche minuto, sempre gli stessi, sempre presenti da secoli col rumore delle ondine dell’acque del canale che toccano la fondamenta. Un rumore magico che viene, ogni istante, benedicare la riva e la musica di Vivaldi. Rio Morto, numero 1842 ... incontri i gatti di Luigina. Nel magazzino al pianterreno, salvati dalla mia amica, i gatti, come in albergo, con cibo e pulizzie parecchie volte al giorno e medicine se necesssario. C’è chi dorme dentro e chi passeggia nel sestiere, tra rifugio, ponte di legno e fondamenta. Luigina è una “mamma-gatti” : dedica il suo stipendio ai gatti. i classici gatti di Venezia, col vestitino pieno di righe marroni sul pello beige sono chiamati “gatti soriani”. Furono

chat_de_venise234_big

2*

importati una volta dalla Siria. Perchè ? Per combattere i topi e la peste a Venezia. Ovviamente, incontrerai pure dei gatti  di casa. Nella città lagunare, tutti camminano lentamente, guardando di qua e di là ... se qualcosa va o non va. Controllano silenziosamente la città a modo loro ... registrano tutto, l’altezza dell’acqua che va e viene ... che tocca poco o troppo le basi dei palazzi, dei ponti, poi spariscono in fondo alle calli per raggiungere un luogo segreto, nascosto, ricordato solo da loro ...  si ritrovano con altri gatti e gatte di sera. Immaginano e inventano il futuro della città, la sua magia, la sua bellezza eterna. La direttrice del Consiglio-Gatti è una gatta anziana : la Vivaldina. Tutti e tutte l’ascoltano. Essa incontra il sindaco della Serenissima ogni mese. Trasmette le loro osservazioni, consiglia il municipio per mantenere le originalità della città. Per Carnevale, organizza un ballo storico in un palazzo di Cannaregio per tutti i gatti soriani. Arrivono mascherati su delle gondole decorate di fiori di San Remo. Gatti musicisti. Gatti personaggi celebri. Uno viene eletto Presidente dei gatti della città per un anno ed ecco lo spumente, le frittelle e la Musica ! Tutti ballano, cantano ! La musica dell’orchestra dei gatti suona sotto le luci dei lampadari di vetro di Murano tutta la notte. Ballano Farinelli con la Gioconda, Veronese con una dogaressa, Casanova con una religiosa, il Doge Manin con una contessa austriaca, Monteverdi con Maria, San Marco con San Teodoro, Napoleone con la moglie, San Francesco e gli uccellini con Santa Chiara, Tiepolo balla con la proprietaria del famoso palazzo Labbia, Tintoretto con San Rocco e ogni tanto con La Madonnina dell’Orto, Leonardo da Vinci corteggia una seconda Gioconda ... i gabbiani e la Luna vedono lo spettacolo dalle finestre di stile gotico fiorito. All’alba, un corteo di gatti mascherati riparte sulla Fondamenta della Misericordia per salire sulle gondole fiorite in attesa davanti alla casa di Tintoretto vicina al Campo dei Mori. Il giorno dopo, alle 13.00, essi assistono ad un evento della Natura : la luce bianca brillante, dal ponte di Rialto. D’inverno, la nebbiolina invade tutta la città. I vaporetti, come pesci mostruosi, escono dalla nebbia al pontile per sparire subito dal canale appena salita la gente. Le facciate dei palazzi sembrano assenti dietro un velo grigio trasparente e non si vede più nessuno. La città è riempita dal solo velo grigio. Poi, alle 13.00 ... miracolo ! gli uccelli del cielo con le loro ali, sollevano la nebbia. Basta un minuto e sorgono la città prestigiosa e i nuovi colori intensi, che ti fanno male agli occhi. Ogni giorno, come per la prima volta, il Canal Grande, i palazzi nobili, i vaporetti, le barche, i taxi d’acqua, i pontili, la gente ... rinascono dal grigio e vivono di nuovo liberi dalla nebbia. I gatti vivono l’evento, senza una parola, il muso tra le colonnine del ponte di Rialto come se fosse un miracolo di Dio. Ti raccontano che piu’ avanti, il ponte Accademia di legno, il Palazzo Dario, Santa Maria della Salute, il Gritti e il Palazzo Ducale, brillano sulle stelle meravigliose dell’acqua. i loro gattini del passato, hanno vissuto con gli ospiti di una volta : re e regine straniere, scrittori e scrittrici, compositori e musicisti, pittori, creatori e artisti, viaggiatori venuti per le feste della Serenissima e tanti altri personnaggi ...    

Tu potrai pure vedere gli ospiti attuali : incontrerai le attrici egli attori sull’Isola del Lido per la Mostra del Cinema e i VIP del mondo intero vivendo qualche mese li’. Ti consiglio ancora di riposare al bar dell’ “albergo Les Bains”. In quel posto distinto e stupendo del tardivo 19° secolo t’aspettano il famoso scrittore Thomas Mann e Luigino Visconti. Lo scrittore ha alloggiato in quell’albergo per 7 anni. Nel suo libro “Morte a Venezia”, parla magnificamente della città e della spiaggia privita dell’albergo, dalla quale, anche quando vuota dai clienti privilegiati, si sentono voci arrivando da lontano. Il grande regista degli anni ’70 ha girato il film corrispondente all’opera scritta. Fa rivivere in quest’architettura sontuosa, la cui facciata è longa 300 metri. Queste famiglie ricche arrivevano a Venezia su navi a vapore. Invadevano l’albergo. In quel tempo, non esistevano i treni ed ecco un sogno eccezionale, raggiungere Venezia attraverso il mare e la laguna. Devi immaginare, Caro lettore,

3*

quelle emozioni da me provate guardando da laggiu’, dal piano superiore, al di là degli alberi rosseggianti del parco dell’albergo e leggermente nascosto da una luminosità gialla di Ottobre... il campanile di San Marco.

Ti consiglio pure Carissimo, di scroprire come me quel giorno, il profumo del gelsomino sul pontile dell’albergo “La Calcina”. Un pranzo ? una cena ? Davanti un palcoscenico vasto come il mare del canale della Giudecca con le facciate delle chiese di San Giorgio Maggiore, delle Zittelle, del Redentore, di S. Eufemia. Ecco il movimento e il rumore delle barche, dei ferries, dei vaporetti, dei gabbiani ... Se sei fortunato, vedrai pure una gondola che scivola sull’acqua con gli sposi appena usciti dalla chiesa di Sant’Agnese ... Sai che John Ruskin, il giovane diplomato inglese a Oxford è vissuto nell’albergo “La Calcina”. Egli ha esaminato e scritto centinaia di particolari relativi all’architettura dei capitelli del Palazzo Ducale e dipinto pure vedute veneziane. Se vorrai, camminando, le tue giornate saranno dedicate ai Palazzi, ai ponti e canali, ai campi e campielli, alle calli, alle chiese e chiesette nascoste. Parla con i veneziani e forse scoprirai i giardini segretti ...    Camminando e camminando sempre nel tuo sogno-realtà ...   Troverai in libreria delle fotografie di una Venezia di una volta, diversa, tutta bianca e nero e libri della famosa acqua alta del 1966 : meno male che i gatti hanno fatto il massimo per salvare la città che era quasi completamente sommersa dall’acqua !

E tu, in quella bellezza, mentalmente, sei anche un VIP a Venezia ogni giorno ... Allora, devi assolutamente partecipare al ballo ufficiale di Carnevale col costume settecentesco come nei dipinti dei pittori celebri, in mezzo a musicisti, saltimbianchi e lampadari veneziani di vetro di Murano cosi sottili, senza elettricità ma candeline, come in quel secolo. Tu sarai presentato con i tuoi titoli professionnali arrivando su dalle scale larghe nel portego del palazzo. Vai “in Piazza”, mi spiego, in Piazza San Marco, per ascoltare le orchestre e in un momento di follia, alzati per ballare con la tua amica ! sotto la protezione di San Marco e di San Teodoro, il primo santo dedicato a Venezia. Dai, un po’ d’abbronzatura seduto al tavolino di un caffè in “Piazza” non farà poi male ! Non potrai’ fare altro che innamorarti della città ... Riserva una poltrona al Malibran per un concerto, goditi un’opera al Gran Teatro La Fenice e una recita al Teatro Goldoni. Non basta, dai, un concerto alla Scuola Grande San Rocco in mezzo alle pareti dipinte da Tintoretto e “Le 4 stagioni” in chiesa della Pietà-Vivaldi in Riva degli Schiavoni. Un viaggio sulla laguna ? Non ti dovrei forse dire un segreto ... Isola di Sant’Erasmo : sarai’ completamente solo sulla stradina che dopo il piccolo cimitero attraversa i campi che producono le verdure per tutta Venezia. E a Mazzorbo ? Silenzio garantito dai tanti giardini verdi e dalle case provinciali. E perchè non riposare nel marmo al bar del “Danieli” o meglio cenare su in terrazza, nel paesaggio notturno illuminato di San Giorgo Maggiore ? Il tuo sogno scivola sull’acqua del bacino San Marco ogni sera !

Ma perchè piace tanto Venezia al visitatore ? Perchè nei secoli passati le facciate dei palazzi sul Canal Grande erano dipinte oppure coperte di oro e mosaici ? Perchè le famiglie nobili vivevano nelle loro dimore prestigiose ed era la città piu’ ricca al mondo ? Perchè erano numerose le feste della Regina del Mare accogliando gli stranieri a scoprire le sue bellezze ? Forse la memoria collettiva contiene ancora presenti queste immagini dello splendore passato e sparito oggi, invisibile, piu’ bello della realtà rimasta davanti ai nostri occhi  ...

antonio_vivaldi_un_prince_a_venise

4*

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

*Idea e scrittura di Fiorella GIOVANNI (di origine italiana), Parigi, Agosto 2009.

Scrittrice (pubblicati in francese : Le Voyage à Venise, Anecdotes Italiennes,

Discours avec Minette, autobiografia in corso)

Creatrice di Immagini Fotografiche (17 argomenti : romantismo a Parigi, Venezia e Italia, nature morte, la gente in città, riflessi su vari supporti, originalità intorno a noi, religiosità, documentario in città europee,  astrazioni ...).

Innamorata di Venezia, del Bel Paese d’Italia e dei gatti.

e.mail giovanni-fiorella@orange.fr

Telefono fisso : 00 33 (0)1 44 59 34 63 – cellulare 00 33 (0)6 28 93 91 90

*Collaborazione redazionale di Gabriella IVE, professoressa di lingua francese e inglese, Trieste.

Gondoles_de_Venise

chatnoirchatnoirchatnoirchatnoirchatnoirchatnoir


Fiorella GIOVANNI

LE VOYAGE A VENISE

Charles, un chat parisien exceptionnel, part pour Venise, la ville posée sur l’eau. Il parcourt les ruelles, parle du décor sublime et de la magie de la lumière. Il dialogue avec des vénitiens et des chats. Masqué, il participe au Carnaval  « in Piazza » (sur la place Saint Marc). Il devient Vivaldi au bal de Ca’ Tintorialdo, se rend à l’île de Sant’ Erasmo en compagnie de son ami Casanova. Il devient amoureux de ce lieu romantique unique au monde.

Voulez-vous flâner dans « le calli » (les ruelles), rêver sur le vaporetto  ? Pendant le Carnaval, des hôtes célèbres du passé vous croiseront devant le café Florian et vous rencontrerez la Traviata dans les salons du fameux Hôtel Danieli. Vous assisterez à un concert aux chandelles en hommage au Maestro Vivaldi en l’église de la Pietà.

Document culturel, guide intime, conte pour adulte, ces lignes vous entraînent sur la scène de Venise.

L’auteur découvre Venise lors de son carnaval

Elle éprouve une véritable passion pour cette ville particulière.

Elle y séjourne plusieurs fois par an pour la photographier

Et écrit un petit livre : Le Voyage à Venise. C’est sa ville d’adoption.

Ecrit en français. Version papier à commander chez l’auteur par email : giovanni.fiorella@wanadoo.fr

T RIASSUNTO

  1. LE VOYAGE A VENISE

Carlo, un gatto parigino eccezionale, parte da Parigi per Venezia, la città galleggiante sull’acqua. Percorrendo le calli, parla dello scenario sublime e della magia della luce. Dialoga con veneziani e gatti. Mascherato, partecipa all’apertura del carnevale « in piazza ». Si chiama Vivaldi al ballo dei gatti di Ca’Tintorialdo a Cannaregio e col suo amico Casanova, visita l’isola di Sant Erasmo. Si innamora di questo luogo cosi particolare, unico al mondo.

Passeggiare nelle calli ? sognare sul vaporetto ? Durante il carnevale le ombre degli ospiti celebri del passato sono presenti davanti al Caffè Florian. Un incontro con La Traviata all’albergo Danieli ? E perché non ascoltare un concerto nella chiesa della Pietà per onorare il Maestro Vivaldi ?

Ecco un documento culturale, una guida intima, un racconto per adulti. Queste righe vi conducono sul palcoscenico veneziano.

L’autrice scopre Venezia durante il Carnevale.

Nasce una vera passione per questa città unica al mondo.

Vi soggiornerà parecchie volte all’anno per fotografarla.

Venezia diventa la sua città d’adozione.

60 pagine.

Scritto in francese.

Da ordinare dall’autrice via email.

Spedire assegno per la Francia e vaglia internazionale dall’estero.

Fiorella GIOVANNI

LE VOYAGE A VENISE

Charles, an exceptional cat, goes away to Venice, the city laying on the water. He walks in the small venitian roads, explains the magic scenery and the intense brillant light. He asks informations to Venitians and local cats. Masked, he takes part in the Carnival « in Piazza » (on St Mark Square). He becomes Vivaldi at Ca’ Tintorialdo fancydress ball, goes to Sant’ Erasmo island with his friend Casanova. He falls in love with this romantic city.

Would you like to stroll in « le calli » (small venitian roads), to dream on the « vaporetto » ? During the Carnival, well-known persons of the past, will be at the Florian, and you’ll meet « la Traviata » at the Hotel Danieli famous bar. You’ll attent to a candle concert as an homage to Maestro Vivaldi in Pietà church.

As in a cultural document and a private guide, these lines carry you on to the Venice stage.

The author discovers Venice during the Carnival.

She feels a real passion for this city.

She stays there many times a year, photographing it

And writes a book « Le Voyage à Venise ».

It is her adopted city.

60 pages, Written in French.

Paper version to be ordered to the author by email.




17 novembre 2009

JPEGGY : LA PRIMA WEB-GALLERY DEDICATA AL TALENTO FOTOGRAFICO ITALIANO

 
JPEGGY: LA PRIMA WEB-GALLERY DEDICATA AL TALENTO FOTOGRAFICO ITALIANO
 

Jpeggy non è un concorso ma l'elaborazione di un nuovo concetto di comunicazione e condivisione di progetti fotografici; in cui la fotografia è vista come materia base dell’espressione artistica c ontemporanea.

La mostra standard la conosciamo tutti:

c'è un curatore, un tema, vengono scelti alcuni fotografi, questi danno le stampe. Le stampe vengono esposte in uno spazio fisico, se si è fortunati c'è il budget per un catalogo. Fine del progetto.

In questo caso, il tutto è sperimentale: si lavora su un formato inusuale, c'è pur sempre un tema. Ma il gruppo dei curatori è eterogeneo. E c'è Telecom Italia con Amaci (l’associazione dei musei di arte contemporanea italiani) che supportano il progetto.

Un progetto dove i curatori/selezionatori e i fotografi accettano di mettersi in gioco, di provare a verificare alcune ipotesi non in termini astratti ma usando il progetto come terreno di prova empirica (con tutto quello che ciò comporta).

Il messaggio è “the medium is the message”.

Il lavoro di ricerca fotografica è pensato per una fruizione web, con interfacce di visualizzazione molteplici.

E nuova è la modalità di comunicazione delle proprie ricerche, che non è flickr, non è un blog, né un sistema "chiuso", ma un sistema misto, molto strano, a tratti sorprendente.

Le istruzioni d'uso sono semplici:

Gli "autori" rispondono all'invito postando un'immagine nella pagina flickr dedicata al progetto.

[www.flickr.com/groups/jpeggy]

Con una prima selezione, ogni settimana alcune immagini passano da flickr a jpeggy ed entrano a far parte della "cloud", una nuvola di immagini che funziona come interfaccia principale di fruizione/comunicazione.

[www.jpeggy.it]

Sempre ogni settimana dalla cloud viene selezionato un progetto fotografico che va a comporre il portfolio dei cinquantadue autori dell'anno, cui è dedicato un blog di approfondimento.

[blog.jpeggy.it]

Flickr > cloud > blog

È una struttura portante abbastanza inaspettata: in genere i sistemi flickr e blog sono aperti, mentre le cloud sono di tipo "chiuso", noi mescoliamo le due modalità.

Tornando al processo,sulla base dei contenuti caricati sulla pagina "cloud", il gruppo dei curatori non sceglie il più bravo; più semplicemente, sceglie quel lavoro che aiuta a definire meglio la ricerca/progetto complessiva. Quel lavoro che se scelto dà molta più energia e forza al progetto complessivo.

Alla fine?

Se tutti quanti sono stati bravi e intelligenti (fotografi, curatori...) con jpeggy avremo inventato una modalità di comunicare il lavoro fotografico che prima non esisteva.

Il libro/catalogo non sarà la pubblicazione dei cinquantadue lavori più belli, ma una descrizione dell'intero processo – dove ovviamente faremo in modo di avere anche i lavori più belli.

I lavori che mettono in tensione tutto l'insieme.

 

Jpeggy è un progetto pensato da Telecom Italia in collaborazione con Amacie con i curatori Giacinto di Pietrantonio, Flavia Fossa Margutti, Francesco
Jodice, Susanna Legrenzi, Filippo Maggia, Stefano Mirti, Massimo Pitis.

 

 

Gabriele Rossi
“Places Milan Parco Sempione 2007”

E’ una semplice organizzata immagine che ha in sé qualcosa di misterioso, una sorta di “lost” al contrario. E una bella luce milanese opaca che rende tutto paradossalmente più noioso.
Segnalato da Filippo Maggia

 

 

 

 

 

 

 

Fulvio Bortolozzo
“30 Dicembre 2008 /8 Pezou (France)” dal progetto fotografico “Scene di passaggio Soap opera”

A me 'sto progetto del paesaggio della soap opera mi ha abbastanza acchiappato.
Perché a ogni scatto cercavo di immaginarmi che soap opera fosse, che personaggi avesse, cosa facevano, cosa dicevano, come litigavano, come si amavano.
Immaginarsi tutte le varie scene, i fondali, gli scenari, i set... quello su cui mi sono perso, è questo bagno, il lavandino con le sue ventiquattro piastrelle sei per quattro, la bor setta coi fiori e le buste di plastica. Molto intrigante. chissà...
Segnalato da Stefano Mirti
 

 

Dario Pecoraro
Progetto fotografico “The Chase”

Per essersi interfacciato con i media televisivi, quindi aggiungendo immagine a immagine, virtuale a virtuale il nostro paesaggio più reale.
Segnalato da Giacinto Di Pietrantonio

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
Copyrights - FlashArt - La prima rivista d'arte in Europa


Posté par DIACONESCO_TV à 21:44 - culture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 novembre 2009

COMMUNIQUE DES MANIFESTATIONS CULTURELLES DE LA COMMUNAUTE ITALIENNE EN PRINCIPAUTE DE MONACO POUR LE MOIS DE NOVEMBRE 2009

Italy_FlagCENTENARIO DEL PREMIO NOBEL PER LA FISICA A GUGLIELMO MARCONI

DSC03774

Martedi 10 Novembre 2009 oro 18,30 - Théatre de Variété Principato di Monaco

" C'era una volta la Radio : storie e scoperte dell'inventore Guglielmo Marconi "

GUGLIELMO MARCONI Premio Nobel 1909-2009

10 dicembre 1909 : Gugliemo Marconi (25/4/1874 - 20/7/1937), all'epoca giovane trentacinquenne, fu il primo italiano a ricevere il Premio Nobel per la Fisica.

L suoi risultati, dopo 15 anni di sperimentazioni e di studi iniziati nel laboratorio della casa partena - Villa Griffone -, situata sulle colline Bolognesi - diedero origine alla creazioni di strumenti ed apparecchiature che avrebbero caratterizzato le radiocommunicazioni del nostri tempi.

A Guglielmo Marconi va riconosciuto il merito del primo regolare servizio pubblico di radiotelegraphia attraverso l'Atlantico, attivato nell'ottobre del 1907 e, conseguentemente, di aver creato una nuovo mestiere : il marconista. Una figura professionale essenziale che, per certe circostanze, si è anche rivalata incredibilmente "vitale". Cosa che è avvenuta, per esempio, grazie all'ottimo lavoro di Jack Binns, impiegato presso la Compagnia Marconi, il quale, nel gennaio 1909, lanciando tempestivamente il, segnale di SOS, rese possibile il salvataggio dei passeggeri e dell'equipaggio (1700 persone) del transatlanco Republic, entrato in collisione nelle vicinanze del Faro di Nantucket (Boston)con il piroscafo italiano Florida.

Questa vicenda sicuramente contribui ad accrescere la popolatirà di Guglielmo Marconi che, nel dicembre di quello stesso anno, vinse - condividento il merito scientifico conn lo scienziato tedesco Karl Fernand Braun _ il Nobel per la Fisica "a riconoscimento del contributo dato allo sviluppo della telegrafia senza fili".

Il centenario del Premio Nobel è dunque una preziosa occasione per presentare al pubblico del Principato di Monaco, uno spettacolo didattico e di intrattenimento, capace sia di racontare le invenzioni di Guglielmo Marconi, grande personaggio cosmopolita, italiano nell'animo, internazionale per vocazione che scoprire curiosi aneddoti di padre affezionato. La serata offrirà infine il pretesto per ascoltare l'esperienza di alcuni giornalisti che hanno vissuto la radio come professione sociale e che ancora oggi ne difendono la sua "eterna giovinezza", nonostante l'evoluzione dei sistemi moderni di communicazione.

Avec le concours du GOUVERNEMENT PRINCIER de MONACO

PROGRAMMA

PRIMA PARTE - ore 18, 30 / 19, 20

Con l'introduzione di AWANA GANA, accolti sul palco :

* Luisella BERRINO - voce storica e giornalista di Radio Monte Carlo

* Dott.ssa Barbara VALOTTI - Direttrice Museo Marconi " A 100 anni dall' assegnazione del Premio Nobel a Guglielmo Marconi : storia di un'invenzione che ha cambiato il mondo "

* Prof. Gabriele FALCIASECCA - Presidente Fondazione Marconi "L'eredità scientifica di un Premio Nobel : Guglielmo Marconi, dalla telegrafia senza fili al wireless"

* Bernard SPINDLER - giornalista radiofonico, scrittore e Presidente Monaco Press Club

Dolce pausa con la " CASTAGNOLE "

Prodotto DE.CO. gentilmente offerte dal COMUNE di VENTIMIGLIA

SECONDA PARTE - ore 19, 30/ 20, 15

Con la voce di Maurizio DI MAGGIO :

* Lettura del testamento scientifico di Guglielmo Marconi Un flash-back tra ricorsdi ed immagini inedite di un papà "speciale"

* Talk show condotto dalla giornalista RAI del TGI Marina COMO in compagnia della Principessa Elettra MARCONI GIOVANELLI

* Conclusioni e saluti

DSC03694DSC03695DSC03696DSC03711DSC03710

DROITS & COPYRIGHTS DIACONESCO.TV - MONTECARLO 10.11.2009 -

Sul palco, esposti :

* La stampante Morse e tasta telegrafico, parti del sistema TSF MARCONI

* Un prototipo del detector magnetico Marconi, la cui versione industriale fu installata come ricevitore di bordo elle grandi navi di inizio'900 (come la Republic ed il Titanic)

* Un' antenna marconiana

* Una radio della Parconi Co. degli anni Venti

DSC03697DSC03708DSC03698DSC03699DSC03700DSC03701DSC03702DSC03703DSC03707DSC03709DSC03705DSC03704

Droits et Copyrights DIACONESCO.TV - MONTECARLO 10.11.2009 -

INTERNATIONAL MORSE CODE

1. A dash is equal to three dots.

2. The space between parts of the same letter is equal to one dot.

2. The space between two letters is equal to three dots.

4. The space between two words is equal to seven dots.

A . _            B _ ...         C _ . _        D _ ..    E .    F .. _ .      G _ _ .   

H ....     I ..   J . _ _ _   K _ . _     L . _ ..     M _ _    N _ .   O _ _ _    

P . _ _ .    Q _ _ . _    R . _ .     S ...     T  _        U .. _   

V ... _  W . _ _  X _ .. _  Y _ . _ _  Z _ _ ..         

DSC03702      

1 . _ _ _ _      2 .. _ _ _   3 ... _ _   4 .... _    5 .....   6 _ .... 

7 _ _ ...     8 _ _ _ ..   9 _ _ _ _ .     0 _ _ _ _ _

DSC03715DSC03717DSC03718DSC03719DSC03721DSC03723DSC03726DSC03729DSC03730DSC03731DSC03734DSC03740DSC03741DSC03744DSC03745DSC03747DSC03749DSC03750DSC03751DSC03752DSC03755DSC03762DSC03764DSC03767DSC03772DSC03773

COPYRIGHTS - DIACONESCO.TV OF COMPANY INTERNET COUNCIL LLC  U.S.A.

- MONTE-CARLO 10 NOVEMBER 2009 -



EXPOSITION GEMLUCART REMISE DE PRIX LE 6 NOVEMBRE 2009 A 18H00 AUDITORIUM RAINIER III

Chaque artiste a exposé  une seule oeuvre originale n'ayant  pas gagné d'autres prix ou mention dans une autre compétition artistique.

Meme le public a été invité à participer lors de sa visite de l'exposition en mettant des bulletins dans les urnes.

Les prix seront décernés demain et jugés par la jury composé par:

M. Vito Abba (Directeur de la BIENNALE DELL’ARTE à Florence-Italie)
Mme Marie-Aimee Tirole (Membre Commission National de l'UNESCO à Monaco)

Mme Bearice Brych (Presidente du GEMLUC)
Mme Nathalie Rosticher-Giordano (Conservateur du patrimoine)
M. Adriano Ribolzi (galleriste et antiquaire)

Le gagnant du premier prix GEMLUCART exposera 15 jours dans la galerie de Adriano RIBOLZI pendant l'année 2010.

Le deuxième sera le prix du public et le troisième prix sera le prix spécial du jury avec des diplômés.

Les oeuvres exposées pourront être vendues à l'occasion de l'exposition : partie de la vente reviendra au GEMLUC.

GEMLUC -  Groupement des Entreprises Monégasques  dans la Lutte contre le Cancer -  15, av. de Grande-Bretagne - 98000 MONACO - Tél +377 93 30 98 60 - Fax +377 93 30 16 16 - gemluc@gefluc.org

Seasif Group est partenaire du GEMLUCART

Le thème des oeuvres est l'Espoir et l'exposition sera ouvert au public jusqu'au demain  6 novembre 2009  dans l'Atrium de l'Auditorium Rainier III (ouvert de 10h à 18h)

COMMUNIQUE GEMLUCART, VENDREDI 6 novembre 2009

Ce soir, en présences des nombreuses artistes, des partners et des invitées, la JURY, composè par:

  • M. Vito Abba (Directeur de la BIENNALE DELL’ARTE à Florence-Italie)

  • Mme Bearice Brych (Presidente du GEMLUC)

  • Mme Nathalie Rosticher-Giordano (Conservateur du patrimoine)

  • M. Adriano Ribolzi (galleriste et antiquaire)

  • Mme Marie-Aimee Tirole (Membre Commission National de l'UNESCO à Monaco)

a finalement devoilée le nom des artistes gagnants Ia I° Edition du GEMLUCART (www;gemlucart.com)

PREMIER PRIX GEMLUCART: le tableau MARELLE, encre de chine pointe tubulaire et pinceau sur papier fait par le français M JEAN-LUIS GUITARD (www.jlguitard.com) (en photo a gauce avec le mecenate M FRANCO FAVILLA, PDG du Grup SEASIF, partenaire du GEMLUC, et la Presidente Dr Beatrice Brych) ses oeuvres seront exposé 15 jours dans la galerie de Adriano RIBOLZI de Monaco pendant l'année 2010.

Deuxième prix du public: le tableau TRASPARENZE A VENEZIA, HUILE SUR TOILE de l'italienne Mme Carla Moiso 

Troisième prix spécial du jury: ex aequo L'ALBERO D'ORO, HUILE SUR TOILE de l'italien Alessandro Toffanelli et SILENZIOSO UNTITLED #24, gravure sur papier de riz de la japonaise Inoue Sumio.

Seasif Group a été partenaire du GEMLUCART

Pour renseignements GEMLUC, téléphoner au 93 30 98 60 (le matin)

PHOTOS A DEMANDER A INFOPRESSE: Maria Bologna +33 677 06 52 38.

Articles et Rédactionnels :a envoyé a infomonaco@gmail.com

P1130809P1130812

favilla__brych__VINCITORE

PHOTOS COPYRIGHT INFOPRESSE MONTECARLO MARIA BOLOGNA



RENCONTRE AVEC LA PRESSE et ...


LES PROTAGONISTES DU


SPECTACLE


COMMUNIQUE PRESSE


A L’OCCASION DES CELEBRATIONS POUR LE CENTENAIRE DU NOBEL CONFERE A GUGLIELMO MARCONI ,

la COM & PRO, en collaboration avec l’Association Monaco-Italie, vous invite au spectacle:

" Il était une fois la radio : histoires et découvertes de Guglielmo MARCONI ", Témoignages de journalistes radiophoniques, souvenirs et images inédites de la "FONDAZIONE MARCONI "

Mardi 10 Novembre 2009 à 18H10,

Théâtre de Variété de MONACO.

Suivra spectacle à 18H30

(Entrée gratuite)


44809524


Avec la participation de Marina Como (Journaliste RAI 1), Bernard Spindler (Journaliste et ecrivain), Luisella Berrino et Maurizio di Maggio, (Journalistes RMC), Awana Gana (Journaliste), Monsieur Gabriele Falciasecca, Président de la Fondation Marconi de Pontecchio (BO), Madame Barbara Valotti, Directrice du Museo Guglielmo Marconi de Pontecchio (BO).


Egalement présente la Princesse Elettra Marconi Giovanelli.


Afin de bien souligner l’œuvre importante de Guglielmo Marconi, des radios seront exposés pour la première fois à Monaco, tel que des télégraphes sans fils.

Sponsors et partenaires du spectacle :


Monte Paschi Monaco Sam, COMITES, Cast Monaco, montecarloin.net, Conventions et Strategies Monaco, ClubMediaitalie, Comune di Ventimiglia, Hotel Fairmont Monte Carlo, Press Club Monaco.


Avec le concours du GOUVERNEMENT PRINCIER de MONACO

Marchio_Centenario_Versione_2009_Colore_RGB_72dpi


SIGARI

  • La COM et PRO de Maria BOLOGNA, en collaboration avec l'Association Monaco-Italie et le soutien du COMITES Monaco et le concours du GOUVERNEMENT PRINCIER, organise le mardi 10 Novembre, à 18h30, Théâtre des Variétés, le spectacle-hommage dedié au Centenaire du Prix Nobel à GUGLIELMO MARCONI '« Il était une fois la radio : histoires et découvertes de Guglielmo Marconi », Témoignages de journalistes radiophoniques, souvenirs et images inédites de la "Fondazione MARCONI" . Avec participation de BERNARD SPINDLER et de la Princesse Elettra Marconi Giovanelli. Entrée gratuite. Réservations auprès le secretariat de l'Association Monaco-Italie +377 97 77 85 85, INFO spectacle: Maria BOLOGNA 0677065238

  • INCONTRO CON L'AUTORE. Organisé par Luisella  Berrino, avec le soutien du COMITES. Le 12 novembre à 18h30, Auditorium Rainier III, Alfonso Signorini présentera son livre dédié à COCO CHANEL. Pour renseignements CAST MONACO, +377 93253010

  • "UN APPELLO ITALIANO AI GIOVANI PER LA SALVAGUARDIA DEI MAMMIFERI MARINI" , soirée organise le 16 novembre à 18h30 dans le Salon MEDITERRANEE du Meridien Beach Plaza, 22 Av Princesse Grace par l'ACCOBAMS, sous le Haut Patronage de l’Ambassade d’Italie a Monaco, le soutien de l'Association DANTE ALIGHIERI  et du COMITES MONACO. ENTREE SUR INVITATION.

  • PHOTOS DE LA SOIREE DEFENSE DES CETACES ET ESPECES MARINES EN MEDITERRANEE AVEC L'ORGANISATION ECOLOGIQUE ITALIENNE ACCOBAMS DANS LES SALONS DU MERIDIEN A MONTE-CARLO LE 16.11.2009 ( Couverture Photos Copyright DIACONESCO.TV )

DSC04293DSC04301DSC04309DSC04311DSC04314DSC04319DSC04343DSC04353DSC04355DSC04356DSC04358DSC04360DSC04362DSC04363DSC04364DSC04366DSC04368DSC04379DSC04380DSC04387DSC04398DSC04400

Droits et Copyrights Photos DIACONESCO.TV - 16 November 2009 MONTECARLO

  • L'Espace Culturel Scripta Manent  organise le mardi 17 novembre,  à 18h30, une conférence sur le thème  ‘I Vangeli hanno valore storico?’  avec Andrea Tornielli, écrivain et vaticaniste du quotidien italien ll Giornale. Entrée libre (dans la limite des places disponibles). Un cocktail suivra. Espace Culturel Scripta Manent - 29, rue du Portier (Monaco). Renseignements conférence: Tél. +377 97 77 51 10, port. +377 607 93 71 63.

  • L’Association Monaco-Italie, organisera le 24 novembre un diner-débat sur le thème de la Méditerranée avec Madame Rosalba Giugni de l’Association environnementale italienne Mare Vivo dan la Salle Belle Epoque de l’hôtel Hermitage. Renseignements auprès le secrétariat de l'Association Monaco-Italie +377 97 77 85 85.

  • Association DANTE ALIGHIERI organisé  une conférence avec le soutien du COMITES le 30 novembre à 18h15, Théâtre des Variétés, sur le thème ‘La notte di Alessandria. Luigi Durant de la Penne’ avec le Prof. Carlo Barbieri . Pour renseignements +377 97708947


ARMES_DE_MONACOmonacomonaco2principaute_de_monaco3MONACO4MONACO5monaco_aeriennerocher_de_monacogalerie_membre_monaco_bateaux1




08 novembre 2009

IL ETAIT UNE FOIS ... MON AMI FRED FOREST

Il était une fois...mon ami

Fred Forest ! 

EXPO_FRED_FOREST_CHEZ_DEPARDIEU_BIS_010

Parfois la vie vous réserve de belles surprises, la rencontre entre hommes d'exception qui va changer et bouleverser tout le cours de votre existence, cela peut arriver à n'importe quel moment de votre vie.

Nous sommes vers la fin du XX e siècle, pour être précis en ce début d' année 1995 au mois de Février, à cette époque de mon existence je vais sur mes 55 ans, demeure et travaille dans ma bonne ville de Nice qui m'a vu naître. Je suis salarié de " La Maison des Artistes de Nice Côte d'Azur " depuis deux ans et travaille comme  animateur culturel, responsable de la Communication de cette Association. Je suis aussi le Président actif d'une petite association culturelle que je venais de créer au début de 1994: DIACO TELE VIDEO.

Avec cette association D-TV le but recherché était de pouvoir lancer une " Télévision Régionale Locale " de proximité en P.A.C.A. , un espoir qui au fil du temps et dans une conjoncture de plus en plus morose devait s'amoindrir avec les années qui passaient, et dont l'aventure s'arrêtera définitivement un jour après avoir dépensé jusqu'à mon dernier centime en 1997 sans aucune aide de personne, comme cela devient une habitude en France quand vous êtes un illustre inconnu, invisible aux yeux du monde " politico médiatique " !

A la Maison des Artistes je m' étais lié d'amitié avec un " Artiste plasticien , " Professeur d'Histoire de l'Art à ses moments perdus, mon ami Dominique Canioni dit " COLORADO " et dont j'ai malheureusement perdu la trace depuis. Un jour " Domi " me pris à part pour me dire si j'étais intéressé d'aller avec lui assister aux conférences que donnait au Musée d' Art Moderne et d ' art contemporain ( M.A.M.A.C. ) un certain Professeur Théoricien de l'Art Contemporain qu'il avait connu à la Sorbonne, et qui depuis 1994 enseignait en maîtrise du département A.C.L. à l' Université de la Fac de Lettres de Nice Sophia Antipolis 

Amoureux de toute forme d ' expression de l' Art, je lui dits pourquoi pas ? Et nous voici Domi et moi-même avec un petit groupe d'étudiants et d'artistes locaux à nous rendre en ce début 1995 un vendredi 10 février à 15 heures précises à l ' amphithéâtre du M.A.M.A.C. pour aller écouter ce "Professeur" inconnu qui sortait pour moi de nul part...

De cette première rencontre je m'en souviens encore comme si c'était hier, tant elle est restée gravée profondément dans ma mémoire. Domi me présenta à ce Professeur dont je serrais la main pour la première fois de ma vie et que je n'avais jamais rencontré durant ma longue quête d'humanité.

Il me fit penser dés le premier abord à un professeur de B.D.  dont j'étais un lecteur assidu de "Tintin " dans ma tendre enfance avec les personnages connus comme le Professeur " Tournesol " ou bien celui de l' Étoile Mystérieuse avec le professeur "Hippolyte Calys" , et j'en passe...

Ce jour là le séminaire portait sur " Les Frontières du Virtuel " tout un programme avec comme "invité " du jour de ce Professeur, le Polytechnicien Philippe QUEAU, ingénieur des télécommunications, Directeur de Recherche à l 'I.N.A. et responsable à l'époque du programme sur le Forum des Nouvelles images à Monaco qui deviendra par la suite le grand Salon de renommé Internationale de l'image virtuelle : " IMAGINA ".

Inutile de vous dire que ce jour là à la fin du séminaire qui durait tout de même parfois plusieurs heures, j'en sorti la tête pleine de choses qui pour moi venant d'un monde matériel bien réel, devenaient incompréhensibles pour mon esprit cartésien d' Homo Sapiens.

Comme à chaque fin de séminaire les gens qui se connaissent entre eux se rencontrent pour échanger des commentaires ou des impressions, moi ne connaissant que peu de monde dans l'assistance à ce premier séminaire, je restais discrètement à l'écart des autres tout en attendant mon ami l'artiste " Domi " qui discutait avec le " Prof ".

Domi me voyant rester à l'écart de tout le monde vint me chercher pour que je puisse cette fois-ci rencontrer plus longuement l'organisateur de ce séminaire, ce que je fis volontiers, tant les débats m'avaient passionné malgré une certaine "inculture d'incompréhension" de ma part.

Je me présentais à nouveau au Professeur en déclinant mon nom et qualités, et n'ayant pas bien saisi la première fois son nom il me dit qu'il se nommé Fred Forest, Artiste, Professeur de la Chaire sur l'Esthétique de la Communication et de l' Art technologique de l ' Internet du département A.C.L. de la Faculté de Lettres à l'Université de Nice Sophia Antipolis. ( ouf ! )

Bien qu' étant de nature peu impressionnable, j'avoue encore aujourd'hui que je fus à ce moment là fort impressionné par le personnage que j'abordais pour la première fois, moi illustre inconnu des sphères du monde Universitaire, n' ayant fait que de sobres études inachevées jusqu' à un bachot moderne que j'avoue n'avoir jamais passé dans ma tendre jeunesse, car l'aventure m'attendait déjà au coin de la route dès 1958.

Il est un fait certain que ma curiosité à cette époque pour la compréhension des nouvelles technologies et celle de la timide arrivée et percée en France et en Europe de ce nouveau "médium " qu'est devenu depuis INTERNET, fut ce jour là pour moi une véritable révélation presque mystique ou divine dirais-je !

Encore aujourd' hui je me dits souvent que si je n'avais jamais eu l'occasion de rencontrer Fred Forest ce jour là, je ne serais jamais arrivé là où j'en suis, car c'est grâce à lui j' ai su en temps voulu prendre une autre dimension sur les événements et les choses, ainsi qu'une distance bénéfique dans la relation avec mes contemporains, merci mon ami Fred pour m'avoir donné tout cela, tu m'as apporté dans la vie ce qui m'a manqué le plus souvent avant que je ne te connaisse, le sens humain de notre existence, depuis cette rencontre qui est devenue pour moi historique, je t'avoue être devenu un autre homme !

Et là on peut dire aujourd' hui que l' aventure " cybernétique  " a vraiment débuté pour moi et mon entourage familiale à cette époque où j' ai commencé à fréquenter assidûment tous les séminaires " FRED FOREST " au M.A.M.A.C. de Nice, sans en manquer un seul pendant près de cinq ans durant que mon ami Fred enseignait à l'Université de Nice dans le département prestigieux d'A.C.L.!

Par la force des choses, ne me demandez surtout pas le mois ou le jour, mais cela devait être déjà presque au début des séminaires de l' année 1995, quand je suis devenu le collaborateur et l'organisateur direct et bénévole de Fred Forest dans sa quête du "Cyberespace" de l 'INTERNET durant toute cette dernière décennie du siècle dernier !

Fin 1997 Fred est à Paris, il est l'invité d'honneur de Jean-Michel BILLAUT Président à cette époque du Club de l'Arche et de l'Atelier à la Banque Paribas-BNP dans le 8e arrondissement de Paris. Fred me demande alors de le rejoindre à Paris en vue d'une grande réunion au sommet des " décideurs " de la haute administration française en ce qui concerne la promotion des nouvelles technologies en France. C 'est à cette époque que se réunissent les " 12 grands clubs de réseaux internet " qui se regrouperont sous la bannière de l' A.F.I., pour lancer au printemps en mars 1998 la première " Fête de l'INTERNET ", manifestation toujours en place chaque année au printemps , mais avec depuis plusieurs organisations nationales et internationales comme entre autres celle de Diacocyber qui l'a coordonnée en Région P.A.C.A. jusqu'en 2005,  bref un vrai succès de Communication Universelle du Net pour les Autoroutes de l'Information, comme l'a dit si bien Bill GATES. ( Microsoft bien sûr).

Depuis la fin du XXe siècle, Fred a pris sa retraite en tant que Professeur émérite et a quitté Nice dont les "Politiques" du coin n'ont pas voulu ni rien compris de lui, tant pis pour eux, tant mieux pour Fred et le microcosme Parisien.

Il s'est marié à Issy-les-Moulineaux avec une amie artiste multimédia comme lui, Sophie LAVAUD ( le premier cyber-mariage qui ait eu lieu virtuellement dans le monde !) , ont eu un petit garçon Adrien qui est devenu depuis un beau petit bonhomme et qui me connaît bien. Nous gardons Fred et moi sans arrêt le contact, soit en nous voyant à Paris ou à Nice et même ailleurs, soit par téléphone, mais surtout le plus souvent possible en correspondant toujours par mail.

Fred est mon ami et bien qu' étant son ami seulement depuis quinze ans bientôt, c'est comme si je l'avais toujours connu, il fait partie de ma famille lui et les siens, je fais partie de sa famille moi et les miens... 

c'est çà la vraie amitié fraternelle entre les hommes !

Ton ami Gérard

Rétrospective sur les performances de l'artiste multimédia Fred Forest suivi par Gérard Diaconesco depuis les années des pionniers de l' Internet à Nice de 1995 à nos jours ...

L' art sur Internet et l' arrivée en force du numérique avec Fred Forest et Sophie Lavaud

Fred Forest, artiste pionnier dans la création sur Internet, a été pressenti par les organisateurs de la Foire d'art contemporain Art Jonction de Nice cette année 2001 pour mettre en place une table ronde appelée à débattre des nouvelles formes d'art numérique et présenter sa pratique personnelle. Fred Forest passe pour être aussi le pionnier en France du Net-Art et de l'Art numérique. Il est l'auteur de nombreux ouvrages :

Art Sociologique, 1977 - Manifeste de l'Esthétique de la Communication, 1985 - Pour un Art actuel, l'Art à l'heure d'Internet, 1998 - Fonctionnement et dysfonctionnement de l'Art Contemporain, un procès pour l'exemple, 2000

Sophie Lavaud l'épouse de Fred Forest, autre artiste du numérique et de la réalité virtuelle ( RV ), a présenté également son travail, notamment son œuvre " Cyber Sky " réalisée avec une machine informatique baptisée pour la circonstance "installation interactive, capture d'écran".

Sophie Lavaud, artiste plasticienne multimédia est pionnière en France des arts numériques et de la réalité virtuelle ( RV ). Dès 1986 elle utilise grâce à l'informatique des palettes et des logiciels 2D et 3D avec la notion "d'installation". Elle réalise en 1995 la première version d'une installation virtuelle : " Centre Lumière Bleu " . Elle participe à de nombreuses expositions dont " Art Virtuel " à l'Espace Landowski, "@rt-Outsiders" en 2000.

  L'artiste Sophie Lavaud est titulaire d'un DEA d'arts plastiques, option Esthétique technologie et création artistique à l'Université de  PARIS VIII. De plus elle est titulaire d'un diplôme national d'intégrateur multimédia. Sophie Lavaud est devenue Madame Fred Forest à la suite d'un techno-mariage sur la toile du Net avec Fred en Mars 1999 dans la Commune d'Issy-les-Moulineaux.

Il est certain que le marché de l'art en entrant dans le 3eme millénaire et l'ère du numérique va devoir s'ajuster, à un moment ou un autre, à d'autres types de "produits". Il l'a déjà fait, nécessairement, quand sont apparus, successivement dans son histoire, la lithographie qui inaugurait en quelque sorte l'ère du multiple, la photo, le happening, la performance, l'installation, la vidéo, etc... L'économie de l'art à l'heure actuelle repose encore, essentiellement, sur une économie fondée sur l'échange et la commercialisation d'objets dûment matérialisés. Si on prend comme modèle les développements du commerce dans d'autres secteurs de l'activité humaine, on constate combien l'économie de l'information, "immatérielle", prend de jour en jour une importance grandissante dans notre vie quotidienne. Il ne fait aucun doute que des mutations liées au numérique affecteront dans les années à venir l'économie de l'art, la circulation de son information, la nature de ses supports et, inévitablement en conséquence, sa portée symbolique. Certes la fonction "décorative", dévolue à l'art depuis toujours, subsistera encore, peut-être sous forme d'écrans plats à cristaux liquides. Des écrans plats diffusant ( pourquoi pas ? ) des bandes alternées, en rapport avec le papier peint de votre salon, comme d'autres accrochent des pommes dans un compotier, des sous-bois ou des couchers de soleil. Mais l'art en train de se faire et de s'inventer, aujourd'hui, sera ailleurs. Il sera dans ( et sur ) les réseaux d'Internet !

Le développement des ventes en ligne, qu'on peut déjà constater, grignotant peu à peu les usages du commerce traditionnel, la multiplication de start-up comme opérateurs actifs du commerce de l'art sur Internet est la preuve, tangible et irréversible, de cette évolution (révolution). Selon l'étymologie, le mot "esthétique" désigne une connaissance du sensible. Il ne s'agit pas pour nous ici de disserter sur une catégorie abstraite. Il s'agit, plutôt, de chercher à comprendre comment ce monde du sensible "technologique", affecte désormais directement les individus que nous sommes et, par voie de conséquence, l'art lui-même ! Si nous n'en avons pas encore une conscience claire, ni individuellement, ni collectivement, les artistes sont là pour nous le rappeler. C'est une fonction qu'ils ont assurée tout au long de l'histoire de l'art et de l'humanité, en s'efforçant toujours de rendre visible l'invisible...            

L' art des réseaux participe à une esthétique de notre temps. Une esthétique conditionnée par un environnement informatique sans cesse plus prégnant ; et une utilisation d'Internet qui se généralise, que ce soit dans le privé, le professionnel ou la formation, à un public de plus en plus large. Un effort nous est encore nécessaire pour le constater, car le monde qui nous est propre est encore celui qu'une acculturation millénaire nous a conditionnés à voir ... Pour comprendre donc ce qui nous est sensible aujourd'hui, une esthétique de tradition, uniquement philosophique, ou relevant d'une analyse du type "beaux-arts", ne suffit plus à l'évidence. Il nous faut procéder à un élargissement du champ esthétique, faire sauter les verrous universitaires et ceux de l'analyse critique traditionnelle des oeuvres d'art, ses spécialisations , ses cloisonnements. Les critères de l'esthétique de la communication dont nous avons esquissé les principe avec Mario Costa, dès 1983, s'efforçaient précisément d'intégrer, au-delà de l'esthétique traditionnelle, convenue, des données relevant des sciences humaines, des sciences exactes, des neurosciences, enfin de tout ce qui est susceptible, sciences ou non, d'apporter une connaissance à son objet, qui est celui du "sensible". Nous vivons désormais dans un monde où tout est intimement imbriqué, un monde dans lequel les phénomènes biologiques, psychologiques, scientifiques, sociaux et environnementaux sont interdépendants. Pour tenter de toucher à la "sphère" du sensible, il faut mettre en oeuvre une approche systémique. La méthode discursive et linéaire d'hier est impuissante à le faire.

 Incapable de couvrir les champs multiples qui s'ouvrent avec Internet. A travers une modification progressive de nos systèmes de valeurs, de nos systèmes de pensée, de nos perceptions, nous passons sensiblement d'une vision mécaniste de la réalité à une conception holistique. Le monde de la communication, la structure en maillage des réseaux, les notions d'interactivité qui lui sont propres, nous introduisent dans d'autres formes de schémas mentaux. La notion d'objets séparés fait place dans notre conscience à une perception globale. Le rythme, les flux, sont plus importants que l'objet qui le produit. La réalité qui nous entoure est vécue sur le réseau comme une danse ponctuée par les cycles d'informations. Dans certains moments de notre vie, particulièrement riches, nous ressentons ce synchronisme qui nous met en harmonie avec l'ensemble de l'univers. Internet développe et favorise ce type de perception. Comme si dans ces moments, précisément, toute forme de séparation ou de fragmentation de notre conscience se trouvait miraculeusement abolie.

Cette évolution amène inévitablement les artistes à s'approprier d'autres types d'outils pour produire le symbolique propre à leur temps et traduire sa sensibilité, dans un monde où le fonctionnement de l'art va s'exprimer désormais, non plus en termes d'objets isolés, mais en termes de relation et d'intégration. Les oeuvres, les données, les systèmes d'art, seront appréhendés comme des "touts" intégrés. Des touts intégrés qui ne pourront en aucune manière se diviser ou se réduire à l'inventaire des parties constitutives dûment matérialisées.

Ce qui fonde "l'œuvre"( mais n'était-ce pas déjà le cas hier ? ), ce n'est plus tant son support matériel, sa représentation picturale intrinsèque, mais ce qui précisément n'est pas immédiatement perceptible à nos sens, au premier niveau, tout en l'étant à notre sensibilité, à notre intelligence. Les notions de dispositif, de connexion, de système, de mise en relation, d'interactivité, de présence à distance, d'action à distance, de virtualité prévalent désormais dans les nouvelles formes d'art qui se cherchent sur Internet.

 Les techniques électriques, électroniques, informatiques, le réseau Internet, lui-même, nous ont introduits dans la société d'information et de communication. La société des NTIC, comme on l'appelle de façon barbare. Ces techniques sont au cœur des changements intervenus dans la vie sociale depuis un siècle, modifiant notre environnement physique, mais aussi nos représentations mentales. Électricité, électronique, informatique et, aujourd'hui, Internet fournissent aux artistes de nouveaux instruments de création. Ce qui est déterminant, c'est la transformation de notre environnement, chaque jour un peu plus dans ce sens, et notre rapport d'ajustement, sans cesse en évolution avec une réalité mouvante.

En proposant des systèmes de communication comme "oeuvres" à saisir dans leurs fonctionnalités, leurs mouvements, leurs flux, leurs rétroactions, sur le support globalisant et planétaire d'Internet, l'artiste de la communication prétend, tout simplement, modifier nos habitudes de perception, prétend inciter sur nos comportements perceptifs et l'interprétation même de l'art. L'enjeu véritable de l'art contemporain, que je préfère pour ma part appeler "l'art actuel", se situe bien au-delà, désormais, du statut de l'image et du statut de la forme. Il se joue autour du rapport que nous entretenons dans notre relation au monde avec ce que nous nommons, communément, "réalité". Réel ? Virtuel ? Où se trouve donc aujourd'hui la véritable appréciation que nous pouvons avoir du monde ? C'est vrai qu'un chien représenté sur un tableau dans une scène de chasse n'a jamais mordu personne. Ce n'est pas si sûr qu'il en soit de même, demain, pour un avatar, lorsque le programme de réalité virtuel aura été connecté à un dispositif de robotique. Aux problèmes esthétiques s'ajoutent des interrogations d'ordre éthique. En arrière-plan, des comportements esthétiques qui évoluent en fonction de l'évolution des technologies, ce que proposent les artistes, notamment ceux qui créent aujourd'hui sur Internet, c'est en fait la constitution de nouveaux modèles anthropologiques. 

Fred Forest

Vernissage à la Galerie Depardieu

" CHEMIN DE CROIX " 

64  bd. Risso 06300 Nice vendredi

9 Septembre 2005 en présence de

l'artiste international Fred Forest

GALERIE_DEPARDIEU

en video : http://video.google.com/videoplay?docid=6111278391114126558 

http://video.google.com/videoplay?docid=-4349928896143098278

Du 9 septembre au 28 octobre 2005, l'artiste Fred Forest, présentera, à la Galerie Christian Depardieu à Nice, sa dernière oeuvre multimédia en ligne, crée sous le titre d'images-Mémoire, réalisée en partenariat avec l'INA ( Institut National de l'Audiovisuel ), présentée à la presse par M. Renaud Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture et de la Communication, exposée dans le hall du Ministère de la Culture en mars dernier. A la Galerie Depardieu, une installation in situ, spécifique et originale, sera mise en fonction. Il s'agit, avec cette nouvelle proposition, d'une réflexion "artistico-esthétique" approfondie, ludique et participative, au sujet d'Internet. Pour Fred Forest, le Web doit désormais être appréhendé et traduit comme une sorte de mémoire globale d'images, la mémoire des mémoires ! Un réservoir inépuisable de couleurs, de formes, de représentations, mises à notre disposition, qu'un moteur de recherche ratisse de façon inlassable, dans sa moisson systématique d'images.

Fred Forest, artiste atypique, singulier et inventif, s'est imposé au fil des ans, en totale indépendance critique, par rapport au marché de l'art et aux Institutions. Figure historique emblématique de la scène de l'art contemporain, il est doublement reconnu, à la fois comme pionnier de l'art vidéo ( 1970 ) et, trente ans plus tard, comme pionnier du Net Art ( 1995 ). Fait sans précédent pour un artiste vivant, l'ensemble de son oeuvre a rejoint, en juillet 2004, le patrimoine national par le biais de l'INA. Il est, par ailleurs, à l'origine de deux mouvements artistiques majeures, celui de l'art sociologique et celui de l'esthétique de la communication avec Mario Costa. Il participe, depuis sa création, à la "Fête de l'Internet" dont il est l'un des fondateurs. On se souvient notamment de ses actions retentissantes, comme "J'arrête le temps", au Pub Renault, sur les Champs-Élysées, " Le Centre du monde" à l'Espace Pierre Cardin, ou encore son propre "Techno Mariage", à la mairie d'Issy-les-Moulineaux.

Agitateur d'idées, il faut rappeler son rôle de précurseur à Nice comme professeur d'Université, avec un séminaire de renommée internationale qui a vu défiler, dans l'auditorium du MAMAC, les artistes et les théoriciens les plus importants en matière d'art numérique, d'Internet et de nouvelles technologies. Également, son long compagnonnage avec Pierre Restany et notamment une mémorable soirée qu'ils ont organisé, en parfaits compères, comme une énorme provocation, dans les salons de l'Hôtel Westminster sur la Promenade des Anglais... Fred Forest a un attachement viscéral pour la ville de Nice, qu'il adore et qui le lui rend bien. Son activité a été si intense en ces lieux, qu'il fût même question, au cours de discussions passionnées qu'il soit labellisé comme artiste de l'École de Nice ! ( il y avait les artistes inconditionnels pour et ceux franchement contre ... )

Fred Forest, n'en est pas à son coup d'essai. Son exposition à Nice réservera bien d'autres surprises. Déjà, en 1973 il s'est vu décerner le Grand Prix de la communication  à la Biennale de Sao Paulo ( Brésil ). Invité par Pierre Restany, qui était commissaire du pavillon Français, il a représenté la France à la Biennale de Venise, ainsi qu' à la Documenta de Kassel...

En attendant sa prochaine première rétrospective, prévue à l'étranger, ne ratez surtout pas son installation "Images-mémoire" à la Galerie Depardieu!

VERNISSAGE LE VENDREDI 9 SEPTEMBRE 2005 " CHEMIN DE CROIX ".

Une bonne occasion de retrouver sa verve et sa chaleur humaine et caustique.

Galerie Depardieu 64 Boulevard Risso 06300 Nice ( face au MAMAC )

tél : 04 97 12 12 97 fax : 04 97 12 12 90

http://www.galerie-depardieu.com

http://www.fredforest.org/Ina

Management et soutien technique du projet à Nice par Gérard Diaconesco

Fred Forest

parcourt le monde !

par Gérard Diaconesco

Qu'est-ce qui fait courir Fred Forest dans le Monde si ce n'est cette soif d'apporter aux autres peuples notre rayonnement culturel sans tabou ni complaisance, celui d'une vieille civilisation Française qui est chargée de plus de XX siècles d' Histoire.

Cet artiste français autodidacte et contestataire, mais tout de même Professeur titulaire de "Chaire d'esthétique de la communication et des arts" des Universités Françaises de la Sorbonne et de Nice Sophia Antipolis, était à même de pouvoir rééditer , 30 ans après, l'exploit de présenter une nouvelle contre-performance avec sa Biennale 3000 cette année au Brésil à Saopaulo, mégapole de plus de 18 millions d'habitants.

Pour cela Fred Forest invite tous les artistes à participer en grand nombre à sa Biennale 3000, biennale "virtuelle" qui a ouvert ses portes du 6 Octobre au 15 Décembre 2006 au Musée d' Art Contemporain de Saopaulo, et dans laquelle les artistes mais aussi les citoyens du Monde prennent le " Pouvoir " et exercent leur droit à la parole et à l'image en toute liberté sans censure ni choix sélectif !

http://www.biennale3000saopaulo.org   

Fred Forest a toujours joué un rôle important de pionnier. En 1973, il proposait déjà un art de la rue, un art de participation, un art de contestation, un art social. Aujourd'hui ces formes d'art accusent une partie non négligeable des pratiques artistiques actuelles, avec un retard de plus de trente ans, compte tenu de la lenteur des appareils culturels à assimiler la nouveauté.

Cette Biennale de l'An 3000 se réalise dans le même lieux que celle de l'An 2000 dans le Musé d'Art Contemporain USP du Parc Ibirapuera de Saopaulo au Brésil. Elles s'affirme, avec force et indépendance, comme une manifestation prospective qui met en évidence que l'art ne saurait rester figé sur des concepts du passé, alors que dans notre quotidien "Internet" procède à l'abolition du temps et de l'espace, et que le règne de  l'esthétique de la communication envahit toutes les dimensions du symbolique, de l'esthétique et du social.

Faire de l'art c'est faire d'abord du sens, et le sens ne se fait pas avec des concepts désormais obsolètes, alors que le monde se transforme aujourd'hui en temps réel à vitesse grand V.

Pour rappel, en 1973 des artistes représentatifs comme Amelia Toledo, Anesia Pacheco Chaves, Armando Canuto, Cesar Loureiro, Conrado Silva, Euclides Sandoval, Fabio Magalahes, Gilberto Moirimitto, Luiz Augusto de Aruda, Luiz Carlos Homem de Costa, Regina Celia Canel, Sergio Fuiza avaient participé à sa Biennale à Saopaulo.

Cette année la Biennale 3000 de Fred Forest se démarque de la Biennale officielle qui se déroule en même temps dans les bâtiments du Musé d'Art Contemporain de Saopaulo, car pour celle de Fred Forest il s'agit d'une biennale numérique, planétaire, participative, en résumé une biennale sans sélection, et par conséquent véritablement démocratique !

http://www.folhaembranco.org

Qu'est-ce qui fait courir

Fred Forest ?

PORTRAIT_2_sature_expo ACTUALITE FRED FOREST VIDEO_2_sature_video

http://www.webnetmuseum.org/php/fr/php-news_fr/show_newsfr.php 

1 - Fred Forest parcourt le monde, mais son cœur et ses engagements sont toujours plus que jamais ancrés dans la Baie des Anges à Nice !

Il se pourrait bien que l'année prochaine, à l'occasion des élections, il nous gratifie d'une de ces surprises "décoifantes", dont il est le seul à détenir le secret en Région PACA. Gérard Diaconesco son fidèle lieutenant sera toujours présent bien sur pour veiller dans l'ombre. Mais motus et bouche cousu, ne déflorons pas le sujet ! De toute façon, la Revue "performARTS" qu'on s'arrache déjà à Paris au point que ses derniers exemplaires se vendent au marché noir au Palais de Tokyo derrière le comptoir, vous tiendra au courant les premiers, c'est promis !

Donc, Fred Forest se voit consacré avec une première " grande " rétrospective à l 'étranger. Et, de fait, la Galerie Christian Depardieu est étroitement associée à cette montée en puissance et à ce succès rien d'étonnant à cela ! Rien d'étonnant à ce que cette rétrospective se réalise à l'étranger quand on constate comment la France s'en va en quenouille. C'est normal, estime l'artiste que ce soit au Brésil, un pays neuf, où l'art n'est pas à la traîne et à la remorque des "amerloques". Sao Paulo c'est New York, puissance dix, dans tout ce que cette ville a d'excessif, en bien comme, en mal, en positif, comme en négatif.

http://www.webnetmuseum.org/php/fr/php-news_fr/show_newsfr.php

http://www.webnetmuseum.org/php/image_catalogue/index_fr.php

Au Brésil, en Mai 2006, rééditant ses exploits du passé, lors de la XII e Biennale de Sao Paulo, où il s'était distingué par le " Grand Prix " de la communication et son arrestation par la police militaire, l'artiste va faire son exposition rétrospective au Paço das Artes, mais selon sa pratique, il va réaliser des " expériences " de presse participatives avec des journaux comme La Folha de Sao Paulo et des Télévisions comme TV Globo.

http://redeglobo.globo.com/

Participez aussi à son site brésilien de libre expression et de libre information :

http://www.folhaembranco.org/

2 - Fred Forest publie aux éditions de l 'Harmattan un nouvel essai sous le titre sybillin : "L'oeuvre-système invisible". Il prétend que les artistes vont travailler de plus en plus dans la dimension de l' invisible... Son livre postule sur le prolongement et le dépassement de l'art sociologique, de l'esthétique de la communication et de l'esthétique relationnelle...

3 - Fred Forest au Brésil au mois de Mai 2006, sera en Juin au Canada à l'invitation de BRAVO un regroupement de 2500 artistes visuels de l' Ontario pour une série d'interventions à Ottawa, Toronto et Mattawa.

En attendant de revenir bientôt à Nice, comme beaucoup le réclame, Fred Forest fourbit ses armes à l ' étranger sous la protection attentive de Sainte Rita omniprésente en région PACA comme ailleurs et vous donne rendez-vous pour les futures élections à Nice sur la place Masséna ! 

Fred Forest    

GALERIE ARCHIVES PHOTOS COPYRIGHTS DIACONESCO.TV

05a_112a_119a_120a_121a_124a_125a_126a_129a_131a_174a_178a_188a_197a_199a_1100a_1ACTU_ARTJONCTION1ART_SOCIOLOGIQUEESTHETIQUE_COMMUNICATIONOSAKA1970MACHINE_TEMPSTERRITOIREMONACOJ_ARRETE_LE_TEMPS      

Photos Copyrights Archives Collections DIACONESCO.TV

( pour la suite sur la galerie des Photos à visiter sur le Blog Diaconesco.tv l'Album Fred Forest )


« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »