12 février 2012

POUR UN DEMONTAGE CONCERTE DE L'EURO

Pour un démontage

concerté de l'Euro

SOURCE :


http://www.observatoiredeleurope.com/Pour-un-demontage-concerte-de-l-euro_a1717.html



62555304Bien que nos concurrents américain et chinois aient intérêt à la survie de la monnaie unique européenne, celle-ci est condamnée, tôt ou tard, à une explosion incontrôlable. C’est pourquoi, afin d’éviter ce désastre, les signataires de ce texte proposent qu’une concertation européenne soit engagée en vue d’aboutir au démontage nécessaire de l’euro. Les douze économistes signataires, parmi lesquels Jean-Luc Gréau, Jacques Sapir et Jean-Claude Werrebrouck, estimant que « l’obstination des gouvernants à foncer, à marche forcée, dans l’impasse de l’euro ne peut conduire qu’à une aggravation générale de la situation économique en Europe. », proposent ici un plan de sortie de l’euro.


par Gabriel Colletis, Alain Cotta, Jean-Pierre Gérard, Jean-Luc Gréau, Roland Hureaux,Gérard Lafay, Philippe Murer, Laurent Pinsolle, Claude Rochet, Jacques Sapir, Philippe Villin, Jean-Claude Werrebrouck.


La véritable cause de la crise de l’euro, c’est la montée inexorable de la dette extérieure dans la moitié des pays de la zone. La nécessité de faire appel à des capitaux étrangers indique que la question cruciale est que leurs ressources propres n’ont pas été utilisées suffisamment pour développer les capacités productives des pays concernés et les rendre compétitives. Si l’on retranche les créances que possède chacun des pays, une dette extérieure nette touche les deux tiers des membres de la zone euro.

Les plus affectés sont les pays les moins compétitifs, comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne ainsi que l’Irlande. Un deuxième groupe de pays comprend l’Italie, où la dette extérieure nette est de 27 %, et la France, dont les 30 % sont dus pour l’essentiel à une accumulation de sorties de capitaux d’investissements directs à l’étranger ; pour la Finlande et l’Autriche, la dette nette demeure minime, représentant moins de 8 % de leur PIB. Non seulement les autres pays de la zone euro ne sont pas concernés, mais ce sont au contraire des créances extérieures nettes qui apparaissent pour les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et surtout pour l’Allemagne.

Dans ces conditions, l’obstination des gouvernants à foncer, à marche forcée, dans l’impasse de l’euro ne peut conduire qu’à une aggravation générale de la situation économique en Europe. Bien que nos concurrents américain et chinois aient intérêt à la survie de la monnaie unique européenne, celle-ci est condamnée, tôt ou tard, à une explosion incontrôlable. C’est pourquoi, afin d’éviter ce désastre, les signataires de ce texte proposent qu’une concertation européenne soit engagée en vue d’aboutir au démontage nécessaire de l’euro. Celui-ci pourra se faire selon les six modalités suivantes.

1) Des monnaies nationales seront recréées dans chacun des pays de la zone. Cela se fera en échangeant un euro existant contre une unité de cette nouvelle monnaie. Pour les billets, il suffira d’une courte période de transition, pendant laquelle les anciens billets en euros - émis par chaque banque nationale et portant aujourd’hui un signe distinctif selon le pays (marque "U" pour la France) - seront surchargés d’un tampon, avant qu’une quantité suffisante de nouveaux billets n’ait été imprimée en vue d’un échange. Pour les pièces, l’échange pourra se faire très vite puisque celles-ci comportent déjà une face nationale.

2) A la date du démontage de l’euro, les parités monétaires des nouvelles monnaies nationales, les unes par rapport aux autres, seront définies d’un commun accord, afin de rétablir des conditions normales d’échange. Là se trouve le seul moyen de résoudre valablement le problème principal, qui est celui des dettes extérieures nettes. On tiendra compte de la hausse des prix de chaque pays depuis la création de l’euro et de la situation de ses échanges extérieurs. Les dévaluations ou réévaluations nécessaires seront définies vis-à-vis d’une unité européenne de compte, dont la valeur internationale sera calculée par une moyenne pondérée des taux de change des monnaies nationales, comme c’était le cas pour l’ancien écu.

3) A l’intérieur de chacun des pays resteront inchangés, à la date du démontage, les prix des biens et des services, de même que les valeurs des actifs et des comptes bancaires. La disparition de l’euro fera que la dette publique de chaque Etat sera convertie dans la monnaie nationale correspondante, quels que soient les créanciers, à l’exclusion de ceux qui détiennent des créances commerciales. En revanche, les dettes extérieures des agents privés, de même que leurs créances commerciales extérieures, seront converties dans l’unité européenne de compte. Bien que cette solution favorise les pays forts et défavorise les pays faibles, elle est la seule réaliste afin d’assurer la pérennité des contrats conclus antérieurement.

4) Sans qu’il soit besoin d’établir un contrôle des changes, tous les gouvernements déclareront des vacances bancaires pendant une période limitée. Ils fermeront temporairement les banques pour déterminer celles qui sont viables et celles qui devront faire appel à la banque centrale. Les cotations seront arrêtées pendant cette période. La solution consistera sur la base d’un principe universel à décider que la garantie sera supportée par les banques centrales, qui abandonneront leur indépendance et retrouveront les statuts d’avant les années 1970. L’Etat protégera les épargnants, en prenant si besoin le contrôle d’une partie du système bancaire.

5) Les taux de change nominaux des monnaies nationales resteront fixés, durant cette même période, selon les parités décidées d’un commun accord. Ensuite, ils feront l’objet d’un flottement concerté sur le marché, à l’intérieur d’une marge de fluctuation de + 10 %. Un nouveau système monétaire européen pourrait alors être étudié afin de stabiliser les taux de change réels.

6) Cette opération serait facilitée si, préalablement au démontage de l’euro, son taux de change s’était fortement déprécié vis-à-vis des autres monnaies. La fin d’un euro cher ne sera sans doute pas acceptée par tous nos partenaires ni par la Banque centrale européenne, mais la France pourra y contribuer préalablement en abrogeant la loi Giscard de 1973. Celle-ci, qui interdisait le financement de la dette publique par la banque centrale, avait d’ailleurs été consolidée une première fois dans le traité de Maastricht, puis une seconde dans le traité de Lisbonne.

Dans le futur, nous pensons que l’on ne pourra pas faire l’impasse sur les problèmes qui ont été masqués par la crise de l’euro, en particulier l’emballement de la création monétaire privée et la dérive mondiale des systèmes bancaires, conséquence de l’abolition du Glass-Steagall Act. Adoptée en 1933 (abolie en 1999)

NOTE:
à la suite de la crise de 1929, la législation bancaire stricte Glass-Steagall Act a, notamment, séparé les banques de dépôt des banques d'investissement aux Etats-Unis.
 
Collectif :
Gabriel Colletis, Alain Cotta, Jean-Pierre Gérard, Jean-Luc Gréau, Roland Hureaux,Gérard Lafay, Philippe Murer, Laurent Pinsolle, Claude Rochet, Jacques Sapir, Philippe Villin, Jean-Claude Werrebrouck (économistes).

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10 janvier 2012

LA TVA SOCIALE : UNE NOUVELLE CALAMITE Editorial Politico-économique par Michel de PONCINS

LA TVA SOCIALE: UNE NOUVELLE CALAMITE

Editorial Politico-économique par Michel de PONCINS

michel de poncins chroniqueur politique 

La TVA sociale est une de ces idées folles qui ressortent régulièrement comme un serpent de mer ; elle donne alors, le spectacle de beaux coups de mentons à couleurs électoralistes. Une analyse à son sujet doit tenir compte des deux aspects de la religion du « tout-état » : la folie dépensière qui conduit à la folie taxative.

Cette double folie mène à plusieurs calamités qui ont toutes leurs solutions; mais celles-ci ne conviennent pas aux dévots de la religion du tout-état. Elles offrent, en outre, aux bureaux l'occasion d'imaginer des « dispositifs » que les politiques s'empressent de saisir pour satisfaire leurs besoins électoraux. Ces dispositifs sont censés remédier aux calamités qu'ils ont eux-mêmes créés avec l'aide de ces bureaux.

Le projet de TVA sociale veut terrasser d'un seul coup plusieurs calamités : manque de compétitivité, délocalisations, chômage, déficit de la balance commerciale et déficit de la sécurité sociale. Si elle est mise en œuvre, elle créera à son tour une gerbe de nouvelles calamités.

En résumé, dans sa configuration présente, le projet est de majorer la TVA, ce qui frapperait financièrement les importations en particulier des pays à bas salaires ; ainsi la pression sur le travail pourrait être allégée et les importations amoindries, à condition évidemment qu'il n'y ait pas de mesures de rétorsion. L'argent récolté permettrait de baisser les charges sociales pesant sur ce travail, rendant ainsi nos industries plus compétitives. Elles seraient aidées à supporter notre modèle social que, paraît-il, « le monde entier nous envie »! Cette idée, en clair, signifie de mieux financer ce que l'on dénomme le « trou se la sécu ».

 

AGGRAVATION FISCALE

Tout reposerait, en fait, sur une aggravation des impôts. Selon les annonces, la TVA de 19,6 % serait augmentée pour tous les produits et services, qu'ils soient fabriqués en France ou à l'étranger. Nul ne peut dire aujourd'hui de combien elle serait augmentée ; des hypothèses multiples sont avancées : de 1 % à 2% au début et davantage après. Cette hypothèse d'une première période de rodage, suivie d'un niveau définitif, ouvrirait une période d'incertitudes pour les entreprises ; pour situer les chiffres, un point de plus « rapporterait» 7 milliards. La folie taxative étant omniprésente, il est même question de manipuler la CSG ce qui donnerait encore plus d'argent à la voracité étatique.

Les commentateurs avancent une contre-vérité évidente : les ordinateurs calculeraient la hausse, de telle façon qu'elle correspondrait aux allègements de charges sociales prévus. Ce n'est qu'une plaisanterie. Humainement parlant le calcul est absolument impossible à faire. A cette impossibilité majeure, s'ajoute l'impécuniosité permanente des gouvernements de toutes sortes ; tous les programmes sont les mêmes à cet égard. Une fois la boîte de Pandore ouverte, il n'est pas possible que le pouvoir, quel qu'il soit au sortir des urnes, ne cède pas à la tentation de ramasser le maximum de sous à la faveur du grand chambardement.

Ce grand chambardement s’attaquerait donc directement au pouvoir d'achat, ce qui frapperait comme d'habitude sévèrement les plus modestes. L'amélioration toute hypothétique imaginée grâce à l'allègement envisagé des charges sociales est pour plus tard. On reconnaît les « lendemains qui chantent » refrain du marxisme, idéologie sous-jacente de la manœuvre.

Pour justifier cette attaque directe, il nous est proposé une chaîne de raisonnements fallacieux. La compétitivité en berne proviendrait exclusivement du coût excessif du travail dû notamment aux charges sociales ; il en résulte le projet d'alléger ces charges sociales. Certes le niveau excessif de celles-ci est un problème ; ce n’est pas le seul. Les entreprises affrontent la concurrence internationale dans le cadre de la mondialisation en traînant derrière elles un véritable boulet : c’est l'action étatique dans son ensemble qui est dirigée directement contre les entreprises et les chassent hors de France. Il s'ajoute la culture de la grève qui assassine littéralement l'économie au détriment d'ailleurs des grévistes eux-mêmes.

La taxation étant par hypothèse décidée, il s'agirait de choisir les charges sociales à supprimer. Les charges patronales seraient les premières à alléger pour donner de la souplesse aux entreprises. Beaucoup prêchent aussi pour l'allégement des charges salariales en vue de panser partiellement la plaie du pouvoir d'achat. Nous nous dirigeons, certainement, vers des empoignades aboutissant à une nouvelle usine à gaz dont les effets sur la richesse générale seront comme d'habitude négatifs.

 

ET LA SECURITE SOCIALE ?

L'objectif énoncé officiellement est de sauver « notre » protection sociale sans nuire à la compétitivité : en clair il faut faire face au problème récurrent du « trou de la sécu ».

Le gouvernement veut faire croire que par cette mesure magique, la compétitivité accrue relancera la croissance et l'emploi ; ce vrai bonheur permettrait de supporter sans douleur le « modèle social ». En fait, cette perspective est si lointaine qu'elle s'apparenterait à des « surlendemains » qui chantent !

Le fameux trou de la sécu revient chaque année à la fin de l'été. Le déficit devrait être ramené à 13,9 milliards d'euros en 2012, contre 18,2 milliards en 2011 et 23,9 milliards en 2010. Il y a donc des promesses. Même en cas de réalisation, il s'agira toujours de déficit. La dérive financière est permanente et croissante : en 2002 le déficit était « seulement » de 3,50 milliards d'euros et, déjà, il inquiétait.

La Cour des Comptes, théoriquement chargée de surveiller, a écrit publiquement naguère qu'elle ne pouvait rien contrôler car il n'y avait pas de gestion. Dans les gènes de l'organisation et dès le début, le déficit était inscrit. En effet, c'était et c'est toujours comme un gigantesque baquet où l'argent arrive de toutes parts et sans beaucoup d'efforts puisque la force publique y veille ; cet argent sort au hasard de l'humeur des politiciens et syndicalistes momentanément aux affaires, c'est-à-dire sans une véritable gestion. Nous avons indiqué ailleurs le moyen de sortir de ce vrai guêpier, une des causes majeures de la paupérisation du pays et de la panne de croissance.

Ce n'est pas la TVA sociale qui la sauvera. Le grand chambardement prévu reste ce qu'il est depuis qu'on en parle : une posture médiatique dans le jeu perpétuel d'une démocratie frelatée.

Michel de PONCINS

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05 janvier 2012

Chômage : lamentations publics par Michel de PONCINS

CHOMAGE : LAMENTATIONS PUBLIQUES

 

Chronique par Michel de PONCINS

michel de poncins chroniqueur politique

Le drame du chômage revient à la une des journaux avec les lamentations publiques auxquelles se joint le Président lui-même par ses vœux. Les mauvais chiffres s'accumulent. En novembre, il y eut trente mille demandeurs d'emploi supplémentaires et les perspectives sont sombres ; les jeunes sont particulièrement touchés. Avec un taux de chômage « officiel » de 10 % la France est très mal placée. De ce fait, le pouvoir réagit en convoquant un sommet à l'Elysée, autrement dit une parlotte. L'une des idées est de simplifier et d'accélérer les procédures de chômage partiel. Il est envisagé aussi des « accords compétitivité emploi » pour les entreprises connaissant un trou d'air provisoire.

L'enchaînement des faits récents est le suivant : chômage récurrent, aggravation, parlottes officielles, interventionnisme étatique, syndicats embusqués, bricolage d'urgence, de nouvelles usines à gaz en perspective.

 

RIEN DE NOUVEAU

Rien de tout cela n'est nouveau. En avril 2009, le Président Sarkozy présentait un plan d'urgence destiné prétendument à atténuer le taux de chômage. Il visait à faciliter le recrutement de jeunes dans les entreprises par le biais de l'apprentissage et de contrats aidés. Selon la coutume, ce plan était imprégné de dirigisme, ce qui embarrassait fort les socialistes ! Le plan coûtait 1,3 milliards d'euros et générait à due concurrence le chômage dans toute la population, jeunes et vieux, à cause des impôts nécessaires. Il était promis 320 000 contrats d'apprentissage en un an, grâce à une exonération de charges et à une prime ; de l'argent a été déversé dans une campagne d'information sur l'apprentissage.

Des sortes de nouveaux fonctionnaires, sous le nom de «référents », devaient faire la promotion de l'alternance. Une mission de promotion et de développement de l'alternance incitait les entreprises à signer une charte d'apprentissage contenant des objectifs d'embauche ; c’était du temps perdu, sauf bien entendu pour l’heureux «missionnaire » ; il existe des « Hauts » commissaires : aurons-nous bientôt des «Hauts » missionnaires ? Les référents et le missionnaire existent-ils toujours ? Mystère.

Un nouveau contrat de travail était créé : le « contrat accompagnement formation », s’ajoutant à la nuée de contrats de travail possibles. La liberté des employeurs était de nouveau réduite par l'obligation de rémunérer les stages de plus de deux mois alors que jusqu'alors l’obligation ne survenait qu’à partir de trois mois.

A l'époque l'élection de 2012 était lointaine et le Président avait une totale liberté d'action. Il pouvait en abandonnant ses idées socialisantes résoudre le problème du chômage. Il ne l'a pas fait et la patate chaude lui retombe dessus pendant sa campagne présidentielle déjà ouverte bien que non déclarée.

Le 4 juillet 1977, Raymond Barre avait lancé le premier « pacte national pour l'emploi des jeunes », Ses successeurs à Matignon ont inventé une kyrielle de dispositifs : contrats de qualification, stages d'insertion dans la vie professionnelle, travaux d'utilité collective, contrats emploi solidarité, emplois jeunes, contrats jeunes en entreprise, contrat d'insertion dans la vie sociale, contrat de professionnalisation. Dominique de Villepin  avait aussi mis en œuvre un « plan d'urgence pour l'emploi des jeunes ». Selon le principe des calamités, chaque dispositif nouveau est une autre calamité prétendant corriger les précédentes.

 

L'EXPLICATION DU CHOMAGE

Les causes du chômage sont multiples. Elles peuvent être énoncées, sauf erreur ou omission, en notant que leurs effets sont cumulatifs : désindustrialisation, impôts destructeurs des entreprises, immigration sauvage, Smic en accroissement constant, code du travail et son incroyable complexité des multiples contrats de travail, extrême difficulté des licenciements, grèves permanentes chassant les investisseurs hors de France, nuée d'organismes publics souvent immortels et prétendant s'occuper de la calamité .

Toutes ces causes découlent de la politique socialisante de la fausse droite ou de la vraie gauche. Le chômage est bien fils du socialisme. Dans l'impossibilité d'agir sur la totalité des causes, que faudrait-il pour remettre au plus vite les Français au travail ? Il y a deux leviers essentiels : les entreprises et le code du travail.

Libérer les entreprises devrait être au cœur de l'action. Elles sont les seules, aptes à faire décoller la croissance en créant de la richesse et des emplois.

Il est nécessaire de supprimer un ou deux impôts parmi les plus destructeurs. Soulignons un point important : réduire un impôt ne sert à rien ; même réduit, l'impôt génère des frais, des fonctionnaires et des contentieux et quelle que soit le niveau de la réduction, il renaîtra un jour. La suppression totale implique la suppression des bureaux, des déclarations, des formulaires et de l'incertitude.

Le code du travail, en croissance perpétuelle, compte plus de 2 600 pages, il pèse 1 kilo et demi. De nombreux organismes et personnages parasitent à son abri ; ils sont embusqués et n’entraînent que la destruction des entreprises et de l'emploi. Or la vraie garantie des salariés est l'existence de nombreuses et prospères entreprises. Pour contourner le puissant pavé, la seule solution est de permettre des contrats de travail entièrement libres ; employeurs et employés contracteraient à partir de projets bâtis par des avocats.

Une solution à minima serait de faire disparaître deux ou trois des dispositifs qui empêchent les entreprises d'embaucher ; cela déclencherait un cercle vertueux. La possibilité de licencier facilement pourrait ouvrir le cycle des embauches. On se souvient de la loi de 1948 qui en organisant le maintien dans les lieux a détruit le marché du logement pendant de longues années. Dans le domaine de l'emploi, il existe une sorte de maintien dans les lieux qui gèle toute possibilité d'évolution rapide. Le projet actuel « d'accords compétitivité -emploi » en vue de gérer les trous d'air reflète bien cette situation.

 

TOUT EST POSSIBLE

Personne ne peut dire que ces évolutions sont impossibles. La Suisse, pays de plus grande liberté, se signale par un taux de chômage très bas avec de la pénurie de main d'œuvre dans certains métiers. En Nouvelle-Zélande, pays qui s’est largement libéré et pourtant sous des gouvernements travaillistes, il existe un contrat de travail libre entre les employeurs et employés. Les bénéficiaires de ces contrats gagnent en moyenne 35 % de plus que les autres !

Faute de s'engager dans cette voie, le drame épouvantable du chômage se poursuivra : les plus fragiles en souffriront davantage que les autres….

 

Michel de PONCINS


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20 décembre 2011

L'OMNIPOTENCE DES SYNDICATS EN FRANCE

L'OMNIPOTENCE DES SYNDICATS

 Chronique Politico-économique par Michel de PONCINS

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Deux évènements simultanés se produisent sous nos yeux et sont étroitement liés : l'entrée « officielle » de la France en récession et l'omnipotence des syndicats.

La récession, faisant suite à une panne de croissance vertigineuse, est le résultat pitoyable de plusieurs années de gouvernements situés à gauche, non par leurs déclarations mais par leurs actions ou omissions. Elle se continuera quel soit le résultat de l'élection de 2012 : tous les programmes se ressemblent, à quelques nuances près, et nous mènent à la ruine. Le plus étonnant est qu'Angela Merkel pousse aussi à cette ruine : elle ne s'aperçoit pas ou, par idéologie, ne veut pas s'apercevoir que l'économie allemande peut, elle aussi, se trouver emportée vers la destruction vers laquelle les 27 s'engagent résolument.

Dans le cas particulier de la France, l'omnipotence des syndicats est au coeur du problème avec leur richesse insolente dont les détails net ces jours-ci fleurissent dans tous les médias. En 2007, ils ont reçu solennellement le pouvoir qui leur a été donné par le président sorti des urnes ; depuis lors, par une faute grave, leur omnipotence, au demeurant ancienne, a perduré. Leur richesse et celle de leurs chefs s'est consolidée. C'est d'autant plus intolérable que leur représentativité est sujette à discussion, voire extrêmement faible.

 

UNE BOMBE

Dans ce paysage, une véritable bombe vient d'éclater et la « médiacratie » en a peu parlé laissant une large place au tour d'horizon habituel des crimes qui se produisent un peu partout.

Un rapport de 700 pages a été réalisé sur le financement de ces syndicats, suite à la création au sein de l'Assemblée d'une commission d’enquête le 8 juin dernier. 700 pages, ce n'est pas rien et une centaine de personnalités ont été auditionnées, non sans peine tant le terrain est miné ; le coût même du rapport doit être astronomique ; la commission créée à cet effet était présidée par un député nouveau centre, Nicolas Perruchot, très connaisseur du sujet. Le rapport dissèque pour la première fois les 4 milliards d’euros de financements annuels directs ou indirects de nos syndicats, nécessaires faute de cotisations. En effet, les cotisations des adhérents n'apportent que 3 à 4 % du financement. Les connaisseurs sont au courant depuis longtemps du scandaleux sujet ; la nouveauté est qu'un rapport officiel vient de faire éclater la terrible réalité.

Monsieur Bernard Accoyer, président de l'Assemblée a décidé qu'il n'était pas possible de publier le rapport et, sauf erreur, une telle décision est unique dans l'histoire des rapports de l'Assemblée. Il a déclaré que la commission d'enquête avait ainsi terminé son existence. La bombe était si forte que son éclatement aurait menacé le système entier et qu'une chape de béton s'imposait ! Certes, il y eut certaines protestations, et même du côté syndical, contre l'arbitraire de la décision ; les protestataires, présentés abusivement comme courageux, savaient très bien que la décision salvatrice était prise et qu'elle corroborait leur toute puissance quasi totalitaire. Le seul avantage du rapport est que les langues se sont déliées et que beaucoup d'informations ont circulé.

 

DES FAITS

Voici quelques faits disparates aussi bien dans leur nature que dans leur importance : A Pékin, en September 2004, 180 dirigeants français des caisses de sécurité sociale ont séjourné dans les plus luxueux hôtels de la capitale de la Chine. Motif : participer à l'assemblée générale de l'association internationale de sécurité sociale. Le nombre stupéfia les autres délégations.

Le 8 novembre 2004, selon un présentateur de France 2, un chauffeur de la CFDT a avoué que toute sa vie il avait été rémunéré par le Crédit Lyonnais, qu’il ne voyait que pour aller toucher sa feuille de paie.

Le président de la CGC a confié tout sourire qu’il était appointé par Total et que son trésorier l'était par les Pompes Funèbres générales ; 28 personnes du siège étaient rémunérées par des firmes privées.

A la même époque, la télévision a déclaré à propos d'une multinationale que dès qu'un salarié était nommé délégué, il recevait une promotion. Qu'il choisissait parfois lui-même. Bien mieux : il y avait aussi d’autres avantages : embauches de proches, primes et indemnités de logement de gaz et de chauffage.

C'est la mairie de Paris qui de 1990 à 2001, soit pendant onze ans, a payé un des domestiques de Marc Blondel baptisé « garde du corps ». Le contrat a été finalisé lors d’une petite fête dans un restaurant landais de la capitale le 11 mai 1990.

Après ces « menus » faits, voici plusieurs sources de la « rivière argentée » : La formation professionnelle des adultes ou FPA, le paritarisme avec le patronat dans une foule d'organismes comme les caisses de retraite, le dialogue social, les comités d'entreprises, le conseil économique, social et environnemental, avec ses succursales.

La Cour des comptes, dans un rapport publié le 6 décembre de cette année, vise le comité d'entreprise de la RATP et demande l'ouverture d'une enquête pénale : appels d'offres douteux, doubles facturations, dépenses somptuaires. La charge du comité d'entreprise représente 113 euros par agent. Il s'y ajoute la subvention aux oeuvres sociales qui multiplie d'une façon importante la manne financière du syndicat. Cette étude est tombée sur la RATP mais aurait pu aussi tomber ailleurs. En effet, si la Cour des comptes ne se dérange pas, l'omerta est la règle. Depuis la loi Waldeck Rousseau de 1884, les syndicats n'avaient pas de comptes à fournir. La loi d'août 2008 sur leur représentativité les y oblige désormais, mais personne n'est vraiment pressé !

 

RUINE ET DESTRUCTION

La ruine infligée au peuple français par cette situation accablante ne vient pas seulement par le formidable détournement d'argent dont les chefs sont les principaux bénéficiaires mais aussi par la destruction des entreprises et l'usage perpétuel et abusif de la grève. Dans cette action meurtrière, les chefs syndicalistes forment une alliance de fait avec les politiques, dont les chefs détournent aussi beaucoup d'argent. Le plus grave, peut-être, est que ces fausses élites se livrent publiquement à des actes immoraux, ce qui explique, en autres causes, le mépris qu'elles encourent de la part de la population.

Madame Thatcher arrivée au pouvoir, se trouva devant des syndicats encore bien plus puissants que les syndicats français aujourd'hui. Elle sut les briser et les péripéties du combat méritent d'être connues et analysées.   

Michel de PONCINS

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12 décembre 2011

TRIPLE A, MON AMOUR par Michel de PONCINS

TRIPLE A, MON AMOUR

 

Chronique Politico-économique par Michel de PONCINS

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Ce fameux triple A est devenu l'idole absolue devant laquelle chacun est obligé de s'incliner. Les nouvelles se bousculent à vive allure et ressemblent à un étrange ballet : un pas en avant, puis un pas en arrière. La prétendument vertueuse Allemagne est elle-même menacée ainsi que d'autres pays européens dont la vertu est indiscutable. Standard and Poor's a craché du venin de son magnifique gratte-ciel à New-York. Loin de nous, l'idée de nous réjouir des perspectives plus ou moins nettes de perte ou de dégradation de la note de la France. Nous remarquerons seulement que certains pays et non des moindres ont perdu leur mascotte sans dommages apparents.

Le pouvoir, en France, affiche une crainte panique en invoquant un intérêt général dont il prétend être le seul juge. La vraie raison est sa fureur dépensière. Ne voulant absolument pas décider des mesures bien connues pour libérer la croissance, il souhaite continuer à dépenser sans mesure : la perte ou la dégradation augmenterait le coût de ses emprunts. Une analyse plus fine conduit à s'interroger sur la franchise de ses cris d'alarme : est-il sincère ? Répondre est impossible tant les campagnes électorales se déroulent dans des ténèbres complexes et malodorantes.

Beaucoup en profitent pour accuser les marchés que l'on assimile aux agences de notation : la confusion est totale. Il y a trois entités distinctes : la réalité économique, les agences de notation et les marchés. Les agences sont des business comme d'autres. Malgré leurs prétentions, elles se trompent souvent ; elles se sont trompées sur la Grèce entraînant dans l'erreur beaucoup d'acteurs. Leur personnel est-il vérolé par l'idéologie mondialiste en vogue ? C'est probable. Elles saluent favorablement des pas pourtant très mesurés vers plus d'Europe, alors que la CEE est largement à la source de la panne de croissance dont elle se plaint amèrement.

Les marchés représentent le juge final contre lequel il est impossible de lutter dans le long terme. Dans le court terme il arrive qu'ils réagissent favorablement sur des apparences. Comme les agences ils saluent par des hausses les légères avancées vers l'Europe.


LES FAUSSES IDEES

Le comportement des acteurs est à la croisée de plusieurs idées erronées.

L’idée que la sainte croissance résoudrait tous les problèmes , permettant, en particulier, d'arrêter les déficits, lesquels durent depuis 37 ans. Pour atteindre les critères de Maastricht, il faudrait plus de 7% de croissance ; le taux de 7% n'est pas impossible en soi, mais il y a aussi l'immensité des dettes à rembourser. L'action sur le déficit budgétaire est un peu l'arbre qui cache la forêt. Le seul objectif raisonnable serait de créer un surplus budgétaire à l'image de certains pays.

Le point essentiel est l'importance de l'endettement public global. A supposer que le déficit budgétaire soit réduit, les conséquences seraient minimes si par ailleurs l'endettement global des pouvoirs publics et de toutes les succursales para publiques augmentent par la création de nouvelles dettes. En plus, l'action sur les déficits se traduit par le déluge d'impôts ce qui est contraire à l'objectif prétendu de la croissance

Quels sont les moyens pour stimuler la croissance ? Nous nous heurtons ici à l'idéologie du «tout-Etat» qui pénètre partout les esprits. Stimuler la croissance par l'intervention de l'État est se condamner à l'échec. La croissance ne peut venir que des acteurs privés et, notamment, des entreprises qu'il faut libérer de tous les obstacles qui les freinent.

Un autre objectif énoncé officiellement est de sauver l'Euro. L'Euro est une très mauvaise idée en soi et cela n'empêche pas de le sanctifier. En plus, il cache un objectif plus ambitieux qui est de sauver l'Europe. L'Europe est un conglomérat à 27, bientôt à 28. Il est ingouvernable et livré à de richissimes Commissaires agissant pratiquement sans contrôle véritable. La richesse incomparable de l'Europe et ses multiples entraves, avec l'inondation des directives et des recours juridiques, expliquent la panne de croissance dont elle est le théâtre. Au «tout État» qui détruit l'économie française se superpose le «tout Super État». L'idéologie européenne est tellement présente que la seule perspective de voir les budgets des États membres examinés par les gnomes de Bruxelles rempli d'aise les médias. On va jusqu'à évoquer des sanctions quasi automatiques pour les États qui ne respecteraient pas les consignes de Bruxelles : quel beau «bazar» en perspective. Le véritable objectif est une gouvernance économique de l'Europe ce qui est le contraire de la liberté.

 

LA REGLE D'OR

Tout ce remue-méninges est proche d'accoucher d'une souris. On présente comme un remède miracle, un accord éventuel, faute de mieux, pour l'inscription dans les constitutions d'une règle d'or. Ce système est supposé supprimer les déficits publics dont les politiques sont seuls responsables. Incapables de modérer leurs furies dépensières, ils se ficelleraient eux-mêmes les mains. N'importe quel économiste ou juriste sérieux observera que cette règle ne serait qu’une simple barrière de papier sans aucun effet pratique. D'autre part, l'objectif de cette règle d'or serait limité uniquement aux déficits annuels qui sont, certes, l'une des causes principales de l'endettement croissant, mais pas du tout la seule. Nulle part, il n'est question d'interdire purement et simplement toute création de nouvelles dettes.

Pour terminer, rassurons-nous. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont embrassés publiquement et l'idée de la nécessité du couple franco-allemand est ainsi sacralisée. La question est : qui donne le baiser de Judas ?

Michel de PONCINS

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24 novembre 2011

AVEC LA DETTE PUBLIQUE DE LA FRANCE... NOUS SOMMES RUINES !

AVEC LA DETTE PUBLIQUE

DE LA FRANCE...

NOUS SOMMES RUINES !

Cent Euros




100 € - Représente 2 jours de smic (environ 50 € par jour).


Dix mille Euros






10 000 €, soit une liasse de 100 billets de 100 €. Assez pour de belles vacances, ou une voiture d'occasion.

C'est également un peu moins d'une année de smic.






Un million d'Euros






1 000 000 € - Cela représente la valeur de 5 maisons à 200 000 €.






Cent million d'Euros






100 000 000 € - ça laisse de quoi voir venir et ça tient sur une palette aux normes ISO de taille standard.






Un milliard d'Euros






1 000 000 000 € - Vous aurez besoin d'aide pour dévaliser cette banque. Maintenant on commence les choses sérieuses.






Mille milliards d'Euros (soit 1 trillion d'Euros comme disent les américains)






Gardez bien à l'esprit que le dessin
ci-dessus représente 2 couches de palettes de 100 millions d'euros ! Il
vous faudra un nombre conséquent de camions pour déplacer une telle
quantité d'argent.
Si vous dépensiez 1 millions d'euros par jour
depuis la naissance du Christ, vous auriez seulement dépensé 734
milliards en décembre fin 2011.






1 000 000 000 000 € - Comparons cette somme à la taille d'un terrain de football et d'un boeing 747-400.






Mille sept cent milliards d'Euros (soit 1,7 trillions d'Euros)






1 700 000 000 000 € c'est la dette de la
France, cela représente 4 palettes de billets empilées les unes sur les
autres soit la hauteur d'une maison de 2 étages couvrant la surface
d'un terrain de football.

Pour être encore plus concret notez
bien que pour rembourser cette dette chaque français (enfants, chomeurs,
et retraités inclus) devrait verser 25 000 euros !


LA MONDIALISATION DE L'ECONOMIE ET DE LA FINANCE INTERNATIONALE VIENNENT EN MOINS DE DEUX DECENNIES RUINER LE MONDE ENTIER !



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23 novembre 2011

UN AUTOMNE NOIR POUR LES EUROPEENS par JULES DUFOUR

Un automne noir pour les Européens :

Coups d'état des pouvoirs financiers

SOURCE : par Jules Dufour

Le 18 novembre 2011

 

 Au cours des siècles, l’impérialisme s’est doté de plusieurs moyens pour dominer la scène politique et économique à l’échelle mondiale. Le recours à la dissuasion, aux sanctions, aux embargos économiques et à la guerre s’est montré, sans contredit, souvent efficace, mais maintenant d’autres voies sont aussi privilégiées comme celle à laquelle on assiste maintenant en Europe et, tout particulièrement, dans les 17 pays membres de la zone euro. Nous observons, comme en Amérique Latine au cours du XXième siècle, celle du remplacement des pouvoirs politiques légitimes par des gouvernements formés sous la pression des «marchés», et notamment les corporations multinationales et les magnats de la finance, en vue de répondre sans délais et sans discussion à leurs intérêts premiers pour le maintien de leur pouvoir de domination sur la chose publique avec des interventions analogues à celles de coups d’État militaires.

Au cortège de mesures d'austérité imposées aux pays de la zone euro considérés comme des territoires d’investissements viennent de s'ajouter, en effet, des coups d'État orchestrés par les grands pouvoirs financiers et les banquiers en Grèce et en Italie afin de les contraindre d’appliquer des mesures d’austérité visant officiellement «à leur éviter la faillite et ceci pour leur propre bien». Le tout est conduit sous la forte pression exercée par les marchés dont les exigences occultes constituent le justificatif de ces opérations de conquête et de répression.

La tourmente qui a embrasé l'économie mondiale en 2008 s'est poursuivie et vient de s'intensifier avec le risque de défauts de paiements de la Grèce touchant les intérêts dus pour sa dette globale qui atteint 120% de son PIB et des déficits budgétaires considérables dans plusieurs pays. Après le printemps arabe et la destruction brutale de la Libye et l’assassinat de son chef de gouvernement nous avons maintenant l'automne noir européen.

Le surendettement tant public que privé des pays européens a été causé par cette soif du profit des pouvoirs financiers qui n'ont pas hésité à mettre en péril toutes ces économies nationales en leur accordant des prêts et en les amenant ainsi à accumuler des déficits budgétaires et des dettes pour la mise en place de conditions favorables à la croissance de leurs avoirs et de leurs richesses. Tout cela a été rendu possible grâce au concours des organisations internationales telles que le FMI et de gouvernements complices. Même le vocabulaire a changé chez eux: Les coupures budgétaires sont remplacées par les programmes d'austérité comme si le comportement des États et des individus devait être condamné ceux-ci ayant été entraînés dans un processus d'un consumérisme inconscient.

Nous avons ainsi les plans d'austérité, le renversement de gouvernements formés dans un cadre démocratique et le remplacement de chefs de gouvernement dûment élus en Grèce avec G. Papandreou remplacé par L. Papadémos, ancien banquier central européen et en Italie avec S. Berlusconi remplacé par M. Monti, ex-commissaire européen, en fait par des personnages renommés et fidèles serviteurs de la ploutocratie mondiale (Roche, Marc, 2011 et Bélair-Cirino, Marco. 2011).

Les programmes d’austérité devront être appliqués rigoureusement grâce aux coups d'État perpétrés pour asservir les peuples. Ces programmes les priveront de leurs droits fondamentaux à des services publics de qualité et aussi contribueront à la détérioration de leur régime de vie. Les programmes d'austérité sont perçus par la majorité des Européens comme le chemin vers un appauvrissement général. C'est dans un tel environnement que les peuples devront s'insurger et entreprendre un combat contre les forces qui vont à l'encontre de leurs intérêts premiers, soit ceux du respect des droits à une gouvernance démocratique participative et à un régime de justice distributive pour leur bien-être social. Ils se devront de convaincre l’opinion publique qu’il existe des voies plus efficaces, mieux ciblées et plus justes (lutte contre les paradis fiscaux, emprunts à taux non prohibitifs et à long terme) que l’austérité économique et sociale pour lutter contre le surendettement public et les déficits budgétaires des États.


I.L’endettement

«Un peu plus de 35 000 milliards de dollars, l'équivalent de 70 % de la richesse mondiale produite pendant toute une année. Telle est la montagne de dettes accumulées par les États de la planète selon The Economist. Mieux, l'hebdomadaire britannique publie sur son site une horloge de l'endettement public (The Global Public Debt Clock) qui…fait le décompte à chaque seconde, de façon globale et pays par pays. La tempête économique la pire depuis les années 1930 commence peut-être à s'éclaircir, mais un autre nuage surgit déjà à l'horizon financier, une dette publique massive... Selon le FMI, la dette publique de l'ensemble des pays avancés (États-Unis, Europe, Japon) va passer de 75 % du PIB en 2008 à 115 % en 2014. Chaque citoyen du monde riche (curieuse expression) supportera alors une dette individuelle de 50 000 dollars. La situation sera globalement bien meilleure dans les économies émergentes» (lefigaro.fr).

Selon les prévisions du même organisme, à la fin de 2011, la dette rapportée à la production annuelle des pays (PIB) la moitié des États les plus endettés dans le monde se trouvent en Europe en incluant l’Islande. Il s’agit d’abord de la Grèce, puis de l’Italie, de l’Irlande, de l’Islande et de la Belgique.

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Dettes_souveraines_2011.jpg

« La dette publique des membres de la zone euro était de 5900 milliards d’euros en 2009»

Selon la même source, «en 2010, les déficits publics les plus élevés, par rapport au PIB, ont été observés en Irlande (-32,4%), en Grèce (-10,5%), au Royaume-Uni (-10,4%), en Espagne (-9,2%), au Portugal (-9,1%), en Pologne (-7,9%), en Slovaquie (-7,9%), en Lettonie (-7,7%), en Lituanie (-7,1%) et en France (-7,0%)» (epp.eurostat.ec.europa.eu).

Source : http://lewebpedagogique.com/stg-bts/category/eco-droit/

Source: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d9/Dette_publique_PIB_2010.JPG

«En 2010, aucun pays n’est en mesure de respecter les critères de Maastricht qui fixent la limite de la dette à 60% du produit intérieur brut (PIB) et celle du déficit budgétaire à 3%. En 2009, l’endettement global des seize pays de la zone euro avaient atteint 7000 milliards d’euros, soit 78,7% de leur PIB» (Zone euro : L'heure de vérité).

«La France, avec un déficit public de près de 137 milliards d'euros en 2010, a le déficit le plus important de la zone euro si on ne tient pas compte de son poids relatif par rapport à l'économie du pays».

Les mesures adoptées dans les pays les plus endettés de la zone euro pour les sortir de l'endettement sont propres à les maintenir dans un état de léthargie chronique, car ceux-ci ne seront pas en position de favoriser la croissance et d'effacer leurs déficits: «Le problème c’est qu’en réduisant leurs déficits budgétaires, ils freinent la croissance et l’emploi et réduisent leurs recettes fiscales. Ils sont donc dans l’incapacité d’atteindre un objectif concerté de réduction de leurs déficits. C’est le piège mortel de la dette dans lequel était tombée l’Argentine en 2002» (blog-de-la-finance-et-de-l-economie).


II. Les programmes de redressement et d’austérité et des budgets nationaux rigoureux pour 2012 (Grèce, Portugal, France, Italie et Royaume-Uni)

Au cours de la dernière année, on a forcé tous les gouvernements fortement endettés à appliquer avec rigueur des plans d'austérité et, notamment en Grèce, au Portugal, en France, en Italie, en Irlande et au Royaume-Uni. Dans presque tous les pays on a proposé l'adoption de budgets rigoureux comme on a pu l'observer au Royaume-Uni et en France et ce avec l'adoption du budget 2012 (Budget 2012 : le plus rigoureux depuis l'après-guerre).

Grèce

L’un des derniers programmes d’austérité en lice imposé à la Grèce, comme les autres, affectera d'une manière brutale l'environnement de la nation toute entière. Pour sortir de la crise le gouvernement grec doit appliquer un nouveau plan d’austérité dont le but est de ramener le déficit public actuel de 10,5 % à 1,1 % d’ici 2015. L’ensemble des économies budgétaires est chiffré à 28,5 milliards d’euros.

Voici les principales mesures de ce plan :

1. Baisse des dépenses de l’État :

Réduction drastique de l’emploi public. Un seul fonctionnaire sur 10 sera remplacé. Économie de 13,8 milliards d’euros. En plus des baisses de salaires, le licenciement d’employés publics deviendra possible. Les critères pour les allocations sociales sont durcis.

2. Hausse d’impôts :

Le seuil d’imposition abaissé de 12 000 à 8 000 euros donnera 14,6 milliards d’euros.

La TVA sera augmentée, une taxe de solidarité et une nouvelle taxe professionnelle seront créées.


3. Des privatisations :

La Grèce espère engranger 50 milliards d’euros en privatisant les ports, les aéroports, la Poste, l’énergie, les paris sportifs et les banques.

Ce plan doit être adopté par le Parlement.

Portugal

Le Portugal, de son côté, «a obtenu mercredi 16 novembre un satisfecit de la "Troïka" (FMI, Union européenne et Banque centrale européenne) représentant les créanciers du pays, ouvrant la voie à l'octroi d'une nouvelle tranche d'aide dans le cadre du prêt de 78 milliards d'euros. S'estimant "très satisfaits" des efforts réalisés par Lisbonne, les inspecteurs de la Troïka ont ainsi recommandé le versement des 8 milliards d'euros promis, qui pourrait selon eux survenir en décembre ou en janvier. Dans le cadre du programme d'aide aux pays en difficulté de la zone euro, le Portugal a déjà reçu 31,3 milliards d'euros».

« Les perspectives pour 2012 sont particulièrement sombres pour l'économie portugaise. Le gouvernement prévoit un recul de 2,8 % du PIB, et Bruxelles de 3 %, soit la plus mauvaise performance de la zone euro. De nouveaux indices ont confirmé ces dernières semaines les difficultés croissantes de l'économie portugaise, qui s'est contractée de 0,4 % au troisième trimestre, tandis que le chômage est reparti à la hausse pour s'établir à 12,4 %».

« Pendant la mission de la troïka, le Parlement a adopté la semaine dernière en première lecture le budget pour l'année prochaine, caractérisé par une rigueur draconienne. Il prévoit notamment la suppression des 13e et 14e mois pour les fonctionnaires et les retraités aux revenus supérieurs à 1 000 euros, et l'augmentation d'une demi-heure de la durée quotidienne du travail dans le secteur privé. Tout en relevant que "la mise en oeuvre du budget 2011 s'est révélée difficile", les inspecteurs de la troïka saluent les mesures "audacieuses et bienvenues" prises par le Portugal pour remettre sur les rails son programme d'assainissement budgétaire».

« Le Portugal connaît en outre une poussée du mécontentement social. Une manifestation à Lisbonne de fonctionnaires et de militaires a rassemblé samedi dernier quelque 190 000 personnes, selon les syndicats, qui ont vu dans cette manifestation une "répétition" de la grève générale prévue le 24 novembre» (La Troïka autorise le versement d'une nouvelle tranche d'aide au Portugal).

France

La France, considérée encore très récemment comme ayant une solidité exemplaire, devra adopter un budget de grande rigueur pour 2012. Selon le premier ministre, François Fillon, «le seul moyen de réduire la dette française est de réduire les dépenses de l'État...L'heure de vérité a sonné, il n'est pas utile de s'en prendre aux agences de notation, aux banquiers, aux spéculateurs ou à je ne sais quel bouc émissaire, pas utile de faire croire qu'il y a des trésors cachés pour financer nos dépenses publiques quand on a le record de la dépense publique et le record des prélèvements obligatoires. Il n'y a pas d'autres recettes pour réduire l'endettement que de réduire la dépense. Cette réalité est incontournable, le seul programme qui vaille en 2012 c'est le retour à l'équilibre des comptes publics", a-t-il ajouté». Il « promet que le budget de l'Etat pour 2012 sera le plus rigoureux depuis l'après-guerre » (Budget 2012 : le plus rigoureux depuis l'après-guerre). Le Premier ministre annonce 11 milliards d’euros d’économies en 2012 (Budget : Fillon annonce 11 milliards d'euros d'économies en 2012).

Italie

En Italie, « la nouvelle cure d'austérité italienne de 45,5 milliards d'euros, annoncée le 12 août après l'adoption d'un premier plan de 48 milliards en juillet, doit permettre au pays de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013 au lieu de 2014 et de réduire son énorme dette (120% du PIB) » (Manifestations contre l'austérité en Espagne et en Italie).

Royaume-Uni

« Le gouvernement a décidé d'imposer une cure de rigueur sans précédent au Royaume Uni, avec des coupes budgétaires de plus de 90 milliards d'euros d'ici à 2015» (Londres: manifestation contre l'austérité).


III.Les coups d’État. Une menace contre la démocratie

Des coups d’État ont été hourdis en Grèce et en Italie. Dans les autres pays de la périphérie la tenue d’élections anticipées a fait baisser le pression exercée par les marchés et, notamment, en Irlande et en Espagne. Mais, c’est en Italie que le coup d’État a été le plus cruel et inacceptable avec la nomination de technocrates non élus au Conseil des ministres (Bélair-Cirino, Marco, 2011). Ce processus engagé sans retenue s’avère très dangereux pour l’avenir de la démocratie dans ce pays et pour le reste de l’espace européen. Il s’agit là d’une véritable usurpation du pouvoir par la finance internationale.


IV.La colère de la rue. Une grande clameur au-dessus de l’Europe

Depuis le déclenchement de la crise grecque en 2010 et l’annonce des premières mesures de lutte contre l’endettement des États et les déficits budgétaires les manifestations publiques contre l’imposition de mesures d’austérité et de rigueur se sont multipliées dans les rues des grandes capitales et autres grandes villes. Voici un bref aperçu de quelques-unes de ces manifestations qui se sont déroulées au cours de l’année 2011:

Royaume-Uni – 27 mars - Londres – 250 000 à 500 000 personnes – Contre l’augmentation des frais de scolarité

Grèce – 28-29 juin - Athènes - Grève générale nationale et manifestations sur la place Syntagma

Europe – 29 septembre – Bruxelles – 100 000 personnes

France – 11 octobre – Marseille

Espagne – 22 octobre – Madrid – 70 000 à 100 000 personnes – Contre les coupures dans l’éducation

Italie – 8 novembre – Rome, Naples, Milan, Florence: une centaine de manifestations étaient organisées par la CGIL parallèlement à un arrêt de travail de 8 heures qui entraînait des perturbations dans les transports et la fermeture de sites touristiques comme le Colisée de Rome» .

Portugal – 12 novembre – Lisbonne – 190 000 personnes

Grèce – 17 novembre – Athènes – 27 000 personnes

Italie – 18 novembre – Milan – Rome – Palerme – Turin – Bari – Des milliers de personnes (AFP et Reuters, 2011).


Conclusion

La crise économique mondiale n’épargnera personne, car elle est systémique et affecte toutes les économies intégrées dans le filet de la mondialisation. Les guerres de l’Afghanistan et de l’Irak ont exercé une portée énorme sur les économies des pays occidentaux et les coûts de destruction de la Libye ont accentué les déficits des pays engagés.

La crise qui affecte les membres de la zone euro pourrait conduire à une véritable désintégration des sociétés, car les efforts déployés pour le remboursement de la dette et l’imposition de coupures budgétaires draconiennes et austères auront une incidence majeure sur toutes les activités productives et sociales. Le processus d’intégration des économies nationales participantes de la zone euro est resté inachevé et les économies les plus faibles et les plus fragilisées de la périphérie (Grèce, Irlande et Portugal) se sont retrouvées obligées, selon le cas, d’accepter des prêts pour absorber les intérêts de leur dette ou d’appliquer des programmes d’austérité pour réduire les déficits budgétaires, des prêts qu’elles considèrent d’ores et déjà extrêmement difficiles à rembourser. En outre, dans le même sens on a fortement conseillé à la France, à l’Espagne, à l’Italie et au Royaume-Uni de bâtir un budget national d’une grande rigueur pour l’année 2012.

L’année 2011 s’est avérée l’année au cours de laquelle les grandes puissances occidentales ont développé une attitude impérialiste vis-à-vis des économies les plus marginalisées par la crise économique mondiale. Leur instrument principal, le soi-disant marché néolibéral, qui a été au cœur des enjeux politiques et économiques mondiaux au cours de la décennie des années 1980, profite du marasme des États pour en réduire la taille par les privatisations et pour les rendre totalement soumis à leurs intérêts, le tout amplifié par le recours aux décotes. Cependant, il leur importe de sortir les pays européens du bourbier dans lequel il les a plongés pour rétablir une plateforme sûre et stable sur laquelle ils pourront augmenter la rentabilité à long terme de leurs investissements.

Cette situation générale a déjà mobilisé la société civile pour combattre cet assaut brutal des grands trusts internationaux. Les manifestations de colère et de réprobation des syndicats, des ouvriers, des fonctionnaires et même des militaires (au Portugal) contre les plans d’austérité vont se poursuivre et elles constitueront une vague très puissante qui verra les peuples reprendre peu à peu le pouvoir qui leur revient.

Références

AFP / BOITARD, Catherine. 2011. Grèce: un gouvernement de coalition pour lutter contre la dette. Hébergé par Google. Le 11 novembre 2011.
En ligne:
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jNrL_gsyYeRDfO25k1cE-h-ZHLeA?docId=CNG.3709aff2a856fb4149a7fd8238d8b186.4a1

AFP et REUTERS. 2011. Mario Monti dévoile son programme de sortie de crise. Des milliers d’italiens dénoncent le «gouvernement des banquiers». Journal le Devoir, le 18 novembre 2011, p. B 9.

AFP / GOULIAMAKI, Louisa. 2011. Grèce: l'extrême droite fait son entrée au gouvernement. leParisien.fr, le 11 novembre 2011.
En ligne: http://www.leparisien.fr/crise-europe/grece-l-extreme-droite-fait-son-entree-au-gouvernement-11-11-2011-1714288.php

AFP et LE FIGARO. 2011. Le Sénat italien valide le plan d’austérité. Le Figaro.fr. Le 7 septembre 2011.
En ligne : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/09/07/97002-20110907FILWWW00592-italie-le-senat-valide-le-plan-d-austerite.php

AFP. FRANCE 24. 2011. Manifestations contre le plan d'austérité italien examiné par le Sénat. France 24. L’ACTUALITÉ INTERNATIONALE 24H24. Le 6 septembre 2011.
En ligne : France 24

BÉLAIR-CIRINO, Marco. 2011. «Il Professore» Monti promet fidélité à l’Italie. Banquiers, diplomates et chefs d’entreprise formeront le nouveau cabinet. Journal Le Devoir, le 17 novembre 2011, p. A 1.

BROUSSEAU, François. 2011. Dictature technocratique. Journal Le Devoir, le 14 novembre 2011, p. B 1.

DUFOUR, Jules. 2010. 2011. Crise du capitalisme hégémonique. Appauvrissement, faim et plus grande vulnérabilité des zones de vie. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM), le 28 décembre 2010.
En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22539

Éditions Volkmar MEIER/Nicolas Kienast. AFP. 2011. Le nouveau plan d’austérité de la Grèce. Radio-Canada, le 26 juin 2011.
En ligne : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/animations/2011/afp/GreeceCutsFR2806/index1.html

ELMUNDO.es. 2010. En qué consiste el plan de austeridad de Grecia ? EL MUNDO.es/Agencias. Le 2 mai 2010.
En ligne : http://www.elmundo.es/mundodinero/2010/05/02/economia/1272797770.html

EURONEWS. 2010. Le nouveau plan d’austérité espagnol. Euronews, le 27 mai 2010.
En ligne : http://fr.euronews.net/2010/05/27/le-nouveau-plan-d-austerite-espagnol/

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En ligne : http://fr.euronews.net/2011/08/03/dette-souveraine-l-italie-et-l-espagne-inquietent-a-nouveau/

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En ligne : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-26042011-AP/FR/2-26042011-AP-FR.PDF

FAUCONNIER, Laurène. 2010. Comment les Européens perçoivent la crise sociale. Métis. Le 12 Juillet 2010.
En ligne : http://www.metiseurope.eu/comment-les-europ-ens-per-oivent-la-crise-sociale_fr_70_art_28862.html

FRANCE 24. 2010. Le Portugal adopte un plan d’austérité pour déjouer le scénario irlandais. France 24. L’Actualité internationale. Le 26 novembre 2010.
En ligne : http://www.france24.com/fr/20101126-portugal-zone-euro-budget-auterite-reduction-deficit-2011-aides-ue-fmi-grece-irlande-crise-financiere

HALAIS, Gilles. 2011. La Grèce adopte un nouveau plan d’austérité draconien. France Info. Le 17 septembre 2011.
En ligne : http://www.france-info.com/monde-europe-2011-06-29-la-grece-adopte-un-nouveau-plan-d-austerite-draconien-547080-14-15.html

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En ligne: http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201586711266-budget-fillon-annonce-11-milliards-d-euros-d-economies-en-2012-209891.php

LEFIGARO.FR ET REUTERS. 2011. Budget 2012: le plus rigoureux depuis l'après-guerre (Fillon). Le Figaro.fr, le 5 novembre 2011. En ligne:
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/05/97002-20111105FILWWW00353-budget-2012-le-plus-rigoureux-depuis-l-apres-guerre-fillon.php

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En ligne :
http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/01/29/l-espagne-adopte-un-plan-d-austerite-et-la-retraite-a-67-ans_1298717_3214.html

LEMONDE.FR et AFP. 2010. Les principales mesures du plan d’austérité grec. LEMONDE.FR Le 5 mai 2010.
En ligne : http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/05/02/les-principales-mesures-du-plan-d-austerite-grec_1345619_3214.html

LEMONDE.FR et AFP. 2011. La Troïka autorise le versement d'une nouvelle tranche d'aide au Portugal. Le 16 novembre 2011.
En ligne:
http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/16/la-troika-autorise-le-versement-d-une-nouvelle-tranche-d-aide-au-portugal_1604759_3214.html

LE NOUVEL OBSERVATEUR/AFP. Les flous grec et italien affolent les marchés. Le nouvel Observateur. Le 10 novembre 2011.
En ligne: http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20111110.OBS4216/les-flous-grec-et-italien-affolent-les-marches.html

OUBRIER, Jean-Baptiste. 2011. Les marchés sont-ils responsables de la chute des gouvernements? Journal Le Devoir, les 12 et 13 novembre 2011, p. C1.

RANDOUX, Patrice. 2011. La France craint d’être la prochaine victime. Journal Le Devoir, les 12 et 13 novembre 2011, p. C1.

ROBIN, Jean-Pierre. 2009. Une horloge mondiale pour mesurer les dettes publiques. Le Figaro.fr. Le 24 septembre 2009.
En ligne:
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/09/24/04016-20090924ARTFIG00708-une-horloge-mondiale-pour-mesurer-les-dettes-publiques-.php

ROCHE, Marc. 2011. Les hommes de Goldman Sachs. La banque d’affaires américaine a construit un important réseau d’influence. Journal Le Devoir, le 15 novembre 2011, p. B1.

Sites Internet

Crise de la dette publique dans la zone euro:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_de_la_dette_dans_la_zone_euro#Tableau_des_dettes_et_d.C3.A9ficits_publics

Dette publique des États de la zone euro: http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_des_%C3%89tats_de_la_zone_euro

Fichier : Dettes souveraines 2011.jpg: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Dettes_souveraines_2011.jpg

Les pays les plus endettés :
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ed/Dettes_souveraines_2011.jpg


SOURCE : Jules Dufour, Ph.D., est président de l'Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur émérite à l'Université du Québec à Chicoutimi, membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l'Ordre national du Québec. Il est associé de recherche au CRM (Centre de recherche sur la Mondialisation).

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31 octobre 2011

LES GASPILLAGES DES COLLECTIVITES LOCALES par Michel de PONCINS

LES GASPILLAGES DES

COLLECTIVITES LOCALES

Chronique Politico-économique par Michel de PONCINS

 MICHEL DE PONCINS

Depuis peu, des emprunts toxiques contractés par un grand nombre de collectivités ont fait irruption dans le paysage médiatique. Le département de la Seine-Saint-Denis, la ville d'Angoulême, celle d'Argenteuil et bien d'autres s'avouent gravement touchés. Pour favoriser leurs projets, souvent douteux, les élus se sont laissés aller à contracter ces emprunts très dangereux car à taux variable. Ils furent appâtés par des taux de départ anormalement bas, ce qui offrait l'occasion de faire passer des projets difficiles. Rien dans la finance n'étant gratuit, ces emprunts étaient indexés sur des indices parfois complexes et volatils : par exemple sur la parité dollar-yen ou même sur le franc suisse ! La sanction devait bien venir un jour ou l'autre par la majoration insupportable des remboursements et des charges d'intérêts. Cette triste affaire ne reflète pas seulement l'incompétence et la légèreté des élus. La négligence des autorités de tutelle, fort nombreuses dans un pays sur-administré, a aussi sa part ; comme à l'habitude tout le monde est responsable et personne n'est coupable !

L'une des raisons de cette situation détestable est la possibilité et le désir de s'endetter. La banque DEXIA, aujourd'hui en quasi-faillite, a joué un rôle majeur dans ce désastre, en poussant les collectivités à s'endetter par son intermédiaire ; ses dirigeants ont ainsi pu tirer profit du piège tendu aux collectivités locales. L'endettement de ces collectivités est passé de 93 milliards d'euros en 2005 à 138 milliards en 2010, sans que l'on sache si le chiffre cité dans les journaux est exact : en fait d'endettement les dettes cachées sont toujours à craindre. Quelque soit le vrai chiffre, il forme une partie importante de l'endettement global de la nation lui-même destructeur de richesse.

Nous nous trouvons devant un nouveau et dramatique scandale d'État qui touche des milliers de collectivités. Dans cette période où nous recevons les feuilles d'impôts locaux, voici l'occasion de remettre à plat le problème majeur des gaspillages de ces collectivités locales.

 

UNE PYRAMIDE D'ELUS

La France compte à peu près 600 000 élus. Ils reflètent la pyramide abusive des collectivités locales elles-mêmes. Il existe en effet 36 000 communes. Mais, par-dessus les communes, s'empile une foule de collectivités : cantons, départements, régions et d'autres. S'ajoutent, en particulier, un nombre inconnu de collectivités supplémentaires sous forme par exemple des intercommunalités de formes diverses ou encore les « agglos ».

Parmi les 600 000, se trouvent de 5 à 10 000 super-privilégiés. Leur poids insupportable se traduit d'abord par des salaires accompagnés d'avantages informels excédants parfois largement les rémunérations et se renforçant par des cumuls indécents. Ces privilégiés du système exploitent le butin public en parfaite légalité ; ce sont eux ou leurs amis qui fabriquent les lois leur permettant de bénéficier de cette situation ; Mais, en plus, l'effet négatif est amplifié par l'activité de ces élus qui veulent montrer qu'ils existent en prétendant rendre service.

Dans ce contexte, les gaspillages sont innombrables. Tout le monde a en ligne de mire les palais somptueux, chaque organisme rêvant de son palais, mais il y en a bien d'autres. A Clermont-Ferrand, un tramway a été mis en route pour une facture en accroissement constant et il n'a pas fonctionné. A Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, un cube de béton a coûté plus de 15 millions d'euros et devait devenir un complexe sportif et culturel démesuré pour une ville de 28 000 habitants : il a finalement été fermé. A signaler aussi les « ambassades » : des régions créent des « ambassades » à l'étranger ; La ville de Lyon entretient des ambassades notamment à New York et à Tokyo. Des grandes mairies ont des collaborateurs de cabinet et des Vice Présidents.

 

LES MECANISMES AUTOMATIQUES

DES GAPILLAGES

Ce ne sont que des exemples ponctuels mais tous les citoyens en connaissent d'autres dans toutes les régions. Le plus grave est qu'il existe des mécanismes automatiques de gaspillage ; Par exemple les aides aux industries, grandement inutiles par ailleurs, et auxquelles les collectivités locales participent largement aux côtés de l'État ; faire la fête est courant : nous connaissons un conseil général dont le président reçoit tous les jours à sa table une vingtaine de personnes. Quant aux dépenses de communication, dénoncées régulièrement, c'est l'explosion. Ne pas omettre la valse des subventions la plupart inutiles et souvent scandaleuses ; la ville de Lyon, pour sa part, subventionne la Casbah d'Alger !

L'État se vante de supprimer un fonctionnaire sur deux. Si c'est vrai cela devrait se traduire par la mutation des ces fonctionnaires dans les régions. Bien au contraire, le résultat des deux décentralisations fut de renforcer les compétences des régions avec un accroissement de leurs effectifs. Il s'est ajouté un double emploi avec les services des préfectures. N'oublions pas l'absentéisme du personnel composé parfois d'amis des élus et qui dépasse largement les niveaux du privé !

Enfin au titre des pertes d'argent il faut souligner le freinage des activités des entreprises, pénalisées par des formalités absolument insupportables pour obtenir telle ou telle subvention : l'habitude détestable des financements croisés est un obstacle redoutable à la vitesse de réaction des entreprises censées en être les bénéficiaires.

Quel est le comportement du gouvernement face à cette situation ? Il agit dans un sens tout à fait opposé à l'intérêt national. Il prétend d'abord réduire le millefeuille administratif et se lance à cet effet dans une opération complexe et longue. Simultanément il agit dans l'autre sens en créant de nouvelles collectivités ; la plus désolante est le Grand Paris, rêve pharaonique dont les parisiens et d'autres n'ont nul besoin : l'effet de ruine est déjà en route par la création de nouvelles administrations et de postes prestigieux. S'ajoute l'idée de « métropoles », nouvelles collectivités autour de certaines grandes villes.

 

COMMENT ARRETER LE DESASTRE ?

Compter sur l'élection de 2012, serait illusoire. Les hommes politiques les plus visibles ont, peu ou prou, le même programme, qui poursuivra les gaspillages et la ruine qui en découle.

Ne soyons pas, toutefois, pessimistes car toute situation historique est réversible.

Nous avions proposé, dans un flash précédent, d'organiser des référendums privés qui pourraient arrêter les projets ruineux de certains maires. Il suffirait d'un succès quelque part, même dans une petite commune, pour que la méthode se répande.

Une autre formule serait de prendre en cible les luxueux voyages collectifs que font, sous un prétexte ou un autre, les conseils généraux en général vers de prestigieuses destinations. Des citoyens victimes pourraient par des moyens appropriés empêcher le départ. Une seule victoire dans un département serait significative.

S'il y a d'autres moyens, merci à nos lecteurs ne nous les signaler.

Michel de PONCINS

 

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24 octobre 2011

FILLON : LE GRAND DERAPAGE par Michel de PONCINS

François FILLON : LE GRAND DERAPAGE par Michel de PONCINS

FILLON : LE GRAND DERAPAGE

Chronique Politico-économique de Michel de PONCINS

 MICHEL DE PONCINS

 

Le 17 octobre, François Fillon fut invité sur France 2 pendant un quart d'heure. Ce très court délai lui permit d'énoncer un grand nombre de fausses équations qui conduisent à un grand dérapage. Il a simplement récité les fausses équations à la mode non sans talent et avec une conviction certaine.

Il s'agit d'une stratégie socialisante qu'il applique sous l'oeil sourcilleux de Sarkozy. Cette stratégie imprègne l'Europe tout entière et bien d'autres pays au-delà des mers. Elle prétend apporter des solutions à la crise, alors qu'elle conduit vers un véritable mur et qu'elle aggravera la crise au lieu de la contenir.

La première erreur majeure est la véritable idolâtrie du PIB. Les vrais économistes, ceux qui ne sont pas salariés des gouvernements, savent que le PIB est une quantité tout à fait artificielle où se mélangent joyeusement la carpe et le lapin. Bien mieux, elle est trafiquée au hasard des caprices des politiques, ces trafics se produisent dans tous les pays ; or l'on prétend faire les calculs de PIB à l'échelle de l'Europe et nécessairement les ajustements obligatoires sont livrés à l'arbitraire. Bien pire, les économistes font des calculs à l'échelle mondiale, comme si un PIB mondial satisfaisant pouvait fournir du travail aux Américains mis au chômage par Barak Obama. Au demeurant, il n'y a pas de véritable indice pour mesurer la richesse des nations qui, par définition, ne peut pas être mesurée.

 

LA SAINTE CROISSANCE

Une autre idole universelle est à saluer : la sainte croissance, qui résoudrait tous les problèmes. Le malheur est que cette sainte croissance n'obéit pas aux ordres des gouvernements interventionnistes. L'idée folle est qu'elle pourrait aider à supprimer les déficits budgétaires. C'est alors que les journaux se remplissent de pourcentages dont nous vous ferons grâce. Si le PIB est faux par nature, les réflexions sur la croissance le sont aussi. D’autant que pour résoudre les problèmes grâce à la croissance, il faudrait des taux absolument déraisonnables étant donné les chiffres tels qu'ils sont et, ceci, malgré les manipulations du PIB. La controverse bat alors son plein entre les chiffres annoncés par Bercy et ceux que prévoit l'Europe ou d'autres : c'est un festival d'ordinateurs. Chacun s'appuie sur des moyennes et sur des comparaisons avec les années précédentes. Bercy « balaie sous les tapis » pour voir si un 0,1 % salvateur ne se serait pas caché par là !

Le grand dérapage se poursuit avec l'énoncé du seul objectif : la diminution du déficit budgétaire. Un surplus public a existé en France, il y a fort longtemps, et il existe dans certains pays ; ce devrait être l'objectif essentiel d'une bonne gouvernance et ce n'est pas le cas. Il est question seulement de diminuer de déficit dans un avenir incertain à savoir 2012, 2013, etc. Le pouvoir a, au demeurant, tellement peur de sa propre incapacité à atteindre l'objectif qu'il milite pour l'inscription dans la constitution d'une « règle d'or » ; nous avons déjà montré que ce projet ne serait qu'une barrière de papier inopérante.


L'ENDETTEMENT GLOBAL

En outre, l'action sur le déficit budgétaire, certes utile, est un peu l'arbre qui cache la forêt. En effet le point essentiel est l'importance de l'endettement public global. A supposer que le déficit budgétaire soit réduit, cela n'aurait pas de conséquence si par ailleurs l'endettement global des pouvoirs publics et de toutes les succursales para publiques augmentent par la création de nouvelles dettes. Simultanément, le gouvernement développe à «grande allure » des TGV parfaitement inutiles et sources d'endettements supplémentaires considérables, sans oublier bien sûr les folies du «grand emprunt ».

Nous voyons avec stupéfaction sur les écrans les visages graves des membres du G20 avec en figure de proue Sarkozy et Angela Merkel engagés dans une course poursuite vers un accord qui sera forcément ruineux pour tous. Ce vrai spectacle s'accompagne d'une dramatisation assez comique ; nous lisons que «l'avenir de la France va se jouer » : sans blague!Le prétexte immédiat est de « sauver » la Grèce ce qui serait, parait-il, nécessaire pour éviter la propagation de l'incendie ailleurs. Ce prétexte est erroné, car les actions engagées diffusent les inquiétudes sur des pays bien plus importants ; pour prétendument «sauver » la Grèce, il est déversé des tonnes d'argent et personne n'ignore que ce sera un trou sans fond avec en prime le terrible malheur de la population victime des prétendus remèdes. La valse des sommes à emprunter à cette fin va de 440 milliards d'euros à 1000 milliards d'euros. Un fonds européen ainsi que d'autres moyens seront utilisés à cet effet. La planche à billets tourne à plein régime à la grande inquiétude des Allemands.


LE FESTIVAL DES NOUVEAUX IMPOTS

Le dérapage devient un véritable toboggan lorsque l'on évoque la médecine utilisée. Les manipulateurs du sommet se rendent bien compte que leurs objectifs ne seront pas atteints sans pourtant comprendre ou vouloir expliciter les raisons véritables telles que nous venons de les énoncer. C'est alors que sont évoquées des mesures correctives urgentes ; elles se réduisent à des aggravations fiscales. Nous sommes submergés tous les jours par le vrai festival des nouveaux impôts dans une bougeotte perpétuelle. La foule est tellement imprégnée par la propagande qu'elle n'imagine pas qu'il puisse exister un autre chemin.

Tout impôt quel qu'il soit est destructeur de la richesse nationale et bien entendu contraire aux objectifs officiellement annoncés. Parmi ces mesures, nous n'entendons jamais évoquer la nécessaire et massive diminution des dépenses en commençant par les plus inutiles, voire les plus stupides ; la culture de la dépense publique est fortement ancrée dans la sphère officielle et s'adosse à la richesse personnelle qu'en tirent les acteurs publics !

En toile de fond de toute cette tragédie se trouve l'objectif fondamental de sauver l'euro. Or cette monnaie n'est qu'un appendice inutile de la construction européenne, l'objectif final étant en fait de sauver l'Europe. Cet objectif est très clair et se manifeste par le projet de renforcer la gouvernance économique de l'Europe. Or, l'Europe inonde le continent de directives superfétatoires ; un exemple particulièrement ruineux est l'obligation de mise aux normes de tous les ascenseurs, ce qui met le désordre dans tout le continent.


LIBERER PAR LE MARCHÉ

Dans ce contexte, la crise a encore de beaux jours devant elle. Pourtant, le chemin qui conduit à la prospérité pour tous est bien balisé et nous l'avons souvent tracé. Une des conditions est que les acteurs au sommet se dépouillent des oripeaux du Socialisme et qu'ils rendent la parole aux "Peuples" par le truchement du marché.

Au moment même où François Fillon s'exprimait sur France 2, chacun savait que très bientôt il ne serait plus Premier Ministre. Il va rentrer dans la liste des anciens Premiers Ministres dont le statut princier est bien connu et contribue, à concurrence, à la perte de la richesse nationale. Il existe ainsi, toutes catégories confondues, un groupe de prédateurs publics d'environ 5 000 personnes qui tirent richesse et gloire du système. A examiner les faux théorèmes conduisant au grand dérapage, l'on comprend que personne parmi elles n'aient envie de prendre courageusement le chemin de la vérité qui serait richesse pour tous et rigueur pour elles.

Michel de PONCINS

 

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11 octobre 2011

BANQUE FRANCO-BELGE DEXIA : LA RUINE DES CONTRIBUABLES par Michel de PONCINS

DEXIA : LA RUINE DES

CONTRIBUABLES

MICHEL DE PONCINS 

Editorial Politico-économique de Michel de PONCINS

Il n'est pas possible actuellement d'ouvrir un journal sans lire de gros titres sur Dexia. C'est l'heure des mensonges. Un grand quotidien énonce : « Dexia, la première banque victime de la crise ». Ce n'est pas vrai, car cette banque est victime de l'incompétence de ses dirigeants et sans doute de beaucoup de compromissions. Malheureusement, de nombreuses banques souffrent du fait de la médiocrité de leurs dirigeants : voir tous ces établissements qui, avec une légèreté coupable, ont prêté à l'État grec et, ceci, depuis longtemps alors que les dangers étaient connus des bons analystes.

 

Un peu d'historique sur

Dexia est nécessaire

En 1987, il s'agissait d'une obscure petite division de la Caisse des Dépôts et Consignations, finançant les collectivités locales. Elle s'en émancipa pour devenir le crédit local de France, coté en Bourse et privatisé. En 1996, eût lieu un mariage avec le voisin belge du même métier, l' union recevant un nouveau nom : DEXIA. L'objectif était de devenir un leader mondial dans le financement des collectivités locales. L'inconvénient de ce métier est la faiblesse des marges. Au lieu de chercher à améliorer le coeur du métier, les dirigeants partirent à l'aventure.

Ce fut, tout d'abord, la « transformation ». Ils empruntèrent à court terme pour pas très cher et prêtèrent à long terme pour plus cher ; une mécanique infernale était lancée. Comme cela faisait de l'argent, les mêmes mauvais banquiers se lancèrent dans une boulimie d'acquisition d'entreprises, d'activités, ou même de portefeuilles : Espagne, Italie, Japon, États-Unis étaient leurs terrains de chasse. Tout baignait, mais ce n'était qu'une apparence. En 2008, brusquement Dexia eût besoin de 260 milliards d'euros, la banque n'ayant que quatre jours de liquidités devant elle. Les États belges, français et luxembourgeois furent appelés au secours. Chemin faisant, l'action a perdu 94 % de sa valeur...

 

UN SAUVETAGE EN URGENCE

Nous en arrivons à la situation actuelle où le sauvetage est organisé en urgence. Sous réserve d'autres évolutions, car cela bouge tous les jours, il semble que l'on s'oriente vers la seule solution logique : vendre tout ce qui est vendable et cantonner le reste dans une «Bad-Bank », ou banque pourrie, que le contribuable sera appelé à supporter, bien sûr sans que son avis lui soit demandé. Cela rappelle de tristes souvenirs des années 1990 : le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier, la compagnie d'assurances GAN, autres victimes de scandales d'Etat.

Les enseignements à tirer de cette triste histoire sont nombreux.

Il y eût certainement des multiples compromissions. Dans ce monde, où les uns et les autres se tiennent par la barbichette, les dirigeants principaux n'étaient certainement pas les seuls à fauter. Avant la découverte soudaine du scandale, il est évident que des signaux devaient exister : pourquoi le silence ?

Les Etats sont directement responsables. Parmi les actionnaires se trouvent non seulement les Etats français et belge, mais aussi de faux nez comme la Caisse des Dépôts et Consignations, instrument tout puissant de l'économie dirigée en France.

 

LES MILLIARDS DES CONTRIBUABLES

L'appui des Etats pour sauver les meubles a pris de multiples formes : garanties accordées aux déposants et aux créanciers, perspective d'accroissement des pourcentages dans le capital, garanties aux futurs emprunts éventuels lors de la remise en ordre. Personne ne peut, à ce jour, mesurer le nombre de milliards que les contribuables devront supporter en définitive et tout chiffre avancé peut être dépassé le lendemain.

Les mauvais banquiers qui siégeaient avec d'autres dans les conseils d'administration de Dexia ont été parfaitement enclins à pousser aux secours étatiques, dans l'espoir que ces Etats seraient prêts de même à venir au chevet de leur banque le cas échéant. Simultanément, ils ont été encouragés dans leurs mauvaises pratiques.

Dans l'historique nous constatons une boulimie d'acquisitions. Rien de plus dangereux que de se lancer dans une telle course folle : c'est se heurter inévitablement au manque de temps et de talents pour analyser les cibles et mener à bien leur bonne gestion ultérieure, ainsi que la cohérence de l'ensemble.

Pire encore, cette voracité s'est réalisée dans un grand nombre de pays ; il est périlleux de se présenter avec un grand appétit dans un pays étranger que l'on ne connaît pas. Les nationaux ne manquent pas de vous « refiler » des patates chaudes ou même des traquenards juridiques car eux seuls connaissent à fond la loi et les us et coutumes.

 

LA RUINE PAR LES COLLECTIVITES LOCALES

Le métier d'origine, à savoir le financement des collectivités locales, était considéré comme ne comportant pas de risque : à voire ! En effet, à l'époque, ces collectivités locales n'étaient pas tellement endettées et ce sont les lois de décentralisations qui les ont conduites à s'endetter davantage. L'erreur était funeste car ces collectivités se sont engagées dans des dépenses tout à fait insensées pour des besoins artificiels parfois même avec des emprunts toxiques ; des palais ont été bâtis sur endettement public ! La richesse nationale a gravement souffert de cet emballement.

La conclusion de cet ènième scandale d'Etat est que si les déposants ou les créanciers ont pu, éventuellement, être garantis, il n'y a nul espoir pour les actionnaires. La conséquence malheureuse est de décourager une nouvelle fois les gens de placer leur argent à la bourse en achetant des actions. C'est plutôt mélancolique car, dans la déroute actuelle des marchés, c'est justement le bon moment pour acheter, avec évidemment la plus grande prudence, les plus belles affaires qui sont littéralement sous évaluée.

Cette dernière conséquence est particulièrement grave car le développement de l'actionnariat est une vraie nécessité pour l'accroissement de la richesse nationale.

Michel de PONCINS

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