Manif' des agriculteurs à Toulouse. "Déjà 4 heures à l'arrêt" : coincé sur la route, un automobiliste témoigne
Ils voulaient paralyser Toulouse, l'objectif semble accompli. Les agriculteurs sont mobilisés pour une grande action ce mercredi 7 janvier 2026. Des automobilistes sont bloqués.
Sur l’A61, les automobilistes sont à l’arrêt depuis plus de quatre heures à la suite du blocage organisé par les agriculteurs ce mercredi 7 janvier 2026. (©Sébastien Truffaut)
Par Marie LamarquePublié le 7 janv. 2026 à 13h44
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Périphérique, A68, A64, A61… Les agriculteurs sont mobilisés à toutes les entrées de Toulouse ce mercredi 7 janvier 2026, créant d’importants bouchons. Les tracteurs sont arrivés tôt ce matin, notamment au niveau de la bretelle de sortie de Balma. Patrick, agriculteur à Préserville, était déjà sur place à « 5h du matin », a-t-il souligné à Actu Toulouse.
Il fait partie des nombreux manifestants ayant répondu à l’appel des quatre syndicats du monde agricole (FDSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale et Confédération paysanne). L’objectif : paralyser Toulouse. Pour les automobilistes, c’est la galère. Sur l’A61 – qui relie Toulouse à Narbonne – ils se retrouvent même bloqués. L’un d’entre eux témoigne.
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Benjamin bloqué depuis quatre heures
Ce mercredi matin, Benjamin Truffaut a pris la route comme à son habitude. Cet habitant d’Ayguesvives met généralement « 20 minutes » pour rejoindre son lieu de travail, dans le secteur de Balma, à l’est de Toulouse. Mais voilà, son trajet est loin de se dérouler comme prévu.
« Je suis parti à 8h45 de chez moi, et je suis toujours à l’arrêt », déplore l’automobiliste. Voilà maintenant plus de quatre heures que Benjamin est bloqué à un kilomètre avant le péage de Toulouse sud. « Quand je suis arrivé, Waze m’a informé sur des ralentissements. Puis, petit à petit, mon heure d’arrivée a été sans cesse repoussée ».
Moteur éteint, il ne peut plus avancer depuis 9h45. « J’ai vu des gens faire demi-tour sur la bande d’arrêt d’urgence. On ne sait pas combien de temps cela va durer. »
Vidéos : en ce moment sur Actu
Au sud de Toulouse, sur l’A61, les agriculteurs ont paralysé la circulation. (©Toulouse Trafic)
Bennes chargées, barbecue sorti…
Sur l’autoroute, il remarque rapidement, au loin, une dizaine de tracteurs, ainsi que des véhicules de la gendarmerie. « Les agriculteurs ont installé un barbecue, ils ont les bennes remplies. J’imagine qu’ils ont bien l’intention de rester », indique Benjamin. Et d’ajouter : « la journée de travail va être compliquée ».
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Sur l’autoroute, les agriculteurs se sont installés. (©Sébastien Truffaut)
Les représentants des syndicats agricoles ont conscience de la pagaille semée et des désagréments causés. Ils s’étaient justifiés ce lundi : « on s’excuse par avance de prendre les gens en otage mais l’État ne nous entend pas. […] On ne veut plus de promesses mais des décisions prises rapidement », soulignait Mathieu Maronese, secrétaire général adjoint au sein des JA 31.
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Toulouse. Mobilisation des agriculteurs : blocages, opérations escargot, interpellation, revivez notre direct
Ils l'avaient anoncés, ils l'ont fait. Ce mercredi 7 janvier 2026, les agriculeturs ont paralysé Toulouse et ses environs tout au long de la journée. Revivez notre direct.
Les agriculteurs se sont mobilisés toute la journée pour paralyser Toulouse. (©Marie Lamarque / Actu Toulouse)
Par Rédaction de ToulousePublié le 7 janv. 2026 à 5h16 ; mis à jour le 7 janv. 2026 à 19h50
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Alors même qu’un arrêté pris par le préfet interdisait toute manifestation ce mercredi 7 janvier 2026 à Toulouse, les agriculteurs l’avaient bien fait savoir : ils voulaient paralyser Toulouse à travers diverses opérations. Une nouvelle journée de protestation a eu lieu, organisée à l’initiative des quatre principales organisations syndicales (Coordination rurale, Confédération paysanne, FDSEA et Jeunes agriculteurs), mais sans pour autant les Ultras de l’A64, qui résistent toujours sur leur barrage de l’A64, à hauteur de Carbonne. Revivez notre direct, tout au long de cette journée.
19h50. Fin du direct
C’est la fin de notre direct, merci de l’avoir suivi.
19h30. « Une zone toulousaine un peu plus calme »
La situation s’est apaisée à Toulouse, où les axes routiers et le périphérique ont progressivement retrouvé un trafic normal. Le secteur de Balma a été évacué, avec des forces de l’ordre qui « jalonnent les convois repartant vers l’est et surveillent leurs itinéraires de circulation », indiquent les gendarmes.
Sur l’A61, le convoi d’agriculteurs progressant à vitesse réduite a dépassé la sortie de Nailloux.
« On a retrouvé une zone toulousaine un peu plus calme », concluent les gendarmes.
19h. Confrontations entre les CRS et la Coordination rurale
En milieu d’après-midi, les agriculteurs mobilisés sur l’A68 se sont progressivement dirigés vers le point de blocage de Balma. « Nous sommes passés par des petits villages comme Beaupuy et Montrabé pour rejoindre nos collègues à Balma. Ils n’étaient plus sur le périphérique, mais sur une voie de bus menant au parking du métro. C’est là que les forces de l’ordre les ont interpellés », explique Éric Massou, secrétaire général de la Coordination rurale 31.De son côté, il indique avoir été verbalisé : « J’ai été verbalisé à Balma pour entrave à la circulation. »
Au même moment, la situation s’est tendue au niveau du rond-point d’Ikea, à Roques. « Il y a eu des confrontations entre les CRS et la Coordination rurale. Les CRS nous ont menacés de gazage et l’un de nos membres a été blessé au bras. Désormais, les agriculteurs souhaitent rentrer chez eux, mais ils sont bloqués par les forces de l’ordre », poursuit Éric Massou.
Contactés, les gendarmes confirment des tensions sur place. « Sur ce rond-point, une unité de CRS empêchait les agriculteurs de monter sur Toulouse. Une action belliqueuse a ensuite été menée par certains manifestants, avec des jets de fumier en direction des forces de l’ordre. Nous nous sommes donc équipés en conséquence », expliquent-ils. Selon les forces de l’ordre, « les agriculteurs ont ensuite indiqué ne pas vouloir entrer en conflit et ont annoncé leur intention de regagner leurs exploitations avec leurs tracteurs ». Les gendarmes précisent enfin que « les meneurs ont été identifiés et qu’une procédure a été ouverte ».
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17h. Point de situation sur la circulation
Les conditions de circulation restent délicates à Toulouse, voici le point avec la gendarmerie :
- « Sur l’A61, l’évacuation des agriculteurs et des usagers est terminée. L’autoroute en direction de Toulouse est rouverte. Les convois sont en train d’être raccompagnés vers l’Ariège.
- Sur la D817 à Roques, à hauteur d’Ikea, un point de blocage est toujours en cours.
- Sur la RN124, tous les agriculteurs venus du Gers ont été renvoyés dans leur département. Ils ont déversé du fumier à hauteur de la sortie 10. Le Conseil départemental du Gers devra procéder au nettoyage.
- Sur l’A68, une tentative d’arrivée avait eu lieu. Les convois ont été rapidement bloqués et réinjectés sur le réseau secondaire. La route a pu être rouverte. Quelques contraventions ont été dressées pour conduite dangereuse de la part de certains agriculteurs.
- Sur l’A64, le blocage qui se situait au niveau de l’Oncopole est terminé.
- À Balma, la situation reste inchangée, avec les agriculteurs toujours présents. »
15h45. La circulation sera impactée à l’heure de pointe, selon les JA 31
Mathieu Melonese, membre des JA 31, l’assure : ils n’ont « aucune intention de rentrer »… pour le moment. « On va rejoindre nos collègues qui sont à l’arrêt à Balma, ce sont eux qui ont été interpellés et qui ont fini au commissariat. » Et après ?
« Ensuite, ça devrait se terminer, vu qu’il y a des patrouilles partout sur les accès au périphérique. On ne passera pas la nuit ici. » Attention cependant : « Ça ne finira probablement pas avant 17h30 ou 18h, à l’heure de pointe. Le but c’est de gêner la circulation jusqu’au bout de la journée, malgré les entraves des forces de l’ordre. »
15h40. Les agriculteurs de l’A68 tentent de rejoindre le blocage de Balma
Les Jeunes agriculteurs 31 indiquent avoir abandonné le blocage sur l’A68, « car on ne pouvait pas aller plus loin que le péage de l’Union », explique Mathieu Maronese.
« On a fait demi-tour et on est à Balma. On tente de rejoindre nos collègues sur le point de blocage via les routes communales, mais on est à nouveau bloqués par les gendarmes », indique le membre des Jeunes agriculteurs de Haute-Garonne.
15h30. Point de situation sur la circulation
Contactée par Actu Toulouse, la gendarmerie fait le point sur la situation sur les axes concernés par la mobilisation :
- À Balma, le périphérique est « un peu soulagé » de son occupation. Il reste cependant des tracteurs, notamment car des agriculteurs sont toujours en audition ou en garde à vue au commissariat – et en toute logique, ils ne peuvent donc pas conduire leur engin. Les interpellations sont cependant terminées.
- Au MEET, les tracteurs ont quitté les lieux peu après midi.
- Sur l’A61, l’évacuation des agriculteurs et des usagers est en cours de coordination. Une opération lente et complexe, car tous les véhicules doivent sortir par un portail de service : les véhicules légers, les poids lourds, et enfin les agriculteurs. À la gare de péage de Toulouse Sud par exemple, les gendarmes font évacuer les automobilistes en leur faisant faire demi-tour sur la bande d’arrêt d’urgence. Voir ci-dessous.
- Sur l’A68, le blocage est terminé. Vinci Autoroutes précisait cependant à 15h30 que « pour le moment l’autoroute est coupée mais pourrait rouvrir prochainement, en direction de Toulouse, sortie obligatoire à Montastruc (sortie 3) ».
- Sur l’A64, les agriculteurs se trouvent sur les voies les plus à droite de la chaussée après Oncopole sortie 38, provoquant un ralentissement d’environ 3km. Le blocage de Carbonne est toujours en cours.
14h. « Demi-tour sur la bande d’arrêt d’urgence »
Certains automobilistes sont bloqués depuis plusieurs heures sur des axes occupés par les agriculteurs. C’est le cas de Benjamin Truffaut, à l’arrêt sur l’A61, à un kilomètre du péage de Toulouse-Sud, depuis 9h45 ce matin. À 14h, pour lui comme pour les autres voitures, la situation commence à se débloquer :
« La gendarmerie demande aux automobilistes de faire demi-tour sur la bande d’arrêt d’urgence afin de regagner Montgiscard. Les poids lourds, en revanche, n’ont pas quitté l’autoroute. »
12h35. Le préfet demande aux agriculteurs de rejoindre leurs exploitations
Dans un communiqué, le préfet de Haute-Garonne et de l’Occitanie rappelle que la manifestation en cours a été interdite, tout comme la circulation des tracteurs dans le département. « Si le droit à manifester est garanti constitutionellement, il s’exerce dans des conditions strictement encadrées par la loi, qui en l’espèce n’ont pas été respectées. »
« De plus, cette décision tient compte des actions violentes et des dégradations constatées ces dernières semaines, dans plusieurs départements riverains, qui ne sauraient être reproduites en Haute-Garonne et en particulier à proximité de l’agglomération toulousaine. » Après avoir rappelé que « le dialogue avec la profession agricole est particulièrement actif et ouvert », le préfet enjoint les agriculteurs mobilisés « à regagner leurs exploitations ».
12h10. Pourquoi les Centaures ont-ils été mobilisés ?
Les Centaures, véhicules blindés de la gendarmerie, ont été déployés sur le point de blocage de l’A61, ainsi que sur la nationale 124 à hauteur de Pibrac, avant Colomiers. On peut le voir sur ce direct :
« À Pibrac sur la N124, la quarantaine de tracteurs qui arrivait avec le groupement du Gers a été freinée et bloquée. Puis, les Centaures ont été déployés pour assurer qu’ils ne pourraient plus avancer », indique la gendarmerie, contactée par Actu Toulouse. Des CRS étaient aussi sur place.
12h. Tensions et gardes à vue
La gendarmerie indique que l’ambiance est dans l’ensemble plutôt calme, concernant les tensions entre agriculteurs et forces de l’ordre. À noter que certains ont été placés en garde à vue par la police – le préfet avait interdit formellement l’usage de tracteurs lors de la manifestation, qui s’est donc avérée illégale.
En parallèle, la gendarmerie note cependant quelques comportements « belliqueux » : des agriculteurs ont forcé des passages pendant la nuit sur des patrouilles, qui s’étaient mises en travers. Malgré l’intervention des forces de l’ordre pour les empêcher d’avancer, certains manifestants auraient cassé des portails sur l’autoroute A68. D’autres auraient scié les rails de sécurité pour passer de l’A66 à l’A61, dans le Lauragais, après s’être retrouvés coincés au niveau de la bretelle de sortie.
Pour rappel, les JA 31 ont réagi au placement en garde à vue de plusieurs adhérents dans un communiqué (voir plus bas).
11h45. Le point sur les blocages
La gendarmerie est présente sur plusieurs secteurs pour bloquer l’avancée des agriculteurs.
- Sur le périphérique à Balma – où les automobilistes doivent sortir à la Roseraie, sortie 15, indique Vinci Autoroutes.
- Sur l’A61 en amont de la barrière de péage de Toulouse Sud, où une cinquantaine de tracteurs ont été bloqués. Il faut sortir à Villefranche-de-Lauragais (sortie 20). Les automobilistes bloqués sont en train d’être évacués peu à peu, selon Vinci Autoroutes.
- Sur l’autoroute A68 une quinzaine de tracteurs a été bloquée par la gendarmerie avant la barrière de péage. L’autoroute est coupée vers Toulouse, il faut sortir à Montastruc, sortie 3. Une évacuation est en cours par un portail, guidée par les autorités sur place.
- Côté police, sur l’A64, des tracteurs au niveau ont été arrêtés dans leur course. L’autoroute n’est pas coupée, on circule sur les deux voies les plus à gauche. En parallèle, le blocage de Carbonne se poursuit.
Hors autoroutes, les gendarmes sont présents sur ces blocages :
- Sur la nationale 124 à hauteur de la sortie 7, à Pibrac, où une quarantaine de tracteurs sont bloqués
- Au niveau d’Ikea, à Toulouse-Roques, où 8 tracteurs-bennes et un porte char ont été bloqués
- À Capens, où les tracteurs remontent vers Muret et Toulouse – la gendarmerie essaie de les en empêcher
- Au MEET, rond-point de Beauzelle, trois tracteurs avec remorques ont été stoppés