
GUERRE AVEC L'IRAN :
« Pourquoi les prix des carburants baisseront lentement ou pas du tout ! » L’édito de Charles SANNAT
par Charles Sannat | 10 Avr 2026 | A la une, Inflation | 11 commentaires
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Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Vous connaissez la célèbre phrase « Sésame ouvre-toi » dans l’histoire d’Ali Baba et les 40 voleurs ? Ici nous pourrions dire « Ormuz ouvre-toi » tant tous nos regards sont braqués sur cette artère vitale pour l’énergie mondiale.
Après plusieurs jours de tensions au Moyen-Orient, l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire en Iran a entraîné un net repli des cours du pétrole, en forte baisse en l’espace de 48h. Une détente qui pourrait, en théorie, se répercuter sur les prix à la pompe dans les prochains jours. Mais entre délais de transmission, marges des distributeurs et incertitudes géopolitiques persistantes, la baisse pour les automobilistes reste encore incertaine…
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Et pour cause que cette baisse reste incertaine.
D’abord le cessez-le feu lui-même reste incertain. A l’heure où j’écris ces lignes, le détroit d’Ormuz reste dans les faits bloqués avec le passage de seulement 6 navires dont aucun pétrolier ou transporteur de gaz. L’Iran refuse certaines demandes américaines notamment sur l’uranium. Les Israéliens ont dit qu’ils continueraient à combattre le Hezbollah partout où ce sera nécessaire. D’ailleurs après l’euphorie d’hier, les marchés sont repartis à la baisse (légèrement) mais n’ont pas poursuivi leur hausse.
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Revenons aux carburants que nous achetons à prix d’or dans nos stations-services. Il y a deux choses. Il y a le prix qui réagit immédiatement sur les marchés sur des contrats futurs que nous ne prendrez jamais en livraison physique, puis le marché du physique réel. Le marché des pétroliers qu’il faut vraiment livrer. Pour ce marché, il n’y a pas de pétrolier à la mer ou qui arrivent pour livrer. Ils sont bloqués dans le Golfe. Les raffineries ont été bombardées. Il faudra les réparer. Il faudra remplir les bateaux. Il faudra qu’ils arrivent jusqu’à nous. Cela prendra au mieux des semaines.
La baisse des prix sera donc forcément très lente et uniquement si une paix durable s’installe ce qui, à ce stade, est très loin d’être une certitude même si nous l’espérons tous.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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Risque de pénurie de carburants : "Avril devrait être bien pire que mars", prévoit une spécialiste
Les infrastructures énergétiques sont désormais au cœur de la guerre au Moyen-Orient. Celles qui ont été attaquées ne pourront pas refonctionner normalement avant "une longue période, voire des années", selon Anne-Sophie Corbeau, chercheuse spécialiste de l'énergie.
Publié le 07/04/2026 12:33
Mis à jour le 07/04/2026 12:34

Vue du complexe gazier iranien de South Pars à Assalouyeh, le 19 novembre 2015 (ATTA KENARE / AFP)
Le plus grand complexe pétrochimique iranien a été visé par des tirs israéliens lundi 6 avril. L'Iran a répliqué immédiatement, en ciblant dans la nuit les installations de Dubail en Arabie Saoudite. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l'Agence internationale de l'énergie dénombre 75 infrastructures énergétiques visées et endommagées, dont plus d'un tiers gravement ou très gravement. Anne-Sophie Corbeau, chercheuse au Center on Global Energy Policy rattaché à l’université de Columbia estime que les dommages subis par ces installations constituent "le principal risque de pénurie, beaucoup plus que le blocage du détroit d’Ormuz".
France info :
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih BIROL, dit mardi matin que la crise actuelle est plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies. Est-ce que vous partagez son diagnostic ?
Anne-Sophie Corbeau :
Oui, je suis tout à fait d'accord. D’une part les volumes de pétrole qui sont en jeu sont beaucoup plus importants, et d’autre part la crise est à la fois pétrolière et gazière. À peu près 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié passent habituellement par le détroit d’Ormuz. Ils ne passent pratiquement plus, plus du tout en ce qui concerne le GNL Il y a en plus ces attaques contre les infrastructures énergétiques en Iran et dans tous les pays du Golfe.
Est-ce que la situation va encore se dégrader ?
Jusqu’à maintenant, les bateaux qui étaient partis avant le 28 février continuaient d'arriver en Europe, et pratiquement tous en Asie. Mais là, en avril, on va voir l'impact de cette guerre, car plus aucun bateau de pétrole ou de gaz ne passe via le détroit d'Ormuz. Le mois d'avril devrait être bien pire que ce qu'on a vu en mars.

Israël annonce avoir frappé lundi 6 avrill le plus grand complexe gazier iranien. Est-ce qu’un palier a été franchi avec ces attaques délibérées contre des infrastructures qui servent aussi aux civils ?
Oui, il y a une montée en puissance depuis le 18 mars(Nouvelle fenêtre), quand Israël avait attaqué le champ gazier iranien de South Pars. L’Iran avait immédiatement répliqué en attaquant les installations de gaz naturel liquéfié au Qatar. lundi, les Israéliens ont attaqué le complexe pétrochimique d’Assalouyeh et l’Iran réplique par de nouvelles attaques contre Israël et contre le complexe pétrochimique de Dubail en Arabie Saoudite.

Est-ce qu’on est face à un risque de pénurie ?
Les infrastructures énergétiques touchées ne seront plus opérationnelles pendant une longue période(Nouvelle fenêtre), quelques années en ce qui concerne les unités de liquéfaction de gaz au Qatar. Dans le cas, par exemple, des unités de liquéfaction de Ras Laffan, le ministre qatari a estimé qu’une remise en état prendrait de trois à cinq ans. Je dirais plutôt entre deux et trois ans, mais assurément ça se compte en années. Le principal risque de pénurie est là à mon avis, beaucoup plus que le blocage du détroit d’Ormuz (Nouvelle fenêtre).
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"Il est très possible qu’il y ait encore des augmentations des prix de l'énergie."
Anne-Sophie Corbeau, chercheuse au Center on Global Energy Policy rattaché à l’Université de Columbia
Source France info
Les Français, qui vont devoir acheter du gaz ou du carburant à la pompe, doivent-ils s’attendre à de nouvelles hausses ?
Si la guerre et les destructions d’infrastructures qui vont avec se poursuivent, il est très possible qu’il y ait encore des augmentations. Ceux qui utilisent du gaz pour se chauffer ne le verront pas tout de suite puisqu’on arrive dans la saison chaude. Mais il faut absolument que nous puissions être approvisionnés cet été pour pouvoir reconstituer nos stocks.
Donald Trump, le 2 avril 2026 à Washington (Etats-Unis). (ALEX BRANDON / AFP)
Guerre au Moyen-Orient : "Une civilisation entière va mourir ce soir", lance Donald Trump à quelques heures de l'expiration de son ultimatum contre l'Iran
Article rédigé parPauline Dubois, Tom Hollmann, Aubert Antoine
SOURCE : France Télévisions
Publié le 07/04/2026 06:39
Dans la foulée de ses nouvelles déclarations, le vice-président américain, J.D. Vance, a assuré que "beaucoup de négociations" vont encore avoir lieu dans les heures qui viennent.
Ce qu'il faut savoir
Des menaces verbales d'une violence extrême. Donald Trump a lancé, mardi 7 avril sur sa plateforme Truth Social, qu'"une civilisation entière va mourir ce soir", à quelques heures de l'expiration de son ultimatum contre l'Iran dans la soirée (20 heures aux Etats-Unis, 2 heures du matin en France). "Je ne veux pas que cela se produise, mais ce sera probablement le cas", a ajouté Donald Trump. Dans la foulée, le vice-président américain, J.D. Vance, a assuré que "beaucoup de négociations" vont avoir lieu dans les heures qui viennent. "Nous avons des outils à notre disposition que nous n'avons, jusqu'à présent, pas décidé d'utiliser", a-t-il encore déclaré. Donald Trump a affirmé lundi soir être prêt à détruire l'Iran "entier (...) en une seule nuit" si l'ultimatum qu'il a fixé à la République islamique expire sans résultat. D'après lui, les Etats-Unis peuvent détruire "en quatre heures" les ponts et les centrales électriques du pays..

• L'Iran menace d'actions qui priveront les Etats-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz "pendant des années".
"Nous avons fait preuve jusqu'à présent d'une grande retenue dans un esprit de bon voisinage, mais ces réserves sont désormais levées (...) Si l'armée terroriste américaine franchit les lignes rouges, notre riposte s'étendra au-delà de la région", ont prévenu les Gardiens de la Révolution iraniens. Ces invectives surviennent à la suite d'une nouvelle série frappes d'ampleur israélo-américaines sur des infrastructures iraniennes, dont deux ponts.
• Dix-huit morts, dont deux enfants, dans des frappes près de Téhéran.
Des frappes israélo-américaines ont visé des zones résidentielles dans la province d'Alborz, située dans le nord de l'Iran proche de Téhéran, tôt dans la matinée, selon l'agence de presse Fars et le site Mizan, organe du pouvoir judiciaire, citant un vice-gouverneur de cette région.
• Israël exhorte les Iraniens à ne pas prendre le train mardi.
"Chers citoyens, pour votre sécurité, nous vous prions de vous abstenir d'utiliser les trains ou de voyager en train dans l'ensemble du pays à partir de maintenant et jusqu'à 21 heures, heure d'Iran [19h30 en France]", écrit l'armée israélienne sur son compte en persan, laissant augurer de frappes à venir sur le réseau ferroviaire en Iran.

• L'armée israélienne frappe l'Iran et sa capitale, des missiles iraniens tirés vers Israël.
"Il y a peu de temps, les forces israéliennes ont effectué une vague de frappes aériennes visant à endommager les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran et dans d'autres régions d'Iran", a écrit l'armée sur Telegram. Des explosions ont été entendues à Téhéran et dans sa périphérie, selon des médias iraniens. L'armée israélienne a aussi fait état de missiles iraniens tirés vers Israël, et interceptés par les systèmes de défense de l'Etat hébreu..
