« L'atmosphère s'est alourdie, et aucune des deux parties ne semblait disposée à tenir compte des préoccupations de l'autre » : dans les coulisses de la négociation entre l'Iran et les Etats-Unis
« GUERRE EN IRAN. Echec de négociations, le scénario noir commence »
L’édito de Charles SANNAT
par Charles Sannat | 13 Avr 2026 | A la une, Choc Pétrolier | 17 commentaires
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Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Ce week-end le monde entier avait les yeux tournés vers le Pakistan devenu capitale mondiale des négociations.
Au bout de quelques heures, c’est l’échec et le vice-président américain JD Vance a pris la parole pour annoncer le retour de la délégation américaine aux Etats-Unis.
Donald Trump, lui, a annoncé le blocus du détroit d’Ormuz à sont tour.
C’est le principe du siège et du contre-siège. Il s’agit ici de ne pas laisser l’Iran se servir du détroit et de bloquer tout le monde sauf ses navires. Désormais ses navires aussi seront bloqués privant notamment ses alliés chinois des livraisons iraniennes de pétrole.
Les Chinois sont prévenus. Si vous armez l’Iran, alors les droits de douane seront de 50 % sur toutes les chinoiseries possibles et imaginables.
Ce qui sort d’Ormuz ce sont les pétroliers iraniens pour la Chine. Ce qui rentre, ce sont des navires en provenance de la Chine avec de quoi faire le plein des missiles iraniens car le carburant liquide vient de Chine (en fait ce que l’on appelle des précurseurs) et 2 à 3 navires sont sur le point d’arriver. Ils n’arriveront sans doute pas, mais cela risque de poser quelques menus problèmes dans les heures qui viennent.
La guerre dure et le choc inflationniste est désormais incontournable et inévitable. Ce sera un choc plus important que celui post guerre en Ukraine et sans doute aussi plus durable. Les pénuries seront très importantes.
Pendant ce temps la marine américaine va déminer le détroit d’Ormuz.
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L’Iran n’a plus comme atout maître dans son jeu que la capacité de blocage du détroit d’Ormuz et de Bab al Mandab Strait dans la mer Rouge avec ses alliés les Houthis du Yémen.
Si les États-Unis libèrent le passage du détroit d’Ormuz, alors l’Iran perdra son principal moyen de pression sur le reste du monde.
C’est tout l’enjeu des prochains jours qui seront cruciaux aussi bien pour l’économie mondiale que pour les marchés financiers car, comme je vous le dis dans cette vidéo nous entrons dans une fenêtre potentielle de correction boursière majeure qui s’ouvre le dimanche 12 avril et ne se refermera pas avant le 26 avril. C’est pour cela que j’ai rédigé tout un dossier pour mes abonnés à ma lettre de bourse de la Forteresse Financière consacré justement à ce sujet et intitulée « Le Krach aura lieu entre le 12 et 26 avril ». Pour tous les renseignements c’est ici.
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Je vous explique tout dans cette vidéo.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT

« L'atmosphère s'est alourdie, et aucune des deux parties ne semblait disposée à tenir compte des préoccupations de l'autre » : dans les coulisses de la négociation entre l'Iran et les Etats-Unis
Aucun deal n'a été trouvé entre Washington et Téhéran à Islamabad. Lors des trois rounds de négociation, Américains et Iraniens sont restés campés sur leurs positions.

J. D. Vance, le vice-président américain, a annoncé dimanche matin qu'aucun accord n'avait été trouvé. (Photo Jacquelyn Martin/Pool/Reuters)
SOUCE : Par Clément Perruche
Publié le 12 avr. 2026 à 11:43Mis à jour le 12 avr. 2026 à 13:19
Il est 6h30, dimanche matin, lorsque J. D. Vance se présente devant la presse, dans l'hôtel Serena d'Islamabad, pour annoncer qu'aucun accord n'a été trouvé avec les Iraniens, malgré des discussions qui ont duré plus de vingt heures. « Les Iraniens n'ont pas voulu accepter nos termes », explique le vice-président américain, flanqué de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, ainsi que de Steve Witkoff, le conseiller pour le Moyen-Orient du président américain
Pas de « deal », donc. Cependant J. D. Vance a laissé la porte ouverte, en expliquant quitter le Pakistan avec « une proposition très simple ». « Nous verrons si les Iraniens l'acceptent », a-t-il ajouté pour conclure une conférence de presse éclair venue clôturer des négociations qui ont pris la forme d'un marathon. J. D. Vance était arrivé la veille, aux alentours de midi, pour tenter d'obtenir un accord de paix qui mettrait fin à la guerre en Iran, qui dure depuis maintenant plus de quarante jours.
Trois rounds tendus
Le vice-président américain a d'abord rencontré, samedi, les Pakistanais, avant de rencontrer les responsables Iraniens plus tard dans l'après-midi. Au total, ce sont plus de trois rounds, avec des rencontres en face-à-face entre Américains et Iraniens, qui ont eu lieu à Islamabad sous médiation pakistanaise. Côté iranien, la délégation était emmenée par Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement, ainsi que le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi.
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Le premier round, d'une durée de deux heures, a commencé de manière cordiale. J.D. Vance et Mohammad Ghalibaf se seraient serré la main. « Cependant, les deux parties sont parties de positions maximalistes », explique un haut responsable pakistanais sous couvert d'anonymat.
C'est lors du second round que les points d'achoppement entre Washington et Téhéran se sont fait jour. Les points de friction incluent la réouverture du détroit d'Ormuz, le dégel de certains actifs iraniens, l'arrêt de l'enrichissement d'uranium par l'Iran et le cessez-le-feu au Liban. « L'atmosphère s'est alourdie, et aucune des deux parties ne semblait disposée à écouter ou à tenir compte des préoccupations de l'autre. Si le ton est resté modéré, de profondes divergences sont apparues, chacune campant sur ses positions », raconte ce même responsable pakistanais.
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Le troisième round aurait été « le plus long et le plus compliqué » : « les deux parties ont continué à camper sur leurs positions concernant les principaux points de discorde », poursuit cette même source. « Pendant les pauses, les deux délégations sont restées en contact avec leurs dirigeants respectifs. Vance a continué à tenir le président Trump informé, et maintenant que les pourparlers sont terminés, la décision concernant le sort du cessez-le-feu revient au président Trump. »
Les médiateurs pakistanais auraient poussé pour que les deux parties s'accordent sur une feuille de route fixant les prochaines étapes des négociations - en vain. « Les efforts se poursuivent pour convaincre les deux parties d'accepter de prolonger le cessez-le-feu, mais aucune annonce n'est attendue avant que le délai de deux semaines [du cessez-le-feu, NDLR] ne touche à sa fin », continue ce même haut responsable pakistanais.
Première étape importante
Si cette première session de négociation s'est soldée par un échec, avoir réuni dans la même pièce Américains et Iraniens est déjà un exploit. Jamais une rencontre en face-à-face de ce niveau n'avait eu lieu depuis la Révolution islamique de 1979.
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Il en fallait, du talent diplomatique, pour rassembler dans une même pièce Américains et Iraniens. Lors de la conférence de presse qu'il a donnée après avoir passé une nuit blanche passée à négocier, enfermé avec les Iraniens dans l'hôtel Serena, J. D. Vance a adressé ses premiers mots à ses amis pakistanais, au premier rang desquels Shehbaz Sharif, le Premier ministre, et Asim Munir, le chef de l'armée. Tous deux ont été des « hôtes incroyables » et si les négociations ont échoué, « ce n'est pas à cause des Pakistanais, qui ont fait un travail formidable », a expliqué le vice-président américain devant la presse.
Vers d'autres négociations ?
Négocier avec l'Iran est ardu, et rares sont ceux qui s'attendaient à ce qu'Iraniens et Américains trouvent un accord dès ce week-end. « Il était évident dès le départ que nous ne devions pas nous attendre à atteindre un accord en une seule session », a d'ailleurs déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei à la télévision d'Etat iranienne. « D'autres pourparlers pourraient avoir lieu, mais on ne sait pas encore s'ils se tiendront au Pakistan ou ailleurs », a écrit sur X Michael Kugelman, expert de la région à l'Atlantic Council.
Tandis que J. D. Vance donnait sa conférence de presse, Donald Trump, lui, assistait à un combat de MMA à Miami, accompagné de Marco Rubio et du podcasteur masculiniste Joe Rogan. En route vers la Floride, le président américain avait déjà fait montre de sa désinvolture en expliquant que peu lui importait qu'un accord soit conclu ou non avec l'Iran : « Nous sommes gagnants, quoi qu'il arrive », avait-il affirmé. « Nous les avons vaincus sur le plan militaire. »
Clément Perruche (Correspondant à New Delhi)
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