« Trump une guerre c’est long ! »
« Trump une guerre c’est long ! » L’édito de Charles SANNAT
par Charles Sannat | 2 Avr 2026 | A la une, Guerre | 22 commentaires
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Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Trump s’est adressé aux Américains hier mais également au monde. Ce qu’il a dit c’est que la guerre n’est pas terminée. Elle va se terminer, sans doute dans 2 ou 3 semaines, mais nous en reparlerons d’ici-là car nous sommes clairement dans un processus itératif et de « pilotage » des marchés et des réactions des gens.
Un passage du discours de Trump aurait du retenir l’attention de tous les observateurs, car Trump, même s’il semble dire tout et son contraire lâche tout de même des informations clefs régulièrement.
Une guerre c’est long !
« Il est essentiel que nous gardions ce conflit en perspective. L’implication américaine dans la première guerre mondiale a duré un an, sept mois et cinq jours. La seconde guerre mondiale a duré trois ans, huit mois et vingt-cinq jours. La guerre de Corée a duré trois ans, un mois et deux jours. La guerre du Vietnam a duré dix-neuf ans, cinq mois et vingt-neuf jours. La guerre en Irak s’est prolongée pendant huit ans, huit mois et vingt-huit jours. Nous sommes engagés dans cette opération militaire, si puissante, si brillante, contre l’un des pays les plus puissants, depuis trente-deux jours. »
Sous prétexte de dire que cette guerre pour le moment est courte (ce qui est vrai techniquement et factuellement), il précise que les guerres en général c’est long.
Dès février 2022 je vous disais à propos de l’Ukraine qu’il n’y a « jamais de petites guerres en Europe ». Après presque 5 ans de conflit et plus d’un million de morts je suppose que tout le monde a compris ce que je voulais dire par « il n’y a pas de petites guerres en Europe ».
C’est la même chose avec l’Iran. Ce n’est pas et ce ne sera pas une petite guerre.
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Trump ne négocie pas avec l’Iran… mais avec l’Otan pour son engagement.
L’objectif de Trump (qui n’est pas gentil avec nous) est d’entraîner à ses côtés d’autres forces armées pour partager le fardeau, les pertes, et les coûts de cette guerre qu’il a décidé de déclencher sans l’accord préalable de ses alliés traditionnels. Personne ne veut aller dans ce bourbier et perdre ses hommes et ses navires. Pourtant, comme l’a rappelé Trump hier soir :
« À tous les pays qui ne peuvent plus se procurer de carburant — dont beaucoup ont refusé de participer à la décapitation de l’Iran, que nous avons dû mener seuls — j’ai une suggestion. Premièrement, achetez du pétrole aux États-Unis ; nous en avons en abondance, énormément. Deuxièmement, faites preuve d’un courage différé… Allez dans le détroit et prenez-en le contrôle. Protégez-le. Utilisez-le pour vous-mêmes. »
Trump en menaçant de se retirer de l’OTAN et en mettant la pression sur ses pays partenaires pour qu’ils s’engagent dans la guerre négocie en réalité par les pays de l’OTAN, pas franchement avec les Iraniens et ce qu’il dit est factuellement globalement juste. C’est nous qui avons besoin d’énergie et de pétrole, pas les Etats-Unis qui peuvent nous vendre du bon GNL bien cher en bons dollars que l’on devra acheter. N’oubliez pas le tableau ci-dessous qui change tout. Le monde, sa géopolitique, ses rapports de forces et évidemment aussi les rapports monétaires.
Les 2 erreurs d’analyse !
Il y a ici deux erreurs d’analyse fondamentale. Prendre Trump pour un imbécile alors qu’il est en train de prendre le contrôle du marché pétrolier mondial en bloquant Ormuz et donc en octroyant un pouvoir géopolitique exorbitant à son pays, seule nation (après avoir enlevé Maduro et le pétrole du Venezuela juste avant) capable de vous livrer le pétrole dont vous avez tant besoin. L’imbécile est en train de nous couillonner mais nous sommes occupés à le traiter d’abruti sans voir le coup arriver.
La seconde c’est croire que les Etats-Unis négocient avec l’Iran, alors qu’en réalité ils négocient avec les pays de l’OTAN pour que cette guerre puisse se poursuivre d’une autre manière aussi longtemps qu’il sera nécessaire.
A ce stade l’Iran n’a objectivement aucune raison de libérer le détroit d’Ormuz. Le régime tient, c’est sa victoire. Elle n’est pas militaire. Elle est économique. Militairement l’Iran a déjà perdu. Economiquement en raison des perturbations qui vont s’étendre et les rationnements deviendront visibles à tous dès mi-avril (sans doute après le week-end de Pâques) l’Iran a déjà gagné.
Trump a confirmé que la guerre continuerait au moins 2 à trois semaines. Et après ? Personne ne sait. Processus itératif je vous dis. Nous sommes menés par le bout du nez. Dans 3 semaines il n’y aura plus de pétrole dans les pompes à carburant. Le problème ne sera pas les « prix bloqués » mais la disponibilité.
Petit conseil. Il n’y a plus de livraison de kérosène pour les avions. Vous pourrez peut-être partir. Pas évident que vous puissiez revenir. Soyez vigilant. A titre personnel je ne mettrais pas les pieds dans un vol long-courrier.
Et Trump de conclure, « nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l’âge de pierre, là d’où ils viennent »… ce qui est un peu réducteur quand on connait l’histoire de la Perse. Mais Trump le sait. Il fait de la communication pour sa population. D’ailleurs, entendez-vous Macron ces derniers temps ? Non, il inaugure la Reine des neiges chez Disney. Sinon silence radio. C’est un signal important. Il n’a rien à dire le jacteur du Palais. C’est normal. Plus c’est grave moins ils parlent. Leurs silences sont toujours plus importants que leurs bruits.
Quelques heures avant de parler Trump avait posté ce message qui avait enflammé les marchés… qui vont vite s’éteindre. Comme d’habitude. Du pilotage je vous dis. On fait monter les cours… cela donne du mou, de la marge de baisse pour annoncer les mauvaises nouvelles, mais la tendance reste baissière.
Les pénuries arrivent. Elles sont désormais inévitables.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
Pénurie. La perte de pétrole en avril sera deux fois supérieure à celle de mars selon le patron de l’AIE
par Charles Sannat | 2 Avr 2026 | Choc Pétrolier, Grille article | 17 commentaires
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« La perte de pétrole en avril sera deux fois supérieure à celle de mars »: le patron de l’AIE prédit une catastrophe économique pire que les crises de 1973, 1979 et 2022 réunies.
Les derniers pétroliers sont arrivés.
Les mers sont vides.
Les raffineries du Golfe sont à l’arrêt.
Les rationnements de carburant sont inéluctables même si la guerre cessait aujourd’hui, car le temps de tout remettre en route, de réparer les installations endommagées et de charger des pétroliers qui mettront plusieurs semaines à arriver chez nous.
Le mois d’avril sera donc celui des pénuries et des rationnements, soit parce que la guerre va durer (scénario noir) soit le temps que les choses reviennent à la normale (si des négociations sont conclues).
Invité du podcast « In Good Company » relayé par CNBC, Birol a dressé un constat alarmant: « Le mois prochain, avril, sera bien pire que mars ». Il explique que les livraisons observées en mars reposaient encore sur des cargaisons expédiées avant le déclenchement du conflit. « [Les pétroliers] continuent d’arriver dans les ports, d’y apporter du pétrole, de l’énergie et d’autres produits », a-t-il précisé. Mais ce répit est sur le point de disparaître.
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« En avril, il n’y a rien. La perte de pétrole en avril sera deux fois supérieure à celle de mars. À cela s’ajoute le GNL et d’autres matières premières. Cela se traduira par de l’inflation et, à mon avis, freinera la croissance économique dans de nombreux pays, notamment les économies émergentes. Dans beaucoup de pays, un rationnement de l’énergie pourrait bientôt être instauré. »
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
Charles SANNAT
« La Fed n’a pas d’outils pour faire face à un choc énergétique selon Powell ! »
L’édito de Charles SANNAT
par Charles Sannat | 1 Avr 2026 | A la une, Banques Centrales | 2 commentaires
Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Voilà qui est une évidence, mais une évidence qu’il est bon d’entendre formalisée, une banque centrale peut faire beaucoup de choses quand il s’agit de monnaie, de problèmes monétaires, de dettes, de faillites d’entreprises ou de banque, quand il s’agit d’obligations. Elle peut baisser les taux, racheter les obligations, les prendre en pension (en garantie) contre de l’argent frais, elle peut même imprimer de la monnaie à l’infini.
Mais, dans la vraie vie, celle de l’industrie et du monde physique, une banque centrale est totalement démunie.
Elle ne peut pas imprimer ou créer de barils de pétrole pas plus qu’elle ne peut libérer le détroit d’Ormuz ou lutter contre les missiles et les drones iraniens.
Cette déclaration de Jerome Powell (source ici) le président de la FED la banque centrale américaine a deux mérites.
Le 1er vous rappeler qu’une banque centrale n’a pas d’outils pour lutter contre un choc pétrolier et énergétique.
Le second c’est que la banque centrale ne peut pas venir au secours de l’économie réelle alors la crise n’aura aucun « calmant », aucun « anti-douleur ». Nous allons la subir de plein fouet. Il n’y aura aucun amortisseur.
Voilà ce que vous devez bien avoir en tête pour les prochaines semaines ou mois.
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Guerre au Moyen-Orient : la Fed prévient qu’elle n’a pas d’outils à utiliser pour faire face à un choc énergétique
Se consacrant à la politique monétaire et au temps long, la Réserve fédérale américaine (Fed) ne dispose pas d’outils ayant « des effets sensibles à court terme » pour atténuer une situation de choc énergétique, a prévenu lundi 30 mars le président de l’institution Jerome Powell, lors d’un événement à l’Université Harvard.
« Les chocs énergétiques ont tendance à apparaître et disparaître assez rapidement . La politique monétaire, elle, travaille sur le temps long avec un effet retardé variable », a rappelé Jérôme Powell, interrogé sur la possibilité de la Fed d’agir en soutien de l’économie américaine, secouée par la guerre au Moyen-Orient.
Nous serons seuls face aux problèmes.
En France, nous avons un double problème (pour ne pas dire triple) par rapport aux Américains.
1/ Nous n’avons pas de pétrole ni de gaz contrairement aux Etats-Unis qui sont devenus le 1er producteur mondial.
2/ Notre banque centrale « mutualisée » entre plusieurs pays est nettement moins souple, moins agile que la FED américaine.
3/ Notre Etat croule tellement sous les dettes que Bercy n’est même pas capable de donner des aides significatives au moment où il y en a le plus besoin.
Il n’y a qu’une seule conclusion qui s’impose… préparez-vous vraiment au choc imminent qui s’annonce. Vous pouvez le faire avec bon sens et simplement. Achetez et stockez tout ce dont vous avez besoin pour les 6 prochains mois. Pour ceux qui veulent aller plus loin, je vous ai rédigé un dossier spécial pour vous aider à comprendre ce qu’il se passe, les dynamiques à l’œuvre et les actions que vous pouvez entreprendre très rapidement pour vous protéger et protéger vos proches et ceux que vous aimez. Je vous explique tout dans le dossier « Inflation et 12.5 % et pénuries, préparez-vous au choc imminent ».
Qu’est-ce qui va manquer, qu’est-ce qui va coûter plus cher, quels actifs acheter, le comportement de l’or, qu’est-ce que l’on va pouvoir « substituer » et avec quel surcoût, à quelle vitesse, quelles seront les pénuries en « net de substitution » et de nos « stocks » ? Nous avons de 3 mois à 18 mois de stocks en fonction des produits dans nos chaînes de productions et logistiques. Vous avez 3 semaines au mieux avant que les stocks libérés n’arrivent à échéance. Ce sera donc pour fin avril début mai.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
