
Un dîner mondain, des coups de feu et Trump évacué : le récit d'un gala qui a tourné au chaos

Donald Trump au dîner annuel des correspondants de presse de la Maison-Blanche, à l'hôtel Hilton de Washington. (REUTERS/Jonathan Ernst)
Le président américain a été évacué du dîner annuel des correspondants de presse de la Maison-Blanche, un événement mondain prisé de Washington. L'assaillant, qui a tenté d'entrer dans la salle, a été arrêté.
SOURCE : Par Les Echos
Publié le 26 avr. 2026 à 09:56Mis à jour le 26 avr. 2026 à 16:44
Smoking et coups de feu. Le grand gala annuel de la presse à Washington, en présence de Donald Trump, a basculé samedi soir quand un homme armé a tenté d'en forcer l'entrée. L'assaillant a été arrêté avant de pouvoir pénétrer dans la salle, après que des coups de feu ont éclaté.
Le président américain a été rapidement évacué de l'hôtel Hilton, où il assistait à ce dîner des correspondants de la Maison-Blanche.
Deux heures plus tard, sain et sauf, le milliardaire républicain donne une conférence de presse où il revient sur l'incident. « Ce n'est pas la première fois ces dernières années que notre République est attaquée par un assassin en puissance qui cherchait à tuer », déclare Donald Trump, en référence à la tentative d'assassinat dont il avait échappé en juillet 2024, en pleine campagne présidentielle.
Retour sur cette soirée mouvementée à l'hôtel Hilton de Washington.
« A terre ! A terre ! »
Le gala des correspondants de la presse de la Maison-Blanche, une institution aux Etats-Unis, a longtemps été boudé par Donald Trump. Il était bien présent samedi soir, comme des centaines de journalistes, ministres, diplomates et personnalités du tout-Washington. Tous sont alors en train de discuter poliment, autour d'une assiette de salade et de verres de vin.
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Donald Trump, Melania Trump, la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt et la journaliste de CBS Weijia Jiang, quelques minutes avant l'évacuation. REUTERS/Jonathan Ernst
Mais au beau milieu de ces agapes, une grande agitation se fait entendre à l'extérieur de la grande salle de réception de l'hôtel Hilton. Des « A terre ! A terre ! » sont criés : en quelques secondes, de nombreux invités s'accroupissent ou s'allongent à terre.
Un homme a tenté de faire irruption dans la salle, plusieurs coups de feu retentissent. Un membre des forces de l'ordre s'est fait tirer dessus, mais a été protégé par son gilet pare-balles. L'assaillant, un Californien de 31 ans inconnu des services de police selon les médias américains, a lui été arrêté.
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Des invités se mettent à terre après avoir entendu des tirs et des cris.REUTERS/Evan Vucci
A l'intérieur, les invités ne savent rien de ce qui se joue à quelques mètres d'eux. Assis à la table d'honneur, sur une estrade surélevée, le président américain reste d'abord sans réaction. Puis des agents du service de sécurité lourdement armés évacuent Donald Trump, une séquence prise en photo et en vidéo par de nombreux invités et largement publiée sur les réseaux sociaux.
Les autres hauts responsables présents, le vice-président J. D. Vance, la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt, et plusieurs ministres, sont également escortés hors de la salle.
La musique d'ambiance s'arrête dans la salle, baignée dans une lumière bleutée et tamisée qui ajoute à l'ambiance irréelle du moment. Des membres du Secret service, l'agence de protection des personnalités, se campent, armes dégainées, sur l'estrade désertée, sous une grande banderole « Association des correspondants à la Maison-Blanche ».
Des invités suspendus à leurs smartphones
Très vite, la nouvelle que des coups de feu ont été tirés se propage. Elle est confirmée à un groupe de journalistes par Mehmet Oz, patron du programme public d'assurance-santé, alors qu'il est lui-même escorté vers la sortie par les forces de l'ordre. Pendant de longues minutes, les invités, repoussés par celles-ci au rez-de-chaussée de l'hôtel, restent interdits, pendus à leur téléphone portable, dans l'attente de nouvelles du président.
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Des journalistes, toujours présents au dîner de la presse, regardent la conférence de presse de Donald Trump.REUTERS/Elizabeth Frantz
Jusqu'à ce que celui-ci se dise sain et sauf sur son réseau Truth Social. Donald Trump laisse d'abord entendre que la soirée, à laquelle il assistait pour la première fois en tant que président, pourrait reprendre. Puis annonce qu'elle est bel et bien annulée, mais qu'il donnera une conférence de presse à la Maison-Blanche.
Une partie des journalistes se rue alors hors de l'hôtel, celui-là même où le président Ronald Reagan avait été victime d'une tentative d'assassinat en 1981, direction le palais présidentiel. Ils se fraient un passage au milieu des forces de l'ordre et des voitures de police tous gyrophares allumés, tandis qu'un hélicoptère gronde au-dessus du quartier.
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Devant la presse deux heures après l'évacuation
Deux heures après l'incident, c'est devant une assemblée de reporters en robe longue et nœud papillon que se présente le président américain, lui-même en smoking. Il parle d'un « assassin en puissance », qui avait l'intention de « tuer » et donne des détails : un attaquant armé a tenté de forcer le dispositif de sécurité à l'entrée de la salle et a été arrêté. Donald Trump indique aussi qu'un membre des forces de l'ordre s'est fait tirer dessus. « C'est une soirée un peu différente de ce que nous attendions, mais nous la referons », promet le milliardaire.
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Des journalistes lèvent la main lors de la conférence de presse donnée par Donald Trump deux heures après avoir été évacués de l'hôtel Hilton à Washington.REUTERS/Jonathan Ernst
Pendant tout son premier mandat et l'an dernier, Donald Trump s'est tenu à l'écart de ce gala, conçu comme une célébration de la liberté de la presse auquel ont assisté tous ses prédécesseurs depuis les années 1920. Depuis son retour au pouvoir, il n'a eu de cesse d'attaquer les médias.
Mais samedi soir, le dirigeant républicain a prononcé une sorte de trêve. « Je veux aussi remercier la presse, les médias, vous avez été très responsables dans votre couverture », a-t-il dit depuis le podium de la salle de presse. Avant de se montrer clair sur l'Iran : « Cela ne va pas me faire renoncer à gagner la guerre. »
SOURCE : Julien Ricotta avec AFP
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