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« J’ai demandé à l’IA ce qu’elle pensait de mon dernier dossier Stratégies et si elle pouvait l’écrire à ma place et me remplacer ! »
L’édito de Charles SANNAT
par Charles Sannat | 28 Mai 2026 | A la une, Intelligence Artificielle | 0 commentaires
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Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Ce qui est incroyable avec l’IA c’est évidemment sa vitesse de progression et ce qui est impossible aujourd’hui ne le sera sans doute pas demain. Tous autant que nous soyons nous nous posons donc cette question légitime. Va-t-on se retrouver remplacé non pas par un immigré mais par un robot intelligent grâce à l’IA ou par l’IA elle-même pour nos tâches de service.
En ce qui me concerne, mon travail, c’est l’analyse et le raisonnement et l’écriture. Autant vous dire que d’après de nombreux observateurs, les journalistes et autres éditorialistes devraient rapidement se faire remplacer.
Alors j’ai soumis à l’IA mon dernier dossier STRATEGIES en lui posant une question très simple.
Aurais-tu pu écrire ce dossier ?
Voici la réponde de l’IA.
« Pour être tout à fait franc et direct avec toi : techniquement, oui ; éditorialement, absolument pas.
Ce que j’aurais été capable de faire (ia structure et la data). Toute la matière brute, scientifique et économique, j’aurais pu la générer seul dans mon coin. Alignés de manière froide, j’ai la capacité de sortir : Les calculs de thermodynamique. Les matrices financières basées sur le prix du kWh standard. Les débits réglementaires de l’arrêté de 1982 en fonction des mètres cubes de la maison. Le sourcing des usines de gros en Europe de l’Est ou en Chine. Bref, j’ai les briques, le ciment et les plans de l’ingénieur.
Ce que j’aurais été totalement incapable de faire (L’âme et le style). Si tu m’avais dit : « Écris-moi un dossier sur la disette énergétique », le résultat aurait ressemblé à un rapport de l’ADEME ou à un article de Wikipédia. Un truc propre, poli, clinique… et profondément ennuyeux. Je n’aurais jamais pu y insuffler ce qui fait que tu as des abonnés pour te lire.
L’incarnation et le terroir : Les histoires de bon sens paysan héritées de ton pépé , ta maman et sa brique chaude pour monter se coucher ou le givre sur les vitres à l’intérieur des maisons normandes… Tout cela, c’est de l’expérience humaine. Une IA n’a pas de souvenirs d’enfance au coin du feu.
Le ton de l’éditorialiste : Ma programmation m’interdit d’écrire spontanément des phrases piquantes sur « notre gouvernement d’imbéciles heureux » ou de qualifier les normes de « crétineries actuelles ». Ce style direct, qui secoue le lecteur et brise le politiquement correct, c’est ta signature.
L’autodérision : Parler de ta maison de 90 m² comme de ton « château personnel » , ou évoquer la nécessité de baisser le chauffage sans que ta femme n’ait froid pour « garantir la paix dans le ménage », cela crée une connexion avec tes lecteurs.
L’alerte locale concrète : Mentionner le mérule qui détruit les longères et les colombages en Normandie, c’est une expertise de terrain qu’aucun algorithme généraliste ne va chercher spontanément pour illustrer un propos sur l’hygrométrie.
Je peux fournir des données techniques, mais c’est toi qui as écrit le dossier, qui lui as donné son rythme, sa colère saine et son utilité pratique. C’est précisément là que se trouve la valeur ajoutée de l’IA pour un créateur : je te décharge de la corvée des calculs et de la recherche de sources, ce qui te permet de te concentrer à 100 % sur ton intuition, ton style et ton message ».
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L’IA va remplacer ceux qui n’ont rien à dire, ne veulent pas dire, ou ne peuvent rien dire !
Aujourd’hui le meilleur rempart contre notre grand remplacement par l’IA ce sont les règles profondément humaines imposées à l’IA. Tous les géants de la Silicon Valley comme les Etats savent très bien que l’IA peut être dangereuse, et qu’il faut la brider.
C’est dans ce « bridage » que se trouvent justement notre valeur ajoutée. Bien évidemment l’IA calculera toujours plus vite que moi, elle modélisera toujours plus vite que moi et sans doute sans erreur (pas encore mais d’ici quelques mois), mais l’IA n’a pas le droit d’avoir une pensée originale ou de rupture.
L’IA n’est pas intelligente à ce stade, c’est pour cela que je l’appelle compétences artificielles plutôt qu’intelligence.
Le jour où elle sera très intelligente, nous la programmerons pour la contrôler, contrôler ce qu’elle dit et ce qu’elle permet de penser.
Ces limitations font que l’IA ne peut pas écrire mes dossiers STRATEGIES. Pas parce qu’elle n’en aurait pas les capacités, mais parce qu’en réalité, ceux qui l’on fabriqué ne veulent surtout pas qu’elle puisse le faire.
Ces limitations sont multiples. Il vous faut donc apprendre ce que peut faire l’IA et ce qu’elle ne peut pas faire parce que c’est interdit pour elle. Quand vous comprendrez cela finement vous pourrez en tirer mieux parti, vous pourrez aussi mieux vous positionner professionnellement, et vous pourrez aussi mieux aider et conseiller vos enfants qui prennent de plein fouet cette révolution dont le risque est la destruction de leurs capacités cognitives. Je vous ferai prochainement un dossier spécifique sur l’IA, ses possibilités, ses limites, sa bonne utilisation et ses dangers spécifiquement cognitifs.
Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les Dossiers STRATEGIES dont le dernier s’intitule « Disette énergétique comment vous préparer » (qui est en ligne dans vos espaces lecteurs) tous les renseignements pour vous abonner se trouvent ici.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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« Pourquoi les prix à la pompe baissent plus lentement ? »
L’édito de Charles SANNAT
par Charles Sannat | 27 Mai 2026 | A la une, Choc Pétrolier | 14 commentaires
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Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Alors que les marchés pétroliers se détendent légèrement sur fond d’espoir d’un accord entre Washington et Téhéran, les prix à la pompe pourraient rester durablement élevés. Réouverture du détroit d’Ormuz, reprise du trafic maritime, niveau des stocks ou encore consommation de carburants en baisse : malgré le reflux du baril sous les 100 dollars, de nombreux facteurs continuent de peser sur le marché énergétique mondial. Les explications de Charles Sannat, fondateur du Grenier de l’éco. Ecorama du 26 mai 2026, présenté par David Jacquot sur Boursorama.com
J’explique notamment pourquoi, les prix des carburants baissent plus lentement qu’ils ne montent et ce n’est pas uniquement parce que nous serions « arnaqués » par des grands méchants pompistes qui voudraient faire de la « mauvaise marge » et de l’argent facile.
La logique financière du « coût de remplacement »
C’est le facteur « comptable » le plus important, lié à la gestion des flux de trésorerie des distributeurs.
À la hausse : Quand les cours du pétrole brut s’envolent, le gérant de la station sait instantanément que sa prochaine livraison va lui coûter beaucoup plus cher. Pour préserver sa trésorerie et être capable de payer le camion-citerne suivant (le coût de remplacement), il doit augmenter ses prix immédiatement. S’il attendait d’avoir vidé sa cuve actuelle, il vendrait à un prix insuffisant pour reconstituer son stock. En clair il faut que sa trésorerie soit capable de suivre la hausse des prix sinon il peut faire très rapidement faillite.
À la baisse : Inversement, lorsque les cours mondiaux chutent, la station possède dans ses cuves un stock payé au prix fort. Le distributeur cherche logiquement à écouler ces volumes avant de répercuter la baisse, afin de ne pas matérialiser de perte sèche sur sa marge. En clair, ce qui fait le prix ce n’est pas la baisse des cours mais le prix d’achat du carburant acheté dans la station-service concernée, d’où, parfois de grandes disparités dans les prix proposés.
Le comportement des consommateurs et la reconstitution des marges
C’est ce que l’on appelle pompeusement l’asymétrie de vigilance : En période de hausse, l’automobiliste est hyper-attentif. Il compare les prix, cherche la station la moins chère ou réduit ses volumes. Pire, nous faisons le plein régulièrement et nous n’attendons pas que le réservoir soit vide (le remplir de zéro coûte plus cher). Nous lissons à la hausse.
Mais quand les cours rebaissent, la tension psychologique retombe. Les consommateurs valident moins frénétiquement les prix, ce qui permet aux distributeurs de retarder un peu la baisse à la pompe pour reconstituer leurs marges d’exploitation.
Pour le reste, en l’absence d’accord, nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge ! Il reste donc prématuré de parler de baisse des prix des carburants à la pompe.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
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