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Samedi 9 mai 2026 - Europe/Paris Fermeté face à l’Algérie, pouvoir d’achat, soutien au RN…
Éric Ciotti martèle sa ligne à l’approche de la présidentielle Remplacement de LR, Sébastien Lecornu « petit télégraphiste » du PS, ses débuts à Nice (Alpes-Maritimes) et son soutien exigeant au RN pour la présidentielle : Éric Ciotti, le président de l’Union des droites pour la République (UDR), répond aux questions du Parisien.
LE PARISIEN
Emmanuel Macron fait le choix d’une reprise du dialogue avec l’Algérie. C’est la bonne méthode, ou fallait-il persister dans le bras de fer, comme l’avait esquissé Bruno Retailleau ?
ÉRIC CIOTTI.
Avec un État comme l’Algérie, qui emprisonne nos ressortissants, nous insulte et nous méprise, il n’y a qu’un langage possible : celui du rapport de force. Le dialogue que reprend Emmanuel Macron aujourd’hui, c’est la capitulation habillée en diplomatie. Bruno Retailleau avait esquissé la bonne ligne, mais il n’a pas eu le courage de la tenir jusqu’au bout, ni de contraindre le président de la République à assumer ses responsabilités. Céder devant Alger, c’est s’exposer à de nouvelles provocations. Les États voyous ne respectent que la force.
LE PARISIEN
Vous avez appelé à des mesures fortes de soutien face à la hausse des prix du carburant. Est-ce que ça signifie que baisser la TVA, comme le réclame votre allié du Rassemblement national, ne suffit pas ?
ERIC CIOTTI
La baisse de la TVA à 5,5 % sur les produits énergétiques est une priorité. L’Espagne et l’Italie ont mobilisé ce levier pour atténuer le choc de la hausse des cours des produits pétroliers sur le pouvoir d’achat des ménages. Je réclame également la suppression complète de la TVA sur la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), qui est une taxe sur la taxe. Avec l’augmentation du prix du baril, l’État s’enrichit sur le dos des Français, avec presque 200 millions d’euros de recettes supplémentaires en mars-avril, et ces montants vont encore augmenter en mai. Je ne suis pas irresponsable, je n’ignore pas le coût qu’aurait cette perte de recettes. Ça veut dire qu’il faut d’urgence engager une puissante réforme de l’État qui permette de baisser les impôts et les dépenses inutiles.
LE PARISIEN
Faut-il taxer les surprofits de Total-Energies ?
ERIC CIOTTI
Non. Une entreprise est faite pour faire des profits. Total est une entreprise qui paye des impôts très lourds en France et c’est une chance. La gauche qui s’étonne qu’une entreprise gagne de l’argent ne connaît rien à l’économie réelle. Total s’est par ailleurs déjà engagée à limiter ses marges sur le pouvoir d’achat des Français. Arrêtons à chaque problème d’avoir pour seule réponse une taxe. C’est un remède qui va tuer le malade. C’est assez pitoyable de voir le Premier ministre se courber en permanence pour éviter que Messieurs Faure et Hollande baissent le pouce
LE PARISIEN
Éric Ciotti le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, dont le rapporteur est le député (UDR) Charles Alloncle, ne préconise pas la privatisation de l’audiovisuel public, contrairement au RN. Et vous ?
ERIC CIOTTI
Je suis favorable à une privatisation partielle, mais il faut conserver un service public de l’audiovisuel dans notre pays. Et j’apporte tout mon soutien à Charles Alloncle, qui a fait l’objet d’attaques politiques indignes.
LE PARISIEN
Vous faites référence à Sébastien Lecornu ?
ERIC CIOTTI
Sébastien Lecornu passe son temps à donner des gages à la gauche. C’est le petit télégraphiste de Monsieur Faure. C’est assez pitoyable de voir le Premier ministre se courber en permanence pour éviter que Messieurs Faure et Hollande baissent le pouce et qu’il ait à quitter son bail précaire à Matignon.
LE PARISIEN
À Nice, vous avez annoncé un plan d’économies de 60 millions d’euros, en annulant notamment certaines subventions à des compétitions sportives. La gestion Ciotti, c’est une gestion d’austérité ?
ERIC CIOTTI
À Nice, j’ai surtout engagé une baisse massive des impôts de plus de 50 millions d’euros. Cela doit être désormais une priorité nationale, alors que nous sommes le pays le plus imposé au monde. Et pour diminuer les impôts, il faut diminuer les dépenses inutiles. C’est une gestion de responsabilité. Quand on est élu, on doit manier l’argent public avec une extrême prudence. Chaque euro dépensé doit être utile pour l’intérêt général, pour la croissance, pour l’emploi. À Nice, la fête est finie : les véhicules de fonction, les indemnités injustifiées, les frais de restaurants exorbitants, les bureaux luxueux à Paris, les pharaoniques dépenses de communication, la gabegie à tous les étages, c’est terminé. Marine Le Pen ou Jordan Bardella sont les seuls à droite qui peuvent gagner l’élection présidentielle.
LE PARISIEN
Éric Ciotti votre soutien à Marine Le Pen ou Jordan Bardella est-il acquis d’office pour la présidentielle ?
ERIC CIOTTI
Oui, je soutiendrai Marine Le Pen ou Jordan Bardella, car ce sont les seuls à droite qui peuvent gagner cette élection et engager un vrai redressement du pays. Je veux prendre toute ma part dans l’élargissement de leur audience en m’adressant encore plus aux milieux économiques, à certaines catégories sociales qui sont encore réticentes à franchir le pas de l’indispensable changement. S’il n’y a pas d’alternance à droite en 2027, le pays sera définitivement foutu.
LE PARISIEN
Sur quels points espérez-vous faire évoluer le programme du RN ?
ERIC CIOTTI
L’UDR souhaite apporter une contribution forte à ce programme. D’ici fin juin, nous tiendrons un grand forum sur nos propositions économiques qui mettent au cœur du pacte républicain la liberté d’entreprendre, la baisse des impôts, des dépenses, l’allégement drastique de la réglementation ou encore une nouvelle organisation territoriale. Elle sera pensée autour de deux collectivités uniquement : la commune et la « province », issue de la fusion des départements, des régions et des métropoles. Il y en aura une cinquantaine. Cela permettrait de mettre fin au millefeuille territorial, source de gaspillage et d’inefficacité. Je tiens cependant à tordre le cou aux fausses informations selon lesquelles le programme du RN serait de gauche, c’est une contrevérité flagrante. Il a beaucoup évolué et prévoit aujourd’hui des baisses d’impôts et de dépenses massives. C’est la bonne direction, ce qui ne nous empêche pas d’avoir des différences. Comme sur la réforme des retraites… Je ne désespère pas que sur les retraites, le projet laisse une part progressive à la capitalisation, nécessaire si l’on souhaite sauver notre système par répartition. Il faut avoir le courage de dire qu’il faudra travailler plus longtemps. Je pense aussi que les annuités doivent primer sur la limite d’âge.
LE PARISIEN
Si Marine Le Pen est candidate, Jordan Bardella sera son Premier ministre potentiel. Si c’est lui qui est candidat, pourriez-vous être le sien ?
ERIC CIOTTI
Je souhaite apporter ma contribution à la victoire et ma seule ambition, c’est le redressement du pays.
LE PARISIEN
Comment jugez-vous les premiers pas du candidat Les Républicains à la présidentielle, Bruno Retailleau ?
ERIC CIOTTI
Bruno Retailleau est un candidat provisoire. Je prends le pari qu’il ne déposera pas sa candidature en février prochain et qu’il se ralliera très vite à M. Attal ou M. Philippe. C’est quelqu’un que je respecte, il a des qualités, mais il est désormais totalement otage du pouvoir macroniste, qui est lui-même dépendant du PS. J’ai été le dernier président indépendant de LR. Le grand remplacement de LR par l’UDR est engagé. Plus d’un tiers de leurs militants nous ont d’ores et déjà rejoints.
LE PARISIEN
Éric Ciotti qui considérez-vous comme votre adversaire principal en vue de la présidentielle : les héritiers d’Emmanuel Macron ou LFI ?
ERIC CIOTTI
La France insoumise est une menace vitale pour notre pays mais je ne pense pas qu’ils puissent arriver au pouvoir par les urnes. En revanche, on peut avoir une resucée du funeste Front républicain et l’élection d’un candidat du bloc central, qui sera tenu par la gauche.
LE PARISIEN
Jusqu’à aujourd’hui, LR n’a pas du tout répondu à votre appel d’« union des Droites ». Vous reconnaissez un échec ?
ERIC CIOTTI
Même si les forces du déclin ont jusqu’ici exercé des pressions et empêché des élus de me rejoindre, le grand remplacement de LR par l’UDR est engagé. Plus d’un tiers de leurs militants nous ont d’ores et déjà rejoints. Aux élections législatives partielles, nos députés, comme Antoine Valentin en Haute-Savoie, ont largement battu les candidats LR dans leurs fiefs. Des dizaines d’élus locaux sont en train de nous rejoindre, comme Murielle Martin-Cham, conseillère régionale d’Île-de-France pas plus tard que la semaine dernière (le 28 avril).
LE PARISIEN
Qui vous succédera à la tête du groupe UDR à l’Assemblée nationale ?
ERIC CIOTTI
Je n’ai pas de préférence. Nous débattrons avec les dix-sept députés du groupe de cette succession quand elle se posera (à la fin du délai des recours engagés contre son élection de maire de Nice.)