FRED FOREST
LA TERRE N’EST PAS PLATE !
/image%2F0964619%2F20260609%2Fob_bf7287_unnamed.png)
À ceux qui annoncent aujourd’hui avec assurance que l’intelligence artificielle est une catastrophe annoncée, je voudrais rappeler une petite chose.
Territoire du M2chezwebnetmuseum.org | Doctorat d'Etat
9 giugno 2026
Hier, d’autres affirmaient avec la même certitude que la Terre était plate.
Ils disposaient d’arguments, de convictions, de certitudes et même d’autorités pour les soutenir. Puis le monde a avancé.
L’histoire des techniques et des idées est jalonnée de ces résistances : l’imprimerie, la photographie, le cinéma, la télévision, Internet... Chaque innovation majeure a suscité son cortège de peurs, de condamnations et de prophéties apocalyptiques.
L’IA ne fait pas exception.
La question n’est pas de savoir si elle existe ou si elle disparaîtra. Elle est déjà là.
La seule question sérieuse est de savoir ce que nous allons en faire.
Comme artiste, j’ai toujours choisi d’explorer les nouveaux territoires plutôt que de les fuir.
À 93 ans, je préfère encore la curiosité à la peur, l’expérimentation au refus, et le dialogue avec l’avenir à la nostalgie du passé.
La Terre n’est pas plate.
Et l’histoire n’attend jamais ceux qui lui tournent le dos.
Fred Forest
2005-Cyber happening oeuvre-réseau, Bass Museum Miami, Fred Forest
Territoire du M2chezwebnetmuseum.org | Doctorat d'Etat
7 giugno 2026
https://www.fred-forest-archives.com/en/actions/132/the-digital-street-corner
Une œuvre réseau, participative, " THE DIGITAL street corner " un espace virtuel illimité, permettant à des internautes du monde entier de se rencontrer, de partager, d’échanger et de communiquer. Une visualisation sur grand écran, constitue une fenêtre-caméra ouverte sur le monde virtuel de Fred Forest à l'aide du système Solipsis * La réalité dans ce monde finalement n’existe que grâce à vous !
Auteur (concepteur, producteur, réalisateur, coordonnateur)
Fred Forest, auteur de l'œuvre. Artiste et théoricien forest@unice.fr www.fredforest.org
/image%2F0964619%2F20260609%2Fob_d09140_1750884366371.png)
Contributeurs
- Joaquin Keller Gonzalez, information science research engineer, creator of Solipsis, graciously made available by France Télécom
- Stéphano, graphic designer
- Gilbert Dutertre, project manager
- Michael Leruth, translations and contacts
- Rose-Marie Barrientos, agent logistics and communication
- Catherine Ramus, graphic assistant
- L’œuvre
Intitulée " The digital street corner " n’est pas faite seulement pour être regardée, mais aussi pour être vue, choisie, depuis n’importe quel lieu de la planète. C’est une fenêtre ouverte sur une œuvre-réseau, co-crée par les spectateurs internautes : L’artiste dans son happening évolue au sein de la chorégraphie mouvante des internautes du monde entier. Il accompagne et stimule la danse des avatars et “filme”, en temps réel, la chorégraphie qui se donne à voir sur écran géant sur le mur extérieur du Bass Muséum de Miami dans une portion choisie de l’espace partagé. Il s'agit du premier Cyber happening virtuel planétaire et de son affichage dans l’espace physique, constitué par le mur du Bass Museum de Miami.
Concept
Fred Forest en qualité d’artiste, pour la création, l’élaboration, du concept artistique, et Joaquin Keller Gonzalez, chercheur, pour le concept du logiciel et la réalisation technique, ont présenté à “Art Basel Miami Beach” en Floride, du 1 au 4 décembre 2005, une œuvre inédite. Cette œuvre est la première du genre proposée dans le cadre d’une manifestation d’art contemporain internationale. Il s’agit d’une “œuvre-événement”, participative, dans laquelle les utilisateurs, amateurs d’art, ou non, se promènent et se regroupent à leur fantaisie et leur volonté dans un monde virtuel à échelle planétaire. Ces “agglomérats” d’identités, parcellisées, se constituent en fonction de mouvements thématiques. Ils s’effectuent en fonction des informations données par l’artiste, aux commandes, sur son ordinateur portable, comme un DJ à ses platines, “filmant” en temps réel la danse des internautes. Des sortes de papillons numériques, “revêtus” de costumes virtuels, comme autant d'avatars-images, préparés et mis à la disposition des internautes sous forme d'une bibliothèque pour participer au rituel électronique. Des circulations d'images s’imposeront spontanément d’elles-mêmes, au cours de longues dérives de caractère erratique, dans un espace virtuel indéterminé. Ces circulations pourront se faire, aussi, sur suggestions de l’artiste, en temps réel ou différé, entraînant des migrations, des mouvements, des échanges et des actions interactives diverses, visualisées sur écran géant. Un second media, éventuellement utilisé par Fred Forest (Radio, TV, téléphone portable, superposant son canal au logiciel Solipsis de France Télécom, sera en mesure de constituer un vecteur de propositions hybridées, pour amorcer le démarrage du travail, ou du jeu collaboratif, initié par l’artiste. Après quelques tentatives hésitantes, ou maladroites, la prise en main du système sera maîtrisée naturellement par les internautes qui sauront se l’approprier rapidement.
/image%2F0964619%2F20260609%2Fob_81f2c3_data-center-informatique-sserveurs.jpg)
Mise en place et fonctionnement
La mise en œuvre technique et le bon déroulement des différentes phases de l’opération s'effectuent sous le contrôle de Joaquin Keller Gonzalez le chercheur de France Télécom, concepteur du logiciel. Les internautes peuvent télécharger gratuitement sur Internet le logiciel Solipsis/windows-virtual pour entrer dans le jeu des échanges et des circulations qu'il offre.
L'URL http://www.fredforest.com donne les instructions d'accès.
Un vidéo projecteur installé face au mur extérieur du Bass Muséum, permet de suivre en temps réel sur un écran géant toutes les interactions initiées par les internautes (manipulation d’images, échanges de fichiers, chat).
Le 30 novembre 2005 de 9h00 pm à 11h pm, Fred Forest sous forme d'une performance-réseau a piloté le système à partir du clavier de son ordinateur comme le ferait un DJ. Le résultat de cette performance enregistré sur DVD constituera l’œuvre produite. Dans une salle du musée et de la foire, dévolue à cette action, comme dans d'autres lieux de publics, de Miami, de Londres, de Milan, de Berlin, de Paris, des PC sont mis à disposition du public pour consultation, pour action et rendez-vous du 5ème type dans The DIGITAL corner street. Les images produites ont été diffusées en continue sur le mur extérieur du Bass Muséum et dans les salles de consultation, dispersées dans le monde entier, tandis qu'une webcam renvoyait aux internautes la projection sur le mur du Bass Museum.
Philosophie du projet
Le développement du numérique et du réseau Internet, en bouleversant les rapports entre l’art et la technologie, a permis aux artistes d’investir des champs d’expérimentations inédits. Par sa spécificité spatio-temporelle, Internet représente un cas de figure sans précédent. Sur la toile, les artistes peuvent être leur propre médiateur, et leur public possible, s'est élargi aux dimensions de la planète. Les œuvres conçues pour exister en ligne occupent un territoire virtuel, mais néanmoins tangiblement réel. Elles questionnent les usages du media ainsi que les modalités traditionnelles de création, de diffusion et de réception de l’art. Les dispositifs interactifs des œuvres de Net Art contribuent redéfinir les relations entre l’artiste, l’œuvre et le public, mais surtout ils établissent à la réception des œuvres, le cadre de nouvelles configurations relationnelles. C'est ce que Mario Costa et Fred Forest ont théorisé, dès 1983, sous le nom d'esthétique de la communication. Il faut noter que dans le cadre de cette manifestation Art Basel Miami Beach ; la présence et la nature de cette œuvre constitueront une rupture radicale par rapport aux modèles en cours, légitimés par le marché et les institutions. Sa “différence” aux autres produits présentés, sa dématérialisation, consacre la rupture entre les modèles esthétiques du XXe et ceux du XXIe.
Cette évolution marque le questionnement de la nature de l’art, lui-même, et de son adéquation à la société d’information qui s'impose de jour en jour... Nous pouvons considérer que cette œuvre- réseau de Fred Forest, " THE VIRTUAL street corner " constitue un point d’articulation entre deux types de sociétés, et qui désormais en introduisant dans le marché le concept d’œuvre immatérielle, modifie notre regard et notre perception de l’art. Néanmoins, la spécificité du Cyber Happening tient essentiellement à sa capacité de mettre en place du RELATIONNEL, là où hier il y avait des objets concrets. Cette évolution sera donc en quelque sorte consacrée à Miami, cette année, et son rôle, du point de vue de l’art, sera historiquement déterminant, au triple titre de l'esthétique, du social et du sociologique.
Fonctionnement technique de l’œuvre
Le monde virtuel du logiciel Solipsis conçu par Joaquin Keller Gonzalez de France Télécom, basé sur architecture technique similaire à celle des systèmes peer-to-peer d’échange de fichiers, permet une liberté totale. Solipsis est constitué uniquement des logiciels téléchargés et installés sur les ordinateurs des internautes participants. Il n’a pas de serveurs, et il ne peut donc être ni stoppé, ni contrôlé, ni censuré.
Cette absence de serveurs a une autre conséquence. Ce logiciel mis au point par France Télécom R&D a une capacité illimitée. Comme chaque participant apporte ses ressources informatiques (son ordinateur et sa connexion Internet) au fonctionnement du monde, la puissance de calcul installée croît automatiquement avec les besoins. Par ailleurs, la topologie du monde est telle que sa surface croît avec le nombre des participants. C’est un tore à 2 dimensions, une sorte de chambre à air, qui gonfle au fur et à mesure que de nouvelles entités entrent dans l'espace virtuel.
Sa capacité maximale est de 1073 (un 1 suivi de 73 zéros) entités, soit autant que d’atomes dans tout l’univers. Cette architecture technique particulière amène naturellement des réflexions de nature philosophiques :
Comme " THE DIGITAL street corner "est constitué uniquement d'entités, d'objets, et d'humains, de nature virtuelle, qui forment sa trame, c’est en quelque sorte un monde animiste. Autrement dit, Solipsis n’existe pas dans l’esprit d’un dieu-serveur omniscient, mais uniquement dans les esprits-ordinateurs de ses constituants. Très concrètement, cela veut dire qu’il n’est pas possible de savoir qui se trouve à un instant donné dans le système. La seule manière d’appréhender le système et d’y pénétrer, et alors, seule la portion virtuelle du monde investi localisée est visible. En ce sens, le système informatique mis en œuvre est similaire au monde réel, où nous ne pouvons uniquement percevoir que ce qui nous entoure.
Dans " THE DIGITAL street corner " Dieu n’existe pas, mais l'artiste est toujours, en mesure de lui conférer une existence probable, par sa seule capacité à convoquer, où il veut, et quand il veut, les forces de l'imaginaire.
FRED FOREST
/image%2F0964619%2F20260609%2Fob_cdd762_unnamed-1.jpg)
/image%2F0964619%2F20260609%2Fob_9d5461_unnamed.jpg)