Vernissage de l'Exposition

sur le Photojournaliste américain

STEVE Mc CURRY

INSTANTS SUSPENDUS

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à l'ATELIER SOARDI

25 Février 2011 de 18h à 21h

Commissaire : AMEDO M. TURELLO

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l’Atelier Soardi présente une sélection de photographies de Steve McCurry du 25 février au 16 avril 2011.

Ce photojournaliste a particulièrement concentré son travail dans des pays en guerre et a ramené des images de pays comme l’Afghanistan, Iran, Iraq, Yougoslavie, Liban et Cambodge.

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Steve McCurry se nourrit de couleurs, celles de ces pays qui luttent et combattent quotidiennement sans perdre leurs saveurs et leurs parfums, il porte loin l'anonymat de ces femmes et de ces hommes venus d’ailleurs, il porte leurs blessures et toute l'intensité de leurs regards parfois douloureux mais qui jamais ne se détournent de lui. Il collabore avec des magazines de renom comme le National Geographic où a été publié le portrait mondialement connu de la jeune réfugiée Afghane.

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Steve McCurry est né à Philadelphie en 1950. Après avoir étudié L'étiquette ne me gêne pas mais je crois que je préfère photographe voire même (dans un éclat de rire) voyageur... Vous avez découvert l'Afghanistan, ce qui a, je crois, bien contribué à lancer votre carrière. Pour mon premier reportage, j'avais choisi un endroit qui m'était inconnu : l'Asie. Je devais y rester deux mois. J'y ai passé deux ans puis huit mois. A cette période, en 1979, j'étais en Afghanistan donc avant que le conflit n'éclate. J'étais un des rares à connaître et à avoir couvert un pays encore relativement isolé. Lorsque la guerre a éclaté avec l'URSS, j'avais tout un stock d'images prêt à être diffusé par la presse mondiale. C'est à partir de là que j'ai commencé à être connu dans le milieu et à être relativement occupé. Par la suite, j'ai dû y retourner une quinzaine de fois (notamment pour Time Magazine, NBC Télévision, Newsweek, National Geographic). Avant tout je me nourris de couleurs : sombres nuances du henné, or martelé, curry, safran, richesse de la laque noire et des couches de peinture qui recouvrent la pourriture.

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Votre premier souvenir en dehors des Etats-Unis ?

A 19 ans, j'ai passé une année à voyager en Europe un peu partout. J'ai travaillé comme serveur dans un restaurant à Amsterdam, puis à Stockholm, ensuite je suis parti en Amérique du Sud, puis en Afrique. Je crois que j'ai toujours voulu voir le monde, explorer de nouvelles cultures. J'ai donc tenté de trouver une profession qui me permette de concrétiser cette envie. Parcourir le monde est à mon avis la façon la plus enrichissante de vivre et d'apprendre.

untitledAprès avoir photographié pendant plus de 20 ans tous ces pays, immortalisé tous ces visages et capturé tant de regards, est-il possible d’avoir un oeil neuf ?

Je suis toujours autant fasciné par la découverte d'un pays. De la même manière, je reste, comme lorsque j'ai démarré ce métier, capable d'être ému, horrifié, choqué par ce que je vois, même si je connais les gens et les endroits. C'est sans doute pour cela que maintenant je me sens aussi bien à New Delhi qu'à Bombay, Hong Kong, Paris, Londres ou New York. Je suis d'ailleurs arrivé à la conclusion que nous sommes tous extrêmement similaires...

Avez vous besoin d'être ému lorsque vous prenez une photo ?

untitled2Absolument. C'est particulièrement vrai dans une situation de portrait. De manière inconsciente, je crois que je guette un regard, une expression, des traits ou une nostalgie capable de résumer ou plus exactement de révéler une vie.

Un visage qui reflète les conditions, la beauté ou/et le malheur d'un pays. Dans cette perspective, je peux rester des heures et des heures à observer les gens. Pour moi, ça reste toujours aussi passionnant.

Vous considérez-vous comme un humaniste ?

Je serais assez tenté d'adopter cette appellation flatteuse même si très honnêtement, c'est surtout la façon dont les gens vivent avec toutes les différences en terme de culture, de langues qui m'intéresse... Le fait par exemple qu'ils réagissent, s'adaptent, évoluent de manière si différente dans des situations similaires me fascinent toujours autant. Au Tibet, par exemple voir comment les gens dorment, s'organisent, survivent, est totalement fascinant. J'aime les variations. J'aime aussi les endroits connectés au passé. D'où mon engouement pour l'Inde notamment...

Comment abordez-vous les gens dans la rue ?

Généralement, je voyage accompagné d'un traducteur et d'un assistant. Ce qui efface déjà la barrière du langage. Cela dit, pour se faire comprendre, bien souvent, le langage du corps suffit. Les gens sentent en fonction du regard ou des expressions du visage que mes intentions sont honnêtes.

Quel est le plus beau cadeau qu'une personne puisse vous faire outre d'accepter la photo ?

Sentir qu'il y a une connexion, un échange. Ça a souvent un rapport avec la personnalité et l'âme. La capacité aussi de se relaxer. Parfois, c'est le contraire qui survient. Un peu comme un mur imaginaire entre moi et l'autre. Dans mon livre de portraits, la plupart des images proviennent de petits moments fugaces qui surviennent au détour d'une rue. De brèves tranches de vie à attraper au vol. Le contraire d'une séance de photo planifiée, arrangée. Dans de nombreux pays notamment musulmans, photographier une femme relève du tabou. Certains de mes portraits notamment en Afghanistan ont été réalisés à une époque un peu différente. Cela étant dit, je pars souvent du principe que si j'approche une centaine de femmes en leur demandant l'autorisation de les photographier, il y en a toujours une ou deux qui acceptera. Il faut donc être déterminé, volontaire et tenace, s'armer de patience et continuer en dépit des rejets et des refus.

Avec l'avènement des nouvelles technologies, le digital, internet, pensez-vous que les images puissent perdre un jour de leur sens/essence ?

untitled3Pour moi, il n'y a aucun risque. Fondamentalement, je ne pense pas que la photo ait d'ailleurs tellement changé. C'est devenu très compétitif mais ça l'était déjà quand j'ai démarré en 70. Les gens seront toujours sensibles et intéressés par des moments figés en dehors du temps. Je ne me sens personnellement pas en danger.

Parlons de votre dernier livre Sud Sud-Est…

C'est vraiment mon voyage personnel à travers l'Asie. Les endroits qui ont une signification particulière à mes yeux. La chose qui me passionne le plus, encore une fois, c'est vraiment le décalage entre ma vie et la leur. Leur apparence, leurs coutumes, leurs regards, leur langue, leur conception de la beauté notamment avec les bijoux et les vêtements.

Dans vos portraits, il n'y a jamais de laideur...

En conclure que j'ai une vision romantique donc embellie de l'Asie serait pourtant erroné. J'ai aussi des images dures notamment ma série de portraits d'intouchables. Je n'ai pas la prétention avec ce livre d'expliquer en images ce qu'est l'Asie. C'est un voyage personnel aux rythmes de mes rencontres.

SOURCE : ATELIER SOARDI Propos recueillis par Marie-Sophie BOIVIN

pour www.photo.fr

L' ATELIER SOARDI
8, rue Désiré Niel 06000 Nice
Tél : 04-93-62-32-03
e-mail : info@soardi.fr
http://www.soardi.fr



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