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En tournée au Moyen-Orient, le
 
secrétaire d’Etat américain à la
 
Défense Panetta menace
 
la Syrie et l’Iran

 
wsws.org - 2012-08-01
 

         

Le 30 juillet, alors qu’il entamait sa tournée d’une semaine au Moyen-Orient, Leon Panetta a demandé un changement de régime en Syrie et menacé l’Iran de sanctions et de guerre.Panetta rendra visite au régime tunisien islamiste du premier ministre Hamadi Jebahi du Parti Hennadha, au président islamiste d’Égypte, Mohammed Morsi, ainsi qu’au maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, le dirigeant de la junte militaire égyptienne soutenue par les États-Unis.

Le voyage de Panetta a pour objectif de resserrer les liens militaires des États-Unis avec les régimes islamistes qui sont arrivés au pouvoir après les soulèvements de masse de la classe ouvrière en Tunisie et en Égypte tout en poursuivant le renforcement de l’intervention militaire américaine dans toute la région.

A Tunis, la capitale de la Tunisie, Panetta a discuté de la possibilité d’une collaboration plus étroite entre les États-Unis et les responsables tunisiens du contre-terrorisme pour faire la chasse aux forces liées à Al Qaïda au Mali. Ces groupes, qui sont alliés aux forces touareg qui avaient fui l’année dernière la Libye pour se réfugier au Mali voisin après le renversement du régime du colonel Mouammar Kadhafi par l’OTAN, contrôlent actuellement la plus grande partie du Nord du Mali et qui s’était révoltée contre le gouvernement central de Bamako.

Panetta a menacé l’Iran en réitérant la menace classique du gouvernement Obama que « toutes les options », y compris la guerre, étaient « sur la table. »

Au cours du weekend, le conseiller américain à la sécurité nationale, Tom Donilon, aurait informé les responsables israéliens sur des plans d’urgence pour des attaques contre les installations nucléaires iraniennes et une guerre contre l’Iran, si Téhéran ne renonçait pas à son programme nucléaire.

Panetta a aussi toutefois suggéré que des sanctions internationales appliquées actuellement pourraient contraindre l’Iran à négocier un accord acceptable pour Washington. Des sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne (UE) ont réduit de près de 40 pour cent les exportations de pétrole de l’Iran. La monnaie iranienne a perdu environ la moitié de sa valeur par rapport au dollar, appauvrissant les travailleurs iraniens du fait de la forte augmentation des prix des marchandises importées, dont la nourriture.

Panetta a expliqué, « Ces sanctions ont un sérieux impact en termes économiques pour l’Iran. Et, alors que les conséquences ne paraissent peut-être pas évidentes pour le moment, le fait est qu’ils ont exprimé la volonté de négocier et ils semblent encore intéressés à vouloir trouver une solution diplomatique. »

En prenant du recul par rapport à son évaluation faite au début de l’année comme quoi Israël était « susceptible » d’attaquer au printemps 2012, il a dit qu’Israël n’avait « pas pris de décision relative à l’Iran. »

Panetta a aussi menacé un allié clé de l’Iran, le président syrien Bachar al-Assad, dont le régime est actuellement confronté à une insurrection sunnite soutenue par les États-Unis et qui a plongé la Syrie dans une guerre civile.

Alors que Panetta s’exprimait en Tunisie, des combats ont éclaté dans la ville clé d’Alep dans le nord de la Syrie où des unités de l’armée ont attaqué des milices anti-Assad qui avaient pris plusieurs régions clés en érigeant des postes de contrôle. Des unités de l’armée ont attaqué les quartiers de Salah al-Din et Sakhour. Des forces « rebelles » auraient pris un poste de contrôle à Anadane leur permettant ainsi de contrôler une voie directe allant d’Alep à la frontière avec la Turquie qui soutient et arme les forces anti-Assad.

Des responsables de la Croix Rouge et du Croissant Rouge ont affirmé que 200.000 personnes avaient fui les combats à Alep.

En plaidant en faveur d’efforts pour « renverser Assad, » Panetta a dit : « S’ils poursuivent ce genre de combat tragique contre leur propre peuple à Alep, je crois qu’en définitive ce sera un clou dans le cercueil d’Assad. Ce qu’Assad a fait contre son propre peuple et ce qu’il continue de faire à son propre peuple montre clairement que son régime touche à sa fin. Il a perdu toute légitimité. La question n’est plus de savoir si le régime s’effondrera, mais quand il s’effondrera. »

La référence faite par Panetta au « cercueil » d’Assad et venant d’un gouvernement qui avait supervisé le renversement et finalement le meurtre de Kadhafi l’année dernière, vise certainement à être une menace d’assassinat délibérée.

Dans le même temps, Washington – qui jusqu’à présent a perpétué la fiction qu’ils ne sont pas en train d’armer les rebelles en prétendant que les armes sont fournies par des alliés des États-Unis, tels l’Arabie saoudite et le Qatar – a fait dimanche un pas de plus pour les armer. Reuters a rapporté que la Maison-Blanche a élaboré une directive présidentielle confidentielle pour autoriser, ou bien « a conclu » d’autoriser une plus grande aide secrète des « rebelles. »

Le gouvernement français aurait aussi l’intention de demander une réunion cette semaine du Conseil de sécurité de l’ONU pour discuter de la Syrie et pour « exercer des pressions » sur le régime Assad.

Le voyage de Panetta reflète la réorganisation du Pentagone de ses opérations au Moyen-Orient pour défendre les intérêts impérialistes américains au Moyen-Orient. Il cherche à renforcer ses liens avec les partis islamistes droitiers qui sont arrivés au pouvoir l’année dernière après que des soulèvements massifs de la classe ouvrière ont renversé les dictatures séculaires soutenues par les États-Unis en Tunisie et en Égypte. Parallèlement, il intervient par la force pour évincer tout régime, tel la Syrie et l’Iran, qui fait obstacle aux intérêts régionaux américains.

L’argument de Panetta – comme quoi les États-Unis combattent Al Qaïda, ou cherchent à empêcher qu’Assad tue « son propre peuple » – est cynique et faux. En réalité, dans le cadre de leur collaboration avec les régimes islamistes sunnites comme les monarchies saoudienne et qatarie, ils s’appuient fortement sur les forces d’Al Qaïda pour mobiliser les combattants islamistes étrangers à s’infiltrer en Syrie et à attaquer l’armée syrienne.

Dans le Wall Street Journal, l’ancien conseiller des forces spéciales américaines, Seth Jones, a écrit : « En Syrie Al Qaïda (opérant souvent sous le nom de Front al-Nusra pour la protection du Levant) recourt à des trafiquants – certains idéologiquement marqués, d’autres motivés par l’argent – pour sécuriser, pour les combattants étrangers dont la plupart viennent du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, les routes qui traversent la Turquie et l’Irak. Selon des responsables du Département américain du Trésor, un nombre grandissant de donateurs du golfe Persique et du Levant semblent envoyer un soutien financier.

Jones a ajouté qu’en Irak des agents d’Al Qaïda fournissaient « des fusils, des mitrailleuses légères, des grenades propulsées par roquette » ainsi que des connaissances nécessaires à la fabrication de bombes pour les forces soutenues par les États-Unis en Syrie.

L’opération américaine pour renverser le régime Assad est en train de déstabiliser la région tout entière. L’Armée syrienne libre (ASL), la principale force anti-Assad basée en Turquie, a dit au journal The Guardian qu’il y avait au moins quatre unités qui ne leur étaient pas affiliées et qui opéraient à l’intérieur de la Syrie, dont une brigade de guérilleros libyens. Elle a ajouté qu’en Syrie le nombre total d’unités étrangères opérant contre Assad était « probablement bien plus élevé. »

Les responsables turques craignent que les milices séparatistes kurdes puissent capturer des parties de la Syrie et les utilisant comme base pour infiltrer, en Turquie, les régions avoisinantes à majorité kurde. Hier, le New York Times a cité des responsables turques disant « ne pas hésiter à bombarder la Syrie, » si des groupes kurdes attaquaient la Turquie à partir du sol syrien.

La Turquie a envoyé des troupes, des transporteurs de troupes blindés et des batteries de missiles pour renforcer ses positions le long de ses frontières avec la Syrie.

Des responsables jordaniens auraient aussi envisagé de déployer en Syrie des unités des forces spéciales venues de Jordanie, apparemment pour confisquer ses stocks d’armes chimiques et biologiques.

 

ALEX LANTIER



SOURCE : Article original, WSWS, paru le 31 juillet 2012.

 

 

 

US, European powers press for

intervention as Syrian army retakes Aleppo

 

By Alex Lantier
10 August 2012

 

Politicians and the media in the United States and Europe stepped up demands for direct military intervention in Syria yesterday, as the Syrian army fought to expel US-backed forces from the city of Aleppo.

Syrian army forces reportedly captured much of the Salahuddin neighborhood in southwestern Aleppo, a Sunni-majority neighborhood that was a central base for the groups fighting Syrian President Bashar al-Assad. Some anti-Assad forces retired north towards the Sakkour district, though some reports stated that they continued to hold parts of Salahuddin.

Several hundred anti-Assad fighters were killed, amid reports that they were running low on ammunition and supplies.

Malek al-Kurdi, the deputy commander of the US-backed Free Syrian Army (FSA), told Voice of America: “We had wanted an active role from the international community to take a bold decision to stop the massacres in Syria. But the delay and the modest capacities of the Free Syrian Army have put the Syrian situation in a state of limbo.”

Syrian army units were also reportedly fighting north of Aleppo to cut off supply lines between the anti-Assad forces and Syria’s northern border with Turkey. Working with the United States, Saudi Arabia, Qatar, and the European powers, Turkey is using the city of Adana—home of the US Incirlik air base—as a “nerve center” to reinforce the anti-Assad forces with munitions and foreign fighters. Al Qaeda forces play a critical role among the US-backed foreign fighters going to Syria (See also: Washington’s proxy in Syria: Al Qaeda).

mapThe battle for Aleppo is particularly significant, given its strategic location next to Turkey and Aleppo’s role as a commercial center in the Syrian economy. The Syrian government must hold Aleppo if it is to prevent the United States and its allies from setting up bases in Syria along the Turkish border and resupplying their proxies with heavy weaponry.

Ruling circles in the United States and Europe have responded to their proxies’ setback in Aleppo by escalating calls for direct military intervention.

Yesterday, former French President Nicolas Sarkozy called for “rapid” foreign intervention in Syria to “avoid a massacre.” Sarkozy, who spearheaded last year’s NATO war in Libya, met with members of the US-backed Syrian National Council and issued a joint statement declaring that “there are great similarities with the Libyan crisis.”

Sarkozy’s intervention is highly unusual for a former French president, especially as Sarkozy had pledged to abandon public life after his defeat in May’s presidential elections. The move apparently caught the Socialist Party (PS) administration of President François Hollande off guard. Hollande’s policy was to continue covert support for the anti-Assad forces; like the Italian government, it recently sent medical teams to treat wounded FSA fighters.

Former British Foreign Secretary Malcolm Rifkind also issued a statement calling for military support to the anti-Assad forces.

The Washington Post yesterday published an editorial, “Getting around a dead-end in Syria,” demanding US military action against Syria. Calling the Alawites leading the Syrian security forces a “broadly cohesive, hardcore fighting faction fighting an increasingly bitter, fierce, and naked struggle for collective survival,” it warned that Assad could fight indefinitely “unless the United States abandons its policy of passivity.”

The Post advocated arming the anti-Assad forces with anti-tank and anti-air weapons. It explained that this would increase Washington’s influence over anti-Assad forces, compared to the influence of Saudi Arabia and Islamist groups: “By refusing to step in, the Obama administration is merely ensuring that Syria’s future leaders will be more resistant to the West and perhaps more open to groups like Al Qaeda.”

Despite the Post’s intentions, its editorial lays bare the reactionary character of the US proxy war in Syria. Having armed reactionary forces like Al Qaeda as shock troops in a Sunni war against Syria’s Alawites, Washington sees no solution besides escalating the war.

The US is stoking a confrontation not only with the Assad regime, but with its key regional ally, Iran, and its Russian and Chinese backers. Yesterday the Iranian government hosted an international conference on Syria with Russian officials. Representatives of China, Algeria, Venezuela, India, Pakistan, and Tajikistan reportedly also attended the meeting

Under these circumstances, it fell to New York Times columnist Nicholas Kristof to fashion a “humanitarian” argument for Washington’s escalation of its reactionary proxy war in Syria. A spear-carrier for human-rights imperialism, Kristof wrote his most recent column, “Obama AWOL in Syria,” to demand that Obama organize a Libyan-style US intervention in Syria.

He began by recounting his visit to the Aspen Strategy Group, a Cold War think tank led by former Nixon and Bush administration advisor Lt. General Brent Scowcroft and former Assistant Defense Secretary Joseph Nye. Kristof wrote, “I’m struck by how many strategists whom I respect think it’s time to move more aggressively.”

These strategists include former Clinton administration Secretary of State Madeleine Albright, and Defense Secretary William Perry, who called for a “no-fly, no-drive zone in northern Syria.” Characteristically, Kristof did not spell out what this entails. However, it would mean setting up a US intervention force to shoot down any Syrian aircraft over Syria and destroy any Syrian vehicle moving in northern Syria without US approval; that is, it is an act of war.

Kristof explained, “There’s a humanitarian imperative. It appears that several times more people have been killed than in Libya when that intervention began, and the toll is rising steeply.”

This ambiguous phrase is consciously constructed to present US military aggression as an act of charity to limit civilian casualties. This is a contemptible lie, contradicted even by the casualty statistics that Kristof artfully does not present to his reader. Even the upper estimate of Syrian casualties presented by anti-Assad forces, at 20,000, stands well below the 50,000 killed in the US-led Libyan war, as NATO forces carpet-bombed Tripoli, Sirte, and other Libyan cities.

If the casualty total in Syria stands below the casualty count in Libya when NATO began bombing, this is because NATO intervened as fighting began in Libya, whereas the US has been stoking a bloody war fought by right-wing Sunni Islamist proxies in Syria for months. Should Washington begin bombing Syria—a far more populous country than Libya—casualties will soon mount beyond the massive death toll in Libya.

Kristof concludes, “Look, I’m no hawk. I was strongly against the Iraq war and the Afghan surge, and I’m firmly against today’s drift to war against Iran, But Syria, like Libya, is a rare case where we can take modest steps that stand a good chance of accelerating the fall of a dictator.”

Such comments only underscore the cynicism and dishonesty of the proponents of human rights imperialism. Proclaiming himself an opponent to “drift to war against Iran” and an advocate of “modest steps,” Kristof is promoting a deeply reactionary and bloody enterprise: US carpet-bombing of Syria, to bring victory to ultra-right Sunni forces in a sectarian war with Iran’s main Middle East ally, the Assad regime.

ALEX LANTIER

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