AL ANDALUS, TERRE D'ISLAM ET D'ESCLAVAGE

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Al ANDALUS, CALIFAT DE CORDOUE EN L'AN 1000 

SOURCE : Editorial de Maurice D.

Au moment où Valls s'épanche en flagorneries de plus en plus basses en signe de son acceptation de sa soumission à l'islam, ce qui est en infraction absolue avec la loi de 1905 sur la laïcité qu'il est supposé avoir lue au moins une fois - à moins qu'il en soit toujours aux bandes dessinées, comme il se dit dans les couloirs de son ministère - il est bon de rappeler qu'un pays européen fut partiellement islamisé pendant 250 ans et qu'il eu beaucoup de mal à se sortir de l'esclavage islamique.

Vous l'avez certainement deviné, il s'agit de l'Espagne où quelques uns d'entre vous vont se rendre cet été pour y admirer les paysages, le courage des Espagnols qui sont en train, eux pour de bon, de sortir de la crise avec leurs exportations qui reprennent vigoureusement, et quelques uns des très beaux monuments que les colonisateurs musulmans y ont laissés, surtout en Andalousie.

Mais, je voudrais tout de même vous faire observer que cela s'est produit à une époque où l'Espagne n'avait pas encore pillé le Nouveau Monde, son or et son argent, qu'elle était dans une grande misère quand les Musulmans y sont arrivés sabre au clair, qu'ils l'ont pillée sans scrupules, raflant tout ce qui avait de la valeur, et que les Espagnols sont restés aussi pauvres qu'avant, réduit selon certains chroniqueurs à manger des soupes à l'herbe et les rats qu'ils pouvaient capturer pendant que les émirs s'empiffraient en les regardant construire mosquées et palais.

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Donc, ma question est : D'OÙ VENAIT L'ARGENT ?

Hispania n'avait pas beaucoup intéressé les Romains : trop pauvre, trop peu peuplée (entre 7 et 8 millions d'habitants), trop sèche, un pays en retard en raison de son isolement géographique dû à la barrière des Pyrénées au Nord, du détroit aux forts courants au Sud. Les Romains n'avaient pas éprouvé le besoin de l'unifier, laissant six petits roitelets végéter sous leur autorité du moment qu'il payaient l'impôt (Bétique, Lusitanie, Galice, Tarraconaise, Carthaginaise et Baléares).


Aux IVème et Vème siècles, elle est envahie par des "barbares", Alains, Suèves, Vandales silingues et Vandales asdingues, Wisigoths, les seuls dont il faut retenir le nom car ce sont eux qui ont intelligemment unifié l'Espagne en liaison avec l'Aquitaine dont ils avaient fait de Toulouse la capitale. En 507, Alaric est battu et tué par les Francs à Vouillé et perd l'Aquitaine dont Clovis hérite. Reste aux Wisigoths l'Espagne.

L'unification de l'Espagne n'est pas facile à cause des différences de structures  sociales, de droit, de langues et de religions, les deux majeures étant la catholique et la juive, mais les Wisigoths réussissent.

En 550, il y a un grand royaume Wisigoth central, un petit reliquat Suève au Nord-Ouest, un autre petit reliquat Byzantin au Sud-est, le long de la côte méditerranéenne et quelques Principautés chrétiennes sur la côte Atlantique.

Mais ils ont pillé l'Espagne. Dans ses chroniques, l'historien Hydace (mort en 470) raconte :

"Les humains dévorent la chair humaine sous la pression de la faim, les mères elles aussi se nourrissent du corps de leurs enfants qu'elles ont tués et fait cuire. Les bêtes féroces habituées aux cadavres des victimes de l'épée, de la faim et de la peste", etc.

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C'est cette Espagne brisée mais unifiée par la dictature barbare des Wisigoths que les Arabes et leurs armées Berbères parties à la conquête du monde pour l'islamiser par le Jihad découvrent en débarquant à Gibraltar en 710. En 711 ils battent et tuent Rodrigue (celui qui avait du cœur) à Algésiras et l'empire Wisigoth s'effondre. Non à cause de la force militaire arabe, mais du fait d'une centralisation excessive du pouvoir qui retarde et empêche une réaction salutaire des Wisigoths après la mort de leur chef, et de la passivité de la population espagnole. Les Espagnols sont en effet plutôt soulagés et voient dans un premier temps les Arabes comme des libérateurs, ce qui explique leur facile conquête de l'Espagne (en 714 ils sont en Aragon) et le fait qu'ils l'aient si vite traversée pour s'attaquer à l'empire Franc (en 720 ils sont à Narbonne et en font leur capitale locale de la Septimanie).

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Mais la France est un trop gros morceau sur lequel ils se cassent les dents à cause de Charles Martel qui les bloque à Poitiers en 738, puis de Pépin Le Bref (le père de Charlemagne) qui les repousse et leur fait refranchir les Pyrénées en sens inverse.

 

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Voulant chasser les musulmans d'Espagne, mais allant trop loin de ses bases sans préparation, Pépin est battu au pied des Pyrénées et doit rentrer en France pendant que son arrière-garde est taillée en pièces (Roland de Roncevaux).

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Une fois la conquête stabilisée, les Arabes détiennent en gros les deux tiers sud de l'Espagne, le Nord restera toujours chrétien, la frontière, fluctuante, va de Porto à Barcelone.

Pendant plus d'un siècle, il n'y a pas de récits de sources arabes pour dire ce qui se passe en Espagne, et on les comprend : c'est - toutes proportions gardées - le même réflexe que celui de Staline faisant boucler l'Ukraine et y interdisant toute publication et la présence de tout journaliste à partir de 1930, pour empêcher que l'on y voie la famine et l'oppression communistes. Quand ce qu'il y a à voir n'est pas beau à dire, mieux vaut ne rien dire. "Il n'y a pas d'écriture arabe de l'histoire antérieure au IXème siècle" (Pierre Guichard, "Al-Andalus").

Ce n'est que relativement récemment que les historiens se sont rendu compte que les Chrétiens, eux, notamment les prêtres et les moines arabophones, avaient rédigé des chroniques souvent détaillées des généalogies des clans arabes, de leurs actes politiques et militaires et des évènements de la vie publique des Espagnols.

Ce grand vide des sources historiques arabes a permis le développement de toute une littérature fantastique nord-européenne qui a créé le mythe d'al-Andalus, ce pays merveilleux "où cohabitaient dans l'harmonie trois races et trois cultures, l'arabe, la chrétienne et la juive". On est dans un mythe analogue à celui du "bon sauvage" rousseauiste de l'état de nature, Paul et Virginie, etc. répandu par des ignares socialistes comme Victor Hugo, Bernardin de Saint-Pierre, Chateaubriand, Pierre Loti et bien d'autres.

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En réalité, l'histoire d'al-Andalus est une succession continue de conflits endémiques entre les différentes tribus arabes, entre les Arabes, les Berbères, les Yéménites, les Syriens et autres, en lutte pour le pouvoir, et aussi pour faire face aux soulèvements récurrents des autochtones espagnols restés chrétiens, ceux que l'on appelle "mozarabes" (de l'arabe musta'rib, arabisé), voire même des convertis par conviction, nécessité ou par force, les muwalladun. Sans compter les actions militaires à mener au Maghreb pour empêcher la progression des royaumes berbères et du califat des Fatimides vers al-Andalus, et la lutte maritime et terrestre pour empêcher les débarquements des Gênois ou des Normands sur les côtes.

En arrivant, les Arabes avaient appliqué leur stratégie militaire habituelle : des groupes de cavalerie légère, bouclier de cuir, arc et sabre, divisaient les contingents de l'ennemi et les massacraient, pillaient, emportaient le butin et quelques filles. Ils ne s'attardaient pas sur les places fortes qui auraient nécessité de longs sièges coûteux en moyens, en hommes et en temps. Ils tenaient la campagne et laissaient la place forte privée de ressources alimentaires dépérir lentement, revenaient plusieurs semaines ou mois plus tard et soit elle se rendait, soit elle tombait comme un fruit mûr.

En 850 environ, l'Espagne est "arabisée" (langue, mœurs) et c'est à cette époque-là aussi que s'intensifie la résistance chrétienne entraînant des persécutions, une politique répressive et discriminatoire, jusqu'à la guerre civile ouverte qui éclate au début du XIème siècle et entraîne à partir de 1150 le déclin arabe en Espagne et la reprise progressive des villes et des terres par les Chrétiens, c'est la "reconquista".

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Bientôt il ne reste plus que l'émirat de Grenade qui tiendra encore 250 ans, grâce aux divisions des princes chrétiens plus occupés à se déchirer qu'à réduire définitivement la colonisation arabe. Jusqu'à l'arrivée d'Isabelle la Catholique qui unifie l'Espagne redevenue chrétienne, interdit l'islam et le judaïsme.

Car les Juifs, nombreux, avaient su très vite s'adapter à la colonisation arabe et même en tirer profit en se plaçant comme intermédiaires dans l'économie et aussi la politique, ce qui les fit considérer par une partie des Chrétiens comme les "collabos" des conquérants.

Un pays aussi politiquement troublé et en guerres permanentes ne peut pas être un pays riche, c'est économiquement impossible. Pourtant, al-Andalus a développé une culture brillante et laissé des œuvres architecturales remarquables.

Alors, D'OÙ VIENT L'ARGENT ?

Les Arabes étaient des chefs de guerre, leurs troupes, sauf au tout début de la colonisation, étaient composées de mercenaires, berbères, syriens, yéménites, etc. venus faire le Jihad (comme aujourd'hui en Libye, en Syrie, au Mali…). Pour les payer, la coutume était de concéder à leurs chefs de clans un village, une ville, une vallée.


Ils s'y installaient, se faisaient construire un palais plus ou moins grand, prenaient des femmes et des esclaves et vivaient des impôts qu'ils extorquaient aux paysans, aux artisans, aux commerçants,  aux moines et à la petite noblesse chrétienne si elle était restée sur place avec le statut de dhimmi (sous-musulman). Ils payaient un tribut à l'émir de la grande ville voisine et vivaient tranquilles, enfin le temps de leur courte vie ! 2 sur 10 seulement mourraient de mort naturelle ou en guerre, les autres mourraient assassinés ou empoisonnés, la durée moyenne de l'exercice du pouvoir dépassait rarement la dizaine d'années. Si un fils réussissait à hériter, il faisait généralement assassiner ses frères pour s'assurer un supplément de durée de vie.

Les grandes villes comme Cordoue, Séville permettaient de plus gros revenus, de plus grandes mosquées et de plus grands palais. Les intellectuels étaient recrutés par l'émir, leurs noms arabisés et ils travaillaient pour lui, au début à la traduction des ouvrages grecs et latins (Aristote, Hippocrate…), puis à leur analyse. D'où cette floraison de philosophes, de mathématiciens, de médecins dont quelques-uns seulement étaient vraiment d'origine arabe. Je ne vois guère que la poésie qui ait été purement arabe ou presque, en raison des difficultés que présente la langue quand on doit en faire des poèmes, si même arabisant l'on est de langue maternelle non-arabe.

L'artisanat, remarquable il est vrai et qui fut exporté, était le fait des artisans espagnols chrétiens et juifs, la métallurgie notamment qui a fait la renommée de Tolède. Les commerçants arabes achetaient la production locale et la revendaient plus loin puisque eux avaient le droit de circuler.

De même dans le bâtiment, il est clair que ce sont des architectes arabes qui ont fait les plans mais ce sont les artisans peintres, céramistes, plâtriers, tailleurs de pierre qui ont souvent trouvé les "détails" et hispanisé l'art architectural arabe qui fait maintenant l'originalité des constructions d'al-Andalus.

La soie fut elle aussi essentiellement arabe, les grands couturiers étaient arabes, les "petites mains" espagnoles, mais là encore il y eut exportation jusqu'au Moyen-Orient.

Chaque émir un tant soit peu important voulait sa capitale. Cordoue, Grenade, Séville, Tolède ont été les villes les plus importantes, mais il y eut jusqu'à 23 émirats en Espagne, cohabitant, se concurrençant et se battant. Chaque émir très riche construisait sa capitale, au début dans la ville, puis un coup à l'Est, le coup suivant à l'Est, ou au Nord... Chaque fois, il faisait raser celle qu'avait construite son prédécesseur. Si bien que les monuments qui restent aujourd'hui sont les derniers construits avant la fin de la colonisation, ceux que les Chrétiens ont préservés et conservés après avoir reconquis les villes.

Beaucoup de ces micro-capitales étaient hâtivement construites en pisé et en bois, si bien qu'après avoir été rasées et incendiées, il n'en restait rigoureusement rien, si ce n'est les travaux ayant affecté le sol comme l'irrigation et les bassins des jardins.


On en connaît deux au moins dans les environs de Cordoue, dont l'une couvrait 750 hectares, il n'en reste que des traces archéologiques, les bâtiments en pierres étant souvent déconstruits pour que les matériaux resservent ailleurs.

Oui, mais tout cela coûtait cher, D'OÙ VENAIT L'ARGENT ?

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C'est là qu'on touche au grand tabou historique : la fortune d'al-Andalus s'est construite en partie par le pillage du pays et pour l'essentiel sur l'esclavage, ce qui évidemment n'est pas très politiquement correct et même presqu'interdit par la loi scélérate de Taubira.

Donc les historiens n'y font que des allusions plus ou moins claires. "Comme dans le reste du monde musulman l'esclavage est très répandu dans al-Andalus. Le nombre d'esclaves des deux sexes semble même augmenter" dit l'un (Denis Menjot, "Les Espagnes médiévales") et l'autre (Pierre Guichard, "Al-Andalus") décrit les expéditions de razzias à but exclusif de butin  et d'esclaves et les convois maritimes de réexportation des esclaves vers Bagdad, Alep, Gaza, Alexandrie et le Moyen-Orient, partant des ports de la côte espagnole méditerranéenne.

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Cinq sources d'approvisionnement : les prises d'esclaves à l'occasion d'opérations militaires contres les princes chrétiens de l'Espagne du Nord ou berbères du Maghreb ; la population espagnole, dans la misère les paysans vendaient d'eux-mêmes aux esclavagistes arabes leurs enfants en  surnombre ; l'importation organisée de convois d'esclaves noirs en provenance majoritairement du Soudan et de la côte guinéenne (avec des pertes considérables dans la traversée du Sahara) ; les razzias sur les côtes de Provence, de Sicile, d'Italie et jusqu'en Grèce et en Crète ; et les plus recherchés, les esclaves "slaves" surtout les filles blondes, volés dans les Alpes, en Autriche, en Hongrie, en Bulgarie, par des commandos basés à La Garde Freinet (Var) qui resta longtemps musulmane (base des "Sarrasins" à partir de 890).

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Tout le monde était rapatrié en al-Andalus, par Gibraltar, les ports de la côte et les cols pyrénéens, le tri était effectué, beaucoup d'hommes castrés, puis la réexportation vers le Moyen-Orient arabe était faite par des convois de navires partant des ports de la côte (Alicante, Valence, Murcie…). Les esclaves de grande valeur étaient bien traités et pouvaient même parvenir à des fonctions élevées dans l'administration, les autres… Les deux plus grands marchés d'esclaves d'Europe occidentale étaient, c'est peu connu, Verdun et Venise ! A ce trafic Est-Ouest s'ajoutait un trafic esclavagiste Nord-Sud des côtes italiennes et provençales vers les marchés tout aussi importants d'Alger et d'Oran (qui ne furent fermés que par l'arrivée des Français en 1835).

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"Les marchés d'esclaves constituent une institution dynamique et prospère dans la péninsule ibérique car la demande est forte pour des raisons économiques (achat-vente-revente) mais surtout domestiques. Souverains et hauts personnages vivent, en effet, entourés d'esclaves… la garde noire du calife est composée d'esclaves…" (Denis Menjot, "Les Espagnes médiévales")...



Bonnes vacances en Espagne !

Maurice D.