FESTIVAL DU LIVRE DE MOUANS SARTOUX


                              ‘ CARRÉ D’AS ‘

DSC_0441_2472DSC_0399_2430DSC_0070_2101DSC_0248_2279

Imaginez un livre dont la dernière page n’existerait pas, un peu comme un poème que l’on ne souhaite pas voir se terminer. Ce livre vous le trouvez ici à Mouans Sartoux où tous les genres sont représentés. Un thème est le fil conducteur de ce festival. Cette année : « états d’urgence » et dans tous les sens du terme était proposé aux auteurs, aux artistes nombreux cette année pour illustrer les débats des cafés littéraires.

On découvre ainsi de jeunes auteurs comme Romain Monnery qui nous fait une éloge de la paresse avec son premier roman : « Libre, seul et assoupi. » tout un programme sur l’éternelle adolescence de certains adultes. Il y a encore Martine Pilate qui se veut provocatrice avec sa : « passion selon cinq matous » ou Pascal Marmet et son roman très local puisque tournant autour de la parfumerie : « Si tu savais. ». Puis il y a les habitués, ceux qui chaque année posent leur machine à écrire et viennent à Mouans Sartoux en voisin tel Jean Siccardi qui descend de son village de saint Cézaire, pour nous présenter leur dernier enfant : « Un roman, c’est comme un enfant. » nous disait l’an dernier un autre auteur du terroir.

On a parlé des artistes et cette année ils étaient très présents dans les allées du festival. On croisa ainsi Bruno Mendonca parmi tant d’autres. Nous nous arrêterons à un carré prestigieux avec Jean Mas, Fred Forest, Patrick Moya et Ben. Chacun venait présenter ses œuvres. Jean Mas ne put s’empêcher de faire des performances dont une où il s’engageait à ne plus travailler, distribuant des bons de soutient. Patrick Moya célèbre avec ses îles virtuelles et son petit personnage, nous livrait ici son abécédaire du sexe, jamais vulgaire, mais comique et surtout sarcastique, même s’il est difficile de le lire en public ! Jean Mas nous dévoilait sa recette de la tarte aux pommes, véritable petit bijou à la Prévert.

On arrive alors au plus beau ou du moins au débat manqué entre deux grands artistes. Ben refusa, prétextant son accident au pied du dimanche matin, un débat avec Fred Forest. Ce dernier se vengea avec son habituelle ironie de la défilade de Ben . Avec la complicité de Moya, tous deux animèrent la dernière rencontre, mais probablement la plus intéressante. Moya parlait de son abécédaire comme une thérapie contre Alzheimer, de ses îles virtuelles où le culte de son moi est constant : « place Moya, Rue Moya… » Fred Forest présentait son dernier ouvrage, 100 portraits : « Ce sont les portraits de 100 personnages rencontrés en 40 ans. Ces derniers sont sur un plan anecdotique Ben a refusé le débat avec moi, tant pis pour lui, je vais dire du mal de lui, les absents ont toujours tords. » Fred Forest nous fit alors un portrait au vitriol de Ben, parlant au passage de l’art vidéo dont il est un des pionniers.

couverture

( texte sur Ben de Fred Forest ) :

" Benjamin Vautier dit Ben, artiste

Vous imaginez bien que j'ai croisé Ben mille et une fois depuis qu'il existe. Nous sommes des collègues mais aussi en quelque sorte des frères ennemis. Ben n'a pas vu d'un bon oeil mon installation à Nice durant une dizaine d'années. Je lui faisais de l'ombre sur ce qu'il considérait depuis toujours comme son territoire exclusif. Là où il pensait être le seul à régner pour l'éternité, débarquait soudain un intrus avec la caution d'un critique international qui l'a toujours descendu en flèche, Pierre Restany, le pape des Nouveaux Réalistes.

Ben, avec son ego surdimensionné, n'est pas véritablement un mauvais garçon. Il a même partagé avec moi son sandwich un jour de grève dans l'aéroport de Naples alors qu'il aurait très bien pu me laisser crever de faim sans une lire dans les poches. Il avait à mon avis l'étoffe d'un "grand" artiste mais n'a malheureusement eu de cesse de convertir sa créativité en T-shirts et savonnettes de luxe pour collectionneurs de seconde zone.
Certains diront même de troisième !

Pendant sa période Fluxus, il a été véritablement génial avec ses courtes saynètes cinématographiques. "Traverser la promenade des anglais à une heure de grande circulationen rampant sous une couverture", c'est quelque chose de véritablement sublime. Ce qu'il a fait par la suite, c'est autre chose. Il s'est seulement répété avec une belle énergie des années durant. Le seul reproche sérieux qu'on pourrait faire à Ben c'est d'avoir choisi sans vergogne de se ranger systématiquement du bon côté, c'est-à-dire du côté du pouvoir et de ses intérêts personnels.

Il l'admet lui-même implicitement non sans un certain cynisme. Quant aux speudo-critiques dont il émaille son blog et qui constituent son fond de commerce, elles sont particulièrement odieuses car elles ne font que flatter leur destinataire dans un jeu de connivence réciproque. Il a choisi pathétiquement le rôle de bouffon à celui du "dissident" et du "résistant". Il s'agite sans compter mais cela sans jamais manifester l'ombre d'une vraie conscience politique radicalisant son discours. C'est vrai que je ne pourrai jamais lui pardonner de s'être défilé comme un pleutre dans le conflit qui m'a opposé à Jacques Peyrat, Maire de Nice, pour l'exposition censurée "Chemin de croix". Il s'est esquivé avec une pirouette, refusant de prendre position contre la décision arbitraire qui ordonnait à la galerie de Christian Depardieu de fermer sur-le-champ, s'empressant même de téléphoner au galeriste qu'il connaît et fréquente depuis plus de trente ans pour lui dire que "sans aucun prétexte, il ne voulait être mêlé, ni de près ni de loin, à cette sale affaire". Et le voilà quelques mois plus tard récompensé par la commande publique d'une station de tramway à décorer.

Cela dit, s'il radote dans ses newsletters avec ses fantasmes d'érotomanes sur le retour d'âge et ses angoisses de jeune fille pubère, Ben a tout de même su créer des sites sur Internet visuellement dignes d'intérêt. El si vous voulez connaître ici mon dernier jugement sur lui : c'est plutôt un bon bougre sans état d'âme particulier qui se démerde comme il peut dans une société qui est comme elle est. Un fait qu'il a su intégrer avec intelligence depuis bien longtemps.

Fred Forest

Une vie en 100 portraits "

      

Le festival comme toutes les bonnes choses, prenait fin trop tôt. On avait découvert des artistes à la forte personnalité et à l’ego surdimensionné comme Jean Mas quand il dit : «  Je me représente moi-même et suis celui qui est ! » . Ce furent trois journées passionnantes et on a aura qu’un seul regret, ne pas avoir pu organiser une rencontre entre deux géants comme Fred Forest et Ben. Fred s’est vengé et son ouvrage s’il est critique avec Ben est aussi élogieux pour d’autres personnalité comme celui de Pelé qu’il rencontra en 1973 à Sao Paulo.

Thierry JAN

Chroniqueur

******************************************************************

importante information : Durant le festival du livre de Mouans-Sartoux l'agence de presse internationale Diaconesco.tv de la Company Internet Council llc a couvert ce salon en + 1.300 photos haute définition fine ( 4288 x 2848 ) photos qui seront mises compressées en basse définition sur le blog de DIACONESCO.TV ce mois-ci mais bien entendu disponibles à la vente libres de droits de Copyright et cette fois-ci en haute définition.

Renseignements et contact : 06-32-17-36-33

diaconesco@internetcouncil.us

DSC_0441_2472DSC_0399_2430

Exemple : Fred Forest lors d'un débat avec Patrick MOYA