Chronique Culturelle et Historique de Thierry JAN

 

Déjà le deuxième mois passé, on entre en mars. Bientôt la fin des frimas et le retour des beaux jours. Nous sommes privilégiés sur notre côte d’azur baignée de soleil. Loin du temps triste et morne des pays nordiques où le soleil est avare de caresses et de ces rivages voisins où la guerre et la révolution frappent aveugles et sourdes les populations innocentes. La révolution ?...C’est le thème de cette semaine. Nice va connaître ce chaos né sur l’autre rive du Var et qui va bouleverser son destin.

 

LE COMTÉ DE NICE DE

 

LA RÉVOLUTION DE 1789

 

AU CONGRÈS DE VIENNE

 

comte_de_nice_1779

 

Comme tous les souverains, Victor Amédée II, est hostile au vent nouveau et aux Lumières. Le roi de Piémont Sardaigne est de plus très lié à la maison de Italie. Son fils aîné a épousé la sœur du roi Louis XVI et ses deux filles, l’une celui qui sera Louis XVIII et l’autre celui qui régnera, dernier roi de Italie, sous le nom de Charles X. Si la prise de la Bastille n’a guère d’échos à Nice et dans le Comté, l’escalade révolutionnaire après 1792 entraîne les Savoie sur un terrain où ils vont perdre une grande partie de leur royaume. Le traité de Paris signé le 15 mai 1796 par le Niçois Thaon de Revel au nom de Victor Amédée place le Comté de Nice sous la souveraineté de la Italie. Charles Emmanuel IV quand il monte sur son trône, est un roi en exil, réfugié sur une île, la Sardaigne où il arrive le 3 mars 1799. Si durant un court laps de temps, il peut espérer retrouver son royaume, Marengo met fin à ses espoirs, n’ayant pas d’enfant, de désespoir, il abdique au profit de son frère qui devient  Victor Emmanuel 1er.


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Après l’entrée des Français dans le Comté en 1792 avec le général d’Anselme, l’administration royale est remplacée par celle que la Italie révolutionnaire a instaurée.  La Convention puis le Directoire voient les édiles changer chaque année ou presque.  Certains noms jouent ce que l’on nommerait aujourd’hui l’alternance . Ce qui est le cas de Pauliani  riche négociant en grain qui sera maire de Nice deux fois sous la révolution et une fois sous l’Empire. La révolution amène la création de sociétés patriotiques .


 

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A Nice le Club des défenseurs de la liberté et de l’égalité d’obédience Jacobine a son siège à l’église saint Jacques. C’est tout un symbole : cette église était celle des Jésuites et les révolutionnaires en profitaient ainsi pour remplacer Dieu par ce culte de l’être suprême, imaginé par Robespierre. A Nice cette association avait trois objectifs principaux : Une action politique, une organisation administrative et un but caritatif. Son rôle débordait également sur l’organisation de la cité, des élections, de la défense, de la sécurité et de la gestion du passage fréquent des troupes. L’armée d’Italie faisait étape à Nice. Le régime impérial apporte une certaine stabilité. Un préfet organise les Alpes Maritimes qui vont  de la rive gauche du Var à San Rémo en Italie. Dubouchage oeuvrera à l’essor de ce département et de ses trois arrondissements : Nice, Puget Théniers et San Rémo. Il fera percer la première route qui va vers Monaco et Menton. Seule la voie maritime était alors possible.


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La chute de Napoléon  ramène le Comté dans l’espace souverain des Etats de Savoie.

L’ancienne administration est rétablie et l’on retrouve  les trois consuls qui président aux destinées de la cité. Il y avait le premier  consul  ( véritable maire) issu de la noblesse, un second consul qui appartenait à la bourgeoisie et enfin le troisième qui  était soit un artisan ou un agriculteur. Le congrès de Vienne a donné au roi de Piémont Sardaigne et ce contre la volonté des populations, l’ancienne république de Gènes. Ce fait a une importance qu’en 1815 personne ne mesure. Le royaume de Piémont Sardaigne se trouve  désormais avec une façade maritime importante et un port majeur ( Gènes)  qui est bien plus accessible que Nice.  Le roi Charles Félix y perdra son doigt avec l’abolition des franchises, mais çà, c’est  une autre histoire.

 

Thierry JAN

 

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