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il manifesto 2012.07.10 - 14 COMMUNITY
 
L'ARTE DELLA GUERRA
Il pozzo afghano senza fondo
RUBRICA - Manlio Dinucci

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«È meraviglioso udire gli uccelli che salutano col loro canto questa bella giornata qui a Kabul»: sono le romantiche parole con cui Hillary Clinton ha aperto la cerimonia ufficiale tra gli alberi del blindatissimo palazzo presidenziale nella capitale afghana. Mentre parlava, altri uccelli con la coda a stelle e strisce volavano nei cieli afghani: i caccia F/A 18 che, decollati dalla portaerei Stennis nel Mare Arabico, volteggiano sull'Afghanistan. Scelta la preda, la attaccano con missili e bombe a guida laser e la mitragliano col cannone da 20 mm, che a ogni raffica spara 200 proiettili a uranio impoverito. Questi e altri aerei, il cui prezzo supera i 100 milioni di dollari, costano 20mila dollari per ogni ora di volo: dato che ogni missione dura circa otto ore, essa comporta una spesa di oltre 150mila dollari, cui si aggiunge quella delle armi impiegate.

E l'anno scorso, secondo le cifre ufficiali, gli aerei Usa/Nato hanno effettuato 35mila missioni di attacco sull'Afghanistan. Non stupisce quindi che solo gli Stati uniti abbiano speso finora, per questa guerra, circa 550 miliardi di dollari. Un pozzo senza fondo, che continuerà a inghiottire miliardi di dollari ed euro. A Kabul la Clinton ha annunciato la buona novella: «Ho il piacere di annunciare che il presidente Obama ha ufficialmente designato l'Afghanistan maggiore alleato non-Nato degli Stati uniti». Ciò significa che esso acquista lo status di cui gode Israele e che, in base all'«Accordo di partnership strategica», gli Usa si impegnano a garantire la sua «sicurezza».

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Secondo funzionari dell'amministrazione, gli Usa manterranno in Afghanistan 10-30mila uomini, soprattutto delle forze speciali, affiancati da compagnie militari private. E continueranno a impiegare in Afghanistan la propria forza aerea, compresi i droni da attacco. Il «maggiore alleato non-Nato» riceverà dalla Nato un aiuto militare di oltre 4 miliardi di dollari annui. L'Italia, che si impegna a versare 120 milioni annui, continerà a fornire, secondo le parole del ministro della difesa Di Paola, «assistenza e supporto alle forze di sicurezza afghane». Il governo afghano riceverà inoltre, come deciso dalla conferenza dei «donatori» a Tokyo, altri 4 miliardi annui per le «esigenze civili». E anche in questo campo, ha dichiarato il ministro degli esteri Terzi, «l'Italia farà la sua parte». Secondo la motivazione ufficiale, si aiuterà in tal modo la «società civile afghana». Secondo l'esperienza reale, ogni dollaro ed euro, speso ufficialmente a fini civili, sarà usato per rafforzare il dominio militare Usa/Nato su questo paese.

La cui posizione geografica è di primaria importanza strategica per le potenze occidentali e i loro gruppi multinazionali, che si spingono sempre più ad est, sfidando Russia e Cina. Per convincere i cittadini statunitensi ed europei, pesantemente colpiti dai tagli alle spese sociali, che occorre prelevare altri miliardi di dollari ed euro dalle casse pubbliche per destinarli all'Afghanistan, si racconta che essi servono a portare migliori condizioni di vita al popolo afghano, in particolare alle donne e ai bambini. La favola che Hillary Clinton ha raccontato, accompagnata dal cinguettio degli uccellini di Kabul e dal coro di quanti gioiscono per tale munificenza.

SOURCE : MANLIO DINUCCI

IL MANIFESTO :

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120710/manip2pg/14/manip2pz/325590/ Traduit de l‘italien par Marie-Ange Patrizio

IN FRANCES


L’art de la guerre : Le puits afghan sans fond

par Manlio Dinucci
Le 10 juillet 2012
ilmanifesto.it


« C’est merveilleux d’entendre les oiseaux saluer de leur chant cette belle journée ici à Kaboul » : ce sont les paroles romantiques par lesquelles Hillary Clinton a ouvert la cérémonie officielle au milieu des arbres du très blindé palais présidentiel dans la capitale afghane. Tandis qu’elle parlait, d’autres oiseaux à la queue à rayures et étoiles volaient dans les cieux afghans : les chasseurs F/A 18 qui, ayant décollé du porte-avions Stennis dans la Mer Arabique, survolent l'Afghanistan. Une fois leur proie choisie, ils l’attaquent avec des missiles et des bombes à guidage laser et la mitraillent avec leur canon de 20mm, qui tire à chaque rafale 200 projectiles à l’uranium appauvri. Ces avions et d’autres, dont le prix dépasse les 100 millions de dollars, coûtent 20 mille dollars l’heure de vol : chaque mission durant environ huit heures, elle emporte une dépense de plus de 150mille dollars, auxquels s’ajoute celle des armes utilisées. Et l’an dernier, selon les chiffres officiels, les avions Usa/Otan ont effectué 35mille missions d’attaque sur l’Afghanistan. On ne s’étonnera donc pas que les Etats-Unis à eux seuls aient dépensé jusqu’ici, pour cette guerre, environ 550 milliards de dollars. Un puits sans fond, qui continuera à engloutir des milliards de dollars et d’euros. A Kaboul Clinton a annoncé la bonne nouvelle : « J’ai le plaisir d’annoncer que le président Obama a officiellement désigné l’Afghanistan comme plus grand allié non-Otan des Etats-Unis ».

Ceci signifie que ce pays a acquis le statut dont jouit Israël et que, sur la base de l’ « Accord de partenariat stratégique », les Usa s’engagent à garantir sa « sécurité ». Selon des fonctionnaires de l’administration, les Usa conserveront en Afghanistan 10-30mille hommes, surtout des forces spéciales, flanqués de compagnies militaires privées. Et ils continueront à utiliser en Afghanistan leur propre force aérienne, y compris les drones d’attaque. Le « plus grand allié non-Otan » recevra de l’Otan une aide militaire de plus de 4 milliards de dollars annuels. L’Italie, qui s’engage à verser 120 millions annuels, continuera à fournir, selon les mots du ministre de la défense Di Paola, « assistance et support aux forces de sécurité afghanes ». Le gouvernement afghan recevra en outre, comme décidé à la conférence des « donateurs » de Tokyo, 4 autres milliards annuels pour les « exigences civiles ». Et dans ce domaine aussi, a déclaré le ministre des affaires étrangères Terzi, « l’Italie accomplira sa part ». Selon la motivation officielle, on aidera de cette façon la « société civile afghane ».

Selon l’expérience réelle, chaque dollar et chaque euro, dépensé officiellement à des fins civiles, sera utilisé pour renforcer la domination militaire Usa/Otan sur ce pays. Pays dont la position géographique est de première importance stratégique pour les puissances occidentales et leurs groupes multinationaux, qui avancent de plus en plus vers l’est, en défiant la Russie et la Chine. Pour convaincre les citoyens étasuniens et européens, lourdement touchés par les coupes dans les dépenses sociales, qu’il convient de prélever d’autres milliards de dollars et euros des caisses publiques pour les destiner à l’Afghanistan, on raconte qu’ils servent à apporter de meilleures conditions de vie au peuple afghan, en particulier aux femmes et aux enfants. C’est la fable qu’Hillary Clinton a racontée, accompagnée par le gazouillis des petits oiseaux de Kaboul et par le chœur de ceux qui jouissent de toute cette largesse.

Edition de mardi 10 juillet 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120710/manip2pg/14/manip2pz/325590/ Traduit de l‘italien par Marie-Ange Patrizio