Le Général De Villiers a d’abord pensé à ses hommes et à la France

SOURCE : Publié le 19 juillet 2017 - par  

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La démission du général Pierre de Villiers, Chef d’Etat-Major des Armées, est révélatrice du mauvais climat qu’Emmanuel Macron distille dans son entourage, par son autoritarisme excessif et son ego démesuré.

C’est une crise politique majeure qui s’ouvre aujourd’hui, puisque le général de Villiers n’a pas attendu d’être reçu vendredi par le chef de l’Etat, préférant démissionner dans la dignité, en restant fidèle à ses convictions.

A peine élu, le chef de l’Etat n’a rien trouvé de mieux que de provoquer une crise de confiance entre les armées et l’Elysée, en humiliant injustement le général de Villiers qui n’a fait que son devoir, en réclamant les moyens d’assurer les missions de protection de la nation confiées par le Président.

Il est clair que ce dernier ne supporte pas la contradiction et monte rapidement sur ses ergots  à la moindre contrariété. Le chef de l’Etat semble ignorer que le mot autorité n’est pas synonyme d’emportement…

Un manque de recul et de sérénité fâcheux quand on est responsable de la sécurité de la nation !

On avait déjà noté cette lacune majeure durant la campagne présidentielle, où le candidat Macron, très susceptible, s’était montré incapable de reconnaître ses multiples fautes par excès d’orgueil. Emmanuel Macron n’a jamais tort !

Qu’il insulte et humilie la France en Algérie ou qu’il ne sache pas où est la Guyane, tout cela ne serait que broutille mal comprise… Mais ses contorsions pour se justifier n’ont trompé personne… On retient que la modestie n’est pas son fort.

Il est clair que Macron n’a pas le calme des vielles troupes qui sied à la fonction présidentielle. Il a beau être le chef des armées de par la Constitution, il avait en face de lui un vétéran du Kosovo et d’Afghanistan de 60 ans… peu disposé à se soumettre !

Alors que nos armées sont au taquet depuis des années, engagées en permanence sur plusieurs théâtres d’opérations simultanés, la réaction du chef d’état major apprenant la coupe du budget défense de 850 millions, était particulièrement justifiée.

“Une armée en surchauffe à 120% de ses possibilités” disait-il.

Le général de Villiers, incontestablement plus apte que le président de la République à juger dans quelles conditions difficiles servent nos soldats, ne s’exprimait pas à la légère. Sa réaction était l’expression de sa sincérité, de la vérité, de la transparence.

Un militaire de haut rang, ça parle peu, mais quand ça parle, mieux vaut l’écouter.

Mais à la franchise du soldat professionnel, Macron a opposé la colère du politique, estimant son autorité bafouée ! Quelle erreur de jugement !

Nos soldats manquent cruellement de matériels modernes  et de protection.

Depuis 10 ans, c’est l’armée qui a supporté la plus lourde contribution aux efforts budgétaires réclamés par la nation. Des effectifs amputés de plus de 70000 hommes alors que les engagements se sont multipliés tous azimuts.

L’armée a supporté 60% de la déflation des postes de la fonction publique !

L’armée française est la plus sollicitée au monde après celle des Etats Unis, mais avec des moyens 20 fois moindre ! Et aussi, hélas, une estime des autorités politiques 100 fois moindre !

Pour nos élus, la priorité n’est pas la sécurité mais le social, gage de réélection !

Désintérêt des politiques pour la chose militaire d’autant plus regrettable que l’armée française fait partie des rares armées de première catégorie, aptes à toutes missions à travers le monde. Et son état d’esprit est admirable.

4000 hommes au Sahel, 1200 au Moyen-Orient et 7000 pour l’opération Sentinelle.

Le lourd fardeau budgétaire des Opex, provisionné à 450 millions d’euros, atteindra en fait 1,2 milliard, entièrement supportés par la Défense !

Pour Emmanuel Macron, l’armée reste la principale variable d’ajustement budgétaire, l’éternelle vache à lait pour équilibrer le budget de la nation.

Et si le budget se maintient tant bien que mal à 1,5% du PIB, c’est uniquement pour éviter l’effondrement de notre industrie d’armements, un des rares secteurs encore largement exportateur.

“C’est le temps de la solidarité gouvernementale”, dit la ministre de la Défense pour justifier la contribution des armées.

Mais n’est-ce pas plutôt à la nation tout entière de manifester sa solidarité envers ses soldats, quand ceux-ci font la guerre et risquent leur vie pour la sécurité du pays ?

C’est d’autant plus facile de ponctionner les armées que la grande muette ferme toujours sa gueule. On ne craint pas ceux qui ne manifestent jamais.

Sauf aujourd’hui, où le chef d’état major n’avait pas l’intention “de se laisser baiser” par Bercy. Un langage de soldat, certes, mais qui devait demeurer à huis clos, dans l’enceinte de l’Assemblée. Le contraire de la langue de bois des politiques…

Quoi de plus normal que de parler vrai quand on a le souci de la vie de ses hommes et du succès des missions de guerre demandées par l’Elysée  ?

La colère et la brutale réaction d’Emmanuel Macron sont donc aussi malvenues que ridicules. Elles dénotent un manque de jugement plutôt inquiétant.

En recadrant sèchement le Chef d’Etat-Major des Armées devant ses officiers, lui reprochant une réaction “indigne”, le chef de l’Etat ne s’est pas grandi.

C’est moi le chef ! a t-il cru bon de rappeler. Et d’enfoncer le clou dans la presse :

« Si quelque chose oppose le Chef d’Etat-Major des Armées au président de la République, le Chef d’Etat-Major des Armées change ».

C’est chose faite ! Le général de Villiers n’aura plus à supporter les réactions d’un président irascible et capricieux. Aimé et estimé de ses troupes, ce brillant officier général mérite mieux que ça. Il part la tête haute.

Comme si les soldats n’étaient pas les plus disciplinés et les plus fidèles serviteurs de l’Etat ! L’armée n’est pas l’Assemblée Nationale peuplée de députés frondeurs !

“Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays. Par conséquent, j’ai pris mes responsabilités en présentant, ce jour, ma démission au Président de la République, qui l’a acceptée”.

C’est donc grave. Pour le CEMA, la protection de la France n’est plus garantie.

La France dépense 750 milliards de social, soit 34% de son PIB.

Avec un budget défense de 34,2 milliards en 2018, cela représente un effort budgétaire de 1,5% du PIB.

Pas de quoi pavoiser alors que nous sommes en guerre !

La France dépense 20 fois plus en social que pour assurer sa défense et sa sécurité !

Et n’espérons pas une amélioration rapide. Ce n’est qu’en 2025 que le budget défense se rapprochera des 2%, la norme OTAN.

Car le discours sur l’effort de défense n’est plus aussi affirmatif :

“…Une montée en puissance VERS les 2% ”, nous dit la ministre Florence Parly.

C’est à la fois très vague et très lointain, donc plus qu’incertain.

La défense n’est pas la priorité d’Emmanuel Macron, c’est une évidence.

De tous les candidats à l’élection présidentielle, c’est lui qui proposait le plus faible effort budgétaire pour les armées, et pas avant 2025 !

Emmanuel Macron soigne avant tout son image à l’international. Sa popularité est une obsession. Il charme la planète, ça lui suffit.

Merkel, Poutine, Trump et tous ses pairs présents au G20, monopolisent tout son intérêt.

Quant aux Français, ils seront les derniers servis.

C’est déjà l’ivresse du pouvoir.

Un air de déjà vu avec Sarkozy, qui ne jurait que par l’Europe et ne s’est jamais préoccupé des Français.

Mais au vu des ratés actuels, Macron pourrait bien devenir la plus grande désillusion de la Vème République.

Il a décidément beaucoup à apprendre.

Quand on est chef des armées et qu’on envoie ses soldats à la guerre, on n’humilie pas publiquement le Chef d’Etat-Major des Armées qui ne fait que défendre les intérêts de ses hommes.

Quant au général de Villiers, son désaccord avec le président sur les coupes budgétaires, ne pouvait que le mener à la démission.

Jusqu’à la dernière seconde, ce général aura fait honneur à notre armée.

Mais en définitive, le grand perdant de cette crise, jamais vue sous la Cinquième, c’est notre président.

Sa réaction colérique stupéfiante, contre un grand serviteur de l’Etat parlant le langage de la vérité, restera une tache indélébile dans son quinquennat.

Il a cassé durablement le lien qui l’unissait aux armées.

Jacques Guillemain

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Mon Général, nous sommes tous avec vous

SOURCE : Publié le 19 juillet 2017 - par

J’ai adoré ce que j’ai entendu, ce matin, sur BFM.

Comme pour nous donner raison, ils ont comparé la France d’aujourd’hui, à la France d’hier, en Algérie. Etaient réunis sur le plateau plusieurs baveux et le général X, chef d’Etat-major « particulier » de Macron, commentant la démission du général  Pierre de Villiers.

« Les armées connaissent, aujourd’hui, la même situation qu’elles ont connue, en 1961, pendant la guerre d’Algérie. »

Oui. Nos militaires ne supportent pas la trahison.

Et il s’avère que, comme en 1961, les présidents en exercice les ont trahis.

Je ne reviendrai pas sur cette époque d’il y a un demi-siècle, que tous vous connaissez, ni sur les raisons qui ont amené ces Chefs des Armées à se rebeller contre celui qui les avait trahis dans leur honneur de défenseurs de la France, leur patrie.

Jamais, un président qui se respecte, n’aurait dû s’adresser à un valeureux soldat, Chef d’Etat-Major des Armées, dans les termes que Macron a employés envers Monsieur Pierre De Villiers.

Mais ce qu’a fait et dit ce petit homme, imbu de sa personne, qui veut péter plus haut que son Q, est impardonnable.

Lui, ce minable petit avorton, qui n’a même jamais effectué ses trois jours, s’est permis, du haut de son mètre cinquante, de dire à ce chef guerrier : « Je suis votre chef » !

Mais chef de quoi et chef de qui ?

Chef des 8% de Français qui ont voté pour lui ? Huit pour cent de Français grugés qui commencent déjà à regretter d’avoir choisi un menteur – comme les autres prétendants au « trône » – qui promettent ce qu’ils ne pourront jamais leur donner après avoir été élus. Peut-être est-il le chef de ceux-là. Mais pas le nôtre.

Avoir dit à cet homme qui a passé sa vie à défendre son pays, la France, sur tous les fronts, qu’il doit fermer sa gueule et lui obéir, est le discours le plus minable, le plus irrespectueux, le plus bas que j’aie jamais entendu.

En un mot, c’est une ignominie. Et quand celui qui profère une ignominie, est président de la République française, il cause un grand déshonneur à la France.

Cet homme prétentieux vient de faire honte à tous les vrais patriotes français, fiers de leurs Armées. Ce petit comptable, employé de banque un temps, qui ne cherche qu’à privilégier ses amis de la haute finance sait peut-être aligner des chiffres mais il ne connait rien à la valeur d’un guerrier. Il ne sait pas ce que le mot « honneur » signifie.

Parce qu’il nous a ridiculisés aux yeux du monde entier, il s’est irrémédiablement aliéné la grande majorité du peuple français.

Quand on est devant un Monsieur de Villiers, Saint-Cyrien, ex-commandant de la Regional Command Capital pendant  la guerre d’Afghanistan qui regroupait les 2.500 soldats de 15 nationalités différentes, on a le plus grand respect pour cet homme.

Si on lui confie, au nom de la France, la charge de coordonner les opérations extérieures  (OPEX) Chammal en Syrie et en Irak, Barkhane au Sahel et Sangaris en République centrafricaine et la charge, dans notre pays, de la lutte antiterroriste, on a le plus immense respect pour ce Chef à qui l’on a demandé, deux mois plus tôt, de repousser son départ à la retraite pour le maintenir à son poste.

Mais, apparemment, ce macron n’a de respect qu’envers lui-même.

Eh bien ! Nous lui faisons savoir que nous n’aurons plus aucun respect pour lui, à partir de la démission, tout à son honneur, du général de Villiers.

Un homme qui refuse de courber l’échine est un homme de grande valeur, un vrai guerrier et c’est à lui, à ce valeureux guerrier, que va tout notre respect.

Mon général, nous sommes tous avec vous. Pour la France. Pour la République. Pour la victoire sur tous nos ennemis.

Daniele Lopez

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