La colère de l’ours RUSSE

 

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par Erwan Castel.

Après les attaques directes contre les gazoducs stratégiques russes de la mer Baltique et celle menée contre le pont de Crimée, une réaction russe était prévisible et elle ne s’est pas faite attendre !

Les forces armées de la Fédération de Russie viennent de lancer sur les infrastructures militaro-industrielles et énergétiques dans toute l’Ukraine une campagne violente de bombardements réalisés avec des missiles de croisière et des drones kamikaze. 

Aux premiers résultats des frappes russes réalisées ce matin, et qui continuent, nous assistons à un KO technique de l’Ukraine.

 

Kiev, ce matin 10 octobre 2022

Arrivée d’un missile sur Dnipropetrovsk

La centrale électrique de Kiev en feu

Une réunion du conseil de sécurité de la Fédération de Russie est imminente et il ne serait pas surprenant qu’elle lance au régime ukro-atlantiste de Kiev un ultimatum radical à l’issue duquel, si les marionnettes de Washington ne capitulent pas, le conflit militaire deviendra radical et sans quartier.

 

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Les attaques des forces aérospatiales russes ont commencé à l’aube et à 10h20 près de 200 frappes avaient déjà été enregistrées :

  • 47 dans la région de Nikolaïev
  • 60 ont été dénombrés à Kyiv
  • 15 à Lvov
  • 27 dans la région de Vinnitsa
  • 20 à Kharkov
  • 15 dans la région d’Odessa

Le nombre de missiles russes tirés en même temps est constant pour toutes les vagues de bombardements, afin d’infliger le maximum de dégâts aux objectifs visés mais aussi, pour y parvenir, saturer les systèmes de défense anti-aérienne ukro-atlantistes.

Déconnexion internet dans la plupart des grandes villes ukrainiennes.

Le premier bilan provisoire :

  • Kiev et région : la tension électrique est tombée. Internet et de téléphonie mobile en panne.
  • Vinnitsa et la région : un coup sur l’infrastructure ferroviaire.
  • Ivano-Frankivsk et la région : bombardements sur les infrastructures.
  • Lvov et la région : l’électricité et les communications mobiles ont partiellement disparu.
  • Ternopil et la région : interruptions des lumières.
  • Khmelnitsky et la région : bombardements sur les objets d’infrastructure.
  • Dniepropavlosk et la région : bombardements sur les infrastructures.
  • Jitomir et la région : infrastructure énergétique endommagée.
  • Poltava et la région : plus d’électricité.
  • Kharkov : plus d’électricité.
  • Région de Tcherkassy : pannes d’électricité.

Les cibles visées par les forces russes en Ukraine ont été élargies aux administrations des services de sécurité, aux centres énergétiques, aux carrefours ferroviaires, aux stations électriques, aux ponts sur le Dniepr etc….

 

Bâtiment industriel détruit à Dnipropetrovsk

Missile russe explosant sur Lvov

Au moment où je termine cet article urgent, une nouvelle vague de missiles et drones russes frappe la servilité atlantiste de l’Ukraine et même si il y a peu de chance que ses laquais bandéristes reviennent à la raison, j’espère que leurs parrains occidentaux vont enfin comprendre que la Russie défendra par n’importe quels moyens la sécurité de ses peuples.

 

Malgré ma satisfaction de voir la Russie engager les mesures plus radicales à la hauteur des menaces et des attaques subies depuis 2014, je ne peux m’empêcher de penser aux victimes civiles, quel que soit le côté du front où elles habitent qui sont victimes de cette folie initiée par l’hégémonie occidentale aux frontières de la Russie. 

3ème vague de frappes russes sur l’Ukraine – 10 octobre 2022.

L’Ukraine est en train de revenir au Moyen Age ! 

Comme ironisait un ami de Moscou : « La prochaine cargaison de l’OTAN pour la junte de Kiev : des bougies » 

La Russie quant à elle, est passé enfin à la vitesse supérieure !!

À suivre…

Près de la frontière polonaise, centre ville de Lvov.
***
Dernière minute 

En début d’après midi les frappes russes ont cessé, confirmant qu’elles étaient une riposte contrôlée aux attaques ukro-atlantistes contre les infrastructures russes :

Voici le bilan en milieu d’après midi : 

Le matin du 10 octobre, les forces armées russes ont lancé des frappes massives de missiles à travers l’Ukraine. Outre les quartiers généraux et les points de contrôle de l’armée, de la SBU et de la Garde nationale, les infrastructures énergétiques ukrainiennes ont fait l’objet de frappes systématiques. 

Ni les centrales nucléaires ni les centrales hydroélectriques n’ont été touchées, et ce n’est pas nécessaire dans le cas présent.

Voici les frappes confirmées à cette heure :

• Kiev : Centrale thermique-3, Centrale thermique-5, Sous-station 110 Vokzalna, Centrale thermique Darnitsa 

• Rovno : poste de Rovno 330 kV – le coup porté à l’installation a provoqué la surcharge des postes de 110 kV et la perte d’électricité dans la ville

• Khmelnytskyi : sous-station 330/110 kV de Khmelnytskyi – comme il n’y a pas d’électricité dans toute la ville, seule la sous-station 330 kV a pu être touchée, ce qui a provoqué des pannes dans les sous-stations de traction Rakovo, Stara, Termoplast, Ozernaya, Dubovo et Grechany.

• Ternopil : poste de Ternopil 330/110/35 kV – pas de lumière dans toute la ville, les postes 110 kV de Zagreblya, Ternopil support, Galitskaya, Promyshlennaya, Plotycha, ZhBI en sont alimentés.

• Sumy : poste Konotop de 330kV – le choc a provoqué des coupures de courant dans toute la région. 

• Kharkov : la ville entière est privée de lumière, d’eau, de communications et le métro est en panne. Cela peut vouloir dire panne simultanée des sous-stations Zalyutino, Kharkivska, Losevo, ainsi que de la centrale de Kharkov CHP-5, de la centrale de Zmievskaya, de la centrale de Chuguevskaya CHP-2. Mais en raison du manque de communication dans la région, il n’est pas encore possible de confirmer la mise hors service de toutes les installations.

• Krivoy Rog : centrale thermique de Krivoy Rog, l’une des plus grands d’Ukraine.

• Zhytomyr : sous-station de Zhytomyr 330/110 kV 

• Lvov : Centrale thermique de Lvov-1

• Ivano-Frankivsk : centrale thermique Burshtynskaya 

• Vinnitsa : des retards de trains ont été enregistrés, ce qui peut être la preuve d’une défaillance des sous-stations de traction individuelles. Mais il n’y a pas de données à ce sujet dans les sources ouvertes.

La panne de certaines structures clés du réseau électrique ukrainien a entraîné une surcharge de l’ensemble du système énergétique ukrainien: les centrales nucléaires ne pouvaient pas faire face à la charge.

Le visage du président Poutine lors du compte rendu de l’attaque contre le Pont de Crimée.

Le président Poutine a déclaré a déclaré ce matin : 

« Nous n’avons pas de doute sur les auteurs (de l’attaque du pont de Crimée) et nous ne pouvons pas laisser sans réponse des crimes de ce type. Aujourd’hui, ce matin, après avoir pris conseil avec le Ministère de la Défense, il y a eu des frappes sur les cibles énergétiques à destination militaire en Ukraine. Dans le cas où il y aurait d’autres attaques visant la Russie, nos réponses seront dures et conséquentes et personne ne peut en douter. »

source : Alawata Rebellion

 

 

Terreur sur le Pont de Crimée oblige

 

la Russie à déclencher Choc et Effroi

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par Pepe Escobar.

Le récit occidental d’une « Russie perdante » vient d’être décimé par la guerre éclair de Moscou contre l’Ukraine et ses opérations terroristes soutenues par l’étranger.

L’attaque terroriste sur le Krymskiy Most – le pont de Crimée – a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase eurasien.

Le président russe Vladimir Poutine l’a bien résumé : « Il s’agit d’une attaque terroriste visant à détruire l’infrastructure civile critique de la Fédération de Russie ».

Le chef du Comité d’enquête russe, Alexandre Bastrykine, a confirmé en tête-à-tête avec Poutine que Terreur sur le Pont avait été perpétré par le SBU – les services spéciaux ukrainiens.

Bastrykine a déclaré à Poutine : « Nous avons déjà établi l’itinéraire du camion, où l’explosion a eu lieu. Bulgarie, Géorgie, Arménie, Ossétie du Nord, Krasnodar… Les transporteurs ont été identifiés. Avec l’aide des agents du FSB, nous avons réussi à identifier les suspects ».

Les services secrets russes ont donné des informations cruciales au correspondant militaire Alexander Kots. La cargaison a été commandée par un citoyen ukrainien : des explosifs emballés dans 22 palettes, dans des rouleaux de film sous film plastique, ont été expédiés de Bulgarie au port géorgien de Poti. Ensuite, la cargaison a été chargée dans un camion portant des plaques d’immatriculation étrangères et a été acheminée par voie terrestre jusqu’en Arménie.

Le dédouanement à la frontière arméno-russe s’est déroulé sans problème, conformément aux règles de l’Union douanière eurasienne (la Russie et l’Arménie sont toutes deux membres de l’Union économique eurasiatique, ou UEE). La cargaison n’a manifestement pas été détectée par les rayons X. Cet itinéraire est la norme pour les camionneurs qui se rendent en Russie.

Le camion est ensuite rentré en Géorgie et a de nouveau franchi la frontière russe, mais cette fois par le poste de contrôle de Upper Lars. C’est le même que celui utilisé par des milliers de Russes fuyant la mobilisation partielle. Le camion a fini à Armavir, où la cargaison a été transférée dans un autre camion, sous la responsabilité de Mahir Yusubov : celui qui est entré sur le pont de Crimée en venant du continent russe.

Très important : le transport d’Armavir à une adresse de livraison à Simferopol aurait dû avoir lieu les 6 et 7 octobre, c’est-à-dire le jour de l’anniversaire du président Poutine, le vendredi 7. Pour une raison inexpliquée, cela a été reporté d’un jour.

Le conducteur du premier camion est déjà en train de témoigner. Yusubov, le conducteur du second camion – qui a explosé sur le pont – était « aveugle » : il n’avait aucune idée de ce qu’il transportait, et il est mort.

À ce stade, deux conclusions s’imposent.

La première : Il ne s’agissait pas d’un attentat-suicide au camion de type ISIS – l’interprétation privilégiée à la suite de l’attaque terroriste.

Deuxièmement : L’emballage a très certainement eu lieu en Bulgarie. Comme l’ont laissé entendre les services de renseignement russes, cela indique l’implication de « services spéciaux étrangers ».

Un mirage de cause à effet

Ce qui a été révélé en public par les renseignements russes ne raconte qu’une partie de l’histoire. Une évaluation incandescente reçue par The Cradle de la part d’une autre source des renseignements russes est bien plus intrigante.

Au moins 450 kg d’explosifs ont été utilisés dans l’explosion. Pas sur le camion, mais à l’intérieur de la travée du pont de Crimée elle-même. Le camion blanc n’était qu’un leurre des terroristes « pour créer un mirage de cause à effet ». Lorsque le camion a atteint le point du pont où les explosifs étaient montés, l’explosion a eu lieu.

Selon la source, les employés des chemins de fer ont déclaré aux enquêteurs qu’il s’agissait d’une forme de détournement électronique ; les opérateurs terroristes ont pris le contrôle des chemins de fer de sorte que le train transportant du carburant a reçu l’ordre de s’arrêter en raison d’un faux signal indiquant que la route devant lui était occupée.

Les bombes montées sur les travées des ponts ont été une hypothèse de travail largement débattue sur les chaînes militaires russes au cours du week-end, de même que l’utilisation de drones sous-marins.

En fin de compte, le plan très sophistiqué n’a pas pu suivre le timing nécessairement rigide. Il n’y a pas eu d’alignement au millimètre près entre les charges explosives montées, le camion qui passait et le train de carburant arrêté dans sa course. Les dommages ont été limités, et facilement contenus. Le combo charges/camion a explosé sur la voie extérieure droite de la route. Les dommages n’ont touché que deux sections de la voie extérieure, et pas beaucoup le pont ferroviaire.

En fin de compte, Terreur sur le Pont a donné lieu à une brève victoire de relations publiques à la Pyrrhus – dûment célébrée dans tout l’Occident collectif – avec un succès pratique négligeable : le transfert de cargaisons militaires russes par voie ferrée a repris en 14 heures environ.

Et cela nous amène à l’information clé de l’évaluation de la source russe de renseignements : le coupable.

Il s’agissait d’un plan du MI6 britannique, dit cette source, sans donner plus de détails. Le MI6 qui, précise-t-il, selon les renseignements russes, pour un certain nombre de raisons, joue dans l’ombre en tant que « services spéciaux étrangers ».

Il est assez révélateur que les Américains se soient précipités pour établir un déni plausible. Le proverbial « officiel du gouvernement ukrainien » a déclaré au Washington Post, le porte-parole de la CIA, que le SBU était coupable. Il s’agissait d’une confirmation directe d’un rapport de l’Ukrainska Pravda basé sur un « responsable non identifié des forces de l’ordre ».

Le parfait tiercé gagnant de la ligne rouge

Déjà, au cours du week-end, il était clair que l’ultime ligne rouge avait été franchie. L’opinion publique et les médias russes étaient furieux. Malgré son statut de merveille d’ingénierie, le Krymsky Most ne représente pas seulement une infrastructure critique, mais aussi le symbole visuel du retour de la Crimée à la Russie.

En outre, il s’agissait d’une attaque terroriste personnelle contre Poutine et l’ensemble de l’appareil de sécurité russe.

Nous avons donc eu, successivement, des terroristes ukrainiens qui ont fait sauter la voiture de Daria Douguine dans la banlieue de Moscou (ils l’ont admis), les forces spéciales américaines et britanniques qui ont fait sauter (partiellement) Nord Stream et Nord Stream 2 (ils l’ont admis puis se sont rétractés), et l’attaque terroriste contre Krymsky Most (une fois de plus : admis puis rétracté).

Sans oublier le bombardement de villages russes à Belgorod, la fourniture par l’OTAN d’armes à longue portée à Kiev et l’exécution systématique de soldats russes.

Daria Douguine, Nord Stream et le pont de Crimée en font un acte de guerre trifecta. Cette fois, la réponse était donc inévitable – sans même attendre la première réunion depuis février du Conseil de sécurité russe prévue dans l’après-midi du 10 octobre.

Moscou a lancé la première vague de Choc et Effroi russe sans même changer le statut de l’opération militaire spéciale (OMS) en opération antiterroriste (OAT), avec toutes ses graves implications militaires/juridiques.

Après tout, même avant la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, l’opinion publique russe était massivement favorable au retrait des gants. Poutine n’avait même pas prévu de rencontres bilatérales avec l’un des membres. Des sources diplomatiques laissent entendre que la décision de laisser tomber le marteau avait déjà été prise au cours du week-end.

L’opération « Choc et Effroi » n’a pas attendu l’annonce d’un ultimatum à l’Ukraine (qui pourrait intervenir dans quelques jours), une déclaration de guerre officielle (pas nécessaire), ni même l’annonce des « centres de décision » ukrainiens qui seraient touchés.

La métastase foudroyante de facto de l’OMS en OAT signifie que le régime de Kiev et ceux qui le soutiennent sont désormais considérés comme des cibles légitimes, tout comme ISIS et Jabhat al-Nusra pendant l’opération antiterroriste en Syrie.

Et ce changement de statut – il s’agit désormais d’une véritable guerre contre le terrorisme – signifie que la priorité absolue est de mettre fin à tous les aspects du terrorisme, qu’ils soient physiques, culturels ou idéologiques, et non la sécurité des civils ukrainiens. Pendant l’OMS, la sécurité des civils était primordiale. Même l’ONU a été forcée d’admettre qu’en plus de sept mois d’OMS, le nombre de victimes civiles en Ukraine a été relativement faible.

Le commandant Armageddon entre en scène

Le visage de l’opération « Choc et Effroi » russe est le commandant russe des forces aérospatiales, le général d’armée Sergueï Sourovikine : le nouveau commandant en chef de l’OMS/OAT, désormais totalement centralisé.

Des questions n’ont cessé d’être posées : pourquoi Moscou n’a-t-il pas pris cette décision en février dernier ? Mieux vaut tard que jamais. Kiev apprend maintenant qu’il s’est trompé de personne. Sourovikine est très respecté – et craint : son surnom est « Général Armageddon ». D’autres l’appellent « Cannibale ». Le légendaire président tchétchène Ramzan Kadyrov – également colonel général dans l’armée russe – fait l’éloge de Sourovikine comme étant « un véritable général et guerrier, un commandant expérimenté, volontaire et clairvoyant ».

Sourovikine est commandant des forces aérospatiales russes depuis 2017 ; il s’est vu décerner le titre de Héros de la Russie pour sa direction sans état d’âme de l’opération militaire en Syrie ; et il avait une expérience sur le terrain en Tchétchénie dans les années 1990.

Sourovikine est le Dr. Choc et Effroi avec carte blanche complète. Cela a même rendu vaines les spéculations selon lesquelles le ministre de la Défense Sergueï Choïgu et le chef d’état-major général Valery Gerasimov ont été écartés ou forcés de démissionner, comme l’a spéculé la chaîne Telegram du groupe Wagner, Grey Zone.

Il est toujours possible que Choïgu – largement critiqué pour les récents revers militaires russes – soit finalement remplacé par le gouverneur de Toula Alexei Dyumin, et Gerasimov par le commandant en chef adjoint des forces terrestres, le lieutenant général Alexander Matovnikov.

C’est presque sans importance : tous les regards sont tournés vers Sourovikine. 

Le MI6 a quelques taupes bien placées à Moscou, relativement parlant. Les Britanniques avaient averti le président ukrainien Volodymyr Zelensky et l’état-major que les Russes lanceraient une « frappe d’avertissement » ce lundi.

Ce qui s’est passé, ce n’est pas une « frappe d’avertissement », mais une offensive massive de plus de 100 missiles de croisière lancés « depuis les airs, la mer et la terre », comme l’a indiqué Poutine, contre les « installations énergétiques, de commandement militaire et de communication » ukrainiennes.

Le MI6 a également noté que « l’étape suivante » sera la destruction complète de l’infrastructure énergétique de l’Ukraine. Ce n’est pas une « prochaine étape » : c’est déjà le cas. L’approvisionnement en électricité a complètement disparu dans cinq régions, dont Lviv et Kharkiv, et il y a de graves interruptions dans cinq autres, dont Kiev.

Plus de 60% des réseaux électriques ukrainiens sont déjà hors service. Plus de 75% du trafic Internet a disparu. La guerre réseaucentrique Starlink d’Elon Musk a été « déconnectée » par le ministère de la Défense.

Choc et Effroi se déroulera probablement en trois étapes.

Premièrement : Surcharge du système de défense aérienne ukrainien (déjà en cours).

Deuxièmement : Plonger l’Ukraine dans l’âge des ténèbres (déjà en cours).

Troisièmement : Destruction de toutes les installations militaires majeures (la prochaine vague).

L’Ukraine est sur le point d’embrasser l’obscurité presque totale dans les prochains jours. Sur le plan politique, cela ouvre un tout nouveau jeu. Compte tenu de « l’ambiguïté stratégique » caractéristique de Moscou, il pourrait s’agir d’une sorte d’opération Tempête du Désert remixée (frappes aériennes massives préparant une offensive terrestre) ; ou, plus vraisemblablement, d’une « incitation » pour forcer l’OTAN à négocier ; ou simplement d’une offensive de missiles systématique et implacable, combinée à une guerre électronique pour briser définitivement la capacité de Kiev à faire la guerre.

Ou encore, il pourrait s’agir de tout cela à la fois.

La question de savoir comment un empire occidental humilié peut faire monter les enchères maintenant, sans passer par la voie nucléaire, reste une question clé. Moscou a fait preuve d’une admirable retenue pendant trop longtemps. Personne ne devrait jamais oublier que dans le véritable Grand Jeu – comment coordonner l’émergence d’un monde multipolaire – l’Ukraine n’est qu’une simple attraction. Mais maintenant, les chauffeurs de salle feraient mieux de se mettre à l’abri, car le général Armageddon est en liberté.

Pepe Escobar

source : The Cradle

traduction Réseau International

 

 

La Russie frappe massivement

 

 

les infrastructures énergétiques et

 

 

militaires de l’Ukraine en réponse

 

 

à l’attentat du pont de Crimée

 

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par Christelle Néant.

Deux jours après l’attentat terroriste qui a frappé le pont de Crimée, la Russie a massivement frappé les infrastructures énergétiques et militaires de l’Ukraine avec des missiles de haute précision, plongeant de nombreuses villes ukrainiennes dans le noir.

Le 10 octobre 2022 au matin, des centaines de missiles russes de haute précision ont visé la plupart des grandes villes d’Ukraine, et surtout les centrales électriques, les bases militaires, et les bâtiments des services de renseignement ukrainiens.

Deux jours après avoir vu des habitants de Kiev se prendre en photo devant des posters géants montrant le pont de Crimée en flammes, la joie sordide exposée sur les segments ukrainiens des réseaux sociaux face à cet attentat terroriste qui a fait cinq victimes innocentes s’est muée en état de choc et en déclarations outrées.

Les frappes matinales ont touché Kiev, Dnipropetrovsk, Kharkov, Zaporojié, Ternopol, Odessa, Krivoï Rog, Lvov, Jitomir, Rovno, Nikolayev, Krapivnitski, Krementchoug et Konotop.

Carte par Rybar

Les missiles russes ont touché le bâtiment de la direction du SBU, la mission des conseillers de l’UE, les agences des forces de l’ordre, ainsi que plusieurs centrales électriques et sous-stations à Kiev, et les centrales électriques à Lvov et Ivano-Frankovsk. Plusieurs bases de la Garde nationale et de l’armée ukrainienne ont aussi été visées. Par contre ni les centrales nucléaires ni les centrales hydroélectriques n’ont été touchées.

Résultat, les métros de Kiev et Kharkov ont été arrêtés, et les villes de Lvov, Jitomir, Soumy, Kharkov, Khmelnitski, Poltava, Ternopol, Loutsk et Rovno se sont retrouvées sans électricité. Beaucoup de villes ukrainiennes ont aussi des problèmes d’accès à Internet et d’approvisionnement en eau potable.

Si ces tirs ont fait d’importants dégâts et des victimes parmi les civils ukrainiens (Kiev a annoncé le soir même 14 morts sur l’ensemble du pays, ce qui est peu comparé aux scores quotidiens de l’armée ukrainienne dans le Donbass et montre bien que la Russie n’a pas visé délibérément les civils), un certain nombre sont aussi dus aux dysfonctionnements des systèmes de défense anti-aérienne ukrainiens. À Kiev par exemple, on voit clairement sur plusieurs vidéos les trajectoires de missiles S-300 qui retombent au sol faute d’avoir pu toucher leur cible. Un autre missile S-300 est soupçonné d’avoir frappé le fameux pont piétonnier Klitchko à Kiev.

Pareil à Krementchoug, comme on peut le voir sur cette photo :

Ces frappes ont non seulement des conséquences lourdes pour l’Ukraine, mais elles pourraient aussi en avoir pour la France. Ainsi, la frappe contre la centrale électrique de Kryvoï Rog va impacter l’aciérie locale Kryvorijstal, qui fournit de l’acier pour les réacteurs nucléaires français.

En effet, suite aux sanctions anti-russes, la France a décider de relancer tous ses réacteurs nucléaires pour faire face à l’hiver. Or, sur les 56 réacteurs nucléaires d’EDF, seuls 12 étaient en activité en septembre, car les autres doivent subir des réparations. Entre autre 12 réacteurs nucléaires ont des problèmes de corrosion dans leur système de refroidissement. Problèmes qui ont été identifiés en mai 2022.

Or pour régler ces problèmes, les réacteurs nucléaires français ont besoin de l’acier produit par Kryvorijstal. Si l’usine ne peut pas reprendre rapidement sa production, et si la France ne trouve pas de source alternative d’acier de cette qualité, les Français vont se retrouver cet hiver avec d’énormes factures d’électricité.

Ces frappes ont été justifiées par le Président russe, Vladimir Poutine, lors de la réunion du Conseil de sécurité de la fédération de Russie qui a eu lieu aujourd’hui, comme étant une réponse à l’attentat terroriste qui a frappé le pont de Crimée, mais aussi aux autres attentats commis par l’Ukraine sur le territoire russe.

« Les données de la police scientifique et d’autres experts, ainsi que les informations opérationnelles, montrent que l’explosion du 8 octobre était un attentat terroriste, un attentat visant à détruire l’infrastructure civile et critique de la Russie. Il est également clair que les organisateurs et les auteurs de l’attaque étaient des services secrets ukrainiens. Le régime de Kiev utilise depuis longtemps des méthodes terroristes. Il s’agit de meurtres de personnalités publiques, de journalistes, de scientifiques, tant en Ukraine qu’en Russie. Cela inclut les attaques terroristes contre les villes du Donbass, qui durent depuis plus de huit ans », a déclaré le Président russe.

Et non seulement l’Ukraine mène des attentats contre des personnes qui la dérange, mais aussi contre des infrastructures critiques comme des centrales nucléaires.

« Il s’agit également d’actes de terrorisme nucléaire, je veux parler des frappes de missiles et d’artillerie sur la centrale nucléaire de Zaporojié. Mais ce n’est pas tout : les services secrets ukrainiens ont également mené trois actes terroristes contre la centrale nucléaire russe de Koursk, en faisant sauter à plusieurs reprises les lignes à haute tension de la centrale. La troisième attaque terroriste de ce type a endommagé trois de ces lignes à la fois. Les dégâts ont été réparés dans les plus brefs délais et il n’y a pas eu de conséquences graves », a ajouté Vladimir Poutine.

Le président russe a aussi déclaré que le gazoduc Turkish Stream avait failli lui aussi être saboté comme l’a été Nord Stream.

« Cependant, il y a eu un certain nombre d’autres attaques terroristes et de tentatives de commettre des crimes similaires contre des infrastructures de transport d’électricité et de gaz dans notre pays, y compris une tentative de faire exploser une section du système de transport de gaz Turkish Stream. Tout cela a été prouvé par des données objectives, y compris les témoignages des auteurs de ces attaques terroristes qui ont été arrêtés. Il est de notoriété publique que les représentants russes ne sont pas autorisés à enquêter sur les causes des explosions et de la destruction des systèmes internationaux de transport de gaz passant sous la mer Baltique. Mais nous connaissons tous le bénéficiaire final de ce crime », a-t-il déclaré.

Pour Vladimir Poutine ces attentats terroristes répétés de la part de l’Ukraine la mettent à égalité avec les pires groupes terroristes, et cela a justifié les frappes massives qui ont eu lieu le jour même.

« Ainsi, le régime de Kiev, par ses actions, s’est en fait mis sur un pied d’égalité avec les groupes terroristes internationaux, avec les groupes les plus odieux. Il n’est tout simplement plus possible de laisser des crimes de ce type sans réponse. Ce matin, sur proposition du ministère de la Défense et conformément au plan de l’état-major russe, une frappe massive a été lancée avec des armes aériennes, maritimes et terrestres à longue portée et à guidage de précision contre les installations énergétiques, militaires et de communication ukrainiennes », a déclaré le président russe.

Vladimir Poutine a aussi tenu à ajouter qu’en « cas de poursuite des tentatives d’attentats terroristes sur notre territoire, la réponse de la Russie sera sévère et correspondra au niveau de la menace posée à la fédération de Russie en termes d’ampleur ».

Sans surprise ces frappes massives ont donné lieu à un concert de déclarations outrées tant en Ukraine qu’en Occident. Ces mêmes « élites » occidentales dont le silence concernant l’attentat terroriste du pont de Crimée s’est fait remarquer, rivalisent désormais pour qualifier les frappes russes d’inacceptables.

Donc, pour les autorités occidentales, cinq Russes innocents tués dans un attentat terroriste mené par les services secrets ukrainiens, ou les civils du Donbass tués par des bombardements ukrainiens ne méritent que le silence, mais des victimes civiles ukrainiennes tuées par les tirs de réponse de l’armée russe, ça mérite des déclarations outrées.

En clair, pour les « élites » occidentales les Russes sont des sous-hommes dont la mort dans un attentat ou un bombardement terroriste mené par leurs petits protégés de Kiev n’est rien et ne mérite pas d’être condamnée. En fait la seule différence notable entre le Troisième Reich et les autorités des pays occidentaux, c’est que ce ne sont plus les juifs mais les Russes qui sont considérés comme des sous-hommes qui peuvent être assassinés sans que cela ne leur tire une larme, fut-elle de crocodile. Chacun en tirera les leçons à en tirer sur ce que valent les grandes déclarations de ces mêmes autorités concernant les droits de l’Homme et les valeurs qu’elles prétendent défendre.

En attendant, les frappes de missiles russes contre l’Ukraine se poursuivent ce soir, et il reste à espérer que le message sera reçu cinq sur cinq à Kiev. Faute de quoi, la Russie fera une piqûre de rappel.

Christelle Néant

source : Donbass Insider

 

 

Les missiles hypersoniques

 

que les États-Unis craignent

 

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par Faouzi Oki.

Selon un récent rapport du Congrès américain cité par Fox News, Washington est incapable de parer les possibles attaques des armes hypersoniques russes et chinoises. En se référant à un rapport soumis par le congrès américain, celui-ci souligne que « La Russie et la Chine mettent au point une arme hypersonique dont la vitesse, l’altitude et la manœuvrabilité permettent de contourner la majorité des systèmes de défense antimissile, cette arme peut être utilisée pour accroître la possibilité de porter des frappes à grande distance recourant aux armes tant conventionnelles que nucléaires. Les mesures permettant de parer ces menaces n’existent pas pour le moment », indique le rapport cité par la chaîne télévisée Fox News.

Le ministre américain de la Défense James Mattis avait déclaré que la mise au point d’une arme hypersonique et de moyens de défense contre cette dernière était devenue la priorité numéro un pour lui et les Forces armées américaines actuellement.

En novembre dernier le vice-ministre américain de la Défense Michael Griffin, avait indiqué au Centre de recherches stratégiques et internationales à Washington l’absence aux États-Unis de moyens de défense contre les armes hypersoniques que de tels systèmes propres analogues déployés et opérationnels.

kinzhal

Dans ce chapitre il faut citer que Le 1er mars 2018, le président Poutine avait annoncé que la Russie était en train de mettre au point de nouvelles armes, capables, entre autre, de surmonter la défense antimissile des États-Unis en citant le système Avangard. Le système de missile hypersonique Avangard autrement appelé : RS-26, Roubej est capable de porter des charges conventionnelles ou nucléaires. Selon M. Poutine, l’ogive de ce système progresse vers sa cible « comme une boule de feu » dont la température à la surface atteint 1600 à 2000°C.

D’après des experts, pour détruire l’ogive Avangard, il est nécessaire de lancer au moins 50 antimissiles américains SM-3 ce qui rend le système antimissile américain inutile. Avangard est capable d’effectuer des vols intercontinentaux dans les couches denses de l’atmosphère à une vitesse 20 fois supérieure à celle du son, ainsi que le système de missiles Sarmat, des drones sous-marins ultra-rapides, le système de missile Kinjal, et des armes à laser.

Le 26 décembre, il a été annoncé que le missile Avangard, surnommé « le cadeau du Nouvel An à la nation » par le président russe Vladimir Poutine, avait été mis à l’essai à partir d’une base située dans le sud de l’Oural région d’Orenbourg  à 1200 km au sud-est de Moscou  et avait réussi à frapper une cible d’entraînement au Kamchatka dans l’extrême orient russe à 6000 kilomètres (3700 milles). Il change de cap et zigzague vers sa cible, précise-t-on.

Faouzi Oki

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