Avigon la Rome Provençale

 

Chronique Culturelle et Historique par Thierry JAN

 

Avignon

 

On assiste actuellement à un triste spectacle du monde politique. Les partis traditionnels semblent avoir complètement perdu le sens des réalités et voire : le bon sens. Ce petit jeu qu’ils nous offrent ne fera certainement pas changer d’avis les français. Ces édiles s’abaissent et sont plus comparables à une querelle d’école maternelle pour la conquête de sucettes, qu’au souci , qui devrait être le leur, à savoir l’intérêt de la France et non pas la satisfaction narcissique de leur pitoyable ego. Cette semaine c’est en Avignon que nous allons nous promener. Le débat n’est pas clos sur la manière de formuler la phrase, certains disant à Avignon. Mais ici, parlant des États pontificaux, le ‘en’ s’impose.

 

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C’est boulevard Saint Roch que l’on franchit la porte de la république, entrant ainsi dans la cité épiscopale, où séjournèrent les papes aux XIVe et XVe siècles. C’est vers le rocher des Doms que nous nous dirigeons, là où se trouve le palais des papes de style gothique du XIVe siècle. Il fut édifié entre 1335 et 1352 par deux souverains pontifes : Benoît XII et Clément VI.. Notre promenade se poursuivra par Notre Dame du Dom’s, voisine de ce palais aux murailles majestueuses. Vous contemplerez sur son parvis l’imposant calvaire, puis à son entrée : sainte Marthe, patronne des lieux ainsi que sainte Marie Madeleine. Cette église abrite la sépulture du pape Benoît XII (1334-1342). Il faut monter au rocher du Dom’s. Là vous jouirez d’un panorama sur le Rhône et les alentours, vous devinerez dans le lointain le Ventoux et sur l’autre rive du Rhône Villeneuve les Avignons, charmant village du Gard où séjournèrent les papes. La tour de Philippe le Bel se dresse blanche et austère, en gardant jalousement l’accès.  Le pont saint Bénezet parait inachevé, lancé à travers le Rhône. Il date du XIIe, détruit par les Albigeois en 1226, reconstruit et emporté par une crue au XVIIe siècle. Il constituait le seul passage sur le fleuve. Sa chapelle est dédiée à  saint Nicolas le patron des mariniers.

 

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L’église saint Agricole du XVe siècle. Ce saint, fils de saint Magne, succéda à son père au siège épiscopal en 660 et restera évêque 40 ans. De facture Gothique, elle date de 1322, rue de la petite Festerie, on contemplera son tympan  lequel évoque l’annonciation. Dans son voisinage, au fond d’une galerie, on découvre la chapelle des templiers du XIIe siècle. Rue Joseph Vernet, la chapelle de l’oratoire de 1714 nous attends, transformée en poudrière sous la révolution elle ne retrouvera sa destination qu’en 1825.

 

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Nous citerons également les Augustins 1372, l’église des Carmes du XVe siècle, la chapelle des pénitents noirs fin du XVIe siècle que l’on trouve rue de la Banasterie. N’oublions pas place des châtaigniers le cloître saint Pierre de 1358, son clocher de 1495 et sa façade du début du XVIe siècle. Il faut absolument découvrir ses portes monumentales de 1551 en bois sculpté. Puis le visiteur découvre : la chapelle saint Michel et de tous les saints, qui fut à l’origine érigée au milieu du cimetière des pauvres, les Pénitents gris de 1433,  saint Didier de facture gothique du XIVe siècle, l’église saint Symphorien plus récente puisque du XVIIIe siècle, la chapelle des Clarisses. L’église des Célestins et la chapelle saintLouis achèveront notre visite des lieux de spiritualité. On citera également le temple saint Martial, ancien monastère collège de la fin du XIVe siècle et servant au culte protestant depuis 1883.

 

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La place de L’horloge avec la tour Jacquemart vestige d’un palais épiscopal du XIVe siècle, elle renferme des portraits don celui du pape Innocent VI . Aujourd’hui elle est intégrée dans l’hôtel de ville de 1851. On trouve tout à côté l’opéra qui date de 1847. Il fut construit à l’emplacement du couvent des Bénédictines de saint Laurent détruit lors de l’incendie de 1846. L’ancienne chapelle des Jésuites du XVIIe siècle est aujourd’hui une partie du musée Calvet. Nous achèverons avec l’hôtel particulier de Madon de Château-blanc. Cette œuvre de Pierre Mignard de 1687 est considérée comme sa commande privée la plus remarquable. Avignon compte plus de cent trente hôtels particuliers, tous construits entre les XVe et XVIIIe siècles. Avignon c’est aussi Jean Vilar dont on peut découvrir sa maison proche de la place de l’horloge. Il faut  également longer les quais et aller flâner à l’île de la Barthelasse , instant de poésie à l’ombre des arbres.

 

Nous quittons à regret Avignon, un peu comme si nous laissions une amie, jurant de bien vite y revenir et le festival en sera l’idéal prétexte.

 

Thierry JAN                                                                                                   

 

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