La Rubrique Culturelle par Thierry JAN

 

La période Pascale s’achève avec ce lundi de Pentecôte. L’église va retrouver le temps ordinaire. Il ne faut pas prendre ce terme dans son sens péjoratif, mais au contraire y voir l’expression du début de l’attente. Jésus a tenu sa première promesse, celle de nous envoyer l’esprit saint,  il nous faut attendre la seconde, celle de son retour glorieux. Alors tout sera accompli et les hommes mesureront le caractère vain de leurs quêtes de puissances, laquelle n’est que de l’orgueil et de la vanité. Il nous faut demeurer fidèles dans nos convictions et être prêt à lui ouvrir la porte quand il viendra y frapper, n’oubliez pas, c’est demain. Cette semaine, sans jeu de mot avec cet éditorial, nous allons visiter Hyères, la cité des palmiers.


LA CITE DES PALMIERS


à Hyères

pamiers_de_hy_resUne mince bande de terre bordée par la mer et les salins, qui s’étire vers le large, des bancs de sables et des dunes, de petites maisons aux couleurs respirant le soleil, des avenues rectilignes bordées de palmiers, le décor est planté. Nous sommes à Hyères, la si bien nommée : « Cité des palmiers. »

On commencera notre visite par le centre historique. La vieille ville, fut fortifiée au moyen âge. Aujourd’hui subsiste quatre portes : Massillon, Fenouillet, Barruc et saint Paul. Elles furent érigées entre les XIIe et XIVe siècles. Nous accédons à une tour des Templiers du XIIIe. Continuant notre visite dans les venelles étroites de cette cité, nous arrivons à la tour du Portalet . Cette dernière fut un élément de la deuxième enceinte fortifiée du XIVe siècle. En 1787 elle fut transformée en un observatoire scientifique. Elle sera épargnée lors de la destruction des remparts au milieu du XIXe. Les ruines d’un château du XIe subsistent au dessus de la villa de Noailles.

hyeres_f1482C’est Louis XIII qui en ordonna la destruction lors des guerres de religions. Le  patrimoine religieux Hyérois est important. La collégiale saint Paul, accolée à la porte du même nom est composée de deux églises, une première romane du XII° siècle et une gothique du XIV°. C’est en 1572 qu’elles seront réunies et élevées au rang de collégiale. Une importante collection de « ex voto » y est exposée. L’église saint Louis, pur bijou de l’art roman fut visitée par saint Louis en 1254. Un autel  lui est d’ailleurs consacré . Le baptistère en marbre est remarquable. Elle fut un couvent franciscain qui deviendra paroisse en 1842. Sa façade rappelle celle des Baux de Provence. Un petit paradis, c’est ce que tous les visiteurs disent en parlant de Hyères. Paul Bourget en fit l’éloge : « Ce coin de Provence est une délicieuse oasis de lumière, de parfums et de paix. » Il suffit pour s’en convaincre de se hisser à travers les ruelles, jusqu’à la porte saint Paul. De là, une table d’orientation vous permet de repérer les salins, les îles d’or, la presqu’île de Giens et de deviner dans le lointain, la silhouette du fort de Brégançon.145539_bregancon_une_jpg_52158

port_de_plaisance_d_hyeres_517La mer découpe cette côte en de multiples anses, baies et caps. Les navires tracent leurs traits sur l’onde violette, donnant à ce panorama toute sa beauté et sa poésie. La cité des palmiers a des enfants célèbres et eut des hôtes de marques, artistes, écrivains ou musiciens. Jean Baptiste Massillon naquit dans la vieille ville 7 rue Rabaton en 1663. « Il a la même diction dans la prose que Racine dans la poésie » disait de lui madame de Maintenon .Il fut évêque de Clermont Ferrand, c’est par ses discours de carême qu’il obtint la célébrité. D’autres, choisirent Hyères pour sa beauté. Ambroise Thomas, auteur de Mignon résidera douze ans jusqu’en 1895 « Là où fleurit l’oranger ». Plus proche de nous, on citera Charles de Noailles qui fit construire sa villa futuriste dans les années « 20 » il y adjoindra un jardin futuriste. On peut visiter sa villa, laquelle domine la vieille ville et ses toits de tuiles roses et rouges qui, reflètent la lumière d’Hélios, cette lumière transparente et unique à la Provence.

Thierry JAN

 

MUSÉE NAVAL DE MONACO

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« ET L’HOMME CONQUIT LES MERS »

Maquette_du_Pouquoi_pas_IVC’est l’histoire d’un passionné de maquettes et de l’histoire navale qui est à l’origine de ce musée.  Claude Pallanca professeur en chirurgie dentaire a accumulé une collection de maquettes de navires, laquelle dans les années ‘80’ atteignait près de 150 pièces.  Son Altesse Sérénissime le Prince Rainier III mettra à sa disposition un local de 660M2 et enrichira ce musée de sa collection personnelle. Monsieur Pallanca est ainsi le conservateur d’un musée unique dans son concept. Il ne s’agit pas ici de rendre un hommage à : LA ROYALE , marine française, mais à toutes les marines du monde et de tous les temps. Ce sont ainsi près de 250 navires qui vous attendent. Certains venus du fond des ages comme celui du Pharaon Sahuré qui voguait sur le Nil 2700 ans avant Jésus Christ. Nous découvrirons la flotte de commerce des Hébreux, les Phéniciens, Rome, la Grèce et les galères, lesquelles nous ramènerons à la Renaissance avec les Réales.  Il y a ainsi des navires de commerce et de guerre.

BATEAUX_ANCIENS_MONACOLa guerre et les flottes nationales qui se développent avec les grandes découvertes. Il faut s’assurer de la maîtrise des mers. Ce musée nous permet un plongeon dans l’histoire avec les villes Hanséatiques, les rivalités entre Hollandais, Anglais, Français et Espagnols. Les rois deviennent des ‘amiraux’ et équipent leur États de fleurons, navires toujours plus grands, plus majestueux et qui témoignent sur les mers et océans de leur grandeur. Les maquettes de voiliers, de canots, qui pour le visiteur, par leur seul nom évoqueront des pages entières de livres d’histoires. Puis on arrive à l’époque moderne avec les steamers et cette poursuite effrénée du ruban bleu, ce qui sera une des causes du drame du Titanic. Ce sont aussi les guerres et l’aventure des sous marins, lesquels coulaient les vaisseaux ennemis. Le porte avion tient une place de choix et de la coque pontée du Béarn, on en arrive à ces géants comme le Nimitz.

VOLIER_ANCIEN_COMPETITIONCe musée n’est pas que des maquettes, c’est aussi un livre d’histoire en trois dimensions. Le professeur Pallanca nous offre ici un voyage merveilleux, celui de remonter le temps, de revivre l’histoire et de voir apparaître devant nous ces vaisseaux qui firent la gloire et la grandeur de leurs marines respectives. L’histoire de la navigation est jonchée de tragédies et d’héroïsmes. L’homme moderne ne mesure plus ce que furent les exploits de ces marins du passé. Il croit que tout s’obtient en un clic : l’argent, les voyages et la découverte. Le musée naval de Monaco vous permettra de prendre conscience des défis de nos aïeux quand ils traversaient les océans où partaient à la conquête des abysses. Que vous soyez un enfant ou un adulte curieux, vous serez captivé par ces maquettes et remercierez le professeur Claude Pallanca de vous avoir fait partager sa passion.

Thierry JAN

 

Musée ouvert tous les jours de 10 heures à 18 heures

Terrasse du centre commercial de Fontvielle niveau 2



 
Les révoltés du Bounty (1935) - Trailer 
 


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LUNDI DE PENTECÔTE Á LA

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MADONE D’UTELLE

 

LA_MADONE_D_UTELLE_06Dans le Comté de Nice la dévotion à Marie y est très forte et c’est une tradition pour les catholiques de la rivièra de monter à Utelle honorer la vierge Marie. Les plus sportifs partiront à pieds depuis saint Jean la Rivière et graviront à travers la garigue et les bois de chênaies les flancs de cette montagne qui les mènera à un plateau à plus de 1100 mètres d’altitude. Là le sanctuaire de la Madone les recevra pour une messe et le chapelet. Sur ce plateau tout est organisé pour recevoir les pèlerins, même l’hôtellerie est prévue. Le père Gil Fiorini recteur du sanctuaire est là et dirige de main de maître ce qui au cours des années est un peu devenu son domaine, son œuvre. C’est lui qui a relevé ce lieu de dévotion à la vierge Marie, maintenant célèbre et connu au-delà des frontières du Comté. En ce lundi de Pentecôte le seul regret était cette facétie que nous joua la nature en nous cachant l’époustouflante beauté du site, une mer de nuages voilait le panorama. La cotonnade s’étirait à nos pieds tandis que le soleil régnait toute la matinée en maître.

CHAPELLE_DE_LA_MADONE_D_UTELLELa messe célébrée dans la chapelle désormais trop exigu, obligea un bon nombre de fidèles à rester sur le parvis réchauffé des mille traits d’Hélios. La chapelle a été repeinte, mais ce rose pâle, s’il plait à certains, soulève une polémique chez les puristes qui regrettent le rouge Sienne d’avant. Après l’apéritif offert comme de coutume, c’est le repas chaleureusement partagé entre tous, des groupes se créent par affinité ou amitié et l’on échange le saucisson, la salade de fruit et le fromage. Puis ce sera le chapelet avec l’évocation des mystères qui entre le lumineux et le glorieux retracent cette aventure qui s’est déroulée il y a deux mille ans et semble pourtant toujours d’actualité. Jésus pourrait revenir aujourd’hui et face à notre société déchristianisée et décadente, aurait le même discours, cet appel à l’amour et la charité. Utelle est un des grands moment de la vie religieuse de notre département, sa renommée dépasse même les frontières de la région et l’on voit des pèlerins venir d’un peu partout pour y prier la Vierge Marie, elle qui au Xe siècle sauva des marins Espagnols en périls au large de la baie des Anges. Utelle dès lors, devint un lieu de recueillement pour tous les croyants. Ce lundi de Pentecôte était marqué par la récente béatification du Pape Jean Paul II, il semblait présent parmi nous, comme pour nous accompagner dans ce chapelet, son exercice favori. N’ayez pas peur nous a-t-on dit, avec la Foi tout est possible. Ce fut une journée pleine de Foi, d’Espérance et de Charité, une journée salutaire dans ce monde où Dieu est ignoré. Ils n’entendent pas, ils ne voient pas ! O seigneur donne leur la grâce de l’esprit saint, baptise les de ce feu ardent qui donne la sagesse. Ce baptême de l’esprit saint, justement le symbole de la Pentecôte.

Thierry JAN