17 décembre 2017

LE ROI MICHEL 1ER DE ROUMANIE EST MORT

DÉCÈS - ROUMANIE

 

FUNÉRAILLES ROYALES EN

 

RÉPUBLIQUE DE ROUMANIE

 

Après trois jours de deuil national, la Roumanie disait aujourd’hui un Adieu vibrant à son dernier roi, Michel Ier.

Le roi est mort.

Depuis quelques jours, la Roumanie s’est figée. Michel Ier, seul souverain au monde à avoir vécu plus de 90 ans après son couronnement, s’est éteint le 5 décembre. Arrière-arrière-petit-fils de la reine Victoria, il devint roi en 1927.

Le roi Michel avait une vision claire de ce qu’était l’Europe : « Si elle n’est pas chrétienne, alors ce n’est plus l’Europe », disait-il… Aujourd’hui, à Bucarest, c’est l’Europe royale qui était réunie autour de son aîné. Le prince Charles, Juan Carlos Ier et Sofia, le grand-duc Henri de Luxembourg, le roi Carl XVI Gustaf de Suède et la reine Silvia, Siméon II de Bulgarie et Anne-Marie de Danemark, quelques Belges et une Orléans se sont recueillis devant le cercueil du roi et ont assisté à ses funérailles en la cathédrale orthodoxe.

La situation de la Roumanie est complexe : c’est une république, mais le dernier roi qu’on enterre cette semaine est bien un de ses « anciens chefs d’État ». C’est dans ce cadre que l’État roumain a décrété le deuil national (trois jours) et a organisé des funérailles grandioses. C’est aussi dans ce cadre que la famille royale est traitée avec de grands égards, ayant été instituée « personne morale » par l’État, et ayant ainsi, collectivement et indépendamment du décès du roi, le statut d’« ancien chef d’État ».

Il faut vivre ce deuil depuis Bucarest pour comprendre l’importance de l’événement : toutes les représentations de pièces de théâtre humoristiques annulées, les télés – y compris les télés commerciales – peintes de noir pendant plusieurs jours, les avenues pavoisées du drapeau national avec un bandeau noir attaché à chaque drapeau, les radios qui diffusent le « Requiem » de Mozart, y compris les radios modernes, commerciales… C’est une nation en deuil, un deuil comme jamais aucun président n’en inspirera.

Le musée d’art de Bucarest, ancien palais royal, l’est redevenu pendant ces jours de deuil, et dans la salle du trône a reposé le corps du roi, devant lequel des milliers de Roumains sont venus s’incliner. Hier vendredi, il y avait encore plus de huit heures de file d’attente devant le palais… Une Roumaine me disait hier : « C’est simple, les valeurs que véhiculait le roi sont exactement à l’opposé de ce que sont nos dirigeants politiques depuis vingt-cinq ans… »Alors je n’étais pas surpris, ce matin, lorsque, la procession funéraire s’ébranlant dans les avenues de Bucarest, j’ai vu un peuple en pleurs chanter « La monarchie sauve la Roumanie ».

La restauration fut parfois un véritable sujet en Roumanie depuis la chute du communisme en 1989. En 1992, lorsque le roi Michel fut autorisé à venir en Roumanie pour Pâques, plus d’un million de personnes vinrent l’acclamer. Ce rassemblement spontané paniqua le pouvoir, qui l’interdit de séjour de nouveau pour cinq ans… De l’aveu même des royalistes roumains, avec le roi aujourd’hui sont enterrés les espoirs de restauration.

Alors que je couche ces dernières lignes, le corps du roi défunt est dans le train royal, couronne de fer posée sur le cercueil, en direction de la nécropole royale de Curtea de Argeș. À chaque gare sur le chemin, des milliers de Roumains sont rassemblés, dans le froid, avec leurs enfants, pour saluer le train qui passe, pour saluer l’Histoire. Idem dans les champs, dans les villages traversés. Ces images sont confondantes d’émotion.

Ce soir, Michel Ier de Roumanie reposera au côté de son épouse Anne de Bourbon-Parme, décédée l’année dernière, et de ses ancêtres souverains roumains.

La fin d’un monde.

Le roi est mort.

 

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HISTOIRE DE LA ROUMANIE AVEC LA ROYAUTÉ

Michel Ier
Mihai I
Michel Ier en 2007.
Michel Ier en 2007.
Titre
Prétendant au trône de Roumanie
30 décembre 19471er mars 2016
(68 ans et 2 mois)
Prédécesseur Lui-même (roi de Roumanie)
Successeur Margareta
Roi de Roumanie
6 septembre 194030 décembre 1947
(7 ans, 3 mois et 24 jours)
Couronnement 6 septembre 1940
Chef de l'État Ion Antonescu
Président du Conseil Constantin Sănătescu
Nicolae Rădescu
Petru Groza
Prédécesseur Carol II
Successeur Constantin Ion Parhon
(président de la Grande Assemblée nationale)
Lui-même
(prétendant au trône)
20 juillet 19278 juin 1930
(2 ans, 10 mois et 19 jours)
Régent Prince Nicolae de Hohenzollern (1927-1930)
Premier ministre Ion Brătianu
Vintilă Brătianu
Iuliu Maniu
Prédécesseur Ferdinand Ier
Successeur Carol II
Prince héritier de Roumanie
8 juin 19306 septembre 1940
(10 ans, 2 mois et 29 jours)
Monarque Carol II
Prédécesseur Lui-même
Successeur Nicolas[réf. nécessaire]
28 décembre 192520 juillet 1927
(1 an, 6 mois et 22 jours)
Monarque Ferdinand Ier [réf. souhaitée]
Prédécesseur Carol II
Successeur Lui-même
Biographie
Titre complet Roi de Roumanie
Hymne royal Trăiască Regele
Dynastie Maison de Hohenzollern-Sigmaringen
puis maison de Roumanie
Nom de naissance Mihai de Hohenzollern-Sigmaringen
Date de naissance 25 octobre 1921
Lieu de naissance Sinaia (Roumanie)
Date de décès 5 décembre 2017 (à 96 ans)
Lieu de décès Aubonne (Suisse)
Père Carol II
Mère Hélène de Grèce
Conjoint Anne de Bourbon-Parme
Enfants Margareta Steel Crown of Romania.svg
Elena de Roumanie
Irina de Roumanie
Sofia de Roumanie
Maria de Roumanie
Héritier Margareta

Michel Ier (roi de Roumanie)
Monarques de Roumanie

Michel Ier (en roumain : Mihai I), né le 25 octobre 1921 à Sinaia (Roumanie) et mort le 5 décembre 2017 à Aubonne (Suisse), est le roi de Roumanie du 20 juillet 1927 au 8 juin 1930 puis du 6 septembre 1940 jusqu'à sa déposition le 30 décembre 1947.

Sommaire

Biographie

Généalogie

Michel Ier est arrière-arrière-petit-fils de la reine Victoria du Royaume-Uni (et donc arrière-arrière-arrière-petit-neveu du roi Léopold Ier de Belgique), cousin au troisième degré de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni, des rois Juan Carlos Ier d'Espagne, Carl XVI Gustaf de Suède, Harald V de Norvège et de la reine Margrethe II du Danemark. Enfin, sa grand-mère paternelle est la cousine germaine de Nicolas II par son arrière-grand-mère Maria Alexandrovna de Russie.

Jeunesse et premier règne (1921-1940)

Michel Ier est né à Sinaia en Roumanie, fils du prince héritier Carol et de la princesse née Hélène de Grèce, et petit-fils du roi Ferdinand Ier, qui règne à l'époque. C'est un des descendants de Christian IX de Danemark surnommé le « beau-père de l'Europe », son arrière-grand-père maternel.

Lorsque le prince Carol quitte le pays avec sa maîtresse Magda Lupescu, renonçant pour cela à ses droits à la Couronne le 28 décembre 1925, les autorités désignent comme héritier le petit Michel qui n'a que 4 ans.

Il monte à cinq ans sur le trône de Roumanie le 20 juillet 1927, à la mort de Ferdinand Ier, sous une régence composée de son oncle, le prince Nicolas, du patriarche Miron Cristea et de Gheorghe Buzdugan, président de la Cour de cassation. La régence laisse le parlement gouverner jusqu'au 8 juin 1930, quand son père Carol revient en Roumanie, soutenu par le mouvement « carliste », insatisfait de l'inefficacité du régime parlementaire face à l'agitation extrémiste. Carol II se proclame lui-même roi en désignant Michel comme prince héritier, suspend la constitution, forme un « Front de la renaissance » (Frontul Renașterii) appelé « dictature carliste » dont l'armée et la gendarmerie mènent une véritable guerre civile contre la Garde de fer (mouvement d'extrême droite xénophobe et antisémite) : assassinats ciblés et fusillades de rue ne sont pas rares. Le 5 septembre 1940, le gouvernement pro-nazi du maréchal Ion Antonescu monte un coup d'État contre le roi Carol II qu'il considère comme anti-allemand. Antonescu force Carol II à abdiquer en faveur de son fils le 6 septembre 1940 et à quitter le pays ; il proclame Michel roi.

Second règne (1940-1947)

Le mémoire des chefs de l'opposition démocratique Iuliu Maniu et Ion Brătianu à Antonescu (1942) contre l'engagement de l'armée roumaine en territoire soviétique.
Conservé à la Bildarchiv der Österreichischen Nationalbibliothek de Vienne, le fameux « accord des pourcentages » contresigné par Churchill et Staline à Moscou le 9 octobre 1944.
L'ordre soviétique de la Victoire décerné à Michel Ier par Staline.
Le roi Michel Ier peu avant son abdication.
Acte d'abdication du roi Michel de 1947.

Michel Ier monte donc sur le trône de Roumanie pour la seconde fois, à 18 ans, mais n'exerce aucun pouvoir : il sert de « paravent légitimiste » au régime Antonescu. Il aurait dit à sa grand-mère : « J'ai appris à ne pas dire ce que je pense et à sourire à ceux que je hais le plus ». Toujours est-il qu'il protège les anciens dirigeants démocrates assignés à résidence comme Iuliu Maniu et Ion Brătianu lorsqu'ils protestent contre la politique d'Antonescu et qu'il favorise la Résistance roumaine en sous-main, allant jusqu'à couvrir l'aviateur Bâzu Cantacuzène, qui exfiltre les pilotes alliés tombés en Roumanie, ou à fournir des moyens de communication et une garde à la mission clandestine inter-alliée (mission Autonomous du SOE) à Bucarest1,2,3.

Le 23 août 1944, alors que l'Armée rouge est déjà en Roumanie orientale, le roi et les hommes politiques pro-Alliés montent un coup d'État contre Antonescu qui est emprisonné. Michel Ier proclame alors la loyauté de la Roumanie vis-à-vis des Alliés, déclare la guerre à l'Allemagne nazie et ouvre le pays à l'Armée rouge, ce qui n'empêche pas l'Union soviétique d'attendre jusqu'au 12 septembre pour accorder l'armistice et d'occuper la Roumanie comme une puissance ennemie vaincue, non comme un pays allié.

Le 6 mars 1945, un coup d'État communiste, soutenu par les services soviétiques, force le roi à nommer un gouvernement pro-soviétique. Sous ce régime, le roi apparaît de nouveau comme un « pantin », cette fois de l'Union soviétique qui lui décerne l'ordre de la Victoire. Le roi ignore alors que le sort de son pays avait été scellé le 9 octobre 1944, lorsque lors de la conférence de Moscou les Alliés l'avaient abandonné à Staline en échange de l'abandon par celui-ci de tout soutien à la résistance communiste grecque (prête, après avoir vaincu les nazis, à résister aux Britanniques).

Le 30 décembre 1947, les communistes, en menaçant de s'en prendre aux étudiants qui manifestaient en sa faveur, forcent le roi à abdiquer avant de s'exiler, abolissent la monarchie en Roumanie et proclament la République socialiste de Roumanie. L'acte d'abdication précise que « la monarchie est devenue un sérieux obstacle au développement de la Roumanie » et que le monarque « laisse au peuple roumain la liberté de se choisir une nouvelle forme d'État »4 alors même que le Parti communiste roumain avait déjà mis en place sa dictature et que le choix entre plusieurs options avait disparu.

Vie civile (1947-2017)

Devenu sujet danois après que la République populaire roumaine lui eut retiré sa nationalité5, Michel Ier s'installe au Royaume-Uni, puis en Suisse où il travaille pour la société d'équipements aéronautiques Learjet.

Michel Ier revient en Roumanie en décembre 1990, un an après la libération de 1989, pour aller se recueillir sur la tombe de sa famille à Curtea de Argeș, mais le gouvernement post-communiste de Ion Iliescu et de Petre Roman craint la pression des étudiants et des démocrates, alors nombreux à percevoir une restauration monarchiste comme un moyen de contrebalancer le pouvoir de la nomenklatura. Michel Ier a beau déclarer ne vouloir « ni provoquer ni encourager l'agitation politique », il est reconduit manu militari à la frontière en pleine nuit ; le jour suivant, des manifestants sont pourtant tabassés ou arrêtés, reproduisant la situation que le roi avait déjà connue quarante-trois ans plus tôt, lorsque le pouvoir communiste menaçait de s'en prendre violemment à ses partisans s'il refusait d'abdiquer6. « Si le peuple veut que je revienne, bien sûr, je reviendrai, mais les Roumains ont subi assez de souffrances pour avoir le droit d'être consultés sur leur avenir », déclare alors l'ancien roi, que la télévision qualifie de « prétendant »7 La consultation, réclamée par ses partisans8, n'a jamais eu lieu.

Le président Ion Iliescu est assez rassuré pour permettre à Michel Ier de revenir en Roumanie en 1992, lors des célébrations de Pâques. Or, à Bucarest, plus d'un million de personnes se rassemblent pour l'acclamer9, ce qui alarme le gouvernement. Michel Ier est alors interdit de séjour pendant cinq ans10.

Depuis 1997, Michel Ier et sa famille ont donné au gouvernement roumain assez de gages de bonne volonté pour qu'après l'arrivée du nouveau président Emil Constantinescu, l'État rende la citoyenneté roumaine à Michel et sa famille, ce qui leur permet d'aller et venir à leur guise en Roumanie11. Le gouvernement roumain, le considérant désormais comme un ancien chef d'État, lui rétrocède une partie des anciennes propriétés royales (manoirs à Săvârșin et à Bucarest), au grand dam de dizaines de milliers de petits propriétaires qui, depuis 1990, attendent toujours la rétrocession de leurs terrains ou immeubles, en se ruinant en frais de justice12.

Michel Ier connaît un certain regain de popularité lors de son 90e anniversaire, le 25 octobre 2011. Il a alors été invité à prononcer un discours devant les deux chambres du parlement13. Au cours de ce discours, boudé par le président de la République Traian Băsescu et par le Premier ministre Emil Boc, mais qui a fait une bonne audience à la télévision, l'ancien monarque a appelé la classe politique roumaine à montrer l'exemple, de sorte que le pays puisse « retrouver dignité et respect sur la scène internationale »14. Le 25 octobre 2012, une place de Bucarest est renommée en son nom, mais les royalistes n'ont que très peu d'impact sur la politique roumaine, malgré l'accueil favorable que la population réserve à Michel Ier lors de ses séjours en Roumanie15 et bien que le président du Sénat, Crin Antonescu, se soit prononcé pour l'établissement d'une monarchie constitutionnelle en 201216.

Le roi a vécu avec son épouse entre Aubonne, en Suisse, et la Roumanie, jusqu'en 2016. En effet, le 1er mars 2016, il publie un communiqué dans lequel il annonce se retirer de la vie publique après que son médecin lui a diagnostiqué un carcinome épidermoïde avec métastases et une leucémie chronique17, 18. Le 4 mars 2016, un communiqué du bureau de presse du roi fait état de son hospitalisation dans un hôpital de Lausanne19. Sa santé fragile et le décès de la « reine » Anne, le 1er août 201620 l'ont beaucoup atteint et l'empêchent désormais de voyager.

Le 6 novembre 2017, le secrétariat de la maison royale de Roumanie publie un communiqué annonçant une considérable aggravation de l'état de santé du roi21.

Il meurt le 5 décembre 2017, à l’âge de 96 ans22. À sa mort, la Roumanie décrète trois jours de deuil national23. Ses obsèques sont célébrées le 16 décembre 2017, en la cathédrale de Bucarest, alors qu'une foule de milliers de personnes sont rassemblées sur la place de la Révolution. Des représentants de plusieurs familles royales d'Europe sont présents, notamment le prince Charles, Juan Carlos Ier et Sofia, le grand-duc Henri de Luxembourg, le roi Carl XVI Gustaf de Suède et la reine Silvia, Siméon II de Bulgarie et Anne-Marie de Danemark.

Particularités et intérêts personnels

À l'âge de 16 ans, il provoque la mort d'un cycliste alors qu'il conduisait une voiture. L'incident est censuré dans la presse roumaine, mais se retrouve dans les registres officiels de censure, et est par ailleurs confirmé par les Mémoires de l'ancien Premier ministre Constantin Argetoianu24,25.

Michel de Roumanie est le chef des Cercetaşii României, principale organisme de scoutisme en Roumanie, dans les années 193026. Il est passionné de voitures27, en particulier des jeeps militaires28,29. Il est également intéressé par les avions et travaille comme pilote d'essai pendant son exil30,31.

Peu après la Seconde Guerre mondiale, il s'intéresse au Réarmement moral, qui lui avait été présenté par son cousin germain, le prince Richard de Hesse-Cassel32. Après 1956, lui et la reine Anne effectuent de nombreuses visites au centre de conférence du Réarmement moral de Caux33.

Famille et succession

L'ancien roi Michel appartient à la lignée de Hohenzollern-Sigmaringen, issue de la quatrième branche, elle-même issue de la première branche de la Maison de Hohenzollern. Cette lignée appartient à la branche souabe de la dynastie de Hohenzollern qui a pour ascendant Burchard Ier de Zollern.

Le 30 décembre 2007, Michel Ier, qui n'est plus un souverain régnant depuis 1947, signe un acte privé de nouveau « statut », appelé « Lois fondamentales de la famille royale de Roumanie », afin de remplacer l'ancien statut officiel, basé sur la loi salique et les articles 77 et 78 de la Constitution roumaine de 1923 (en vigueur à la chute de la monarchie34). D'après ce « statut », la succession se ferait selon le principe de la primogéniture avec préférence masculine35,36. Selon ce nouveau « statut », la fille aînée de l'ancien roi, Margareta, est, toujours selon les desiderata de son père, première dans l'ordre de succession et porte les titres de courtoisie de « princesse héritière de Roumanie » et « gardienne de la Couronne de Roumanie ».

En outre, le 30 décembre 2007, l'ex-roi accorde le titre de courtoisie de « prince de Roumanie » avec prédicat d'« altesse royale » à Radu Duda, époux de la « princesse » Margareta, ce qui provoque les quolibets des médias roumains (son nom, Duda, signifie « mûre » et par extension « nunuche » ; d'autre part, ancien acteur issu de la nomenklatura communiste, même le parti monarchiste PNTCD ne veut pas de lui comme monarque en cas de restauration37). De plus, le prince Charles-Frédéric, alors futur chef de la maison de Hohenzollern-Sigmaringen, a critiqué en 2009 la décision de son père (le prince Frédéric-Guillaume, aîné des descendants du frère aîné du roi Carol Ier) qui avait conféré à Duda le titre de « prince de Hohenzollern-Veringen », qualifiant cette titulature de « farce »38. En 2004, le prince Charles-Frédéric avait demandé sans résultat à Duda de cesser d'user du nom de Hohenzollern-Veringen38.

Le 29 octobre 2014, pour différentes raisons liées à des affaires judiciaires, Mihai déclare retirer à sa troisième fille Irina et à sa descendance ses titre et prédicat de courtoisie ainsi que sa place supposée dans l'ordre de succession.[réf. souhaitée]

De même, le 1er août 2015, il déclare exclure de l'ordre de succession au trône et priver de ses titre et prédicat de courtoisie son petit-fils Nicholas, fils d'Elena. Dans son communiqué, l'ancien roi justifie sa décision en expliquant que selon lui, la Roumanie a besoin d'un monarque marqué par la modestie et les principes moraux. Le choix de Michel Ier cause la stupeur parmi les soutiens de la monarchie et provoque l'apparition de nombreuses rumeurs concernant les causes réelles de la mise à l'écart de Nicholas39. D'après la biographe Marlene Eilers Koenig, l'exclusion de Nicholas de la succession royale serait en réalité due à la naissance d'un enfant hors mariage issu d'une relation d'un soir avec Nicoleta Cirjan40.

Descendance et succession

En juin 1948 il épouse la « princesse »41 Anne de Bourbon-Parme, rencontrée au mariage d'une cousine commune, Élisabeth du Royaume-Uni. Ce mariage avec le roi orthodoxe déchu d'un pays soumis à des dictatures d'obédience d'abord fascisante puis stalinienne ne permet guère au jeune couple et à ses cinq filles d'intégrer le Gotha ouest-européen.

En vertu du « statut » de 2007 (annexe I), la famille royale et l'ordre de succession sont définis ainsi :

  • Michel Ier
    • 1. la princesse Margareta de Roumanie (née en 1949), princesse héritière et gardienne de la Couronne roumaine, fille aînée de l'ancien roi Michel Ier et de la reine Anne. En 1996, elle a épousé Radu Duda (né en 1960), titré « prince de Hohenzollern-Veringen » en 1999, puis « prince de Roumanie » avec prédicat d'altesse royale en 2007. Elle succède à son père qui renonce à toute activité politique et se retire de la vie publique le 1er mars 2016.
    • 2. la princesse Elena de Roumanie (née en 1950), deuxième fille du roi déchu. Elle a épousé 1°) en 1983, Robin Medforth-Mills (1942-2002) dont elle a divorcé en 1991 ; 2°) en 1998, Alexander Philipps Nixon McAteer (né en 1964). Elle est l'héritière présomptive de sa sœur aînée depuis la renonciation de son père, le 1er mars 2016. [réf. nécessaire]
      • Nicholas de Roumanie Medforth-Mills (né en 1985), fils de la princesse Elena et de Robin Medforth-Mills. Titré « prince de Roumanie » avec prédicat d'altesse royale le 1er avril 2010, jour de son 25e anniversaire, il est déchu de son titre et de sa place dans l'ordre de succession par son grand-père le 1er août 2015.
      • 3, Elisabeta Karina de Roumanie Medforth-Mills (née en 1989), fille de la princesse Elena et de Robin Medforth-Mills.
    • Irina de Roumanie (1953), troisième fille de l'ex-roi. Elle a épousé en 1984 John Kreuger (né en 1945), fils de Torsten Kreuger. En 2014, elle a selon le point de vue de son père, été exclue de la succession (dont elle était de toute façon exclue par la constitution de 1923), ainsi que sa descendance.[réf. souhaitée]
      • Michael Kreuger (né en 1985), fils d'Irina, marié à Tara Littlefield.
      • Angelica Kreuger (née en 1986), fille de la « princesse » Irina, mariée en 2009 à Richard Robert Knight.
        • Courtney Bianca Knight (née en 2007).
        • Diana Knight (née en 2011).
    • 4. la princesse Sofia de Roumanie (née en 1957), quatrième fille de l'ancien roi. En 1998, elle a épousé Alain Biarneix (né en 1957) dont elle a divorcé en 2002.[réf. souhaitée]6. la princesse Maria de Roumanie (née en 1964), cinquième fille du roi déchu. En 1995, elle a épousé Kazimierz Wiesław Mystkowski (né en 1958) dont elle a divorcé en 200342.
      • 5. Elisabeta-Maria de Roumanie[réf. nécessaire] Biarneix (née en 1999), fille de la princesse Sofia.

Querelle dynastique

Le roi Ferdinand Ier avait obligé son fils aîné Carol (futur Carol II) à divorcer de son épouse roturière Zizi Lambrino et, devant son refus, fit annuler civilement ce mariage en 1919. Cette annulation controversée est à l'origine de la querelle dynastique roumaine, entre la branche aînée représentée par le « prince » Paul (en), et la branche cadette représentée par son oncle, l'ex-roi Michel.

Notes et références

  1. (en) Denes Bernad, Rumanian Aces of World War 2, Osprey Publishing, 20 juin 2003 (ISBN 9781841765358).
  2.  Victor Niţu, Vasile Tudor, La Guerre aérienne en Roumanie, 1941-1944, Piteşti, éd. Tiparg, 2006.
  3. (en) Victor Nițu, « WW II ACE STORIES », elknet.pl,‎ 28 novembre 2012 (lire en ligne [archive]).
  4. « Abdication act of Mihai I », 30 décembre 1947.
  5. Toute la famille royale roumaine a vécu son exil sous passeport danois, l'épouse de Michel Ier étant fille de la princesse Margarethe de Danemark : voir [1] [archive]. L'épouse de Michel, Anne de Bourbon-Parme, était nièce de Zita de Bourbon-Parme, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, ainsi que du prince Félix de Bourbon-Parme, époux de la grande-duchesse de Luxembourg. L'idéologie communiste considérant les aristocrates comme des parasites et des ennemis du peuple, à fortiori lorsqu'ils étaient d'ascendance étrangère comme en Roumanie, c'est le décret même instituant la République populaire roumaine le 30 décembre 1947 qui précise que la famille royale est déchue de sa nationalité.
  6. Imagini uitate : cum l-a umilit Iliescu pe Mihai in 1990 (« Images oubliées [reportage de Renaud Fessaguet] : comment Iliescu a humilié Michel en 1990 ») sur [2] [archive] et [3] [archive]
  7. Laurentiu Dologa, Cum l-a expulsat Iliescu pe Mihai I (« Comment Iliescu a expulsé Michel I ») sur [4] [archive]
  8. 1990-2011: Regele Mihai, alungat şi stimat, în funcţie de guvernare (« Le roi Michel, mis dehors ou estimé selon les gouvernements ») sur [adevarul.ro/news/politica/1990-2011-regele-mihai-alungat-stimat-functie-guvernare-1_50ad2cbd7c42d5a663901f67/index.html]
  9. Le Roi Michel Ier, poil à gratter de la Roumanie [archive], le Monde, 25 octobre 2011.
  10. Regele Mihai, de la interzicerea intrării în România la discursul istoric din Parlament (« Le roi Michel, de l'interdiction de séjour en Roumanie jusqu'au discours historique au Parlement ») sur [5] [archive]
  11. Regele Mihai, de la interzicerea intrării în România la discursul istoric din Parlament (« Le roi Michel, de l'interdiction de séjour en Roumanie jusqu'au discours historique au Parlement ») sur [6] [archive] déjà cité.
  12. (ro) « 200 de persoane protesteaza la Cotroceni » [archive], sur ziare.com, 18 octobre 2009.
  13. « Regele Mihai în parlament – o rară victorie a bunului simț în politica românească » [archive], blog du prince Radu, 25 septembre 2011.
  14. L'ancien roi de Roumanie appelle la classe politique à montrer l'exemple [archive], Euronews, 25 octobre 2011.
  15. Réf. : articles de Jean Baptiste Naudet dans la Croix, le Monde, la Nouvelle Alternative et le Nouvel Observateur, période 1990-2007
  16. 2013, année du comeback du roi de Roumanie ? [archive], www.streetpress.com.
  17. (ro) Mesajul Majestății Sale Regelui, 1 martie 2016, message de l'ancien roi Michel [archive], site de la famille royale, 01-03-2016
  18. (ro) Déclaration du Conseil royal [archive], 02-03-2016.
  19. (en) « Report on the health of King Michael I, 4 March 2016 » [archive], site de la famille royale, 04-03-2016
  20. « L'épouse de l'ex-roi de Roumanie s'est éteinte à Morges » [archive], sur SWI swissinfo.ch (consulté le 2 août 2016),
  21. « Aggravation de l’état de santé du roi Michel de Roumanie » [archive] (consulté le 10 novembre 2017).
  22. « L'ex-roi de Roumanie Michel est mort en Suisse » [archive], sur tribunedegeneve.ch. Consulté le 5 décembre 2017.
  23. https://www.tdg.ch/monde/roumanie-decrete-trois-jours-deuil/story/18409576 [archive]
  24. (ro) Vlad Teodorescu et Nicu Ceausescu, « "Les secrets des accidents de voiture causés par le roi Michael », Evenimentul Zilei,‎ 25 mars 2013 (lire en ligne [archive])
  25. (ro) Sorin Semeniuc, « Accidentul Regelui Mihai, secretul ingropat timp de 75 de ani ("L'accident du roi Michael, le secret enterré depuis 75 ans") », le Quotidien "7 Est",‎ 14 janvier 2013 (lire en ligne [archive]).
  26. (nl) « Nog een foto de Kroonprins Michael van Roemenië, die onlangs aan boord van de torpedohoot "Principessa Maria" tijdens een zwaren tempête dans Zwarte Zee dans levensgevaar heeft verkeerd. Hommes ziet den Prins als leider der Roemeensche padvinders, welche hij zijn vader, Koning Carol, op 2en Kerstdag de gelukwenschen namens de padvindersbeweging overbracht. », Het nieuws van den dag voor Nederlandsch-Indië,‎ 11 janvier 1938 ([http:%20//kranten.kb.nl/view/article/id/ddd%3A010226567%3Ampeg21%3Ap010%3Aa0116 lire en ligne]).
  27. (ro) Andrei Săvulescu, Regele Mihai - automobilist, mecanic, pilot profesionist ("Le roi Michel - Pilote automobile, mécanicien, pilote professionnel"), Bucarest, Humanitas, 1996.
  28. "Le roi Michael de Roumanie en descendant les marches du palais de Sinaia", "Time & Life Pictures / Getty Images, 1er avril 1946 [archive].
  29. [http : //www.gettyimages.com/detail/news-photo/king-michael-of-rumania-driving-down-steps-leading-out-of-news-photo/50864714 "Le roi Michael de Roumanie descend les marches » Images de temps et de vie / Getty Images, 1er avril 1946
  30. (ro)"Pilote aérien King Michael" [archive], site web http://www.aviatori.ro/ [archive] . Récupéré le 27 mars 2013
  31. (ro) « Regele Mihai, în anii exilului: fermier, pilot de teste, broker ("Le roi Michel dans ses années d'exil : fermier, pilote, courtier") » [archive], Evz.ro, 31 janvier 2016 (consulté le 7 décembre 2017).
  32. (en) Jonathan Petropoulos, Royals et le Reich: les Princes de Hesse en Allemagne nazie, Oxford University Press, 12 août 2008, 365-366 p. ([https:%20//books.google.fr/books?id=SDjRCwAAQBAJ lire en ligne]).
  33. Voir par exemple dans le film "Crossroads, the story of Frank Buchman" (1974), vers la fin du film (1h07mn - 1h08mn), le discours du roi Michel décrivant sa relation avec Frank Buchman (films historiques du Réarmement moral) [archive], dernier accès le 7 décembre 2017.
  34. Les constitutions monarchiques roumaines de 1866 (articles 82 et 83) et de 1938 (articles 34 et 35) excluaient de la même manière toute succession non salique, et appelaient au trône la branche aînée des Hohenzollern-Sigmaringen en cas d'extinction de la descendance agnatique du roi Carol Ier.
  35. (ro) L'ordre de succession [archive] sur le site officiel de la famille royale de Roumanie.
  36. (ro) Les lois fondamentales de la famille royale de Roumanie [archive] sur le site officiel de la famille royale de Roumanie.
  37. Selon Nicolette Franck sur Franck: "Un securist în Casa Regală" [archive], 13 octobre 2006 ; Daniel Neamu, Adevărul, consulté le 12 juillet 2012 et selon (en) Eurasian Secret Services Daily Review, [archive] "AXIS INFORMATION AND ANALYSIS" [archive] consultés le 16 octobre 2006.
  38. a et b (en) “Radu Duda’s title of Hohenzollern is a farce” [archive]
  39. (en) Tom Sykes, « Meet the Romanian Prince Who Will Never Be King », The Daily Beast,‎ 19 août 2015 (lire en ligne [archive]).
  40. (en) Marlene Eilers Koenig, « Is a baby the reason Nicholas Medforth-Mills lost his succession rights and title? » [archive], sur Royal Musings, 30 novembre 2015 (consulté le 16 janvier 2016).
  41. De l'ancienne famille régnante du duché de Parme, détrônée en 1859 quand ce pays fut envahi, occupé et annexé par la Sardaigne.
  42. (pl) « Mystkowski - Genealogia rodziny, herbarz, rodowód... » [archive], sur www.genealogia.okiem.pl.

Voir aussi

Bibliographie

  • Michaël Flaks, « Un Roi en Suisse, le long exil de Michel Ier de Roumanie » in Passé Simple, mensuel romand d'histoire et d'archéologie, no 18, octobre 2016
  • (en) Ivor Porter, Michael of Romania : The King and the Country, Sutton Publishing Ltd, 2005 (ISBN 0750938471)

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