Vers un suicide collectif de l’Europe ?

 

 

image_pdfimage_print

par le Professeur Heinrich Wohlmeyer.

Les vassaux doivent oser penser !

Dans le numéro 6 d’Horizons et débats du 22 février 2022, Eberhard Hamer a analysé les dessous du conflit ukrainien et exprimé l’espoir que la Russie ne tomberait pas dans le « piège américano-ukrainien ».

Le 24 février 2022, le piège s’est refermé.

La Russie, personnifiée par Vladimir Poutine, n’a malheureusement pas vu d’autre issue après des années de provocations systématiques et de manquements humiliants à la parole donnée. Le réarmement en cours et l’intégration des régiments Azov – régiment tueur de Russes, l’annonce de la conquête de la Crimée et du Donbass, la massification des troupes sur la ligne de cessez-le-feu avec le Donbass, la demande d’armes nucléaires, l’activité cachée des conseillers militaires des États-Unis et de l’OTAN, l’existence de laboratoires d’armes biologiques, etc. ne laissaient plus le choix du point de vue des militaires russes. Ils ne voulaient pas être totalement encerclés et sans défense. Et ils espéraient une guerre éclair ainsi qu’un fléchissement des États-Unis et de leurs marionnettes en Ukraine. C’est pourquoi, contrairement aux guerres de l’OTAN et des États-Unis, les Russes ont épargné les infrastructures critiques (électricité, télécommunications, transports et eau) là où cela était stratégiquement responsable. Ils auraient pu sans problème couper les liaisons ferroviaires et arrêter Volodymyr Zelensky au moyen d’une opération commando, mais ils ne voulaient et ne veulent toujours pas de martyrs. La question est : combien de temps encore ?

En effet, les États-Unis et leurs vassaux de l’OTAN empêchent cette stratégie par des livraisons d’armes, des slogans d’endurance, le déploiement des régiments Azov remplis de haine, une aide en matière de renseignement et une campagne médiatique sans précédent. La guerre psychologique – surtout avec des atrocités sous faux drapeau – dans laquelle les États-Unis et l’OTAN sont passés maîtres, a créé une hystérie de masse qui va jusqu’à la mise au ban de la culture russe. Heinrich Heine avait déjà prévenu : « Là où l’on brûle des livres, on brûlera bientôt des hommes ».

La campagne médiatique occidentale me rappelle le discours de Josef Göbbels du 18 février 1943 au palais des sports de Berlin, où il posa aux 15 000 personnes réunies la question démagogique : « Voulez-vous la guerre totale ? La voulez-vous – si nécessaire, plus totale et plus radicale que nous ne pouvons même pas l’imaginer aujourd’hui ? »

On s’accommode désormais de cette « guerre totale » en intensifiant continuellement la guerre économique contre la Russie (appelée « sanctions ») ; en s’armant massivement ; en humiliant la Russie ; en méprisant ses propositions compréhensibles et justifiées pour la paix et sa sécurité.

L’un des analystes militaires les plus avisés, le rédacteur en chef de la plus ancienne revue militaire du monde, le brigadier Wolf-gang Peischel, a toujours conseillé de ne pas projeter ses pensées sur l’adversaire, mais de se mettre à sa place pour prendre une décision raisonnable.

Si nous nous mettons à présent à la place des Russes, une tentative désespérée de libération contre l’encerclement par l’OTAN et la diffamation est évidente. En comparaison militaire avec les autres puissances mondiales, la Russie n’a que l’avantage de ses forces nucléaires hautement équipées. Voulons-nous, nous Européens de l’Ouest, dans un aveuglement suicidaire, provoquer leur utilisation ?

Réfléchissons enfin ! Sapere aude ! Et comprenons aussi l’arrière-plan.

Sir Halford Mackinder, qui fait toujours partie de la littérature obligatoire dans les académies militaires américaines, a développé la théorie dite du Heartland, dans laquelle il montre que la domination de l’Europe de l’Est (« région charnière ») et le blocage d’une liaison entre l’Europe de l’Ouest et la Russie empêchent la création d’un bloc de puissance riche en technologies et en matières premières, qui s’étendrait de l’Atlantique au Pacifique. La stratégie de domination mondiale de l’Angleterre et de son successeur, les États-Unis, basée sur la mer, aurait alors joué son rôle (« The geographical pivot of history », 1904).

Cette politique a été mise en œuvre dans l’entièreté du XXe siècle et actuellement dans le XXIe siécle débutant.

Les deux livres de Thomas P. M. Barnett de 2003 et 2005 « The Pentagon’s New Map – War and Peace in the Twenty-First Century » et « The Pentagon’s New Map – Blueprint for Action » sont une autre source mettant en avant la création ininterrompue d’oppositions artificielles – surtout concernant la Russie. On y expose l’inquiétude du Pentagone à l’époque de la chute de l’Empire soviétique, à savoir la suppression des moyens pour les bases européennes et nord-asiatiques (fin de la guerre froide). Il fallait donc de nouveaux scénarios de menace et de nouveaux motifs de guerre. Nous nous sommes laissés entraîner dans cette stratégie de l’establishment militaro-industriel et financier des États-Unis et de son bras militaire, l’OTAN, qui est en train de dépérir sans adversaire réel, et nous avons participé jusqu’au sang à la provocation des Russes au lieu de contribuer à une paix équilibrée et équitable. Comme les États-Unis n’ont pas été touchés par toutes les guerres qu’ils ont déclenchées sur leur propre territoire, les élites bellicistes pensent qu’il en sera toujours ainsi – surtout qu’une guerre avec la Russie se produirait en Europe. Mais c’est une erreur d’appréciation grossière, car les attaques désespérées des Russes seraient intercontinentales.

Mais les principaux dommages dévastateurs toucheraient l’Europe.

Voulons-nous nous laisser entraîner dans ce danger au lieu de prêter l’oreille et d’agir en faveur des voies de la paix qui sont présentées avec de plus en plus d’insistance ?

Je pense en particulier aux propositions faites avant le début de la guerre en Ukraine dans le cadre de l’étude de l’Institut de recherche sur la politique de sécurité, dirigé par l’expérimenté professeur Hans Köchler, dirigé par l’International Progress Organization. En acceptant le triptyque « neutralité perpétuelle, non-alliance et structure fédérale », tous les intérêts (sauf ceux des belligérants) seraient servis ; en particulier le peuple ukrainien, qui profiterait d’être courtisé par l’Est et l’Ouest au lieu d’être exploité unilatéralement.

Il existe un vieil avertissement en anglais : Don’t drive them to dispair (ne les pousse pas au désespoir). Mettons donc fin à la vassalité et empruntons la voie de la raison au lieu de nous précipiter dans une guerre d’extermination !

traduction Horizons et débats

***
Erich Vad, ancien général de la Bundeswehr : « Sortons de la logique de l’escalade et entamons des négociations ! »

Après la mort de son père, Heinrich Wohlmeyer a été accueilli par des paysans, cela avant même d’être envoyé dans un camp de concentration, de la destruction de sa maison familiale par les bombes et de la maladie soudaine de sa mère. Il est allé au lycée « par ses propres moyens », a étudié le droit, le droit économique international aux États-Unis et en Angleterre, ainsi que l’agriculture et la technologie alimentaire à l’Université de pédologie de Vienne. De retour en Autriche, il a mis à disposition ses compétences en tant que développeur régional et manager industriel pour le « Waldviertel » [région rurale et forestière au nord-ouest de Vienne]. Puis, il est devenu directeur de l’industrie agricole autrichienne. Suite à des divergences de points de vue dans cette fonction, il est entré à l’université et a enseigné l’économie des ressources et la gestion de l’environnement. Toutes ces activités lui ont fait prendre conscience de l’existence d’un lien de cause à effet entre le développement non durable, la politique commerciale et la politique financière sapant les cycles économiques régionaux. « Nous avons besoin de solutions locales pour assurer la meilleure prospérité régionale possible », déclare-t-il.

Dans une interview accordée à l’agence de presse allemande (dpa) le 12 avril 2022, (www.stern.de du 12/04/2022), Erich Vad, ancien général de brigade allemand de la Bundeswehr et chargé de la sécurité auprès de la chancelière Angela Merkel, s’est prononcé contre la livraison d’armes lourdes à l’Ukraine. Il a également mis en garde contre le fait de nier au président russe Vladimir Poutine son appartenance au genre humain et de le qualifier de despote maladif qui s’opposerait à toute entente. Le militaire à longue expérience déclare : « En ces temps, nous divulguons suffisamment de rhétorique guerrière – apparemment dans les meilleurs intentions éthiques. Mais comme c’est amplement connu, le chemin vers l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions. Nous devons concevoir la guerre en cours entre la Russie et l’Ukraine en partant de sa fin. Si nous refoulons la Troisième Guerre mondiale pour de vrai, nous devrons tôt ou tard sortir de cette logique d’escalade militaire et entamer des négociations ».

Harald Kujat, inspecteur général de la Bundeswehr de 2000 à 2002 et président du comité militaire de l’OTAN de 2002 à 2005, a réagi de la sorte : « Je confirme mon accord complet avec le brigadier-général Vad sur chacun des points qu’il vient de soulever. Le train des lemmings s’est mis en marche, la politique politicienne se trouve sur la voie de la guerre. Pourquoi tant de politiciens et de journalistes veulent-ils conduire la guerre dans notre pays ? » (https://lnkd.in/dbJV6JiQ)

source : Horizons et Débats

 

 

ministère de la défense russe

Ukraine : Rapport d’opérations

 

image_pdfimage_print

par Moon of Alabama.

Jeudi dernier a eu lieu la première destruction de ponts le long des voies ferrées ukrainiennes dans l’est de l’Ukraine. Ceux-ci étaient importants pour l’effort de guerre de l’Ukraine et surtout pour le réapprovisionnement qui circulait de l’ouest vers le front oriental :

L’armée ukrainienne, comme celle de la Russie, dépend des chemins de fer pour tous les approvisionnements de masse à longue distance, car toutes deux disposent de relativement peu de camions logistiques.

« Les États-Unis et d’autres pays ont déclaré qu’ils fourniraient à l’Ukraine des dizaines de canons d’artillerie tractés de 155 mm et des dizaines de milliers d’obus. Les canons américains sont livrés avec un camion chacun pour les remorquer.

Tout cela est gérable jusqu’à présent, mais regardons maintenant la logistique (surtout sans chemins de fer). »

J’ai estimé que l’Ukraine n’a pas assez de camions pour remplacer la logistique ferroviaire et cette logistique est en train de s’effondrer :

 

Les forces armées russes ont frappé 7 sous-stations dans l’ouest de l’Ukraine :
Zdolbouniv (trains arrêtés dans la zone de Doubno, retard des trains vers Kovel),
Koziatyn -2, Krasnoe, Podolskaya, Sknyliv, Slavouta (mise hors service de toute la
zone des stations Zdolbouniv et Slavouta), Fastiv.

Les attaques ont été confirmées :

 

Le chef des chemins de fer ukrainiens Oleksandr Kamyshin sur Telegram :
« Les troupes russes continuent de détruire systématiquement l’infrastructure ferroviaire.
Ce matin, en l’espace d’une heure, 5 gares du centre et de l’ouest de l’Ukraine
ont été la cible de tirs ». 19 trains retardés ; nombre de blessés inconnu.

Les « sous-stations » détruites par la Russie sont les sous-stations électriques qui alimentent les lignes ferroviaires électrifiées à longue distance.

 

Une sous-station électrique à Krasne, près de Lviv, a été touchée par un missile
russe plus tôt dans la journée. Des dégâts importants ont été causés
et un grand incendie s’est déclaré.

Les sous-stations transforment la haute tension en fonction des besoins du réseau ferroviaire. Sans les sous-stations, qui ne sont pas faciles à remplacer, la plupart des locomotives ukrainiennes ne fonctionneront pas.

Une partie du trafic se poursuivra en utilisant des locomotives diesel. Cependant, celles-ci sont relativement rares, comme l’explique l’entrée de Wikipédia sur les chemins de fer ukrainiens :

« Nombre de locomotives – 1 944 (électriques – 1 627, diesel – 301) »

Les locomotives diesel sont plus lentes que les locomotives électrifiées. Elles ont également besoin de beaucoup de diesel, qui est devenu rare en Ukraine et doit être importé par voie ferrée (!) de Slovénie.

Il ne sera pas possible de fournir des locomotives diesel supplémentaires à partir d’autres pays d’Europe orientale. L’Ukraine a, comme la Russie, des voies à écartement large de 1524 mm (5 ft). La plupart des autres pays européens utilisent un écartement normal de 1435 mm (4 ft 8+1⁄2 in).

Pendant ce temps, les États-Unis ont annoncé un vague nouvel objectif pour leur guerre par procuration contre la Russie :

« Austin était en Pologne, répondant aux questions des journalistes après un bref voyage dimanche avec le secrétaire d’État Antony Blinken à Kiev, où le duo a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky et d’autres responsables ukrainiens. …

On a demandé au secrétaire à la Défense comment il définissait « les objectifs de l’Amérique pour réussir » en Ukraine. Il a d’abord répondu que Washington souhaitait voir « l’Ukraine rester un pays souverain, un pays démocratique, capable de protéger son territoire souverain ». …

Ensuite, a-t-il dit, les États-Unis espèrent que la Russie sera « affaiblie » par la guerre. « Elle a déjà perdu beaucoup de capacités militaires et beaucoup de ses troupes, très franchement, et nous voulons qu’elle ne soit pas en mesure de reproduire ces capacités rapidement », a déclaré M. Austin. …

S’exprimant dans un hangar en Pologne rempli de caisses d’aide humanitaire, dont des couches, destinées à l’Ukraine, les hauts responsables de l’administration Biden ont annoncé plus de 700 millions de dollars de nouvelle aide militaire à l’Ukraine et à d’autres pays, et ont déclaré que les États-Unis avaient l’intention de reprendre leurs opérations diplomatiques en Ukraine cette semaine. »

Toutes les couches, les armes et les munitions que les États-Unis et d’autres pays fournissent à l’Ukraine vont maintenant rester coincées dans l’ouest de l’Ukraine où elles pourriront jusqu’à ce qu’un astucieux oligarque ukrainien parvienne à les vendre à un pays tiers.

Les retombées des attaques ferroviaires toucheront également les fournitures civiles en Ukraine. Elles entraveront le trafic de passagers civils, notamment pour les personnes qui ont fui vers l’ouest et qui disposent désormais de moins de moyens de transport pour rentrer chez elles.

Depuis le début de la guerre, la Russie a intentionnellement évité de frapper les infrastructures civiles en Ukraine. Les réseaux d’électricité et de communication ainsi que l’approvisionnement en eau sont tous restés intacts. (Les attaques contre les chemins de fer ukrainiens ne sont devenues nécessaires que lorsque les États-Unis et d’autres pays ont fourni de plus en plus de matériel de guerre à l’Ukraine. La Russie ne permettra pas à ses troupes de subir le feu de ces armes nouvellement livrées.

Malgré les avertissements de la Russie à l’Ukraine de ne pas attaquer sur le sol russe, les groupes de sabotage ukrainiens semblent avoir un certain succès dans la destruction des infrastructures russes :

 

Grand incendie dans le dépôt pétrolier de Druzhba dans la région russe de Briansk.
La Russie a déclaré qu’elle allait enquêter sur la cause d’un grand incendie qui s’est
déclaré aux premières heures de la matinée dans un dépôt pétrolier de la ville de
Briansk à 154 km au nord-est de la frontière avec l’Ukraine.

C’est la deuxième grande installation de stockage de pétrole qui, ces dernières semaines, a été victime d’un tel accident ou d’une attaque potentielle. Il est toutefois peu probable que cela entrave les opérations russes. Contrairement à l’Ukraine, la Russie dispose de nombreuses raffineries, de réserves très importantes et elle peut transporter de grandes quantités de diesel par train dans tout le pays.

En plus de ses attaques contre l’infrastructure routière de l’Ukraine pour empêcher le réapprovisionnement « occidental », l’armée russe continue d’affaiblir les lignes de défense ukrainiennes le long du front du Donbass. Voici un extrait de la « liste de frappes » publiée ce matin par le ministère russe de la Défense :

« Des armes à longue portée de haute précision ont détruit, dans la banlieue nord de Kremenchuk, les installations de production de carburant d’une raffinerie de pétrole, ainsi que des installations de stockage de produits pétroliers destinés à alimenter l’équipement militaire des troupes ukrainiennes.

Pendant la nuit, 6 actifs ennemis ont été touchés par des missiles de haute précision. Parmi eux : 3 points forts et zones de concentration de main-d’œuvre et d’équipement militaire, ainsi que 3 dépôts de munitions à Barvinkove et Nova Dmytrivka dans la région de Kharkov.

L’aviation opérationnelle-tactique et l’aviation militaire des forces aérospatiales russes ont frappé 56 biens militaires ukrainiens. Parmi eux : 2 postes de commandement et 53 zones de concentration de main-d’œuvre et de matériel militaire, ainsi qu’une installation de stockage de carburant près de Nova Dmytrivka.

Les troupes de missiles ont effectué 19 frappes pendant la nuit. Détruit : 4 postes de commandement des nationalistes, dont la 81e brigade séparée d’assaut aéroportée et la 110e brigade de défense territoriale, et 3 dépôts de munitions. 21 zones de concentration de main-d’œuvre et d’équipements militaires ukrainiens ont été touchées.

Les unités d’artillerie ont effectué 967 missions de tir au cours de la journée. Détruit : 33 postes de commandement, 929 points forts, des zones de concentration d’hommes et de matériel militaire, ainsi que 5 dépôts de missiles, d’armes d’artillerie et de munitions.

Les moyens de défense aérienne russes ont abattu 13 drones ukrainiens près de Mezhurino, Balakliia, Borodoyarkoe, Nevs’ke dans la région de Kharkov et Vysoke et Chornobaivka dans la région de Kherson.

En outre, le système de canons et de missiles anti-aériens Pantsir-S a abattu un missile Tochka-U ukrainien et 18 roquettes d’un système de roquettes à lancement multiple au-dessus de Tchernobyl. »

Depuis le début de la phase 2 de la guerre, la semaine dernière, il n’y a pas eu de grandes batailles. Ce que nous avons vu jusqu’à présent du côté russe ne représente pas plus qu’une reconnaissance blindée.

Les quelque 1000 missions d’artillerie effectuées au cours des dernières 24 heures et des jours précédents témoignent d’une préparation intense aux attaques à venir des forces mécanisées russes. Dans l’ensemble, c’est l’artillerie qui fera le plus de dégâts aux troupes ukrainiennes. Au cours de la Seconde Guerre mondiale et d’autres guerres mécanisées modernes, environ 65% de toutes les pertes ont été causées par des frappes d’artillerie. Le taux récent du côté ukrainien sera probablement plus élevé.

J’ai dit il y a plusieurs semaines que l’Ukraine n’avait aucune chance de gagner cette guerre. Elle perd de plus en plus de personnes et son économie a presque cessé d’exister.

Mais les États-Unis veulent « affaiblir » la Russie en la combattant jusqu’au dernier Ukrainien. Le président ukrainien Zelensky est manifestement prêt à suivre ce programme. Il devrait plutôt accepter les conditions de paix raisonnables de la Russie. Il est en train de détruire l’Ukraine en ne faisant pas cela.

Mise à jour : Un article de Politico sur la situation en Ukraine confirme ce que je viens de dire :

« Les armes lourdes affluent en Ukraine alors que les commandants sont de plus en plus désespérés.

Les pays occidentaux envoient des armes lourdes à l’Ukraine alors que la guerre entre dans ce qui promet d’être une nouvelle phase mortelle et potentiellement prolongée.

Ces livraisons interviennent alors que les commandants ukrainiens sur le champ de bataille lancent des appels de plus en plus désespérés pour faire face aux tirs d’artillerie et de roquettes russes qui pourraient durer des semaines, voire des mois. »

Voici un aperçu réaliste de la façon dont la guerre se déroule sur le terrain :

« À 80 miles au nord de Marioupol, le lieutenant Ivan Skuratovsky, qui sert dans la 25e brigade aéroportée, a déclaré à Politico que l’aide doit arriver immédiatement. …

« La situation est très mauvaise, [les forces russes] utilisent la tactique de la terre brûlée », a déclaré par texto cet homme de 31 ans, marié et père de deux enfants. « Ils détruisent tout simplement tout avec l’artillerie, en bombardant jour et nuit », a-t-il ajouté par texto. …

Il craint que si des renforts en hommes et en armes lourdes – en particulier un soutien aérien – n’arrivent pas dans les prochains jours, ses troupes pourraient se retrouver dans la même position que celles de Marioupol. …

Skuratovsky a décrit la situation de ses soldats comme « très désespérée ». …

« Je ne sais pas quelle force nous aurons », a-t-il déclaré, ajoutant que les troupes sous son commandement autour de la ville d’Avdiivka, près de Donetsk, n’ont pas connu de repos depuis le début de la guerre. Au moins 13 d’entre eux ont été blessés ces dernières semaines, a-t-il ajouté, et ils manquent dangereusement de munitions, réduits à rationner les balles. …

La veille, il a déclaré à Politico que ses soldats étaient bombardés par des obusiers, des mortiers et des systèmes de roquettes à lancement multiple russes « en même temps ». Quelques heures auparavant, dit-il, ils avaient été attaqués par deux avions de guerre Su-25, « et notre journée est devenue un enfer ». …

Skuratovsky avait un message pour les États-Unis et les autres pays de l’OTAN : « Je voudrais leur dire que les lance-grenades, c’est bien, mais contre les frappes aériennes et l’artillerie lourde, nous ne pourrons pas tenir longtemps. Les gens ne peuvent plus supporter les bombardements quotidiens. Nous avons besoin d’un soutien aérien maintenant. Nous avons besoin de drones ». »

Je me sens très désolé pour ces soldats et je maudis leurs chefs qui les ont poussés dans cette situation.

Alastair Crooke met en garde contre une escalade de « l’Occident » lorsqu’il reconnaîtra enfin que sa guerre par procuration contre la Russie est perdue.

« La conviction que la vision libérale européenne risque d’être humiliée et méprisée si Poutine venait à « gagner » s’est installée. Et dans le réseau Obama-Clinton-État profond, il est inimaginable que Poutine et la Russie, toujours considérée comme l’auteur du Russiagate par de nombreux Américains, puissent l’emporter.

La logique de cette énigme est inexorable : l’escalade.

Pour Biden, dont la cote de popularité continue de chuter, le désastre se profile à l’horizon des élections de mi-mandat de novembre.

La seule issue possible à ce cataclysme imminent serait que Biden sorte un lapin du « chapeau » ukrainien (qui, à tout le moins, détournerait l’attention de l’inflation galopante). Les néoconservateurs et l’État profond (mais pas le Pentagone) sont tous pour. »

J’espère que Biden est encore assez compétent pour reconnaître que toute escalade conduira à une guerre bien plus importante et, au final, à une perte bien plus grande que celle qui surviendra en Ukraine.

source : Moon of Alabama

traduction Réseau International

 

 

FOsHIxzWYAUlk1H

 

Où était la Russie pendant toutes ces années ?

 

 

image_pdfimage_print

par Igor Booker.

La guerre fratricide des peuples slaves de Russie et d’Ukraine a été planifiée par les stratèges américains bien avant qu’elle ne commence. Cette guerre a été comme une possibilité, puis comme une perspective. Et maintenant, c’est un fait accompli.

Les politiciens américains utilisent depuis longtemps le principe « Diviser et Conquérir » comme un moyen éprouvé de contrôler et de gérer les processus géopolitiques. Une manifestation de ce principe est la renaissance du nationalisme, des conflits religieux et/ou confessionnels. La montée des sentiments nationalistes a eu lieu dans tous les pays de l’espace post-soviétique, y compris la Russie. Aux États-Unis, on a appelé cela la croissance de la conscience nationale et l’émergence des fondements de la démocratie. La démocratie a toujours servi de paravent pour dissimuler les véritables intentions de domination du monde. Les processus démocratiques ont toujours été financés en soudoyant l’élite dirigeante du pays.

Il n’a même pas été nécessaire d’acheter le premier président de la Russie. Boris Eltsine admirait les États-Unis, voulait gagner leur confiance et a fait diverses concessions par tous les moyens possibles.

La guerre fratricide est devenue possible après que le premier président du pays, Boris Eltsine, ait dénoncé le traité établissant l’URSS.

Depuis 1992, l’Ukraine reçoit 250 millions de dollars par an pour le développement d’institutions démocratiques. Des détachements de nationalistes ont été organisés sur le territoire de l’Ukraine occidentale avec cet argent. Ces détachements ont été formés sur une base territoriale.

Ils pratiquaient le système d’alerte et de collecte, s’entraînaient au combat à mains nues et au comportement dans la foule.

Avec l’argent des conservateurs américains, l’Institut du Souvenir National a été créé. Les mêmes fonds ont financé les partis politiques d’obédience nationaliste. En peu de temps, les manuels d’histoire ont été révisés et republiés, où ils ont commencé à appeler à l’hostilité nationale et culturelle envers la Russie. Les actions actives ont commencé avec le premier Maidan en 2004. Cela s’est produit parce que le candidat présidentiel pro-américain Viktor Iouchtchenko a perdu le second tour des élections.

L’épouse de Iouchtchenko, citoyenne américaine et ancienne fonctionnaire, était membre de l’association américaine « Ukrainian Youth Association ». Après avoir obtenu son diplôme, elle a travaillé comme directrice du service national d’information ukrainien sous l’égide du Congrès américain.

L’homme, qui était chargé au Congrès américain d’allouer des fonds pour des projets liés aux pays de l’ex-URSS, a déclaré que c’était son idée de présenter Iouchtchenko à sa future épouse Ekaterina. Ils ont été présentés lors d’un dîner organisé par le Congrès américain pendant sa tournée de campagne aux États-Unis. Sur le chemin du retour de Washington à Kiev, leurs sièges se sont retrouvés « accidentellement » à proximité. Ekaterina a été envoyée d’urgence à Kiev.

Pendant la révolution orange de 2004, une stratégie de mobilisation a été testée, lorsque de nombreux « centuries » ont organisé leurs troupes vers Kiev. À la suite d’une confrontation publique bien organisée, un troisième tour des élections a été convoqué. Iouchtchenko a remporté ce tour.
De même, à la suite d’émeutes, Adolf Hitler est arrivé au pouvoir en janvier 1933.

En 2014, les efforts des États-Unis et des pays occidentaux ont commencé à porter leurs fruits. Toute une génération a grandi dans le pays, élevée dans les idées de l’exclusivité de l’Ukraine et de sa mission historique spéciale pour résister à l’expansion imaginaire de la Russie.

Où était la Russie pendant toutes ces années ? Le pays était engagé dans la privatisation, la division et la redistribution des biens hérités de l’URSS. Nous étions pressés de faire de l’argent. Maintenant, nous perdons cet argent dans la guerre.

D’ici 2024, la dégradation spirituelle prendra fin en Russie. Pour beaucoup, il est déjà de plus en plus clair que le pays ne peut plus exister comme une copie bizarre des États-Unis. Nous devrons créer ensemble un soutien moral, un système de valeurs, des coordonnées morales et des normes à l’aune desquelles nous pourrions mesurer nos pensées et nos actions.

source : Pravda

image_pdfimage_print

 

 

 

Le seul objectif de la Russie

 

est la capitulation totale de l’Ukraine

 

 

image_pdfimage_print

par Oleg Artyukov.

La Russie a reçu un autre signal alarmant pendant l’opération militaire en cours. Vladimir Poutine arrête les négociations de paix. La Russie a besoin que l’Ukraine capitule.

L’Occident convainc l’Ukraine de sa victoire imminente dans la confrontation militaire avec la Russie. Le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le secrétaire à la défense américain Lloyd Austin se sont rendus à Kiev.

« En ce qui concerne leur capacité à gagner – la première étape pour gagner est de croire que vous pouvez gagner. Et donc, ils croient que nous pouvons gagner. Nous croyons que nous – ils – pouvons gagner, s’ils ont le bon équipement, le bon soutien, et nous allons faire tout ce que nous pouvons et continuer à faire tout ce que nous pouvons », a déclaré Austin à CNN. « Nous voulons voir la Russie affaiblie au point qu’elle ne puisse plus faire le genre de choses qu’elle a faites en envahissant l’Ukraine », a déclaré Austin.

Austin a précisé que la Russie menait une guerre contre les États-Unis sur le territoire de l’Ukraine.

C’est pourquoi il est nécessaire de reconsidérer la tactique et les objectifs stratégiques de l’opération militaire spéciale russe.

 

images

Troisième coup de semonce pour Poutine

L’attaque de l’Ukraine par un drone à Bryansk, en Russie, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Toutes les écoles de Briansk ont été évacuées, selon la chaîne Telegram Readovka. Personne n’a été blessé. Le croiseur lance-missiles Moskva a coulé, la ville de Belgorod a été bombardée par une attaque d’hélicoptères. Les forces armées ukrainiennes avaient prévu de mener une autre attaque de drones dans la région de Koursk en Russie le 24 avril, mais les drones ont été détruits à une quarantaine de kilomètres de la frontière.

Il ne fait aucun doute que ces attaques vont devenir plus fréquentes. Kiev agira selon les instructions des États-Unis.

La confiance des Russes dans le Kremlin attaquée

« Nous connaissons par nom de famille les conservateurs des nazis ukrainiens des services occidentaux, principalement la CIA, qui donnent des conseils tels que le meurtre de journalistes », a déclaré le président russe Poutine.

Poutine ne fonde plus aucun espoir sur le régime de Kiev.

Les forces russes ont frappé les gares du centre et de l’ouest de l’Ukraine dans le cadre d’une campagne de destruction systématique des infrastructures ferroviaires.

La distance entre Briansk et Moscou est d’environ 350 kilomètres. La confiance de la population dans les autorités dépend de la capacité de ces dernières à défendre les villes et la population civile russes.

37a467942923de6662e3f647a87259b9_1648163679_slider_large

Le seul objectif de la Russie est désormais la capitulation de Zelensky

La Russie doit passer de toute urgence à la troisième phase de l’opération militaire spéciale. Cette troisième phase comprend la prise de contrôle de Kiev, du centre de commandement de Kiev et de l’Ukraine occidentale.

Les négociations de paix après la récente attaque de Briansk sont terminées. Il y aura un nouveau paquet d’exigences de la part de la Fédération de Russie qui inclura la capitulation complète de l’Ukraine.

La Russie pourrait déclarer officiellement la guerre à l’Ukraine après les attaques sur le territoire russe. L’Organisation du Traité de Sécurité collective devra s’impliquer.

« Vladimir Poutine a perdu tout intérêt pour les efforts diplomatiques visant à mettre fin à sa guerre avec l’Ukraine et semble plutôt décidé à s’emparer d’autant de territoires que possible », indique un article du Financial Times.

Selon le journal, Vladimir Poutine a renoncé aux efforts de paix après que l’Ukraine a coulé le navire amiral de la flotte de la mer Noire, le croiseur lance-missiles Moskva.

source : Pravda

 

1033099986

 

 

 

C’est la guerre – et l’escalade est à venir

 

image_pdfimage_print

par Alastair Crooke.

La guerre, c’est la guerre, et cette guerre va s’intensifier.

C’est en effet la guerre. L’OTAN est en guerre contre la Russie. Les juristes allemands diront peut-être que non, mais lorsque l’Occident arme l’Ukraine, lorsque les forces spéciales de l’OTAN sont à Kiev (c’est-à-dire les SAS britanniques) et forment leurs protégés miliciens à utiliser leurs armes pour tuer des Russes, est-il vraiment important de savoir de quelle épaule est tiré le missile Starstreak (de fabrication britannique) qui abat un hélicoptère russe ?

Quoi qu’il en soit, cette « guerre » (guerre par procuration, si vous préférez) a effectivement été lancée en 2014, et s’est considérablement intensifiée en 2017, lorsque l’OTAN a cessé de s’appuyer sur les forces nationales ukrainiennes (qui s’étaient révélées quelque peu enclines à la défection, avec leurs armes, vers des milices russophones), pour recourir à des internationalistes et des mercenaires, avec l’intention agressive d’affaiblir et d’entraîner la Russie dans un bourbier.

La guerre, c’est la guerre, et cette guerre va s’intensifier.

Personne ne connaît le nombre exact de ces milices d’extrême droite montées par l’Occident, mais Reuters avance le chiffre de cent mille, ce que constate et approuve Jacques Baud, ancien conseiller principal de l’OTAN. Ces paramilitaires, cependant, ne jouent aucun rôle dans la guerre de campagne normale, mais se concentrent plutôt sur le maintien de « l’ordre » [c’est-à-dire le strict respect des règles] dans les villes. Et c’est exactement ce que vous avez eu à Marioupol et ailleurs. Ces milices de type Azov ne sont pas équipées pour des opérations de terrain. Elles sont équipées pour la guerre urbaine. Pour être clair, ce mode de guerre urbaine impitoyable à la Idlib ne vise pas à vaincre l’armée russe, mais à l’entraîner dans une boue étouffante et enveloppante.

Jusqu’en février de cette année, ce dispositif était essentiellement destiné à se dérouler comme une campagne d’attrition ; un bourbier naissant. Mais soudain, le 16 février, il y a eu une augmentation massive des tirs d’artillerie du côté ukrainien (environ 30 fois plus que par le passé, selon l’OSCE) et cela a coïncidé avec les prédictions de Biden d’une invasion russe imminente. Pour les Russes, et pour le président Poutine en particulier, c’était le signe du début de la guerre d’usure attendue. Et c’est ainsi que le 24 février, l’opération militaire spéciale de la Russie a été lancée.

Pourquoi l’attrition ? Pourquoi pas une guerre ordinaire ? Eh bien, parce que l’OTAN ne voulait pas mettre ses « bottes » sur le terrain. Elle voulait une insurrection de faible intensité.

Pourquoi ? Parce qu’il avait été décidé que l’effondrement de la Russie (le but ultime) devait avant tout être obtenu par une guerre financière totale (évitant ainsi les pertes américaines) : Des milliers de sanctions ; la saisie des réserves de change russes ; et un effort concerté pour faire couler le rouble. En mars, Biden se vantait déjà dans son discours sur l’état de l’Union que le rouble s’était effondré de 30% et la bourse russe de 40%. Les combats en Ukraine ont donc été traités comme donnant à la douleur de la guerre financière plus de temps pour mordre en Russie.

Mais aujourd’hui, nous constatons que le calcul est en train de changer. En fait, il doit changer, car la dynamique et les délais s’inversent :

Premièrement, l’économie de la Russie ne s’est pas effondrée. Le rouble est revenu au niveau où il était avant le 24 février. Ensuite, l’Occident a déployé sa PSYOP anti-Poutine sans précédent, sur fond d’allégations quasi quotidiennes d’atrocités et de crimes de guerre attribués à la Russie.

La guerre PSYOP a complètement imprégné le public européen d’une animosité et d’une haine passionnées pour Poutine et les personnes russes. Son « succès » à cet égard ne fait aucun doute.

Mais il semble qu’il y ait eu aussi une sous-intrigue anglo-américaine moins remarquée : Cette sous-intrigue consiste à affaiblir l’Allemagne et à l’empêcher de s’allier à la Russie – pendant au moins une génération. Cette dernière aspiration est bien établie et existe depuis avant la Première Guerre mondiale.

Comme l’a écrit Ambrose Evans-Pritchard dans le Telegraph cette semaine, « Olaf Scholz doit choisir entre un embargo énergétique sur la Russie et un embargo moral sur l’Allemagne » : « … Le refus de l’Europe occidentale de couper le financement de la machine de guerre de Vladimir Poutine est intenable. Le préjudice moral et politique pour l’UE devient prohibitif ».

Mais notez le corollaire : Pour pousser à cet embargo énergétique de l’UE, la Grande-Bretagne fait monter les enchères en exigeant une « réponse occidentale à la hauteur de la menace existentielle à laquelle l’ordre libéral européen est confronté ».

Voici donc le grand programme révisé : La Russie survit à la guerre financière parce que l’UE continue d’acheter du gaz et de l’énergie à la Russie. L’UE – et plus particulièrement l’Allemagne – finance la « guerre grotesque non provoquée » de Poutine, dit le mème. Pas un euro ne doit parvenir à Poutine ».

Ne s’agit-il pas simplement d’une évolution des objectifs de l’Occident en février ? Non. Car la stratégie du « boycott de l’énergie russe » ne consiste pas à laisser à la « guerre du Trésor » le temps de porter ses fruits, mais plutôt à « tirer le rideau sur l’Europe », bien sûr, et sur l’Allemagne en particulier. Et bientôt.

L’Europe n’a aucun moyen de remplacer l’énergie russe par d’autres sources dans les années à venir. Mais les dirigeants européens, consumés par une frénésie d’indignation face à un flot d’images d’atrocités en provenance d’Ukraine – et par le sentiment que le « monde libéral » doit à tout prix éviter une perte dans le conflit ukrainien – semblent prêts à aller jusqu’au bout. L’interdiction de l’énergie pourrait survenir assez rapidement.

Mais voilà le hic : les États-Unis voient bien que leur « guerre » d’usure est un échec. L’armée ukrainienne est encerclée et sera bientôt éliminée (d’une manière ou d’une autre).

Ainsi, la question n’est plus de savoir si la guerre d’attrition peut donner aux sanctions plus de temps pour mordre sur la population russe. La guerre du Trésor échoue également (pour des raisons complexes liées au fait que la Banque de Russie lie le rouble à l’or et le rouble à l’énergie).

Là encore, ce sont les conséquences économiques/financières qui changent la donne. L’inflation monte en flèche en Europe, et va encore augmenter. Et le sentiment public est en train de changer : « Selon un sondage, le soutien de l’opinion publique aux sanctions contre la Russie diminue à mesure que la crise du coût de la vie commence à se faire sentir. La proportion de l’opinion publique qui accepterait une hausse des prix du carburant en conséquence de sanctions occidentales sévères contre la Russie a chuté de 14 points en un mois, passant de 50% en mars à 36% cette semaine ».

Les délais ne correspondent plus : Les euro-sanctions ont (théoriquement) besoin de plus de temps pour faire effet. Or, l’Occident n’a pas le temps. C’est l’inflation qui mord « maintenant » (et qui retourne le sentiment européen contre le projet ukrainien). La dernière chose que souhaite l’establishment européen est un « printemps européen » (en contrepoint du printemps arabe).

L’Occident est confronté à un choix difficile : Le soutien de l’opinion publique au projet ukrainien est peut-être en train de s’estomper, au moment même où les réalités sur le terrain montrent que « l’ordre libéral européen » ne sera pas sauvé de la désintégration – par l’Ukraine.

Pourtant, on a fait croire à l’opinion publique que sans une victoire de l’Ukraine européenne, sans la défaite et l’humiliation totales de la Russie, le monde libéral ne pourra pas survivre. Ainsi, nous entendons du bout des lèvres du Haut Représentant de l’UE, M. Borrell, que l’Ukraine ne peut être résolue que par des moyens militaires. Ce qu’il veut peut-être dire, c’est que l’Occident doit être maximaliste, avant que l’inflation ne ruine le plan. L’escalade, ou l’échec existentiel.

source : Al-Mayadeen

traduction Réseau International

 

3 CHEFS DE GUERRE ENNEMIS