Le front d’Avdeevka sous

 

les feux des artilleries

 

 

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Dernière minute ! 

Au moment où je sors du service et reviens à ma base, un nouveau bombardement ukrainien meurtrier a frappé de proches zones résidentielles civiles, à Makeevka cette ville jumelle de Donetsk située à proximité du front d’Avdeevka.

De nombreuses victimes civiles ont été fauchées par ces bombardements ukrainiens réalisés avec des roquettes de 122mm et de 220 mm à sous munitions tirées par des Lance Roquettes Multiples « Grad » positionnés à Avdeevka et « Uragan » plus éloignés du front (vraisemblablement depuis le secteur de Krasnoarmeïsk, 30 km à l’Ouest).

Les zones visées (quartiers résidentiels), le moment choisi (un dimanche matin ensoleillé) et le type de munitions (roquettes à sous munitions anti personnelles) la méthode utilisée (un 1er tir puis un 2ème plus important pendant les premiers secours) montrent bien que l’intention des forces ukrainiennes était bien de commettre un nouveau massacre parmi les civils du Donbass.

Dans mon secteur le bilan provisoire à 12h00 était de 1 tué et 5 blessés et j’apprends que d’autres quartiers civils ont été touchés et jusque dans la ville de Donetsk elle-même.

Bombardements ukrainiens sur Donetsk, Makeevka et Yasinovataya le 29 mai matin.

Le 26 mai 2014, après les massacres d’Odessa, de Marioupol, les bombardement de Slaviansk, la guerre s’abattait alors sur Donetsk avec les premiers combats pour le contrôle de l’aéroport, dans la périphérie Nord de cette paisible capitale du Donbass. 8 années plus tard, la guerre fait encore rage entre Donetsk et Avdeevka… mais cette fois la peur a changé de camp et le bouclier est devenu lance.

La bataille d’Avdeekva s’intensifie depuis quelques jours, les forces russo-républicaines décidées de faire tomber ce point d’appui essentiel (avec Marinka) au dispositif ukrainien devant Donetsk et à partir duquel sont toujours menés de fréquents bombardements meurtriers sur les zones résidentielles des districts et de Makkevka et de Yasinovataya situés au Nord de la capitale républicaine.

Avdeevka est l’un des bastions ukrainiens les mieux organisés et renforcés du front central ukrainien du Donbass : avants postes extérieurs, champs de mines, réseaux de tranchées et de bunkers jusqu’à la zone industrielle de cette ville de 29km2 qui abritait encore environ 20 000 habitants avant le début des opérations militaires russes. et qui abrite la plus grande cokerie d’Europe et une importante usine chimique connexe.

Depuis le mois de mai les actions offensives des forces alliées visent 3 objectifs autour d’Avdeevka :

  • Détruire avec des frappes d’artillerie lourde et d’aviation le maximum de fortifications ukrainiennes ceinturant la ville,
  • Repousser les défenses extérieures Sud (comme Peski) et Est (Promka) de la ville vers ses quartiers périphériques,
  • Contourner Avdeevka par le Nord en coupant le bastion ukrainien de ses voies de ravitaillements, de renfort et de retraite vers Konstantinovka et Kranoarmeïsk.
Carte du front d’Avdeevka au 28 mai 2022.

Voici quelques vidéos illustrant les actions en cours :

1- Détruire les fortifications ukrainiennes

Depuis 8 ans les forces ukrainiennes ont constitué autour d’Avdeevka de puissantes positions enterrées et blindées qui sont l’ossature d’un réseau de tranchées et champs de mines défensifs. Les forces russes pour assurer leur destruction totale utilisent contre ces bunkers et casemates ukrainiennes des munitions lourdes et pénétrantes capable de percer leur blindage jusque dans leurs souterrains. Missiles modernes guidés tirés depuis l’aviation de combat ou obusiers et mortiers lourds tirant des obus de très gros calibre et grande vitesse d’impact… Cette méthode avait été appliquée lors du siège final d’Azovstal où les mortiers 2S4 de 240mm « Tulipe » ont frappé verticalement les structures ukrainiennes enterrés avec des obus de 230 kg.

Ici des obusiers russes lourds 2S7 M « Malka » (version modernisée en 1980 du 2S7 « Pion ») tirant leurs obus de 203mm sur des bunkers ukrainiens défendant Avdeevka

En complément de l’artillerie lourde, l’aviation tactique russe avec ses chasseurs bombardiers et ses hélicoptères d’attaque réalise également des frappes puissantes sur les positions fortifiées ukrainiennes et notamment des frappes de précision sur les objectifs « intra muros » (état-majors, dépôts…) autour desquels vivent encore des civils et sont des sites industriels chimiques dangereux.

Chasseurs bombardiers russes Su 25 en phase d’attaque à l’Est d’Avdeevka, sur des positions ukrainiennes situées dans la zone industrielle de « Promka » entre la ville et Yasinovataya

Exemple de frappes russes réalisées dans la nuit du 27 au 28 mai sur des objectifs militaires ukrainiens repérés dans Avdeevka.

Ensuite, nous avons les batteries d’artillerie de 2ème échelon qui avec leurs obusiers de 122 et 152mm s’occupent de « traiter » plutôt des zones de défense, des bases et des réseaux de mines et de tranchées ukrainiennes.

Destruction de positions de la 25e brigade parachutiste ukrainienne dans le secteur d’Avdeevka par des obusiers  républicains de 122mm D30

Les bombardements russo-républicains sur les avants-postes d’Avdeevka cette fois vu du côté ukrainien

Une mention particulière doit être faite concernant les Lance Roquettes Multiples appartiennent à l’artillerie lourde dite de « saturation de zone » et dont les effets destructeurs sont particulièrement efficaces lors de neutralisation de positions d’infanterie, de champs de mines et lors des tirs « d’assommage » précédant les assauts terrestres.

Parmi les bombardements les plus impressionnants et destructeurs sont ceux des LRM russes de 220mm TOS 1 tirant de 24 à 30 roquettes incendiaires, thermobariques de 600m à 6 km de distance.
Voici un montage réalisé à 
partir de plusieurs bombardements récents réalisés en mai sur les fronts russo-ukrainiens dont celui d’Avdeevka

Depuis plus d’une semaine, jour et nuit les forces russo-républicaines frappent massivement les positions ukrainiennes autour d’Avdeevka dont les artilleries locales mais aussi éloignées (vers Krasnoarmeïsk (40km) par exemple) tentent de repérer les batteries pour y appliquer des tirs de contre batteries, qui souvent se dispersent dans les quartiers résidentiels. Ainsi Yasinovataya et Avdeevka sont quotidiennement les cibles des Lance Roquettes Multiples de 122mm ukrainiens « Grad ».

Bombardements ukrainiens sur Les zones urbaines situées en face du front d’Avdeevka/Yasinovataya

2- Conquérir les lignes de défense extérieures

Autour du bastion d’Avdeevka, les forces républicaines, exploitant les destructions réalisées par les appuis feu russes ont commencer des assauts terrestres sur les postes avancés ukrainiens au Sud et à L’Est d’Avdeevka au cours desquels elles engagent aussi contre les positions ukrainiennes restant opérationnelles leur artillerie tactique (obusier et mortiers) leurs missiles antichars et les unités de chars de combat du secteur de Donetsk, notamment ceux des bataillons Somali et Diesel.

Destructions de positions ukrainiennes fortifiées des lignes de défenses extérieures d’Avdeevka par les chars de combat du bataillon républicain « Diesel » lors d’un assaut terrestre sur la zone industrielle Promka »

Pendant cette dernière semaine du mois de mai, les forces républicaines ont réussi à conquérir des positions avancées ukrainiennes dans la zone industrielle de « Promka » située entre Yasinovataya et Avdeevka et offrant au bastion ukrainien un glacis tactique difficile à conquérir.

Il y a quelques jours des communiqués annonçaient que la 1ère Brigade mécanisée républicaine « Slaviansk était entrée dans les faubourgs d’Avdeevka et certains propagandistes, emportés par leur désir narcissique d’être les premiers à l’annoncer évoquaient même la capture de la ville par les forces alliées. Dans la foulée, d’autres propagandistes pro-russes de salon ne pouvantt résister au mensonge par omission ou anticipation, déclaraient libérée la zone industrielle de « Promka », où se déroule depuis 2016 une guerre de tranchée urbaine (et à laquelle participe mon bataillon), n’est pas encore passée sous le contrôle des forces républicaine, tandis que leurs homologues ukropithèques déclaraient quant à eux dans des distorsions délirantes similaires, que leurs forces avaient mené une contre attaque écrasante contre les forces russes.

Une vue aérienne du secteur en bordure de la zone industrielle de « Promka »
où les forces républicaines 
ont progressé de 1.5km en direction d’Avdeevka

La réalité du terrain est plus prosaïque et illustre les flux et reflux de tout combat terrestre :

• La brigade Slaviansk a effectivement effectué un mouvement offensif jusqu’aux défenses périphériques de la ville pour aussitôt décrocher face à une contre attaque ukrainienne qu’elle a attiré à l’extérieur du bastion pour a « confier » à l’artillerie républicaine en embuscade.

• les unités tenant la zone juste au Nord de la zone industrielle de Promka ont effectivement réussi a repoussé les forces ukrainiennes sur 1.5 km vers Avdeevka mais ont du stopper leurs progressions pour consolider les positions capturéesface aux bombardements et contre attaques subis.

Dans la conquête des positions ukrainiennes autour d’Avdeevka sont des unités russes, comme ceux de la 61e Brigade d’infanterie de Marine dont le mitrailleur « Fan » ici au combat

3- Encercler le bastion et couper ses voies logistiques

À partir de la percée réalisée au Sud de Gorlovka, les forces russo-républicaines sont parvenues, dans un large mouvement d’encerclement, à couper la route reliant Avdeevka à Konstantinovka au Nord. Pour ce faire les mêmes tactiques de bombardements ont été appliqués sur les défenses ukrainiennes de ce flanc Nord-Est du bastion, tandis que d’autres attaques poursuivent leur encerclement en portant leurs efforts sur les autres routes menant à Krasnoarmeïsk et Zaporodje.

Séquence de bombardement républicain sur des positions républicaines au Nord-Est d’Avdeevka

Du côté des forces ukrainiennes

Face aux pressions des forces russes et républicaines, les unités ukrainiennes tentent de faire le dos rond sous les bombardements et d’offrir des résistances temporaires autour de leurs positions extérieures qu’elles abandonnent progressivement pour resserrer leur dispositif plus à l’abri dans la zone urbaine d’Avdeevka.

La principale réaction ukrainienne aux pressions offensives russes est confiée à leur artillerie toujours active et qui tente des tirs de contrebatterie sur les batteries alliées et des tirs de barrage sur les progressions menées vers leurs routes de ravitaillement et leur encerclement.

Bombardement de positions d’artillerie ukrainiennes près d’Avdeevka par l’artillerie du 11e régiment appuyée par un drone d’observation et de correction de tir. ici un véhicule de combat d’infanterie ukrainien est détruit 

3 artilleries sont à distinguer, celle du 1er échelon (mortiers notamment) qui travaillent la ligne de contact, celle du bastion d’Avdeevka qui opère des tirs de contre batteries immédiats sur les positions d’artillerie et les défenses alliées, et l’artillerie lourde (152mm et plus) qui est positionnée à l’arrière du front, comme ces Lance Roquettes Multiples de 220 et 300 mm « Uragan » et « Smerch », les missiles balistiques « Tochka U » qui visent régulièrement les centres villes républicains.

Les batteries ukrainiennes proches de la ligne de contact ne peuvent faire des campagne de bombardement massives et longues, car les ripostes russo-républicaines ne prennent que quelques minutes à les repérer et les détruire. il s’agit donc de 2 ou 3 pièces d’artillerie maximum qui ne reste que quelques minutes sur leur points de tirs, précipitant leurs mise en batterie et leurs salves, aux dépends de leur efficacité, pour partir le plus vite possible.

Une paire de Chasseurs bombardiers russes Sukhoï 25 passant à basse altitude
au dessus 
de Donetsk vers des batteries ukrainiennes

En conclusion 

Les forces russo-républicaines, comprenant qu’elles ne peuvent pas casser localement la ligne de front brutalement sans subir des pertes trop importantes ont opté pour une pression permanente sur l’ensemble de la ligne de contact, imposant aux forces ukrainiennes un rythme d’usure alternant destructions systématiques et diversions offensives jusqu’au déclenchement d’un assaut final précédé de bombardements massifs, sur un ennemi épuisé, assommé et démoralisé. Ainsi par exemple de Krasni Liman sur le front Nord de Slaviansk (Nord Donbass) qui devait tenir au minimum 3 semaines à un siège des forces russes et qui a été en réalité balayé en 4 jours.

Comme pour Krasni Liman dont la garnison ukrainienne était sensiblement de même envergure nous assistons pour la bataille d’Avdeevka au même schéma opératif :

  • effectuer des campagnes de bombardements de plus en plus intenses,
  • crée des rupture de front pour repousser les forces ukrainiennes à l’intérieur de la ville,
  • encercler le bastion au maximum pour épuiser ses réserves et empêcher des renforts
  • mener des reconnaissances et diversions offensives pour épuiser ses unités mobiles
  • déclencher une attaque majeure dès qu’une faiblesse de front sera apparue.

Mais une fois encore, le maître mot des la stratégie russo-républicaine reste l’économie (sauf pour les obus !) de ses unités d’assaut dont les assauts sont méticuleusement préparés par des reconnaissances terrestres et aériennes combinées à des frappes puissantes de l’artillerie et de l’aviation, qui pour le moment animent l’essentiel des opérations contre le bastion d’Avdeevka.

Sur le front de cette guerre moderne de haute intensité l’emploi permanent des drones pour renseigner, guider ou même attaquer est une véritable révolution tactique décisive qui oriente et optimise la stratégie de manœuvre.

Ici le travail d’un drone d’observation qui repère, définit et géolocalise des positions ukrainiennes à l’Est d’Avdeevka avant d’observer leurs bombardements pour les corriger

Et les résultats sont à la hauteur de ce travail préparatoire réalisé par les drones, avec des frappes systématiques et précises de chaque position défensive ukrainienne repérée :

Destruction d’un bunker ukrainien par un tir de l’artillerie républicaine renseignée par un drone d’observation

Plus les revers et les pertes ukrainiennes s’amplifient exponentiellement plus des fissures apparaissent dans les rouages politico-militaires de Kiev qui se retrouve devant le choix

  • soit de sauver prioritairement ses soldats en le retirant des chaudrons bouillants avant que les forces russes et républicaines n’y posent des couvercles,
  • soit de croire au Père Noël occidental et ses cadeaux militaires aux promesses publicitaires (et surtout commerciales) miraculeuses,

En attendant, l’augmentation drastique des désertions, redditions et replis précipités, des refus d’obéissance et des grognes de la chair à canon ukrainienne abandonnée sur le front du Donbass tentent de faire pencher la balance du côté de l’abandon du front du Donbass…

source : Alawata Rebellion

 

 

Kadyrov : les forces russes contrôlent le

 

dernier bastion des forces ukrainiennes

 

à Lougansk

 

 

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Le président de la République russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, a annoncé le samedi 28 mai que les forces russes avaient entièrement pris le contrôle de la ville de Severodonetsk, dernier bastion des forces ukrainiennes à Lougansk.

Le site de l’opération militaire russe en Ukraine a publié sur Telegram des images de la ville de Severodontesk après son contrôle par les forces russes.

Le même site a publié une vidéo des combats menés par les forces tchétchènes dans le Donbass.

 

Plus tôt, Kadyrov a déclaré que les combattants tchétchènes avaient complètement pris le contrôle de la ligne de contact séparant les factions ukrainiennes ultra-nationalistes dans la ville de Severodonetsk en République populaire de Lougansk.

Les analystes militaires occidentaux voient dans la bataille de Severodonetsk et de Lysychansk un tournant potentiel dans la guerre, l’élan passant à la Russie après la reddition de la garnison ukrainienne de Marioupol la semaine dernière.

Il y a quelques jours, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a annoncé que l’armée et les forces russes de Donetsk et de Lougansk étendaient leur contrôle sur les territoires du Donbass, soulignant que « la libération de Lougansk sera procahainement achevée ».

source : Al Manar

 

 

Décomposition de l’armée ukrainienne

 

 

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par Erwan Castel.

Depuis la reddition honteuse des prétendus soldats d’élite du régiment Azov (plus de 2400 nationalistes sortis de leur terrier d’Azovstal sans se battre) il règne dans les rangs des forces ukrainiennes un vent de désespoir, pour ne pas dire de panique diarrhéique contagieuse que les assauts russes et républicains victorieux sont loin de calmer. Et concernant les nationalistes d’Azov, on peut conclure que plus haut monte la propagande plus dure est la chute et plus grand est le séisme qu’elle provoque à l’entour.

Ainsi depuis cette chute d’Azovstal, une peur suscitant la grogne circulent dans les rangs ukrainiens dont la plupart des soldats, par leurs armes, équipements et entrainements ressemblent à des clochards à côté des cyborgs de Marioupol.

Voici quelques-unes des vidéos militaires diffusées sur les réseaux ukrainiens par des « ukrops » épuisés et plutôt en mode panique, la plupart émanant des unités de Défense Territoriale du front de Severodonetsk/Lisichansk devenu saillant et bientôt chaudron :

« Nous refusons d’exécuter les missions de combat car nous n’avons pas l’équipement nécessaire pour nous défendre, les protections lourdes et un commandement compétent » 115e brigade ukrainienne / 3e Compagnie

« Les actions d’un commandement incompétent ont entrainé des pertes humaines et matérielles telles que le personnel ne peut plus exécuter de missions de combat en raison de son faible moral et état psychologique » 115e brigade ukrainienne / 1e Compagnie

« Il n’y a pas de blindés, il n’y a rien, et le moral est au plus bas Nous recevons des ordres que nous ne pouvons pas accomplir physiquement sans être tués ou blessés » 14e Brigade ukrainienne / 131e bataillon

« Nous demandons au Commandant en chef des forces armées ukrainiennes de ne pas nous utiliser comme chair à canon. En ce moment nous ne pouvons pas effectuer les missions en première ligne car nous manquons d’effectif et moralement nous n’avons pas récupéré » 58e Brigade ukrainienne / 13e bataillon

Ce genre de vidéo est devenue virale depuis quelques jours présentant toujours les mêmes demandes et reproches, et dans les mêmes formulations ce qui laisse à penser qu’il ne s’agit que l’écume d’une vague de mécontentement touchant l’ensemble des forces ukrainiennes et qui se traduit sur la ligne de contact par des désertions et des redditions de plus en plus importantes :

Ici à un rassemblement de compagnie à Severodonetsk plusieurs soldats manquent à l’appel et d’autres demandent plus de moyens pour obéir et accepter de combattre

Si on voulait résumer ces forces ukrainiennes on pourrait sans exagérer dire qu’elles sont « faites de bric et de broc » avec

  • des unités régulières entrainées mais épuisées et amoindries depuis 3 mois de front,
  • des unités territoriales dont l’équipement et l’entrainement sont insuffisants
  • des unités nationalistes (DUK, Secteur Droit, Azov 2e génération) fanfaronnes et ingérables,
  • des unités frontalières et de police peu entrainées et motivées,
  • des nouvelles unités toujours en cours de constitution et d’équipement,
  • des groupes de mercenaires, équipés, formés et motivés mais trop peu nombreux.

Avec en point commun un commandement de 2e échelon souvent déficient voire incompétent et qui est la conséquence d’une décadence post soviétique ukrainienne qui consiste à offrir des galons par favoritisme et non en fonction de compétences prouvées.

Suite à ces vidéos, le commandement ukrainien a procédé à des arrestations pour refus d’obéissance, désertion… et à même autorisé l’usage des armes contre ses soldats récalcitrants et un député de la Rada a même proposé une loi autorisant leur exécution immédiate…

Malgré leurs repressions extrêmes ces comportements se multiplient et surtout la combativité des unités ukrainiennes est de moins en moins résistante, provoquant des redditions en masse dès les premiers combats ou des retraites précipitées de la ligne de contact dès les premiers bombardements, comme par exemple à Krasni Liman où 500 soldats ukrainiens se sont rendus après seulement une demi-journée de combat tandis que de nombreuses unités prenaient la poudre d’escampette vers le Sud :

Un BTR ukrainien s’enfuyant rapidement de Krasni Liman, sous les tirs russes avec des soldats qui n’hésiteront pas à partager leur « courage » sur Tik Tok

À Severodonetsk une section de soldats territoriaux a voulu se rendre aux forces tchétchènes la semaine dernière mais seuls 4 ont réussi à déserter, les vingt autres ayant été pris sous le feu de leurs officiers. Bref une ambiance qui n’est pas sans rappeler les poilus français fusillés pendant la 1ère guerre mondiale pour avoir refusé d’être la chair à canon de généraux inaptes.

Cela dit il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse et raconter que toutes les forces ukrainiennes sont dans cet état de délabrement opérationnel et moral car selon moi il convient de différencier d’une part le type d’unité concernée et d’autre part sur quel front cet effondrement interne s’effectue.

Il existe encore des unités ukrainiennes capables d’offrir ici et là des résistances non négligeables même si temporaires et par principe il est stupide de sous-estimer son ennemi !

Prenons 2 exemples de combativité ukrainienne persistantes :

Ici un parachutiste ukrainien dont l’unité s’est repliée dans une forêt au Sud de Krasni Liman pour y mener des combats dont l’intensité est nettement audible

Là un groupe de mercenaires britanniques, dont un certain Ben Grant, vétéran du British Marine Corps et fils d’un député du Parlement de Londres et d’une conseillère du 1er ministre Boris Jonhson. Il y aurait une centaine d’ex soldats britanniques au sein de la Légion Internationale Ukrainienne. Ici dans un groupe mobile anglo-étasunien pratiquant la guérilla antichar lors d’une mission de reconnaissance sur le front Nord

Ces mercenaires étrangers, s’ils sont symptomatiques du soutien occidental et de l’idéologie atlantiste participant à l’effort de guerre russophobe de Kiev sont cependant insignifiants dans leur nombre (au même titre que les matériels de l’OTAN atteignant le front) pour influencer le cours de la guerre, et la Légion Internationale Ukrainienne dont Zelensky annonçait qu’elle accueillerait 100 000 mercenaires cette année aura bien du mal à enregistrer plus d’un millier d’occidentaux, en comptant ceux qui sont déjà enterrés ceux qui gémissent dans les hôpitaux ou pleurnichent dans les bars de Kiev.

En revanche du côté des Ukrainiens, ce qui risque de se produire c’est une avalanche des désertions, défections, redditions au fur et à mesure que l’état-major russe leur servira des chaudrons bien bouillants, et cette inévitable effondrement du front va entrainer un inévitable effondrement moral et réciproquement jusqu’à menacer à mon avis le régime de Kiev d’une révolution, de rue ou de palais, bien avant la débâcle définitive de leur armée.

Et la reddition ukrainienne du Donbass aura le même effet sur l’ensemble du front russo-ukrainien que la reddition de Marioupol a eu d’effet sur le front du Donbass. Et si l’état-major de Kiev décide d’envoyer des renforts au secours de Kramatorsk et Slaviansk (pour Severodonetsk « les carottes sont cuites ») cela ne fera que retarder de quelques semaines sa défaite et par la même occasion celle de la stratégie de l’OTAN.

Alors, Moscou, fort de la libération acquise du Donbass, et peut-être même de celles de Kharkov et Odessa pourra enfin imposer ses principes légitimes de sécurité collective, non seulement à l’Ukraine mais aussi à l’OTAN dont les conseillers militaires survivants et autres soldats de fortune pourront rentrer dans leurs pénates la queue basse.

Mais pour le moment, rien ne presse, Moscou fait durer le plaisir, faisant bouillir ses chaudrons à petit feu et à moindre frais, sachant de surcroit que plus le conflit dure plus l’effondrement économique occidental sera irrécupérable…

Le plus dramatique restera pour cette Ukraine qui, en voulant jouer avec le feu sur le Maïdan pendant l’hiver 2014-2015 aura finalement tout perdu : ses enfants, son économie, son territoire sa fierté et son avenir.

Si la nation ukrainienne veut encore sauver les quelques meubles qui lui reste de l’incendie allumé sur le Maïdan par les occidentaux il ne lui reste qu’une seule voie : c’est la révolution !

Lénine, qui fut meilleur révolutionnaire que dirigeant avait au moins raison sur ce point :

source : Alawata Rebellion

 

 

Zelensky signale que le Donbass

 

 

pourrait bientôt tomber : L’offensive

 

 

russe est « indescriptiblement difficile »

 

 

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par Jade.

Dans un discours prononcé samedi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dressé le bilan le plus sombre à ce jour de l’état des forces ukrainiennes dans la région orientale du Donbass, où, depuis au moins deux mois, la Russie a concentré ses forces, suite à l’invasion du pays le 24 février. Samedi a marqué le 95ème jour du conflit.

Il a décrit les conditions de vie dans cette région comme étant « indescriptiblement difficiles », ce qui marque un changement de cap particulièrement pessimiste et un ton négatif pour le dirigeant ukrainien, suggérant fortement que la chute du Donbass – ou du moins de régions entières comme Lougansk – pourrait être imminente. Il a identifié plusieurs batailles intenses en cours dans des endroits où la présence des forces russes est importante, notamment à Severodonetsk, Lysychansk, Bakhmut et Popasna. Sievierodonets, en particulier, est le théâtre de combats de rue acharnés et rapprochés.

« Mais notre défense tient bon », a cherché à assurer Zelensky au public. « C’est indescriptiblement difficile là-bas. Et je suis reconnaissant à tous ceux qui résistent à cet assaut des occupants. »

Comme le décrit l’AP de certains cas de « combat rapproché » :

Les responsables régionaux ukrainiens ont signalé que les forces russes « prenaient d’assaut » Sievierodonetsk après avoir tenté sans succès d’encercler la ville. Les combats ont coupé l’électricité et les services de téléphonie mobile, et un centre d’aide humanitaire n’a pas pu fonctionner en raison du danger, a déclaré le maire.

Dans son allocution, Zelensky a également dénoncé ce qu’il a qualifié de « frappes absolument insensées et ouvertement barbares dans la région de Sumy », qui ont fait au moins un mort et sept blessés dont deux dans un état critique, précisant que d’autres mortiers ont frappé près d’un jardin d’enfants.

« Ce sont les ennemis choisis par la Fédération de Russie », a-t-il ajouté. Il a de nouveau appelé l’Occident et les dirigeants du monde entier à qualifier officiellement la Russie d’« État terroriste », ce que les États-Unis ont jusqu’à présent refusé de faire, même après que M. Biden eut qualifié les actions de la Russie de « génocide ».

« C’est juste et cela reflète la réalité quotidienne que les occupants ont créée en Ukraine et qu’ils sont impatients d’amener plus loin en Europe. Et cela doit être consacré juridiquement », a-t-il déclaré.

Entre-temps, l’administration Biden a indiqué que les États-Unis s’apprêtaient à expédier des systèmes de roquettes à longue portée aux forces ukrainiennes, une grande première qui marque une escalade significative. Mais compte tenu de ce qui semble être la progression constante de la Russie dans le Donbass, il est probablement trop tard pour inverser le cours des choses pour les Ukrainiens de l’Est.

Juste avant ces dernières remarques, vendredi soir, le dirigeant ukrainien a juré qu’il résisterait à toute concession territoriale au nom d’une paix négociée – comme l’ont demandé une petite poignée de responsables occidentaux -, affirmant au contraire que le Donbass sera « à nouveau ukrainien ».

« Nous protégeons notre territoire de la manière dont nos ressources de défense actuelles le permettent », avait-il déclaré selon une transcription du bureau présidentiel. « Nous faisons tout pour les augmenter. Et nous les augmenterons. » Cependant, tout cela semble préparer le public et ses soutiens occidentaux à se préparer à de mauvaises nouvelles dans les jours et les semaines à venir. Comme nous l’avons noté vendredi, même le Washington Post a modifié son récit, suggérant pour la première fois que les choses se présentent plus mal pour les militaires ukrainiens qu’on ne le pensait.

source : Aube Digitale