À qui profite le piège de Severodonetsk ?

 

 

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par Erwan Castel.

Dans les précédents SITREP consacrés à la bataille de Severodonetsk/Lisichansk qui s’annonce intense et longue, j’ai tenté de décrire à la fois les enjeux et les menaces que représente ce bastion situé à 70 km à l’Est de celui de Slaviansk/Kramatorsk où est implanté le cœur du corps de bataille ukrainien dans le Donbass.

Voici un nouveau point de situation et réflexions sur cette bataille ainsi que des documents vidéo qui permettent d’en approcher l’intensité.

Depuis le début des opérations militaires russes en Ukraine (24 février) les forces ukrainiennes ont compris que la défense urbaine était leur seule échappatoire, dans une stratégie d’attrition désespérée cherchant à ralentir et faire payer aux forces russes le prix maximum de leurs victoires. De leur côté, les forces russes et leurs alliés, après avoir choquer initialement la défense ukrainienne avec des bombardements ciblés sur tout son territoire et des offensives terrestres sur plus de 2000 km de front (de Kherson à Kiev), ont été contraintes devant ce repli défensif dans les villes de varianter leur stratégie opérative, d’adapter leurs dispositifs organiques au combat urbain et de donner la priorité au front du Donbass.

Une stratégie ukrainienne à double tranchant

À première vue cette stratégie ukrainienne de repli dans les zones urbaines est pour le moment plutôt payante car elle a effectivement occasionné des pertes sensibles parmi les forces russo-républicaines, contraint l’état-major russe à s’adapter à cette situation ralentissant considérablement sa stratégie de manœuvre et par conséquent gagner du temps profitant à la formation de nouvelles unités et à la stratégie d’équipement de l’OTAN (n’en déplaise aux propagandistes pro-russes).

Mais, on doit également observer que cette stratégie d’attrition urbaine ukrainienne n’a cependant pas donné à son état-major l’initiative stratégique qui reste aux mains des Russes, ni empêché la perte de villes importantes (Izioum, Marioupol, Roubjnoe, Popasnaya) qui ont fortement ébranlé ses lignes de défense dans le Donbass et offert aux Russes de nouvelles bases pour leurs offensives, ainsi que des milliers de prisonniers (n’en déplaise aux propagandistes pro-ukrainiens).

Ce qui apparait aujourd’hui c’est qu’une telle stratégie défensive urbaine ne peut se poursuivre indéfiniment surtout lorsqu’elle est menée jusqu’au bout comme à Marioupol car elle impose aussi de la part de celui qui la mène des sacrifices énormes. Or si les ressources militaires russes qui n’ont engagé que 25% maximum de leurs forces dans le conflit répondent sans difficulté à la question, l’Ukraine est-elle en mesure d’accepter politiquement et de remplacer militairement de telles hémorragies humaines et matérielles ?

Car le focus propagandiste qui est fait sur les aides militaires de l’OTAN ou les mercenaires venant se battre pour l’Ukraine n’est qu’une goutte de sang apportée au-dessus de l’hémorragie ukrainienne. Pour Kiev c’est une communication auto-suggestive tentant de sauver les forces ukrainiennes d’un effondrement moral qui accélèrerait sa chute militaire puis politique, et pour l’OTAN, c’est une communication commerciale destinée à remplir les carnets de commandes de son complexe militaro-industriel.

À Starobilsk (40 km à l’Est de Severodonetsk) de nouveaux renforts russes se dirigent vers le front

L’état-major russe, de son côté a adopté la stratégie du « rouleau compresseur » qui, lentement mais surement préfère écraser les bastions ukrainiens plutôt que de s’y casser les dents. À chaque fois que ses unités d’assaut rencontrent une résistance ukrainienne dangereuse, elles arrêtent et parfois se retirent à distance (ce qui ne manque jamais d’être présenté comme une victoire par la propagande ukro-atlantiste) pour permettre à son artillerie de prendre le relais, écraser et leur ouvrir le passage.

La réalité est que la situation des forces ukrainiennes, obstinément arcboutées dans Severodonetsk est catastrophique malgré quelques arrivées de mercenaires et les appuis d’artillerie de Lisichansk.

Le piège de Severodonetsk se referme

Dans l’après-midi du 20 juin 2022, les forces russo-républicaines ont encore intensifié leurs pressions offensives sur le front Nord Donbass, notamment par de puissantes frappes de missiles et massifs bombardements d’une artillerie qui consommait déjà plus de 50 000 obus par jour dans ses batailles de Kherson à Kharkov.

Le 19 juin 2022, un centre de commandement ukrainien dans la région de Dnipropetrovsk a été détruit par une salve de missiles mer-sol russes « Kalibr » pendant une importante réunion d’état-major.


Plusieurs hauts gradés ukrainiens ont été tués dans cette décapitation et il n’est
 exclu que des officiers de l’OTAN fassent partie du strike. Arrivée d’un missile Kalibr sur objectif

Sur le terrain de Severodonetsk, la localité de Meltikone, qui était contestée depuis fin mai a été définitivement libérée par les forces russo-républicaines qui ont même repoussé les forces ukrainiennes à l’Ouest de l’aéroport, installant une nouvelle ligne de contact le long de la rive gauche de la rivière Donets jusqu’à la zone industrielle « Azot » où se concentrent les forces ukrainiennes les plus importantes et estimées à 2500 combattants environ.

Chaque jour des soldats ukrainiens tombent par dizaines dans cette bataille de Severodonetsk dans un accroissement des pertes qui rend cette stratégie du « festung » (réduits allemands à la fin de la Seconde Guerre mondiale comme Brest ou Trondheim par exemple) de moins en moins « rentable » pour le commandement ukrainien qui voit ses effectifs du front fondre beaucoup plus rapidement que ne constituent des nouvelles unités à l’arrière ou que n’arrivent les armes et munitions de remplacement.

Une pénurie d’hommes croissante de munitions se rajoute une hémorragie humaine croissante (reconnue par Zelensky lui-même qui évoque entre 100 et 200 tués quotidiens) menace le front ukrainien dans le Donbass d’une rupture stratégique totale, et les mouvements offensifs russes menés depuis Popasnaya, Izioum et Krasni Liman obligent l’état-major de Kiev à envoyer ses réserves opérationnelles positionnées à Kramatorsk vers Artemovsk et surtout Slaviansk qui est enjeu plus important pour son corps de bataille plutôt que Severodonetsk et Lisichansk dont l’encerclement à terme est inévitable.

Dans la zone industrielle « Azot », des ukrainiens blessés sont évacués vers l’intérieur de l’usine

Lors de la libération de Meltikone, le 24e bataillon spécial nationaliste « Aïdar » a été détruit quasiment en totalité, jusqu’à son commandant d’unité (Sergeï Melnichuk) qui aurait été fait prisonnier dans les combats. À noter que depuis le début de la guerre du Donbass en 2014 c’est la deuxième raclée que se prennent les nationalistes du bataillon « Aïdar » (la précédente en mars à Volnovakha). Comme Marioupol pour le bataillon « Azov », « Aïdar » avait fait de Severodonetsk son fief depuis qu’il l’avait conquis sur les forces séparatistes en juillet 2014. Aujourd’hui ces psychopathes qui avaient été accusés par l’OSCE de crimes de guerre ont rejoint Bandera ou leurs Kamaeraden via la justice des armes.

Même les services de renseignement britanniques qui assistent les forces ukrainiennes dans leurs combats contre les forces russes ont nommé la situation militaire à l’Est de Kramatorsk « le boucle de Severodonetsk) et tant dans les états-majors de l’OTAN que de Kiev, plusieurs voix s’élèvent pour demander un retrait des forces ukrainiennes du secteur (en 15 000 à Severodonetsk/Lisichansk, 4000 à Zolotoe, plus celles qui sont à Sedersk et environs). Mais face à cette logique militaire protégeant au maximum ses personnels et matériels s’oppose une obstination politique de ne pas laisser s’achever la libération totale du territoire de la République populaire de Lougansk.

Aujourd’hui, il semble que Kiev ait choisi une option médiane, évacuant de Severodonetsk un maximum de troupes ukrainiennes vers Lisichansk tout en y maintenant (principalement dans l’usine « Azot ») une dernière résistance articulée principalement autour des militants nationalistes (bataillon Karpatka, bataillon Légion géorgienne, Légion internationale…) qui seront les derniers à quitter la rive gauche de la Donets ou à finir comme Azov dans les catacombes de l’usine « Azot ».

Mercenaires étasuniens de la légion internationale pour l’Ukraine au combat dans l’usine « Azot »

Mercenaires bélarusses du bataillon Kalinouski au combat dans le secteur de l’aéroport

Si des poches de résistances ukrainiennes subsistent au Sud de Severodonetsk c’est autour de l’usine « Azot » que se concentre aujourd’hui la plupart des actions en cours. D’un côté les Ukrainiens qui défendent le périmètre et tentent de garder un accès vers Lisichansk (via des franchissements de fortune) et de l’autre les Russes et alliés qui avancent le long de la rivière Donets pour les encercler.

Dans cette zone industrielle, se trouveraient environ 2500 combattants ukrainiens dont 500 à 600 mercenaires des unités citées ci-avant mais aussi de nombreux civils (environ 500 selon plusieurs sources dont une quarantaine d’enfants) et dont quelques dizaines sont réussi à emprunter le corridor humanitaire organisé chaque jour par les Russes.

Ici une explosion d’une cuve de produit chimique comme il en existe plusieurs dans l’usine « Azot »

Les combats entre les forces de Kiev et les alliés ne cessent pas et redoublant même d’intensité dans certains secteurs, mais les pertes importantes subies par les unités ukrainiennes et leur isolement logistique ne leur permettront pas de prolonger cette tactique très longtemps. Il leur restera que 2 solutions : soit se replier dans les souterrains de l’usine « Azot » jusqu’à leur reddition, soit tenter de s’exfiltrer vers Lisichansk via les franchissements de fortune installés depuis la destruction du dernier pont sur la Donets.

En attendant la bataille fait rage :

Unité ukrainienne (à priori Garde nationale) au combat depuis une école près de l’usine « Azot »

Char de combat ukrainien près de l’usine « Azot »

Les pertes ukrainiennes sont violentes : des centaines de morts, blessés et prisonniers chaque jour auxquels il faut rajouter un nombre croissant de déserteurs et même des cas de suicides confirmés par l’état-major ukrainien.

Déserteurs ukrainiens dans le secteur de Meltikone

Ailleurs se sont des réservistes ukrainiens qui se sont rendus sans se battre aux forces russo-républicaines

De l’autre côté de la rivière Donets, les forces ukrainiennes sont en train de renforcer une défense face à Severodonetsk mais aussi sur l’ensemble du périmètre de Lisichansk, une ville de 96 km2 (trois fois Severodonetsk) et qui à moyen terme, est menacée d’un encerclement complet, notamment par les forces russo-républicaines venant du front de Popasnaya au Sud.

Évacuer les forces de Severodonetsk est devenu compliqué car tous les ponts la reliant à Lisichansk ont été détruits y compris par elles-mêmes qui, en voulant freiner les forces russes sont d’abord tombées dans leur propre piège quand ce n’est pas directement dans la rivière comme à Krasni Liman en mai dernier.

Un groupe ukrainien, quittant rapidement les combats lots de la bataille de Krasni Liman en mai dernier cherchait
à rejoindre la rivière Donets et Slaviansk oubliant que leur armée avait détruit les ponts … plongeon assuré !

Les forces russo-républicaines ont visiblement l’intention d’en finir avec ce dernier carré nationaliste ukrainien de Severodonetsk qui mobilise autant leurs forces d’assaut que la propagande mensongère occidentale qui entre les pleurs de mendiant (« nous mourrons, aidez-nous ! ») et les aboiements de roquet (« nous tenons et contre-attaquons ! ») cherche, comme pour Marioupol en avril-mai à mythifier la réalité de l’effondrement ukrainien.

Chasseurs bombardiers russes Sukhoï 25 en vol basse altitude, pour surprendre les défenses antiaériennes, foncent vers les des positions ukrainiennes à Severodonetsk

La libération de Severodonetsk est donc un objectif prioritaire pour Moscou et qui, selon moi est bien plus politique que militaire car il restera Lisichansk pour réellement revendiquer ce dernier bastion ukrainien encore présent sur le territoire de la République populaire de Lougansk.

Une colonne russe de BMP T « Terminator » en approche vers le front de Severodonetsk

Le potentiel chaudron de Severodonetsk Lisichansk

Le secteur de Severodonetsk/Lisichansk est bordé au Nord et à l’Est par la rivière Donets sur laquelle s’est fixée le front et au Sud par la route aujourd’hui contestée entre Artemovsk et Lisichansk déviant l’approvisionnement ukrainien par Seversk.

Dans cette bataille de Severodonetsk, chaque belligérant espère transformer le bastion formé avec Lisichansk en piège où des forces ennemies pourront être fixées et détruites :

• L’état-major ukrainien semble vouloir attirer sur cette rive gauche de la Donets surplombée par sa garnison de Lisichansk des unités d’assauts russes qu’il espère fixer loin des autres secteurs du front et user dans des combats urbains et pilonnages d’artillerie si l’approvisionnement en armes et munitions d’artillerie est maintenu ouvert, augmenté et préservé entre Kramatorsk et Lisichansk.

• L’état-major russe cherche visiblement à prolonger la libération de Severodonetsk par une pression offensive sur Lisichansk pour y fixer la garnison et y attirer des renforts et surtout encercler cette ville pour la couper de ses voies d’approvisionnements et de retraite jusqu’à la destruction ou reddition des 15 000 hommes environ qui y sont déployés auxquels pourraient se rajouter les garnisons de Zolotoe et Seversk.

Dans les 2 cas Severodonetsk apparait plus comme un appât attirant l’adversaire vers Lisichansk pour mener contre lui une stratégie d’attrition soit défensive pour les Ukrainiens soit offensive pour les russo-républicains.

Vu les moyens colossaux de l’armée russe disponibles en réserve et les difficultés croissantes de l’armée ukrainienne je ne doute pas que ce sont les Ukrainiens qui font tomber dans le piège de ce bastion qui finira en chaudron tôt ou tard et rien, pas même les aides de l’OTAN n’y pourront rien changer car la guerre, avant d’être un calcul d’acier et de carburant est d’abord une histoire de sang et de cœurs.

Le piège de Lisichansk s’ouvre

Dans cette perspective, même si l’intensité des combats menés à Severodonetsk retiennent l’attention, les regards doivent se porter sur Lisichansk dont l’étendue (90 km2), l’altitude (150 m) et la garnison ukrainienne (environ 12 000) sont trois fois plus importantes que celles de Severodonetsk.

Sur cette vidéo ukrainienne d’un tir antichar depuis la crète de Lisichansk dominant la rivière Donets on peut constater la difficulté d’aborder cette ville fortement défendue par un assaut frontal venant de Severodonetsk

Ce qui est certain c’est que la ville de Severodonetsk, même libérée restera au cœur des combats et sous les bombardements ukrainiens tant que Lisichansk restera aux mains des unités ukrainiennes qui continueront à faire de la rivière Donets la ligne de contact du front et tant que leur encerclement n’aura pas étranglé leurs approvisionnements.

Et cet encerclement lui-même n’est pas une mince affaire pour les forces alliées cat un corridor créé à l’Ouest de Lisichansk pourra certes couper le bastion ukrainien de ses approvisionnements de combat mais sera menacé par les feux de l’artillerie ukro-atlantiste du bastion de Kramatorsk/Slaviansk, comme l’ont prouvé les bombardements subis par les unités russo-républicaines s’étant approchées de la route Artemovsk – Lisichansk. Mais n’anticipons pas trop car d’autres événements militaires peuvent survenir entre temps dans ce conflit qui, tant que le régime de Kiev est maintenu, semble s’installer dans la durée, contrairement aux annonces saugrenues des propagandistes qui de chaque côté du front de l’information sont penchés sur les boules de cristal de leurs fantasmes immatures.

 

source : Alawata Rebellion

 

Ukraine : le Chaudron de Lysichansk. Moral en baisse. Plus de provocations

 

 

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Par Alabama.

L’ancien gros bonnet de la CIA et du renseignement, Graham Fuller, prédit une sombre issue à la guerre par procuration entre les États-Unis et la Russie en Ukraine. Sombre pour l’Ukraine, les États-Unis et l’Europe :

« Contrairement aux déclarations triomphalistes de Washington, la Russie est en train de gagner la guerre, l’Ukraine de la perdre. Les dommages à long terme pour la Russie sont sujet à débat. …

Les sanctions américaines contre la Russie se sont avérées bien plus dévastatrices pour l’Europe que pour la Russie. L’économie mondiale a ralenti et de nombreux pays en développement sont confrontés à de graves pénuries alimentaires et au risque d’une famine généralisée. …

Des fissures profondes apparaissent déjà du côté européen de la soi-disant « unité de l’OTAN ». L’Europe occidentale regrettera de plus en plus le jour où elle a aveuglément suivi le joueur de flûte américain dans sa guerre contre la Russie. En effet, il ne s’agit pas d’une guerre ukraine-russie mais d’une guerre américano-russe menée par procuration, jusqu’au dernier Ukrainien. …

Contrairement aux déclarations optimistes, l’OTAN pourrait en fait en sortir affaiblie. Les Européens de l’Ouest réfléchiront longuement à la sagesse et aux coûts importants qu’ils devront subir pour avoir provoqué de graves confrontations à long terme avec la Russie ou d’autres « concurrents » des États-Unis. …

L’Europe reviendra tôt ou tard à l’achat d’énergie russe bon marché. La Russie est à sa porte et une relation économique naturelle avec elle sera, en fin de compte, d’une logique écrasante. …

L’Europe perçoit déjà les États-Unis comme une puissance en déclin, avec une « vision » erratique et hypocrite de la politique étrangère, fondée sur le besoin désespéré de préserver le « leadership américain » dans le monde. La volonté de l’Amérique d’entrer en guerre à cette fin est de plus en plus dangereuse pour les autres. »

Tout ce qui précède a déjà été dit sur ce site, fin février et en mars. Mais il est bon de voir que des spécialistes chevronnés du renseignement arrivent maintenant à des conclusions similaires.

Il y a deux semaines, j’écrivais que les Ukrainiens allaient bientôt atteindre un point de rupture. La « liste des pertes » publiée aujourd’hui par le ministère russe de la Défense contient une partie supplémentaire concernant les pertes de troupes ukrainiennes qui vient étayer cette hypothèse :

« Depuis le 19 mai, au cours du mois, rien que la 14e brigade mécanisée des FAU a perdu 2100 personnes, tuées ou blessées. En raison de conditions morales et psychologiques défavorables, 800 personnes destinées à reconstituer les pertes de cette unité ont refusé de se rendre dans la zone opérationnelle et ont accusé les officiers d’incompétence, de corruption et de copinage dans le paiement des allocations. …

Une centaine de militaires d’une unité de reconnaissance de la 10e brigade d’assaut de montagne ont été relevés de leurs fonctions de combat et transportés à Kremenchug pour enquête. …

Une partie considérable des commandants de la 30e brigade mécanisée des FAU se sont retirés de la gestion de leurs unités et refusent de remplir des tâches de combat. Toutes sortes de prétextes sont utilisés pour simuler la maladie. La majorité des unités se sont déjà retrouvées sans aucun officier. »

Une brigade mécanisée compte environ 3500 soldats. En un mois, la 14e brigade ukrainienne a perdu deux tiers de ses effectifs. Les remplaçants ne sont pas formés pour utiliser les équipements mécanisés (chars, APC), qui de toute façon n’existent probablement plus, et ne peuvent donc être utilisés que comme infanterie non protégée. Il n’est pas étonnant qu’ils refusent d’être envoyés dans des conditions si désespérées.

Les dirigeants ukrainiens continuent d’envoyer de nouvelles unités vers le chaudron de Lysichansk, à l’est. Cela ne dérange pas les Russes. Leur travail consistant à « démilitariser » l’Ukraine, coincer davantage de troupes pour les anéantir d’un seul coup facilite cette tâche.

La distance entre la zone rouge tenue par les Russes, en haut, et la zone en bas, au niveau de la brèche la plus étroite, n’est que de 15 kilomètres. Elle n’est traversée que par une seule route ouverte d’ouest en est, qui sert à acheminer le ravitaillement des troupes ukrainiennes à Lysichansk.

Les combats se déroulent actuellement au-dessus de Mykolaivka, au bas de cette carte détaillée. À cinq kilomètres au nord, se trouve la raffinerie de Lysichansk. Elle sera la prochaine cible. La dernière route vers Lysichansk passe directement au nord de celle-ci. Lorsque cette route sera sous le feu direct des Russes, le chaudron sera fermé et ceux qui s’y trouvent coincés commenceront à bouillir. Pour ces 20 000 soldats cela signifiera se rendre ou mourir.

Si cela est encore possible, le moral des autres troupes ukrainiennes n’en sera que plus bas.

 

« Nous, soldats du 8e bataillon de la 10e brigade, basés près de la ville de Seversk.
Nous en appelons à vous, Monsieur le Président, Monsieur Zaluzhny, et au peuple ukrainien
[…] Nous exigeons la rotation immédiate de nos troupes restantes, physiquement
et mentalement nous sommes à bout de forces « .

Il est intéressant de noter que les troupes s’adressent également au général Zaluzhny, le commandant en chef des forces armées ukrainiennes (FAU). C’est la première fois que j’entends cela. L’idée de se battre à Lysichansk jusqu’au bout est venue de Zelensky et de ses conseillers civils. Zaluzhny s’y serait opposé. Il voulait que ces troupes et d’autres se retirent et mènent une campagne plus mobile. Cela aurait raccourci la ligne de front et donné une chance de créer des réserves pouvant se reposer et se préparer à une contre-attaque ultérieure. Selon certaines rumeurs, les conseillers de Zelensky font maintenant pression pour remplacer Zaluzhny, qui a accru sa présence dans les médias. Ils craignent probablement un coup d’État.

La Russie a annoncé hier qu’elle avait tué 50 généraux et officiers supérieurs des forces armées ukrainiennes par un tir de missile. Le groupe se réunissait pour planifier la suite des combats dans la région sud d’Odessa et de Kherson. Cette info semble maintenant avoir été confirmée :

 

Les forces armées russes ont abattu des généraux des FAU, qui étaient retranchés à l’arrière.
L’administration militaro-civile de la région de Zaporozhye a confirmé les résultats d’une
frappe de missiles sur le poste de commandement des FAU près du village de Shirokaya Dacha,
57 officiers de haut niveau ont été tués.

La nuit dernière, probablement en réponse à la frappe sur les officiers, les Ukrainiens ont tiré un missile contre une plate-forme de production de gaz et de pétrole dans les eaux proches de la Crimée. L’installation a été endommagée. La Russie considère qu’il s’agit d’une attaque directe contre une infrastructure précieuse située sur son territoire et elle y répondra probablement avec force.

Hier, la Lituanie a annoncé qu’elle interdirait immédiatement aux marchandises russes visées par les sanctions de l’UE de transiter du Belarus vers l’enclave de Kaliningrad, située sur les rives de la mer Baltique, qui est un territoire russe. Cette mesure est contraire à plusieurs accords internationaux qui garantissent un accès sans entrave de la Russie à la ville. La Russie n’a pas encore annoncé de réponse à cette nouvelle provocation.

source : Moon of Alabama

traduction Wayan, relu par Hervé, pour Le Saker Francophone