États-Unis. Les enjeux énormes de

l’élection présidentielle américaine

 

SOURCE  : PUBLIÉ PAR GAIA - DREUZ LE 15 OCTOBRE 2020

 

DONALD TRUMP PRESIDENT IN 2020 NOW !

Source : Polemia

Encore plus que celle de 2016, l’élection présidentielle américaine de 2020 revêt une importance essentielle quant à son sens qui va bien au-delà du choix politique entre deux candidats même si au niveau des électeurs, il s’agira du déterminant principal. Dans le cas d’un échec de Donald Trump, nombre de commentateurs ne manqueront pas de disserter sur les causes de cet échec le rendant pour beaucoup inéluctable. C’est oublier ce que Dominique Venner appelait L’imprévu dans l’histoire. Quel aurait été le résultat s’il n’y avait pas eu cette épidémie de Covid-19, évènement hors du champ politique qui s’est abattu sur l’humanité.
Il n’empêche que l’approche de cette élection suscite un ensemble d’interpellations et de réflexions qui touchent certes à des sujets classiques comme l’évolution de l’économie américaine ou celle de la géopolitique mondiale mais plus profondément, ce qui doit être l’interrogation majeure, l’état de la société américaine et plus largement celui des sociétés occidentales qui subissent l’influence de la première.

 

L’élection présidentielle de 2016 et son contexte

En 2016, l’élection de Donald Trump, qui a surpris beaucoup, est survenue à un moment où un mouvement dit populiste gagnait une partie de l’opinion occidentale. Ce fut le Brexit au Royaume-Uni en juin 2016. Puis, en septembre 2017, à l’issue des élections législatives en Allemagne, l’AFD devenait la troisième formation politique au sein du Bundestag et en Italie, la Ligue constituait avec le Mouvement 5 étoiles la nouvelle majorité parlementaire après les élections législatives de mars 2018. En France, si Emmanuel Macron a été élu Président de la République lors de l’élection de mai 2017, le mouvement des Gilets jaunes qui débuta en novembre 2018 accréditait l’idée d’une révolte des classes moyennes paupérisées à l’encontre des classes dirigeantes.

 

Quel est le tableau à la veille de cette élection présidentielle aux États-Unis ?

Avant que n’éclate la crise sanitaire du Covid-19, Donald Trump paraissait avoir réussi un redressement de l’économie américaine au vu du taux de croissance du produit intérieur et de la situation de l’emploi. Il n’empêche que les déficits américains demeuraient considérables (déficit budgétaire et déficit de la balance commerciale) obligeant les États-Unis à emprunter massivement ce qu’ils pouvaient sans difficultés du fait de la place du dollar comme monnaie de réserve internationale (60% des réserves de change des banques centrales et 80% des contreparties sur le marché des changes). Conscient des raisons profondes de ces déficits, liés à la perte de compétitivité de l’économie américaine et à la désindustrialisation qu’elle subissait depuis plusieurs décennies, Donald Trump répondant à l’attente de son électorat, cette classe moyenne, blanche pour l’essentiel, qui s’était enrichi et avait accédé au confort avec l’expansion économique de l’après-guerre, rompit avec l’idée d’un libre échange international bénéficiaire à tous (il faut souligner que les États-Unis ont une pratique mesurée du libre-échange, sachant préserver leurs intérêts). Il renégocia l’accord commercial avec le Canada et le Mexique qui liait les trois pays depuis 1994 (Alena). Il retira l’Amérique de la COP 21, jugeant la convention sur le climat trop contraignante à un moment où elle redevenait grâce au pétrole de schiste, le premier producteur mondial de pétrole. Enfin, axe primordial, il engagea les États-Unis dans un affrontement commercial avec la Chine. Homme d’affaires, ayant une réelle vision des enjeux, au-delà d’une diminution du déficit commercial avec la Chine, l’objectif poursuivi était de maintenir l’avance technologique des États-Unis vis-à-vis de cette dernière, facteur d’une suprématie dans le monde présent.

Protéger cette classe moyenne américaine qui se paupérise au fil des années avec tous les effets sanitaires (baisse de l’espérance de vie notamment) obligeait aussi à lutter contre la concurrence de populations immigrées, entrées clandestinement dans le pays et qui pèsent sur le marché de l’emploi et les salaires. Il a poursuivi la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, entamée en 1990 sous la présidence de George H. W. Bush et continuée par ses successeurs jusqu’à Barack Obama.

Donald Trump et les relations internationales

Voué aux gémonies par une intelligentsia américaine et occidentale comme par la plupart des médias, Donald Trump a rompu avec un idéalisme agressif sur le plan international, marque des néoconservateurs américains. Barack Obama, il faut le reconnaître, avait déjà pris largement ses distances avec ceux-ci, ce qui n’était pas le cas d’Hillary Clinton adversaire malheureuse de Donald Trump en 2016. Contraint dans sa relation avec la Russie par une classe dirigeante américaine plus empreinte en ce domaine d’idéologie que de réalisme politique, il a tenté sans véritable succès un rapprochement avec la Corée du Nord. Sans grand intérêt pour l’Europe, il y a vu d’abord avec l’Union européenne un concurrent économique pour l’Amérique. Au Proche et Moyen-Orient, s’il a embrassé l’aversion israélienne pour l’Iran, retirant les États-Unis de l’accord de Vienne du 14 juillet 2015, il a obtenu, à la fin de son mandat, dans cette aire la plus conflictuelle de la planète, un accord diplomatique particulièrement important pour l’avenir de la région. Il apparaît que la décision de Donald Trump annoncée le 6 décembre 2017 de transférer l’ambassade des États-Unis en Israël à Jérusalem Est n’a pas suscité de fortes réactions au sein du monde arabe et musulman. Le sort des Palestiniens qui fut longtemps un cheval de bataille a laissé indifférent. Au contraire, les Émirats du Golfe persique et en arrière-plan l’Arabie saoudite ont engagé avec la participation active des États-Unis un rapprochement avec l’État hébreu, concrétisé par l’accord signé le 15 septembre à Washington entre les Émirats arabes unis, Bahreïn et Israël. Le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré que le Koweit pourrait se joindre à cet accord. Derrière celui-ci, il y a d’une part la reconnaissance d’un adversaire commun l’Iran et d’autre part, le plus important, la volonté pour les Émirats de bénéficier de l’apport économique et technique d’un Israël ainsi reconnu.

D’une manière générale, il s’est montré très opposé aux organisations multilatérales, privilégiant les négociations d’État à État.

 

Aux États-Unis, une société en proie aux fractures

Comme il a été souligné, il y a eu une forte analogie dans le mouvement qui a porté Donald Trump à la présidence des États-Unis et les évolutions électorales ou sociales sur le Vieux Continent. Les analyses de Christophe Guilluy sur la France périphérique ou celle de David Goodhart au Royaume sur les anywhere et les somewhere les traduisent. Il s’agit là d’une expression du malaise profond que traverse les sociétés occidentales, celle-ci étant liée pour partie à la rupture du rythme de croissance économique du milieu des années soixante-dix et ses conséquences en termes d’emploi, de pouvoir d’achat et de précarité. Cette expression sociale qui s’inscrit dans une relation verticale entre une oligarchie contestée et une part de la population animée par un sentiment d’abandon est l’un des aspects de sociétés où se cumulent les fractures. Le bouleversement en cours de la société américaine comme dans d’autres sociétés occidentales a débuté dans les années soixante à un moment où dans un paradoxe apparent ces sociétés atteignaient un sommet dans l’enrichissement collectif et individuel.

Dans un entretien publié sur Figarovox, le 24 septembre 2020 (« La passion religieuse a échappé au protestantisme et met le feu à la politique »), Joseph Bottum, essayiste américain, voit dans la crise sociologique que traverse l’Amérique l’empreinte d’un protestantisme progressivement délaissé par ses fidèles, se débarrassant d’un rapport à Dieu, mais dont une part des dogmes auraient été sécularisés et portés dans une interprétation nouvelle sur le champ politique. Joseph Bottum date ce mouvement du milieu des années soixante. Il s’agit là d’une thèse, mais la référence calendaire est importante puisque c’est en octobre 1964 que débutent les premières manifestations étudiantes à l’université de Berkeley. La référence philosophique était alors l’École de Francfort avec Theodor Adorno, Erich Fromm, Herbert Marcuse. La décennie suivante sera celle de la French Theory, professée dans les universités américaines avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, Felix Guattari, Jean Baudrillard. C’est la philosophie de la déconstruction et du droit des minorités. Dans une société américaine où le communautarisme est l’une des marques, le droit des minorités a rencontré dans les milieux universitaires où la gauche était dominante le plus grand écho. Ce fut l’ouverture vers les réformes dites sociétales mais aussi dans le prolongement du mouvement antiségrégationniste des années soixante la promotion des minorités ethniques. S’agissant de celles-ci et avant tout celle formée par les Noirs américains, dont la reconnaissance de l’égalité des droits dans les années soixante était un impératif, tout un mouvement fondé sur l’idéologie d’un rapport dominant-dominé, développé au sein d’une gauche intellectuelle et relayé par des groupes extrémistes, a conduit aux manifestations violentes de l’été, celles du mouvement Black live matter, usant de l’effet médiatique de faits regrettables.

Dans un tel environnement, né il y a près de soixante ans, prétendre que Donald Trump en serait le responsable constitue une lourde erreur. Pour renverser la situation et rendre à la société américaine sa cohérence, Joe Biden, s’il est élu, devra montrer des qualités d’homme d’État que sa campagne ne laisse pas transparaître. S’il se montre influencé par la gauche américaine qui domine le milieu universitaire, il ne peut que contribuer à aggraver cette situation. Par l’effet de diffusion, l’incidence sur nos sociétés européennes ne peut être que négative.

En termes de relations internationales, au temps de la guerre froide, l’URSS avec son système planifié était loin d’être économiquement performante n’offrant à sa population qu’un niveau de vie médiocre associée à une liberté restreinte. Face à celle-ci, l’Amérique et les sociétés occidentales présentaient le visage de sociétés riches, socialement cohérentes et optimistes quant à l’avenir. Aujourd’hui, vis-à-vis d’une Chine, certes politiquement totalitaire, mais économiquement performante où la population s’enrichit globalement avec l’exacerbation d’un nationalisme qui prétend porter le pays à la première place au milieu de ce siècle, quelle image compte renvoyer l’Amérique ?

Quelle sera le cours des choses dans les années qui viennent ? Quel imprévu dans l’histoire ?

 

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PUBLIÉ PAR MAGALI MARC LE 18 OCTOBRE 2020
SUGGESTED NEWS

Nombreux sommes-nous parmi les auteurs et les commentateurs sur Dreuz qui se demandent pourquoi Donald Trump accepte de se faire piéger lors des débats et assemblées publiques organisés par les médias qui ne cachent même plus leur partisanerie et affichent des soi disant « modérateurs » lesquels, en fait, cherchent à le décontenancer. Mais à malin, malin et demi : le Président sait que ces « interrogatoires » servent à démontrer au grand public mal informé et aux électeurs indécis que les médias sont de mèche avec ses adversaires politiques.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de John Dietrich*, paru sur le site d’American Thinker, le 17 octobre.

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Une nouvelle attaque des médias contre Trump a échoué

Les responsables de la chaîne NBC ont voulu tendre un piège à Donald Trump lors de l’assemblée publique (« town hall ») qu’ils ont organisée. Ils ont prévu de le coincer en lui posant des questions de type interrogatoire brutal, puis en l’interrompant tandis qu’il essayait de parler.

Comme d’habitude, cela s’est retourné contre eux.

Les partisans de Trump ne croiront jamais que Savannah Guthrie a fait un excellent travail dans son rôle de modératrice de la « Town hall » avec Trump.

Ils ont pu constater, à juste titre, que c’était exactement le contraire. Mais ce qui est important, c’est l’opinion du grand nombre de téléspectateurs indécis.

La réaction du public ne semble pas correspondre à la façon de voir des détracteurs du Président Trump.

En fait, c’était un spectacle plutôt mauvais, ce qui soulève des questions sur le comment ou le pourquoi de ce qui s’est passé.

Les responsables de la campagne de Donald Trump ont-ils payé des cadres de NBC pour chorégraphier cette assemblée publique ou ces derniers sont-ils vraiment à ce point incompétents ?

De toute évidence, Mme Guthrie avait été préparée par des cadres de NBC. Ils savaient exactement comment elle allait se comporter. Ils n’ont pas pris en considération la réaction négative causée par la performance de Chris Wallace lors du premier débat et la façon dont cela a affecté l’estime du public à leur égard, parce que pour eux le plus important est de faire tomber Donald Trump.

Mais Mme Guthrie n’a pas été bien perçue, et cela va se retourner contre eux.

Il est presque incroyable que ces cadres très bien payés puissent être aussi incompétents.

Le Président savait à l’avance à quoi il serait confronté.

Les médias, alliés du marécage du « Deep State» à Washington, ont un nombre limité de questions dans leur carquois.

Une question inévitable concernait la volonté du Président de dénoncer la suprématie blanche.

Mme Guthrie a déclaré :

On vous a demandé de dénoncer la suprématie blanche. Sur le moment, vous ne l’avez pas fait. Vous m’avez posé des questions complémentaires. Deux en particulier.

Le Président a mentionné que ses conseillers l’avaient prévenu que ce sujet serait abordé.

S’il y a un autre « débat », cette question reviendra certainement sur la table.

En répétant cette question, le but est de convaincre un certain nombre de personnes que le Président n’a jamais dénoncé les Suprématistes Blancs.

Le fait qu’il existe de nombreux enregistrements de ses dénonciations n’entre pas en ligne de compte (pour un public mal informé).

Mme Guthrie ou M. Wallace ont-ils dénoncé la suprématie blanche ?

S’ils ne l’ont pas fait publiquement, peut-on supposer qu’ils sont des partisans de la suprématie blanche ?

Il est possible de présenter des arguments légitimes concernant certaines politiques de l’Administration Trump et des critiques bien informées auraient pu les faire valoir de manière civilisée.

Bien que ce n’était pas son rôle, en tant que modératrice, Mme Guthrie a passé une grande partie de l’heure à argumenter contre le Président Trump.
Elle n’était ni polie ni bien informée et elle l’interrompait constamment chaque fois qu’il tentait de répondre.

Comment Kamala Harris aurait-elle géré de telles interruptions ?

Un grand nombre de commentateurs dans les médias pensent que le Président n’est pas très intelligent. Pourtant, il parvient à les ridiculiser constamment sans qu’ils s’en rendent compte.

Mme Guthrie pense qu’elle est beaucoup plus intelligente que M. Trump et qu’il est un président illégitime.

De son point de vue, elle n’avait donc pas besoin de se montrer respectueuse.

La grande majorité des gens l’ont vue se comporter comme une mégère.

Si elle avait eu affaire à un citoyen ordinaire, son comportement aurait été considéré comme inapproprié.

Son manque de respect envers le Président est inexcusable.

Un échange particulier a impliqué QAnon. Mme Guthrie semblait agitée lorsqu’elle en parlait.

Elle a demandé :

« Permettez-moi de vous poser des questions sur QAnon (…). »

Le Président a répondu :

« Je ne sais rien sur QAnon. »

Quand Mme Guthrie lui a répliqué, « Je viens de vous le dire. », le Président a répondu, « Ce que vous affirmez n’en fait pas nécessairement un fait. »

Les interrogatoires du Président par Chris Wallace et Mme Guthrie ont fait le jeu de M. Trump en renforçant l’idée que les médias sont biaisés.

Les adversaires du Président estiment que Mme Guthrie a fait du bon travail et s’en réjouissent. Leur intérêt particulier étant d’écraser M. Trump, elle a fait ce qu’ils souhaitaient.

Mais le public connaît une chose appelée « équité » et il n’a rien vu de cela dans l’émission animée par Mme Guthrie.

Le fait que la presse ait été injuste envers Trump en 2016 était une raison couramment citée par les électeurs ordinaires pour expliquer leur sympathie envers lui. (En littérature, un bon écrivain fait toujours en sorte que le lecteur sympathise avec le protagoniste au début et le plaigne souvent ensuite).

Beaucoup ont voté pour Trump pour cette seule raison.

Les détracteurs de Trump se font des illusions s’ils pensent qu’ils ont gagné quoi que ce soit avec cette performance injuste et pitoyable.

* John Dietrich est un écrivain indépendant. Il est titulaire d’une maîtrise en relations internationales de l’Université St. Mary’s (au Texas). Il est aussi retraité de la Defense Intelligence Agency et du Department of Homeland Security.

SOURCE  :Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Source : Americanthinker