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L’Occident n’a pas les moyens de ses délires

 

 

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par Gilbert Guingant.

Imprécations, insultes désordonnées. Menaces de matamores. Une bonne semaine après tout s’est dégonflé. D’abord, les incohérences des gesticulations de l’Otan. Ensuite, le noyau bien consistant d’un avenir mondial sans l’Occident se profile toujours plus fort. Ces sauvageons frénétiques se montrent soudain si domestiqués…Ou bien.

Oui les USA que, nous nommons « les mendiants structurels » du monde, se mettent vraiment à ramper. Sans dignité ni sobriété. Devant le Venezuela et l’Iran. Le pétrole reste le carburant de leur si déplorable style de vie. Ces immatures ne veulent le changer à aucun prix. Il le leur faut jusqu’à l’autodestruction. Stop. Stop…va falloir partager les étasuniens. Changer à 100 % vos trop mauvaises habitudes. De quoi multiplier les autos crocs en jambes. Tous les faux traités de non libre échange reniés ? Pas plus de laisser-faire et laisser-passer qu’avant ? Oui vous viviez aux crochets du monde, guère étonnant qu’une bonne partie de ce monde vous réponde par des crochets. De droite et de gauche.

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« Qui aurait cru qu’au bout des années de sanctions pétrolières contre le Venezuela, les étasuniens finissent par… quémander du pétrole à Maduro quitte à lui faire des concessions inimaginables il y a encore quelques semaines ? »… Réponse : le Vénézuéla leur refuse toute vente de pétrole. Les absurdes sanctions vont toutes se retourner contre les ex-impériaux, alors ?,

« Qui aurait cru également que face à l’Iran, avec qui ils sont en guerre ouverte depuis 40 ans et négocient de manière indirecte à Vienne un cessez-le feu, ces mêmes étasuniens aillent jusqu’à être à lui reconnaître le statut d’État au seuil du nucléaire pour que le… pétrole iranien sature le marché et empêche la hausse des cours en ces temps de guerre contre la Russie »…Toujours les mêmes concurrences uniquement déloyales, pas une fois en 250 ans ils n’auront joué franc jeu. Pas une. Sauf que  ces États-Unis si peu d’Amérique en dépit de tous ses fanfaronnades joue vraiment à quitte ou double ! Er qu’ils vont devoir…quitter tout leur empire. Ils sont vraiment en train de perdre sur tous les tableaux à la fois? Puisque réponse : La porte-parole de Biden, Jen Psaki,  affirme absurdement que « si la Chine ne se joint pas aux sanctions anti-russes, alors les États-Unis auront toutes les raisons de prendre certaines mesures !! ». Lesquelles SVP !!

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Réponse : « Nous l’avons dit à plusieurs reprises les sanctions ne sont pas une solution efficace pour résoudre les problèmes« , martèle Wang Wenbin l’un des porte-paroles du ministère chinois des Affaires étrangères. « La position constante de la Chine est de s’opposer à toutes les sanctions unilatérales illégales « . Sacrément remis à leurs places avec leurs vieilleries d’embargos les chenus d’amérique. C’est illégal et cela ne crée qu’encore plus de problèmes. De quoi procéder aux retours aux envoyeurs qui semblent si bien percer actuellement. «Mais ce sont bien des choses sur le point d’arriver depuis que la Russie de Poutine a décidé de mettre de… l’ordre dans l’écurie occidentale. »…La grande lessive qui défait tous les faux semblants européens. Par exemple, oser « l’indépendance énergétique » lorsqu’ils auront tout fait pour la rendre impossible. Rien qui ne se transforme en son contraire en une minute de com’. Lorsque dire c’est ne plus rien faire, en somme !

Songe aux drogués durs aux fausses informations de l’Europe comment ils en s’y retrouvent plus à 100 %. Si chahutés par les irruptions de nouveaux récits qui leur semblaient vraiment impraticables la veille. Par de plus flagrantes défaites qui défont toujours plus visiblement tout ce qu’ils croyaient indestructibles. Leurs mauvaises fois et leurs mauvaises volontés. Les arts dits martiaux utilisent les faiblesses des sournois pour faire tomber tous seuls qui veulent agresser

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« Lorsque vous lisez les informations, vous entendez que les marques de luxe abandonnent le marché russe (dans les vrais faits n’est-ce pas plutôt le marché russe qui… les abandonne ?). En allant dans un centre commercial hier, j’y ai vu fermés la plupart des magasins de vêtements étrangers (oui si étrangers à eux-mêmes, ces égarés de l’unilatéral – comme leurs discours insensés-insensibles le démontrent toujours mieux !). IBM et Microsoft doivent isoler (?) la Russie. Je ne suis pas économiste, mais il me semble que ces entreprises, privées, ont besoin de faire des bénéfices pour exister et sortir de force du marché russe les prive d’une part de bénéfices (c’est le mode suicidaire en très grand. Puisque la peste de leurs idéologies étouffe tout bon sens chez eux. Tels restent surpris et dépris qui croyaient prendre !) – à moins que les États occidentaux prévoient de compenser les pertes. Nous voyons bien, en tout cas, que le libéralisme et le mythe de la non politisation de l’économie se sont écroulés (tellement vite que clair que la Taupe fouisseuse  n’est pas un mythe…Souterrains les grands combats qui te miment et minent les fondations de pacotille ! Ne dirait-on pas que ces entreprises se punissent elles-mêmes ? La mauvaise conscience leur aura été soufflée… subliminalement ! Comment ? En rendant irrespirable leurs entourage mental. Mais si si c’est très faisable). C’est objectivement la fin de la globalisation économique. »

Voici ce que c’est de de «se payer de mots »…Nous avons assez dit que n’a jamais existée leur « mondialisation » (sans les peuples du vrai monde). Ce n’aura été qu’une centralisation très verticale des seuls intérêts étasuniens. Ils t’américanisent leur monde mental, l’image de ce monde fantasmé, et ils te délirent que tout est « mondialisé »…Or rien n’a été « globalisé », puisque pas décentralisé du tout, soit tout autour du « globe global ». Que des images qui les auront aveuglé jusqu’au bout…les premières lignes déterminées auront bien œuvré dans l’indifférence bavarde des petits bourgeois. Aucune greffe idéologique n’aura pris !

« Les marchés financiers occidentaux se ferment à la Russie (…si tu regardes bien  c’est plutôt l’inverse. La russie se gratte de tous ces parasites dont la société peut si bien se passer. Et le joyau c’est qu’ils pensent agir de leurs propres initiatives. Alors qu’ils ne se tirent des balles que dans leurs propres pieds. Oui les leurs. Graves erreurs de destinataires…les autocentrés narcissiques auto-piégés !), les investissements ne peuvent plus se croiser, Visa et Mastercard » n’assurent plus les transactions, SWIFT se barricade petit à petit. La globalisation financière vient de tomber. » Facile d’arracher ce qui n’a jamais eu la moindre racine dans la réalité. Juste une parasitaire accroche de surface. Niqués les cyniqués !

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« La récente escalade des infantiles sanctions étasuniennes empêchant l’Europe, l’Asie et d’autres pays de commercer et d’investir (tout ceci qui ressemble furieusement à de…l’impuissance !) avec la Russie, l’Iran et la Chine a imposé d’énormes coûts d’opportunité – le coût des opportunités perdues – aux alliés peu ailés étasuniens. Et la récente confiscation (sic) des réserves d’or et de devises du Venezuela, de l’Afghanistan et maintenant de la Russie, ainsi que la saisie ciblée des comptes bancaires de riches étrangers (dans l’espoir si insensé de gagner leur cœur et leur esprit, ainsi que la récupération de leurs comptes séquestrés ? C’est vraiment ne rien  connaitre aux cœurs humains !), ont mis fin à l’idée que les avoirs en dollars ou ceux de ses satellites de l’OTAN en livres sterling et en euros sont un refuge sûr pour les investissements lorsque les conditions économiques mondiales deviennent fragiles. »…Ils autodétruisent, en actes, la confiance et tout ce qui se fiance avec elle – donc ils perdent ce qui constituent la base de l’économie. Les acariâtres avares sont tellement faciles à…leurrer !

« Je suis donc quelque peu chagriné de voir la vitesse à laquelle ce système financiarisé centré sur les États-Unis s’est dé-dollarisé en l’espace d’un an ou deux seulement. » Et que si peu avaient relayé cette info si cruciale. Voici qui aura permis ce véloce écroulement qui aura vu leur défaite. Défaire qui aura été défaite maille à maille…Penser c’est agir. Ceci reste le fond qui manque à certains !

Je pensais que la dé-dollarisation serait dirigée par la Chine et la Russie qui prendraient le contrôle de leurs économies pour éviter le type de polarisation financière que leur impose les États-Unis. Mais les responsables américains les forcent à surmonter leurs hésitations à dé-dollariser. » Ils te détruisent eux-mêmes leur monde que d’images. Leur monde sans mot incarné, sans pensée solidaire qui te fasse pénétrer dans les immenses chaines de raisonnements, où tu montes et tu descends comme si tu étais chez toi ! Tu entends ?

« Je m’attendais à ce que la fin de l’économie impériale dollarisée se produise par la rupture d’autres pays. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé (se passer implique nombres de co-évolutions conjointes. Ce qui n’est pas le qui passe bovin, mais ce qui « se » passe si activateur !). Les diplomates américains eux-mêmes ont choisi de mettre fin eux-mêmes à la dollarisation internationale, tout en aidant la Russie à construire ses propres moyens de production agricole et industrielle autonomes (eh oui tout est fait pour n’enrichir que la Russie en ce conflit conflagré !).

Mais la prise en otage des avoirs en dollars russes, en livres sterling et en euros a eu pour effet de faire de la City de Londres un lieu trop risqué pour détenir leurs actifs (le cheval de Troie c’est, au final, la Russie qui dévalise de l’intérieur tous ceux qui « croient » aux anathèmes ! Et ont toujours…fui les prétendus Mauvais rôles. Dans les blablas séniles oui mauvais – pas dans les réels qui ne se paient jamais de mots…de très efficaces rôles que diable. Qui paria d’être paria gagne à tous les coups. Les tricheurs feignasses ayant si peur…du jeu !

En imposant des sanctions aux Russes les plus riches les plus proches de Poutine, les responsables américains espéraient les inciter à s’opposer à sa rupture avec l’Occident, et ainsi à servir efficacement d’agents d’influence de l’OTAN. Mais pour les milliardaires russes, leur propre pays commence à paraître le plus sûr »…Leurs calculs otariens se font rénaux et te brisent les reins …Trop insulter obtient les inverses résultats. C’est ainsi…

C’est bien  parce que les majorités regardent…ailleurs, que la Russie est bien en train

…de transformer de fond en comble le monde.

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Révélations sur les laboratoires

 

biologiques américains en Ukraine

 

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Mykola Azarov : Nous avons été renversés parce que nous voulions fermer les laboratoires biologiques du Pentagone – новости-украины , 28 avril 2020

L’ancien Premier ministre ukrainien Mykola Azarov, qui occupait le poste sous le président Viktor Ianoukovitch, s’est exprimé sur les activités des laboratoires biologiques du département américain de la Défense sur le territoire de son pays.

Dans son Facebook, l’ex-Premier ministre a souligné que son gouvernement n’avait rien à voir avec l’ouverture de ces centres.

La décision de commencer cette collaboration avec les Americians a été prise par le cabinet de Ioulia Timochenko.

Et un accord a été signé entre le département américain de la Défense et le ministère ukrainien de la Santé sur la création de tels laboratoires en août 2005 sous la présidence de Viktor Iouchtchenko, alors que Timochenko était déjà à la retraite.

« Que dire? Bien sûr, pas un seul pays souverain et indépendant qui pense à son peuple et à l’avenir ne laissera les autres s’occuper des questions de sécurité biologique de la population », écrit Azarov.

Il note que les objectifs pour lesquels ces laboratoires ont été créés sont inconnus à ce jour, puisque toutes leurs activités sont classifiées et que les citoyens ukrainiens ne sont même pas autorisés à travailler en étroite collaboration.

« Depuis 2005, les États-Unis ont établi des laboratoires à Odessa, Vinnytsia, Lvov, Kherson, Ternopil et un certain nombre d’autres colonies en Ukraine. J’insiste sur le fait que ce sont les laboratoires de l’armée américaine », précise l’ancien chef de cabinet.

Selon lui, après l’arrivée au pouvoir de son gouvernement en 2010, des négociations ont été lancées avec les Américains sur cette question. En 2012, Kiev a commencé à parler d’accorder aux scientifiques ukrainiens l’accès à ces centres ou leur fermeture complète. A cette époque, des inspections des activités de ces laboratoires ont été initiées.

« On nous a montré quelque chose, mais ce que nous avons vu ne nous convenait pas. En 2013, nous avons envoyé une lettre officielle au gouvernement américain pour résilier cet accord. Ce qui s’est passé ensuite, vous le savez vous-même : un coup d’État, Maïdan, qui, en fait, a été organisé par les Américains. Maintenant, ces laboratoires continuent de travailler en Ukraine. Personne ne les contrôle, ils fleurissent », conclut Azarov.

Auparavant, EADaily avait rapporté que l’ambassade des États-Unis avait reconnu la présence de laboratoires biologiques américains en Ukraine. Selon la version officielle, leur objectif est « la recherche et le développement pacifiques de vaccins ».

source : Bruno Bertez

 

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Ukraine : 4 nouvelles pépites – pièces à

 

conviction à ne pas manquer

 

 

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par Dominique Delawarde.

Aujourd’hui 4 documents « pépites » que je trouve excellents pour éclairer notre lanterne.

1 – L’invasion de l’Ukraine par la Russie et surtout les narratifs médiatiques et les images diffusées sur nos télévisions, suscitent une telle émotion en Occident qu’elle empêche toute analyse objective et raisonnée de la situation, notamment la compréhension des causes profondes de l’action de Moscou, mais aussi la part de responsabilité qui revient aux Occidentaux et aux autorités ukrainiennes. Or, seule la prise en compte des unes et des autres pourrait permettre de parvenir à une sortie de crise. Yves Bonnet, ex-directeur de la DST (1982-1985), ex député, conseiller régional de la Manche et Éric Denécé, ancien analyste du renseignement (Guerre froide) et directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), nous livrent ici leur analyse.

2 – Le film documentaire de Oliver Stone (90 minutes) de 2016 (en anglais sous titré français) très documenté et très pédagogique sous le titre: « l’Ukraine en Feu« . Tout y est dit et prémonitoire.

3 – Aux naïfs qui ne croient toujours pas à l’existence de nazis en Ukraine, un excellent article, court et très documenté de Stratediplo, (source très fiable).

4 – Enfin, pour enfoncer le clou sur le nazisme au sein des élites ukrainiennes, un court article sous le titre : « Ne rien voir, ne rien dire » de Pierre Rimbert dans le journal « inattaquable » et politiquement correct « Le Monde Diplomatique ».

Bonnes lectures.

L’émotion délibérément suscitée par les médias (images et narratifs), dans le cadre habituel de la « guerre de l’information », devrait laisser place à la raison …..

Mais à chacun son avis, bien sûr …..

 *

 Deux autres pépites

1: Hier dans une émission sur la chaîne américaine Fox News, le présentateur vedette Tucker Carlson mettait en évidence, preuves à l’appui, les mensonges de l’administration américaine qui finance des laboratoires biologiques en Ukraine. Il mettait également en évidence les mensonges des Fast Checkers » qui s’obstinent désespérément à nier les faits et à imputer aux Russes tout ce qui est mauvais. Mais les faits sont les faits et les preuves sont, hélas, terribles pour les USA.
N’ayant pas le temps, ni la technique pour sous titrer le texte en bon français, je ne laisse que la version anglophone.

Cette révélation n’est pas surprenante. Souvenons nous toujours de la citation de Mike Pompeo: « Nous avons menti, triché, volé, c’était comme si nous avions suivi des stages entiers pour apprendre à le faire. »

2: Jacques Baud, colonel de l’Armée Suisse et spécialiste du renseignement vient de rédiger un article sur l’Ukraine, il est donné en pièce jointe. Son titre ? Situation militaire en Ukraine.

Rappelons que ce colonel suisse, ancien responsable des forces du Pacte de Varsovie au service de renseignement stratégique, et impliqué en 2014, à l’OTAN à la recherche des éventuelles livraisons d’armes russes aux républiques du Donbass, avait présenté son livre: « Gouverner par les Fake news » en Septembre 2021. Cette vidéo est, plus que jamais, d’actualité.

Comme tous ceux dont le discours ne va pas dans le sens des tenants actuels des pouvoirs politiques et médiatiques, ce colonel suisse a, bien sûr, été traité de complotiste. Cette accusation devrait être, aujourd’hui, un motif de fierté, lorsqu’on réalise l’état de corruption de ceux qui la portent: « Nous avons menti, triché, volé, c’était comme si ….. »

Dominique Delawarde

 

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Guerre, conflit et

 

ennemis de la vérité

 

 

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par Michael Brenner.

La frénésie engendrée par le conflit ukrainien renforce une mentalité de troupeau qui nécessite une réflexion critique.

La perception exacte, le langage précis et l’objectivité sont les premières victimes des guerres et des conflits. Et pour cause. L’émotion éclipse la raison. Le prisme « nous/ils » réfracte et déforme nos pensées. L’individu est emporté par l’humeur collective. La frénésie gronde juste sous la surface.

Les expériences de guerre et de conflit ne sont cependant pas uniformes. Elles varient. Quel sang est versé, en quelle quantité ? Sommes-nous les protagonistes directs ou simplement les partisans empathiques de certains combattants ? Dans quelle mesure et pourquoi nous identifions-nous à un camp ? À quel point haïssons-nous l’autre camp ? Notre moi collectif est-il vulnérable ou confiant ? Quel est le niveau d’anxiété préexistant ?

Par conséquent, chaque situation est particulière. La réponse subjective d’un pays et son comportement peuvent donc être très révélateurs.

Malheureusement, l’observation est floue et sélective. Nous sommes de piètres témoins de nous-mêmes. Parfois, nous n’obtenons jamais le recul nécessaire pour rendre compte clairement de ce qui s’est passé, de ce que nous avons ressenti et de ce que nous avons fait. Curieusement, plus l’expérience est singulière, moins on est enclin et capable d’y réfléchir.

CHAR UKRAINIEN EN FLAME

C’est le cas dans l’affaire actuelle de l’Ukraine. Cette particularité est en soi remarquable. Car cela n’est pas dû à l’indifférence, bien au contraire. Washington est le producteur et le metteur en scène en puissance de ce drame, ainsi que la co-star.

Le trait qui réclame notre attention critique est la frénésie que le conflit ukrainien a engendrée. Et ce, malgré l’absence de présence militaire américaine, l’absence d’intérêt national évident de premier ordre en jeu et l’éclatement du conflit à un moment où l’on aurait pu penser que l’appétit du pays pour ce genre de choses était rassasié par deux décennies de guerres sans fin et ratées dans presque toutes les régions du monde.

Ma principale préoccupation ici n’est pas de répondre à la question du « pourquoi ». J’ai essayé d’y répondre dans de précédents commentaires ici et ici. L’objectif est plutôt de mettre en évidence les caractéristiques de la personnalité nationale collective des États-Unis qui sont mises en évidence par notre réaction aux événements.

Hypocrisie

L’air en est chargé. La réaction émotionnelle excessive aux événements, concentrée à DC, se répand dans tout le pays – d’un océan à l’autre. Comme d’habitude, ce sont les médias et les politiciens qui prennent les devants et donnent le ton.

La sympathie pour la souffrance humaine est admirable lorsqu’elle est authentique et qu’elle est l’expression d’une préoccupation sensible et empathique, lorsque nous sommes touchés par l’occasion et pas seulement par le rituel. Honorer les victimes de fusillades de masse, d’attentats haineux et de catastrophes naturelles est émouvant et, en un sens, rassurant.

Aujourd’hui, nous assistons à un déferlement de sentiments sur le sort des Ukrainiens. Le plus frappant est la multiplication des veillées, des séances de prière et des protestations dans les universités. Des démonstrations de sentiments de cette ampleur devraient nous amener à réfléchir à leur pleine signification. Voici quelques éléments à prendre en considération.

Les pertes civiles en Ukraine sont relativement peu nombreuses. Malgré les efforts considérables déployés pour en trouver, le nombre réel de morts semble être de l’ordre de 300 à 400, selon un décompte de l’ONU.

Pour de bonnes raisons, les forces russes essaient, par calcul, d’éviter les attaques contre les centres urbains. Après tout, 40% de la population est russe et concentrée dans les régions où se déroulent les combats. En outre, Moscou affirme qu’elle n’a aucun intérêt à soumettre le pays à sa domination.

En comparaison, l’armée ukrainienne a bombardé les centres-villes de Lougansk et de Donetsk, faisant 440 victimes (77 morts et 363 blessés) selon une agence de l’ONU depuis le début de l’intervention militaire russe. De plus, le système d’approvisionnement en eau a été détruit. Depuis 2014, pas moins de 13 000 personnes ont été tuées dans le Donbass. Pourtant, ces faits ne sont pas rapportés et passent inaperçus dans l’absence totale de présence des médias dans une zone qu’ils ont effacée de leur carte journalistique.

Une perspective plus large est instructive. Pendant la semaine de combat en Ukraine, un plus grand nombre de civils innocents sont morts dans d’autres endroits à cause des actions américaines.

Au Yémen, les bombardements saoudiens incessants et l’étranglement des régions houthies continuent de faire des ravages : par les armes, par la famine, par la maladie. Ce carnage n’aurait pu avoir lieu sans l’implication directe de l’armée américaine.

Bien que la contribution américaine ait diminué depuis environ un an, les États-Unis continuent de jouer un rôle considérable dans l’assaut saoudien. Des officiers américains ont siégé dans les postes de commandement de l’armée de l’air en Arabie saoudite pour déterminer les cibles, des avions américains ont ravitaillé les avions saoudiens qui, autrement, n’auraient pas pu atteindre leurs cibles, ils ont fourni les armes et les munitions marquées « Made In USA ».

Les États-Unis ont également participé à l’embargo qui a empêché la nourriture et les médicaments de parvenir aux nécessiteux. La famine a augmenté de façon incommensurable le nombre de victimes. Au cours des six dernières années, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées, mutilées ou rendues invalides par la maladie.

Le carnage au Yémen dont les États-Unis sont complices n’a rien à voir avec la défense d’un quelconque intérêt national américain ou la suppression d’une quelconque menace. Sa seule rationalisation est un calcul douteux selon lequel mettre nos bras autour des épaules du boucher Mohammed bin-Salman à Riyad vaut la souffrance massive des innocents yéménites.

Au moins 15 personnes, dont des enfants, ont été tuées lorsqu’une frappe aérienne de la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite a touché une maison dans la ville de Taiz, dans le sud-ouest du pays, en avril 2018.

Cette décision a été prise par le président Barack Obama et son vice-président Joe Biden, réaffirmée par le président Donald Trump. Elle se poursuit à ce jour sous la présidence de Biden – le grand humanitaire qui a versé de copieuses larmes de crocodile pour l’Ukraine.

Pourtant, on peut toujours chercher une veillée, une veillée funèbre, un service commémoratif pour honorer les victimes du manque de respect du gouvernement américain pour la vie humaine au Yémen. Il n’y a certainement pas d’excuses pour les orphelins, les veuves et les invalides. Le sang sur les mains américaines est invisible, le sang sur les mains russes subit un examen microscopique. L’hypocrisie en majuscules.

Les règles de qui ?

Examinons l’ensemble du dossier pour voir ce qu’il dit de l’attitude des États-Unis à l’égard du droit, d’un « ordre international fondé sur des règles » et des actes criminels. Les États-Unis ont envahi et occupé l’État souverain de l’Irak sans aucun mandat légal, sans aucune revendication légitime – aussi exagérée soit-elle – d’autodéfense, et sans l’approbation du peuple irakien.

Résultat : des dizaines de milliers de personnes tuées directement par l’armée américaine et ses mercenaires ; des centaines de milliers de personnes tuées dans les violences qui ont suivi, et un nombre incalculable de blessés. Les colonies ont été rasées et transformées en paysages lunaires : Fallouja (deux fois), Mossoul, Raqqa, des parties de Bagdad et de nombreuses petites villes.

À eux seuls, les Marines américains ont tiré plus de 20 000 obus d’artillerie sur la ville densément peuplée de Mossoul, sans compter les semaines de bombardements aériens. Empathie ? Le gouvernement américain a attendu trois ans avant d’« admettre » à contrecœur que 483 civils sont morts à Mossoul. Selon les normes appliquées à l’Ukraine, ce dernier chiffre aurait été porté à un million environ. En fait, le véritable chiffre a été estimé entre 9000 et 11 000 civils tués.

Ensuite, il y a l’État islamique. Les États-Unis sont responsables de son existence même et, par conséquent, de ses actes macabres. Il a vu le jour dans la prison (Camp Bucca), mise en place par le général Stanley McCrystal, où des milliers de personnes ont été rassemblées sans discernement et enfermées ensemble. Ces conditions sinistres ont constitué le terreau de ses dirigeants et leur terrain de recrutement.

En Afghanistan, la soif de vengeance du 11 septembre nous a poussés à passer 20 ans à générer un chaos violent – dont 19 ans de chaos dirigé contre les Taliban, et non contre Al-Qaïda. À ce jour, il n’existe aucun rapport indiquant que les Taliban ont tué un seul Américain en dehors de l’Afghanistan.

Les États-Unis ont tué des dizaines de milliers de personnes et infligé des souffrances à beaucoup d’autres. Maintenant, dans le sillage de la fuite honteuse des États-Unis, le pays est affamé. Des femmes désespérées vendent leurs reins à des trafiquants d’organes afin de pouvoir nourrir leurs enfants.

Une société décente, avec une personne intègre à sa tête, inviterait l’une de ces femmes à assister au discours du président sur l’état de l’Union en tant qu’invitée d’honneur – peut-être assise à côté de la première dame Jill Biden et de l’ambassadeur ukrainien. Un tel geste symbolique contribuerait davantage à la réputation et à l’influence des États-Unis dans le monde que toutes les gesticulations creuses de la bande d’amateurs maladroits de Biden en matière de politique étrangère.

Nous avons répondu à ces conditions désastreuses en imposant des sanctions économiques. Dans un geste qui devrait être inscrit dans sa propre page d’infamie, l’humanitaire Joe Biden a littéralement volé 7 milliards de dollars d’argent afghan détenus dans des banques basées aux États-Unis et à la Réserve fédérale. Ce n’est pas l’argent des Taliban, et ce n’est pas non plus l’argent de l’État. La plupart appartiennent à de petits commerçants et à des particuliers dont les dépôts ont été transférés à la banque centrale afghane pour être mis en sécurité. Willi Sutton n’a jamais eu la vie aussi belle – et il n’était pas non plus moralement assez grossier pour se vanter de ses instincts humanitaires.

Enfin, n’oublions pas le soutien total et sans faille des États-Unis aux campagnes sanglantes répétées d’Israël pour « tondre le gazon » dans les territoires palestiniens illégalement occupés. Là-bas, chaque « tonte » fait des milliers de victimes. Là-bas, les écoles, les hôpitaux et les bureaux des journalistes désobéissants sont effectivement pris pour cible.

L’acte d’accusation est long. Nous n’avons même pas abordé le régime de torture que les États-Unis ont organisé à l’échelle mondiale – en violation explicite du droit international, des traités et des lois américaines, également. Un « ordre international fondé sur des règles », en effet.

Tous les peuples victimisés, négligés et oubliés qui sont mentionnés ci-dessus ont un trait commun. Je laisse à votre imagination le soin de trouver lequel. Un indice : ajoutez-y les Bosniaques ?

Mensonge
Biden parle de l’Ukraine à la Maison Blanche. (Capture d’écran de Ruptly)

Le mensonge est le serviteur de l’hypocrisie.

Nous, Américains, nous sommes progressivement habitués au mensonge et à la tromperie de la part de nos dirigeants, qu’ils soient au gouvernement ou dans d’autres grandes institutions puissantes. Nous appelons cela de la désinformation, car le mot « mensonge » est souvent trop brutal pour nos yeux et nos oreilles sensibles. Le New York Times a d’ailleurs pour règle stricte de ne pas utiliser le mot « mensonge ». Même Donald Trump n’a jamais « menti » aux yeux de ses rédacteurs. En un sens, nous nous sommes habitués au mensonge, tant il est banal. Seuls les innocents incurables croient ce que leur disent les candidats politiques ou les fournisseurs de gadgets électroniques.

En outre, la frontière entre vérité et fiction est devenue si floue que la réalité a perdu une grande partie de sa prééminence. Tout, nous dit-on, est subjectif ; ce que vous voulez croire est la vérité. Ainsi, en dépit de l’énorme mensonge accumulé par la CIA, le Pentagone, le département d’État et les porte-parole de la Maison Blanche au fil des ans, les médias grand public avalent tout ce qui leur est vendu, puis le reconditionnent sous forme de reportage et nous le vendent mot pour mot.

En voici un exemple frappant. Le 2 mars, on a demandé à Biden si les forces russes ciblaient délibérément des zones civiles en Ukraine, le président a répondu : « Il est clair que oui ». Un mensonge pur et simple – repris et transmis sans commentaire. Le hic, c’est qu’il s’agit du même mensonge que celui diffusé par les médias depuis des jours. Un mensonge à double sens entre le chef de l’exécutif et le soi-disant quatrième pouvoir. Confortable. Ceux qui savent mieux seront tenus à l’écart – des non-personnes.

Ainsi, nous lisons dans l’auguste New York Times que la Russie lance des attaques de missiles sur des villes ukrainiennes, tandis que les pertes civiles augmentent et que l’offensive russe sur Kharkov s’enlise.

Que des absurdités, que des mensonges. Jamais corrigés. Ce ne sont que des sous-titres d’une histoire fictive conçue pour mythifier, divertir et contrôler la pensée. Tout droit sorti de « 1984 », qui a besoin de censure ?

Un corps politique incapable d’énoncer et d’observer des normes éthiques raisonnables de comportement devrait tout de même trouver en lui la force de s’engager dans une discussion et un débat honnêtes sur des questions d’importance nationale supposée. L’Ukraine a montré, une fois de plus, que les États-Unis n’en sont pas capables.

Pourquoi un président ment-il avec autant de désinvolture en public ? Eh bien, d’une part, une longue expérience lui dit qu’il peut s’en tirer. Après tout, la plupart des Américains continuent de prendre pour argent comptant tout ce qu’on leur dit sur la scène internationale, bien que leurs dirigeants leur aient menti et les aient trompés.

Ils ont menti au sujet des ADM en Irak ; ils ont menti sur l’accueil à attendre du peuple irakien, ils ont menti à plusieurs reprises sur l’insurrection, ils ont menti à plusieurs reprises sur la torture, ils ont menti sur la magnifique armée nationale irakienne du général David Petraeus qui s’est enfuie devant Mossoul.

Ils ont menti pendant 20 ans d’affilée sur les progrès réalisés en Afghanistan ; ils ont menti sur nos tractations sournoises avec Al-Qaïda et les groupes djihadistes associés en Syrie, ils ont menti sur le soutien crucial apporté à l’État islamique par la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite. Ils ont également menti en niant la surveillance électronique complète des communications des Américains. Alors pourquoi devrions-nous les croire sur parole lorsqu’ils parlent des événements en Ukraine ? Pourtant, nous le faisons – pour plusieurs raisons.

Pourquoi les croit-on ?
La secrétaire d’État adjointe américaine de l’époque, Victoria Nuland, dans son appel téléphonique ayant fait l’objet d’une fuite.

Premièrement, les Américains sont devenus un peuple crédule. Deuxièmement, ils ont une image de la réalité qui a été façonnée par les médias grand public qui n’accordent aucune valeur à l’exactitude. Troisièmement, les Américains ne sont pas particulièrement intéressés par la vérité. Ce qu’ils veulent, c’est se conformer à l’histoire qu’on leur a racontée, qui fait l’éloge des États-Unis, qu’ils ont été conditionnés à croire, et qui ne met pas à l’épreuve leurs facultés mentales ou ne remet pas en question leurs croyances.

Biden sait tout cela. Sait-il également que la crédibilité américaine en pâtit auprès des autres gouvernements avec lesquels il doit traiter ? Pour paraphraser la diplomate Victoria Nuland : « J’emmerde les Russes ! J’emmerde les Chinois ! J’emmerde les Indiens ! » Et ne prenez même pas la peine d’emmerder nos alliés européens puisqu’ils se sont déjà emmerdés eux-mêmes.

La passion actuelle et l’ampleur des réactions en Occident appellent un examen attentif. Nous sommes ici dans le domaine de la psychologie sociale et du comportement de masse – l’hystérie, parfois, dans ses expressions extrêmes. L’Université Bicocca de Milan a failli annuler un cours sur Fyodor Dostoïevski donné par un professeur italien. L’orchestre philharmonique de Munich a renvoyé son célèbre chef d’orchestre russe Valery Gergiev, parce qu’il refuse le diktat qui veut qu’il critique le président russe Vladimir Poutine et l’invasion de l’Ukraine. Ils sont secondés par les orchestres de Rotterdam, New York, Vienne et la Scala qui ont annulé tous ses engagements. Le silence n’est pas toléré.

Peter Gelb en 2010. (Peabody Awards – The Metropolitan Opera : Live in HD Series, CC BY 2.0, Wikimedia Commons).

Tout aussi scandaleux, la célèbre soprano Anna Netrebko a été contrainte de renoncer à se produire à l’Opéra de Zurich parce qu’elle est considérée comme irrémédiablement entachée par le fait d’avoir reçu de Poutine un prix pour une réalisation artistique et d’avoir voté pour lui lors d’une élection antérieure.

Résidant depuis longtemps à Vienne, mariée à un baryton uruguayen, elle a en fait publié une déclaration condamnant la guerre comme une « agression » insensée et appelant « la Russie à y mettre fin immédiatement ». Même cela n’a pas brisé la glace de l’Inquisition. Le directeur général du Met de New York, Peter Gelb, qui a assumé l’autorité du Gauleiter de New York pour la pureté culturelle, a déclaré que « dénoncer la guerre n’est pas suffisant ».

On peut supposer qu’il souhaite que Netrebko s’arme du couteau de Madame Butterfly, grimpe sur les murs du Kremlin et éviscère Poutine en pyjama. La menace d’annuler ses apparitions au printemps est aussi logique que l’annulation des représentations d’Itzhak Perlman au Carnegie Hall parce qu’il a dîné avec Bibi Netanyahou en pleine période de ravage à Gaza et qu’il y a serré la main du vice-Premier ministre raciste Avigdor Lieberman, dont la solution au problème palestinien consiste à expulser tous les Arabes de Terre sainte dans le désert, c’est-à-dire la solution arménienne.

Si les collègues de longue date de Netrebko dans le monde de la musique avaient des principes ou du cran, ils lanceraient un ultimatum : cessez sa persécution ou nous boycotterons tous la saison entière du Met. Bien sûr, cela n’arrivera jamais – de nos jours, toutes les sphères de la société occidentale sont envahies par la lâcheté.

Ces éminents personnages rejoignent ainsi les rangs des ignorants comme les restaurateurs qui rebaptisent la sauce russe en sauce ukrainienne et le bœuf Stroganoff en bœuf Zelensky. Il existe un précédent : en 2001, les solons du Congrès américain ont modifié leur menu pour remplacer les innommables frites françaises par les Frites de la Liberté parce que le président français Jacques Chirac ne pensait pas que l’invasion de l’Irak était une bonne idée. Et pendant la Première Guerre mondiale, la choucroute est devenue le Chou de la Liberté. Nous avons à faire à des enfants.

Ensuite, il y a le gouvernement tchèque qui a publié un décret déclarant qu’exprimer une opinion favorable à l’intervention russe est un crime qui vous rendra passible de poursuites et d’emprisonnement. Même le régime de Prague est dépassé par ce coup porté à la paix et à la liberté : la Fédération internationale des Félins (FIFe) a ordonné mardi l’interdiction d’importer des chats élevés en Russie, vraisemblablement partout dans le monde. « Aucun chat élevé en Russie ne peut être importé et enregistré dans un livre de pedigree de la FIFe en dehors de la Russie, quelle que soit l’organisation qui a délivré son pedigree », a déclaré le conseil de la FIFe dans un communiqué.

Pour chercher une explication à ce comportement, il faudrait plonger dans les profondeurs troubles de l’esprit humain. Cela dépasse le cadre de cet essai.  Mais quelques idées me viennent à l’esprit.

L’une d’elles est que cette réaction excessive peut être motivée en partie par des sentiments cachés de culpabilité à l’égard de l’abstention irresponsable de l’Occident qui n’a pratiquement rien fait pour empêcher ou même atténuer les atrocités commises en Bosnie et au Rwanda. Le silence, alors, était d’or.

Peut-être ces sentiments ont-ils été renforcés par les excès de la « guerre contre le terrorisme » américaine, dont les Européens ont été les complices en Irak, en Afghanistan, en Syrie et au Yémen. Outre la fourniture d’une aide tangible, chaque gouvernement de l’OTAN a été complice du programme de restitutions, d’une manière ou d’une autre – à la seule exception de la France.

Un deuxième point de conjecture, lié au premier, est que ces personnes ont vécu des vies « non morales » dans un environnement éthiquement stérile. En d’autres termes, ils n’ont jamais été placés dans des circonstances où ils ont été confrontés à des choix moraux difficiles – où ils ont dû affirmer par l’action les idéaux et les vertus auxquels ils adhèrent nominalement.

À un certain niveau, certaines de ces élites éclairées et bien éduquées ont ressenti ce vide à des degrés divers. Soudain, une occasion en or de le faire se présente. De le faire sans douleur ni coût sérieux, avec le soutien mutuel d’une grande constellation de compagnons cosmopolites.

Il peut y avoir des conséquences fâcheuses, mais dans le moment d’exaltation, elles sont sublimées. Le seul point négatif qui peut entrer dans les marges de la conscience est que les gens vont geler ou transpirer dans le noir. Même dans ce cas, les élites fortunées trouvent des moyens d’éviter de geler ou de transpirer.

Comme c’est souvent le cas à l’heure actuelle, le « problème » ne se situe pas à l’extérieur, mais plutôt en nous-mêmes.

Pensée de groupe

Les Américains sont fiers de leur indépendance, de leur individualisme et de leur autonomie en tant que citoyens. Il fut un temps où il y avait peut-être un semblant de vérité à cela. Ce temps est révolu.

Les États-Unis ont depuis longtemps atteint une mentalité de troupeau. Le scepticisme et l’application d’une logique élémentaire et commune ne sont plus que des souvenirs et des légendes. La publicité commerciale, la télévision et l’abrutissement de l’éducation ont fait leur travail. Le débat public sur les questions d’intérêt public est superficiel et diminue régulièrement d’année en année. Nos dirigeants sont à la fois un effet et une cause renforçant ce phénomène.

Il est beaucoup plus facile, beaucoup plus confortable et plus commode d’habiter un monde collectif de fable et de fantaisie. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne l’identité nationale et les relations des États-Unis avec le monde.

Au fur et à mesure que le fossé entre le monde imaginaire et le monde réel se creuse, le besoin de renforcement par le consensus se fait plus fort, et avec lui, l’intolérance à la dissidence. C’est ce qui s’est passé dans la guerre contre le terrorisme et maintenant à l’égard de la Russie et de la Chine.

Une anecdote illustrative : Certains de mes récents commentaires ont suscité un nombre inhabituellement élevé de réponses. Deux d’entre elles, reçues la semaine dernière, méritent d’être signalées. Elles émanent toutes deux d’ambassadeurs à la retraite avec lesquels j’avais eu des échanges amicaux auparavant, l’un d’entre eux portant un nom que beaucoup d’entre vous reconnaissent pour ses réalisations remarquables dans le passé. Il écrit de façon peu diplomatique :

« Combien avez-vous été payé pour écrire ceci ? Vous allez perdre le peu de crédit qu’il vous reste en tant qu’universitaire sérieux ».

L’autre diplomate retraité écrit ceci :

« Pardonnez-moi, mais vous ressemblez à un certain nombre de vieux agents du service extérieur, de soi-disant « experts russes » en politique étrangère stratégique, avec lesquels j’ai perdu patience. Nous ne sommes PLUS au XXe siècle, les générations, l’histoire et la modernité ont progressé … Ce n’est pas la Russie historique humiliée dans l’abstrait qui choisit d’envahir l’Ukraine maintenant, c’est Vladimir Poutine en particulier …  Il s’agit de l’homme, plus que du pays ou de ses intérêts et de son gouvernement. Le principal problème est que tant notre droit que l’ordre public international n’ont jamais été capables de traiter avec des dirigeants vieillissants endommagés, peu sûrs d’eux et délirants a priori !!! »

Ainsi va la vie.

source : Consortium News

traduction Réseau International