Guerre d’Ukraine – 3-4 avril 2022 –

 

Jours 39-40 bilan de fin de journée

 

 

La guerre en Ukraine

+ Tout d’abord, il faut signaler ce thread de Scott Ritter, que nous reproduisons intégralement car il éclaire singulièrement la stratégie russe: 

Pour tous ceux qui se grattent la tête en signe de confusion, ou qui dépoussièrent leurs uniformes pour le défilé de la victoire ukrainienne à Kiev, à la suite de l’annonce du “changement stratégique” de la Russie, il serait bon de se familiariser à nouveau avec les concepts militaires de base.


La guerre de manœuvre est un bon point de départ. Comprenez que la Russie a commencé son “opération militaire spéciale” avec un grave déficit en effectifs – 200 000 attaquants pour quelque 600 000 défenseurs (ou plus). Un conflit classique d’attrition n’était pas envisageable. La victoire russe a nécessité des manœuvres.

La guerre de manœuvre est plus psychologique que physique et se concentre davantage sur le niveau opérationnel que sur le niveau tactique. La manœuvre est un mouvement relationnel – comment vous déployez et déplacez vos forces par rapport à votre adversaire. La manœuvre russe dans la première phase de son opération va dans ce sens.


Les Russes avaient besoin de façonner le champ de bataille à leur avantage. Pour ce faire, ils devaient contrôler la manière dont l’Ukraine employait ses forces numériquement supérieures, tout en répartissant leur propre puissance de combat, moins importante, pour atteindre au mieux cet objectif.


Sur le plan stratégique, pour faciliter la capacité de manœuvrer entre les fronts sud, centre et nord, la Russie devait sécuriser un pont terrestre entre la Crimée et la Russie. La prise de la ville côtière de Mariupol était essentielle à cet effort. La Russie a accompli cette tâche.


Pendant que cette opération complexe se déroulait, la Russie devait empêcher l’Ukraine de manœuvrer ses forces numériquement supérieures de manière à perturber l’opération de Marioupol. Pour ce faire, elle a eu recours à plusieurs opérations de soutien stratégique : feintes, opérations de fixation et attaque en profondeur.


Le concept de la feinte est simple : une force militaire est perçue comme se préparant à attaquer un endroit donné, ou mène effectivement une attaque, dans le but de tromper un adversaire et de l’amener à engager des ressources en réponse aux actions perçues ou réelles.

L’utilisation de la feinte a joué un rôle majeur dans l’opération Tempête du désert {en 1991 en Irak], où les forces amphibies des Marines ont menacé la côte koweïtienne, obligeant l’Irak à se défendre contre une attaque qui n’est jamais venue, et où la 1ère division de cavalerie a réellement attaqué Wadi Al Batin pour coincer la Garde républicaine.


Les Russes ont fait un usage intensif de la feinte en Ukraine, avec des forces amphibies au large d’Odessa gelant les forces ukrainiennes sur place, et une attaque majeure de feinte vers Kiev obligeant l’Ukraine à renforcer ses forces sur place. L’Ukraine n’a jamais été en mesure de renforcer ses forces à l’est.


Les opérations de fixation étaient également cruciales. L’Ukraine avait rassemblé quelque 60 000 à 100 000 soldats à l’est, en face de Donbass. La Russie a mené une vaste attaque de fixation destinée à maintenir ces forces pleinement engagées et incapables de manœuvrer par rapport aux autres opérations russes.

Pendant l’opération Tempête du désert [en Irak en 1991], deux divisions de Marines avaient reçu l’ordre de mener des attaques de fixation similaires contre les forces irakiennes déployées le long de la frontière entre le Koweït et l’Arabie saoudite, immobilisant ainsi un nombre important d’hommes et de matériels qui ne pouvaient pas être utilisés pour contrer l’attaque principale des États-Unis à l’ouest.


L’attaque russe de fixation a immobilisé la principale concentration de forces ukrainiennes à l’est et l’a éloignée de Mariupol, qui a été investie et réduite. Les opérations de soutien menées depuis la Crimée contre Kherson ont permis d’étendre le pont terrestre russe. Cette phase est maintenant terminée.

La Russie s’est également engagée dans une campagne d’attaque stratégique en profondeur visant à perturber et à détruire la logistique, le commandement et le contrôle, la puissance aérienne et l’appui-feu à longue portée de l’Ukraine. L’Ukraine est à court de carburant et de munitions, ne peut pas coordonner ses manœuvres et ne dispose pas d’une force aérienne significative.


La Russie est en train de redéployer certaines de ses principales unités, qui étaient engagées dans des opérations de feinte dans le nord de Kiev, afin qu’elles puissent soutenir la prochaine phase de l’opération, à savoir la libération du Donbas et la destruction de la principales force ukrainienne à l’est.


Il s’agit d’une guerre de manœuvre classique. La Russie va maintenant tenir l’Ukraine au nord et au sud pendant que ses forces principales, renforcées par les unités du nord, les Marines et les forces libérées par la prise de Mariupol, chercheront à envelopper et à détruire 60 000 forces ukrainiennes à l’est.


C’est la guerre “des grandes flèches” à son meilleur, quelque chose que les Américains connaissaient mais qu’ils ont oublié dans les déserts et les montagnes d’Afghanistan et d’Irak. Cela explique également comment 200 000 Russes ont pu vaincre 600 000 Ukrainiens”. 

 

+ Le retrait de l’armée russe des environs de Kiev n’empêche pas de maintenir les frappes balistiques. Un dépôt de munitions de l’armée ukrainienne a ainsi été détruit à Tchernigov. 

+ Si les médias occidentaux faisaient leur travail, ils montreraient par exemple la longue colonne de chars ukrainiens détruits sur la route de Kiev à Jitomir. 

+ Les désertions sont de plus en plus nombreuses dans l’armée ukrainienne. 

+ Le 501è bataillon de marine de l’armée ukrainienne s’est rendu à Marioupol. 200 hommes qui se retirent du combat – à la différence des miliciens fanatiques d’Azov.

Toujours à Marioupol, un nouveau maire aurait été désigné et la vie administrative et politique reprendrait doucement sous protection russe.  

Y a-t-il eu des volontaires français anciens militaires, à combattre du côté ukrainien à Marioupol? 

Butcha et le conflit géopolitique mondial

+ Sur l’épisode de Bucha, nous renvoyons aux deux articles publiés le 4 avril au matin par Eric Verhaeghe (ici et ici). Nous ne pouvons que recommander la plus grande prudence avant de porter un jugement. Comme le souligne très bien Verhaeghe: (1) le nombre de vidéos est limité et provient seulement des Ukrainiens. (2) Il s’est passé plusieurs jours entre le départ des troupes russes de la partie de Butcha qu’elles contrôlaient, et la découverte des cadavres. (3) Les vidéos visant à incriminer la Russie sont plus particulièrement relayées par des idéologues, en particulier ukrainiens, qui exaltent les Ukrainiens blancs contre “les Russes, les Mongols et les Sémites”‘ (sic!) 

Dans tous les cas, la propagande de guerre devient proprement sordide au moment où il devient clair que la défaite militaire ukrainienne est une question de quelques semaines. 

Nous ajouterons quelques points: 

– On nous a fait remarquer très justement que des violences comme celles de Bucha sont à placer en perspective de la distribution massive d’armes par les autorités ukrainiennes depuis le début de la guerre. 

-Notre familiarité avec ce conflit nous conduit à tester la possibilité de représailles commises par les militaires ou paramilitaires ukrainiens contre des individus jugés collaborateurs des Russes; avant de présenter les cadavres comme des victimes des Russes.  Peut-être les faits nous démentiront-ils. Mais l’hypothèse n’est a priori ni plus ni moins contestable que celle d’un massacre commis par l’armée russe. 

– On n’a jamais vu d’émotion publique ni d’indignation politique quand des vidéos de prisonniers russes très maltraités par les Ukrainiens ont été diffusées il y a quelques jours. Pour que la France soit crédible sur le plan diplomatique, elle devrait se garder de donner l’impression qu’il y aurait des victimes plus intéressantes que d’autres.  

– Visiblement nos politiques et nos médias n’ont rien appris des manipulations des trente dernières années, en particulier au cours des guerres d’Irak et de Yougoslavie. 

– les Ukrainiens sont en train de perdre la guerre. Le conseiller du président ukrainien Alexeï Arestovitch l’a reconnu. Doit-on penser qu’il leur reste ce type de manipulations comme tentative désespérée d’attirer les Occidentaux dans la guerre au nom de la prévention d’un “génocide”?  La visite de Zelenski à Bucha ce jour relève plus de la tentative désespérée d’entraîner l’Occident dans la guerre qu’autre chose. 

 

le néo nazi ukrainien

– je suis étonné du manque de sang-froid sur ce sujet des adversaires d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle (iciici,).  

– d’une manière générale, les Occidentaux se rendent-ils compte que le reste du monde n’entre pas du tout dans le storytelling ukrainien?  (voir par exemple la présentation très neutre du  Times of India).

+ une source elle aussi  neutre me dit que lors des échanges de prisonniers russes et ukrainiens, les Russes ont récupérés les leurs avec des traces de torture sur le corps. 

Le sujet d’éventuels trafics d’enfants ou d’adolescents ukrainiens est posé par la presse espagnole. 

+ Faut-il rappeler que toute guerre déchaîne les pires des instincts? C’est ce que redit régulièrement ces jours-ci le pape François – qui refuse de prendre parti dans la guerre et est pour cela soumis à d’énormes pressions ou à la désinformation occidentale. 

+ Le ministre des Affaires étrangères chinois s’est entretenu avec son homologue ukrainien et lui a rappelé l’importance des négociations de paix et d’une sécurité européenne incluant la Russie.

L'économie allemande déjà victime

des sanctions anti-russes?

+ L’économie allemande est-elle au bord de l’auto-destruction?

– malgré la pression de nombreuses grandes entreprises et banques, le gouvernement donne l’impression de ne pas prendre au sérieux l’urgence de l’ouverture d’un compte dans une banque russe pour régler le gaz russe. D’un côté, le Chancelier parle de nouvelles sanctions; de l’autre le Ministre des Finances Christian Lindner explique que l’Allemagne ne peut pas se passer “à court terme” du gaz russe. Pourtant l’Allemagne prend prétexte de Butcha pour envisager des sanctions énergétiques et expulser 40 diplomates russes. La nationalisation des branches allemandes de Gazprom et Rosneft est plus symbolique qu’autre chose mais elle dénote l’agressivité du gouvernement allemand.

– L’inflation a été de 7 %  en mars en Allemagne et la grande distribution annonce une augmentation des prix alimentaires pouvant aller de 30 à 50% à partir du 4 avril 2022. 

 L’institut économique de Cologne parle d’un possible effondrement de l’industrie automobile allemande qui a beaucoup misé sur des chaines de fabrication européennes allant jusqu’en Ukraine et des routes de livraison mondiales.  Dans l’immédiat, la fermeture de sites de productions ukrainiens et la mobilisation (au moins théorique)  par l’armée ukrainienne de 100 000 chauffeurs routiers ukrainiens pèsent déjà sur la production en Allemagne. 

– Le comité des cinq  “sages” qui conseillent le gouvernement allemand en matière économique fait baisser les perspectives de croissance pour l’ année 2021 de 4,5 à moins de 2%. 

– L’institut de l’économie de Cologne, toujours lui, souligne que tout cela prend place dans un recul sur deux décennies de la part de l’Union Européenne dans la production et le commerce mondial. 

+ Le Global Times, journal de langue anglaise proche du Parti Communiste chinois a du mal à comprendre comment l’Union Européenne peut se laisser à ce point mener par le bout du nez par les Américains qui continuent à importer des engrais de Russie (reclassés en biens de première nécessité) et qui ont fait augmenter leurs importations de pétrole russe en mars 2022. 

Alors, la crise ukrainienne, un moyen pour les Américains de casser l’économie allemande et européenne? 

 

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Ukraine : récits contradictoires

 

sur le massacre de Bucha

 

 

parÉric Verhaeghe

Les images de Bucha ont évidemment choqué (nous produisons un article par ailleurs sur l’engouement occidental à dénoncer un crime sans témoin attribué sans preuve à l’armée russe). Ce dimanche, les cadavres laissés dans les rues ont provoqué un choc psychologique en Occident tout à fait légitime et compréhensible. 

Elles ont été diffusées le 3 avril, c’est-à-dire 4 jours après le départ des troupes russes. 

Pour mémoire, Bucha se trouve à 5 kilomètres de cette immense ville qu’est Kiev, à 15 kilomètres de son hypercentre historique. Bucha est l’équivalent de Nanterre pour Paris, c’est-à-dire une ville de banlieue (40.000 habitants) très proche du coeur administratif du pays. 

À quoi ressemblait Bucha quand les Russes sont partis ?

Pas de chance pour la propagande ukrainienne : entre le mercredi 30 mars, jour où les Russes sont partis, et le dimanche 3 avril, jour où les réseaux ukrainiens ont diffusé les images de boucherie, des journalistes et des photographes se sont rendus à Bucha et en ont rapporté des compte-rendus… très différente de ce qui nous est servi aujourd’hui. 

Ainsi, on trouvera le site Human Rights Watch les images très détaillées de Bucha publiées le jour de sa “libération”. Nous en reproduisons la une ci-dessus. 

Comme on peut le lire dans cet article pro-occidental en anglais, on y parle de la dévastation de la ville, par le menu… mais pas un mot sur un charnier de 400 civils les mains ligotés dans le dos, abandonnés dans les rues à la vue de tous. 

Comme c’est bizarre !

Le maire de Bucha n’avait rien vu le 31 mars

Autre problème, l’agence de presse ukrainienne Interfax n’avait, le 31 mars, absolument rien vu sur place, pas plus que le maire de Bucha, en principe assez bien placé pour savoir ce qui s’était passé dans sa ville jusqu’à jeudi dernier…

“Dear friends and Bucha community! March 31 will go down in the history of our settlement, the entire territorial community, as the day of liberation from Russian orcs, Russian occupiers by our Armed Forces of our settlements,” the mayor said in a video statement posted on the Facebook page of Bucha City Council.

On notera l’expressoin “d’orcs russes”, qui appartient à la sémantique néo-nazie ukrainienne courante sur les publications de cette mouvance (ou l’orc le dispute au “porc russe”). 

Irpin “libérée” dès le 28 mars

Pour ceux qui n’auraient pas en tête la géographie de cette banlieue de Kiev, voici une petite carte qui montre la proximité entre Bucha et Irpin :

Il se trouve que, toujours selon Interfax, Irpin avait été “libérée” dès le 28 mars. Le maire de la ville avait alors annoncé le début d’une opération de nettoyage dans les rues. 

Les récits officiels ukrainiens indiquent donc que l’armée russe s’est retirée d’Irpin et de Bucha la semaine dernière, soit trois jours au moins avant le prétendu “génocide” de Bucha. Visiblement, le 31 mars au soir, aucun massacre de masse n’y avait été constaté.

Que s’est-il passé durant le week-end ?

De façon assez étonnante, Interfax lance une nouvelle information vendredi dernier : elle émane du secrétaire général de la ville, et non du maire (dont on a vu qu’il avait annoncé triomphalement le départ des troupes russes la veille) qui avertit qu’il est dangereux de se promener dans Bucha. 

“At the same time, a large number of sabotage groups remain, as well as the Russian military, disguised as civilians, and in fact continue to resist”

L’armée russe en uniforme avait donc quitté la ville, mais des “saboteurs” et des “militaires russes déguisés en civils” étaient encore présents. 

Sont-ce ces saboteurs ou ces militaires déguisés qui ont massacré la population, ou bien sont-ils les cadavres étalés dans les rues, tués par les militaires ukrainiens ?

Il est impossible de le dire aujourd’hui et bien téméraire est celui qui est capable de le dire. 

 

GUERRE A KIEV

 

 

 

Un Reporter russe témoigne sur les

 

véritables auteurs du massacre de Boutcha

 

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Un Reporter russe témoigne sur les véritables auteurs du massacre de Boutcha.

• À Boutcha, une banlieue de Kiev, plus d’une dizaine de corps de civils tués ont été filmés trois jours (!) après le retrait russe de la zone. Les médias occidentaux (mais pourquoi mentent-ils avec si peu de scrupules ?), sans aucune enquête, accusent la partie russe d’y avoir commis des crimes de guerre. Le journaliste Aleksander Kots, qui était dans la région depuis un mois, propose des contre-arguments.

• Indices de clarification : Pourquoi les victimes de Boutscha portent-elles des brassards blancs ?

Les images horribles de la ville de Boutcha dans la région de Kiev font maintenant le tour du monde. On y voit plusieurs cadavres et les responsables ont déjà été identifiés dans les médias occidentaux : il s’agirait d’un crime de guerre russe et tous les médias félons martèlent déjà une guerre de représailles comme en Yougoslavie.

Le journaliste et reporter de guerre russe Alexander Kots, qui a passé un mois près de Kiev avant le retrait des troupes russes, s’oppose avec véhémence à ce préjugé et explique également pourquoi le récit ukrainien du « massacre de Boutcha » est une falsification, un fake comme on dit désormais. Il estime probable que l’acte ait été commis par des gangs nazis ukrainiens, qui se disent « défensives territoriales ». (Eric Fery)

par Alexander Kots.

« La tactique de la mise en scène vidéo ne m’étonne plus depuis la Syrie, où des attaques massives à la roquette ont été décidées sur la base des mises en scène [précédentes] des « Casques blancs ». Et ici, les « professeurs » pour de telles opérations d’information et de psychologie sont les mêmes – avec des oreilles britanniques qui ressortent clairement visiblement.

J’ai vu comment les attitudes locales envers l’armée russe avaient changé. Au début, ils avaient peur d’eux – le résultat d’un profond lavage de cerveau à la télévision. Ensuite, il y a eu une attitude prudente car la curiosité l’a emporté sur les gens et ils sont sortis de leurs sous-sols. Et plus tard vint le marchandage : les locaux échangeaient des biens en nature avec les militaires russes. Par exemple, a été échangé du gaz contre un générateur, contre du lait et du fromage fermier. De plus, les militaires russes n’ont pas demandé de lait, mais ont donné le carburant gratuitement. Mais nos voisins là-bas ont estimé qu’il était de leur devoir de leur rendre la pareille. Les militaires russes leur ont donné des rations sèches et apporté des médicaments…

Mais bien sûr, ce n’est pas non plus l’argument principal selon lequel le « Srebrenica » ukrainien est un faux. En fait, pendant un mois et demi, Boutcha n’a jamais été entièrement contrôlé par les troupes russes, même pas un jour. (…)

La vérité est que dans le cadre du redéploiement, les troupes russes ont quitté Boutcha quelques jours avant la découverte des « victimes de l’occupation ». Les forces ukrainiennes soutenues par l’OTAN n’ont pas immédiatement reconnu le départ et, pendant près de trois jours ont bombardé la ville avec de l’artillerie qui a sans doute pu toucher des civils.

Lorsqu’ils ont finalement pénétré dans la ville, une « chasse aux sorcières » a commencé contre ceux qui avaient collaboré avec les forces « d’occupation ». Dans le feu de l’action, personne ne prend la peine de chercher des preuves et des corps, les mains liées, ont été jetés dans des puits.

Sauf que : L’état des cadavres laisse penser qu’ils ont été assassinés avant-hier au plus tôt. Je sais à quoi ressemblent les cadavres après être restés dans la rue pendant des jours. C’est une image complètement différente ici. »

Le reporter de guerre a remarqué que la majorité des morts visibles sur les photos publiées aujourd’hui (!) par le site ukrainien portent des brassards blancs. Comme on le sait, ces brassards blancs, écrit Kots, ont toujours été la marque distinctive des associations russes. Au fil du temps, les civils locaux ont également utilisé ce signe de reconnaissance, la plupart d’entre eux portant des brassards blancs faits maison afin que les soldats russes les reconnaissent comme les leurs.

Lorsque les troupes russes ont quitté les positions dans et autour de Boutcha dans la nuit du 30 au 31 mars et ont été retirées de cette partie de la région de Kiev dans leur redéploiement, les troupes ukrainiennes ne l’ont pas immédiatement découvert, rapporte Kots. Il faudra attendre le 1er avril pour qu’ils s’installent dans la commune, et prennent le contrôle à la place des bénévoles des associations territoriales. Désormais, les civils, principalement des hommes, étaient identifiés par des brassards blancs : les groupes nazis (revendiqués) les prenaient pour des militaires ou des partisans russes et leur tiraient dessus.

Alexandre Kots écrit :

« Voici une preuve supplémentaire. Les corps à Boutcha avec des brassards blancs, qui est une marque distinctive russe. Les forces ukrainiennes ont tiré sur des gens – qu’ils portaient des armes ou non. L’essentiel était qu’ils portaient des brassards blancs, ce qui [aux forces nazies ukrainiennes] signifiait qu’ils étaient « l’ennemi ». Ouvrez les yeux ! Ce ne sont pas les troupes russes qui ont massacré les civils de Boutcha. Pour quelles raisons auraient-ils tué des gens qui leur étaient favorables ? Ce sont les braves « terbats ». (Du nom de territorial batalion aka Terrorbat, des gangs autonomes proxy de l’OTAN, armés par l’irresponsable bouffon poudré  Zelensky)

Le retrait des troupes russes de Boutcha avant le 31 mars, probablement dans la nuit du 30 au 31 mars, est confirmé par une vidéo diffusée par le maire de la ville le matin du 31 mars, qui annonce triomphalement la « libération » (de troupes russes). Il n’a pas mentionné un massacre antérieur.

La circonstance décrite par les journalistes français – outre la confirmation des brassards blancs des victimes – que l’un de ces morts possédait son passeport ukrainien étaye l’hypothèse du correspondant de guerre russe Kots : Tenir un passeport ukrainien n’a de sens que pour les militaires Ukrainiens – dans le but, espérons-le, de les empêcher de faire tirer dessus.

Les premières images de Boutcha montrant des cadavres ont circulé dans les médias le 2 avril, soit le troisième jour après le retrait russe de cet endroit.

Alexander Kots, né en 1978, travaille depuis 1999 pour le journal à grand tirage Komsomolskaïa Pravda et a été reporter de guerre au Kosovo, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, dans le Donbass et dans d’autres régions en conflit.

Le ministère de la Défense de la Fédération de Russie a officiellement nié toute responsabilité des troupes russes dans le meurtre de civils.

Il est vrai que les informations fournies par Kots ne peuvent pas être vérifiées de manière indépendante à l’heure actuelle. Mais elles devraient au moins nous rappeler que de tels préjugés sur l’armée russe sont toujours très discutables.

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Ukraine : La levée des morts

 

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par Jacob Dreizin.

Les Ukrainiens ont vaincu la mort

Après l’évacuation des Russes au nord de Kiev (la ville n’a jamais été un objectif à atteindre), les médias ukrainiens sont revenus sur place et ont recensé des corps ici et là, et les ont étalés sur tous les journaux télévisés comme si c’était l’Armée rouge qui libérait Auschwitz.

Dans le clip de cinq secondes ci-dessous, tiré de la télévision ukrainienne et intitulé « Civils abattus à Boutcha : les avocats rassemblent déjà des preuves pour les tribunaux internationaux », les cadavres sont disposés sur la route, à la vue des soldats libérateurs et des équipes de tournage qui circulent sur la route. La séquence originale, plus longue, présente de nombreux cadavres sur la route, comme s’ils se promenaient (personne ne conduit dans cette ville) ou traversaient la rue et qu’ils étaient soudainement tous morts.

Le cadavre à droite, bouge la main de peur de se faire écraser, même si bien sûr le camion est assez loin. Un autre cadavre est dépassé et on peut alors le voir dans le rétroviseur droit du camion, en train de tourner littéralement tout son corps puis de s’asseoir, ne reposant plus son torse sur le sol. C’est immanquable et tellement effrayant. Bien sûr, les rues sont désertes et personne ne sort pour saluer les libérateurs, parce que chaque âme vivante ici était dans la rue et s’est soudainement fait tirer dessus par les Russes.

Pourquoi Boutcha, et pas Irpin, où les dégâts matériels – et probablement le nombre de cadavres « authentiques » disponibles en raison des tirs d’artillerie des deux côtés – étaient nettement plus importants ? Ou pourquoi pas ici, là et partout ? Je veux dire que si les Russes tiraient sur des passants qui promenaient leur chien au hasard, ils le feraient partout. Peut-être Boutcha a-t-il été choisi parce que cela ressemble à Boucher et Boucherie, et que les tabloïdes et les Twitters s’en servent déjà ? C’est tout simplement trop beau pour passer à côté.

Comme je l’ai dit, les amis, c’est une guerre mais c’est aussi une production, un spectacle.

 


Les forces russes sont restées à Boutcha pendant quelques semaines ou peut-être un mois. Le jeudi 31 mars, le maire de Boutcha a annoncé dans un message vidéo que toutes les forces russes avaient déjà quitté la ville. Bien sûr, la zone avait été bombardée par les deux camps, mais il n’a pas mentionné d’exécutions de masse, en soi. Les Russes partis, des milliers d’habitants munis de smartphones ont été immédiatement libres de se promener et de documenter ce qu’ils voulaient. Mais ce n’est que le samedi 2 avril que nous avons commencé à voir des titres tels que « fosse commune avec 280 corps » et ainsi de suite, et je me suis dit : « Très bien, c’est parti !!! ».

Le dimanche 3 avril, les informations ukrainiennes ont commencé à diffuser des photos et des vidéos de corps, quelques-uns ici, quelques-uns là, certains assez frais, d’autres pas, et le même jour, le service de relations publiques de l’Ukraine basé aux États-Unis a publié une entrée détaillée sur Wikipédia pour le « Massacre de Boutcha ». Et, le lundi matin, le cycle des nouvelles commence aux États-Unis, et maintenant certains crétins sur MSNBC etc. appellent à une intervention militaire. C’est comme ça que ça marche, les amis. (N’oubliez pas de vous double-masquer et de faire votre piqûre de rappel).

Les Russes sont convaincus que certains de leurs propres sympathisants ont été tués au nord de Kiev, comme le monsieur de l’escadron de la mort sur la photo ci-dessous (qui n’est pas de Boutcha ou de la région de Kiev) ; ils pensent que le service de sécurité ukrainien et la milice ont dû intervenir avant que l’armée ne se montre devant les caméras.

Bien sûr, tous les morts ne se réanimeront pas. Vous pouvez tirer vos propres conclusions en fonction de votre estimation de la crédibilité de la partie qui fait ces affirmations.

La fine fleur de l’Ukraine à nouveau à l’œuvre

La vidéo ci-dessous montre quatre policiers ukrainiens attachant un suspect de vol à l’étalage (vraisemblablement, ce n’est pas clair) à un lampadaire à l’aide d’une sorte de film Saran. Ces vidéos de « détention d’un suspect de vol à l’étalage » sont très courantes, mais c’est la première fois que je vois la police le faire. Ce pays est en train de retourner au Moyen-Âge. Ça ne va faire qu’empirer, empirer, empirer.


Tout ce qu’on vous dit sur l’Ukraine est un fantasme

La vidéo ci-dessous montre une récente marche patriotique à Odessa, la troisième ville d’Ukraine, qui compte plus d’un million d’habitants.  Je pense que la vidéo date de la toute fin février ou des premiers jours de mars. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo, il n’y a presque pas d’Ukraine à Odessa (à part le gouvernement et les médias). En temps de guerre, alors que l’existence de l’Ukraine est remise en question, c’est tout ce qu’ils ont pu rassembler comme manifestation patriotique :

 


En effet, la police d’Odessa était si indifférente au Printemps russe de 2014 que des voyous ont dû être amenés de Kiev pour affronter les manifestants, ce qui a conduit à un incident horrible avec une quarantaine de morts (parmi les manifestants) pour lequel personne n’a jamais été traduit en justice, malgré de nombreuses preuves vidéo, entre autres.

Je vous épargnerai les détails ; le fait est que cette ville aurait filé comme le Donbass sans l’extrême violence commanditée par le nouveau régime du Maïdan en mai 2014. Aujourd’hui, vous pouvez voir à quel point ils aiment l’Ukraine à Odessa. Cette ville va peut-être passer en Russie.

 

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L’Ukraine de plus en plus sèche

J’ai dit dans mon dernier billet que les raffineries de pétrole de l’Ukraine seraient bientôt attaquées, et c’est arrivé.

Vendredi soir ou samedi matin, la raffinerie de Kremenchug a été mise hors service. Puis, dans la nuit de samedi à dimanche, la raffinerie d’Odessa a été attaquée. Les lecteurs se souviendront que j’ai également dit que les dommages concerneraient des zones des installations qui seraient plus faciles à réparer, afin de rétablir la fonctionnalité après la guerre. Et il semble que jusqu’à présent, « seuls » les réservoirs d’essence et de diesel ont été touchés. Vous trouverez ci-dessous une vidéo de plusieurs points endommagés dans les installations d’Odessa :


Les deux seules raffineries ukrainiennes en état de marche étant incapables de décharger la nouvelle production, et la plupart des grands réservoirs de stockage à l’est du Dniepr ayant été détruits, il y a maintenant très peu de diesel disponible pour l’armée ukrainienne dans l’est et le centre du pays, à l’exception de ce qui se trouve actuellement dans ses réservoirs de gaz, de tous les réservoirs du parc automobile de l’armée qui ne sont pas à sec ou qui n’ont pas été détruits, de ce qui reste dans les stations-service civiles, et probablement de quelques citernes actuellement en mouvement. En fait, au moins plusieurs citernes se trouvaient dans un train qui a été touché près de Pavlograd, transportant également des véhicules blindés et des munitions vers l’est pour secourir les forces ukrainiennes assiégées dans le Donbass.

Les forces qui ont été redéployées de Kiev et d’ailleurs vers Dniepropetrovsk ne seront pas en mesure de se déplacer bien au-delà de Dniepropetrovsk, et il est probable que toutes les unités ukrainiennes à l’est du Dniepr seront incapables de déplacer leur équipement lourd d’ici une semaine environ, comme je l’avais prédit dans ma lettre d’information électronique à la mi-mars.

L’Ukraine ne sera tout simplement pas en mesure de renforcer son groupe d’armées du Donbass, ni de manœuvrer et de combattre dans le pays plat, « ouvert » (faiblement boisé) et relativement sous-peuplé entre Dniepropetrovsk et Donetsk.

La situation aurait été différente si ces forces avaient été redéployées plus tôt et avaient eu la possibilité de se retrancher dans les villes et villages à l’est de Dnepropetrovsk ; maintenant, il est trop tard. Entre le manque de carburant et l’aviation russe, il n’y a plus d’espoir.

Il est clair que le déploiement russe près de Kiev, désormais annulé, a réussi à détourner les ressources et l’attention de ce qui est désormais une situation totalement désespérée pour le groupe d’armées ukrainien du Donbass et pour toute perspective de défense de la zone située à l’est de Dniepropetrovsk et au nord de Houliaïpole.

Il est amusant d’entendre les États-Unis, l’Australie et d’autres pays promettre d’envoyer davantage de chars et de véhicules blindés en Ukraine. Ils ont toujours eu un jour de retard.

Ce n’est pas seulement que l’envoi de ces types de véhicules est un aveu que l’Ukraine manque de blindés (ils avaient des milliers de véhicules blindés au début de la guerre, maintenant ils se déplacent dans des fourgons et des pickups) alors que les comptes rendus des pertes massives russes sont faux. C’est aussi qu’il n’y aura pas de carburant pour les faire fonctionner. Ce dont l’Ukraine a besoin maintenant, c’est de diesel.

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(J’ai entendu sur l’autoradio que l’Ukraine demande des F-15 et des F-16. Peuvent-ils faire voler ces avions ? Ont-ils le carburant ? Des pistes d’atterrissage fonctionnelles ? Ils dérivent de plus en plus loin dans l’espace profond).

Rétrospective de Marioupol

L’opération de Marioupol est sur le point de s’achever. On estime que 90 à 95% de la ville, dont la majeure partie du centre-ville, a déjà été débarrassée d’Azov et de l’armée ukrainienne.

Il s’agit certainement de l’un des résultats les plus déséquilibrés de l’histoire des opérations d’assaut urbain.

Grâce au haut niveau d’entraînement et de motivation des forces d’attaque, à l’utilisation de tactiques modernes, notamment les assauts de petites équipes blindées sur les points forts, ainsi qu’à l’utilisation de technologies telles que les drones de surveillance et les munitions à guidage laser, les assaillants ont pu, en l’espace d’un mois, minimiser les pertes, Ils ont probablement maintenu le nombre de leurs morts bien en deçà de 500, tout en tuant ou en capturant plusieurs milliers de défenseurs bien armés et motivés. Ils ont également maintenu le nombre de morts parmi les civils à un niveau relativement « bas » (selon les normes historiques), compte tenu de l’ampleur, de la férocité et du caractère destructeur des combats, probablement en deçà de 3000, les deux camps en ayant tué une bonne partie par des bombardements et des incendies.

(Au début de l’offensive, il y avait jusqu’à 300 000 civils piégés dans cette ville de la taille de Stalingrad qui en accueillait normalement 431 000).

À l’heure actuelle, près de la moitié de la population de la ville, depuis le début du siège, a été évacuée vers des lieux de vie plus confortables en Russie ou dans d’autres régions d’Ukraine contrôlées par la Russie. Ceux qui restent dans la ville sont maintenant nourris par l’aide de la Russie et de Donetsk.

Samedi soir, CBS News m’a dit sur l’autoradio que le vice-Premier ministre ukrainien avait déclaré que 136 civils avaient été évacués par son gouvernement ce jour-là. Si j’ai bien compris, c’est le nombre de personnes qui ont choisi de se rendre en territoire contrôlé par l’Ukraine ce jour-là.

Pendant ce temps, la Russie a évacué des milliers de personnes par jour, jusqu’à 13 000 en une seule journée. Vous ne le sauriez pas en regardant les médias grand public. Il est très intéressant de voir comment la Russie aide ces personnes ; elles sont déplacées et logées dans toute la Russie, le pays envahisseur. Cela ferait un reportage intéressant. Mais il est plus facile de limiter le récit à ce que le gouvernement ukrainien dit sur son Twitter. 136 personnes, super !

QG de la sécurité de Marioupol

ATTENTION : La vidéo ci-dessous montre plusieurs corps décédés, pas particulièrement « graphique » mais néanmoins, vous êtes avertis.

La vidéo ci-dessous montre la station de Marioupol du Service de sécurité de l’Ukraine (en ukrainien, abrégé en « SBU »). Le SBU est le descendant local du KGB soviétique, similaire au FSB russe. Ce bâtiment est d’un grand intérêt, car il détient des informations sur les informateurs du SBU parmi la population de la ville. Il semble que certains ordinateurs portables aient été démontés et leurs disques durs retirés ou détruits par le SBU avant l’arrivée des forces russes ou de Donetsk.

Vers 1:20, on peut voir un mur avec le drapeau du « Secteur droit », une milice quasi-fasciste et un empire commercial ayant des racines dans le milieu du crime organisé de l’extrême ouest de l’Ukraine. Il est intéressant de voir ce drapeau orner le mur d’un bureau du SBU ; cela montre à quel point les « fachos » étaient/sont tolérés, voire soutenus, à tous les niveaux de la structure étatique ukrainienne.

Entre 4:55 et 5:10 de la vidéo, la journaliste montre un drapeau russe et des perruques de femmes que les hommes du SBU avaient vraisemblablement l’intention d’utiliser pour quitter furtivement la ville. Le soldat qui l’escorte mentionne que de nombreux militaires ukrainiens se sont déguisés en femmes pour tenter de quitter la ville sans être arrêtés.


Quoi qu’il en soit, des centaines d’hommes d’Azov et de l’armée ukrainienne ont été tués ou arrêtés alors qu’ils se déplaçaient sur les routes ou dans les champs à l’extérieur de Marioupol, et un nombre probablement beaucoup plus important s’est échappé vers la province de Zaporozhia, tenue par les Ukrainiens.
Qu’est-ce qu’Azov ?

L’importance de la liquidation d’Azov à Marioupol ne peut être sous-estimée. Azov était le fleuron de la « Garde nationale » du ministère ukrainien de l’Intérieur, qui a été créée dans son itération actuelle en tant qu’« armée de réserve » idéologique et politiquement contrôlée en avril 2014, après que l’armée régulière ukrainienne se soit révélée peu motivée pour faire face aux rebelles pro-russes.

Azov ne faisait pas partie de la Garde nationale à l’origine, mais a été intégrée à la Garde lorsque Kiev a décidé de limiter l’autonomie des unités de volontaires ultranationalistes qui avaient vu le jour en 2014.

Malheureusement, la suppression du symbole d’Azov, inspiré de la croix gammée, n’a jamais été exigée, pas plus que par l’Oncle Sam, qui peut normalement obtenir tout ce qu’il veut du gouvernement ukrainien.

Le fait est que, sans l’orientation nazie, Azov n’aurait pas été en mesure de recruter et de retenir le type de fanatiques nazis tatoués, de hooligans fans de football et de « chercheurs de seconde chance » ultra-loyaux qu’il visait. Du côté de l’Oncle Sam, cela a simplement été toléré et ignoré – comme beaucoup d’autres choses – comme quelque chose de nécessaire dans la lutte contre la Russie et l’influence russe en Ukraine orientale.

Le « bataillon » Azov est devenu un « régiment », puis une entité de la taille d’une division et un empire commercial dans toute l’Ukraine orientale. Toutefois, leur plus grande concentration se trouvait à Marioupol, où ils constituaient une sorte d’État dans l’État. Il ne fait aucun doute que Azov disposait de son propre flux financier à Marioupol, à l’instar d’une organisation mafieuse. Ils étaient intouchables, jusqu’à l’arrivée de la Russie.

La Russie étend son contrôle au sud d’Izium

La Russie a dégagé toutes les forces ukrainiennes d’Izium (sud-est de la province de Kharkov) et des villes et villages situés immédiatement au sud et au sud-est. Mon hypothèse selon laquelle le pont temporaire russe sur le Seversky Donets se trouvait au sud-est d’Izium était fausse. Le pont se trouve en fait au sud-ouest de la ville, probablement juste à l’ouest de Shpakovka.

La vidéo ci-dessous montre les forces russes traversant le pont, puis un voyage au Mont Kremianets dans la partie sud de la ville, qui aurait été utilisé comme plate-forme de repérage pour diriger les tirs d’artillerie sur le site de construction du pont.

Cette zone est désormais sécurisée et l’attention s’est portée sur Barvenkovo, tenu par les Ukrainiens, à 30 km au sud-ouest. Si/quand la Russie prend Barvenkovo, son flanc ouest sera sécurisé pour une descente vers (éventuellement) Dobropole, à une trentaine de kilomètres au sud, ce qui permettra de faire la jonction avec les forces russes et de Donetsk venant du sud et d’achever l’encerclement du groupe d’armées de l’Ukraine dans le Donbass.


Les sanctions ont échoué

De 800 à 900 avions loués et appartenant à des étrangers (d’une valeur d’environ 10 milliards de dollars) sont désormais « bloqués » en Russie après que des pays européens et d’autres pays aient interdit les vols entre la Russie et leur territoire. La Russie n’a pas l’intention de restituer ces avions pour la durée de la guerre économique, et va même les utiliser pour le trafic interne et les vols vers les pays neutres. Les paiements de location seront dorénavant effectués en roubles (hahaha.)

Grâce au lobbying des propriétaires des avions, qui veulent les récupérer en un seul morceau, les États-Unis et l’Europe ont discrètement autorisé la fourniture de pièces de rechange ainsi que l’entretien des avions dans un ou plusieurs pays tiers neutres qui ne sont pas trop éloignés de la Russie, en termes de temps de vol.

Le marché automobile russe est dans un état élevé de confusion et de perturbation. Il faudra peut-être encore six mois à Avtovaz pour transférer l’approvisionnement de certains composants (tels que les airbags et les capteurs antiblocage) de l’Europe vers la Chine ou la Corée, et pour mettre au point un système de transbordement des pièces de rechange pour les modèles allemands et européens dans des pays tiers. Les nouvelles importations continuent d’être expédiées depuis la Corée et la Chine. L’Europe ne sera plus présente sur le marché automobile russe, une grande perte.

La force du rouble a suscité beaucoup de déception et de confusion aux États-Unis et en Europe. Le fait est que le rouble restera fort aussi longtemps que les produits de base seront en pénurie et en forte demande (peut-être cinq ans ou plus), sans compter que la Russie s’oriente lentement vers une facturation de tout en roubles, d’une manière ou d’une autre, ce qui augmente également la demande pour sa monnaie.

L’Oncle Sam et le Royaume-Uni n’ont pas réussi à intimider la Chine ou l’Inde pour qu’elles participent à la guerre économique contre la Russie. Les principaux « alliés » des États-Unis en Asie du Sud-Ouest, notamment Israël, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, ont également maintenu leur neutralité, tout comme la Turquie et l’Égypte. En outre, la Corée a reçu une dispense spéciale de l’Oncle Sam pour continuer à vendre à peu près tout à la Russie.

En résumé, la guerre économique contre la Russie n’est menée que par les États-Unis et leur bloc hégémonique (Europe, Canada, Australie/Nouvelle-Zélande et Japon), mais même eux continuent à acheter tout ce dont ils ont besoin à la Russie. À part le fait que l’Europe a gelé ou volé la moitié de la réserve monétaire de la Russie, il n’y a pas grand-chose qui a été fait à la Russie.

C’est drôle, l’Algérie a refusé d’envoyer plus de gaz naturel à l’Espagne, parce que l’Espagne a pris la position du Maroc dans le conflit du Sahara occidental. Maintenant, la route de l’Algérie ne compensera pas les éventuelles pénuries de la Russie – cet espoir s’est envolé. L’Algérie achète également beaucoup d’armes à la Russie. L’Europe est à court d’options.

La Russie se débrouillera très bien pendant qu’elle battra l’Ukraine dans la boue, la piétinera, reculera et la piétinera à nouveau. Le rouleau compresseur ne fait que commencer. La fin est claire depuis un certain temps.

La seule question est de savoir jusqu’où cela ira en Europe et aux États-Unis, et à quel moment les électeurs de ces pays crieront « ça suffit ».  Bien sûr, la situation n’est pas encore aussi grave, nous ne faisons que commencer à nous engager sur cette voie.

Pour l’instant, seuls les dominos les plus faibles tombent. Par exemple, le Sri Lanka est à court de carburant, et n’a plus d’argent pour payer le carburant – il est en train de s’effondrer. Nous verrons si d’autres pays suivent le mouvement.

source : The Dreizin Report

traduction Réseau International