Avec Collomb, le 1er mai n’est plus la Fête des travailleurs, mais celle des casseurs !

Publié le 1 mai 2018 - par

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Ce 1er Mai marque la faillite totale de Gérard Collomb qui s’est montré au dessous de tout.

Un fiasco en matière de maintien de l’ordre, dans la lignée de celui de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, où 2500 gendarmes n’ont jamais reçu l’ordre d’expulser les hors-la-loi qui squattent les lieux depuis 10 ans !

Un 1er Mai marqué une nouvelle fois par la violence, un 1er Mai devenu la fête des casseurs avant d’être celle des travailleurs.

Un hold-up sur la manifestation des syndicats par la racaille d’extrême-gauche.
Une racaille que les syndicats accusent de briser le mouvement social.

 

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Un McDo détruit, une agence Renault incendiée, des vitrines fracassées par des sauvages cagoulés, armés de battes de baseball et de cocktails Molotov.

1.200 Black Blocs ont pu se rassembler en tête du cortège et saccager tout sur leur passage en toute impunité, monopolisant l’attention des médias et focalisant l’œil des caméras.

En face, à 300 mètres d’eux, autant de policiers et gendarmes, 22 compagnies de CRS et 5 escadrons de gendarmerie mobile attendant l’ordre d’intervenir.

Alors plusieurs questions se posent :

A quoi bon avoir les meilleures forces de maintien de l’ordre au monde, avec nos CRS et nos gendarmes mobiles, dont la réputation n’est plus à faire et qui forment les forces de police de nombreux pays étrangers, à quoi bon un tel savoir-faire si aucune autorité ne leur donne l’ordre d’entrer en action ?

Le Centre National d’Entrainement des Forces de Gendarmerie (CNEFG) de Saint Astier, forme et entraîne les unités de police de 11 pays partenaires.

 

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C’est l’école de l’excellence en matière de maintien de l’ordre.

Comment a t-on pu laisser 1.200 cagoulés se regrouper alors que le gouvernement savait par les réseaux sociaux que des centaines de Black Blocs allaient converger vers le lieu du défilé ?

Pourquoi n’ont-ils pas été interceptés en amont, dans les gares, les stations de métro, les bus, alors qu’ils sont connus et repérables avec leur sac à dos ?

Sac à dos des casseurs, indispensable pour transporter cocktails Molotov, masques et cagoules, marteaux, projectiles, etc.

Il est interdit de manifester cagoulé. Mais 1200 racailles ont pu saccager les vitrines sans la moindre restriction.

Pourquoi l’ordre de charger n’a-t-il pas été donné une heure plus tôt, avant les dégradations et les incendies ?

Il n’y a eu ni charge, ni dispersion, ni arrestation.

Les canons à eau ont servi uniquement à éteindre les incendies, mais n’ont pas été utilisés dès le début pour disperser les casseurs.

Le dispositif policier a-t-il été sous-dimensionné alors qu’on savait que des centaines de casseurs ralliaient le boulevard de l’Hôpital ?

On a protégé les facs, comme Tolbiac, très bien. Mais si les forces de l’ordre devaient se disperser sur tout le parcours, il fallait en mobiliser davantage.

 

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Et il est tout de même consternant que les autorités aient été surprises par la stratégie des Black Blocs, qui ont fait bloc comme leur nom l’indique !

Par conséquent, Collomb devra répondre à toutes ces défaillances.

Mais notre ministre de l’Intérieur, qui n’a strictement rien anticipé, condamne !! On sent l’homme à poigne, les Black Blocs en ont les jambes qui flageolent.

Une « ferme » condamnation qui ravira certainement les propriétaires du McDo, de l’agence Renault et des voitures et commerces saccagés.

Gérard Collomb
@gerardcollomb

Je condamne avec fermeté les violences et dégradations commises en marge du défilé syndical du 1erMai à Paris.
Tout est mis en œuvre pour faire cesser ces graves troubles à l’ordre public et appréhender les auteurs de ces actes inqualifiables.
4:32 PM – May 1, 2018 · Paris, France

Quant à Emmanuel Macron, il a fui la grogne sociale aux antipodes.

En Australie et en Nouvelle-Calédonie, bien loin des cocktails Molotov.

Mais la droite monte au créneau et Eric Ciotti demande des comptes à Macron, “le Tigre de papier”.

Quant aux communistes, ils réclament une commission d’enquête parlementaire.

Il est vrai que voir des centaines de casseurs cagoulés détruire des boutiques devant les caméras du monde entier, et sans la moindre réaction des forces de police, ça fait désordre.

Belle image de marque pour la France, alors que notre président qui ne souffre aucune critique, est parti faire la roue au pays des kangourous.

Jacques Guillemain

 

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Extrême-gauche

Pendant une heure, 1.200 gauchistes ont pu tout saccager dans PARIS pour la fête du travail du 1er mai 2018

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Même la personne la plus raisonnable, la moins encline à voir des complots partout, ne peut qu’être troublée.

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Homme politique
Ancien député UMP, Président du Rassemblement pour la France, Président de La Droite Libre.

Pendant une heure, 1.200 gauchistes de noir vêtus et bien équipés ont pu se réunir en amont du cortège de la CGT qui devait partir de la place de la Bastille. Ils ont pu détruire des magasins sans la moindre intervention policière. Les images filmées sans difficulté ont ainsi montré comment un McDo avait été consciencieusement explosé et incendié. D’autres commerces ont subi le même sort. Du mobilier urbain a été saccagé. Des feux ont été allumés, dont les flammes léchaient les étages des immeubles, c’est-à-dire les appartements qui se trouvent au-dessus des rez-de-chaussée commerciaux.

 

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Les commentaires sur les chaînes d’information reprenaient en boucle trois phrases : la première, insistante, répétait que le message de la CGT allait être « brouillé » ; la seconde rappelait le slogan des vandales promettant l’enfer pour Macron et son monde ; la troisième évoquait les craintes de la préfecture, qui manifestement était bien informée de ce qui allait se passer. Même la personne la plus raisonnable, la moins encline à voir des complots partout, ne peut qu’être troublée.

Aujourd’hui, l’État de droit a été sciemment foulé aux pieds. La première mission d’un État est, effectivement, de faire respecter le droit, pas seulement celui des immigrés clandestins, si tant est qu’il existe, ni celui des islamistes fichés S, mais celui des citoyens, des commerçants, des propriétaires, des résidents. Les premiers doivent jouir du droit de manifester légalement, les seconds d’exercer leur activité, les troisièmes de voir leurs biens protégés et les derniers d’habiter paisiblement leur logement ou de le quitter pour aller où bon leur semble.

Pendant une heure, ces droits ont été suspendus par une autorité étonnamment défaillante. Le terrain a été abandonné aux exactions des casseurs. Or, le pouvoir ne peut bénéficier ni de l’excuse de la surprise, ni de celle du manque de moyens. Les appels lancés sur les réseaux sociaux avaient été perçus et avaient donc suscité les craintes de la police, qui a disposé du temps et des effectifs nécessaires pour prendre des mesures.

 

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Les « forces de l’ordre », que j’ai vues beaucoup plus dissuasives lors des défilés de la Manif pour tous, avec des interpellations en amont, par exemple, ont laissé arriver sur place plus de mille énergumènes casqués et habillés de noir, munis de sacs à dos contenant le matériel de camouflage et de vandalisme, donc parfaitement repérables. Elles ne sont intervenues avec des moyens proportionnés qu’après les « débordements » et dans la fumée spectaculaire des incendies. Le McDo était nécessaire pour les images du soir, pour montrer que les mouvements sociaux génèrent la chienlit, et qu’il faut qu’ils cessent.

Le slogan qui cible Macron et son monde permet de globaliser le désordre et la manifestation, les Black Blocs et la CGT en un même tout. C’est contre « notre » Président que convergent les forces du désordre. Il est donc temps qu’il revienne du Pacifique pour rétablir le calme. Cela rappelle quelque chose… M. Macron pensait commémorer Mai 1968. Il le fait, en tentant de reproduire le scénario. La chienlit d’abord, pendant que le chef n’est pas là, puis le rassemblement derrière lui du bon peuple de droite. Sauf qu’en 1968, la contestation, pour absurde qu’elle fût, était spontanée et considérable au point de dépasser pendant un temps le gouvernement. Cette fois, il faut craindre que le pouvoir laisse monter la violence pour en tirer un bénéfice politique, en discréditant le mouvement syndical et en séduisant les partisans de l’ordre.

Christian VANNESTE

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VOUS AVEZ DIT ÉMEUTE, DÉBUT DE GUERRE CIVILE, ANARCHIE, CHIENLIT, CASSEURS "BLACK BLOCS", EXTRÊME-GAUCHE, GAUCHISTES, TERRORISTES ... CE N'EST QU'UN DÉBUT VOUS N'AVEZ ENCORE RIEN VU DE CE QUI VA CE PASSER DANS CE PAYS : SA MORT PROGRAMMÉE PAR TOUS NOS LAXISTES POLITIQUES !

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Premier mai 2018 : une association de policiers alerte sur la "MILITARISATION" de l' ULTRAGAUCHE ( EXCLUSIF )

Premier mai : une association de policiers alerte sur la militarisation de l'ultragauche (EXCLUSIF)© Christian Hartmann Source: Reuters
Des membre du black bloc tiennent une barricade à Paris, le 1er mai 2018, illustration

* Gilets pare-balles, boucliers tactiques, cocktails à l'acide : l'association UPNI a confié à RT France ses craintes face aux organisations d'ultragauche qui passent les frontières et s'illustrent lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

* Après la flambée de violence qui a embrasé la manifestation du Premier mai à Paris, l'Union des policiers nationaux indépendants (UPNI) tire le signal d'alarme : «En pleine menace terroriste, on a 1 200 personnes cagoulées qui pénètrent dans la capitale française. Ils sont identifiés et repérés, mais on les laisse faire», alerte un membre du bureau de cette association de gardiens de la paix qui a répondu aux questions de RT France.

* RT France : Selon les déclarations du syndicat Unsa-Police, les ordres sont venus tardivement pour intervenir à l'encontre des casseurs du Premier mai. Le préfet de police de Paris Michel Delpuech réfute cette thèse et ajoute qu'il fallait protéger «un millier» de «badauds» et de «curieux» qui s'interposaient entre les belligérants et les forces de l'ordre. Accordez-vous du crédit à cette explication ?

* UPNI : Ce n'est pas du tout crédible. Par ailleurs, les services de renseignements savent très bien qui participe à ces manifestations. Ces individus dangereux laissent également des traces derrière eux. On a de la chance d'avoir si peu de blessés : des cocktails à l'acide ont été retrouvés après l'intervention.

* RT France : Les casseurs sont-ils mieux organisés qu'auparavant ?

* UPNI : C'est un problème d'ampleur européenne, avec des individus qui viennent notamment des Pays-Bas, de Belgique et d'Allemagne. Il y a une structure organisée qui ressemble plus à un groupe armé qu'à un groupuscule à ce stade. D'ailleurs, ce sont les mêmes qu'à Notre-Dame-des-Landes. On le sait parce qu'on reconnaît leurs modes opératoires et leur armement, notamment les systèmes de mise à feu des engins explosifs qui ne sont pas de simples cocktails Molotov, mais qui ressemblent de plus en plus à du matériel de type militaire.

* RT France : Leur armement a-t-il changé ?

* UPNI : Oui, leur matériel est de plus en plus sophistiqué. Ils ont des gilets pare-balles et des boucliers tactiques, notamment. Ce type de matériel est plutôt utilisé par le grand banditisme en général et laisse à penser que ces personnes peuvent éventuellement tirer à balles réelles, sinon pourquoi voudraient-ils se protéger de la sorte ? Pour information, lors d'une manifestation, on ne tire plus à balles réelles en France depuis plus de 50 ans.

* RT France : Dans les manifestations, l’ultragauche fait-elle plus de dégâts que l’ultradroite dorénavant ?

* UPNI : Bien sûr. On a plus de policiers blessés par les formations d'ultragauche depuis cinq ans, surtout que presque tous les groupes de l'ultradroite ont été dissous. On a parfois quelques problèmes avec les hooligans lors des événements de football, éventuellement. Mais dès qu'il y a une manifestation liée à l'ultragauche, on sait qu'il va y avoir du grabuge. Résultat : on a eu des collègues brûlés aux jambes et au visage, d'autres ont perdu une partie de leur audition, etc.

* C'est ce qui est incompréhensible pour nous : lorsque ces manifestations dégénèrent, l'Etat ne s'attaque pas aux organisateurs. C'est pourtant prévu par la loi : à chaque manifestation, leur parcours est planifié et les responsables s'engagent à assurer leur service d'ordre pour empêcher les débordements. Dans le cas contraire, ils devraient être comptables devant la loi et sanctionnés. Mais encore une fois, ce sont les contribuables qui paieront pour la casse !

Lire aussi : Violences du 1er mai : un syndicat policier dénonce «des failles» et des ordres donnés tardivement

NOTA  : Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.  

 

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« Black blocs »: casseurs partout, justice nulle part!

Il faut exiger une commission d'enquête sur les violences du 1er mai!

 

De bout en bout, la gestion des saccages et des pillages commis le 1er mai par les « black blocs » a été catastrophique. A la passivité pendant les violences a succédé un véritable fiasco judiciaire, confirmant la coupable pusillanimité de l’État. Une commission d’enquête s’impose.

Avec des effectifs sans précédent, les « black blocs » ont investi les manifestations du 1ermai à Paris. Ces casseurs d’extrême gauche, environ 1200, se sont livrés à toutes sortes de destructions, incendies, et agressions des forces de l’ordre. Refusant la démocratie au profit de fantasmes d’une violence purificatrice dont ils s’enivrent, ils se rêvent en avant-garde héroïque d’une révolution qui renversera la société à laquelle ils doivent tout mais qu’ils haïssent. Et ils tentent de justifier cette haine en accusant l’État d’être par nature oppresseur, fasciste, sexiste, raciste.

Laisser-faire, laisser casser

Il est souvent facile de dire après-coup ce qu’il aurait fallu faire, et beaucoup plus compliqué de prendre la bonne décision dans l’instant, en ne disposant que d’informations partielles et en étant confronté à des impératifs contradictoires. Reste qu’en termes d’ordre public, la gestion des « black blocs », le 1er mai, a été manifestement inadaptée.

Ce n’est pas une nouveauté. La complaisance du pouvoir envers l’extrême gauche violente vient de loin, et il n’est pas nécessaire d’imaginer une quelconque manipulation de ces groupes par les services spéciaux pour l’expliquer.

L’autorité politique est obsédée par son image et par l’impact médiatique de ses décisions. Ce ne sont pas les « black blocs » qui inquiètent le gouvernement, mais ce qu’on dira de la réaction de l’État. De ce point de vue, rien ne saurait être pire qu’un casseur mort, ou même gravement blessé : aussitôt, nombre de ceux qui critiquent maintenant la passivité des forces de l’ordre se déchaîneraient en hurlant à la répression sauvage, à l’État policier et au retour des « heures les plus sombres de notre histoire ». Ce serait une victoire politique pour l’extrême gauche et, outre la soif d’en découdre, c’est aussi pour cette raison que ses activistes, « black blocs », zadistes ou autres étudiants bloqueurs de facs, recherchent toujours la confrontation avec les forces de l’ordre et multiplient les provocations. Ils ne peuvent pas gagner physiquement, mais il leur suffit de pousser à la faute et de pouvoir dénoncer une seule « bavure » pour triompher dans les médias.

Rien de semblable évidemment envers l’extrême droite, non qu’elle soit intrinsèquement plus dangereuse, mais puisque les médias ne lui donneront pas le rôle de la victime il n’est pas nécessaire de prendre des gants avec elle.

Dans cette guerre de l’image et des récits, le gouvernement trouve également un avantage à laisser casser – au moins en partie – avant d’intervenir, afin de décrédibiliser la contestation. Mais là non plus il n’y a aucun complot, et il n’y a pas besoin d’agents provocateurs. L’extrême gauche encourage la violence sans qu’il soit nécessaire de l’y pousser, et elle se décrédibilise très bien toute seule. Les abrutis qui ont tagué le monument aux morts de la rue d’Ulm ne sont malheureusement pas des agents des services secrets infiltrés, mais une parfaite illustration de la vacuité intellectuelle et de l’arrogance stupide de leur mouvement.

« Ils sont 1 200 aujourd’hui. Combien seront-ils demain, si nous laissons faire ? »

Enfin, il ne faut pas négliger l’effet de la complaisance idéologique bien connue envers l’extrême gauche. Toute une intelligentsia française n’a toujours pas fait le deuil du Grand Soir, ni renoncé au totalitarisme, pourvu qu’il serve à imposer ce qu’elle estime être le Bien. Peut-être faut-il y voir les séquelles de sa lecture purement apologétique du mythe fondateur de la Révolution, dans laquelle la sauvagerie des foules et les atrocités de la Terreur seraient une étape indispensable. « Tout ce qui se passe est horrible, mais nécessaire », en disait Saint-Just.

Ceci étant, il semble bien que les événements du 1er mai ne soient pas que le résultat de choix tactiques discutables, mais bien la conséquence de directives parfaitement lucides, quelles qu’en soient les motivations. Les témoignages relayés par Marianne à ce sujet sont éclairants, et la conclusion d’un CRS anonyme met le doigt sur l’essentiel : « Ils étaient 150-200 au moment des manifestations contre la loi Travail. Ils sont 1 200 aujourd’hui. Combien seront-ils demain, si nous laissons faire ? »

Amende de 1 000 euros pour un casseur…

Et ce laisser-faire ne se limite hélas pas au maintien de l’ordre. Qu’on en juge : 1 200 casseurs des « black blocs », 283 interpellations (ce qui, dans le chaos du jour J, est plutôt bon). Sur celles-ci, 109 placements en garde-à-vue. Sur ces 109, une cinquantaine ont été mis hors de cause. Des 50 restants, la plupart ont obtenu un report d’audience et, pour ceux qui ont été jugés, on compte plusieurs relaxes, des rappels à la loi – en clair, rien de plus que de s’entendre dire « c’est vilain, ne recommencez pas » – et la seule sanction digne de ce nom jusqu’ici serait une amende d’un montant de 1 000 euros.

Il est trop tôt pour dire ce que seront les peines prononcées à l’encontre des personnes mises en examen et lors des futures audiences, mais il est probable qu’au final il n’y aura qu’une quinzaine de véritables sanctions infligées. Au mieux. Quinze. Pour 1 200 extrémistes violents déferlant dans la capitale, saccageant, brûlant, menaçant les civils, agressant policiers et gendarmes, et défiant ouvertement l’autorité légitime.

Complaisance ou impuissance, dans les deux cas une telle situation est inacceptable. Elle ridiculise ce qu’on appelle bien improprement la « puissance » publique. Elle décrédibilise encore un peu plus la chaîne pénale et l’institution judiciaire. Elle encourage les violences des extrémistes, dès qu’ils se sentent protégés par leur nombre. Elle convainc le reste des citoyens que l’État ne les protégera pas, et les oblige à prendre en main leur propre sécurité – veut-on vraiment voir se multiplier les milices et les groupes d’auto-défense ?

…prison ferme pour un doigt d’honneur ?

Le gouvernement s’imagine peut-être pouvoir fuir ses responsabilités régaliennes, et garder le contrôle tant qu’il reste maître de la collecte de l’impôt et de la distribution des aides et subventions, mais c’est là une dangereuse illusion. Les Français ne se laisseront pas gouverner par des fermiers généraux.

Voulu ou subi, le délitement de l’autorité de l’État est un danger majeur, une gangrène qui conduit à la fois au chaos au bénéfice des groupes les plus violents, et à l’autoritarisme au détriment de la population pacifique. Absurde et magnifique exemple, cet automobiliste contre lequel le parquet a requis de la prison ferme pour avoir… fait un doigt d’honneur à un radar automatique ! Pour le coup, je salue le bon sens du tribunal qui a refusé de le sanctionner pour ça, mais je souligne qu’il a bien failli être plus sévèrement condamné que les « black blocs ».

« Une France qui, jour après jour, s’enfonce dans un fonctionnement à deux vitesses : des citoyens normaux justiciables et solvables qui encaissent le comportement et décaissent la facture de hors-la-loi excusés », dit très justement François Bert, qui a raison d’ajouter le qualificatif de « solvables ». Ibn Khaldoun déjà le soulignait : le système qu’il appelle « impérial », lorsqu’il décline, cherche à désarmer physiquement et moralement les populations de producteurs assujetties à l’impôt, afin qu’elles ne puissent en troubler la levée. Simultanément, il cède facilement aux groupes réduits qui persistent dans la violence et ne produisent rien qu’il pourrait convoiter, car il s’imagine que leurs revendications lui sont moins coûteuses que ne le serait leur pacification. C’est là son erreur et son arrêt de mort : soit le bras armé de l’empire se lasse de ces perpétuelles concessions à ses ennemis et prend le pouvoir, soit les groupes violents arrivent à la conclusion logique de leur « racket » : le pillage et le démembrement de l’Empire, qui se fragmente en zones tribales.

Il faut une commission d’enquête sur les violences du 1er mai

Seule une démocratie véritable, où tous les citoyens partagent les droits mais aussi les devoirs qui accompagnent l’exercice de la souveraineté – y compris la nécessité de prendre des risques pour défendre les libertés acquises – peut échapper à l’implacable logique qui aboutit tôt ou tard à confier le pouvoir aux minorités violentes.

Gabriel Martinez-Gros, grand spécialiste d’Ibn Khaldoun, l’exprime admirablement dans plusieurs de ses ouvrages, et ce qu’il dit des grands esprits de Rome résonne comme un appel pour notre temps : « Les poètes, les historiens, les moralistes – Virgile, Tacite ou Plutarque – rappellent sans cesse à l’homme de bien, en grec comme en latin, l’idéal jamais révolu de l’égalité en droit des citoyens – l’isonomia des cités grecques –, l’horreur de la tyrannie, l’honneur du choix de la liberté au détriment de la vie même. »1

C’est comme un écho à l’émotion collective suscitée par le sacrifice héroïque d’Arnaud Beltrame, mais aussi à d’autres modèles de courage, de Charb qui était parfaitement conscient des risques qu’il prenait, à Henda Ayari dont l’admirable détermination et la dignité lumineuse devraient finir par jeter à bas un personnage des plus nuisibles, en passant par Georges Bensoussan qui poursuit sa quête de vérité malgré les procès malhonnêtes dont on veut l’accabler. Au passage, rappelons-nous de ceci dans les moments de doute : un chrétien, un athée, une musulmane et un juif peuvent être d’authentiques héros de l’Europe gréco-romaine. Rien n’est perdu.

Cette citoyenneté véritable qui refuse la dangereuse dichotomie guerriers/producteurs et cet idéal, le Parlement doit maintenant s’en saisir. Il doit exiger que le gouvernement et les magistrats lui rendent des comptes sur les directives véritablement données le 1er mai, et sur l’incurie de la réponse pénale face aux « black blocs ». Il doit rappeler que la seule souveraineté est celle du peuple, qu’il représente, et que c’est en son nom et uniquement en son nom que la force publique et la justice peuvent s’exercer ou s’abstenir.

A tout le moins, une commission d’enquête rassemblant des élus de tous bords doit entendre tous les fonctionnaires de police et les gendarmes qui souhaiteraient témoigner, puis rendre publiques ses conclusions.

Cachez cette casse que je ne saurais voir

De plus, il est urgent de se pencher sur la quasi-absence de sanctions à l’encontre des casseurs d’extrême gauche. Les difficultés techniques bien réelles pour les appréhender pendant les heurts doivent être surmontées, il appartient aux directions générales de la Police et de la Gendarmerie de faire des propositions concrètes en ce sens, y compris en suggérant l’expérimentation de matériels innovants. Enfin, l’arsenal législatif doit être évalué soigneusement – et calmement – puis modernisé pour l’adapter à la réalité des menaces contemporaines, en intégrant l’épineuse question de l’efficacité dissuasive et de l’effectivité des peines.

De lui-même, le gouvernement ne le fera pas. Selon son habitude, le ministre de l’Intérieur a rapidement déclaré qu’il n’y avait eu aucun dysfonctionnement : 1 200 casseurs extrémistes saccagent la capitale en toute impunité, mais tout va bien.

C’est à l’opposition et aux médias de s’emparer du sujet, mais également aux syndicats de la Police nationale et aux instances de concertation et associations professionnelles de la Gendarmerie et des Armées. La sécurité de tous est le sens même de leur engagement, et elle passe par le rétablissement de l’autorité de l’État. Il leur incombe donc aussi de s’en soucier.

C’est, enfin, le rôle de chaque citoyen que de veiller à ce qui est fait en son nom. Chacun peut s’exprimer, dans le monde associatif, dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans la vie politique. Chacun peut écrire à son député pour l’inciter à agir. Ce sont des droits, ce sont aussi des devoirs. C’est la démocratie.

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